Bonjour à tous ! Comment allez-vous ? Je sais, je suis horriblement en retard. Mais, pour ma défense, le site a eu des petits problèmes cet été, impossible de me connecter, et avec la rentrée j'ai eu beaucoup de choses à faire. Bref, voici enfin le chapitre.

Avant, je voudrais remercier ceux qui m'ont envoyé des reviews : ça me fait extrêmement plaisir, merci à vous. J'en profite pour répondre aux reviews anonymes :

Adenoide : Merci pour ta review ! oui, Drago doit payer pour les erreurs de ses parents – malheureusement, c'est souvent la réalité, difficile pour lui de choisir une autre voie (et je ne pense pas qu'il en aurai eu le courage). Non, ce n'est pas Peter, il est déjà mort dans l'histoire originale (quand Harry est prisonnier au Manoir Malefoy si mes souvenirs sont bons) et je n'ai pas voulu modifier cette partie de l'histoire. Le petit homme est un Mangemort anonyme, un de ceux pour qui Voldemort n'a aucune considération et qui lui est inutile. A bientôt !

Voilà, bonne lecture !


Hermione ferma les yeux. Se laissa tomber au sol. S'appuya de tout son poids contre la pierre froide, jusqu'à ce qu'un frisson glacé la traverse. Les toilettes de Mimi Geignarde étaient encore inondées. Elle était trempée. Pourtant, quand elle ouvrait les yeux, elle ne voyait que du rouge. Le sang, et les ténèbres. Elle avait combattu pendant des heures. Elle avait perdu Ron, puis Harry. Seule, elle avait continué à lancer des sorts, sans même réfléchir. Elle avait vu Neville se battre. Aperçu Georges. Et le tourbillon de la bataille l'avait à nouveau entraînée, brouillant tous ses repères.

« - Hermione ?

Ils avaient gagné. Elle avait entendu Kingsley le dire. Mais elle n'était pas sûre que tout ce sang, tous ces morts soient une victoire. Ils avaient récupéré le Chemin de Traverse. Ils en avaient payé le prix. Le reste était flou. Certaines équipes avaient été renvoyées au château. Il fallait s'occuper des blessés. Surtout, il fallait sécuriser le Chemin de Traverse. Placer des protections. Empêcher les Mangemorts d'y accéder. Ramasser les corps. Il n'y avait aucun survivant parmi les Mangemorts. Pourtant, elle n'avait lancé aucun sort mortel, n'est-ce pas ? Peut-être un Sectumsempra … Elle n'était plus sûre, finalement. Cinq membres de l'Ordre étaient morts. Elle était allée vérifier, s'assurer qu'elle ne les connaissait pas. Elle ne les avait jamais vus. Ce n'était pas des élèves. Elle avait voulu être rassurée, mais elle avait vu des élèves pleurer. Eux savaient qui ils étaient.

« - Hermione ?

Et puis, il y avait eu l'alerte. Elle ne savait plus quand exactement, mais une attaque était en cours dans le Londres Moldu. Les équipes deux et quatre avaient été envoyées sur place. L'équipe deux, c'était la sienne. Elle avait à peine eu le temps de voir Harry et Ron avant de partir. Juste le temps pour Ron de lui dire que Padma avait été salement touchée, et qu'elle était à l'infirmerie. Ils avaient quitté le Chemin de Traverse. Ils avaient transplané. Là-bas, c'était l'horreur. Pire que la bataille qu'ils venaient de vivre. Ils ne s'étaient même pas battus. Non, les Mangemorts s'étaient enfuis dès qu'ils étaient arrivés. Derrière eux, un carnage. Des morts, des Moldus agonisants. Du sang, partout. Il avait fallu soigner. Modifier les souvenirs. Pendant des heures. Des heures et des heures dans l'horreur. Elle ne savait même plus à quel moment elle était rentrée au château.

« - Hermione ?

Une larme salée roula jusqu'à ses lèvres. Elle ne savait pas qu'elle pleurait. Elle entendit l'eau clapoter, à quelques mètres d'elle. Elle savait que c'était Harry. Harry qui l'appelait depuis des heures, Harry qui la cherchait depuis qu'ils étaient rentrés. C'était égoïste de pleurer, alors que lui s'inquiétait pour elle. Elle ouvrit les yeux. Il n'y avait pas de rouge, pas de noir, juste de l'eau. Et Harry qui l'attendait. Elle se releva, péniblement. Essuya rapidement ses larmes. Et serra son meilleur ami, son presque frère dans ses bras. Il y aurait d'autres batailles, d'autres morts, mais tant qu'Harry serait là, il y aurait de l'espoir. Elle aurait de l'espoir.


« - Luna ?

Rêveuse, la jeune fille leva la tête de son exemplaire du Chicaneur, qu'elle tenait comme à son habitude à l'envers, pour croiser le regard de Ginny Weasley. Celle-ci se tenait appuyée contre la porte du dortoir de son amie, se tordant nerveusement les mains.

« - Viens, l'invita doucement Luna, tapotant son lit qu'elle débarrassa des divers livres et amulettes qui l'encombraient.

« - Ils sont revenus, expliqua Ginny, s'installant en tailleur face à Luna. Je les ai attendus toute la nuit, j'ai vu plusieurs équipes rentrer, puis repartir, mais je n'avais aucune nouvelle d'eux, et là … ils sont rentrés.

Luna pencha légèrement la tête sur le côté droit, attendant que son amie explique le fond de sa pensée.

« - Ils … Ils sont passés devant moi comme s'ils ne m'avaient pas vue. Hermione pleurait, je ne l'avais jamais vu pleurer comme ça, et elle s'est enfuie, et Harry a essayé de la rattraper, et Ron s'est juste laissé tomber sur l'escalier, sans rien dire. Il n'a pas voulu m'expliquer, il a tourné la tête pour ne pas me regarder dans les yeux.

Elle laissa passer un silence, attrapant une plume qui traînait sur le lit, et la tournant machinalement entre ses doigts.

« - Je ne sais plus où j'en suis, Luna. J'ai l'impression qu'ils ne me font pas confiance, pas assez du moins pour me confier ce qui compte vraiment. Je … J'aime Harry, mais je ne sais pas où on va, tous les deux. Il m'évite, se débrouille toujours pour ne pas rester seul avec moi, et ni lui, ni Hermione, et encore moins mon frère ne me parlent.

« - C'est normal, Ginny.

« - Quoi ?

Surprise, la jeune fille avait crié, et regardait son amie avec des yeux exorbités.

« - Je crois qu'ils veulent te protéger. Même si tu aimerais parfois être la meilleure amie d'Hermione et tout faire avec eux, tu restes la petite sœur de Ron. Tu as un an de moins qu'eux, d'autres amis. Ils veulent te protéger.

Ginny jeta un coup d'œil suspicieux à Luna.

« - Je ne suis pas encore majeure, mais toi, tu as un tes dix-sept ans en février, non ? Pourquoi tu n'es pas allée avec eux ?

« - Harry n'a pas voulu, répondit-elle doucement, sans se départir de son sourire. Il dit que la guerre me salirait, alors je vais à l'infirmerie et j'aide Miss Pomfresh. Tu devrais venir avec moi, tu t'inquiéterais moins.

En regardant les yeux rêveurs de son amie, Ginny songea qu'Harry avait raison. Luna était trop pure, la guerre la salirait. Et tant qu'ils pourraient préserver son innocence, il y aurait encore quelque chose à sauver.

« - Je viendrai, Luna, sourit-elle.

Puis, changeant brutalement de sujet :

« - Tu as fini le devoir que Charlie nous a donné ?

Il lui était toujours aussi difficile de voir Charlie comme un professeur, et non comme un frère. Charlie, c'était celui qui l'émerveillait avec ses histoires de dragons. C'était celui qui l'emmenait, très tôt le matin, marcher pendant des heures à travers champ pour voir la nature s'éveiller. Charlie, c'était une chambre encombrée par les livres sur les animaux fantastiques, par les figurines de dragon et les dessins. Mais Charlie, c'est aussi celui qui n'hésitera pas à lui mettre une mauvaise note si son devoir ne lui plait pas.

« - Celui sur les fées ?

Ginny hocha la tête.

« - Et bien … commença Luna, désignant d'un large geste du bras le bazar éparpillé sur et autour de son lit, je cherchais des informations dessus avant de retrouver le journal de ce matin. Je n'ai pas fini de le lire, tu comprends.

Luna était la seule pour qui le terme « journal » désignait le Chicaneur, même si Ginny devait avouer qu'il était le seul à donner des informations exactes en ces temps de guerre.

« - Et qu'est-ce qu'il raconte ?

« - Dix morts depuis hier, sans compter l'attaque dans le quartier Moldu. Uniquement des sorciers mariés avec des Moldus.

S'installant plus confortablement sur le lit, et étirant le bras pour attraper un des livres de Luna, Ginny hocha la tête, s'étonnant de l'exposé clair de Luna.

« - Papa pense que les Joncheruines ont déstabilisés les Mangemorts, poursuivit Luna, de nouveau penchée sur son journal, sans apercevoir le sourire rassuré de Ginny. Une de leur victime était seulement blessée, et elle a pu être sauvée.

« - Hum, hum, acquiesça Ginny.

« - L'attaque du quartier Moldu a fait exactement quarante-huit morts, et vingt-neuf blessés, et il y a toujours des membres de l'Ordre sur place. Hé, qu'est-ce que tu fais avec mon parchemin ?

Ginny releva la tête.

« - J'ai pas mes affaires, et si je ne commence pas mon devoir maintenant il ne sera jamais fini à temps. Et puis, si je ne le rends pas à temps, ma mère sera prévenue en moins de deux minutes, et je ne te raconte même pas la scène. C'est en quelle année déjà, la dernière définition du statut des êtres ?

« - 1811. Et le ministre, c'était Grogan Stump, ajouta-t-elle avant que Ginny ne pose la question. Tu peux me passer mon livre ? Je crois que j'avais noté quelque chose à la page des fées.

« - Attends, je finis de lire. Comment ça se fait que tu en saches autant d'ailleurs ?

Luna haussa les épaules.

« - Je veux être naturaliste plus tard.

Ginny releva brusquement la tête, se cognant la tête au bois du lit au passage.

« - Toi ? Mais … je ne savais pas que tu t'intéressais aux animaux fantastiques ! Enfin, tu parles souvent des Ronflaks Cornus, mais …

Luna éclata de rire.

« - Mais les Ronflaks Cornus existent vraiment, Ginny. Tu vois, tu devrais arrêter d'écouter Hermione des fois, elle t'embrouille l'esprit.

« - Mais non, Hermione sait …

« - Chut, l'interrompit Luna, qui s'était levé de son lit et secouait son uniforme. Viens, je vais te montrer quelque chose.

Ginny soupira, laissant ses affaires étalées sur le lit de Luna – elle n'avait écrit que deux lignes, et il y avait de fortes chances pour qu'elle repasse dans le dortoir de son amie dans la soirée.

« - On va où ? s'inquiéta-t-elle alors qu'elles descendaient dans la salle commune.

Luna eut un sourire mystérieux.

« - Hermione sait peut-être l'Histoire de Poudlard par cœur, mais je suis sûre qu'elle ne sait pas où trouver les fées dans le parc. Alors, tu viens ?

Laissant Luna l'entraîner à sa suite, Ginny ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Sous ses airs rêveurs et lunatiques, la jeune Serdaigle savait toujours trouver les bons mots pour la rassurer, et lui faire comprendre ce qu'elle refusait d'admettre.


D'un pas assuré, Aileen traversa le hall de Poudlard, se dirigeant vers le parc qui entourait le château. Elle quitta rapidement le sentier, coupant à travers l'herbe encore mouillée par la rosée. Un léger sourire fleurit sur ses lèves alors qu'elle bifurquait en direction de la forêt interdite. Elle n'avait mis que quelques minutes à comprendre qu'elle était suivie, et s'amusait beaucoup de la situation. Finalement, elle s'arrêta quelques mètres après l'orée de la forêt, s'asseyant sur une souche d'arbre. Derrière elle, une branche craqua, et elle entendit le frôlement du tissu contre une branche.

« - Je suis au courant, pour dimanche.

Elle ne fit pas l'effort de se retourner, attendant que l'inconnu lui montre son visage. Après quelques secondes, voyant qu'elle ne répondait pas, celui-ci la contourna pour se placer face à elle.

« - Blaise Zabini, commenta-t-elle, un étrange rictus aux lèvres. Depuis le temps que tu me suis, je me demandais quand tu oserais m'adresser la parole.

Le métis haussa les épaules, visiblement peu concerné par sa remarque.

« - Je sais pour dimanche, répéta-t-il.

« - Et que sais-tu ?

Aileen n'était visiblement pas inquiète, et son interlocuteur douta une seconde, avant de se reprendre. Aileen savait manipuler son monde, mais lui était un Zabini. De toute évidence, elle n'avait aucune idée de ce que cela signifiait.

« - Vous étiez sur le Chemin de Traverse, dimanche. Vous avez participé à la bataille.

Aileen faillit l'interrompre d'une remarque moqueuse, mais il poursuivit, implacable.

« - Ce qu'il y a d'étrange, c'est que ni notre directrice, ni Shacklebolt n'ont accepté que vous preniez part à cette bataille. Vous n'étiez présente dans aucune équipe, que ce soit lors du départ ou lors de leur retour. Comment avez-vous fait ?

Elle éclata d'un rire sans joie qui le surprit.

« - Voyons, Blaise, toi qui es un garçon si intelligent, ne me dis pas que tu n'as pas compris !

Il resta interdit un instant, mais elle reprit la parole avant qu'il n'ait le temps de réagir.

« - Non, Blaise, la vraie question est : pourquoi t'intéresses-tu autant à moi ?

Il haussa les épaules, comme si cette question était réellement stupide.

« - Tout le monde s'intéresse à vous ici. Certains vous admirent. D'autres vous craignent. Mais tous veulent savoir qui vous êtes, ce que vous êtes. Et je vous passe les commentaires des garçons.

« - Merci, railla-t-elle.

Il hésita un instant à poursuivre, mais elle reprit rapidement.

« - Tu es un garçon intéressant, Blaise Zabini. Mais tu ne m'as pas encore expliqué pourquoi tu me suivais.

« - Vous ne me l'aviez pas demandé, répondit-il, un sourire railleur aux lèvres.

Elle ne répondit pas, ne fit aucun geste, et il se sentit obligé de poursuivre.

« - Vous m'avez intrigué au moment où vous avez utilisé cette identité. Aileen Shafiq. Ma mère a épousé un Shafiq, quand j'avais trois ans, explicita-t-il, je suis bien placé pour savoir qu'aucune Aileen Shafiq n'a jamais existé.

Elle hocha la tête, validant son argument, et lui prouvant que sa théorie était juste.

« - Ensuite … Il y a eu l'animosité de McGonagall. Elle ne vous aime pas, et ne m'apprécie pas particulièrement non plus. C'est ce qui m'a fait penser que vous n'étiez peut-être pas un petit toutou de l'Ordre. Après, j'ai compris que vous ne faisiez même pas parti de l'Ordre.

Il avala sa salive, guettant ses réactions du coin de l'œil, puis reprit.

« - Il y avait les murmures dans les couloirs, les chuchotis sur votre passage. Et un jour, je vous ai vu dans l'arène. Cette puissance … c'était indescriptible. Potter vous collait, et vous l'avez mouché. Pourtant, il continue de vous vouer une confiance aveugle.

Elle eut un léger sourire, qu'il ne manqua pas de remarquer.

« - Vous savez quelque chose. Les autres n'ont pas encore compris, mais ils le feront. Et si vous êtes là, je ne pense pas que ce soit par pur altruisme.

« - Pourquoi ?

Il sourit franchement.

« - Personne ne fait rien par altruisme. Sauf peut-être Potter, mais il est trop naïf. Vous êtes là parce que vous voulez quelque chose. Quoi, je ne sais pas encore. Mais je finirai bien par trouver.

Elle le fixa, ses yeux noirs se vrillant dans les siens avec violence.

« - Que veux-tu ? siffla-t-elle.

Sa voix avait perdu toute trace d'amusement, devenant froide et tranchante.

« - Un Zabini se trouve du côté des vainqueurs. Toujours. Quel que soit votre but. Vous avez une noblesse que ni Potter, ni le Seigneur des Ténèbres ne sont capable d'égaler. Laissez-moi rejoindre vos rangs.

Elle resta silencieuse un instant, comme méditant ses paroles. Le garçon était intelligent, peut-être même trop. Il était manipulateur, volontaire et surtout, il se donnait les moyens de ses ambitions. Elle esquissa un léger sourire. Il ne savait pas dans quoi il s'engageait.

« - Tu suis les cours d'Etude des Runes, n'est-ce pas ?

La question était rhétorique, mais il hocha prudemment la tête.

« - J'aurais besoin de toi, dans la semaine. Tiens-toi prêt.

Sans un mot de plus, elle se leva, et disparut en direction du château. Blaise resta sonné, encore surpris de son audace, ne sachant que penser de cette discussion. Finalement, il laissa un léger sourire étirer ses lèvres. Il saurait se rendre indispensable, se rapprocher d'elle. Il deviendrait son plus fidèle allié. Il était un Zabini, après tout. Le pouvoir était inscrit dans ses gênes. Sa place était auprès des puissants.


Et voilà ! J'espère que ce chapitre vous a plu !

Alors qu'est-ce que vous en avez pensé ? Hermione, l'après bataille ? Vous avez aimé Ginny et Luna ? Moi, j'ai adoré écrire cette scène ^^ Comment vous imaginez Charlie ? Vous voulez le voir ? Et Blaise et Aileen ? Qui veut quoi ? Vous leur faites confiance ? Et après, qu'est-ce qu'il va se passer ?

Dites-moi tout, je veux savoir ! J'attends vos reviews avec impatience ! A bientôt !