Bonjour !

Je sais, je suis impardonnable, ce chapitre a mis beaucoup trop de temps à arriver ... J'ai été très occupée, puis petite panne d'inspiration ...

Enfin le voilà, tout beau tout chaud ! Le prochain est déjà commencé, j'espère le poster pendant les vacances de Noël.

Merci à tous ceux qui m'ont lu / mis en favori / follower, et à tous ceux qui m'ont laissé une review, savoir qu'il y a des gens qui attendent toujours la suite me motive énormément !

Pour ce qui est des réponses aux reviews :

Adenoide : Merci pour ta review ! Je suis entièrement d'accord avec toi, j'espère que ce chapitre te plaira ;)

Bonne lecture !


Crispé sur sa baguette, les genoux légèrement fléchis, Harry avançait doucement, longeant le mur à sa gauche, ses yeux balayant nerveusement la ruelle. Un frémissement, quelques mètres derrière lui, le poussa à faire un bond sur le côté, juste à temps. Un sort le frôla, s'écrasant contre le mur, à l'endroit précis où il se trouvait quelques secondes auparavant. Il se retourna rapidement, faisant face à la silhouette qui lançait sort sur sort, le forçant à rester en mouvement pour les éviter. Invoquant rapidement un Protego, il entreprit de se rapprocher, ses yeux cherchant une aide dans la ruelle alors qu'il lançait une salve de sortilèges informulés pour faire diversion.

Se sentant faiblir, les tempes ruisselantes de sueur, il lança un Bombarda Maxima sur un pan de toiture proche de son adversaire. A la seconde où l'explosion se fit retentir, il se jeta sous un étal à moitié renversé pour se protéger des débris qui se mirent aussitôt à pleuvoir. Se redressant dans un même mouvement, il se mit à courir en direction de son adversaire, qui avait à peine eu le temps d'invoquer un Protego. Lançant une nouvelle salve de sortilèges informulés, que la silhouette parait avec aisance, il pirouetta rapidement pour esquiver un sort, sentant son sang pulser dans ses oreilles alors que la fatigue se rappelait à lui.

Sautant pour éviter un Stupéfix, il comprit trop tard que c'était exactement ce que l'autre attendait. Le deuxième sort le frappa violemment dans le ventre, lui coupant le souffle. Il s'écrasa lourdement au sol, ses lunettes glissant de son nez pour se perdre dans la poussière qui recouvrait la rue. Il lui sembla que sa lèvre explosait sous l'impact, et le goût âcre du sang envahit sa bouche. Il releva péniblement la tête, au moment où les maisons formant la rue commençaient à disparaitre, révélant une large arène.

« - Trop lent, Potter ! tonna la voix de Boromir Netchev.

Il grimaça, acceptant avec soulagement la main tendue par son adversaire, en l'occurrence Charlie Weasley, un des meilleurs combattants de l'Ordre. Apercevant une estafilade sanglante sur sa joue, il s'inquiéta un instant à l'idée de l'avoir blessé, mais le rouquin secoua énergiquement la tête, lui signifiant qu'il allait bien. Les deux jeunes hommes se dirigèrent vers le professeur de Défense contre les Forces du Mal, qui créait déjà un nouveau paysage, alors que Ron et Dean Thomas pénétraient à leur tour dans l'arène.

« - Charlie, c'était excellent, mais tu es trop statique. Fais attention à ce qui se passe autour de toi ! Potter, bonne idée de diversion, mais vous étiez trop sûr de votre victoire, et surtout trop lent ! Filez à l'infirmerie tous les deux, et Potter, que ça ne vous empêche pas de me rendre votre dissertation demain !

Se retenant de lever les yeux au ciel – il avait, pour une fois, terminé sa dissertation en avance – Harry suivit Charlie sur le chemin qui menait au château. Il s'était lancé avec plus de vigueur dans les entrainements de l'Ordre depuis sa discussion avec Hermione, et même si la photo d'Aileen ne quittait pas la poche de sa robe de sorcier, il était bien décidé à se prendre en main, devinant que la mystérieuse jeune femme ne lui révélerait son secret qu'en temps voulu.

« - Bonjour !

Relevant la tête, il répondit du bout des lèvres au salut lancé à la cantonade par un groupe de deuxièmes années, qui s'élançaient en courant en direction du lac. Charlie leur répondit avec un sourire amusé, et Harry songea un instant qu'il était décidemment un excellent professeur, très apprécié des élèves. Lui aimait sa compagnie silencieuse, et la pertinence de ses analyses lors des réunions de l'Ordre.

« - Il faut que je vois Kingsley ce soir, tu viendras ? interrogea-t-il soudain.

Charlie réfléchit une seconde, avant de demander prudemment :

« - Il y aura qui ?

« - Kingsley, McGonagall, Hestia Jones, Hermione et moi. Plus toi si tu veux venir.

« - D'accord.

Pendant longtemps, l'Ordre avait été convoqué au grand complet à chaque réunion, mais depuis la bataille de Poudlard, le nombre de ses membres avait explosé, et de plus en plus de réunions se déroulaient en comité réduit. Quelque part, cela rassurait Charlie – il était peut-être paranoïaque, mais il craignait d'éventuels espions, et n'appréciait guère de prendre la parole devant une salle pleine à craquer.

Sursautant en se rendant compte qu'ils étaient déjà arrivés à destination, les deux jeunes hommes franchirent les portes de l'infirmerie. Ils n'avaient pas fait deux pas que déjà Mme Pomfresh était sur eux, les faisant asseoir sur deux lits près de la porte, tout en marmonnant quelque chose qu'ils ne comprirent pas mais devinèrent être des insultes à l'encontre de Netchev. Depuis que le professeur de Défense contre les Forces du Mal avait prit la direction des entrainements de l'Ordre, le passage à l'infirmerie était devenu obligatoire après chaque séance, ce qui la contrariait fortement.

Elle échangea quelques mots avec une élève – que Charlie reconnut comme étant une sixième année de Poufsouffle – qui disparut quelques secondes, avant de revenir avec plusieurs flacons. Seule cette élève était présente dans l'infirmerie, qui était exceptionnellement vide, mais les deux garçons savaient que des dizaines d'élèves venaient prêter main-forte à l'infirmière les jours de combat. Quand ils ressortirent quelques minutes plus tard, ils échangèrent un bref signe avant de se séparer, l'un remontant en direction de la salle de Sortilèges où avait lieu son dernier cours de la journée, l'autre descendant vers la petite pièce du rez-de-chaussée qui lui avait été attribuée comme bureau. Perdu dans ses pensées, il faillit ne pas apercevoir la petite silhouette qui remontait difficilement des cachots, un immense carton en équilibre précaire dans ses bras.

« - Professeur !

Reconnaissant Astoria Greengrass, une Serpentard de cinquième année, Charlie s'arrêta à son niveau, attrapant le carton vacillant avant qu'il ne tombe.

« - Merci, souffla-t-elle, écartant de son visage une mèche de cheveux rebelle.

Elle faisait partie de ces quelques élèves suffisamment doués en potions pour aider le professeur Slughorn à préparer les potions dont Mme Pomfresh avait continuellement besoin. Plutôt petite, ses longs cheveux bruns attachés en une queue de cheval qui ne parvenait pas à retenir les rares mèches courtes qui glissaient devant ses yeux, elle avait un visage de poupée qu'éclairaient de grands yeux verts. Issue d'une ancienne famille de Sangs-Purs, elle était pourtant idéaliste et semblait décidée à rejoindre l'Ordre du Phénix à sa majorité.

« - Vous pouvez m'aider à le monter à l'infirmerie ?

Il acquiesça, faisant demi-tour, le carton dans les bras, alors qu'elle le suivait d'un pas léger. Quelques fioles s'entrechoquèrent alors qu'il montait les premières marches d'un pas assez brusque, et il ralentit, songeant que l'infirmière ne lui pardonnerait probablement pas de gâcher une de ses si précieuses potions. Alors qu'il se demandait comment Astoria avait réussi à porter ce carton jusqu'au hall d'entrée – il y avait énormément de marches à monter depuis les cachots, la jeune fille reprit d'une voix encore essoufflée.

« - Merci beaucoup professeur. D'habitude, c'est Geoffrey qui se charge de monter les potions, mais il s'est brûlé le bras en Défense contre les Forces du Mal hier, et Mme Pomfresh a dû le lui mettre en écharpe jusqu'à la fin de la semaine.

Charlie lui adressa un sourire compatissant.

« - Pourquoi tu n'as pas fait léviter le carton ?

Elle rougit légèrement, avant de lui avouer à mi-voix qu'elle était maladroite et avait eu peur de le faire tomber. Il laissa échapper un petit rire bourru, bavardant doucement avec la jeune fille jusqu'à l'infirmerie où il la laissa après avoir donné le carton de fioles à l'infirmière.

Descendant pour la deuxième fois les escaliers, il songea qu'il n'y avait décidemment que peu d'élèves au-delà de la cinquième année qui n'étaient pas engagés dans la lutte contre les Mangemorts. Presque tous les élèves majeurs faisaient partie de l'Ordre et participaient aux combats, et les mineurs se répartissaient entre l'infirmerie, la préparation de potion, la création d'amulettes de protection … Il ne savait pas quand cette guerre finirait, ni même comment elle finirait, mais ces jeunes avaient définitivement perdu leur innocence.

Secouant tristement la tête, il poussa la porte de son bureau, où l'attendaient une pile de copies et un ouvrage qu'il avait emprunté à la bibliothèque, Les Différentes espèces de dragon d'Angleterre et d'Irlande. Il lui restait quelques heures avant de rejoindre Harry et les autres membres de l'Ordre, pour une nouvelle réunion dont il ne savait rien.

Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

« - Daphnée, Pansy …

Blaise adressa un bref signe de tête à ses deux amies, s'arrêtant à leur niveau, quelques mètres avant l'entrée des serres où avait lieu leur dernier cours de la journée, en commun avec les Poufsouffles.

« - Tiens, tu te souviens de notre existence toi maintenant ? railla Daphnée, relevant à peine la tête pour le regarder.

« - Oh, arrête un peu Daphnée ! la contredit aussitôt Pansy, avant de se tourner vers le jeune homme. Tu vas bien ? Tu as loupé pas mal de cours, la semaine dernière, tu sais que si tu as un problème tu peux nous en parler, il faut qu'on se serre les coudes maintenant que les autres … enfin, qu'ils sont partis …

La jeune fille triturait nerveusement une mèche de ses cheveux, ne sachant visiblement pas comment se sortir de cette impasse. Drago, Théodore, et même Crabbe et Goyle lui manquaient, chaque jour, chaque minute. Leur absence était pour elle la preuve que rien ne rentrerait jamais dans l'ordre, et elle vivait dans la peur continuelle qu'on lui arrache un autre de ses amis. Tracey, petit à petit, s'était déjà détachée d'eux, passant plus de temps avec des Gryffondors, des Serdaigles, des Poufsouffles, d'autres membres de cet Ordre qu'elle avait rejoint et qui semblait devenir sa nouvelle famille. Bien sûr, Pansy savait que Tracey était Née-Moldue, et que l'assassinat de ses parents l'année passée la poussait à se battre contre ceux qui les lui avaient enlevés.

Mais elle voyait les choses différemment. Si elle n'arrivait pas à haïr les Nés-Moldus, peut-être par simple respect pour son amie, elle ne pouvait s'empêcher de penser que ces Moldus sans magie leur étaient inférieurs. Et surtout, elle haïssait Potter, la manière dont tous le vénéraient, alors que c'était de sa faute si Drago et Théodore avaient été emmenés par les Mangemorts, de sa faute si leurs vies à tous était devenues un enfer. Alors elle crachait sa haine, sa peur et sa douleur à la figure de ces pseudos-héros, et essayait de préserver ceux qui lui restaient. Daphnée et Blaise.

« - Arrête de t'inquiéter Pansy, je vais bien.

Elle scruta intensément le visage du jeune homme, à la recherche de la moindre faille, du moindre indice lui indiquant qu'il mentait. Mais Blaise avait toujours su garder ses sentiments pour lui, et son rictus amusé semblait lui dire qu'elle se faisait une montagne d'un rien. S'avouant vaincue, elle hocha la tête, ignorant Daphnée qui continuait de le fusiller du regard.

« - T'aurais pu nous prévenir, lâcha finalement l'aînée des Greengrass.

Il haussa les épaules, et Daphnée eut soudain très envie de le frapper. Ce qu'elle fit, arrachant un couinement de douleur au métis.

« - Espèce d'égoïste ! lança-t-elle, tout en martelant la poitrine du métis de coups de poings. Espèce d'égoïste, tu ne vaux pas mieux qu'eux ! Toi aussi tu vas nous abandonner, c'est ça ? Ils avaient pas le droit, t'entends Blaise, t'as pas le droit de nous laisser, tu peux pas nous laisser comme ça !

Blaise attendit qu'elle se calme, la serrant dans ses bras alors qu'elle se mettait à sangloter. Il savait que Daphnée voyait comme une trahison la décision de Drago et Théodore de prendre la marque des Ténèbres, et d'être partis en les laissant ici, alors que leur monde s'écroulait autour d'elles. Et quelque part, lui aussi leur en voulait d'être partis, d'avoir fait le mauvais choix.

Daphnée se dégagea rapidement, essuyant ses larmes d'un mouvement de poignet rageur.

« - J'ai pas besoin de toi, cracha-t-elle en relevant fièrement le menton.

Elle fit demi-tour, se dirigeant à grandes enjambées vers les serres où les premiers élèves entraient déjà.

« - Ça lui passera, soupira Pansy, lui jetant néanmoins un regard inquiet.

Il acquiesça.

« - Je sais. Mais tu la connais, elle continuera à passer sa colère sur moi tant qu'ils ne seront pas revenus.

Il garda pour lui la fin de sa phrase, « s'ils reviennent … », sachant que ce n'était pas vraiment ce que Pansy avait envie d'entendre. La suivant jusqu'aux serres, il s'installa à côté d'elle, sur une table de quatre personnes. En face de lui, Daphnée semblait déjà aller mieux, et se disputait allégrement avec un Zacharias Smith rouge d'indignation. Refusant de chercher à comprendre les sautes d'humeur de son amie, il décida de se concentrer sur le cours. Il avait manqué le précédent – le jour où Aileen était venue le chercher pour ouvrir le passage dans la pièce – et espérait que le professeur Chourave oublie de le lui faire remarquer.

Il mit un moment avant de se rendre compte que quelque chose clochait. Cessant de griffonner sur son parchemin – il avait toujours préféré la partie théorique du cours – il balaya nerveusement la pièce du regard, ne parvenant pas à trouver ce qui le gênait. Le voyant le nez en l'air, Pansy lui enfonça d'autorité une petite pelle entre les mains – elle détestait se salir les mains en Botanique. Lui aussi, mais elle lui avait plusieurs fois fait remarquer qu'elle ne lui demandait pas son avis, et il se retrouvait obligé de faire seul tous les travaux pratiques.

Alors qu'il saisissait le pot que sa voisine lui tendait, il comprit enfin ce qui le gênait tant : les battements de son cœur s'étaient accélérés, atteignant un rythme bien supérieur à la normale. Par reflexe, il chercha Aileen du regard, se demandant ce qu'elle faisait dans les serres. Ne l'apercevant pas, et voyant que Pansy l'observait avec un regard interrogateur, il rebaissa la tête, enfournant distraitement du terreau dans son pot.

Sentant son cœur s'emballer de nouveau, il releva brusquement la tête, se cognant contre Pansy qui scrutait le moindre de ses gestes.

« - Aïe ! s'exclamèrent-ils de concert.

Ils se fusillèrent du regard, avant que Blaise ne lance d'un air agacé.

« - Mais ça va pas, non ?

« - Je surveillais ce que tu faisais, se justifia immédiatement Pansy. Tu as mis trop de terreau !

« - Tiens, fais-le si tu n'es pas contente ! rétorqua-t-il en poussant le pot dans sa direction.

Avant qu'elle n'ait le temps de répondre, le professeur Chourave apparut à côté d'eux, l'air mécontent.

« - Ce n'est pas bientôt fini vous deux ! Miss Parkinson, dépêchez-vous donc de rempoter ce plan de Polygonum !

Pendant que Pansy attrapait la plante avec une grimace, Chourave fit demi-tour, se penchant vers Blaise au passage.

« - Et vous, soyez plus discret, ou vous nous ferez tous prendre ! souffla-t-elle, si bas que personne d'autre que lui ne pu l'entendre.

Il resta interdit un instant, alors que la lumière se faisait dans son esprit. Il reconnaissait à présent dans ce battement de cœur si proche du sien celui du professeur, plus vieux, plus fatigué, mais toujours vigoureux. Il se tourna prudemment vers Pansy, qui avait éloigné le pot pour nettoyer ses ongles pleins de terre.

« - Quoi ?! aboya-t-elle, toute compassion pour lui oubliée, en le voyant la fixer.

Il explosa brutalement de rire, surprenant les autres élèves qui se tournèrent vers lui avec un regard intrigué. Par-dessus l'épaule de Daphnée, il croisa brièvement le regard amusé de Pomona Chourave. Aileen était un génie, songea-t-il, émerveillé. Qui soupçonnerait un jour la si discrète et si loyale professeur Chourave de s'être alliée avec elle ?

Xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx

Seule, dans sa cellule, Narcissa se recroquevilla un peu plus sur elle-même, grelottant de froid. Sa si coûteuse robe était en lambeaux, et ne parvenait pas à la protéger de l'humidité des cachots du Manoir Jedusor. Bellatrix s'était assurée de lui confisquer sa cape avant de l'abandonner ici, et elle regrettait sa douce chaleur. Une faible lumière filtrait par les barreaux de la porte, éclairant sa peau d'une pâleur inquiétante et ses cheveux ternes d'une lueur blafarde.

Enroulant ses bras autour d'elle pour tenter de se réchauffer, elle laissa une larme silencieuse couler sur sa joue. Il y avait longtemps qu'elle avait perdu sa fierté, sanglotant sans retenue lorsqu'elle pensait à son fils, et au sentiment d'échec qui l'envahissait alors. Elle avait échoué, elle n'avait pas su protéger son enfant. Elle le savait vivant, sa sœur se serait empressée de venir lui annoncer sa mort, ne serait-ce que pour le plaisir de la voir souffrir. Mais à la simple idée des souffrances qu'il pouvait endurer, des atrocités qu'il serait forcé de commettre, son cœur de mère se fissurait.

Séchant ses larmes, elle se replia un peu plus sur elle-même, se balançant doucement d'avant en arrière, laissant apparaitre un œil éteint sous son rideau de cheveux blonds. Puis, dans le silence des cachots, elle se mit à fredonner cette comptine que lui chantait sa mère. Une note, puis deux, s'échappèrent de sa bouche sèche, d'abord rauque d'avoir tant pleuré. Puis elles s'enchainèrent, plus fluide, alors qu'elle se souvenait la chantonner auprès du berceau de son fils. Puis elle se cassa en se rappelant les yeux rieurs de Bella, lorsqu'elle se glissait dans sa chambre pour lui demander de chanter encore et encore, elle qui aimait tant sa voix cristalline …

Seule dans sa cellule, Narcissa devenait folle, se perdant dans ses souvenirs, mélangeant présent et passé, ses rêves et la réalité. Et à l'entrée des cachots, une larme glissant silencieusement le long de sa joue pâle, sa tête appuyée contre la pierre grise et froide, Lucius laissait ses regrets l'envahir. Le Seigneur des Ténèbres lui avait pris sa vie, et aujourd'hui il lui prenait sa femme et son fils. Il ne lui restait rien, qu'un goût amer dans la bouche, et une honte qui le consumait et le paralysait. Il avait tout perdu. Tout.


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! N'hésitez pas à me laisser un petit message, ça me fera extrêmement plaisir ;)

A bientôt !