Bonjour !
Je suis sûre que vous ne vous attendiez pas à un nouveau chapitre, si tôt après le dernier. Mais les deux suivants sont déjà écrits, et je compte bien profiter de mes vacances pour avancer un maximum dans l'histoire, donc vous aurez normalement un chapitre mercredi prochain !
Comme d'habitude, je remercie tous ceux qui me lisent encore, ainsi que tous ceux qui me laissent des reviews, ça me fait vraiment plaisir de voir que mon histoire continue de plaire.
Ce chapitre est un peu différent des précédents, j'espère que ce format vous plaira. Je sais que plusieurs d'entre vous attendaient de voir Hermione : la voilà !
On se retrouve en bas, bonne lecture !
« - Alors, on fait quoi ?
Après avoir quitté le bureau, Bill et Hermione s'étaient installés dans la première salle de classe vide qu'ils avaient trouvée pour mettre au point la suite des événements. L'aîné des Weasley semblait prêt à partir à Londres, mais la jeune fille était dubitative. Plus elle réfléchissait, plus la situation lui semblait inextricable. Pénétrer au 10 Downing Street constituait sans doute, malgré sa difficulté, la partie la plus simple de l'opération. Une fois dans le bureau du Premier Ministre, elle ne voyait pas comment lui expliquer la situation, et surtout, il n'avait aucune raison de la croire ! Son interlocuteur habituel était le Ministre de la Magie, mais Cornelius Fudge comme Rufus Scrimgeour avaient été assassinés lors de la prise du Ministère par les Mangemorts, le 1er août 1997. De plus, la seule figure qu'il pouvait connaître, son garde du corps, Kingsley Schacklebolt, avait abandonné son poste pour rejoindre l'Ordre à la suite de la prise du Ministère, et était maintenant dans le coma. Tandis qu'elle expliquait la situation à Bill, son cerveau fonctionnait à toute vitesse, et elle analysait les différentes situations possibles.
« - Je ne sais pas exactement ce que Fudge a raconté au Ministre, expliqua-t-elle. Il ne voulait pas croire au retour de Voldemort, alors je ne pense pas qu'il lui en ait parlé. Scrimgeour l'a peut-être fait, mais il est mort il y a plus d'un an, et plus personne n'assure la liaison depuis.
Bill hocha la tête, comprenant ce qui tracassait la jeune femme.
« - Depuis combien de temps est-il Ministre ? demanda-t-il.
Il ne savait pas la durée du mandat des Ministres Moldus, mais se disait que s'il était en poste depuis longtemps, il avait sûrement été prévenu de l'évasion de Sirius Black, puis de tout un groupe de Mangemorts d'Azkaban, et était donc au courant des troubles qui agitaient le monde sorcier depuis quatre ans.
« - Alors … Le système électoral est assez compliqué, je ne me souviens pas vraiment des dates …
Elle hésita un instant, cherchant dans ses souvenirs la dernière fois qu'elle avait parlé de politique avec ses parents. Un flot de souvenirs remontèrent, et elle dut se concentrer pour ne pas se laisser submerger par l'émotion. Ce n'était pas le moment de penser à ses parents.
« - Il y a eu une élection en mai 1997, grimaça-t-elle. John Major, qui devait traiter avec Fudge, a été remplacé par Tony Blair. Il a dû voir Scrimgeour à peine une ou deux fois, avant qu'il ne soit assassiné…
« - Ça ne nous aide pas vraiment, soupira Bill. Tu as raison, il n'a aucune raison de nous croire. A moins de l'enlever, je ne vois pas comment faire pour lui parler !
Hermione sourit, envisageant l'idée malgré elle. Cela devait se lire sur son visage, puisque Bill s'exclama :
« - Hermione ! On ne va quand même pas enlever le Premier Moldu !
« - Et pourquoi pas ? rétorqua-t-elle. Tu as une meilleure idée ?
Il fut forcé d'admettre que non, même si l'idée ne lui plaisait pas vraiment. Et, sans qu'il ne sache vraiment comment il en était arrivé là, il se retrouva à imaginer un plan pour enlever le Premier Ministre Moldu. Ils se retrouvèrent rapidement bloqués, ne connaissant pas les protections placées au 10 Downing Street. D'un commun accord, ils décidèrent de se rendre à Londres sur le champ pour les étudier. Il leur restait un peu plus de trois heures trente.
Arrivés à proximité de la résidence du Premier Ministre, ils se rendirent rapidement compte que les touristes avaient désertés la rue, et que les forces de police avaient au moins triplées aux alentours. Sur les conseils de Bill, Hermione les désillusionna alors qu'ils s'approchaient. Il était vrai qu'avec leurs tenues de combat encore sales de la veille, ils ne passaient pas inaperçus.
« - Au moins on sait qu'il est là, marmonna Hermione en comptant le nombre de gardes, ça nous évitera d'investir le Parlement.
Bill hocha la tête, tout en observant minutieusement chaque détail du bâtiment qu'il pouvait apercevoir. Ses lèvres bougeaient silencieusement, au rythme des différentes incantations qu'il utilisait pour scanner ses défenses, et sa baguette dessinait d'étranges figures dans l'air. A côté de lui, Hermione réfléchissait à toute allure, se demandant comment franchir le barrage des gardes. Enlever le Premier Ministre ne serait pas une mince affaire !
« - Barrière anti-transplanage reliée à un sort d'alarme, analysa Bill. Je ne peux pas la désactiver, son générateur est à l'intérieur. Il y a également un détecteur de magie noire et des sorts anti-désillusion, Imperium et polynectar.
« - Tu peux les désactiver ?
« - J'ai peur que ça déclenche l'alarme. La plupart du temps, expliqua-t-il, ces sorts ne peuvent être désactivés que depuis la relique qui sert de générateur. Si on tente de les neutraliser depuis l'extérieur, l'alarme se déclenche automatiquement, dans un laps de temps d'une à deux minutes.
Hermione frémit.
« - Ne tente surtout rien dans ce cas.
Il lui jeta un regard surpris.
« - Pourquoi ?
« - A mon avis, l'alarme doit aussi être reliée au bureau du Ministre de la Magie, et je n'ai pas vraiment envie que Voldemort débarque.
Bill hocha la tête, tout en frémissant au nom honni. Il avait remarqué qu'Hermione, comme Harry, hésitait de moins en moins à l'utiliser, mais lui ne pouvait s'empêcher de craindre le Tabou.
« - On fait quoi alors ?
« - Si on ne peut pas entrer, il faut attendre qu'il sorte.
« - On n'a pas le temps d'attendre, Hermione.
« - Je sais ! Je fais ce que je peux, mais là, à part crier au feu, je ne sais pas trop comment faire sortir le Premier Ministre ! Il faudrait que quelqu'un en qui il ait confiance lui demande un entretien, mais je n'ai pas d'idée …
C'était un dialogue étrange – tous deux désillusionnés, ils ne pouvaient se voir, et devaient se tenir par la main pour ne pas se perdre. Pourtant, Bill dut sentir son désarroi, car il lui sera un peu plus la main pour la rassurer, tout en la tirant doucement.
« - Viens, ça ne sert à rien de rester là.
Elle le laissa la guider, les éloignant des gardes qui patrouillaient dans la rue, jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment loin pour lever le sort de Désillusion. Elle releva la tête en sentant Bill tirer sur sa manche avec agacement, pour croiser le regard suspicieux des passants. Il était vrai qu'ils devaient renvoyer une image étrange, tous deux, et que le jeune homme au visage défiguré par les cicatrices ne devait guère inspirer confiance. Ils bifurquèrent rapidement dans une nouvelle ruelle, à l'abri des regards, et s'arrêtèrent à nouveau. Bill scruta à nouveau Hermione, dont le visage semblait s'illuminer.
« - Tu as une idée ?
« - Peut-être … Ecoute, Tony Blair n'est en poste que depuis un an. Ce n'est pas lui qui a eu à gérer les évasions d'Azkaban, mais son prédécesseur, John Major. Peut-être que si on parvenait à le rencontrer, lui, et à le convaincre, il pourrait nous obtenir un entretien avec le Premier Ministre ?
« - Génial. Hermione, tu es brillante. Tu sais où il habite ?
« - Non, mais ça ne devrait pas être très difficile à trouver. Par contre …
« - Quoi ?
A voir l'air contrarié d'Hermione, il devinait que quelque chose n'allait pas.
« - On revient au point de départ. Comment le convaincre qu'on dit la vérité ? John Major est quelqu'un de très méfiant, il ne nous croira pas facilement.
« - C'est notre problème de départ, ça. Il faudrait pouvoir lui présenter un visage qu'il connait, quelqu'un qu'il a déjà vu, pour l'assurer que nous ne sommes pas des Mangemorts qui cherchent à l'embobiner.
« - C'est ça, confirma Hermione. Mais qui peut-il avoir vu, dans le monde sorcier ? Hormis Kingsley et Fudge, je ne vois pas …
« - Je ne sais pas, moi … Peut-être un gratte-papier quelconque, pour lui transmettre un document ? Fudge était assez paresseux, Percy ne cessait de le répéter …
Les deux jeunes gens relevèrent brusquement la tête, un éclair traversant leurs yeux au même moment.
« - Percy ! s'exclamèrent-ils à l'unisson.
« - Mais oui ! Bill semblait emballé. Il a travaillé avec Fudge, il y a peut-être une chance qu'il ait mis les pieds dans le bureau du Premier Moldu, ne serait-ce que pour porter une lettre !
Un éclat songeur traversa le regard d'Hermione.
« - Ce serait une chance phénoménale … murmura-t-elle.
« - Qu'est-ce qu'on attend dans ce cas ?
Elle lui attrapa le bras, et tous deux transplanèrent pour Poudlard. Il leur restait trois heures.
Sitôt arrivés au château, ils se précipitèrent en direction du minuscule appartement que Molly et Arthur Weasley occupaient, espérant y trouver Percy à cette heure matinale. Non seulement il n'y était pas, mais ils eurent toutes les peines du monde à repartir, Molly s'inquiétant de leur mine fatiguée et des blessures encore visibles de la veille. Ils coururent ensuite à la bibliothèque, Arthur leur ayant indiqué qu'il y passait le plus clair de son temps.
« - Perceval Ignatius Weasley ! s'exclama Bill en ouvrant la porte à la volée.
Tous les élèves se tournèrent vers eux comme un seul homme, et Mme Pince émit un glapissement indigné. Les voir débarquer, sales et essoufflés, lui était insupportable, et qu'ils soient tous deux des élèves qu'elle appréciait beaucoup ne changeait rien. Alors qu'elle s'insurgeait, leur signalant de quitter immédiatement la bibliothèque, Percy apparut, les fixant d'un air éberlué. Hermione coupa Mme Pince d'une « Désolé, on s'en va ! », tandis que Bill attrapait son frère par le bras pour le traîner à l'extérieur.
« - Mais … Qu'est-ce que j'ai fait ? s'inquiéta le plus jeune.
Ce fut Hermione qui répondit.
« - Percy c'est extrêmement important. Est-ce que tu as rencontré le Premier Ministre Moldu ?
Le rouquin parut se rengorger, et l'improbable duo émit un même soupir de soulagement.
« - Je n'ai pas eu l'honneur de rencontrer Mr Blair, mais j'ai déjà rencontré Mr Major, oui. Pourquoi ? s'inquiéta-t-il, alors que son frère l'entraînait déjà à la poursuite d'Hermione, qui retraversait le château en courant.
« - On va convaincre l'ex-Premier Ministre de nous aider à enlever l'actuel, s'exclama-t-elle, sous le regard stupéfait de quelques élèves qui s'écartaient précipitamment pour les laisser passer.
Percy n'eut pas le loisir de poser d'autres question, entraîné à l'extérieur du château, d'où ils pourraient transplaner en direction de Londres.
« - Encore une chose, Percy, demanda Bill. Tu sais où il habite aujourd'hui ?
Il rougit imperceptiblement.
« - Je ne devrais pas, mais il se trouve que j'ai eu accès à certains papiers … commença-t-il prudemment.
Hermione laissa échapper une exclamation de joie, et Bill serra son frère dans ses bras.
« - Tu es génial. On y va alors.
Percy ne comprenait pas vraiment ce qui était en train de se jouer, mais il avait une confiance absolue en son frère, et tenait absolument à se racheter pour sa conduite passée. Aussi les fit-il tous trois transplaner. Ils avaient encore perdu une demi-heure.
Ils arrivèrent à une centaine de mètres de la maison de l'ancien Premier Ministre, et Hermione résuma rapidement la situation au plus jeune des deux Weasley, tandis que l'aîné désactivait rapidement les protections placées au domicile de John Major. Heureusement pour eux, celles-ci n'étaient que minimes, et non reliées au Ministère de la Magie, probablement parce que l'ancien Premier Ministre ne jouait plus un rôle important en politique depuis sa défaite aux élections. Quand Bill eut terminé, et que Percy eut compris le rôle qu'il aurait à jouer, la partie commença.
Ce fut donc Percy qui frappa à la porte, Hermione et Bill se tenant en léger retrait derrière lui. Tous deux espéraient vraiment que l'homme le reconnaîtrait, et accorderait du crédit à leurs explications. Un homme aux cheveux grisonnants et aux épaisses lunettes leur ouvrit, les fixant avec étonnement.
« - Mr Major ? se lança Percy.
L'homme fit un bref signe de tête, et il poursuivit.
« - Est-ce que vous vous souvenez m'avoir rencontré ?
L'homme fit à nouveau un signe de tête, et son malaise était perceptible.
« - Dans ce cas, vous comprenez que ce que nous avons à vous dire est de la plus grande importance. Pouvons-nous entrer ?
Ils voyaient sur son visage qu'il répugnait visiblement à les laisser investir son domicile, mais devinait également qu'il n'avait pas le choix. Aussi s'écarta-t-il de la porte pour les laisser passer, les guidant jusqu'à son salon. Il prit aussitôt la parole.
« - Je ne vous ai rencontré qu'une seule fois, et vous êtes arrivé par la cheminée. Est-ce exact ?
« - Tout à fait, Monsieur.
« - Bien. Dans ce cas, pourquoi le Ministre m'envoie-t-il un assistant et ne se déplace-t-il pas en personne ? Et pourquoi venir me voir, alors que je ne suis plus Premier Ministre depuis plus d'un an ?
« - Les circonstances sont exceptionnelles, Monsieur le Ministre. Tout d'abord, je vous présente mon frère aîné, William, chargé d'assurer notre protection, et Miss Hermione Granger, qui va vous expliquer la situation.
L'homme les fixa durement, avant de finalement les inviter à s'asseoir. Son regard s'attarda longuement sur le visage strié de cicatrices de Bill, qui prit la parole à son tour :
« - Monsieur le Ministre, m'autorisez-vous à placer des sorts de protection, afin de nous assurer que personne ne puisse écouter ce qui se dira dans cette pièce ?
John Major tressaillit, avant de lâcher d'un ton sec :
« - Faites. Mais je vous préviens que je suis armé, et je n'hésiterai pas à faire feu en cas d'agression sur ma personne.
Bill hocha la tête, et l'attention du Ministre se reporta sur Hermione, qui devinait qu'il la jugeait déjà sur son apparence et son jeune âge. Prenant une grande inspiration, elle se lança, bien décidée à tout lui expliquer – dans la mesure du possible. Comme elle s'y attendait, il avait été informé de l'évasion de dangereux prisonniers de l'ultra protégée prison sorcière, ainsi que du retour d'un puissant mage noir. S'inspirant des attaques terroristes ayant touché le Royaume-Uni durant la décennie, elle présenta Voldemort comme un mage noir ayant provoqué un coup d'Etat pour s'emparer du pouvoir, et maintenir la communauté magique sous sa coupe. L'ancien Ministre frémit en apprenant l'assassinat de Cornelius Fudge et Rufus Scrimgeour, deux Ministres qu'il avait personnellement rencontrés, mais ne fit aucun commentaire et écouta attentivement son explication.
Mais Hermione savait que le plus dur restait à venir. S'il accepta sans broncher que leur ministère soit tombé au sein d'une cellule terroriste lors d'un coup d'Etat, il bondit sur ses pieds quand commença à dire que les différents massacres ayant touché le monde Moldu ces derniers mois était leur œuvre.
« - Vous êtes en train de me dire, s'exclama-t-il, son visage partagé entre l'indignation et la fureur, que ces attentats qui ont frappé mon pays sont le fruit de terroristes que votre Ministère a été incapable de contrôler, et qu'il ne reste que des gamins pour s'opposer à lui ?!
Hermione ne broncha pas à son air dédaigneux, et reprit calmement son récit, quoique d'un ton plus tranchant.
« - Je suis en train de vous dire, que ce groupuscule terroriste a hier attaqué Londres et prit Buckingham.
« - Ce sont eux, qui retiennent la Reine en otage ?! Mais prévenez l'armée, qu'ils lancent l'assaut !
« - La Reine a été assassinée, Mr Major, et les forces terroristes ont quitté la ville. Nos forces se sont installées provisoirement à Buckingham pour vérifier qu'aucun de leurs membres n'était encore présent dans le quartier touché. Nous nous retirerons à midi, et c'est pour cela que nous avons besoin de vous. Vous devez nous aider à rencontrer l'actuel Premier Ministre, Mr Blair.
L'homme, qui s'était rassis, sous le choc, en entendant Hermione annoncer la mort de sa Reine, se releva brusquement, le visage congestionné par la fureur.
« - Parce que vous croyez que je vais vous aider ? Vous avez été incapable de maintenir l'ordre dans votre communauté, vous avez massacré des centaines d'innocents, et vous voulez que je vous aide ?
« - Calmez-vous, Monsieur le Ministre, tenta Percy.
« - Que je me calme ? Que je me calme ? Mais pour qui vous prenez vous ?
« - Pour les seules personnes capables de restaurer l'ordre dans ce pays, trancha Hermione d'un ton sec. Monsieur le Ministre, je suis née dans votre monde, j'ai grandi dans votre monde, et n'ai découvert le monde sorcier qu'à mes onze ans. Pour les connaitre tous les deux, je peux vous affirmer que le seul moyen d'empêcher un massacre de grande ampleur est de nous laisser parler au Premier Ministre maintenant. Dans deux heures il sera trop tard.
John Major la fixa durement, l'homme politique semblant prendre le pas sur ses sentiments.
« - Qu'attendez-vous de moi ?
« - Donnez rendez-vous à Mr Blair. Il faut qu'il sorte du 10 Downing Street, les protections en place nous empêchent d'y pénétrer. Passez le chercher en limousine, par exemple. Nous pourrons parler dans la voiture, et ses gardes pourront nous escorter si cela les rassure.
Elle avait eu cette idée en se souvenant des nombreux films d'espionnage qu'elle avait regardé avec son père, et qui l'avaient passionnée étant petite. Aujourd'hui pourtant, elle aurait tout donné pour ne pas avoir à jouer ce rôle, et vivre dans un monde en paix.
« - Qui me dit que je peux vous faire confiance ? Que vous n'êtes pas en train de me piéger ?
« - Personne, monsieur le Ministre, répondit Percy. Vous n'avez que la parole d'un vulgaire assistant, d'une gamine à peine sortie de l'école et qui pourtant a risqué sa vie plus de fois que vous ne pouvez l'imaginer, et d'un homme qui restera à jamais défiguré pour avoir voulu défendre ce qui est juste. Nous ne pouvons vous apporter aucune preuve de ce que nous avançons. Et, à vrai dire, nous ne sommes sans doute qu'une poignée d'utopistes espérant pouvoir résister à un pouvoir totalitaire et oppresseur, se battant là où notre Ministère a échoué. J'espère simplement que vous ne ferez pas les mêmes erreurs que lui, et que vous ne laisserez pas votre population se débrouiller seule parce que vous n'aurez pas su prendre les décisions qui s'imposent.
Tous retinrent leur souffle, attendant la réaction de l'ancien Premier Ministre. Il semblait piqué au vif par le discours de Percy, et pourtant hésitait visiblement à les croire. Quelque part, Hermione le comprenait. Un monde dont il ne connaissait rien, qui l'effrayait sûrement, s'invitait dans sa vie bien rangée, et il ne savait à qui se fier, tout en sachant que des vies étaient en jeu. Il se leva brutalement, se dirigeant vers le téléphone.
« - Je vais l'appeler, déclara-t-il. Je ne suis plus Ministre, je n'ai aucun pouvoir. Mais sachez que si je l'étais encore, je vous aurais déjà fait arrêter.
Les sorciers essuyèrent la remarque, patientant silencieusement alors que la sonnerie du téléphone retentissait. Ils ne savaient pas s'ils pouvaient faire confiance au Moldu qui leur faisait face, s'il allait réellement appeler le Premier Ministre, ou s'il allait prévenir la police, et ce qu'il allait lui dire.
« - Passez-moi Mr le Ministre, l'entendirent-ils dire. John Major à l'appareil. Oui, j'attends.
Puis, après un court silence.
« - Oui, c'est moi. J'ai des informations à vous donner. Oui, sur les attentats de Londres. C'est un peu délicat, cela concerne … nos amis communs.
Il grimaça à l'appellation, ne l'appréciant visiblement pas.
« - Oui, c'est ça. Je passe vous chercher au 10 Downing Street. Dans une demi-heure, d'accord. Je vous attendrai devant l'entrée. C'est extrêmement important. Oui, montez seul. Les motards peuvent suivre, oui. Merci.
Et il raccrocha. Il se tourna ensuite vers les trois jeunes gens, les toisant avec incertitude.
« - C'est bon, déclara-t-il finalement.
Ils durent encore patienter un long moment, le temps pour l'ancien Ministre de commander une limousine qui serait conduite par son chauffeur personnel, et ils purent enfin partir en direction du 10 Downing Street. Bill plaça rapidement quelques sorts de protection sur la voiture, sous le regard scrutateur de John Major. Il leur restait une heure et demi.
Le trajet se passa dans un calme relatif, John Major posant de nombreuses questions à Hermione, sur la situation précise, la forme de la Résistance, les décisions du Ministère – autant de questions dont il n'appréciait pas les réponses, ce qui ne faisait qu'ajouter à son irritation. Quand le chauffeur les prévint qu'ils approchaient de Downing Street, les trois sorciers s'enfoncèrent dans la voiture, de manière à n'être pas visibles quand la portière s'ouvrirait.
Ils n'eurent pas à patienter longtemps. Moins d'une minute après qu'ils se soient arrêtés, Tony Blair s'engouffrait dans la voiture qui redémarra aussitôt, pour tourner dans les rues de Londres, selon les ordres de Bill. Ils entendaient, derrière eux ainsi que sur les côtés de la limousine, les motards qui les escortaient.
« - Bien, commença Tony Blair. Qu'est-ce que vous aviez de si important à me dire ? Et qui sont ces gens ?
John Major tendit la main d'un geste agacé en direction d'Hermione, signifiant que c'était à elle d'expliquer la situation au Ministre. Et, pour la deuxième fois de la matinée, la jeune fille se trouva contrainte d'expliquer à un Ministre Moldu que sa Reine avait été assassinée par un groupe de terroriste sorciers, qui avaient pris le pouvoir à la suite d'un coup d'Etat contre le Ministère de la Magie. Comme elle s'y attendait, ce ne fut pas chose facile. Tony Blair se tourna d'abord vers son prédécesseur, l'air incrédule, comme pour lui demander de confirmer ce qu'il venait d'entendre. Voyant l'autre lui assurer qu'il avait eu la même version, sa colère éclata, et Hermione, Bill et Percy se firent copieusement engueuler pour l'incompétence de leur Ministère.
Il s'avérait que le Ministre avait reçu la visite de Scrimgeour, deux fois, au tout début de son mandat. Puis celui-ci ne lui avait plus donné de nouvelle, et le garde du corps qu'il lui avait affecté avait disparu purement et simplement. Si John Major sembla attristé d'apprendre que celui-ci était dans le coma, gravement blessé en protégeant leur Reine, cela n'empêcha pas Tony Blair d'affirmer haut et fort que leur incompétence les mettait tous en danger, et qu'il ne voyait pas pourquoi il avait à traiter avec des gamins. Hermione dut faire preuve de patience, répéter de nombreuses fois ses explications, accepter sans broncher les reproches qui pleuvaient sur elle.
« - Vous ne m'apprenez rien, Monsieur le Ministre, répéta-t-elle pour la énième fois. Je sais que l'incompétence de notre Ministère est la cause de la situation actuelle, et que notre monde a mis le vôtre en danger. Nous sommes ici car nous sommes les derniers à nous battre pour empêcher le totalitarisme de s'implanter en Angleterre. Nous avons besoin de vous, et vous avez besoin de nous, nous reprocher les torts de nos politiques ne fera pas avancer la situation !
« - Mais que voulez-vous que je vous dise ! Je n'ai aucune raison de vous faire confiance !
Bill soupira avec lassitude.
« - Monsieur le Ministre, les Mangemorts ont pris d'assaut Buckingham, avec succès. Si nous étions des leurs, nous n'aurions pas pris toutes ses précautions pour avoir un entretien avec vous sans vous inquiéter, et vous ne seriez pas en vie à l'heure où nous parlons.
Les deux Moldus durent reconnaître que son raisonnement était infaillible, ce qui ne les empêchaient pas de rester sur leurs gardes.
« - L'ordre de quitter Buckingham sera donné dans une demi-heure, reprit Hermione. Dès que la mort de la Reine vous sera confirmée, il faudra agir vite pour empêcher des émeutes.
« - Ils vont m'exfiltrer. Je quitterai le 10 Downing Street dans moins de deux heures.
« - Je l'avais deviné, confirma Hermione. Nous passerons par Mr Major à chaque fois que nous devrons vous rencontrer. Je vous demande simplement de garder le Prince Charles à l'abri, après avoir rassuré la population quant au fait qu'il soit en vie. Je sais que c'est contraire à toutes les règles, qu'il doit être intronisé au plus vite, mais nous ne pouvons pas risquer un nouvel attentat.
Elle pouvait voir sur le visage du Ministre que cette solution ne lui plaisait pas, mais ils n'avaient pas le choix.
« - Nous vous demandons également d'empêcher une nouvelle chasse aux sorcières. Trop de monde a été témoin de l'utilisation de la magie, et je ne parle pas des photographies et vidéos. Le lien sera trop rapidement fait entre sorciers et assassins …
« - Parce que ce n'est pas le cas ? la coupa Tony Blair.
« - … et nous ne pourrons pas poursuivre notre lutte si nous sommes attaqués sur deux fronts, poursuivit-elle sans tenir compte de l'interruption. Comprenez bien, ajouta-t-elle en le regardant droit dans les yeux, qu'accepter une chasse aux sorcières serait faire le jeu de Voldemort. C'est ce qu'il veut. Il veut que vous vous en preniez aux sorciers, sans aucune distinction, pour pouvoir dire que vous êtes dangereux et que vous devez être contrôlés. Ne lui faites pas le plaisir de tomber dans son piège.
« - Parce que vous croyez que c'est facile ?
La voix du Ministre était glaciale.
« - Les gens auront peur, c'est un fait. Comment leur en vouloir ? Vous apparaîtrez comme des monstres, et ils chercheront à se défendre.
« - Dans ce cas, contrôlez-les. Vous êtes le gouvernement, soyez fort, d'autant plus que le nôtre ne l'a pas été. Le monde ne comprendra pas, personne ne comprendra, vous ne serez jamais reconnu, mais vous aurez peut-être contribué à sauver l'Angleterre.
« - Et le reste du monde, oui ?
Ce fut Percy qui répondit.
« - Il y a des chances que la Communauté Magique Internationale isole le Royaume-Uni du reste du monde, de manière à éviter la propagation de la guerre. C'est peut-être même déjà fait.
« - Cette bataille se jouera entre anglais, si je comprends bien, ironisa John Major.
« - On peut dire ça comme ça. Elle se jouera surtout pour l'avenir de l'Angleterre.
Les discussions continuèrent encore quelques minutes dans la voiture, mais l'essentiel avait été dit, et chacun connaissait le rôle qu'il lui restait à jouer. Quand la limousine se gara à nouveau devant le 10 Downing Street, midi sonnait à Big Ben. Quelques minutes plus tard, la nouvelle tombait, secouant le Royaume-Uni dans son ensemble : les forces ennemies s'étaient retirées de Buckingham, où l'armée avait découvert le cadavre de la Reine, de son mari, et de nombreux gardes. Tony Blair ordonna aussitôt l'exfiltration du Prince Charles et de ses fils, repoussant son intronisation au nom de la menace terroriste.
Les trois sorciers, conscients de l'importance du rôle qu'ils avaient joué, respirèrent librement pour la première fois de la matinée. Ils remercièrent John Major pour son aide, et transplanèrent aussitôt pour Poudlard, sachant que la lutte n'avait même pas commencé. Et l'ancien Ministre se retrouva seul, devinant qu'il allait sûrement revoir ces trois personnes bien plus souvent qu'il ne l'aurait espéré.
Et voilà !
J'attends vos avis avec impatience, j'espère que ce chapitre vous a plu. Je n'ai pas l'habitude d'écrire sur des personnages ayant réellement existé, j'espère avoir respecté leur caractère. Qu'avez-vous pensé d'Hermione alors ? Et Percy fait son grand retour ! Dans le prochain chapitre, des nouvelles d'un personnage dont je n'ai pas parlé jusqu'ici ... Allez-vous deviner de qui il s'agit ?
A la semaine prochaine !
