Bonjour à tous !
Voici le nouveau chapitre, pile une semaine après l'autre ! Les deux suivants sont déjà écrits et j'ai l'impression de tenir le rythme, alors je posterai tous les mercredis, j'espère que ça vous va.
Sinon, merci à tous ceux qui me lisent, et à tous les revieweurs.
Je ne vous embête pas plus longtemps, bonne lecture !
« - Ne bouges pas, j'ai bientôt fini.
D'un geste précis, Ginny termina le bandage de l'élève qu'elle était en train de soigner, puis lui tendit machinalement une potion antidouleur, avant de passer au lit suivant. Elle avait peu dormi cette nuit, et était retournée à l'infirmerie dès la première heure, sachant que Mrs Pomfresh aurait besoin d'aide, et que travailler l'empêcherait de trop penser.
Elle n'avait pas vu Harry, la veille. Elle avait espéré, des heures durant, qu'il passe la voir, lui dire qu'il allait bien … Mais il n'était pas venu. Elle haussa les épaules, tirant un peu plus brusquement que nécessaire sur le rideau camouflant le lit suivant. S'il ne voulait pas lui parler, c'était son problème. Elle ne lui ferait pas le plaisir de lui courir après.
« - Weasley !
Elle se tourna vers la personne qui venait de l'interpeller. Blaise Zabini, les traits tirés, lui fit signe d'approcher.
« - Il n'est que 8 heures, tu devrais essayer de te rendormir, déclara-t-elle tout en passant une main sur son front. Tu as de la fièvre, je vais te donner une potion.
Elle se tourna pour attraper une petite fiole, qu'il avala sans rechigner.
« - Weasley, attends ! la rappela-t-il avant qu'elle ne s'éloigne, se redressant sur un coude. Je pourrai partir quand ?
« - Euh, hésita-t-elle, demain je suppose.
« - Je veux sortir maintenant. Je ne peux pas rester ici.
« - Pourquoi ? l'interrogea-t-elle.
Il haussa les épaules.
« - J'ai des choses à faire. Je peux sortir ?
Elle soupira, devinant qu'il tenterait de partir même si elle refusait qu'il sorte. L'infirmerie était déjà pleine et occupait trois élèves à plein temps en plus de l'infirmière, et elle n'avait pas envie de se battre avec un élève qui ne voulait pas y rester.
« - Je ne vais pas t'empêcher de partir si c'est ce que tu veux, même si je pense que tu devrais rester te reposer. Mais si tu veux vraiment sortir, ça sera à mes conditions, d'accord ?
« - Dis toujours, marmonna-t-il.
« - Pas d'efforts importants, ton corps est trop faible pour ça. Et je veux te voir ce soir et demain matin pour prendre tes potions.
Il hocha la tête, et commença immédiatement à se lever. Par acquis de conscience, Ginny lança un rapide sort de diagnostic, vérifiant une nouvelle fois qu'il était en état de sortir, avant de remplir le registre des patients. Puis elle lui tendit ses vêtements, et s'éloigna pour s'occuper de son patient suivant, non sans lui rappeler de bien se reposer. Le métis soupira, agacé de se faire ainsi materner, et s'habilla rapidement avant de quitter l'infirmerie, sans un regard en arrière.
Une fois dans le couloir, il hésita un instant sur la conduite à suivre. Il savait que Daphné et Pansy lui en voudraient s'il ne passait pas les voir, mais elles ne le laisseraient jamais repartir et il avait encore quelque chose à faire avant de rentrer dans le dortoir des Serpentards. Il se dirigea vers le hall d'entrée et poussa la lourde porte, inspirant à pleins poumons l'air extérieur. Il fut surpris par la pluie qui s'abattait sur lui, et remonta sa cape sur ses épaules pour se protéger du mieux qu'il le pouvait. Il se hâta de traverser le parc pour rejoindre le portail de marbre installé par Aileen, pressentant que la jeune femme avait été durement éprouvée par le combat de la veille.
Alors qu'il longeait la barrière de ronces, il aperçut le professeur Chourave auprès de celle-ci. Il dévia légèrement de sa trajectoire pour aller la saluer, espérant qu'elle pourrait lui donner des nouvelles de celle qui partageait leur sang. Deux silhouettes se dirigeaient également vers le professeur, et il s'arrêta brusquement en reconnaissant Hermione Granger et un des frères Weasley. Intrigué, il les observa passer la barrière de ronce ouverte par Pomona, puis se prendre par la main et transplaner. Se promettant d'interroger la sorcière à ce sujet, il fit demi-tour et reprit sa marche, jusqu'à atteindre le lourd bloc de marbre veiné de sang.
« - Otthom, souffla-t-il en posant sa main dessus.
La pierre l'aspira alors qu'un étau enserrait ses poumons, avant de le recracher brusquement dans le parc du manoir d'Aileen. Déséquilibré par l'atterrissage brutal, il glissa, manquant de tomber, et reprit de justesse son équilibre. De lourds nuages cachaient le soleil, seulement agités par un léger vent qui sécha les gouttes de pluie ruisselant encore sur son visage. Séchant le reste de ses vêtements d'un léger coup de baguette, il se mit en marche, rejoignant l'imposante demeure qui se dressait face à lui.
Il fut étonné, en passant la porte, par la luminosité de l'entrée, qui lui semblait différente de ses souvenirs. Il observa avec attention les lieux, remarquant que l'escalier semblait fraîchement ciré et que des rideaux neufs ornaient les fenêtres. Se rappelant ses précédentes discussions avec Aileen, il devina que la demeure était de nouveau habitée quotidiennement. Essuyant ses chaussures crottées sur le paillasson de l'entrée, il monta les escaliers, se remémorant l'emplacement de la chambre de la jeune femme.
Sur le palier, il croisa une femme d'une cinquantaine d'années, un plateau d'argent dans les mains, qui le regarda avec curiosité.
« - Bonjour, la salua-t-il poliment. Aileen est là ?
Elle le dévisagea bizarrement, avant d'acquiescer.
« - Oui, Monsieur, Dame Ibolya est dans sa chambre, répondit-elle avec un fort accent slave.
Étonné par cette réponse, il poursuivit son chemin, le cœur battant un peu plus vite à l'idée d'avoir découvert le véritable nom de celle qui occupait une place si importante dans sa vie. Arrivé devant la porte, il se trouva face au majordome, Albert, qui le salua sèchement d'un signe de la tête.
« - Monsieur Zabini.
« - Comment va-t-elle ? l'interrogea-t-il immédiatement, inquiet malgré lui.
« - Vous m'avez l'air bien pâle, répondit le vieil homme. Suivez-moi à la cuisine, je vais vous donner quelque chose à manger.
Prenant son mal en patience, il suivit le majordome à travers les couloirs, jusqu'à se retrouver assis devant un grand bol de chocolat chaud. Son ventre grogna à cette vue, et il se rendit compte qu'il n'avait pas mangé depuis l'avant-veille, et que son corps fatigué par le combat était affamé. Avec un sourire de remerciement envers le vieil homme qui, assis face à lui, épluchait une pomme, il vida rapidement son bol, appréciant avec un délice enfantin la sensation du lait coulant dans sa gorge. Quand il eut fini, il repoussa le bol loin de lui, détaillant l'homme qui lui faisait face. De larges cernes s'étalaient sous les yeux d'Albert, ce qui ne fit que confirmer ses craintes. Semblant deviner ses pensées, celui-ci prit la parole.
« - Elle dort, déclara-t-il de but en blanc. Elle est arrivée hier, épuisée, et s'est écroulée dans l'entrée. Depuis, elle ne s'est pas réveillée. Elle a trop forcé, n'est-ce pas ?
Blaise grimaça, des bribes de la journée de la veille lui revenant en mémoire. Il se revoyait, à demi inconscient, hurlant de douleur sous la baguette de son meilleur ami. Puis elle était arrivée, si frêle et à la fois si forte quand elle l'avait attiré contre elle, l'enveloppant dans une étreinte protectrice, presque maternelle, avant de l'emmener à l'abri.
« - La bataille a été difficile, éluda-t-il. Les Mangemorts ont envahi Londres, il y avait des blessés, de nombreux morts … De loin la pire bataille dont je me souvienne.
Le vieil homme hocha la tête, le regardant toujours fixement.
« - J'ai entendu dire que la reine Moldue a été assassinée par le Seigneur des Ténèbres, ajouta Blaise.
Il comprit, à la lueur qui traversa brièvement les yeux d'Albert, que cette information avait son importance.
« - Je comprends, déclara-t-il en penchant la tête.
« - Pas moi. Qu'est-ce que vous comprenez ?
Le majordome le fixa un instant de ses yeux perçants, comme s'il cherchait en lui une raison de lui faire confiance.
« - Dame Ibolya a rencontré Son Altesse Royale la princesse Elizabeth lorsqu'elles étaient enfants. A son retour, elle m'avait exprimé la grande admiration qu'elle lui inspirait, et son désir de lui ressembler. Avec sa mort, ce sont les derniers pans de sa vie qui s'écroulent.
« - Ibolya, alors ? C'est son véritable nom ?
« - Le nom que ses parents lui ont donné à sa naissance, si c'est ce que vous entendez. Le 31 octobre 1928.
Blaise resta un instant silencieux, digérant l'information. Bien qu'il ait compris depuis longtemps que la femme qu'il côtoyait quotidiennement, et en qui il avait entièrement confiance, soit plus vieille qu'elle ne le paraissait, apprendre qu'elle avait soixante-dix ans tout en en paraissant vingt lui fit un choc.
« - Elle a votre âge, analysa-t-il. Vous la connaissiez avant qu'elle ne cesse de vieillir, n'est-ce pas ? Je pense même qu'elle est née-Moldue, et que c'est pour cette raison qu'elle continue à vivre comme telle. Par respect pour sa famille, parce que c'est le dernier lien qu'elle a avec eux. C'est exact ?
« - Presque, Monsieur Zabini, presque exact. J'ai cinq ans de plus qu'elle, et j'étais le fils du majordome de ses parents. Dame Ibolya est fille de comte, et a grandi dans un manoir semblable à celui-ci. Elle n'a jamais été plus heureuse qu'à cette époque, et … elle ne se pardonnera sans doute jamais le drame qui a suivi.
« - Quel drame ? le pressa Blaise, le cœur battant à l'idée d'enfin découvrir les raisons pour lesquelles la jeune femme s'était lancée dans cette quête destructrice, bien qu'il pressentait la réponse qu'allait lui donner le vieux majordome.
« - Le massacre, chuchota celui-ci. Tous, ils sont tous morts, tous. Monsieur le Comte baignait dans son sang quand je l'ai trouvé, et Dame Ibolya hurlait à en perdre la raison. Elle croyait que tout était de sa faute, qu'Il était venu pour elle. C'est faux, c'est faux.
« - Qui ? Qui était là, qui a fait ça ?
Les yeux du vieil homme roulèrent dans leurs orbites, et son visage prit une teinte blafarde. Une peur sourde étreignit Blaise, à l'idée de découvrir l'identité de ce mystérieux tueur, qui avait brisé la vie d'Aileen et terrorisait encore, après plus de cinquante ans, le vieil homme qui lui faisait face.
« - Le Diable …
Sa voix était basse, si basse que Blaise crut avoir mal compris, mais Albert reprit.
« - Le Diable, c'était le Diable. La mort brillait dans ses pupilles quand il se délectait du sang de ses victimes. Le Diable, c'était le Diable …
Le vieil homme sembla se recroqueviller sur lui-même, prisonnier de ces images qui ne cessaient de le hanter. Hésitant, Blaise posa une main sur la sienne, la pressant doucement, avant de quitter la table. Avec une vivacité insoupçonnée, le vieux majordome se leva alors et saisit son poignet, vigoureusement.
« - Vous devez la protéger, supplia-t-il. Personne ne doit savoir, jamais.
« - Personne ne le saura, promit-il gravement.
Il dégagea sa main de la poigne du vieil homme, et fit demi-tour, son cœur tambourinant dans sa poitrine, oppressé par ce secret qui le terrifiait. Albert n'avait pas su faire le lien, mais lui comprenait soudain l'obsession d'Aileen, sa quête de pouvoir, la passion destructrice qui l'envahissait quand elle parlait du Seigneur des Ténèbres. Elle voulait le détruire, massacrer le Diable qui avait détruit les siens. Et lui se fit le serment de tout faire pour protéger son secret, se doutant confusément que l'arrivée du Seigneur des Ténèbres ce jour-là n'était pas une coïncidence. Il cherchait quelque chose, quelque chose qu'elle avait protégé, au prix de la vie des siens. Et personne ne devait jamais le savoir, pour que ce sacrifice ne soit pas vain.
Ce soir-là, quand il rejoignit la salle commune des Serpentards, quand il vit les larmes sur les joues de Pansy et Daphné, leur soulagement quand elles se jetèrent dans ses bras, il comprit qu'il avait choisi une voie dangereuse, peut-être même plus dangereuse que celle choisie par Drago, une voie qui pouvait s'avérer mortelle, une voie qui risquait de coûter la vie à ceux qu'il aimait le plus. Pourtant, pas un instant il ne douta du bien-fondé de sa mission, sans imaginer qu'il n'avait fait qu'effleurer le secret d'Aileen, et que la réalité était bien pire que tout ce qu'il pouvait imaginer.
« - Professeur ?
Après avoir toqué, Harry poussa la porte de la salle d'Histoire de la Magie, suivit par Ron. Jeanne Lambert, assise en tailleur sur son bureau, corrigeait le tas de copies posé sur ses genoux, marmonnant tout bas tout en raturant furieusement le parchemin qu'elle tenait. Elle se releva d'un bond en entendant les deux garçons entrer dans la pièce, plaquant sans aucune délicatesse le tas de copies sur son bureau.
« - Mauvaises copies ? s'amusa Harry.
Elle grimaça.
« - Vraiment, je désespère. Vous avez vu quoi, en dehors de la guerre des gobelins ?
« - Euh … Une guerre avec des trolls ? tenta Ron.
Elle leva les yeux au ciel.
« - Enfin, qu'est-ce qui vous amène ?
« - C'est un peu délicat, commença Harry tout en fouillant dans la poche de sa cape.
Elle s'appuya contre son bureau, leur faisant signe de s'asseoir. Ron ne se fit pas prier pour s'installer sur une table, tandis qu'Harry commençait son récit.
« - Est-ce que vous connaissez Aileen ? demanda-t-il de but en blanc.
Il avait longtemps hésité, avant de demander de l'aide à sa professeure. Aileen lui avait fait confiance, en lui dévoilant ce souvenir, et en parler revenait à la trahir. Mais il savait que ce secret le rongerait, et il se souvenait trop des nuits qu'il avait passé à la bibliothèque, à consulter d'anciens ouvrages, la photo à la main, et du regard inquiet d'Hermione, pour accepter de revivre ça. Et quelque part, il avait le sentiment, la présomption peut-être, qu'elle attendait de lui qu'il la comprenne, qu'il découvre son secret … Et il ne pouvait se défaire des doutes de McGonagall, de sa réprobation quand elle voyait la jeune femme … Non, demander de l'aide était la meilleure chose qu'il avait à faire. Mais déjà, Jeanne Lambert répondait.
« - Je l'ai croisée quelques fois, dans les couloirs du château. J'ai cru comprendre que le professeur McGonagall ne l'aimait pas beaucoup, mais je n'en sais pas plus. Je ne fais pas partie de l'Ordre, vous savez.
« - Je m'en doutais, acquiesça-t-il. A vrai dire, personne ici ne la connait.
« - Qu'est-ce que vous voulez dire ? Il y a un problème avec elle ?
« - Pas officiellement. Vous n'étiez pas là à ce moment, mais elle est arrivée pour la première fois durant la bataille de Poudlard, et nous a fait une démonstration de magie … exceptionnelle. Depuis, nul ne saurait dire ce qu'elle fait. On la croise parfois au château, mais il lui arrive de disparaître pendant plusieurs jours, sans que l'on sache comment elle franchit les barrières. Elle s'est donné comme mission de me protéger durant les combats, et même si sa présence est rassurante, sa puissance et sa désinvolture me font froid dans le dos.
« - Je ne vois pas où vous voulez en venir.
« - Attendez. Vous avez remarqué, même de l'extérieur, la tension existant avec le professeur McGonagall. Personnellement, je serais tenté de lui faire confiance mais Minerva semble savoir quelque chose sur elle, quelque chose qui l'empêche de lui faire confiance, et … Elle a tellement fait pour moi, pour nous tous, que je ne peux pas balayer son avis d'un revers de main.
« - Vous pensez qu'elle cache quelque chose, et que Minerva l'aurait découvert ? Mais en quoi je pourrais vous aider ?
Ron, à qui Harry avait raconté toute l'histoire durant le trajet, dressa l'oreille, sachant que le plus intéressant était à venir.
« - J'ai trouvé ceci dans un de ses livres, expliqua Harry, en lui tendant la photo qui ne le quittait jamais. Je ne sais pas si elle a fait en sorte que je la trouve, ou si c'était un accident, mais … regardez par vous-même.
Le jeune professeur prit la photo, l'examinant sous toutes les coutures. Elle haussa un sourcil surpris en découvrant la date, regarda plus attentivement l'image, puis la tendit à Harry.
« - Aileen ? En 1946 ? Vous êtes sûr que c'est bien elle ?
Harry hocha la tête.
« - Je me suis longtemps posé cette question. Mais ce n'est pas tout. Hier, elle m'a laissé voir ses souvenirs. Enfin, un souvenir en particulier. Le jour où Voldemort a assassiné ses parents.
« - Oh.
« - Il n'était pas encore Voldemort, à cette époque, précisa Harry, mais j'ai reconnu Tom Jedusor. Le professeur Dumbledore m'avait montré de nombreux souvenirs où il apparaissait, et je suis sûr de moi. Et … ça expliquerait beaucoup de chose, sa haine, sa volonté de le détruire.
Jeanne Lambert hocha la tête, notant sur un parchemin ce que lui disait Harry.
« - C'est tout ce que vous avez ? L'assassinat de ses parents, et le fait qu'elle soit née … hum, à la fin des années 1920 je dirais ?
« - Il ne s'est pas contenté de tuer ses parents. Je l'ai vu traverser sa résidence, et y trouver de nombreux corps. Je crois qu'elle est d'ascendance noble … Le massacre d'une telle famille ne doit pas être passé inaperçu, non ?
« - Je n'ai pas le souvenir du massacre d'une famille noble en Angleterre, ces cinquante dernières années … Bien sûr, de nombreuses familles de Sang-Pur ont disparu, mais ça ne me dit rien … Il faudrait que je fasse des recherches plus poussées.
« - Et en Europe ?
Ron prit la parole pour la première fois depuis le début de la conversation, et son intervention surprit ses deux interlocuteurs.
« - On est parti du principe qu'elle est anglaise, expliqua-t-il, mais ce n'est pas forcément le cas. Peut-être qu'elle a grandi en Europe continentale, et émigré au Royaume-Uni après le massacre de sa famille, dans les années 1950 ?
« - Je chercherai de ce côté-là, l'approuva-t-elle. Autre chose ?
« - Oui, déclara Harry avec une grimace d'excuse. Quelque chose m'a frappé dans son souvenir, quelque chose que Tom Jedusor a dit … Il l'a traité de Moldue.
« - Vous pensez qu'elle pourrait être Née-Moldue ?
« - C'est possible, non ?
« - Oui, bien sûr. Mais le massacre d'une famille de la noblesse Moldue, quelque part en Europe, entre la fin de la Seconde Guerre Mondiale et le début de la Guerre Froide … Je pense que ce n'est pas ce qui manque.
Les deux garçons échangèrent un regard perdu.
« - Le début des années 1950 a été une période difficile pour les Moldus, en Europe. Je demanderai à Petra de vous faire un cours d'histoire, lors de votre prochain cours d'Etude des Moldus. C'est très intéressant de voir les liens avec notre histoire, vous verrez. Mais je m'égare. Vous n'avez pas d'autres détails à me donner ?
Harry secoua la tête.
« - Non, c'est tout. Merci beaucoup. J'ai fait des recherches, de mon côté, mais … Je n'arrive à rien, et ça me rend dingue. Je crois que j'ai vraiment besoin de savoir ce qu'elle cache pour avancer, et je n'y arrive pas seul.
Ron approuva d'un signe de tête, soulagé que son ami demande de l'aide. Hermione et lui s'étaient longtemps inquiétés, de voir leur ami obsédé par ses recherches, au point d'en devenir l'ombre de lui-même, et il pensait sincèrement que leur professeur réussirait à trouver quelque chose.
« - Merci de me faire confiance, sourit-elle. Je vous vois après-demain, je vous tiendrai au courant de mes avancées à ce moment-là.
« - Merci beaucoup. Juste … si vous pouviez éviter d'en parler aux autres professeurs …
« - Pas de souci, je garderai ça pour moi.
« - Merci. A bientôt, professeur.
« - Bonne journée les garçons. N'oubliez pas votre devoir pour la prochaine fois.
Ron leva les yeux aux ciels, souriant néanmoins. Cette prof était bien plus intéressante que Binns. D'ailleurs …
« - Qu'est-ce que fait Binns, maintenant qu'il n'a plus de classe ? s'interrogea-t-il à voix haute, sous le regard surpris d'Harry qui peinait à suivre son ami.
« - Demande à Luna, je suis sûre qu'elle saura.
Ron éclata de rire, et les deux garçons s'éloignèrent, profitant de ces quelques minutes d'insouciance.
Le 11 août 1998,
Quelque part en sécurité.
Cher Harry,
J'ai appris il y a quelques heures à peine l'attaque qui a touché Londres hier. On m'a dit que l'Ordre avait été remarquable, et que vous avez sauvé de nombreuses vies, Moldues et sorcières. Est-ce que les rumeurs sont vraies ? Certains disent que la Reine Moldue a été assassinée ! Pour ma part, je tremble de vous savoir en danger, et j'espère que vous allez tous bien. Je sais que tu dois mener la Résistance, et guider les membres de l'Ordre sur le champ de bataille, mais je t'en prie, fais attention à toi. Après moi, tu es tout ce qu'il reste à Teddy, et il aura besoin de son parrain pour lui parler de ses parents. Ma fille t'admirait beaucoup, et je sais que Remus avait beaucoup de tendresse pour toi. Quand tout ceci sera fini, j'espère que nous pourrons passer du temps ensemble, et apprendre à nous connaître un peu mieux j'espère que Teddy pourra grandir dans le monde de paix pour lequel ses parents se sont battus.
Mon petit-fils est merveilleux, j'aimerais tellement que vous puissiez le rencontrer … En ce moment, il sourit tout le temps, et éclaire mes journées je suis tellement heureuse d'avoir ce petit ange auprès de moi ! Il ressemble énormément à Nymphadora au même âge. Je crois qu'il a compris qu'il pouvait changer la couleur de ses cheveux à volonté, et je dois dire qu'il ne s'en prive pas ! Mais la plupart du temps, ses cheveux sont bruns, comme les miens. La plupart des gens que j'ai rencontré croient qu'il est mon fils, et même si je ne démens pas, mon cœur se serre en pensant qu'il ne connaîtra jamais sa mère … Je sais que tu comprends ce que je ressens, sûrement mieux que quiconque, et je suis heureuse que tu sois son parrain.
Je ne peux pas te dire où Teddy et moi sommes actuellement, pour des raisons de sécurité que tu comprendras aisément. Quand tu m'as demandé de quitter ma maison, le lendemain de la bataille de Poudlard, j'ai espéré rejoindre une des nombreuses résidences des Blacks à travers le pays. Malheureusement, je n'ai pas pu franchir les protections magiques depuis que j'ai été reniée par mon père, je ne suis plus reconnue comme une Black. Mais ne t'inquiète pas pour moi. Comme tu me l'as conseillé, je voyage essentiellement dans le monde Moldu, et je bouge régulièrement pour ne pas me faire reconnaître ou repérer. Je ne te cache pas que cette vie d'errance me pèse, mais la présence de Teddy m'aide à la supporter. C'est pour lui que je fais tout ça, et je ne regrette aucun des sacrifices que j'ai dû faire.
Je ne peux pas t'en dire beaucoup plus, mais j'ai l'espoir de gagner bientôt l'Europe continentale. Quitter mon pays ne m'enchante pas, mais c'est la solution la plus sûre pour Teddy, et je sais que je reviendrai dès que la guerre sera finie. Je ne sais pas où je serai quand tu recevras cette lettre. Confie ta réponse au hibou que je t'ai envoyé, il saura me retrouver.
Je t'envoie tous mes espoirs de victoire, et mon amour à chacun d'entre vous. S'il-te-plait, donne-moi de vos nouvelles rapidement. Je sais que tu es très occupé, mais je ne serai pas rassurée tant que je n'aurais pas reçu ta lettre. Notre correspondance est l'une de mes rares distractions, et mon seul moyen de me tenir au courant de la situation.
Tendrement,
Andromeda.
PS : N'est-ce pas aujourd'hui l'anniversaire de la petite Ginny Weasley ? Adresse-lui tous mes vœux. Connaissant son caractère, je pense qu'elle voudra rejoindre le champ de bataille dès la prochaine bataille … Fais attention à elle, je t'en prie, Molly ne supportera pas de perdre un autre enfant. Vous êtes tous bien trop jeunes pour connaitre la guerre …
Et voilà !
Alors, qu'en avez vous pensé ? Qui avait deviné que j'allais donner des nouvelles d'Andromeda et Teddy ? J'attends votre avis !
La semaine prochaine, des nouveaux personnages, et d'autres révélations ...
A mercredi !
