Bonjour !

Le nouveau chapitre est prêt, le voilà ! Je suis en train d'écrire la suite, normalement il n'y aura pas de problème pour poster la semaine prochaine. C'est étrange, d'un côté j'ai l'impression que la fin est proche, mais de l'autre le dénouement me semble tellement loin ! Enfin, j'avance à mon rythme, mais je suis incapable de dire combien il me reste de chapitres à écrire.

Sinon, merci, merci à mes revieweurs et à tous ceux qui lisent ma fiction. J'ai eu de nouveaux lecteurs ces dernières semaines, je pense que j'ai bien fait de changer mon résumé ^^

Voilà, bonne lecture, on se retrouve en bas !


« - Mère !

La jeune femme leva les yeux de son livre, son beau visage se fendant d'un sourire en apercevant le petit garçon qui courait vers elle. Elle déposa son ouvrage sur le sofa, et se releva doucement, lissant sa robe du plat de sa main. L'accueillant dans ses bras, elle déposa un baiser dans ses cheveux blonds. De la voix aiguë des jeunes enfants, il entreprit de lui expliquer tout ce qu'il avait vu au Chemin de Traverse, ses yeux brillant d'émerveillement. Son père l'avait autorisé à l'accompagner pour la première fois et, du haut de ses six ans, il rayonnait de fierté.

« - Narcissa.

Son fils toujours dans ses bras, la jeune femme rejoignit son mari, déposant un baiser sur sa joue. Le visage de Lucius était toujours de glace, mais elle savait lire la lueur d'amour dans son regard quand il posait les yeux sur sa femme et son fils.

Un claquement sec rompit l'enchantement, et Narcissa se réveilla brusquement, allongée sur le sol humide de sa cellule. Les images de son rêve flottaient encore devant ses yeux, rendant son retour à la réalité encore plus difficile. Les images de sa vie d'avant, avant le retour du Seigneur des Ténèbres. Alors que les claquements de talons retentissaient sur les dalles des cachots du Manoir Jedusor, elle se redressa difficilement, reconnaissant le pas caractéristique de sa sœur. Elle se traina contre un des murs de sa cellule, frissonnant en sentant la pierre poisseuse s'écraser dans son dos. Les pas se faisaient plus proches, et l'espoir que sa sœur ne vienne pas pour elle s'amenuisait comme le son se rapprochait. Sa sœur venait toujours pour elle.

La porte de sa cellule grinça, et la silhouette de Bellatrix se dessina dans l'encadrement. Narcissa plissa les yeux, aveuglée par la lumière venant du couloir. Les cachots étaient tellement sombres et froids qu'elle peinait à se souvenir de la chaleur du soleil, et de la sensation de l'air libre sur sa peau. Malgré elle, elle se recroquevilla sur elle-même, craignant la folie de sa sœur. Étrangement, celle-ci ne se mit pas à hurler comme elle le faisait habituellement. Peut-être s'était-elle lassée de lui reprocher sa traîtrise ? Elle leva prudemment un œil, observant sa sœur alors qu'elle fermait la porte de la cellule, accrochant son flambeau à celle-ci. Puis elle s'approcha d'elle, s'accroupissant pour se mettre à son niveau.

Acculée contre le mur, Narcissa ne pouvait bouger, malgré son envie de fuir. Était-elle seulement capable de marcher ? Elle scruta le visage de sa sœur, lisant les séquelles de son séjour à Azkaban dans les rides naissant au coin de ses yeux, reconnaissant Andromeda dans les mèches folles qui encadraient son visage. Venait-elle lui annoncer la mort de sa sœur ? Mais Bellatrix ne disait toujours rien, et ses yeux brillaient d'une lueur que Narcissa ne parvenait pas à définir. Elle sursauta brusquement quand son aînée attrapa son menton entre ses longs doigts, lui relevant la tête jusqu'à ce que son visage soit entièrement éclairé.

« - Pauvre Narcissa, chantonna-t-elle doucement. Ma pauvre, pauvre, pauvre petite sœur.

Narcissa n'esquissa pas un mouvement, laissant sa sœur lisser ses mèches blondes pour les caler derrière son oreille. Son rythme cardiaque s'était accéléré, et elle s'efforçait de ne pas laisser la panique la submerger. Elle savait de quoi sa sœur était capable, et si elle pouvait encaisser ses colères, l'incertitude de ce regard qui ne brillait pas de haine la terrorisait.

« - Ma petite sœur, ma toute petite sœur. Ma si décevante petite sœur.

La voix de Bellatrix, rauque, avait quelque chose d'hypnotisant alors qu'elle chantonnait, tout en jouant avec les cheveux sales de sa sœur.

« - Pourquoi a-t-il fallu que tu te dresses ainsi devant le Maître ? Andromeda ne suffisait-elle pas ? Ne pouvais-tu pas tenir ton rang ? Le Maître est notre avenir, Narcissa, comment as-tu pu en douter ?

« - Ce n'est pas ce que Père aurait voulu, articula difficilement la plus jeune.

La gifle partit, cinglante, et la tête de Narcissa rebondit violemment contre le mur de pierre.

« - Ne parles pas de Père, siffla Bellatrix, les yeux brillant de colère.

Mais elle ne s'énerva pas, contrairement à ce que craignait la prisonnière. Elle posa délicatement une main sur sa joue, et se remit à jouer avec sa mèche de cheveux, indifférente à la marque qui s'étalait sur le visage de sa sœur.

« - Tu me déçois, petite sœur. Mais ta ridicule et vaine révolte aura au moins permis à ton fils de révéler son potentiel.

Les yeux de Narcissa s'écarquillèrent à l'évocation de son enfant, celui pour qui elle avait tout sacrifié.

« - Mon petit neveu, mon cher petit Drago. Si tu savais comme je suis fière de lui, petite sœur.

« - Drago … souffla la prisonnière.

« - Oui, ton fils. Il est devenu un vrai Mangemort, petite sœur. Un grand et beau Mangemort. Je suis si fière de lui, et le Maître l'est aussi. Au moins n'auras-tu pas tout raté, conclut-elle en se relevant.

La grande Mangemort fit demi-tour, reprenant son flambeau.

« - Je vais bien m'occuper de toi, petite sœur. Je veux que tu sois là quand le Maître récompensera ton fils. Je veux que tu assistes à mon triomphe.

La porte claqua derrière elle, laissant Narcissa tétanisée, incapable de bouger. Trop faible pour pleurer, alors qu'elle sentait son cœur se briser en milliers d'éclats, broyée par une terreur indicible. Se pouvait-il que sa sœur dise vrai ? Avait-elle échoué à protéger son fils de la folie du Seigneur des Ténèbres ? Elle avait eu tort de croire, l'espace d'une seconde, que sa sœur ait pu la prendre en pitié. Non, Bellatrix l'avait déjà brisée, et elle le savait. Alors elle s'attaquait à la seule chose qui lui restait : son fils, son seul enfant. Et, dans l'obscurité de sa cellule, Narcissa se recroquevilla, secouée par de silencieux sanglots.


Deux semaines avaient passé depuis qu'Hermione, Bill et Percy avaient rencontré le Premier Ministre Moldu. Deux semaines, durant lesquelles l'Ordre avait eu fort à faire. Enterrer ses morts, soigner ses blessés, reprendre les entraînements, réapprovisionner l'infirmerie et les combattants en potions, enchanter à nouveau les tenues de combat, créer des Portoloins de secours … Et avec tout ça, ils avaient dû constamment collaborer avec le gouvernement Moldu. Hermione rencontrait quotidiennement John Major qui, bien qu'il apprécie peu ce rôle, faisait le relais entre elle et Tony Blair.

Néanmoins, ils s'étaient rapidement rendu compte que la transmission était trop lente par ce biais. Deux jours plus tard, des agents de liaison avaient été nommés à différents postes, dans le gouvernement Moldu. L'opération avait été compliquée, car elle nécessitait que des personnes autres que le Premier Ministre soient mises au courant de l'existence du monde magique. Triées sur le volet, une demi-douzaine de personnes avaient été choisies pour assurer la coordination des opérations entre l'Ordre et le gouvernement anglais. Pour décharger Hermione, qui continuerait à être la seule interlocutrice du Premier Ministre, Hestia Jones, Bill et Percy Weasley avaient été choisis pour assurer la liaison. Hestia Jones était la mieux placée pour traiter avec l'armée, étant l'un des membres les plus anciens et les plus aguerris de l'Ordre, et Bill et Percy avaient tous deux une grande expérience des négociations, l'un ayant travaillé à Gringotts et l'autre pour le Ministre de la Magie.

Ils étaient maintenant quatre à assurer la liaison avec le gouvernement Moldu, ce qui ne les empêchait pas d'être débordés. La prédiction du professeur McGonagall s'était avérée exacte : les autorités magiques internationales avaient entrepris d'isoler le Royaume-Uni du reste du monde, et les effets commençaient à se faire ressentir, pour les sorciers comme pour les Moldus. Les communications étaient peu à peu coupées, et les spécialistes Moldus ne savaient pas quel en était la cause, ni comment les rétablir. Petra Veneto et Filius Flitwick s'étaient penchés sur le sujet, et leurs recherches tendaient à la même conclusion : une barrière magique s'étendait peu à peu autour de la Grande Bretagne, perturbant les réseaux de communication.

Les membres de l'Ordre étaient partagés à ce sujet, et les débats étaient houleux. Aujourd'hui encore, alors qu'ils savaient que plus rien ne pouvait faire changer les autorités magiques internationales d'avis, Harry et Ron ne pouvaient s'empêcher d'en parler.

« - C'est inadmissible, répéta Ron pour la énième fois. Avec leur aide, Voldemort ne tiendrait pas un mois ! On a besoin d'eux, ils nous condamnent à mort en nous abandonnant !

Harry hocha la tête, ne sachant que penser. Il avait tendance à être d'accord avec Ron, tout comme Hermione et Bill, qui soutenaient que cette barrière rendait leurs relations avec le gouvernement Moldu plus difficiles, et ne les aidait pas à leur faire accepter l'existence de la magie mais il comprenait également que les professeurs étrangers accueillent bien cette décision, soulagés que leur pays soit maintenu à l'écart de cette guerre. Et il devait avouer que Neville, qui avait déclaré qu'ils n'étaient pas sûrs qu'une extension de la guerre au reste du monde leur profite plus qu'à Voldemort, de nombreux sorciers soutenant ses idées, notamment en Europe de l'Est, était assez convainquant. Le Royaume-Uni était déjà à feu et à sang voulaient-ils vraiment laisser l'incendie se propager ? McGonagall l'expliquait avec résignation, mais la décision des autorités magiques européennes était prévisible : la montée en puissance de Grindelwald avait débouché sur la Seconde Guerre Mondiale elles ne pouvaient pas prendre le risque d'une Troisième Guerre Mondiale déclenchée par les actions de Voldemort.

En fait, Harry, n'espérait qu'une chose : qu'Andromeda et le petit Teddy aient le temps de passer en Europe continentale avant que les ports ne soient bloqués. Selon Charlie, ce serait la prochaine étape après la fermeture des réseaux de communication, tous les bateaux et avions en provenance du Royaume-Uni seraient filtrés, jusqu'à l'arrêt total du trafic. Depuis sa dernière lettre, une semaine plus tôt, il n'avait pas eu de nouvelles, et s'inquiétait à l'idée des dangers qu'elle encourrait. Le monde Moldu était de moins en moins sûr pour elle : les rumeurs, qui avaient commencé à circuler après l'attaque sur Londres, se faisaient plus vives, et le mot « magie » avait enfin été prononcé. Le lien avec les précédentes attaques, dont celle de Leicester, un mois plus tôt, avait rapidement été fait la coupure des communications entretenait la paranoïa, et la confiance des Moldus envers leur gouvernement était en chute libre. Plus que jamais, une nouvelle chasse aux sorcières était à craindre.

« - Tu penses qu'Andromeda a réussi à quitter l'Angleterre ? demanda-t-il brusquement, coupant Ron qui vitupérait toujours contre l'égoïsme du reste du monde.

Celui-ci lui jeta un regard accusateur, comprenant que son ami n'avait rien écouté à sa diatribe, mais se radoucit rapidement en voyant son air inquiet.

« - J'en suis sûr, répondit-il avec optimisme. N'oublies pas qu'elle a été à Serpentard, elle est pleine de ressources. Elle a peut-être simplement du mal à trouver un hibou capable de traverser la Manche.

Le sourire de Ron se voulait rassurant, et Harry le remercia d'un regard, sachant à quel point il avait de la chance de l'avoir à ses côtés. Son ami avait toujours été là pour lui, et alors qu'il s'imposait comme le successeur de Kingsley, qui n'était toujours pas sorti du coma, il avait plus que jamais besoin de son soutien. Comme s'il avait suivi le fil de ses pensées, Ron changea de sujet, demandant des nouvelles du grand Auror.

« - Il n'est toujours pas sorti du coma ?

Harry secoua la tête.

« - Non. Son corps se remet des sortilèges, il n'y a pas de problèmes de ce côté-là. Mais il a une commotion cérébrale, et Mrs Pomfresh ne peut rien faire à ce niveau. L'idéal serait de le transférer à Ste Mangouste, mais on ne va pas relancer le débat …

L'hôpital sorcier était tombé aux mains des Mangemorts en même temps que le Ministère, et était un lieu trop dangereux pour que les membres de l'Ordre puissent y accéder. En fait, il était la principale cause de débat le Chemin de Traverse était toujours en leur possession, plus de deux mois après sa conquête par l'Ordre. Les protections étaient quotidiennement renouvelées, et des patrouilles continuelles vérifiaient l'identité de chaque nouvel arrivant une unique zone de transplanage avait été ouverte, ce qui permettait de filtrer les sorciers se rendant sur le Chemin. Mais si la présence de l'Ordre et sa communication régulière sur les derniers événements rassurait les sorciers et empêchait une vague de panique qui aurait profité à Voldemort, tous savaient que cela ne durerait pas.

Si Voldemort n'avait pas encore tenté de le reprendre, ce n'était qu'une question de temps. Aucune attaque n'avait eu lieu durant ces deux semaines, et tous savaient que chaque jour qui passait les rapprochait du prochain massacre ils ne savaient pas quelle en serait la cible, ni son ampleur mais l'attaque sur Londres leur laissait présager le pire. Et, depuis la mort de leur informateur, Mondingus, l'Ordre n'avait plus d'espions dignes de confiance ils ne savaient pas quels étaient les plans des Mangemorts, et vivaient dans l'incertitude permanente. C'était pour cette raison que Neville plaidait en faveur d'une nouvelle attaque, à l'initiative de l'Ordre cette fois : il voulait prendre les Mangemorts par surprise en reprenant l'hôpital de Ste Mangouste.

« - Tu sais, je pense que Neville a raison, déclara Ron. Avec l'effet de surprise, l'opération peut vraiment réussir.

« - Mais Ste Mangouste est un hôpital, Ron. Il y aura des médecins et des blessés partout, et ils seront forcément touchés pendant l'attaque …

Le rouquin grimaça.

« - Je sais bien, Harry. Mais reconnait que le moral est au plus bas, ici, à Poudlard, et dans toute l'Angleterre. Tu-sais-qui a pris l'avantage depuis la bataille de Londres, on ne doit pas le laisser le consolider. Même si le risque est grand, c'est sûrement la meilleure solution.

En fait, cette discussion était le reflet de la situation au sein de l'Ordre : Neville obtenait peu à peu gain de cause, et les voix en faveur d'une attaque rapide devenaient majoritaires.

« - Et puis, n'oublie pas que les parents de Neville sont toujours à Ste Mangouste, je comprends qu'il n'ait pas envie qu'ils restent plus longtemps aux mains des Mangemorts.

« - Oh … lâcha Harry.

Il n'avait pas pensé aux parents de Neville. En fait, depuis son retour à Poudlard, il avait surtout constaté l'influence grandissante de Neville. Le petit garçon mal assuré était désormais loin le jeune homme parlait fort, et tous l'écoutaient avec attention. Si Harry avait la légitimité du Survivant, Neville était celui qui avait mené la Résistance à Poudlard les élèves savaient de quoi il était capable, et il jouissait d'un respect et d'une confiance incroyable. Harry avait observé le même phénomène avec Luna et Ginny la jeune Serdaigle était régulièrement arrêtée par de jeunes élèves, qui n'hésitaient pas à lui demander aide et conseils, comme à une grande sœur et Ginny était regardée avec respect, et tous l'écoutaient quand elle élevait la voix. Une nouvelle génération était en train de s'imposer à la tête de l'Ordre, et Harry en était fier, d'autant plus que les adultes reconnaissaient à présent leur légitimité et n'hésitaient plus à écouter leurs idées.

« - Tu voteras quoi, du coup ?

Un vote devait avoir lieu le lendemain, pour décider d'une date pour la reprise de Ste Mangouste. L'heure n'était plus à savoir si une attaque allait avoir lieu, mais bel et bien quand elle aurait lieu.

« - On est mardi … Je pense que le mieux serait jeudi. On ne gagnera rien à attendre un jour de plus, et chaque jour qui passe risque de voir une nouvelle attaque de Voldemort.

« - Je suis d'accord, approuva Ron. Et arrête de t'inquiéter, tout se passera bien.

Neville était déjà dans le bureau qu'ils continuaient d'appeler « Bureau de Kingsley », en compagnie de Charlie, Boromir Netchev et Hermione. Tous quatre préparaient les plans de l'attaque, étudiant toutes les possibilités ils étaient enfermés depuis près de cinq heures, et avaient sûrement oublié de manger.

« - Je vais demander à Kreattur de leur porter à manger. On va s'entraîner ?

Ron secoua la tête avec amusement.

« - Pas pour moi, Georges m'a traîné dans l'arène à la première heure ce matin. Je vais plutôt passer voir ma mère, je crois qu'on lui manque.

« - On se retrouve ce soir alors ? Dans le bureau de Kingsley, pour voir le plan avec les autres ?

« - Bien sûr. A tout à l'heure !

Ron le quitta, et il descendit seul en direction du stade de Quidditch transformé en arène. En l'absence de Netchev, Gawain Robards, le chef du bureau des Aurors avant la chute du Ministère, et l'Auror Robert Savage s'occupaient des entraînements. En ce moment, ils passaient beaucoup de temps à s'entraîner en duo. Les trios étaient trop facilement défaits durant les combats, et la formation en duo permettait une progression plus rapide et une meilleure protection.

Les duos tournaient assez régulièrement, le but étant de s'habituer à différents partenaires pour parer à toute éventualité, et ne pas se trouver démuni en cas de blessure. Ron et Georges combattaient souvent ensemble, et étaient un duo très efficace. Hermione était très occupée par son travail de liaison avec le Premier Ministre Moldu, mais essayait de s'entraîner au minimum une heure par jour Harry était souvent son binôme, comme lors de la dernière bataille mais ils ne s'étaient pas entrainés à la même heure depuis plusieurs jours et il ne savait pas qui était son binôme actuel.

Penser aux combats l'amena inévitablement à penser à Aileen. Il n'avait pas vu la sorcière depuis la bataille, depuis l'instant où elle l'avait quitté, après lui avoir montré le massacre de sa famille. Elle n'avait pas reparu au château, et personne ne savait où elle pouvait être. Il ne s'inquiétait que peu pour elle, devinant qu'elle serait présente à la prochaine alerte, comme elle l'avait toujours été. Mais il ne savait toujours pas qui elle était réellement, et l'impatience le rongeait les recherches de Jeanne Lambert piétinaient, à son grand désespoir. Elle avait emprunté tous les registres contenant des généalogies des grandes familles de Sang Pur, au Royaume-Uni comme en Europe, sans succès jusque-là. Rien ne correspondait à l'histoire d'Aileen, que ce soit dans les dates ou dans les faits qu'elle avait évoqués. Il devenait de plus en plus vraisemblable qu'elle soit Née Moldue, mais retrouver son ascendance dans les innombrables noblesses européennes s'annonçait difficile.

Descendant le sentier qui menait au stade, Harry secoua la tête, bien décidé à laisser de côté ses préoccupations pour se concentrer uniquement sur son entrainement. Il ne savait pas avec qui il allait combattre aujourd'hui la veille, Dean Thomas avait été son binôme, mais il se souvenait l'avoir entendu dire qu'il s'était déjà entraîné deux heures dans la matinée. Peut-être que Tracey Davis serait présente ? Il avait été étonné par cette Serpentard, qui se battait avec fougue, sans jamais hésiter durant les combats. Ron lui avait dit qu'elle était Née Moldue et que ses parents avaient été assassinés par des Mangemorts l'année précédente, ce qui l'avait poussée à rejoindre l'Ordre dès qu'elle en avait eu la possibilité. Elle était amie avec Daphné Greengrass et Pansy Parkinson, mais il lui semblait qu'elles passaient moins de temps ensemble …

Comme Blaise Zabini l'avait prédit, peu après la bataille de Poudlard, la situation était difficile pour les Serpentards, tiraillés entre leurs amis qui rejoignaient l'Ordre, et leur famille dont certains membres avaient rejoint le Seigneur des Ténèbres tandis que d'autres le soutenaient à mi-voix. Il s'efforçait, constamment, de ne pas les exclure, de faire en sorte qu'ils soient écoutés mais comment pouvait-il s'élever contre ceux qui lui soutenaient que les Serpentards étaient les seuls à ne pas avoir subi les châtiments des Carrow ? Pourtant, malgré des tensions régulières, il lui semblait que la situation s'améliorait. Plus la guerre durait, plus les élèves étaient forcés de reconnaître que les Serpentards souffraient autant de cette situation qu'eux, et participaient eux aussi au combat, que ce soit en rejoignant l'Ordre, en participant à l'infirmerie ou en aidant à la confection de potions, Portoloins de secours et amulettes de protection runiques.

Arrivé au stade, Harry passa rapidement au vestiaire, enfilant sa tenue de combat. Il était en train de remettre ses lunettes, qu'il devait attacher pour ne pas risquer de les perdre pendant un combat, quand la porte s'ouvrit derrière lui, laissant apparaître Olivier Dubois.

« - Tiens, Harry ! s'exclama celui-ci. Je ne t'avais pas vu depuis un moment, tu ne t'entraînes pas à cette heure d'habitude ?

« - En fait, c'est un peu aléatoire en ce moment, je viens quand j'ai le temps.

Olivier hocha la tête, et se changea rapidement, tout en continuant de discuter. Au moment de sortir, Harry fronça les sourcils, étonné de voir un balai dans la main de son camarade.

« - Oh, c'est vrai que tu n'es pas au courant, s'exclama Olivier, comprenant instantanément ce qui le surprenait. On est en train de mettre en place une unité volante.

« - Une unité volante ?

« - Oui, expliqua Olivier tout en fermant la porte des vestiaires derrière lui. C'est une idée que j'ai eue en discutant avec Alicia, et d'après Netchev c'est faisable. D'ailleurs, c'est Mme Bibine qui nous entraîne, elle doit déjà être là.

Le cerveau d'Harry fonctionnait à toute vitesse tandis qu'Olivier continuait ses explications. Il n'y avait jamais pensé, mais des unités volantes pouvaient être un atout non négligeable durant les combats. Désillusionnés, ils seraient d'excellents espions, et l'altitude leur donnerait une vision globale du champ de bataille, ce qui permettrait d'affiner la stratégie.

« - C'est génial, marmonna-t-il pour lui-même, les yeux dans le vague.

« - Tu trouves ?

Le sourire ravi d'Olivier amusa Harry.

« - Carrément, répondit-il. Vous en êtes où ? Je veux dire, combien d'entraînements pour l'instant ? Et qui en fait partie ?

« - On a commencé il y a une semaine à peine. Et la plupart des anciens joueurs de Quidditch, ils ont déjà un très bon niveau de vol.

Olivier parlait avec de grands gestes, et Harry se souvenait de leurs entraînements de Quidditch, les heures qu'il passait à leur expliquer ses stratégies.

« - J'ai déjà eu quelques idées, poursuivait-il avec enthousiasme. Pour l'instant, on teste des formations en trio, ça me semble assez équilibré. Il n'y a pas de problème au niveau du vol, la formation tient à peu près, que ce soit virages serrés à gauche ou à droite, descente en piqué ou remontée rapide. En fait, le problème vient plutôt quand on lance des sorts, la précision reste faible pour l'instant, et c'est difficile de garder l'équilibre en tenant le balai d'une seule main à pleine vitesse.

« - Ne t'inquiète pas, ça viendra, répondit Harry, se souvenant avec émotion du jour où l'Ordre était venu le chercher au 4 Privet Drive, et de la bataille aérienne qui s'en était suivie. Comment tu as organisé les formations ? Un qui maintient un sortilège du bouclier, voire de désillusion, sur les trois, et deux attaquants ?

« - C'est ça. Mme Bibine nous entraîne à viser des cibles mouvantes, elle lance des disques qu'on doit exploser en plein vol.

« - Et ça marche ?

« - Pas très probant pour l'instant, mais il y a du progrès. Angelina est incroyable, elle est la seule à faire un quasi sans faute.

« - Et d'en bas ? Ceux au sol arrivent à vous toucher ?

« - On n'a pas encore essayé. Selon Mme Bibine, si les sorts de Bouclier tiennent, on ne peut pas être abattus en vol. Après, on aura l'avantage de la surprise la première fois, mais les Mangemorts ne tarderont pas à s'adapter.

Harry haussa les épaules avec un demi-sourire.

« - Je sais. On n'aura qu'à inventer autre chose.

Olivier éclata de rire, puis le quitta pour rejoindre la dizaine de personnes déjà regroupée autour de Mme Bibine. Harry s'apprêtait à le suivre quand un éclair roux attira brusquement son attention. Fronçant les sourcils, il fit demi-tour en direction du vestiaire des filles, dont Ginny venait de sortir, un balai à la main. Elle grimaça en l'apercevant, puis releva la tête avec provocation, s'arrêtant à son niveau.

« - Qu'est-ce que tu fais là ?

« - J'ai fêté mes 17 ans la semaine dernière, tu ne te souviens pas ? Je suis membre de l'Ordre et je viens à mon entrainement quotidien.

Comment Harry aurait-il pu oublier l'anniversaire de Ginny ? Ils ne l'avaient pas fêté, trop obnubilés par l'attaque qui avait eu lieu la veille sur Londres, mais tous leurs amis s'étaient réunis au moment du repas pour souhaiter un joyeux anniversaire à la plus jeune d'entre eux. Harry avait immédiatement deviné qu'elle rejoindrait l'Ordre au plus vite et, à en croire le regard de Molly Weasley, celle-ci n'était pas non plus enthousiaste à cette idée. Mais elle n'était jamais venue s'enregistrer auprès de l'Ordre, et il avait naïvement pensé qu'elle choisirait de rester à l'infirmerie avec Luna. En fait, Ginny redoutait la réaction d'Harry et de sa famille. Elle avait donc demandé à Neville de l'inscrire sur le registre de l'Ordre, et celui-ci avait accepté sans poser de questions.

« - Je sais ce que tu penses, soupira-t-elle avant qu'Harry ne dise quoi que ce soit. Mais tu ne peux pas m'empêcher de rejoindre l'Ordre ! Toute ma famille en fait partie. Toute. Tu ne crois pas que je suis morte de peur, pour mes frères, pour toi, pour mes parents, à chaque fois que l'alarme sonne ? Je veux être utile, moi aussi, et tu ne m'empêcheras pas de participer aux combats.

« - Tu es utile à l'infirmerie.

« - Mrs Pomfresh ne manque pas d'aide, mais l'Ordre manque de combattants, objecta-t-elle.

Le menton relevé, elle le fixait effrontément, semblant le défier de la contredire. Harry savait qu'elle avait raison. Même s'il ne voulait pas qu'elle participe aux combats, il ne pouvait pas l'en empêcher, et il ne voulait pas se fâcher avec elle.

« - Je vais m'inquiéter pour toi, tenta-t-il néanmoins. Je ne pourrais jamais me battre en sachant que tu es peut-être en danger.

Elle fit claquer sa langue, agacée.

« - Je ne suis plus une enfant ! Je rejoins la brigade volante, et tu n'as pas ton mot à dire. Et si le fait que je sois ta petite amie t'empêche de te concentrer sur le combat … Peut-être qu'il vaut mieux qu'on en reste là.

Harry resta figé, la dernière phrase de Ginny tournant en boucle dans sa tête, sans qu'il ne parvienne à l'assimiler.

« - Tu … Tu es sérieuse ? balbutia-t-il. Tu vas vraiment me quitter, comme ça ?

L'émotion lui coupait le souffle, et il pouvait voir des larmes briller dans les yeux de Ginny.

« - Je ne sais pas, Harry. Mais … Je ne sais plus où on en est, nous deux. Tu passes ton temps à m'éviter, on ne sait plus quoi se dire … Depuis combien de temps on n'a pas passé une soirée tous les deux ? Je pensais qu'on pourrait se retrouver, après ton retour, mais … On n'y arrive pas. Je t'aime, Harry, mais ça ne suffit pas. Ça ne suffit plus. Alors oui, peut-être qu'il vaut mieux qu'on arrête là.

Elle pleurait vraiment, à présent, sans retenue. Essuyant ses larmes d'un revers de main, elle tenta de sourire, sans parvenir à autre chose qu'une faible grimace. C'était sûrement la chose la plus difficile qu'elle ait eu à faire de toute sa vie, mais elle savait qu'elle avait fait le bon choix. Elle ne pouvait plus supporter cette tension entre eux, la gêne quand ils se retrouvaient ensembles … Peut-être qu'ils pourraient se retrouver, plus tard. Après la guerre, quand Harry n'éprouverait plus ce besoin inconditionnel de la protéger. Elle l'espérait vraiment.

Incapable de bouger, Harry ne put que la suivre du regard alors qu'elle rejoignait Mme Bibine. Il avait mal, affreusement mal, à l'intérieur. Mais plus que tout, c'était la culpabilité qui l'étouffait, l'écrasait. Ginny avait raison, il l'avait fuie, l'avait évitée. Il avait pensé, égoïstement, qu'il la protégeait en agissant ainsi. Et il s'était aveuglé, il n'avait pas su voir à quel point elle avait besoin de lui. Elle le voulait tout entier, avec ses peurs et ses défauts, pas en coup de vent, entre deux batailles, entre deux entraînements, sans jamais se confier vraiment.

Ce fut ainsi que Bill le trouva, dix minutes plus tard. Les balais avaient décollé depuis longtemps, mais lui était encore figé, les joues humides de larmes qu'il n'avait pas vu couler. Bill ne posa pas de questions, et entraîna Harry plus loin dans l'arène, loin de Mme Bibine qui criait ses instructions à l'unité volante, loin des binômes qui s'affrontaient, deux contre deux. Il accepta simplement le duel qu'Harry lui proposait, parant et renvoyant ses sorts, inlassablement, jusqu'à ce que le jeune homme sorte enfin de son apathie, et entame un véritable duel. Harry ne savait pas si l'aîné des Weasley avait compris quelque chose, mais il lui était reconnaissant, de son silence patient, de sa présence apaisante. Et, courageusement, après plus d'une heure d'entrainement, il lui adressa un véritable sourire, franc et sincère.


Tadaa ! Alors, qu'est-ce que vous en avez pensé ? Personnellement, j'ai adoré écrire la scène entre Narcissa et Bellatrix ... Sinon, un chapitre avec beaucoup d'explication, peu d'action, mais ! une rupture entre Harry et Ginny. Des réactions ? Crédible, pas crédible ? Prévisible, pas prévisible ? Je veux savoir, donnez moi votre avis !

Dans le prochain chapitre, de l'action, beaucoup d'action ! A bientôt !