Bonjour ! Désolée, je n'ai pas eu le temps de poster le chapitre hier, mais le voilà !
Le prochain est écrit, donc il sera posté en temps et en heure, je vais essayer de rédiger celui d'après pour avoir de quoi tenir le mois de juillet.
Encore une fois, merci à tous mes lecteurs et revieweurs : pour la première fois depuis longtemps, mon solde de reviews augmente, vous n'imaginez pas à quel point ça me fait plaisir !
Bonne lecture !
Message récapitulatif.
De : Agent Spécial Hermione Granger.
A : Premier Ministre Tony Blair.
Objet : Opération jeudi 27.
Risque pour les populations civiles : faible. Évacuation non nécessaire. Présence militaire requise. Deux unités spéciales sous le commandement de : Agent Spécial Hestia Jones. Préparer les forces militaires à se déployer sur toute la ville. Prochain contact à 18 heures.
« - Arrivée dans six minutes.
Les mains serrées sur le manche de son balai, tous les muscles de son corps tendus, Ginny adressa un infime signe de tête à Olivier Dubois. Dans quelques minutes à peine, les unités volantes atteindraient l'hôpital de Ste Mangouste. Ils étaient à peine quinze, cinq trios. Tous savaient ce qu'ils avaient à faire, et la concentration se lisait sur leurs traits. Ouvrir un passage aux troupes de l'Ordre. Replacer les protections. Empêcher, à tout prix, les Mangemorts de pénétrer dans l'hôpital à la suite des membres de l'Ordre. Un rôle crucial, décisif même.
« - Deux minutes.
Ginny ne put retenir un léger sourire. L'adrénaline pulsait dans ses veines, et elle sentait des frissons d'excitation glisser le long de sa colonne vertébrale. C'était sa première bataille, et loin d'avoir peur, elle était pressée d'arriver. Elle voulait être présente sur le terrain, servir à quelque chose, être active dans la lutte contre les Mangemorts.
« - Maintenant.
Au signe d'Olivier Dubois, les trios se séparèrent, invisibles présences. Et, silencieusement, commencèrent à lancer les premiers sorts.
Le hall de Poudlard bruissait d'excitation. Des murmures montaient, par vagues, parcouraient la salle dans un frisson d'excitation, avant de mourir, écrasés par un silence opaque. Toutes les unités étaient stationnées dans le hall. Dix-huit sections, cent quatre-vingt personnes. Toutes les forces de l'Ordre étaient présentes, prêtes à lancer l'attaque surprise sur l'hôpital de Ste Mangouste. Il était à peine six heures du matin, mais tous étaient alertes, concentrés. Cette bataille, ils allaient la gagner, ils en étaient certains.
La première section était menée par Harry Potter. L'agitation était à son comble autour de lui on venait lui poser des questions, demander un détail, une confirmation. Lui, au pied de l'escalier central, ne bougeait pas. Il était entouré par les membres de sa section et répondait avec calme à chaque question, rassurant par son apparente tranquillité. En fait, à cet instant précis, Harry Potter avait l'allure d'un véritable chef de guerre.
« - La section quatre est complète, prête à partir.
« - Section dix prête, mon commandant.
A moins d'un mètre de lui, Blaise observait chacune de ses mimiques, analysait ses expressions. Il savait que son apparente sérénité cachait une impatience fébrile, et lisait son angoisse de perdre ses amis dans la ridule qui apparaissait au coin de ses yeux. Il voyait aussi que la présence de Ron, à la tête de la troisième section, le rassurait et lui permettait de jouer son rôle. Mais il savait également que cela ne durerait pas. En fait, Blaise attendait le drame. Les balais devaient approcher de Ste Mangouste. Les protections seraient bientôt levées, et le signal du départ retentirait alors. Le drame ne devrait plus tarder.
« - Prête, Tracey ?
La jeune fille hocha la tête avec confiance, et Blaise ne put s'empêcher de tressaillir. Il ne comprenait pas pourquoi son amie était le binôme d'Harry Potter, mais devait avouer qu'il était rassuré, devinant qu'elle ne craignait rien tant qu'elle était à proximité du binoclard. Les Mangemorts avaient interdiction de le tuer, et aucun sort perdu n'était à craindre de ce côté. Tracey continuait à parler avec le jeune homme, plaisantant même, et Blaise commençait à s'impatienter. Et puis, il le vit. Ce n'était pas grand-chose, mais il avait l'habitude de lire sur les visages. Le sourire d'Harry Potter était forcé, et ses yeux balayaient la salle avec insistance, avec crainte même.
A cet instant, Blaise ne souriait plus. Maintenant que Potter avait compris, sa responsabilité n'en était que plus grande. Harry commençait à s'agiter, surveillant la salle, sourcils froncés, et quelques regards se tournaient vers lui. Blaise, lui, ne bougeait pas. Il savait ce qui l'inquiétait tant. Aileen n'était pas là. Aileen ne viendrait pas, et l'Élu était perdu sans son garde du corps.
Ces deux dernières semaines, Blaise n'avait pas vu la jeune femme. Il ne l'avait qu'entraperçue, le lendemain de sa discussion avec Albert. Quand il était arrivé, elle était en train de faire ses bagages.
« - Je te laisse le commandement de mes troupes en attendant mon retour, avait-elle dit. Ainsi que la protection d'Harry Potter.
Et elle était partie, comme ça, sans un mot de plus. Il ne savait pas où elle était, encore moins quand elle rentrerait. Quand ils avaient commencé à parler de bataille, il s'était inquiété, avait prié pour qu'elle rentre à temps. Aujourd'hui, il savait qu'elle ne viendrait plus. Le Portoloin partait dans moins de dix minutes, et il était seul pour veiller sur Harry Potter.
Surveillant toujours le jeune homme du coin de l'œil, il le vit se pencher vers Hermione, lui chuchotant quelque chose à l'oreille. Celle-ci haussa simplement les épaules, nullement affectée. Il savait qu'elle n'avait pas confiance en Aileen. En fait, sa désertion devait la conforter dans son idée : on ne pouvait pas compter sur cette jeune femme. Bien sûr, lui avait entièrement confiance en elle. Si Aileen était partie, elle devait avoir une bonne raison de le faire. Elle avait intérêt à avoir une excellente excuse.
Harry n'eut pas le temps de s'inquiéter plus longuement. Le hall se mit à bourdonner lorsqu'un Patronus apparut. Celui-ci se mit à parler d'une voix qu'il ne reconnut pas.
« - On est sur place.
Aussitôt, chaque section se regroupa autour de son Portoloin, prêts à partir. Croisant le regard de Potter, il lui adressa un petit signe de tête, un peu sec, espérant lui signifier que tout allait bien se passer. Il ne sut pas s'il le comprit, puisqu'Hermione se plaça à côté de lui, le bousculant légèrement.
« - J'espère que tu n'as pas oublié ta coéquipière.
« - Impossible, elle est trop collante, rétorqua-t-il sans même la regarder.
Même sans la voir, il devinait son expression, et le sourire qui avait pris place sur ses lèvres. Elle appréciait sa présence, ses remarques sarcastiques, et même s'il ne l'avouerait pas, lui aussi aimait discuter avec elle. S'ajoutait à cela le fait qu'elle avait décidé d'être son binôme officiel, ils passaient beaucoup plus de temps ensemble qu'il ne l'aurait imaginé. Beaucoup trop à son goût.
Le Portoloin se mit à briller, et ils posèrent tous leur doigt dessus. Quelques secondes plus tard, ils avaient disparu. Dans le hall de Poudlard, soudainement déserté, Luna esquissa un pas de danse, avant de s'éloigner d'un pas léger en direction de l'infirmerie.
D'un pas rapide, Hippocrates Smethwyck traversa le hall de l'hôpital Ste Mangouste en direction de l'accueil. Il déposa le dossier qu'il tenait sous le bras sur le bureau, signant sans le regarder le dossier que la secrétaire lui tendait.
« - Merci docteur. Vous êtes attendu au deuxième, Augustus vous attend là-bas.
Augustus était son assistant depuis quatre ans, et il terminerait sa formation l'année prochaine. Sans ouvrir la bouche, il adressa un signe de tête à la sorcière, et partit en direction de l'ascenseur. Il ne put s'empêcher, en traversant le hall, de jeter un coup d'œil par-dessus son épaule. Près de la porte d'entrée, un Mangemort était en faction, surveillant la salle d'un regard froid. Hippocrates n'avait jamais vu son visage, dissimulé sous son masque, mais imaginait sans peine les traits durs et cruels.
La porte de l'ascenseur s'ouvrit, et Hippocrates s'écarta pour laisser passer les guérisseurs qui en sortaient. Une fois à l'intérieur, il appuya sur le bouton, regardant d'un œil pensif le hall désert tandis que les portes se refermaient. La dernière chose qu'il vit avant leur fermeture complète fut une centaine de personnes qui apparaissait dans un craquement épouvantable. Et, à leur tête, le regard vert si caractéristique d'Harry Potter.
Le guérisseur sentit son cœur s'emballer, battant à tout rompre dans sa poitrine. Quand les portes se rouvrirent, au troisième étage, il devina qu'il n'avait que quelques minutes pour agir. Quelques petites minutes pour protéger ses patients avant que les combats ne fassent rage. Il s'élança en courant dans le couloir, ne prêtant pas attention au regard surpris du Mangemort qui s'apprêtait à pénétrer dans l'ascenseur. Sous le regard incrédule des guérisseurs présents, il cadenassa les portes du service, les enfermant à l'intérieur de la salle.
« - L'Ordre est là, lâcha-t-il avec un sourire. Harry Potter est là.
La section 12 s'engagea dans les escaliers, protégée des sorts ennemis par les combattants de l'Ordre présents dans le hall. Arrivée au premier, elle pénétra dans le couloir, où elle fut aussitôt accueillie par une salve de sorts ennemis. Trois Mangemorts, protégés par un meuble renversé, les mitraillaient sans relâche. Les duos se formèrent avec une précision remarquable, s'entourant de sortilèges de Bouclier. Dos contre son mari, Fleur se tendit, prête à affronter le combat.
« - Chéri, je dois te dire que je suis extrêmement fière d'être ta femme.
Cette phrase, elle la répétait avant chaque combat, comme un mantra. Bill sourit et pressa sa main dans la sienne, lui transmettant tout son amour.
« - Allons massacrer des Mangemorts, dans ce cas.
Le couple s'élança dans la bataille, enchaînant les sorts avec efficacité. Les cheveux de Fleur, qu'elle n'avait pas attaché, tournoyaient autour d'elle, encadrant son visage d'une couronne lumineuse. Parfois, en croisant son regard, Bill se disait qu'elle était un ange au milieu du champ de bataille. Elle lui souriait alors avec férocité, s'engageant corps et âme dans la bataille. Fleur se battait pour son mari, pour cette famille qu'elle avait adoptée, pour pouvoir se construire une famille dans un monde en paix, sa famille. A leur suite, la section s'était lancée dans le combat, guidée par ce couple qui semblait invincible tant les sorts les frôlaient sans jamais les toucher.
Fleur faisait un pas à droite, léger, gracieux comme un pas de danse, et Bill bougeait en miroir, parant les sorts qui se dirigeait vers elle, sans effort semblait-il. Les Mangemorts étaient coriaces, rodés au combat. Ils ne savaient pas qui ils étaient, cachés derrière leurs masques, et devinaient des noms connus. Qui leur faisait face, dans ce couloir où les murs s'effondraient, dévoilant des patients paniqués, cachés derrière leurs lits ? Lestrange, Dolohov, Malefoy peut-être ? Fleur ne réfléchissait plus, glissant et tournoyant, flottant presque au milieu des sortilèges colorés.
Singulière beauté que ce combat, silencieux d'être trop bruyant. Une explosion, un corps qui volait, et d'autres qui couraient, hurlaient, comme au ralenti, comme si le temps s'arrêtait pour les regarder danser. Fleur tournait, se retournait, croisait le regard de Bill. Elle souriait, sa joue était barrée par une estafilade, mais elle était vivante, elle était belle et elle se battait, sans jamais rien lâcher. Et quand il la voyait, Bill savait pourquoi il l'aimait, et il était fier, fier de se battre à ses côtés.
« - Commandant !
Essoufflé, Harry se laissa glisser derrière le bureau de l'accueil, surprenant la sorcière blonde qui s'y était réfugié. Elle le fixa d'un regard apeuré et il la rassura d'un signe de tête, faisant discrètement signe à un combattant de sa section de la mettre à l'abri dans la petite pièce située à quelques mètres. Tracey se laissa à son tour tomber à côté de lui, lourdement, les yeux brillants d'une rage de vaincre. Quand il se fut assuré, d'un regard, qu'elle allait bien, il se tourna vers l'homme qui venait de l'interpeller.
« - Les sections se sont déployées jusqu'au cinquième étage, mon commandant. Le premier et le troisième sont sécurisés, et les Mangemorts sont en recul. L'opération est un succès, mon commandant.
Harry hocha la tête, encore gêné par l'appellation, trop militaire, trop pompeuse à son goût. Avant qu'il ne réponde, une seconde personne se glissa vers eux, visiblement paniqué.
« - Mon commandant, des Mangemorts ont réussi à s'infiltrer en faisant exploser une partie du mur au cinquième étage.
Harry jura. L'opération avait commencé une demi-heure plus tôt, et il avait espéré prendre le contrôle de l'hôpital avant que Voldemort ne soit averti de l'attaque.
« - Envoyez les sections 7 et 13, ils n'ont plus besoin d'eux au premier. Bloquez les issues, ils ne doivent pas atteindre le quatrième.
« - Mon commandant … On raconte que Bellatrix Lestrange fait partie des Mangemorts qui ont réussi à s'infiltrer.
« - Envoyez aussi la section 4.
« - Bien, mon commandant.
Bellatrix Lestrange … Son arrivée était réellement une mauvaise nouvelle. Elle était la pire adversaire qu'il ait jamais croisé, la plus dangereuse aussi.
« - Attendez ! Où est la section 8 ?
Neville était à la tête de la section 8.
« - Au quatrième, mon commandant.
Bellatrix ne devait pas atteindre le quatrième. Si elle se retrouvait face à Neville, le combat serait sanglant. Et Harry ne sait pas lequel en sortirait vainqueur.
« - Le rez-de-chaussée est sécurisé, mon commandant !
Tracey releva prudemment la tête, scrutant le hall d'entrée, avant de faire un signe de tête à Harry, lui signifiant qu'il n'y avait aucun danger.
« - Très bien, on monte au deuxième. Section 10, avec moi, les autres, restez ici pour gérer les communications !
Il se pencha vers l'homme qui se trouvait à côté de lui, et le tenait informé de la situation.
« - Qui est au premier ?
« - Uniquement la section 12, mon commandant.
Harry hocha la tête et s'élança vers l'escalier, suivi par la vingtaine de combattants sous ses ordres, en direction du deuxième étage. Ils furent accueillis par un silence terrifiant, jusqu'à ce qu'un mur cède, écrasant le Mangemort qui se trouvait derrière. Georges apparut alors, toussant à cause de la poussière.
« - Harry ! s'exclama-t-il avec un sourire un peu fou. Deuxième étage sécurisé.
« - Au quatrième ! s'exclama alors celui-ci, laissant passer les combattants qui s'engouffraient dans les escaliers. Bellatrix est au cinquième, lâcha-t-il quand les frères Weasley s'approchèrent de lui.
Ron lui adressa un sourire rassurant, tout comme Tracey, bien décidée à ne pas abandonner son binôme, et les quatre jeunes gens s'élancèrent dans l'escalier. Ils passèrent rapidement le troisième, encore gardé par des combattants chargés d'empêcher les Mangemorts de descendre, et s'engouffrèrent dans l'enfer du quatrième. Ici, les Mangemorts étaient plus violents encore qu'en bas, et ils devinaient que la situation était pire au cinquième.
Harry repéra la longue chevelure blonde de Fleur Weasley, qui tournoyait aux côtés de son mari, semblant danser au milieu des sorts, et la rousseur caractéristique des nombreux Weasley. Il jeta un coup d'œil à Tracey, et tous deux se jetèrent dans le combat. Ils devaient à tout prix sécuriser le quatrième étage, afin de pouvoir rejoindre le cinquième. Harry imaginait déjà le corps sans vie de Bellatrix, et cette pensée lui insufflait la force de se battre encore et encore.
La situation était presque stabilisée au quatrième quand quelqu'un l'appela à nouveau. Il ne restait plus qu'un Mangemort en vie à cet étage, et bien qu'enragé, il était blessé et serait sans doute rapidement battu. Tirant Tracey à lui, il se glissa dans la cage d'escalier à la suite de l'homme qui venait de l'interpeller. Celui-ci était blanc, et Harry devina instantanément qu'il avait une mauvaise nouvelle à lui annoncer.
« - Mon commandant … Les Mangemorts viennent de lancer une attaque sur le Chemin de Traverse. Le Seigneur des Ténèbres est à leur tête.
« - Envoyez les unités volantes, répliqua-t-il immédiatement. J'ai besoin d'une évaluation immédiate de la situation.
L'homme hocha la tête et disparu instantanément. Un cri retentit, et le Mangemort tomba, sous les cris de joie des combattants de l'Ordre. Harry détourna la tête, réfléchissant à toute vitesse. Cette opération, qui avait si bien commencé, risquait de tourner au massacre s'il prenait la mauvaise décision. Il se dirigea vers l'entrée du quatrième étage, se tournant vers les hommes qui fixaient son air sombre avec incompréhension.
« - Un problème, Harry ?
Neville l'avait rejoint en quelques pas, et scrutait son visage avec insistance.
« - Voldemort est sur le Chemin de Traverse, lança-t-il abruptement, alors qu'Hermione et Zabini, Ron et Georges le rejoignaient.
« - Merde, lâcha Ron. On fait quoi ?
Les Mangemorts étaient encore présents au cinquième étage, et il devinait que le combat était difficile.
« - Plan B ! cria-t-il. Les Mangemorts sont sur le Chemin de Traverse, je veux les sections 2, 3, 4, 6, 7, 10, 11, 12, 13, 14, 16 et 17 sur place dans trois minutes.
L'agitation se répandit dans la pièce, les combattants se regroupant, préparant les Portoloins, prévenant les sections chargées de la protection de l'édifice de leur ouvrir un passage.
« - Pour celles qui sont au cinquième ?
« - Prévenez les de se retirer.
« - On ne tiendra pas le cinquième avec seulement six unités.
« - Je sais. Hermione, prévient Hestia Jones.
La jeune femme s'exécuta promptement, un Patronus jaillissant de sa baguette.
« - Vas-y, Harry.
Il jeta un regard surpris à Neville.
« - Pars sur le Chemin de Traverse. Ta place est là-bas. Je m'occupe de Ste Mangouste. Et puis, je suis un peu ton second, non ?
Il serra avec émotion l'épaule de son ami, le remerciant par ce simple geste, sachant qu'il comprendrait.
« - Section 1, on part. Direction le Chemin de Traverse.
Le Patronus d'Hermione disparut à ce moment, et toute la section se rassembla autour d'Harry, qui fit rapidement apparaître un Portoloin. Le petit groupe disparut en une seconde, et les combattants restants se hâtèrent de monter au cinquième, où le combat faisait toujours rage. Seul, Neville passa en coup de vent dans la salle 49, où ses parents regardaient autour d'eux avec un air perdu. Il les embrassa tendrement, et suivit son binôme en direction du cinquième étage.
Dans le hangar désaffecté où elle se trouvait, Hestia Jones étudiait d'un œil critique les hommes face à elle. Ils étaient vingt, dix-sept hommes et trois femmes. Tous vêtus de leur uniforme militaire Moldu, le visage fermé. Elle avait personnellement composé cette unité. Choisi scrupuleusement chacun de ses soldats. Elle avait étudié les dossiers de centaines de soldats de l'armée britannique, de l'armée de terre, de l'air ou de la marine. Et finalement, son choix s'était porté sur ces vingt personnes. Vingt Moldus en qui elle devait avoir une confiance absolue. Vingt Moldus qui pénétreraient, peut-être, dans un lieu sorcier hautement surveillé.
Elle n'avait pas voulu choisir les soldats sur leurs compétences. Dévoiler le secret magique à des Moldus était une chose trop importante, et elle ne pouvait pas risquer qu'ils trahissent le secret. Aussi, elle avait fouillé dans leur vie privée. Étudié leurs relations. Et finalement, elle avait trouvé des gens qui connaissaient l'existence du monde magique. Ils avaient épousé des sorciers, étaient parents de Né-Moldus. L'un d'eux, Robert, s'était avéré être un Cracmol extrêmement bien intégré à la communauté Moldue. Elle était sûre de son choix, et savaient que ces hommes lui obéiraient. Malgré tout, elle espérait ne pas avoir à intervenir. Si on faisait appel à elle, c'est que les choses étaient en train de mal tourner. Elle espérait vraiment que ce ne soit pas le cas.
A ce moment précis, une loutre argentée apparut et se mit à parler avec la voix d'Hermione.
« - Attaque sur le Chemin de Traverse. Besoin d'aide immédiate pour sécuriser Ste Mangouste.
La loutre s'évapora, sous le regard curieux des soldats Moldus, qui pourtant n'avaient pas frémi. Hestia retint un soupir, et s'approcha de sa troupe.
« - Rompez les lignes. Nous partons.
Elle tendit une perche transformée en Portoloin, et s'assura que tous posent leur main dessus.
« - Ça va secouer, prévint-elle.
Le Portoloin se mit à briller, et ils disparurent. Comme elle l'avait prévu, l'atterrissage fut rude. Les Moldus n'avaient pas l'habitude de tels moyens de transport, et plusieurs d'entre eux arboraient des couleurs verdâtres. Mais ils se reprirent rapidement, et se remirent en formation.
« - Je ne veux pas un tir avant que je n'en donne l'ordre, prévint Hestia.
Sa plus grande hantise était qu'un de ses soldats tire par accident sur un sorcier. Mais ceux-ci hochèrent la tête, et s'ils tressaillirent quand un membre de l'Ordre dévala l'escalier, aucun d'eux ne tira.
« - Vous êtes là ! s'exclama-t-il avec soulagement. Je vous préviens, c'est un carnage, là-haut.
Les soldats ne bougèrent pas, et suivirent Hestia en ordre lorsqu'elle se dirigea vers les escaliers.
« - L'ascenseur est bien bloqué ? s'assura-t-elle avant de monter.
Rassurée par le signe de tête du combattant de l'Ordre, elle le suivit dans les escaliers. Le fracas du combat se faisait entendre dès le troisième étage, et elle devina que la partie serait difficile. Comme prévu, ils s'arrêtèrent au quatrième, sortirent leurs armes et attendirent. Sur un signe qu'ils ne virent pas, une explosion retentit, et les membres de l'Ordre se jetèrent dans l'escalier. Une cinquantaine de personne le dévala ainsi, sous le regard impassible des soldats Moldus.
« - Ils se replient ! exulta un Mangemort.
Des hourras se firent entendre, et ils devinèrent au bruit de leurs pas que les Mangemorts se dirigeaient vers l'escalier. L'homme hocha la tête, signifiant à Hestia que tous les combattants de l'Ordre avaient évacué l'étage. Elle ne prononça qu'un seul mot.
« - Maintenant.
Le premier soldat lança une grenade aveuglante, puis un fumigène. Des exclamations de stupeur retentirent, de la part des Mangemorts qui ne comprenaient pas ce qui leur arrivait. Puis, les premiers coups de feu retentirent. Au quatrième étage, ne voyant pas ce qu'il se passait, les combattants de l'Ordre retenaient leur souffle. Ils devinaient, aux hurlements, que les Mangemorts ne savaient pas se défendre face aux armes Moldues. Ce devait être un massacre. Enfin, les cris se turent, et le silence retomba, glaçant. Les soldats réapparurent, se mettant au garde à vous devant Hestia.
« - Mission accomplie. Toutes les unités ennemies ont été éliminées.
Les combattants de l'Ordre n'osaient toujours pas bouger. C'était tout ? Des cris et de la fumée, du bruit et du sang, et ce simple constat ? Qu'est-ce que ça voulait dire, les unités ennemies ont été éliminées ? Ils avaient passé des heures à se battre contre ces Mangemorts. Se pouvait-il que des Moldus les éliminent en si peu de temps ? Étaient-ils puissants à ce point, que même Bellatrix Lestrange n'ait pas pu leur résister ? Et l'effarement se lisait sur leur visage, alors qu'ils comprenaient qu'ils avaient tort de se croire supérieur.
Puis, brusquement, sans que quiconque ne puisse réagir, un hurlement retentit, provenant de derrière eux. Ce hurlement, c'était Neville. Ils l'entendirent hurler, hurler encore, alors qu'il se précipitait à la suite d'une silhouette noire qui riait, riait, riait à s'en arracher les poumons. Et à travers les hurlements de Neville, ils n'entendirent que deux formules, prononcées distinctement, avec délectation. Deux Avada, qui retentirent pour ces combattants comme la pire des condamnations à mort.
Et, sous les yeux impuissants de leur fils, Alice et Franck Londubat s'effondrèrent, foudroyés par le sortilège de la Mort, leurs yeux encore écarquillés d'incompréhension. Et Neville hurlait, lançant sortilège sur sortilège, mais Bellatrix riait, encore et encore, les sortilèges fusant autour d'elle sans jamais l'atteindre. Avec une dernière révérence moqueuse, elle s'approcha de la fenêtre explosée et, les bras en croix, se laissa tomber en arrière. Quand le jeune homme atteint la fenêtre, elle avait déjà disparu, dans un nuage de fumée noire.
« - Stupéfix !
Le Mangemort s'effondra, et Ginny vira à droite, suivie de près par Olivier Dubois et Cho Chang. Ils formaient un trio efficace : Olivier et elle attaquaient, et Cho maintenait les charmes de Bouclier et de Désillusion en place. Survolant le Chemin de Traverse, elle vit avec satisfaction les Mangemorts se replier. Attaqués par le haut, ils n'avaient pas encore pensé aux balais, et ne parvenaient pas à se défendre contre ces ennemis invisibles. Et les troupes de l'Ordre étaient d'une efficacité qu'ils n'avaient visiblement pas prévue.
Les troupes présentes sur le Chemin avaient tenu cinq minutes. Quand les Mangemorts avaient réussi à franchir leurs défenses, ils s'étaient retrouvés face à une douzaine de sections de combattants de l'Ordre. Acculés, face à une défense qui ne cédait pas un pouce de terrain, les Mangemorts n'arrivaient pas à s'imposer et, bien qu'ils aient progressé dans la rue, il était évident qu'ils devraient bientôt se retirer.
Olivier lança une nouvelle attaque en piqué, et les trois balais foncèrent vers le sol. Trois Mangemorts tombèrent, et ils remontèrent aussitôt jusqu'à atteindre une altitude de cinq mètres, se sachant à l'abri des sortilèges ennemis. Harcelés de toute part, les Mangemorts reculaient encore, et Ginny devinait la colère de Voldemort aux vagues de rage qui semblaient émaner de sa personne. Quand un sortilège le frôla, il devint évident que les Mangemorts ne parviendraient pas à reprendre le Chemin de Traverse.
Sans se soucier de ses Mangemorts, il disparut dans un nuage de fumée noire. Aussitôt, ce fût la débandade, les Mangemorts cherchant à s'échapper par tous les moyens. L'Ordre avait gagné. Mais en observant les corps de ceux qui étaient tombés, Ginny ne put s'empêcher de frémir. Ils avaient gagné, oui, mais à quel prix ?
Quelque part en Russie, dans une grotte sombre et glacée, un vieil homme avançait avec peine. Tout son corps le faisait souffrir, le froid engourdissait ses mouvements, et seule sa détermination lui permettait d'avancer. Quand enfin il parvint au fond de la grotte, dans cette salle parfaitement ronde, aux parois couvertes de sculptures, il l'aperçut enfin.
Inanimée, recroquevillée sur elle-même, ses longs cheveux noirs détachés lui dessinant une couronne mortuaire, de la pâleur d'un cadavre. Aileen. Et dans ses bras, serré contre son cœur, un grimoire plus ancien que le temps. Le Bolganone.
Voilà ! Un chapitre avec beaucoup d'action, j'espère que le découpage en petites scènes vous a plu. Qu'avez-vous pensé de cette bataille ? De Neville ? De Bellatrix ? Harry, Ron, Hermione, Blaise, Fleur, Bill ? Que va-t-il se passer ensuite ? J'attends vos avis avec impatience !
C'est tout pour aujourd'hui, passez une bonne semaine, on se retrouve vendredi ou samedi pour le prochain chapitre !
