Bonjour à tous !

Voici le nouveau chapitre, un des plus longs écrits jusque là ! J'espère qu'il vous plaira. Avant de vous laisser lire, un grand merci à mes lecteurs et revieweurs, ainsi qu'à mes bêtas Isinofret et Mel'atrix, cette histoire n'existerait pas sans vous.

Bonne lecture, on se retrouve en bas !


Trois jours avaient passé, depuis que la vérité avait été révélée sur Aileen. Trois jours que la jeune femme n'avait pas reparu au château. Et pour Harry, qui, assis contre la rambarde de la tour d'astronomie, laissait ses pieds balancer dans le vide, ces trois jours avaient été des plus compliqués. Il avait tenté d'analyser les faits, ce qu'il savait d'Aileen, ses possibles motivations … Était-elle un danger ou non ? Curieusement, Hermione s'était jointe à lui, avait réfléchi avec lui, sans critiquer la jeune femme, sans déclarer haut et fort qu'elle était dangereuse. Comme si savoir son histoire lui permettait d'analyser calmement les choses, sans a priori négatif. Bien sûr, Harry ne pouvait pas savoir que c'était parce qu'Aileen avait tenté de tuer Hermione que celle-ci, sachant qu'elle était capable du pire, pouvait analyser calmement toutes leurs possibilités. Il ne pouvait pas savoir que dans ses rêves, elle revoyait encore le regard meurtrier d'Aileen.

Mais Harry voyait que quelque chose avait changé en Hermione. Il s'était réconcilié avec elle, sans trop savoir comment, peut-être simplement parce que leur dispute lui semblait à présent puérile. Mais elle n'allait pas bien. Elle s'était jetée à corps perdu dans ses recherches, dans ses cours, dans ses entraînements, dans l'espoir vain d'échapper à la fois à Ron et à Zabini. Ron et elle ne pouvaient plus se trouver dans la même pièce sans se disputer, et cette fois, Harry se refusait à prendre parti. Hermione s'agaçait à chaque fois que Ron ouvrait la bouche, et celui-ci renvoyait la faute sur elle, parlant de Zabini. Hermione avait beau leur assurer qu'il ne se passait rien avec le Serpentard, qu'il ne s'était rien passé et qu'il ne se passerait rien, Ron ne pouvait s'empêcher d'être jaloux. Il admirait tellement Hermione qu'il avait toujours pensé qu'il la perdrait, qu'elle trouverait mieux que lui et il en était tellement convaincu que c'était justement cette crainte maladive et cette jalousie qui allait les séparer.

Sans vouloir donner raison à Ron, Harry ne croyait pas Hermione elle pensait ce qu'elle disait, il en était convaincu mais il était également convaincu qu'elle se voilait la face. Il le voyait dans la manière qu'avait Zabini de la regarder, dans l'instinct qui la faisait se retourner quand il approchait … Mais si Harry pensait, il ne disait rien après tout, il était mal placé pour lui donner des conseils ou lui faire des reproches : Ginny l'avait quitté, et il avait à nouveau l'impression d'être un gamin bégayant et rougissant quand il la voyait. C'en était ridicule.

Il soupira, se concentrant sur son pied qui continuait de se balancer dans le vide. Comme toujours, il divaguait, laissant son esprit se perdre en futilités plutôt que de penser à ce qui avait de l'importance. Neville avait rendu les clefs des serres à Pomona. Le jeune homme se sentait trahi, par celle en qui il avait le plus confiance, et Harry comprenait la douleur qui le traversait. Ce qui le ramenait, encore, à Aileen. Ils avaient peut-être découvert sa véritable identité, mais sa riposte n'avait pas trainé. Dès le lendemain, la rumeur du retour de l'Héritière des Báthory s'était mis à courir à travers le Royaume-Uni. Et jamais Harry n'aurait imaginé l'émotion que ce simple nom pouvait procurer.

En trois jours, le Royaume-Uni s'était affolé. Il y avait ceux qui la craignaient, ceux qui l'attendaient. Son nom était prononcé avec vénération, avec terreur, mais jamais avec indifférence. En trois jours, elle était devenue le principal sujet de conversation dans le Royaume-Uni sorcier. Son nom, jusqu'alors perdu dans les limbes de l'oubli, était reparu, plus glorieux et angoissant que jamais. Tous avaient compris que quelque chose se jouait, jusqu'aux Mangemorts : deux jours plus tôt, ils avaient attaqué le village semi-sorcier de Loutry Ste Chaspoule, incendiant au passage ce qui restait du Terrier, dans ce qu'Hermione appelait « une tentative pathétique pour revenir sur le devant de la scène ». Quoi qu'il en soit, malgré l'intervention de l'Ordre, le village avait été réduit en cendre, et Molly restait inconsolable.

Bien sûr, Aileen ne s'était pas jointe à eux et l'Ordre avait été vivement critiqué. Harry ne savait pas comment l'information s'était propagée, mais il se chuchotait dans le monde sorcier que l'Ordre craignait l'Héritière des Báthory, et se refusait à accepter son aide on chuchotait que c'était elle qui, le soir de la bataille de Poudlard, avait repoussé Lord Voldemort on chuchotait qu'elle pouvait ramener la paix sur le monde sorcier, mais qu'Harry Potter se refusait à partager son rôle de Sauveur. On chuchotait beaucoup, et Harry savait ce qui allait se passer : il devrait faire appel à Aileen, demander humblement son aide. Malgré toutes les recherches entreprises par Hermione, malgré leurs réflexions, sur ce que pouvait vouloir Aileen, sur ce que pouvait être son but, ils devaient avouer qu'elle avait gagné : sous la pression populaire, l'Élu plierait genoux devant l'Héritière des Báthory pour implorer son aide devant le péril incarné par Lord Voldemort.


Les rues de Londres grondaient et frémissaient à mesure que la foule les emplissaient. Les londoniens sortaient peu à peu de chez eux, se regroupaient en petites troupes bruyantes et disparates. Les squares et places se remplissaient peu à peu, et il devenait difficile de traverser les rues des hommes et des femmes, qui tentaient tant bien que mal de se frayer un chemin à contre-courant, se retrouvaient emportés par le flot continu de la foule. Les vêtements étaient sombres, comme l'atmosphère braillarde. Un œil attentif pouvait repérer, par endroit, l'éclat d'une lame dépassant d'une poche ou la crosse vernie d'un pistolet tiré d'une armoire.

Le ciel bleu contrastait violemment avec cette foule sombre et violente mais au loin, de lourds nuages obscurcissaient l'horizon, comme un sinistre présage de ce qui allait arriver. La veille, une explosion avait retenti dans la banlieue sud de Londres, tuant vingt-neuf personnes. Cinq jours plus tôt, c'est une centrale électrique près de Bexley qui avait pris feu, privant tout un quartier de la capitale d'électricité. Le courant venait juste d'être remis. Et la liste noire ne cessait de s'allonger : depuis la mort de la Reine, pas moins de dix-sept incidents isolés avaient été recensés dans la seule région londonienne. Si le champ était élargi à toute l'Angleterre, on atteignait le nombre de cinquante-quatre. Quatre-vingt-six pour le Royaume-Uni dans son ensemble.

Des incidents, isolés. La plupart du temps, les dégâts étaient seulement matériels. Seulement, la veille, il y avait eu des victimes humaines. C'était sans doute la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase, et poussé la foule dans la rue. Le premier attaqué était bien sûr le gouvernement, qui appelait au calme sans pour autant apporter d'explications satisfaisantes. La vérité était que le Premier Ministre était dépassé et n'en savait pas plus que ses concitoyens. Les conclusions des experts étaient vagues personne n'était capable d'expliquer pourquoi une centrale électrique flambant neuve explosait tout à coup. Une fuite de gaz était parfois évoquée, quand ce n'était un acte de malveillance.

Mais devant la recrudescence de ces incidents, le Premier Ministre avait joint les sorciers. Il avait rencontré Hermione Granger, et celle-ci était formelle : les Mangemorts, bien que coupables d'innombrables crimes, n'étaient pour rien dans ces incidents. L'hypothèse la plus probable était, selon elle et les sorciers qu'elle avait consultés, que la chape magique qui pesait sur le Royaume-Uni, le coupant du reste du monde, provoquait des interférences à l'origine des incendies. Mais comment Tony Blair pouvait-il l'expliquer à ses concitoyens ? La contestation grondait déjà, et beaucoup ne croyaient pas à l'explication officielle d'un embargo décidé par des pays alliés pour contenir la menace terroriste il ne pouvait décemment pas leur déclarer que l'embargo était d'origine magique, pour contrer une menace également magique.

Non, le gouvernement ne pouvait rien faire. Et tout en multipliant les appels au calme, il mobilisait son armée, sans bien savoir contre qui elle devrait se tourner. Il voyait la rue gronder, la contestation s'afficher en première page des journaux et aujourd'hui, la foule était descendue dans la rue, avec l'intention manifeste d'en découdre mais contre quel ennemi se battrait-elle ? Tony Blair craignait que cette journée ne se termine dans un bain de sang et la mort dans l'âme, il avait convoqué Hermione Granger. Elle se trouvait dans son bureau depuis deux heures, communiquant sans arrêt avec la Résistance sorcière et lui voyait les nouvelles, désastreuses, se succéder dans son bureau. Il était midi, et la capitale semblait prise de frénésie. Les londoniens étaient dans la rue, et rien ne semblait les décider à reculer.


Note de liaison.

De : Agent Spécial Hermione Granger.

A : Commandant Harry Potter.

Objet : Londres.

Situation difficile. Foule de manifestants nombreuse et désordonnée. Aucune revendication précise pour le moment. Attente de l'évolution de la situation. Mobilisation de l'armée + section spéciale. Communications difficiles, demande d'un relais sorcier. Prochain message dans trente minutes.


Les nouvelles tombaient au compte-goutte les communications étaient laborieuses, et il devenait difficile d'obtenir des nouvelles des autres villes. Un relais sorcier se mettait en place, pour couvrir la situation. A treize heures, les villes d'Edimbourg, Dublin, Belfast, Glasgow, Leeds et Cardiff étaient tombées aux mains des manifestants qui bloquaient les principales rues. A Londres, seule la forte présence policière permettait de maintenir un semblant de normalité. Dans le bureau du Premier Ministre, l'ambiance était électrique. L'important était de maintenir la stabilité de la situation tous savaient que le premier dérapage mettrait le feu aux poudres.

De son côté, l'Ordre était étrangement dépassé ils n'étaient pas directement concernés par la situation, mais savaient qu'elle pouvait basculer à tout instant. Les Mangemorts pouvaient attaquer dans la foule trop dense pour s'échapper, et eux étaient trop peu nombreux pour riposter. Ils peinaient à maintenir le contact dans toutes les villes touchées, d'autant que d'autres tombaient avec une rapidité effarante à quatorze heure trente, Birmingham, Manchester, Liverpool et Bristol avaient rejoint la liste des villes bloquées par les manifestants. Le Premier Ministre Moldu ordonna le déploiement des armées dans les villes touchées policiers et militaires quittèrent leurs casernes pour encercler les places occupées par les manifestants. Le gouvernement craignit un moment que ce déploiement des forces de l'ordre soit pris comme une menace, mais aucun mouvement ne fut recensé du côté des manifestants par ailleurs, l'armée apparaissait en très nette infériorité numérique, d'autant que de nombreuses villes étaient occupées.

Harry Potter se trouvait face à un dilemme : le plus sage semblait de prévenir les populations sorcières vivant en zone moldue ou semi-moldue de se tenir à l'abri chez elles en cas de débordement mais un tel avertissement ne ferait qu'accorder du crédit aux affirmations des Mangemorts, selon lesquelles les Moldus étaient une menace pour les sorciers. Les revendications des manifestants restaient par ailleurs floues des slogans contre le gouvernement étaient régulièrement scandés, mais les sorciers ne semblaient pas visés. Finalement, la rumeur d'une attaque Mangemort imminente fut lancée afin de convaincre les sorciers de rester chez eux à quinze heures, un groupe mené par Percy Weasley fut désigné pour prendre en charge l'opération de communication.

La situation resta stable jusqu'à seize heure trente, quand une raffinerie fut le théâtre d'un gigantesque incendie près de Coventry. Malgré l'important dispositif mis en place par les pompiers, ceux-ci ne purent le contenir qu'en provoquant une explosion, près de trois heures plus tard. L'information fut lente à circuler mais quand elle atteint les principales villes touchées par les manifestations, celles-ci s'étendirent au point de devenir intenables pour les forces de l'ordre. Les villes de Plymouth, Leicester et Nottingham, pour ne citer qu'elles, furent rapidement envahies par les manifestants.

A dix-sept heures trente, les manifestants prirent d'assaut l'hôtel de ville d'Oxford suivant cet exemple, les hôtels de ville de tout le pays furent rapidement investis. Les forces de l'ordre firent bloc mais refusèrent de tirer sur la foule, malgré les recommandations du haut commandement, que le Premier Ministre avait également refusé de confirmer. Enhardis par ces premiers succès, les manifestants se lancèrent à l'assaut des principaux édifices des villes sujettes aux troubles : après les hôtels de ville, les sièges des journaux, chaines de télévision et stations de radios tombèrent. A Londres, les manifestants semblèrent hésiter longuement sur la conduite à tenir, pour finalement oser s'attaquer au 10 Downing Street.

L'action était plus symbolique qu'autre chose, le Premier Ministre ayant été évacué vers un lieu tenu secret après l'assassinat de la Reine. Ce fut néanmoins avec inquiétude que Tony Blair suivit les événements : il savait que son sort se jouait à Londres, au 10 Downing Street. Les manifestants ne prirent pas le bâtiment, tenus à distance par les policiers chargés de garder la résidence du Premier Ministre, et se retirèrent assez rapidement, laissant néanmoins entendre que les choses ne s'arrêteraient pas là.

Les choses semblèrent se calmer dans l'ensemble du Royaume-Uni, et Tony Blair se mit à espérer un retour au calme. Les manifestants refusèrent d'évacuer les hôtels de ville, et commencèrent à s'installer durablement, mais les rues se vidaient peu à peu alors que la plupart rentraient chez eux, ou se regroupaient dans différents bars. A Londres cependant, une certaine tension était perceptible dans la ville. Plusieurs groupes de manifestants se formèrent, en différents points de la capitale, et d'après l'agitation qui les secouait, quelque chose semblait être en train de se préparer. Quelque chose de grave, quelque chose d'important qui faisait pressentir le pire à Hermione.

Parmi les manifestants qui avaient pris d'assaut l'hôtel de ville de Londres, un groupuscule extrêmement bien organisé avait investi les locaux, se proclamant nouveau maître de l'édifice. A dix-huit heures trente, ils convoquèrent les journalistes londoniens, pour une allocution télévisée qui, selon leurs dires, « resterait dans les mémoires pour les décennies à venir ». Les journalistes accoururent, faisant circuler l'information. Les radios s'empressèrent d'annoncer que le discours serait retransmis en direct sur leurs ondes. A dix-neuf heures, toute la population du Royaume-Uni était devant son poste de télévision, scotchée aux paroles de la journaliste rappelant les « événements exceptionnels intervenus lors de cette journée mémorable ». Tous n'attendaient qu'une chose : le discours de ceux qu'ils pensaient être à l'origine de cette journée de manifestations.

A dix-neuf heures précises, les citoyens anglais virent s'afficher sur leurs écrans le hall de l'hôtel de ville de Londres, envahi par une foule de journalistes et de badauds curieux. Au centre de la pièce se tenait un simple pupitre, auquel était accroché un micro. Pas d'estrade, pas de scène, pas d'artifices. Le silence se fit soudain religieux, dans l'hôtel de ville comme dans le reste du Royaume-Uni, quand un homme brisa le cordon imposé par la foule pour venir se poster devant le pupitre. Tranquillement, avec des gestes à la fois doux et autoritaires, il déposa une feuille manuscrite sur le pupitre, plaçant le micro face à lui. Puis il redressa la tête, contemplant silencieusement la foule qui faisait face à lui.

L'œil des caméras était braqué sur lui, laissant aux citoyens le loisir de contempler son visage. Il semblait jeune, entre vingt-cinq et trente ans, ce qui plut d'emblée aux manifestants. Un nouveau visage pour une nouvelle ère, un homme jeune pour une nouvelle génération. Des cheveux blonds entouraient son visage pâle d'un halo angélique, et ses yeux noirs, d'une profondeur abyssale, se posaient sur la foule avec douceur et gravité. Une force tranquille semblait émaner de lui, ainsi qu'une justesse, une droiture et une honnêteté qui inspirait confiance.

« - Mesdames, Messieurs, commença-t-il. Citoyens de Londres, citoyens du Royaume-Uni, citoyens de Grande-Bretagne.

Sa voix n'était pas froide et détachée, mais posée, emplie d'une douce chaleur. Aucune condescendance, aucun mépris, mais une autorité naturelle qui rassurait.

« - Nul n'est besoin de vous rappeler les événements qui nous ont conduits, aujourd'hui, dans ce hall de l'hôtel de ville de Londres. Aussi, je n'en dirai pas plus, et vous laisse accueillir comme il se doit celui que vous attendez tous : le Colonel James Davis !

Un tonnerre d'applaudissement éclata, alors que le jeune homme s'écartait du pupitre pour laisser la place à un homme d'une cinquantaine d'années, appuyé sur une canne. Quelques mois plus tôt, personne ne se souvenait du Colonel James Davis. Pourtant, il avait su conquérir avec une rapidité effarante la confiance et le respect du peuple britannique. Au début des années 1980, il avait été au centre d'un retentissant scandale quand il avait démissionné de l'armée, se disant incapable de supporter plus longtemps les mensonges de son gouvernement. Après cela, il avait rapidement sombré dans l'oubli, avant de revenir plus fort que jamais lorsque les attentats avaient frappé le Royaume-Uni.

Il était l'un des plus fervents détracteurs du gouvernement de Tony Blair, soulignant chacune des incohérences de sa politique depuis le premier attentat. Il était l'un des premiers à avoir osé dire ce que beaucoup pensaient tout bas et surtout, l'on racontait qu'il savait des choses sur ces terroristes que nul ne parvenait à identifier des choses qu'il avait découvert lorsqu'il était encore colonel dans l'armée britannique on racontait que le gouvernement l'avait poussé à la démission pour préserver ses secrets et aujourd'hui tous voulaient entendre ce qu'il avait à dire.

« - Mesdames et Messieurs, commença-t-il d'une voix grave, s'appuyant fermement sur sa canne. Si je m'adresse à vous aujourd'hui, c'est au nom de tous ceux qui ont choisi ce jour pour manifester. Au nom de tous ceux qui sont descendus dans la rue, au nom de leur juste cause, au nom de leur colère légitime. Mesdames et Messieurs, je ne dois ma présence ici qu'à vous chacun de mes mots vous sera destiné, avec le respect qui vous est dû.

« Il y a peu, le Royaume-Uni a subi la pire agression de son histoire. Il y a peu, nous avons tous été mortellement blessés. Notre Reine a été assassinée. Un crime odieux, innommable, impensable. Avec elle, des centaines d'innocents perdirent la vie, massacrés en pleine rue, en pleine journée.

« Je ne devrais pas avoir besoin de vous rappeler ces atrocités. Mais depuis, notre sol a de nouveau été frappé. De nouveau, des innocents sont morts, massacrés en pleine rue. Des villages ont été réduits en cendres, des actes de malveillances ont conduit à des incendies meurtriers, dans tout le pays. Et, pour couronner le tout, notre pays s'est retrouvé isolé du reste du monde, privé de son droit de se déplacer, privé de ses communications.

« Notre Premier Ministre nous a exhorté au calme. Notre Premier Ministre nous a promis une sécurité renforcée et un retour à la paix. Et qu'avons-nous vu ? Des morts toujours plus nombreux, un homme faible nous annonçant que, pour contrer la menace terroriste sévissant sur notre sol, un embargo avait été déclaré sur notre pays par nos voisins – nos alliés depuis des siècles.

« Aussi, après plusieurs semaines de cette gouvernance, ou plutôt, de cette non-gouvernance, le peuple anglais s'est uni, pour descendre dans la rue et clamer sa colère. Aujourd'hui, c'est au nom du peuple anglais que nous réclamons la destitution du Premier Ministre, à effet immédiat.

Un murmure parcourut la foule, appréciateur, enthousiaste. Le Colonel parlait juste, le Colonel disait vrai. Le Colonel avait raison. Et déjà, on entendait le Premier Ministre conspué, hué, et sa démission était réclamée à grands cris. Dans son bureau, Tony Blair s'empressait de donner des ordres, tout en jetant des coups d'œil nerveux à la télévision. Envoyer des démentis, déloger au plus vite ces manifestants de l'hôtel de ville, convoquer les journalistes … Hermione le regardait s'agiter, silencieusement. Au fond d'elle, elle savait que la bataille était perdue. Les Moldus échappaient à tout contrôle. Mais l'homme n'avait pas fini son discours.

« - Mesdames et Messieurs, je comprends et partage votre agitation. Malheureusement, j'ai des nouvelles bien plus terribles à vous annoncer. L'incompétence de notre gouvernement n'est pas la seule à blâmer. Nous sommes bels et bien victimes de terribles attaques, mais pas de la part de groupes terroristes, comme tente de nous le faire croire nos autorités. Le Royaume-Uni est victime d'un mal bien plus profond, bien plus ancien, qu'il n'a cessé de combattre durant toute son histoire.

« Le mal qui nous frappe a longtemps été oublié trop longtemps, malheureusement, et le voilà qui revient pour tenter de nous détruire. Ce mal a été évoqué, à mi-voix, avec crainte aujourd'hui, je n'ai pas peur de vous dire ce que vous savez déjà. Mesdames et Messieurs, nous ne sommes point victimes de terrorisme, mais de sorcellerie.

Le bruit enfla, dans la salle, les murmures se muant en exclamations outrées. Était-il sérieux ? De la sorcellerie ? Personne ne pouvait croire de pareilles sornettes … Mais le gouvernement mentait, et la rumeur de sorcellerie courait depuis des semaines dans le pays, à demi-mot … L'orateur haussa la voix, ses joues prenant une légère teinte rouge, comme s'il était véritablement habité par son discours.

« - Vous ne me croyez pas, bien sûr. La sorcellerie n'existe pas ! Pourtant, vous avez tous été témoin des événements de ces derniers mois. Les attaques dont nous avons été victimes sont d'origine sorcière ! L'embargo dont nous sommes victime est d'origine sorcière ! Ils tentent de nous affaiblir, en nous coupant du monde, en faisant courir la terreur dans notre pays. Mais nous ne nous laisserons pas faire ! Le gouvernement a voulu me faire taire ils m'ont empêché de dévoilé ce que j'ai découvert, il y a près de vingt ans mais je ne me tairai pas ! Les sorciers sont là, tout autour de nous ! Le gouvernement les protège, les laisse nous massacrer depuis des années ! Souvenez-vous des années 1970, souvenez-vous de ces assassinats en série !

Il devait crier à présent pour se faire entendre. La foule vociférait dans la salle, l'acclamait, totalement acquise à son discours. Ils tenaient leurs coupables. Les sorciers étaient coupables. Les sorciers allaient payer.

« - Laisserons-nous notre Reine mourir en vain ? Les laisserons-nous assassiner de nouveaux innocents ? Non ! Mesdames et Messieurs, le Royaume-Uni a besoin de vous ! Nous ne nous laisserons pas abattre sans nous battre ! Prenez les armes pour votre pays ! Prenez les armes pour vos enfants ! L'ennemi est partout, et cette fois, nous couperons le mal à la racine ! Citoyens, que la purge commence !

La foule devint intenable. Le jeune homme blond prit le Colonel Davis par le bras, l'éloignant de l'excitation des manifestants. Les journalistes durent se replier pour sauver leur matériel, tandis que les manifestants s'éparpillaient dans les rues, scandant un seul slogan : « Que la purge commence ! ». Des plus grandes villes aux plus petits villages, la même phrase était sur toutes les lèvres, la même rage dans tous les yeux. Cette nuit, la chasse aux sorcières commençait.

Dans le bureau du Premier Ministre, Hermione se recroquevilla sur elle-même, tétanisée. Même dans ses pires cauchemars, dans ses pires prévisions, elle n'avait jamais imaginé une telle issue. Tout était perdu. Quel intérêt, à présent, de se battre contre Voldemort ? Les Moldus étaient devenus une menace, comme il l'avait voulu. Les sorciers étaient en danger, et ne mettraient pas longtemps à s'agenouiller devant lui, pour le supplier de les protéger.

Il était vingt heures, et dans quelques minutes, le sang commencerait à couler. Le sang de sorciers, peut-être le sang de Moldus, probablement le sang d'innocents, surtout. Les marginaux, les différents, les mal-aimés. Quand le premier sang coula, Tony Blair ordonna à l'armée, la mort dans l'âme, de réprimer les manifestants. Les soldats obéirent, se tournant contre leurs compatriotes, leurs frères, leurs sœurs. Certains désertèrent, grossissant les rangs des manifestants. Des tueurs.

L'Ordre, déjà mobilisé, commença l'évacuation des sorciers vivant en zone moldue ou semi-moldue. Des abris furent créés en urgence, pour accueillir les réfugiés. Mais ils étaient nombreux, trop nombreux, et l'Ordre n'était que peu informé. Et au contraire, les Moldus avançaient vite, dans les villes comme les villages. Les Mangemorts ne bougèrent pas d'un pouce : Voldemort se savait victorieux. Ce jour était pour lui la plus grande des victoires dorénavant, les sorciers lui mangeraient dans la main. Potter pouvait bien supplier l'Héritière des Báthory de l'aider, il ne voyait pas comment elle pouvait rattraper la situation. Il avait gagné.


A vingt-trois heures trente, Harry Potter, les traits tirés, traversa le château pour rejoindre la salle où une poignée d'élèves, ne pouvant quitter Poudlard, s'étaient regroupés pour coordonner les actions des membres de l'Ordre. Parmi eux se trouvait Justin Finch-Fletchley, Poufsouffle de septième année. Justin était un garçon dévoué, membre de l'Armée de Dumbledore depuis sa création, fier de sa maison et prêt à tout pour défendre ce qu'il pensait juste. Justin était Né-Moldu, et se battait depuis ses onze ans pour prouver qu'il valait autant que les autres élèves. Mais Justin était avant tout son ami, et Harry devait lui annoncer la mort de ses parents, massacrés par la foule, victimes de la folie sanglante qui secouait le pays.


Au petit matin, les traits étaient tirés au château de Poudlard. Les élèves les plus âgés n'avaient pas dormi, tout comme les membres de l'Ordre qui avaient tenté d'évacuer le maximum de sorciers possibles. Du côté Moldu, la nuit avait également été longue. On recensait une vingtaine de morts sur l'ensemble du Royaume-Uni, et plus d'une centaine de blessés dans les différents hôpitaux du pays. Si un seul sorcier avait perdu la vie, les plus touchés semblaient être les proches de sorciers, comme les parents de Nés-Moldus aussi, tous à Poudlard attendaient le lendemain avec appréhension.

Hermione semblait particulièrement fatiguée en arrivant dans la Grande Salle. La veille, elle avait passé la journée dans le bureau du Premier Ministre Moldu. Elle ne l'avait quitté qu'à cinq heures du matin, quand les manifestants avaient commencé à se retirer. De retour à Poudlard, elle avait rejoint la cellule de crise installée dans le bureau de Kingsley, où se trouvait déjà Harry. Il avait la mine sombre, et elle lut dans son regard qu'il était parvenu à la même conclusion qu'elle : tous ces événements profitaient à Voldemort. Elle était même presque sûre que c'était le but qu'il espérait atteindre, en tuant la Reine et en multipliant les attaques dans le monde Moldu.

A huit heures, elle quitta enfin le bureau pour rejoindre la Grande Salle. Elle voulait manger un peu, puis comptait dormir deux ou trois heures avant de rejoindre à nouveau le bureau du Premier Ministre Moldu, tout en espérant que Voldemort n'en profite pas pour lancer une attaque de grande ampleur. Aussi, quand en rejoignant son dortoir, elle aperçut Blaise Zabini, elle n'eut pas la force de l'éviter. Il l'arrêta quand elle passa à son niveau, la scrutant avec inquiétude. Lui aussi ne devait pas avoir dormi, et elle songea qu'il devait avoir aidé l'Ordre durant toute la nuit.

Il ne lui demanda pas si elle allait bien, ne lui rappela pas qu'elle avait l'air fatiguée il se contenta de lui adresser un sourire franc et rassurant, la serrant légèrement contre lui. C'était tout ce dont elle avait besoin. Puis, elle s'échappa de son étreinte, repartant d'un pas lourd vers son dortoir. Blaise la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle tourne à l'angle du couloir, frottant sans délicatesse ses yeux fatigués. Quand elle quitta son champ de vision, il repartit, en sens inverse.

Il avait passé la moitié de la nuit dans la salle où les élèves coordonnaient les actions de l'Ordre, et pour la première fois, personne n'avait rien trouvé à redire à sa présence. Daphné et Pansy avaient râlé, bien sûr, de le voir partir mais leurs visages étaient soucieux, et leurs voix peu combatives. Elles étaient fatiguées, de cette guerre, de ces combats incessants, des risques que leurs amis couraient … Elles étaient fatiguées de s'inquiéter. Alors Blaise avait travaillé avec l'Ordre, parce qu'il lui semblait que c'était ce qui était juste. Mais ce matin, il avait un autre objectif en tête.

Il traversa le hall, inhabituellement vide, pour rejoindre le portail situé dans le parc de Poudlard. Il avait besoin d'Aileen, de l'entendre parler. La situation semblait désespérée, et il lui semblait qu'elle était la seule à pouvoir la sauver, même s'il ne voyait pas comment. Il la chercha longuement dans le Manoir, pour finalement la trouver dans le grand salon, discutant vivement avec trois hommes qu'il avait déjà aperçus dans le Manoir. Tous trois étaient hongrois, et Blaise avait compris depuis peu qu'ils étaient des Báthory ils rendaient régulièrement visite à Aileen, pour l'informer des progrès de l'expérience, même s'il ne savait pas ce qu'ils désignaient par là.

Aujourd'hui, pourtant, le sujet de conversation semblait différent. Ils ne parlaient pas anglais, donc Blaise ne comprenait ce qu'ils disaient, mais ils avaient l'air de se disputer. Plus précisément, Aileen ne semblait pas croire ce que les hommes lui racontaient. A en juger par leurs regards excédés, eux semblaient convaincus de leurs informations. Assis dans le canapé, Blaise les surveillait du coin de l'œil, tout en feuilletant un grimoire abandonné sur la table basse. En fait, il lui semblait que ces hommes étaient porteurs d'une nouvelle douloureuse pour Aileen. Ou Ibolya. Il ne savait plus vraiment comment l'appeler, ces derniers temps. De toute façon, elle répondait indifféremment aux deux appellations.

Finalement, les trois hommes partirent, le saluant amicalement avant de franchir la porte. Aileen continuait de tourner dans le salon, visiblement mécontente. Après quelques secondes, elle se laissa tomber sur le canapé, toujours sans un mot. Un réflexe la poussa à porter la main à sa poche, où se trouvait probablement un flacon de potion de lune, mais le regard noir de Blaise la dissuada de la prendre. Albert et lui avaient beau exercer une surveillance constante, elle ne pouvait s'empêcher de chercher ses potions, ses drogues, que tout son corps réclamait avec insistance.

« - Je viens d'apprendre une mauvaise nouvelle, se décida-t-elle finalement à expliquer, interrompant les réflexions de Blaise.

« - C'est ce que j'ai cru comprendre. Un rapport avec les événements Moldus ?

« - Oui.

Un silence passa, que Blaise rompit rapidement.

« - C'est bon pour Voldemort. Donc mauvais pour nous.

« - Oui, répéta Aileen.

« - On peut faire quelque chose ? Enfin … Vous pouvez faire quelque chose ?

Elle haussa les épaules avec agacement.

« - Peut-être. Je ne sais pas.

Sans que Blaise ne comprenne pourquoi, elle semblait fuir son regard, perdue dans ses pensées. Il ne dit rien, reprenant le grimoire qu'il avait posé quand elle s'était assise à côté de lui. Elle finirait bien par parler. Il fronça les sourcils en reconnaissant le code inscrit sur la première page du livre. Comment un livre de la bibliothèque de Poudlard, répertorié dans la Réserve, s'était-il retrouvé dans le salon du Manoir ? Il n'eut pas le temps de poser la question. Aileen s'était relevée, se dirigeant vers la porte du salon.

« - Viens. On doit rencontrer quelqu'un.

S'il fut surpris qu'elle le joigne à ses projets, Blaise ne dit rien et s'empressa de la suivre. Curieusement, elle ne prit pas sa cape, se contentant de lisser sa robe noire et d'enfiler ses gants. Elle jeta un bref regard à la tenue du jeune homme, et l'envoya se changer. Il revint vêtu d'un costume qu'Albert lui avait confié, quelque peu étonné du soin qu'elle apportait à sa tenue. Avec un sourire en coin qu'il ne lui avait jamais vu, elle réajusta sa chemise.

« - Vois-tu, expliqua-t-elle, les Moldus prennent grand soin de leur apparence. Aucun détail ne doit être laissé au hasard.

Ainsi, ils allaient dans le monde Moldu … Blaise n'y était que très peu allé, et se sentait un peu nerveux. Qui allaient-ils rencontrer ? Aileen ne lui dit rien, et il la suivit hors de la maison. Contrairement à ce qu'il imaginait, elle ne se dirigea pas vers le portail magique qu'il avait emprunté depuis Poudlard, mais traversa le parc en sens inverse, jusqu'à l'immense portail en fer forgé qui marquait l'entrée du domaine. En le passant, Blaise sentit le poids des sortilèges de protection qui entouraient le Manoir glisser sur lui, le reconnaissant sans difficulté.

Ils marchèrent encore quelques mètres, jusqu'à ce qu'elle lui demande de transplaner à Londres, le plus près possible du Tower Bridge. Blaise connaissait l'endroit, il avait déjà traversé ce pont avec sa mère, aussi n'eut-il aucun mal à les faire apparaître dans une ruelle déserte à proximité. Intrigué, il suivit Aileen qui traversait les rues londoniennes sans aucune hésitation, guidée par un instinct infaillible. Ils ne ralentirent que devant l'hôtel de ville de Londres, que Blaise reconnut immédiatement pour avoir été le théâtre des événements survenus la veille.

Ils furent arrêtés avant même de franchir les portes, par ce qui semblait être un agent de sécurité.

« - Nous sommes désolés, Madame, mais je vais devoir vous refuser l'entrée.

Aileen le toisa avec un regard méprisant.

« - Ce sera Lady Shafiq, pour vous. Et je me dois d'insister, j'ai rendez-vous avec John Grant.

Le vigile hésita, visiblement peu habitué à être traité de cette manière. Aileen était naturellement impressionnante aussi son ton hautain, associé à sa tenue aristocratique, faisait fort effet sur le pauvre homme. Mais plus que tout, le nom qu'elle avait donné semblait le faire hésiter. Il parlementa néanmoins de longues minutes, avant de finalement les laisser passer, à contrecœur. Blaise et Aileen traversèrent le hall, se dirigeant vers ce que Blaise devina être un ascenseur. Les Moldus utilisaient couramment ces machines, mais lui ne les aimait pas, ne leur faisant que peu confiance. Il ne dit pourtant rien, gardant cet air froid qui caractérisait les Serpentards.

« - On va vraiment rencontrer ce John Grant ? demanda-t-il quand les portes se refermèrent sur eux.

« - Bien sûr.

« - Et où est-il ?

Aileen eut un sourire triste.

« - Le connaissant, sûrement dans le bureau du maire.

Blaise hocha la tête, avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis leur départ.

« - Pourquoi m'avez-vous demandé de vous accompagner ?

Elle hésita un instant.

« - Je pense qu'il y a des vérités que tu es en droit de connaître.

Blaise n'eut pas le temps de demander plus d'explications la porte de l'ascenseur venait de se rouvrir. Il suivit Aileen dans les couloirs, jusqu'au bureau du maire de Londres. Il était étrange, pour lui, de se promener dans un bâtiment Moldu tout lui semblait différent, et il songea qu'il avait beaucoup de choses à apprendre. A l'intérieur du bureau se trouvaient trois hommes deux d'entre eux étaient dos à la porte, tandis que le troisième était assis derrière le bureau, fouillant négligemment dans une pile de papier.

Aileen toqua pour signaler sa présence, surprenant les trois hommes. Les deux premiers commencèrent à protester, appréciant peu d'être interrompus en pleine discussion. Le troisième, quant à lui, pâlit brusquement, attirant ainsi l'attention de Blaise. Ce devait être ce John Grant dont Aileen avait parlé, et il n'avait pas l'air d'apprécier la visite.

« - Laissez-nous, déclara-t-il d'une voix blanche, surprenant les deux hommes.

Ceux-ci hésitèrent, n'étant pas sûrs qu'il s'adressait à eux.

« - Laissez-nous, répéta-t-il. Je la connais.

Ce fut à ce moment que Blaise le reconnut. Il ne l'avait jamais vu, mais il avait entendu sa voix, la veille, sur la radio sorcière de Dean Thomas. Il s'agissait de l'homme qui la, veille, s'était exprimé avant le Colonel James Davis sur la télévision moldue. Un de ceux qui voulaient exterminer les sorciers.

Les deux autres hommes quittèrent la pièce en fermant la porte, à reculons et visiblement inquiets, laissant Blaise et Aileen face à ce John Grant. Il s'était relevé, et se tenait droit, face à la jeune femme, dans un silence qui s'éternisait. Un silence qu'Aileen finit par briser, d'une voix cassée, dans un murmure.

« - János …


Et voilà !

Bon, d'abord, ce chapitre n'était pas censé se dérouler de cette manière, mais j'ai l'impression que mes personnages n'en font qu'à leur tête en ce moment. Quoiqu'il en soit, j'espère qu'il vous a plu, et j'attends vos avis avec impatience ! Est-ce que tout ça vous semble crédible ? Que pensez-vous de ce John Grant ? Il ne vous rappelle pas quelqu'un ? Et la stratégie d'Aileen, qu'en pensez-vous ? Vous aimez toujours Blaise ? Et, question bonus, vous avez compris la réaction finale d'Aileen ? A partir de maintenant, vous pouvez tout trouver, j'ai semé suffisamment d'indices depuis le début de la fiction pour tout reconstituer ;)

Merci encore de me lire, et à vendredi prochain ! Au menu, des secrets révélés et un nouveau souvenir ...