Bonjour à tous ! Comme prévu, voici le nouveau chapitre. Pour vous raconter un peu ma vie, je viens de faire ma rentrée, et ce premier semestre sera assez compliqué et chargé donc je posterai bien toutes les deux semaines. Sinon, on approche de la fin (rassurez-vous, on n'y est pas encore. Mais elle approche !), et je suis très fière de voir que je peux mener un projet à bout, mais surtout : merci à vous de me lire, de commenter, j'en ai vraiment besoin.
Trêve de bavardage, je vous laisse lire. On se retrouve en bas !
« - Blaise ?
Le jeune homme leva la tête, reprenant difficilement contact avec la réalité. Ces derniers temps, il se perdait de plus en plus longuement dans ses pensées, ressassant les événements des derniers jours. Ce ferait bientôt une semaine qu'il avait rencontré son père. Une semaine qu'Aileen avait accepté de répondre à ses questions, lui révélant le secret de sa jeunesse. Sa malédiction. Il avait encore d'autres questions, toujours plus nombreuses mais il était conscient qu'il ne percerait jamais entièrement le mystère de la jeune femme, et s'en contentait. D'autant qu'il avait été très occupé à Poudlard.
« - Dépêche-toi, on va être en retard à la réunion.
Il hocha la tête et suivit Hermione. Depuis ce jour où Aileen avait failli la tuer, elle le traînait partout, comme si elle n'était rassurée qu'en sa présence. Ce qui faisait qu'il avait assisté à chacune des réunions de l'Ordre. Il se souvenait encore de la tête de Potter, quand il avait remarqué sa présence pour la première fois ! Lui et Weasley s'étaient mis en colère, déclarant qu'il n'avait rien à faire ici et lui ordonnant de quitter la pièce. Mais ce qui avait été le plus amusant était sans doute leur réaction face à la réponse d'Hermione :
« - S'il s'en va, je pars avec lui, avait-elle sifflé. Est-ce que c'est clair ?
C'était le lendemain de sa rencontre avec son père. Potter et Weasley avaient tiré une tête de Veracrasse constipé, mais n'avaient rien répondu. Si sa mémoire était bonne, Hermione et Weasley avaient rompu le soir même. Enfin, c'est ce qu'il avait compris, des bribes de conversation qu'il avait réussi à reconstituer. Depuis, Weasley semblait se retenir de lui sauter à la gorge à chaque fois qu'il le voyait, et Potter lui décochait sans cesse des regards noirs, ce qui ne l'impressionnait pas vraiment. Il avait d'autres problèmes en tête, son père en première ligne.
Quoi qu'il fasse, et bien qu'il ait été très occupé par les réunions de crise auxquelles Hermione le traînait de force, il ne cessait de penser à lui, à ce qu'aurait été sa vie s'il ne les avait pas abandonnés. Il espérait, naïvement, que l'avoir vu lui ferait changer d'avis sur les sorciers. Que peut-être ils pourraient se rencontrer à nouveau. Et puis, il se rappelait que son père était un homme odieux, froid et visiblement cinglé, et qu'il ne voulait rien avoir à faire avec lui.
Un coup de coude dans ses côtes le tira à nouveau de ses pensées. Il se tourna vers Hermione, qui le fixait d'un air agacé. Elle avait remarqué qu'il semblait préoccupé, et était vexée qu'il ne veuille pas lui en parler. Il lui adressa un léger sourire, pour lui dire que tout allait bien, et ils franchirent la porte du bureau de Kingsley. Ils étaient les derniers. Aussitôt la porte franchie, Potter prit la parole.
« - Très bien, tout le monde est là. Hermione, l'ordre du jour ?
La sorcière s'éclaircit la gorge avant d'entamer sa liste.
« - Accueil des nouveaux élèves, Minerva. Bilan complet de l'infirmerie, Luna. Bilan des entraînements, Boromir. Rapport des activités Mangemort, Bill. Situation Moldue, moi-même. Et affaire Aileen, Harry.
Blaise se retint de soupirer. On était mercredi, et le mercredi était le jour des bilans, soit la réunion la plus longue de la semaine. Oh, il était fier de participer à ces réunions, et connaissait leur importance. Seulement, elles étaient longues, affreusement longues. Du coin de l'œil, il surveillait Hermione qui, penchée vers Potter, lui parlait à voix basse. Il se demandait bien ce qu'elle pouvait lui raconter. Elle haussa un sourcil interloqué en voyant qu'il la regardait, et il se contenta de lui renvoyer un clin d'œil, s'amusant de la voir rougir. Granger était décidément trop prévisible.
Pendant ce temps, McGonagall avait pris la parole. Cette année, l'accueil des nouveaux élèves s'avérait particulièrement compliqué – pour preuve, à la mi-septembre, ils étaient loin d'avoir rassemblé tous les jeunes sorciers de onze ans que comptait le Royaume-Uni. Entre ceux dont la famille se cachait et ceux qui soutenaient ouvertement le Seigneur des Ténèbres, l'Ordre peinait à convaincre que Poudlard était bel et bien l'endroit le plus sûr de Grande-Bretagne pour ces enfants. Les première année arrivaient alors au compte-goutte, et des cérémonies de répartition avaient lieu plusieurs fois dans la semaine, au rythme des arrivées.
Selon la Directrice, seulement vingt-deux des quarante-trois élèves attendus cette année avaient rejoint Poudlard. Avec les troubles qui agitaient le monde Moldu, retrouver les enfants Nés-Moldus devenait une priorité pour l'Ordre, et les faire venir à Poudlard ressemblait de plus en plus à une mission d'exfiltration. A sa suite, Luna Lovegood et Boromir Netchev prirent la parole, pour un bilan complet de l'infirmerie et des entraînements Blaise ne les écouta qu'à moitié, sachant que le plus intéressant viendrait après.
Bill Weasley n'avait que peu d'informations sur les activités des Mangemorts en effet, ceux-ci étaient étrangement calmes. Blaise voulait bien croire Hermione quand elle disait que ce silence n'augurait rien de bon une attaque de grande envergure semblait se préparer. Mais où ? Nul ne savait répondre à cette question. Puis, Hermione reprit la parole, résumant la situation moldue. Aussitôt, Blaise redevint attentif, se mordant nerveusement la lèvre. Quelque part, il se sentait coupable. C'était ridicule, bien sûr, mais l'homme responsable de cette situation était son père.
« - On note une légère amélioration de la situation, expliqua Hermione. La purge dure depuis une semaine, et les britanniques commencent à se diviser. Cette situation de guerre civile sur le sol anglais est difficile à gérer pour une partie de la population qui semble regretter son Premier Ministre. Même si c'est peu probable, je pense que Tony Blair a une chance de récupérer le pouvoir. Du côté de ce Colonel Davis et de ses hommes … Des appels à la modération ont été lancé. J'ai bon espoir que la situation soit sous contrôle dès la fin du mois.
Des appels à la modération ? Cela ne ressemblait pas à l'homme en quête de vengeance que Blaise avait rencontré. Et il espéra, naïvement peut-être, que le fait d'avoir rencontré son fils, d'avoir revu sa sœur, ait suffisamment marqué János Báthory pour le ramener à la raison. Même s'il avait peu d'espoir que ce soit réellement le cas.
« - Néanmoins, la situation reste préoccupante. Les hôpitaux sont débordés et difficiles d'accès quant à l'armée, il est difficile de dire qui la contrôle réellement. Les officiers sont majoritairement fidèles au gouvernement de Blair, mais certains auraient demandé à rencontrer le Colonel Davis. Le Premier Ministre est en sécurité, ainsi que l'ensemble du gouvernement, mais il leur est difficile d'établir un plan pour calmer la situation, en l'absence d'informations claires. Enfin, l'unité d'Hestia lui reste totalement acquise. Elle aimerait avoir l'autorisation d'infiltrer ses hommes pour obtenir des informations sur le groupuscule mené par Davis.
La situation était compliquée pour Blaise. Il savait que dire la vérité à Hermione, à propos du Colonel Davis, aiderait grandement l'Ordre à éclaircir la situation mais comment pouvait-il lui expliquer avoir rencontré l'homme qui tirait les ficelles, alors qu'il n'était pas censé sortir de Poudlard ? Lui avouer qu'il s'agissait de János Báthory le conduirait à révéler ses liens avec Aileen, et il ne pouvait pas se le permettre. Aussi il ne disait rien, cherchant désespérément un moyen de résoudre ce dilemme affreux.
« - Accordé, trancha Harry. Nous avons besoin de toutes les informations possibles. C'est tout ?
« - Je revois Tony Blair demain, et Hestia devrait envoyer son rapport dans la soirée. Notre seul avantage se trouve dans la division de l'opinion britannique cette situation de guerre civile est mal acceptée, elle n'est pas inscrite dans l'histoire britannique. Il nous faut accentuer les divisions pour retourner la foule lancée par Davis contre lui.
Même si son ton était assuré, Blaise voyait qu'Hermione n'était pas convaincue par ce qu'elle disait. La société moldue se retrouvait fracturée, comme la société sorcière l'était et l'Ordre se retrouvait pris entre deux feux, ciblé par les Mangemorts pour sa tentative de défense des Moldus et par les Moldus pour son appartenance au monde sorcier. La situation était extrêmement délicate à gérer, et servait évidemment les intérêts de Voldemort tous savaient qu'il allait s'empresser d'asseoir son avantage, espérant écraser l'Ordre en l'attaquant sur deux fronts. Hermione se rassit, et Harry se leva à son tour.
« - Nous allons terminer par un point sur Aileen Shafiq, ou plutôt Ibolya Báthory. Quelqu'un a quelque chose à dire ?
« - Elle est obnubilée par les Báthory, déclara Neville avec assurance. Si elle réunit l'armée des Báthory, elle ne s'arrêtera pas à la chute de Voldemort. Elle voudra réinstaller leur empire, et nous aurons affaire à un deuxième dictateur en puissance.
« - Mais nous avons besoin d'elle, nuança Charlie. Je n'ai pas besoin de vous rappeler Loutry Ste-Chaspoule …
Effectivement, il n'y avait pas besoin de parler de cette attaque. Les Mangemorts avaient finalement été repoussés, mais tous avaient ressenti l'absence d'Aileen, et la bataille avait été beaucoup plus difficile que prévu.
« - D'autant que nous savons maintenant la vérité, ajouta Boromir Netchev. Depuis son arrivée, elle a caché sa véritable identité et n'a sûrement pas utilisé toutes les ressources à sa disposition.
« - Vous voulez vraiment qu'on l'autorise à amener son armée à Poudlard ?
« - Pas à Poudlard, non. Mais si elle peut faire la différence sur le champ de bataille, nous aurions tort de nous en priver.
« - Et comment ferons-nous, quand Voldemort sera vaincu, si elle se retourne contre nous ?
Netchev hésita une fraction de seconde avant de répondre :
« - Avons-nous vraiment le choix ?
Et tous savaient que non. Depuis que l'Héritière des Báthory avait annoncé son retour, le monde sorcier n'attendait qu'elle. Et alors que la confiance portée en Harry ne cessait de décliner, les espoirs se focalisaient sur elle. Ils n'avaient pas le choix, ils avaient besoin d'elle, qu'ils le veuillent ou non.
« - Très bien, capitula Harry. Envoyez Chourave la contacter.
La lourde horloge du Manoir Jedusor sonna neuf heures, sa voix éraillée résonnant longuement dans les couloirs de l'immense demeure, lui donnant un air particulièrement lugubre. Assis, à même le sol, dans la chambre qu'il partageait avec un autre Mangemort, Lucius Malefoy releva la tête, se mettant péniblement debout. De larges cernes mangeaient son visage, et ses longs cheveux blonds étaient ternes. Il avait maigri et n'était plus que l'ombre de l'homme qu'il était autrefois. D'un mouvement sec du pied, il envoya rouler sous le lit la bouteille de Whisky Pur Feu qui était à présent la seule compagne de ses longues journées.
Narcissa était au plus mal. Narcissa, sa Narcissa, sa si douce Narcissa allait mourir. Il le voyait, il le sentait. Même Bellatrix ne prenait plus de plaisir à la torturer, comme si elle prenait conscience qu'elle était en train de perdre sa petite sœur. Et Drago, même s'il restait de marbre durant la journée, descendait dans les cachots toutes les nuits, discrètement, pour lui glisser quelques fortifiants qui n'avaient plus aucun effet. Narcissa allait mourir, et tout était de sa faute.
Elle était en sixième année et lui en septième. Le mois de mai touchait à sa fin, et le mois de juin se dessinait déjà, apportant avec lui la fin de l'année scolaire. Bientôt, il ne la verrait plus bientôt, il ne pourrait plus s'enivrer de son parfum sucré ni glisser ses doigts dans ses cheveux d'or.
« - Encore un an, Lucius, lui souffla-t-elle, semblant suivre le fil de ses pensées.
« - Mme Narcissa Malefoy, murmura-t-il pour lui-même, un léger sourire apparaissant à la commissure de ses lèvres.
Elle éclata de rire, avant de se relever, lissant soigneusement sa chemise.
« - Je crois que le nom me plaît. J'ai cours de Potions, je te retrouve ce soir !
Et elle était repartie, attirant tous les regards sur son passage. A Poudlard, Narcissa Black était une reine. Et de tous, c'était lui, Lucius Malefoy, qu'elle avait choisi. Il ne pouvait pas s'estimer plus chanceux. Il se releva à son tour, faisant signe aux élèves qui fixaient encore sa promise de déguerpir. Pas un ne fit mine de désobéir. Seul un prince méritait la divine Narcissa. Et à Serpentard, Lucius l'était assurément.
A quel moment Narcissa avait-elle perdu son rire, ce rire si cristallin qui le faisait chavirer ? A quel moment avait-il cessé de la regarder comme la reine qu'elle était, pour s'enfermer dans sa lâcheté ?
« - Lucius …
Avec force, le jeune homme referma ses bras autour de la taille de Narcissa Black, la berçant, cherchant en vain la cause de ses larmes. Il ne savait pas ce qui avait poussé la jeune femme à venir, éperdue, tambouriner à la porte du Manoir Malefoy pour se jeter dans ses bras. Et quand enfin, il réussit à comprendre, entre deux sanglots, la cause de ses tourments, son cœur se fissura.
« - Ils m'ont fiancée à Rosier …
Evan Rosier. Sa douce Narcissa avec cette brute. C'était impossible, il ne pouvait pas laisser faire ça. Lucius ne laisserait personne lui enlever Narcissa, surtout pas Evan Rosier.
« - Je ne les laisserai pas faire, lui promit-il. Ce mariage n'aura pas lieu, je te le jure.
Elle avait accroché son regard au sien, et il y avait lu tant de confiance et d'amour que sa décision n'en avait été que renforcée. Pour Narcissa, il était prêt à tout.
Lucius ne voulait plus se souvenir. Il savait le moment précis où sa vie avait basculé, entraînant Narcissa dans sa chute. Il ne voulait plus se souvenir.
Il avait raccompagné Narcissa jusque chez elle. Et en rentrant, il avait trouvé son père, assis dans le salon, l'attendant.
« - Ne fais pas ça, murmura-t-il.
Il y avait une supplique dans sa voix. Une véritable douleur. Abraxas Malefoy ne suppliait personne, surtout pas son fils.
« - Père …
« - Ne fais pas ça, Lucius. Nous trouverons une solution.
Lucius avait baissé la tête, incapable de supporter le regard de son père.
« - Il n'y en a pas d'autre, et vous le savez.
Le lendemain, il avait rencontré le Seigneur des Ténèbres. Il avait toujours refusé de le rejoindre, comme son père avant lui. Mais Narcissa valait bien ce sacrifice. Pour Narcissa, il était prêt à courber l'échine, à se faire esclave. Il avait vu la victoire dans le Seigneur des Ténèbres quand celui-ci avait apposé sa marque. Cette satisfaction d'arracher son fils au vieil Abraxas, qui lui avait toujours résisté. Mais ce n'était pas suffisant. Alors, Lucius avait présenté Bellatrix Black, la sœur de Narcissa, celle qui n'était pas encore folle mais déjà cruelle, au Seigneur des Ténèbres. Et il avait vu, pendant une fraction de seconde, l'intérêt briller dans les yeux de celui qui n'était plus tout à fait un homme.
Rosier n'avait plus jamais été un problème. Dès le lendemain, ses fiançailles avec Narcissa étaient annulées, et Lucius épousa la jeune femme un mois plus tard. Abraxas ne fut pas présent au mariage de son fils, emporté par une Dragoncelle foudroyante. Mais Lucius savait, au fond de lui, que son père n'avait pas survécu au choix qu'il avait fait. Un Malefoy n'aurait jamais dû s'incliner. Surtout pas devant cet homme à la folie contagieuse.
Narcissa allait mourir par sa faute. S'il ne s'était pas soumis au Seigneur des Ténèbres, elle ne serait pas dans ce cachot. Peut-être que son père avait raison, peut-être y avait-il une autre solution. Quand le Lord était mort, de la main du fils Potter, Lucius s'était autorisé à espérer. Espérer une vie meilleure pour son fils, une vie loin du Seigneur des Ténèbres et de son sillage mortel. Mais il était revenu, et Lucius avait compris qu'il n'avait aucune échappatoire. Il avait échoué à protéger sa femme et son fils.
Il se releva en titubant, s'accrochant maladroitement au lit pour se tenir droit. Tout n'était pas perdu. Il avait peut-être une chance, une dernière, de sauver son fils. Et il se devait d'essayer. Pour Narcissa. Pour Drago. Parce qu'aucun ne méritait sa lâcheté. D'un pas mal assuré, il se dirigea vers la salle de bain.
Quand il ressortit, un quart d'heure plus tard, il était à nouveau Lucius Malefoy. Sur son visage, nulle trace des cernes qui le défiguraient quelques minutes auparavant. Il était à nouveau lui-même, froid et hautain.
Le Maître jubilait. Il exultait, et le Manoir entier résonnait de son allégresse. Et Drago ne pouvait s'empêcher de frissonner en entendant son rire se répercuter contre les murs du château. Il jeta un coup d'œil nerveux à Théodore qui marchait à ses côtés, l'air imperturbable. L'ensemble des Mangemorts avait été convoqué par le Lord, pour la prochaine phase de son plan. La prochaine attaque était imminente, et Drago se sentait nauséeux à cet idée. Au loin, il apercevait la silhouette de Bellatrix, drapée de noir, l'attendant à l'entrée du grand salon.
« - Drago ?
Il se retourna, fronçant les sourcils en reconnaissant son père. Il fit signe à Théodore de ne pas l'attendre, et s'arrêta pour laisser Lucius Malefoy le rejoindre. Celui-ci s'arrêta à ses côtés, le fixant avec un air indéfinissable. Un mélange de douceur et de fierté, d'amour et de regrets. Une pointe de culpabilité. Ce regard, Drago ne l'avait jamais vu dans les yeux de son père, et il s'en inquiéta immédiatement. Était-il arrivé quelque chose à sa mère ? Il la savait au plus mal, mais … Il refusait d'imaginer le pire. Mais Lucius fit quelque chose qu'il n'avait jamais fait et qui déstabilisa Drago plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. Il le serra contre lui, dans ses bras, longuement. C'était quelque chose qu'enfant, Drago avait toujours rêvé de faire, sans jamais oser simplement se blottir dans les bras de son père.
« - Je suis fier de toi, mon fils.
Puis, il le lâcha, s'écartant doucement.
« - Va, ne fais pas attendre le Lord.
« - Mais … Et vous …
« - Je te rejoins.
Perdu, et inquiet, Drago obéit néanmoins, traversant le long couloir jusqu'au salon où l'attendait Bellatrix. Et tandis qu'il s'éloignait, il sentit peser sur sa nuque le regard de son père.
« - Que voulait-il ?
Il haussa les épaules face à l'interrogation de sa tante.
« - Aucune idée.
Celle-ci le sonda de son regard noir, mais sembla ne rien trouver à lui reprocher puisqu'elle l'entraîna à sa suite dans le salon. Il aperçut Théodore, à gauche du Lord, qui le fixait avec interrogation. Il haussa à nouveau les épaules, et s'arrêta aux côtés de Bellatrix.
Le plan du Lord était simple. Il avait eu connaissance de l'emplacement d'un camp d'entraînement de l'Ordre, qui abritait de nombreux réfugiés sorciers depuis les attaques Moldus. L'attaque aurait lieu le lendemain à l'aube. Il ne donna pas d'autres indications, que ce soit sur l'emplacement de ce camp où sur le nombre de personnes qu'il abritait. Le Lord ne leur faisait pas assez confiance pour cela. Il ne faisait confiance à personne. Ils auraient ces informations au moment de partir, le lendemain. Pas avant. Mais Drago n'écoutait rien du discours du Lord. Il n'écoutait rien de son rire sardonique, rien de son allégresse déplacée.
Drago ne voyait que l'immense porte du salon. Cette immense porte qui ne bougeait pas, et son père qui n'arrivait pas. Lucius Malefoy ne pouvait pas manquer une réunion du Lord. Lucius Malefoy n'embrassait pas son fils. Quelque chose n'allait pas. Alors, seulement, le Lord sembla se rendre compte de quelque chose.
« - Bellatrix, siffla-t-il de sa voix venimeuse. Où est Lucius ?
Celle-ci parcourut la salle du regard, avec haine autant que peur, avant de saisir Drago par le bras.
« - Où est-il ? hurla-t-elle.
« - Je ne sais pas … bredouilla-t-il.
Ce n'était que vérité. Il ne savait pas où était son père. A vrai dire, il ne savait rien de son père. Le Lord repoussa Bellatrix avec agacement, saisissant le menton de Drago entre ses longs doigts osseux. L'attaque de Légilimancie foudroya Drago, et il dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas hurler de douleur. Le Lord traversa ses souvenirs, déchirant le voile de sa mémoire jusqu'à atteindre la dernière image que Drago avait de son père. Il sembla comprendre quelque chose, puisqu'il repoussa le jeune homme avec violence avant de s'élancer hors du salon, aussitôt suivi par une horde de Mangemorts qui ne comprenait pas la situation.
Drago attrapa le bras que Théodore lui tendit, et tous deux s'élancèrent à la suite, mus par un mauvais pressentiment. La porte du hall était grande ouverte, et les Mangemorts se bousculaient pour sortir. Les deux garçons se mirent à jouer des coudes pour atteindre la sortie, se heurtant aux Mangemorts plus larges qu'eux. Au-dessus du brouhaha, une seule voix se détachait distinctement.
« - Il a tué Travers ! Il a tué Travers ! glapissait Amycus Carrow.
Drago redoubla d'efforts, et finit par déboucher dans la cour. Son père se dressait, seul et terrible, face au Lord et aux dizaines de Mangemorts qui l'accompagnaient, ne reculant devant aucun sort mortel. Et, quelques mètres plus loin, sa mère, les pieds nus, sa longue robe en loques, courait à en perdre haleine, trébuchait, tombait et se relevait, sans jamais abandonner. Drago comprit la situation en un éclair. Elle devait dépasser les limites de la propriété pour réussir à transplaner. Il lui restait une vingtaine de mètres à parcourir, et son père faiblissait, le sang coulant à flot de ses blessures. Il devait l'aider. Il se précipita mais Théodore le rattrapa, le ceinturant contre lui de deux bras fermes.
« - Lâche-moi ! s'exclama-t-il en se débattant. Lâche-moi, je dois l'aider !
Mais Théodore tenait bon, le serrant le plus fort possible, l'empêchant de bouger.
« - Je ne peux pas, Drago. Tu vas mourir si tu y vas.
Drago n'en avait rien à faire. Il devait aider son père. Il devait sauver sa mère. Rien ne comptait plus pour lui à cet instant précis. Il restait encore dix mètres à Narcissa. Plus rien ne comptait.
« - Cours, maman, cours ! hurla-t-il, à s'en arracher la voix. Cours !
Dans un dernier effort, elle parcourut en rampant les derniers mètres, franchissant enfin les limites de la propriété. Elle se releva à demi, et Drago put voir, une dernière fois, ses yeux brillant d'amour avant qu'elle ne disparaisse dans un claquement sonore. Un hurlement de rage pure s'échappa des lèvres du Lord, et le corps de Lucius Malefoy fut projeté en l'air avant de s'écraser sur le sol avec violence. Sans vie. Mais, sur ses lèvres, narguant la mort, flottait un dernier sourire. Et pendant quelques secondes, seul le hurlement de douleur de Drago flotta dans la cour du Manoir Jedusor.
Aileen ne fit aucun commentaire quand Pomona pénétra dans son manoir pour lui dire qu'Harry Potter demandait à la voir. Elle ne laissa aucun sourire jubilatoire apparaître sur ses lèvres. Elle se contenta d'enfiler ses gants, de déposer sa cape sur ses épaules et de suivre la professeure jusqu'à Poudlard. Dans le bureau de Kingsley, elle sentait la tension flotter dans la pièce. Tous les regards étaient posés sur elle, lourds de reproches. Elle pouvait même voir le professeur de défense contre les forces du mal garder sa baguette à portée de main.
« - Nous acceptons votre aide, avait dit Harry.
Et elle avait acquiescé, s'étonnant en elle-même de le trouver si changé. Plus fort, plus mature, plus confiant. Ou peut-être était-elle simplement trop lasse pour dire quoi que ce soit.
« - Nous voulons savoir le nombre exact de vos hommes, et le nom de ceux déjà présents au sein de Poudlard ou de l'Ordre. Vos troupes participeront aux batailles mais ne pénétreront pas dans le château.
« - Non.
Tous écarquillèrent les yeux.
« - Vous n'êtes pas en situation de négocier, précisa-t-elle. Si vous avez besoin de moi, ce sera à ma manière.
Harry hésita un instant.
« - J'ai peur qu'aucun accord ne soit possible, dans ce cas.
« - J'ai peur que vous ne deviez vous débrouiller seuls, dans ce cas.
« - Vous avez besoin de moi pour vaincre Voldemort, rétorqua Harry.
« - Non, vous avez besoin de moi. Et moi, j'ai tout mon temps.
Elle rajusta sa cape et se dirigea vers la sortie, signifiant que la conversation était close pour elle. Elle n'avait pas passé plus d'une minute dans la salle. Mais avant qu'elle ne franchisse la porte, le professeur Sinistra déboula dans la salle, les yeux écarquillés par un mélange de crainte et de stupéfaction.
« - Aurora, que se passe-t-il ?
« - C'est à propos de Narcissa Malefoy …
« - Quoi, Narcissa Malefoy ?
« - Elle est devant le château, elle veut voir Harry Potter … Minerva, je crois qu'elle va mourir.
Blaise fut le premier à se mettre à courir.
Et voilà ! Alors ? Qui avait deviné les intentions de Lucius ? Vous êtes contents que Narcissa aie survécu ? Que va-t-il arriver à Drago à présent ? Personnellement, j'aime beaucoup ce passage. Et pour Blaise, Hermione, Harry, Aileen, des questions, des remarques ?
Chapitre un peu plus court que le précédent, mais je voulais vraiment m'arrêter ici. J'attends vos avis avec impatience, je me demande ce que vous imaginez pour la suite.
En attendant, passez une bonne rentrée (si ce n'est pas déjà fait), et on se retrouve dans deux semaines ! A bientôt !
