Bonjour à tous,
Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour ce si long retard. J'ai eu beaucoup de choses à gérer, je me suis fait débordée par mes cours, et les mois ont passé bien trop rapidement. Et puis, il faut dire que ce dernier chapitre a été difficile à écrire. Depuis le début de mon écriture, je savais exactement de quelle manière il devait finir ... mais il est toujours difficile de dire adieu à ses personnages, surtout quand on les côtoie depuis longtemps, plus de deux ans dans mon cas.
Avant de mettre le point final à cette histoire, je voulais vous remercier, tous, chacun de mes lecteurs. Particulièrement ceux qui m'ont laissé des reviews, et à ce titre, je voudrais particulièrement remercier Severusa Snape, qui m'a envoyé un message pour prendre de mes nouvelles pendant cette longue absence - ça m'a énormément touchée -, ainsi que KeanaB, qui a découvert mon histoire récemment : à travers tes reviews, j'ai redécouvert mon histoire, et ça m'a beaucoup aidé à écrire ce dernier chapitre.
Et puis, je voudrais aussi remercier ceux qui m'ont mis en favori, ou en follower ; ainsi que tous ceux qui, même sans laisser de traces, ont lu mon histoire. J'espère qu'elle vous aura plu, qu'elle vous aura touché. Aujourd'hui, alors que je n'ai pas publié depuis près de 6 mois, je compte 250 vues pour l'ensemble de ma fiction sur les 15 premiers jours de juin, ce qui est quelque chose d'énorme quand j'imagine à quel point elle a dû être enterrée dans les archives du site.
Je ne vous retiens pas plus longtemps : voici le dernier chapitre, j'espère qu'il vous plaira, et que vous apprécierez la conclusion apportée à cette histoire. Je vous retrouve en bas, bonne lecture.
L'aube se levait à peine sur Godric's Hollow, mais déjà la ville bruissait d'un millier de rumeurs. Au loin, le fracas des combats, qui ne cessaient plus depuis des semaines ; plus proches, des bruits de pas, des unités se positionnant, des conversations chuchotées, arrachées à la nuit, et parfois, le claquement sec d'un transplanage ou d'un Portoloin. Des membres de l'Ordre du Phénix arrivaient et disparaissaient, à intervalles réguliers, silencieux. La Grande Bataille approchait et, d'ici une heure, plus aucune troupe ne se trouverait à Poudlard. Le plan était à la fois simple et audacieux, et chaque visage trahissait une concentration extrême.
Dans un nouveau claquement sec, la section dirigée par Harry Potter apparut, l'Élu à sa tête. Comme beaucoup de ses camarades, il avait les yeux cernés, fatigué des réunions incessantes et multiples qui s'étaient succédées ces derniers jours. Il fallait s'assurer que toutes les troupes seraient correctement équipées, préparer l'infirmerie et organiser une unité de soins provisoire, dans un refuge éloigné du champ de bataille et bardé de multiples protections, et bien sûr, organiser le plan de bataille. Ce qui signifiait une chose fondamentale : il fallait préparer l'arrivée des troupes d'Aileen, leur atout majeur, celui que les Mangemorts n'avaient pas prévu. Le seul qui pourrait faire venir Voldemort et ses plus proches lieutenants, qui depuis des jours à présent avaient cessé de rejoindre le champ de bataille, laissant les membres de l'Ordre s'épuiser face à des hommes qui n'étaient pour lui que de la chair à canon.
Harry quitta rapidement sa section, rejoignant Hermione qui, à la tête de la sienne, discutait vivement avec Blaise. Ron était déjà sur le champ de bataille, à la tête de sa section, accompagné de son frère Georges. Le Trio d'Or s'était depuis longtemps séparé, tous trois ayant vite compris que des figures d'autorité reconnues devaient diriger les sections – et tous trois devant admettre qu'ils étaient incontestablement des figures d'autorité.
« - Tout est prêt de ton côté ? chuchota-t-il, d'une voix basse, comme s'il avait peur que les Mangemorts puissent l'entendre et deviner leurs plans.
Elle hocha la tête, concentrée. Tous deux feraient partie des premières sections à entrer dans la danse, mais elle ne laissait rien trahir de son anxiété.
« - Nous allons bientôt partir. Quand Ginny donnera le signal, nous n'aurons pas de temps à perdre.
La ville de Godric's Hollow était située dans une vaste plaine, typique du Sud-Ouest de l'Angleterre. Habituellement paisible et lumineuse, elle était à présent le théâtre de la plus violente bataille voyant s'affronter l'Ordre et les Mangemorts depuis la Première Guerre Sorcière. L'Ordre avait fortifié l'enceinte de Godric's Hollow, bâtissant à la hâte des murailles autour de la ville, gardées en permanence, et établissant des bases opératoires au cœur de la ville. A l'extérieur de la ville, sur plus d'un kilomètre de distance, un enchevêtrement de tranchées et de barbelés, successivement consolidés et détruits au gré des attaques, voyait s'affronter quotidiennement les deux armées. Les troupes Mangemort avaient profité de la position de faiblesse de l'Ordre, qui tenait la ville, pour établir un véritable siège autour d'elle. L'encerclement dont était victime l'Ordre l'empêchait de progresser en direction du campement établi par Voldemort, protégé des attaques aériennes par le petit bois dans lequel il s'était installé, à un peu moins de cinq kilomètres de distance de la ville.
Cette position instable rendait toute attaque frontale impossible pour l'Ordre, qui se contentait donc, depuis des semaines, de tenir sa position depuis les tranchées creusées dès le début de la bataille. Harry avait d'abord été sceptique quand Hermione lui avait exposé son idée ; mais il devait admettre que sa connaissance de l'histoire Moldue avait porté ses fruits. L'alternance de tranchées et barbelés limitait la progression des troupes Mangemortes, et protégeait la ville bien plus efficacement qu'une muraille. Mais tous savaient que cette guerre de position ne pouvait pas se prolonger indéfiniment. Les ressources de l'Ordre, humaines comme matérielles, s'épuisaient trop rapidement, quand celles de Voldemort semblaient sans fin. Ils devaient absolument briser les premières lignes Mangemorts, pour éloigner le cœur du combat de Godric's Hollow, sur un terrain où ils pourraient affronter l'armée de Voldemort à armes égales. Ce qui n'était pas simple.
La campagne alentour n'était que peu peuplée, et les rares fermes et villages avaient rapidement été vidés de toute population, Moldue comme sorcière. Les hommes de Voldemort s'en étaient immédiatement emparés, pillant ce qui restait, puis les transformant en un cercle protecteur, empêchant toute tentative de revers de la part de l'Ordre. Ils n'étaient à présent gardés que par une poignée de Mangemorts désœuvrés, loin de craindre une attaque de la part de l'Ordre qui avait fort à faire pour protéger Godric's Hollow, et ne parvenait pas à briser les lignes Mangemorts. Les perturbations magiques consécutives à la bataille rendaient par ailleurs les transplanages quasiment impossibles, ce qui confortait les positions de Voldemort.
Seul, l'Ordre était incapable de tenir Godric's Hollow et d'envoyer des troupes libérer les villages alentours pour forcer Voldemort à scinder ses forces. Mais l'armée d'Aileen doublait leur effectif, leurs armées conjointes dépassant les quatre cents hommes – ce qui restait peu face aux plus de cinq cent hommes de Voldemort, mais leur permettait de croire, enfin, à une victoire. Leur sous-effectif les obligeait à être audacieux, pour forcer Voldemort à sortir du bois. Et audacieux, leur plan l'était certainement. Risqué, disaient certains.
L'armée de l'Ordre comptait vingt sections. Cinq d'entre elles se trouvaient déjà sur le champ de bataille, respectant le roulement établi depuis le début du siège de la ville. A l'heure dite, dix sections supplémentaires rejoignirent le champ de bataille, menées par Harry lui-même. Celui-ci devait s'assurer d'être le plus visible possible, afin que l'information selon laquelle Harry Potter lançait une attaque massive remonte rapidement à Voldemort. Les Mangemorts étaient en sous-nombre face à cette attaque surprise, mais cet avantage ne durerait pas longtemps. L'Ordre devait donc en profiter pour faire le maximum de dégâts dans les troupes de Voldemort.
Cette attaque massive fut lancée sur le front est de la ville, en direction du bois où se trouvait le gros des troupes de Voldemort, ainsi que son commandement. Son importance, et le risque non-négligeable qu'elle représentait pour les troupes de Voldemort, attira sur eux un nombre important de Mangemorts. Les premières lignes Mangemorts furent purement et simplement balayées ; mais, après deux kilomètres d'une progression constante, ils se retrouvèrent bloqués, pris dans un corps à corps avec les hommes de Voldemort, qui arrivaient massivement dans leur direction.
Ce stratagème leur permit de libérer tout le côté ouest de la ville, immédiatement emprunté par les cinq sections restantes. Celles-ci, protégées par les trois unités volantes, se séparèrent rapidement pour libérer les villages et fermes occupés par Voldemort. Ceux-ci étant faiblement gardés, ils tombèrent les uns après les autres, les troupes de l'Ordre restant les occuper après l'élimination des hommes de Voldemort. En prenant le contrôle de ces villages, l'Ordre privait Voldemort de sa protection extérieure, et par là, ouvrait un boulevard aux armées d'Aileen, qui les investirent aussitôt. Les hommes à pied utilisèrent des Portoloins ; quant aux unités montées, elles avaient utilisé les portails d'Aileen pour se rapprocher au maximum de la zone de combat, et avaient terminé le trajet par la route.
Sitôt les fermes libérées, les unités volantes se replièrent sur le front est de Godric's Hollow, où la bataille faisait rage. Descendant pour la première fois suffisamment bas pour être repérés par les unités de Voldemort, elles effectuèrent un vol à basse altitude, ouvrant un passage en direction de la ville aux troupes de l'Ordre, qui s'engouffrèrent aussitôt dans la brèche, se repliant à grand fracas. L'Ordre connaissant mieux l'agencement des tranchées que les Mangemorts, ils gagnèrent quelques minutes en provoquant l'effondrement de certaines d'entre elles et en projetant sur eux les barbelés les séparant.
Les portes de la ville se refermèrent sur eux, les camouflant aux yeux des Mangemorts. Seuls quelques membres de l'Ordre, dont Bill et Fleur, des figures facilement reconnaissables par l'armée ennemie, restèrent postés sur les remparts, bombardant les Mangemorts de sorts. Tous savaient que les portes de la ville ne tiendraient pas longtemps ; plus aucune section de l'Ordre ne défendait les tranchées, et ils seraient bientôt submergés par l'armée noire.
Aussitôt entrés dans la ville, les membres de l'Ordre se regroupèrent au centre de celle-ci, le cœur fortifié. Les unités volantes les y attendaient, stationnées, et Ginny rejoignit Harry dès qu'elle le vit, lui signifiant d'un regard que leur plan marchait à merveille.
« - Tout est bon. Les troupes d'Aileen finissent d'arriver, ce n'est qu'une question de minutes.
Il hocha la tête, faisant passer le message au reste de ses hommes. Sans un bruit, ceux-ci activèrent leur Portoloin. Le village se vida en quelques minutes ; ne restèrent que Harry, Hermione, les membres de l'Ordre se trouvant sur les remparts, et une dernière section, camouflée dans l'ombre.
Postée, droite et fière, sur les remparts, Fleur semblait rayonner alors qu'elle bombardait les Mangemorts approchant de sortilèges tous plus mortels les uns que les autres. C'était sa dernière bataille, elle le savait. Tous avaient tenté de la dissuader de partir au combat : Molly, bien sûr, Bill, qu'elle aimait tellement, et Arthur, et Georges, et Charlie, et Percy … Même Ginny avait exprimé ses réticences. Tous trouvaient que sa grossesse était trop avancée, qu'elle ne pouvait pas risquer sa vie et celle de son bébé. Mais qu'est-ce qu'ils croyaient, tous ? Qu'elle était inconsciente, s'exposait au danger par pur plaisir ? Ne voyaient-ils pas que tout se jouait aujourd'hui, que c'était la dernière bataille ? Que la victoire – ou la mort – les attendait à la fin de la journée ?
« - On doit y aller.
Hochant imperceptiblement la tête, elle lança une dernière salve de sortilèges, avant de saisir la main de Bill, et de le laisser l'entraîner à sa suite. Derrière eux, les sortilèges fusaient encore, les frôlant parfois ; et alors qu'ils longeaient les vieilles maisons chargées d'histoire, la porte de la ville grinçait terriblement, fléchissant sous les assauts répétés des Mangemorts. Et quand, dans un craquement sinistre, la porte céda enfin, le couple accéléra, jetant ses dernières forces dans la course qui devait les mener jusqu'au cœur de la ville, d'où il pourrait enfin déclencher leurs Portoloins, profitant de l'espace sécurisé, attirant les Mangemorts dans leur piège. Il ne leur restait que quelques mètres, et les sortilèges Mangemort les poursuivaient, malgré la protection que tentaient de leur offrir Harry et Hermione, les derniers à les attendre.
Quand enfin ils parvinrent dans le périmètre sécurisé, la jeune femme se retourna, embrassa son mari, et laissa le Portoloin l'emporter, s'évanouissant comme une fleur dans l'air chargé de poussière. Elle avait un goût de sang sur les lèvres. Et Bill, mortellement touché par le Sectumsempra, s'effondra.
Tous étaient partis. Et Harry, le dernier, resta assommé, serrant de toutes ses forces l'aîné des Weasleys dans ses bras. Il ne prit pas le temps de contempler une dernière fois la ville de ses parents, les maisons qu'il n'avait jamais connues ; le cœur brisé, secoué de sanglots, il disparut, Bill toujours dans ses bras. Alors, et seulement alors, Hestia Jones sortit de l'ombre.
Les Mangemorts avaient pénétré la ville depuis à peine une minute et déjà ils l'investissaient, plus méthodiques que prévu, fouillant ses moindres recoins. Seuls, au centre de la ville, dos-à-dos, formant un cercle parfait, les vingt hommes d'Hestia Jones ne frémissaient pas. Ils savaient ce qui les attendait. Une mission suicide, diraient certains. Qu'importe. Des Mangemorts qui avaient investi la ville, pas un n'en sortirait vivant, ils s'en étaient fait le serment. Et quand, après des minutes interminables, les premiers Mangemorts parvinrent à eux, les mitraillettes s'enclenchèrent, terribles.
Face à la puissance de feu des armes Moldues, les Mangemorts tombaient, les uns après les autres, fauchés en pleine course, sans même comprendre ce qui les tuait. Encore et encore, encore et encore, les hommes d'Hestia Jones tirèrent, sans hésiter, sans songer à ceux qu'ils abattaient. Quand le premier d'entre eux tomba, ils resserrèrent le cercle sans pour autant interrompre leur feu meurtrier. Après tout, ne disait-on pas d'eux qu'ils ne sortiraient pas d'ici vivants ? Quand le deuxième tomba, le cercle se resserra encore. Face à eux, les Mangemorts étaient de plus en plus nombreux et restaient, même blessés, même à terre, mortellement dangereux. Au troisième, les premières gouttes de sueur perlèrent sur leur front. Encore quelques minutes. Encore un peu de temps, ils avaient besoin de plus de temps.
Et, enfin, alors que le cinquième d'entre eux s'écroulait, Hestia Jones donna le signal, d'un léger pas en arrière. Sans parvenir à ravaler un sourire goguenard, l'unité Moldue disparut à son tour, dans un craquement sonore. Et, dans le village soudainement abandonné, face aux Mangemorts éberlués, tout explosa.
Debout, seul, à l'orée du village abandonné qui servait depuis le début de l'attaque de base aux hommes de l'Ordre, Harry fixait Godric's Hollow, imaginant sans peine l'enfer qui s'y jouait. Et pourtant, bien que sachant ce qui allait leur arriver, il ne parvenait pas à ressentir d'empathie pour les Mangemorts prisonniers du carnage. Seule l'image de Bill flottait dans son esprit ; l'image de Bill, et les hurlements de Fleur, et la douleur de Molly. Cette douleur, tenace, qui le terrassait ; cette douleur qu'il ne pouvait pas laisser s'exprimer, pas maintenant, pas alors que tous avaient besoin de lui. Il n'aurait aucune pitié pour ces Mangemorts, pour tous ceux qui auraient le malheur de croiser sa route. Il avait des amis à venger. Beaucoup, beaucoup d'amis.
Il ne trembla pas quand la déflagration ravagea Godric's Hollow. Il aurait pu, dans d'autres conditions, avoir le cœur déchiré en voyant disparaître la ville de ses parents ; mais il avait vu trop de morts, et le village n'était plus rien pour lui, sinon un souvenir douloureux, l'image de ce qu'il avait perdu. De ceux qu'il avait perdu. Il observa la ville trembler et, dans une gerbe de feu et de poussière, exploser, envoyant des débris sur des centaines de mètres alentour. Sans un mot, il se détourna. Il avait fait ce qu'il avait à faire. Privé du gros de ses troupes, de ses hommes sans intérêt destinés à mourir, Voldemort n'aurait d'autre choix que de se montrer. Ce soir, il ne repartirait pas vivant.
Tétanisés, au milieu de la plaine qui les séparait du bois où ils étaient auparavant dissimulés, les Mangemorts fixaient, hébétés, le gouffre qui s'étalait à présent là où se trouvait auparavant Godric's Hollow. De la ville, il ne restait rien, sinon un nuage de poussière grossissant que le vent ne parvenait pas à dissiper. Et, à l'intérieur, sous les décombres, les corps de près de deux cent Mangemorts.
Hésitant, ne sachant que faire, les Mangemorts restaient au milieu de la plaine, les bras ballants. Que faire ? Affronter l'ennemi ? Mais quel ennemi, où était-il, cet ennemi qui les massacrait sans même prendre la peine de se montrer, cet ennemi détenteur d'une puissance de feu qu'aucune magie ne pouvait égaler ? Où était-il, Harry Potter, ce lâche, trop faible pour gagner, qui préférait tuer à distance ? Devaient-ils se replier dans le bois protecteur ? Et comment, alors, expliquer à Voldemort, et à ses lieutenants, à la terrifiante Bellatrix, le massacre de près de la moitié de son armée ?
La réponse à ces questions ne se fit pas attendre. Le vent monta soudainement, rabattant la poussière issue de l'explosion sur les Mangemorts. Toussant, respirant avec peine, ceux-ci se protégèrent comme ils le pouvaient, se recroquevillant sur eux-mêmes. Et quand, aussi soudainement qu'il était apparu, le vent retomba, les Mangemorts se retrouvèrent face aux deux cents hommes d'Harry Potter. A leur tête, l'Élu en personne, un sourire moqueur aux lèvres. Dans une dernière raillerie, il s'inclina dans une légère courbette, avant de lancer l'assaut.
« - Combien ?
« - Je … je ne suis pas sûr, Maitre, les chiffres ne sont pas exacts …
Se penchant en avant, les pupilles dangereusement rétrécies, Lord Voldemort plaça son index sous le menton du Mangemort tremblant qui lui faisait face.
« - Je t'ai demandé, siffla-t-il, combien d'hommes nous avons perdu.
« - Deux-deux cents, bégaya l'homme.
Avec un râle de colère, Voldemort l'envoya valdinguer au loin, se retournant vers Bellatrix. Il ne lui fallut qu'un signe de tête pour se faire comprendre. Entraînant les lieutenants du Seigneur des Ténèbres dans son sillage, et tenant fermement Drago par le bras, elle se dirigea vers le champ de bataille, ses yeux brillant déjà d'une lueur sadique. Resté quasiment seul, Voldemort inspira longuement. Il ne tomberait pas dans le piège. Il ne sortirait pas du couvert des arbres – pas avant que la situation ne soit stabilisée. Il n'avait plus d'Horcruxes, il ne pouvait prendre aucun risque. Quand ses Mangemorts auraient massacré la vermine qui l'entourait, quand Potter serait enfin seul, à ce moment-là, et à ce moment-là seulement, il sortirait.
Fort de cette conviction, il s'assit sur son siège, spécialement installé au cœur du bois. Caressant nerveusement les os qui le composaient, il se prépara à la longue attente qui s'offrait à lui. Un instant, il se redressa, interdit, croyant sentir une vague odeur de brûlé ; puis, se rappelant, l'explosion qui avait ravagé Godric's Hollow, il se réinstalla dans son fauteuil, ruminant sa haine. L'odeur pourtant ne partait pas, persistante ; pire, il lui semblait qu'elle était de plus en plus tenace. Il se leva, tourna en rond autour du campement, reniflant l'air autour de lui, sous le regard apeuré des Mangemorts encore présents qui n'osaient le regarder.
Avec un reniflement d'exaspération, il se rassit. Cette situation le rendait fou. Paranoïaque. Il n'y avait pas de feu. Personne n'aimait le feu. Sauf … D'un grognement rageur, il éloigna la voix qui se rappelait à sa mémoire. Personne n'aimait le feu.
« - Selwyn ! claqua-t-il soudainement.
« - Maître ?
« - Fais le tour de la forêt. Je sens une odeur de brûlé.
« - Je ne sens rien, Maître.
« - J'ai dit, fais le tour de la forêt ! hurla-t-il presque.
Avec un brusque saut en arrière, le Mangemort s'inclina et s'enfuit dans le sous-bois. A nouveau seul, ne prêtant pas attention aux Mangemorts toujours présents, Voldemort se rassit, rongeant son frein. Il n'y avait pas d'odeur de brûlé. Rien ne le ferait sortir de ce bois.
« - Un, deux, trois, la cabane prend feu.
Il se releva d'un bond, sondant les visages autour de lui. A l'expression inquiète des Mangemorts l'entourant, il sut qu'il n'avait pas rêvé cette voix. Cette voix qu'il reconnaîtrait entre mille. Elle était là.
« - La maison brûle, Tom, il faut sortir.
A nouveau sa voix, cristalline, presqu'enfantine, empreinte de folie. Puis son rire, ces perles de joie qui aujourd'hui lui glaçaient le sang.
« - Je suis là, Tom. Vient m'affronter, si tu l'oses.
La voix s'était faite sérieuse, tranchante. Menaçante. Et Voldemort pouvait voir, sur les visages des Mangemorts, l'inquiétude qui les envahissaient. Quand Selwyn réapparut, il n'eut pas besoin que celui-ci ouvre la bouche pour savoir ce qu'il en était. La forêt était en feu. Il devait sortir.
A la tête de son armée, des deux cents personnes qui croyaient en lui, Harry s'était lancé dans le combat, entamant le premier la valse des sortilèges. Face à cette masse d'hommes, les Mangemorts n'avaient pu se séparer, et avaient dû se résoudre à les affronter en face, sans aucun espoir de les prendre à revers. Quand le corps à corps commença, Harry sut sans l'ombre d'un doute que toutes les forces vives de Voldemort avaient été lancées dans la bataille. Il avait aperçu Bellatrix, à la tête des pires Mangemorts, sortir du bois, traînant son neveu derrière elle. Voldemort n'était pas encore là ; mais ce n'était qu'une question de temps.
Il n'avait que deux cents hommes, et Voldemort en avait plus de trois cents. Seul, il n'aurait pu gagner. Mais les troupes d'Aileen, ainsi que le sacrifice de Godric's Hollow, lui donnait l'avantage. Dès les premières minutes du combat, les chevaliers-wyvernes d'Aileen avaient décollé, provoquant l'effroi chez les Mangemorts. Rasant les troupes ennemies, ceux-ci avaient poursuivi leur course folle jusqu'au petit bois qui abritait Voldemort et que, de leurs gueules béantes, les vouivres commencèrent à incendier. Leur funeste travail achevé, ils effectuèrent un tour d'honneur au-dessus du champ de bataille, les vouivres exprimant leur allégresse de leur horrible voix stridente. Voldemort allait sortir, à présent.
Mais ils savaient qu'il ne sortirait pas seul. Dans la forêt se trouvaient encore les restes de son armée des ténèbres : les Géants, les Acromentules, les Loup-garous … Mais après tout, c'était pour eux que l'armée d'Aileen était présente. Elle avait l'habitude d'affronter les créatures des ténèbres. Et tandis que l'Ordre se chargeait des Mangemorts, les chevaliers-wyvernes, chevaliers-pégases et autres chevaliers-griffons attendaient ces créatures de pied ferme. Mais ceux-ci étaient encore dissimulés, laissant les vouivres instaurer la terreur dans l'armée noire.
Alors que la bataille avançait, et que l'Ordre rencontrait ses premières difficultés face aux Mangemorts qui restaient plus nombreux qu'eux, le son d'une corne de brume retentit dans la plaine, surprenant les troupes présentes. Et la cavalerie apparut. Littéralement. Du plus loin qu'il se souvienne, Harry avait toujours rêvé de ces chevaliers du Moyen-Âge, apparaissant au galop pour terrasser leurs ennemis. Mais le monde moderne avait eu raison de ses rêves d'enfants, et il avait dû se résoudre à ne jamais observer une charge de cavalerie. Les hommes montés d'Aileen apparurent pourtant d'une remarquable efficacité. Face à des armes tranchantes, la charge se serait brisée en quelques minutes. Mais les Mangemorts n'avaient que des baguettes, et les chevaux allaient trop vite pour qu'ils puissent adapter leurs sorts.
Et, impuissante, la colonne Mangemorte qui s'était détachée pour tenter de prendre l'Ordre à revers se brisa sous l'impact des cavaliers. A l'arrêt, ceux-ci étaient inutiles. A pleine vitesse, on ne pouvait les arrêter, et fonçant sans répit à travers les troupes Mangemortes, ils forçaient celles-ci à se disperser, les rendant plus vulnérables aux attaques de l'Ordre.
Face à eux, le brasier s'étendait sur la forêt, et les premières créatures des ténèbres apparaissaient à l'orée de celle-ci. Les chevaliers-griffons apparurent alors, larguant directement sur les Loup-garous les féroces guerriers recouverts d'argent. A leur suite, les chevaliers-pégase, principalement armés d'arcs, commencèrent à décocher les premières flèches mortelles.
D'extérieur, la féroce efficacité des armées d'Aileen, combinée à celle des combattants de l'Ordre devait paraître écrasante. De l'intérieur, les choses étaient plus compliquées. Les Mangemorts faisaient partie des pires tueurs existants – le répéterait-on jamais assez ? – et Bellatrix faisait à elle seule plus de victimes que dix de ses confrères réunis. Le venin d'Acromentule était mortel, et la morsure des Loup-garous faisait frémir d'effroi les hommes qui les apercevaient par moment. Quant aux Géants, ils semblaient tout simplement invincible, tant les flèches semblaient s'enfoncer dans le cuir épais de leur peau sans les blesser. Rien n'était gagné.
Personne ne vit Voldemort sortir de la forêt. Se glissant avec souplesse parmi ses troupes, celui-ci gardait son anonymat, une capuche rabattue sur sa tête. Il ne savait quel était son objectif. Potter, ou Ibolya ? Qu'importait, au fond. Ibolya avait choisi Potter, et le protégeait comme son enfant. En trouvant l'un, il trouverait l'autre.
Le soleil était haut dans le ciel, la terre était ravagée, le sang coulait à flot, mais rien ne semblait arrêter la folie meurtrière des hommes qui s'affrontaient. Le bras tailladé, contenant tant bien que mal le sang qui s'en échappait, Ron marmonna une brève incantation pour diminuer la blessure avant de se replonger dans la bataille. Il était seul, parmi les plus avancés à l'intérieur de l'armée Mangemorte, et sa position était de plus en plus difficilement tenable. Il devait reculer, sous peine de rejoindre les cadavres jonchant le sol.
Quand un sortilège frôla son oreille, il riposta vivement, ignorant la douleur se son bras qui remontait jusqu'à son épaule. Mais le Mangemort était coriace, et chaque seconde qui passait l'affaiblissait. Quand un second Mangemort apparut aux côtés du premier, il crut sa dernière heure venue. Un éclat argenté plus tard, le premier Mangemort s'effondrait, la gorge savamment tranché. Le second souleva légèrement son capuchon, révélant un visage tanné par le soleil et des yeux d'un bleu limpide comme le ciel, lui adressa un léger clin d'œil, et disparut dans la foule.
Il n'avait pas vu les Assassins rejoindre la bataille. Mais il devait admettre que, dissimulés parmi les Mangemorts, ceux-ci étaient redoutablement efficaces. Sans perdre de temps, il recula de quelques dizaines de mètres, retrouvant Ernie Macmillan, seul lui aussi. Sans perdre de temps, les deux camarades replongèrent dans le combat.
Quand elle avait posé les pieds sur le sol de Godric's Hollow, ce matin-là, Minerva McGonagall avait longuement regardé le ciel, admirant les couleurs rougeoyantes de l'aube, comme si elle savait que ce serait la dernière qu'elle verrait se lever. Elle avait eu une longue et belle vie, et même si elle avait connu plus que son lot de malheurs, elle pouvait dire qu'elle avait été heureuse. Elle avait vu le soleil se lever sur les Highlands, et enterré son petit frère. Elle avait vu passer dans sa classe des générations d'élèves, et perdu un certain nombre d'entre eux. Elle avait levé les soldats de pierre de Poudlard, et vu s'effondrer Godric's Hollow. Au fond, elle ne regrettait rien.
Jusqu'au bout, elle s'était battue. Comme une lionne, avec le courage qui ne l'avait jamais quittée, la vaillance qui inspirait ceux qui la côtoyaient. Elle avait vu les Mangemorts tomber sous ses sorts, et ses amis disparaître à leur tour. Aussi, quand elle croisa le regard flamboyant de Bellatrix, elle sut que le moment était venu. Et quand le sortilège mortel la frappa, l'honorable vieille dame s'effondra sans un bruit. Minerva n'était pas de ceux qui meurent dans leur lit. Elle était un guerrier, et mourait les armes à la main.
« - Luna ! Bandages !
La jeune Serdaigle attrapa un paquet de bandages qu'elle jeta immédiatement à Mrs Pomfresh, sans cesser de soigner le blessé se trouvant devant elle. L'infirmerie mobile avait été installée dans l'une des fermes abandonnées reprises par l'Ordre et, bardée de protections, elle était un havre de sécurité pour les blessés qui s'y succédaient. La bataille avait commencé de longues heures auparavant à présent, et le rythme ne faiblissait pas. Elles devaient soigner, du mieux qu'elles pouvaient, les membres de l'Ordre se succédant devant elles – et qui, bien souvent, rejoignaient aussitôt le terrain – et leur confier de nouveaux Portoloins d'urgence. C'était sans fin.
Luna profita d'un moment de répit pour quitter la tente à l'atmosphère surchargée, fuyant les effluves de sang et de potion qui s'en échappaient. Dehors, elle retrouva Astoria, assise à quelques mètres de l'entrée, sa tête posée sur ses bras croisés. Luna s'assit sans un bruit à côté d'elle, replaçant dans un léger tic ses cheveux blonds derrière son oreille. Astoria releva la tête, la fixant de ses yeux fatigués. La jeune Serpentard n'avait pas hésité une seconde à rejoindre l'infirmerie, sachant que celle-ci aurait besoin de toute l'aide nécessaire pour la bataille à venir.
« - On va bientôt partir.
Astoria hocha la tête, soupirant d'un air las.
« - Qui nous accompagne ?
« - Robert. Un Cracmol je crois.
Astoria hocha à nouveau la tête. Certains blessés étaient trop grièvement touchés pour pouvoir se déplacer jusqu'à l'infirmerie, et les assistants de Pomona se rendaient donc sur le champ de bataille, par alternance, pour porter secours à tous ceux qui le nécessitaient. Ils savaient à quel point chaque sortie était dangereuse, mais rien ne les aurait fait renoncer. Ils ne pouvaient tout simplement pas laisser leurs amis agoniser, des heures durant, dans la boue du champ de bataille. Et puis, les hommes d'Hestia Jones les accompagnaient, assurant leur protection. C'était peu, mais leur simple présence les rassurait considérablement.
Entendant des bruits de pas derrière elles, les deux filles se relevèrent, devinant que l'heure de partir était venue. Effectivement, Robert se trouvait derrière elles, lourdement armé. Astoria fronça pourtant les sourcils en voyant la silhouette qui l'accompagnait.
« - Daphné ?
Sa sœur émit un reniflement dédaigneux, dissimulant mal son inquiétude.
« - Tu ne croyais tout de même pas que j'allais te laisser risquer ta vie sans rien dire ? Je viens avec vous.
Astoria ne protesta pas. Comment l'aurait-elle pu ? Sa sœur ne voulait que la protéger, au point de rejoindre ce champ de bataille qu'elle s'était juré de toujours éviter, pour ne pas risquer de se retrouver face à Drago ou Théodore. Aussi, elle se contenta de déposer un léger baiser sur la joue de sa sœur, avant de rentrer dans la tente récupérer ses dernières affaires. Peu de temps après, ils furent au complet. Matthew, un autre soldat de l'unité Moldue, les avait rejoints ; et tous cinq s'éloignèrent en direction du champ de bataille, sachant ce qui les attendait.
Ses cheveux détachés flottant autour d'elle comme un halo de lumière, Luna avait l'air d'un ange, échoué au cœur de l'enfer. Astoria ne pouvait s'empêcher de la surveiller du regard, alors qu'elles s'approchaient des blessés, les renvoyant à l'infirmerie grâce aux Portoloins d'urgence qu'elles avaient emportés avec elles. Une telle pureté s'échappait de la jeune Serdaigle qu'il lui semblait que rien ne pourrait lui arriver, tant qu'elle restait auprès d'elle. Parce que rien ne pouvait ternir la beauté de l'âme de Luna …
Toute à sa concentration, cherchant fébrilement le pouls de l'homme auprès duquel elle était agenouillée, Astoria ne vit pas le Mangemort arriver. Seul le bruit assourdissant de la rafale de la mitraillette tirée par Robert lui fit tourner la tête. Au ralenti, elle vit le Mangemort s'effondrer, fauché par le tir mortel. Trop tard. Le rayon vert filait vers elle, à une vitesse effarante. Astoria n'eut pas le temps de se préparer à sa propre mort. Elle bascula sur le côté, frappée de plein fouet par un corps lancé à pleine vitesse. Et lorsqu'elle releva la tête, son hurlement résonna à travers toute la plaine. Les yeux encore grands ouverts, Daphné fixait un ciel qu'elle ne verrait plus jamais.
Ce ne fut que quand la main de Luna, avec sa douceur habituelle, se posa sur son épaule, qu'Astoria s'autorisa à lever les yeux, encore cramponnée au corps de sa sœur. Et Luna, essuyant avec peine le filet de sang qui coulait de sa bouche, s'effondra sur elle. Ce ne fut qu'alors que la jeune Serpentard prit conscience du massacre. Un groupe de Mangemorts les avait pris pour cible, et Robert et Matthew, malgré leur résistance exceptionnelle, ne tarderaient pas à tomber. Fermant les yeux, agrippant fermement sa sœur et Luna qui commençait à convulser, Astoria enclencha son Portoloin. Pour les deux soldats, il était déjà trop tard.
Le vent fouettait son visage, la faisant se sentir plus vivante que jamais. Sa main gauche serrée sur le manche de son balai, la droite tenant fermement sa baguette, Ginny plongea, sentant ses deux coéquipiers suivre le mouvement, épousant sa trajectoire. Les trois sortilèges fusèrent en direction du sol. Sans même voir s'ils avaient atteint leur cible, les trois balais remontèrent en flèche, filant à travers le vent, pour mieux replonger quelques mètres plus loin. Ginny, Cho et Olivier formaient un trio mortel. Les escadrons de la mort formés par les unités volantes étaient un fléau pour les Mangemorts, qui étaient contraints de constamment surveiller au-dessus de leur tête.
Ils n'étaient pourtant pas invincibles. Plusieurs balais étaient déjà tombés, frappés de plein fouet par des sortilèges. Ginny ne savait pas encore qui était le coupable, et cherchait incessamment ce Mangemort, dont les tirs si précis décimaient ses rangs. Opérant un virage sur la droite, elle remonta le champ de bataille, en direction de la forêt qui, si elle était presqu'entièrement carbonisée, laissait encore échapper une fumée opaque et épaisse. Et alors, elle le vit. Légèrement en retrait, fermement campé sur ses deux pieds, Dolohov visait sans relâche les unités volantes, les balais comme les chevaliers d'Aileen. Ses cheveux bruns attachés en une queue-de-cheval, ne portant pas de masque, il était facilement reconnaissable, et Ginny aurait pu jurer le voir sourire quand un nouveau balai tomba.
Faisant un signe de tête à ses coéquipiers pour leur signaler leur nouvelle cible, Ginny plongea en direction de Dolohov, et les trois sorciers lancèrent plusieurs sortilèges dans sa direction. Leur attaque ne passa pas inaperçue, puisqu'alors qu'ils faisaient demi-tour pour renouveler leur attaque, Ginny devina que le Mangemort les fixait. Elle se retourna, pour croiser son regard bleu glacé, brillant de haine. La bataille s'engagea entre les trois sorciers et le Mangemort, les sortilèges fusant dans tous les sens. Les balais virevoltaient, tournoyaient, esquivant avec souplesse les tirs du Mangemort ; mais ils peinaient à le toucher, et devinaient vaguement qu'un puissant sortilège de protection entourait le Russe.
Les balais se préparèrent à plonger pour une énième attaque quand un sortilège de Dolohov, frôlant Ginny, heurta de plein fouet Olivier. Celui-ci laissa échapper un hurlement de douleur et son balai partit en vrille, le condamnant à une mort certaine lorsqu'il heurterait le sol. Ginny et Cho n'hésitèrent pas une seconde et, laissant Dolohov pour le moment, se précipitèrent à la poursuite du balai de leur ami, priant pour réussir à le sauver.
Dolohov observa les deux balais s'éloigner, tout en continuant à bombarder les unités aériennes de sortilèges mortels. Le garçon ne survivrait pas au Sectumsempra qui lui avait été lancé, quels que soient les efforts déployés par sa coéquipière aux cheveux roux. Profitant du répit qui lui était accordé par le départ des balais, le Mangemort se concentra sur l'un des chevaliers-pégases, particulièrement actif depuis le début de la bataille. Ses sortilèges n'arrivaient pas à le toucher, ce qui le frustrait profondément. Mais Dolohov n'était pas inquiet. Le cavalier tomberait, ce n'était qu'une question de temps. Après tout, pas un Mangemort ne visait aussi bien que lui.
Et effectivement, quelques minutes plus tard, un sortilège frappa de plein fouet le pégase et son cavalier, projetant ceux-ci dans le vide. A des centaines de mètres de là, Blaise eut un coup au cœur, comme à chaque fois que l'un des hommes d'Aileen tombait. La sensation était affreuse, et il sentait la bile lui monter aux lèvres. Un cœur, un de ces cœurs peuplant la multitude qu'il sentait battre dans sa poitrine, s'était arrêté ; et chaque fibre de son être hurlait sa douleur contre cette mort. A ses côtés, Hermione sentit son trouble, et se fit un devoir de le protéger. Elle ne comprenait pas les étourdissements qui le saisissaient à chaque mort, ne pouvait pas les comprendre ; et, le pensant blessé, elle le défendait comme une lionne. A ces moments précis, Blaise aurait voulu hurler au monde entier qu'il aimait Hermione Granger. Mais le moment n'était pas propice, et la situation guère reluisante.
Comme le pégase s'écrasait, Blaise devina avant qu'il ne s'élève le hurlement qui allait suivre. Parce que Jules était tombé. Et que Jules était le cœur de cette armée, celui que tous aimaient, celui qu'Ibolya aimait comme un fils. Mais le hurlement qui s'éleva dans la plaine ne fut pas un hurlement de douleur. Ce fut un hurlement de rage. La dernière des Báthory laissa échapper toute la haine qui l'habitait, ses yeux virant au noir le plus sombre, le danger suintant de tous les pores de sa peau. Autour d'elle, le temps semblait s'être arrêté. Elle fit un geste rageur de la main, et les combattants, quel que soit leur origine, s'écartèrent devant elle, lui ouvrant une immense allée jusqu'au responsable de ces morts.
Le rictus qu'arborait Dolohov se figea progressivement alors qu'elle avançait vers lui, Harry sur ses talons. Sans cesser d'avancer, elle tendit une main dans sa direction, des volutes de fumée violacée s'échappant de sa paume pour agripper le Mangemort à la gorge. Le poing de ténèbres se resserra, soulevant l'homme à plusieurs mètres au-dessus du sol. Dolohov se débattait, essayant de toutes ses forces d'écarter les doigts de ténèbres qui l'étranglaient. Mais Ibolya, le visage empourpré par la fureur, ne desserrait pas sa prise, appuyant au contraire avec force sur la gorge du Mangemort. Vu d'en bas, le spectacle était insoutenable. Ils entendaient tous très nettement les os de Dolohov craquer à mesure que la fumée violâtre s'enroulait autour de son corps ; les veines saillaient sur son visage, comme sur le point d'exploser. Enfin, après des secondes qui leurs parurent des heures, alors que Dolohov avait depuis longtemps cessé de se débattre, et n'émettait plus que des hoquets de plus en plus espacés, sa nuque se brisa et le pantin désarticulé retomba au sol.
Se retournant alors, Ibolya se mit à hurler.
« - Tom ! Tom ! s'égosilla-t-elle, tournant sur elle-même de plus en plus vite. Tom !
Si quelqu'un avait un jour douté de sa folie, il ne pouvait plus la nier en la voyant à présent, ivre de rage, sa longue robe tournoyant autour d'elle comme une ombre macabre. Avec un dernier hurlement de rage, elle lança une boule de feu en direction du Mangemort le plus proche, s'ouvrant un passage vers Voldemort. Harry la suivait toujours ; dans son sillage, Neville et Tracey se chargeaient de couvrir leurs arrières ; et s'ils n'en montraient rien, ils étaient épouvantés par la démonstration de magie noire qu'elle venait de leur faire. Aileen était définitivement dangereuse. Et, pire que tout, elle était folle.
Silencieux, assis sur la table qui lui servait ordinairement à préparer ses potions, Théodore laissait son regard dériver sur les murs du Manoir Nott. Sa décision était prise depuis longtemps. Il n'était pas un Serpentard pour rien, et s'était décidé à quitter Voldemort au moment précis où il avait compris qu'il ne gagnerait pas cette guerre. Et, aujourd'hui, le moment était venu. Parce que Potter avait sacrifié Godric's Hollow, et qu'il ne l'avait pas fait sans raison. Quand la nouvelle de la présence des armées Báthory était parvenue jusqu'à lui, sa conviction n'avait été que renforcée.
Tranquillement, il se releva, attrapant la valise qu'il avait préparé. Il traversa son Manoir, l'abandonnant sans parvenir à ressentir aucun remord. Quand il atteignit la cour, il se retourna, contemplant une dernière fois cette demeure qu'il avait tant haï.
« - Olly ! Appela-t-il.
« - Maître, s'inclina l'elfe en apparaissant.
« - Brûle tout.
Les oreilles de l'elfe s'agitèrent dans tous les sens.
« - Et les Messieurs présents, Maitre ?
Théodore haussa les épaules.
« - Dis aux elfes de sortir. Et brûlez tout.
Et sans un regard en arrière pour la demeure qui l'avait vu naître, Théodore s'éloigna, sa valise à la main. Il ne verserait pas une larme pour les Mangemorts blessés restés au Manoir. Il partait. Il ne savait pas où, il ne savait pas comment, mais Théodore commençait sa nouvelle vie.
Aileen poursuivait sa course folle depuis plusieurs minutes, massacrant sans pitié tous ceux se trouvant sur son chemin. Harry avait enfin réussi à remonter à ses côtés, et se montrait aussi impitoyable qu'elle. Et enfin, alors que le dernier Mangemort face à eux tombait, ils firent face à un espace vide. Une vingtaine de mètres plus loin, seul, se trouvait Voldemort. Le temps se figea un instant, alors que les trois ennemis se regardaient. La mort flottait au-dessus d'eux, parfum âcre.
Plus lentement alors, comme si elle était enfin en paix, Ibolya s'approcha de celui qui jadis avait été son amant. Frappé par la solennité de l'instant, Harry la suivit avec quelques pas de retard, devinant le duel qui se préparait entre les deux ennemis. Tout était calme, la fin n'était qu'à quelques mètres. Ils n'étaient qu'à quelques secondes de la victoire. Et, comme un éclair, surgissant du néant, Bellatrix apparut, sa lame effilée s'enfonçant dans l'abdomen d'Aileen. La jeune femme hoqueta, trébucha, fixant sans le croire la lame qui dépassait de son ventre. Sur le champ de bataille, tous ceux qui étaient liés à elle retinrent le plus effroyable des cris de douleur, comme si, avec elle, c'était chacun d'eux qui mourrait. Blaise se plia en deux, et Hermione se précipita sur lui avec panique, le soutenant pour l'empêcher de tomber. Dans les serres de Poudlard, la vieille Pomona se laissa tomber à terre, la main sur le cœur.
D'un coup sec, Bellatrix retira la lame, laissant le sang s'échapper par flots du ventre de la femme qu'elle haïssait le plus au monde. Aileen s'effondra. Presque gracieusement d'abord, puis brutalement, alors que la vie fuyait son corps à gros sanglots. Dans un ultime effort, elle fit rougeoyer une dernière fois sa main, la boule de feu enflammant Bellatrix avant qu'elle ne puisse réagir. Harry se précipita, plaquant ses mains sur le ventre de la jeune femme, essayant de retenir le sang qui s'échappait d'elle. Jusqu'au bout elle garda ses yeux fichés dans les siens, semblant l'implorer de tuer Tom pour elle. Mais Harry était incapable de détourner son regard du sien, serrant compulsivement ses mains sur son ventre, pour retarder l'inévitable.
Sans un regard pour Bellatrix, dont les hurlements assourdissants emplissaient l'air, Voldemort leva sa baguette. Il n'aurait même pas à affronter le Survivant. Celui-ci s'offrait à lui. Mais avant qu'il ne puisse jeter le sort fatidique, une autre silhouette s'offrit à lui. Et Neville n'hésita pas. Là où Harry aurait utilisé un Expelliarmus, il observa sereinement le sortilège vert sortir de sa baguette, et frapper de plein fouet celui qui se faisait appeler le Seigneur des Ténèbres, et qui n'était rien, rien qu'un cadavre difforme, étendu sur le sol.
A quelques mètres de lui, figure silencieuse, Drago ne détourna pas une seule fois les yeux, alors que sa tante brûlait vive face à lui. Il laissa ses hurlements de douleur emplir ses oreilles comme une douce musique qui, lui semblait-il, vengeait ses parents. Et quand Bellatrix ne fut plus rien qu'un amas de chair brûlée, alors seulement il tourna les talons.
This is the end.
C'est vraiment quelque chose d'étrange de poser le dernier mot de cette histoire. Quoiqu'il en soit, j'espère que ce chapitre vous aura plu. Pour ma part, j'ai toujours pensé que l'histoire devait se clôturer de cette manière.
N'hésitez surtout pas à me laisser une review - en fait, j'aimerais beaucoup que vous me laissiez une review, même si ce ne sont que quelques mots : après tout, ce seront les derniers retours que j'aurais sur cette histoire, la première que j'ai publié, à laquelle je tiens beaucoup.
Et, qui sait, peut-être qu'un épilogue fera son apparition ...
D'ici-là, portez vous bien, et à bientôt j'espère.
