COLLEGE BOYS

Part 3 [Sherlock Holmes]

(sur 2 parties)

I/II

I] Moriarty's Evil Plan

Chapter 1 : Christmas at the Mind Palace

Je déteste ça.

Noel.

Quelle futilité!

Les repas de famille interminables, les cadeaux inutiles et toutes ces banalités qui me dégoûtent plus que tout. La famille ... C'est pourtant tout ce qu'on a. Mais je déteste ça.

Dans la grande salle à manger, le lustre scintille de mille lumières. Quant au sapin, il est immensément grotesque. Trop de babioles accrochées, trop d'objets et de paquets colorés à ses pieds. Les présents sont faciles à deviner, sous les couches de papiers multicolores et rubans en tout genre. De même pour les expéditeurs. Par exemple, le cadeau de la part de Thomas Grithiff, est évidemment pour ma mère. Papier rouge satiné, ruban doré. Le plus bel emballage de tous. Alors que tous ses autres cadeaux pour les autres invités sont négligemment décorés, et emballés à la va-vite. Mais pas le cadeau pour ma chère mère. Il y a mis du temps. C'est donc pour la personne qu'il aime. Je le vois également à tous les regards qu'ils s'adressent. Je m'en suis douté bien avant, mais la conclusion est : Mr. Grithiff est donc l'amant de ma génitrice.

Bien sûr, il y a toujours des invités au manoir Holmes.

Malgré la mort de mon père, qui dirigeait à merveille la fortune familiale, les Holmes continuaient de prospérer. Ma mère ayant hérité, elle continua encore à faire de l'argent en écrivant des bouquins, une saga apparemment. Cinquante nuances de quelque chose, je crois. Je ne les ai pas lus, et franchement, je n'en éprouve pas le désir. Mais la chose demeure qu'elle en vend des milliards sur toute la planète, traduits dans toutes les langues. D'ailleurs, je ne sais pourquoi, tout le monde me le déconseille. Alors que je vois la plupart de mon entourage les lire.

De toute manière, aucune importance. Pour moi, il ne subsistera aucune meilleure plume que celle de ma génitrice autrefois. Elle nous lisait, à moi et à mon frère, ces contes de pirates qu'elle adorait inventer, juste pour nous. Cependant, elle a publié beaucoup d'autres ouvrages avant sa soudaine célébrité. La plupart de bons romans policiers, dont bien sûr, je devinais le meurtrier dès le premier chapitre ...

La grande table dressée est saturée de tous les côtés. A la troisième place en partant de la gauche se trouve un jeune homme, aux cheveux fins et courts, d'un châtain très clair. Les yeux vicieux sont assombris par les prunelles foncées, tout comme son âme déjà corrompue. Le costume qu'il porte le fait ressembler à un politicien, et je trouve ça ridicule. Pourtant, tous les yeux sont posés sur sa personne.

Mon cher frère détesté, qui me méprise sans cesse, Mycroft, a 21 ans. Il brille parmi tous les convives, de par ses exploits à son école d'économie, hors de prix. Il parle de politique, de ses buts dans la vie, et surtout de sa réussite. Tout le monde est pendu à ses lèvres. Sauf moi. Je le trouve prétentieux, voire même trop vaniteux. Et vu que personne ne semble s'intéresser à moi, mais surtout parce que je m'ennuie à mourir, je préfère toujours quitter la table. Quitte à supporter les regards, lourds de reproches, de la part de ma mère. Peu m'importe! Je préfère aller lire. C'est mille fois plus intéressant que d'écouter ces discussions superficielles. Les bonnes manières et nombre règles de bienséance me sont égales.

Mycroft semble irrité de me voir me lever de ma chaise. Qu'il aille au Diable! Je me dirige donc vers la bibliothèque, un de mes endroits préférés. Je m'empare d'un livre de médecine au hasard, et me plonge dans mes réflexions.

Malgré tout mes efforts, j'ignore pourquoi je n'arrive pas à me concentrer. Pourtant, l'article sur le fonctionnement du cerveau humain est vraiment intéressant! Je ne comprends pas.

Je ne sais pas pourquoi. Toutes ces histoires au lycée m'ont tellement perturbé! Je veux dire ... J'ai déjà fait mon deuil, il y a bien longtemps maintenant. Alors pourquoi cela continue-t-il à me tourmenter ?! Et tellement de choses se sont ensuite succédées ... Trop vite, même. John, Jim ... Les relations humaines m'éloignent de mes objectifs.

Ça suffit, je ne supporte plus ce cerveau qui s'emballe puis se bloque sans cesse! Il me faut un "booster" qui m'aidera à réfléchir sur "Comment régler le problème Moriarty". Je ferme le livre dans un claquement sec, monte quatre à quatre les escaliers de marbre gris, et cours jusqu'à ma chambre. Je ferme la porte violemment, et m'enferme à double-tour. Je souris à la vue de la commode, à côté de la fenêtre.

Ah, ma chère amie, te voilà!

Je m'empare du petit sachet de poudre blanche, traînant au fond du tiroir à droite. Puis je m'installe sur mon lit moelleux, et sort aussitôt un livre caché sous mon oreiller. Je repends une petite quantité de la neige magique dessus, attrape ma carte de cantine traînant là et entreprends de faire de belles lignes droites. Trois rails devraient suffire ...

Je jette la carte de plastique au loin, et me penche sur la splendide poudre immaculée. Avec mon index, j'appuie sur ma narine gauche avec conviction. Puis, aspire un grand coup en suivant le fil de came parfaitement droit.

La sensation est forte, voire extrême. Je me sens invulnérable, inébranlable, invincible, tout-puissant. Ma cervelle s'excite et mon corps tout entier s'enflamme. Je suis transporté au loin, tout en demeurant ici. Il m'en faut encore plus, ainsi je m'empresse d'inhaler avidement les deux autres, à la suite. L'opération terminée, je balance le livre au loin, et m'affale de tout mon long sur la couverture. Tous mes sens sont plus aiguisés. Ma main glisse sur le dessus-de-lit, et je peux percevoir tout les fils de tissus soyeux qui le composent. Avec précision, je peux discerner la vague odeur de dinde rôtie, provenant d'en-bas. Si bien que cela finit par m'écœurer, au point de vomir. Cependant, je me retiens, et tente de réfléchir.

Le cheminement des pensées est plus intense, la quantité d'informations plus volumineuse qu'auparavant. Après plusieurs essais pendant une quinzaine de minutes, en vain, mon palais mental apparaît enfin. J'y suis parvenu! Alors, de suite, je cherche la pièce dont j'ai besoin. Que les couloirs sont longs! Mais j'y arrive tout de même. Le grand laboratoire, 2e étage, dernière porte à droite. Une fois à l'intérieur, je m'empresse d'y disséquer les souvenirs plus ou moins récents, concernant les innombrables avertissements de la part de Jim.

Je peux alors y dénoter des bribes de mots, de conversations :

"Moi ?! Mais voyons, je suis innocent."

"Je vous hais. Tous les deux. Je vous brûlerais. Et même la mort ne saurait vous sauvez. Vous souffrirez, comme moi j'ai souffert."

Ces dernières paroles résonnent dans ma tête comme une litanie.

"... comme moi j'ai souffert."

Il tenait à Mellody. Ca, c'est sûr.

Mais il y a obligatoirement une autre raison.

"... j'ai souffert."

Pourquoi fait-il tout ceci ?!

"- Pourquoi ?

- Hhmmm, par ... pure méchanceté."

Hmm. Non. Il doit forcément avoir quelque chose d'autre. On ne fait pas tout ça sans but précis ... Premièrement, l'accusation de meurtre, avec la fausse conversation retranscrite. Puis, les photos distribuées partout dans le lycée.

Il y a forcément une raison.

La mort de Mellody l'a affecté, mais il y a dû se passer quelque chose d'autre entre temps. Mais quoi ?!

Deux possibilités : Son passé, qui m'est d'ailleurs inconnu. OU. Juste après le suicide de Mellody. Il y a eu du nouveau.

C'est l'un des deux. Voire même, l'ensemble! Quelque chose de son passé doit refaire surface, et le suicide de Mellody a ravivé la douleur déjà présente ... Oui. Sans doute.

C'est ça!

Mais pourquoi nous en veut-il, à moi et John ?

Je m'écarte du microscope à souvenirs, dubitatif. Mais soudain, la mémoire flanche. Le disque dur grille. Un séisme fait trembler le sol. Le palais s'effondre!

Le voyage est interrompu. Tout s'efface, comme une brume autour de moi. Tout est parti en fumée.

On toque à la porte.

Mère, je vous hais.


Chapter 2 : Back in Black

Enfin! Une semaine que je subis mes proches, et déjà, je n'en peux plus. Encore une minute en compagnie de Mycroft et j'explose! Heureusement pour moi, les vacances sont terminées. Je dois sûrement être le seul à penser ainsi, mais franchement, j'ai plutôt hâte de revenir à St. Barts. Même si cet établissement, ainsi que ses élèves, m'insupporte, je dois admettre que les cours de Physique me manquent. Bien sûr, il y a aussi John.

A vrai dire, je ne sais plus trop quoi penser.

Pourquoi l'ais-je embrassé, cette nuit-là ? Pourquoi est-ce-que j'essaye d'élaborer des plans, afin de toujours le protéger de Jim et ses malfaisances ?

L'amour a toujours été un grand mystère pour moi ... Cela dit, il faut admettre que la seule personne avec qui j'ai été vraiment proche se soit révélée être une pure psychopathe. Alors, je ne peux m'empêcher de me poser des questions.

Qu'est-ce-que les gens normaux appellent "amour" ? Quels sont les symptômes de cette sournoise maladie ? L'ais-je attrapée ?

Pourtant, ce n'est pas naturel de ... Enfin, d'aimer quelqu'un du même sexe. Tout ça ... C'est beaucoup trop complexe pour moi. Mais ce qui me trouble le plus, c'est que, j'ai lu dans un livre de chimie que les pupilles se dilatent, et le pouls s'accélère lorsqu'on est en présence de l'être aimé. Et j'ai bien peur que nous deux possédions ces critères. Voir plus.

N'ayant aucune réponse à mes interrogations insignifiantes et ennuyeuses, je secoue la tête pour chasser ces idées indéchiffrables de mon crâne.

Le chauffeur de la Rolls-Royce conduit vite, et ça me va. Plus vite j'y serai, plus vite je pourrais chasser tous ces doutes. Le paysage défile devant mes yeux comme une pellicule en noir et blanc, sans aucun relief. Le décor morne est dépourvu de couleur. La monotonie du panorama me déprime encore plus. Le temps maussade est teinté d'un gris uniforme, mais pas de nuages cependant. Le tableau semble circulaire, se répétant à l'infini. Juste vide.

Janvier a déjà montré le bout de son nez. Une nouvelle année débute, avec son lot de banalités moroses, et ses fausses joies. Et personnellement, je m'en fiche complètement. Peu m'importe l'heure, le jour, le mois, l'année. Ce qui est important, ce sont les faits. Néanmoins, les détails peuvent se montrer utiles de temps à autre. Quoique, cela dépend de la situation ... J'en sais rien. 16 ans et des poussières. Encore tant de choses à découvrir et toutefois, j'ai l'impression d'avoir tout vu. Quelle étrange sensation ...

Les écouteurs vissés dans les oreilles, la chanson continue. La vois plaintive de Robert Smith poursuit sa ritournelle, et je pars loin. Ailleurs.

To Wish Impossible Things

But now the sun shines cold

And all the sky is grey

The stars are dimmed by clouds and tears

And all I wish

Is gone away

All I wish

Is gone away

All I wish

Is gone away

"Mister!"

Une forte voix me sort de mon coma imaginaire.

"Mister Holmes!"

Le chauffeur en uniforme me secoue, et j'ouvre les yeux péniblement. Apparemment, je me suis endormi. Etonnant! Moi qui, pourtant, ne dors pas. Il faut avouer que j'ai passé la dernière nuit sur mon ordinateur, à lire une stupide fanfiction. Une histoire puérile, mais appréciable. Je me demande vraiment si ces gens-là n'ont rien d'autre à faire à part écrire leurs histoires débiles, puis les exposer au grand public. Je ne sais même pas pourquoi je lis ce genre de choses ... L'ennui, sans doute.

J'aperçois sur le petit écran de l'iPod que la playlist est finie. Plus aucun son dans les écouteurs. Je l'éteins de suite, le fourre dans ma poche négligemment et sort de la voiture avec difficulté. Mes longues jambes sont toutes courbaturées. Cependant, la douleur finit par s'estomper.

La valise est déjà sortie du coffre, et le chauffeur me fait signe de me dépêcher. Je lui lance un regard froid, et attrape le bagage vivement. Minable!

Je tire la lourde valise sur les graviers, qui crissent au contact des roulettes. D'autres élèves arrivent, peu à peu. Mais ce sont leur chauffeur qui porte les bagages. Il faut croire qu'Alfred Pennyworth, le chauffeur de la famille, et moi, ne nous sommes jamais entendu. Allez savoir pourquoi.

Le fait est que je me trouve à présent dans le hall d'entrée, à chercher vainement des yeux mon ami. Introuvable. Sans doute n'est-il pas encore arrivé ... me dis-je, pour me rassurer. Alors, j'entreprends aussitôt de gravir les mille et une marches du grand escalier. Je suis encore le seul à monter, car tout le monde reste en bas à bavarder de leurs fabuleuses vacances, et des cadeaux que Papa et Maman Snob leur ont achetés. Pathétique.

Mon bagage est bien pesant, mais ce n'est pas un problème. Malgré les apparences, j'ai de la force. Ainsi, je parviens à me débrouiller seul. Une fois arrivé à l'étage du dortoir des garçons, je reprends mon souffle. J'inspire une grande bouffée d'air, et l'odeur du vieux bois m'emplit les narines.

J'esquisse un demi-sourire, heureux de revenir. Retrouver mes livres de cours, le laboratoire, John ...

John ?!

J'ai vraiment pensé ça ?

Mais bon sang, qu'est-qui m'arrive ?

A grands pas, je traverse l'allée, séparant les deux côtés de l'immense garçonnière. Il y a peu de monde. Quelques intellos se trouvent déjà là, ainsi que certains cas perturbateurs. Je parviens à ne pas me faire remarquer, les dominants charriant les pauvres proies. Enfin devant la porte de ma chambre, je prends une grande inspiration. La porte me paraît si dure à ouvrir ... Ma main moite glisse au contact de la poignée. L'anxiété me dévore tout entier : Et si John était déjà là ? Ou pire encore - Si Jim est déjà là ?

Et puis merde!

Ma curiosité prend le dessus. Et la porte grince dans un bruit strident des plus désagréables. ET. A ma plus grande stupéfaction, une fille était assise sur le lit de Jim.

Personne d'autre dans la pièce, à part elle.

"Mais ... Mais qui-est-tu ?!"


Chapter 3 : So … Get this !

La fille en question eu du mal à répondre de suite. Je l'observais attentivement, en quête de quelconques détails.

De taille moyenne, corpulence normale. Donc, saine. Fille banale : pas de maquillage excessif, ni de vêtements vulgaires ou quelque chose d'autre d'extravagant. Ce n'est pas une marginale. Cheveux longs, bruns foncés, ondulés. Lâchés : garde sa féminité. Grand décolleté, grosse poitrine : ce n'est pas une lesbienne. Marques d'éraflures au bout des doigts, comme un fil coupant. Une corde : pratique du tir à l'arc. Mince, donc sportive. Cependant, elle se mord la lèvre. Ongles vernis, mais rongés. Signes d'inquiétude. Grand yeux implorants et ... Je distingue un certain parfum de vanille.

Conclusion :

- Fille inconnue.

- Inquiète et soucieuse = Problème.

- Goûts simples. Mais pas négligée.

- Intelligence évaluée : Moyenne.

- Fait partie du club de tir à l'arc : la plupart étant de gros machos. Monde qui m'est inconnu.

- Venue me voir, et m'attend dans la chambre depuis longtemps (= ongles rongés récemment + objets déplacés (a fouillé la chambre, mais par simple curiosité)) = Important.

Remarquant mon regard soutenu, la fixant de haut en bas, elle se mit à parler.

"Je m'appelle Clara." fit-elle, mal à l'aise. "Clara Miller, en Première S2."

Je me contente de murmurer "Intéressant.", l'air énigmatique.

Elle cille, et se triture les cheveux, troublée. Puis petit à petit, je prends compte de la gravité du problème qu'il semble exister. J'amorce la conversation, en faisant mon show habituel. Ca m'a tellement manqué pendant les vacances ... Ainsi, je lui récite tout haut ma déduction. Sa réaction ne se fit pas attendre, elle souffla juste : "Whoua."

Après s'être remise, elle continue : "Alors c'est vrai, t'es un génie ?"

Je souris à ce mot : "Génie." Mon narcissisme ainsi que mon ego s'en voient surdimensionnés. Reprenant ma face sérieuse, je rétorque : "Ne passons pas notre temps là-dessus. La situation me paraît grave, et je n'ai pas que ça à faire. Alors, crache le morceau."

Choquée, elle bafouilla : "Arrête de me crier dessus ..."

Je soupire, exaspéré par les chochottes dans son genre. Elle se reprend, puis déclare avec un air solemnel : "L'heure est grave, Sherlock."

J'hausse un sourcil : "Ah. Vraiment ?" fis-je, faussement étonné.

Son regard froid me remit en place :

"- James Moriarty vous veut du mal, à toi et John Watson.

- Tu ne m'apprends rien, là. lançais-je, sarcastique.

- Je crois que tu ne te rends pas vraiment compte de la chose : Il va essayer de vous tuer."

Pardon ?

"- T'es sérieuse, là ?! interrogeais-je, surpris.

- Regarde-moi. J'ai l'air de plaisanter, peut-être ?"

Non. En effet, Clara tremble comme une feuille. Elle inspire un grand coup avant de m'avouer : "Tu sais, je risque même ma propre vie à te l'annoncer. Si jamais lui et Sebastian savaient que je t'ai prévenu, je suis morte."

Je pouffe de rire : "- Mais voyons, c'est insensé. Il n'est pas si dangereux que ça ... Et puis, c'est qui, ce Sebastian ?

- Sebastian Moran, Première L. Élu meilleur tireur à l'arc de tout le lycée. Une belle brute pas facile, ça je peux te le dire ...

- Connais pas. Mais ... Qu'est-ce-qu'il a à faire avec Jim ? C'est quoi le truc, là ? Explique!

- Je t'ai dit d'arrêter de me crier dessus !" gueule-t-elle, hystérique. Elle s'éclaircit la gorge avant de raconter :

"Sebastian était mon ami, il y a encore de cela quelques mois. Mais récemment, il a rencontré Jim, je ne sais pas comment d'ailleurs. Bref, le fait est que depuis qu'il traîne avec James, il est ... Différent."

Une fois piégé dans la toile de l'araignée, impossible d'y échapper ...

"Il s'est renfermé. Il ne voit plus ses amis, il semble ... s'éloigner de moi."

Ah, je vois.

"T'es amoureuse de lui, c'est ça ?" soupirais-je, las.

Elle évite mon regard, et ses yeux semblent faire le tour de la chambre, tandis que ses joues se teintent d'un pourpre foncé.

Évident.

Ennuyeux.

Je continue cependant à malmener la pauvre fille afin d'en savoir plus : "Le fait est ... Qu'il est comme ailleurs, qu'il semble avoir retourné sa veste, n'est-ce-pas ?" En guise de réponse, elle hoche la tête lentement de haut en bas.

Hhmm ... Intéressant.

Un nouvel "ami".

Un autre compagnon de jeu.

Elle poursuit, gênée et plutôt embarrassée : "Oui. Je n'en sais pas trop sur le sujet, mais des rumeurs circulent. Néanmoins, le problème est que vous courrez un grand danger. Si je sais tout ça, ce qu'ils ont prévu ... Enfin, si je connais leur plan, c'est par ce que je ..."

Elle marque une pause, hésitante, avant de reprendre aussitôt : "Il était très tôt le matin, et je ne dormais pas. Alors, je suis allée m'entraîner au tir à l'arc. Seule. Je prenais mes flèches, quand j'ai entendu des pas. Alors, pensant que c'était un pion, je me suis planquée. Et là, j'ai vu Sebastian passer. Il allait au gymnase, alors que personne d'autre n'était levé. Étant très curieuse, et bien ... Je l'ai suivi." avoue-t-elle, rouge de honte.

"Et là, je me suis planquée dans les gradins. Il a joué aux fléchettes pendant quelques minutes. Il est tellement doué et -"

Je la coupe, agacé : "Certes, mais tes fantasmes de gamine sur ce jeune homme ne m'intéressent pas. Alors, s'il te plaît, va à l'essentiel."

Elle me jette un regard des plus sombres.

"Peu importe, donc." déclare-t-elle, haussant les épaules. "Jim est arrivé, et là ... Ils ont parlé. Leur conversation était ... un peu bizarre. Au début, Sebastian semblait résister. Mais ça allait encore, jusqu'au moment où James a proposé à Sebastian de "s'amuser" avec lui. Puis, il a dit ..."

Elle semble réfléchir un moment, les yeux fixés au plafond, avant d'affirmer :

"- Mot pour mot, il lui a dit : Laisses-moi te divertir, le courant d'une journée, Sebastian. Et tu pourras prendre ta propre décision. J'ai prévu une ... "fête", à ne surtout pas manquer à la piscine, en cours d'EPS. A 15h00 ..." Ce a quoi, Seb a répondu : "Bien. Une journée alors." Puis Jim lui a lancé, sinistre : "Tu ne le regretteras pas, Sebastian." Cette conversation m'a donné froid dans le dos ... D'autant plus que Jim avait parlé avant d'un "sérieux Problème" qu'il souhaite régler ...

- MAIS. Néanmoins, ce ne sont que des paroles. Et puis, je ne vois pas avec quel moyen ils pourraient tenter de nous tuer. De plus, sa "fête" dont tu parles, était censée être ce jour-là, non ?! Alors, pourquoi n'a-t-il pas mit son plan à exécution dans ce cas ?"

Clara reste de marbre, immobile, sans trop savoir quoi dire. Mon cerveau s'emballe une fois de plus, et là ... Il suffit que je me concentre pour que des paroles, des mots résonnent dans ma tête comme une ritournelle :

"Votre attention, s'il vous plaît. En vue des conditions météorologiques prévues, les élèves sont priés de se rassembler dans leurs salles spécifiées par étage, et d'attendre que la tempête passe. Le confinement général à l'intérieur de l'établissement est de mise."

Mais bien sûr!

"Pour cette raison, les cours de la journée seront tous, sans exception, annulés."

La voilà la raison!

Une étincelle d'excitation me secoue tout entier. Clara, quant à elle, s'impatiente :

"- Alors ?

- Je suis brillant!

- Oui, ça, on sait ... Mais après avoir fini de t'auto-satisfaire, tu pourras peut être me dire ce qu'il se passe ?

- La tempête!

- Quoi, "la tempête" ? C'est quoi le délire ?!"

Agacé, je souffle : "- Cela doit être tellement relaxant de ne pas être moi ... Le jour où il aurait dû mettre son plan à bien … C'était le jour où la tempête a frappé! Tous les cours furent annulés.

- Ah oui! Je me souviens." tilte l'ignorante.

Irrité par sa naïveté, je m'empresse de la saisir brusquement par le bras : "Tu baisses le Q.I de la pièce, sors maintenant." Déstabilisée par ma froideur, elle proteste. Mais cependant, je n'oublie pas de lui lancer : "Oh! Et merci pour l'info, Mlle Miller. Ce fut un plaisir." ironisais-je, avant de lui claquer la porte au nez.

Enfin débarrassé! Je peux enfin réfléchir en paix.


Chapter 4 : Miss me ?

Cela doit bien faire une petite demi-heure que je suis ici, seul dans la chambre avec mes pensées. Mon fauteuil préféré est bien confortable, je dois l'avouer. Et le crâne sur le bureau me tient compagnie. Les mains jointes sous le menton, les souvenirs reviennent et défilent aussi vite que la lumière dans ma cervelle surchauffée. Je peux les voir, les sentir. Et la mémoire collabore avec les faits. Tout s'emboîte, toutes les pièces s'assemblent. Le puzzle est bientôt résolu. Mais néanmoins, certains points demeurent obscurs.

James Moriarty.

Passé inconnu. (Effectuer des recherches, faire mon enquête)

Me vole Mellody. (Pour s'amuser)

S'en suit son suicide, raison inconnue. (Coup de folie, sans doute)

Puis, Jim rencontre un certain Sebastian Moran. (Son nouveau joujou)

Va évidemment le mettre à contribution pour son plan.

Son plan : Me nuire, à moi et John.

Pourquoi ? Vengeance (ou/et ennui)

Quand ? Etant donné que la précédente séance de piscine a été annulée, en raison de la tempête ... Il va sûrement frapper à nouveau dans ce même endroit, à 15h.

Mais quel jour ? Indéterminé. Échec de l'évaluation de la date. Ennemi trop instable pour prévoir.

Mais comment va-t-il s'y prendre ?

Ce point me demeure inconnu, lui aussi.

Quoique ...

Selon Clara ... Si ce Sebastian est champion de tir à l'arc, s'il tire comme un as aux fléchettes ... Il lui faudrait une arme! Mais, comment parviendrait-il à s'en procurer une ?

Rhaaah! Encore trop de questions sans réponses!

Je m'apprêtais à replonger dans mes réflexions intenses, lorsque la porte s'ouvre doucement.

"Sherlock!"

Je n'eus pas le temps de comprendre la situation, qu'on vint se jeter sur moi. De petits bras musclés m'entourent : "Tu m'as manqué!"

John desserre son étreinte, soudainement gêné. Puis me tourne le dos, et attrape sa valise avant de la jeter sur son lit. "Tu as passé de bonnes vacances ?" questionne-t-il, l'air de rien en déballant ses affaires.

Encore chamboulé par ces retrouvailles peu communes pour moi, je mis un temps à répondre : "Je hais les vacances. Ca me stoppe dans mon élan vers la réussite. Et les cours de chimie me manquent." A ces mots, John pouffe de rire : "Tu dois être le seul. Tu ne changeras donc jamais!"

Je secoue vivement la tête de droite à gauche, avant de choper mon Rubik's Cube. Un silence des plus embarrassants s'installe dans la chambre. Juste le cliquetis du casse-tête, ainsi que le froissement des vêtements en cours de rangement, se font entendre. Après une dizaine de minutes, John se décide à briser la glace : "Ca fait combien de temps que tu es là ?"

Tout en finissant la face de couleur bleue, je réponds machinalement : "Depuis environ 14h30." John écarquille alors ses yeux comme de grandes billes bleues.

"- Sherlock, il est 16h. Ne me dis pas que tu viens de passer une heure et demie sur ton fauteuil ...

- Eh bien ... Apparemment oui. La notion du temps m'est quelque chose d'étranger.

- Ca, j'avais remarqué ..." fis John, déjà blasé.

Le blondinet est sur le point de continuer, lorsque la porte s'ouvre soudainement dans un vacarme assourdissant.

"Hello-oo, loosers! I'm ba-aack!"

Jim se tient là, dans l'entrée de la porte. Son air menaçant, fier et avide de défi n'a pas changé. Sourire éclatant, plus que sarcastique. Nous soutenons son regard carnassier. Je sens ses yeux se vriller dans les miens. Qui tiendras le plus longtemps sans cligner ? Eh bien, on peut dire que nous avions gagné tous les deux. Ne me lâchant pas de ses prunelles sombres, il claque des doigts d'une façon théâtrale en s'avançant vers son lit, et balance de sa voix suave, mais hautaine : "Sebby! Valise!"

A ses ordres, un jeune homme blond accoure avec son bagage. Voici donc le fameux Sebastian Moran. Il ressemble un peu à John : excepté qu'il est plus grand, plus musclé, et plus baraqué. Il affiche un air agressif. Pourtant, il se soumet aux ordres de Jim. Son nouveau joujou.

Remarquant mes yeux parcourir de haut en bas la silhouette du grand blond, analysant le moindre petit détail important, Jim reprend de plus belle :

"Oh! Je vous présente Sebastian, mes chers colocataires."

Sebastian nous toise, pas commode. Les sourcils froncés, il nous jauge. D'abord John, puis moi. Pas un demi-sourire ne se dessine sur sa face de marbre. Sur le point de repartir, Jim le saisit par le bras, lui intimant de rester. Le grand adolescent se figea, et ne bougea plus.

"- Alors, Sherlock ... Tu es jaloux, n'est-ce-pas ?

- Pourquoi le serais-je ? demandais-je, en haussant les sourcils, dubitatif.

- Eh bien, parce que mon petit copain est bien plus bandant que le tien."

Sur ces paroles, il ricane tout en saisissant fermement Sebastian par la taille.

Je ne sais pourquoi je jetais alors un coup d'œil à John. L'inconscient me dépasse. Et pourtant, je ne pouvais m'empêcher de détailler mon ami. John n'avait pas grossi durant les fêtes, contrairement à ce que je m'attendais. Au contraire, dirais-je. Il semble un peu plus mince. Par contre, il est vrai que son pull vert, sûrement tricoté par sa grand-mère, est hideux. Mais connaissant John et sa gentillesse infinie, il a voulu faire plaisir à sa famille. Sinon, j'étais plutôt en désaccord avec Jim : Certes, John n'est pas le plus svelte, ni le plus athlétique des garçons, mais je l'apprécie.

L'apprécie ?

Qu'est-ce-que je dis, moi ?

Je déraille, je crois. Bordel, qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?!

S'apercevant du trouble qu'il avait causé en moi, Jim étire ses lèvres en un large sourire. John paraît si mal à l'aise. Il n'a rien dit. Il n'a rien nié. Moi non plus.

Victoire du Diable.

Je soupire, tentant de ne pas laisser transparaître mes émotions. Actuellement, je suis plus énervé qu'autre chose.

"Va te faire foutre, Jim."

Ravi, son sourire se fendit jusqu'aux oreilles.

Je me lève de mon fauteuil, et je manque de perdre l'équilibre. Sebastian esquisse enfin une risette. Quant à John, il est sur le point de me rattraper. Mais je le rejette violemment, et me relève seul. Je me tiens droit devant le couple malfaisant, défiant leur arrogance. Puis, lance à mon ami :

"Allez, viens John. Le niveau de débilité est trop élevé dans cette pièce. Ils vont réduire ton Q.I. à néant. Partons."

19h15. Heure du dîner.

Nous avions passé le reste de l'après-midi dans le laboratoire, sans nous dire un mot. Il est vrai que le silence fut plus qu'embarrassant. J'avais beau m'acharner à observer une molécule, je pensais à autre chose. J'étais toujours ailleurs. La concentration m'était impossible, car je sentais l'intense regard de John se poser sans cesse sur moi. Le malaise se faisait vraiment ressentir dans la grande pièce froide.

Une fois sortis, nous ne croisâmes pas Jim et Sebastian. Et même pendant que nous faisions la queue au réfectoire, je ne les vis pas. Ils devaient sans doute être occupés à faire autre chose. Peu importe, je me retrouve là, le regard dans le vide, balayant vaguement la cantine. Lassé, je fixe mon yaourt, qui ne me dit rien.

"Eh bien, Sherlock! Mange. Tu ne vas pas tenir sinon." me prévient John, soucieux de ma santé. Le trouvant pathétique de s'occuper de moi ainsi, je le rembarre :

"J'ai pas faim. De toute façon, la digestion ralentit mon cerveau."

Il rigole, tout en enfournant une bouchée de riz. Après avoir fini son verre d'eau, il renchérit : " Tu as trop mangé de dinde de Noel ? C'est ça ? Les repas de fêtes sont tellement bourratifs." commente-il.

Avec un demi-sourire, je réponds aussitôt : "Je trouve ces gavages collectifs bien désolants et rabaissants. J'allais vomir tout de suite après."

"Et bon appétit, bien sûr." glousse John.

Je souris, depuis bien longtemps. Il est vrai que me voir sourire est très rare, mais la raison pourquoi John me fait rire m'échappe toujours. Continuant de fixer mon laitage, une pensée me traverse l'esprit violemment. Je m'écris sur-le-champ :

"- John! Il faut que je te dise : Il y a une fille qui est venue me voir aujourd'hui et ...

- Et quoi ? Tu as été traumatisé de voir des formes féminines, c'est ça ? Ou tu es tombé amoureux ? plaisante-il, badin.

- Ne sois pas ridicule." soufflais-je. "Non, elle est venue m'informer de quelque chose ... De très important."

John fronce les sourcils, l'air sérieux. Je lui conte alors l'histoire de Clara, à ma manière. Il paraît comprendre, et lorsque je prononçais le nom maudit, il sursauta. Je lui parlais de son plan, des déductions que j'en ai tirées. Au fur et à mesure du récit, je voyais ses petits yeux bleus s'écarquiller de stupeur. Affolé, il parvient tout de même à se reprendre : "Mais ... Jim ne sais pas ... que nous savons."

Je souris : Malgré la peur, il arrive à raisonner convenablement. Même si son quotient intellectuel est plus bas que le mien, je suis étrangement heureux de le voir progresser. Peut-être ais-je une bonne influence sur lui ?

Je suis interrompu dans mon flot de pensées par une exclamation supplémentaire de sa part : "On a un coup d'avance sur lui!"

La lueur d'espoir dans son regard est presque touchante. Le pauvre petit ne sait pas à quoi il s'expose. Pas le moins du monde. Cependant, je tente de rester optimiste, et ne lui transmet pas mes doutes. Mes inquiétudes ne doivent pas lui souiller l'esprit. Alors, je réplique, consentant : "Oui, John. On a un coup d'avance."

Après le dîner -si on peut appeler ceci un dîner-, John et moi étions rentrés dans la chambre. Le chaos régnait dans les dortoirs : tous les élèves déprimés, et révoltés à l'idée de devoir reprendre les cours. Pathétique!

Quand mon ami ouvrit la porte, nous eûmes le soulagement de constater que les deux 1èresL étaient partis. Néanmoins, en s'approchant de plus près, on pouvais s'apercevoir avec dégoût qu'une tâche suspecte avait sali le couvre-lit, et qu'ils avaient apparemment oublié de détacher la paire de menottes, pendant au coin du lit.

Mon ami et moi avions échangé un regard gêné, mais unanime : Beurk! Ces mecs sont tarés!

Puis, la soirée se passa comme d'habitude, dans la plus grande monotonie : Pyjama, révisions, dodo. Enfin, pour John. Moi, je préférais m'amuser à résoudre quelques problèmes de maths. L'ennui m'avait vraiment consumé. De temps à autre, je jetais un coup d'œil à mon ami, endormi au milieu de ses fiches de cours. Son torse se soulevait doucement à chaque respiration ; il semblait si calme, si paisible. On aurait dit un enfant.

Mais il ne l'était plus. Ni moi. Tout le monde le sait, l'adolescence est une période vraiment complexe. Nous ne sommes plus enfant, ni totalement adultes. J'ai tellement hâte de grandir! J'en ai plus que marre de cette état stationnaire, entre deux eaux. C'est horrible. Atroce. Enfin, pas pour tout le monde apparemment. John n'a pas trop l'air de s'en soucier.

Il ne bouge pas. Immobile. Quelques fiches sont tombées à terre. En ayant terminé avec les exos de physique quantique, je me lève, et les ramasse, une à une. Curieux, j'en parcours plusieurs du regard, et quelle fut ma surprise lorsque j'aperçus quelques hiéroglyphes étranges. En effet, dans quelques marges se trouvaient des dessins. Le genre que l'on peut facilement trouver dans un journal intime de jeune fille en fleur. Le genre stupide.

Des petits cœurs, avec des flèches les transperçant. Et dans ces gribouillages, deux initiales fatales : SH.

Mon cœur faillit se stopper un instant. Des papillons me chatouillent le ventre douloureusement, et ma gorge se noue. Un bruit blanc résonne dans mes oreilles, et ma vue se trouble. Jamais je n'ai éprouvé une telle chose auparavant.

What. the. hell ?!

Je continue de feuilleter furtivement les fiches, les feuilles de cours. Et je m'y trouve, quasiment à chaque fois. Sherlock par ci, Sherly par là.

Well. This is awkward ...

Je me sens ... A vrai dire, je ne sais pas du tout comment je suis censé réagir. Que font les gens normaux dans ces situations ? Devrais-je aller me cacher dans les toilettes, et ne plus jamais en sortir ? Je sens le rouge me monter rapidement aux joues.

Que dois-je faire ? Faire genre je-n'ai-rien-vu, ou alors, tout lui dire ? Cela le mettrait sûrement très mal à l'aise ... Et je n'ai pas envie de l'exposer à une ultime humiliation de ma part. Je suis déjà assez méprisant avec lui comme ça.

Alors, après avoir décidé de ne rien dire, et d'ignorer ce que je viens de voir, je range méticuleusement les fiches en ordre. Puis, je les classe chacune dans les petits classeurs, et pose mes yeux sur le petit corps chétif de John, allongé de tout son long sur le lit simple. J'ignore pourquoi, je me mets à sourire. Cette vision est attendrissante, même pour quelqu'un d'insensible.

Ainsi, je me rapproche doucement, sans aucun bruit, et recouvre John de sa couverture douillette, afin qu'il ne prenne pas froid.

Bordel, qu'est-ce qui m'arrives ?! Deviendrais-je ... "humain" ?

Sûrement pas! Quelle horreur ... me chuchote une voix intérieure.

Je décide de l'ignorer, et m'affale lourdement sur mon lit, à peine défait. La nuit promet d'être longue, en compagnie de mon putain de cerveau suractif.

Oh Gosh, I hate this fucking life!


Chapter 5 : Swimming into serious issues

Deux jours se sont passé depuis cet événement, et toujours rien d'intéressant n'arriva. Oh! Peut-être ais-je oublié de mentionner qu'aujourd'hui, nous avons piscine. Et aujourd'hui risque d'être LE jour où Jim tentera de mettre son plan à exécution. Oui, toutes les probabilités l'indiquent.

Alors, depuis ce matin même, je ne peux m'empêcher de m'assurer que John soit toujours à mes côtés : je ne veux pas le perdre. Il est le seul allié que j'ai. Et on ne sait pas de quoi Jim et son partenaire sont capables ...

15h de l'après-midi. J'attends le prof en compagnie de gens stupides. Ils ne peuvent s'empêcher de me critiquer sans cesse, et de m'humilier. Je trouve cela puérile. Ils sont juste jaloux de mon génie. Ainsi, je me retrouve avec toutes les filières mélangées pour les cours d'E.P.S.

Heureusement, j'aurais fini les cours, après cette séance de torture.

3 groupes furent élaborés pour les séances du jeudi : John et moi sommes dans le second, se mêlant avec les Premières L. Mais le problème est ... John est introuvable. Après avoir déjeuné, il m'annonçait qu'il partait chercher son sac de sport, oublié au dortoir selon lui. Il n'est toujours pas revenu, et malgré tout, je commence à m'inquiéter.

Le professeur finit enfin par montrer le bout de son nez. Lors de l'appel, j'ai peine à prononcer "Absent" en guise de réponse au nom de John Watson.

Pour ce qui est du reste de la masse, ils se contentent de rétorquer fièrement : "Dispense!" Quelle bande de lâches! Pourtant, je serai capable de faire de même ; seulement, je ne peux m'autoriser à sécher le cours de natation. Même si je déteste la piscine par dessus tout, je ne peux me permettre de tâcher mon bulletin avec une bulle, même en sport. Cela serait inacceptable pour un Holmes. Alors, je me conforme, et me dirige lentement vers les vestiaires, sans conviction.

Une fois changé, la vue des autres adolescents me démoralise. Je suis dégoûté face à leurs muscles et abdos saillants, et écœuré par leurs maillots moulants, encore plus ridicules. Il est vrai que je ne fais pas vraiment parti du clan des "beaux gosses". Il est sûr qu'avec ma silhouette squelettique et ma grande taille, je ressemble plus à une girafe qu'à autre chose.

La vérité est que je ne ressemble à rien. Je ne suis juste qu'un amas d'atomes, assemblé par le plus grand des hasards. Je me fais honte à moi-même, déambulant sur le carrelage glacé et mouillé. Mes pieds collent au sol trempé et la pensée des milliers de champignons traînant-là me répugne. Je tente de marcher sur les talons, ce qui rend ma démarche d'autant plus burlesque. J'entends les dispensés se moquer de moi, au loin. Bombant le torse, je les ignore et me joint au groupe. Seulement dix élèves seront suppliciés aujourd'hui. Dont moi.

John n'est toujours pas là.

Dans la poignée de gens se trouve quelques L et S. Pas de ES. Contrairement à mes attentes, ni Jim, ni Sebastian ne sont présents. Même pas dispensés. Juste ... absents.

Je suis seul, face à la transparence bleutée de l'eau chlorée. De petites vagues azurées clapotent sur les bords du bassin, et le bruit produit me crispe sur le champ. La lumière abyssale m'éblouit presque, et j'y plonge avec la plus grande des désolations.

A la fin de la séance de torture, je me sens épuisé. Comme vidé de toute force, je suis devenu un zombie. Les jambes aussi molles que du coton, je peine à me diriger vers les vestiaires. Et c'est en renfilant mon pantalon que j'aperçois un objet à terre : je me baisse afin de le saisir.

Une fois en main, l'horreur me fige sur place : je tiens fermement le portable de John.

Il ne s'en sépare jamais! Alors, comment a-t-il pu arriver là ?

C'est à ce moment précis que mon cerveau se bloqua, comme un bug général, sur un seul ensemble de lettres, se répétant à l'infini : Jim Moriarty.

Une fois rhabillé, je me précipite hors de la pièce masculine, empestant le déodorant. Je me retrouve seul à nouveau, au bord de la piscine. Tous les élèves volatilisés, et le prof en pause café. Tous les cours de la journée sont terminés.

Alors pourquoi entends-je ce bruit ?

Quelque chose d'incessant, comme un tapement de doigts. Oui, je l'entends très nettement : "Tap Tap Tap Tap" encore et encore, par série de quatre. Et résonne à l'infini.

Le stress me monte à la gorge. Mais je reste impassible, et m'adresse à un interlocuteur inconnu -enfin ... connu- : "Montres-toi, espèce de lâche!"

Pas de réponse, juste l'arrêt des tapements. Et le silence devient alors de plus en plus oppressant.

"Je sais que tu es là, Jim!"

Un ricanement, reconnaissable entre mille, se fait discerner.

"Oh! Vraiment ?"

Bruit de pas.

Mais pas ceux de Jim.

Soudain, John sort de nulle part, et se plante à une dizaine de mètres de moi. Et c'est à ce moment que je sens quelque chose de bizarre se produire en moi. Une vague de chaleur m'envahit et je ne peux y résister.

Je tends la main vers lui, comme pour l'atteindre, mais je sais que je ne peux pas. Je veux me précipiter sur lui, le serrer dans mes bras, lui dire que tout est de ma faute, mais c'est trop tard. La vie de John est entre les mains d'un psychopathe des plus instables. Et c'est ma faute.

"Sherlock!" crie vainement mon ami, les yeux rouges. Il a sûrement dû pleurer. Cependant, ce qui me choque davantage, c'est son cocard violet à l'œil droit, ainsi que les nombreuses coupures sanglantes, un peu partout sur son visage enfantin.

"Que lui as-tu lui fait, Jim ?" m'affolais-je, dans tous mes états. Le malade est encore caché je-ne-sais-où. Je parle à un fantôme, un homme invisible.

"Oh! Ca ?! Juste quelques égratignures ... Rien de très méchant ... C'est pas bien grave! On aurait pû lui faire bien pire, tu sais ..."

J'essaye de percevoir la source de la voix, me narguant. Sans succès.

"On voulait juste en savoir un peu plus sur Monsieur Le Super-génie ... Malheureusement, il n'a rien voulu nous dire sur toi ... Ce qu'il peut être loyal!"

Je reste de marbre, alors que j'entrevois un rideau bouger. Puis, quelqu'un en sort. D'un pas nonchalant, une silhouette se traîne pour me faire face, à l'autre bout de la piscine.

Jim Moriarty se tient là, et John, quant à lui, se retrouve au milieu de cette querelle mentale entre deux génies.

Je me reconcentre sur mon ami, me suppliant du regard. Il est menotté. J'hausse les sourcils de stupéfaction, et aussitôt, fais un pas discret de plus vers le blond. Mais le brun me stoppe d'un geste de la main. Remarquant mon changement d'attitude vis-à-vis de John, il se met à glousser : "Tu aimes les menottes ? C'est ma petite touche perso!"

Son sourire s'étend jusqu'aux oreilles, il adore ce petit jeu. Mais ni moi, ni John, ne veux y jouer.

Je commence à marcher vers John, lentement. Je ne suis plus qu'à 4 mètres, lorsque je vois se poser sur le front de John, un petit point rouge. Surpris, je tourne ma tête vers le tireur : Sebastian Moran se trouve là, à l'étage du-dessus, un magnifique joujou à l'épaule, prêt à tirer.

Jim reprend de plus belle, satisfait : "Alors ... Voici la situation, mon chou! Si ton petit ami aurait le malheur de faire, ne serais-ce qu'un seul pas vers toi ; alors mon cher Sebby, ici présent, se fera un plaisir de descendre Monsieur Watson. EN REVANCHE, si toi, tu t'approches de lui, c'est moi en personne, qui me ferait une grande joie de t'exploser le crâne avec ceci!" déclare-t-il, tout en brandissant un petit revolver .9mm.

"Capiche ?"

Je reste figé sur place, horrifié.

"Bon ... Pour te prouver que je ne plaisante absolument pas, voici un avant-goût." déclare Jim, amusé. Il sort une pièce de monnaie de sa veste, et la lance en l'air, très très haut au-dessus de sa tête.

Un seul coup de feu retentit dans la pièce. Jim se débrouille afin de récupérer la pièce, et la brandit devant nous : elle possède à présent un trou pile au milieu.

"Alors, il vise bien, non ?!" fit le petit brun, nous lançant un regard de défi.

Il lève la tête, et applaudit son compagnon, admiratif. "Bravo, mon Sebichou!"

"Ca suffit, bordel!" m'écriais-je, soudain.

Jim tourne lentement la tête vers moi : "Pardon ?"

Je tente de reprendre mon sang-froid. "Hm ... Je veux dire ... Ce n'est pas équitable, nous n'avons pas d'armes. C'est pas juste."

Jim éclate de rire : "Mais Sherlock! La vie est injuste!"

Brusquement, il parût s'énerver, sans raison, et s'exclame d'une voix autoritaire et furieuse : "C'est comme ça que ça marche!"

Il y eu un blanc de courte durée, avant que -agacé par ces petits jeux puériles- je ne m'écrie : "Mais, pourquoi tu fais ça, Jim ? Je veux dire ... Qu'est-ce qu'on t'a fait ? Pourquoi vouloir nous tuer, à la fin ?!"

Jim pouffe de rire, à nouveau. Mais cette fois, son ricanement semble plus sinistre que jamais. "Vous tuez ?!" s'exclame-t-il, stupéfait. "Nooooooonnn ... Je veux juste ... m'amuser! Enfin, surtout m'entraîner pour le moment ..."

Autre moment de blanc.

"De toute façon, je vous tuerais, un jour ou l'autre!" reprit le petit brun, en haussant les épaules.

Mon cerveau se mit aussitôt en mode "surchauffe". Il sonna mille alarmes dans mon palais mental : "Attends! Qu'est-ce-que tu veux dire par ... "t'entraîner" ?"

"- Oh! Tu n'es pas au courant ? L'autre soir m'est venu une illumination!" Il fit un geste théâtral, typiquement moriartien. "Inventer ma propre profession!"

"- C'est-à-dire ?" demande John, soudain incrusté dans la conversation.

"- C'que tu peux être lent! Pfff ... Les métiers déjà définis sont pour les gens stupides. Moi, j'innove! Je vois déjà ça sur de belles cartes de visites : JAMES MORIARTY. Criminel Consultant."

Je ne comprends pas le principe sur le moment. Dubitatif, un point d'interrogation se dessine sur mon visage. J'hausse les sourcils en attendant la suite.

"- Criminel consultant ?" répète John, ignorant.

"- Mais c'est pas possible, vous êtes vraiment lents à la détente, vous deux! C'est pathétique! Sherly ... Toi qui, pourtant, es censé être un génie ... Réfléchis! Lorsque les gens auront besoin de ... régler un problème, dirons-nous ... Eh bien! Ils n'auront qu'à faire appel à moi!"

Un toussotement, venant d'en haut, se fit entendre.

"Oh! Je veux dire "à nous", Sebby!" se reprit Jim, souriant à son partenaire.

Le petit brun se retourne vers nous, l'air badin : "- C'est mon nouveau joujou! Il est chouette, hein ?!" "- Oui, surtout quand on sait que tu as cassé l'ancien ..." réplique John, fier d'avoir appuyé là où ça fait mal.

GROS BLANC.

Jim, choqué et furieux, lutte pour rester calme. Il laisse juste ceci s'échapper de ses lèvres : "Qu'est-ce ... Qu'est-ce-que tu viens de dire ?" 0_0

"Tu m'as très bien entendu ..." répondit John, effronté.

Il ne sait pas à quoi il s'attend ... Il ne se rend pas compte du danger!

"John, non!" voulus-je crier. Mais c'était trop tard.

Le visage de Jim est inexpressif. D'une voix d'outre-tombe, comme étrangère à sa voix habituelle, à son corps frêle, il déclare d'un air solennel : "Seb, tu sais ce qu'il te reste à faire."

Il fut sur le point de claquer des doigts pour confirmer l'ordre, lorsque je l'interrompis. Paniqué, je gueule de toutes mes forces : "Non! Attends!"

Jim leva un sourcil, faussement surpris.

"J'ai quelque chose à dire, Jim ... Ecoutes-moi ..."

Il me toise d'un air dédaigneux.

"S'il te plaît ..."

A ces mots, il sembla désormais attentif. Il n'y a que les supplications qui attirent l'attention des ? Cela les amuse ...

J'inspire un grand coup, avant de me lancer dans une longue tirade :

"- Jim. Voilà, je sais que tu as souffert."

"- Non, tu ne sais pas ce que -"

"- Laisse-moi finir, je t'en prie ..." l'implorais-je, afin de flatter son ego. Jim soupire, et fit un geste rotatif de la main, signe de continuer. Je repris donc, avec mon expression la plus convaincante :

"Je sais que ce que tu as enduré, c'a dû être très dur à surmonter. Je n'imagine même pas ... Jim, je ne connais pas ta vie, ni ton passé. Je ne sais quasiment rien de toi. Mais s'il y a bien une chose que je sais, c'est que tu es capable d'aimer."

Je jette un regard à Sebastian, qui lui, parut aussitôt perturbé. Jim, lui, haussa les sourcils, moqueur. "Oh, vraiment ? Tu crois ça ?" fit-il, blasé.

"Enfin ... Du moins "apprécier" ... même "tolérer" quelqu'un. Ce n'est pas un mystère pour moi : il est évident que la perte de Mellody t'a affecté. La douleur n'est malheureusement pas quelque chose que l'on peut ignorer. Même si tu ne le parais pas, tu es humain. Tout comme moi. Et ça, je l'ai compris il n'y a pas si longtemps que ça … Vois-tu, j'étais comme toi, Jim. A croire que nous ne sommes que rouages, mécanismes et vide de l'intérieur. Mais c'est faux ... Je - Je tenais beaucoup à elle, tu sais. C'était ma seule amie ... Enfin, jusqu'à aujourd'hui."

Je lance un regard furtif vers John.

"Je dirais même qu'elle est devenue un ange, de m'avoir fait un tel cadeau ..."

Jim semble stupéfait : "Un cadeau ?!"

"Un nouvel ami" répondit-je. Je sens le regard de John se poser sur moi, lourd d'émotion. "Un ami pour réparer le cœur de la machine, pour réparer l'esprit et l'espoir brisé. Un ami à qui parler, quelqu'un qui saura m'apprécier pour l'ordure que je suis que je suis au quotidien. Qui me supporte jour et nuit ; qui est présent, et toujours à mes côtés.

Et TOI, Jim, tu vois parfaitement ce que je veux dire ... car d'après ton froncement de sourcils, tes pupilles dilatées et les joues pourpres, tu ressens exactement la même chose pour quelqu'un."

Je perçois Sebastian en difficulté, il ne parvient pas à retenir ses larmes.

"Le langage corporel nous trahit toujours, Jim."

Le petit brun s'irrite aussitôt : "C'est faux! Faux! Faux! ARCHI-FAUX!" Il paraît sur le point de pleurer de colère : "Sebby, n'écoutes pas ce qu'il dit!"

Il se tourne vers moi, plus furieux que jamais. Il bouilli de rage : "Holmes! Où tu veux en venir, bon sang ?!"

"En gros, ce que je veux dire, c'est que : tu sais ce que c'est. La perte d'un être cher, puis une nouvelle rencontre qui, certes, ne remplacera jamais l'ancienne -on est d'accord- mais à qui tu t'attacheras beaucoup ..."

"Oui. Et alors ?!" réplique Jim, à la vitesse lumière.

"Et bien, c'est à ce moment que tu en viens à regretter que la personne aimée n'ai jamais existée, pour que ta peine, ta douleur s'envole. Mais la rage, la colère et le désespoir transforment cette peine en désir de vengeance. Ne laisses pas ce désir prendre le dessus sur ton chagrin. Et c'est donc compréhensible que tu veuilles de te venger de moi. Mais ici, c'est moi -et moi seul- qui est visé. John n'a rien à faire dans ces histoires entre nous deux ..."

Aucune réaction. Alors, je renchéris : "Sebastian est là maintenant, et je suis sûr qu'il t'aidera à positiver ..."

Sebastian hoche la tête, l'air solennel.

"Moi aussi, j'ai trouvé mon "Sebastian" ... Alors, je t'en conjure, ne me l'enlève pas. Ma seule amie m'a déjà été prise, alors ne me prive pas de John. Il est tout ce que j'ai à présent. Il est tout ce qu'il me reste."

Jim sortit les mains de ses poches, et applaudit, l'air nonchalant. Il fit mine d'essuyer une larme : "Sniff sniff. Oh! Comme c'est beau! Quelle magnifique déclaration, Sherly ..." Il reprit un air sérieux : "Et tu espères vraiment t'en tirer avec ça ?! Quel culot! Ca serait trop facile ..."

Non. NON.

Ne panique pas, Sherlock! NE. PANIQUE. PAS.

"Je t'en conjure, Jim! Toi-même, tu as dit que tu ne nous tuerait pas maintenant!"

Le brun costumé hausse les épaules, en faisant une moue dubitative. "J'ai changé d'avis."

Sur ce, il claque des doigts et, dans une détonation sèche et fracassante, John vacilla.


Note de l'auteur : Je sais. C'est dur, d'attendre la suite, lecteur.

Mais que puis-je dire pour ma défense ? J'aime les cliffhanger et pour être honnête, je suis une petite Moffat en puissance xD

*soryrynotsosorry*

Eh bien, n'hésites pas. Commentes, review, je t'attends ;)