Note d'auteur : En italique, vous trouverez les propos du roi-gardien et de la reine- gardienne de la forêt !
A l'opposé, dans les cachots, Severus réfléchissait. Il se posait énormément de questions par rapport à Draco et, surtout, il voulait lui parler de qui il était vraiment. Mais le devait-il? Pouvait-il ainsi perturber sa vie? Une partie de lui se refusait à le faire mais il le devait. Draco était son filleul, il ne pouvait pas l'abandonner de la sorte.
Dès qu'il avait vu la jeune Serdaigle revenir au château, il avait gagné la forêt à son tour. Les choses ne seraient sans doute pas facile mais il devait commencer à apprivoiser l'adolescent. Son coeur se serra à cette idée. Depuis quand devait-il apprivoiser un être humain? Il n'en croyait pas ses yeux mais il se devait de familiariser Draco à sa présence.
Plongé dans ses pensées, il marcha dans la forêt sans se rendre compte que les buissons semblaient lui ouvrir la route jusqu'au repaire de son filleul.
- Mais qu'est-ce que c'est… J'étais pourtant certain que…
Il entendit un grognement. S'était-il trompé de chemin? Il regarda à droite et à gauche avant d'apercevoir l'adolescent, niché dans un arbre qui l'épiait en hauteur. Draco sauta juste devant lui et se redressa, se faisant le plus menaçant possible. Il allait hurler quand il reconnu le deux pattes. Il avait soigné l'alpha. Que faisait-il ici?
- Draco… Tu ne crains rien, je m'appelle Severus.
L'homme fit un pas. Draco gronda. Il était bien plus coopératif quand Luna était là. Il soupira et s'appuya contre un arbre. Les grognements redoublèrent. Que se passait-il? Il allait exiger une explication quand la lumière fut dans son esprit. Un veela des forêts. Il le pensait être une menace pour les arbres.
- C'est un très bel arbre, dit-il en caressant l'écorce de manière bien visible. Le grondement s'estompa peu à peu et il s'assit à même le sol.
Peut-être que l'adolescent le jugerait moins dangereux ainsi à sa portée? Il avait raison. Draco cessa de grogner et repris une position neutre sans toutefois le quitter du regard. Au moindre geste brusque, Severus savait qu'il risquait sa peau. Il avait sa baguette, bien sur, mais il ne fallait pas effrayer son filleul et donner ainsi un mauvais départ à leur relation.
- Je sais que ça doit être difficile à admettre, Draco, mais je te connais depuis que tu es tout petit…
Sa voix était calme, douce, comme s'il cherchait à l'apaiser. Mais l'adolescent ne reconnaissait pas sa voix. Il ne l'avait plus entendue depuis plus de dix ans et c'était tout à fait normal qu'elle ne lui soit plus familière.
- Tu n'étais qu'un bébé quand je t'ai connu. Tu es mon filleul. Ça veut dire que nous faisons partie de la même famille, est-ce que tu comprends?
Le garçon-loup le regardait droit dans les yeux. Il n'y avait aucun signe qui démontrait qu'il comprenait le langage humain. Severus espérait que si. Après tout, si Luna et Draco arrivaient à se comprendre, Severus pouvait bien faire de même. Il continua sur sa lancée.
- Je ne te veux aucun mal, Draco, tu comprends? Je suis un ami de Luna. Tu connais Luna n'est-ce pas? Elle et moi sommes amis.
Il grimaça. Bon, c'était peut-être exagéré mais il n'avait pas le choix. Et puis, il tolérait la Serdaigle autant qu'elle le tolérait. Elle ne lui avait jamais posé de problèmes, même en classe. Alors il pouvait dire qu'ils s'entendaient plus ou moins bien. Draco n'avait pas à se soucier des détails.
- Je me souviens, tu étais à peine né quand tu avais eu une fièvre terrible qui a failli te tuer. Narcissa t'avait confié à moi et je t'avais veillé nuit et jour pour te donner de la potion. Tu avais beaucoup pleuré mais quand les potions avaient enfin marché, tu m'avais fait un grand sourire. Je m'en souviens comme si c'était hier.
Severus se remémorait ainsi les bons souvenirs alors que Draco se détendait progressivement. Il s'était doucement rapproché de l'homme en noir et l'écoutait. La voix semblait presque amicale. Il était à moins d'un bras de Draco quand il passa une main sur son épaule dans un geste qu'il espérait aimant. Mais le garçon semblait avoir repris ses esprits et s'éloigna, grondant de plus belle sur ses quatre membres.
- Draco, non, laisse-moi t'expliquer ! Je ne te veux aucun mal !
La magie autour de son filleul sembla s'intensifier. Avait-il perçu cela comme une menace? Il n'en savait rien mais il fallait qu'il recule. Sans le quitter des yeux, il fit un pas en arrière après l'autre et quitta le coeur de la forêt.
- Coeur de Lune !
Le garçon se retourna. Que lui voulait le gardien de la forêt? Il se tourna vers lui, se laissant peu à peu calmer par une brise à l'odeur bienfaitrice.
- Cet homme n'est pas ton ennemi. C'est un sorcier, comme toi.
Draco jappa alors que le roi-gardien protecteur du coeur de la forêt se manifesta en personne. L'essence magique qui entourant le roi-gardien était grande mais pas menaçante. Le garçon ne s'en prendrait jamais à lui de toute manière. C'était, tout comme l'alpha, un de ses protecteurs.
- Tu n'es pas le fils de l'alpha, tu as des parents humains. Mais tu as notre sang et tu as été placé dans la meute dès ton plus jeune âge pour ta protection. Tu es un sorcier-veela, Draco. Tu es quelqu'un d'unique.
Draco grogna. Que voulait-il donc dire? Lui? Un deux-pattes? Il avait bien remarqué qu'Odeur Étrange était comme lui mais il avait d'abord pensé qu'elle vivait parmi les loups et se déplaçait davantage sur deux pattes que sur quatre comme c'était son cas. Le roi-gardien avait dit… qu'il était humain? Non, ce n'était pas vrai. Il était le fils de l'alpha. Gémissant, il s'apprêtait à partir quand il vit le couple de loups et alla se blottir contre eux comme il le faisait étant louveteaux. L'alpha jappa et confirma à Coeur de Lune l'étrange vérité. Il était un humain, certes, mais un loup de coeur.
- Tout ira bien, sorcier Severus Snape.
L'homme en noir se retourna.
- Par Merlin… souffla-t-il.
- Je suis la reine-gardienne, protectrice du coeur de la forêt. Mon mari et moi avons veillé sur Draco. Tout ira bien.
- Je suis…
- Je sais qui vous êtes. Severus Snape, parrain de notre protégé et ami de Narcissa Black, celle qui a choisi de nous quitter pour nous protéger de l'extinction. Mon époux parle en ce moment à Draco. Il saura lui faire entendre raison.
Severus soupira. Voilà qui était mieux.
- Je vous remercie de la protection que vous avez apporté à mon filleul au nom de Narcissa et du mien. Je jure à mon tour de vous protéger et de vous aider dans le besoin, sur ma parole de sorcier !
- C'est une énorme promesse, Severus Snape, mais je sais que vous vous en montrerez digne.
L'homme acquiesça. Détruire les veela des forêts viendrait à tuer la forêt et tout son écosystème sans qui personne ne survivrait. Il ne le permettrait pas.
- Va, Severus, et n'oublie pas ta promesse.
L'homme ne fit qu'un pas. Une douleur foudroyante lui traversa l'avant-bras telle une décharge électrique. Voldemort l'appelait.
L'homme n'avait pas eu le choix. Il avait prévenu la reine-gardienne. Voldemort l'appelait. Il devait répondre ou il serait tué.
- Prévenez Albus, je vous en supplie ! Voldemort est préparé pour la guerre ! Il envoie ses troupes.
- Je le ferai.
Et le sorcier transplana. Il devait faire vite mais en même temps gagner assez de temps pour qu'Albus puisse organiser les défenses du château. Voldemort saurait qu'il était le traitre, qu'il l'avait toujours trahi, il l'éliminerait, il le savait. Mais il était préparé à mourir. Il savait que tôt ou tard, sa vie lui serait ôtée par Voldemort. Il souffla et s'agenouilla devant le Lord.
- Severus, mon ami. Tu es en retard ! Doloris !
Comme d'habitude. Un doloris. Une sorte d'accueil.
- J'étais auprès du vieux fou, mon seigneur, je ne pouvais pas partir sans rien dire, cela aurait éveillé des soupçons.
Le mage noir ne dit rien. Severus retint sa respiration. Rien ne vint. Il s'autorisa à expirer.
- Nous allons attaquer Poudlard. Maintenant.
- Maintenant? Les protections sont optimales, Maitre, Dumbledore se méfie…
- C'est que tu n'as pas assez bien fait ton travail, espion ! Doloris !
Le grand sorcier ricana alors que Severus tombait au sol sous la douleur. Mais il serrait les dents malgré tout. Non, il ne crierait pas. Le sort s'arrêta et il put respirer alors que son corps criait tellement ses os souffraient.
- Mes fidèles mangemorts, nous y allons, dit Voldemort en transplanant. Lucius? Charge-toi de notre ami.
Severus serra les dents. Il était démasqué. Lucius s'avançait vers lui, baguette à la main alors qu'à plusieurs kilomètres de là, la guerre allait commencer.
Note d'auteur : Et voilà ! Niark ! Il reste en tout un chapitre et un épilogue. Après cette histoire, je reprendrai Lost Hearts puis j'entamerai un break dans l'écriture avant d'entamer et de prendre de l'avance dans mes nouvelles idées ! Je vous dis à très bientôt !
Note d'auteur 2 : Petite annonce ! J'ai sorti un Two-shot intitulé "La vie est belle" que je vous invite à aller lire et à commenter, évidemment ! Lost Hearts reprend également du service ! Je posterai le chapitre 7 dans la foulée de celui-ci !
Note d'auteur 3 : Pour ceux et celles à qui j'avais annoncé un break après Lost Hearts, vu comment les idées se bousculent dans ma tête et sont pressées d'être écrites, si break il y a, il sera de courte durée alors je vous dis à bientôt pour de nouvelles fanfictions dès que Coeur Sauvage et Lost Hearts seront terminées !
