Merci Rosa-fic pour la review (~'o')~

Voilà le nouveau chapitre ! Celui-là est plus long que les derniers chapitres :) Il reprend pas mal les événements du manga mais je trouvais ce passage intéressant à utiliser pour l'histoire! J'espère que ce sera pareil pour vous!

Hop hop hop ~('o'~) ~('o')~ (~'o')~ ~('o')~ ~('o'~)


Chapitre 5

Les champs d'Atropathène

Le départ fut vite organisé, Arihas accompagna le prince et le suivit de près au milieu de la foule. Le prince semblait bien frêle dans son armure. Arihas aussi avait revêtu son armure cela faisait bien longtemps qu'il n'en avait pas portée. Il en éprouva une certaine nostalgie. De temps à autre il pouvait sentir des regards insistants se posaient sur eux mais il lui suffisait de regarder l'auteur pour qu'il cesse immédiatement et détourne le regard. La présence du prince posait beaucoup de questions : elle suscitait l'admiration chez certains et les moqueries chez d'autres. Cependant le prince semblait n'entendre ni l'un ni l'autre trop concentré sur la bataille qu'il devrait livrer pour la première fois. Un des marzbâhn qui les accompagnait le remarqua et alla voir le prince :

« Vous semblez inquiet, votre Altesse.
-Ah ! Kahllahn !
-Vous savez c'est tout à fait normal, vous allez faire vos premières armes lors de la bataille qui arrive.
-Oui, murmura le prince.
-Ne vous inquiétez pas ! L'armée parse est invincible, le roi mène en personne les troupes avec l'êrhan Vahriz, et puis personne ne peut tenir tête à quatre-vingt-cinq mille cavaliers et plus de cent trente-huit mille fantassins ! De plus nous sommes avantagés par le terrain car nous sommes en terrain connu. Et puis leurs hommes doivent être épuisés par la longue marche qu'ils ont réalisée, expliqua-t-il.
-Certes mais je me demandais : n'est-ce pas étrange que les lusitaniens se soient emparés si vite de Maryam, au point qu'il n'ait pas eu le temps de demander notre aide ? »

Kahllahn ne répondit rien. De son côté Arihas trouva que la question était loin d'être dénuée de sens. Le prince releva la tête en entendant un sifflement perçant :

« Azraël ! L'aigle se posa sur l'épaule du prince. Alors comment c'est passé ton vol ? Hum… C'est étrange tes plumes sont mouillées… Pourtant tu viens du front, réfléchit le prince. Kahllahn le temps se gâte en direction d'Atropathène.
-Vraiment ?
-C'est étrange car le ciel semble dégagé pourtant, intervint Arihas.
-Que votre Altesse se rassure je vais partir en reconnaissance. »

Après le départ de Kahllahn le prince renvoya Azraël vers son maître qui devait être retourné à la frontière dans la citadelle de Peshawar. Les soldats ne purent s'empêcher de commenter les craintes du prince.

«Tu crois qu'il va pleuvoir ? Le ciel est pourtant clair, le prince s'inquiète pour rien.
- C'est normal qu'il soit inquiet c'est sa première bataille et puis c'est un oméga…
-De toute façon il n'a pas hérité du courage de son père ! »
Le prince ne sembla pas les entendre, Arihas se retint de se retourner pour leur dire ce qu'il en pensait de leurs petits commentaires.

Les soldats changèrent d'avis lorsqu'ils virent que la plaine était recouverte d'un épais brouillard. Arslan n'était pas rassuré même si Arihas était à ses côtés. Cette météo peu favorable l'inquiétait ce n'était pas normal en cette saison. Ils finirent par croiser Vahriz au milieu cette purée de pois, le prince lui fit part de ses doutes mais Vahriz lui rétorqua avec fierté :

« Nul brouillard ne peut empêcher la cavalerie parse de s'élancer ! Que son Altesse se rassure l'armée parse n'a jamais failli depuis le couronnement de votre père.
-L'armée parse ne craint rien et ne perds jamais ? Demanda froidement Arihas. »

Arslan ne comprit pas les regards que Vahriz et Arihas s'échangèrent, ni pourquoi Arihas semblait si en colère. Vahriz éluda la question :

« Que diriez-vous d'un entraînement pour vous changer les idées ?
-C'est gentil mais-
-Erhan Vahriz ! On demande votre présence dans la tente royale ! S'exclama un garde.
-Que se passe-t-il ?
-Sa Majesté est entré dans une colère noire contre messire Daryûn !
- Mon neveu ? S'il remet en cause l'autorité du roi, ça risque d'impacter le moral des soldats… J'arrive tout de suite ! »

Le prince se demanda qu'est-ce que Daryûn avait bien pu faire. Il n'était pas du genre à contredire quelqu'un sans la moindre raison ou bien manquer de respect au roi. Arihas semblait penser la même chose. Ils suivirent donc Vahriz jusqu'à la tente royale, même de l'extérieure ils pouvaient entendre le roi réprimander durement Daryûn.

« Tu m'as gravement déçu, Daryûn ! »

En entrant dans la tente ils virent au centre Daryûn agenouillé devant le roi qui contenait mal sa colère. Les marzbâhns présents faisaient pâle figure et n'en menaient pas large. Arihas ne se sentait pas bien, le roi dominait totalement la pièce et s'imposait en maître, l'atmosphère était lourde. Tous ses sens étaient aux aguets prêts à montrer des signes de soumission au moindre regard du roi, il détestait ça. Si on pouvait bien reconnaître quelque chose au roi c'était sa capacité à dominer et à diriger. Même les alphas se soumettaient au roi et n'osaient le défier. Il jeta un coup d'œil rapide au prince qui tremblait légèrement mais qui cachait bien le même mal qui le rongeait. Ils restèrent tous les deux près de l'entrée prêts à sortir au moindre instant de panique.

« Quel maudit esprit de couard te possède ? Reprit le roi. Entendre les mots « battre en retraite » sortir de la bouche d'un de mes plus vaillants guerriers et ce, avant même que le combat commence ! Je ne puis le tolérer !
- Votre Majesté ! Ce n'est pas la couardise et encore moins la peur qui motive mes paroles ! Se défendit Daryûn.
-Qu'est-ce donc alors, un soldat qui refuse le combat? Cracha le roi.
-Votre Majesté ! Je vous en prie écoutez-moi ! »

Daryûn s'expliqua alors : c'était étrange que les lusitaniens les aient amenés sur un terrain aussi avantageux pour eux. Et puis la météo n'était pas un avantage. Le roi refusa d'entendre les arguments de Daryûn. Comment ses bêtes de lusitaniens pourraient créer un piège comme celui-ci ? De toute manière ils ne connaissaient pas le terrain. Arslan pensa que les paroles de Daryûn étaient loin d'être dénuées de sens. Il avait dû y réfléchir avant d'en parler au roi c'était certain. Il ne serait pas allé contrarier le roi par pur amusement ou même par peur de la bataille. Arihas réfléchit lorsque Daryûn sous-entendu qu'ils pouvaient avoir été trahi. La possibilité qu'un esclave l'ait fait était parfaitement logique, l'hégémonie de Parse en agaçait plus d'un. Ses paroles lui rappelèrent étonnamment quelqu'un qu'il avait connu quelques années plus tôt. Elles semblèrent aussi faire mouche auprès du roi qui cette fois entra dans une colère noire.

« Je comprends désormais d'où viennent ces paroles perfides, ce scélérat de Narsus a donc manigancé une mutinerie contre moi ! Face à son insolence, j'ai dû me résoudre à le bannir du palais ! Et quiconque sous mes ordres a interdiction de le rencontrer ! Hurla le roi.
-Je le sais parfaitement votre Majesté, Narsus est certes mon ami, mais je ne l'ai pas revu depuis de nombreuses années, le roi le coupa.
-Et tu oses tout de même soutenir que cet original et toujours ton ami ? »

Le roi dégaina son épée en direction de Daryûn qui baissa la tête. D'un coup puissant le roi trancha la médaille de marzbâhn de Daryûn. Arslan retint un sursaut il ne comprit pas la fureur de son père, Arihas restait impassible à côté de lui.

« Daryûn tu es déchu de ton rang de marzbâhn… Estime-toi heureux que je ne te retire pas tes autres titres ou que je ne te bannisse pas ! Disparais ! Que plus jamais tu n'oses te dresser devant moi ! Dit-il en pointant le doigt vers la sortie, c'est seulement là qu'il remarqua Arslan. Je ne t'ai pas fait demander Arslan ! Que fais-tu ici ? Retourne donc à ta position et tâche de ne pas me faire honte ! »

Le prince se recroquevilla à côté d'Arihas. Il pâlit a vu d'œil sous la pression que lui imposa son père. C'est à ce moment qu'intervint Vahriz, Arslan s'attendait à ce qu'il plaide la cause de son neveu auprès du roi mais à la grande surprise de tous il le gifla :

« Impertinent ! Comment oses-tu faire perdre un temps précieux à sa Majesté en tergiversant ainsi ? Le réprima-t-il.
-Mais mon oncle ! Je »

Il ne put finir sa phrase qu'il reçut une deuxième gifle. Arslan resta interloqué et figé sur place. Arihas se retint de sourire en comprenant l'idée de Vahriz, cet homme n'était pas êrhan pour rien. Daryûn finit par s'excuser humblement et Vahriz fit de même se tenant pour responsable de l'impudence de son neveu, le roi céda :

« Je ne reviendrais pas sur ma décision, mais je t'offre une chance de rédemption : combat à mes côtés et prouve ta valeur pour racheter tes paroles.
-Votre Majesté, je ne sais que dire face à une telle indulgence. »

Le roi grogna en remarquant que le prince se trouvait toujours là :

« Tu es encore là toi ?
-J'étais sur le point de partir, souffla le prince.
- … Attends un instant, dit le roi, sache que tes fiançailles seront célébrées à notre retour à la capitale. Ta main étant promise tâche de ne pas faire honte à ton futur mari en ne te montrant pas à la hauteur sur le champ de bataille. »

Le roi insista particulièrement sur le terme de « mari ». Personne ne sembla étonné de cette annonce hormis le concerné. Arihas cacha sa surprise et guida le prince vers l'extérieur de la tente une fois que le roi les congédia. Le prince eut un instant d'absence, avant de se reprendre. Daryûn qui les suivit changea le sujet de la conversation :

« Je suis vraiment navré de vous avoir infligé un tel spectacle votre Altesse, j'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur.
-Ce n'est rien Daryûn, sourit-il, après tout tu n'aurais pas parlé sans y avoir réfléchi et sans fondements, pas vrai ?
-En effet, Messire Kahllahn a un avis semblable au mien, s'en vouloir lui rejeter la faute, c'est même lui qui m'a suggéré d'en faire à sa Majesté, expliqua-t-il.
-Je vois… Kahllahn a donc tenu compte de mes craintes, sourit-il avant de s'éloigner. »

Arihas le suivit sans accorder un regard à Vahriz ni à Daryûn. Cette annonce tombait mal, le prince devait être ébranlé par une telle nouvelle. Le roi avait bien choisi son moment pour faire cette annonce. C'est à croire qu'il cherchait par tous les moyens à déstabiliser son fils avant la bataille. Déjà le simple fait que le prince soit là était une preuve. Si Arihas n'avait pas côtoyé le roi il aurait pu croire que c'était un roi « moderne ». Un roi qui souhaite que les omégas puissent participer aux batailles en tant que soldat au même titre que des bêtas ou alphas, mais le prince était trop jeune pour que cela soit ça. Il n'était pas encore assez stable pour suivre des entraînements normaux et rattraper son retard par rapport aux autres. Bien que ses derniers temps le prince ait pris du muscles. Si on comparait à l'année précédente où malgré ses efforts son corps ne semblait subir aucun changement, cette fois les entraînements portaient leurs fruits.

Quelque chose d'autre le perturbait les autres personnes présentes dans la tente ne semblaient pas surprises par la nouvelle. Le roi leurs en avait certainement déjà parlés avant. La décision était un peu précipitée le prince n'avait encore que quatorze ans. Le roi voulait certainement choisir un successeur qu'il pourrait préparer à gouverner et qui ne risquait pas de ternir la réputation de Parse, mais ça c'est ce que tout le monde devait penser. Quelque chose préoccupait Arihas : s'il s'y prenait aussi tôt c'était certainement qu'il devait vouloir être sûr d'avoir des héritiers qu'il pourrait éduquer à sa suite. Il n'avait pas l'intention de laisser Arslan ni même son époux régner. Il voulait juste un petit-fils le plus tôt possible pour l'élever comme prince héritier et le mettre sur le trône à sa suite. La reine ne lui donnerait certainement plus d'enfant alors il se reportait sur Arslan. Arihas espérait se tromper car cette perspective n'était pas réjouissante.

« Je suis étonné du peu de considération de sa Majesté pour le prince Arslan. Il est bien trop dur avec lui, déclara Daryûn.
-Tiens ta langue Daryûn ! Si ces paroles arrivent jusqu'au roi, tu perdras ta tête à coup sûr, le réprima Vahriz, décidément Narsus et toi êtes de la même trempe une fois que vous prenez confiance en vos paroles, vous perdez tout sens des responsabilités.
-Mon oncle saviez-vous que le prince n'était pas au courant qu'il était fiancé ? Il semblait surpris d'apprendre cette nouvelle.
-Le roi en a décidé lorsqu'il a appris que le prince était devenu plus stable, il l'a d'ailleurs testé lors de la cérémonie du nouvel an…
-Comment ça plus stable ?
-Cela veut dire qu'il se rapproche de ses chaleurs… De ce fait il lui est possible de se marier, expliqua-t-il.
-Mais n'est-ce pas un peu tôt ? Le prince est encore bien jeune pour cela, non ? S'inquiéta-t-il.
-Le roi en a décidé ainsi et sa décision est irrévocable. Tu ferais mieux de garder ces commentaires pour toi, Daryûn.
-… Il hésita. Mon oncle… J'aurais une dernière question… Savez-vous à qui le prince a été fiancé ?
-Je le sais en effet… Il marqua un temps de pose. À moins que ton comportement de tout à l'heure ne l'ai fait changer d'avis… Daryûn, mon cher neveu, puis-je te demander de jurer fidélité à son Altesse Arslan ?
-Que dîtes-vous ? Rougit-il. Bien sûr que je le ferais ! Je suis aux ordres de la famille royale de Parse depuis ma naissance…
-Je t'en prie, je parle ici particulièrement du prince Arslan, insista-t-il.
-Bien sûr ! Si tel est votre souhait… Je le jure sur mon épée !
-Je souhaite que tu restes aux côtés de son Altesse quoi qu'il arrive ! Tu es un guerrier d'exception Daryûn ! L'un des cinq meilleurs de ce royaume ne l'oublie pas. »

Daryûn n'était pas sûr de ce qui c'était passé : son oncle avait-t-il réellement sous-entendu que c'était lui qui avait été choisi pour épouser le prince? Le roi n'avait donné aucun nom lorsqu'il leurs avait annoncé la nouvelle. Maintenant qu'il y repensait il était allé parler au roi directement après son annonce. Cependant le regard que lui avait lancé son oncle laissait peu de place aux doutes. Soudain le signal de l'offensive retentit et coupa court à ses pensées.

Arihas accompagnait le prince Arslan et ses hommes. Ils se tenaient en première ligne, le prince avait insisté pour qu'ils se placent ainsi. Arihas n'avait pas cherché à l'en dissuader, il comprenait le désir du prince d'être reconnu par son père alors il ferait de son mieux pour aider le prince. Dès que les mouvements ennemis furent repérés la voix puissante du roi s'éleva tel un rugissement :

« Au nom de la dynastie Parse ! Par sa sainteté le roi Jamsîd ! Par le grand roi Qai Hoslô ! Et par les âmes de tous les souverains de Parse ! Guidez notre armée vers la victoire ! Qui fut aussitôt repris avec effervescence par les soldats. Yashasîn ! »

Dans des éclats de voix et de métal, les cavaliers s'élancèrent fendant l'épais brouillard. Arslan se laissa emporter par la fougue ambiante avançant au galop, il sentait monter en lui l'euphorie du combat. Il en oubliait presque les risques qu'il courait à participer à cette première bataille, Arihas le suivait de près. Il jeta un coup d'œil rapide derrière lui et là il la vit : la puissante armée parse en marche. C'était rassurant de savoir que cette force se trouvait de leur côté et non contre eux. Il n'aimerait pas voir cette vague déferler sur eux. Quand il entendit des cris il se dit qu'ils se rapprochaient de la ligne de front, mais il n'entendit pourtant aucun fracas d'armes : c'était étrange. L'armée lusitanienne n'aurait pas fait tous ce chemin pour faire demi-tour maintenant. L'avancée s'arrêta brutalement et soudain tout bascula.

Arihas se trouvait au côté du prince qui semblait tout aussi paniqué que lui : cette faille n'était pas sur leur carte. Comment les éclaireurs pouvaient-t-ils être passés à côté ? De nombreux hommes étaient tombés au fond de ce gouffre. Certains s'étaient déjà relevés mais les ordres de s'arrêter circulaient difficilement et d'autres se retrouvaient poussés et tombaient à leur tour.

« C'est de l'huile ! Les lusitaniens veulent nous brûler vifs ! Hurla un soldat. »

Arihas eut juste le temps de rappeler les hommes qui les accompagnaient et d'emmener le prince avec lui. Une explosion retentit et un mur de feu surgit de la faille. D'horribles hurlements se firent entendre et l'odeur de chair brûlée devint vite insoutenable. Au milieu de toute cette cohue le feu continua à se rependre à l'intérieur des rangs. Des pluies de flèches s'abattirent sur les soldats encore désorientés par ce soudain revirement de situation. Des éclats métalliques et des cris de charges résonnèrent dans le brasier. Les lusitaniens se montrèrent enfin et lancèrent leur attaque contre les lignes désordonnés de l'armée parse. Au milieu de ce chaos Arihas perdit le prince des yeux, il accéléra le rythme poussant son cheval en direction de là où il avait vu le prince pour la dernière fois.

Arslan regardait de tous les côtés cherchant le visage familier d'Arihas pour lui expliquer ce qu'il devait faire : il devait montrer l'exemple en tant que prince, se montrer courageux et motiver ses troupes, mais il ne voyait que ses hommes se faire massacrer à tour de bras. Le sang se rependait sur le sol et l'odeur de chair brûlée imprégnait ses vêtements. Arslan était effrayé par ces visions d'horreurs qui l'entouraient. Il ne remarqua qu'au dernier moment l'attaque d'un soldat ennemi qui le fit tomber de sa monture.

Ses entraînements avaient été efficace, il réagit par réflexe : il évita la lance de son assaillant et répliqua aussitôt. Il réussit à trancher la lance d'un coup sec ce qui lui valut un « tu te défends bien gamin », mais le soldat sortit sa lame et l'attaqua aussitôt. Arslan était désavantagé par sa position. Son adversaire étant à cheval il le surplombait largement ce qui lui permettait des attaques plus puissantes et le protégeait des répliques adverses. Il devait enlever l'avantage de son adversaire. Il attrapa la tête de la lance qu'il avait tranchée et la planta dans l'encolure du cheval qui entraina son cavalier à terre dans sa chute. Celui-ci fort mécontent mais peu dérangé par sa chute se jeta rageusement et sans aucune pitié sur le prince. Sa lame heurta le casque doré du prince et le projeta dans les airs. Le prince se trouva bloqué sous son assaillant qui resta bloqué dans son mouvement. La lame du prince s'était logée dans la poitrine de son ennemi qui cracha du sang sur le prince. La sensation poisseuse du sang qui coula sur son visage lui donna un haut le cœur.

Il repoussa le corps du lusitanien et se releva difficilement à cause du poids de son armure. Il constata alors qu'il était entouré par un silence de plomb. Il ne pouvait entendre que des échos et distinguer les ombres des combats qui se déroulaient à quelques mètres de lui. Il eut du mal à reprendre son souffle, encore choqué de ce qui venait d'arriver : cela aurait pu être lui. Cette idée le glaça jusqu'au plus profond de son âme. Il aurait pu mourir juste là, au milieu de cet enfer, sans que personne ne le remarque. Peut-être même qu'à cet instant Arihas gisait quelque part recouvert par d'autres cadavres. Il se sentit bien seul au centre de cette plaine. Il était terriblement effrayé : ses odeurs et ses phéromones qui se mélangeaient rendaient l'air irrespirable, lourd et oppressant. Il voyait des corps se vider de leurs sangs dans la poussière, des cadavres dévorés par les flammes, des volutes de fumée noires s'élever et envelopper les combattants qui luttaient pour survivre. Il vit une silhouette se détacher de la fumée et se diriger vers lui il se prépara à un nouvel assaut:

« Votre Altesse, c'est vous ?
- Arihas ! S'exclama le prince tremblant. Que s'est-il passé ? Pourquoi sommes-nous tombés dans un piège pareil ?
-Votre Altesse vous êtes blessé ? S'inquiéta-t-il. »

Le prince était complètement terrorisé. Arihas pouvait clairement le voir sur son visage crispé par la peur. Arslan était en train de paniquer mais il ne savait pas comment faire pour le rassurer, il aurait fallu que Vahriz soit là pour le calmer. Le prince avait besoin de la protection d'un alpha pour se calmer mais on ne pouvait pas réellement compter sur son Père, le roi, pour tenir ce rôle « paternel ».

« Votre Altesse ! Prince Arslan êtes-vous là ? Répondez-moi, je vous ai entendu ! Je suis ici pour vous aider ! »

Cette voix le prince l'a reconnue sans peine : c'était Kahllahn. Le prince répondit aussitôt à son appel. Arihas fut rassuré d'entendre le marzbâhn répondre, de plus c'était la bonne personne pour calmer le prince, un alpha calme et posé qui avait la confiance du roi. D'ailleurs le roi lui avait confié la charge de… Le ventre d'Arihas se noua aussitôt : Kahllahn avait la charge des éclaireurs ! Cela ne voulez dire qu'une chose : c'est lui qui les avait trahis ! Il n'eut pas le temps de dire au prince de se taire que des silhouettes sortirent de la fumée. Kahllahn était accompagné d'hommes armés qui portaient des côtes au couleur bleu. Le prince se figea reconnaissant les emblèmes lusitaniens.

« Oh, vous ne pouvez imaginer à quel point je suis heureux de vous avoir trouvé, Prince Arslan, déclara froidement Kahllahn. »

Il apparut alors accompagné d'une vingtaine d'hommes aux visages durs comme la pierre.

« Kahllahn ! Qu'on me fasse venir Kahllahn sur-le-champ ! Trouvez-le et que je ne vous revoie pas avant que vous ayez mis la main sur ce mécréant, ordonna le roi à ses soldats. Maudit Kahllahn … Aucun de ses rapports ne mentionnaient ce précipice… Le chien m'aurait-il trahi ? Marmonna-t-il. »

De son côté Daryûn se rendit compte qu'ils avaient été trahi par ce misérable. Il débordait de rage, les soldats n'osaient pas s'approcher de lui et restaient à bonne distance. Il ne se rendit pas compte qu'il effrayait ses propres camarades. Son oncle le remarqua et alla à sa rencontre pour lui faire une requête. Il lui demanda de retrouver le prince qui n'avait pas été revu depuis le début des combats. Il était sidéré que le prince se soit retrouvé en première ligne et que son oncle l'ait laissé faire, même si il comprenait les raisons qui motivaient le prince. Vahriz le rassura : il s'occuperait de contenir le roi. Ils se quittèrent ainsi, chacun promettant de protéger son seigneur et de se retrouver à Ecbatâna.

Daryûn s'élança sur le champ de bataille à la recherche du prince et tranchant tout ce qui ressemblait à un lusitanien. Il demanda à tous les alliés qu'il rencontrait s'ils avaient vu le prince mais n'obtient aucune information utile. Il continua à avancer au travers du chaos ambiant sans trouver la moindre trace du prince. Pendant ce temps Vahriz réussit à convaincre le roi de sonner la retraite et d'ordonner le repli à Ecbatâna. Cependant, de leur côté, les hommes de Kahllahn répandirent la rumeur que le roi avait fui le champ de bataille. La nouvelle se répandit telle une trainée de poudre, démoralisant tous les soldats qui l'entendaient même les marzbâhns en furent ébranlés. Tous étaient révoltés mais aucun n'abandonna son poste et ils firent leurs possibles pour remotiver et protéger leurs hommes.

Daryûn entendit aussi la nouvelle mais elle l'effleura à peine, il n'avait qu'un but : retrouver le prince quoi qu'il advienne. Il finit par tomber sur deux soldats lusitaniens qui soulevaient un casque ressemblant étrangement à celui du prince. En s'approchant il vit que c'était bel et bien le casque du prince. Il fit parler les soldats et obtint l'information qu'il souhaitait tant, il suivit la direction indiquée avec ardeur espérant ne pas arriver trop tard.

Arihas défendait le prince comme il pouvait en couvrant ses arrières, ils étaient trop nombreux pour lui. Heureusement que le prince se défendait ardemment contre Kahllahn qui ne montrait aucune pitié envers son ancien seigneur. Un bruit étouffé attira son attention, puis la panique s'empara de l'escorte du traître. Une présence bien connue se fit ressentir. Arihas fut soulagé de voir Daryûn apparaître. Il n'eut aucune peine à réduire à néant les hommes de Kahllahn en quelques instants. Arslan fut libéré d'un poids énorme de voir que Daryûn était de leur côté. Il entama alors le combat contre Kahllahn qui perdit rapidement l'avantage et fut contraint de fuir. Daryûn voulut le poursuivre mais il ne pouvait abandonner le prince ainsi. Et puis il l'avait promis à son oncle alors il resta auprès du prince :

« Votre Altesse ! Vous êtes blessé ? S'inquiéta-t-il.
-Non ce sang n'est pas le mien, souffla-t-il.
-Et vous messire Arihas, comment allez-vous ?
-Ne vous en faîtes pas pour moi, je n'ai rien ! S'enquit-il.
-Kahllahn… Pourquoi diable nous a-t-il trahis ? »

Ni Daryûn ni Arihas ne purent répondre au prince qui était effondré par cette nouvelle. La bataille qui s'annonçait facile et gagnée d'avance avait été un véritable échec. Le prince était perdu et exténué mais ils ne pouvaient pas rester là. Ils devaient mettre le prince à l'abri :

« Votre Altesse… Cette selle maculée de sang n'est pas digne de votre rang, mais montez je vous en prie, déclara Daryûn.
- Mais Daryûn c'est ton cheval ! Tu l'as durement dressé pour le combat ! Je ne me permettrais pas, bégaya le prince.
-Votre monture me suffira pour assurer votre protection, allez enfourchez le sans faire de manières ! S'il devait m'arriver malheur, Shabrang saura traverser de champ de bataille pour vous mener en lieu sûr.
- Vous arrivez malheur, à vous ? Un des meilleurs guerriers de Parse ? Demanda Arslan.
- N'y pensez pas Altesse, déclara Arihas.
- Vous avez raison, j'ai fait la promesse de rester à vos côtés pour vous protéger, déclara-t-il avant de s'élancer. »

Le prince et Arihas s'élancèrent à sa suite. Daryûn s'occupait d'ouvrir la voie sur le champ de bataille éliminant les ennemis. Il repéra un soldat qui avait été fait prisonnier, il le libéra en clin d'œil. Celui-ci gravement blessé eut juste le temps de leur dire ce qu'il savait, à savoir leurs annoncer la mort de plusieurs marzbâhns et la fuite du roi. Le prince fut choqué d'entendre que le roi avait fui mais il supposa qu'il avait opéré un retrait à la capitale pour préparer la prochaine attaque. Le malheureux soldat dans un dernier hoquet rendit l'âme dans les bras de Daryûn, le prince en fut horrifié. Il tenta de ne pas y penser en s'inquiétant plutôt de savoir si son père avait réussi à s'échapper. Daryûn le rassura lui rappelant que son oncle était à ses côtés pour le protéger. Et puis le roi devait aussi s'inquiéter pour le prince, Arslan sembla être ému d'entendre Daryûn dire ça. Daryûn fut surpris de la réaction du prince. Arihas de côté se dit qu'il y avait peu de chance pour que le roi se préoccupe du sort du prince. La situation était très problématique, ils étaient seuls et devaient trouver un moyen de rejoindre la troupe du roi ou trouver un abri pour être en sécurité. Daryûn eut alors une idée :

« J'ai un plan ! Allons quérir l'aide de mon ami Narsus, aux dernières nouvelles, il vivait en ermite dans les montagnes au nord-ouest d'ici.
-C'est vrai que son aide pourrait nous être bien utile, il est très doué pour les situations désespérés, déclara Arihas.
-Vous vous connaissez ? Demanda Daryûn.
-J'ai habité dans les terres du Daylam alors difficile de passer à côté, sourit-il.
-Narsus… Ce nom ne m'est pas inconnu, ne serait-ce pas cette personne que mon père a bannie du palais ? Demanda le prince.
-Précisément votre Altesse, mais c'est surtout un esprit brillant ! Il y a de cela quelques années, quand les royaumes alliés Turân, Sindôra et Thürq ont tenté de nous envahir Narsus a réussi à les repousser sans verser une seule goutte de sang parse.
-C'est impressionnant ! S'exclama le prince. »

Ils prirent alors tous les trois la route des montagnes. Il leur fallu plusieurs heures avant d'arriver jusqu'à l'orée de la forêt, la nuit était déjà tombée. Arihas surveillait le prince depuis quelques temps déjà, il semblait complètement épuisé. Il voyait que la fièvre commençait à consumer le prince mais il ne se plaignait pas et cachait son mal difficilement. Daryûn voyait que le prince fatiguait, il se mit alors à lui parler de Narsus et de son amour pour la peinture avec beaucoup d'ironie quant à ses dons artistiques : après tout personne n'est parfait. Ses descriptions éveillaient la curiosité du prince et semblaient beaucoup l'amuser. Cette discussion avait le mérite de garder le prince bien conscient, mais un autre problème pointait le bout de son nez. Une montée de phéromones se rependit dans le corps du prince, Arihas se plaça aussitôt entre le prince et Daryûn. Ce dernier ne sembla rien remarquer.

Arslan sentait la chaleur monter en lui, ses vagues de chaleur n'étaient apparues que récemment. Au quotidien elles ne le dérangeaient pas vraiment mais cumulées avec la fatigue elles lui semblaient plus fortes que d'habitude. Cela le rassura qu'Arihas s'en soit aperçu rapidement.

Un sifflement retentit et une flèche se ficha dans un arbre près de Daryûn, un écho s'éleva alors :

« Un pas de plus et la prochaine se retrouvera entre vos deux yeux ! Vous êtes ici sur le domaine de Sieur Narsus, seul les invités peuvent pénétrer sur ses terres ! Alors partez avant d'en subir les conséquences ! Daryûn sourit.
-Elam ! C'est moi Daryûn ! Je suis venu voir ton Maître nous autorises-tu à passer ?
-Cela fait fort longtemps Messire Daryûn, une silhouette apparût alors dans la clarté de la lune, veuillez excuser mes manières. »

Daryûn échangea quelques politesses avec Elam qui sembla aussi reconnaître Arihas, mais il ne s'adressa pas directement à lui. Il n'était pas vraiment sûr de savoir si c'était bien une des connaissances de son Maître.

Arslan entendit qu'Elam était un fils d'esclave et qu'il avait été libéré par Narsus. Cette évocation lui rappela ce garçon lusitanien qu'il avait rencontré, mais son esprit était trop embué pour réagir.

Le garçon les conduisit à travers les bois jusqu'à une petite maison de pierres au toit bas. En arrivant à la porte Daryûn se présenta à son ami qui sortit alors un pinceau à la main. Le prince aperçu alors ce grand homme blond qui n'était d'autre qu'un des meilleurs stratèges de leur époque : Narsus.

Les deux vieux amis s'échangèrent alors quelques piques amicaux. Narsus reconnut aussi Arihas qu'il salua chaleureusement c'est alors qu'il leur demanda pourquoi ils se trouvaient ici. Daryûn introduisit le prince qui le coupa pour se présenter lui-même, Narsus comprit alors la présence d'Arihas en voyant le prince. Il n'y avait pas de doute, le prince était un oméga. Arslan pâlit brutalement, il sentit une nouvelle vague de chaleur le submerger, ses oreilles se mirent à siffler et il perdit l'équilibre. Arihas le rattrapa avant qu'il ne perde totalement l'équilibre et lui parla mais il n'entendait plus rien et tout devint noir.


Alors ce chapitre ? ;)