Je remercie Arashi-Ohno pour sa reviews !
Pfiou~~ Je m'excuse pour le vilain retard de ce chapitre T.T La correction a été plus longue que prévu...
Sur ce... Voilà le chapitre qui aurait du arriver hier ...~('-'~) ~('o')~ (~'o')~ ~('o')~ ~('-'~)
Chapitre 10
Règlement de compte
La journée se déroula relativement bien. Arihas avait chassé ses pensées concernant Daryûn, et Daryûn était beaucoup trop concentré sur le prince et trop heureux de partir enfin pour repenser à Rajendra. Seulement le soir son ombre refit surface. Ils se tenaient prêts à ce que les troupes que Rajendra leur avait généreusement offert les attaquent maintenant que la nuit était tombée. Et ce ne fut pas long. Il leur fallut peu de temps pour tous les neutraliser et allumer des feux pour faire croire que le camp était en plein chaos. Rajendra ne tarda pas à lancer son attaque mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il tomba sur un camp vide. Sa surprise fut encore plus grande lorsqu'il se retrouva encerclé par des soldats parses qui sortirent par dizaine des tentes. Il se lança alors à la recherche du prince. Lorsqu'il le trouva il fut bien embêté de constater qu'il était entouré de Daryûn et Arihas armés et prêts à faire sauter sa tête. La fuite était la meilleure option mais il fut arrêté par la belle Faranghîs.
Il eut l'impression de revivre la scène de Peshawar, et fut à nouveau contraint de conclure un accord avec Parse : trois ans de paix. Cependant il ne renoncerait pas à conquérir Parse. Il reviendrait et serait prêt à les affronter cette fois. Il leur lança un avertissement avec son grand sourire habituel et jeta un dernier regard à Arihas qui semblait particulièrement amusé. Il l'avait bien eu c'était sûr mais il ne regrettait pas.
Les troupes parses eurent enfin droit à une soirée calme maintenant que la menace avait été chassée. Arslan était heureux de pouvoir se détendre un peu avec ses compagnons. Sa petite troupe comptait maintenant un nouveau membre : Jaswant. Il fut chaleureusement accueilli à sa grande surprise d'ailleurs. Il ne pensait pas que le prince l'inviterait à sa propre table. Il se trouvait à milieu de haut gradé, de membre de la noblesse et d'amis du prince. Il se sentait un peu à l'écart. L'ambiance chaleureuse et détendue le mis vite à l'aise, Ghîb se mit à lui raconter leurs aventures depuis qu'ils s'étaient rencontrés dans les bois.
Il put en apprendre plus sur cet étrange prince qui ne cessait de le surprendre. Ce jeune oméga qui a à peine quatorze ans dirigeait déjà une armée et dont la destinée de son pays reposait sur ses épaules. Il prenait son rôle à cœur et avait de grands projets pour son pays : abolir l'esclavage. Il prenait une route difficile avec un lourd fardeau pourtant il le faisait avec le sourire et la conscience de ses responsabilités. Il avait du mérite à faire tout cela et au fond de lui Jaswant espérait sincèrement qu'il y arriverait mais avec une telle équipe il ne se faisait pas trop de soucis. Il espérait que lui aussi pourrait être utile au prince. Il fut soudainement interpellé par ses voisins qui commençaient à élever la voix. Il tourna alors son regard vers Daryûn et Arihas. Il se demanda ce qu'il pouvait bien y avoir pour qu'ils se disputent. Ils étaient toujours calmes et dans la retenus. Cette soudaine agitation attira l'attention de d'autres, Narsus les regarda du coin de l'œil et Ghîb leur jetait des regards en coin.
« En quoi cela vous concerne ? S'énerva Arihas.
-Vous êtes le précepteur du prince, vous êtes un exemple pour lui ! Je ne suis pas sûr que ce que vous avez fait soit un bon exemple, dit-il en grinçant des dents.
-Je vous le répète en quoi cela vous regarde ? Ce que je fais ne vous concerne pas, je n'ai aucun compte à vous rendre. Je suis parfaitement libre d'avoir ce genre rapport avec qui je souhaite ! Si j'avais été un béta ou même un alpha et qu'il avait été une femme vous ne vous en seriez pas mêlé, cracha-t-il. Vous vous sentez juste le besoin d'intervenir à cause de votre égo de mâle dominant ! Si le prince avait souhaité partager son lit, il aurait était libre de le faire et sachez que s'il le désirait réellement je ne l'en aurait pas empêché ! Ça suffit maintenant ! Pourquoi les alphas se sentent-ils le besoin de contrôler le corps des omégas, de choisir avec qu'ils peuvent ou ne peuvent pas ? S'ils peuvent ou ne peuvent pas, nous aussi nous avons bien le droit choisir avec qui partager notre lit ou bien notre première nuit !
-Il nous avait trahis et vous le saviez ! S'exclama-t-il. »
La main d'Arihas tremblait. Il se retenait de vider le contenu de son verre sur son voisin. Pour qui se prenait-il à la fin pour le critiquer ainsi ? Il s'apprêtait à répondre quand Narsus les arrêta :
« Calmez-vous messieurs, vous êtes en présence du prince ! »
Cette réprimande attira le regard du prince vers eux ainsi que celui des autres convives. Ils se stoppèrent net, tous les deux bouillant de colère. Il y eut un grand silence avant que les discutions ne reprennent. Arihas ne voulait pas rester là il en avait assez entendu pour ce soir. Il trouva une échappatoire. Il renversa maladroitement son verre sur lui, il s'excusa auprès du prince et se retira. Il ne revint pas de la soirée profondément vexé et blessé du comportement de son compagnon. Il ne pensait pas Daryûn ainsi, cela le déçu énormément et réveilla sa culpabilité envers son défunt mari. L'avait-il vraiment trahi en faisant ça ? S'il avait su qu'il ne reviendrait pas, l'aurait-il encouragé à continuer à faire sa vie comme il l'entendait ? Il était persuadé que oui… Mais d'un côté il avait l'impression que cette réponse là l'arrangeait bien surtout.
Depuis le départ d'Arihas, Daryûn se terrait dans le silence. Ses compagnons pouvaient voir qu'il était toujours à cran alors ils n'osaient demander la raison de cette brutal dispute mais Narsus n'avait pas l'intention d'abandonner. Il voulait comprendre ce qui clochait pour qu'ils en arrivent là. Daryûn était son ami depuis longtemps et c'était bien la première fois qu'il le voyer aussi énervé.
« Il semble qu'Arihas ne reviendra pas ce soir, déclara Narsus.
- Apparemment… Je me demande ce qui a pu l'y pousser, reprit Ghîb.
- On dirait qu'il y a quelques différents entre ces deux-là, dit-il en désignant Daryûn.
- Manifestement, répondit Ghîb en hochant vigoureusement la tête.
- Quand allez-vous cesser ce petit jeu tous les deux ? Grogna Daryûn.
- Quand vas-tu arrêter de grogner dans ton coin ? Demanda Narsus.
-… Daryûn se tut.
- Ça c'est de la réparti, le provoqua Ghîb.
- Dites-moi… Je n'ai jamais osé vous demander car Arihas était toujours là… Mais depuis combien de temps son époux est mort ? Demanda doucement Alfreed.
- Cela doit bien faire quatre ans maintenant, réfléchit Narsus. Ghîb s'étouffa avec son vin.
- Autant ? Demanda-t-elle.
- Ce n'est pas possible ! S'exclama Ghîb. À Peshawar il avait encore des marques dans le cou.
- On peut savoir comment tu sais ça toi ? S'énerva Daryûn.
- Eh bien, reprit-il sérieusement, je l'ai croisé à la sortie des bains avec son Altesse et comme je l'ai dit : il avait toujours des marques dans le cou. Et une autre chose que je te trouve assez étrange… Arihas n'a jamais eu de chaleur depuis qu'on s'est rencontré et il me semble que les chaleurs ne sont espacées que de trois mois, non ? Demanda-t-il.
- J'ai déjà entendu parler de ça… Réfléchit Narsus en jetant un coup d'œil à Ghîb. Mais généralement ça ne dure pas si longtemps…
- De quoi parles-tu ? Demanda Alfreed.
- Eh bien normalement, un oméga ne peut vivre sans son alpha et inversement. Très souvent il y a beaucoup de suicide à cause de cela…
- C'est affreux ! Reprit Alfreed.
- Ils sont souvent très surveillé pendant la période de deuil pour éviter ça, la rassura-t-il. Mais ce chamboulement est souvent très violent pour le partenaire qui reste vie, c'est un peu comme si son corps s'arrêtait complètement, ils repartent de zéro ! Les omégas n'ont alors plus de chaleurs et le marquage de l'alpha reste. Quant aux alphas, ils deviennent quasiment impuissants et perdent tous désir sexuel.
- C'est donc pour ça qu'Arihas n'a pas eu de chaleurs et a encore ses marques, conclut Ghîb.
- Je suppose…
- Tu supposes ? C'est rare de ta part, dit Daryûn.
- Eh bien la période de deuil ne dure pas plus de un an voir deux maximum ! Arihas devait réellement tenir à son alpha pour que ça dure autant…
- Il doit se sentir bien seul surtout, le plaignit Ghîb. Je ne supporterais pas de passer quatre ans sans la moindre compagnie ! Dit-il en regardant Daryûn.
- Rien que deux jours semblent insurmontables pour vous, commenta Faranghîs.
- Exactement ! S'exclama-t-il.
- Mais tout le monde n'est pas comme vous, reprit-elle.
- Tout de même, c'est long quatre ans, intervint Jaswant. »
Cette conversation fit réfléchir Daryûn, il n'avait pas vu les choses ainsi. Arihas se sentait-il si seul ? Il sentit des regards insistants. Il releva les yeux et vit que Narsus et Ghîb attendaient une réaction de sa part. Il soupira avant de se retirer sous le regard amusé de Ghîb et l'air ravi de Narsus. Les autres avaient déjà repris leur conversation, oubliant totalement la tension qu'il y avait eu plus tôt.
Arslan avait suivi de loin la scène et leurs conversations depuis qu'Arihas était parti. Et maintenant c'était Daryûn qui s'en allait. Il se serait certainement inquiété s'il n'avait pas aperçu un sourire en coin de Narsus après que son ami soit parti. Une fois rassuré il reporta son attention envers les généraux qui l'entouraient pour le repas. Ils le félicitaient pour cette campagne réussite et ils se vantaient de leurs anciens exploits au service de son père.
Narsus vérifia que personne ne lui prêtait attention pour parler avec Ghîb :
« Pourquoi avoir fait semblant de ne rien savoir tout à l'heure et m'avoir laissé expliquer ce que vous m'aviez vous-même appris à Peshawar ?
- Je me suis dit que Daryûn le croirait plus facilement si cela venait de vous, sourit-il.
- Donc vous savez ce qu'il s'est passé tout à l'heure entre les deux ? Demanda-t-il.
- Je les ai entendus en effet et puis cela a confirmé ce que je pensais déjà, sourit-il.
- À savoir ? Demanda-t-il impatient.
- Arihas a passé la nuit en compagnie de sa Majesté Rajendra, et si je ne connaissais pas Daryûn je jurerais qu'il est jaloux, sourit-il.
- Avec Rajendra ? S'étouffa-t-il. Mais comment l'avez-vous deviné ?
- Le langage du corps ne me trompe pas, sourit-il, et puis cela faisait un moment qu'il lui tournait autour.
- D'où l'intérêt d'avoir insisté sur le fait qu'il devait se sentir seul pour culpabiliser Daryûn, conclut-il. Vous êtes très malin… Et sournois Ghîb ! Je n'avais pas remarqué que Rajendra s'intéressait à Arihas, je pensais qu'il préférait le prince.
- Maître Stratège vous avez encore des choses à apprendre dans le domaine de la séduction ! Soupira-t-il. »
Daryûn se dirigea vers la tente d'Arihas, il se sentait un peu penaud. Il se rendait compte qu'il avait mal agi et en effet cette histoire n'avait rien avoir avec le prince ni avec lui. Cela ne concernait qu'Arihas et lui seul. Arrivé devant la tente il ne sut que faire, si son oncle avait été là il lui aurait certainement mis une gifle en lui disant de se dépêcher. Il hésita encore longuement avant de se décider à l'appeler. Il l'entendit grogner. Arihas ne devait pas être ravi de l'entendre mais il sortit de la tente malgré tout. Le silence s'installa. Daryûn ne savait pas par où commencer et le regard perçant que lui lançait Arihas ne l'aidait pas beaucoup.
« Je… Je souhaiterais m'excuser … Je, balbutia-t-il.
- Comment ? Demanda Arihas surprit. Il devait rêver.
- Je suis venu pour m'excuser de mon comportement déplacé de tout à l'heure… Vous avez raison cela ne me regarde pas ! Dit-il en baisant la tête. »
Arihas resta bouche bée, il ne s'attendait pas à ça ! Il invita alors Daryûn à entrer dans sa tente, sa présence commençait à se faire remarquer. Il fut surpris mais accepta l'invitation. Il entra et Arihas lui montra où s'assoir avant de s'installer en face de lui.
« Je suis assez surpris que vous soyez venu pour vous excuser… Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis si soudainement ? Demanda-t-il.
- Eh bien Narsus et Ghîb ont commencé à discuter… Et puis j'ai fini par comprendre que je n'avais pas me mêler de vos affaires intimes. Je… Je crois que je m'inquiétais qu'il puisse profiter de vous et que cela finisse par vous blesser, avoua-t-il. Après tout il nous a bien prouvé à quel point il pouvait être hypocrite et sournois !
- Je suis surpris que vous vous inquiétiez autant pour moi ! Se moqua-t-il. Je suis capable de faire la différence entre un partenaire d'une nuit et quelqu'un avec qui il peut y avoir plus, sourit-il.
- Et puis ce que vous avez dit concernant le fait que les alphas cherchaient à contrôler les omégas m'a fait réfléchir… C'est vrai que de la même manière que les femmes vous êtes plus contraints concernant vos partenaires… Et n'avait pas vraiment le choix…
- Vous savez je comprends aussi que vous souhaitiez protéger le prince. C'est assez naturel que vous vouliez le garder pour vous… Au vu de la situation, soupira-t-il. Vos arguments étaient plutôt légitimes mais je continue de penser que s'il souhaite se rapprocher de quelqu'un je ne m'y opposerais pas car je comprends cette situation… L'envie de pouvoir choisir avec qui partager sa première fois…
- La situation ? Que voulez-vous dire ? Demanda-t-il inquiet.
-Je vous ai entendu en parler à Narsus quand on était chez lui, avoua-t-il. Je pense aussi que vous êtes certainement le meilleur parti que le prince puisse avoir, sourit-il.
-Je vois, répondit-il simplement. »
Le silence s'installa. Daryûn réfléchit aux paroles d'Arihas. Il avait raison, si le prince trouvait quelqu'un avec qui il souhaitait partager sa première nuit il n'avait pas le droit de s'y opposer. Mais au fond il avait du mal à accepter cette idée. Il ne voulait pas laisser le prince à quelqu'un d'autre, quelqu'un qui puisse lui faire mal et abuser de lui. Il se résigna, si le prince trouvait quelqu'un de bien et en qui il avait confiance alors il ne s'y opposerait pas car il n'avait pas le droit de décider pour lui. Il devait mettre sa fierté et son égo d'alpha de côté. Après tout, lui il avait bien pu choisir avec qui il l'avait fait pour la première fois alors pourquoi pas le prince, et puis… Si le roi revenait il n'était pas l'abri qu'il change d'avis.
Arihas l'observa un petit moment, il semblait complètement perdu dans ses pensées. Il revint enfin à lui. Il le remercia d'avoir accepté de l'écouter et le salua avant de partir. Arihas le regarda partir à travers le camp avant de disparaître dans la nuit.
Il fallut plusieurs jours avant d'arriver jusqu'à Peshawar. La route avait été longue et les corps et esprits étaient épuisés. Kishward fut ravi de les accueillir à nouveau en un seul morceau. Il resta interdit en voyant le prince. Il avait beaucoup changé durant ces mois de campagne à l'étranger : il avait encore grandi et semblait avoir pris du muscle. Il commenta ces changements que le prince lui-même et ses compagnons n'avaient pas remarqués.
Maintenant qu'ils étaient rentrés et que la frontière était stable pour un bon moment, ils pouvaient se concentrer sur la reconquête de Parse. Narsus commença à préparer de nombreux plans pour trouver celui qui serait le plus efficace. Arslan décida qu'il était temps de mettre en place ses premiers décrets. Il en fit deux : l'entrée en guerre contre la Lusitania et ainsi lancer la reconquête de Parse, puis l'abolition de l'esclavage qui n'entrera en vigueur qu'une fois qu'il sera roi. En entendant ses nouvelles du prince vivant et prêt à prendre les armes contre les lusitaniens, de nombreux seigneurs se manifestèrent de tous les coins du pays. Et ceux qui émettaient des réserves car le prince était oméga finissaient par changer d'avis apprenant sa campagne victorieuse de Sindôra et l'accord signé avec le roi Rajendra. Ils envoyèrent d'abord des messages assurant leur loyauté au prince et plusieurs mois après ils furent nombreux à arriver avec leurs hommes. Peshawar devint rapidement le berceau de la reconquête. Des seigneurs arrivaient presque tous les jours pour prêter serment au prince. Ces journées lui semblèrent plus épuisantes que la campagne de Sindôra, il devait rester assis sur le trône et rencontrer tous les seigneurs qui venaient à lui. Il se demanda comment cela se faisait que la moitié des seigneurs qu'il avait rencontrés soit des alphas, c'était peut-être pour ça qu'il était si fatigué. Chaque discours était semblable aux précédents, alors il essayait de se concentrer pour retenir leurs noms.
Il soupira. La journée était enfin terminée, il avait vraiment besoin de prendre un peu de repos. Les jardins du palais royal lui manquaient. Il y aurait bien fait un tour pour se détendre. Il remarqua qu'Arihas semblait s'inquiéter pour lui. Il lui sourit pour le rassurer avant de se retirer dans ses appartements.
Il profita d'être seul pour se jeter sur son lit en arrivant dans sa chambre. Il comprit enfin pourquoi il était si fatigué en respirant l'air de sa chambre. L'air était si léger comparé à celui de la salle du trône. C'était bien ce qu'il pensait, tous ses alphas qui libéraient leurs phéromones pour attirer son attention étaient la cause de son mal. Il soupira à nouveau. Bien qu'il fût entraîné pour ça, cela restait difficile à supporter. Sans s'en rendre compte il finit par s'endormir. Il fut surpris quand il entendit Elam s'exclamer :
« Votre Altesse ! Vous allez bien ? Qu'est-ce qui vous arrive, vous êtes malade ? Vous voulez que j'appelle Arihas ?
- Elam ? J'ai dû m'assoupir, ce n'est rien, le rassura-t-il. Pas la peine de t'inquiéter pour si peu.
- C'est juste que… Vous ne semblait pas bien en ce moment…
- Ne t'en fais pas je vais bien, sourit-il.
- Votre Altesse, je suis venu vous voir pour vous parler d'un incident qui a eu lieu devant votre chambre. J'imagine que vous ne l'avez pas entendu si vous dormiez.
- Qu'est-il arrivé ? Demanda-t-il.
- Il y a eu une dispute entre le seigneur Zaravant et Jaswant, dit-il un peu tendu. »
Arslan se précipita dans la salle du conseil pour demander ce qui c'était passé. Narsus lui raconta et lui avoua que cela était assez prévisible. Maintenant qu'ils se trouvaient plus nombreux les disputes aller se multiplier. D'autant plus que certains alphas commençaient déjà à rouler des mécaniques pour se faire remarquer par le prince, heureusement inutilement. Le prince ne leur prêtait guère plus attention que nécessaire. Le prince semblait retourné par cette nouvelle :
« Narsus, comment faire pour éviter ses disputes ?
- Déjà vous devriez confier mon poste à quelqu'un de plus âgé, les généraux n'apprécient pas de voir un jeunot comme moi être Satruyp.
- Mais qui pourrait vous remplacer ? S'exclama-t-il.
- Je pense que le seigneur Lucian conviendrait pour cette tâche.
- Etes-vous sûr que cette situation vous convient ? S'inquiéta-t-il.
- Tant que je peux continuer à diriger une armée, cela me convient, sourit-il. »
Cela apaisa le prince mais la fatigue le reprit à nouveau. Arihas lui conseilla d'aller se reposer, ils s'occuperaient de tout préparer pour demain en ce qui concernait le seigneur Lucian. Elam et Faranghîs s'occupèrent de le raccompagner.
« Je m'inquiète pour le prince, il est épuisé, dit Daryûn.
- Pourquoi avoir insisté pour que Faranghîs le raccompagne ? Demanda Narsus.
- Je crains que son Altesse ne soit un peu précoce, soupira Arihas. Et ces vautours qui lui tournent autour n'aident pas vraiment.
- C'est embêtant en effet, intervint Ghîb avec un petit sourire.
- Ghîb ! Grogna Arihas.
- De quoi parlez-vous exactement ? Demanda Narsus.
- Des chaleurs du prince, répondit Ghîb comme une évidence.
- En effet, jusqu'à aujourd'hui c'était un avantage mais maintenant ça risque d'être problématique. S'il n'avait pas été avancé on n'en serait certainement pas là et heureusement jusqu'à aujourd'hui il n'a pas réagi aux alphas qui l'entourent… Ses entrainements ont été efficaces. Mais il va falloir prévoir des solutions… A commencé par des gardes qui devront le suivre en permanence.
- Je peux le- commença Daryûn.
- Pas vous justement, le coupa-t-il. Cela risquerait d'empirer la situation s'ils voient qu'un alpha est favorisé auprès du prince.
- Et vous pensez que la première chaleur du prince pourrait arriver quand ? Demanda Narsus.
- D'ici la fin de l'année, je le crains, soupira-t-il.
- À ce point ! S'exclama Ghîb. Je croyais que ce n'était que vers les seize, dix-sept ans ?
- En général oui, c'est pour ça que cela m'inquiète ! Surtout que maintenant il sera toujours entouré d'alphas… Alors si jamais ses chaleurs tombaient alors qu'on est dans un camp, ce serait une catastrophe ! Et les petites guéguerres entre les égos de ses messieurs ne sont pas finies, dit-il manifestement énervé.
- Je vais devoir y réfléchir, déclara Narsus. En attendant il faudra veiller à ce que le prince soit toujours accompagné. Arihas pourriez-vous en parler avec le prince ? Pour qu'il fasse attention lui aussi.»
Le prince se douta que quelque chose n'allait pas lorsqu'il vit la mine soucieuse d'Arihas quand il vint le voir. Il demanda s'il pouvait lui parler en privé quelques instants, il lui accorda évidemment. Arihas vint s'assoir près de lui et commença à lui parler.
« Vous savez Votre Altesse, votre état se stabilise rapidement alors je crains que vos chaleurs n'arrivent rapidement.
- Je vois c'est pour ça, soupira-t-il.
- Je vous l'ai déjà évoqué lorsqu'on était au palais mais je ne vous ai jamais parlé directement des chaleurs. Eh bien… C'est une période pendant laquelle on… Comment dire ? Assez instinctive et durant laquelle on est particulièrement fertile. »
Il en parla encore peu donnant les détails sur les sensations qui pouvaient les annoncer, si jamais cela arrivait il devait lui en parler. Il en profita pour expliquer ce qu'était le marquage.
Le prince écouta attentivement. Il avait l'impression d'entrer dans un nouvel univers. Il découvrait des choses dont il ne soupçonnait pas l'existence. Il comprenait maintenant les marques d'Arihas. Il lui expliqua aussi pourquoi il les avait encore lorsqu'ils étaient à Peshawar. Ils se mirent à discuter tranquillement. Cela lui fit du bien de parler ainsi avec Arihas, il se sentait à l'aise avec lui. Il le voyait comme un ami, comme un membre de sa famille même. C'était agréable de discuter avec lui, il pouvait parler à cœur ouvert et de tout sans craindre qu'il ne se moque ou qu'il ne le regarde bizarrement. Il lui expliqua qu'à ce stade c'était tout à fait normal d'être perturbé ou bien ressentir du désir pour quelqu'un. Cependant il préférait qu'il lui en parle si possible car les seigneurs qui les avaient rejoint n'étaient pas tous animés de bonnes intentions et certains essayeraient d'en profiter. Il lui assura que ce n'était pas arrivé –jusqu'à maintenant du moins. Cela sembla le surprendre un peu mais il n'ajouta rien. À vrai dire s'il y réfléchissait bien les seuls alphas qui avaient eu de l'effet sur lui étaient son Père qui le tétanisait et son cousin Hilmes, mais c'était surtout à cause de son geste. Enfin il le supposait, après tout qu'Arihas lui avait dit ça.
Il se détendit avec Arihas et sans même s'en rendre compte il finit par devenir très familier avec lui. Il ne le remarqua que lorsqu'il vit Arihas se mettre à sourire, cela le fit rougir d'embarras. Il ne savait comment le remercier pour tous ce qu'il faisait pour lui. Il eut une soudaine idée folle : pouvait-il faire ça ? C'était un peu déplacé quand même, non ? Arihas remarqua son hésitation, il lui demanda ce qui lui arrivait. Il bredouilla un « rien » mais Arihas n'était pas dupe. Il était temps qu'il parte maintenant il se leva et souhaita une bonne nuit au prince. Il décida de laisser tomber l'étiquette pour une fois et lui ébouriffa gentiment les cheveux. Le prince resta interdit quelques secondes avant de lui sourire tel un enfant. Il lui souhaita à nouveau une bonne nuit et se retira. Il salua Jaswant qui montait la garde devant les appartements du prince.
Le lendemain, le seigneur Lucian fut nommé Satruyp et ils lui expliquèrent alors la situation : le prince Hilmes était toujours vivant. Il fut très surpris de l'apprendre mais il prêta allégeance au prince Arslan. Le prince s'assombrit à la mention de son cousin, c'est vrai qu'il était bien plus légitime et son père était très certainement coupable de l'assassinat de son frère et la tentative de meurtre sur Hilmes. Il comprenait son ressentiment mais cela ne justifiait pas non plus ce qu'il avait fait. Certes son cousin ne pouvait pas revenir par la grande porte et dire : je suis le prince héritier, mon oncle a tenté de me tuer pour prendre le trône ! Mais de là à aider les lusitaniens à envahir son propre pays…
Il ne cessait de tourner en rond dans sa tête, son Père était tout aussi coupable qu'Hilmes ! Narsus essayait de le convaincre de trouver sa résolution pour conquérir le trône. Il essayait mais il ne pouvait chasser l'idée qu'il était un oméga. Pouvait-il réellement prendre le trône ? Jamais d'oméga n'avait été Shah, et il n'était pas sûr que cela changerait quand il voyait les disputes qu'il y avait autour de lui. Il ne savait pas s'il pouvait toutes les gérer. Son Père n'avait qu'à élever un peu la voix pour que cela cesse. Certes ça ne résolvait pas le problème mais s'il pouvait mêler la discussion et le pouvoir de persuasion de son Père cela réglerait certainement de nombreux problèmes. Seulement il n'était pas un alpha, il n'était pas un dominant et cela lui faisait peur. S'il se retrouvait face à un alpha comme son Père ou Hilmes comment ferrait-il ? Même en faisant de son mieux il n'était pas sûr de pouvoir lui tenir tête. Il avait des amis sur qui compter c'est vrai, mais il fallait bien qu'il puisse un peu se débrouiller aussi. À quoi bon être roi s'il était incapable de défendre son titre. Narsus lui avait bien dit qu'il devait avoir une idée en tête, et qu'eux ses vassaux feraient tout pour qu'il y arrive. Arihas aussi faisait tout pour le convaincre qu'il pouvait y arrivait. Que ce n'était pas parce qu'il était un oméga qu'il ne pouvait pas y arriver, au contraire il devait leur prouver qu'un oméga en était capable. Il aimerait pouvoir faire ça, mais il se sentait si faible. Il n'avait pas la force de Daryûn, ni l'intelligence de Narsus pour compenser ses lacunes. Qu'avait-il de spéciale pour prétendre au titre de Shah ? Qu'avait-il de si particulier pour que tous le soutiennent ?
Il savait que tous comptaient sur lui, il essayait de tenir bon et répondre à leurs attentes mais c'était difficile. Il ne voulait pas les décevoir. Il voulait que Parse devienne meilleur, il voulait que son peuple soit en sécurité, que tous les soldats ressemblés ici puissent rentrer chez eux auprès de leur famille. Il voulait éviter qu'ils meurent dans des combats inutiles.
Il se promenait dans les cours intérieures. Il avait réussi à échapper à la surveillance de Jaswant mais il sentait le regard de Ghîb posé sur lui. Il se doutait bien que s'il pouvait se balader tranquillement c'était parce que quelqu'un le surveillait de loin, mais cela lui convenait. Il avait besoin d'être un peu seul pour réfléchir. Il savait qu'il devait rester accompagné pour sa sécurité mais… De temps en temps c'était agréable de pouvoir respirer un peu sans sentir de regards inquiets ou interrogatifs posés sur lui.
