Bonjour ! Alors sachez que l'auteur d'origine va lire vos reviews. (Pssst : Non, pas à bas l'USUK, elle écrit sur ce couple).

Je vous poste ce chapitre, même si je n'ai pas fini de traduire le suivant. Je peux déjà dire que traduire quasi quotidiennement de l'anglais au français a considérablement amélioré mes capacités (j'ai rendu dans les temps ma copie, j'ai tout traduit à part trois mots, je suis contente ! Hum... bref, ça peut servir irl).

Réponse à satana-sensei : Merci pour les compliments. Je suis contente que l'histoire te plaise. Je suis loin d'être bilingue, je travaille beaucoup et j'ai un dictionnaire complètement défoncé (il perd ses feuilles, le pauvre !). J'ai plus de facilités à comprendre une langue qu'à la parler.

Pour les scouts, ils sont souvent proches d'une religion. Donc Francis a paniqué en draguant un ancien scout.

« Ce n'était peut-être pas l'une de mes meilleures idées. »

Matthew jeta un œil à l'expression inquiète de Francis et sentit son cœur descendre dans son estomac. Francis avait changé d'avis. Matthew avait été trop ennuyeux, il n'avait pas assez parlé, il avait trop parlé, il ne savait pas comment flirté correctement, il avait tout foiré… « Oh. C'est okay. Je veux dire, je comprends que tu ne veuilles plus… »

« Non, non, non, mon cher ! » Francis lui sourit de manière rassurante et plaça sa main légère dans le dos de Matthew. Matthew ressentit ce toucher comme une étincelle brûlante et grandissante sous sa peau. « Te demander un rendez-vous est, je le crois, la meilleure idée que j'ai eu de l'année. Je ne suis simplement pas sûr d'avoir choisi le meilleur des endroits. »

« Oh ? », Matthew observa le restaurant lumineux et animé. Comment Francis pouvait s'inquiéter à ce propos ? L'endroit avait l'air parfait.

« Non, ça ira. » Francis parla doucement, comme pour lui-même. « Je suis certain qu'ils ne travaillent pas les vendredi… » Il fut interrompu par un cri strident.

« FRANCIS ! » Un jeune homme petit, souriant, aux cheveux d'ambre traversa le restaurant en entier, bousculant les serveurs affairés et les tables bondées, et passa ses bras autour de Francis. « François, grand frère, je ne t'ai pas vu depuis si longtemps ! Depuis au moins mardi ! Est-ce que tu m'as apporté des cupcakes ? Non ? C'est okay, tu m'en feras quelques-uns pour demain soir, avec du glaçage arc en ciel et des saupoudrages et tu viens à l'anniversaire de Gilbert demain soir, n'est-ce pas ? Est-ce que tu savais qu'Antonio avait cafté ? Lovino était tellement de mauvaise humeur. Eh bien, plus que d'habitude.

« Ah, Feli », dit Francis avec un sourire forcé sur les lèvres. « Donc tu travailles ce soir. »

« Bien sûr ! C'est tellement plein qu'on a besoin de tout le staff ! »

Francis prit le bras de Matthew et commença à s'éloigner doucement. « Est-ce vrai ? Je suis sûr qu'il n'y a pas de table de libre, alors. Eh bien, je pense que nous allons partir… »

« Non ! Ne sois pas bête ! Il y a toujours de la place pour la famille. Je vais te trouver une table. LOVINO ! » Francis grimaça au cri et sourit pour s'excuser à Matthew. Le jeune homme laissa couler un flot ininterrompu de questions en Italien, trouvant leurs réponses immédiatement par des cris provenant de la cuisine jusqu'à la salle. Personne dans le restaurant ne s'en préoccupait.

« Je suis désolé », dit Francis doucement, parlant dans l'oreille de Matthew. « Comme je le disais, peut-être ce n'était pas… »

« Non. Tout va bien. » Matthew n'était jamais venu dans un endroit comme celui-ci. Le bruit des discussions bruyantes et des rires aux éclats explosait à chaque table la senteur de la tomate et de la viande rôtie à l'ail envahissait l'air des dessins vifs de nourritures colorées et de paysages italiens couvraient les murs. C'était chaud, vivant, amical. D'une certaine manière, cela lui rappelait la pâtisserie de Francis. L'accueillant jeune homme revint vers eux et parla de nouveau en français.

« Je t'amène à ta place habituelle, bien sûr, tu dois savoir que tu es chanceux que ce soit libre parce qu'il y a beaucoup de gens ce soir et oh ! » L'homme s'arrêta, regarda attentivement Matthew et cria fort. « Hello ! »

« Uh. Hello. »

« Hello ! » Le petit Italien mit ses mains sur sa bouche et les tordit franchement. « Je suis tellement grossier. Mince alors, je suis désolé, je suis si mal poli, je ne t'ai même pas… hello. »

Matthew essaya de ne pas rire. « Hello. »

« Feliciano », dit Francis, interrompant sans problème dans le vif, trouvant ainsi une excuse pour une autre conversation. « Je te présente Matthew. Matthew, mon petit cousin Feliciano. »

Matthew avança sa main mais, à sa grande surprise, Feliciano l'entoura de ses bras et le serra contre lui. « Benvenuto, Matthew ! Je suis si, si heureux de te rencontrer ! Bienvenu à la Casa Vargas ! Wow, tu dois être vraiment spécial, tu es le premier des petits amis de Francis qu'il amène ici ! Eh bien, je dis petits amis, mais tout le monde sait que Francis sort avec eux pour…

« Alors ! », Francis cria. « Qu'en est-il de la table, Feliciano ? »

« Oh, oui ! » Feliciano relâcha Matthew et bondit dans son restaurant. « Suivez-moi ! »

Matthew essaya de ne pas penser sans cesse à la précédente affirmation de Feliciano, alors qu'il autorisait Francis à lui prendre la main et à le guider à travers la salle remplie et lumineuse. Il s'inquiéta de savoir si sa tenue de travail était assez soignée, puis s'inquiéta d'être trop bien habillé, puis s'inquiéta de savoir si Francis allait payer l'addition, puis espéra que les gens ne regardaient pas leurs mains unies, puis Francis se retourna et lui sourit. « Je ne pensais pas que ce serait aussi animé ! »

Chaque doute et inquiétude s'envola de l'esprit de Matthew. Ses joues devinrent chaudes et il lui retourna le sourire timidement. « Je suppose que ça veut dire que la nourriture est fantastique ! »

Ses yeux fixés sur Francis, Matthew ne remarqua qu'ils s'étaient arrêtés que lorsque Feliciano se retourna et gesticula de manière théâtrale vers la table derrière eux. « Votre table, signori ! Je reviens avec du vin très vite ! » Il regarda Matthew, rit, dit, « Hello », encore une fois, et courut vers la cuisine. Matthew relâcha à contre cœur la main de Francis, ressentit le besoin de laisser échapper un long soupir et s'assit doucement à la table.

« Il est, euh… accueillant. »

« Si tu savais, mon cher. » Francis eut un regard bref et étrangement nerveux vers Feliciano avant de prendre le siège opposé à Matthew.

La table était située dans un coin à l'arrière du restaurant, un peu à l'écart des autres clients, ce qui lui donnait une ambiance privée et isolée. Cela était arrivé tellement vite, mais cela frappa à l'instant Matthew qu'il avait un rendez-vous – un rendez-vous avec un homme qui l'intéressait vraiment beaucoup. Quelle était la dernière fois que cela lui était arrivé ? En fait, est-ce que ça lui était déjà arrivé ? Sa timidité naturelle l'oppressait, Matthew pouvait seulement regarder la table. C'était réel maintenant, c'était un rendez-vous, pas seulement un matin de circonstances dans la pâtisserie avant le travail. Matthew ne savait pas trop quoi dire, quoi faire avec ses mains. Il poussa accidentellement le verre à vin le long du dessous de plat blanc et crêpé, le dépassa et toucha le bougeoir d'une petite flamme au centre de la table. De manière inattendue, de la chaleur se répandit dans ses doigts. « Oh ! », dit-il de surprise. « C'est réel ! »

« Je te demande pardon ? »

Matthew releva la tête pour voir Francis regarder avec amusement ses doigts essayant de se débarrasser de la sensation. Matthew laissa tomber immédiatement sa main. « Oh, rien, vraiment. C'est juste qu'il y a beaucoup de restaurants avec de fausses bougies maintenant. C'est sympa d'en voir une vraie. C'est plus…

« Romantique ? »

Matthew sentit de la nervosité dans ses lèvres et sa peau devenir chaude à ce familier petit sourire en coin et à ce ton taquin et modulé. « J'allais dire, honnête. »

« Bien sûr. Cela décrit le lieu plutôt bien, vraiment. »

Matthew regarda autour de lui les tables avec des familles discutant autour d'une pizza, des couples se mangeant du regard autour d'un verre de vin. « C'est adorable. Chaud et amical. Et cela appartient à ta famille ? »

Francis acquiesça. « La branche Italienne. »

« Il y a des branches ? »

« Darling, mon grand-père a éparpillé des enfants autour de la Méditerranée comme des pétales dans le vent. Je suis quasiment certain qu'une future génération entière dans cette aire géographique pourra trouver cet homme comme ancêtre. » Francis lui fit un clin d'œil. « Si seulement ses petits-enfants étaient du genre à procréer. »

Matthew se mit contre sa chaise, intrigué. « Pourquoi ne le serait-il pas ? »

A ce moment-là, Feliciano réapparut comme une tornade miniature et colorée derrière eux, souriant et rebondissant et brandissant une bouteille de vin rouge. « La vostra bottiglia di vino rosso, signori ! Ou, votre bouteille de vin rouge, Messieurs ! »

« Ou, Ihre Flasche Rotwein, Herren. » Matthew envoya un sourire ironique au brun bondissant, qui devint aussitôt immobile, ses yeux s'assombrissant et sa bouche s'ouvrant. Matthew commença à s'inquiéter d'avoir été mal poli ou d'avoir dit quelque chose d'inapproprié, quand finalement Feliciano cria une réponse.

« O mio Dio, Matthew, tu parles allemand ! »

"Oh, um..." Matthew cligna des yeux plusieurs fois, avant de se reprendre. Il l'avait juste dit le cœur léger comme pour faire une répartie après le rapide changement de langue de Feliciano. « Eh bien, juste un tout petit peu, c'était sûrement incorrect, je voulais juste… »

« Est-ce que tu peux m'apprendre à dire quelque chose ? » Feliciano l'interrompit avec enthousiasme, son expression lumineuse et sincère et intense. Il ne sembla pas remarquer que Francis lui prit le vin de la main et se mit à le verser dans les deux verres de la table. Matthew le regarda cherchant de l'aide, mais Francis s'empêcha juste de rire derrière une fausse expression innocente.

« Eh bien, je vais essayer seulement si… »

« Comment dit-on : « Je t'aime »?, demanda Feliciano excité.

Les traits de Matthew se relâchèrent dans un doux sourire. Quel charmant service à demander. « Bien sûr. C'est : « Ich liebe dich. »

Les yeux de Feliciano étaient aussi gros que des soucoupes et il sauta pratiquement sur la pointe de ses pieds. « Oh ! Merci beaucoup ! Est-ce que tu peux me l'écrire ? Je vais te trouver un stylo, mais ooh, tout d'abord, comment dis-tu : « Tu es beau et parfait ? »

Matthew se retint de rire. Feliciano était trop adorable. « Sie sind hübsch and perfekt. »

« Grazie, Matthew ! », dit Feliciano à bout de souffle. « Juste encore une chose. Comment dis-tu : « Baise-moi fort, sale porc allemand magnifique ? »

Matthew gémit, choqué, et eut une soudaine quinte de toux. Francis lui mit un verre de vin dans la main sans problème. Matthew prit rapidement une gorgée.

« Feli », dit Francis avec légèreté. « Je ne pense pas que le vocabulaire allemand de Matthew aille jusque-là. Pourquoi ne demandes-tu pas à Gilbert ? »

Le visage de Feliciano s'éclaira. « Bien sûr ! Gilbert ! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Merci, François, grand frère ! » Feliciano sauta plus loin de nouveau de joie. Matthew évalua du regard Francis à travers ses lunettes, ses yeux légèrement humides d'avoir toussé.

« Pourquoi ai-je l'impression que c'était un sorte de suggestion cruelle ? »

Francis haussa les épaules innocemment et prit une gorgée de vin. « Je n'en ai aucune idée, mon cher. »

Matthew but également, emportant avec cette gorgée le reste de son irritation. Eh bien, c'était certainement inattendu. « Alors, qui est le magnifique allemand, ce sale… uh… » Matthew marmonna le reste et Francis rit d'un ton léger.

« Le petit frère de Gilbert. Lui et Feliciano sont ensemble depuis environ un an. »

« Je vois. C'est donc à cela que tu te référais, plus tôt. »

Francis lui fit un clin d'œil, ses cheveux blond foncé retombant autour de ses yeux bleus brillants. « Laisse-moi juste te dire que mon Grand-père s'est depuis longtemps résigné au fait qu'il n'aurait malheureusement pas d'arrières petits-enfants. »

« Oh », Matthew s'arrêta pour se faire à cette nouvelle information. Rencontrer les amis de Francis, Gilbert et Roderich, l'avait déjà un peu éclairé en soi. Matthew n'était pas habitué à rencontrer d'autres hommes gay si ouvertement pas dans les situations de tous les jours comme ça. Francis semblait entouré par eux. C'était très loin de l'éducation de la petite ville abritée de Matthew. « Alors, tu connais beaucoup de… » Matthew hésita sur sa phrase, mais continua résolu, « … d'homme gay ? »

Francis rit et s'adossa à sa chaise. « Darling, tu n'as pas idée ! »

Matthew finit son verre de vin, se sentit bizarrement petit et ignorant. « Je ne peux pas imaginer. Je connais deux autres homosexuels de l'enfance. Et l'un est mon frère Alfred. »

Les yeux de Francis s'éclairèrent d'intérêt. « Tu ne m'as jamais dit que tu avais un frère. »

Matthew regretta immédiatement d'avoir amené le sujet. Même en vivant dans une autre ville, dans un autre pays, Alfred pourrait faire de l'ombre à Matthew toutes leurs vies entières. « Demi-frère, en fait. Nous n'avons pas été élevés ensemble, nous nous voyons pour les vacances. Son père est américain – c'est là-bas qu'il vit. Le consensus général fait qu'il est plus populaire, a plus de succès et est une meilleure version de moi en apparence. »

Francis plissa ses sourcils d'incompréhension. « Plus populaire et ayant plus de succès, possible. Une meilleure apparence ? Je refuse simplement de le croire, darling, sinon cet Alfred est un Dieu. »

Matthew toussa d'incrédulité, même si son cou le brûla à l'éloge. « Certains seraient d'accord pour considérer Alfred comme une divinité. » Matthew avait l'habitude de vivre dans l'ombre d'Alfred. Mais Francis le faisait se sentir spécial, pour la première fois dans sa vie, alors il avait tout fait pour éviter le sujet de son frère célèbre. Mais ce n'était pas le genre de chose qu'il aurait pu cacher pour toujours. Matthew soupira profondément, regarda de manière égale Francis, et se prépara mentalement pour les éclats de voix à propos de ce sujet. « Mon frère est Alfred F. Jones. »

Les sourcils de Francis se rejoignirent un moment avant que son visage s'éclaircisse d'une compréhension prudente. « Oh ! Le joueur de baseball… Non ? »

Matthew papillonna des yeux, puis se retint de soupirer de soulagement. « Football américain. »

« Football américain… » Francis leva le menton en réfléchissant. « Ah oui, ce jeu idiot avec des casques. Oui, il y avait un scandale l'année dernière, non ? Un célèbre quarterback qui avait fait son coming out et présenté son amoureux Anglais aux médias. Je me souviens vaguement de l'avoir vu dans les journaux. C'était ton frère ? »

Matthew acquiesça. « Je suis surpris que tu l'as entendu juste comme ça. Ça a été d'une telle effusion dans les médias aux States. »

Francis bougea sa main, chassant le sujet, avant de se pencher pour resservir Matthew. « Je ne fais pas trop attention aux informations. Je préfère me concentrer sur des choses positives. Comme mon travail, ma pâtisserie. Mes amis. L'art, la musique. De beaux endroits. De belles personnes. » Le regard captivant de Francis supportait celui de Matthew, alors qu'il poussait le verre vers lui. «Toi, my dear. » Le ton de Francis était éhontément séduisant, l'éclat dans ses yeux envoyant un frisson familier, embrasant l'estomac de Matthew jusqu'à ses pieds. Matthew attrapa le verre pour cacher ses joues rougissantes, mais refusa de baisser les yeux. Le regard langoureux fut abruptement interrompu lorsqu'un fauteuil frappa bruyamment le plancher à côté d'eux et qu'un homme aux cheveux sombres s'y installa lourdement. Il se pencha contre la table, ses yeux verts sombre et bien ouverts, un sourire bête mais étrangement alerte sur le visage.

« Salut. »

« Salut », répondit Matthew avec incertitude, s'éloignant de lui et portant son verre de vin contre sa poitrine. C'est quoi maintenant ? Un autre ami ou cousin à Francis ? Pourquoi n'arrêtent-ils pas de les interrompre dans des moments comme celui-ci ?

Les yeux de l'homme voyageaient entre Matthew et Francis, son expression rayonnante de positivité. « Salut ! »

Matthew n'était pas sûr de répondre encore une fois. Francis laissa échapper un soupir résigné. « Matthew, c'est Antonio, un ami à moi particulièrement irritant. Antonio, puis-je t'aider ? D'ailleurs, qu'est-ce que tu fais ici ? »

Antonio ne répondit pas. Il se pencha vers Francis et s'approcha presque jusqu'à lui taper dans les dents. « Gilbert m'a dit que tu as un petit ami. »

L'estomac de Matthew se retourna au mot. Un petit ami… Francis roula les yeux. « Evidemment, il te l'a dit. »

« Il est mignon. » Antonio le dit dans un gémissement exagéré.

« Je sais. »

« Il a choisi l'éclair, hein ? »

Matthew sentit ses joues brûler. Est-ce que tous les amis de Francis le savaient ? Francis fixa Antonio qui souriait juste à Matthew de manière évidente. « Qu'est-ce que… cette chose que t'es en train de faire ? »

Antonio se retourna vers Francis, l'air perplexe. « Chose ? »

Francis laissa sortir un soupir exaspéré et toucha son front. « Ces murmures. Il peut encore t'entendre, stupide Espagnol, il est juste là. »

Antonio se dévissa la tête, se retourna vers Matthew et se mit à sourire. « Alors, enchanté de te rencontrer, Matthew. Tu es plus beau que la plupart des rencards de Francis. »

Maintenant, c'est à Francis de se rapprocher trop près de l'autre. « La ferme. »

Antonio l'ignora. « Pas qu'ils ne soient pas beaux, il n'y a que le haut du panier pour Francis ! »

Francis sourit de désespoir. « S'il te plaît, ferme-là. »

Antonio rayonna brillamment. « Donc c'est un compliment, tu vois. »

Francis semblait prêt à attraper Antonio par le col. « Oh mon Dieu, pourquoi tu ne peux jamais te la fermer ? »

Matthew écouta silencieusement, un petit doute s'insinuant doucement dans son esprit. Feliciano avait mentionné les rencarts de Francis plus tôt, aussi. Et il y a eu aussi cette étrange conversation murmurée entre Francis et Gilbert cette après-midi. Peut-être Francis avait vraiment quelques petits secrets à cacher…

Antonio bougea sa main devant le visage de Francis. « Voyons, Francis. Matthew, tu viens à la fête de Gilbert demain soir ? Oui ? »

Matthew ne s'attarda pas sur son doute et se dit de ne pas être bête. Donc Francis a eu plusieurs relations. Et alors ? Cela ne veut pas dire qu'il n'était pas intéressé par Matthew. Après tout, la plupart des mecs sortaient beaucoup. Mais Matthew n'avait jamais côtoyé ou parlé avec quelqu'un comme ça. C'était comme si Francis faisait ressortir une part de lui dont il ne connaissait pas l'existence. Et maintenant, il ne pouvait que s'inquiéter que Francis ressente la même chose. Il mit complètement sous silence la petite voix qui demandait – Est-ce que Francis traite tout le monde de la même manière ?

Matthew se souvint brutalement qu'on lui avait posé une question, mais Francis parla avant qu'il ne puisse répondre. « En parlant de la fête surprise de Gil, Antonio… »

Antonio grogna fort. « Oh, est-ce que tout le monde va arrêter maintenant, tu sais comment il est ! En plus, ce n'est pas vraiment moi qui lui ai dit, Feliciano à laisser entendre qu'on faisait quelque chose ! Et là Gil m'a coincé dans la cuisine, m'a menacé avec une cuillère et a dit qu'il raconterait tout à Lovino à propos de cette lap dance à New York…

« Quelle lap dance à New York ? »

Matthew sentit l'atmosphère devenir glaciale. Il regard vers le jeune homme à côté d'eux. Une main tenait un plateau de pain et d'olives l'autre était placée de manière rigide sur sa hanche. Il ressemblait vraiment beaucoup à Feliciano, mais avec des cheveux plus sombres et une expression colérique. Antonio devint blanc comme un linge et rit nerveusement. « Lovino, babe ! C'est juste quelque chose concernant Gilbert, rien à voir avec moi ! »Antonio envoya à Francis un joyeux regard stressé. « Hein, Francis ? »

Francis haussa les épaules de manière distante, son expression à moitié triomphante. « Je n'ai rien avoir avec ça, mon ami. » Antonio plissa ses yeux, mais Francis sourit juste.

Lovino releva le menton et regarda vers Antonio avec malice. « Hmm. Nous verrons ça. Antonio, ramène ton cul fabuleux en cuisine. Nous sommes en sous-effectif et tu es sensé aider. »

« Je suis social ! » Antonio gémit indigné.

Lovino inclina doucement sa tête, avec une lueur dangereuse dans le regard. « C'était bien New York ? »

Antonio faillit frapper la chaise dans son urgence de se remettre sur ses pieds. « J'y vais ! On se voit demain soir, Matt ! Francis… » Antonio se pencha sur la table et dit à l'oreille de Francis, juste assez fort pour que Matthew le surprenne. « Pas un mot. N'oublie pas que j'ai en réserve plus d'obscénités te concernant que tu ne pourras jamais en avoir sur moi, amigo. » Antonio se releva, embrassa Lovino sur la joue et courut vers la cuisine.

« Merci, Lovino », dit Francis, son ton plaisant commençait à sonner fatigué. « Matthew, c'est mon autre petit cousin Italien. »

Lovino plaça le plat sur la table dans un lourd amorti. Il garda ses yeux fixés sur Francis et parla avant que Matthew ne dise quelque chose. « Peu importe. C'est votre entrée. Quelle lap dance à New York ? »

L'expression de Francis redevint impassible alors qu'il piquait une olive dans le plat. « Tu sais quoi, je crois que tu devrais en parler avec Roderich. »

Lovino fusilla du regard Francis, puis regarda brièvement Matthew. Matthew essaya de lui sourire. « Bien », dit Lovino. Il mit ses mains sur la table et se pencha vers Francis. « Tu ferais mieux de rien me cacher, cugino. N'oublie pas toutes les choses que je sais à propos de toi. » Francis aspira l'olive dans sa bouche et sourit. Lovino se redressa, adressa un signe de tête à Matthew, puis se retourna et marcha vers la cuisine.

Francis ferma les yeux, laissa échapper un grand soupir, prit une longue gorgée de vin et sourit en guise d'excuse. « Je suis vraiment désolé. Mais, où en étions-nous ? Dis-moi-en encore sur… toi. » Francis bougea ses sourcils et Matthew s'empêcha de rire. A la place, il leva l'un de ses sourcils et essaya de paraître nullement impressionné.

« Vraiment ? Là ? C'est ta phrase d'accroche ? »

Francis râla et revint sur sa chaise. « Je ne suis pas comme ça, d'habitude. Je me sens complètement mis en déroute ici. »

Matthew pencha sa tête pour cacher son sourire amusé. C'était intéressant de voir Francis comme celui qui était démantelé, pour une fois. « Eh bien », dit-il, mettant ses cheveux en arrière et en essayant d'effacer son sourire. « Je t'ai parlé moi pendant toute la semaine. Il n'y a plus grand-chose à dire. »

Francis leva un sourcil de manière tortueuse. « Il y a toujours quelque chose à dire. »

« Oh ? » Matthew se redressa et attrapa son menton. « Très bien, François. » La lèvre supérieure de Francis se froisse au ton taquin. « Dis-moi. Pourquoi as-tu quitté Paris ? Un scandale, peut-être ? » La voix de Matthew est hachée dramatiquement. « Un amant délaissé ? Un outrage politique ? Un dangereux passé qui allait te rattraper ? »

Un fin sourcil fut pris d'un tic et un plus léger se mit au coin de la lèvre de Francis. Il baissa ses cils et dit dans un souffle. « Désires-tu vraiment savoir, mon cher ? »

Matthew prit son menton entre ses mains et se pencha au-dessus de la table. « Je te l'ai déjà dit, souviens-toi. J'aimerais entendre tous tes vilains secrets. »

Francis eut une sorte de râle au fond de sa gorge qui siffla entre ses dents. Il se rapprocha jusqu'à ce qu'il soit tellement près de Matthew que celui-ci sentit la chaleur de son souffle sur joue. « Si tu insistes. La vérité, c'est que… »

« Où est-il ? » Une voix profonde et accentuée retentit soudainement à travers le restaurant bruyant. « Où est le garçon que mon Francis a enfin amené à la maison de son grandpa ? »

Matthew rit d'être autant désappointé, n'y croyant même pas. Francis ferma les yeux et mit les mains sur la tête. « Mathieu, my dear, on peut partir immédiatement… »

Matthew se rassit et sourit. « Je m'amuse en quelques sorte à te voir te tortiller de douleur. »

Les yeux de Francis eurent un éclat avant de se plisser. « Petit sadique.. Grandpa Roma ! » Francis se mit debout très vite et est immédiatement enlacé par un grand homme aux cheveux sombres qui l'embrassa sur les deux joues. Matthew sourit plaisamment, se préparant à être poli et silencieux et civilisé, et s'inquiéta du temps que prendrait cette interruption.

« Francis, mon garçon ! Où étais-tu passé récemment ? Trop occupé pour ta propre famille ? Pas le temps pour venir voir ton vieux grandpa ? » Le grand-père de Francis paraissait étonnamment jeune. Il avait les mêmes traits que Feliciano et Lovino, mais Matthew pouvait voir une part de Francis dans les gestes déchaînés et les yeux dansants de cet homme. Il leva le bras de Francis sur toute sa longueur et le jaugea de bas en haut. « Est-ce que tu manges comme il faut, Francis ? Tu ne peux pas vivre de gâteaux et de biscuits, mon garçon ! »

Le visage de Francis était rouge. Matthew ne put pas s'empêcher de le trouver attachant. « Oui, Grandpa, je sais. Maintenant, s'il te plaît… »

« Et, Matthew ! » Roma relâcha Francis et se tourna vers Matthew. Matthew se rua sur ses pieds et tendit la main, mais, une fois encore, il fut pris dans un fort câlin. « Welcome, benvenuto ! »

« Um… Enchanté de vous rencontrer… » sortit Matthew comme il put. Roma le relâcha et il put respirer. Il eut lui aussi le bras étiré alors que Roma l'examinait. Du coin de l'œil, Matthew pouvait voir Francis se taper le front avec le poing.

« Oh, n'est-il pas beau ! », cria Roma. « Le bon goût est de rigueur dans la famille. Bien trouvé, Francis, mon garçon, bien trouvé ! Que fais-tu dans la vie, Matthew ? »

« Je suis comptable », Matthew répondit rapidement.

« Comptable, hmm ? Quel genre de taxe peux-tu envoyer valser pour nous ? » Matthew essaya de bégayer une réponse incertaine avant que Roma lui tape l'épaule et rit bruyamment. « Je plaisante, je plaisante, Matthew ! »

« Est-ce que tu as fini ? », demanda Francis les dents serrées. « Je n'avais pas réalisé en fait que la famille entière aurait pu travailler ce soir. » La voix de Francis était dangereusement fatiguée.

« Bien sûr, tu ne l'avais pas réalisé ! Je suis sûr que tu as des choses bien plus importantes à faire que d'être interrompu par tes proches odieux toute la soirée. Alors… » Roma siffla et, quelques secondes plus tard, un serveur apparut en apportant un sachet en plastique avec des récipients pleins de nourritures et une seconde bouteille de vin. Roma sourit à Matthew et lui fit un clin d'œil. « Alors foutez le camps. »

Matthew décida qu'il aimait le grandpa de Francis.

« C'est incroyable ! », dit Matthew pour la troisième fois, à la moitié de la plus délicieuse des pâtes à la carbonara qu'il n'avait jamais goûté. Il s'était à peine arrêté à ce stade pour s'inquiéter de l'horreur qu'il était en train de faire en essayant de manger des fettucine * (*longues pâtes italiennes proches des tagliatelles) sur ses genoux dans un récipient en plastique avec une fourchette en plastique. Bien sûr, il savait qu'il y avait quelques tâches de sauce sur son haut, et il était hyper-conscient des yeux de Francis sur lui, mais ces onctueuses, riches et éclatantes saveurs sur sa langue les rendaient trop importantes pour s'intéresser à autre chose. Francis rit doucement derrière lui.

« Les meilleures pâtes hors de l'Italie. Peut-être, même, de par le monde. »

Matthew regarda les lumières brillantes réfléchies sur l'eau. L'endroit n'était pas aussi mauvais qu'il le pensait au premier abord. Assis là sur ce banc à côté de Francis, mangeant des pâtes et se passant une bouteille de vin de part et d'autre, la ville semblait quelque peu belle. La nuit était étrangement chaude par rapport à la saison, la lumineuse poussière des étoiles brillait faiblement au-dessus de la ligne scintillante du ciel, et quelques personnes dépassaient l'endroit où ils étaient assis près de la rivière. Matthew avala une autre bouchée de pâtes à la crème, puis regarda Francis du coin de l'œil. « Alors, faire de la magie avec de la nourriture est une particularité de la famille ? »

« Un cadeau, et une malédiction. »

Matthew éleva un sourcil de curiosité.

Les yeux de Francis brillaient d'une espièglerie familière. « La légende raconte qu'un de mes lointains ancêtre était le cuisinier en chef d'un Empereur de Rome. »

« Oh ? » En faisant un effort, Matthew empêcha ses lèvres agitées de sourire. « Lequel ? », demanda-t-il, sérieux.

Francis bougea sa main avec une grâce naturelle. Il avait fini ses pâtes, mais il était toujours aussi soigné et raffiné sur lui. Francis mangeait avec élégance, il était toujours élégant. « Oh, un de ses empereurs qui aimait manger, tu sais. »

« Caligula ? » Matthew devina au hasard.

« Oui, oui, ça doit être lui. Peu importe, selon l'histoire, cet Empereur devait donner un très grand et très important festin. La nuit avant le festin, il appela son cuisinier en chef devant le trône. L'Empereur lui dit que s'il ne créait pas le plus merveilleux, le plus étonnant et le plus délicieux repas qu'il n'ait jamais goûté, alors il crucifierait le chef. » Francis s'arrêta pour prendre une gorgée de vin à la bouteille, puis la passa à Matthew. « Le chef était, naturellement, très inquiet. Alors il appela le Dieu sombre des enfers, Hades. »

« Tout comme toi. » Matthew cacha son sourire en prenant une lampée depuis la bouteille.

Les yeux de Francis se plissèrent très légèrement, mais il continua doucereux. « Il fit un pacte avec le Dieu. En échange du meilleur talent culinaire connu de par le monde, le chef devait donner son âme aux enfers. Et en retour, tous ses descendants seraient bénis du même talent et de la même malédiction. A moins que… » Francis laissa traîner pour le taquiner.

« A moins que ? » relaça Matthew, ses yeux dans ceux de Francis, amusé et magnétique.

« A moins que, à travers son talent, le descendant soit capable de faire en sorte qu'une seule bonne personne au cœur pur tombe amoureuse de lui. Si nous sommes capables de le faire, nous sommes sauvés de la malédiction. »

Matthew releva ses sourcils, sceptique. « Au cœur pur ? C'est comme un film Disney. »

La voix de Francis, aussi onctueuse que du sucre liquide, devint légèrement profonde, amusée et même un peu rauque. « Quelqu'un comme toi, mon cher. »

Un frisson de désir parcourut l'épine dorsale de Matthew, mais il rit pour s'en désintéresser et regarda vers la rivière. « A combien de garçons as-tu dis cela, je m'en inquiète. »

Francis l'ignora. « Mais, il y a un piège. »

Matthew prit une gorgée du vin rouge si fort. « Il y en toujours. »

« J'ai l'impression que tu ne le prends pas sérieusement, my dear. » Matthew sentit ses yeux revenir vers lui, et ceux de Francis semblait le mettre au défi. Cette vision embrasa la peau de Matthew. Il essaya d'avoir un sourire sarcastique, mais il ne fut pas sûr d'y être arrivé.

« Oh non, s'il te plaît. C'est quoi le piège ? »

Francis se pencha pour la bouteille de vin et enroula sa main autour de celle de Matthew. Matthew sentit ce toucher s'étirer jusqu'à ses pieds le long de ses veines. Francis lui renvoya un sourire taquin… le sien était mieux réussi. « Si nous arrivons à faire en sorte que cette bonne personne au cœur pur tombe amoureuse de nous, alors nous regagnons notre âme… mais nous perdons notre talent. »

« C'est vrai ? » Matthew était vraiment certain que son ton saccadé avait ruiné son intention d'être sarcastique. « Dans ce cas alors… ce n'est pas si mauvais ? »

Francis porta doucement la bouteille à ses lèvres, sans relâchet la main de Matthew entourant celle-ci. Il but doucement, ses yeux ne quittant pas ceux de Matthew. « L'amour ou la renommée. C'est un choix facile, non ? »

Matthew se sentit soudainement plus vivant et plus alerte. La chaleur constante de Francis à côté de lui, la pression douce de ses doigts, ses yeux aux lueurs de sirène. Mais même dans ce proche, perdu moment coup de sang, Matthew essayait de chasser ses inquiétudes de sa tête, il se préoccupait des allusions constantes de rencarts et de petits amis et de ce doute tenace à propos du nombre de fois que Francis avait dit ces mots. « C'est une légende intéressante. » Il réussit à le dire. « Est-ce que tu penses pouvoir échapper à cette malédiction ? »

Francis sourit et lui fit un clin d'œil. « J'y travaille. »

Matthew accrocha son regard, son cou brûlant. Il mit le couvercle sur son récipient en plastique et le mit sur le banc à ses côtés, puis il prit une nouvelle gorgée à la bouteille de vin. Il commençait à en ressentir vraiment les effets. « Alors, Francis », il demanda abruptement. « Pourquoi être parti ? »

« Parti ? », demanda Francis, confus.

« Pourquoi as-tu quitté Paris pour le Canada ? »

Francis se retourna pour être face à Matthew sur le banc et reposa son coude sur le support derrière eux. « J'ai faim de nouvelles expériences, Mathieu. Tu ne sais jamais ce que la vie va t'apporter. Parfois, il est difficile de quitter ce que tu as toujours connu, mais, parfois cela t'apporte quelque chose dont tu n'aurais jamais pu rêver autrement. »

Matthew sentit de la chaleur envahir sa poitrine à ses mots. C'était comme si Francis décrivait la propre expérience de Matthew. Il n'aurait jamais rêvé que quitté sa petite et paisible ville lui aurait amené quelqu'un comme Francis. La soirée entière depuis qu'ils avaient quitté le restaurant s'était déroulée de manière constante et facile. C'était si naturel de parler avec Francis, d'être juste avec lui. Mais encore plus naturel, c'était excitant. Les regards pas si subtils que ça, les sourires lumineux et cachés, les touchers dans les cheveux et les lèvres martyrisées et les brefs contacts des mains et des pieds. Cet état de conscience sur le fait que tous les deux savaient ce qu'il était en train de se passer et où ça les mènerait la douce anticipation et brûlure les faisaient encore attendre. Mais maintenant que la nuit devenait plus calme et que les silences entre eux s'allongeaient, Matthew ne peux s'arrêter de penser aux précédentes conversations. Il posa la question avant de le constater par lui-même. « Est-ce que tu as eu beaucoup de rendez-vous, Francis ? »

Le souffle coupé de Francis et le bref silence lui donna la réponse. Mais alors il rit de manière désinvolte. « S'il te plaît, c'est rien. Tu sais comment sont les amis et la famille. Ils adorent faire un drame avec rien. »

Matthew accepta la réponse pour le moment. Après tout, il ne voulait pas être indiscret. « Je comprends. Alfred est pareil. »

« J'aimerais rencontrer Alfred. »

A cette seule pensée, Matthew pâlit. Il secoua la tête, ses yeux ouverts. « Non. »

Francis sourit, même si son expression devint perplexe. « Pourquoi pas ? »

Matthew le dit avant de pouvoir s'arrêter. « Parce que tout le monde le préfère. »

Francis sembla amusé et sceptique. « Nous verrons cela. Mais arrêtons de parler de ton frère. Tu ne m'as rien dit à propos de ta journée de travail. »

Matthew pouvait s'en sentir son visage se décomposer. Il haussa les épaules et fixa la rivière. « Il n'y a rien à dire. C'était comme tous les autres jours. »

« Tu n'aimes pas ton travail. »

Les yeux de Matthew se ferment. Francis posa son menton sur sa main, un mélange de curiosité et d'empathie sur le visage. Matthew soupira et haussa une épaule. « C'est mon travail. Je suis chanceux. »

« Mais ce n'est pas ta passion. »

Matthew fronça les sourcils, un petit peu ennuyé – c'était une chose déloyale à dire. « Il y a très peu de personne qui font ce qu'elles aiment, Francis. »

« Et qu'aimes-tu ? »

Matthew ne répondit pas. Il ne savait pas comment y répondre.

Francis demanda à nouveau. « Qu'est-ce que tu voulais être ? Enfant ? »

Matthew eut un rire bref. « Joueur de hockey professionnel. »

« Et pourquoi as-tu abandonné ? »

Matthew roula les yeux. « Ce n'est pas un but très facilement réalisable, non ? »

« Eh bien, même si… tu aimes patiner ? Jouer ? »

Matthew regarda la bouteille presque vide alors qu'il pensait à la question. Il adorait patiner – tellement. Il n'y avait pas pensé depuis des années. Parce que, eh bien… parce que c'était inutile, non ? « Eh bien… oui, mais… »

« Est-ce que tu patines encore ? » Matthew releva son regard. Dans les lumières réfléchies par la rivière, les yeux de Francis semblait le transperçaient.

« Non. Je n'ai pas le temps. Mais… » Matthew était incertain du pourquoi il s'arrêta de parler.

Francis inclina légèrement sa tête. « Mais ? »

« Eh bien… » Ses souvenirs s'imposèrent. Glisser seul sur un lac de glace avec la buée de son souffle juste devant et le soleil descendant dans le ciel clair assombri. Courir le long d'une patinoire pleine, slalomer aisément entre les patineurs et attraper Alfred dans un câlin par derrière. Les battements du cœur d'excitation avant chaque match, le frisson sauvage et vertigineux de la victoire avec rien dans la tête avant de marquer. « J'aimais le hockey enfant. Même juste patiner sur la glace, par moi-même. J'ai toujours pensé que ce serait super d'avoir sa propre patinoire, une sans les sages et les nobs avec lesquels tu peux te retrouver. Juste quelque chose d'amical, où les enfants pourraient apprendre, avec des leçons de hockey et de danse et un petit café autour. » Matthew haussa les épaules et mit ses cheveux en arrière, un peu embarrassé. « Huh. Je ne l'ai jamais dit à personne. » Matthew sursauta quand il sentit la main de Francis le toucher, enlevant des cheveux de son visage. Le toucher donna la chair de poule à Matthew dans le cou.

Francis rencontra le regard de Matthew et resta silencieux un moment. Sa voix, quand il parla, n'était pas taquine ou moqueuse ou rude. Elle était simplement honnête. « J'espère entendre encore plein de choses que tu n'as dites à personne. »

Le chemin jusqu'à la pâtisserie de Francis prit deux fois plus de temps que cela aurait dû. Ils marchaient d'un pas tranquille, tout doucement, les bras se touchant presque. L'estomac de Matthew se serrait à chaque fois que leurs mains se caressaient brièvement. Ils n'avaient presque plus parlé depuis qu'ils avaient quitté la rivière, mais ils se sentaient vraiment à l'aise avec cela. Comme s'ils n'avaient pas besoin de parler. Quand Francis s'arrêta soudainement, il fallut un moment à Matthew pour remarquer pourquoi – ils étaient devant la porte de la pâtisserie. Son estomac serré s'en retrouvait retourné complètement. Il se retourna lentement vers Francis, leurs yeux se rencontrant.

« Alors. Eh bien. Um. Merci pour ta présence. » Matthew se trouva lui-même en train de revenir à de la politesse, alors qu'il le faisait toujours quand il était nerveux. « Et pour m'avoir invité à dîner. C'était un merveilleux moment. »

« Je ne pourrais jamais assez m'en excuser… » Francis regarda le sol et fit courir une main dans ses cheveux blond lâché. « Ah, c'était un désastre complet. »

Matthew ricana. « Eh bien, oui. Mais intéressant. »

Francis soupira dramatiquement et releva ses yeux du sol vers le ciel. « Comme je voulais que notre premier rendez-vous soit parfait et romantique, darling. Pas… intéressant. »

« Oh, ce n'était pas si mal. » Matthew était en fait rassuré que Francis ne soit jamais aussi suave et parfaitement charmant que la première fois. Matthew ne savait pas comment il aurait pu le supporter longtemps. « Après tout, c'est en train de tourner proche du « parfait et du romantique », là maintenant. »

« Hm » Francis soupira doucement et baissa ses yeux à nouveau. « Je crois que vous devriez être correct, Monsieur. »

Le cœur de Matthew battit plus fort au regard perçant de Francis. « Après tout, je me suis amusé en rencontrant ta famille. Et je vais rencontrer encore plus de tes amis demain aussi, non ? »

Les yeux de Francis se rétrécirent, son expression légèrement tortueuse. « Tu en as rencontré beaucoup trop de mon côté. Il faudrait que j'en obtienne davantage, my dear. »

Matthew haussa ses épaules en guise d'excuse. « Il y a seulement Alfred de mon côté, j'en ai bien peur. Et, eh bien, il y a aussi Kumajiro. »

Les sourcils de Francis se fermèrent. Il le regarda en travers. « Kumajiro ? »

Matthew rencontra les yeux de Francis comme il le pouvait. « Oui. Il vit avec moi. Il partage tous mes secrets et dort dans mon lit chaque jour et me surveille tous les soirs. » A l'expression perplexe de Francis, Matthew lui fit un sourire. « Mon ours en peluche. »

Le visage de Francis s'adoucit et il ricana avec légèreté. « Eh bien. Juste au moment où je pensais que tu ne pouvais pas être encore plus adorable, my darling. »

Matthew regarda par terre et s'inquiéta de la tournure des évènements : le contact visuel constant, les caresses de la main, la chaleur donnant des ailes et ce sentiment douillet et familier. Mais il ne voulait rien précipiter, il ne voulait pas faire une erreur là-dessus, non, il… mais alors Francis s'avança d'un pas vers lui et posa sa main légèrement sur la hanche de Matthew. Les yeux de Matthew s'envolèrent vers le haut et ses lèvres se séparèrent. De la chaleur se répandait depuis la main de Francis sur sa hanche, jusqu'à son dos, à travers son estomac, redescendant plus bas comme du feu. Les yeux de Francis brûlaient dans les siens et envoyaient des papillons dans les épaules de Matthew. Il s'approcha encore, juste au moment où Matthew réalisa que Francis allait l'embrasser, il effaça la distance entre eux lui –même. Les lèvres se touchèrent fermement, doucement, et Matthew gémit, incapable de s'arrêter.

L'accumulation des regards en coin de la semaine et des touchers et des jeux de mots se répandit en Matthew comme une secousse électrique. Il plaça ses mains sur les épaules de Francis, puis les descendit dans son dos. Francis le rapprocha de lui par les hanches et enfonça sa langue durant le baiser. Et oh, pas que Matthew puisse vraiment le comparer à beaucoup d'autres, mais Francis l'embrassait de la manière la plus extraordinaire que Matthew ait connu de son expérience limitée. Sa langue si légère et ferme, ses lèvres douces mais fortes, ses cheveux agréables chatouillant les joues de Matthew et sentant faiblement la lavande, la sensation irrésistible du toucher et du parfum de Francis, le goût de tomate et de menthe et encore la faible note de chocolat… Matthew arrêta le baiser à contre cœur pour prendre un peu d'air, légèrement conscient qu'il n'avait même pas respiré pendant une minute environ. Il rit et en trembla, ses bras enlaçant toujours Francis fermement.

« Eh, bien », dit Francis à bout de souffle, ses lèvres caressant celles de Matthew alors qu'il parlait. « Je suppose que c'est vrai ce qu'on dit sur les joueurs de hockey. »

Matthew se secoua le cerveau pour trouver une explication. « Quelque chose à propos des crosses ? »

Francis étouffa un ricanement. « Non. C'est qu'ils trouvent une ouverture et s'y engouffrent. » Matthew le fixa un moment, un peu perdu. Heureusement, Francis clarifia pour lui. « Joueurs de hockey. Trouver une ouverture. C'est un épouvantable jeu de mots, je sais. Um… C'est terriblement bizarre. On peut s'embrasser encore, s'il te plaît ? »

Matthew acquiesça vite. « Oui. » Le second baiser était aussi puissant que le premier, mais plus lumineux, avec des rires incontrôlables entre leurs lèvres. Matthew n'avait jamais ressenti quelque chose d'aussi bien que cela, d'être aussi à l'aise, que ce soit aussi parfaitement naturel et facile et excitant à en avoir les genoux par terre.

Mais maintenant ? Est-ce que Francis va lui dire d'entrer ? Comment ça va marcher ? Matthew n'avait eu que quelques rendez-vous, mais d'après tout ce que le monde disait Francis semblait en avoir eu beaucoup. Il s'inquiéta soudainement de ce que cela voulait dire. Là il s'inquiéta du regard étrange et conflictuel de Francis, qui rendait son visage incertain, et encore Matthew eut peur d'avoir fait quelque chose de mal. Il commença à ramener ses mains, mais Francis lui attrapa les bras à la dernière minute. « Prends le petit déjeuner avec moi. »

Matthew ne pouvait qu'être d'accord. « A quelle heure tu me veux ? » Les mots sonnèrent hachés sans qu'il ne le veuille. Francis râla.

« Ne me tente pas. Aussi tôt que tu peux être ici, darling. Je commence à faire le pain à quatre heures. »

Matthew mordit sa lèvre, acquiesça, et se dit que c'était bon signe. Francis n'était pas en train de l'inviter, mais il voulait vraiment le voir – il voulait probablement faire les choses doucement. « J'aime dormir le samedi », dit Matthew dans ce qu'il espérait être un ton indifférent. « On peut dire, huit heures ? »

« Mm » Francis serra Matthew contre sa poitrine. Toute pensée de paraître indifférent s'envola aux lèvres de Francis sur sa joue, sur ses lèvres, sur sa mâchoire, sur son oreille… « J'attendrai ton arrivée en suspendant mon souffle et avec des crêpes au sirop d'érable. »

Matthew rit et trembla au souffle chaud contre son oreille. « Alors je ne serai pas en retard… mon cher. »

Je vais essayer de vous poster le chapitre suivant dans une quinzaine de jours. J'ai déjà commencé, mais c'est loin d'être terminé.