Chapitre 4
Bière et Bretzels
Assurez-vous que vous ayez bien vos pass M pour rentrer à la soirée awesome de Gilbert.
Avertissements : C'est l'anniversaire de Gilbert, donc BFT réuni au complet (mention de sexe, de bondage, de drogue et d'ivresse). Je rappelle que le comportement du BFT et de leurs amis n'est pas un exemple à suivre, surtout en matière de vidéos.
Bonne soirée chez Gilbert !
Personnage OCS SUPPLEMENTAIRE :
Charlotte – Belgique
Lars – Pays-Bas
Bruce – Australie (Et dîtes que c'est un personnage super dans vos reviews, l'auteur d'origine est australienne ))
Note de traduction : J'ai mis des * dans le texte pour expliquer certains passages que je ne pouvais pas vraiment retranscrire en français ou des précisions pour ne pas vous perdre en route. Ce chapitre a été très long à traduire puisqu'il fait plus de 11 000 mots en français, ce qui explique mon retard de publication.
Après un long et paresseux petit déjeuner, un parfait repas à 3 heures et une simple et divine partie de thé dans l'après-midi, composée de cupcakes à la verveine, de thé au citron et de crème brûlée à la lavande, Matthew commençait à envisager sérieusement certaines choses. La première était de ne jamais remanger. La seconde de rejoindre un club de gym. La troisième était de sauter de l'autre côté du comptoir de la pâtisserie, d'attraper Francis par le col et d'embrasser fort le tentant, magnifique et vraiment délicieux artisan comme il ne l'avait jamais été. Matthew chassa ses cheveux de son front chaud, un peu brûlant à cette pensée. Toute la journée, il a dû se battre contre ces indécentes images mentales qui le faisaient rougir – Toute la journée, il perdait contre elles. Depuis cette intense, véritable et luxurieux baiser à se mettre par terre de la nuit dernière, Matthew n'arrêtait pas de penser à Francis d'une façon beaucoup plus stimulante que d'accoutumée. Ce seul baiser promettait tellement plus. Ce samedi entier et parfait en promettait encore plus encore. Les regards, les touchers, les baisers très brefs au-dessus du comptoir la voix de Francis onctueuse et taquine, ses yeux lumineux et détonants, ses doigts caressant doucement les lèvres de Matthew.
« Tu devrais bientôt rentrer à la maison, my dear. »
Matthew pâlit brusquement, sursautant à cette intrusion dans ses pensées qui s'enflammaient de plus en plus. « Huh ? A la maison ? »
Francis se pencha de manière décontractée sur le comptoir, avec un léger sourire. Il avait des tâches de farine sous ses yeux – Matthew trouvait que c'était trop adorable pour avoir à l'enlever. « Oui, mais juste en coup de vent. Pour te changer pour la fête de Gilbert. A part que tu veuilles venir comme tu es, couvert de farine et de chocolat… » Francis lui fit un clin d'œil. « De toute façon, darling, tu seras fabuleux. »
Matthew regarda le désordre sur son haut – le résultat d'une tentative ratée pour faire un pain qui avait terminée dans une petite bataille de nourriture – et sentit ses épaules s'affaisser soudainement. Bien sûr, cette fichue fête. Il s'empêcha de râler, essayant de ne pas montrer sa déception en se le faisant rappeler. Matthew n'avait pas envie de sortir et de partager Francis ce soir. Il ne voulait pas se mêler à des gens qu'il ne connaissait pas et qui oublieraient probablement son nom en cinq minutes. Non, Matthew voulait rester là dans cette chaleureuse et magique pâtisserie, il voulait sourire, faire des clins d'œil et frôler ces mains il voulait toucher Francis et l'embrasser et le presser contre lui et peut-être même…
« Mathieu ? Mon cher ? »
Matthew releva ses yeux inquiets vers le regard amusé de Francis en toute connaissance. Il se racla la gorge immédiatement et rabaissa sa tête. « Um, oui. Bien sûr, c'est vrai. »
Francis plissa son front, préoccupé. « Tu ne sembles pas ravi. »
Matthew bougea ses épaules. « Pour être honnête, je suis un peu nerveux. »
L'expression de Francis devint confuse. « Qu'est-ce qui te rends aussi nerveux ? Tu as déjà rencontré la moitié des invités. »
Matthew ne répondit pas de suite. C'était vrai, il avait déjà rencontré les amis les plus proches de Francis – en fait, c'était quelque part ce qui le rendait encore plus anxieux. Ils étaient sympas, c'était sûr, mais aussi bruyant et un peu autoritaire et Matthew n'était jamais vraiment à l'aise avec les gens. Le laisser seul au milieu de leur attention et… « Eh bien… et s'ils ne m'aiment pas ? »
La confusion de Francis devint incrédulité. « C'est complètement absurde, ils vont t'adorer – comment ne le pourraient-ils pas ? Maintenant arrêtes de penser à des choses ridicules, habilles-toi avec quelque chose de convenable, serré et magnifique, et sois juste aussi adorable, charmant et fabuleux. »
Matthew ne put s'empêcher d'éclater dans un rire autocritique. Comment avait-t-il fait pour trouver la seule personne au monde qui pouvait penser à lui comme charmant et fabuleux ? Et pourquoi, quand Francis le disait, Matthew arrivait à le croire ? « Très bien, darling. » Matthew repoussa ses cheveux avec sarcasme. « Je vais rentrer à la maison, me faire une beauté et attendre ton carrosse. »
Francis rit clairement et attrapa la main de Matthew, entrelaçant leurs doigts sur le comptoir. « Si seulement j'avais un carrosse pour mon prince. Est-ce qu'un taxi fera l'affaire ? »
Matthew essaya de soupirer et de feindre l'exaspération. Mais le toucher de Francis lui avait envoyé un frisson et des picotements à travers la peau, et il fut un peu inquiet que le son qu'il avait sorti ressemble à un gémissement. Avant qu'il ne puisse s'embarrasser lui-même encore plus, Matthew ramena sa main, se leva et se dirigea vers la porte. « Eh bien, j'attendrai ton taxi. Et il y en a qui disent que le romantisme est mort… »
Le rire claire de Francis suivit Matthew à travers la porte et dans l'air chaud du soir. Oh, s'ils pouvaient continuer ce jour parfait tout seuls et voir où cela les mènerait… Matthew soupira pour lui-même et maudit silencieusement Gilbert pour avoir la plus terrible des dates d'anniversaire de l'Histoire.
La maison de Gilbert et Roderich était grande, ouverte et spectaculaire. Matthew regardait autour de lui, en entrant, stupéfait et impressionné. Les invités occupaient l'amusante salle centrale : discutant sur le large parquet ciré et poli, se pressant autour d'un meuble élégant et sombre, jouant autour d'une énorme table de billard aux lampes éclairées. Un long bar en bois courrait le long du couloir, couvert d'une myriade de bouteilles et de verres colorés, dont certains venaient de ce groupe de fichu heavy metal Allemand (intolérable pour les plus polis d'entre eux).
D'un côté de la pièce, un bel escalier assez complexe menait à l'étage, et de l'autre, des baies vitrées donnaient sur une pelouse intéressante. Le lieu semblait sorti d'un magazine d'architecture, mais il avait également le style de décoration le plus éclectique que Matthew ait jamais vu. La sculpture bizarre d'une bouteille de bière avait sa place à côté d'un grand piano lustré dans un coin un fragment complexe d'une musique médiévale était encadré à côté d'un poster de Bert et Ernie* (*deux poupées du muppet show).
« Wow », dit Matthew doucement, se pressant contre Francis alors que les autres invités discutaient autour d'eux, tous dans des styles de vêtements très variés et à différents stades d'ivresse. « Que font Gilbert et Roderich dans la vie déjà ? »
Francis se rapprocha de lui pour être entendu à travers la musique assourdissante. « Gilbert fait tout sauter et Roderich est un concertiste. »
Matthew regarda Francis interrogateur. « Il fait tout sauter ? »
« La démolition. Roderich est un compositeur à succès, aussi en tant que joueur de piano, et il, uh… » Francis embrassa d'un geste la salle stupéfiante. «… garde Gilbert dans ce train de vie jusqu'à ce qu'il s'y soit habitué. »
Matthew haussa un sourcil. Un agent de démolition et un compositeur… « Alors, l'un crée pour les vivants et l'autre détruit. »
« Que c'est poétique, darling ! » Francis sourit de manière lumineuse, qui fit monter le cœur de Matthew en flèche. « En fait, cela résume comment ils se sont rencontrés. Gilbert était chargé d'un projet de démolition pour une vieille salle de concert reçue en héritage dans la ville Roderich était responsable d'une campagne pour la sauver. Je suis sûr que tu peux imaginer qu'ils ne sont pas très bien entendus lors de leur première rencontre. »
Matthew fut immédiatement fasciné. « Mince alors ! Comment se sont-ils mis ensemble alors ? Qu'est-il arrivé à la salle de concert ? Et comment… » Matthew fut abruptement interrompu par un petit groupe jouant des coudes, se cognant fortement contre Francis quand ils passèrent. Francis l'aida à se redresser et, presque inconsciemment, Matthew attrapa sa main. Il se sentit immédiatement complètement ailleurs et sourit pour s'excuser. « Désolé. Je ne suis pas très doué avec les foules. »
Francis serra la main de Matthew. « Tu es parfait, darling. »
Matthew sentit de la chaleur se répandre dans son corps aux mots de Francis et à ses caresses, faisant rougir son cou et ses joues. Il rit nerveusement. « Désolé, um… Qu'est-ce que je demandais ? Ah, oui… A propos de Gilbert et Roderich… »
Francis fit non de la main. « Ce sera une histoire pour une autre fois. Là maintenant, je pense que nous devrions prendre un verre. »
Matthew ne pouvait qu'agréer – il faisait vraiment trop chaud dans cet endroit. Francis l'accompagna au bar et lui imposa une bière au nom germanique imprononçable que Matthew goûta un peu trop vite. Francis commença à se verser un verre de vin. Seulement il se fit accoster sans prévenir par une tâche de cheveux blancs. Le vin rouge se répandit sur le bar car Francis se retourna vivement. « Mon Dieu, Gilbert, dis-moi que tu n'es pas déjà ivre ? »
« Ivre ? » Gilbert grogna de manière arrogante. Il tenait fermement une bière, avait un chapeau rouge de fête sur la tête et portait un T-shirt rose et criard avec écrit dessus : « Spank Me, It's my Birthday*. » (*Donne-moi la fessée, C'est mon Anniversaire). « Ne sois pas stupide, je ne suis jamais ivre. Matthew ! Qu'est-ce que tu m'as apporté ? »
Matthew devint rouge. Ayant passé la majorité des deux derniers jours distrait par la nourriture et Francis, il n'avait même pas pensé au cadeau d'anniversaire de Gilbert. Et même s'il s'en était souvenu, où était-il supposé trouver les pantalons en soie ou les pipes sculptées du XVIIème siècle en quelques jours… « Je…um… »
Heureusement, Francis détourna l'attention de Gilbert en lui remettant un petit paquet emballé et brillant de sa poche. « Bon anniversaire, mon ami. De la part de nous deux. »
Gilbert se saisit du cadeau et commença à le déchirer. « Qu'est-ce que c'est ? Tu ne m'as pas donné des chaussettes au moins ? Francis, si c'est l'un de ces bizarres g-string*(*c'est encore plus petit qu'un string ordinaire) en cuir que tu m'as donné l'année dernière, je t'ai déjà dit que ces choses ne sont pas assez grandes pour contenir mon énorme… ».
…égo », finit Roderich d'une voix douce, un sourire déjà résigné sur le visage alors qu'il se mettait aux côtés de Gilbert et attrapait fortement son bras.
Gilbert arrêta son désemballage et regarda Roderich de biais. « J'allais dire… »
« Nous sommes quelque peu conscients de ce que tu allais dire, Gilbert, il n'y a aucune raison valable pour être vulgaire. » Roderich sourit avec grâce. « Bonsoir, Matthew, Francis. Je suis sûr que Gilbert va devenir un hôte courtois ? »
Francis ricana de manière évidente et prit une gorgée de vin, mais Gilbert se mit à dire. « Hell yeah, je suis un gars super agressif lors de sa fête. » Il prit un bol du bar et l'offrit à Matthew avec un rictus. « Bretzels ? »
Matthew sourit poliment et refusa d'un mouvement de tête. « Non merci. Mais, joyeux anniversaire. Et bonsoir, Roderich. Votre maison est surprenante. J'aime bien, um… » Matthew s'arrêta. « … le poster de Bert et Ernie. »
Francis ricana le plus doucement possible. Roderich ne fit que soupirer et rouler les yeux. « L'une des décisions les moins raffinées de Gilbert en matière de décoration. »
Gilbert haussa les épaules et lança le bol de Bretzels sur le bar. « Hey, c'est meilleur que cet insipide petit coloriage dans le hall. »
L'expression de Roderich était partagée entre l'acceptation et le dédain. « Tu parles du Monet. »
« N'importe comment ça s'appelle. » Gilbert retourna au déballage de son cadeau, en marmonnant. « Je peignais de plus jolis tableaux quand j'avais cinq ans. » Juste au moment où il sortit une petite boîte aplatie du papier coloré, Gilbert fut interrompu par quelqu'un lui sautant sur le dos et passant ses bras autour de son cou.
« ¡ Feliz cumpleaños, mi amigo ! Haha, tu es si vieux ! Tu es trop jaloux maintenant, je le sais, parce que je suis plus jeune et plus beau que tu ne le seras plus jamais. Admets-le, amigo. Admets-le ! »
Gilbert griffa désespérément les bras autour de sa gorge. « Peux pas… respirer… » L'espagnol rieur retomba sur le sol et Gilbert rechercha de l'air. « Jésus Christ, Antonio… »
Antonio cria fort et pressa ses mains sur les oreilles du jeune homme, paraissant s'ennuyer à ses côtés. « Ne blasphème pas devant mon petit Lovi ! »
Irrité, Lovino donna un coup à l'espagnol pour l'éloigner. « Tu vas me lâcher, bâtard ? Christ, tu es si agaçant ! » L'Italien fit un signe pour maudire leur groupe de personnes avant de dire. « Roderich, je dois te parler de quelque chose. Antonio, par tous les Dieux, sois damné, arrêtes de me tripoter ! »
Roderich acquiesça de soulagement, prit une bouteille de vin et deux verres du bar et fit signe à Lovino de le suivre. « C'est bizarre que tu le mentionnes, Lovino, il y a aussi quelque chose dont j'aimerais parler avec toi… »
Au moment où Roderich et Lovino partirent, Antonio attrapa le bras de Francis. « Cousin Francis, je dois te parler aussi. Seul. S'il te plaît, ne sois pas offensé Matthew, c'est quelque chose d'incroyablement ennuyant… »
Matthew commença immédiatement à paniquer à l'idée de rester seul dans cette situation inhabituelle. « Oh, okay… » Il fixa Francis avec les yeux grands ouverts, celui essayait sans succès de s'échapper de la poigne d'Antonio.
« Antonio, darling. » Francis parla avec un ton faussement chaleureux, à travers un sourire forcé et serré. « Je pense vraiment que cela peut attendre… »
« Non, non. » Gilbert mit son cadeau encore fermé dans sa poche avant d'attraper l'autre bras de Francis, prenant son verre de vin dans la manœuvre. « J'ai bien peur d'être d'accord avec lui. Il y a certains problèmes qui nécessitent d'être discutés incessamment. Désolé, Matt, on ne sera pas long. Amuses-toi, discutes avec les gens, débrouilles-toi avec les Bretzels. Allons-y, Francis. »
Francis envoya à Matthew un dernier regard désespéré avant d'être embarqué en dehors de la salle. Et alors, Matthew fut entièrement seul. Il sentit son cœur défaillir, une légère panique prit sa gorge et il prit une longue gorgée de bière pour tenter de se calmer. Il regarda la salle pleine de monde, perdu et timide et se mit doucement dos au mur. Il n'y avait pas de quoi s'inquiéter, Matthew essaya de se dire cela. Après tout, personne ne semblait le remarquer dans ce genre de situation, de toute façon. Mais c'était bizarre, vraiment, comment cela le frappa si fortement : à quel point il se sentait étrange et vide en l'absence de Francis.
La cuisine était vide, presque silencieuse, et sentait délicieusement bon. La musique assourdie traversait les murs et des plats de nourriture couvraient chaque recoin de la grande salle. Francis grogna presque quand Gilbert et Antonio l'avaient pratiquement jeté contre le coin en marbre. « Que pensez-vous être en train de faire ? »
Antonio ouvrit le frigidaire, sortit trois bières et en donna une à Francis qui l'attrapa avec lassitude. « Juste avoir une conversation amicale, amigo, » dit-il chaleureusement, proposant la seconde bière à Gilbert.
Gilbert prit la bouteille avec adresse, l'ouvrit dans un craquement et prit une gorgée. Il se mit en face de Francis, ses yeux étrécis et sa main sur la hanche l'image même de l'autorité, si seulement il ne portait pas son chapeau rouge de fête et son T-shirt rose si voyant. « Tu l'as déjà baisé ? »
Le sang de Francis ne fit qu'un tour, ses épaules se tendant d'indignation. « Je te demande pardon ? »
Gilbert roula les yeux d'impatience. « Je vais reformuler. As-tu été déjà engagé dans une relation sexuelle avec lui ?
Francis sentit ses yeux s'agrandir et son poing se resserrer sur sa bouteille de bière non ouverte. « Quoi ? », cria-t-il presque.
« Matthew », crut bon de préciser Antonio, en s'allongeant sur un banc proche et s'enfilant les bretzels d'un bol entre deux gorgées de bière. « Le comptable sexy. »
Francis dut s'empêcher de se taper le front. « Je savais de qui il parlait, Antonio. »
« Uke ou seme ? », demanda Gilbert avec impatience.
Francis le menaça du regard. « Qu'est-ce que ça peut faire ? »
Gilbert parut incrédule. « Mais ça tout à voir avec tout ! »
Francis soupira de frustration. « Gilbert, tout le monde n'entre pas dans ces petits rôles que tu essayes et dans lesquels tu les places. »
« Je pense qu'il est vierge. », ricana Antonio. « Hey, Francis, hey, et s'il est vierge ? »
Francis était en fait un peu inquiet à ce propos. Il n'avait pas envie d'y penser. « Les vierges ne sont pas vraiment aussi amusants que tu pourrais le penser, my dear. »
Antonio signifia son accord. « Oh mec, je le comprends ! »
« Qu'est-ce que vous êtes en train de dire merde, mon vierge était amusant. » Gilbert s'arrêta quand les autres le fixèrent du regard, puis continua très vite. « De toute façon, Francis, je m'inquiète que tu ailles vraiment trop loin avec ce pauvre homme, depuis que Feli m'a dit que tu l'avais amené à la Casa Vargas. » Gilbert secoua la tête, dépité. « Mauvaise idée, mec. »
Francis se dit de prendre une grande respiration. Gilbert et Antonio parlaient toujours comme ça. Mais cette fois-ci, c'était à propos de Matthew. Francis se sentait de plus en plus en colère de manière irrationnelle. Il essaya de répondre calmement. « Oui, la Casa Vargas était une décision mal avisée, j'en suis bien conscient. C'est pourquoi nous sommes vite partis. »
Les yeux de Gilbert se levèrent vers le haut. « Laisse-moi deviner. Tu te l'es tapé dans les toilettes des mecs. »
« Ooh, ooh », Antonio parla avec des bretzels dans la bouche. « Dans la coursive derrière le restaurant ! »
« Tu l'as sauté dans le taxi ? »
« Tu l'as baisé dans le couloir de l'entrée ! »
Francis sentit un grognement monter dans sa gorge. Maintenant ça allait vraiment trop loin… « Ce ne sont pas vos affaires ! »
Gilbert adressa à Francis un regard surpris. « Depuis quand ta vie sexuelle ne nous regarde pas ? »
« Depuis Matthew ! ». Les mots sortirent avant que Francis puisse les arrêter.
Gilbert et Antonio se firent silencieux, levèrent leurs sourcils et eurent un regard entendu. « Je t'avais dit qu'il l'aimait bien celui-là. », dit Antonio.
« Je le savais », acquiesça Gilbert.
Francis soupira quand il réalisa où ses amis voulaient en venir. Résigné face au destin, il ouvrit sa bière et prit une longue gorgée. Il n'avait jamais trop aimé la bière. « Vous pouviez juste demander, mes amis. »
« Tu aurais menti », dit Gilbert en soupirant de triomphe et en se mettant dos contre l'évier. « Alors, comment ça s'est passé cette nuit-là ? »
« Pas vraiment de manière aussi sordide que vous le pensiez. Non. Nous avons simplement mangé des pâtes et bu du vin au bord de la rivière. » Alors que Francis le disait et qu'il s'en souvenait, il ne put s'empêcher de sourire. Matthew avait été si doux, si intelligent et si stimulant par sa beauté. « Et alors nous sommes retournés à la pâtisserie. Et là… »
Antonio et Gilbert se rapprochèrent tous les deux. « Et là ? »
Francis essaya de cacher son sourire derrière sa bière. C'était ridicule. Il avait régalé ses meilleurs amis avec ses plus sombres et sales histoires d'escapades sexuelles une centaine de fois et, maintenant, il se sentait comme un adolescent très bête. « Et là, nous nous sommes embrassés. »
Antonio poussa en fait un cri perçant, rejoignant Francis dans la section « adolescent très bête ». Gilbert lança un capuchon de bière sur la tête d'Antonio avant de demander. « Il embrasse bien ? »
« Merveilleusement, darling. Mais il y a une chose. » Francis prit vite une nouvelle gorgée de l'effroyable bière Allemande. « Je ne lui pas demandé de me suivre à l'intérieur. »
Les sourcils de Gilbert grimpèrent au plafond. « Pourquoi ? »
Francis réfléchit avant de répondre, alternant entre le visage curieux de Gilbert et l'expression brillante d'attente d'Antonio. Pourquoi n'avait-il pas invité Matthew à l'intérieur la nuit dernière ? Pourquoi n'avait-il pas usé de tous ses charmes pour faire rentrer cet homme magnifique chez lui, puis le mettre dans son lit ? Francis voulait Matthew. Il le voulait plus qu'il n'avait jamais voulu quelqu'un. Alors pourquoi s'être arrêté ? Pourquoi n'avait-il pas couché avec le seul homme dont il était tombé amoureux ? Etait-ce parce que… « Parce que c'est ce que je fais avec tout le monde. Et Matthew n'est pas n'importe qui. Il est élégant, et drôle, et intelligent, et surprenant, et sexy, et… » Francis se mit à parler plus lentement alors qu'il réalisait ce qu'il disait. « Et j'ai envie que tout ce que j'ai fait avec lui soit spécial et unique, tout comme lui. »
Silence.
« Oh », dit Antonio finalement, pleurnichant audiblement et plaçant une main sur sa poitrine, fier. « Oh, Gil, regardes ! Notre ami a enfin grandi ! »
« Restez ensemble, mec », dit Gilbert d'un ton bourru. « ça craint. Comment sommes-nous censés faire si tu deviens monogame, Francis ? Ta vie sexuelle est notre meilleur divertissement, maintenant que nous sommes mariés avec des hommes. »
« Mariés ? », Antonio lança abruptement sa main sur son ami et perdit son expression immature. « Parles pour toi, Mme Edelstein. »
Gilbert répondit avec sarcasme. « C'est juste une question de temps, future Mme Vargas. Je ne peux pas attendre de te voir dans une adorable robe blanche ! »
Antonio rit et leur fit un clin d'œil. « Attendez juste de voir les robes roses des demoiselles d'honneur que j'ai trouvé pour vous deux. »
Francis s'allongea contre le banc, se sentant à la fois calme et soulagé que ses deux idiots d'amis se distraient ensemble avec leurs propres sarcasmes. Après seulement une semaine, Francis commençait à entrevoir un futur avec Matthew, quelque chose qu'il n'avait jamais vu avec quelqu'un d'autre auparavant. Et cela avait seulement pris une conversation dans la cuisine, relativement courte et indolore avec deux idiots occasionnellement utiles, pour le voir clairement. Il posa sa bière sur le banc et attrapa à la place une bouteille de Merlot et se servit un verre. Il était temps de se créer une porte de sortie. Aussi reconnaissant qu'il puisse l'être, Francis n'avait pas envie de rester toute la soirée dans la cuisine – il y avait un magnifique Canadien qui l'attendait. « Ce n'est pas mon problème si vous avez besoin de vivre par procuration sur ma vie sexuelle, puisque vous n'arrivez pas à en avoir une de votre côté. »
Gilbert leva un doigt d'avertissement. « Hey ! J'ai pas de problème de ce côté-là, laisse-moi te dire – Roderich s'étouffe* véritablement pour moi, baby ! » (*en fait, il y a un jeu de mot en anglais. Le verbe est to gag en anglais pour les deux astérisques, il veut autant dire se bâillonner que s'étouffer.)
Antonio parut consterné. « Oh mon Dieu, tu le bâillonnes* ? »
« Comment ? Non ! Enfin si, parfois ! Ecoutes, ce n'est pas le point le plus important. C'est à propos de toi, Francis, et le fait que, pour la première fois dans ta vie, un homme te plaît assez pour dîner avec lui, le présenter à tes amis et attendre plus de quatorze minutes pour faire l'amour avec lui. »
Heureusement, Antonio l'interrompit avant que faire la conversation revienne à Francis. « Pourquoi le bâillonnes-tu en fait ? Ce n'est pas comme si Roderich parlait tant que cela. »
« Est-ce que ton esprit va un jour… » Gilbert secoua sa tête. « C'est quelque chose, mec. Tu as vu les pornos de mon frère. »
« Pornos ? » Les yeux d'Antonio s'agrandirent d'incompréhension et de consternation. « Mierda Santa ! Tu ne le… enfin, tu sais… » Il s'allongea à nouveau sur le banc puis se releva. « l'attaches pas et tout ça ? Tu le fais ? »
Francis avait de quoi s'inquiéter pour l'innocence malmenée de son ami de vingt-sept ans. Gilbert, par contre, semblait ravi. Ses yeux brillèrent quand il répondit. « Seulement quand il est très vilain. »
L'expression consternée d'Antonio devint complètement horrifiée. « J'en suis malade, bâtard. »
« Hey, au pire, je ne baise pas mon cousin. », répliqua Gilbert.
Antonio leva ses mains pour se défendre. « Au troisième degré ! Pour la centième fois, Lovino est mon cousin germain ! Une fois dissipée et c'est fini ! »
Gilbert avait toujours trouvé que c'était trop amusant de taquiner Antonio. « Dissipée ? Qu'est-ce que tu as dissipé ? »
Francis ne put résister. « La génération s'est dissipée. Ça veut aussi dire qu'il a attrapé cette manie au berceau. »
« Non ! », cria Antonio. « ça veut dire, Gil, que Lovino et moi ne sommes pas plus liés par le sang que toi et n'importe quel Allemand que tu croiserais dans la rue à Berlin ! »
« Peu importe, mec. C'est dégoûtant la façon qu'ont les Méditerranéens de se croiser entre eux. »
« Moi ? Je suis dégoûtant ? »
« Tu vas te MARIER avec ton COUSIN ! »
« Au pire, je ne le BÂILLONNE pas ! »
« Peut-être que tu devrais. » les interrompit Francis alors qu'il inspectait ses ongles. « Je ne sais pas de quoi Lovino est en train de parler avec Roderich à ce moment précis, mais j'ai comme l'intuition que cela doit avoir un rapport avec une certaine lap dance dans une certaine cité Américaine… »
Gilbert et Antonio se figèrent sur place. Ils fixèrent Francis, se regardèrent, se retournèrent et s'engouffrèrent dans la salle. Francis laissa s'échapper un long soupir soulagé. Il avait des choses plus importantes à faire ce soir que d'entendre les questions incessantes de ses amis – Il y aura tellement d'occasions pour cela plus tard. Francis remit ses cheveux en arrière, prit une gorgée pour goûter tranquillement cet excellent Merlot et revint vers Matthew.
Matthew était près de finir sa seconde bière. Il n'avait pas vraiment l'habitude de boire, mais il n'avait pas non plus celle de rester seul et gêné à une fête chez des inconnus. Au mieux la bière lui donnait de quoi occuper les mains, en complément du bol de bretzels sur le bar derrière lui. Il en plaça juste un de plus dans sa bouche, suppliant silencieusement Francis de se ramener très vite, quand une voix non familière avec un petit accent se fit entendre à côté de lui.
« Salut, cher inconnu. T'es tout seul ? »
Matthew se retourna, sa bouche pleine et sa bière à la main, pour trouver une jeune femme le regardant attentivement. Elle était habillée avec une resplendissante robe verte et ses cheveux bruns et ondulés entouraient un joli visage avec des yeux curieux et un petit sourire. Matthew plaça une main sur sa bouche, avala et bégaya. « Uh, salut. Non, je suis avec quelqu'un, il est juste… »
La jeune femme approcha un verre de champagne de Matthew. « Tu es avec Francis, c'est ça ? »
Matthew acquiesça, un peu gêné. « Oui, je suis… »
« Matthew. » La fille ferma l'un de ses yeux verts et brillants. « Tu es encore plus mignon que ce que Roderich m'en a dit. » Elle lui présenta sa main et Matthew l'a pris pour la secouer brièvement. « Je suis connu sous plusieurs noms, mais tu peux m'appeler Eliza, si ça te va. »
« Plusieurs noms ? », Matthew ne put s'empêcher d'avoir un sourire ironique. « Alors, tu es une criminelle internationale ? »
Eliza se rapprocha de lui et lui fit un clin d'œil. « Ne le dis à personne. » Matthew rit et Eliza fit un geste négligé de la main. « Non. Je suis juste une styliste avec un nom Hongrois trop difficile à se rappeler et un groupe d'amis venus des quatre coins du monde. »
« Je l'ai remarqué. J'ai l'impression d'être le seul Canadien dans la salle. »
« C'est tout à fait probable, j'en ai peur. » Eliza prit une gorgée de champagne puis pencha sa tête bizarrement. « Alors dis-moi, Matthew. Comment as-tu rencontré Francis ? »
« Je me suis réfugié dans sa pâtisserie un lundi pour éviter la pluie et… » Matthew haussa les épaules, ne savant pas comment expliquer l'attraction qui l'avait poussée à revenir dans la pâtisserie de Francis toute la semaine. La fascination, la chaleur, le bonheur… « Je l'ai bien aimé tout de suite. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme lui. Eh bien… il est loin d'être timide. »
Eliza rit haut et fort. « Il n'est effectivement pas timide. »
Matthew lui sourit en retour avec incertitude et prit une gorgée de bière. Il se sentait toujours un peu nerveux, comme toujours lorsqu'il était entouré de personnes qu'il ne connaissait pas, mais il était aussi soulagé de parler avec quelqu'un plutôt que de rester planté là tout seul. Et après tout, Eliza semblait être une personne agréable. « Comment connais-tu Francis ? »
« Roderich et moi sommes sortis ensemble au collège. Tu sais, avant qu'on arrête de prétendre être ce que l'on n'est pas. »
Arrêter de prétendre ? Matthew se battit pour ne pas rire d'incrédulité. Est-ce que tout le monde était homosexuel dans cette ville ? « Tu veux dire que tu es… »
Eliza sourit. « Du côté de la persuasion saphique, oui. Ou comme Gilbert aime m'appeler de manière charmante, une hommasse plongeuse de manchons*.(*y a sûrement aussi une référence au manchon de sa poêle dans cette phrase et de ce qu'elle en fait avec ses conquêtes, mais je ne sais pas trop comment faire en sorte que ça ressorte bien en français avec le côté plonge. Oui, c'est plein de sous-entendus très awesomes !).
Les yeux de Matthew s'agrandirent. « Oh, mon Dieu. C'est… um. Alors, tu es amie avec Gilbert, aussi ? »
Eliza releva un de ses sourcils. « C'est ce que tu as déduit de cette phrase ? » Matthew haussa les épaules d'excuse, mais Eliza rit simplement. « Avec Roderich, il y a forcément Gilbert… malheureusement. Et quand il y a Gilbert, il y a Antonio qui suit ainsi que notre délicieux Francis – qui est aussi le cousin de mon amie Charlotte par le plus grand des hasards. » Eliza indiqua à travers la foule présente, en lui envoyant un petit signe de la main, une petite et stupéfiante blonde en rouge qui était à côté d'une adolescente avec de long cheveux platine. Les deux filles lui répondirent avec la main de manière chaleureuse et se rapprochèrent immédiatement d'eux.
« Amie ? », demanda Matthew avec curiosité, lançant un regard de biais à Eliza.
Eliza parut inquiète alors que les filles approchaient. « C'est compliqué. »
Matthew acquiesça de compréhension. « ça ne l'est pas toujours ? »
« Maintenant Matthew. » Eliza parla derrière son verre de champagne. « S'il te plaît, ne prêtes pas attention à tout ce que dit Charlotte et ne t'énerves pas. Elle et son cousin se ressemblent trop pour qu'ils s'entendent bien. »
Matthew eut peur de ce qu'elle voulait dire par là, mais dit simplement. « D'accord. Et la, um, petite ? »
Eliza soupira doucement. « Lili. Chère, douce Lili. Encore, c'est compliqué – son frère ne m'aime pas tellement. La semaine dernière, il a tiré une balle dans un frigo. » Matthew fut sauvé de ne pas avoir à répondre à cette phrase bizarre puisque Charlotte et Lili les rejoignirent. Eliza eut alors un sourire charmant et baissa son verre. « Charlotte, Lili –c'est le fameux Matthew. »
Matthew commençait à s'habituer à être présenté de cette manière étrange. « Ravi de vous rencontrer. », dit-il avec politesse. Lily lui fit un signe de la main avec timidité et Charlotte eut un léger rictus, jaugeant Matthew du regard.
« Salut, Matthew. Mon, mon… Tu dois être le garçon le plus mignon de Francis. »
« Char ! » Eliza avait parlé à travers ses dents serrées en signe d'avertissement.
Charlotte l'ignora et sourit juste à Matthew. Ses yeux brillants et verts dansaient comme ceux de Francis et elle avait les mêmes cheveux blonds ondulés, mis en arrière par un bandeau rouge. Même son accent était similaire à l'accent français. « Ne sois pas offensé, darling, c'est un compliment. Tu es magnifique. Où est-ce que Francis a bien pu t'attraper ? »
Matthew sourit en retour avec délicatesse, même si son estomac se retournait. « Comment peux-tu savoir ? Je l'ai peut-être attrapé moi-même. »
Charlotte releva ses sourcils, semblant impressionnée par la réponse de Matthew. « Possible, darling, mais… » Elle regarda Matthew de bas en haut puis haussa légèrement les épaules. « Malheureusement. Laisse-moi te dire comment ça s'est passé. Tu l'as rencontré à la pâtisserie, où Francis t'a fait passer le test de l'éclair et de la meringue. »
Matthew pâlit de surprise, puis déglutit d'angoisse. « Uh… »
« Tu as choisi l'éclair. », chantonna Lili avant de murmurer dans sa bouteille de bière. « Pardon. »
Charlotte avait l'air de s'amuser assez pour continuer sur sa lancée. « Et quand tu as essayé l'éclair, mon cher cousin t'a informé qu'il avait absolument besoin de te revoir et il a insisté pour que tu reviennes le lendemain. »
Matthew sentit une boule douloureuse et froide dans son estomac. Est-ce que Francis le faisait à tout le monde ? Il pensait que c'était quelque chose de spécial. Matthew prit un souffle tremblant et essaya de cacher sa consternation. « Quelque chose comme ça. », râla-t-il.
Eliza fusilla du regard Charlotte de désapprobation alors que celle-ci souriait encore à Matthew. « Alors tu as vu Francis pendant toute une semaine, Matthew ! »
« A peu près… C'est long ? »
« Pour Francis, ça l'est ! » Lili mordit sa lèvre inférieure et regarda par terre. « Pardon. »
« C'est okay, j'ai un peu l'impression qu'il… » Encore, Matthew se sentit malade. « est sorti avec beaucoup de monde. »
Charlotte en rit clairement. « Est-ce que l'on peut vraiment dire sortir avec quelqu'un quand la chambre est le plus loin que l'on puisse aller ? »
Maintenant, Matthew se sentit un peu ennuyé. « Je n'ai pas encore vu sa chambre, je ne pourrais pas en juger. »
Les trois femmes s'arrêtèrent, fixèrent Matthew et secouèrent leurs têtes. Eliza se rapprocha de lui. « Est-ce que tu veux dire que tu n'as pas encore… » Elle laissa la phrase en suspense.
Matthew mit sa bière contre sa poitrine. Etait-il normal de parler de choses aussi personnelles avec des gens que l'on vient juste de rencontrer ? « Eh bien… non. »
Cela parut être une révélation stupéfiante. Eliza et Charlotte se regardèrent entre elles, avec les yeux incroyablement grands ouverts et Lili fit un petit gloussement. « Tu vois ! Je savais qu'il plaisait vraiment, vraiment, beaucoup à Francis et qu'il ne se servait pas de lui pour… » Lili s'arrêta brutalement et gémit, regardant de nouveau par terre et bougeant ses pieds. « Pardon. »
« Eh bien, maintenant, ça m'intrigue. », dit Charlotte en regardant Matthew pensivement. « Quel jeu est-il en train de jouer ? ça m'inquiète. »
Eliza fixa le verre de vin dans la main de Charlotte. « Char, dear, ça fait combien de Chardonnays ? »
Charlotte roula les yeux. « Ne sois pas présomptueuse, ma chérie. »
Matthew se sentait étonné. C'était vraiment étrange comme Charlotte ressemblait à Francis dans ses manières et son apparence. Mais là où Matthew savait toujours comment répondre à Francis, il ne pouvait le faire, agir en conséquence ou dire quoi que ce soit en face de la belle cousine de Francis qui se tapait l'incruste. Le moment silencieux et tendu fut interrompu par une voix Australienne forte qui retentit abruptement de l'autre côté du bar.
« C'est quoi cette putain de bière Allemande ? Foutaises ! T'appelles ça de la bière ? Où est la VB (Victoria Better : bière fièrement Australienne) ? »
Charlotte grogna. « On dirait que Bruce est dans la place. » Elle prit une longue gorgée de vin et soupira. « Eh bien, si le petit ami flemmard de mon frère est arrivé, alors Lars ne doit pas être bien loin. Si vous voulez bien m'excuser, je vais aller m'assurer qu'ils cachent comme il faut leurs cookies spéciaux dans la cuisine, loin de l'innocence des Italiens. Matthew, darling… » Charlotte lui envoya un de ces regards en s'éloignant. "Nous parlerons plus tard."
Matthew laissa presque échapper un soupir de soulagement. Eliza et Lili lui parurent comme désolée, alors, pour changer de sujet, Matthew demanda : « Est-ce que, uh, Lars est un pâtissier, lui aussi ? » Il se souvint que Francis avait mentionné que sa famille entière était bonne cuisinière.
« Oh, ouais. », dit Lili en rayonnant. « Ses cookies sont fantastiques. Ils te donnent une longue et vraiment intense sensation de planer, mais ce n'est vraiment rien par rapport aux champignons spéciaux de Bruce. » Matthew cligna plusieurs fois des yeux devant la jeune fille avant de pouvoir s'arrêter. Mais elle semblait tellement innocente ! Lili gloussa juste : « Les repas chez eux sont incroyables. »
Eliza tira doucement sur les tresses de Lili. « N'effraie pas le pauvre garçon, sweetie. Et Matthew, s'il te plait, ne sois pas fâché à cause de Charlotte. Elle est… eh, bien, en fait, sûrement un peu jalouse. »
Maintenant, cela devenait confus. « Jalouse de qui ? »
La question de Matthew fut passée sous silence quand Antonio sortit soudainement comme une tornade de la cuisine, courant à travers la salle et criant de manière incohérente dans un mélange confus d'espagnol et d'italien. Il fut vite suivi par Gilbert, son chapeau de fête bougeant dangereusement sur sa tête et une bière serrée dans sa main qu'il secouait. « Ne le crois pas, Roddy baby, ce ne sont que des mensonges ! »
Matthew les regarda passer, assez amusé, et s'inquiétant parce qu'aucun des invités semblait un tant soit peu surpris de voir les deux hommes se ruer sauvagement dans la pièce. « Qu'est-ce que… »
Eliza finit son champagne et parla en connaissance de cause. « Gil et Toni se sont torchés au schnapps et à la sangria dans une sorte de bar à cowboy à New York le mois dernier. Toni a fait une lap dance à Gil. Ils n'ont pas encore réalisé que Roderich et Lovino sont déjà au courant – la vidéo est sur Youtube depuis des semaines. »
« Et celle-ci a plus de vues que la vidéo de cette webcam hackée où Feli trouve le carton des pornos de Ludwig. » Matthew se retourna à l'accent français si familier, la voix de Francis possédait un beau son de sursis et de soulagement.
Eliza et Lili se mirent à rire. « Est-ce que tu crois que Gil a arrêté la vidéo juste au moment où Ludwig passe la porte ? », gloussa Eliza.
Francis eut un soupir dramatique de consternation. « Il semblerait que, quand ça concerne son petit frère, l'homme a quelques valeurs morales… »
« …malheureusement. », finirent Eliza et Lili.
Matthew sentit un bras chaud entourer sa poitrine pour l'amener contre Francis. « Oh, merci mon dieu », gémit-il. Immédiatement, toutes ses inquiétudes le quittèrent, trop reconnaissant et soulagé par la présence familière de Francis. Francis sourit, brillant et charmant et à couper le souffle.
« Mathieu, je vois que tu as rencontré Miss Erz et l'adorable Lili. Ma délicieuse cousine Belge n'est pas dans le coin ? »
Eliza eut un rictus. « Tu viens de la louper. J'en ai bien peur. »
Francis sembla soulagé. « Oh, quel drame. » Il fit un clin d'œil à Matthew et prit son bras. « Vite, nous devons nous échapper avant qu'elle ne revienne. Trouvons un siège, darling. »
Gilbert tomba lourdement sur le canapé entre Eliza et Lili, une bière pleine dans la main et son chapeau rouge de fête toujours su sa tête. Il prit la main d'Eliza et l'embrassa avec un sourire. « Erzebet, mein Schatz (mon trésor). Jalouse de mon magnifique anniversaire ? »
« Oh, oui, Gil. » Eliza sourit avec sarcasme. « Je peux seulement espérer de n'avoir que quelques rides à ton âge. Pas que j'en ai à m'en inquiéter pour un très, très long moment… »
« Tant que ta petite fleur est toujours à sa place. » Gilbert mit sa main sur la tête de Lili et parla d'une voix enfantine. « Est-ce que t'as l'âge légal pour boire, Fräulein (Mlle) ? »
Lili se figea, sa bière à mi-chemin de ses lèvre. « Um… »
« Ne t'inquiètes pas, je ne dirais rien à ton Cher Frère. Comment arrive-t-il à toujours nous faire flipper ? Ce bâtard me doit un nouveau frigo. »
« Il ne t'aurait pas tiré dessus en fait, Gil, pour être tout à fait honnête. », dit Lili de manière sincère.
« C'est juste parce qu'il me visait ! », râla Eliza.
Matthew s'obligea à ne pas penser à cette étrange conversation. Il commençait doucement à s'y habituer. La musique continuait à remplir la salle bondée, les personnes se mettaient en groupes compacts, parlant et criant et dansant au milieu de ballons très colorés et flottants qui semblaient venir de nulle part. Matthew et Francis partageaient un large canapé à une place, faisant parti des chaises et des canapés bas en cercle autour d'une table couverte de bouteilles de bière et de verres vides. Matthew était pressé contre Francis, il était presque sur ses genoux. Les autres les entouraient, traversaient les chaises, mais Matthew ne faisait attention à aucun d'entre eux. Il était trop conscient de la chaleur captivante de Francis à ses côtés et trop distrait par la main ferme de Francis traçant de dangereux et excitants cercles sur sa hanche. Il se sentait comme s'il n'y avait personne d'autres dans la salle, comme si personne d'autres n'existait, comme si Matthew et Francis étaient seuls au monde… Eh bien, exceptés pour les amis de Francis et sa famille étendue qui n'arrêtaient pas de les déranger.
Il y eut le cousin néerlandais de Francis, Lars, et son petit ami australien, Bruce, les deux semblaient déjà vraiment trop ailleurs pour l'heure de la soirée. Il y eut le cousin grecque de Francis, Hérakles, et son timide petit ami japonais, Kiku, ils disparurent immédiatement dans la salle alloué aux jeux vidéos ils furent vite rejoint par Feliciano et son énorme et sérieux petit ami Ludwig, après une étrange présentation durant laquelle Francis murmura : « Le cochon de sexe » et Matthew ne put s'empêcher de ricaner.
« Tes amis ont l'air de se régaler », dit Matthew, regardant, avec autant d'amusement que de confusion, Gilbert et Antonio tenter de faire une tour avec des bouteilles de bière vides et des bretzels. « Ils sont sympas. »
Francis rit quand Lovino tapa dans la tour faite maison, l'envoyant se désintégrer sur la table. « Parfois. »
Matthew regarda par terre, soudainement nerveux. « Je me demande si je trouverais ma place là-dedans. »
« Darling, tu as ta place avec moi », dit Francis, en se pressant doucement contre le flanc de Matthew. « C'est parfait. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui a autant sa place où qu'il soit et de manière aussi parfaite. » Matthew regarda dans les yeux de Francis et il était si facile de croire ce qu'il disait. Il se sentait en confiance ainsi, le bras de Francis sur sa taille et ses jambes sur les siennes. Cela n'avait pas d'importance qu'ils soient seuls dans le silence de la pâtisserie ou entourés par une foule hurlante au milieu d'une foule tapageuse – c'est toujours la même sensation. Calme, et excitante, et agréable.
« Qu'est-ce que tu fais demain ?, demanda Matthew, une part de lui redoutant le moment inévitable où cette nuit finirait et où il devrait rentrer à son appartement seul.
Les yeux de Francis brillèrent. « Je passe ma journée de libre avec toi ! »
Matthew sourit, le bonheur s'insinuant dans sa poitrine. « On la passera à quoi faire ? »
« Nous prendrons d'abord le petit-déjeuner, darling, et là… » L'expression de Francis devint dangereusement joueuse. « Nous irons glisser sur la glace. »
Matthew faillit s'étrangler avec sa bière. « Tu es sérieux ? »
« Mais bien sûr ! », dit Francis joyeusement. « Je veux te voir faire ce que tu aimes, mon cher. Je veux te voir avec les yeux pleins de joie à cela. »
Matthew rit nerveusement. Glisser sur la glace serait merveilleux – mais il pourrait vite se rendre ridicule. « Cela fait si longtemps. »
Francis mit sa tête contre celle de Matthew, le caressant des yeux. « Tu t'en souviendras. »
Le souffle de Matthew se bloqua dans sa gorge, la base de sa colonne vertébrale pleine de frissons. « Et après la patinoire ? »
« Un repas. » La courbure des lèvres de Francis était purement luxurieuse. « Chez moi. »
Les yeux de Matthew s'agrandirent. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser à ces lèvres luxurieuses et souriantes contre lui. « Oh. » Son cœur menaça d'exploser dans sa poitrine. « Et, uh… après ça ? »
« Pourquoi pas, un dessert bien sûr… » Francis se pressa encore plus contre Matthew dans l'espace étroit de leur canapé, la pression de sa cuisse brûlant à travers les vêtements de Matthew jusqu'à sa peau. «…au lit. »
Matthew laissa passer un souffle tremblant. Il comprit. « ça me paraît… parfait. »
Les cheveux de Francis frôlèrent la joue de Matthew, ces yeux bleus et dansants allumant les siens. Avant que leurs lèvres se rencontrent, la musique assourdissante s'arrêta brusquement, les lumières s'éteignirent et un énorme cri chaleureux envahit toute la pièce. Matthew regarda entre deux pour voir Roderich faire rouler un chariot brillant en argent à travers la foule, illuminé par un amas de bougies vacillantes posées sur le plus gros gâteau que Matthew n'ai jamais vu. La salle entière se leva, ce qui obligea Matthew et Francis à attendre un moment avant de pouvoir faire pareil.
Roderich s'arrêta pas loin du cercle de canapés. Le gâteau ne ressemblait à rien de ce qu'avait pu voir Matthew jusque-là. Haut de cinq niveaux, ses pièces maîtresses noires et blanches étaient décorées de figures colorées et mangeables, comme des poneys, des marteaux, des bouteilles de bières et une large couronne d'acier. Le « gâteau de fête » de Gilbert, le sachertorte du jour précédent, formait seulement la partie centrale de la création de Francis. C'était plus un travail d'art que de la nourriture. Matthew secoua sa tête d'amusement, intensément impressionné par le talent incroyable de Francis. Il fut aussi surpris par la petite vague de fierté qu'il ressentit à se tenir près de Francis et d'avoir sa main autour de sa taille. Roderich les montra d'un geste reconnaissant et Francis mit une main sur sa poitrine, faisant une référence aux forts applaudissements et aux cris d'admiration. Matthew lui dit doucement à l'oreille. « C'est fantastique, Francis. »
Francis sourit et l'embrassa devant la salle entière qui les regardait. Matthew ne put garder son sourire idiot sur le visage.
Gilbert escalada joyeusement la table à café, donnant un coup de pied au reste de la tour en bouteille de bière, pour crier son discours à toute la salle. « Mes amis. Je ne suis pas, comme vous le savez, le genre de mec à s'auto-vanter excessivement. » L'affirmation fut accueillie par des rires de personnes averties et des railleries douteuses. Gilbert remua sa bière dans les airs. « La ferme. Et je sais que vous attendez tous un élégant et court discours pour l'occasion de mes vingt-huit ans. »
Des rires encore plus sceptiques et des toux fortes furent ensuite couverts par un cri turbulent : « Montre-nous ton bout rose ! »
« La ferme, Bruce. Comme je le disais, je sais que vous voulez un discours écourté. Alors le voilà : mangez du gâteau, buvez de la bière, et si vous avez vraiment envie de vous faire un trip, je vous suggère les cookies dans la cuisine. Bonne nuit ! »
La foule sembla vraiment plus surprise qu'autre chose. Gilbert sauta de la table sous les rires et les applaudissements, attrapa Roderich par la taille et l'embrassa avec enthousiasme puis se faufila parmi les invités nombreux pour aller couper le gâteau. Roderich réussit à échapper à la foule compacte et rejoignit le petit groupe de Matthew et Francis. « Je pourrais dire que je suis surpris. », dit-il, son visage rougissant alors qu'il acceptait un verre de vin de la part de Lovino. « Je m'attendais à ce que Gilbert nous fasse un monologue annoté de cinquante minutes comme l'année dernière. »
Antonio gloussa et donna un coup sur l'épaule de Roderich. « Hey, Roddy, heu… Je pense qu'il l'avait fait tellement durer qu'on aurait dû l'attacher et le bâillonner. »
Roderich devint très pâle.
La soirée se prolongea de plus en plus tard, la bière continuait de couler et Matthew était sûr qu'il était ivre. Il savait aussi que cela n'avait pas d'importance, puisque que cela lui donnait une excuse pour se coller à Francis de rire à chacun de ses mots de se sentir pour la première fois de sa vie comme le centre de l'univers d'une personne. En contrepartie de la folie, de la musique assourdissante et des conversations malsaines, Francis s'était concentré sur Matthew toute la soirée. Quelque part c'était différent de l'espace de la pâtisserie : là, une centaine de personnes les entourait et Francis restait sur son choix de lui donner toute son attention. Pourtant, malgré tout, une bagarre inattendue les sortit de leur contemplation.
« Tu aurais dû dire cela, lourdaude aberration allemande ! »
« Hey, ne sois pas arrogant* quand quelqu'un te pointe du doigt la vérité, petit Lovi.»(*il y a de nouveau un jeu de mot, snootty veut dire arrogant, mais aussi morveux).
« Ne m'appelles pas comme ça, bastardo ! Et ce n'est pas la vérité, c'est ta stupide et inhérente opinion imparfaite ! »
« Mon opinion est la vérité ! »
« Tu vois, c'est la seule raison pour laquelle tu penses que Rainbow Dash est la meilleure, parce que vous êtes tous les deux si stupidement arrogants* ! »(*là, Romano a utilisé le mot arrogant sans aucun doute possible).
« Et la seule raison pour laquelle tu penses que Twilight est la meilleure, c'est parce que vous êtes tous les deux prétentieux, petites merdes antisociales ! »
« Je te défie de parler ainsi de la divine Miss Sparkle*(*c'est Twilight) ! »
Matthew secoua sa bière, puis sa tête et sentit sa tête devenir complètement confuse. « Laisse-moi deviner. », dit-il doucement, s'allongeant contre Francis dans le canapé derrière lui. « Ils se disputent à propos de… poneys ? »
Francis acquiesça en prenant une gorgée de vin. « Ce n'est rien, darling. La semaine dernière, Lovino a mis un club de golf en travers du pare-brise de Gilbert car celui préférait FlutterJack à FlutterMac. »
Matthew ne pensa pas pouvoir déchiffrer cette phrase. A la place, il demanda, « Un club de golf ? »
Francis acquiesça à nouveau. « Antonio joue au golf les jeudis. »
« Ah. »
Gilbert et Lovino se firent face dans le cercle de canapés. Antonio regardait avec avidité, Roderich avait l'air habitué à la scène et Eliza et Lili avaient l'air de ne pas s'en préoccuper, entièrement captivées par leur propre conversation murmurée. Les poings de Gilbert se fermèrent et les yeux de Lovino s'étrécirent. Matthew commença à se sentir mal à l'aise.
« Il n'y a qu'une seule façon de résoudre cela », grogna Gilbert.
Les lèvres de Lovino s'étirèrent. « Je suis d'accord. »
Gilbert releva son menton, Lovino tendit ses épaules et là – à la confusion complète et totale de Matthew – les deux hommes se prirent chaleureusement dans les bras.
« Je tolère et respecte ton droit à avoir une différence d'opinion, Gilbert. »
« Lovino, n'oublions jamais le pouvoir de l'amitié. »
Antonio rebondit soudainement, mit sa tête entre les deux et eut un large sourire mécanique. « J'aime Pinkie Pie* ! » (*Ce poney est très joyeuse et sourit tout le temps, comme Antonio).
Lovino lui grogna dessus. « Va te faire mettre, emmerdeur ! »
Gilbert secoua sa tête, semblant dégoûté. « Honnêtement Antonio, tu te mets dans des situations impossibles par toi-même. »
Lovino et Gilbert s'éloignèrent, marmonnant pour eux-mêmes, laissant Antonio tout seul avec ses mains écartées. « Mais quoi ? »
« Um », dit Matthew, totalement perplexe. « Okay. Je croyais que My Little Pony était un dessin animé pour les filles… »
Francis lança à Matthew un fort avertissement visuel. « Ne le dis jamais et à aucun d'entre eux, darling. Jamais. Crois-en mon expérience. »
Gilbert et Lovino ne s'éloignèrent pas vraiment du groupe avant que Ludwig y débarque pour attraper Gilbert par le col et lui siffler dessus de colère. « Qui a apporté ces cookies ? »
L'expression alarmée de Gilbert devint légèrement impatiente, ses yeux brillants. « Bruce et Lars. »
Les yeux de Ludwig s'agrandirent. « Bruce, l'Australien complètement défoncé, et Lars, le pourvoyeur Néerlandais d'une grande variété de substances illicites ? »
« En fait », dit Francis, faisant un clin d'œil à Matthew alors qu'il parlait. « Lars préfère le titre de « boulanger aux nombreuses spécialités ».
« Je m'en fiche de ce qu'il préfère. », cria Ludwig, son visage devenant rouge. « Feliciano a mangé trois de ces choses ! »
Le groupe entier eut un blanc avant d'exploser bruyamment de rire. Matthew pouvait seulement s'inquiéter de savoir si c'était vraiment matière à en rire – parce que vraiment Ludwig avait l'air terrifiant quand il était en colère.
« Qu'est-ce qu'il fait ? », demanda Lovino, en se tenant l'estomac.
Ludwig parut furieux. « En ce moment, regarder Kiku et Héraklès jouer à Mario Kart comme si cela portait toute la signification de l'univers. »
« Oh, merde, je dois voir ça ! » Lovino se mit immédiatement à courir, suivit par Gilbert et Antonio qui attrapèrent Francis pour le tirer du canapé et l'emmener avec eux. Ludwig et Roderich suivirent de manière plus concernée et, avant qu'il ne s'en aperçoive, Matthew se retrouva tout seul.
Matthew resta assis un petit moment, essayant de comprendre ce qu'il venait juste d'arriver. Il regarda la bière dans sa main, la secoua et la finit, puis se leva et rechercha le groupe. Il fut malheureusement interrompu par une voix derrière lui.
« Bonsoir, darling. Tu t'amuses ? »
Matthew se retourna et sentit son estomac se retourner. Il essaya de sourire. « Charlotte. Salut. Bien sûr, je um… » Il regarda vite autour de lui. « J'ai perdu Francis, on dirait… »
« Je peux te parler une minute, darling ? » Charlotte ne laissa pas Matthew avoir une chance de lui répondre non : elle lui prit simplement le bras et l'emmena loin de la foule compacte pour se tenir contre le mur. Elle avait à la main un verre de vin à moitié rempli. « Matthew, je suis heureuse de pouvoir te parler seule à seul. »
« Okay… » Leur conversation plus tôt dans la soirée et oubliée revint de manière désagréable d'entre les souvenirs de Matthew.
Charlotte regarda vers son verre, ses yeux verts étrangement tristes. « Je n'aime pas particulièrement Francis – mais je le comprends. Probablement parce que je lui ressemble plus que je ne voudrais l'admettre. »
Matthew voulut demander à Charlotte pourquoi elle lui disait cela voulut lui dire qu'il n'était pas intéressé voulut l'ignorer et passer son chemin. Il ne pouvait nier, par contre, qu'il avait aussi envie de savoir ce qu'elle allait dire. Il la regarda silencieusement et attendit.
Charlotte soupira fortement avant de continuer. « Francis aime le sexe. Et il s'en amuse. Il ne va pas rester fidèle à une personne, parce qu'il ne le peut pas. Il pourrait le vouloir – il pourrait penser qu'il le peut – mais en fin de compte, il… » Le regard de Charlotte vola vers le canapé proche où Eliza et Lili étaient assises en train de rire. « Il laissera tomber », Charlotte finit avec douceur. Matthew s'inquiéta brièvement de ce que Charlotte lui disait.
« Je te l'ai dit plus tôt, je… » Matthew commença à avoir le vertige et essaya de chasser la sensation. « Je vois Francis depuis une semaine… »
Charlotte haussa les épaules, ses yeux toujours semblables. « Une heure, un jour, une semaine. Une fois que Francis couche avec un gars, c'est comme ça. C'est tout ce dont il se soucie – c'est tout ce qu'il veut. Il va monter des plans élaborés pour avoir quelqu'un dans son lit et, une fois que c'est fait, il va perdre tout intérêt à continuer. » Les mots de Charlotte firent que Matthew se sentit malade et de plus, bizarrement, elle avait l'air d'essayer de s'auto-convaincre.
« J'apprécie ta sollicitude. Mais je… » Mais je quoi ? Matthew avait dû avoir une réponse cinglante à lui adresser, sûrement. Mais la salle avait commencé à tourner et Matthew n'arrivait pas à se concentrer pour finir sa phrase.
Charlotte plaça une main compatissante sur l'épaule de Matthew, la senteur chaleureuse de son parfum mêlée à l'odeur de l'alcool. « Matthew, regardes moi. Tu es gentil, mais tu es naïf. J'ai l'air de faire ma pute, mais honnêtement, je n'ai juste pas envie de voir un gars sympa comme toi être blessé. Et tu le seras, si tu restes avec Francis. »
Et là, elle s'en alla. Matthew ne bougea pas pendant plusieurs minutes, l'anxiété s'appropriant sa poitrine alors que la pièce tournait autour de lui et que des inconnus lui passaient devant. Le métal était assourdissant, transperçant ses oreilles et sa peau. Matthew regarda à travers la foule – la plupart des gens buvaient et riaient, dansaient sauvagement, sautaient sur le bar – et alors qu'il louchait vers sa bouteille de bière vide à la main, il essayait de se rappeler combien il en avait bue. A quel point cette bière allemande était-telle forte ?
Matthew était perdu. Perdu dans une mer de gens qui ne le voyaient pas, qui étaient plus drôles et plus intéressants et mieux habillés que lui. Personne dans l'entière, froide, vaste et tournante pièce semblait le remarquer et de nouveau il se sentit à l'écart et ignoré. Mais bien sûr il était ignoré, bien sûr Francis l'avait abandonné dès qu'il l'avait pu. Les derniers mots de Charlotte tournèrent dans sa tête, et tout ce qu'il avait entendu jusque-là ainsi que toutes les déclarations inquiétantes des amis de Francis… « Alors, Matt, dis-moi. Ça a pris combien de temps à mon ami Francis ? Pour te mettre l'un de ceux-là dans la bouche et… »… « Eh, bien, je dis petits amis, mais tout le monde sait que Francis les utilise juste pour… »… « N'oublies pas que j'ai plus d'histoires salaces sur toi que tu pourrais jamais en avoir sur moi, amigo… »
Matthew essaya de penser clairement, se dépêchant de passer un groupe d'hommes agglutinés au bar. Il ne put s'empêcher d'entendre un bout de leur conversation.
« Est-ce que tu as vu l'homme que Francis a emmené avec lui ce soir ? »
Rire odieux. « Cinquante dollars que c'est une escorte. »
« Nah, mec, Francis a pas besoin de payer quelqu'un. Je parie qu'il a attrapé le mec à la station-service en venant ici. »
Matthew eut l'envie soudaine de vomir. Etait-ce vraiment ce que voulait Francis de lui ? Du sexe ? Etait-ce un jeu pour lui que Matthew n'avait pas encore réalisé ? Mais soudainement, tout prit son sens. Matthew était terne et ennuyeux. Il avait un travail inintéressant, une vie loin d'être excitante : il n'avait rien de remarquable. Qu'est-ce que Francis lui trouvait alors qu'il pouvait avoir n'importe qui ?
Tout continuait à tourner, pulsant dans sa tête et Matthew ne sentait presque plus ses pieds sur le sol. Il avait besoin de trouver Francis. Il avait besoin de lui demander, de comprendre, de savoir. Matthew essaya de marcher dans la vague direction que Francis avait prise plus tôt, il trébucha dans un couloir avant d'entendre des voix familières dans la salle adjacente.
« Honnêtement, mes amis, cela suffit. On a déjà eu cette conversation plus tôt. »
« Que tu as interrompue avec des insinuations clairement vicieuses. Le petit Lovi et Roddy baby ne discutaient pas L-A-P D-A-N-C-E, ils parlaient arrangement floral. Ludwig, Bruder, contrôle ton petit ami, mec ! »
« Ne m'appelles pas LE PETIT LOVI ! »
« Gilbert, je n'ai jamais eu de discussion sur l'arrangement floral de ma vie. Et je peux épeler, Dummkopf*(*tête en l'air). »
« Feliciano, Mein Gott *(*Mon Dieu), descends de la bibliothèque ! Va regarder Kiku jouer à Mario Kart ! Verdammt*(*bon sang), qu'y avait-il dans ces cookies… »
« Ve, Ludwig ! Mais j'ai besoin de trouver la banane pour ralentir les tortues ! Les champignons continuent de me pourchasser ! Pourquoi les vaches ne bougent pas ? »
« Hey, Ludwig, hey Roddy, hey, peut-être pourrait-on l'attacher par terre et le bâillonner… »
« ARRÊTES DE TE MARRER AVEC CA, ANTONIO ! »
« ça suffit ! Si vous avez fini… »
« Non, mec, ne cherches pas une porte de sortie. Je ne peux pas croire que tu as mis en ligne la vidéo depuis New York ! Je pensais que tu avais balancé toute cette affaire étrange… »
« Si, amigo, comme cette vidéo classique de toi avec le maître-nageur, le livreur de pizza et le réparateur… »
« Haha, et ce chef d'œuvre fantastique de visionnage de cette orgie avec quinze marins. »
« Après tout, tu ne voudrais pas que Matthew sache que tu es vieux monsieur dégoûtant qui est intéressé par une seule chose au monde… »
« Et que tu vas le plaquer une fois que tu auras mis la main dans son pantalon… »
« … probablement avec la preuve en vidéo ! Oh… mierda. »
Le silence soudain était assourdissant. Une fois que Matthew fut entré, les gens dans la salle regardèrent ailleurs et se figèrent. Roderich mit sa main sur sa bouche, Antonio ferma les yeux et Gilbert se retourna et tapa dans le mur. « Scheisse* ! » (*Merde).
Matthew ne savait pas comment réagir. Il était stupéfait, confus et dégoûté – tout ce qu'il put dire fût. « Quinze ? »
Francis semblait avoir été frappé par la foudre. Son visage était blanc, ses yeux agrandis et remplis de peur. Il lui fallut un moment très éprouvant et silencieux pour lui répondre. « Um… c'était il y a très longtemps. »
Matthew se déroba à son regard. Charlotte avait raison. Ils avaient tous raison. Il se sentit soudainement petit, ridicule, alors que ce groupe d'amis et la famille de Francis se moquait et riait de lui. Il se sentait comme extérieur à une sorte de blague connue de tous les autres. Matthew voulait se cacher, s'évanouir et disparaître. Il fit la meilleure des choses. Il se retourna et courut.
Le froid air extérieur était comme une gifle après l'intérieur chaud, bondé et trop fou. Matthew retint ses larmes alors qu'il trébuchait sur la route, désespéré, il voulait se retrouver aussi loin que possible de cette situation humiliante et horrifiante. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Comment avait-il pu réellement penser qu'une personne aussi populaire et belle et charmante que Francis puisse être intéressée par lui ? Comment a-t-il pu se laisser croire cela ?
« Matthew, attends ! » Matthew s'arrêta, grinça des dents et se força à se retourner. Le visage de Francis était un masque de sollicitude, noire et assombrie par la rue mal éclairée. « S'il te plaît, écoutes… »
« Je pars, Francis. » Matthew essaya de parler calmement, même s'il sentait son cœur se briser dans sa poitrine. « Excuses-moi. »
« Attends ! » Francis fit un pas de plus et parla avec anxiété. « Ecoutes, ils disent ce genre de choses, ils le font toujours. On parle ainsi, c'est juste une plaisanterie… »
Matthew rit jaune et recula. Les lumières brillantes de la maison apportaient des ombres sur l'étendue du gazon. « Et à propos de tous ces rencards que tout le monde n'arrête pas de mentionner ? L'éclair dont tout le monde a connaissance ? Tu as raison, Francis. C'est une plaisanterie. Tout ceci est une plaisanterie et j'ai été assez stupide pour me faire avoir ! »
Francis secoua sa tête franchement. « Non… »
« Alors qu'est-ce que c'est, alors ? » Matthew criait presque, soudainement furieux. Francis avait l'air surpris par le soudain éclat de sa part et ne répondit pas. « Eh bien ? » Matthew continua de colère. « Pourquoi m'as-tu emmené ici ? Pour te foutre de moi ! »
« Matthew… »
Matthew empêcha Francis de parler. « Tu sais, ce n'est pas que tu aies baisé avec plein de mecs, apparemment… » Matthew repoussa ses mains et laissa sa colère éclater dans un rire. «… c'est ce que les gens font. Et ce n'est pas parce que tu as apparemment couché avec la moitié de la population du Canada, parce que même si je trouve cela détestable, c'est ton problème. C'est parce que pour une fois… une fois dans toute ma vie… » La voix de Matthew craquait doucement et il se força à ravaler ses larmes. « J'ai trouvé quelqu'un qui avait vu quelque chose en moi de spécial. Moi. Et maintenant que j'ai compris pourquoi, c'est juste ce que tu fais toujours. Tu le fais avec tout le monde ! »
L'expression de Francis devint douloureuse. « Matthew. Ce n'est pas vrai… »
Matthew toussa et regarda ailleurs. « Tes propres amis l'ont dit, Francis. Ta propre cousine ! »
Le souffle de Francis se coupa en comprenant. « Charlotte. »
« Pas seulement Charlotte. Gilbert, Feliciano, Antonio… ils le disent tous depuis que je t'ai rencontré et j'ai juste été trop aveugle pour voir ce qui était évident. » Matthew rit de lui-même, dégoûté par sa propre stupidité. « Je n'ai pas vu ce qui était évident. »
Francis avança de nouveau d'un pas jusqu'à ce qu'il soit assez proche de Matthew pour pouvoir l'atteindre et le toucher. Une rafale froide de vent ébouriffa ses cheveux blonds autour de son visage la lumière de la lune brillait dans ses yeux bleus et tristes. Matthew sentit comme une forte sensation d'alanguissement dans sa poitrine sur laquelle il s'était déjà fourvoyé. Il voulait être dans l'erreur il voulait aussi que ce soit réel. Il voulait Francis, tellement qu'il en avait le souffle coupé. Francis prit une grande inspiration et demanda, comme s'il était effrayé par la réponse qu'il pourrait lui donner. « L'évidence ? Qu'est-ce qui est si évident, darling ? »
Cette tendresse familière envoya un frisson palpitant le long de la peau de Matthew. Mais il ne pouvait ignorer ce qu'il avait entendu de la part des amis de Francis. Toute la fausse bravade de Matthew, ses réponses avisées et sa confiance affectée se dissipèrent, le laissant simplement perdu et inquiet. Matthew resserra ses bras contre lui à cause du vent et murmura sa réponse. « Que tu ne pourrais réellement tomber amoureux de moi. »
Francis parut étrangement éperdu et étonné. Sa mâchoire se serra, ses yeux devinrent flous et il laissa échapper un petit gémissement. « Oh, Matthew. C'est tellement faux. »
Matthew réfléchit un instant. Non, c'était juste une partie du jeu de Francis. Une partie de son mensonge, de son amusement et de sa stupide plaisanterie. « Je suis désolé d'avoir pensé que cela allait plus loin. Merci pour m'avoir fait sentir important – même si ce n'était pas pour très longtemps. Et ce même si c'était une illusion. »
Quand il se mit à parler, la voix de Francis sonna comme désespérée. « Matthew, s'il te plaît, écoutes moi simplement… »
Mais Matthew en avait assez de l'entendre. Il se sentait bête, petit et ridicule. C'était fini d'être important et beau, adoré et spécial, Matthew se détourna de Francis et marcha dans la nuit. Il était temps d'oublier cette merveilleuse semaine comme si elle n'avait jamais existée. Il était temps de retourner à son ennuyeuse existence toute grise à sa vie ennuyeuse et grise.
