Merci Arashi-Ohno pour la review!

Du coup je réponds là: En effet cette histoire n'est pas très nette... Hum hum... :D Et je suis navrée de te décevoir mais pas de Andragoras, ni de Hilmes pour ce chapitre... Pas directement du moins. Fufu~~~ Que de mystères (et aussi des réponses dans la suite)!

Encore un début rapide... Le truc c'est que je ne me voyais pas sauté le passage de Ghiran alors c'est vrai qu'il est résumé très rapidement...

Hop hop le chapitre de la semaine ! ~('-'~) ~('o')~ (~'o')~ ~('o')~ ~('-'~) ~('o')~ (~'o')~


Chapitre 14

La dure réalité

Le lendemain à la nuit tombée, les pirates commencèrent à envahir la ville. Arslan se tenait dans la salle du trône avec Alfreed, Elam et Arihas, lorsqu'un des serviteurs arriva pour leur annoncer que les pirates, ouvertement dirigé par Shagâd, se tenaient devant la porte. Il les sommait de se rendre. Alfreed s'occupa de le distraire aux remparts. De la poussière s'éleva sur les collines et Narsus apparût suivi par une grande partie du clan Zot. Shagâd n'en croyait pas ses yeux, Narsus avait vu clair dans son jeu. Il battit en retraite dès qu'il vit Daryûn se montrer. De leurs côtés Grâzé et Ghîb incitèrent les habitants de la ville à se soulever contre les pirates qui avaient envahi la ville. Grâzé réussit à convaincre les marchands de reprendre le contrôle de leur ville. Les pirates furent vite capturés et les autres tentèrent de fuir en reprenant la mer. Narsus s'élança à leur poursuite, il en faisait une affaire personnelle.

Arslan et ses compagnons furent contraints d'attendre le retour de Narsus. Le temps défila lentement et cela parut une éternité pour Arslan. Narsus finit par revenir victorieux, Shagâd et ses hommes avaient tous étaient capturés.

Ils se trouvaient dans la salle du trône, Daryûn énumérant les méfaits de l'accusé. Arslan écouta Shagâd cracher son venin sans rien dire avant de rendre sa sentence. Il restait malgré tout un ami de Narsus qu'il avait considéré comme sage. Il espérait que sa peine le ramènerait à la raison concernant le sort des esclaves. Il le condamna donc, à la grande surprise de tous, à passer l'année à vivre comme esclave au lieu de la peine capitale.

Peut-être était-il trop laxiste ? Le prince ne savait pas s'il aurait dû se montrer plus sévère… Son Père lui, n'aurait pas montré la moindre hésitation à appliquer la peine capitale mais il n'était pas son Père… Arihas le félicita pour cette idée. Selon lui la grandeur du roi ne se résume pas à appliquer des sentences mais à savoir les modifier lorsque c'était nécessaire pour se montrer équitable. Un bon roi… Qu'est-ce qu'un bon roi ? Cette question hantait le prince, il ne savait toujours pas comment y répondre…

Le temps s'écoula à une vitesse folle et l'anniversaire du prince se rapprochait. D'ici la fin de la semaine il fêterait ses quinze ans. Le prince l'avait complètement oublié avec les préparations des stocks de provision et le recrutement des soldats. Il restait concentré sur la raison de sa venue ici. Il apprit aussi dans la semaine que son Père continuait à rassembler des hommes à Peshawar et préparait la reprise de la capitale. Il devait se dépêcher de regrouper le maximum d'hommes. Il était encore bien loin d'avoir regroupé les cinquante-mille hommes.

Daryûn et Ghîb eurent ensemble l'idée d'organiser une fête surprise pour le prince. Ils leur arrivaient parfois d'être d'accord. Narsus et les autres se prêtèrent au jeu, chacun reçut une tâche précise à accomplir. Arihas et Daryûn s'occupaient de distraire le prince à tour de rôle. Narsus se chargea de l'organisation des différentes tâches. Elam et Alfreed devaient choisir le menu, à plusieurs reprises Narsus regretta son choix mais lorsqu'ils arrivaient à s'entendre ils pouvaient faire des merveilles. Grâzé s'occupait de leur fournirent les provisions. Ghîb et Faranghîs devaient s'occuper des invitations et des animations pour la soirée. Et enfin Jaswant faisait le relais entre les différentes personnes pour faire circuler les messages.

Le prince ne se doutait de rien. Il ne pensait même pas que ses compagnons pouvaient connaître sa date d'anniversaire, mis appart Daryûn et Arihas qui l'avaient fêté au palais. Il fut tout retourné lorsqu'il arriva dans la salle à manger et qu'il vit tout le monde rassemblé là pour lui. Il ne savait pas comment remercier ses amis pour ce cadeau inattendu. Il eut bien du mal à cacher son émotion. Daryûn aperçut de petites larmes naitre au creux de ses yeux mais il ne fit pas de commentaire. Tous ceux qui connaissaient bien le prince le remarquèrent.

La soirée se déroula à merveille. Arslan était absolument ravi de cette petite fête. Elle n'avait rien n'à voir avec les fêtes de la cour où les invités étaient toujours dans la retenu. Ici tout le monde agissait naturellement et de manière spontanée. L'ambiance était très chaleureuse et le prince se sentait à l'aise. Il se mit à sourire en réponse à tous ceux qui venait à lui, et ils le lui rendaient bien. Le prince aurait aimé que la soirée dure plus longtemps, bien qu'il se coucha tard dans la nuit, ou plutôt dans la matinée.

Le lendemain fut plus difficile. Le prince n'avait guère envie de se lever mais il finit par s'y résoudre. Narsus commençait déjà à parler de plan de bataille pour prendre d'assaut la capitale ainsi que contrer les projets de Hilmes. Narsus constata que le prince ne semblait toujours pas décidé concernant le cas de Hilmes : allait-il enfin se décider à le combattre pour défendre ses droits au trône? Le prince restait toujours assez vague. Après tout le roi était revenu ce problème ne le concernait plus vraiment… Cela agaçait Narsus de voir le prince aussi indécis et si peu déterminé.

« Voulez-vous vraiment monter sur le trône votre Altesse ? La question lui échappa durant le conseil du soir, Daryûn le fusilla du regard. Nous avons besoin que vous soyez déterminé et que vous ayez un but en tête.
- Je crois que la vraie question est : est-ce que je peux vraiment devenir roi avec ma situation? Vous attendez tous beaucoup de moi et je ne veux pas vous décevoir, sourit-il tristement. »

Daryûn lui jeta un regard désapprobateur mais Narsus en avait cure : il n'arrivait pas à comprendre ce qui retenait le prince. Certes ce ne serait pas facile pour lui de s'imposer mais ils étaient là pour l'aider !

« Vous savez… Vous n'êtes pas obligé de monter sur le trône seul… Murmura Narsus. »

Cette fois ce fut au tour d'Arihas de le fusiller du regard. Bien qu'il sache qu'il ne pensait pas à mal, il allait trop loin. C'était trop direct et abrupte pour que le prince le prenne bien ou puisse y réfléchir calmement.

« Je ne veux pas vous manquer de respect mais… Si vous avez- Je veux dire si vous craignez de gouverner seul, peut-être devriez-vous réfléchir à l'idée de vous fiancer… Ou même de vous marier, avec l'autorité de votre époux vous pourriez-
- Narsus ! Le coupa Arihas. Je pense que cela suffira pour aujourd'hui, dit-il en serrant les dents. Il cachait difficilement sa colère.
- Je vais y réfléchir, déclara simplement le prince la tête basse. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je déclare la séance terminée pour aujourd'hui. »

Le prince se retira sans un mot, Arihas s'élança à sa suite. Narsus n'avait aucunement l'intention de le blesser ou quoi que ce soit mais l'avenir de ce pays reposait sur le prince. Il ne pouvait abandonner comme cela.

Le prince resta cloitré dans ses appartements, refusant même de parler avec Arihas et sans pour autant aller se reposer. Il réfléchissait à ce que lui avait dit Narsus, finalement le mariage était peut-être la seule solution qui lui restait… Mais avec qui ? Et puis son Père ne l'avait-il pas déjà fiancé ? Et… Surtout il n'avait pas envie de se marier avec un homme ! Lui aussi était un homme alors pourquoi ne pouvait-il pas être avec une femme ? Pourquoi ne pouvait-il pas être juste normal ? Il se retint de pleurer, il avait bien assez versé de larmes comme ça !

Il avait besoin de prendre l'air, il demanda donc à Arihas s'il voulait l'accompagné. De toute manière il devait toujours être accompagné au cas où… Ça l'agaçait de se sentir aussi faible et d'être aussi faible malgré ses entraînements. Arihas avait un bon niveau mais il n'égalait pas Daryûn. On lui disait toujours que s'il s'entraînait bien il arriverait à se défendre de lui-même comme Arihas mais on ne lui avait jamais dit qu'un jour il arriverait au niveau de Daryûn. Il serait tout juste au niveau d'un soldat qui sort du lot comme Arihas, Alfreed ou Elam mais jamais plus… Il se sentait terriblement petit au milieu des marzbâhns, il ne leur arrivait pas à la cheville alors comment était-il censé les diriger ? Comment ? Il n'avait pas d'autre choix que de trouver un alpha et de se marier. Narsus avait raison, il devait se résigner à accepter la réalité.

Sans grande surprise ses pas le conduire jusqu'aux jardins, Arihas restait en retrait à ses côtés. Il gardait le silence et observait le prince du coin de de l'œil. Il finit par laisser le prince se balader seul au milieu des parterres de verdure. Arslan s'assit sur un banc en pierre près d'une fontaine et écouta le bruit de l'eau pour se calmer. Comment pouvait-il se montrer utile ? Narsus lui dirait certainement de tirer le meilleur parti de ses capacités et des possibilités à sa disposition. Il fit le point sur la situation, il devait réfléchir à l'idée du mariage. Comment tourner ça à son avantage pour qu'il conserve sa place d'hériter ? Pourrait-il seulement la conserver ? S'il se mariait il perdrait son statut au profit de son mari. Et puis il ne devait pas se focaliser uniquement ça, il fallait aussi penser à comment aborder le problème d'Hilmes et de son Père. S'ils continuaient ainsi, cela allait finir en véritable guerre civile. Il ne pouvait approuver ce qu'avait fait Hilmes mais son Père ne faisait guère mieux. Tous les deux se battaient pour le trône sans se soucier du mal que cela faisait autour d'eux, ils étaient obnubilés par leur quête de pouvoir. Il ne pouvait tolérer ça. Il ne supportait pas l'idée de voir son peuple se faire massacrer ou alors s'entretuer… L'ennui était que ni son Père, ni Hilmes, ne lâcheraient avant d'avoir obtenu ce qu'ils convoitaient : le trône. Si ça ne tenait qu'à lui Arslan aurait bien offert, enfin « rendu », sa place d'héritier à Hilmes…

Les engrenages se mirent soudainement en place dans la tête du prince. Peut-être que… Non, c'était une idée totalement folle ! Il ne pouvait pas. Enfin il ne voyait pas comment cela pourrait marcher… C'était beaucoup trop simple, trop fou, trop idéaliste pour fonctionner !

Arihas avait fini par s'assoir lui aussi en face du jardin. Il apercevait tout juste le prince de là où il était. Le froid commençait à le pincer et la nuit régnait en maître, seules les lanternes lui permettait de voir. Il n'aperçut même pas l'ombre qui se dirigea vers lui à pas de loup. Il sursauta lorsque Daryûn se manifesta derrière lui.

« Je me disais bien que c'était vous, commença Daryûn. Je suis désolé si je vous ai fait peur.
- Non ce n'est rien, je réfléchissais juste…
- Vous n'êtes pas avec le prince ? Demanda-t-il.
- Il est juste là devant sur le banc près de la fontaine, dit-il en désignant la direction d'un mouvement de menton. Son Altesse avait besoin de s'aérer pour réfléchir.
- C'est à cause de ce qu'a dit Narsus, n'est-ce pas ?
- Disons que cela a ravivé les craintes du prince… Cela le tourmente ces derniers temps, expliqua-t-il. Le prince sait bien que Narsus ne pensait pas à mal en disant cela mais… C'est une étape difficile à passer pour un oméga…
- Que voulez-vous dire ? Demanda-t-il curieux.
- Eh bien… Cela oblige à s'accepter, à réaliser qu'on est bien un oméga et qu'il faut s'adapter aux contraintes qui vont avec… Ce n'est pas toujours facile, dit-il frottant ses avant-bras. Daryûn lui jeta un coup d'œil.
- Vous ne quittez jamais ces bracelets, fit-il remarquer. Ils ont une signification particulière pour que vous les gardiez tout le temps ?
- Non, pas vraiment… Disons qu'ils sont pratiques. »

Il se mit à les serrer entre ses doigts, ce geste attisa un peu plus la curiosité de Daryûn. Cela lui rappela un soldat qui conservait toujours des bandages aux bras pour cacher des cicatrices peut-être que…

« Vous avez des cicatrices sur les poignets ? Demanda-t-il.
- Comment vous ! Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? S'exclama-t-il soudainement.
- Je… Hum, je ne voulais pas vous embarrasser, répondit-il. Il comprit qu'il avait touché un point sensible chez son interlocuteur.
- C'est moi qui m'emporte pour pas grand-chose, soupira-t-il. »

Il se mura dans le silence tout en continuant à tenir ses poignets. Il semblait vouloir parler mais hésitait, Daryûn le voyait bien.

« Vous savez quand je dis que ce n'est pas facile comme étape à passer pour un oméga je n'exagère pas… Même si je ne pense pas que le prince soit dans le même état d'esprit que j'étais, il a d'autres préoccupations qui sont des sources de stress supplémentaire. Je dois avouer que je l'admire pour arriver à tenir le choc.
- Vous ? Dit-il surpris.
- Qu'est-ce qui vous surprend autant ? Ça m'arrive aussi d'éprouver de l'admiration, je suis humain aussi, vous savez ? Rit-il.
- C'est juste que c'est étonnant ! Dans ce cas j'imagine que le prince réalise une vraie prouesse !
- Eh bien… Il faut se faire à l'idée qu'on n'aura jamais une vie normale. Et puis c'est difficile d'être élevé en tant qu'homme et du jour au lendemain vous apprenez que vous n'êtes plus l'héritier car vous êtes oméga. Vous devez vous faire à l'idée que vous n'épouserez pas une femme mais un homme… C'est un sacré coup pour sa fierté ! C'était mon cas du moins… Je ne supportais pas l'idée d'être différent, de voir qu'on ne me traitait d'une autre manière, de ne plus être comme avant… Je ne voulais pas voir mon corps changer, je… Je ne l'acceptais pas !
- J'imagine que ça ne doit pas être évident, répondit Daryûn.
- Et le pire a été lorsque j'ai eu ma première chaleur, ça était un véritable l'enfer ! Il caressa ses poignets douloureusement.
- Si ce n'est pas indiscret… Que s'est-il passé ? Demanda-t-il voyant qu'Arihas voulait parler ce soir.
- Je l'ai mal supporté, très mal supporté même… Si mon précepteur n'était pas venu régulièrement pour voir comment j'allais, je… Je ne serais certainement pas là aujourd'hui… »

Arihas tourna la tête, fuyant le regard de Daryûn alors qu'il défaisait ses bracelets. Daryûn ne savait pas comment accueillir la nouvelle. Il ne pensait pas que c'était allé si loin, Arihas n'était pas le genre de personne à céder si facilement. Il paraissait pourtant si optimiste auprès du prince ! Difficile de croire qu'un jour il ait eu des pensées si sombres… Il regarda les poignets d'Arihas maintenant découverts. De larges et nombreuses cicatrices rosés tranchaient le blanc de sa peau.

« C'est pathétique, n'est-ce pas ? Dit-il tristement.
- Je ne trouve pas ! Dit Daryûn en attrapant ses mains. Vous aviez vos propres raisons de le faire, je n'ai pas à porter de jugement car maintenant vous faîtes un travail remarquable avec le prince ! S'exclama-t-il. Et puis… On peut tous faire des erreurs… Vous êtes en vie aujourd'hui c'est le principal, rougit-il. »

Il se mit à toucher du bout des doigts les marques qui coupaient les poignets d'Arihas. Il le regarda faire en silence, ça lui rappelait étrangement une scène qu'il avait déjà vécue.

« Qu'est-ce qui vous en a empêché par la suite ? Demanda Daryûn.
- Eh bien… Voyant ce qui était arrivé mes parents ont tout de suite cherché à me marier pour que cela ne se reproduise pas. C'est pour cela que j'ai été marié si rapidement avec Kahzac… Mais après cette chaleur je n'étais plus vraiment moi, je ne voulais plus revivre ça…
- Et après ? L'encouragea-t-il.
- Disons que j'ai eu beaucoup de chance de tomber sur quelqu'un comme lui. Il a pris le temps de m'écouter, il n'a jamais cherché à s'imposer… Il a fait ce qu'il fallait pour je que m'accepte enfin ! Sourit-il avec nostalgie.
- Je comprends maintenant pourquoi vous êtes toujours si attaché à votre époux, remarqua-t-il.
- Disons que je dois faire face à de nouvelles épreuves maintenant, c'est difficile de faire son deuil surtout quand on sent qu'il touche à sa fin… Murmura-t-il.
- Vous pensez que le prince va s'en sortir pour sa première chaleur ? Demanda soudainement Daryûn.
- Je ne pense pas qu'il aura de problème particulier… Ça devrait aller et puis je resterais dans les parages de toute manière. Il faudra que j'arrive à le convaincre de s'alimenter comme il faut.
- Et vous savez combien de temps il peut tenir sans alpha ?
- Cela dépend des gens et puis cela peut varier en fonction de l'entourage. S'il sent près de lui une personne pour qui il a de l'attirance cela sera plus difficile par exemple. Beaucoup de chose rentre en compte mais cela va aussi dépendre de comment se passe la première, elle peut révéler beaucoup de chose…
- Je vois… C'est très compliqué en faîtes !
- Pas tant que ça… C'est juste que vous n'y connaissez rien, le taquina-t-il. »

Arslan entendit des éclats de voix un peu plus loin. Il vit que Daryûn avait rejoint Arihas et qu'ils discutaient tranquillement depuis un moment déjà. Il n'osait pas les déranger, ils semblaient si proches et surtout Daryûn tenait les mains d'Arihas ! Il ne les savait pas si intimes mais tous ces voyages devaient les avoir rapprochés. Il était content pour eux mais il s'assombrit un peu. Il se demanda si lui aussi pourrait être proche de quelqu'un comme ça un jour. Cependant il en doutait un peu surtout depuis que cette idée avait germé dans son esprit. Cela l'étonnerait beaucoup qu'il se montre ainsi envers lui.

Il ne pouvait s'enlever cette idée folle de la tête mais d'un autre côté… Si cela fonctionnait cela éviterait une guerre civile. Il ne voulait pas son peuple souffre plus, alors il était prêt à de tels sacrifices. Il devrait en parler avec Narsus mais il était à peu près sûr de ce qu'il lui répondrait : vous ne pouvez pas faire une telle chose votre Altesse ! Vous ne pouvez oublier que c'est lui qui a causé tout ça !

Il le savait tout ça. Il le savait pertinemment et il se sentait honteux vis-à-vis de ses amis, après tout c'était Hilmes qui avait tué l'oncle de Daryûn et le père d'Alfreed. Il ne l'oubliait pas mais il ne pourrait plus dormir en sachant qu'il n'avait pas tenté toutes les solutions pour sauver son peuple car, après tout, n'était-ce pas le devoir d'un roi ?

Arihas l'aperçut et il se rendit compte que ses poignets étaient toujours dans les mains de Daryûn. Il retira rapidement ses mains. Daryûn comprenant l'ambiguïté de la situation dans laquelle ils étaient, espérait juste que le prince ne se méprendrait pas. Arihas se leva d'un bond pour rejoindre le prince :

« Vous sentez-vous mieux, votre Altesse ?
- Oui… J'avais surtout besoin de prendre l'air je crois. J'espère ne pas vous avoir interrompu, sourit-il.
- Je voulais juste avoir de vos nouvelles, répondit rapidement Daryûn embarrassé. »

Le prince le salua avant de se retirer vers sa chambre, la fatigue était retombée maintenant. Arihas le suivit mais Daryûn l'interpella pour lui rendre les bracelets qu'il avait oubliés sur le banc. Ce geste n'échappa pas à Arslan, cela le fit sourire. Il y repensa même une fois couché. Il trouvait ça adorable, surtout de la part de ces deux-là.

Hilmes était-il ce genre de personne ? À se montrer attentionné envers quelqu'un ? Il n'avait eu que deux rencontres, celle de Peshawar était assez mémorable et pas uniquement parce qu'il avait essayé de le tuer… Ce serait mentir de dire que ça ne l'avait pas marqué. À chaque fois qu'il y repensait il sentait de nouveau le souffle d'Hilmes dans sa nuque. Sa peau se réchauffait à ce souvenir, presque comme une marque indélébile sur cette petite parcelle de peau effleurée par le souffle d'Hilmes. Il se sentait bizarre à chaque fois, ce très léger contact l'avait profondément chamboulé. Leur rencontre au fort Saint-Emmanuel fut très différente. Ils étaient restés éloignés presque pour se jauger mais il n'avait pas senti d'animosité dirigée vers lui. Pourtant Hilmes se montrait ouvertement hostile envers Daryûn. Cela restait un mystère pour lui. Il ne comprenait pas ses réactions ni celles d'Hilmes d'ailleurs. Sans s'en rendre compte il finit par s'endormir.


Encore un chapitre rapide... et encore un chapitre de transition...

Faut dire que dans mon premier jet ce morceau se trouvait au milieu du chapitre 5 qui s'étendait du chapitre 12 jusqu'au chapitre 17 pour dire le monstre que c'était...

Pourtant il y a des éléments importants à noter n'est-ce pas? ;) C'est donc à partir de maintenant que je m'éloigne de l'histoire originale.

Fufu~~~

À la semaine prochaine!