Je remercie Arashi-Ohno et Solyano pour leur review! ^^ Merchi~~
Hier j'ai emprunté un livre pour la premier fois dans ma BU... Pourquoi je raconte ça, hein? Eh bien j'ai pensé à vous, le premier thème qui m'est venu était la Perse ! Bon c'est un peu tard pour apporter des modification à l'histoire mais bon, ça me sera surement utile plus tard.
Trêve de blabla voici le chapitre de la semaine ! ~('-'~) ~('o')~ (~'o')~ ~('o')~ ~('-'~) ~('o')~ (~'o')~
Chapitre 15
Le confinement
Arslan se réveilla vaseux et une masse tambourinait ses tempes avec insistances. De plus il régnait une chaleur inhabituelle ce matin-là. Il tenta de se lever mais ses jambes refusèrent de le porter. La pièce se mit à tourner devant ses yeux, il se laissa retomber sur le lit. Il attendit que ça se calme avant de se redresser plus doucement, il resta assis quelques instants. Il se servit un verre d'eau puis le bu doucement et avec précaution avant de se rallonger. Il ne faisait pas encore jour, Arihas devait encore être couché. Il se rallongea espérant que ça passe, c'était différent des autres crises qu'il avait vécu.
« Je me demande si ça va durer longtemps, murmura-t-il. »
Il avait de plus en plus chaud, il sentait ses muscles se tendre régulièrement. Il transpirait à grosses gouttes, son dos était totalement mouillé et puis… Il y avait ça en bas aussi qui lui posait problème. Il était très embarrassé car son érection ne voulait pas partir malgré plusieurs tentatives. Il était partagé entre l'envie de voir Arihas arriver pour l'aider à se calmer et en même temps il ne voulait pas qu'il le voit dans une telle situation. Cette situation était angoissante. Il ne comprenait pas pourquoi son corps réagissait ainsi, et ce qu'il supposait ne le rassurer pas plus : était-ce ça une chaleur ? Est-ce qu'il était en chaleur ?
« Arihas, pleura-t-il.
- Votre Altesse ? Demanda une voix derrière la porte. Vous allez bien ?
- Appelez Arihas ! S'exclama-t-il. »
Jaswant fut alarmé par le ton du prince. Il ouvrit la porte et fut perturbé par un parfum étrange. Il aperçut le prince recroquevillé dans son lit. L'envie de se rapprocher le rongeait, ce détail l'inquiéta suffisamment pour qu'il reste à bonne distance. Lorsqu'Arslan remarqua sa présence il se couvrit aussitôt avec les draps.
« Arihas… Jaswant va le chercher s'il-te-plaît ! supplia-t-il.
- Votre Altesse, je ne peux pas vous laisser sans surveillance dans cet état, s'il vous arrivait quelque chose durant mon absence… déclara-t-il.
- Envoie quelqu'un alors, mais fais vite et sort s'il-te-plaît… »
Jaswant s'exécuta sur le champ, pas mécontent de sortir de la chambre. Il ne savait pas comment il aurait pu réagir dans l'état où il se trouvait s'il était resté plus longtemps. La tension qui habitait son corps alors qu'il était un béta lui faisait prendre conscience de ce que cela pouvait donner sur alpha –ceux-ci étant beaucoup plus réactifs. L'envie de le toucher, de le prendre contre lui et le faire sien… Jaswant aurait pu se frapper la tête contre un mur pour avoir eu de telles pensées envers son Seigneur mais il devait agir avant que la situation ne se dégrade. Il se mit à appeler avec véhémence dans les couloirs jusqu'à qu'un serviteur finisse par venir à lui en courant se demandant ce qui pouvait bien arriver alors que le soleil ne pointait pas encore son nez. Jaswant l'envoya aussitôt chercher Arihas qui arriva une dizaine de minutes plus tard totalement affolé et débraillé. Il entra dans la chambre s'en se poser de question et ferma la porte à clef derrière lui.
Jaswant fut surpris de voir Faranghîs et Ghîb arrivaient quelques secondes plus tard.
« On nous a appelé pour vous aider à garder le couloir, expliqua Faranghîs.
- Et aussi pour dissuader Sir Daryûn de s'approcher, continua Ghîb. Si ça vous fait cet effet à vous un béta, je n'imagine pas dans quel état incontrôlable ça pourrait mettre notre cher alpha. »
Jaswant piqua un fard quand il comprit à quoi Ghîb faisait allusion. Il n'y avait pas fait attention mais une bosse c'était formée sur son pantalon. Il en était bien embarrassé surtout que sa gêne amusait beaucoup Ghîb. Elam apparut alors au bout du couloir les bras chargés de linges et sachets divers. Il salua rapidement ses compagnons avant de s'adresser à Arihas au travers de la porte :
« Messire Arihas, j'ai amené ce que vous m'avez demandé, s'exclama-t-il.
- Bien pose-le. Prends le sac noir, il est pour vous car la journée ne va pas être facile… Trois feuilles pour une théière pas plus, d'accord ? Buvez-en régulièrement, ça devrait calmer les effets indésirables, expliqua-t-il.
- Compris, répondit-il.
- Bien maintenant écartez-vous de la porte… C'est bon ? »
Ils obéirent docilement. Arihas défit le verrou et ouvrit lentement la porte comme pour scruter le moindre mouvement hostile. Il était totalement livide. Il attrapa le tas qu'Elam avait posé devant la porte et referma aussitôt. On entendit un léger « merci Elam » s'élever derrière le bois. La porte n'avait été ouverte que quelques secondes pourtant l'effluve qui s'en était échappée avait envahi le couloir en quelques instants. Ghîb n'avait plus envie de se moquer maintenant qu'il se retrouvait dans le même état que Jaswant. Elam vira au rouge en une fraction de seconde et tremblait légèrement. Faranghîs semblait la moins touchée même si elle aussi avait été affectée.
« Elam je crois qu'il vaudrait mieux que tu te dépêches d'aller faire cette infusion, commenta Ghîb. Qui aurez cru qu'on pourrait être autant affecté pour si peu ? J'espère qu'Arihas est bien immunisé lui !»
Le prince se sentit enfin rassuré en voyant Arihas près de lui mais il n'en restait pas moins effrayé.
« Arihas est-ce que c'est ce que je crois… ? Je suis en chaleur, c'est ça ?
- J'en ai bien peur Arslan, dit-il calmement.
- N'y a-t-il rien pour me calmer ? Dit-il les larmes aux yeux.
- Il n'y a que la manière manuelle… Vous vous souvenez quand je vous ai dit qu'il vous serait utile de bien connaître votre corps ? Eh bien il va falloir que vous le mettiez en pratique, expliqua-t-il. Je serais là pour vous aider à manger et à boire, ainsi que vous aidez à mettre de nouveaux vêtements et changer vos draps. Je ne resterais pas là tout le temps, dit-il.
- Non ! Reste je- j'ai peur Arihas, pleura-t-il. Je ne veux pas rester tout seul, dit-il en s'accrochant à Arihas.
-Ne vous inquiétez pas, je resterais derrière la porte de toute manière, vous pourrez m'appeler si ça ne vas pas ! Expliqua-t-il. Et puis vous aurez besoin d'un peu d'intimité, non ?
- Tu resteras derrière la porte ?
- Oui, c'est promis ! Sourit-il.
-… J'aimerais bien changer de vêtement, tant que c'est un plus calme, rougit-il.
- Bien sûr. »
Arihas attrapa une chemise de nuit propre, et prépara une bassine d'eau fraiche.
« Je crois que je vais le faire seul finalement, bredouilla le prince encore plus rouge que tout à l'heure.
- Bien, mettez-vous derrière le paravent, je vais m'occuper du lit pendant ce temps, d'accord ? »
Le prince acquiesça et fila derrière le paravent. Il était très gêné. Il avait demandé de l'aide et finalement il se retrouvait à nouveau dans cet état. Il ne pouvait pas rester ainsi devant Arihas, il étouffa ses gémissements derrière le paravent. Il ne fallut pas longtemps pour que la pression retombe, il fit une toilette rapide et s'habilla. Il fut très embarrassé lorsqu'il se présenta devant Arihas. Il l'avait forcément entendu. Les larmes lui montèrent aux yeux, il se sentait sale et honteux.
« Ne vous en faites pas, dit-il doucement. Ce n'est pas grave je suis aussi passé par là vous savez !
- Mais je… Je te demande de rester là et je… Je fais ce genre de chose alors que tu es là… Je suis désolé, bégaya-t-il.
- Ce n'est pas grave, le rassura-t-il. Allez profitez-en pour venir manger et boire, si vous voulez bien je partagerais les repas avec vous, ça vous va Arslan ? »
Le prince hocha de la tête et s'assit en face de lui. Le repas lui fit oublier pendant quelques minutes son état. Il se sentait bien mieux. Il discuta avec Arihas sans désagrément jusqu'à ce que les rayons du soleil percent l'atmosphère matinale de la chambre. Une nouvelle vague de fièvre l'assaillit, Arihas l'aida à s'allonger et le laissa seul cette fois. Il prit un des pots qu'il avait fait amener à Elam avant de sortir. À peine sorti de la chambre il vomit à l'intérieur du pot. Il s'accrocha au mur comme au salut et se laissa glisser contre celui-ci. Il entendit à peine ce qu'Elam et Faranghîs dirent mais leur inquiétude perçait au travers de la brume. Ses oreilles sifflaient et le monde taguait dangereusement menaçant de se retourner. Il lui fallut quelques minutes pour se remettre.
« Il semble que cela ne vous laisse pas indifférent, dit Ghîb. J'avais déjà entendu que les phéromones des omégas étaient insupportables pour un autre oméga… On dirait bien que c'est vrai !
- Oui en effet… De la même manière que deux alphas s'opposent et sont rivaux… C'est très désagréable mais je ne peux pas non plus laisser le prince tout seul.
- Ne vous surmenez pas non plus ! N'oubliez pas que vous êtes le seul à pouvoir entrer sans qu'il y ait de risques que cela dégénère, déclara Faranghîs.
- Je suis juste resté un peu trop longtemps, ça ira bientôt mieux… Il faudrait amener ça pour le laver-
- Je m'en occupe, déclara Elam sans qu'Arihas n'ait pu finir. Je vais l'amener, dit-il en disparaissant avec le pot en question.
- Je crois qu'Elam cherchait une excuse pour partir, il n'est pas bien depuis tout à l'heure, sourit Ghîb.
- L'infusion ne lui a pas fait beaucoup d'effet, remarqua Jaswant.
- Certainement parce qu'il est dans l'âge où on ne peut pas y faire grand-chose, sourit Ghîb avec un petit clin d'œil. »
Le silence s'installa. Des bruits étouffés se firent entendre derrière la porte et la gêne s'installa avec. Jaswant tenta de lancer la conversation pour couvrir ces sons dérangeant. Ghîb se fit un plaisir de le taquiner. Il trouvait ça drôle qu'un guerrier comme lui soit aussi déstabilisé par quelques bruits –suspects- étouffés. Faranghîs le réprima à plusieurs reprises mais l'atmosphère se détendit peu à peu.
Dans le milieu de la matinée, Narsus se manifesta, enfin, accompagné par Alfreed mais Elam n'était pas avec eux. Ils venaient prendre des nouvelles du prince. Narsus leur dit qu'Elam tenait compagnie à Daryûn qui devait demeurer dans les ailes les plus opposés (et loin) avec les autres alphas du le palais. Les couloirs près des appartements du prince étaient en confinement : des soldats étaient postés à chaque entrée de couloirs et surveillaient qui circulait. Personne ne pouvait s'approcher hormis Elam et Alfreed qui amenaient les repas.
Arslan percevait les voix derrière la porte, il se sentait un peu moins seul grâce à ça. Depuis qu'Arihas était sorti il avait subi plusieurs vagues de chaleurs : il se sentait bien pendant quelques minutes puis rechutait. Le plus étonnant était certainement le fait qu'il ne soit pas fatigué malgré la tension qui régnait dans son corps. Pourtant quand il se touchait d'habitude il tombait de fatigue juste après et là cela faisait déjà quatre fois ! La fatigue risquait de retomber brutalement, alors il suivait les conseils d'Arihas : il buvait régulièrement et grignotait du pain et des fruits temps qu'il était conscient.
Comme promis Arihas vint le voir à midi pour lui amener son repas. Arslan avait perdu toute notion du temps depuis ce matin. Il fut ravi de pouvoir parler avec Arihas mais il le trouva très pâle et il ne mangea pas beaucoup. Il lui demanda s'il allait bien et Arihas lui assura que tout était normal. Il ne pouvait pas lui avouer que les phéromones qu'il relâchait par moment le rendaient complètement malade et lui étaient totalement insupportables. Il resta autant qu'il put mais il éprouvait de nouveau des malaises et c'était bien pire que le matin. Il réussit à partir avant qu'une nouvelle crise ne submerge le prince.
Une fois sorti il mit bien plus de temps à s'en remettre que la fois précédente, le tout sous des regards toujours aussi inquiets. Il avoua qu'il avait besoin de prendre l'air. Il se posa quelques instants dans la cour la plus proche pour pouvoir respirer.
L'après-midi fut un véritable enfer pour le prince. Il brulait de l'intérieur et suait à grosses gouttes. Tous ses muscles se tendaient, son corps s'arquait et tremblait de manière incontrôlable. Le temps lui parut défiler lentement pourtant il eut l'impression qu'Arihas revint quelques minutes plus tard alors que plusieurs heures s'étaient déjà écoulées. Il n'arriva pas à manger malgré l'insistance d'Arihas mais il réussit à le faire boire et à le changer pour la nuit. Il était totalement épuisé maintenant, il ne se rendait plus compte de ce qu'il se passait. Il remarqua à peine le froid sur sa peau quand Arihas le déshabilla et le rhabilla mais il sentit la chaleur réconfortante de son corps contre le sien lorsqu'il le porta dans son lit. Il s'accrocha à lui lorsqu'il le sentit s'éloigner.
« Reste encore un peu s'il-te-plaît, murmura-t-il.
- D'accord Arslan, souffla-t-il. Pour le moment l'air lui était supportable alors il pouvait rester.
- Merci… Père… »
Arias fut trop choqué pour répondre. La fièvre devait faire délirer le prince mais… Il devait bien avouer que ça le flattait. Il était heureux que le prince l'apprécie autant et de plus c'était réciproque. S'il n'y avait pas ce lien entre eux il n'aurait jamais eu la force de rester près de lui aujourd'hui. Il se mit à lui caresser les cheveux doucement. Le prince commença à se détendre et finit par s'endormir dans ses bras. Une fois qu'il fut bien endormi il le déposa très lentement dans son lit et sortit sans bruit. Il se laissa tomber dans un siège une fois dans le couloir. Il était épuisé après cette journée. Jaswant lui jeta un regard inquiet :
« Vous devriez aller prendre une pause, nous monterons la garde avec Ghîb, dit-il.
- Ne vous inquiétez pas pour moi, je vais dormir un peu là et ça ira mieux, sourit-il. J'ai promis au prince de rester derrière la porte au cas où… »
Jaswant se pinça les lèvres et se retint de lui répondre. S'il avait bien appris quelque chose sur Arihas c'était qu'il pouvait être très têtu quand cela concernait le prince.
Les deux jours suivants furent aussi intenses pour le prince. Le soir il tombait de fatigue et il mangeait peu malgré l'insistance d'Arihas. Il souffla enfin le troisième soir. Les chaleurs du prince touchaient à leur fin, le lendemain devait être le dernier jour. Il ne put cacher sa surprise quand le matin suivant il constata que c'était pire. Les moments de répit se raccourcirent considérablement et même le soir Arslan n'arriva pas à s'endormir comme les autres soirs. La nuit du prince fut très courte et voilà qu'il entamait un cinquième jour de chaleur. Cela devenait insupportable. Arihas lui donna de quoi faire baisser la fièvre ainsi que pour l'aider à dormir mais cela ne fit aucun effet.
Tous les deux commençaient à désespérer. Arihas n'avait jamais vu ni entendu parler de ça pour une première chaleur. Ce genre de réaction n'arrivait que chez des omégas marqués en générale, et ses chaleurs étaient plutôt longues. Des chaleurs longues attestaient souvent d'une grande fertilité. Cela ne le mettait pas en danger mais c'était plutôt rude et intense à supporter il serait épuisé après ça.
Arslan de son côté était plongé dans une sorte de léthargie fiévreuse, incapable de reprendre le contrôle de son corps. Il avait de vagues moments de conscience mais replongeait rapidement. Il remarquait à peine la présence d'Arihas. Son corps cherchait désespérément quelque chose sans pour autant le trouver.
Le soir, Arihas le trouva endormi et il put constater que les phéromones avaient largement diminué depuis la dernière fois qu'il était venu. Il put enfin souffler, les chaleurs du prince étaient terminées. Il finit par s'endormir en veillant le prince. Ce n'est que le lendemain qu'il s'en rendit compte réveillé par les rayons du soleil et une petite voix fatiguée :
« Arihas ?
- Arslan ? Dit-il en sursautant. Vous êtes réveillé ? Vous vous sentez mieux ? S'inquiéta-t-il.
- J'ai soif… Murmura-t-il difficilement.
- Oui tout de suite ! Arihas lui présenta un verre et le fit boire. Est-ce que ça va ?
- J'ai mal partout, dit-il. Mon dos me fait atrocement souffrir.
- Je vais préparer de quoi vous soulagez mais je crois qu'aujourd'hui au moins, vous devrez rester au lit. »
Le prince se rendormit juste après qu'Arihas lui donna de quoi calmer ses douleurs. Arihas alla annoncer aux autres que la chaleur du prince était enfin terminée mais qu'il resterait allongé pour la journée. Tout le monde fut soulagé que cela soit terminé. Daryûn était heureux de pouvoir enfin sortir de son exil à l'autre bout du palais. Il avait passé les cinq derniers jours cloitré dans des appartements vides avec deux autres alphas qui travaillaient dans le palais. Heureusement que Narsus, Elam et Alfreed étaient venus pour lui donner des nouvelles du prince de temps en temps ainsi que lui tenir compagnie. Narsus était resté très longtemps avec lui. Il était allé prendre des nouvelles du prince directement que deux ou trois fois durant la semaine. Il se perdait dans l'élaboration de plans et ne portait attention à rien d'autre.
Le prince passa la journée allongé et à moitié endormi. Arihas resta près de lui pour le veiller. Ce n'est que le lendemain que le prince put enfin quitter son lit. Il se leva difficilement, le corps toujours endolori, mais il avait besoin de sortir pour prendre l'air. Il avait passé presque toute la semaine enfermé dans sa chambre et cloué à son lit. Il prit une grande inspiration en sortant de sa chambre, il tomba sur Jaswant qui fut surpris de le voir.
Le prince se dirigea vers la salle du conseil, surveillé de près par Jaswant et Arihas, où le reste de ses compagnons étaient regroupés. Daryûn bondit de son siège en les voyant arriver.
« Votre Altesse ? Vous allez mieux ? S'exclama-t-il.
- Oui, oui, je vais bien ! J'espère ne pas trop vous avoir inquiété ni trop embêté durant cette semaine.
- Ce n'est pas comme si vous y pouviez grand-chose, après tout ! S'exclama Alfreed. »
Arslan fut heureux de les retrouver et d'être à nouveaux entouré par ses amis. Il jeta un coup d'œil à Arihas qui semblait épuisé. L'ennui avec lui c'était qu'il était terriblement têtu, il fut contraint de lui ordonner d'aller se reposer. Ses compagnons finirent par retourner à leurs occupations quand la réunion fut terminée. Arslan en profita pour rester seul avec Narsus.
« J'ai réfléchis à ce que vous m'avez dit Narsus… »
Narsus releva la tête curieux mais il ne s'attendait pas à ce qui allait suivre.
De son côté Daryûn raccompagna Arihas jusqu'à sa chambre. Il s'était inquiété pour le prince et même maintenant qu'il l'avait vu de ses yeux il restait en alerte.
« Le prince a l'air complètement épuisé…
- C'est normal après ce qu'il a vécu ses derniers jours… Et puis cette chaleur était plutôt longue pour une première, dit-il pensif.
- C'est vrai que vous aviez dit que cela durait plutôt trois jours voir quelque fois quatre… Une journée ça change beaucoup de chose ? Demanda-t-il.
- Eh bien pas vraiment… La durée n'a pas forcément beaucoup d'importance, même si on dit souvent que des chaleurs longues sont un signe de fertilité.
- Alors quel est le problème ?
- L'intensité… Pour une première chaleur c'est assez étrange. Si vous voulez, les chaleurs sont généralement décrescendo : les premiers jours sont les plus intenses et les derniers sont plus calmes, ce qui fait qu'on peut être sur pied plus rapidement, mais… Pour le prince ça était l'inverse et c'est ça le plus bizarre, expliqua-t-il.
- Je comprends mais… Pourquoi est-ce étrange ?
- C'est que… C'est plutôt un comportement d'oméga marqué. Au début j'ai pensé que votre présence avait fini par imprégner le prince et qu'inconsciemment il cherchait à vous attirer mais… Il n'a pas essayé de vous réclamer comme il l'aurait fait si cela avait été le cas, alors je ne sais pas trop quoi en penser.
- Je vois que vous y avez beaucoup réfléchi, sourit-il.
- Cela m'intrigue ! Cela fit rire Daryûn de le voir si passionné.
- Vous savez, plus le temps passe et plus je pense que le prince me voit comme un frère plutôt qu'un potentiel alpha…
- Il tient beaucoup à vous, vous savez ? Déclara Arihas.
- Mais c'est de la même manière qu'il tient à vous, dit-il.
- Cela vous vexe ?
- Non, au final je crois que c'est mieux ainsi, conclut-il. »
Il n'ajouta rien et Arihas resta songeur jusqu'à ce qu'il arrive à sa chambre où ils se séparèrent.
« Votre Altesse, vous vous rendez compte de ce que vous dîtes ? S'exclama Narsus.
- Pensez-vous que je dirais cela sans y avoir réfléchi avant ? Sans avoir pesé le pour et le contre ? Et puis je n'ai pas dit que cela se ferait ! Je dis juste que c'est une possibilité à prendre en compte…
- Dans l'idéal pourquoi pas ! Mais vous savez ce qu'a fait cet homme, n'est-ce pas ?
- Bien sûr que je sais ! S'exclama-t-il. Je sais aussi qu'il a tué Vahriz, qu'il a tué le père d'Alfreed… Narsus vous pensez réellement que je ne les prends pas en compte ? Mais si les choses continuent ainsi c'est des milliers de parses qui vont s'entretuer !
- Je comprends votre sentiment Altesse mais n'avez-vous pas dit que vous aboliriez l'esclavage et que vous vouliez rendre Parse meilleur ? Que se passera-t-il si vous cédez votre place d'héritier en faveur d'Hilmes ? Croyez-vous qu'il le fera à votre place ?
- C'est pour ça que je n'ai pas l'intention de lui donner ma place !
- Vous pensez qu'il peut tenir un accord ?
- Je ne sais pas, avoua-t-il. C'est pour cela que je souhaiterais organiser une rencontre : si nous arrivons à discuter et que nos visions du futur de Parse peuvent converger alors nous pouvons arriver à signer un accord, n'est-ce pas ? Et si cela se passe mal et bien nous revenons au même point qu'aujourd'hui, qu'en pensez-vous ?
- Et votre père ? Demanda Narsus septique.
- Vous l'avez dit vous-même, non ? Mon Père ne comprend que la force et repose tout sur ça. Et puis il est aussi question de lui proposer un héritier « digne de ce nom », tant qu'il conserve sa place je pense que cela ne lui posera pas de problème.
- Et vous, votre Altesse ? Cette idée vous convient-elle ? Demanda-t-il.
- Si cela peut empêcher cette guerre cela me convient… Je sais que vous comptez sur moi mais… Je pense que vous vous en êtes rendu compte tout seul, n'est-ce pas ? Sourit-il tristement. Je ne monterais jamais sur le trône en ayant les pleins pouvoirs de Shah… Quitte à me marier autant que cela puisse être utile !
- Votre Altesse, nous comptions réellement faire de vous le Shah de ce pays et défendre vos idées ! Répliqua Narsus.
- Mais pour combien de temps ? Dit-il tristement. J'ai vraiment cru à un moment que je pourrais mais je ne me suis fait à l'idée… Je n'en suis pas capable. Je ne suis pas celui qui pourra changer la condition des omégas et puis je crois que notre pays n'est pas prêt non plus… Cela n'empêche pas que je ferais mon possible pour améliorer les choses !
- Vous comptez en parler aux autres ?
- Oui mais je souhaite savoir ce que vous en pensez. Je tiens réellement à connaître votre avis, est-ce complètement insensé selon vous ? »
Narsus ne sut répondre, le prince semblait déjà y avoir sérieusement pensé. Comme le prince attendait une réponse il lui dit qu'il allait y réfléchir, car en vérité il ne savait pas quoi en penser. Cela partait d'une bonne intention, dans un monde idéal cela marcherait mais on ne pouvait pas prévoir la réaction d'Hilmes.
Au final vous aussi ne souhaitez que prendre le trône pour vous-même, en utilisant comme prétexte le prince !
Peut-être que… Il y avait au moins la possibilité qu'il les écoute ou qu'il soit ouvert à la discussion. Après tout ils pouvaient essayer comme le suggérait le prince. Ils n'avaient rien à perdre à entamer la discussion. Le problème allait être de convaincre les autres, et pour le coup Alfreed l'inquiétait plus que Daryûn. Le prince s'apprêtait à partir lorsqu'il l'interpella :
« Je suis d'accord pour entamer la conversation avec Hilmes et de le rencontrer mais si cela va à l'encontre de ce que vous défendez Altesse, je ne vous suivrais pas si vous choisissez d'accepter malgré tout. Suis-je clair ?
- Bien sûr, je n'en attendais pas moins de vous, sourit le prince. »
Fufu~~
Alors?
À la semaine prochaine?
