Grande annonce ! (ou pas)

J'ai pris de l'avance dans la correction (et je tente de continuer d'en prendre ce qui n'est pas gagné) mais pourquoi je vous dis ça… Et bien pour le mois de novembre je vais me frotter au terrible Nanowrimo donc c'est mieux d'avoir fini mes corrections de Un Jardin pour deux

Mais en quoi cela vous concerne me direz-vous ? Hum hum…

Eh bien j'ai prévu (enfin je vais essayer de faire) des OS sur the Heroic Legend of Arslan dont des omégaverses… Normalement deux : Se méfier des apparences (Arslan x Daryûn) et La légende du Ξ (Xi) (Hilmes x Arslan x Daryûn) ouais ouais un threesome omegaverse rien que ça...

Ainsi que trois OS yaoi : L'amant e(s)t le conseiller (OC x Arslan, Arslan x Narsus) Ce qui se cache derrière le Masque (Daryûn x Hilmes) et enfin un, un peu particulier Le dresseur de Sirène (Arslan x Daryûn).

Donc un total de cinq OS, Nanowrimo c'est 50,000 mots donc ça ferait des OS des 10,000 mots chacun mais je sens que comme pour cette fic ça va partir en cacahuète et s'alloooonger ~~~~!

Du coup si tout se passait bien cela voudrait dire des sorties pour le mois décembre (cadeau de Noël) et Janvier. Mais j'ai encore plein de projets ! Notamment une autre fic longue omégaverse mais beaucoup plus sombre cette fois… Et un couple trèèèès… Comment dire ? Inattendu ? Bizarre ? Carrément chelou ? Un peu tout ça à la fois.

Bon j'ai fait un trèèèès gros blabla aujourd'hui X) (je ne sais pas si tout le monde aura suivi mais je te remercie toi qui a lu ce petit pavé) Je vous tiendrais au courant concernant mon avancement dans le Nano

Sur ce, voilà le chapitre de la semaine~~~~ ~('-'~) ~(*0*)~ (~'o')~ ~(*0*)~ ~('-'~)


Chapitre 18

La fin et le commencement

Ils étaient enfin de retour à Ghiran après un voyage éprouvant. Pourtant le prince n'était pas au bout de ses peines, à peine revenu il devait s'occuper de gérer leur proche départ et surtout le retour de ses chaleurs. Selon Arihas cela risquait d'être plus difficile cette fois car il avait pris conscience de son partenaire. Arslan avait étonnamment bien accueilli la nouvelle, ni choqué, ni vraiment surpris de l'apprendre. Au fond peut-être qu'il s'en doutait.

Pourtant Arslan préférait continuer comme si de rien n'était et n'évoquait plus le sujet avec ses compagnons. Un simple évènement sans importance pour la suite. Cependant tous savaient de quoi il retournait, Arihas avait dû leur expliquer en détail. Narsus conclut que cela n'était pas un problème puisqu'ils étaient alliés maintenant. De plus Hilmes s'était montré plus coopératif et ouvert qu'ils ne pouvaient l'espérer. En son for intérieur Arihas se demandait si ce n'était pas parce qu'Arslan et Hilmes formaient un couple destiné que les négociations s'étaient si bien déroulées.

L'hiver prenait enfin sa place sur la ville. Les bateaux se trouvaient contraints de rester au port. Cela donnait un aspect bien singulier à la ville comme une forêt de mâts se dressant face à la ville. Tel un défi silencieux lancé au vent : essaies de nous renverser !

Malgré l'air glacé qui régnait le prince était brûlant. Arihas avait raison : cette fois c'était bien pire. Arihas peinait à rester dans la chambre d'Arslan seulement il y était bien obligé. Dès le premier jour, le prince était tombé dans une inconscience fiévreuse qui ne le quittait qu'à de rares occasions. Arihas devait le forcer boire, à manger et s'occupait aussi de le changer régulièrement. Le prince le remarquait à peine. Une fois qu'il avait fini il se jetait dehors et tentait de se retenir de vomir, ce qui ne marchait pas toujours. L'état dans lequel il se trouvait inquiétait beaucoup Elam et Faranghîs. Arihas semblait totalement vidé de son énergie à chaque fois qu'il sortait de la chambre. Et surtout ça le rendait malade d'y aller. Faranghîs se proposa de l'accompagner et de l'aider pour le soulager. Arihas refusa poliment, il ne pensait pas que le prince souhaite être vu dans cet état même s'il n'en n'avait pas conscience.

Arslan se sentait à la fois réveillé et endormi, il ne se rendait même pas compte de quand il passait d'un état à l'autre. Dans ce cycle étrange il n'arrivait pas à se reposer et s'épuisait plus qu'autre chose car il ne dormait jamais totalement. Son corps était régulièrement parcouru de tremblements et sueurs froides. Sa peau le démangeait mais à l'intérieur il sentait une brûlure glacée. Il gémissait de frustration, il brûlait d'être touché, caressé, dévoré mais il n'arrivait pas à assouvir son désir. Il y avait toujours un manque et personne pour le combler. Il avait beau présenter sa nuque, personne ne le marquait. Personne pour le toucher, l'embrasser ou l'enlacer. Il l'appelait pourtant il ne lui répondait pas.

Une vague de chaleur le submergea à nouveau, son corps se tendit pour la énième fois demandant à être comblé. Ses mains pouvaient s'activer autant qu'elles voulaient il n'arrivait jamais à être pleinement satisfait car son alpha n'était pas là pour le compléter. Il laissa échapper un soupir involontaire :

« Hilmes… »

Ses cinq jours furent certainement les plus longs de leur vie. Arslan et Arihas tombèrent de fatigue une fois que la période fut terminée. Une journée suffit à Arihas pour se « remettre » mais le prince était toujours épuisé. Arihas revint à ses côtés bien qu'il soit totalement vidé, il tenait difficilement debout et ses cernes s'étaient creusées. Après deux jours complets à rester alité, le prince finit par se lever. Arihas lui conseilla de demeurer allongé. Arslan serait bien resté encore un peu sous la protection des couvertures mais il avait des responsabilités et il fallait préparer leur départ déjà retardé à cause de lui. Dès qu'il sortit de son confinement il fut scruté par des yeux étonnés.

« Vous êtes sûr que vous allez bien, Altesse ? Demanda Elam.
- Vous devriez rester encore au lit, nous pouvons très bien organiser le départ ! Déclara Faranghîs.
- Ne vous en faîte pour moi, je vais bien ! Dit-il simplement. »

Même Narsus et Daryûn s'en inquiétèrent. C'était bien la première fois qu'ils voyaient le prince si épuisé. Ses cernes voilettes tranchaient sur le blanc de sa peau accentuant encore plus la pâleur de son visage. Daryûn vit aussi qu'Arihas n'était pas dans son assiette. Ghîb lui avait dit dans quel état il se trouvait à chaque fois qu'il sortait de la chambre du prince. Et ça lui déplaisait fortement qu'ils ne l'aient pas remplacé auprès du prince. Pourquoi l'avaient-ils laissé faire ? Pourquoi ne l'avaient-ils pas obligé à s'arrêter et se reposer ? Même si maintenant qu'il le voyait il était plus calme, cela l'avait énormément agacé lorsque Ghîb lui avait raconté. Arihas lui lança un regard interrogatif lorsqu'il vit qu'il le fixait, mais il évita son regard avec une moue renfrognée. Ce comportement amusa Arihas qui afficha un petit sourire.

Malgré sa fatigue le prince tint conseil sur les préparatifs du départ. Ils devaient se dépêcher et optimiser leur temps au maximum pour rattraper leur retard. Hilmes et son armé était parti depuis plusieurs jours déjà. Le prince avait vu juste puisque le roi Andragoras avait fait de même. Arslan culpabilisa, par sa faute ils avaient dû reculer le départ car ils devaient attendre que sa chaleur soit passée pour quitter Ghiran. Narsus, Daryûn et Grâzé s'occupaient des préparatifs chacun gérant respectivement la logistique, les hommes et armes ainsi que l'approvisionnement en vivre. Il ne restait plus qu'à choisir la date et annoncer le départ pour la capitale.

« Nous devons partir au plus vite Altesse ! Déclara Narsus.
- Croyez-vous que d'ici deux jours cela ira ? Demanda le prince. J'imagine que partir demain serait trop difficile pour les hommes et il faut organiser le départ.
- En effet, répondit Narsus. Une sage décision… Il y a autre chose Altesse, des nouvelles sont arrivées de Peshawar : les renforts de Rajendra ont passé la frontière depuis trois jours. L'écart s'est creusé entre les deux armées. Les soldats sindôriens auront du mal à trouver leur chemin et puis il vaudrait mieux que sa Majesté ne les remarque pas.
- Vous voulez dire qu'ils auront besoin d'un guide ?
- Oui mais surtout il faut que ce groupe reste discret pour le moment.
- Je suis sûr que Jaswant peut s'en occuper, sourit-il en le regardant.
- C'est trop d'honneur votre Altesse !
- Les soldats sindôriens suivront plus facilement quelqu'un qui leur est connu, répondit Narsus. Je pense que tu auras compris : il nous faut quelqu'un de confiance pour les diriger. »

Jaswant s'agenouilla acceptant humblement la tâche qui lui incombait et écoutant les recommandations de Narsus. Il partit quelques heures plus tard prenant la route vers le nord. Arslan en profita pour souffler un peu tant qu'il lui restait un peu de répit. Il se dirigea sans grande surprise vers les jardins où il trouva Etoile. Il n'avait pas eu l'occasion de lui reparler depuis leur retour. Elle sursauta lorsqu'il apparut soudainement derrière elle. Elle n'avait pas changé depuis qu'ils s'étaient quittés. Ils discutèrent tranquillement de tout et de rien mais des sujets plus sensibles finirent par arriver :

« Je n'aurais jamais cru que vous étiez oméga, dit-elle. Si je n'avais pas su que votre absence de la semaine dernière résultait de vos chaleurs je ne m'en serais jamais douté.
- Ah bon ? Pourtant la plupart des gens le remarque assez vite d'habitude… Soupira-t-il.
- Je ne sais pas, vous avez quelque chose de différent, dit-elle. J'ai entendu que vous partiez pour la capitale après-demain ? Comptez-vous sauver notre roi ? Demanda-t-elle avec espoir.
- Tu es bien renseignée mais cela dépendra aussi de votre roi… Dis-moi, crois-tu que Lusitania accepterait l'idée de voir ses pouvoirs séparés ? Je veux dire avec le roi d'un côté et le chef de l'Eglise de l'autre ?
- Pourquoi cela ? Demanda-t-elle brusquement.
- Eh bien je ne veux pas te vexer mais… Il prit une grande inspiration : votre Eglise donne de bon enseignement en soit cependant ceux qui la dirigent profitent de leur pouvoir notamment Bodin qui s'en sert de prétextes pour commettre des crimes et je ne crois pas que ce soit le seul, dit-il d'une traite. »

Etoile bouillonnait intérieurement mais n'ajouta rien. Au fond elle, elle savait qu'il n'avait pas tort.

« Mais saches que je ferais mon maximum pour vous éviter des batailles inutiles. Je n'ai pas l'intention de laisser les lusitaniens présents dans la capitale se faire massacrer !
- Je le sais bien, soupira-t-elle avec un sourire. »

Le temps s'écoula bien trop vite au goût du prince. Leur départ arriva bien plus rapidement qu'il ne pouvait l'imaginer.

L'armée du prince héritier du puissant royaume de Parse se tenait dans les plaines autour de Ghiran, attendant l'ordre de départ dans une impatience confuse. Arslan attendait que les convois de provisions soient prêts à partir. Etoile les accompagnait cette fois-ci, après tout cela concernait son roi. Elle resta bien sagement aux côtés de Faranghîs et Ghîb. Narsus adressa un hochement de tête à Arslan confirmant que tout était en ordre pour le départ. Le prince lança aussitôt la marche.

Une vingtaine d'années plus tôt…

Hilmes venait de fêter ses huit ans. Il entrait donc officiellement dans la société en tant que prince héritier. Les nobles et courtisans accoururent de tout le pays pour assister à cette cérémonie. Les apparitions du prince s'étaient faites rares depuis le décès de sa mère cinq ans au paravent, alors un évènement aussi exceptionnel ne pouvait se rater. Hilmes rayonnait de bonheur de voir son petit monde s'ouvrir et de ne plus se cantonner à son Père, son Oncle ou à Bahman son Maître d'armes. Il se trouvait assis dans la salle du trône, non sans fierté, aux côtés du roi. Tous les seigneurs du pays se présentaient et s'inclinaient devant lui. Certains n'hésitaient pas à glisser, plus ou moins discrètement, des allusions à leurs très jolies filles présentes dans l'assemblée durant la cérémonie. Cela faisait rougir Hilmes et amusait beaucoup son Père qui ne pouvait s'empêcher de couver son fils d'un regard bienveillant. Le prince s'émerveillait de voir tous ses nouveaux visages mais au final se fut épuisant voir même un peu ennuyant. Le banquet l'intéressa beaucoup plus.

Il discuta avec des héritiers de bonnes familles. Son Maître ne cessait de vanter la bravoure du jeune prince, qui deviendrait un grand roi, sous le regard empreint de fierté du roi. La seule ombre au tableau était la mine sombre de son Oncle Andragoras. Peut-être trop d'agitation pour lui ? En tout cas ce fut un banquet très plaisant. La soirée qui suivit aussi mais Hilmes remarqua qu'une personne attirait l'attention du roi.

« Votre Majesté, qui a-t-il ? Demanda-t-il. Vous semblez préoccupé…
- Il y a quelqu'un à l'écart là-bas mais il ne s'est pas présenté parmi les seigneurs, n'est-ce pas étrange ? »

Hilmes tourna la tête dans la même direction que son Père. Il aperçut alors cette fameuse personne qui errait seule dans un coin de la salle sans que personne ne lui prête attention. Un jeune homme d'une vingtaine d'années plutôt fin, voir maigre avec une chevelure dorée qui tombait en cascade sur ses frêles épaules. Pourtant aucun doute avec sa tenue : il était un invité. Il portait une tunique faite d'une étoffe voilette et précieuse agrémentée de broderies alambiquées bleues d'artisan. Simple, épurée mais efficace. Il paraissait si gracile qu'il pourrait s'envoler au moindre vent. Hilmes n'avait jamais vu une telle personne, on aurait dit un ange.

« Père vous croyez que c'est un humain ?
- Pourquoi dis-tu ça ? Demanda-t-il en riant.
- On dirait une statue de marbre ! S'exclama-t-il sur un ton d'évidence.
- Vous parlez de l'oméga ? Zaïd je crois, déclara Bahman.
- Il est oméga vous dîtes ? Demanda Osloes. C'est pour cela que je ne l'ai pas vu…Dit-il songeur. Comment se fait-il qu'il soit seul ? Son mari n'est pas avec lui ?
- Le seigneur Saeed semble occupé, dit-il embarrassé en jetant un coup d'œil dans la salle. »

Tous deux suivirent le regard de Bahman, en effet le seigneur Saeed était occupé à boire et enlacer des serveuses. Hilmes ne comprenait pas bien ce qu'il se passait mais cela agaçait son Père qui poussa un grognement.

« Père que voulez-vous dire par « son mari » ? N'est-ce pas un homme ? Demanda-t-il.
- Non c'est n'est pas un homme : c'est un oméga ! Cracha son oncle avec mépris.
- Calme-toi mon frère ! Je n'aime pas ce genre de remarque, répliqua-t-il.
- Qu'est-ce qu'un oméga ? Interrogea le prince.
- C'est étrange que ton précepteur ne te l'ait pas encore expliqué, dit le roi. Eh bien comme tu le sais il y a deux sexes : homme et femme qui sont définis dès naissance. Ensuite il y a un deuxième type qui se développe vers les onze-douze ans voir jusqu'à quatorze ans. Trois choix possibles : alpha, béta et oméga. Les bétas sont les plus nombreux, ça n'a pas vraiment d'influence sur leur vie. Ensuite les alphas : ils sont naturellement dominant et très souvent ils occupent des postes importants comme ton oncle, Bahman ou bien moi-même. Il y a de grande chance pour que tu en sois un aussi. Et puis il y a les omégas, les moins nombreux, qui s'opposent naturellement aux alphas, avec un caractère assez soumis et dociles… Les hommes omégas peuvent de porter l'enfant de leur alpha, que ce soit un homme ou bien une femme. Voilà dans les grandes lignes, expliqua le roi à son fils qui l'écoutait attentivement.
- Cela veut dire que si je suis un alpha, je vais être marié à un oméga ?
-Hum…
- Cela ne serait pas une bonne idée… Amener un oméga dans la lignée royale augmente les risques d'avoir des enfants omégas ! Ce sont des héritiers inutiles, grogna Andragoras.
- Pourquoi ? Demanda innocemment le prince.
- Car ils sont inutiles ! Ce sont les femmes qui portent les enfants et non les hommes, un homme comme ça n'est qu'un sous-hom-
- Il suffit ! S'exclama Osloes. Cesse de proférer des horreurs pareilles ! Je t'interdis de redire cela ! »

Ce soudain éclat de voix attira l'attention des personnes aux alentours. Andragoras s'assombrit mais préféra faire bonne figure et se retira sans rien ajouter. Ce comportement énervait Osloes, il aurait préféré que son fils n'entende pas ce genre de chose de la part de son oncle. Hilmes le regardait avec une mine inquiète et interrogative. Des paroles encore abstraites pour un enfant. Il ne devait pas comprendre ce que cela signifiait mais l'animosité d'Andragoras contre les omégas suffisait à elle seule pour mener un jeune enfant sur les chemins tortueux de la haine. Il préférerait que son fils reste hors de ça.

Toute la soirée il surveilla de loin Zaïd qui passait la soirée seul malgré ses nombreux regards en direction de son alpha. Ce dernier ne lui prêta aucune attention trop occupé à peloter des serveuses ou des danseuses.

Zaïd se sentait terriblement seul. Personne ne lui parlait, tout le monde agissait comme s'il n'existait pas et Saeed le premier. Il faut dire que sa mine ne devait pas être très encourageante. Depuis leur arrivé le matin même son époux l'ignorait royalement. Rien de nouveau mais il avait espéré qu'au moins pour cette cérémonie il ferait l'effort de rester à ses côtés… Encore une fois il en avait trop espéré… Il se recroquevilla sur lui-même. Il se mordit les lèvres pour ne pas pleurer. Depuis le début leur mariage était voué à l'échec, Saeed ne voulait pas épouser d'oméga et encore moins un homme.

L'affreux souvenir de leur nuit de noce lui revint en mémoire : Saeed complètement saoul et la douleur qui le déchirait… Le lendemain matin fut plus horrible encore. Saeed se réveilla après avoir décuvé et le dévisagea comme s'il était un monstre : « Tu n'es qu'un être abject ! » Voilà la seul chose qu'il lui dît avant de partir.

Depuis il évitait son regard, ne lui parlait pas, refusait tout simplement rester dans la même pièce que lui. Ils ne partageaient jamais le même lit hormis pour la seule chaleur qu'il avait eu. Ils étaient mariés depuis seulement deux mois, pourtant il lui semblait que les années marquaient déjà son visage qui se creusait au fils des jours. Son corps se vidait de toute énergie. Lui qui jadis souriait pour un rien ne savait plus comment faire. Il mangeait si peu que ses os finissaient par percer sous sa peau. En à peine deux mois il était devenu une épave et sa situation ne risquait pas de s'arranger… Son alpha l'avait marqué : ils ne pouvaient plus revenir en arrière. Seulement son alpha refusait de l'approcher… Il se mourrait depuis. Il savait parfaitement qu'il ne tiendrait pas longtemps à ce rythme-là… Il lui fallait son alpha.

Un homme s'approcha de lui en titubant. La puanteur de l'alcool qui le suivait rebuta Zaïd. Cet homme commença à se montrer très insistant, ça ne lui plaisait pas du tout. Il jeta des regards suppliant en direction de Saeed. Il se glaça sur place. Leurs regards se croisèrent quelques secondes pourtant il vit dans ses yeux une lueur de dégout et de malveillance. Il prit le soin d'enlacer la femme se trouvant dans ses bras pour la serrer contre lui et, avec une terrible lenteur il l'embrassa sans pour autant rompre le contact visuel avec Zaïd. Cette fois il ne put retenir ses larmes. Il ne remarquait plus l'homme qui le harcelait, ni même que quelqu'un vient à sa rescousse.

Sans savoir comment il se retrouva à l'extérieur de la salle du trône. Il entendait quelqu'un lui parler sans pour autant comprendre ce qu'on lui disait. Il lui fallut quelques minutes avant de voir qui se tenait en face de lui, il poussa un cri de surprise lorsqu'il reconnut le roi.

« Votre Majesté ? S'exclama-t-il.
- Vous m'entendez enfin ? Demanda-t-il soulagé. Vous vous sentez bien ?
- Je vais bien ! S'exclama-t-il. Juste un peu de fatigue, vous n'avez pas à vous en faire je… »

Zaïd était terriblement embarrassé, il se demandait pourquoi le roi s'inquiétait pour lui.

« Vous êtes encore très pâle, je vais vous raccompagner à votre chambre, dit-il simplement.
- Ce n'est pas nécessaire ! Je ne voudrais pas abuser de votre temps et puis vous en avez fait suffisamment… Je vous en remercie, dit-il en s'inclinant. Je suis très honoré que vous ayez pris le temps de vous soucier de ma personne. »

Depuis cette discussion Osloes ne pouvait plus détacher ses yeux de Zaïd. Le désespoir qui se lissait dans sur son visage l'inquiétait.

Hilmes n'avait jamais vu son Père agir ainsi : c'était très étrange. Il demanda au seigneur Saeed de rester pour quelques raisons diplomatiques mais il passait son temps à scruter son époux Zaïd. Du haut de ses huit ans Hilmes comprenait bien que ces deux-là ne formaient pas un couple heureux ou au moins « normal ». Peut-être parce que c'était deux hommes ? Cela l'interrogeait beaucoup depuis qu'ils avaient découvert que deux personnes du même sexe pouvaient se marier. Il n'avait jamais vu de tel couple pourtant Bahman lui assura qu'il existait beaucoup des couple ainsi : Saeed et Zaïd n'étaient pas un cas isolé. Seulement la plupart du temps les couples alpha-oméga sont très fusionnels mais comme tous les mariages arrangés, cela ne se passe pas toujours bien.

Hilmes surprit à plusieurs reprises son Père en compagnie de Zaïd à l'abri des regards dans les jardins. Il les trouvait souvent assis l'un près de l'autre. Son Père enlaçait tendrement ses mains dans les siennes, les embrassait sans se soucier des protestations de son vis-à-vis. Hilmes n'avait jamais vu son Père si attentionné. Une fois il les vit s'embrasser, Osloes le serrait étroitement contre lui.

« Votre Majesté, protesta-t-il, vous ne devriez pas… Je ne suis pas… Je… Bégaya-t-il.
- Cessez de dire des bêtises… Dit-il en l'embrassant à nouveau.
- Je suis marié Majesté, je… Cela va vous attirer des ennuis…
- Sans vouloir vous vexer, je ne pense pas que votre mari s'en soucie, murmura-t-il.
- Vous avez raison mais… Il n'en reste pas moins mon époux. Je ne peux pas continuer à faire ça, dit-il en baissant la tête.
- Vous savez ce qui vous attend si vous continuez ainsi, n'est-ce pas ?
- Oui, je le sais pertinemment…
- Alors pourquoi ne pas profiter de ses derniers instants ? »

Zaïd semblait rongé par le dilemme. Hilmes ne comprenait pas les mots de son Père ni son air peiné. Les jours s'écoulaient et Hilmes voyait Zaïd maigrir et se faner un peu plus chaque jour. Son Père lui consacrait tout son temps maintenant, Hilmes en devenait peu à peu jaloux mais il se rendit compte que l'état de Zaïd empirait de jour en jour.

En à peine semaine il se retrouva cloué au lit sans plus pouvoir se relever. Hilmes fut choqué en le voyant ainsi. Il était parti en quête de son Père à travers le palais et comme il passait son temps avec Zaïd il espérait le trouver avec ce dernier. Voilà comment il tomba sur un Zaïd méconnaissable avec les yeux vides et humides comme s'il pleurait sans pour autant verser des larmes.

« Votre Altesse ? Veuillez m'excuser de ne pouvoir vous saluer comme il se doit…
- Ce n'est rien, vous devez vous reposer. Je cherchais mon Père, savez-vous où il se trouve ? Je pensais qu'il serait avec vous… Bouda-t-il.
- Il était là il y a une heure mais il n'est pas revenu depuis…
- Je vois, je vais vous laisser dans ce cas, dit-il en repartant.
- Excusez-moi mais… N'auriez-vous pas vu mon époux Saeed par hasard ?
- Ah non, je suis navré.
- Ah, merci. »

Les larmes qui attendaient patiemment au coin de ses yeux coulèrent sur ses joues. Hilmes ne comprenait pas ce qui arrivait mais une vague d'émotions submergea Zaïd. Il ne savait plus s'il devait partir ou non, mais que pourrait-il bien lui dire pour le réconforter ? Il ne le connaissait pas, il ne savait rien de la nature exacte de la relation qu'il entretenait avec son Père. Il sursauta en entendant la porte claquer violement. Osloes entra en trombe dans la chambre, les poings serrés. Il manifestait clairement sa colère et son agacement, il s'apprêtait à pester quand il vit les larmes rouler sur les joues de Zaïd. Il remarqua à peine la présence de son fils dans la chambre et alla aux côtés du soufrant. Il se calma au fur et mesure qu'il se rapprochait mais Zaïd grimaçait tout autant à chaque pas qui les rapprochaient.

« Il ne viendra pas, n'est-ce pas ? Pleura-t-il.
- Je le crains, répondit-il sombrement. »

Il commença à être secoué de sanglots, il fut bientôt impossible de l'arrêter. Son corps frêle s'agitait et devait le faire souffrir. Osloes s'assit sur le bord du lit à ses côtés tout en essayant de le calmer et le rassurer.

« Je le savais… J-je… Pourtant je pensais qu'il aurait fait l'effort… Au moins cette fois… Je-je… Merci d'avoir essayé. J'ai encore abusé de votre gentillesse, bégaya-t-il. »

Le roi lui caressa les cheveux avec douceur, cela l'apaisa un peu mais la tristesse se lisait toujours sur son visage.

« Vous n'êtes pas obligé de rester vous savez, vous en avez fait suffisamment pour moi… Je ne veux pas abuser de votre temps…
- Je ne suis pas comme lui ! Je resterais avec vous jusqu'à la fin, si vous le voulez bien… Dit-il doucement.
- Je… J-j'ai peur, avoua-t-il tremblant. »

Osloes le prit dans ses bras, Zaïd se laissa faire et l'enlaça en retour. Hilmes ne comprit pas ce qui se déroulait sous ses yeux mais quelques minutes plus tard Zaïd ferma les yeux pour ne plus les rouvrir.


Vous l'aviez pas vu venir ça, hein?