Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole

Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33
Nombre de chapitres traduits : 3

Merci pour toutes les alertes et favoris ! :)
Et j'ai oublié de préciser dans le chapitre précédent, mais la plupart des noms propres resteront en anglais : je garde toujours les noms propres anglais pour l'univers de Harry Potter, et je ne les connais tout simplement pas en français pour Docteur Who, puisque j'ai toujours regardé la série en anglais.
Si quelque chose n'est pas clair, n'hésitez pas à me poser la question en commentaire ou MP !

~~~~~~~~~~~~~~ Voici le début ~~~~~~~~~~~~~~

L'irritation et la colère que le Docteur sentait monter envers le Directeur continuèrent tout le long du chemin du bureau de Dumbledore et pendant trois volées de marches. Cela faisait depuis longtemps qu'on ne l'avait pas aussi bien manipulé. Et Dumbledore l'avait fait presque de manière inconsciente de sa part. Il pensait toujours que le Docteur était une sorte de puissant sorcier, se cachant quelque part sur Terre et possédant un pouvoir illimité. Et bien, selon cette vision des choses, le Docteur pouvait comprendre comment il avait choisi ses mots. Cela ne le rendait pas moins irrité envers l'homme.

Cependant, quand il réalisa qu'il était soudain en train de monter des escaliers au lieu de les descendre, la colère tomba et l'enfant en train de rire sur sa hanche attira également son attention. Il se concentra à nouveau sur le garçon. La lumière dans les yeux émeraude brillants et le sourire furent suffisants pour que la colère disparaisse lentement. Son tempérament, déjà volatil, s'effondra brusquement alors qu'il regardait le bébé. On ne pouvait reprocher aux jeunes les fautes de leurs aînés. En plus, essayer de trouver son chemin dans un labyrinthe en ne regardant pas où on allait était le meilleur moyen de se perdre complètement. Il fit donc de sa colère une petite balle qu'il envoya dans un coin de son esprit pour la ressortir quand quelque chose d'autre que des humains arrogants voulant jouer au marionnettiste apparaîtraient. Ce serait plus fructueux.

Harry gloussa à son côté, ses mains accrochées à la veste du Docteur.

« Et bien, est-ce que tu ne serais pas une petite boule de joie ? »

Il souleva Harry devant lui, le tenant à bout de bras comme pour l'inspecter. De petits pieds dans leur grenouillère donnèrent un coup dans le vide et Harry glapit de rire.

« Bon, trouvons notre chemin jusqu'au TARDIS. Nous n'allons certainement pas nous attarder ici. Allez, grimpe ! »

Il fit tourner l'enfant en le levant encore plus haut, par dessus ses épaules jusqu'à ce qu'il puisse attraper les petits pieds de chaque côté de son cou. Les mains de Harry agrippèrent des mèches de cheveux, mais pas suffisamment fort pour faire vraiment mal au Docteur. Il sourit, appréciant le rire lumineux provenant de Harry. Le bonheur était un tel anathème à la colère.

Maintenant qu'il n'était plus aveugle à son environnement, il regarda autour de lui, ses mains tenant les petits pieds. La volée d'escaliers dont il était certain qu'elle descendait auparavant, montait à présent. Quelle utilisation merveilleuse de l'énergie psionique. Aucune des races qu'il avait rencontrées et qui pouvaient utiliser l'énergie psionique faisaient des choses aussi merveilleuse que ces humains.

« C'est brillant, absolument brillant. Je peux à peine reconnaître la signature énergétique originale, tant elle a été si profondément manipulée. Ton peuple est vraiment magnifique, tu le sais ? »

Il fit rebondir l'enfant sur ses épaules, ravi du glapissement joyeux qu'il obtint en réponse.

« Toute cette énergie m'empêche de retrouver mon TARDIS, trop d'interférences. Allez viens, on y va. Nous allons demander à une des peintures. »

Il grimpa à grandes enjambées.

« Une autre brillante création de ton peuple. Des portraits animés sans technologie. Juste une touche d'énergie. Deux signatures, si je ne me trompe pas. »

Il détailla l'image d'un château entouré de prés et de buissons.

« La signature du sujet, et celle du peintre. Une petite merveille de magie. Oh, bonjour ! »

Un chevalier en armure intégrale tenant d'une épée bondit d'un buisson, agitant son arme en direction de l'admirateur.

« Vous ici, vil messire, êtes-vous venu défier le grand Seigneur Cadogan ? »

Il bondit d'un pied sur l'autre, brandissant son épée et affichant une mine renfrognée.

« Je dois vous avertir, je suis plutôt bon à l'épée ! »

Le Docteur sourit, ravi. Un chevalier ! Quelle brillance !

« Ah, bon Seigneur Cadogan ! Cela fait un certain temps que je n'ai pas rencontré de chevalier ! Lancelot était toujours trop occupé à regarder Arthur pour accomplir réellement quoi que ce soit, et Tristan ne pouvait pas faire quatre pas sans se lamenter sur sa chère Iseult. Trop de romance à mon goût. »

Le Docteur pencha la tête, se rappelant de ses aventures avec les chevaliers.

« Ah, mais Arthur était digne des légendes. Toujours prêt à accourir en brandissant son épée et un sourire. Pas très intelligent, mais courageux. »

Le seigneur Cadogan regarda cet étranger qui connaissait les chevaliers de l'ancien temps. Il baissa son épée et à la place salua.

« Bon seigneur qui connaissez les chevaliers, Seigneur Cadogan est à votre service, » dit-il en s'inclinant.

Le Docteur sourit. Ah, il aimait les chevaliers. Trop de bravoure et de bravades, pas assez de cerveau entre les deux oreilles, mais toujours polis.

« Et bien, bon chevalier, je cherche ma monture. Elle est plutôt étrange, une grande cabine bleue plutôt qu'un cheval, mais c'est la mienne. Si vous pouvez m'aider à la trouver, je vous en serai très reconnaissant. Je crois que je l'ai laissée près d'un tableau avec un bol de fruits. Seigneur chevalier, pouvez-vous aider cette humble âme perdue ? »

Il se serait incliné davantage si Harry n'avait pas été sur ses épaules. Mais le gloussement du garçon suffit à attirer l'attention du chevalier.

« Brave maître, le Seigneur Cadogan serait très honoré de conduire le grand maître et son enfant à la cabine bleue. Et je sais exactement où vous avez laissé votre monture, car le bol de fruit garde l'endroit le plus merveilleux. Suivez-moi, bon monsieur ! »

Et avec ça, le seigneur Cadogan fila hors de sa peinture dans la voisine, poussant la plutôt grosse femme habillée de soie bleue hors de son chemin pour avancer. La dame se renfrogna d'irritation. Le Docteur afficha un grand sourire.

« Est-ce que ce n'est pas excitant ? J'adore courir ! »

Il garda à l'esprit qu'il ne pouvait aller qu'à un pas rapide, sinon l'enfant sur ses épaules n'y resterait pas longtemps.

« Seigneur Cadogan ! Si vous pouvez avancer à un bon rythme, je dois confesser que je suis incapable de vous suivre. »

Le seigneur Cadogan, trois peintures plus loin et criant des encouragements, s'arrêta.

« Ah oui, le garçon. J'avoue, à mon grand chagrin, avoir oublié l'enfant. Je vais vous attendre, que vous puissiez me rattraper ! »

Il sourit à ces derniers mots, fier d'avoir appris du vocabulaire plus moderne. Le Docteur eut un sourire encore plus grand.

Le chevalier les conduisit à travers de nombreux couloirs et leur fit descendre de nombreux escaliers jusqu'à ce qu'ils passent devant une grande double porte, dont le Docteur était certain qu'elle ne pouvait s'ouvrir sans l'aide de la magie. Une fois encore, il trouva l'imagination des humains sans limite.

« Mon bon monsieur, je me sens obligé de vous avertir, un homme avec des sourcils les plus déstabilisants approche des chemins que nous devons prendre pour retourner à votre cabine bleue. C'est un homme cruel et capricieux, monsieur. »

Le chevalier ne paraissait plus aussi splendide après être revenu de quelques peintures en avant avec une grimace sur le visage, et le Docteur leva un sourcil :

« Je vais lui parler, bon chevalier, et nous continuerons ensuite notre quête. »

Cela sembla apaiser quelque peu le tempérament anxieux du chevalier.

« Bon seigneur, si notre quête n'était pas si pressée, je lui aurais parlé moi-même, l'aurait défié en duel. Mais mes mots tombent toujours mal à ses oreilles. J'espère que vos mots apaiseront son mauvais caractère mieux que les miens. »

Le Docteur hocha la tête avec un sourire.

« Je vais faire de mon mieux, bon Seigneur Cadogan. »

Alors qu'il finissait de parler, l'homme que le chevalier avait annoncé tourna l'angle du couloir et le Docteur eut à l'esprit une chauve-souris géante. L'homme avait la peau blafarde, un visage jeune qui semblait avoir vieilli prématurément avec ses rides, ses lignes de souci, ses yeux fatigués et le manque de sommeil. La couche brillante traînant sur sa peau et ses cheveux n'aidait pas à donner un air sain non plus. Le Docteur, absorbant autant d'informations que possible, eut un sourire lumineux :

« Bonjour ! Belle journée, n'est-ce pas ? »

L'air effaré qu'il reçut en retour fut amusant. Puis il se transforma en un regard noir hostile, et le Docteur ressentit le besoin de lever ses mains en un geste apaisant. Si Harry n'avait pas été sur ses épaules, il l'aurait fait. A la place, le Docteur fit quelques pas en direction de l'homme en robe noire. L'homme semblait méfiant.

« Qui êtes-vous ? Et pourquoi avez-vous le rejeton de ce nuisible sur vos épaules ? »

Et bien, mauvais caractère, effectivement. Le Seigneur Cadogan avait raison.

Le Docteur leva les yeux vers Harry, qui agrippa ses cheveux plus fermement.

« Oh, ce petit là ? Albus Dumbledore m'a demandé de m'occuper de lui. Me l'a donné gratuitement. Brillant petit bambin. Toujours en train de sourire et de rire. Excellent pour le coeur, vraiment. »

Il chatouilla un des pieds dans ses mains. Un éclat de rire retentit. L'autre homme se renfrogna davantage.

« Oh, je suis désolé. Je suis le Docteur. »

Il arrangea ses mains pour qu'il puisse en tendre une. L'autre leva un sourcil.

« Severus Snape. »

Snape n'offrit pas sa main, mais cela ne découragea pas le Docteur.

« J'adore ce que votre peuple a fait ici, vraiment. Manipuler l'énergie psionique pour qu'elle tourne en boucle sur elle-même et quantifie le mouvement aléatoire des escaliers est absolument brillant. Et permettre l'encodage génétique des peintures sans utiliser de technologies, puis permettre aux sujets des peintures de bouger en filtrant l'encodage à travers le médium jusqu'à pratiquement créer une nouvelle forme de vie en chargeant les particules avec suffisamment d'énergie pour bouger un ascenseur est absolument fantastique. Vraiment et absolument épatant. »

Snape semblait avoir été renversé par le Père Noël et ses douze écureuils gloussants lorsque le Docteur eut terminé de parler.

« Qui êtes-vous ?

— Je suis le Docteur. Je ne l'ai pas déjà dit ?

— Docteur de quoi ? Docteur est un terme moldu, mais vous n'êtes de toute évidence pas un moldu. Qui êtes-vous ? »

Le Docteur leva un sourcil :

« Juste le Docteur. Oh woah, cette couche de résideux bio-gaseux sur votre peau est très intéressante. Un mélange de matériaux hallucinogènes et biologiques chauffés et vaporisés dans l'air et se fixant sur les cellules mortes les plus proches. La plupart des chimistes ont cet air-là. Ça prend habituellement un certain temps avant d'avoir cet éclat. »

Le Docteur sortit son tournevis sonique, en tenant toujours fermement les pieds de Harry, et pointa l'extrémité bleue vers Snape :

« Oh, et voyez-moi ça. Vilain travail sur votre bras gauche. Qui vous a fait ça ? »

Snape attrapa instinctivement son bras gauche en lançant un rictus méprisant au Docteur :

« Je vous en prie, ne me dites pas que vous n'avez jamais entendu parler du Seigneur des Ténèbres ? Sa chute la semaine dernière est la nouvelle du siècle. »

Il fit une pause, puis :

« Et il est parti, alors comment savez-vous pour sa marque ? »

Le Docteur cligna des yeux, qui s'agrandirent ensuite :

« Oh, vous voulez parler de ce gars, Voldemort ? Oui, Dumbledore vient de me parler de lui. Un sacré personnage, celui-là. Il semblerait qu'il ait lié ce qu'il y a sur votre bras à son propre code génétique et l'ait interfacé avec vos nerfs, le liant à votre propre coeur. Un travail brillant, sacrément tordu, mais brillant. »

Harry donna un coup de pied dans son épaule.

« Oh, et bien, je dois y aller. Au plaisir de vous revoir, Severus Snape. Bye. »

Et avec ça, le Docteur laissa derrière lui un Snape confus et stupéfait.

Le seigneur Cadogan salua le Docteur avec un sourire lumineux et continua sa route, conduisant le Docteur dans des tunnels et des corridors chaleureusement éclairés. Le Docteur rit, tenant fermement Harry et écoutant les gloussements de joie. Il pourrait s'habituer à ça.

Alors qu'ils tournèrent à l'angle du couloir, la cabine de police bleue que le Docteur appelait maison apparut, à côté de la nature morte avec le bol de fruits.

« Ah, te voilà ! Mon bon seigneur chevalier, je vous offre mes plus sincères remerciements pour votre aide. »

Il s'inclina légèrement vers le chevalier rougissant dans son armure.

« Ce n'était rien, bon seigneur. Toujours prêt à aider ceux qui connaissent les vaillants chevaliers. »

Le chevalier s'inclina.

« Au delà du portrait, grand seigneur, sont les cuisines, si l'enfant a besoin de nourriture. Tout ce qu'on doit faire est chatouiller la poire pour obtenir une poignée. Maintenant, je dois retourner en mon château avant que cette femme avide à côté de moi s'y installe. Elle sait combien je la déteste mais elle essaie toujours ses charmes féminins sur moi. »

Le seigneur Cadogan laissa le Docteur avec un salut et courut à travers les peintures, laissant les deux dans le couloir avec le TARDIS.

La mention de nourriture rappela au Docteur qu'il devait à présent trouver cette cuisine perdue car Harry aurait besoin de manger plus souvent que ce qu'il avait l'habitude, et des frites n'étaient pas une nourriture convenable pour un bébé. Il descendit Harry de ses épaules et le cala sur sa hanche, avant de déverrouiller la porte du TARDIS et entrer.

Dès que la porte fut fermée derrière eux, le TARDIS cligna joyeusement, un ronronnement emplissant le large espace. Harry gloussa, s'accrochant fermement au manteau du Docteur et frappant des pieds. Cette action fut répétée par le TARDIS à sa manière, et elle cliqueta joyeusement. Le Docteur paniqua de manière spectaculaire et se précipita vers la console.

« Qu'est-ce que tu fais ? Je n'ai appuyé sur rien. Qu'est-ce qui se passe, ma vieille ? »

Le TARDIS glouglouta et la colonne centrale bougea, faisant tourner les engrenages. Le rire de Harry et la musique scintillante du TARDIS remplirent l'air et la crise de panique du Docteur atteignait des proportions épiques lorsque tout mouvement s'arrêta et le TARDIS se calma. Le rire de Harry décrut jusqu'à ce qu'il se contente de sourire joyeusement. Le Docteur le tint d'une main et tapa follement de l'autre sur l'écran vidéo.

Il fut rapidement évident qu'ils n'étaient plus à Hogwarts quand l'image d'une énorme forêt remplit l'écran de contrôle. Le Docteur le tapota furieusement.

Harry gloussa à son côté. Le Docteur eut un soupir à fendre l'âme, puis leva métaphoriquement ses mains en l'air.

« Bon, d'accord, allons voir où on est. »

Dès que le Docteur ouvrit la porte, il fut assailli par l'air humide et chaud de la jungle. Il regarda autour de lui, surpris.

« Ah, je vois ! Les Forêts de Hadroona. Loin dans ton passé, gamin. Environ, oh, un millier d'années avant que tu ne sois né ? Un des plus beaux endroits de la galaxie, plein de vie et vibrant d'énergie… »

Il s'interrompit, regardant entre Harry et le TARDIS.

« Ah non, tu n'as pas osé. Tu as activé mon TARDIS. Elle a trouvé la source la plus proche d'énergie psionique qui se rapproche de la tienne et nous a envoyé ici, et tu l'as laissée faire ! Petit malin. »

Il chatouilla Harry, qui rit encore plus fort.

« Bon, autant explorer, alors, puisqu'on est ici. Ça fait un moment que je ne suis pas venu dans ces Forêts. Bel endroit, vraiment. Félicitations sur le choix du lieu. Seulement à dix milles années lumières de la Terre, cette planète. A ton époque, les forêts n'existent plus. Elles ont disparu plutôt mystérieusement. Je n'ai jamais su ce qui leur était arrivé. Elles ont juste disparu, la planète entière devenue un immense terrain vague. Des millions d'années d'évolution, préservées par le conseil, et c'est parti en une nuit. Je me suis toujours demandé ce qui s'était passé. »

Le Docteur babilla en direction de l'enfant sur sa hanche, qui regardait alentours avec de grands yeux. Il trouvait réconfortant de parler à quelqu'un de ceci, quelqu'un qui ne le questionnerait pas ou ne le regarderait pas comme s'il était fou, même s'il s'amusait de ces regards. Il était juste en train de montrer un monde magnifique à un être capable de l'apprécier. Le rire de l'enfant était bouleversant.

Tout comme les petites lumières colorées qui apparaissaient autour des mains de Harry, dansant sur sa peau et projetant une lumière éthérée autour du visage de l'enfant. Des petites sphères d'énergie brillantes et tournoyantes autour de la silhouette du bébé. Le Docteur n'en avait pas vu depuis une éternité, et il n'osa pas perturber leur jeu. C'était des petites choses timides, ne se montrant que lorsqu'elles étaient attirées par une source d'énergie avec laquelle jouer.

Les petites lumières, enfants des Gardiens et protecteurs de la Forêt, les accompagnèrent à travers les arbres. De grands, magnifiques, époustouflants arbres, qui s'élançaient vers le siel avec des branches et des feuilles d'argent et de vert et d'or et de jaune. Un arc-en-ciel de couleurs naturelles qui modifiaient la lumière jusqu'à ce qu'elle danse sur le sol.

Les petites lumières les conduisirent jusqu'à un trou entre les arbres et une clairière. Le Docteur était content de voir Harry jouer avec ses nouveaux amis, applaudissant des mains et les agitant et tournoyant dans les airs avec les enfants. Quand ses pieds heurtèrent la pierre, il s'arrêta et s'assit en tailleur avant d'installer Harry devant lui.

La clairière s'étendait autour de lui en un cercle parfait de quarante mètres de diamètre, et entourée de quarante arbres à égale distance les uns des autres. Il était entré droit dans un cercle sacré sans même le réaliser. Les troncs des arbres était d'un beau brun doré profond, avec des feuilles d'un émeraude scintillant. Les rideaux de feuilles et de mousse tombaient autour comme de la dentelle. Il était assis sur une plateforme de pierre d'un blanc pur entourée de terre noire, des petites fleurs argentées émergeant de sous les racines et la pierre. Il était dans un endroit vraiment puissant des Forêts. C'était un miracle qu'il n'ait pas encore fait face à ceux qui gardaient les lieux.

Petit Harry devait être vraiment puissant, songea-t-il, s'ils avaient atteints le centre de la clairière sans obstacle. Les petites sphères couinèrent joyeusement, et le Docteur sentit le changement dans l'atmosphère avant qu'il ne vit la lumière changer alors que les gardiens approchaient.

Ils étaient deux, deux êtres aux couleurs vives. C'étaient de grandes et minces créatures, avec des ailes de papillon qui scintillaient dans des tons de pierres précieuses. Leur corps était translucide, et leurs yeux noirs de pierre de lune, les quatre qu'ils possédaient, étaient fixés sur les étrangers assis dans le cercle de pierre. Leurs ailes brillaient de couleurs d'émeraude et de saphir, de beaux tons apaisants qui remplissaient la clairière de leur éclat inégalé. Ils approchèrent doucement, chaque pas pris avec une mesure délibérée, une paire de mains croisées sur leur poitrine, l'autre paire serrée devant eux. Leurs ailes étaient étendues, de huit mètres d'envergure.

Le Docteur se serait levé pour les saluer, s'incliner devant leur élégance et leur pureté, si ses mains n'étaient pas occupées à tenir un Harry riant gaiement debout. Il inclina cependant la tête, sentant l'énergie pacifique qu'ils émettaient. Quand ils s'arrêtèrent à quelques pas de sa position, ils inclinèrent également la tête.

« Seigneur du Temps, dirent-ils, leurs voix se mêlant pour n'en faire qu'une, et jeune Mage. Nous sommes ravis de vous voir. Nos enfants ont trouvé un merveilleux camarade de jeu. »

Ils tournèrent leur visage vers Harry.

« Il est puissant, Seigneur du Temps. Vous n'auriez pas pu entrer sans cela. Son énergie bat au même rythme que la nôtre. »

Harry gloussa et fit tourner ses mains autour de lui, créant des tourbillons d'or et d'argent qui suivaient le tracé de ses doigts.

« Oui. Il m'a récemment été donné pour en prendre soin, Grands Gardiens. Il est de descendance humaine. »

Les bouches sans lèvres sourirent :

« Vous savez que c'est faux, Seigneur du Temps. Il est peut-être humain, mais son ascendance est bien plus que ça. Il est un catalyseur du temps d'une manière que ceux qui voyagent dans le temps ne peuvent être. Il sera inestimable. Nos yeux peuvent le voir.

— J'ignorais que les Gardiens étaient des voyants, dit le Docteur, surpris. Vous pouvez voir sa ligne du temps ? »

Ils secouèrent la tête. Celle à droite parla, sa voix douce et mélodieuse :

« Non, nous ne pouvons pas Voir le futur, Seigneur du Temps. Ce don ne nous a pas été donné. Mais l'énergie qui circule autour de son corps est forte, et même vous pouvez voir son énergie vitale, sa force. »

Elle fit une pause et regarda le Gardien à sa droite. Ils échangèrent une conversation silencieuse, puis elle se tourna à nouveau vers le Docteur :

« Seigneur du Temps, si vous êtes d'accord, puis-je tenir votre jeune protégé ? Son énergie est si lumineuse. Cela fait de nombreuses années que je n'ai pas vu d'être comme lui. »

La requête surprit le Docteur, qui se tourna vers Harry. Les petites sphères de lumière étaient parties voleter autour des deux grands Gardiens. Harry les regardait avec de grands yeux et de l'émerveillement sur son visage. Le Docteur souleva Harry et se leva, avant de tendre Harry à la Gardienne de droite. Elle tendit sa paire de bras supérieure, prenant le garçon et l'approchant de sa poitrine. Harry tendit une main, essayant de toucher les doigts qui encerclaient à présent son visage. Il attrapa l'un deux et l'approcha plus près de lui pour mieux l'observer.

« Nos enfants ne sont pas aussi curieux que les enfants humains. Et il cherche à me toucher également avec son énergie. C'est inhabituel de voir un aussi jeune le faire inconsciemment. »

La Gardienne sourit et agita ses doigts en l'air, créant des chemins dorés que Harry essaya de toucher. Ils se réduisirent en poussière et Harry gloussa.

« Le jeune Magicien est étrange, Seigneur du Temps, presque aussi impossible que vous. Votre essence est de celles qui change le vortex du temps, le dernier de votre espèce, sans contraintes. Petit Harry ici présent contient un potentiel impossible dans son corps, et lorsqu'il grandira, sa force aussi. »

L'autre Gardien dévisagea le Seigneur du Temps, les yeux brillants et perçants :

« Seigneur du Temps, j'espère que vous savez ce que vous faites, à emmener cet enfant hors de son temps et dans un environnement sans temps. Son pouvoir va changer juste avec votre présence. »

Le Docteur eut un sourire, bien que vide :

« Je sais. J'ai juste besoin… il est quelque chose en quoi je peux croire pour un moment, au moins, quelque chose de tangible d'une façon que les possibilités et potentiels ne sont pas. Ou tout du moins ne sont plus. Donc je vais l'élever, et comme je suis le dernier Seigneur du Temps, je n'ai pas de compte à rendre à un conseil. Et je ne ferai pas de lui une arme pour l'humanité. Il mérite mieux que ça. »

Les trois restèrent silencieux dans la clairière alors que Harry riait dans les bras de la Gardienne, jusqu'à ce qu'elle le rende au Docteur.

« Voici, car c'est la dernière fois que nous nous rencontrons, Seigneur du Temps. Ce cadeau, pour Harry, devra lui être donné quand il sera capable de contrôler consciemment son pouvoir. Cela l'aidera à rassembler sa force et empêchera sa destruction à cause d'un pouvoir mal utilisé. »

Elle déplia ses mains et tendit les quatres vers les deux humanoïdes. Elle ferma les yeux et commença à tracer des motifs et des formes dans l'air, l'or scintillant se solidifiant en un fil tournoyant, élégamment noué et brillant de pouvoir. Les plis et les courbes encadraient un motif circulaire d'un style merveilleux, et le Docteur, en le prenant de sa main tendue, ne put que cligner des yeux.

« C'est… C'est brillant. Les conduits d'énergie, les boucles de retour et les circuits d'encodage, c'est magnifique. »

Il fit une pause, admiratif, puis :

« Vous voulez que je le prenne et le donne à Harry ? Pourquoi ? C'est un cadeau d'une valeur inestimable pour un enfant.

— Oui, mais ce n'est pas souvent qu'un enfant d'un tel pouvoir est capable d'entrer dans notre clairière, ni est capable de distraire ainsi nos enfants. Un être avec une telle énergie aura besoin d'aide quand il le découvrira et que cela submergera complètement son esprit. Il aura besoin d'un tel cadeau, pour l'empêcher de perdre son identité. Nous approchons de la fin de notre vie ici, et à présent c'est la dernière fois que nous vous verrons. »

La dernière phrase frappa le Docteur, et il secoua furieusement la tête.

« Oh, c'est vrai. Les Forêts disparaissent. Pourquoi ça ? »

La Gardienne fit un geste vers le ciel, et le Docteur leva la tête.

Un large rayon de lumière bleue et crue remplissait le ciel.

« Ah, une décharge d'une explosion d'une hypernova. Julio 56-795, si je ne me trompe pas. Une explosion de rayons gammas, se dirigeant droit vers la planète. La plus grande explosion depuis quelques siècles, si mes dates sont justes. Quand ça atteindra l'atmosphère, dans environ trois heures, cela va fuser les atomes et les surchauffer, brûlant l'air et la… »

Le Docteur s'interrompit, ses pensées rattrapant son bavardage.

« Oh, c'est vrai. Pas bien. Du tout. S'il y avait la moindre façon d'arrêter ça… Non, tu ne peux pas. Pas une hypernova. Trop forte, trop d'énergie. Détruit juste la planète sur son passage. »

Il regarda les Gardiens.

« Je suis désolé. Si désolé. »

Ils secouèrent la tête :

« Tout va bien, Seigneur du Temps. L'inévitable marche de ce que vous évitez avance pour nous tous, et c'est notre fin. Le conseil est parti l'an dernier, quand les derniers restes de la Bataille Galactique ont eu besoin de l'intervention d'un gouvernement. Ils n'ont aucune connaissance de ceci, et ils ne se souviendront pas de l'explosion de Eria avec la fin des Forêts. Mais merci, Seigneur du Temps, de nous avoir amené le petit Harry ici. Son énergie nous a donné la force de faire face à la fin imminente avec paix. »

Ils levèrent les mains vers le ciel.

« Partez, Seigneur du Temps. Votre place n'est pas ici alors que ce monde se termine. Vous verrez la naissance du suivant, et de celui encore après. »

Le Docteur hésita un instant, avant de quitter la clairière avec le cadeau des Gardiens tenu fermement dans sa main, Harry sur sa hanche, silencieux et cherchant à fuir la tristesse qui venait toujours à voir la fin d'une si belle race. Mais il n'y avait rien qu'il pouvait faire. La nature n'était pas quelque chose qui pouvait être modifiée parce que quelqu'un voulait la changer, il avait appris ça. Certaines choses devaient se passer, pour que la vie continue. Les Forêts de Hadroona seraient remplacées par une vie sauvage riche, belle et protegée en l'espace d'à peine un millénaire. Cela devait se passer. Et il devait partir.

Il se précipita dans le TARDIS et ferma la porte, s'appuyant dessus.

« Je suis désolé, petit, que les premiers amis que tu rencontres doivent rencontrer leur fin. Mais nous ne pouvons pas rester ici. Pas maintenant. »

Il se précipita vers la console centrale.

« Accroche-toi, Harry, ça va secouer. »

Il tourna des poignées, des boutons, des leviers et des cadrans, et alors que le TARDIS commençait à secouer, s'agrippa à la rambarde. Il ne pouvait pas se permettre de tomber avec un enfant dans les bras.

C'était parti pour la Paternité. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas rempli ce rôle. De nombreuses, très nombreuses années. Mais Harry, avec ses sourires et ses rires, était sans doute juste ce dont il avait besoin. Et Harry avait certainement besoin de quelqu'un aussi.

~~~~~~~~~~~~~~ Voici la fin ~~~~~~~~~~~~~~