Je remercie Arashi-Ohno pour la review et Djiinn pour le mp ^^ Merci beaucoup
Voilà le chapitre de la semaine~~~~ ~('-'~) ~(*0*)~ (~'o')~ ~(*0*)~ ~('-'~)
Chapitre 19
Confrontation et rapprochement
Hilmes resta sans voix lorsque son Père lui expliqua la raison de la mort Zaïd. Il était tout simplement mort d'abandon, ou plutôt il s'était laissé mourir car son alpha refusait de tenir son rôle. Le pire résidait dans le fait que Saeed le savait pertinemment pourtant il ne fit rien pour l'aider. Il ne se déplaça même pas pour ses derniers instants, le laissant seul et effrayé de mourir sans lui porter le moindre soutien. Si Osloes n'était pas resté avec lui, il serait mort seul sans personne pour le rassurer. Hilmes apprit plus tard que son Père avait frappé Saeed lorsque ce dernier refusa de rejoindre son époux sur son lit de mort. Il rechignait même à s'occuper des funérailles mais en voyant le regard du roi il s'y résigna.
Ce comportement avait tellement dégouté et choqué Hilmes qu'il ne s'en remit jamais totalement. Même aujourd'hui il ressentait de la colère envers cet alpha qui préféra ignorer son oméga mourant plutôt que de lui accorder du temps.
Ce passage de son existence marqua et empreint sa vie d'un profond respect envers les omégas. Il se rappellerait toujours de son Père qui tenait les mains de Zaïd dans les siennes comme des objets précieux qu'il avait peur de briser. Cette image forte lui restait en tête depuis qu'il avait conclu cet accord avec le prince Arslan. Il ne pouvait s'empêcher de repenser à cette histoire et puis ce prince… Il se montrait bien courageux pour un oméga, il prenait les devant et ne se laissait pas faire. Il avait d'abord cru que les droits au trône du prince servaient de couverture à ses compagnons qui convoitaient le pouvoir… Mais il constatait à quel point il s'était trompé. Ce petit avait quelque chose de particulier. Il se dévouait corps et âme à son pays quitte à y jouer sa vie. Comment pouvait-il être sûr de ne pas subir le même sort que Zaïd ? Qu'il n'allait pas tomber sur un monstre qui abuserait de lui ? Ou pire qui l'ignorerait et le laisserait mourir sans un regard ?
Hilmes ne laisserait pas une telle chose arriver. Il ferait son devoir d'alpha : protéger son partenaire. Il fera tout pour que cela se passe bien avec son futur oméga, même si d'après Sahm cela devrait bien se passer. Selon lui, ils étaient « destinés » ils seraient donc un couple heureux et fécond. Ça lui paraissait trop beau pour être vrai, il s'en contenterait s'ils pouvaient au moins s'entendre et élever leurs enfants dans une bonne entente. Une minute… Leurs enfants ? Hilmes n'avait jamais imaginé avoir d'enfants jusqu'à maintenant, il n'en n'avait jamais vraiment eu l'occasion… Et là maintenant cela lui faisait tout drôle de penser en avoir plusieurs en plus ! Il préféra se stopper-là, c'était trop étrange à imaginer et puis le moment ne convenait pas pour penser à ça, il avait d'autres soucis actuellement : ils s'approchaient de plus en plus de la capitale et toujours aucune nouvelle de leur allié.
Arslan commença à paniquer : il se trouvait tout près de la capitale et l'armée du roi se trouvait déjà dans les plaines. Son Père était tout proche maintenant et il ne savait pas s'il aurait la force de l'affronter. Devait-il faire chercher le roi ? Valait-il mieux envoyer un message à son Père ou à Hilmes en premier ? Comment arranger la rencontre entre les deux ? Comment faire accepter cette idée à son Père ? Qui avait eu cette idée déjà ? Narsus voyant son trouble tenta de le calmer sans grand succès apparemment.
« Le mieux serait certainement de le mettre au pied du mur, je ne crois pas qu'il soit possible de raisonner avec sa Majesté.
- Vous voulez dire qu'il faut les convoquer ensemble ? Sans que le roi le sache ?
- C'est exactement ça !
- Cela ne va-t-il pas empirer la situation ? Demanda-t-il inquiet.
- Ce sera quitte ou double, Altesse. Et puis… Nous avons eu des nouvelles de Jaswant ils seront ici dans quelques heures, nous devons gagner du temps…
- Vous voulez le prendre en tenailles ? S'exclama le prince.
- Disons que nous aurons un moyen de pression si les choses tournent mal, expliqua-t-il. »
Arslan resta perplexe devant cette argumentation, Narsus restait très mystérieux. Il devait déjà avoir un plan dont ne souhaitait pas encore faire part. Ghîb joua à nouveau les messagers et alla à la rencontre d'Hilmes. Il fut surpris par le visage soulagé d'Hilmes en le voyant arriver, il lui expliqua alors l'idée de Narsus de mettre Andragoras au pied du mur.
Hilmes s'installa dans la tente avec ses généraux aux côtés d'Arslan, ils n'échangèrent que peu de mots. Arslan évitait son regard, il se demanda si c'était à cause de la dernière fois. Faranghîs ouvrit les pans de la tente pour entrer et fit un léger signe de tête. Ils comprirent alors que le roi avait accepté de venir, ce qui représentait déjà un miracle en soit.
Arslan se sentait mal. Une bête griffue était en train de lui déchirer le ventre lui causant de terriblement douleurs et nausées. Il en eut des sueurs froides. Il angoissait. Il prit le temps de calmer sa respiration et de respirer profondément mais cela ne s'avéra pas efficace. Il entendit des cliquetis d'armures se rapprocher, ainsi que des voix graves. Ils étaient là, il était là. Une vague de froid s'immisça en lui telle la marée, instinctivement il baissa les yeux comme pour fuir le choc à venir.
Rahh… Ce n'est pas le moment de flancher… Pensa-t-il. N'oublie pas pourquoi tu le fais ! Tu sais que c'est la meilleure solution… Tes compagnons te suivent, tu ne dois pas les décevoir et puis… C'est ton rôle, ton devoir de prince !
Arslan releva la tête d'un air déterminé. Hilmes se demanda ce qui pouvait bien se passer dans la tête d'Arslan pour qu'il y ait un tel changement d'humeur.
« Arslan ! Puis-je savoir d'où te vient une telle assurance pour me convoquer dans ta tente plutôt que de venir toi-même ? As-tu réuni tes cinquante mille hommes au moins ? J'espère qu- Qu'est-ce que cela signifie Arslan ? S'exclama le roi en apercevant Hilmes. »
La tension monta d'un coup. Hilmes et Andragoras se jaugèrent du regard comme prêt à se jeter à la gorge de l'autre au moindre faux pas. Kishward dévisagea le prince Arslan en quête d'une explication.
« Mon oncle ! Cela faisait longtemps, ironisa Hilmes.
- J'exige des explications immédiatement Arslan ! Gronda-t-il.
- Et vous les aurez mais venez donc vous assoir votre Majesté, déclara calmement le prince.
- Tu te moques de moi, Arslan ? S'énerva Andragoras.
- Votre Majesté je pense que nous devrions l'écouter, commença Kishward avec précaution. Les éclaireurs surveillent Ecbatâna, il n'y a rien à craindre des lusitaniens et comme le Pr- le Masque d'argent se situe ici il n'y a pas à craindre d'attaque. »
Cette situation déplaisait grandement au roi mais à contre cœur il s'installa en face d'Hilmes non sans jeter un regard haineux à son fils qui le mettait dans une telle situation. Hilmes vit Arslan frissonnait.
Les marzbâhns qui n'avaient pas participé à la bataille du fort Saint Emmanuel nageaient dans l'incompréhension en voyant Sahm à côté du Masque d'argent. Les seigneurs qui avaient accompagné le prince lors de ses batailles étaient ravis de le voir en pleine forme mais ne comprenaient pas ce qu'il souhaitait faire, de plus Narsus restait silencieux.
« Alors que me vaut cette réunion, demanda le roi la mâchoire serrée.
- Le prince Hilmes et moi avons conclu un accord dans le but de ramener la paix…
- Tu me trahi et tu t'en vantes ? Hurla le roi.
- Ce n'est pas une trahison ! S'exclama le prince.
- C'est sûr que s'il avait voulu se débarrasser de vous, il aurait mieux fait de vous assassiner dans votre sommeille, reprit Hilmes. Cette remarque jeta un froid dans l'assemblée.
-Es-tu donc si laid que tu ne puisses enlever ton masque ? Ricana le roi. Qu'est-ce qui nous confirme que tu es bien celui que tu prétends être ?
- Si ce n'est que ça… »
Hilmes retira son masque dévoilant son visage. Les plus anciens des marzbâhns le reconnurent sans peine même avec la moitié du visage brûlée. Quant au plus jeunes ils remarquèrent la ressemblance entre les traits de ce prince et le roi.
« Tu es content maintenant ? Demanda-t-il.
- Bien, nous avons notre réponse maintenant, déclara le prince.
- Votre Majesté, puis-je poser une question ? Intervint Kishward.
- Allez-y, grogna le roi.
- Votre Altesse, vous avez dit avoir conclu un accord… De quel genre ?
- Comme je l'ai dit, c'est un accord diplomatique qui éviterait qu'on ne s'entretue pour le trône à condition que sa Majesté accepte…
- Cesse de tourner en rond Arslan ! L'interrompit le roi. Le prince prit une grande inspiration.
- Je cède ma place d'héritier à Hilmes…
- Tu ne peux céder ce qui ne t'appartient pas ! Tu ne possèdes pas le titre il appartient à ton futur ép- Le roi se stoppa. Je vois… C'est donc ça, rit-il. Ahh… Hilmes tu es bien comme ton père… À avoir pitié des petites choses comme… Hum, comment s'appelait-il déjà ? Zaïd, non ?… »
Hilmes se leva brutalement, il était dans une colère noir cette fois. Andragoras en fit de même et tout aussi agressif. Ils ne furent pas les seuls à se lever, Zandé et Kishward sortirent leurs armes par réflexe pour protéger leurs seigneurs respectifs. Daryûn et Ghîb aussi avaient dégainés pour protéger le prince qui n'esquissa pas le moindre mouvement. Les joutes verbales entre les deux parties se firent plus violentes. Ils étaient prêts à en venir aux armes lorsque le prince intervint :
« Ça suffit ! Cessez ces petites guerres d'égo ! N'avez-vous donc aucun respect pour les hommes qui se sacrifient pour vous ? Si vous avez la moindre once de respect pour ces hommes, arrêtez-vous maintenant ! Si vous êtes contre votre Majesté, faite le simplement savoir ! Pas besoin d'en venir aux mains mais sachez une chose : je ne représente peut-être pas de menace pour vous mais si vous refusez cette accord alors vous n'aurez qu'à me juger pour trahison car je n'ai pas l'intention de suivre un roi orgueilleux qui préfère sacrifier ses hommes plutôt que parlementer quand c'est possible ! Je pensais que la bataille d'Atropathène vous avez servi de leçon !»
Hilmes fit signe à Zandé de ranger son arme. Il rassit simplement malgré sa rage toujours perceptible et ce à la grande surprise de tous. D'ailleurs ce n'était pas le seul évènement surprenant, l'intervention du prince impressionna toute l'assemblée qui resta muette. Il venait de clouer le bec au roi. Où était donc passé le jeune oméga craintif de la capitale qui ne supportait même pas le regard de son Père ?
« Comment oses-tu… Commença le roi mais il fut interrompu par l'arrivée de Jaswant.
- Votre Altesse Arslan ! Les renforts de Sindôra sont là ! S'exclama-t-il en s'agenouillant.
- Des renforts ? Demanda Kishward en se tournant vers Narsus.
- Le prince est doué en diplomatie, sourit-il.
- Des renforts ! S'exclama le roi en se tournant vers le prince. Qu'est-ce que cela signifie ? Combien sont-ils ? Beugla-t-il à Jaswant
- Dix mille normalement, répondit le prince.
- Cinquante mille, corrigea Jaswant. Sa Majesté Rajendra vous a confié cinquante mille hommes comme il l'avait promis, votre Altesse !
- Je crois qu'il tenait surtout à être bien vu auprès d'Arihas, murmura Ghîb ce qui fit grogner Daryûn.
- Le problème n'est pas là, reprit Arslan toujours aussi imperturbable. Votre majesté vous n'avez pas répondu.
- Vous me mettez un couteau sous la gorge et ensuite vous me demandez de répondre ?
- Il n'y a aucune menace, répondit Arslan. »
Le roi refusait de donner une réponse. Il se trouvait pris au piège et se sentait obliger de mordre telle une bête sauvage acculée par des chasseurs. Et comme toute bête sauvage il se montrait agressif et peu coopératif. Andragoras ne voulait pas accepter, Narsus voyait que la situation se corsait. Il y eut des cliquetis d'armures derrière eux, Kubard venait de se lever et sans la moindre parole il alla se rassoir derrière Daryûn.
« Dix mille hommes sauvés.
- Qu'est-ce que cela veut dire Kubard ?
- Je ne suis pas sûr que la réponse vous plaise, répondit-il. »
Les généraux Tus, Esfan et Zaravant se levèrent aussi. Le roi leur lança un regard menaçant tous les trois tressaillirent mais ils se dirigèrent malgré tout, eux aussi, aux côtés du prince. Cette fois le roi se trouvait pieds et mains liés, s'il continuait à s'entêter il allait se ridiculiser. Narsus fut ravi, le miracle qu'il attendait venait de se produire. Décidément la capacité du prince à toucher le cœur des gens les aidait beaucoup. Le roi ragea mais rendit les armes.
« Bien, mariez-vous donc ! Mais j'ai aussi des conditions, une seule en faîte : pour éviter tout retrait possible ou trahison de ta part Hilmes… Vous serez mariés dès ce soir et j'exige que le mariage soit consommé, dit-il avec un sourire narquois. Comme il s'agit d'un mariage diplomatique vous aurez droit à du public…
- Quoi ? Demanda le prince horrifié.
- Et puis quoi encore ? Un médecin serait suffisant pour le vérifier, à la limite deux médecins… Je ne crois pas qu'il y ait besoin de plus pour le confirmer. »
Arslan se préparait dans sa tente, seul Arihas lui tenait compagnie.
« Arslan, vous avez évité une guerre pourtant j'ai l'impression que vous n'êtes pas soulagé…
- Si… C'est juste que… Que je suis anxieux, je me marie dans quelles heures j'imagine que c'est normal, dit-il.
- Vous avez peur ? Demanda-t-il.
- Oui je… balbutia-t-il les larmes aux yeux. Je croyais que j'aurais le temps de m'habituer à l'idée de l'épouser… Que nous pourrions apprendre à nous connaître avant… C'est si soudain que je…
- Je comprends, je suis aussi passé par là aussi vous savez.
- C'est personnel comme question mais est-ce que ça… C'est bien passé ? Demanda-t-il gêné.
- Pour être honnête, c'est assez étrange… Voir bizarre comme sensation mais lorsque le lien se crée, c'est assez « magique » comme sentiment. À l'époque je ne supportais pas l'idée de partager mon lit avec un homme… J'avais peur de me retrouver soumis, passif et… Je ne voulais pas ça. Je me suis longtemps refusé à mon mari, sourit-il, mais il était très patient avec moi alors que j'étais vraiment une… Sale teigne on peut le dire !
- J'ai dû mal à y croire !
- Et pourtant… Enfin lorsque c'est arrivé je ne me suis pas senti soumis, j'étais comme complet… Je n'avais plus peur de me retrouver seul avec un alpha, je me sentais protégé, à l'abri de tout. Je prenais confiance en moi et j'ai réussi à m'accepter grâce à lui… Et puis je vous en ai déjà parlé, non ? Vous et le prince Hilmes êtes un couple très compatible ça devrait bien se passer…
- Tu dois avoir raison… Hum… Est-ce que tu veux bien m'aider à me préparer ?
- Bien sûr voyons ! »
Arihas dut fouiller longtemps dans les affaires du prince pour trouver quelques choses de précieux à lui faire porter. La quantité de vêtements étant limités, difficile de trouver son bonheur. Arihas voulait que le prince puisse porter quelque chose de particulier, c'était son mariage quand même ! Il choisit finalement un pantalon blanc en lin très simple mais une tunique bleu nuit avec des broderies d'argent sur le col et les épaule, accompagnée d'une ceinture de soie blanche qu'il noua sur les hanches du prince. Il trouva aussi quelques bijoux, il opta pour des boucles d'oreilles pendantes argentées sertis de larmes de lapis lazuli aux marbrures blanches et argentés. Il para aussi le prince de colliers assortis aux boucles d'oreilles. Arslan constata qu'Arihas s'amusait comme un fou à l'habiller ou le coiffer. Il essaya de lui attacher les cheveux, de les coiffer de plusieurs façons avant de finir par réaliser deux petites tresses naissant au-dessus de ses oreilles et se raccordant à l'arrière de la tête par une petite broche dorée (faute d'en trouver une argentée). Finalement il obtint un ensemble assez harmonieux.
La cérémonie se rapprochait maintenant. Le prince était plutôt tendu même si cela ne serait qu'une petite cérémonie plus administrative qu'autre chose. Une vraie cérémonie dans les règles de l'art aurait lieu une fois qu'ils auraient repris la capitale. C'était donc plus un repas avec un échange de vœux qu'autre chose. Le moment venu, il sortit de la tente accompagné d'Arihas, Daryûn et Narsus attendaient sa sortie pour lui servir de garde. Quelques soldats s'étaient regroupés pour saluer le prince ou l'encourager.
L'anxiété se rependait dans ses veines au fur et à mesure qu'il s'approchait de la tente décorée pour l'occasion. Cela restait sommaire mais il y avait eu des efforts. Le prince entra seul et s'installa au bord du tapis face à l'endroit où se tiendrait l'assemblée, Hilmes le rejoignit dans les secondes qui suivirent. Il se tenait bien droit et fier. Il portait une tenue d'un bleue sombre presque noir mais –coup du sort- assortie à celle d'Arslan. Il le salua avec une voix douce, très différente de d'habitude. Ils ne restèrent pas longtemps seuls, le roi entra accompagné des généraux, seigneurs et conseillers important en guise d'invités. Faranghîs en tant que prêtresse célébra la cérémonie qui fut concise pour laisser place à un repas entrecoupé d'échanges froids et tendus mais l'ambiance finit par se détendre et devenir un peu plus chaleureusement, du moins entre les seigneurs. Arslan remarqua à peine les heures qui défilaient, elles s'échappèrent en un battement de paupières.
Hilmes se racla la gorge pour attirer son attention. Il leva la tête pour tomber sur des yeux qui le fixaient et attendaient sa réaction. Il comprit alors que c'était le moment. Il croisa le regard d'Hilmes qui lui fit un léger signe de tête. Les invités continuèrent à parler comme si de rien n'était mais tous les fixaient. Ils sortirent alors de la tente où Daryûn, Zandé et deux soldats du roi les attendaient pour les conduire dans une tente à l'écart. Ils avancèrent ainsi dans un silence tendu.
Hilmes laissa Arslan entrer le premier dans leur « chambre » pour leur nuit de noce. Plusieurs meubles habillaient ce petit espace : un lit au sol couvert de coussins et de draps brodés, une petite table sur laquelle reposait deux verres et une jarre allongée avec une anse et un petit coffret près du lit avec une fiole. Arslan avança jusqu'à la table et se servit un verre de vin qu'il but d'une traite. Il n'avait pas bu d'alcool durant la soirée et n'en buvait que rarement mais là il en ressentait le besoin. Il garda la tête baissée et ne se tourna pas non plus lorsqu'il entendit Hilmes se rapprocher. Il n'osait pas. Il avait peur. Il n'avait aucune idée de comment ça se passait… Enfin si justement, il savait assez pour avoir peur. Il voulut se servir un autre verre mais Hilmes l'arrêta en posant sa main sur la sienne.
« Je comprends mais ce n'est pas une solution, dit-il doucement. »
Ils restèrent ainsi sans oser bouger. Hilmes ne savait pas trop comment aborder Arslan. Alors il profita de leur proximité pour se rapprocher un peu plus. Espérant enfin capter son regard fuyant. Il caressa sa main avant de la prendre dans la sienne.
« Vous ne voulez pas vous retournez ? »
Arslan prit une grande inspiration avant de se retourner mais il garda les yeux rivés au sol. Il se sentit enveloppé par un parfum à la fois étranger et familier. Hilmes se servit de son autre main pour relever le visage d'Arslan vers le sien. Il sursauta en voyant de si près la brûlure d'Hilmes, il culpabilisa aussitôt de sa réaction puérile en voyant Hilmes s'assombrir. Il devait agir. Sans trop réfléchir il posa sa main sur sa joue brûlée en la fixant. Le contact était rugueux mais étonnamment ça ne le dérangea pas. Il se sentit un peu ridicule à rester là comme ça mais Hilmes se détendit et laissa reposer sa tête contre elle. Il fit glisser sa main sur la sienne pour la porter à ses lèvres et embrassa la paume de sa main. Arslan rougit à ce contact inattendu et leva les yeux vers lui. Leurs regards se croisèrent enfin, ils furent bien incapables de se détacher l'un de l'autre. Hilmes saisit la taille d'Arslan pour le ramener à lui sans pour autant le lâcher des yeux. Arslan sentit son corps se réchauffer et fondre à son contact avant de finalement sombrer.
Après ça Arslan ne réalisa plus vraiment de ce qui se passait. Il fut comme possédé. Il ne pouvait plus se détacher de ces yeux. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il ne se reconnaissait plus. Au début ça lui fit peur mais Hilmes le rassura, le cajola et prit le temps de s'occuper de lui. Au milieu des ténèbres, de gémissements étouffés et d'effluves suaves, leurs corps se mêlaient. L'odeur de son alpha le recouvrait à chaque caresse. Il n'avait que de vagues moments de conscience au milieu de ces moments… Intimes. Pourtant il sentait son corps se tendre, s'offrant sans retenu ni limite à son alpha.
