Je remercie Arashi-Ohno et Djiinn pour leurs reviews ^^

Je vois que l'humiliation d'Andragoras fait plaisir... À moi aussi j'avoue X)

Rahhh j'ai toujours pas finis les corrections des chapitres pourtant j'ai carburé! (J'avoue que j'ai pas beaucoup avancé la semaine dernière) J'ai fais six chapitres depuis le début du mois et il m'en reste cinq... *je meurs*

Voilà le chapitre de la semaine~~~~ ~('*'~) ~('0')~ (~'o')~ ~(*0*)~ ~('o'~) ~('0')~ (~'*')~


Chapitre 20

Les nouvelles alliances

Arslan fut réveillé par un poids qui l'enveloppait. Il sentait une présence réconfortante mais n'osait pas ouvrir les yeux. Il bougea ses mains et pût sentir un dos musclé : celui d'Hilmes. Ses joues se mirent à brûler quand il prit peu à peu conscience de la situation et de la position dans laquelle ils se trouvaient ainsi que de leurs, manifeste, nudités. Hilmes grogna en sentant son confortable « matelas » bouger, il enfouit son visage dans le cou d'Arslan qui poussa un petit cri. Hilmes avait le sentiment d'être chez lui, il pouvait sentir les marques qu'il avait faites à son oméga… Une minute… Son oméga ? Il réalisa soudainement qu'il s'agissait Arslan sous lui et quelques souvenirs flous lui revinrent en mémoire. Pourtant il n'éprouva pas l'envi de s'éloigner au contraire même, il voulait se rapprocher un peu plus. Il enlaça Arslan l'attirant encore plus près. C'était agréable, il appréciait beaucoup l'odeur douce et sucrée qu'il dégageait.

« Hilmes… »

« Hilmes ? »

« Hum… Est-ce que vous… Pouvez bouger?
- Pas envi. »

Arslan resta ahuri devant cette réponse, Hilmes avait employé un ton tout à fait enfantin pour lui répondre. Il hésita à insister pour le pousser. Il sentit Hilmes déposer des baisers volatiles dans son cou. Une des jambe de son assaillant vint à la rencontre du zone sensible le matin et trop exposé à son goût. Il voulut repousser Hilmes à cause de la gêne mais il n'en eut pas la force ou plutôt la volonté. Hilmes se rendit compte qu'il l'embarrassait, il chercha à s'écarter mais son oméga devint encore plus rouge.

« Est-ce que ça va ? Demanda-t-il. »

Arslan cacha son visage derrière ses mains avant de se tourner sur le côté et s'écarter d'Hilmes terriblement gêné. Ce dernier resta interdit mais un parfum familier vint taquiner et éveiller ses sens. Il ne put résister à l'envi de se rapprocher à nouveau de son partenaire. Il colla son torse dans son dos et nicha son menton dans cou.

« Qu'y a-t-il ?
- C'est trop gênant, répondit le prince encore plus rouge. »

Hilmes l'observa essayant de comprendre ce qui lui arrivait. Il remarqua qu'Arslan gardait les jambes serrées et essayait de se couvrir. Il eut le déclic : matin et phéromones, ça nous donne une érection. D'où la gêne de son, maintenant, mari. Il aurait très bien pu le laisser seul pour s'en occuper mais, il devait bien l'avouer, cela dérangeait grandement son égo d'alpha. Il embrassa le cou et la nuque de son oméga. Arslan chercha à empêcher Hilmes de l'embêter mais du coup il se retrouva encore plus proche et son corps totalement exposé aux convoitises.

Ils se retrouvèrent à se chamailler comme deux gamins. Arslan se sentait en sécurité et Hilmes n'avait qu'une envie : toucher son oméga et marquer chaque parcelle de son corps comme son territoire. Arslan finit par totalement oublier sa gêne. Ce rapprochement permit à Hilmes de l'habituer à son contact. Il profita surtout du sentiment post-nuit de noce car il était persuadé que d'ici quelques heures leur relation retournerait à ce qu'elle était la veille.

Son regard tomba sur la fiole du coffret, il tendit le bras pour la saisir sous le regard interrogatif d'Arslan. Il la déboucha et ne fut pas étonné de son contenu : de l'huile. Il n'avait pas eu l'occasion de l'utiliser durant la nuit mais surtout il se rendit compte qu'il en avait peu de souvenirs. Une question le heurta :

« Arslan est-ce que ça va ? Je veux dire… Tu n'as pas mal ?
-Pourquoi est-ce que j'aurais mal ? Demanda-t-il innocemment. Hilmes ne sut pas trop s'il devait être vexé au non.
- Eh bien… Hier enfin cette nuit plutôt nous avons- il fut coupé.
- Oui bien sûr, je… Non ça va mais, il hésita, pour dire la vérité je ne me souviens pas vraiment de ce qui s'est passé…
- Pour le coup, j'ai le même souci… Il y a juste le-
- Marquage ? Finit Arslan. »

Hilmes le regarda avant d'acquiescer. C'était vraiment étrange qu'ils ne se rappellent de rien hormis ce moment précis. Ils se rappelaient du plus important donc ça lui convenait mais ça l'interrogeait malgré tout.

Hilmes s'assombrit et en une fraction de seconde il saisit une couverture pour couvrir Arslan. Ce dernier n'eut pas le temps de poser la moindre question qu'il entendit des voix les interpeller :

« Vos Altesses, êtes-vous réveillés ? Nous sommes les médecins envoyés par le roi. »

Après avoir vérifié que son oméga était couvert Hilmes les autorisa à entrer mais resta sur la défensive. Deux médecins ridés entrèrent, s'inclinant bien bas et gardant les yeux rivés sols en guise de respect.

« Je reste avec toi, d'accord ? Murmura-t-il à l'oreille d'Arslan. »

Arslan ne comprit pas ce qui se passait. Hilmes se leva et enfila un pantalon sans la moindre gêne. Il vint se rassoir sur lit près d'Arslan qui ne cessait de faire des allers-et-retour entre Hilmes et les médecins.

« Ils sont là pour vérifier que le mariage a été consommé… Ça va aller, je reste là pour les surveiller, dit-il doucement.
- Je ne comprends pas, qu'est-ce que… ?
- Votre Altesse, êtes-vous prêt ?
- J'imagine. »

Ce fut horrible. C'était horrible. La seule chose dont il se souviendrait de sa nuit de noce serait ce seul moment, se faire tâter par un vieux médecin pendant que l'autre le regardait sous tous les angles. Arslan dut se retenir de grimacer de dégoût. Il remercia le ciel qu'Hilmes soit resté avec lui. Une fois qu'ils furent partis, le prince se roula en boule, il avait la nausée. Hilmes voulut parler mais ne savait pas quoi lui dire. Il essaya de se montrer rassurant et cela fonctionna : Arslan se calma peu à peu. Il s'apprêtait à se rallonger à ses côtés mais une voix se manifesta, le jeune prince sursauta :

« Arihas, c'est vous ?
- Votre Altesse, je venais voir si vous aviez besoin de mon aide. »

Hilmes changea alors d'avis, il le laissait entre de bonnes mains. Il finit de se rhabiller et sortit de la tente. Il parla brièvement avec Arihas avant que celui-ci ne s'engouffre dans la tente. Hilmes tomba nez-à-nez avec Daryûn qui le fixait dangereusement, ils se jaugèrent du regard un moment. Daryûn abandonna lorsqu'il fut appelé par un soldat devant prendre la relève. Zandé vint s'incliner devant lui, il le regarda surpris :

« Votre Altesse, vous ne portez pas votre masque ? »

Hilmes posa sa main sur sa joue et put constater que Zandé disait vrai.

« De toute manière cela n'a plus d'importance, maintenant… Soupira-t-il. »

Arihas fut alarmé de voir le prince recroquevillé sur lui-même lorsqu'il entra dans la tente. Il accourut vers lui :

« Arslan vous allez bien ? S'exclama-t-il.
-Arihas ?
- Qu'est-ce qu'il vous a fait, Altesse ? S'inquiéta-t-il.
- Euh rien… Enfin rien d'inhabituel j'imagine, rougit-il.
- Oh ? Oh… Excusez ma méprise mais en vous voyant ainsi, j'ai cru que… Qu'il vous avait fait du mal, je… Balbutia-t-il.
- Oh non, au contraire même ! C'est juste que la visite des médecins n'est pas des plus agréable…
- Je comprends… Mais il semble que cela c'est bien passé, dit-il avec un clin d'œil.
- J-je je, rougit-il, je ne sais pas vraiment… Pour tout vous dire je ne me souviens pas vraiment… Je… Est-ce normal ? Demanda-t-il embarrassé.
- C'est étrange en effet, réfléchit-il. Les seules fois où cela peut se produire c'est pendant les chaleurs mais… Ah moins que… Est-ce que vous avez ressenti quelque chose de similaire à votre dernière rencontre ?
- Oui, c'était plus fort même…
- Je pense que c'est pour ça ! S'exclama-t-il. Les couples destinés ressentent une très forte attirance pour leur partenaire, cela peut provoquer des réactions qui ont pour but de « convaincre » ou pousser l'autre à procéder au marquage. Cela a dû provoquer une forme de chaleur, voilà pourquoi cela a altéré votre mémoire ! Enfin je suppose…
- Hilmes a le même problème… On se rappelle juste du marquage, rougit-il.
- C'est bon signe ! Mais lequel ? S'emporta-t-il. Oh excusez-moi, c'est très indiscret
- Comment ça, lequel ?
- Vous en avez trois… Méfiez-vous votre alpha est possessif, il risque d'être jaloux facilement. »

Ils discutèrent encore un moment avant que le prince se rende compte qu'il ne s'était toujours pas habillé et qu'il commençait à frissonner. Arihas alla chercher des vêtements pendant qu'Arslan se lavait. En faisant ça il put constater toutes les marques « d'affections » qu'Hilmes avait laissés. Il rougissait à chaque fois qu'il en voyait une nouvelle. Certaines se situaient dans des endroits vraiment embarrassant, d'ailleurs la plupart se situaient dans un endroit embarrassant, comme sur l'intérieur de ses cuisses… Finalement, il était content de ne pas se souvenir de tout, bien que des brides de souvenirs lui revenaient. C'était terriblement gênant !

D'une main Hilmes tenait sa cuisse plaquée contre le lit. Il déposait des baisers sur son aine et sur l'intérieur de ses cuisses avant de lécher son membre tendu. Il faisait de long et lent va-et-vient savourant ses gémissements étouffés qui l'invitait à continuer. Il put sentir un de ses doigts s'immiscer en lui et ce n'était pas pour lui déplaire.

Il devint encore plus rouge. Il s'était réellement comporté ainsi ? Bon d'un côté il avait apprécié mais… Etre autant vulnérable, se montrer entièrement et se livrer totalement à quelqu'un étaient effrayant. D'autant plus lorsque vous connaissez à peine la personne ou qu'elle a tenté de vous tuer… De plus il ne se sentait pas encore prêt pour ça.

Arslan revint sur terre lorsqu'il sentit un liquide couler le long de ses cuisses. Sa bouche se tordit de dégoût lorsqu'il comprit de quoi il s'agissait. Il se dépêcha de se laver avant qu'Arihas revienne.

« Son Altesse va bien ? Demanda Narsus.
- Oui, répondit simplement Arihas.
- Et cela c'est bien passé ? Demanda Ghîb avec une hésitation qui ne lui ressemblait pas. »

Tous se stoppèrent ils attendaient la réponse. Dans une autre situation la question aurait été déplacé mais ils étaient plus inquiets qu'autre chose, ce n'était pour assouvir une curiosité malsaine.

« Apparemment, sourit-il. Les médecins semblent l'avoir plus dérangé que son Altesse Hilmes. Il n'y a pas à s'en faire pour lui. Par contre je crois qu'il va falloir faire attention au prince Hilmes, je crois qu'il est assez…
- Jaloux ? Demanda Ghîb.
- Oui mais comment vous… ?
- N'est-ce pas le cas de la plupart des alphas ? Le côté possessif envers leur oméga, c'est assez courant… Dit-il en jetant un coup d'œil à Daryûn.
- En générale… Mais j'insiste, je crois qu'il faut vraiment y prêter attention pour éviter des problèmes et pas seulement avec les alphas, avec les bêtas aussi… Du moins au début.
- À ce point ? Demanda Ghîb.
- Avec trois marquages je ne sais pas trop quoi en penser… Pas de commentaire Ghîb, s'il vous plaît…
- Je n'ai rien dit, sourit-il.
- On lit en vous comme dans un livre ouvert, soupira Faranghîs.
- Je ne suis pas sûr d'avoir tout suivi, déclara Narsus.
- Vous avez beau être un génie, certaine chose vous échappe toujours, reprit Ghîb.
- Je dois retourner auprès de son Altesse, déclara Arihas. »

Un conseil de guerre fut réuni en début d'après-midi la tension était palpable. Ses nouvelles alliances étaient encore fragiles et la reconquête de la capitale toute proche risquait de raviver quelques blessures d'orgueil encore douloureuse. Ils devaient préparer l'attaque, même si maintenant ils avaient l'avantage numérique le manque de confiance posait un sérieux problème.

Kishward commença à exposer son plan. Sahm le coupa régulièrement mais toujours de manière constructive et surtout pour éviter une confrontation trop direct entre leurs chefs respectifs. Narsus resta étonnement silencieux alors qu'ils exposaient leurs idées.

« Vous souhaitez attaquer de front alors ? Intervint-il.
- On peut dire ça lorsqu'on attaque par la porte de devant en effet ! N'as-tu rien de mieux à proposer Narsus ? Demanda le roi.
- On peut faire ouvrir la porte depuis l'intérieur, ce qui évitera de perdre du temps. Cela mettra suffisamment la pagaille pour infiltrer le palais et capturer le roi avec le duc Guiscard.
- Et comment voulez-vous entrer dans le palais ?
- Par les égouts en entrant en petit comité.
- Vous avez parlé de la porte mais qui va l'ouvrir ? Demanda Hilmes.
- Un groupe est déjà infiltré et prêt à agir sur les ordres de son Altesse, sourit Narsus. »

Tout le monde se tourna vers Narsus y compris le prince mais il se retint de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

« À son Altesse ? Siffla le roi.
- Ce groupe a prêté serment au prince lorsque votre Majesté était emprisonné.
- Des mercenaires ?
- En quelque sorte…
- Et qui va diriger l'infiltration de la capitale ? Demanda Kishward.
- Je pense qu'il serait sage de confier cette mission au prince Arslan.
- Arslan n'a pas sa place à la tête d'une armée, il n'a pas non plus la capacité de gérer cette situation, grogna le roi.
- Votre Majesté, commença Narsus.
- Il suffit ! Arslan n'a plus sa place dans l'armée mais au palais. Il a lui-même choisi sa place d'épouse maintenant il doit faire avec… Il restera dans les dernières lignes. »

Arslan s'y attendait mais c'était plus douloureux qu'il ne l'aurait pensé. Il entendit des protestations s'élever derrière lui.

« Le prince s'en est bien sorti jusqu'à maintenant alors pourquoi le disgracier de la sorte. »

« Il nous a mené à la victoire au fort Saint-Emmanuel ! »

« C'est vrai ! Il vaincu l'ennemi alors qu'il était avantagé. »

Hilmes n'avait pas envie de voir Arslan sur le champ de bataille, la décision du roi l'arrangeait mais… Elle était aussi très injuste, pourtant Arslan se résigna et ne protesta pas. Ses yeux brillaient plus qu'à l'accoutumer. Les hommes présents pour le conseil par contre se montraient très mécontents et ne s'en cachaient pas vraiment.

« Votre majesté, je suis sûr que…
- Narsus, intervint le prince, sa Majesté a-
- Narsus a raison les nouvelles vont vites, ils seront rapidement au courant du mariage et ils ne s'attendront pas à ce que Arslan soit présent. Ils ne s'interrogeront pas s'il ne le voit pas sur le champ de bataille par contre s'il manque un générale cela sera repéré plus rapidement… Déclara Hilmes. »

Cette intervention déplût au roi, il ne pouvait pas vraiment rétorquer car l'argument était bon. Derrière lui il entendit des soupirs de soulagement : le prince serait avec eux lors de la bataille.

« Dans ce cas il faut trouver une équipe pour l'accompagner, dit-il les dents serrées. Nous aurons besoin de tous nos hommes.
- Je prendrais un groupe de soldats sindôriens avec moi. Il vaudrait mieux qu'il soit sous les ordres de Daryûn ou de Jaswant comme ils ont déjà travaillés sous leurs ordres.
- Si vous nous le permettez Majesté nous pourrons accompagnés le prince, déclara Faranghîs en désignant Ghîb.
- Faite donc, grogna le roi. »

La stratégie maintenant réglée et peaufinée, chaque groupe savait ce qu'il avait à faire. Tout était en place pour demain dès la première heure. Arslan sentait la fatigue l'envahir, passer la journée en continue avec des alphas qui se disputaient le tout fermé dans un endroit clos où l'air circulait peu, l'avait tout simplement vidé. Il ne rêvait que de dormir mais il souhaitait aussi passer du temps avec ses compagnons. Depuis ce matin il avait à peine pu leur parler, il resta avec eux le soir mais la fatigue le rattrapa à la vitesse de l'éclair. Arihas l'incita à aller se coucher et il finit par y consentir sous des regards inquiets. Lorsqu'il arriva dans sa tente il s'allongea sur son lit et s'endormit aussitôt que sa joue toucha l'oreiller.

Daryûn regarda le prince partir totalement épuisé mais il put constater qu'Arihas n'était pas mieux. Lui aussi finit par les laisser avant même que les derniers rayons de soleil ne disparaissent. Daryûn se retint de grogner en repensant à cette nuit où il avait dû monter la garde devant la tente du prince avec Zandé. Ils étaient quatre à faire la garde : deux gardes du roi, le champion d'Hilmes et lui, le champion du prince Arslan. La garde fut organisée pour éviter des disputes mais pourtant il se retrouva seul avec Zandé.

Ils attendaient que les heures défilent dans un silence lourd, seulement il y eut quelques chose qu'ils n'avaient pas pris en compte : les princes devaient consommer leur mariage. Le silence devint gênant lorsque des bruits étouffés commencèrent à se faire entendre. Point positif ce n'était pas des appels à l'aide mais ça n'en restait pas moins terriblement dérangeant. Daryûn n'avait pas envie de savoir ce qui se passait là-dedans ou plutôt il ne voulait pas en avoir conscience. Ce fut à ce moment-là que Zandé prit la parole :

« Comment est-il mort ?
- De quoi ? Sursauta Daryûn.
- Mon père, comment est-il mort ? »

Daryûn hésita mais il finit par lui raconter l'accident qui fit perdre la vie à son père. Zandé resta silencieux un moment face à cette annonce.

« Le prince Arslan était prêt à lui pardonner malgré tout…
- Son Altesse est quelqu'un de bien, il se soucie de ses hommes… Tu devrais demander à Jaswant de te raconter comment il s'est retrouvé à servir son Altesse, sourit-il.
- C'est aussi le cas de son Altesse Hilmes il défend ceux qui lui ont prêté allégeance même s'il se montre dur envers les autres…
- D'une certaine manière ils se complètent bien, soupira Daryûn.
- En effet cela s'entend… »

Daryûn se sentit mal-à-l'aise en y repensant. Il aurait préféré ne rien entendre du tout, il vida son verre d'une traite.

Arslan sentit un parfum familier taquiner son odorat, il entre-ouvrit les yeux et vit de la lumière. Il aperçut une silhouette se mouvoir dans la lumière vacillante d'une chandelle. Arslan finit par discerner un dos musclé sur lequel tombaient des cheveux noirs. La silhouette se déplaça avec souplesse avant de s'allonger à ses côtés. Il mit un moment à réaliser que Hilmes venait de se coucher dans son lit. Il se tourna vers lui et leurs yeux se croisèrent.

« Je t'ai réveillé ? Demanda-t-il.
- Non non, je suis juste surpris je ne m'attendais pas à ce que vous-
- Tu, le corrigea-t-il.
- Je suis surpris c'est tout… Murmura-t-il.»

Il ne s'y attendait vraiment pas mais la suite le surprit encore plus. Il entendit un bruissement de tissus et sentit des bras l'envelopper. Il se retrouva collé contre le torse d'Hilmes. Il chercha à protester mais le brun s'était déjà endormi. Arslan se résigna, il se blottit confortablement contre son alpha. Au final ce n'était pas désagréable.

L'effervescence régnait déjà dehors lorsque le prince se réveilla toujours enveloppé dans la douce étreinte de son partenaire. Il n'avait pas envie d'ouvrir les yeux mais il savait qu'il devait se lever. Il sentit un souffle chaud contre sa joue et entendit son nom murmuré.

« Arslan réveille-toi, il est temps. »

Il ouvrit les yeux à contre cœur, cela amusa beaucoup Hilmes de voir sa moue boudeuse. Arslan finit par se réveiller mais resta accroché à son mari, Hilmes non plus ne semblait pas vouloir s'en défaire. Ils restèrent encore un moment ainsi avant de réaliser qu'ils n'avaient pas de temps à perdre. Arslan remarqua enfin qu'il s'accrochait à son alpha, il fut gêné et surpris de son propre geste. Hilmes se leva et se prépara sans grande motivation, Arslan fit de même. Le silence apaisant fut soudainement interrompu :

« Votre Altesse Hilmes ! Etes-vous là ?
- Zandé ? Où veux-tu que je sois d'autre… Et que fais-tu ici ?
- Eh bien je ne vous trouvais pas dans votre tente… Dit-il déconcerté. Je suis venu vous dire que vos hommes sont prêts.
- Bien, j'arrive dans quelques instants. »

Hilmes se tourna vers Arslan, il hésita quelques instants avant de parler :

« Fais attention à toi… »

Il disparut avant qu'Arslan n'ait eu le temps de réaliser.

Ils étaient maintenant prêts à l'attaque, ils n'attendaient plus que les ordres du roi pour lancer l'assaut. Arslan profita de l'agitation pour se déplacer et infiltrer les tunnels d'eau qui serpentaient sous la ville. Il était accompagné par Arihas, Faranghîs, Etoile, Ghîb, Elam et une douzaine d'hommes recommandés par Jaswant. Ce dernier avec Daryûn menaient les renforts de Sindôra pendant que Narsus restait en retrait pour surveiller comment se déroulait l'attaque et préparait la deuxième vagues d'assaut.

Arslan sourit en reconnaissant une bannière bien connu s'élever au-dessus des remparts de Ecbatâna. Il avait du mal à en croire ses yeux.

« Décidément Narsus est très fort, sourit Ghîb, il nous a bien mené en bateau.
- Je n'aurais pas cru revoir Alfreed un jour, dit le prince. Quand elle est partie, elle était bien déterminée à ne plus me revoir.
- Qui sait peut-être que Narsus a fini par tomber sous son charme et l'a imploré de continuer à soutenir votre cause, reprit Ghîb.
- Ne dîtes pas de bêtise Messire Ghîb ! S'exclama Elam. »

Ils avançaient péniblement dans les canaux souterrains depuis plus d'une heure et ne voyaient toujours pas de signes le palais. Ils étaient sans nouvelles de l'extérieur, aussi bien ils pouvaient débarquer dans le palais aux prises de l'ennemi et apprendre que leurs armées s'étaient entretuées. Cette vision peu réjouissante commençait à inquiéter le prince.

La prise de la capitale s'annonçait plus difficile que prévue. Ils avaient pu entrer sans embuche seulement les soldats lusitaniens se battaient férocement et n'abandonnaient pas facilement. Ils avançaient difficilement dans les rues étroites et les soldats commençaient à fatiguer. Les généraux montraient la voie en ne baissant pas les bras, gardant ainsi les combattants motivés. Hilmes aperçut la fille du clan Zot mener ses bandits. Elle avait aussi soulevé les esclaves contre les soldats lusitaniens. Ils apparaissaient et disparaissaient aux coins des rues tel des fantômes et assommaient les ennemies qui leurs passaient sous la main.

Narsus avait bien réussi son coup, Hilmes devait le reconnaître et il était soulagé de le savoir de son côté cette fois-ci. Il remarqua le groupe mené par Daryûn et Jaswant, les soldats sindôriens agissaient efficacement. Il se demanda d'ailleurs comment Arslan s'était arrangé pour obtenir l'appui du roi de Sindôra durant cette bataille. Il aperçut un fantassin charger sur le côté du cavalier noir qui ne l'avait pas vu arriver, par réflexe il saisit une lance et visa le fantassin. Sous le choc la victime se retrouva à terre. Daryûn se retourna en entendant le cri du blessé. Il n'était pas sûr de ce qui venait de se passer. Hilmes venait-il de le sauver ? Il resta perplexe.

Ils prenaient du terrain dans la capitale et s'approchaient de plus en plus du palais. Des messagers se déplaçaient sur l'ensemble du champ de bataille pour maintenir les différents groupes au courant de ce qu'il se passait. Celui du roi et de Kishward était le plus difficulté, ils se retrouvaient coincés dans des impasses et des pièges tendus par l'ennemi. À défaut de pouvoir battre l'armée Parse, les lusitaniens essayaient de faire tomber le roi. Cela ne déplaisait pas forcément à Hilmes mais il devait faire preuve de bonne foi, il envoya des hommes soutenir le roi (et éventuellement pour qu'ils le préviennent s'il se fait tué).

Le soleil continuait sa course alors que les combats devenaient de plus en plus rudes, et toujours aucune nouvelles d'Arslan et de ses hommes. Les lusitaniens combattaient avec l'énergie du désespoir mais n'en démordaient pas malgré l'absence de leurs supérieurs qui commençaient à influencer sur le moral des troupes.

Un cri retentit au milieu du vacarme de la bataille :

« Retraite ! Cessez le feu ! »

Impossible de savoir de quel camp venait cet appel.

« Arrêtez tout ! »

Un soldat lusitanien arriva en courant pour annoncer la nouvelle : le roi Innocentis se rendait après avoir négocié la paix. Les soldats lusitaniens restèrent interdits face à la nouvelle. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Difficile de le dire. Hilmes fit un geste pour stopper ses hommes.

« Il ne vous sera fait aucun mal si vous vous rendez calmement. »

Les soldats totalement ahuris et abasourdis laissèrent tomber leurs armes à terre et s'écartèrent pour ouvrir la voie aux vainqueurs. Hilmes fut le premier à arriver au palais suivi de près par Daryûn et Sahm. Arslan les attendait dans la salle du trône où Innocentis détrôné se tenait les mains tremblantes alors qu'à côté de lui se tenait son frère la tête haute.

Arslan était couvert de poussière mais gardait le sourire. C'était finit. Le répit fut de courte durée, le roi arriva dans une colère noire. On pouvait sentir sa présence sans même le voir.

« Arslan ! Qu'est-ce que cela signifie ? Quelle est cette histoire de négociations ? »

Arslan s'y attendait. Affronter son Père lui faisait peur mais il n'avait pas le choix. Il défendait une cause juste et il le savait.

« Qui t'as permis de négocier ? De quel droit te permets-tu de prendre des décisions comme celle-ci ? Hurla le roi.
- Votre Majesté, j'ai fait ce qu'il fallait faire ! Le sang appelle le sang, il ne sert à rien de réaliser des massacres uniquement pour la vengeance. Il est temps que nos pays repartent sur de nouvelles bases. Les soldats lusitaniens répareront les dégâts qu'ils ont causés et repartiront une fois cela fait. L'instigateur des massacres qui ont eu lieu, l'évêque Bodin, sera livré à la Justice de Parse.
- J'ai l'impression que tu oublies ta place ! Grogna le roi. »

Il se rapprocha d'Arslan avec une aura menaçante, même ses plus fidèles hommes s'insurgèrent face à ce comportement. Le roi allait lever la main sur le prince mais Himes devint très menaçant, même Andragoras en frissonna. Sa main se tenait sur la garde de son épée, prête à sortir pour trancher la main du roi.

La tension monta d'une dizaine de cran : lequel des deux cèderaient ?

Arslan s'agenouilla bien bas face au roi et pencha la tête sur le côté.

« Veuillez m'excuser Votre Majesté, je n'aurais pas dû agir sans votre consentement… Seulement cela me paraissait être décision sage et digne de votre raisonnement. »

Le roi abaissa son bras satisfait par la soumission d'Arslan mais surtout par la colère que cela suscita chez Hilmes. Il bouillonnait de rage. Son oméga venait de se montrer vulnérable face à quelqu'un d'autre, il avait exposé son cou face à un autre alpha. Et pire encore, il s'était volontairement humilié pour éviter une confrontation entre son alpha et le roi.

Il pense que je ne peux pas le défendre c'est ça ? Il me croit faible parce que j'ai perdu lors de la bataille du fort Saint-Emmanuel ? Il aurait préféré que ce soit Daryûn qui le protège, peut-être ? Je peux le défendre ! J'ai la force pour le protéger alors pourquoi s'humilie-t-il ?

Hilmes n'avait qu'une envie : marquer son oméga, lui rappeler qu'il était là pour le défendre mais il devrait attendre pour ça. Il espérait que d'ici là il aurait retrouvé son calme.

La journée était déjà bien avancée lorsque tous les combats prirent fin. Arslan put retrouver tous ses compagnons et surtout Alfreed.

« Merci, sourit-il, merci d'être revenue !
- C'est moi qui suis honorée de voir que vous ne m'en voulez pas… Et puis je serais plus proche de lui pour me venger, bouda-t-il.
- Je vois, sourit-il gêné.
- C'est donc toi qui as ouvert la porte ? Intervint Hilmes. Je dois aussi te remercier, sans toi nous aurions perdu un temps précieux-
- Pas la peine, le coupa-t-elle. Je ne l'ai pas fait pour vous mais pour son Altesse et sachez que je ne vous ais pas oublié ! Je vengerais la mort de mon père !
- Dans ce cas j'espère que tu as l'éternité devant toi pour y arriver, répliqua-t-il. »

Alfreed se mit en rogne mais ne répliqua pas. Au cours de cette bataille Hilmes avait sauvé ses hommes, certes s'en sans rendre compte, mais elle était bien obligée de l'amnistier pour cela. Seulement ça, elle ne le reconnaitrait jamais !

On soigna les blessures des soldats et civils blessés lors des affrontements. Les lusitaniens furent regroupés en petit groupe et gardés sous surveillance. Etoile leur parla et les rassura sur les intentions des parses. Le roi et les hautes instances lusitaniennes restèrent enfermés dans les prisons du palais.

En à peine quelques heures se fut comme si rien de tout ça n'était arrivé, du moins au palais, le roi fêta sa victoire avec ses marzbâhns. Cela rendait Arslan malade de penser au sang qui s'écoulait encore dans les rues, au mur couvert de sang et aux pavés jonchés de cadavres. Les familles récupéraient leurs membres pour leur offrir des sépultures décentes, les autres étaient regroupés dans une fosse commune. Une cérémonie aurait lieu dans les prochains jours pour leur offrir les derniers sacrements. Le prince préféra se retirer. Il n'assista pas aux fêtes mais cela n'offusqua personne, le roi remarqua à peine l'absence de son fils.

Arslan put regagner sa chambre au palais le soir même, Arihas l'aida à retirer son armure mais aussi à soigner ses blessures. Elles commençaient à le faire souffrir et il devait les nettoyer. Il se sentait terriblement poisseux, il rêvait de prendre un bain. Arihas lut dans ses pensées et fit chauffer de l'eau pendant qu'il s'occupait de ses blessures : des entailles peu profondes mais nombreuses et étendues. Arihas les nettoya avec précautions et remplie la baignoire d'eau.

Arslan sentait ses paupières s'alourdirent de plus en plus et le contact de l'eau chaude ne l'aida pas beaucoup. Arihas n'étant pas loin il en profita pour fermer les yeux une seconde. Il sentit des bras l'entourer et le soulever. Il entendit aussi un son assez lointain qui ressemblait à de l'eau. Il entre-ouvrit les yeux et aperçut Hilmes.

« Que faites-vous là ? Demanda le prince.
- Nous partageons la même chambre désormais et pourquoi me vouvois-tu ?
- Quand êtes-vous… Es-tu entré ?
- Cela fait dix minutes, lorsque j'ai constaté que tu dormais je me suis dit qu'il valait mieux te sortir… Pourquoi m'avoir caché tes blessures ?
- Je n'ai pas caché mes blessures, bouda-t-il. »

Hilmes le sécha et l'allongea directement sous les couvertures. Il se lava lui aussi, la poussière et le sang collaient à sa peau et ses cheveux, il ne voulait pas imposer ça à son époux. Arslan s'était rendormi, il aurait aimé lui parler encore un peu mais il devrait attendre le lendemain. Ce qui s'était déroulé l'après-midi lui était resté en travers de la gorge. Il vint s'allonger à ses côtés et il l'observa dormir, il n'osa pas déplacer la mèche de cheveux qui cachait son visage. Demain il lui en parlerait.

Arslan s'était blotti contre la source de la chaleur à côté de lui. Il se sentait bien et n'avait aucune envie de bouger. Au bout d'un moment il ouvrit les yeux et fut surpris de constater qu'il se trouvait dans sa chambre, sa vraie chambre. Il mit quelques instants à réaliser ce qui était arrivé la veille. Ils venaient de reconquérir la capitale et le pays en une seule journée ! Ils leur avaient fallu plus d'un an pour en arriver là mais ils avaient réussi !

Le prince soupira soulagé. Les guerres et les morts allaient enfin diminuer mais la reconstruction de Parse serait longue et douloureuse. Certaines blessures mettent du temps à cicatriser et tout ne serait pas facile jusqu'à ce qu'il atteigne le trône. Il devra gérer la tension entre son Père et Hilmes, amorcer la transition vers ce qu'il espère, ainsi que préparer les seigneurs à l'abolition de l'esclavage et en rallier le plus grand nombre à sa cause. Cela ne s'annonçait pas évident mais il n'abandonnerait pas.

Au final ce qui l'inquiétait le plus était son mariage et le début de sa vie conjugale même si Hilmes se montrait plus calme et affectueux qu'il n'y paraissait, il avait peur. Il ne savait pas s'il était réellement prêt pour ça. Ils n'avaient fait l'amour qu'une fois et il ne s'en rappelait même pas ou par brides. Il savait que les alphas possédaient « une faim » assez développée et ça l'inquiétait car il doutait de pouvoir satisfaire son alpha. Il n'avait aucune expérience et ne se sentait pas capable de suivre un rythme trop effréné comme s'offrir tous les soirs à son époux. Il connaissait son rôle pourtant, il devait donner un héritier à son époux mais… Il voulait aussi découvrir sa sexualité et ne pas la subir car son unique but devait être de porter un héritier rapidement. Est-ce qu'il allait l'obliger à faire l'amour ? Est-ce qu'il prendrait des maitresses une fois son fils né ? Toutes ces questions tournaient en boucle dans sa tête telle un cercle vicieux. Il était effrayé et n'oserait jamais lui en parler.

Un bras vint s'enrouler autour de sa taille et il sentit une masse se rapprocher de son dos.

« Tu es réveillé ? Demanda Hilmes. »

Arslan acquiesça silencieusement. Hilmes s'avança un peu bien que le parfum d'Arslan l'incitait à se rapprocher davantage. Une odeur sucrée qui l'invitait à goûter. Il le sentit se tendre lorsqu'il enfouit son visage dans son cou, il voulait le marquer à nouveau mais il se retint il devait lui parler.

« Pourquoi t'es-tu humilié ainsi devant le roi hier ? Dit-il abruptement.
- Pardon ? S'exclama le prince surpris.
- Hier tu as montré ton cou au roi, pourquoi ?
- Eh bien… J'ai senti votre colère envers le roi, je voulais éviter que vous ne vous battiez…
- Ne refais plus jamais ça ! Dit-il en resserrant son étreinte.
- Je ne comprends pas…
- Je peux te protéger, tu n'as pas besoin d'en arriver là ! Offrir sa nuque à un alpha c'est montrer sa soumission mais aussi que tu t'en remets à lui et que tu lui fais confiance, expliqua-t-il. C'est insupportable pour moi de te voir montrer ton cou à un autre alpha même si c'est ton père… Peut-être que notre lien est encore très fragile mais je n'en reste pas moins ton alpha !
- Je suis désolé, dit sincèrement le prince, je ne savais pas que cela pourrait te blesser… »

Arslan se retourna pour serrer son partenaire dans ses bras, Hilmes surpris par le geste n'opposa aucune résistance. Il accepta avec plaisir ce geste n'affection de son oméga. Leur toute nouvelle vie débutait à peine.