Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole

Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33
Nombre de chapitres traduits : 9

Chapitre 4 : Où le Docteur rencontre des ennuis

~~~~~~~~~~~~~~ Voici le début ~~~~~~~~~~~~~~

Le Docteur était excité. Ils venaient juste de repartir pour l'anniversaire de Harry de la Plate-forme de Loisir de Emerald Sky, et il avait quelque chose de spécial prévu pour Harry. Il y avait cette planète qu'il aimait bien, une qu'il ne visitait pas aussi souvent qu'il aimerait, mais il y emmènerait Harry à présent. Les cristaux mouvants de la planète de Cryoth dans la Galaxie Salésienne étaient une merveille à observer, les Cryothéens, des êtres profondément gentils avec les bras et les portes grands ouverts.

Le TARDIS, qui fonctionnait plus délicatement maintenant qu'il y avait un petit enfant à bord, atterrit avec un léger rebond.

« Nous y voilà, Harry ! Cryoth, la planète des pierres qui marchent ! Viens donc, c'est parti ! »

Le Docteur lança un Harry rieur dans ses bras et sortit du TARDIS, verrouillant les portes alors qu'ils partaient.

« Des pierres qui marchent ? Vraiment Papa ? »

Harry l'observa curieusement. Le Docteur sourit et se lança immédiatement dans son discours préparé sur la nouvelle planète sur laquelle ils venaient d'atterrir :

« Une race très intéressante, les Cryothéens. Des êtres de cristal dont la vie vient du coeur de la planète, irradiant depuis son centre. Le flux d'énergie est remarquable, tous les dix ans, et donc la création de la nouvelle génération est simultanée et la mort de la plus vieille génération suit dans la foulée du flux d'énergie. Extrêmement pacifiques, la plupart du temps, bien qu'ils soient connus pour devenir dangereux s'ils sont menacés. Ils sont très protecteurs envers leurs membres les plus jeunes, et prennent des mesures extrêmes pour que rien de mal ne leur arrive. »

Harry hocha la tête. Le Docteur savait qu'il ne comprenait pas tout et il répondrait à toutes les questions que pouvait avoir Harry.

« Cryothéens ? C'est bien ça papa ? »

Le Docteur hocha la tête :

« Absolument.

— Donc, les Cryothéens sont gentils, c'est ça ? Et ils aiment les enfants ?

— Toujours correct, Harry. Brillant. »

Harry lui fit un sourire lumineux alors qu'ils marchaient le long du promontoire rocheux, suivant le chemin.

« Juste là, Harry. Regarde autour de toi. Tout ça, c'est la maison des Cryothéens. »

En effet, leurs environs étaient intéressants et différents. La pierre était d'un argent brillant et étincelant et commençait à former les creux et courbes d'une ville.

« Cette pierre est inanimée. Le flux d'énergie n'active pas de vie à l'intérieur, et donc les Cryothéens s'en servent comme fondations pour leurs cités. Ils ont un lien avec la pierre, et leur utilisation comme blocs de construction est plus naturelle. Ah, regarde le portail ! »

En effet, devant se dressait un immense portail les surplombant, fait de la même pierre d'argent brillant. Les portes étaient fermées, ce qui fit froncer les sourcils du Docteur. Les portes n'avaient jamais été fermées lors de ses visites précédentes. Deux gardes se tenaient devant, que le Docteur pointa à Harry.

« Tu vois les pierres plus claires et plus petites de chaque côté de la porte ? Ce sont les Cryothéens. Très pacifiques, la plupart du temps. Je n'ai jamais vu les portes fermées avant cependant, donc je ne sais pas vraiment ce qui se passe. »

Harry pouvait voir l'inquiétude sur le visage de son père et fronça les sourcils :

« Quelque chose ne va pas ? » demanda-t-il.

Le Docteur eut un geste entre la négation et le hochement de tête :

« Quelque chose… quelque chose cloche. »

Il s'arrêta, il savait qu'il devait faire demi-tour mais ne pouvait pas. Les Cryothéens étaient pacifiques, accueillants. Quelque chose n'allait vraiment pas du tout. Il jeta un coup d'oeil à Harry, qui semblait aussi inquiet que lui, sans doute par imitation. Il se redressa et avança vers le portail.

Ils arrivèrent au portail sans inquiétude mais une fois là, les Cryothéens se levèrent et un marcha vers eux, une lumière intérieure pulsant doucement :

« Qui vient devant les Portes ? »

La majuscule à ''Portes'' était évidente. Le Docteur sourit :

« Je suis le Docteur, et voici Harry. Je voulais juste lui montrer votre belle cité… »

Il s'interrompit, peu certain :

« Pourquoi votre portail est fermé ? »

On aurait presque pu voir les Cryothéens cligner des yeux, s'ils avaient des yeux faciles à discerner.

« Comment celui qui vient à Cryoth peut-il ignorer l'invasion des Tueurs de Pierre ? Ceux qui viennent des étoiles et convoitent notre Coeur pour sa puissance sont forts. Nous fermons nos portes pour nous protéger. »

La créature de pierre se pencha plus près d'eux :

« Vous ne semblez pas être un tueur de pierre. Votre petit est aussi inconnu. Êtes-vous des amis des tueurs de pierre ? »

Le Docteur secoua la tête :

« Non, non, rien à voir. Nous sommes juste des touristes, en réalité. Maintenant, qui sont ces tueurs de pierre ? D'où viennent-ils ? »

L'alarme ''Danger'' du Docteur se déclencha, et il sentit son sang battre un peu plus fort. C'était quelque chose dont il était resté éloigné trop longtemps, aider les plus faibles. Les mains de Harry se serrèrent sur sa manche et il garda une partie de son cerveau pour l'inquiétude. Il devait ramener Harry au TARDIS, partir. Harry était encore trop jeune pour être impliqué dans ces situations. Mais son sang battait. Ces êtres pacifiques étaient en danger et il pouvait faire quelque chose pour les aider. Harry… Les Anciens auraient un endroit sûr où Harry pourrait rester. Ils protégeaient férocement leurs jeunes.

« Nous ne savons pas. Ils sont venus dans des vaisseaux de métal, avec des armes qui tiraient différentes sortes de lumières. Ils ont détruit la moitié d'une cité avant que nous réalisions qu'ils étaient venus pour nous tuer. Maintenant nous nous fortifions. Nous devons protéger le Coeur. »

Les Portes s'ouvrirent légèrement.

« Docteur, veuillez vous mettre vous et votre enfant à l'abri des murs. C'est la cité la plus ancienne et la plus forte. Elle nous a protégés pendant de nombreux cycles. Je vais informer notre Ancien de votre arrivée. Il veut savoir qui entre dans la cité, pour qu'il puisse les accueillir correctement et les avertir des dangers. »

Le Garde ouvrit le portail suffisamment grand pour leur permettre de passer.

« Le Dôme est l'endroit où le conseil se rassemble, et où les Anciens seront. Veuillez vous diriger là-bas. »

Un long bras pointa le large cercle s'élevant au dessus de la masse des bâtiments.

Le Docteur hocha la tête et se faufila à travers le Portail, tenant Harry tout près de lui.

Les Cryothéens n'allaient pas dans l'espace, ils étaient trop liés au sol. Ils avaient besoin de leur Coeur, qui leur donnait la vie. Le centre de leur monde. Mais ils connaissaient l'espace et les planètes, et ils accueillaient les voyageurs avec hospitalité dans leurs cités. Ils écoutaient les récits d'endroits et de peuples lointains, et donnaient à ceux qui partaient des cadeaux et des souvenirs émerveillés. Ils étaient une race gentille et pacifique, une des plus ouvertes d'esprit de l'univers. Pour cela, ils auraient toujours une place particulière dans son coeur. Pourtant, ils n'étaient pas en tête de la liste des choses à voir de la plupart des gens. La nourriture offerte par les Cryothéens était adaptée aux Cryothéens, créée à partir d'ondes d'énergie à différentes fréquences pour différents buts. Les touristes devaient amener leur propre nourriture avec eux s'ils devaient rester un certain temps. Cependant, cela n'avait jamais empêché les Cryothéens de montrer leur généreuse hospitalité.

De découvrir qu'ils étaient à présent en danger d'être victimes d'un génocide parce que quelqu'un voulait utiliser leur Coeur comme source d'énergie ne lui convenait pas du tout. Harry restait silencieux, les mains agrippées au coupe-vent brun. Ils entrèrent dans la cité plus renfermés qu'ils ne l'étaient à leur arrivée, le Docteur troublé par ces nouvelles d'invasion et Harry nourri par ces émotions négatives.

La cité était aussi grande qu'elle l'avait toujours été, de grandes tours et des murs tout autour, hébergeant les familles et les entreprises qui faisaient fonctionner la ville. Cependant, à présent, un calme surnaturel avait envahi la structure de la cité, aucun de ses habitants ne parlant, riant ou faisant le moindre bruit. Il y avait quelques passants, mais la plupart marchaient rapidement, se dirigeant vers l'abri le plus proche, leur maison ou leur lieu de travail. La cité semblait déserte, mais les sentiments de ses habitants étaient pesants, étouffants dans leur peur et leur panique. Cela pesait lourdement sur la cité, et le Docteur n'aimait pas ça du tout.

Le Docteur tourna sur lui-même, regardant avec les sourcils froncés l'absence de gens.

« Où est tout le monde. La dernière fois que j'en ai entendu parler, cette cité était bondée de Cryothéens, de bruits et de discussions, un brave touriste ou deux. Où est tout le monde ? »

Harry cacha son visage dans l'épaule du Docteur, frissonnant et refusant de regarder autour de lui.

« Harry ? Ça ne va pas ?

— Quelque chose de mauvais ici. Je n'aime pas ça. Sent mauvais. »

Harry secoua la tête rapidement contre l'épaule du Docteur comme s'il essayait de se débarrasser de ce qu'il ressentait. Ce n'était pas une bonne nouvelle. Le Docteur regarda plus attentivement autour de lui à présent, tenant Harry près de lui. Bien qu'il ne puisse pas ramener Harry au TARDIS, il savait, au plus profond de ses coeurs battant dans sa poitrine, que Harry serait davantage protégé que ceux qui avaient voyagé avec lui auparavant, il s'en assurerait.

Le Docteur se dépêcha le long des rues en direction du large dôme au centre de la cité que le garde leur avait désigné. L'Hôtel de Ville, en équivalent Terrien. L'endroit où les décisions étaient prises et les lois votées, où quelqu'un pourrait savoir ce qui se passait.

Quelqu'un avait intérêt à savoir ce qui se passait.

Le Dôme était bien plus grand de près, assez grand pour contenir un certain nombre de 10, Downing Street plutôt confortablement. Cela convenait aux Cryothéens, puisqu'ils étaient plus grands que les humains en général. Les portes étaient fermées, une autre chose inhabituelle dans cette situation. Presque aucune porte n'était jamais fermée à Cryoth. Cela allait contre leur nature d'empêcher quelqu'un d'entrer quelque part.

Ce qui était aussi probablement pourquoi, quand ils furent envahis, ils prirent des mesures aussi drastiques. Cependant, ce comportement était inhabituel. Harry se pressa plus près contre le Docteur.

« Qu'est-ce qu'il y a Harry ? »

Harry secoua simplement la tête et regarda, les yeux écarquillés, la porte en face d'eux. La porte qui s'était ouverte au moment où ils atteignirent la plus haute marche.

« Ah, et bien, au moins nous n'aurons pas à frapper. »

Ou à utiliser le tournevis sonique. Bien qu'il doute qu'il aurait ouvert la porte pour eux.

La pierre brillante utilisée pour les bâtiments ne l'était plus ici. Ici, la pierre était entièrement noire, si noire que la lumière alentours semblait être absorbée dans sa surface. C'était assez déstabilisant pour une personne normale, mais le Docteur trouvait ça assez fascinant. Suffisamment pour qu'il commence à vouloir attraper dans sa poche les lunettes qu'il y gardait, avant de se souvenir qu'il avait un enfant sur sa hanche et une force d'invasion qui menaçait la planète. Il soupira et se promit d'étudier la roche plus tard.

Il se tourna vers le Cryothéen qui avait ouvert la porte. Il (les Cryothéens avaient deux sexes, bien qu'ils n'aient pas besoin de se reproduire de la même façon que la plupart des espèces à deux sexes. Tous les dix ans, un nouveau genre naissait, et un cycle était ainsi créé. Il y avait peu de restriction sur ce que chaque sexe faisait, autre que la limite due à l'âge. Souvent, le gouvernement était entièrement masculin ou entièrement féminin du aux âges. Cette fois, c'était un mâle, ce qui était évident à cause de l'éclat nettement plus sombre de la couleur qu'il émettait.) était grand, plus grand que la plupart de sa race, signifiant ainsi son âge. Il avait vécu au delà de son temps venu pour retourner à la terre.

« Bienvenue, Docteur, à Cryoth. Je suis l'Ancien. Les gardes m'ont prévenu de votre arrivée, et j'espérais juste qu'ils n'étaient pas en train de plaisanter, bien que j'aurais aimé que votre visite soit moins troublée. Nous sommes actuellement en tourment avec un ennemi que nous n'avons jamais rencontré auparavant, et ils apportent uniquement mort et destruction. »

Le Cryothéen tendit un long bras fragile pour toucher Harry :

« Et vous amenez avec vous un jeune avec tant d'énergie dans son corps qu'il est presque un petit Coeur. »

Harry, qui s'était plaqué contre le Docteur, tendit lentement sa propre main pour toucher le Cryothéen. L'être de cristal froid et agréablement doux pulsa doucement. Harry gloussa.

« Il est spécial, Docteur. Je le garderai près de vous, ou nos ennemis pourraient le découvrir et le prendre à la place. »

Le Cryothéen faisait environ deux mètres soixante, plus ou moins, et sa grande carrure était compensée par les petits membres qui jaillissaient à différents endroits. Son visage avait deux points de couleur plus brillante, où le centre visuel était situé. A l'intérieur de son corps se trouvait une large masse tourbillonnante d'énergie bleue foncée, qui irradiait en petites veines dans l'ensemble du corps de cristal. Deux membres lui permettaient de tenir debout.

« Vous semblez familier. Je vous connais ? » dit le Docteur.

Le Cryothéen, qui s'était tourné pour les inviter à entrer dans le hall, hocha la tête :

« En effet, bien que vous aviez une apparence différente et que je n'étais rien de plus qu'un bébé. C'était au temps de la Grande Secousse, quand nombre de ma portée de ma création ont été détruits. Vous m'avez sauvé et ramené à la cité. Moi-même et deux de ma portée. Nous étions le peu de survivants de cette création. A présent, je suis le seul qui reste, maintenu en vie par notre Coeur pour aider contre cette invasion. Venez, Docteur, nous avons besoin de quelqu'un avec vos aptitudes et votre connaissance pour nous aider. Votre enfant peut jouer avec nos petits. Ceux qui sont fragiles sont gardés à l'intérieur du hall central, protégés de l'invasion. Lui aussi sera protégé. »

Le Docteur suivit, hochant la tête. Harry serait gardé en sécurité par les protections que les Cryothéens avaient mises en place autour de leurs jeunes, mais malgré ses précédentes pensées de cloîtrer Harry dans le sanctuaire intérieur, Harry avait réussi à s'échapper de déjà pas mal de tentatives assez créatives du Docteur pour le garder quelque part.

« Harry restera avec moi. Il est un peu trop intelligent pour son propre bien parfois, et il trouve habituellement un moyen de s'échapper de n'importe quelle aire de jeu créée pour le garder à l'intérieur. »

Harry donna un coup joyeux dans les côtes du Docteur :

« Je reste avec Papa ! Oui ! »

Et cela, en ce qui concernait le Docteur, validait la décision. Harry resterait avec lui. Le Cryothéen devant lui hocha la tête en signe d'accord. Ce n'était pas dans leurs intentions de perturber le jeune enfant.

« Et donc, quelle est la situation ? Pourquoi les portes sont fermées et verrouillées ? Je n'ai jamais entendu parler des portes fermées auparavant.

— La situation, Docteur, est dévastatrice. Notre principale Cité, Havre, a été détruite, ainsi que plusieurs de nos sites de création. Le plus grand est toujours caché profondément en dessous de cette cité, mais ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne soit trouvé également. Ces envahisseurs, ces Tueurs de Pierre, sont infatigables dans leur quête. Ils demandent le Coeur et nous menacent de destruction si nous ne le leur donnons pas. Ils détruisent sans réflexion ni répit, et n'ont aucune merci, même quand ceux qu'ils attaquent sont sans défense envers eux. C'est ce qui conduit les autres dans leurs maisons loin de l'extérieur, et c'est pourquoi les portes sont fermées et barricadées. »

Le Cryothéen les avait conduit dans une grande chambre de pierre, d'une centaine de mètres de haut et peut-être deux fois plus grande en diamètre. Il n'y avait aucune fenêtre, la lumière émanait d'un point central.

Harry gloussa et tendit la main, agitant ses doigts. Des morceaux de la lumière tournoyante volèrent vers lui, éclairant son visage et ses mains d'un doux éclat bleu. Les Cryothéens dans la pièce le regardèrent, jusqu'à ce que celui qui les avait guidés là parle, émerveillé :

« Vous apportez un enfant puissant ici, Docteur. Vous avez raison de le garder avec vous. Comment fait-il ceci, si je peux me permettre ? »

Harry gloussa et agita ses doigts à nouveau, la lumière papillonnant entre eux comme un ver luisant joueur.

« Honnêtement, je ne sais pas. La plupart de ceux de son peuple ne peuvent pas faire ça, surtout à son âge, mais il est… spécial. »

Le Cryothéen hocha la tête :

« C'est donc la raison pour laquelle il vous a été confié, Docteur. »

Les chuchotements dans la pièce s'éteignirent alors que leur guide approchait. Des murmures de ''Ancien'' le suivirent alors qu'il se dirigeait vers le centre de la pièce et la lumière. Le Docteur suivit, Harry jouant toujours avec son nouvel ami. Quelques uns des autres tendirent des bras fragiles pour toucher le garçon, regardant le Docteur avant de le faire. Il leur donna la permission, et des petites mains touchèrent les bras ou le dos de Harry, faisant attention de ne toucher ni sa tête ni ses mains. Harry gloussa à chaque fois.

« Ça fait bizarre, Papa. Comme des ailes. »

Harry gloussa, mais laissa les bras de cristal l'approcher pour le toucher, et regarda la lumière jouer entre ses petits doigts. Le Docteur sourit. Harry était vraiment extraordinaire.

« Ici nous pouvons jeter un coup d'oeil à ces envahisseurs, pour savoir s'ils vous sont familiers, Docteur. Le Coeur peut nous donner des images de ces créatures. »

Tout autour de la pièce, les Cryothéens tendirent leurs bras pour se toucher les uns les autres, formant un large cercle.

« Demandons à notre Coeur. »

Un bourdonnement bas emplit la pièce, presque assez intense pour faire mal aux oreilles, mais pas assez fort. Harry pressa néanmoins ses mains sur ses oreilles, restant calme, mais avec une expression décidément mécontente sur le visage. Le Docteur regarda la lumière devant lui, observant attentivement ses profondeurs.

Puis, soudainement, il jura doucement.

« Vous connaissez ces créatures, Docteur ? » demanda l'Ancien, debout près de lui.

Le Docteur tourna un regard solennel vers le vieux Cryothéen :

« Oui. C'est une ancienne race, d'une planète détruite il y a longtemps. Ils n'ont pas été tués, même si j'avais pensé qu'ils avaient trouvé une nouvelle planète à coloniser. Ils ont toujours été d'avides voyageurs, peu portés sur la bataille. Pas quand je les connaissais. Ils pouvaient se battre, mais ils préféraient d'autres méthodes de résistance. Je ne comprends pas, cependant, ils n'ont jamais été des combattants. J'aurais pensé qu'ils auraient continué leur route et trouvé une autre planète. »

Le Docteur regarda l'image dans la lumière.

Les créatures n'étaient pas grandes, bien qu'elles étaient aussi minces que des brindilles. Avec quatre bras et quatre jambes, elles ressemblaient à de grands lézards, à part pour le visage clairement humanoïde. Long et ovale, avec de grands yeux et une large bouche, leur visage était plutôt exotique. Mais le pistolet à pompe qu'ils tenaient dans leurs mains était bien plus dangereux qu'il ne le paraissait. Et avec deux queues pour assurer leur équilibre, les créatures paraissaient agiles et rapides. Plus rapides que le pas lent et tranquille des Cryothéens.

« Que sont-ils, Docteur ? Pourquoi nous détruisent-ils s'ils sont pacifiques ? »

La note de confusion dans la voix de l'Ancien était évidente.

« Je peux seulement deviner qu'après la destruction de Hymnero, leur monde, les survivants ont en effet cherché une nouvelle planète, mais ont trouvé peu dans l'univers qui ne soit pas destruction ou mort. L'univers est un endroit magnifique, mais aussi rempli de peuples et de créatures qui veulent détruire. Les Narionuits ont du répondre d'abord en défense, puis ont commencé à attaquer. Ils ont besoin d'une certaine fluctuation d'énergie pour faire fonctionner leurs appareils, et Hymnero était pleine de cette ressource. Mais avec elle partie, ils ont du chercher ailleurs. Il semble que Cryoth soit juste une étape de leur route, et j'ai bien peur qu'ils soient allés bien plus loin sur le chemin de la destruction que quiconque aurait pu le prédire. »

Il observa attentivement la créature affichée.

Harry rebondit avec impatience sur sa hanche :

« Jouer, Papa ! Je veux jouer avec les petits Cryothéens ! S'il te plaît ? »

Harry battit des jambes et montra les petits cristaux bougeant lentement dans un coin de la pièce. Ils étaient dans son champ de vision, donc le Docteur posa Harry par terre pour qu'il puisse les rejoindre.

« Tu restes en vue, Harry, OK ?

— OK papa ! »

Puis, sur des jambes assurées, il courut les rejoindre dans leur jeu de pierres colorées. L'Ancien suivit le regard du Docteur, émettant une pulsation joyeuse de lumière :

« C'est un enfant spécial, Docteur. Humain, en apparence, mais avec tant de pouvoir. C'est étonnant qu'il puisse tout contenir. »

L'Ancien se tourna pour regarder directement le Docteur :

« Vous savez qu'il peut avoir un jour des difficultés pour le contrôler, et qu'il pourrait ne pas survivre ? »

Le Docteur sembla sombre :

« Les Gardiens de la Forêt de Hadroona m'ont donné un avertissement similaire, et ils m'ont aussi donné un cadeau pour lui, quand le temps sera venu. J'espère seulement que l'inévitable ne sera pas aussi mauvais que vous l'avez tous prédit. »

Cependant, le Docteur fronça les sourcils alors qu'il regardait l'image des Narionuits, son esprit pensant au garçon qui était devenu son enfant, son fils, en un laps aussi court de temps. Harry, avec ses rires et ses sourires et son existence impossible le réconfortait d'une manière qu'il n'aurait jamais pensé avoir besoin. Harry, qui avait besoin de lui autant que le Docteur avait besoin de Harry. C'était un sentiment réconfortant, de savoir ça. Nombre de ses Compagnons au fil des années, il avait eu besoin d'eux bien plus qu'ils ne le pensaient, et il était devenu une sorte de dieu pour eux, cet être impossible qu'ils aimaient sans vraiment comprendre. Il tenait à chacun d'eux, mais il ne pouvait pas les aimer tous. Martha, qui l'aimait tant mais qui était partie parce qu'il ne pouvait pas l'aimer. Rose, qu'il aimait tant qu'il l'avait renvoyée dans un monde parallèle avec sa Métacrise, pour qu'elle puisse vivre avec lui, une copie de lui qui deviendrait vieux et mourrait avec elle. Mais Donna, Donna, sa meilleure amie, qui ne se souvenait plus de lui. C'était probablement la chose la plus difficile qu'il avait faite. Lui effacer la mémoire avait tué une partie de son coeur qu'il avait pensé ne jamais retrouver. Maintenant, avec Harry dans sa vie, il sentait la part humaine en lui, la part que les Seigneurs du Temps haïssaient tant chez lui, revenir. Harry, qui lui rendait son bonheur, sa joie et son espoir. Il sourit doucement.

« Oui, le garçon est spécial, Ancien. Il l'est certainement. »

Il pouvait sentir le bourdonnement de contentement du Cryothéen à côté de lui.

Puis il entendit le pop d'air déplacé derrière lui, en dehors du cercle des Cryothéens à genoux, et il tourna sur les talons. Non, non, pas maintenant. Non.

Ils étaient partis. Tous, les trois douzaines de bébés, Harry, ils étaient partis. Ils avaient été enlevés.

Il sentit sa tête exploser de rage, ses mains trembler, ses coeurs accélérer. Ils avaient pris Harry. Ils avaient pris des enfant, et pas seulement les enfants innocents de Cryoth, ils avait pris son enfant.

Le Tournevis Sonique était tenu fermement dans sa main. Il se tourna vers l'Ancien.

« Où est leur vaisseau ? Où est leur vaisseau ? » cria-t-il, la voix dure, manquant le ton léger et dynamique qu'elle avait eu auparavant.

C'était la voix du Seigneur du Temps qui avait détruit deux races, qui avait reçu des surnoms d'horreur de la part de ses ennemis, et qui avait forcé n'importe quel puissant dirigeant dans l'univers à s'incliner face à ses désirs. Les Cryothéens n'étaient pas différents :

« Ils… ils survolent une large faille de la planète, près de la plus grande montagne, une qui conduit vers le coeur. Ils ont pris les bébés… Pourquoi ont-ils pris les bébés, Docteur ? »

Le fait qu'il ne se précipite pas immédiatement hors de la pièce dans la direction indiquée était la marque de la haute estime qu'il avait pour les Cryothéens. L'Ancien semblait dévasté et confus, ne comprenant clairement pas.

« Les enfants de n'importe quelle race sont précieux, Ancien. Ils peuvent les utiliser comme monnaie d'échange pour obtenir ce qu'ils veulent. »

Il pouvait voir la peur et l'angoisse envahir les Cryothéens, chacun d'eux, alors qu'ils écoutaient ses paroles.

« Je vous assure que je ne les laisserai pas faire. Les bébés vous seront rendus. Tous. »

Il ne mentionna pas que les Narionuits ne s'en sortiraient sans doute pas indemnes si Harry ou les bébés étaient blessés d'une quelconque manière.

Son manteau tournoya autour de lui alors qu'il quittait la pièce, le conseil restant derrière, dévasté et se lamentant. Il contrôla la colère et la haine tourbillonnant dans son esprit, les embouteillant et les laissant de côté jusqu'à ce qu'il puisse les utiliser avec efficacité. Il n'eut pas à attendre longtemps, cependant, car au moment où il sortit, un petit vaisseau, élément d'une plus grande flotte, survolait le dôme. Il leva les yeux, son regard brûlant de colère, et leva le tournevis sonique. Une petite mais efficace menace.

« Montez-moi à bord. »

Ce fut dit d'une voix calme et basse, masquant l'intention meurtrière derrière.

« Vous avez pris des otages. Je demande à leur parler. Montez-moi à bord. »

Il y eut un moment d'hésitation pendant lequel le vaisseau sembla vouloir partir.

« En accord avec la Proclamation de l'Ombre, des otages trop jeunes pour parler d'eux-mêmes ont droit à un représentant. Montez-moi à bord ! »

Il régla le tournevis sur un paramètre avant de le pointer droit vers le haut :

« Ou je m'invite tout seul, et vous n'allez pas aimer ça. »

Il fut immédiatement transporté dans le vaisseau.

Il apparut dans un cercle de Narionuits, tous pointant une arme sur lui. Il leur lança un regard acéré, jusqu'à ce que l'un d'eux s'approche de lui :

« Qui êtes-vous, représentant des enfants de Cryoth ? Vous n'êtes pas de Cryoth, vous avez une technologie qui nous est inconnue. Si vous voulez vous mettre en travers de notre chemin, vous serez détruit aussi sûrement que ces pierres qui marchent en dessous de nous. »

Ah, la façon de parler des Narionuits. Pas quelque chose que l'on oubliait avec les années. Une cadence qui accentuait toutes les voyelles et sous-entendait toutes les consommes jusqu'à ce que ça devienne une vidéo où on devait suivre une balle rebondissante en chantant avec la musique. Le Docteur était bien trop en colère pour être amusé.

« Vous avez violé tous les articles de guerre tels que posés par la Proclamation de l'Ombre après la dernière Guerre Galactique. Vous avez pris des enfants en otage et vous menacez de génocide une race qui ne vous a rien fait. Vous utilisez des armes contre des personnes sans défense et vous détruisez ceux qui ne vous ont pas menacés. Que cherchez-vous à gagner ? »

Les Narionuits, très pâles avec de grands yeux sombres, éclatèrent de rire :

« L'univers a violé ces proclamations. Nous nous défendons. Nous avons besoin de cette énergie ou nous serons à notre tour sans défense. Ils n'en font rien. C'est à nous de la prendre, dit celui qui avait approché le Docteur, la voix pleine de conviction.

— Vous êtes tombés loin de vos racines, Narionuits. Il fut un temps où vous étiez les plus merveilleux artisans de l'Univers, et fabriquiez des objets convoités jusque dans les planètes les plus lointaines. Que vous est-il arrivé ? »

Ils firent immédiatement un pas en arrière :

« Comment savez-vous ça, étranger ? L'histoire des Narionuits est perdue depuis longtemps, les seules traces sont celles dans nos vaisseaux, avec les reliques de notre passé. Personne ne connaît plus notre nom. »

Puis le chef auto-désigné regarda plus attentivement le Docteur avant de reculer et de lever son arme :

« Vous, vous êtes l'un d'eux. Ceux qui ont tout détruit. Les légendes de l'univers qui existent seulement dans les contes et à titre d'avertissement. Un Seigneur du Temps.

— Mais ils sont tous morts, murmura un Narionuit. Tous, dans la bataille finale. »

Le Docteur lui lança un regard noir :

« Non, j'ai survécu. Le seul. Et vous avez brisé toutes les convenances et le propre code de paix et de non-violence de votre espèce.

— Quand les derniers d'une races sont précipités dans la noirceur vide de l'univers, où la beauté est loin et la laideur remplit l'espace, une espère doit évoluer. Vous devez en remercier votre propre peuple. Maintenant, nous survivons en pillant et en ravageant des mondes. Le monstre qui survient et s'en va. Nous sommes les derniers, et nous aurons ce monde. »

Ce fut dit avec finalité, et le Docteur serra les poings :

« Je ne vous laisserais pas détruire ce monde, cette race d'êtres qui apportent de la beauté dans le monde et ne blessent personne. Et je veux récupérer les enfants, tous, même l'enfant humain que vous avez pris à bord. »

La confusion s'afficha sur de nombreux visages, et un Narionuit parla :

« Nous avons seulement les étranges enfants de pierre, Seigneur du Temps. Il n'y a pas… d'enfant humain. »

Un air calculateur traversa son visage :

« Cet enfant humain, c'est le vôtre ? »

Le Docteur se raidit. Harry n'était pas ici. Harry n'était pas ici et il n'était pas en bas dans la citadelle. Où était-il ?

« Laissez-moi voir les enfants, tous. Indemnes.

— Et pourquoi le ferions-nous ? Que pouvez-vous faire, entouré de pistolets ? »

Le Docteur sortit à nouveau le tournevis et cliqua un paramètre, avant de le pointer vers le panneau de contrôle derrière le plus proche des Narionuits. Il étincela et pétilla.

« C'était le mécanisme de pilotage ! On ne peut aller nulle part sans lui… »

Le Docteur commença à tourner dans la pièce, prêt à faire exploser autre chose.

« D'accord, d'accord, les enfants. Juste un instant. »

Le Narionuit le plus près de la porte fut dépêché pour retrouver les petits Cryothéens. Il revient avec deux Narionuits de plus et les trente-six enfants serrés entre eux. Des petits gémissements émanaient des bébés. Le Docteur s'approcha de l'un d'eux, le plus vieux (bien que pas de beaucoup). Il s'agenouilla et prit un petit membre entre ses mains.

« Tu sais où le petit garçon qui était avec vous est allé ? »

Une image de Harry en train de jouer avec la lumière apparut devant les yeux du Docteur.

« Oui, lui. Il est allé jouer avec vous. Tu sais où il est allé ? »

Une autre image, cette fois d'un trou dans le sol, descendant loin, très loin sous terre. Beaucoup plus loin que ne pouvait le concevoir le jeune bébé. Une image de Harry glissant à l'intérieur flotta dans l'esprit du Docteur. Ses yeux s'agrandirent :

« Non, non. Il n'aurait pas pu survivre. Il n'aurait pas pu vivre après une telle chute. C'est juste un enfant, un bébé… »

Les équations et la physique flashèrent dans son esprit, lui donnant les statistiques qu'un enfant de la taille de Harry tombant aussi bas avait de survivre, et elles étaient toutes à zéro. Toutes. Le Docteur s'effondra par terre, laissant tomber le membre du Cryothéen. Le bébé s'avança et toucha le front du Docteur. Une image de Harry jouant avec les lumières à nouveau, mais bien plus intense. Comme s'il voulait rappeler au Docteur que Harry était spécial.

« Mais c'est juste un bébé. Il ne peut pas, pas aussi loin. Pas si c'est aussi loin que tu l'as dit. »

Une autre image, du Coeur. Le Tunnel y conduisait. C'était une image floue cependant.

« Je ne peux… je ne peux… »

Le Docteur se tourna vers les Narionuits :

« Qu'avez-vous prévu pour prendre le Coeur ? Quelles méthodes ? » claqua-t-il en direction du Narionuit le plus proche.

La créature sursauta :

« Euh, on avait prévu de charger le dernier canon laser jusqu'à ce qu'il perce la surface jusqu'au Coeur… Pourquoi je vous dis ça ? Vous n'avez pas besoin de ces informations… »

Ce fut tout ce que le Docteur avait besoin de savoir, parce qu'il savait que si Harry avait réussi à survivre par quelque miracle magique, si les Narionuits utilisaient la perceuse, il savait que Harry serait tué. Il tourna les talons.

Il n'alla pas très loin cependant, parce qu'il tomba à genoux alors qu'une vague d'émotions et de mots le traversèrent. Chaque être sur Cryoth ou au dessus tombèrent également à genoux ou, dans le cas des Narionuits, s'effondrèrent complètement. Bouleversés par la projection mentale. Une pensée qui était remplie de la voix heureuse et joyeuse de l'enfant qu'il chérissait, l'appelant :

« Papa ! Je t'aime ! Papa ! Je t'aime ! »

Répété encore et encore et débordant de la pureté de l'amour d'un enfant, l'amour infini et irrationnel d'un enfant. C'était complet et absolu, et les bébés Cryothéens chantèrent de bonheur autour de lui, leur voix et leur lumière intérieure pulsant en rythme avec l'onde. Le Docteur sentit des larmes sur ses joues, un sourire sur son visage, alors que l'incrédulité sur la sécurité de Harry se disputait à la joie et au bonheur. La voix de Harry gloussa, un gloussement inimitable que le Docteur avait appris à aimer fortement, un son d'applaudissement pu être entendu, et Harry cria à nouveau ses paroles :

« Papa ! Je t'aime !

— Je t'aime aussi, Harry. »

Harry gloussa dans son esprit. Le Docteur se leva à nouveau, un sourire sur le visage, et regarda autour de lui. Harry était sauf. Harry était sauf.

Cela suffisait à remplir ses coeurs de joie.

Les Narionuits autour de lui, cependant, n'étaient pas aussi joyeux. La vague émotionnelle qui avait accompagné les mots s'était glissée dans les esprits de chacun. Pour le Docteur, c'était un sentiment étonnamment brillant et apaisant. Pour les Cryothéens, c'était joyeux et énergique. Pour les Narionuits, c'était comme verser de l'alcool à brûler sur une plaie ouverte. Cela les avait blessé irrémédiablement. Leurs esprits étaient insensibles, et le resteraient pendant un long moment.

C'était probablement la punition la plus rapide et la plus dure. Ils étaient en vie, mais ils ne pouvaient plus bouger, ne pouvaient plus parler, ne pouvaient plus penser. Ils pouvaient ressentir, cependant, et l'amour et la pureté les tuaient lentement. Le Docteur soupira. Il enverrait un message aux Judoons, au nom des Cryothéens, et leur demanderait des les récupérer. Les Judoons les géreraient. En ce moment, c'était peut-être la chose la plus clémente qu'il pouvait faire pour eux. Une main, faible, tira sur le bord de sa veste. Il se tourna. Un des Narionuits était encore conscient, bien que tout juste :

« Comment… comment étions-nous… autrefois ? Quand… quand on faisait… de l'art ? Quand on… faisait des choses… belles ? »

Le Narionuit était jeune, à peine entré dans l'âge adulte, et de toute évidence une nouvelle recrue. Le Docteur soupira. Oui, ce serait un de ceux encore conscients.

« Les Narionuits de Hymnero créaient les plus belles oeuvres d'art de l'univers. Ils utilisaient des pierres d'énergies récoltées sur leur planète pour alimenter leurs machines, et les clans se spécialisaient dans un domaine. Le travail des Narionuits était vendu dans tout l'univers comme des pièces spéciales de collection. Votre planète était belle, pleine de choses de légendes. Quand elle a été détruite, c'était une perte pour l'univers. »

Le jeune guerrier cligna de grands yeux :

« Je pense… que j'aurais aimé… ça… »

Et ses yeux se fermèrent en papillonnant, et la main tomba, inerte. Le Docteur soupira.

« Et c'est dommage que les autres ne puissent pas le voir. »

Il marcha jusqu'au téléport, les bébés se rassemblant autour de lui, formant un cercle.

« Alors, on retourne à la maison, petits. On retourne à la maison. »

Et on retrouve Harry, ajouta-t-il silencieusement. Il pointa le tournevis sonique vers le panneau, et les bébés disparurent du vaisseau, suivis par le Docteur. Il allait demander à l'Ancien un chemin vers le Coeur, et vers Harry.

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Harry avait quitté son Papa à peine quelques minutes plus tôt, pour jouer avec les petites pierres qui bougeaient. Il les aimait, ces étranges créatures qui avaient de l'énergie à l'intérieur. Elles pulsaient et tâtonnaient et étaient entièrement nouvelles pour Harry. Il voulait voir les petites, celles qui étaient à peine plus grandes que lui.

Il n'alla pas très loin avant de trébucher sur un rebord par terre et tomba bien plus bas que le sol devait être.

Il tomba loin, pendant très longtemps, encore plus bas et encore plus bas. Il n'était pas dans l'espace, la noirceur avec toutes les étoiles brillantes, parce qu'il pouvait sentir le sol sous lui, même s'il ne se blessait pas. C'était amusant pendant un moment. Il aimait glisser, il avait toujours l'impression de voler. Mais à présent, il avait glissé trop longtemps et il commençait à s'ennuyer et rien de nouveau arrivait. Il ne pouvait pas agiter ses doigts et ramener la lumière, ça ne marchait pas bien.

Bientôt cependant, il put voir la fin, une lumière montant du tunnel qu'il descendait, et Harry pencha la tête. Peut-être que Papa était en bas, l'attendant pour l'attraper ?

Il vola à la fin du tunnel, volant dans les airs avec l'élan pris alors qu'il glissait en bas, et atterrit sur une large pierre. Il cligna des yeux.

« Papa ? Papa, où es-tu ? »

Pas de réponse. Il regarda autour de lui. Il y avait d'autres êtres de pierre, des Cryothéens, tous de couleurs différentes, comme la pierre sur laquelle il était assis. Mais il s'en moquait. Il ne pouvait pas voir son papa. Des larmes filtrèrent à travers ses cils et coulèrent sur ses joues :

« Papa ? Papa ? Tu es où ? Papa ? »

Ses mains frottèrent ses yeux, et il essayait de se lever. La pierre était incurvée, à peine suffisamment plate pour lui permettre de s'asseoir à la surface, mais immensément ronde. Il ne pouvait pas prendre suffisamment d'appui pour se lever. Il s'assit à nouveau lourdement, en reniflant.

En dessous de lui, la pierre pulsa, cherchant à atteindre l'enfant qui avait atterri dessus. Un si étrange enfant, pensa-t-elle. Un tel pouvoir, une telle énergie à l'intérieur de lui. Un enfant humain. Étrange petit. Et il pleurait. Le Coeur aurait froncé les sourcils s'il avait pu. Il n'aimait pas les larmes des enfants. La pulsation d'énergie qu'il envoya entoura Harry et l'emmena dans les profondeurs du Coeur.

Harry gloussa à la sensation, les larmes disparaissant de ses yeux rouges. Il appréciait le chatouillement de la pulsation.

« Vous êtes la pierre Coeur ? » demanda-t-il.

Une pulsation amusée positive. Harry rit.

« Trouvez mon Papa, s'il vous plaît ? Papa me manque. »

Le Coeur aurait haussé un sourcil s'il en avait. A la place, il chercha la signature mentale de l'être que Harry appelait Papa et le trouva debout sous un large vaisseau, appartenant aux envahisseurs décidés à détruire son peuple. Le Docteur fut emmené à bord après plusieurs menaces. Les yeux de Harry s'écarquillèrent :

« Méchants. Ils ne sont pas gentils. Ils ont pris les bébés. »

Harry secoua la tête furieusement. La Pierre pulsa doucement, curieuse. Harry sembla prêt à pleurer.

« Je n'aime pas les gens-lézard. Ils ont fait mal aux Cryothéens. Les Cryothéens sont gentils. »

Le Coeur ressentit un vague amusement à la déclaration de cet étrange, bizarre enfant. Il était l'enfant d'une machine qui était plus grande à l'intérieur et qui voyageait dans le vortex temporel et il voyait le monde avec des yeux étranges.

Enfant, murmura le Coeur dans son esprit. Y a-t-il quelque chose que tu veux dire à ton Papa ? Pour qu'il sache que tu es en sécurité ? Il pense que tu es blessé, petit.

Harry hocha la tête, nettoyant ses larmes.

« Oui. Je veux dire Papa Je t'aime. Papa ! Je t'aime ! Papa ! Je t'aime ! »

Le petit garçon cria ces derniers mots, et le Coeur prit la liberté de chercher dans l'esprit du garçon les émotions qu'il ressentait, et les envoya, les diffusant à travers tous les esprits sur la planète et juste au dessus, aussi loin que son influence pouvait aller. Les émotions d'un enfant, pensa le Coeur, étaient une arme beaucoup plus efficace quand elles étaient utilisés en lien télépathique. Harry pouvait sentir son Papa, cependant, et rit. Gloussa. Applaudit.

« Papa ! Je t'aime ! » cria-t-il à nouveau.

Le soulagement du Docteur était palpable.

« Je t'aime aussi, Harry. »

Les mots étaient remplis de soulagement et de bonheur. Harry rit avec délices. Le Coeur pulsa joyeusement, et Harry tendit la main pour toucher le cristal l'entourant :

« Gentil Coeur. » commenta-t-il.

Il agita ses doigts, sa façon d'appeler la magie qui se trouvait sous sa peau. Les étincelles brillantes chatouillèrent le Coeur, et le cristal était curieux. Cet enfant était fort, puissant et différent de tous les autres êtres que le Coeur connaissait.

Harry, être-enfant, quelles sont ces lumières-étincelles-couleurs-énergie que tu as ? dit le Coeur, veillant à utiliser son ton le plus doux.

Les yeux de Harry s'agrandirent :

« Papa dit que c'est de la magie. J'aime juste les couleurs. Je peux faire des étincelles et des planètes pour jouer avec, regarde ! »

Harry fit tourner ses mains autour de lui et son système solaire personnel apparut, un qui défiait toutes les lois logiques de la physique. Le Coeur l'examina, l'énergie utilisée et la façon dont Harry la manipulait.

C'est un don très spécial, Harry-enfant. Peu peuvent utiliser leur énergie d'une manière aussi unique.

La voix mentale du Coeur était pleine d'émerveillement. Ce garçon-enfant-humain qui pouvait changer le voile de la réalité avec une agitation de doigts et sa volonté était effectivement fort. Harry s'assit et fit tourner la masse d'étoiles et de planètes pendant quelques minutes, avant de soupirer.

« Est-ce que je peux retourner vers Papa ? demanda-t-il avec de grands yeux. Papa me manque beaucoup. »

Le Coeur pulsa doucement.

Harry-enfant, je peux te renvoyer vers ton papa, mais j'ai besoin d'un peu de ton énergie pour ça. Je ne peux pas avec mon seul pouvoir. Est-ce que je peux avoir ton aide ?

Harry hocha la tête.

Merci, Harry-enfant. J'ai besoin que tu penses très fort à ton papa, pour que je puisse le trouver.

Il y eut une pause alors que le Coeur cherchait à nouveau le Docteur.

Je l'ai trouvé, Harry-enfant. Je vais te montrer une image de lui. J'ai besoin que tu souhaites très fort être avec lui. Avec tout ce que tu as. Tu seras fatigué après, Harry-enfant.

Harry hocha la tête avec résolution et ferma les yeux. Il sentit l'énergie se rassembler autour de lui et le tirer vers une lumière, et il apparut à nouveau dans la réalité.

Juste devant le Docteur. Harry sourit :

« Papa ! Le Coeur m'a renvoyé ! »

Le soulagement évident sur le visage du Docteur était plus lumineux que le soleil un jour sans nuage. Harry fut soulevé dans de longs bras maigres et tenu fermement.

« Harry, mon étonnant, merveilleux Harry ! Les étoiles soient louées tu vas bien ! »

Le Docteur remercia intérieurement la magie de Harry également. La conscience qui l'entourait était vraiment étonnante, pour pourvoir aux besoins et aux caprices d'un enfant de deux ans aussi bien. Pour l'instant, cependant, il appréciait la sensation de Harry dans ses bras, sain et sauf. Harry se blottit dans le manteau du Docteur, bâillant.

« Fatigué maintenant, Papa. Je peux aller dormir ? »

Harry leva son jeune visage, cherchant les yeux de son père. Le Docteur sourit :

« Bien sûr, Harry. Je dois juste parler à nouveau avec l'Ancien avant qu'on rentre. D'accord ? »

Harry hocha la tête en bâillant, ses yeux se fermant. Il dormait avant que le Docteur atteigne les portes. L'Ancien l'attendait.

« Docteur, nous avons entendu la voix d'un enfant depuis notre Coeur. Savez-vous ce que c'était ? Chacun d'entre nous l'a entendue, sur tout Cryoth. Ils disent que les envahisseurs se sont effondrés au même moment. »

L'Ancien était clairement confus.

Le Docteur rit joyeusement :

« Oui, oui, je sais. Le Coeur, votre Coeur, a attiré Harry à lui, à travers une faille dans la citadelle. Il a parlé à votre Coeur, et votre Coeur a véhiculé son message sur une vague de pure énergie, dans les esprits de tous les êtres sur la planète. Ça a détruit l'esprit des Narionuits, ils ne pouvaient pas supporter les émotions d'un enfant émettant aussi fortement. »

Le Docteur regarda tendrement l'enfant endormi dans ses bras.

« Petit Harry ici présent nous a tous sauvés. »

De plus d'une manière. Il garda ceci pour lui. Harry bougea et se blottit plus profondément dans le manteau du Docteur.

L'Ancien regarda Harry, pulsant rapidement, incrédule :

« Ce petit enfant ? C'est sa voix que nous avons entendue ? Ses émotions que nous avons ressenties ? »

Le Docteur hocha la tête.

« Il est vraiment spécial. Demandez tout ce dont vous avez besoin, Docteur, nous sommes à votre service.

— Oh, oui, j'ai besoin de votre système de communication. Je dois entrer en contact avec la Proclamation de l'Ombre. Leur faire envoyer les Judoons pour nettoyer tout ça. Ça ne devrait pas prendre longtemps. Ils me doivent quelques faveurs… Enfin, une faveur… Enfin, ils devraient écouter. »

Et avec ça, le Docteur bondit vers les chambres centrales.

Rapidement, enfin, aussi rapidement que le message fut envoyé au Conseil et qu'ils acceptèrent de venir chercher les Narionuits, le Docteur et Harry endormi partirent, faisant leurs adieux alors qu'ils sortaient par les portes. Les Cryothéens s'étaient rassemblés dans les rues, pulsant joyeusement et parlant entre eux. La menace était terminée. Ils étaient en sécurité.

Le Docteur retourna vers le TARDIS, Harry en équilibre sur sa hanche, les yeux du gamin toujours fermés. Il était vraiment quelque chose. Les portes de bois bleues s'ouvrirent, les accueillant à la maison, et se fermèrent derrière eux. Le TARDIS gazouilla joyeusement et Harry fut couché dans son lit.

En route vers une nouvelle aventure. De préférence, cette fois, pas aussi proche de quelque chose d'aussi dangereux.

~~~~~~~~~~~~~~ Voici la fin ~~~~~~~~~~~~~~