Je remercie Solyano et Camille D Tornwood pour leur review ^^
Ah~~~~ J'ai pas finis mes corrections bouuuuuh -.-' mais bonne nouvelle pour vous j'ai fini de corriger le chapitre 25 du coup les chapitres pour le mois sont assurés! (Youpi)
NANO START!
Voilà le chapitre de la semaine~~~~ ~('*'~) ~('0')~ (~'o')~ ~(*0*)~ ~('o'~) ~('0')~ (~'*')~
Chapitre 21
Le retour à une vie paisible ou presque
On arrivait maintenant au mois de mars et beaucoup d'évènements avaient eu lieu. Arslan et Hilmes furent mariés officiellement et dans les règles de l'art cette fois. Ce fut un grand évènement qui redonna du baume au cœur du peuple meurtri par les récents évènements. Après ce fut le coup d'envoi pour les reconstructions dont la ville avait grand besoin. Peu à peu Ecbatâna reprit son calme et sa vie paisible. Hilmes réussit à convaincre des nobles de la ville et des marchands d'affranchir les esclaves qui avaient participé à la libération de la ville. On leur proposa de travailler à la reconstruction de la ville ce qu'ils firent pour la plupart, les autres partirent pour rejoindre leur pays natal. Arslan sauta de joie en l'apprenant.
Les troupes du roi Rajendra retournèrent vers Sindôra après avoir reçu les remerciements des princes et les louanges des habitants. Jaswant ainsi que Kishward et ses hommes les raccompagnèrent. Arslan fut triste de devoir dire au revoir à Kishward mais celui-ci le rassura qu'il reviendrait bientôt. Il raccompagnait Bahman à Peshawar et reviendrait à la capitale avec sa femme et son fils. Kishward venait d'être nommé Erhan, ce poste devait revenir à Bahman seulement sa santé s'était rapidement dégradée depuis son départ de Peshawar aux côtés du roi.
La vie reprenait son cours malgré les massacres. Le couple princier déménagea dans un autre pavillon près des jardins, à la plus grande joie d'Arslan, et à l'opposé des appartements du roi, au grand soulagement d'Hilmes. Arihas continuait de s'occuper d'Arslan même si depuis son mariage son état s'était stabilisé. Il venait surtout lui tenir compagnie et lui servir d'oreille pour l'écouter. Au début le prince angoissait de partager sa chambre avec Hilmes mais il avait fini par se détendre voyant que son époux ne cherchait pas à abuser de lui. Arslan rechignait à se confier de peur d'être ridicule mais Arihas réussit à le convaincre de lui parler de ses inquiétudes. Hilmes se montrait désintéressé par le sexe malgré son côté tactile. Cela rendait presque Arslan perplexe au vu de ce qu'il avait pu entendre sur les alphas, il ne s'attendait pas à ce genre de comportement. Il pensait qu'Hilmes essaierait d'amorcer les choses mais non, il ne tentait rien. Cela arrangeait Arslan car il n'aurait pas su comment réagir. Devait-il accepter ou non ? Est-ce qu'il en avait envi ou pas ? Par devoir il devait accepter mais son cœur hésitait. Il n'arrivait pas à se décider. Au final ce n'était pas si mal qu'Hilmes ne tente rien.
Arslan reprit ses vieilles habitudes. Quand il en avait l'occasion il se rendait dans les jardins, il pouvait même en profiter avant d'aller se coucher. Etonnamment les jardins avaient été épargnés par les violences de la guerre mais ils risquaient de ne pas aimer le manque d'eau. Les troupes de Bodin avaient endommagé les aqueducs qui acheminaient une grande partie de l'eau de la capitale. Un groupe y travaillait déjà, d'ici quelques jours de l'eau devrait recommencer à arriver. D'ailleurs Bodin ne ferait pas long feu, des soldats le poursuivaient avec ardeur.
Il restait encore beaucoup d'affaires à régler mais le prince réussit à retrouver une certaine paix et sérénité. Les jardins possédaient ce pouvoir hypnotique qui l'apaisait malgré tout ce qu'il pouvait lui arriver.
Il continuait à s'entrainer aux armes même s'il n'avait plus de maître attitré. Les marzbâhns qui passaient par là, venaient le voir et ils finissaient par faire une séance d'entrainement avec lui. À son retour Kishward avait promis de l'entrainer mais le roi s'y montrait peu favorable. Il voulait que le prince coupe tout rapport avec les armes ou les questions militaires. Arslan entrait dans une colère noire à chaque fois qu'il y repensait. Son Père lui avait fait endurer des entrainements insupportables et il les avait subits sans broncher. Alors que depuis le début il prévoyait de donner tous les pouvoirs à son époux sans ne lui laisser aucune chance de prouver sa valeur, ça le mettait hors de lui. Il n'avait pas l'intention de se laisser faire cette fois, il continuerait ses entrainements, et continuerait à se mêler des affaires militaires !
C'était grâce à lui que son Père se trouvait sur le trône aujourd'hui alors il n'avait plus à lui obéir aveuglément. Le manque de gratitude et de considération de son Père lui laissait un goût amer, quant à sa Mère rien n'avait changé, quoique de temps en temps il apercevait des regards compatissants de sa part.
Arihas faisait de son mieux pour lui changer les idées. Il remarquait bien la frustration du prince depuis qu'il était revenu à la vie de cour. Il retournait dans l'ombre de son Père alors qu'il s'était habitué à toujours avoir ses compagnons avec lui, à pouvoir leur parler mais dernièrement ils s'étaient éparpillés. Faranghîs et Etoile restaient auprès des blessés et disaient les prières aux morts. Ghîb agissait en électrons libres mais il venait souvent auprès du prince pour lui raconter les dernières nouvelles. Daryûn et Narsus se retrouvaient sous les ordres du roi, quant à Elam et Alfreed ils restaient avec Narsus. Il voyait très peu de monde et cela l'attristait. Son monde rétrécissait à vue d'œil depuis un mois. Arihas essayait de le rassurer, que tout reviendrait à la normale même s'il savait que ce serait difficile maintenant. La vie devait suivre son cours.
Arihas n'osait pas lui évoquer ses chaleurs qui se rapprochaient surtout que sa situation risquait d'empirer après cela. Le roi ne se gênerait pas pour faire des remarques sur ses petits-enfants qui tardaient à venir… Il ne se priverait pas non plus de contraindre Arslan à rester enfermé dans ses appartements pour lui éviter « des désagréments » tel une fausse couche. Le prince aurait aussi droit à la pression de la cour pour ses grossesses.
« Nous espérons que vous aurez un fils ! Après tout, il ne peut en être autrement…»
«La prochaine fois sera la bonne ! »
« Une fille ? Il ne pouvait pas la perdre en couche celle-là. »
« Espérons que ce ne sera pas un oméga comme son père ! »
« Encore une fausse couche ? Décidément il n'est pas fait pour ça ! »
Ou bien l'inverse : « Encore un enfant ? Il ne peut pas fermer les jambes ou quoi ! »
Toutes ces remarques adorables qui risquaient de déprimer le prince. Finalement peut-être que rester isolé lui serrait plus favorable…
Heureusement pour lui le prince était loin de toutes ces considérations. Il prenait le temps de se détendre dans les jardins, de toute manière il ne pouvait pas faire grand-chose. Arihas voulut le rejoindre mais il aperçut au loin le prince Hilmes qui se diriger vers lui, il choisit de rester en retrait pour le moment. Hilmes alla s'assoir à côté d'Arslan sans faire de bruit. Il n'eut pas besoin d'ouvrir les yeux pour reconnaitre Hilmes.
« Est-ce que tu restes souvent dans les jardins ? Demanda-t-il.
- Oui, dernièrement j'ai le temps pour ça, soupira-t-il.
- Narsus devrait bientôt être libéré par le roi, il a dit avoir hâte de pouvoir faire son premier portrait officiel… Qu'est-ce qui t'arrives tu deviens pâle tout à coup ?
- Non ce n'est rien, sourit-il en repensant aux effroyables « peintures » de Narsus, je suis content qu'il puisse s'adonner à sa… Passion ?
- Il a l'intention de faire ton portrait.
- Mince, souffla le prince. Ça nous fera l'occasion de parler au moins…
- La situation s'améliore, les lusitaniens tiennent leurs promesses et il n'y a pas eu d'incident ce qui est déjà un miracle.
- Tu as raison…
- Arslan, qu'y a-t-il ? Arslan sursauta en entendant son nom.
- Je te demande pardon ? Demanda-t-il surpris.
- Tu sembles ailleurs en ce moment…
- Ce n'est rien, c'est juste le temps de m'habituer à nouveau à la vie au palais.
- Tu t'ennuis ? Demanda-t-il.
- Non, c'est juste que… C'est différent de lorsque j'étais à Ghiran, je n'ai plus la même place, ni le même rôle…
- Andragoras t'écartes du pouvoir car tu as du succès auprès des marzbâhns et des seigneurs, je pense que beaucoup n'auraient pas eu de problèmes à te voir monter sur le trône en tant que Shah et cela l'agace énormément alors il te le fait payer, expliqua-t-il.
- Tu crois ? Demanda-t-il.
- Oui, ils sont nombreux à te vanter lors des conseils et beaucoup à raller que : « le prince Arslan n'aurait pas fait ça lui… » Il bouillonne de rage à chaque fois, sourit-il.
- J'ai l'impression que cela t'amuses, sourit le prince.
- Disons que le voir perdre son pouvoir rend sa présence plus supportable, dit-il en haussant les épaules.
- Je vois et toi ? Les seigneurs t'ont bien intégré ?
- Oui du moins les plus anciens car beaucoup me connaissaient d'avant, les plus jeunes se méfient et n'osent pas m'approcher, je crois que ma blessure les rebutent…
- Ne dis pas ça ! Je n'en crois pas un mot, ce sont des guerriers cela m'étonneraient qu'une brûlure les effraye… D'ailleurs je n'ai pas pensé à lui demander mais peut-être qu'Arihas pourrait faire quelque chose pour ça. Il s'y connait bien dans les plantes, peut-être qu'il existe un remède pour estomper tes brûlures.
- Cela te dérange ? Demanda-t-il.
- Pas particulièrement, répondit-il. Cela ne me dérange pas temps que tu ne te mets pas en colère, lorsque tu t'énerves cela te donne un visage effrayant, dit-il franchement.
- Dans ce cas je ne dois plus me mettre en colère. Cette remarque fit sourire Arslan. Accepterais-tu de m'accompagner pour une promenade dans les jardins ? J'aimerais te montrer un endroit. »
Arslan accepta avec surprise la demande d'Hilmes. Il se demandait ce qu'il pouvait bien vouloir lui montrer.
Arihas sourit en les voyant partir ensemble. Il était heureux qu'ils arrivent à s'entendre et que cela se passe si bien entre eux. Ils avançaient doucement et maladroitement l'un vers l'autre et grâce à ça ils apprenaient à se connaître au fur et à mesure. Il se retourna avec un sourire et tomba nez-à-nez avec Daryûn. Il sursauta aussitôt, il ne l'avait pas senti arriver.
« Je vous ai fait peur ?
- Surpris je dirais ! Si je peux me permettre, que venez-vous faire ici ?
- Je venais voir son Altesse pour lui proposer de s'entrainer…
- Vous arrivez trop tard, dit-il. Il vient juste de partir avec son Altesse Hilmes.
- Je vois… On dirait qu'ils s'entendent bien, grogna-t-il.
- C'est mieux ainsi, non ? Il vaut mieux qu'ils s'entendent bien que de ne pas pouvoir se voir, n'est-ce pas ?
- Certes…
- Vous ne le supportez toujours pas, fit-il remarquer.
- Non, c'est juste que… Je ne sais pas, j'ai peur pour son Altesse.
- Je crois que vous n'avez pas à vous inquiéter pour lui !
- Mais si vous partez, Daryûn se mordit la lèvre.
- De quoi ? Demanda-t-il surpris. »
Daryûn s'en voulut d'avoir fait une gaffe aussi stupide. Il hésita avant de finalement avouer :
« Je vous ai entendu parler avec Jaswant… Vous… Est-ce que vous allez nous quitter ? Allez-vous épouser Rajendra ? Demanda-t-il inquiet.
- Ah… Soupira-t-il. Vous savez toujours ce qui se passe entre Rajendra et moi, impossible de vous échapper… Mais je vous rassure, je n'ai pas l'intention de l'épouser, Jaswant va d'ailleurs s'occuper de lui transmettre. Qu'y a-t-il ? Vous semblez surpris, c'est pourtant ce que vous espériez, non ?
- Non, c'est juste que… Je croyais que vous accepteriez, après tout vous avez… Tous les deux…
- Je n'allais pas laisser son Altesse seul et puis à Sindôra le roi peut avoir plusieurs épouses. Je ne suis pas du genre à partager, sourit-il. Je sais faire la différence entre le rêve d'une nuit et une vraie relation.
- Vous êtes bien une des rares personnes capables de refuser sa main à un roi !
- Pourquoi ? Vous auriez accepté, vous ? Sourit-il.
- Voyons, j'aurais adoré ! Ironisa-t-il.
- Pff, Arihas se mit à rire.
- Mais dîtes-moi… Ne comptez-vous pas vous remarier ? Je veux dire, maintenant que la situation est redevenue plus tranquille, vous ne voulez pas fonder une famille ?
- Me remarier certainement, il serait mal vu que le précepteur du prince ait des amants, soupira-t-il. Il va falloir que j'y songe sérieusement mes chaleurs se rapprochent, murmura-t-il.
- Vous avez déjà reçu des demandes ? Interrogea Daryûn sur la même lancée.
- J'ai l'impression que cela vous intrigue, dit-il. Vous êtes très bavard aujourd'hui.
- Cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas vu c'est tout, je voulais juste discuter, bouda-t-il.
- Dans ce cas à votre tour, vous n'êtes pas marié mais est-ce qu'il y a quelqu'un dans votre vie ?
- Non je n'ai jamais eu personne, j'ai dédié ma vie à la famille royale et je n'y ai jamais vraiment songé…
- J'ai dû mal à croire qu'un homme tel que vous n'attire personne, vous avez dû recevoir de nombreuses demandes. Vous êtes le gendre idéal ! Sourit-il.
- J'ai désespéré mon oncle, soupira-t-il, à refuser toutes les demandes et les entres-vues des seigneurs qui voulaient me marier à leurs filles… Mais je crois que je n'étais pas prêt pour ça. Je ne pensais pas au mariage, aux filles, à fonder une famille et tout ce que cela engendre…
- Maintenant vous l'êtes ? »
Daryûn se tourna vers lui et hésita avant de répondre.
« Je pense qu'on l'est jamais vraiment mais oui, je dirais que je me sens prêt. »
Arihas trouva l'attitude de Daryûn plutôt étrange lorsqu'il prononça ces mots. Une lueur inconnue brillait dans ses yeux.
« Arihas, est-ce que vous-
- Arihas ! Daryûn ! S'exclama le prince qui apparut soudainement de nulle part.
- Votre Altesse ? »
La mine du prince était radieuse, il souriait de toutes ses dents. Il se mit à parler gaiement avec Arihas mais Daryûn n'entendit rien de ce qu'ils dirent. Il se figea lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il s'apprêtait à dire avant que le prince ne les interrompt.
« Messire Daryûn ? Messire Daryûn ! Vous nous entendez ? L'interpella Arihas
- Excusez-moi, je- j'étais ailleurs…
- Vous veniez pour entraîner son Altesse, non ? »
Le prince qui exultait de joie partit enfiler quelque chose de plus confortable pour manier les armes. Daryûn resta hébété ce qui inquiéta Arihas. Il finit par se reprendre et se dirigea vers la cour pour attendre le prince et débuter l'entraînement. Arihas plutôt inquiet du soudain manque de réaction du cavalier le suivit en silence.
Il observa silencieusement l'entrainement. La scène était complètement surréaliste : le prince qui débordait de joie et Daryûn complètement apathique. Daryûn était plutôt enthousiaste jusqu'à maintenant alors pourquoi ce soudain revirement ? Il regarda distraitement les échanges d'armes entre les deux. Il eut un frisson lorsqu'il sentit une aura glaciale s'élever derrière lui. Il se tourna et aperçut Hilmes particulièrement mécontent alors qu'il observait la scène. Il ne devait pas apprécier de voir son oméga si souriant avec un autre alpha.
« Votre Altesse Hilmes, je ne sais pas ce que vous avez fait au prince mais depuis il ne cesse de sourire, intervient Arihas. »
Hilmes ne le remarqua pas, il fixait son oméga qui souriait à un autre. Il en avait le droit bien sûr mais… Ça l'agaçait. Ça l'énervait même ! Il ne pouvait que grincer des dents et attendre que ça passe.
Il rumina toute la journée en pensant à la mine ravie d'Arslan alors qu'il s'entraînait avec Daryûn. Pourtant il était sûr d'avoir fait mouche en montrant à Arslan un endroit que seul lui connaissait. Un accès derrière des buissons qui menait vers un petit terre-plein d'où la vue sur les jardins était magnifique, un panorama complet d'où on pouvait voir sans être vu. Hilmes venait souvent s'y cacher pour échapper à Bahman durant quelques heures. Ça lui faisait plaisir de partager ce secret avec Arslan d'autant plus qu'il avait apprécié et qu'il adorait ces jardins. Il pensa que c'était un bon moyen de passer du temps avec lui et le connaître un peu plus. Il souhaitait aussi lui remonter le morale, ces derniers temps il était distant même avec Arihas.
Il fut fier de son petit effet sur Arslan mais il déchanta vite en le voyant si amical avec Daryûn. Il ne pouvait enlever cette scène de son esprit et il passa le reste de la journée à grogner. Zandé osait à peine lui parler de peur d'empirer la mauvaise humeur de son seigneur. Hilmes se rendait bien compte que c'était idiot, il lui souriait juste! Il ne les avait pas surpris dans les bras l'un de l'autre ! Daryûn ne serait plus de ce monde si cela avait été le cas… Ça l'agaçait d'agir ainsi mais il n'arrivait pas à ce calmer. Arslan était le seul à le faire tourner en bourrique comme ça. Il se sentait ridicule en y pensant.
La journée continua ainsi et lui parut bien longue. Le soir il se retrouva enfin seul avec son oméga mais sa mauvaise humeur ne l'avait toujours pas quitté. Arslan par contre rayonnait toujours, il l'accueillit avec un grand sourire. Hilmes se contrôlait difficilement, il n'avait qu'une envie : le faire sien, le marquer, lui faire comprendre qu'il n'appartenait qu'à lui et à personne d'autre. Arslan se tenait bien loin des considérations de son alpha, il remarquait à peine l'état dans lequel il se trouvait mais son mutisme commençait à l'interroger. Il se tourna vers lui pour parler mais arrêta son geste tout aussi rapidement.
Il eut un mouvement de recule devant le visage fermé et coléreux de son mari. Il voyait bien qu'il se retenait mais ne comprenait pas pourquoi. Hilmes ne lui avait jamais paru si inquiétant.
« Hilmes, quelque chose ne va pas ? »
Il n'obtint aucune réponse. Il prit son courage à deux mains pour se rapprocher de lui mais Hilmes ferma les yeux et détourna le visage. Arslan crut avoir fait quelque chose de mal pour qu'il réagisse ainsi mais avant qu'il ne comprenne Hilmes se jeta sur lui.
En un éclair il se trouva plaqué contre le lit. Sans ménagement Hilmes ouvrit sa tunique, il la déchira presque. Arslan paniquait, il ne comprenait pas pourquoi Hilmes se comportait ainsi et ses poignées le faisaient souffrir. Hilmes les tenait fermement au-dessus de sa tête. Arslan tenta de se défaire de son emprise mais ses mains le seraient tel un étau. Il se débattait comme il pouvait mais le poids d'Hilmes l'écrasait complètement. Hilmes plongea dans son cou et le mordit violement. Arslan poussa un cri aigu sous la douleur que lui infligea la morsure. Il pouvait sentir ses dents s'enfoncer dans sa chair, plus la morsure se faisait profonde plus Hilmes semblait se calmer. Il relâcha son emprise sur les mains d'Arslan qui tenta de le repousser mais son énergie s'était évanouie en quelques instants. Des larmes commencèrent à perler sur ses joues, pour la première fois depuis leur mariage il avait peur de son alpha. Hilmes le terrifiait et il osait à peine bouger.
Pourtant Hilmes le serra dans ses bras dans une étreinte beaucoup plus passionnée que d'habitude. Toute sa colère et sa frustration s'étaient envolées. Il se releva mais se figea en voyant le visage d'Arslan plein de larmes. Il se rendit compte de ce qu'il venait de faire subir à son oméga. Il s'en voulut immédiatement et regretta amèrement son geste. Arslan roula sur le côté et se recroquevilla tremblant. Hilmes n'osait plus le toucher et il ne savait pas comment le calmer ni comment se faire pardonner.
« Je suis désolé… Je ne voulais pas te faire peur, je… C'est de ma faute, je n'aurais pas dû… »
Arslan se détendit en voyant son alpha redevenu calme.
« Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Demanda-t-il sans reproche dans le ton de sa voix.
- Cette après-midi je t'ai vu avec Daryûn… Tu semblais si heureux avec lui que… Ça m'a rendu jaloux, avoua-t-il. Tu es mon oméga… Je ne pouvais pas le tolérer, dit-il les dents serrées, mais je ne voulais pas te blesser ni te faire peur d'ailleurs, ce n'était pas mon but… Je voulais juste… Juste te marquer à nouveau, dit-il difficilement.
- Pourquoi ne pas me l'avoir juste dit ? Je- j'aurais compris… »
Hilmes ne savait que répondre à cela, il se sentait misérable face à son oméga. Il échouait dans son rôle d'alpha, il devait protéger son oméga pas l'effrayer en se jetant sur lui comme une bête. Il s'assit au bord du lit, la tête entre ses mains : il était pitoyable. Le lit s'affaissa, Arslan s'assit à côté de lui il posa simplement sa main sur son épaule.
« Tu ne fais pas confiance ? Demanda-t-il.
- Si, c'est juste que... Il détourna le regard.
- Que quoi ? Dis-moi la vérité ! Tu crois qu'il y a quelque chose entre moi et Daryûn ?
- Vous vous connaissez depuis longtemps et vous êtes plutôt proche…
- Mais il n'y rien entre nous… Je pense qu'il s'intéresse déjà à quelqu'un.
- Oui… Mais je n'aime pas voir d'autres alphas te tourner autour, cela m'énerve et je n'arrive plus à réfléchir ni à me calmer ! Je ne voulais qu'une chose te marquer ! Te faire mien pour qu'il cesse de t'approcher… C'est assez « puéril » comme action… Je suis juste terriblement jaloux en faites, soupira-t-il. Et dire que je voulais être un bon alpha, qui te protèges et avec qui tu te sentes en sécurité… J'ai lamentablement échoué. »
Arslan réfléchit à ce que venait de lui révéler Hilmes. Il comprenait qu'il ne l'avait pas fait méchamment et Hilmes culpabilisait de ce qui venait d'arriver. Seulement ça lui avait fait peur, que lui aurait dit Arihas dans une telle situation : lorsqu'on tombe de cheval il faut remonter en scelle. Ça ressemblait bien à Arihas en effet. Si jamais il laissait la peur s'installer entre son alpha et lui, il serait trop tard pour changer quoi que ce soit. Il attrapa la main d'Hilmes et l'attira vers lui tous en les faisant basculer à nouveau sur le lit.
« Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Hilmes perplexe.
- Recommence ! Prouves moi que tu ne me feras plus mal !
- Arslan tu trembles, dit-il en caressant sa joue.
- Fais-le ! S'exclama-t-il. »
Arslan pencha sa tête sur le côté offrant complétement son cou. Hilmes s'approcha de manière hésitante, il se bloqua en voyant la marque sanglante qu'il avait déjà laissée. Il n'avait pas le droit. Pourtant Arslan l'encourageait alors qu'il tremblait comme une feuille. Décidément son oméga se montrait plus courageux que lui alors qu'il était la victime. Il se rapprocha doucement, son nez effleura le cou d'Arslan. Il déposa un baiser, son oméga sursauta presque à ce contact. Il en déposa d'autres jusqu'à ce qu'Arslan se détende et cesse de trembler. Il lécha cette petite parcelle de peau, l'aspira, la mordilla doucement. Arslan ne tremblait plus au contraire maintenant il se détendait. Hilmes se décida à le marquer, il enfonça lentement ses dents dans sa peau scrutant les réactions de son partenaire. Arslan poussa un petit gémissement et s'enroula autour de son alpha. Hilmes continua d'enfoncer ses dents jusqu'à qu'il poussât un gémissement de douleur. Il se stoppa immédiatement et desserra son emprise laissant une marque rouge tachetée de traces de dents violettes.
« Est-ce que ça va ? »
Arslan se mit à rougir, ses joues le brûlaient. « Oui » Souffla-t-il embarrassé. Cette fois cela lui avait fait beaucoup d'effet. Il fut submergé par une vague de plaisir lorsque son alpha le mordit. Voilà ce que cela donne normalement, pensa-t-il. Au moins maintenant je n'aurais plus à avoir peur. Hilmes se laissa tomber à côté de lui, les yeux rivés au plafond, il réfléchissait.
« Arslan… J'aimerais que tu fasses pareil…
- Comment ? S'exclama-t-il ne se tournant vers Hilmes.
- Je veux que tu me marques, dit-il en détournant le visage. Arslan le soupçonna de rougir.
- Tu es sûr ? »
Il hocha vigoureusement la tête tout en évitant le regard d'Arslan. Arslan se déplaça, sa position actuelle ne lui permettait pas d'atteindre le cou d'Hilmes. Il s'allongea en partie sur lui, il ne savait pas trop comment s'y prendre alors il copia les gestes de Hilmes. Il s'attaqua au creux de son cou et y déposa une marque identique à la sienne mais Hilmes refusait toujours son regard. Il gardait la tête obstinément tournée sur le côté. Arslan voulait qu'il le regarde. Il profita donc de leurs positions pour aller mordiller l'oreille d'Hilmes. La réaction fut immédiate, il se retourna en poussant un grognement bizarre. Arslan se mit à rire en voyant le visage rouge de son alpha, il n'aurait jamais cru voir un tel spectacle un jour. Hilmes le réprima ce qui le fit rire encore plus.
« Cesse de te moquer ! Bouda-t-il. »
Arslan s'arrêta essoufflé, il se trouvait nez-à-nez avec Hilmes. Une lueur réconfortante dansait dans ses yeux et leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Hilmes rompit la distance qui les séparait et scella leurs lèvres. Ce fut le premier baiser dont ils se souvinrent.
