Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole
Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33
Nombre de chapitres traduits : 9
Chapitre 5 : Où les choses prennent une tournure étrange
Note de la traductrice : Ce chapitre se déroule en même temps que le double épisode de la Fin des Temps (fin de la mini-saison entre la saison 4 et la saison 5, et qui explique le changement entre Ten et Eleven). L'auteur ne reprend pas les éléments qui restent inchangés dans les deux épisodes, mais écrit seulement ceux qui sont modifiés à cause de la présence de Harry. Il est donc recommandé de connaître ces épisodes, pour le confort de la lecture, même si ce n'est pas bloquant pour la suite. Pour ceux qui n'arrivent pas à suivre ce chapitre, j'ai laissé une note en fin pour explications complémentaires :)
~~~~~~~~~~~~~~ Voici le début ~~~~~~~~~~~~~~
Il avait reculé les choses trop longtemps, il le savait. Les Oods l'avaient contacté avant qu'il ait Harry, et il avait soigneusement évité toute galaxie qui avait des Oods, et la Planète des Oods. Il ne voulait pas y retourner. Tout d'abord, c'était pour éviter la prophétie qu'il avait entendue sur sa mort, puis ce fut pour protéger le garçon qu'il avait appris à aimer de façon inconditionnelle. Harry était trop important pour être confié à sa prochaine incarnation, vraiment. Ces quelques semaines passées à s'adapter à un nouveau visage, un nouveau corps, un nouveau tout, les souvenirs qui pouvaient être perdus, non, il ne pouvait pas se faire confiance au sujet de Harry s'il changeait. Donc il avait évité les Oods.
Mais c'était inévitable à présent. Les lignes du temps commençaient à converger, et il devait y faire attention. Ils ne l'auraient pas contacté si ce n'était pas important, et Harry avait deux ans à présent. Deux ans et un peu plus, et bien plus doué pour parler, et sa magie répondait à ses besoins bien plus rapidement. Petit Harry, qui était emmitouflé dans des vêtements chauds et niché sur la hanche osseuse du Docteur, souriant et posant des questions. Petit Harry, qui lui avait donné à nouveau tant d'espoir en lui-même et envers le temps, qu'il avait trouvé le courage de venir voir les Oods. Donc, affichant un sourire sur son visage et ajustant Harry encore une fois, il sortit du TARDIS d'une démarche bondissante.
Ood Sigma l'attendait dans la neige.
« Bonjour ! Désolé, où en étions-nous ? J'ai été convoqué, n'est-ce pas ? Un Ood dans la neige, m'appelant. Et bien, je ne pouvais pas venir directement ici, vous savez. Je voyageais, vous me connaissez. Me suis un peu amusé. j'ai nommé une galaxie Alison, j'ai rencontré la Reine Elizabeth, ça, c'était chouette, je me suis marié, ça, c'était une erreur. Oh, et j'ai ramassé un ami ici présent. Il a sauvé une planète. Petit Harry, deux ans et il sauve déjà des planètes. Est-ce que ce n'est pas brillant ? »
Ood Sigma, qui était parfaitement neutre auparavant, regarda l'enfant.
« Je n'ai rien entendu concernant l'enfant que vous amenez, Docteur, et l'Ancien Ood voit tout. Qui est-il, Docteur ? »
Harry gloussa et tendit la main pour toucher la boule lumineuse de l'Ood. Elle flasha.
« Jolie lumière. Ça vous fait parler. Conne… Connex… Connex… »
Harry leva les yeux pour la prononciation.
« Connexion, Harry. L'orbe est connectée directement au cerveau et était utilisée pour contrôler les Ood quand les humains s'en servaient comme esclaves. A l'origine, ils avaient un deuxième cerveau dans leurs mains. Les humains, ceux qui sont méchants, l'ont remplacé. »
Harry fronça les sourcils en apprenant ceci.
« Les humains sont méchants. J'aime les Ood. Ils sont gentils. »
Harry eut un large sourire. Il tendit à nouveau la main et toucha l'Ood. Ood Sigma sembla surpris.
« L'enfant est intelligent. Il semble humain, Docteur. Comment ça se fait ? »
Le Docteur secoua la tête :
« Pas maintenant, Ood Sigma. Vous m'avez appelé, que voulez-vous ? »
Ood Sigma secoua la tête :
« Oui, vous n'auriez pas du retarder les choses. La raison pour laquelle nous vous avons appelé est importante. »
L'Ood regarda Harry :
« Bien qu'avec votre nouvelle charge, je ne sais pas précisément comme l'Ancien des Ood vous annoncera ceci.
— La dernière fois que j'étais ici, vous m'avez dit que ma chanson se terminerait bientôt. Ça ne motive pas quelqu'un à revenir. En plus, j'ai des responsabilités plus importantes à présent. »
Il souleva Harry.
Les deux commencèrent à marcher vers la ville.
« Oui, c'est ce qui vous a été dit. Je ne peux pas être certain que c'est encore vrai. Harry est un être étrange. Le temps ne circule pas autour de lui comme il circule autour des autres êtres. Même vous, Seigneur du Temps, vous avez des points de votre vie qui étaient fixes et qui ne sont plus là. »
Le Docteur haussa un sourcil.
« Les Oods peuvent entendre la chanson d'une personne. La vôtre est devenue récemment plus étrange, différente qu'elle était la dernière fois que nous nous sommes rencontrés. Ah, voilà la ville. »
Les trois s'arrêtèrent, et le Docteur regarda :
« Magnifique. N'est-ce pas Harry. Splendide. Et vous avez réalisé ça en combien de temps ?
— Cent ans. »
Le Docteur se tourna pour regarder Ood Sigma.
« Alors nous avons un problème. C'est beaucoup trop rapide. Pas seulement cette ville, mais votre capacité à m'appeler. Vous avez été ramenés au 21ème siècle. Quelque chose est en train d'accélérer votre espèce au delà de la normale. »
Harry tira sur la veste du Docteur.
« Les jolies lumières brillantes, Papa. Tout est trop joli et il rigole ici. Partout il rigole. »
Harry fronça les sourcils.
Ood Sigma hocha la tête :
« L'esprit des Oods est troublé par la même chose, Docteur.
— Que voulez-vous dire ?
— Toutes les nuits, Docteur. Toutes les nuits, nous faisons des mauvais rêves. »
Ood Sigma baissa les yeux vers Harry.
« Des rêves que votre petit décrit bien. Venez, l'Ancien des Ood vous attend. »
Le cercle des Ood autour de l'encens allumé fit s'arrêter le Docteur. Harry tira sur la veste du Docteur :
« Pose-moi, s'il te plaît. Je veux parler aux Oods, s'il te plaît. »
Harry fut posé sur ses pieds, et il trottina sur le sol de pierre vers l'Ood avec le cerveau le plus proéminent, les plis et les lobes visibles. Harry sourit :
« Bonjour ! Je suis Harry. Vous avez de jolies chansons. Je peux écouter ? »
Harry tendit une main vers l'Ood, qui le regarda avec de grands yeux, avant qu'une sorte de sourire n'apparaisse dans son regard.
« Bien sûr, Harry avec l'étrange chanson. Écoute. »
Et il prit la main de Harry dans la sienne. Le Docteur haussa un sourcil. Harry capable d'entendre les chansons n'était pas quelque chose d'inattendu. Sa magie interne lui permettait sans doute d'entendre des morceaux de la mélodie, filtrée à travers sa propre énergie pour lui parvenir comme par dessus d'une montagne distante. Pas aussi fort que le Docteur entendait les chansons, mais il pouvait les entendre quand même. Demander à écouter une chanson était cependant autre chose. Et demander à l'Ancien des Oods, et bien, Harry était spécial, après tout.
Harry avait fermé les yeux et penché la tête, sa main enveloppé par celle de l'Ood, et il souriait, chantonnant des morceaux de la mélodie inconsciemment. C'était une scène étrange dont il doutait qu'elle soit répétée un jour, un bébé à peine assez grand pour atteindre ses genoux tenant la main d'un Ood et écoutant la musique des destins.
Pour Harry, la Musique s'élançait et enflait, s'envolant vers un point infini avant de s'effondrer vers le sol. C'était comme les étoiles, grossissant et s'étendant et parfois explosant, mais toujours continuant. Sa mélodie était belle, et il aimait l'écouter. Il ouvrit les yeux. Papa avait des choses à faire ici, mais il voulait écouter la musique avant qu'ils se précipitent à nouveau quelque part.
« Merci. C'est très joli. Comme les étoiles, mais en son à la place. »
Puis il sourit et courut vers son papa.
L'Ancien des Oods regarda le Docteur :
« Nous devions vous apporter des nouvelles plus mauvaises encore, Docteur, avant que votre petit n'arrive. Maintenant, nous ne sommes pas certains de votre chanson, même si les nouvelles restent les mêmes. Harry change tout ce qu'il touche, comme vous. Sauf que Harry change même vous. »
Les Oods se recomposèrent à nouveau.
« Joignez-nous, Docteur, rejoignez-nous. »
Autour du cercle, le chant continua, alors que Harry était installé entre les jambes croisées du Docteur alors qu'il s'asseyait. Les mains furent jointes, et Harry plaça la sienne au dessus de celle du Docteur.
Un flash d'un homme en train de rire, un rire maniaque et un visage fou, remplit son esprit. Le Docteur se recula brusquement. Harry gémit.
« L'homme qui rit. »
L'Ood hocha la tête :
« Il vient dans nos rêves toutes les nuits. Je crains que tous les peuples de l'univers ne rêvent de lui.
— Cet homme est mort. Je l'ai vu mourir. »
L'Ood le regarda :
« Il y a plus. Venez voir. Des choses qui se sont passées changent le présent. »
Le visage de Wilfred, le grand-père de Donna. Le Docteur s'inquiéta. Puis celui de la femme trahie du Maître, et deux autres visages, inconnus. Le Docteur fronça les sourcils, partagea sa version de l'histoire avec les Oods. Ils écoutèrent. Ils l'avertirent.
Puis ils lui parlèrent. Harry resta assis sur les genoux du Docteur pendant tout ce temps, silencieux. La situation était grave, et il était sensible à l'humeur.
« Docteur, ne désespérez pas, cependant. Des choses arrivent, des choses qui apportent avec elles la fin des Temps, mais les événements changent même à présent, et nous regardons avec espoir ce petit enfant avec cette étrange énergie et ses yeux brillants. Ne désespérez pas. »
Le Docteur hocha la tête, attrapant Harry et courant hors de la grotte.
Si ce que les Oods avaient dit devait arriver, il devait aller là-bas, rapidement. Harry s'accrocha fermement, gémissant à peine dans l'étau de fer avec lequel le tenait le Docteur.
« Tout va bien, Harry. Tout va bien aller. Tu vas bien aller. »
Les mots étaient murmurés comme un mantra par le Docteur. Les portes du TARDIS s'ouvrirent et Harry s'accrocha à la chaise à côté du panneau de contrôle. Le Docteur prit un moment pour l'attacher fermement. Il n'avait pas le temps d'aller doucement à présent, et les attaches tiendraient Harry en place si le TARDIS devait s'emballer pour aller où il voulait.
Ils atterrirent brutalement. Le Docteur se tourna vers Harry :
« Harry, j'ai vraiment besoin que tu restes ici, dans le TARDIS. Je dois parler à quelqu'un, mais il est très dangereux, d'accord ? S'il te plaît reste dans le TARDIS, okay Harry ? »
Il libéra les attaches de Harry et enleva l'épais manteau que le garçon portait.
Harry hocha la tête :
« D'accord Papa. Tu reviens, d'accord ? Je t'aime ! »
Harry enlaça le Docteur et lui embrassa la joue. Le Docteur sourit :
« Je vais revenir. Compte là-dessus. Je t'aime aussi. »
Et avec ça, le Docteur se précipita hors du TARDIS. Harry soupira. Maintenant, il devait trouver ces crayons de la Galaxie de la Tête de Cheval qui rendraient ses dessins animés. Où est-ce qu'il les avait laissés ?
Le TARDIS verrouilla les portes de l'intérieur, s'assurant que Harry ne pouvait sortir, et trouva rapidement les crayons. Et du papier. Elle garderait le petit en sécurité.
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Le Docteur revint vers le TARDIS en courant. Le Maître était parti, le tambour dans sa tête était réel. Il ne pouvait plus penser sérieusement. Tout ce qu'il avait attribué à la folie ne l'était pas, ne l'était plus. Ce son était censé être quelque chose qu'il avait créé, qu'il avait inventé de toutes pièces.
Le soleil se levait au dessus de l'horizon ; il avait laissé Harry seul pendant presque une journée complète. Maintenant, être mauvais parent pouvait être ajouté à la longue liste des choses pour lesquelles il était mauvais. Et il devait trouver Wilfred à nouveau. Le rencontrer deux fois, deux fois dans le même siècle, la même décennie, dans le même écart de cinq ans, n'était pas quelque chose à ignorer. Il savait quelque chose.
Il déverrouilla les portes et courut à l'intérieur, et fut salué par un bébé très enthousiaste se précipitant de la cuisine, un morceau de pomme dans la bouche. Et bien, au moins, il pouvait trouver à manger.
« Papa ! Tu es revenu ! »
Le Docteur souleva son enfant dans les bras.
« Harry. Comment vas-tu ? Est-ce que tu as bien dormi ? »
Harry hocha la tête :
« TARDIS m'a fait aller au lit. Mais elle m'a fait un dîner et un petit-déjeuner. Et j'ai fait des dessins ! »
Harry pointa les personnages à présent inanimés jonchant dans un coin. Apparemment, il y avait eu une bataille géante entre les trois personnages en bâton et des arbres géants.
« Je vois ça. D'où ils viennent, les arbres ? »
Harry sourit :
« Ils viennent de Lifria. Il y a trois lunes et beaucoup d'eau. Les gens sont de Galife. Ils ne sont pas gentils et voulaient couper tous les arbres de Lifria. »
Et ces noms, pensa le Docteur, avaient un peu trop en commun avec Gallifrey.
« Qui a gagné, Harry ? »
Harry secoua la tête :
« Personne. Ils sont tous morts. »
Harry posa tristement la tête sur la poitrine du Docteur, puis il gloussa :
« J'aime les coeurs de Papa. Ils font boum-boum-boum-boum boum-boum-boum-boum. »
La main de Harry tapa le rythme sur la poitrine du Docteur alors qu'il gloussait.
« Non non non non… ça ne peut pas… ça ne peut pas… non. Ça ne peut pas être aussi simple… »
Ce rythme, c'était celui que le Maître entendait, celui qu'il entendait lors de la connexion, un qu'il connaissait instinctivement. C'était le rythme des coeurs des Seigneurs du Temps, amplifié et gravé dans le cerveau. Mais pourquoi feraient-ils ça ? Pourquoi rendre quelqu'un fou, quelqu'un d'aussi brillant que le Maître ?
« Ça va Papa ? »
Harry avait arrêté son tapotement et regardait à présent le Docteur avec inquiétude. De grands yeux verts sortirent le Docteur du tourbillon de ses pensées et le ramenèrent à ce qu'il devait faire.
« Ouais, je vais bien. D'accord, Harry, et si tu rencontrais un ami à moi ? Son nom est Wilfred. »
Harry applaudit et s'accrocha à son siège alors que le Docteur courait autour des commandes. Le TARDIS atterrit doucement.
« Je reviens tout de suite, Harry. »
Harry descendit de sa chaise, modifiée pour lui avec des barrières protectrices et des attaches et tout ce qu'il fallait, et il retourna à son goûter dans la cuisine. Ses pommes l'attendaient.
La pile de dessins dans le coin attira son regard. Ils étaient tous tristes. Ils avaient tous perdu et étaient tous morts. Ce n'était pas un joyeux dessin. Il soupira. La prochaine fois, il aurait des étoiles qui riaient et beaucoup de planètes et elles feraient des jeux avec les lunes. Enfin, tant qu'il n'en faisaient heurter aucune dans les murs et laissait une marque. Le TARDIS n'aimait pas quand il faisait ça.
Les portes s'ouvrirent avant qu'il atteigne la cuisine, et il se tourna. Papa était revenu plus vite, et il avait amené une personne avec des cheveux blancs et une barbe, comme Papa en avait quand il ne se rasait pas parce qu'il était trop occupé à résoudre un problème avec son tournevis sonique.
« Papa ! Tu es revenu ! »
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« Papa ! Tu es revenu ! »
Wilfred se tourna avec de grands yeux pour voir un petit enfant, qu'il supposait avoir un peu plus d'un an s'il courait aussi bien, courir vers eux. Des yeux vert brillant et de longs cheveux noirs en bataille étaient les traits les plus remarquables, suivis par :
« Vous avez un fils, Docteur ? »
Harry courut sur la coursive et grimpa l'échelle jusqu'à sa chaise. Le Docteur salua Harry de la main.
« Il… et bien, il n'est techniquement pas mon fils, mais, et bien, il l'est, d'une certaine manière, en fait, oui. Wilfred, voici Harry. Maintenant, on doit y aller. Harry, attache-toi. Wilfred, accrochez-vous. Et, oh oui. Plus grand à l'intérieur. »
Le Docteur courut autour de la console et appuya sur des interrupteurs et des boutons, la colonne centrale s'alluma et ronronna de manière impressionnante. Wilfred regarda Harry, puis le Docteur.
« Donc, attendez, si c'est une machine à voyager dans le temps, pourquoi on ne revient pas à hier pour attraper le gars que vous pourchassez ?
— Non, je ne peux pas revenir en arrière sur ma propre ligne temporelle. Je dois rester relatif au Maître dans le nexus de la causalité, vous comprenez ?
— Non, je crains que non. »
Le Docteur sourit :
« Bienvenue dans le TARDIS. Accrochez-vous ! »
Le TARDIS ronfla et tournoya, ce qui fit glousser Harry à gorge déployée. Wilfred le regarda à nouveau.
« Est-ce que vous l'emmenez dans toutes ces choses dangereuses avec vous ? »
Le Docteur lança un regard vers Harry.
« Pas habituellement. Le TARDIS est pratiquement l'endroit le plus sûr de l'univers en ce moment. Si c'est trop dangereux, je le laisse ici. Le TARDIS prend soin de lui, n'est-ce pas ma fille ? »
Un bruit de ronronnement lui répondit.
« Harry est un cas vraiment spécial. Pas techniquement mon fils, mais de toutes les manières qui comptent, il l'est. Je l'ai depuis presque un an, et il a déjà sauvé une planète. Pas celle-ci, une autre. Brillant enfant. »
Le Docteur regarda le garçon qui rirait et applaudissait de l'autre côté de la console. Wilfred hocha la tête.
Le TARDIS secoua, les avertissant de l'atterrissage.
« Harry, je veux que tu restes ici, d'accord ? Je ne vais peut-être pas revenir tout de suite, mais je vais revenir, je le promets. Okay Harry ? »
Harry hocha la tête. Il était coincé ici. Au moins, ce n'était pas ennuyant. Il avait à nouveau ses crayons.
« D'accord Papa. Je t'aime. »
Harry se faufila hors de son harnais et descendit sur la plate-forme, avant de se diriger vers son papier et ses crayons. Wilfred et le Docteur sortirent.
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« Il est plutôt bavard. Quel âge a-t-il ?
— Deux ans et quelques mois, je pense. Difficile à dire quand on voyage sans un bon calendrier. Je n'ai jamais eu ce problème avant, je crois. Il a environ deux ans. Gamin intelligent cependant. »
Wilfred pouvait seulement hocher la tête en guise d'accord. Quand ses enfants avaient deux ans, ils essayaient toujours d'empiler des blocs l'un sur l'autre d'une façon en apparence ordonnée.
« Vous pensez qu'il les a changés dans leurs tombes ? Les a-t-il changés ? »
Le Docteur leva les yeux de l'ouvrage électrique, les yeux graves, le visage solennel.
« Je suis désolé. »
Wilfred baissa les yeux vers ses mains.
« Votre… Votre fils, est-il en sûreté ? Dans votre vaisseau ? »
Le Docteur tourna les yeux vers le ciel.
« Le TARDIS est désynchronisé du temps. Cela ne peut pas l'affecter. Il est en sécurité, en train de dessiner et de jouer.
— Pour toujours, Docteur ? Si vous mourrez, qu'est-ce qui va lui arriver ? »
Le Docteur le regarda à nouveau, un sourire triste sur le visage :
« Les Seigneurs du Temps meurent, mais ils deviennent quelque chose de nouveau. Je vais mourir, tout ce que je suis va mourir, mais quelqu'un de nouveau, avec mes souvenirs, va prendre ma place. Toujours le Docteur, toujours dans le TARDIS, juste quelqu'un de nouveau. C'est ça la mort pour un Seigneur du Temps. La mort d'une personnalité, d'un corps, mais pas d'une âme. Harry aura un protecteur, mais ce ne sera pas moi. »
Wilfred hocha la tête, ne comprenant pas vraiment mais entendant les notes de désespoir. Quoi que ce soit, ce n'était pas bon.
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Harry, mangeant un morceau de pain avec de la confiture de Salisberry de Nouvelle Terre, fut tiré de sa concentration lorsque le TARDIS secoua et trembla. Le système solaire qu'il était en train de construire, avec une large planète et deux soleils et quatre lunes, disparut alors qu'il tombait. Le TARDIS grogna doucement et Harry secoua la tête. Quelque chose ne semblait pas bien, pas bien du tout. Le TARDIS ne faisait pas ce bruit, habituellement.
Il chercha l'étrange énergie colorée qui créait des mondes quand il le demandait et lui demanda de l'emmener à son Papa. Il savait que son papa avait besoin d'aide. L'Ood lui avait dit, quand il écoutait leur chanson. Il lui avait dit qu'à un moment, son papa aurait besoin de lui, même s'il ne pensait pas que c'était le cas.
Sa magie acquiesça. Il disparut du TARDIS dans un pop.
Le TARDIS se lamenta. Ses deux amis étaient partis à présent. Elle espérait qu'ils reviendraient tous les deux.
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Tout le monde était bruyant, criait et courait, et Harry se pressa contre un mur. Il pouvait voir son papa, couché par terre. Et cinq personnes en rouge, et une autre en noir. Ils se tenaient juste immobiles. Une personne était prisonnière d'une cage en verre. Harry demanda à l'énergie colorée de l'aider. Son papa ne voulait jamais abandonner des personne, et l'homme dans la cage en verre tapait sur la vitre. La porte s'ouvrit avec un clic doux, et l'homme cligna des yeux avec surprise avant de courir. Il n'était pas du genre à regarder les dents d'un cheval donné, malgré l'impossibilité que les portes s'ouvrent d'elles-mêmes.
La porte resta ouverte un instant avant que le Docteur plonge et la ferme à nouveau. Tout le monde dans la pièce le regarda avec surprise. Il savait ce qui s'était passé et le Maître savait que ce qui s'était passé n'aurait pas du être possible.
« Harry. Oh, Harry. Reste caché. Je t'en prie, je t'en prie, reste caché. » murmura-t-il.
La dernière chose dont il avait besoin était que le Président utilise son enfant contre lui. Rassilon le ferait, il en était sûr. Le Maître le ferait aussi. Le Docteur regarda autour de la pièce et accrocha les grands yeux verts effrayés de Harry. Puis il secoua doucement la tête. Harry se baissa.
« Docteur, qu'est-ce que c'était que ça ? » demanda le Maître, regardant les cabines à présent vides.
Le Docteur se débattit par terre.
« Je n'ai rien fait. »
Le Maître ricana à cette affirmation. Le regard de Rassilon alla entre les deux aberrants Seigneurs du Temps, les yeux plissés. Quelque chose était en train de se passer, quelque chose qu'il ne comprenait pas vraiment. Quelque chose s'était passé, et il l'avait manqué.
Wilfred passa juste devant Harry, presque à la porte quand Harry attrapa la jambe de son pantalon.
« Wil… Papa a dit de rester. »
Le vieux soldat bondit presque hors de ses chaussures.
« Harry ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Je pensais que le Docteur t'avait laissé dans son vaisseau ! »
Les mots étaient à moitié murmurés. Harry inclina la tête :
« Papa avait besoin d'aide. J'ai demandé à l'énergie colorée de m'emmener à lui. Je suis là. »
Une progression d'événements simple et logique. Les yeux de Wilfred s'agrandirent :
« Quel âge as-tu ?
— Sais pas. J'ai fêté mon anniversaire à Emerald Sky. Joli endroit brillant. »
Harry sourit.
« Ton papa doit être fier de toi. »
Harry haussa les épaules. Wilfred serra Harry contre lui. L'enfant était vraiment brillant, même si téméraire. En même temps, les petits enfants savaient rarement quand ne pas faire quelque chose.
Wilfred jeta un coup d'oeil par la porte. Le Docteur était debout, pointant son pistolet vers les cinq en rouge. Puis vers le Maître, puis il tourna à nouveau. Comme s'il ne pouvait pas prendre de décision. Finalement, il se tourna vers la personne qu'il avait considérée comme un ami, il y avait longtemps. Harry vit le grand homme à l'avant lever son gant juste au moment où le Maître se penchait hors du chemin. Le Docteur tira juste au moment où le gant se leva.
« Papa ! »
Harry courut vers le Docteur. Toutes les personnes dans la pièce s'arrêtèrent de bouger. Comme si les hostilités s'étaient immédiatement interrompues.
« Qui est cet enfant, Seigneur Docteur ? »
Le Docteur leva les yeux vers le Président :
« Mon fils en tout, sauf de sang. Un enfant humain avec plus de coeur et de courage que vous n'en avez jamais eu. »
Le Docteur se pencha vers Harry pour le soulever.
« Et le sauveur de la race magique. Plus important dans l'univers que n'importe quel Seigneur du Temps.
— La quoi ? » s'exclama le Maître derrière lui.
Le Docteur se tourna de côté :
« Les sorciers. Les derniers descendants des Éternels. Du sang Éternel mélangé aux humains. Un plan brillamment ingénieux. Et cet enfant ici, en est le résultat. »
Harry agita la main. Quatre des cinq Seigneurs du Temps debout sur l'estrade en train à présent de se dissoudre lentement dans la lumière étaient ouvertement choqués.
Le Président s'empourpra de rage :
« Tu meurs avec nous, toi et ton enfant humain ! »
Le Docteur leva les yeux vers le Président, bouche ouverte pour dire quelque chose.
« Bouge, Docteur. C'est ma revanche. »
Le Maître regarda le Docteur et Harry.
« Au moins, tu ne m'as jamais menti. Jamais. »
Il les bouscula sur le côté, et alors qu'ils s'évanouissaient tous dans la lumière, Harry se pressa plus près du Docteur.
« Papa. Tu es en sécurité, maintenant, vrai ? »
Le Docteur sourit, des larmes au coin des yeux.
« En sécurité à présent. »
Il serra Harry contre lui. Wilfred arriva derrière eux, hésitant, les mains se tortillant.
« Et bien, donc, vous n'êtes pas mort. »
Le Docteur adressa un sourire au vieil homme.
« Nan. Maintenant, je suis juste tout seul à nouveau. Mais j'ai Harry. Pour le moment, ça me suffit. »
Le Docteur chatouilla Harry, écoutant le grand rire et tenant le corps qui s'agitait de l'enfant qui l'avait sauvé.
Il avait vu, quand Harry avait fait sortir l'homme de la cabine de verre, il avait vu ce qui se serait passé. Il avait vu Wilfred entrer, sauver l'homme, il avait vu sa victoire, et entendu les quatre coups. Harry l'avait sauvé de ça, et alors que la centrale d'énergie surchauffait et déversait l'excès de radiation dans une cabine vide, il serra Harry plus fort contre lui. Il pouvait rester lui-même un peu plus longtemps. Juste un petit peu.
Ils déposèrent Wilfred dans la rue qui menait chez lui. Le vieux soldat salua alors que la cabine disparaissait, avant de retourner dans la maison qui abritait sa fille et sa petite-fille. Avec l'homme qui sauvait les mondes de retour dans le ciel, riant et souriant avec son fils, pas aussi cassé qu'il semblait l'être avant quand il avait ramené Donna, et bien, il se sentait à nouveau en sécurité.
~~~~~~~~~~~~~~ Voici la fin ~~~~~~~~~~~~~~
Note de la traductrice :
Cette note est dédiée à ceux qui ont courageusement lu sans connaître les épisodes de la Fin des Temps : normalement, ce double épisode sert à la fois à introduire le Président Rassilon à ceux qui n'ont vu que la mouture 2005 de Doctor Who (comme moi), mais aussi et surtout à expliquer la régénération du Docteur : il faut toujours qu'il y ait une personne dans les cabines de verre jumelles qui permettent de contrôler les radiations de la centrale construite par le Maître pour alimenter son transformateur. Wilfred n'est donc pas capable de sortir de la cabine en verre, et pour le sauver, le Docteur va entrer dans la cabine jumelle en face, ce qui va permettre à Wilfred de sortir de la sienne. Mais, comme expliqué ci dessus, la centrale surchauffe, et le Docteur se retrouve mortellement irradié. Pour survivre, il va se régénérer, et on va découvrir le visage de Eleven.
Comme le Docteur l'explique à Wilfred, chaque Docteur est différent des précédents, avec un nouveau visage, mais aussi une nouvelle personnalité, et une nouvelle vision du monde. Harry, en faisant sortir Wilfred sans personne dans l'autre cabine, va indirectement permettre à son papa de rester plus longtemps avec lui :)
Réponse aux guest reviews :
nathydemon : oui, Harry a un meilleur palmarès que son papa pour le moment, et il vient encore de lui sauver la vie ! :)
A mardi prochain !
