Je remercie Solyano, Camille D Tornwood et Djiinn pour leurs reviews ^^
Je suis dans les temps pour le Nano! Wiiiiiii ~(*0*)~ J'ai donc passé les 10.000 mots mais devinez quoi ? J'ai pas fini le premier OS et là je dirais que le développement en est au deux tiers de l'histoire (à peu près)...
Bref je le voyais venir gros comme une maison
Sur ce voilà le chapitre de la semaine et comme le nom le sous-entend c'est chaud~~~~ ~('-'~) ~('0')~ (~'o')~ ~(*0*)~ ~('o'~) ~('0')~ (~'-')~
Chapitre 22
Le feu qui brûle
Arslan se sentait vaseux ce matin mais surtout il brûlait de l'intérieur. Il se demanda s'il n'avait pas attrapé une grippe ou un vilain rhume bien que ce ne soit pas de saison. Hilmes se levant plus tôt était déjà parti. Il se leva avec difficulté. Il s'interrogea sur la raison de son mal avant de réaliser que le temps passait à une vitesse folle et qu'on se trouvait déjà au milieu du mois de mars. Il se rallongea comprenant le mal que le toucher : ses chaleurs étaient revenues mais Hilmes n'était pas là. Arihas ne s'inquièterait pas tout de suite et ne viendrait pas le voir avant au moins une heure mais il était le seul qui puisse donner l'information à Hilmes.
Les premières vagues de fièvres l'assaillirent, il perdit pied rapidement. Il ne désirait qu'une chose : Hilmes. Ce fut la seule pensée qui perça au travers de son esprit embrumé. Il entendit la porte s'ouvrir et reconnut un parfum familier.
« Nous ne reverrons pas son Altesse Arslan tout de suite, annonça Arihas.
- Je me faisais une joie de retrouver son Altesse maintenant que sa Majesté n'a plus besoin de moi, soupira Narsus.
- Son Altesse est rentré en période de chaleur ? Demanda Elam.
- Oui, son Altesse Hilmes m'a prévenu ce matin au réveil. Il s'occupait de régler des affaires pendant que le prince dormait, il doit l'avoir rejoint maintenant…
- Cela va durer aussi longtemps que les dernières fois ? Demanda Alfreed.
- Il y a de fortes chances que oui et je ne pense pas qu'on le reverra immédiatement après… Ils ne devraient pas sortir avant au moins une semaine. Plus une chaleur est longue plus elle épuise, et pas seulement les omégas je crois que les alphas sont souvent les plus fatigués, sourit-il.
- On ne reverra pas son Altesse Hilmes de sitôt alors, remarqua Daryûn.
- Le prince Arslan non plus, ajouta Arihas.
- Je rêvais de peindre son portrait pendant le répit que me donnait sa Majesté mais à force je crois que je n'en n'aurais même pas l'occasion, soupira Narsus.
- Grâce au ciel ! S'exclama Daryûn.
- Il y a de l'animation par ici ! Dit une voix qui s'éleva derrière eux.
- Ghîb ? Où étiez-vous donc durant tout ce temps ? Demanda Daryûn.
- J'aidais Dame Faranghîs et le petit chevalier lusitanien dans leur tâche, dit-il.
- Vous nous avez plus dérangées qu'autre chose ! Commenta Faranghîs qui arriva derrière lui.
- C'est bien vrai, ajouta Etoile qui l'accompagnait. Le prince Arslan n'est pas avec vous ? Demanda-t-elle aussitôt.
- Son Altesse ne pourra pas nous rejoindre cette semaine, il doit rester dans ses appartements, expliqua Arihas.
- Oh ! Je vois…
- Et dire que nous étions tous réunis pour le revoir ! Déclara théâtralement Ghîb.
- Vous pouvez parler vous ! »
Hilmes fut décontenancé en entrant dans sa chambre, lorsqu'il était parti les phéromones de son oméga étaient moins présentes. Maintenant elles envahissaient entièrement la pièce et réveillaient son instinct d'alpha. Il se dirigea vers le lit pour rejoindre son époux, le regard d'Arslan se perdait dans le vide mais lorsqu'il sentit Hilmes il se réveilla d'un coup. Il partit alors en quête de son partenaire, il traversa le lit à quatre pattes et rejoignit Hilmes qui se trouvait l'autre côté. Il chercha tout de suite à capter les caresses de son alpha en se collant à lui. Hilmes ne tenant plus empoigna sa nuque pour l'attirer à lui et l'embrasser.
Ce baiser n'avait rien de doux mais il était passionné et débordant de promesses. Hilmes poussa son oméga contre le lit et n'attendit pas pour le libérer de ses vêtements. Sa chemise de nuit se retrouva très vite au sol, il voulut faire subir le même sort au sous-vêtement de son oméga mais il retint sa main. Surpris par ce geste il releva la tête pour plonger ses yeux dans ceux d'Arslan, une lueur de conscience perçait au travers de son regard embrumé. Hilmes n'insista pas et en profita pour enlever sa propre tunique. Il reprit alors leur baiser. Cette fois leurs peaux se touchaient déclenchant des brûlures aux moindres effleurements. Il mordait ses lèvres, les embrassait sans le moindre ménagement si bien que les lèvres pâles d'Arslan virèrent au rouge.
Arslan enroula ses bras autour des épaules d'Hilmes pour l'attirer contre lui. Il voulait sentir leurs corps se toucher, sentir le contact de son alpha contre lui. Arslan se reconnaissait difficilement dans ce comportement mais il n'arrivait pas à se contrôler. Heureusement Hilmes le rassurait, ses caresses lui faisaient du bien, elles étaient si agréables. Il n'aurait jamais pu faire ça avec quelqu'un d'autre, il ne souhaitait pas faire ça avec quelqu'un d'autre d'ailleurs. Seulement avec Hilmes, juste lui et uniquement lui, personne d'autre.
Hilmes se mit à embrasser son cou, à le mordiller et à laisser sa langue vagabonder. Il continua à descendre caressant son torse. Il vint embrasser un de ses tétons et caressa l'autre du bout des doigts. Arslan ne put se retenir de gémir lorsqu'il sentit la bouche de son amant l'aspirer et jouer avec à l'aide de sa langue. Quant à l'autre il le faisait rouler entre ses doigts. Hilmes s'y attela avec minutie, inversant le traitement et de sa main libre caressait le torse son amant à la recherche de points sensibles à découvrir. Il abandonna son occupation et se mit à parsemer son torse de baisers et de caresses. Il revint déposer un baiser sur ses lèvres avant de reprendre sa descente où il l'avait laissé. Il embrassa son ventre, le caressa de ses mains mais vint le moment où il se retrouva face à un obstacle.
Il fit glisser lentement le sous-vêtement d'Arslan guettant sa réaction. Il croisa son regard et il lui fit un petit hochement de tête en guise de confirmation. Il retira alors ce vêtement gênant sans hésitation, Arslan cacha son visage : c'était très embarrassant. Hilmes se trouva face à l'érection de son amant, il décida de ne pas faire l'attendre. Il l'empoigna et commença à faire des vas-et-viens, puis il vint l'embrasser et laissa glisser sa langue sur toute la longueur de son membre avant de le prendre en bouche. Il se délectait des gémissements de son amant. Arslan se mit à bouger inconsciemment les hanches au rythme que lui imposait Hilmes. Ses gémissements devinrent plus fort ainsi que ses mouvements de hanches, il était proche de ses limites.
« Hilmes, je… »
Il n'arriva pas à terminer sa phrase qu'il lâcha totalement prise avant de se laisser retomber contre le lit haletant. Il peina à retrouver une respiration normale. Hilmes se redressa et embrassa une de ses joues.
« Je suis désolé, tu n'as pas pu en profiter, bredouilla Arslan aussi rouge qu'une tomate, si tu veux… Je peux peut-être…
- Ce n'est rien, dit-il en l'embrassant à nouveau, nous aurons d'autre occasion, n'est-ce pas ?
- … Arslan rougit davantage.
- Regarde, sourit-t-il, tu es déjà prêt pour un nouveau tour. »
En effet Arslan avait de nouveau une érection. Hilmes l'embrassa à pleine bouche tout en écartant ses jambes.
« Tu es d'accord pour qu'on aille plus loin cette fois ? Tu n'es pas obligé tu sais… »
Arslan hocha vigoureusement la tête, lui aussi attendait de pouvoir sentir son alpha en lui. Il ressentait un manque, une sensation de vide et il comprit que seul Hilmes pouvait y remédier.
Hilmes lécha ses doigts (à défaut d'avoir de l'huile) avant de faire glisser sa main entre les jambes de son mari. Il le rassura lui chuchotant des mots doux à l'oreille, il glissa doucement un doigt en lui sans rencontrer de difficulté. Cela ne dérangea pas Arslan mais le deuxième fut plus difficile, il se tendit, ce n'était pas douloureux mais plutôt étrange comme sensation. Il n'était pas habitué à être touché par quelqu'un. Seul, il savait à quel rythme aller pour être détendu mais il ne pouvait pas en vouloir à Hilmes d'aller plus vite. Ils n'avaient pas encore l'habitude l'un de l'autre, c'était normal qu'ils soient maladroits. Hilmes continua de le rassurer et de le détendre, il fit bouger lentement ses doigts jusqu'à ce qu'Arslan se détende. Il put en glisser un troisième, cette fois il fallut un peu plus de temps pour que son amant s'habitue. Hilmes accéléra doucement le rythme et Arslan n'y opposa aucune résistance, il commençait même à laisser échapper des gémissements de plaisir.
« Hilmes, souffla-t-il, s'il-te-plaît… Je te veux… Murmura-t-il. »
Cette demande ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd. Hilmes retira ses doigts, Arslan grogna de frustration. Il enleva son pantalon et se positionna, cherchant une position confortable pour son oméga. Arslan commença à avoir peur en voyant le sexe de son alpha. Hilmes vint le rassurer, l'embrasser, le cajoler avant d'entrer en lui. Ce qu'il fit lentement, caressant son oméga pour l'aider à se détendre. Il finit par être totalement en lui, Arslan grimaça : c'était douloureux mais d'un autre côté il se sentait enfin complet. Hilmes le lut dans ses yeux et se figea aussitôt. Il caressa le membre de son amant et ce fut efficace. Arslan se détendit et autorisa Hilmes à se mouvoir. Il commença très lentement en faisant de petit mouvement et les allongea au fur et à mesure que son oméga se détendait.
Arslan poussa des gémissements de plaisir, il se sentait complet, entier. Hilmes donna des coups de hanches de plus en plus rapides et profonds. Il touchait un point sensible en lui qui lui donnait des frissons et des décharges de plaisir. Arslan relâcha complètement la tête vers l'arrière, il ne retenait plus ses cris désormais. Ils arrivaient tous les deux à leurs limites. Arslan fut le premier à se libérer, Hilmes continua encore ses mouvements avant de mordre la gorge qui lui était offerte. Il poussa un dernier râle avant de jouir lui aussi.
Il se laissa tomber sur Arslan, ils étaient tous les deux à bout de souffle. Hilmes finit par bouger et s'allongea à côté d'Arslan qui s'était endormi épuisé. Sans s'en rendre compte il tomba lui aussi dans les bras de Morphée.
Il fut réveillé une heure après par une espèce de « ronronnement », il sentit Arslan venir se coller à lui.
« Hilmes… Dit-il d'une voix plaintive.»
Il le sentait se tortiller et se frotter contre lui. Il ouvrit un œil et constata qu'Arslan était bien éveillé, les phéromones qu'il relâchait finir par lui faire de l'effet aussi. Il se retourna pour s'occuper de son oméga qui demandait son attention.
Il était à peine midi pourtant il était déjà épuisé. Son oméga quémandait son attention et ses caresses à chaque instant. Il comprit enfin pourquoi on nommait cette période : chaleur. Arslan venait enfin de s'assoupir, il soupira soulagé de ce moment de répit. Il entendit frapper à la porte. Il se leva en se demandant qui cela pouvait bien être, il en oublia presque de remettre un pantalon. Il entre-ouvrit la porte et aperçut Arihas qui apportait un plateau et une jarre.
« Je vous ai amené de quoi manger et boire.
- Merci, dit-il surpris.
- Pensez à le faire boire régulièrement même s'il ne veut pas, vous devez le convaincre de boire et de manger sinon il risque de faire un malaise… Ce serait embêtant, n'est-ce pas ?
- Certes… Mais dîtes-moi… Cela va durer longtemps ? S'inquiéta-t-il.
- Pour le prince ? Ces chaleurs durent en moyenne cinq jours, dit-il compatissant.
- Je vois… En tout cas merci d'avoir amené tout ça. Vous repasserez plus tard je suppose ?
- Oui je viendrais quatre fois par jour, si cela ne vous dérange pas. Et n'hésitez pas à me demander s'ils vous manquent quoi que ce soit. »
Hilmes prit le plateau de ses mains et le remercia une nouvelle fois. Il vit qu'Arslan se réveillait à nouveau, il réussit à le faire lever pour venir manger. Arslan grogna, il ne voulait pas manger lui. Il se mit à bouder, cela amusa Hilmes qui le taquina. Il réussit malgré tout à le faire manger et boire bien que ce fut à contre cœur. Hilmes n'était pas au bout de ses peines. Il n'eut pas de mal à s'endormir le soir.
Les jours passèrent rapidement pourtant Hilmes les trouva très long, son oméga l'avait complètement vidé de tout son énergie. Il se demanda comment il faisait pour toujours être en pleine forme et quémander sans cesse des étreintes.
Arihas amena un plateau comme tous les matins depuis le début de la semaine. Il toqua à la porte mais cette fois il dut s'y prendre à plusieurs reprises pour qu'on vienne enfin lui ouvrir. Il sursauta en voyant Arslan ouvrir la porte. Il se frotta les yeux et regarda Arihas avec un air perdu.
« Arihas… Que fais-tu là ? Murmura-t-il.
- Je suis venu vous amenez des « provisions », sourit-il. »
Arslan ouvrit complètement la porte, Arihas soupira face à la tenue négligée de son seigneur surtout qu'il n'avait pas dû faire attention à ce qu'il avait pris pour se vêtir. Il portait une tunique noire trop grande pour lui et à moitié ouverte.
« Est-ce que tu peux le poser sur la table, s'il-te-plaît ? Je n'ai plus aucune force…
- Votre Altesse, êtes-vous sûr que je peux entrer ? Je veux dire : je ne veux pas déranger son Altesse Hilmes…
- Tu ne risques pas de le réveiller, il dort comme une masse ! Sourit-il. »
Il entra en gardant les yeux rivés vers la table ou vers le sol. Même avec un champ vision restreint, il pouvait voir le lit défait et les draps éparpillés autour du lit. Il posa le plateau et ressortit aussi vite qu'il était entré.
Arslan partit se rallonger à côté de son alpha, il l'observa un moment. Il semblait vraiment épuisé et depuis que sa chaleur était terminée il ne l'avait pas encore vu réveillé, s'il ne voyait pas son dos se soulever régulièrement il l'aurait cru mort. Le prince chercha à se rendormir, lui aussi était épuisé et puis le bas de son dos le faisait souffrir. Pour le coup il se souvenait très bien de la raison, il rougit face aux souvenirs qui affluaient dans sa tête. Hilmes se réveilla quelques heures plus tard.
« Tu te réveilles enfin ? Sourit Arslan.
- J'imagine que c'est terminé sinon tu m'aurais déjà réveillé…
- Oui, c'est finis… Est-ce que ça va ? Tu as l'air épuisé, fit-il remarqué.
- Je crois que je ne suis pas assez endurant. Je ne m'attendais pas à ça… Et toi tu n'es pas fatigué ? Pas trop mal ? Demanda-t-il.
- J'en ai passé deux déjà alors ça va, ce n'est pas plus difficile que les dernières fois… Mais je dois avouer que j'ai mal dans le bas du dos, rougit-il.
- Je crois que c'est de ma faute. »
Arslan sourit à la remarque, Hilmes se rapprocha et embrassa son épaule. Il enroula son bras autour de sa taille et l'obligea à se rallonger contre lui.
« Ils ne nous en voudront pas si nous restons encore un peu cloitrés… C'est juste pour être sûr que ta chaleur soit terminée. »
Ils ne sortirent de leur confinement que le jour suivant. Arslan fut très surpris de revoir tous ses compagnons réunis qui l'attendaient. Il fut ravi de les revoir et de pouvoir leur parler à nouveau. Cependant le répit fut de courte durée, le roi convoqua tous les seigneurs dans la salle du conseil pour faire une annonce.
« Nous avons reçu un message de Peshawar hier soir, l'armée de Turân a tenté une nouvelle attaque contre la cité. C'est une attaque de grande ampleur et Kishward a demandé un appui des forces de la capitale pour les soutenir. Seulement nous ne pouvons pas laisser la capitale sans défense surtout avec des lusitaniens qui pullulent dans la ville. Puisque le prince Arslan entretient de si bonne relation avec Sindôra, lui et son époux iront donc amener du renfort jusqu'à Peshawar. Trente mille hommes devraient être suffisants, Narsus, Kubard, Zaravant, Esfan, Tus et Daryûn vous partez avec eux… Si cela se passe bien je reverrais peut-être ma position pour ton titre de marzbâhn Daryûn… »
Le roi n'ajouta rien de plus et leur départ s'organisa rapidement. Ils partirent trois jours après ce conseil. Arslan trouva les premières journées à cheval particulièrement inconfortable, heureusement pour lui cela passa vite. Il fallut presque un mois pour arriver jusqu'à Peshawar, même en conservant une bonne allure. Devant la ville il n'y avait aucune trace d'ennemi mais cela inquiéta Narsus. Ils envoyèrent d'abord un messager pour vérifier que la cité n'était pas son contrôle ennemi. Peu de temps après, les portes s'ouvrirent et Kishward se montra pour les assurer que toute aller bien dans la cité. L'armée entra dans la ville et ils organisèrent rapidement un conseil de guerre.
« Où sont les forces ennemies ? Demanda Hilmes.
- Elles sont situés près de la frontière, le camp se situe à deux jours de marche d'ici. Ils attaquent par vague et se replient immédiatement après, on dirait qu'ils cherchent à nous tester, expliqua Kishward.
- Vous savez combien ils sont ?
- Entre trente-cinq et quarante mille hommes grand maximum.
- On est donc à égalité au niveau des forces, remarqua-t-il.
- Mais il semblerait que des renforts arrivent de Sindôra car l'armée de Turân se trouve près de leur frontière. Jaswant est parti les accueillir, ils ont l'intention de les prendre à revers.
- Il faudrait donc combiner nos attaques pour encercler l'armée de Turân, commenta Narsus.
- J'ai l'impression que vous avez l'habitude de travailler avec le roi Rajendra, remarqua Hilmes.
- Disons qu'il nous laisse faire le sale boulot avant de se montrer, soupira Daryûn.
- Daryûn n'est pas objectif quant au roi Rajendra, déclara Ghîb.
- Comment ça ?
- Je crois que vous comprendrez lorsque vous le rencontrerez, ralla Daryûn. »
La mauvaise humeur de Daryûn ne passa pas inaperçu, Hilmes arqua un sourcil interrogatif en voyant Arihas rouler les yeux.
Le soir un éclaireur les informa que l'armée Turân levait le camp pour se déplacer vers le nord. Le lendemain ils comprirent pourquoi ce soudain déplacement, une armée avec Rajendra à sa tête arriva à Peshawar. Il n'avait pas changé d'un poil depuis leur séparation.
Arslan fut le premier à le saluer et comme à son habitude Rajendra se montra très tactile. Il prit Arslan dans ses bras toujours en parlant fort et familièrement.
« Arslan, mon frère ! Comment vas-tu ? J'ai entendu dire que tu t'étais marié, c'est vrai ? Avec Daryûn, peut-être ? »
Rajendra eut une soudaine sueur froide, il retint un cri de surprise lorsqu'une main se referma sur son bras.
« Non, ce n'est pas le cas, déclara une voix glaciale.
- Ah Hilmes ! Je te présente sa Majesté Rajendra ! Et Rajendra voici mon mari Hilmes.
- Hum… Le roi déglutit difficilement. Donc vous êtes son mari… Vous êtes un général peut-être ?
- Non je suis prince de Parse ! Et le cousin d'Arslan, dit-il en fixant froidement le roi qui se faisait petit.
- Je vois… Mais dis-moi Arslan, reprit-il, y a-t-il eu d'autre évènement comme celui-ci ? Je veux dire, d'autre mariage parmi tes compagnons par exemple ?
- Non, pourquoi cette question ? Demanda Arslan.
- Oh je croyais… Mais ce n'est pas important ! Il faut fêter nos retrouvailles ! S'exclama-t-il. Enfin si son Altesse veut bien me lâcher… »
Rajendra commençait à souffrir Hilmes possédait une poigne effrayante. Il espérait que ses mains ne viendraient jamais se fermer sur son cou. Cependant il obtint une bonne nouvelle du prince : Arihas n'était pas marié. En recevant sa réponse, il crut qu'Arihas avait donné sa main à quelqu'un d'autre comme Daryûn par exemple… Heureusement pour lui ce n'était pas le cas. Malgré le refus qu'il avait reçu il ne comptait pas abandonner si facilement, Arihas était une fleur rare qu'il rêvait de cueillir et en amour comme en guerre il n'aimait pas perdre.
Une fois les civilités finies avec le couple princier et le seigneur de la cité, il chercha du regard Arihas. Une fois qu'il le repéra il chercha à se rapprocher mais étonnamment il se huerta à la montagne de muscle et l'adversaire qu'était Daryûn. Il prit un malin plaisir à le saluer avec un grand sourire et une accolade amicale. Il ne cacha pas le contentement qu'il tira de le voir enrager. Qu'est-ce qu'il adorait l'emmerder ! Le plus hilarant était certainement le fait qu'il tombait dans le piège à chaque fois. Après toutes ces embûches il finit par arriver à sa cible, il ne se gêna pas pour le saluer très chaleureusement. Il prit sa main pour y déposer un léger baiser. Il entendit Daryûn grogner mais il ne s'en souciait plus désormais. Ses yeux ne lâchaient plus Arihas.
« Cela fait longtemps… »
Lors du conseil de guerre qui suivit, Rajendra ne cacha pas son intérêt pour Arihas à défaut de s'intéresser à la stratégie que Narsus mettait en place. Hilmes comprit enfin pourquoi Daryûn détestait Rajendra, il lui jetait des regards meurtriers qui ne rencontraient que l'indifférence de leur cible. Rajendra se montrait toujours très tactile avec le prince même s'il s'arrêtait de lui-même lorsqu'il sentait le regard d'Hilmes, certes ça l'agaçait mais il savait que ce n'était pas Arslan qui l'intéressait. Il plaignait presque Daryûn de supporter l'insistance de ce rival, à sa place il l'aurait déjà étripé.
Rajendra continua son petit manège tout le reste de la journée, Arihas ne pouvait pas le rater. Il voyait bien qu'il essayait de leur arranger un moment en tête-à-tête mais il y avait toujours quelqu'un pour contrecarrer ses tentatives. Le plus souvent Daryûn. Il s'arrangeait toujours pour ne pas les seuls tous les deux mais il ne pouvait pas être partout. Au détour d'un couloir Rajendra réussit à le « capturer » pour l'attirer avec lui dans une cour à l'abri des regards.
Il le fit s'assoir sur un banc et saisit ses mains pour les embrasser. Il resta un moment agenouillé à ses pieds. Arihas mentirait s'il disait ne pas être flatté par toute l'attention qu'il lui portait mais il ne pouvait rendre cette affection.
« Je te l'ai déjà demandé mais je tenais à te faire une vraie demande en personne cette fois… Arihas, est-ce que tu veux m'épouser ? Devenir mon époux et régner à mes côtés ?
- Rajendra… Je vous ai déjà répondu et… Je ne changerais pas d'avis. J'apprécie l'attention que vous me portez, cela me fait plaisir mais je ne souhaite pas aller plus loin avec vous. Je ne suis pas fait pour monter sur un trône, je suis âgé maintenant, j'ai déjà été marié et je n'ai eu aucun enfant…
- Cela m'importe peu tout ça ! Je te veux à mes côtés ! Dis-moi ce qui te retient ?
- Je ne souhaite pas quitter mon pays et je veux rester aux côtés de son Altesse. Il a besoin de moi et… J'ai besoin de m'occuper de lui, je me sentirais coupable de le laisser maintenant, je ne peux l'abandonner alors qu'il va traverser le plus difficile…
- Soit honnête avec moi, n'y a-t-il que ça qui te retiennes ? Seulement son Altesse ? Personne d'autre ?
- Non, pourquoi y aurait-il quelqu'un d'autre ? »
Arihas ne comprit pas le sens de ces questions pour lui il n'y avait pas raison particulière. Il voulait simplement rester pour servir son Altesse rien de plus. La vie à la cour était agréable et paisible, et puis il se sentait libre. Il doutait que cela dure car il devrait trouver un alpha rapidement. Les traces de chaleur se faisaient sentir plus que jamais, il subissait depuis plusieurs jours des fièvres et ses phéromones devenaient plus fortes chaque mois qui s'écoulait. La déception s'inscrivait sur le visage de Rajendra mais il s'avoua vaincu.
« Bien… J'imagine que je dois l'accepter, soupira-t-il. Mais si tu changes d'avis, n'hésites pas ! Je garderais une place pour toi au palais et… Dans ma chambre, ajouta-t-il avec un clin d'œil.
- J'en prends note. »
Les jours suivants Rajendra se montra plus distant avec Arihas, Ghîb comprit qu'il avait abandonné et cela soulagea Daryûn.
L'armée turâniene s'était établie plus loin, à environ quatre jours à cheval. Ils n'avaient pas l'intention d'arrêter leur « conquête » là. Ils étaient donc obligés de lancer une attaque contre l'armée turâniene qui semblait bien décidé à conquérir Peshawar. Les éclaireurs apprirent que le roi Ilterish réclamait l'aide son frère, en réponse à l'arrivée de l'armée du roi Rajendra. Il fut décidé que l'attaque se ferait le plus rapidement possible pour les faire battre en retraite avant que leurs renforts n'arrivent.
La guerre était déclarée. Dans deux jours ils lanceraient leur attaque. Le prince Arslan participerait lui aussi. Hilmes rechigna à accepter mais finit par lui confier la direction de l'arrière, normalement il n'aurait pas besoin d'intervenir. Hilmes ne voulait pas qu'il soit sur le champ de bataille mais il ne pouvait pas lui imposer de rester cloitré à Peshawar. Il trouvait le compromis plutôt équitable même si Arslan le bouda. Il n'appréciait pas de se retrouver mis de côté par Hilmes, ils durent faire face à leur première dispute. Après des explications, Arslan finit par lui pardonner.
Demain ils partiraient dans les plaines pour marcher vers leurs ennemis, ils étaient supérieurs en nombre et ne devraient pas rencontrer de problème. Pourtant Arihas eut dû mal à s'endormir, il avait un mauvais pressentiment. Cela lui rappelait bien trop Atropathène.
