Je remercie Camille D Tornwood et Djiinn (désolée je viens juste de la voir j'ai pas encore répondu du coup ) pour leurs reviews ^^

Je suis dans les temps pour le Nano! Wiiiiiii ~(*0*)~ J'ai donc passé les 23.000 mots et j'ai enfin commencé le deuxième OS (youpi)

ATTENTION: Ce chapitre contient une scène violente qui mérite bien son rating

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Chapitre 23

Le captif

La bataille aurait lieu demain mais pour le moment les soldats tentaient tant bien que mal de se détendre et de se reposer malgré l'angoisse qui les étreignait. Narsus polissait les derniers détails de son plan et finissait d'accorder les tâches à chacun. Hilmes, Zandé et Esfan seraient en première ligne Sahm, Tus, Zaravant et Ghîb sur le flanc gauche sur le flanc droit Daryûn, Jaswant, Faranghîs ainsi que l'armé de Rajendra qui se situerait sur ce flanc puis se déploierait pour encercler l'ennemi. Arslan resterait avec le reste du groupe à l'arrière, ils veilleraient à ce que tout se passe bien et n'agiraient qu'en cas d'urgence.

Maintenant que tout était organisé ils devaient prendre du repos, la journée de demain serait longue. Les princes se retirèrent dans leur tente, Arslan se sentait nauséeux depuis leur chevauchée de l'après-midi. Il était totalement épuisé alors que les jours précédents il débordait d'énergie. Même les infusions d'Arihas se trouvaient inefficaces contre le mal qui rongeait Arslan. Hilmes resta toute la soirée à ses côtés, aux petits soins et prêt à satisfaire ses moindres désirs. Il restait tout près de lui et gardait son bras autour de sa taille dès qu'ils se trouvaient en petit comité. Il montrait ouvertement des gestes d'affection malgré la présence d'autres personnes. Il ne cachait pas non plus son inquiétude sur l'état de son oméga.

Hilmes devenait méconnaissable, Sahm et Zandé ne l'avaient jamais vu aussi doux et démonstratif depuis qu'ils le servaient. Les compagnons du prince trouvèrent ce comportement rassurant, ils s'entendaient bien et Hilmes se montrait attentionné et protecteur envers leur seigneur. Ils trouvèrent ça touchant de le voir aider Arslan à se lever et le soutenir lorsqu'ils se retirent.

Arihas restait assez distant, son mauvais pressentiment ne le quittait pas pourtant ils n'avaient rien à craindre. Rajendra remarqua son regard inquiet et vint s'assoir à côté de lui.

« Tu sembles ailleurs, dit-il.
- Je suis inquiet… J'ai un mauvais pressentiment depuis notre départ de Peshawar, c'est presque trop facile, trop évident...
- Tu t'inquiètes inutilement, tu sais ?
- Certainement, murmura-t-il.
- Veux-tu que je t'aide à te détendre ? Sourit-il. Si tu le veux évidemment… Je suis très habile de mes mains, mes massages sont apaisants et très… Revigorant, dit-il avec un sourire en coin.
- C'est intéressant comme proposition mais si j'accepte cela s'arrêtera-t-il vraiment au massage ?
- Tu en as ma parole ! Je m'arrêterais là tu voudras.»

Arihas se laissa convaincre, son dos le faisait souffrir et il était ravi de la proposition de Rajendra même s'il craignait que cela dégénère. Il enleva sa tunique face au regard brûlant de Rajendra qui lui indiqua de s'allonger face au lit, ce qu'il fit. Il le sentit s'installer à califourchon dans son dos. Lorsqu'il posa ses mains dans son dos se fut la libération. Rajendra disait vrai il excellait dans les massages. Tout son stress disparut en un rien de temps et sans s'en rendre compte il s'endormit.

Rajendra sourit en voyant qu'il s'était endormi si rapidement. Il souleva les cheveux bruns d'Arihas et vit son visage endormi. Il paraissait si calme, si apaisé qu'il en oublierait presque qu'ils partaient en guerre le lendemain. Sa main glissa jusqu'à son cou, il enleva les mèches qui couvraient son cou. Il fut déçu d'y voir son collier de cuir, il se pencha vers lui et ouvrit la bouche pour le mordre. Il ne força pas il sentait cet obstacle qui le bloquer. Si ce truc ne se trouvait pas là Arihas serait à moi, pensa-t-il.

Il choisit de partir, il ne voulait pas tenter le diable. Lorsqu'il sortit de la tente d'Arihas il tomba sur Daryûn qui se refroidit aussitôt. Sentant l'orage arriver il lui souhaita bonne nuit et disparut aussitôt. Daryûn resta bloqué là. Lorsqu'il les avait vus partir ensemble une heure plus tôt il se douta que quelque chose clochait et là il en acquit la certitude. Il était persuadé que Rajendra avait abandonné sa tentative de séduction mais il se dit qu'il s'était bien fait avoir. Il hésita entre continuer son chemin jusqu'à sa tente ou bien parler à Arihas. Pour dire quoi ? Aucune idée mais il voulait savoir si Arihas lui avait menti ou s'il se faisait des idées et que rien n'était arrivé. Il penchait pour la dernière option.

Il serra les points et s'annonça en entrant, il se figea en voyant Arihas allongé dans son lit. Seule une couverture couvrait sa peau dénudée. Arihas commençait à se réveiller lorsqu'une main attrapa brusquement son bras et le tira du sommeil. Il se retrouva debout et complètement sonné face une masse de muscle peu commode. Lorsqu'il leva les yeux il tomba sur ceux de Daryûn qui lui lancèrent des éclairs.

« Daryûn ? Qu'est-ce qu- »

Arihas n'eut pas le temps de comprendre que Daryûn le tira et le plaqua contre lui. Il l'attrapa par la racine des cheveux et tira sa tête vers l'arrière. Il mordit de toutes ses forces dans le collier. Arihas ne comprenait pas ce qui arrivait mais lutta pour rester calme, dans l'état des choses il ne pouvait rien faire et il le savait. Un alpha dans cet état de nerfs n'écoute rien de ce qu'on peut lui dire. Il attendit, bien que cela devienne douloureux. Daryûn finit par se calmer et relâcher sa prise. La crise était passée et sa colère avec.

« Ça va ? Demanda Arihas.
- Qu'est-ce que j'ai fait ? Dit-il en tremblant.
- Hey… Calmez-vous… Murmura-t-il. »

Daryûn se trouvait en état de choc, il se crispa sur Arihas. Arihas dut jouer de ses phéromones pour le calmer mais Daryûn continua à le serrer contre lui. Il le tenait fermement dans ses bras et gardait son visage dans son cou. Arihas finit par le serrer contre lui à son tour espérant que cela soit plus efficace pour l'apaiser. Le cavalier noir nageait dans l'incompréhension, il ne voulait pas faire ça, ce n'était pas son idée. Il ne voulait pas lui faire de mal, ni lui faire peur.

« Je ne voulais pas… Je ne sais pas ce qu'il m'a pris… J-je suis vraiment désolé, bégaya-t-il.
- Ce n'est pas grave, dit-il. Je porte toujours mon collier alors cela n'a pas d'incidence…
- Vous devez me détester…
- Non, je sais que vous n'êtes pas quelqu'un de mauvais.»

Daryûn tremblait toujours, il savait qu'il devait s'éloigner d'Arihas mais il n'y parvenait pas. Ses muscles se crispaient dès qu'il cherchait à se détacher de lui.

« Je suis désolé je n'arrive pas à vous lâcher, murmura-t-il.
- Je sais ne vous en faîte pas.
- Je peux vous poser une question indiscrète ?
- Hum… Allez-y on verra bien !
- Vous et Rajendra… Je croyais qu'il n'y avait rien entre vous pourtant il est sorti de votre tente, non ? »

Arihas resta interdit, si n'importe qui lui avait demandé de justifier sa vie privée il l'aurait envoyé balader mais là… Il se sentait presque obligé de lui répondre.

« En effet c'est indiscret comme question… Je vous l'ai déjà dit en plus, soupira-t-il, il n'y a rien entre lui et moi. Il m'a proposé un massage car je lui ai avoué être stressé pour demain. Et c'est tout !
-Et… Il vous a demandé de vous déshabiller pour ça ?
- Vous voulez bien arrêter ça oui ! Je vous ai répondu il me semble !
- Excusez-moi… Je n'arrive pas à m'en empêcher…
- Je sais…
- Depuis tout à l'heure vous dîtes ça mais comment pouvez-vous savoir ?
-Votre comportement et votre attitude je peux les lire… Je les ai déjà vus chez d'autre, Kahzac faisait ça aussi lorsque je m'approchais d'un autre alpha. C'est l'attitude d'un alpha…
- Je ne comprends pas ce que cela veut dire…
- Je crois que vous me considérez comme votre oméga…
- Comment ? Sursauta-t-il. »

Il se détacha d'Arihas mais il fut trop surpris pour le remarquer. Il ne comprenait pas ce qu'il venait de dire. Quant à Arihas, il ne pensait pas un jour se retrouver dans cette situation : Daryûn, même s'il le montrait peu, restait un alpha et souhaitait se lier à lui. Arihas ne savait pas comment gérer la situation : en restant aux côtés de son Altesse il ferait souffrir Daryûn s'il épousait un autre alpha et la situation risquerait de dégénérer. Il pourrait très bien tuer son alpha dans un état de rage pour l'obtenir.

Ce genre d'instinct enfoui finissait toujours par ressurgir, un instinct animal qui pousse à trouver son partenaire et tout faire pour l'obtenir une fois choisi. De la même manière que deux mâles vont se battre pour un territoire ou un partenaire. Plusieurs années auparavant il n'aurait pas compris ces histoires d'instincts et les aurait prises pour de simples rumeurs, de fausses idées et que ce n'était qu'une excuse pour les alphas… Pourtant tous les jours il devait faire face à ce lui enfoui, luttait pour garder un comportement « humain ». Les omégas sont soumis à ses « règles » lorsqu'ils sont en chaleur et les alphas le vivent pour posséder ce qu'ils considèrent comme leur appartenant.

Ses choix se limitaient à rester vivre à la cour et se donner à Daryûn ou partir et trouver un autre partenaire. Daryûn semblait reprendre conscience peu à peu, lui aussi réfléchissait à ce qu'il devait faire et comment agir. Il l'aimait et il le savait depuis le début, depuis qu'il l'avait vu mais ce n'était pas simplement physique. Plus il apprenait à le connaître, plus il aimait son esprit libre et sa volonté de défendre ses idéaux. Il ne se contentait pas de ce qu'on lui imposait, il prenait ce qu'il désirait. Il adorait cette partie de lui, il adorait tout chez lui mais il avait préféré fermer les yeux. Après l'annonce de son oncle, il s'était mis des œillères pour ne plus voir que le prince. Il l'appréciait et s'ils s'étaient mariés il aurait tout fait pour le rendre heureux. D'une certaine manière il s'était senti libéré lorsque le prince épousa Hilmes mais il ne restait plus qu'une obsession pour Arihas. Il le voulait.

« Epousez-moi après cette bataille ! »

Arihas resta interloqué mais c'était la seul chose à faire. Il appréciait Daryûn et de toute manière il devait se remarier alors autant que ce soit avec lui. Il lui faisait suffisamment confiance pour lui confier des choses qu'il n'avait jamais dites à personne : ses cicatrices. Il le laissait se montrer « indiscret » et à chaque fois il lui répondait. Et puis il n'était pas le genre de personne à tomber amoureux à premier regard, pour lui une relation n'existe que sur la durée. Un couple de la noblesse n'est pas la même chose qu'un couple du peuple, car le choix est très souvent restreint à des fins politiques ou diplomatiques. Un couple doit s'entendre et pouvoir communiquer ouvertement, c'est une relation de confiance. Si tout ça est réuni alors l'amour peut naître. Cela s'était passé ainsi avec Kahzac, ils s'entendaient bien et avaient fini par s'aimer et former un couple très fusionnel.

« D'accord, dit-il simplement. »

Daryûn se sentit idiot après sa demande. Il s'attendait encore moins à recevoir une réponse positive de la part d'Arihas.

« Vraiment ? S'exclama-t-il.
- Oui mais après la bataille, dit-il fermement.
- Je… Je sais que je ne me suis pas bien comporté ce soir mais je… Je te protègerais et je n'ai pas l'intention de te priver de ta liberté ! »

Daryûn avait besoin de lui dire. Arihas lui sourit, il ressemblait à un enfant en disant ça. Il alla s'agenouiller devant un sac d'où il sortit un coffret qu'il ouvrit, Daryûn le regarda faire sans rien dire. Arihas défit son collier et en mit un autre qu'il tira du coffret. Il se l'accrocha autour du cou et se retourna vers Daryûn. Il fixa ce nouveau collier noir, très différent du précédent, un détail en particulier attira son attention : une petite serrure sur l'avant. Arihas attrapa une veste pour se couvrir avant de s'approcher à nouveau de Daryûn et lui tendre une petite clef.

« Ceci est la preuve de mon accord, je te donne la seule clef de mon collier… Toi seul peux l'ouvrir, expliqua-t-il.
- Vous… Enfin tu, se corrigea-t-il, es sûr ?
- Je ne te la donnerais pas sinon ! N'oublies pas aussi de faire une demande officielle…
- Je n'y manquerais pas !
- Bien tu devrais te retirer maintenant et aller te reposer, nous avons une dure journée qui nous attend demain.
- Est-ce que je peux…
- Demain ! Ce sera ta récompense pour me revenir, sourit-il. »

Daryûn accepta bien qu'un peu frustré, il aurait bien aimé l'embrasser.

Le lendemain, Daryûn se leva plus léger. Il ne pensait qu'à ce qui arriverait après la bataille. Il fonderait sa propre famille, enfin si Arihas souhaitait lui aussi avoir des enfants. Il souriait stupidement malgré l'air pesant, sa béatitude interrogea Narsus et Ghîb qui furent les premiers à la constater. Ils n'eurent pas l'occasion de lui poser de questions car Daryûn du partir avec Jaswant et Faranghîs pour accompagner Rajendra. Il ne put s'empêcher d'éprouver de la fierté de l'avoir battu, il possédait la clef. Il l'avait d'ailleurs attaché à son propre collier pour la garder près de lui et à l'abri des regards.

Il était heureux qu'Arihas lui fasse confiance et accepte sa demande, il ne s'y attendait vraiment pas. Il attendait avec impatience la fin de la bataille, ça ne lui ressemblait pas d'être si peu concentré pour une bataille mais là la situation était différente. Toute sa vie allait changer ! Il devrait en parler aux princes et faire une vraie demande cette fois. Peut-être devrait-il lui offrir un bijou… Une bague par exemple ? Mais quel genre de bague Arihas aimerait-il ? Et puis cela lui convenait-il vraiment ? Il avait l'impression de lui avoir forcé la main, il eut un pincement au cœur. Est-ce qu'Arihas le voulait vraiment ? Avait-il eu trop peur pour refuser sa demande ? Cela l'étonnerait qu'il se laisse faire mais il se sentait quand même coupable. Lui se réjouissait mais était-ce le cas d'Arihas ?

Faranghîs le rappela à l'ordre voyant qu'il était perdu dans ses pensées. Ils se rapprochaient du camp et l'armée se stoppa attendant le signal d'attaquer d'Hilmes. Daryûn chassa ses réflexions pour se concentrer pleinement sur l'attaque qui allait se dérouler. Il devait revenir vivant pour avoir la moindre chance de l'épouser. Le clairon sonna dans le silence matinal et une mâchoire de fer se referma sur le camp endormi.

Les ennemis ne s'attendaient pas à une attaque ils n'auraient pas le temps de réagir et l'attaque serait rapide mais rien ne se déroula comme prévu. Aucun soldat ne se manifesta malgré le bruit et le fracas des armes, aucune alerte ennemie ne fut donnée pour signaler l'attaque. Dès lors Hilmes sut que quelque chose n'allait pas, c'était beaucoup trop calme pour être normale. Tous les généraux en vinrent à la même conclusion, cela ne se déroulait pas comme prévu. Pourtant les éclaireurs avaient vu des lumières durant la nuit, les hommes n'avaient pas pu se volatiliser en peine quelques heures.

Le constat fut identique pour tous les groupes: le camp était désert. Cela n'annonçait rien de bon. Hilmes ordonna un repli immédiat vers le camp, il craignait de se faire prendre à revers ou pire… Que l'ennemi attaque leur camp ! Certes il y avait des soldats en grand nombre et ils pourraient tenir jusqu'à leur arrivée mais il craignait qu'il n'arrive malheur à Arslan. L'armée turâniene n'est pas connue pour être stratège mais barbare, alors qu'ils fassent un plan n'annonçait rien de bon. Il espérait avoir tort.

Malheureusement ce qu'il craignait arriva. Sur la route menant au camp ils tombèrent sur des messagers qui leur annoncèrent que le camp était attaqué par l'ennemi. Ils tenaient bon mais avaient besoin de renfort au plus vite. Cependant ils arrivèrent trop tard, l'ennemi avait déjà disparu laissant derrière eux une trainée de sang visqueuse. Hilmes partit en quête d'Arslan sans grand succès, il fut interpellé par Daryûn :

« Votre Altesse, le prince est-il avec vous ?
- Non, je le cherche mais je ne trouve aucune trace de lui et personne ne semble savoir où il est…
- Je ne trouve pas Arihas non plus, avoua-t-il, mais un soldat a aperçu Narsus auprès d'Etoile qui est blessée… Peut-être qu'ils savent où est son Altesse Arslan ! »

Hilmes le suivit sans un mot, cette situation l'agaçait et il commençait à avoir peur. Il ne le voyait nulle part, il n'arrivait pas à le sentir non plus… Il avait un mauvais pressentiment.

Cela se confirma lorsqu'il vit la mine inquiète de Narsus au chevet de la soldate lusitanienne. Elle reprenait conscience quand il arriva, elle était gravement blessée et souffrait rien qu'en respirant. Hilmes s'adressa d'abord à Narsus qui évitait son regard :

« Où est Arslan ? Demanda-t-il brusquement.
- Nous essayons de le savoir… Etoile est la dernière personne à l'avoir vu…
- Comment ça « la dernière à l'avoir vu » ? Dit-il en serrant les dents.
- Nous ne savons pas où il est, avoua Narsus. Et Arihas reste lui aussi introuvable… Il devait certainement être avec le prince… Je crains qu'ils n'aient été enlevés pour servir d'otage, l'attaque de Turân a été soudaine et ils sont repartis presque aussi vite. Toutes leurs forces n'étaient pas réunis, ils n'avaient pas l'intention de combattre…
- Vous dîtes que le prince Arslan a été enlevé sous votre responsabilité… Grinça-t-il.
- C'est une supposition nous attendons la version d'Etoile.
- Tu m'entends ? Demanda Alfreed à Etoile.
- Oui, murmura-t-elle.
- Tu nous as entendus pas vrai ? Est-ce que tu sais ce qui est arrivé au prince ?
- Ils nous ont encerclés… Ils ont dit de prendre le prince vivant… Avec Arihas nous avons essayé de leur tenir tête mais on ne faisait pas le poids, ils étaient trop nombreux et Arihas était blessé au bras. Je me suis fait assommer alors que j'allais le soutenir… Je suis tombée et je les ai vus faire pareil au prince et à Arihas puis ils les ont amenés… J'ai essayé de le protéger, pleura-t-elle, je voulais vraiment mais- elle fut coupée par un sanglot.
- Tu as fait de ton mieux, répondit Hilmes. »

Il enrageait, c'est lui qui aurait dû être là pour le protéger… Il aurait dû le convaincre de rester à Peshawar en sécurité ! Il n'avait pas sa place sur un champ de bataille… Hilmes s'en voulait, il ne pouvait même pas protéger son oméga ou le convaincre de rester à l'abri. Il serra les dents pour ne pas hurler sa colère et garda les points fermés. Cela ne devait pas arriver, Arslan devait être en sécurité à l'arrière, il lui avait donné ce poste pour qu'il ne soit pas exposé et finalement ce fut l'inverse… Il se sentait coupable, s'il l'avait pris avec lui rien de tout ça ne serait arrivé ! Il espérait, non il priait pour qu'il aille bien.

La tête d'Arihas était douloureuse et ce n'était pas la seule, tout son corps de le faisait horriblement souffrir. Un liquide chaud coulait sur son visage et avec l'odeur de rouille, il n'eut pas de mal à comprendre que c'était du sang. Le sien. Il ouvrit péniblement un œil, sa vision se troubla à cause du sang. Il chercha le prince, il arrivait à sentir sa présence pas loin.

« Votre Altesse ? Appela-t-il. Il entendit un bruit de chaines.
- Arihas tu es réveillé ? J'ai cru que tu étais… Sanglota le prince.
- Arslan comment allez-vous ? Vous êtes blessé ? Demanda-t-il.
- Je vais bien… Mais toi… T-tu es couvert de sang Arihas et tu es tout pâle, pleura-t-il.
- Ne vous inquiétez pas pour moi, ça va… Même si j'ai connu mieux, dit-il en essayant de sourire. Savez-vous où nous sommes ?
- Aucune idée, ils m'ont bandé les yeux… Je… Arihas j'ai peur, avoua-t-il, et puis j'ai mal au ventre.
- Ne vous en faîte pas, son Altesse Hilmes doit déjà être à votre recherche à l'heure qu'il est ! Et Narsus prépare certainement un plan génial pour nous tirer de là ! »

Arihas essayait de le rassurer. Arslan paniquait, il le sentait clairement et cela l'inquiétait car cette situation cachait quelque chose d'autre qu'il n'arrivait pas à saisir. Il se passait quelque de grave chez le prince mais il ne savait pas quoi. Il arriva enfin à y voir net, il observa autour de lui. Il remarqua qu'on leur avait retiré leurs armures. Ils étaient prisonniers dans une petite tente et attaché par des chaines au poteau central. Il n'arrivait pas à voir à l'extérieure mais il entendait le vent souffler et l'air était froid. Ils devaient se situer dans les montagnes. Des voix se firent entendre à l'extérieur et s'approchaient dangereusement.

Un grand homme en armure entra dans la tente. Arslan reconnut sans peine le roi Ilterish, il eut un frison de dégout.

« Alors comment vont nos prisonniers ? Sourit-il ravi. »

Il n'obtint aucune réponse et cela l'énerva apparemment. Il s'approcha et saisit Arslan par le col.

« Tu fais moins le malin quand t'es plus sur tes remparts pas vrai ! Comment un oméga peu diriger une armée ? T'es fait pour écarter les cuisses, t'as pas compris encore ? Ton alpha te l'as pas dit ? Pourtant on dirait qu'il se fait plaisir ! »

Pour accompagner ses mots, il arracha le col d'Arslan laissant apparaître ses nombreuses marques.

« En plus, t'es pas le seul ! T'as même un petit soldat oméga pour te défendre ! L'armée Parse est tombée bien bas !
- Parles pour toi ! S'énerva Arihas. Tu as peur de nous au point de nous attacher pour nous parler !
- Il a une grande gueule celui-là ! Pourtant je suis sûr que je peux te faire taire… On dirait que t'es pas marqué toi… Et si je te marquais pour voir ? Il lâcha le prince et se dirigea vers Arihas.
- Arrêtez ! S'exclama le prince. »

Il saisit le bras blessé d'Arihas pour l'obliger à se lever. Il prit plaisir à appuyer volontairement sur sa blessure mais Arihas resta de marbre. Il ne lui ferait pas ce plaisir. Ilterish arracha son col et une bonne partie de sa chemise suivit avec. Son agresseur grogna en voyant le collier au cou d'Arihas.

« Je vois… Un gars comme toi a un fiancé, je me demande quelle tête peut avoir une énergumène pareil pour te supporter. Il doit être bien laxiste pour que tu parles comme ça.
- C'est pas un con lui ! »

Arihas prit un coup en plein visage, il n'en attendait pas moins d'un type de ce genre. Les coups se mirent à pleuvoir, il entendit le prince crier à côté. Il se sentit partir et lutta pour rester conscient. Il fut soulagé lorsque les coups cessèrent enfin.

« Tu l'as bien cherché, p'tit pute ! Cracha-t-il.
- Ilterish qu'est-ce que ça signifie cette histoire ? Demanda une voix qui s'éleva derrière.
- Itoqt te voilà enfin ! Je t'ai attendu ! Si on n'avait pas bougé l'armée Parse nous aurait détruits avec ton retard ! S'énerva-t-il.
- Mon frère pourquoi avoir enlevé ces deux omégas ?
- Là c'est le prince Arslan et le mari du prince Hilmes, et à ton avis que va-t-il faire ?
- Il va nous tuer pour avoir enlevé son oméga voilà ce qu'il va faire ! S'exclama-t-il.
- Il va foncer tête baissée pour le récupérer et on va lui tendre un piège ! Je me ferais un plaisir de le tuer et d'humilier Parse !
- C'est de la folie mon frère ! Et que vas-tu faire d'eux après ?
- J'en ferais mes épouses, sourit-il.
- Plutôt mourir ! S'exclama soudainement le prince.
- Ah bon ? Ilterish se tourna vers lui. Tu crois ? Tu verras que lorsque tu seras en chaleur ça t'importera peu de savoir qui te remplit… Il jeta Arslan à terre, et lui donna un coup dans le ventre. Maintenant je veux plus vous entendre vous deux ! Je m'occuperais de vous après… »

Son frère fut choqué de ce comportement mais ne dit rien et suivit son frère lorsqu'il sortit de la tente. Arihas se précipita auprès du prince qui ne bougeait pas et restait recroquevillé sur lui-même.

« Arslan est-ce que ça va ?
- Arihas, pleura-t-il, je saigne !
- Où ça ? Demanda-t-il. »

Arslan baissa les yeux et il comprit. Il y avait du sang sur le pantalon d'Arslan. Arihas se mit à hurler pour interpeller les gardes. Un d'eux daigna montrer le bout de son nez par l'entrée de la tente.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il.
- Allez chercher un médecin, le prince fait une fausse-couche ! »

Le garde écarquilla les yeux avant de partir en courant chercher un médecin. Le prince tremblait, des larmes roulaient sur ses joues. Arihas aperçut un matelas il poussa Arslan à aller s'allonger dessus.

« Arihas… Qu'est-ce qu'il se passe ? Sanglota-t-il.
- Arslan, je suis navré de vous dire ça mais vous faîtes une fausse-couche… Vous êtes enceint mais votre enfant arrive trop tôt… C'est à cause des coups que vous avez reçus…
- J'ai un bébé… Dans mon ventre ? Demanda-t-il surpris. Je suis en train de perdre mon bébé ? Arihas… Je ne veux pas… J'ai peur, pleura-t-il.
- Je suis là, d'accord ? Dit-il en saisissant sa main. Je resterais avec vous, je ne vous lâcherais pas ! Un médecin va arriver et il va s'occuper de vous. Tenez bon ! »

Arslan se blottit contre Arihas en pleurant. Le médecin arriva peu après, c'était un vieil homme au visage grave qui tenait des petites fioles dans ses mains. Le garde qui était parti le chercher arriva les bras chargés de linges. Il les posa à côté d'Arihas et parti aussi vite qu'il était venu.

« Enlevez-lui son pantalon, ordonna-t-il fermement. »

Arihas obéit immédiatement tout en continuant à rassurer le prince. Il passa des serviettes sous lui et le couvrit avec un drap. Le médecin le souleva et observa un moment avant de parler.

« Les saignements ne sont pas préoccupant mais il faut surveiller qu'ils n'augmentent pas. Je vais vous donner de quoi vous revigorer, la nuit va être longue. »

Il lui fit boire plusieurs fioles et se tourna vers Arihas.

« Je vous le confie pour le moment, vérifiez bien les saignements ! S'ils augmentent donnez-lui ça, dit-il en désignant une fiole. Il risque aussi d'avoir de la fièvre… Je vais aller chercher de quoi le soulager rapidement, je ne serais pas long… »

Arihas n'eut pas besoin de plus pour comprendre ce que voulait dire le médecin. Il allait fabriquer une potion pour le faire avorter plus rapidement mais ce genre de phrase effrayait les parents. Les mères se mettaient à paniquer et refusaient de boire le remède, elles avaient l'impression de tuer leur enfant en le faisant. Il était impossible de leur faire comprendre que c'était pour les soulager. Le remède permet d'accélérer le processus pour éviter des efforts inutiles aux porteurs et mettre fin rapidement à ce moment traumatisant. Arslan tremblait toujours dans ses bras, il se mettait à sangloter par moment. Arihas faisait de son mieux pour le calmer et le rassurer, comme le médecin lui avait demandé il vérifiait régulièrement les saignements qui par chance restèrent stables.

Le médecin revint avec une infusion encore fumante, il la fit boire au prince qui pleura à nouveau. Il resta avec eux et s'assit dans un coin à l'écart. Le prince finit par somnoler dans les bras d'Arihas, dans son sommeil il réclama Hilmes.

« Depuis combien de temps ? Demanda simplement le médecin.
- On ne savait pas, dit Arihas, mais je suppose que c'est depuis sa chaleur donc bientôt un mois et demie. »

Le prince se réveilla brutalement à cause d'une crampe. Il se plaignit de la douleur. Arihas lui tint fermement la main, cela dura plusieurs minutes. Le médecin vérifia les saignements qui s'étaient intensifiés. La crampe s'arrêta et les saignement aussi. Le prince retomba en arrière contre le matelas et s'endormit presque aussitôt. Le médecin retira les serviettes de sous Arslan et les remplaça. Arihas aperçut le sang mais aussi de petits bouts de chairs, il eut un haut le cœur et détoura les yeux. Le médecin replia les serviettes ensanglantées et les emballa soigneusement. Le médecin les tendit à Arihas. C'était terminé.

« Il en aura besoin pour faire son deuil, dit-il simplement. Souhaitez-vous que je m'occupe de vos blessures aussi ? »