Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole

Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33
Nombre de chapitres traduits : 10

Chapitre 7 : Où le danger arrive pour Harry

~~~~~~~~~~~~~~ Voici le début ~~~~~~~~~~~~~~

« Ce n'est pas bon, ce n'est pas bon. C'est très mauvais. Très très mauvais ! »

Le Docteur courait autour de la salle de contrôle, basculant des interrupteurs, tournant des poignées et se comportant d'une manière globalement maniaque. Jack tenait Harry, qui le suivait avec de grands yeux verts.

« Mauvais Papa ? Qu'est-ce qui est mauvais ? »

Le Docteur lança un coup d'oeil à tous les deux :

« Ils nous ont eu. Nous attirent vers eux. Ils ont attaché un champs électromagnétique à la matrice principale du TARDIS. Accrochez-vous ! »

Les longs doigts du Docteur s'enroulèrent fermement autour d'une barre. Il se prépara. Le TARDIS secoua et ronfla, puis atterrit brutalement sur le sol avec un grognement. La colonne pulsa avec mécontentement.

Jack, Harry et le Docteur se levèrent, secouant leurs oreilles bourdonnantes et se demandant ce qui s'était passé, ou Jack se demandait. Le Docteur savait, et Harry s'en moquait. Il était plus intéressé par savoir où ils avaient atterri. Jack regarda le Docteur :

« Qu'est-ce qui s'est passé ?

— Le TARDIS a heurté une bosse dans le Vortex temporel, apparemment trop proche de la planète Olympus. Zeus est en colère après moi depuis cet incident il y a des millénaires, et, et bien, ouais. Ce n'est pas bon. C'est vraiment pas bon. »

Jack cligna des yeux :

« Zeus ? Comme le dieu grec ? Ce n'est pas un mythe ?

— Non, non, pas ce Zeus. Race différente. Les Olympiens. Des êtres arrogants, sur lesquels les Immortels ont basé leur hiérarchie en Grèce. Les Olympiens se voient comme des êtres supérieurs, meilleurs que toutes les autres races. Prométhée, oui, celui du mythe mais pas le même, était attaché à une montagne pour avoir apporté la vie dans l'Univers. En le libérant, les Olympiens m'ont attrapé. Ils ne sont pas aimables, pas du tout, et s'ils ont réussi à m'attirer ici à nouveau, je n'ai pas envie de savoir pourquoi. »

Il courut autour du panneau de contrôle, mais le TARDIS ne répondait pas. Elle était immobile, inerte. Le Docteur frappa le tableau de commandes.

« Attendez, vous dites qu'il y avait vraiment des dieux grecs ?

— Les Immortels. Une sous-espèce d'humains qui avaient une avancée considérable. Se sont modelés sur les Olympiens. Ont été les maîtres de l'ancienne Terre. Tous ont soit disparus, soit se sont cachés avant le 20ème siècle. Fonctionne ! »

Jack et Harry regardèrent avec de grands yeux le Docteur essayer des combinaisons variées de différents boutons et poignées, cherchant à avoir une réaction. Rien ne fonctionnait, le TARDIS restait stationnaire.

Le grand homme mince s'effondra dans une chaise, et soupira :

« Je ne voulais vraiment pas revenir ici. Ce n'est vraiment pas bien du tout. »

Il se tourna vers Jack, les yeux écarquillés :

« Vraiment mauvais… Où est Harry ? »

Jack sursauta et regarda autour de lui. La porte du TARDIS était ouverte.

« Je ne sais pas. Dehors ? »

Le Docteur sauta sur ses pieds :

« Non, pas bien du tout. Venez, on sort. Je ne voulais pas faire ça aujourd'hui. »

Et, en attrapant son long coupe-vent marron, le Docteur se précipita dehors. Jack le suivit, enfilant sa propre veste.

Ils arrivèrent à temps pour voir la petite forme de Harry soulevée par un homme avec des ailes sur son casque et ses sandales. Un visage bien trop beau les regarda, puis ils furent salués et l'homme partit en vitesse, au loin par dessus la cime des arbres.

« Harry ! Ramenez-le ! Bon sang, ramenez-le ! C'est juste un enfant ! »

Le Docteur courut en direction des toits blancs des bâtiments au loin. Jack resta immobile, choqué alors que le Docteur lâchait une suite d'obscénités dans différents langages (il ne connaissait pas les quatre derniers). Harry. Ils avaient pris petit Harry, avec ses grands sourires et ses rires. Il plissa les yeux.

« Docteur, où est-ce qu'ils pourraient l'emmener ? »

Le ton bas, meurtrier, dans la voix de Jack fit se tourner le Seigneur du Temps vers lui, les yeux écarquillés :

« Quoi ?

— Harry. Où est-ce qu'ils pourraient emmener Harry ?

— Et bien, à Asclépios et Péon, le plus probablement, après avoir été amené à Zeus tout d'abord. Ses étrangetés les… pousseraient à l'étudier, apprendre des choses sur lui. Asclépios et Péon sont ceux qui s'occupent de la médecine. »

Le Docteur avait les yeux grands ouverts, la fureur toujours évidente sur son visage, mais à présent qu'il ne criait plus dans le ciel vide et que sa tête froide avait pris le dessus, il réfléchissait.

« Que vont-ils faire ? »

Le Docteur plissa les yeux :

« Ils ne le tueront pas. Les enfants sont précieux, mais ça ne veut pas dire qu'ils ne vont pas l'étudier. Je ne peux pas établir précisément l'année ici, mais c'est bien après ma première visite, et comme les Olympiens ne peuvent pas être tués, si Zeus découvre Harry, il découvrira ce qu'il signifie pour moi. C'est une sorte de punition. »

Le regard du Docteur se durcit :

« Une qui fonctionnera si on ne peut pas atteindre Harry. »

Le Docteur tira Jack dans le TARDIS.

« Et je ne peux pas retourner la cité avec juste un tournevis sonique. Leur technologie est plus avancée et ils ont du pouvoir, ils manipulent différentes énergies. Tenez ça. »

Une boite fut posée dans les mains de Jack, rapidement suivie par une autre boite, un livre, des papiers, un sac, et quelques objets que Jack ne reconnut pas.

« Que peuvent-ils faire, Docteur ? »

Jack posa les affaires qu'il tenait sur le côté. Des yeux marrons lui lancèrent un regard :

« Ils manipulent différentes longueurs d'ondes d'énergie en différentes fréquences. Cela leur permet de créer un éventail très varié d'effets basés seulement sur leurs caprices personnels et leur personnalité. Le peu que j'ai rencontré sont Zeus, Héphaïstos et Asclépios, et ils suivent la mythologie grecque d'assez près, avec différents résultats. Zeus, je me souviens, était capable de grandir dans des proportions énormes pour frapper ses ennemis avec la foudre, et Héphaïstos était un inventeur de génie. Asclépios… C'est un homme dans les mains duquel un scalpel devient un pinceau.

— Qu'est-ce que vous allez faire ? »

Jack s'assit lourdement sur le sol grillagé. Le Docteur continuait à se déplacer de panneau en panneau, tirant chacun avec une rage contrôlée.

« Je vais leur rappeler pourquoi les Seigneur du Temps ont régné pendant un milliard d'années et pourquoi ils ont été détruits. »

Le Docteur fourra quelques objets de plus dans ses grandes poches.

« Et s'ils ont fait du mal à Harry… »

Le Seigneur du Temps se leva, les yeux brillant dangereusement. Jack n'avait pas besoin du reste de la phrase pour savoir ce que le Docteur ferait. Il trembla. La dernière fois qu'il avait vu le Docteur en colère était contre le Maître, et cette colère… Cela n'avait rien à voir avec la rage qui s'affichait à présent sur son visage. Jack était suffisamment convaincu qu'ils pourraient atteindre la cité.

Le Docteur se laissa tomber devant un panneau de sol et commença à fouiller dans une pile de livres.

« Ah ah ! Le voilà ! »

Un gros volume poussiéreux tomba par terre et le Docteur sortit du sol et replaça les éléments. Le livre fut rapidement ouvert et feuilleté. Jack jeta un coup d'oeil curieux par dessus l'épaule du Docteur, se demandant pourquoi c'était le bon moment pour un peu de lecture, et, étrangement, il ne pouvait pas lire le langage sur la page.

« Qu'est-ce que c'est que ça, Docteur ? »

Son ton était plein d'impatience. Des doigts s'agitèrent.

« Ça, Jack, c'est une liste des différents Olympiens que j'ai réquisitionnée il y a des années d'une vieille Planète-Bibliothèque. Sais pas comment elle est sortie d'Olympus, mais elle contient des connaissances inestimables. Écrite dans une vieille forme du Premier Langage. Désolé, en effet, le TARDIS ne peut pas le traduire. Maintenant, restez tranquille un moment. Je dois vérifier quelques petites choses. »

Jack se redressa et s'agita un peu plus, mais la rage qui couvait sous le masque à présent calme du Docteur était suffisant pour calmer sa propre puissante colère.

Harry. Brillant, étincelant, joyeux Harry. Ils l'avaient. Ils l'avaient pris, et ils lui faisaient on ne savait quoi. Jack sentit sa propre colère refaire surface, pas aussi brûlante que la fureur du Seigneur du Temps (peu pouvaient l'égaler au niveau émotionnel, toutefois), mais elle courait dans ses veines avec détermination.

Jack regarda le Docteur alors qu'il ferma brutalement le lourd et poussiéreux livre épais avant de se précipiter par la porte latérale, ses pas faisant écho. Il était légèrement surpris. Qu'est-ce que dans l'Univers le Docteur pouvait avoir qui pouvait faire quelque dommage que ce soit à une race d'êtres immortels qui le haïssaient et qui avaient pu tirer le TARDIS hors du vortex temporel ? Encore une fois, il mettait peu de choses hors de la portée du Docteur quand il était en colère. Les choses ne tournaient jamais bien pour ceux vers qui cette colère était dirigée.

« Donc, Docteur, quel est le plan ? »

Des yeux marrons le percèrent alors que leur propriétaire se précipitait vers la porte, une main fourrant quelque chose dans une poche.

« Leur rappeler pourquoi je suis le dernier Seigneur du Temps restant dans cet Univers et ramener Harry. »

Jack lui courut après. S'il y avait une once de pitié en lui, ce n'était absolument pas pour les Olympiens. Ils avaient pris le souriant, riant, lumineux Harry. Il serait absolument là quand le Docteur ferait ce qu'il avait l'intention de leur faire.

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Harry avait pris l'habitude d'ouvrir les portes du TARDIS dès l'atterrissage et de se promener dehors pour voir où ils étaient. Cela n'avait jamais été un problème auparavant, compte-tenu du fait que son papa était juste derrière lui, généralement le ramenant en arrière à cause de chaussures oubliées ou d'une veste.

A présent, cependant, il commençait à penser qu'il aurait du attendre.

L'homme ailé (pas comme les ailes sur les papillons ou les oiseaux. Des ailes sur ses chaussures et son chapeau !) l'avait soulevé sans lui demander, l'emmenant dans les airs et partant sans lui parler. Il avait été, par la même occasion, rendu silencieux. Il n'appréciait pas du tout la situation. Il fit des gestes colériques en direction de l'homme, les mains s'agitant et des balles de couleurs éclatantes apparaissant et mitraillant le visage étroit de l'homme. Il fut dévisagé avec surprise :

« Ah, c'est que tu as du talent ! Je n'ai jamais vu une capacité comme ça avant ! Zeus va t'adorer. »

Le ton de voix était trop joyeux pour que les actions de Harry l'ait affecté. Harry était frustré.

Le sol en dessous défilait rapidement, toutes sortes d'animaux courant dans la forêt ou se glissant entre les arbres. Personne, cependant, aucune personne. Mais la cité devant, les colonnes blanches et les toits étincelant au soleil, approchant rapidement, il y aurait des gens. Des gens à qui il pourrait demander de le ramener à son papa. Des gens qui seraient plus gentils que cet homme qui volait.

Il n'osa pas se débattre, cependant, sachant qu'il ne voulait vraiment pas être lâché. A la place, il se tourna pour regarder son ravisseur.

Il aurait aimé pouvoir parler, demander un nom, demander à être ramené à sa maison et à son papa et son oncle. Demander n'importe quoi. Mais sa voix semblait l'avoir quitté pour toujours. Il bouda, et la cité blanche défila sous eux. Les gens ne semblaient pas particulièrement intéressés par leur vol, bien que quelques uns pointèrent vers eux et leur crièrent quelque chose. L'homme ne dit rien cependant, déterminé et n'ayant qu'une seule idée en tête. Ils se précipitaient vers ce qui semblait être un temple géant, volant en flèche par dessus les masses et droit entre les colonnes. L'homme ailé se posa doucement, en dehors d'une paire de grandes portes de marbre.

Il fit un geste à deux hommes en blanc et ils s'inclinèrent solennellement, avant d'appuyer sur une série de boutons. Les portes s'ouvrirent avec un doux chuintement d'air qui s'échappe. L'homme porta Harry dans le luxueux couloir et vers une estrade surélevée.

Harry ne pensait pas que ses yeux pouvaient devenir plus grands. La pièce était immense, plus grande que tout ce qu'il avait pu voir dans le TARDIS. Des colonnes blanches s'élevaient plus haut que Harry pouvait nettement voir, avec des motifs de lierre gravés jusqu'en haut. Des symboles, étranges et inconnus, s'enroulaient en spirale aussi haut que Harry pouvait voir. Et tout était blanc. Blanc d'ivoire, blanc pur, beaucoup de blancs. Cela commençait à faire mal aux yeux.

Puis il fit brutalement face au sol. L'homme qui le tenait s'était agenouillé, et Harry était forcé de faire de même.

« Mon Seigneur Zeus. L'enfant que vous avez souhaité est ici. »

Et Harry fit face à un homme qui, en dépit de la légère apparence de son grand âge, débordait de charisme. Des yeux bleu vif, perçants et étincelants, survolèrent le petit corps de Harry. Des mains aux longs doigts et légèrement abîmées coururent dans une barbe bien entretenue. Une bouche parfaite devint pensive.

« L'enfant du Docteur infernal, oui ? Celui qu'on pouvait sentir à travers le Vortex Temporel lui-même ? Ah, je peux le voir à présent. Ton sang recèle ce qui reste des Éternels sur ce plan, mais il est cependant… différent d'une certaine manière. Comme s'il avait été modifié. Dis-moi, Hermès, a-t-il fait des choses étranges ? »

Hermès eut un petit rire :

« Oui, Zeus. Il a conjuré des balles colorées qui se sont lancées sur moi. Je l'ai rendu silencieux, ne sachant pas ses capacités. Il semble qu'il n'ait pas besoin de parler pour s'en servir. »

Les yeux de Zeus s'agrandirent imperceptiblement.

« Conjuré, tu dis. C'est intéressant… dis-moi, enfant, quel est ton nom ? »

Harry sentit les liens qui retenaient sa voix se libérer, et il refusa immédiatement de répondre à la question :

« Où est papa ? Je veux rentrer ! Ramenez-moi ! »

Harry se débattit des bras de Hermès et tomba sur ses pieds, lançant un regard noir avec toute la puissance qu'un petit enfant pouvait avoir.

« Vous n'êtes pas gentil ! Je veux rentrer à la maison.

— Enfant, réponds à ma question. Quel est ton nom ? Je me moque de ta maison et ton père recevra sa juste punition pour sa défiance. Quel est ton nom ? »

Harry ferma la bouche avec entêtement et secoua la tête :

« Non. Vous n'êtes pas gentil. Je ne vous aime pas. »

Et il lui tourna le dos.

Hermès était en admiration silencieuse devant l'enfant. Peu osaient défier Zeus, quel que soit leur âge. Les Olympiens commandaient le pouvoir.

« J'aurais ton nom garçon ! Dis-moi ton nom ! »

Le rugissement de Zeus secoua le complexe, faisant écho dans les combles et ceux qui étaient présents dans la salle grimacèrent et se couvrirent les oreilles. Harry resta immobile, les yeux écarquillés, le visage pâle, la bouche décidément fermée. Il secoua la tête, les cheveux s'agitant autour de lui. La peur l'empêchait d'ouvrir la bouche à présent.

Zeus gronda gutturalement et fit tourbillonner un peu d'électricité entre ses doigts. Elle se rassembla en une balle, bondissant de phalange en phalange, puis, avec une vitesse à laquelle personne ne s'attendait, Zeus lança l'éclair vers l'enfant. L'arc jaillit de ses doigts, entourant Harry de blanc et de bleu.

Harry cria. Cela faisait mal, des piqûres d'électricité lui parcourant la peau. Hermès tourna de grands yeux vers Zeus :

« Seigneur… C'est juste un enfant… Vous n'avez pas besoin de… »

Zeus lui lança un regard noir.

« C'est sans danger. A peine plus que de l'électricité statique surchargée avec un petit plus. Il va s'en tirer. »

La voix était dédaigneuse.

« Lève-le, et envoie-le à Asclépios et Péon. Je veux savoir ce qu'il est, comment il fonctionne, tout. »

Hermès hésita une seconde.

« Maintenant. »

La finalité dans sa voix fit se précipiter Hermès vers le garçon, qui pleurait doucement sur le sol, puis vers de petites portes ouvertes.

Il n'osait pas désobéir à Zeus. Pas s'il voulait que ses membres continuent à fonctionner.

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« Ah, un joli spécimen que nous avons aujourd'hui. Toujours en développement, à ce que je vois. Et une si étrange énergie, pouvoir. Elle s'enroule autour de lui… Une sorte de sécurité, j'imagine. Nous devrons désactiver ceci, Péon, si nous voulons suivre nos instructions. »

Une main aux longs doigts osseux se tendit vers Harry, et un crépitement remplit l'air. Un couinement de joie enthousiaste.

« Oui oui, c'est merveilleux. Péon, va chercher Hécate. La vieille sorcière sera capable de nous aider. Je suis… assez… impatient de travailler sur celui-là. »

Un homme mince et effacé dans une toge blanche se dépêcha hors de la pièce. Asclépios rit follement.

Asclépios était grand, avec des épaules larges et mince. Ses bras étaient secs et musclés, mais ils étaient noués et ratatinés, lui donnant un air étrange et bizarre. Son cou était mince mais fort, supportant un visage qui aurait été beau s'il n'était pas tordu par un sourire plus adapté à un fou. Des yeux d'un vert sombre et profond vous enveloppaient et vous avaleraient vivants s'ils en avaient la possibilité.

Sa toge avait un bâton entouré de serpent et surmonté de feuilles s'étalant sur la poitrine, et était tenue fermée par une corde d'argent. Il tira dessus avec impatience alors que ses yeux couraient sur le petit garçon étendu immobile sur la table en marbre. Un autre sourire fou s'étira sur son visage. Zeus lui avait vraiment donné quelque chose d'intéressant cette fois. Depuis le Docteur, rien d'autre d'intéressant ne s'était passé. Cet homme… s'il avait pu l'avoir sur cette table, travailler dessus, l'étudier, les choses qu'il aurait pu découvrir…

Les Seigneurs du Temps gardaient étroitement leurs secrets, même quand ils parcouraient l'univers. Maintenant, enfermés dans une bataille sans fin, leurs secrets étaient encore plus étroitement gardés, verrouillés au delà même de l'atteinte des Olympiens. A part un. Un Seigneur du Temps brillant et fou était toujours en liberté, et Asclépios l'avait presque eu.

Maintenant, il avait le garçon qui était en partie Éternel, en partie humain, et quelque chose de si complètement différent. Cela valait chaque instant passé sur ces petites choses inutiles qui s'écrasaient sur Olympus ou qui étaient attirées pour se distraire. Il se frotta les mains avec délices.

« Ah, Asclépios, quelle horreur de te voir si excité aujourd'hui. Ton petit esclave a dit que tu avais quelque chose d'intéressant. J'espère que tu n'es pas juste en train de me faire perdre mon temps avec tes bêtises habituelles. »

La voix traînante et moqueuse se glissa dans l'air comme un poison, s'écoulant lentement dans les oreilles et dans l'esprit. Asclépios sourit :

« Ah, Hécate, vieille chauve-souris horrible, serais-je assez cruel pour t'appeler sans nécessité ?

— Oui, tu le serais. »

Hécate était l'image de la beauté classique, d'une beauté statuesque et avec la peau aussi noire que la nuit. Des yeux rouges étaient visibles sous des longs cils, et une écharpe violette était drapée sur ses épaules. Sa toge était prune et tombait au sol, attachée par de l'or rouge. Ses ongles étaient longs et pointus et rouges, s'affichant à chaque fois qu'elle faisait un geste. Sa bouche était tordue en une moue narquoise :

« Eh bien, vision de cauchemars, j'ai reçu un spécimen d'un tel intérêt que j'ai pensé que tu serais la meilleure pour… apprécier une telle intrigue. »

Asclépios se déplaça et fit signe à la femme de s'approcher, clairement enchanté.

« Regarde le, regarde le bien. Est-ce que tu peux le voir ? »

Hécate s'approcha légèrement, les yeux plissés et le visage pensif, se penchant près du corps du garçon.

« Il semblerait que… qu'il a un pouvoir, enveloppé autour de lui. Chaque centimètre est couvert. Remarquable. C'est très intéressant en effet. Laisse-moi voir ce qui pourrait causer ça… »

Ses mains coururent le long d'une barrière crépitante et fumante, sentant, touchant, goûtant, avant qu'elle recule, les yeux écarquillés :

« Il est en partie Éternel. Il a leur pouvoir dans les veines. Mais il est humain, ses caractéristiques, son coeur, est humain… Comment c'est… »

Elle se tourna vers Asclépios :

« Laisse moi aider. Je dois en savoir plus. Les Éternels n'ont jamais pu être étudiés. Ils n'ont jamais vraiment voyagé. Cet humain est le dernier d'entre eux, le dernier de ce qui reste de leur race sur ce plan. Laisse-moi aider, je t'en prie. »

Ses yeux étaient grands et plaidants.

Asclépios se réjouit silencieusement, sachant qu'il la tenait. Hécate n'était jamais la plus simple à convaincre à faire quelque chose ; elle devait décider ou elle ferait exactement le contraire juste pour vous irriter.

« Ma vile vermine vicieuse, bien sûr. Comment est-ce que je ne pourrais pas quand tu demandes si gentiment ? »

Il claqua des mains :

« Mais les choses dans l'ordre, cette barrière. Peux-tu l'enlever ou la détruire ou la désactiver ? »

Le regard noir qu'il reçut de la sorcière montrait qu'elle savait qu'il l'avait piégée, mais elle ne dit rien. C'était un projet trop tentant pour être abandonné à cause d'une petite ruse.

Elle se pencha à nouveau sur la forme inerte de Harry, tapant, tâtant, piquant et d'une manière générale agitant le bouclier qui s'était enveloppé autour du petit corps.

« Donne moi juste un peu d'espace. C'est un pouvoir inhabituel. Je dois y aller lentement ou je peux être grillée. »

Asclépios fit un pas en arrière, s'assurant d'être hors du possible rayon d'explosion. Hécate lança un sourire maléfique par dessus son épaule :

« Et ne penses pas être en sécurité parce que tu es derrière moi. Ce pouvoir pourra effacer ton existence également. »

Asclépios espéra juste qu'elle ne décide pas de jouer avec exprès, pour le détruire. Ce serait… déplaisant.

Des doigts fins luxueusement couverts commencèrent à tournoyer et tourbillonner dans les airs, dansant autour de la barrière préventive, étincelante. Des tourbillons de fumée suivirent leur chemin, se posant sur la silhouette de l'enfant et absorbant le pouvoir à un niveau qui lui permettrait de rester sans danger dans le corps. Hécate sourit d'un air suffisant :

« Tu as environ quanrante-huit heures avant que son pouvoir soit suffisamment fort pour briser le limiteur que j'ai placé sur lui. Je recommanderais de laisser tout ce que tu veux faire avec son pouvoir interne pour moi, cependant, car je ne suis pas sûre des… conséquences que tes actions pourraient provoquer. La force de l'enfant est formidable. Ce serait assez… malencontreux que ton essence soit vaporisée dans le vent à cause d'une simple sonde. »

Son sourire mauvais montra à quel point elle trouverait amusant cet événement, si ça devait arriver. Asclépios décida de laisser l'examen du pouvoir de l'enfant à la déesse-sorcière. Elle survivrait certainement à un tel incident.

Maintenant, avec le pouvoir contenu, Asclépios s'approcha, observant l'enfant avec un intérêt avide, maintenant capable de toucher et mesurer le corps.

Il était petit, très petit, pas encore soixante-dix centimètres de longueur. Sa silhouette portait toujours des restes du temps où il était un nourrisson, le gras qui s'attardait sur ses joues et ses jambes. Son corps commençait à s'allonger pour suggérer la silhouette mince qu'il aurait en grandissant, mais l'enfance s'assurait qu'il soit toujours isolé correctement. Asclépios ouvrit un oeil avec ses doigts, observant l'orbe à l'intérieur.

« Par les Grands Cieux au dessus, ces yeux. Ils sont magnifiques. Une telle couleur et une telle vivacité. As-tu déjà vu un tel vert, sorcière ? »

Hécate regarda par dessus l'épaule de Asclépios, avant de secouer la tête :

« Pas un vert naturel, n'est-ce pas ? Quelque chose les a changés. Presque émeraude, mais ils brillent trop. C'est intriguant.

— Son esprit doit être quelque chose… Je dois l'examiner. Son pouvoir a trop changé en lui, mais il est toujours si jeune, suffisamment jeune pour travailler dessus. Toute son infrastructure est toujours malléable, en formation. Ah, il revient à lui. Horrible harpie, si tu pouvais être assez aimable pour le rendre silencieux. Je peux le restreindre, merci pour l'offre. Ah, vous voilà, yeux verts. Un tel plaisir d'enfin vous rencontrer. »

Asclépios et Hécate se regardèrent par dessus la silhouette prostrée de Harry. Harry ouvrit la bouche et cria. S'il avait été capable d'émettre un son, cela aurait été terrifiant.

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La cité blanche qui était la seule structure sur Olympus brillait au soleil, alors que Jack et le Docteur s'approchaient. Des arches et des colonnes perçaient le ciel, s'arquant avec grâce au dessus du paysage et affichant de manière évidente l'identité de ceux qui vivaient en dessous. Et est-ce que c'était des chars volants ? Jack secoua la tête. La technologie était étonnante… Le style artistique était resté an Grèce antique. Ou, plutôt, l'architecture de la Grèce Antique était décidément Olympienne. Peu importe.

Les portes, de larges mastodontes de métal qui leur barraient l'entrée, arrêtèrent à peine la marche en avant inévitable du Docteur, et les gardes eurent à peine le temps de se remettre alors qu'ils voyaient les portes s'ouvrir largement. Les cris qui les suivirent furent amusants, et Jack se serait arrêté pour les savourer si leur mission n'était pas d'une importance si capitale. Le Docteur n'avait pas encore parlé alors qu'ils s'avançaient, ne rencontrant aucune résistance sur leur chemin. Enfin, ils étaient juste à l'intérieur des portes. Les gens se promenaient rarement juste à l'intérieur des portes.

« Docteur, ça fait un moment. Et vous apportez une si belle noirceur avec vous. Le chaos qui exsude de vos pores. C'est magnifique. »

La voix était soyeuse et sensuelle et pleine de menace. Elle fit trembler Jack. Sa propriétaire et une femme grande et mince avec les cheveux remontés en un chignon compliqué, des mèches noires serpentant sur ses épaules nues. Une robe blanche était attachée à sa silhouette avec un lien de soie brillante d'une couleur mystérieuse. Jack devait lever la tête pour la regarder dans les yeux, un accomplissement qui lui fit tourner la tête. Ces yeux… Cette couleur bleue devait être illégale.

« Eris, que voulez-vous ? »

Eris ? Ce nom…

« Eris ? Le Chaos, c'est ça ?

— En effet, Jack Harkness. Si nous avions plus de temps, j'adorerais…

— Poussez-vous, maintenant. Je ne suis pas d'humeur clémente, Eris. Tout ce que vous pouvez dire est trop peu, trop tard. Et à moins que vous ne déteniez actuellement mon fils, vous ne voulez pas vous tenir devant moi. »

Eris eut un rire moqueur :

« Que pourriez-vous faire, Seigneur du Temps, contre un immortel ? Si vous voulez revoir votre fils, vous pourriez avoir besoin de plus que des paroles pour l'atteindre. »

Les yeux du Docteur se plissèrent davantage. Il s'approcha plus près de la belle femme au teint de bronze portant une toge blanche :

« Je suis le dernier Seigneur du Temps de l'Univers. Est-ce que vous voulez découvrir maintenant pourquoi ? Si non, je vous suggère de vous sortir de mon chemin. J'ai des choses à faire. »

Les yeux bleus de Eris s'agrandirent, mais elle hocha la tête et fit un pas de côté avec l'air de quelqu'un qui en avait toujours eu l'intention, bien que son regard ne croisât pas celui en colère du Docteur :

« Vous ne pouvez pas l'aider si vous vous faites tuer en chemin, dit-elle, sans regarder le Seigneur du Temps.

— Ça n'arrivera pas. Je vous recommande de partir, Eris. »

Et il partit à grandes enjambées, vers les escaliers qui montaient et montaient et montaient vers le temple siégeant au dessus de tout, s'élevant au dessus de la masse des bâtiments blancs et des statues.

Jack lança un regard en arrière vers la grande beauté. Elle rencontra fermement son regard :

« Je serais prudente en le suivant, Jack Harkness. Il est dangereux et imprévisible. Vous pourriez vous retrouver mort. »

Jack eut un sourire d'auto-dérision :

« Je ne pense pas que ça arrivera bientôt. »

Il jeta un regard vers le dos qui s'éloignait du Docteur.

« J'ai un neveu à récupérer. »

Et il se dépêcha de rattraper le Docteur.

Peu de mots furent échangés pendant les premières centaines de marches qu'ils grimpèrent, puis Jack, qui essayait de suivre le rythme infatigable du Docteur, parla finalement :

« Qu'est-ce que vous prévoyez de faire, Docteur ? Vous ne pouvez pas simplement entrer et demander à ce qu'on vous rende Harry ! Je veux dire, si ces Olympiens ont quoi que ce soit en commun avec leurs équivalents mythiques, on ne passera même pas les portes ! Docteur ! Est-ce que vous écoutez ? »

Le Docteur tourna sur ses talons et regarda Jack, trois marches plus haut et maintenant encore plus grand :

« Ils ont pris mon fils. Ils ont brisé toutes les règles qui puissent exister dans chaque livre jamais écrit. Alors je vais briser quelques unes des miennes. Il y avait des raisons pour lesquelles les Seigneurs du Temps me craignaient. Zeus va découvrir pourquoi. »

Puis il laissa Jack planté là, choqué, sur les marches de l'escalier sans fin, incertain de quoi faire ou quoi dire ou quoi que ce soit. Son cerveau n'avait pas complètement assimilé ce qu'il venait de lui être lancé. Donc il courut après le Docteur. Quelque chose allait se passer, quelque chose probablement épique en termes de destruction. Il allait être là pour s'assurer que le Docteur retrouve ses sens à temps pour les emmener en sécurité.

Les visages curieux des Olympiens autour d'eux les regardèrent grimper l'escalier, mais personne n'intervint. Jack se demanda pourquoi à voix haute.

« Les Olympiens sont tenus d'une main ferme par Zeus. Ceux qui échouent à obéir aux ordres ne terminent généralement pas dans des endroits très agréables. Zeus est ce qu'on pourrait appeler un dictateur et personne n'ose s'élever contre lui. Donc ils laissent les étrangers tranquilles. C'est plus sûr pour eux comme ça.

— Ça semble une rude manière de vivre, dit Jack doucement.

— Les punitions ici sont plutôt créatives. Prométhée était vraiment enchaîné à une montagne, et son foie mangé tous les jours avant qu'il ne repousse. Tout ça pour, comme les Olympiens le disent, avoir amené l'étincelle de vie dans l'Univers. »

Le mépris du Docteur était suffisant pour que Jack comprenne qu'il n'y croyait pas vraiment.

« Donc vous savez où vous allez. »

Le Docteur lui lança un regard :

« Je suis déjà venu ici avant, il y a des siècles et des siècles, c'est vrai. Mais Olympus ne change jamais. Ça a fonctionné comme ça depuis qu'ils ont construits la cité il y a des millénaires de ça. Et Zeus est arrogant ; il a choisi son trône de façon à ce qu'il soit au-dessus de tout dans la cité. Son palais, certains pourraient dire. Ses plus proches assistants et ceux de plus haut rang sont situés à l'intérieur également. »

Le Docteur pointa vers la structure qui se rapprochait constamment.

« Ça ressemble à un temple, mais à l'intérieur, c'est plutôt un labyrinthe. »

Jack ne pensait pas que ça le rassurait sur leur entreprise. Le Docteur était clairement furieux, malgré ses réponses à ses questions avec un ton calme. Les yeux marrons étaient durs et presque brûlants et il était certain que les poings du Seigneur du Temps étaient fermés depuis qu'ils avaient commencé à monter les marches. Alors qu'ils s'approchaient de plus en plus du haut des marches, Jack pouvait distinguer les gardes et les sentinelles à l'extérieur et déglutit. Cela ne promettait rien de bon pour son état d'esprit, il en était certain.

Alors qu'ils arrivaient au niveau du temple, grimpant la dernière marche, les craintes de Jack sur une opposition se réalisèrent quand les sentinelles, qui avaient observé leur ascension, appelèrent les gardes pour les entourer rapidement. Cela ne sembla pas perturber le Docteur du tout.

Jack, d'un autre côté, n'était pas ravi de la situation. Mais il resta là où il était. Harry était certainement en plus grand danger que lui en ce moment, et le gamin n'était pas immortel.

« Qui entre dans le territoire de Zeus le Tout-Puissant ? » lança une sentinelle.

Le Docteur se tourna pour le regarder directement :

« Je suis le Docteur. Je vous demanderais bien si vous avez envie de discuter, mais je ne suis pas vraiment d'humeur pour ça. Je vous dirais bien aussi de bouger, mais je ne suis pas sûr que ça marche non plus. En fait… »

Il s'interrompit alors que plusieurs disques s'élevèrent vers lui. Il haussa un sourcil.

« En fait, je suis ici pour retrouver mon fils. Donc, à moins que vous vouliez bouger, j'ai bien peur de devoir prendre une approche plus directe. »

Peu importe la politesse avec laquelle le Docteur cracha ses mots, Jack entendit la menace sous-jacente qui s'embrasait au dessus sa tête. Il semblait que les gardes ne l'avaient pas entendue.

A un moment, Jack se tenait debout, cherchant à formuler un plan, qui pourrait, d'une manière ou d'une autre, leur permettre de s'en sortir tous les deux en vie, et si possible avec un nombre minimum de morts pour lui. Le moment suivant, chaque disque explosa et le Docteur n'était plus à côté de lui. En fait, le Docteur était maintenant hors du cercle des gardes confus et surpris. Jack cligna des yeux.

Avait-il manqué quelque chose d'important ?

Alors que les gardes essayaient de comprendre ce qui venait de se passer, Jack les bouscula pour rattraper la silhouette en trench-coat marron qui s'avançait vers un mur d'apparence solide. Jack voulait désespérément savoir ce qu'il avait fait aux gardes, mais après avoir aperçu son visage, décida de ne pas le faire.

Il demanderait plus tard.

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Harry. Ils ont Harry. Ils ont pris Harry. Son esprit fonctionnait à plein régime, mais cette pensée, encore et encore et toujours, refaisait surface. Son fils, le petit garçon qui l'appelait papa et jouait et voulait des histoires et des bulles spéciales dans le bain et lui lisait des histoires de héros alors qu'il trafiquait le TARDIS, avait été enlevé.

Donc quand ces gardes, pions pathétiques dans les mains d'un roi bien plus sinistre qu'ils l'imaginaient, l'entourèrent lui et Jack, il les avait avertis. Puis il avait agi.

Cela faisait longtemps, des années, des éons, depuis qu'il s'était servi aussi lourdement de la connexion intime au temps que tous les Seigneurs du Temps avaient. La plupart ne réalisaient jamais vraiment ce que c'était exactement puisque la plupart ne quittaient jamais Gallifrey à moins d'y être ordonnés, mais il savait ce que c'était depuis son sevrage. Et alors que Gallifrey était partie avec toutes ses majestés et son histoire et son pouvoir, le temps coulait toujours autour de lui.

Donc il avait tiré dessus et s'en était entouré et avait vieilli leurs appareils au delà de toute possibilité de réparation alors qu'il se glissait hors du cercle. Il était sûr que Jack suivrait. Jack comprenait plutôt rapidement.

Harry. Mon Harry. Mon fils. Dans cette vie, sa vie en tant que Docteur, ses enfants étaient tissés à partir d'un Métier Familial, et appelés Cousins. Une fois, il avait eu un Frère, choisi plutôt que donné. Une fois, il avait eu une petite fille, d'une certaine manière la sienne, mais en même temps non. Mais il pouvait se souvenir d'un temps où il avait été le père d'enfants avec des petits pieds et des voix couinantes. Quand il ne pouvait plus se souvenir de son nom mais pouvait se souvenir du son de sa femme, de ses enfants courant dans les couloirs et jouant et riant. Il n'avait jamais rêvé avoir à nouveau cette opportunité.

Et on lui avait donné Harry. Et le petit garçon était à lui. De grands yeux verts, des cheveux noirs en bataille, et des pieds qui couraient tout le temps, il avait un enfant. Et Zeus l'avait pris.

La porte dans le mur blanc était évidente, et alors qu'il sentait Jack courir pour le rattraper, il s'avança vers elle avec détermination. Le Tournevis Sonique dans une main, cela lui prit à peine plus de temps qu'un pointage rapide et une évaluation avant de taper le code dans un petit panneau presque invisible, et il était à l'intérieur et les pas de Jack firent écho avec les siens alors qu'ils avançaient dans le complexe.

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« Seigneur Zeus, il y a eu une entrée non-autorisée dans le temps. Les Observateurs disent que c'est le Docteur. Que souhaitez-vous qu'on fasse ? »

Zeus regarda les têtes inclinées des Personnifications. Némésis, Tyché, Momos, Fors et Fortuna se tenaient debout le long des murs. Moïra, Mania et Hypnos étaient, comme d'habitude, absents. Hypnos était certainement cloîtré dans sa chambre en train de faire tourner des disques et regarder dans des boules. Il n'était pas certain de ce que Moïra faisait de son temps, et il avait interdit à Mania de mettre le pied dans la salle du trône, donc ce n'était pas un choc qu'elle ne soit pas là.

« Arrêtez-le et amenez-le moi. Confisquez toute technologie étrangère qu'il a sur lui et amenez-la à Héphaïstos. Je vais lui enseigner les conséquences de désobéir à Zeus le Tout-Puissant. »

Elles s'inclinèrent plus bas avant de se glisser par les portes. Si quiconque pouvait arrêter cet infernal, exaspérant Docteur, c'était bien les Personnifications.

Il regarda autour pour voir Héra et Athéna le regarder depuis l'autre bout de la salle. La désapprobation était inscrite sur le visage de Héra.

« Tu ne penses pas que tu as fait assez de dégâts, Zeus ? » dit-elle en s'avançant vers lui.

Il la regarda. Héra n'était pas la Commandante de l'Ordre Féminin des Olympiens pour rien.

« Il a délibérément brisé les liens du traître et voleur Prométhée et l'a aidé à s'échapper. Il a évité la sanction pour ses actions, et il doit être traité en conséquence. » dit-il, le ton égal.

Dès le moment où il haussait le ton, Héra avait gagné.

« Tu as pris son fils. Ce n'est pas une juste sanction pour ses actions. Tu as donné son enfant à Asclépios et cette horrible sorcière Hécate. C'est punissable par les Erinyes. Tu as surpassé ce qui est une sanction juste et tu as à présent brisé les lois d'Olympus. Cet enfant doit être protégé.

— Cet enfant n'est pas Olympien, lâcha-t-il sèchement. Il n'est pas soumis à nos lois. Il n'est soumis à aucune loi. Un enfant avec la trace des Éternels n'est soumis à aucune loi. Un enfant sous la protection d'un Seigneur du Temps encore plus. Je peux faire ce que je veux. »

Héra le dévisagea, la fureur dans les yeux :

« Donc je vais faire ce que je dois, pour le bien de nos lois. »

Elle se détourna et partit, son second en chef et sa guerrière à la force indomptable Athéna la suivant.

Zeus posa la tête dans ses mains. Ce n'était pas son jour. Bientôt, il aurait ce Docteur et sa revanche. Bientôt, Héra verrait l'erreur de ses pensées et reviendrait à ses côtés. Ce n'était qu'une question de temps.

Il regarda les deux silhouettes ténébreuses traînant dans le coin.

Et bien, il y avait toujours ces deux également.

« Déïmos, Phobos, assurez vous que les Personnifications suivent leurs instructions. Si nécessaire, vous pouvez capturer le Seigneur du Temps vous-même. »

Les deux se glissèrent dehors sans piper mot bien que Zeus était certain qu'un gloussement fit écho dans la salle en guise de réponse.

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Jack était inquiet. Ils étaient entrés dans le ''temple'' sans presque personne pour les arrêter. A part les gardes au dehors, qui avaient rapidement été éliminés par une spécialité de Seigneur du Temps ou une autre, et une porte qui n'était même pas assez bonne pour arrêter un tournevis sonique, rien ne les avait empêchés d'entrer. Personne ne les attendait et cela rendait l'ancien Agent du Temps nerveux. Il y avait très peu de raisons pour lesquelles il n'y aurait aucun garde à l'intérieur, et aucune n'était bon signe pour Jack ou le Docteur.

Le Docteur, cependant, n'était pas perturbé par tout cela. Il ne plaisantait pas quand il disait que l'intérieur était un labyrinthe, mais c'était absurde. Il y avait de multiples options pour tourner à chaque embranchement, des portes et des couloirs latéraux et des escaliers et Jack n'était pas sûr quel était le chemin par lequel ils étaient venus. Donc il supposa que c'était une sorte de défense en soi. Mais le Docteur n'hésitait même pas quand il tournait à des angles et des portes et des passages obscurs, et Jack se contenta de suivre, silencieux et s'attendant à des ennuis.

Donc quand une petite silhouette mince apparut à partir d'un couloir latéral qu'il n'avait pas remarqué, Jack était sur la défensive. Le Docteur s'arrêta juste à la limite de son espace personnel. Ses yeux rêveurs en pierre de lune le regardèrent, la toge blanche effleurant le sol et traînant derrière elle. Ses cheveux blancs étaient libres et touchaient le sol. Elle était sinistrement effrayante.

« Seigneur Docteur de ceux qui s'appellent Maîtres du Temps. J'ai attendu votre arrivée à Olympus comme nous attendons le coucher du soleil. Des nouvelles.

— Moïra, je n'ai pas le temps pour vos discours sur la destinée. Je dois trouver mon fils.

— L'Enfant des Éternels et du Vortex sera dans le berceau de sa maison bientôt. Le temps doit être fait et défait et oublié avant que l'Enfant revienne. Celle de nous tous vous montrera le chemin. Elle comprendra. »

Jack observa le Docteur absorber les mots en fronçant les sourcils. Cette Moïra avait de toute évidence deviné ce que le Docteur avait prévu, et donc pourquoi n'essayait-elle pas de le stopper ?

« Immortel, ami de Bad Wolf, la Destinée ne peut être altérée par ceux qui la voient, seulement par ceux qui sont ses instruments choisis. Le Seigneur Docteur est son fils le plus aimé et le plus détesté. Il altère la Destinée par son existence mais permet aussi à la Destinée de prendre forme. »

Les yeux en pierre de lune le regardèrent. Jack frissonna légèrement.

« Vous savez qui est Bad Wolf ? » demanda-t-il.

Un sourire rêveur apparût sur le jeune visage.

« Bad Wolf écrit sa propre Destinée et en cela Apprend à la Destinée à écrire. Bad Wolf est ni oubliée ou partie. Juste Déplacée. Bad Wolf a Vu toute la Destinée et Savait son Chemin. Ayez foi. L'Enfant sera trouvé. Les Personnifications approchent. Je dois vous laisser, Seigneur Docteur, Immortel. La Destinée a parlé, et elle doit se dérouler ainsi. »

La petite fille/femme disparut dans un couloir latéral et Jack la regarda partir. Tant de questions, pas assez de temps pour l'instant. Ils devaient récupérer Harry.

Jack ouvrit la bouche, essayant de formuler une question, mais le Docteur le regarda :

« Pas maintenant, Jack. Je dois atteindre Harry. Nous nous inquiéterons de tout le reste plus tard. Et elle nous a donné un avertissement plutôt clair également. Bien. J'ai le temps. »

Il sortit de sa poche quelque chose qui ressemblait décidément à une main cristallisée, soit d'un petit adulte ou d'un enfant, et commença à trifouiller les paramètres de son tournevis sonique. Il pointa la lumière bleue vers la main et il vrombit. La main brilla et Jack lutta pour retenir un autre frisson. Cela devenait une étrange, bizarre combinaison de tout ce qui pouvait être étrange ou bizarre.

« Qu'est-ce… Est-ce une main ? » demanda-t-il alors que les couleurs changeaient à nouveau.

Le Docteur leva un sourcil rhétorique, se demandant peut-être si Jack n'était pas capable de voir correctement.

« Quoi, vous avez ma main dans un bocal pendant des années et pourtant une main en cristal dans ma poche est étrange ? » demanda-t-il.

Jack soupira :

« Juste… Qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda-t-il finalement en cédant.

Le Docteur fronça les sourcils.

« C'est quelque chose que je n'aurais jamais pensé avoir besoin à nouveau, pas avec les Seigneurs du Temps disparus. Mais il semble que j'avais tort.

— Ça… ne répond pas à ma question, » dit Jack avec insistance.

Le Docteur secoua la tête. Il n'allait de toute évidence pas répondre. Jack regarda de chaque côté du couloir.

« Et donc, qu'est-ce que nous attendons exactement ?

— Moïra a dit que les Personnifications arrivaient, dit-il, la main flashant à nouveau, cette fois d'un argent brillant. Ce qui veut seulement dire les autres Personnifications. Moïra est la Destinée. Il y a Tyché, Némésis, Momos, Fors, Fortuna, Mania et Hypnos. Bien que je ne pense pas que Hypnos soit parmi elles et Mania n'a pas le droit d'accéder aux niveaux supérieurs. Elles sont chacune fortes et dangereuses individuellement, et combinées ensemble elles sont mortelles. J'ai besoin de quelque chose pour les arrêter jusqu'à ce qu'Elle arrive. »

Jack cligna des yeux devant l'abondance d'informations, et essaya de filtrer ce qu'il connaissait de la mythologie grecque à travers cette liste de noms. Certains étaient faciles, Fortuna et Hypnos. Les autres ne l'étaient pas. Il allait demander jusqu'à ce qu'une silhouette mince, enfin, de brindille réellement, tourne à l'angle du couloir et s'approche d'eux. Derrière étaient alignées cinq autres de tailles et formes variées. Elles approchèrent rapidement et Jack essaya de se glisser devant le Docteur. Il fut repoussé par une main aux longs doigts alors qu'une lumière de pur argent flasha dans le couloir, se précipitant vers les six Personnifications.

Jack les regarda avec stupéfaction se figer, avant de commencer à reculer dans le couloir, enfin, comme si elles refaisaient leurs mouvements à l'inverse, marchant en arrière comme dans un rembobinage. Jack lança un regard acéré au Docteur.

« Qu'est-ce que vous leur avez fait ?

— Simplement inversé les aspects du Temps qu'elles habitent, paramétrant leur perception du monde dans une boucle arrière pour que leur cerveau enregistre ce qu'elles ont fait plutôt que ce qu'elles allaient faire, pour que leur corps, en conséquence, retrace les quinze dernières minutes exactement de leurs actions précédentes jusqu'au plus petit mouvement en arrière. Leur cerveau va reprogrammer leur perception du temps jusqu'à ce que l'effet s'épuise et qu'elles regagnent leur état naturel.

— Vous… Quoi ? Vous les avez rembobinées ? »

Le Docteur haussa les épaules :

« En des termes simples, je suppose que oui.

— Avec votre sorte de main en cristal ? »

Le Docteur glissa la main à présent opaque dans sa poche.

« Je vais devoir attendre avant de l'utiliser à nouveau. Ça ne marche qu'une fois que je lui ai imposé des limites et à présent, elle n'a aucune direction. Elle a besoin aussi d'être rechargée. »

Jack secoua la tête. Toute cette mission de sauvetage devenait de manière fascinante de plus en plus compliquée alors qu'ils restaient de plus en plus longtemps.

Une vague de peur le frappa et son dos se redressa. Cela semblait peu naturel mais son corps lui criait de courir. Le Docteur posa une main sur son épaule.

« Calmez-vous. Je m'attendais à quelque chose comme ça. Ce n'est pas votre peur. Laissez votre cerveau la goûter et elle disparaîtra. »

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Dès l'instant où la vague de pure peur l'assaillit, le Docteur sut qui d'autre Zeus avait envoyé. Deïmos, probablement avec son jumeau Phobos. Ce qui n'était pas bon signe du tout pour eux.

Le livre n'avait pas été très clair sur l'apparence de Deïmos et Phobos ou ce qu'ils pouvaient faire, au delà de la Peur et de la Terreur. Pas des Personnifications. Ils étaient la Peur et la Terreur. Des ombres glissèrent le long du mur, indistinguables à moins de percevoir une forme corporelle distincte juste une teinte plus claire que les ombres dans lesquelles elle était cachée.

Il laissa la peur courir dans son esprit, laissa sa part inconsciente goûter son artificialité et la rejeter. Jack, à côté de lui, n'avait pas autant de succès. Il lui murmura quelques mots d'encouragement pour l'aider à se débarrasser de l'effet, mais il savait que le corps humain aurait plus de mal que sa propre physiologie. Son esprit lui était complètement accessible. L'esprit humain était essentiellement fermé à double tour pour leurs pensées exploratrices.

Cependant, les épaules de Jack se détendirent.

« Deïmos, Phobos. Ça doit être sérieux si Zeus laisse ses jouets sortir de leur cage. »

Un rire accueillit ses mots.

« Le puissant Seigneur du Temps ne connaît rien de notre vraie nature. Lui qui est le Destructeur des Mondes ne ressent pas la terreur, il la donne. Donc nous allons lui faire ressentir la terreur et la peur. »

Les voix étaient effrayantes et ressemblaient à un écho. Le Docteur essaya de ne pas penser à ce qui pouvait être en train d'arriver à Harry. Il ne pouvait pas se permettre la peur inspirée par cette pensée pour le moment. Il devait les battre à leur propre jeu.

« Votre peur et terreur artificielles sont inutiles. Si le corps sait que c'est faux, il les ignore.

— Donc nous allons rendre la peur et la terreur réelles. A quel point tenez vous à votre ami ? »

Le Docteur se tourna vers Jack, les yeux écarquillés. Il rencontra les yeux bleus de Jack et vit le capitaine comprendre son plan.

« Ne le blessez pas ! Il n'a rien à voir avec cette querelle entre Zeus et moi-même.

— Vous l'avez amené au temple. Il fait donc partie du jeu. Nous allons vous donner de la peur, Docteur. Zeus n'a pas demandé la présence de l'humain, il a seulement demandé la vôtre. Il n'y a plus de raison pour lui. »

Et une main noire sortit des ombres et trancha la poitrine de Jack. Le Docteur sentit ses coeurs se serrer.

« JACK ! »

Seul le gargouillement de l'air que Jack essayait d'amener dans ses poumons lui répondit alors que le corps du Capitaine s'effondrait au sol. Il se tourna sur lui-même, essayant de repérer leur emplacement. Jack respira son dernier souffle au sol à ses pieds.

Maintenant tout ce qu'il devait faire était gagner du temps.

« Ressentez-vous la peur, maintenant, Docteur ? La terreur de perdre un ami est quelque chose de terrible.

— Vous n'aviez pas besoin de le tuer ! Il ne vous posait aucune menace à vous ou Zeus !

— Il était inutile. Il n'avait pas de raison d'être. Sa mort vous donne de la peur. C'est tout ce dont nous avons besoin. Zeus va vous recevoir maintenant.

— Zeus est un arrogant dictateur qui ne peut pas accepter que quelqu'un change les règles de ses jeux. Et bien, allons voir à quel point je peux changer ces règles, n'est-ce pas ? »

Le gloussement résonna dans le couloir juste au moment où Jack recommença à respirer. Le gloussement s'arrêta brusquement.

« Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que vous avez amené dans le temple, Seigneur du Temps ? Quel est cet humain qui ne meurt pas ? »

Le Docteur eut un sourire méprisant :

« Vous venez de tuer le meilleur ami de Bad Wolf, Phobos. Je suis sûr que ce nom a déjà atteint vos oreilles d'ombre avant. »

Des bruits outragés :

« Mensonges ! Bad Wolf est plus vieille que la création !

— Bad Wolf est la mère de la Destinée et son enfant. Je suis sûr qu'il y a de pires manières de mourir, mais blesser l'ami personnel de l'enfant de la Destinée ne doit pas en être une si mauvaise pour vous deux. » hasarda le Docteur, regardant les deux ombres trembler contre le mur.

Puis, aussi soudainement qu'ils étaient là, ils étaient partis. Jack toussa et se leva en s'aidant de ses mains. Le Docteur le souleva.

« Pourquoi se sont-ils enfuis en courant ? » demanda-t-il d'une voix rauque.

Le sourire du Docteur était vide et effrayant.

« Deïmos et Phobos ont senti la main de la Destinée, quand ils ont été créés, et leur incapacité à l'affecter les a toujours rendus mal à l'aise. Quand Moïra a parlé de Bad Wolf, elle a dit que ceux qui Voyaient la Destinée la connaissaient. J'ai parié sur eux ayant vu Bad Wolf. Elle est inoubliable et plutôt terrifiante, d'après ce que j'ai entendu dire. Ils ont peur de ce qu'elle pourrait leur faire. »

Jack cligna des yeux.

« Vraiment. Mais ne sont-ils pas Peur et Terreur ou quelque chose comme ça ? Comment peuvent-ils avoir peur de quoi que ce soit ?

— Ils ont peur de ce qui ne peut pas être contrôlé par la peur ou la terreur. La Destinée et son enfant, et bien, ne se sentent pas concernées par quelque chose d'aussi trivial que la peur ou la terreur. Leur absence leur est aussi terrifiante que leur surabondance l'est pour vous ou moi. »

Jack secoua la tête :

« D'accord, d'accord, et donc où est Harry ? »

Le visage du Docteur sembla complètement angoissé pendant une brève seconde avant de se durcir. Jack avait essayé d'ignorer la peur qu'il ressentait pour Harry, mais l'assaut des deux cauchemars monstrueux ne l'avait pas aidé à la gérer plus facilement.

« Je ne sais pas où Asclépios le garde. Je pensais suivre la trace d'énergie qu'il laisse, mais après l'interférence des Personnifications, je ne peux plus la localiser. Je n'étais même pas sûr d'avoir la bonne longueur d'onde au départ, mais j'espérais… »

Jack sentit son corps se figer :

« Attendez, quoi ? Vous étiez en train de suivre Harry avec votre tournevis sonique ? Mais ce n'est pas impossible de traquer des humains ?

— Des humains, oui, mais Harry laisse derrière lui un résidu d'énergie psionique très faible mais très distinct quand il va quelque part. J'aurais pu placer un limiteur sur lui pour qu'il arrête, mais j'ai pensé que ce serait pratique s'il se perdait ou quoi que ce soit. »

Le Docteur soupira, ses épaules s'affaissant.

« Maintenant, cependant, je ne peux même pas en obtenir une lecture correcte. L'air est trop encombré par les différentes signatures d'énergie. »

Jack fronça les sourcils. Ça faisait sens en quelque sorte. Il se tourna quand une main tapa sur son épaule. Une femme, grande, mince, drapée de blanc et avec des caractéristiques très belles voire trop parfaites, se tenait derrière lui. Il devait lever les yeux vers elle.

« Vous êtes les gardiens de l'enfant ? demanda-t-elle, sa voix à la fois dure et mélodique.

— C'est mon fils, oui, dit le Docteur. Êtes-vous ''Celle de nous tous'' ? »

Un sourire :

« Je suis Héra, Commandante de l'Ordre Féminin des Olympiens. Voici ma seconde en chef, Athéna. Donc oui, je suis Celle de nous tous. Moïra vous a parlé, donc ? »

Les yeux du Docteur se plissèrent :

« D'après mes connaissances, vous êtes le bras droit de Zeus. Pourquoi êtes-vous ici, à nous aider ? »

Héra soupira :

« Zeus a brisé les Lois d'Olympus avec ses actions. Je cherche simplement à rectifier une erreur. Quelle que soit la punition que vous nous infligez pour notre inaction sera justifiée. La Famille est sacrée à Olympus. Zeus l'a oublié. »

Le Docteur la regarda durement, avant de hocher la tête :

« D'accord. Emmenez-moi à mon fils. Je suppose que c'est Asclépios qui l'a, à présent ? »

Héra hocha la tête :

« Asclépios et Hécate et Aphrodite. Péon est avec eux également, mais il est surtout un esclave à la volonté d'Asclépios. »

Les yeux du Docteur étincelèrent à nouveau et Jack s'assura d'être derrière lui alors que Héra les conduisait dans les couloirs.

« Vous savez ce qu'ils font à mon fils ? » demanda-t-il les dents serrées.

Héra secoua la tête.

« Je ne sais pas. Je peux vous dire que rien de bon ne peut venir de ce qu'ils lui font, bien que ça ne fasse que quelques heures d'après les bougies, donc rien de drastique. Asclépios aime prendre son temps. Hécate encore plus. »

Cela ne fit rien pour calmer la brûlure constante de la colère du Docteur. Jack espéra qu'il ne fasse rien de drastique.

Athéna, la guerrière silencieuse qui semblait être faite de muscles et habillée d'une armure brillante, marchait derrière eux, regardant avec détermination un point devant Héra, probablement surveillant les dangers.

La marche jusqu'à la pièce fut silencieuse, principalement pour éviter d'attirer l'attention sur eux, partiellement parce que le Docteur aurait sans doute détruit quiconque lui adressait la parole jusqu'à ce qu'il ait récupéré Harry. Jack s'inquiétait pour lui et Harry. Il n'avait pas réalisé à quel point le Docteur s'était attaché jusqu'à récemment. Et il aurait certainement un très bon aperçu de combien Harry comptait dès que Harry serait de retour avec lui et que le Docteur confronterait Zeus.

Héra s'arrêta à côté d'une porte, entrant un nombre et appuyant son doigt sur une petite plaque. La porte siffla et s'ouvrit en glissant.

« Votre fils est à l'intérieur, Docteur. Les appartements de Zeus sont au bout du couloir, la troisième porte à votre gauche. Je vous offre les maigres excuses que je peux pour les actions qu'il a commises. »

Elle inclina la tête et retourna d'où ils venaient, Athéna la suivant toujours.

Le Docteur hocha sèchement la tête, mais ne dit rien, se précipitant à l'intérieur à la place.

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Le Docteur se précipita dans la pièce, la porte heurtant violemment le mur et restant là, immobile, n'ayant probablement pas envie de se faire abuser davantage.

Quatre grandes silhouettes d'Olympiens étaient inconscientes dans les coins de la pièce, étalés dans des angles étranges. Des yeux marrons cherchèrent frénétiquement la pièce pour la petite silhouette qu'il pouvait sentir. La chevelure noire de Harry était tout au bout de la salle, le corps pressé contre le mur, les yeux grands, terrifiés et ruisselants de larmes.

Le Docteur se précipita immédiatement vers Harry, inquiet qu'il ne fasse aucun bruit mais si heureux de le voir en vie.

« Harry, Harry, je suis désolé. Si désolé. »

Il s'agita un peu plus, s'assurant qu'il n'était pas blessé. Harry réussit à faire apparaître un petit sourire, tendant une main pour toucher le visage de son papa. Au moment où la peau le toucha, sa bouche s'ouvrit dans un cri silencieux et il se recula en boule contre le mur. Les yeux du Docteur s'écarquillèrent.

« Docteur, qu'est-ce qui ne va pas, pourquoi il ne fait pas de bruit ? »

Jack resta dans le fond alors que la silhouette mince tremblait de fureur. Des yeux bruns se fixèrent sur la silhouette la plus proche, un homme d'apparence timide avec un visage étroit et une toge simple blanche. Le Docteur le secoua pour le réveiller.

« Qu'avez-vous fait à mon fils ? Que lui avez-vous fait ? »

Peut-être pas la meilleure façon d'interroger quelqu'un, mais c'était efficace. Au moins, dès que l'homme cessa de bégayer suffisamment longtemps pour répondre à la question. Les yeux bruns effacés s'agrandirent de terreur :

« Je… Je n'ai rien fait. C'était… C'était Asclépios et Hé-Hécate. Ils… Ils ont ouvert son esprit. Ils ont tordu… Ils ont déplacé son pouvoir dans son corps. Ils… Ils je suis désolé je suis désolé s'il vous plaît ne me faites pas mal ! »

Le Docteur gronda :

« Ça ira beaucoup plus vite de le faire de l'autre façon. Restez immobile. Ça peut faire mal. »

Et avec ça, le Docteur agrippa les côtés de la tête de l'homme et força son esprit dans celui de l'autre. Le flux d'informations était rapide et furieux et le fit haleter de douleur. Il faisait rarement ça sans que l'autre personne soit détendue, et c'était une méthode brutale. Mais il avait besoin de ces informations et celui-ci ne pouvait pas former une phrase complète.

Puis, environ une minute plus tard, il laissa tomber l'homme au sol qui se roula en boule, gémissant et se tenant le crâne. Jack regarda, les yeux écarquillés, la silhouette qui vibrait. La fureur était drapée autour de lui comme une cape, flottant autour et miroitant dans l'air. Les yeux marrons prirent un éclat dangereux alors qu'il regardait les occupants pour la plupart inconscients de la pièce.

« Docteur… Êtes-vous… Qu'ont-ils fait ? »

Il repensa la question qu'il voulait poser.

« Ils ont forcé l'ouverture de son esprit, ils l'ont déchiqueté et ont fouillé à l'intérieur comme des rats et endommagé les connexions. Les synapses… Ils les ont forcées à s'ouvrir, inondant son esprit de substances neurochimiques, de signaux de rétro-contrôle biologique. A chaque fois qu'il touche quelqu'un de peau à peau, une connexion mentale sans obstacle est créée et envahit son esprit comme un torrent. Ils ont fait la pire chose qu'on peut faire à une personne : ils ont fait de lui un empathe tactile. Il ne peut pas toucher quelqu'un sans… sans ressentir chaque émotion, chaque pensée. »

Il regarda Harry, les yeux pleins de douleur.

« Il ne peut pas… Je ne peux pas le toucher. Pas sa peau, pas même un instant. Ils ne lui ont donné aucune protection, aucune barrière. Ils ont juste fourragé dans son esprit et l'ont laissé ouvert, grand ouvert et bataillant pour rester stable. »

Il s'agenouilla au niveau de Harry, et posa une main sur l'épaule couverte de Harry. Harry ouvrit des yeux verts cernés de rouge, reniflant.

Jack regarda avec horreur. Les empathes tactiles étaient solitaires, des êtres craintifs qui étaient maudits par leur capacité. Ils naissaient avec, et s'ils survivaient à l'enfance pour devenir des adultes, ils étaient écartés par ceux qui les entouraient. Ils étaient un phénomène uniquement humain qui avait commencé à apparaître avec la montée soudaine des mentalistes et autres individus doués. Ils pouvaient être le résultat d'un mélange de gênes inter-espèces avec les humains, ou une étrange anomalie génétique, mais ceux avec l'empathie tactile étaient toujours les plus perturbants. Avec aucun contact physique l'essentiel de leur vie, ils écartaient les autres et étaient écartés.

« Docteur… Qu'est-ce qu'on peut faire ?

— Je ne… Attendez, ils ont du utiliser la magie de Harry pour rendre ça possible, sa séquence génétique ne leur permettrait pas de modifier les structures pertinentes nécessaires pour stabiliser une connexion empathique à travers son corps, ce qui veut dire qu'ils ont du lier son système nerveux directement à son essence. Ce qui permettrait… tenez ça, je dois trouver quelque chose. »

Le Docteur fourra le tournevis sonique dans les mains de Jack et fouilla dans ses poches, farfouillant plus profondément que leur taille ne le permettait. Des boutons, un livre, une tasse de thé (ébréchée), une brosse à dent, quelques objets indéfinissables, et une montre tombèrent alors que le Docteur fouillait de plus en plus profondément, jusqu'à ce qu'il affiche un sourire triomphant et sortit une chaîne en or tournant en boucles.

Jack regarda alors que le Docteur s'agenouillait plus près de Harry, détachant l'arrière du collier et faisant le tour du cou du garçon. Harry gémit silencieusement alors que des doigts effleurèrent son cou, ses mains se serrant en poings.

« Shh, Harry, juste une seconde. Ça va aller. Shh. »

Il ferma la chaîne et à cet instant, toute la tension dans le corps de Harry s'écoula dans le sol. Harry soupira et s'affala contre le mur.

« Oui, oui, plus tôt que j'avais jamais pensé en avoir besoin, mais ça remplit son office. »

Le collier était d'un or chatoyant que Jack n'avait jamais vu auparavant. Le Docteur attira Harry contre lui.

« Qu'est-ce que c'est ? »

Il montra le collier autour du cou d'un Harry à présent endormi. Le Docteur leva les yeux :

« C'était un cadeau donné par les Gardiens de la Forêt de Hadroona. Peu de temps après que j'ai eu Harry. Ça restreint sa magie, la repousse dans son essence plutôt que l'autorisant à circuler librement autour de lui, comme elle le faisait avant. Cela limite aussi son Empathie à un niveau minimum. Ces… monstres ont enroulé sa magie le long de ses nerfs pendant qu'ils ouvraient de force son esprit, liant son amygdale et son cortex cérébral ensemble avec le pouvoir et le faisant circuler dans son système nerveux. Parce qu'ils ne pouvaient pas modifier sa séquence génétique pour en faire un vrai empathe, ils ont du improviser, ce qui permet à ce collier de fonctionner. »

Le Docteur baissa les yeux vers l'enfant endormi.

« Il ne peut jamais enlever son collier, pas avant de gagner un contrôle complet de son pouvoir, un contrôle en acier. Autrement, les sensations envahiront immédiatement son corps. »

Le Seigneur du Temps leva des yeux pleins de tristesse vers ceux de Jack.

Jack tendit une main pour toucher la joue de Harry.

« Pourquoi est-ce qu'il ne parle pas, ou ne crie pas ? Est-ce qu'ils ont… fait quelque chose à sa voix ? »

Ils auraient pu la prendre. Harry pourrait ne plus jamais… non, il ne pouvait pas penser comme ça.

Le Docteur secoua la tête :

« Non, ils n'ont pas pris sa voix. On ne peut pas prendre la voix de quelqu'un, seulement leur capacité à utiliser leurs cordes vocales. Mais non, ce n'est pas ça non plus. Ils ont essentiellement réprimé les cordes vocales de Harry au point où elles ne résonnent plus quand l'air passe à travers. Selon cette… cette créature là, c'est seulement temporaire, ré-appliqué après que Harry a crié. Encore une vingtaine d'heures et ça disparaîtra. Et non, je ne peux rien y faire. Les Olympiens possèdent des capacités uniques que je ne peux pas dépasser. Nous devons juste attendre, et espérer que Harry dorme la plupart du temps. »

Il déplaça Harry dans ses bras, regardant l'or du collier se refléter sur la poitrine du garçon. Les yeux étincelèrent de colère.

« Maintenant, cependant, nous avons une sanction à distribuer, les Furies à satisfaire. C'est parti. »

L'absence de la petite phrase habituelle soulignait la fureur du Docteur. Jack suivit, simplement soulagé que Harry était sauf, et quelque peu inquiet de ce que le Docteur projetait de faire. Son enfant avait été enlevé et blessé, son esprit avait été manipulé et son corps touché. Ça n'allait pas être joli. La défaite ultime de Zeus.

Harry était étendu contre la poitrine du Docteur, la tête glissée dans le creux entre son épaule et son cou, le collier doré brillant sur sa poitrine. Il dormait, les yeux humides de larmes et des traces sur ses joues. Cela fit enfler le coeur de Jack de colère. Ce n'était rien par rapport à la colère que Jack voyait quand il regardait le Docteur.

Les yeux du Docteur brûlaient de fureur et de rage et de douleur, et Jack se poussa hors du chemin quand ils atteignirent la porte que Héra avait indiquée. Jack regarda Harry craintivement, effrayé pour lui et pour ce qui pouvait arriver. Le Docteur finirait par expliquer, mais à présent, tout ce qu'il savait était que Harry avait été transformé en Empathe Tactile. Il en avait déjà rencontré un et juste un simple frôlement contre sa peau nue l'avait laissé chancelant d'émotions qui n'étaient pas les siennes, la peur et la solitude et le deuil et la douleur. Il s'était senti vide à l'intérieur, comme si on avait pris quelque chose. Plus tard, on lui avait dit que l'empathe avait pris son bonheur et sa joie. C'était la seule façon qu'ils connaissaient pour survivre.

Et maintenant Harry en était un. Le collier gardait ça à distance, mais savoir que quelqu'un avait délibérément modifié un autre être en une telle création était horrifiant.

Le Docteur fit exploser les portes des appartements de Zeus. Jack le suivit.

La salle du trône était immense, le plafond au delà de sa vision, mais il était concentré sur l'homme perché sur un trône au bout de la pièce, en plein centre en face de la porte comme si c'était une représentation. C'en était une, Jack le savait. C'était comme ça que les dirigeants attiraient l'attention. En l'accrochant dès que quelqu'un entrait.

Il savait aussi que ça ne marcherait pas avec le Docteur.

« Seigneur du Temps, vous êtes de retour. Et vous avez récupéré votre enfant. Je vous ai sous-estimé. Ça n'arrivera plus.

— Zeus, dirigeant d'Olympus, manipulateur de la foudre sous toutes ses formes, Chef des Olympiens et dieu auto-proclamé. Vous avez enlevé mon enfant ; vous avez brisé les lois de votre propre planète concernant la non-violence envers les enfants et les commandements sacrés de la famille. Vous êtes coupable de crimes plus vieux que votre race. Votre peuple est coupable du crime de non-interférence. »

Zeus rit :

« Et qu'est-ce qu'un Seigneur du Temps va faire à ce sujet ? Nous sommes immortels ! Nous ne pouvons être tués ! »

Il avait craché les mots ''Seigneur du Temps'' comme si c'était une injure.

Jack grimaça devant le regard noir du Docteur.

« Je suis le dernier Seigneur du Temps de l'Univers. Il y a des façons de tuer ce qui ne peut être tué. »

Il fouilla dans sa poche et en sortit la main cristallisée que Jack l'avait vu utiliser plus tôt contre les Personnifications. Le Docteur se tourna vers lui, tenant Harry d'un bras, la douleur marquant son visage :

« J'ai besoin de mes deux mains. Est-ce que vous… Est-ce que vous pouvez le tenir ? S'il vous plaît ? »

Jack hocha la tête, prenant Harry avec des bras précautionneux et le calant dans le creux de son épaule. Harry continua à dormir.

Le Docteur se tourna vers Zeus, qui semblait stupéfait :

« Vous avez tué les Seigneurs du Temps ? Comment ?

— Vous avez brisé les lois sur la sacralité des enfants, la famille sacrée. Vous avez enlevé mon enfant. Vous avez blessé mon enfant. »

Le Docteur souleva la main de cristal avec les siennes.

« Je ne suis pas désolé pour ça. »

Et il jeta la main en l'air. Elle étincela d'un or brillant avant de s'effondrer au sol. Le Docteur recula.

« C'est un des derniers vestiges de la puissance des Seigneurs du Temps. Cette main est utilisée pour manipuler le temps. Dans ses usages de base, accélérer ou ralentir. Mais si quelqu'un sait comment, elle peut être utilisée pour des choses bien plus grandioses. A présent, alors qu'elle tombe au sol, elle crée un trou dans le Vortex Temporel. Elle emmène cette planète dans une ligne du temps effacée. Vous n'aurez jamais existé. »

Zeus regarda la main tomber, comme au ralenti.

« Vous… Vous n'oserez pas. Vous ne pouvez pas ! Pas des innocents, pas tout le monde sur cette planète !

— Regardez-moi. »

Zeus rugit de fureur, dirigeant une main crépitant d'électricité vers le Docteur. Jack regarda alors qu'elle semblait glisser autour de la grande silhouette mince et furieuse.

« DOCTEUR ! JE VAIS VOUS DÉTRUIRE AUSSI ! »

La lumière dorée effaça Zeus de la vue, et Jack posa une main sur l'épaule du Docteur.

« Euh, Docteur ? Si on ne part pas maintenant, est-ce qu'on terminera aussi dans cette ligne du temps ? » demanda-t-il.

Les yeux du Docteur s'agrandirent.

« Oui, oui, venez, nous n'avons pas beaucoup de temps. »

Il prit Harry des bras de Jack sans un mot et courut vers la porte, évitant un éclair de Zeus alors qu'il la traversait et atteignait le couloir. Tout le bâtiment était en train de trembler et se dissoudre avec la perturbation du Vortex temporel. Ils ne furent pas abordés alors qu'ils se précipitaient vers la porte du fond dans le labyrinthe. A toute vitesse et grâce à l'excellente mémoire du Docteur, ils atteignirent les escaliers extérieurs plus rapidement que Jack ne l'aurait cru possible.

Il plissa les yeux en direction du Docteur. Il était sûr que le Seigneur du Temps avait fait quelque chose, mais à présent, ils avaient besoin de sortir de la ville. Les escaliers furent descendus aussi vite que possible sans tomber tête la première.

Eris se tenait au pied, les yeux agrandis d'horreur. Elle regarda le Docteur, la peur dans les yeux :

« Qu'est-ce que vous avez fait ? Je peux… je peux le sentir dans l'air. Je peux l'entendre ! »

Le Docteur la regarda. Ses yeux semblèrent s'adoucir juste un peu :

« Au revoir Eris. Vous pouvez avoir une chance de survie aussi.

— QU'EST-CE QUE VOUS AVEZ FAIT ? » leur cria-t-elle alors qu'ils repartaient en direction des portes et à travers les champs.

Derrière eux, la cité toute entière commença à briller. Le temple était parti dans le brouillard doré et alors qu'ils atteignirent le TARDIS, la cité commença à disparaître. Le Docteur l'ouvrit brusquement et ils se ruèrent à l'intérieur. Les portes se fermèrent derrière eux.

Avec une main, le Docteur les envoya tourbillonner dans le Vortex, et il s'effondra dans une chaise. Harry était toujours endormi contre sa poitrine et Jack était appuyé contre la rambarde, cherchant à reprendre son souffle et à rassurer ses poumons qu'il n'était pas mort cette fois, donc respirez bon sang.

Jack leva les yeux vers le Docteur. Incertain de ce qu'il pouvait dire. Que dire à quelqu'un qui venait d'effacer une planète entière ? Puis il regarda Harry. Son incertitude se transforma en peur. Est-ce que Harry allait bien ?

Avant qu'il puisse dire quoi que ce soit, le Docteur disparut dans les couloirs. Il devrait attendre.

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Il avait juré de ne jamais se servir de la Main, jamais. Il venait de condamner toute une race à l'oubli, à une ligne temporelle qui n'existait plus, à une vie où ils seraient effacés parce qu'ils ne pouvaient pas continuer à vivre parce qu'il n'y avait pas de temps. Une mort infinie.

A cause de Harry. Parce qu'ils lui avaient pris son enfant.

Cela l'effrayait. Qu'est-ce qu'il ne ferait pas pour Harry ? Il ne pouvait penser à rien. Et cela l'effrayait plus que ce qu'il pensait possible.

Un si petit être avec un impact si énorme sur lui. Il devrait avoir peur, mais à présent, tout ce qu'il ressentait était le soulagement d'avoir récupéré Harry. De retour et en vie et en sécurité. Il n'était pas sûr de ce qu'on lui avait fait, mais il trouverait dès que Harry se réveillerait. Si Harry se réveillait. Non, non, quand Harry se réveillerait.

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Elle pouvait sentir la douleur irradier de son dernier enfant, l'enveloppant par vagues. Son esprit était endormi, se protégeant de la seule manière qu'il connaissait, mais son corps était envahi par la douleur. Et son Seigneur du Temps aussi. Son coeur était lourd de colère et de rage et de chagrin. Toutes ces émotions, apportées dans sa salle de contrôle. Elle frissonna, toute sa carcasse tremblant et elle se lamenta doucement.

Son Seigneur du Temps, son enfant, ils apportaient des coeurs lourds avec eux. Elle pouvait seulement déplacer les pièces autour pour que la chambre de Harry soit la plus proche, et son Seigneur du Temps l'allongea doucement. L'immortel qui portait un morceau d'elle, un infinitésimal morceau d'elle, s'attarda à la porte de Harry avant qu'il réalise qu'il n'était pas le bienvenu en ce moment et se rende dans sa propre chambre.

Elle avait été si heureuse quand Harry était arrivé, sentant le pouvoir qui tournait autour de lui se connecter à elle, une connexion intrinsèque qu'elle aurait toujours avec lui. Et son Seigneur du Temps était heureux, plus heureux qu'il ne l'avait été depuis longtemps. Il riait plus fort, ses yeux étaient plus brillants, il l'emmenait dans de beaux endroits. Harry jouait dans ses couloirs, sa magie touchant chaque centimètre de ses murs, et il pouvait la sentir, également. Si jeune, et pourtant si brillant. Cet enfant, cela faisait longtemps qu'un enfant avait pénétré ses murs, un enfant encore suffisamment jeune pour toucher. Elle adorait ça.

Maintenant, son pouvoir était enroulé autour de son essence, contenu là par une chaîne qui pulsait d'un pouvoir étranger, et elle ne pouvait rien faire à ce sujet. Son Seigneur du Temps resta simplement assis au chevet de Harry et le regarda dormir, comptant ses respirations et caressant sa joue, se rassurant que Harry était bien là, qu'il était en vie.

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Le Docteur veilla au chevet de Harry, regardant fixement la petite forme presque immobile de l'enfant enfoncé dans les couvertures. Seul le mouvement ascendant et descendant de sa poitrine donnait signe de vie.

Il était terrifié. Il n'était pas sûr si c'était si Harry ne se réveillait jamais, ou si Harry se réveillait, mais juste le fait que ce petit enfant dont il s'était occupé si longtemps avait été mis en danger, un danger qui était, au bout du compte, sa faute, ne lui donnait pas espoir. Harry devait se réveiller, mais s'il avait peur de lui ? S'il ne laissait pas le Docteur s'approcher ? Les effets résiduels de ce qu'avait traversé Harry… il savait les effets que ça avait sur l'esprit. Mais il ne pourrait supporter de voir Harry endormi pour toujours. Malgré les paroles des Furies, son esprit passait en revue les pires possibilités. Et il pouvait penser à beaucoup de possibilités.

Une main s'agita, bougea, et frotta des yeux qui clignaient lentement. Le Docteur se pencha en avant, ses coeurs bondissant. Il était réveillé ! Harry s'était réveillé !

L'expression terrifiée qui passa sur le jeune visage du garçon le fit rapidement reculer dans sa chaise. Les yeux émeraude lumineux de Harry étaient emplis d'horreur et de peur. Ils ne semblaient pas voir ce qu'il y avait juste devant eux, mais la peur brillant dans leur profondeur n'avait pas vraiment besoin d'une traduction. Il garda ses mains pour lui, n'osant pas s'approcher pour réconforter son enfant. Peu importe combien il en avait envie, la première réaction de Harry… ça ne se terminerait pas bien s'il le faisait. Il devait attendre que Harry se calme.

Cela prit quelques instants pendant lesquels il retint son souffle, puis les yeux de Harry s'éclaircirent, et ils se posèrent sur le Docteur.

« Papa ? »

La voix était à peine plus qu'un murmure. Il hocha la tête, et Harry se lança à travers le lit jusque dans les bras de son père.

« Papa ! M'as sauvé ! »

Ses coeurs manquèrent un battement. Qu'avait-il fait pour mériter une telle dévotion ?

« Oui, Harry. »

Il ne pouvait rien dire de plus. Harry se blottit dans les bras de son père, son visage pressé contre la chemise blanche, ses bras serrant le plus possible la mince carrure.

Ils restèrent enlacés pendant quelques minutes, avant que le Docteur ne repousse Harry doucement pour le faire asseoir sur ses genoux et l'inspecter visuellement.

Il ne pouvait voir où aucune cicatrice chirurgicale physique pouvait être, mais les Olympiens étaient suffisamment avancés pour qu'elles soient minuscules. Microscopiques. Le bout sensible de ses doigts sentit des petites lignes surélevées, presque imperceptibles, autour du crâne de Harry, de son cou, le long de ses bras, et il devina, tout le long de son dos. Sa gorge se serra. Harry le regarda avec des yeux inquiets.

« Papa ? Tu vas bien ? Ils t'ont fait mal à toi aussi ? »

Oh, son petit Harry, toujours inquiet pour les gens, toujours attentionné et généreux.

« Non, non Harry. Papa va bien. Je suis juste… si heureux de te voir à nouveau. »

Et il aurait souhaité être là pour voir ce que les Furies avaient fait à Zeus. Pour le faire lui-même à ce bâtard arrogant.

Ce n'était pas digne d'un Seigneur du Temps, ces pensées, mais c'était la moindre de ses préoccupations. Son Harry, son doux, précieux, souriant, riant, gentil Harry avait été blessé.

« Harry ? Tu es d'accord pour que j'utilise le scanner pour vérifier que tu n'es pas blessé ? Pas d'infirmerie, je promets. Nous pouvons le faire ici, ou dans la salle de contrôle. »

Les yeux de Harry s'éclairèrent.

« La salle de contrôle, donc. Allons-y [ndlt: en français dans le texte] ! »

Harry gloussa et il fut soulevé et tournoyé, le Docteur marchant dans les couloirs jusqu'à la salle de contrôle. Il assit Harry sur son siège et chercha le scanner.

« Donc, dans 'M' pour médecine… non… 'S' pour scanner… non… 'D'… non… Ah, nous y voilà ! 'C' pour chosemachin ! C'est un terme technique, tu sais. »

Harry gloussa à nouveau. Le Docteur sourit.

« Bon, faisons marcher ça… Ici le bouton marche. »

L'appareil bourdonna et fit des 'pop' avant de vibrer violemment. Puis il cliqua et siffla. Le Docteur le regarda avec stupéfaction, puis l'écran apparut en bipant, et il fit un large sourire.

« Ah, nous y voilà ! Reste immobile Harry, je dois juste ajuster ces paramètres… »

Il bidouilla la multitude de boutons et les choix possibles avant de s'arrêter sur le plus proche de l'espèce de Harry. Humain. Puis il pointa une extrémité vers Harry et tourna un bouton latéral.

Harry gigota alors que la lumière bleue parcourut son corps.

« Ça fait bizarre, papa. Ça chatouille. »

Il gloussa à nouveau. Le Docteur sourit.

« Presque terminé… presque… là ! »

La lumière bleue s'éteignit et le Docteur examina l'écran.

Espèce : Humain ? Structures génétiques secondaire et tertiaire inconnues. Éléments du Vortex Temporel.

Hauteur : 0,68 mètres.

Poids : 15,87 kilos.

Type sanguin : Interférence génétique inconnue.

Structure génique : Éléments de génome type humain, addition de cinquième, sixième, septième, huitième nucléotides sur le polymère génétique. Effet inconnu. Structure basique en double hélice, addition d'une occasionnelle triple hélice. Cause : sujet est dans un Manipulateur de Vortex Temporel.

Cortex Cérébral : Afflux de protéines étrangères et de composés chimiques destinés à stimuler la croissance des synapses et des connexions mentales. Effet : Amélioration majeure des fonctions mentales du sujet. Possible folie.

Système Nerveux : Nerfs additionnels connectés au Nerf Central. Effet inconnu.

Autres : Les yeux du sujet ont été modifiés. Possibilité de voir les ondes d'énergie, les dimensions. Les cordes vocales du sujet ont été modifiées. Effet inconnu. Les organes du sujet ont été rajeunis. Effet : Espérance de vie cellulaire de chaque système d'organes allongée. Possibilité de vie prolongée.

Une lecture très sommaire de la condition actuelle de Harry. Les mains du Docteur se serrèrent autour du scanner, et il pressa quelques boutons supplémentaires pour lire une description intensive et technique du court résumé qu'il avait obtenu. Chaque ligne fit se durcir son regard, et quand il termina enfin, il eut besoin de toute sa maîtrise de lui-même pour simplement poser le scanner de côté au lieu de le jeter à travers la pièce. Il retint sa colère, laissa ses mains se fermer en poings serrés pendant quelques minutes, avant de se tourner vers Harry et le serrer dans une forte étreinte contre lui. Harry se débattit quelques minutes, puis, sentant l'angoisse du Docteur, se calma et laissa son papa le tenir.

Il savait que Harry avait été transformé en Empathe Tactile, c'était pour ça que le collier doré frottait contre sa poitrine. Il savait qu'ils avaient modifié sa chimie cérébrale. Il n'avait pas réalisé qu'ils avaient joué avec ses gènes, ses yeux, ses cordes vocales, sa structure physique. Ils avaient… ils avaient… ils avaient joué au 'parfait humain' sur un enfant, un enfant qui n'avait pas encore trois ans, un enfant qui était son, son enfant. Harry… Il ne connaîtrait pas l'étendue complète des dégâts qu'ils avaient occasionnés sur Harry avant qu'il soit plus âgé, avant qu'il ait mûri et que ses hormones physiques apparaissent. Avec l'addition de ces… changements, il ne pouvait même pas deviner ce qui allait se passer.

Harry s'appuya avec indulgence dans les bras de son père, appréciant le réconfort du câlin. Il se sentait bizarre, comme s'il lui manquait quelque chose d'important, il ne pouvait atteindre quelque chose de vital, mais pour l'instant, il était juste heureux d'être ici, à la maison. A la maison et au chaud et dans le TARDIS.

Le TARDIS. Il pouvait la sentir autour de lui, son étrange énergie l'enveloppant et lui apportant du soutien. Il ne savait pas pourquoi, mais c'était agréable, cela rendait ce manque moins pesant dans son esprit. Le TARDIS, de son côté, savait que Harry ressentait la perte de la liberté qu'il avait avec sa magie, la possibilité de faire ce qu'il en voulait sans précautions, et elle compensait en laissant son antique Énergie Atron remplir les vides. Plus tard, Harry devrait apprendre à gérer cette perte soudaine de liberté et de jeux libres avec sa magie, apprendre à la contrôler volontairement, mais pour l'instant, il était inconscient de cette perte. C'était comme ça qu'elle le voulait pendant encore un peu de temps. Juste un moment, jusqu'à ce qu'il grandisse un peu et puisse gérer cette perte.

Harry poussa avec insistance le Docteur, souhaitant dire quelque chose, et le Seigneur du Temps le relâcha, son visage un masque inexpressif. Harry lui sourit, et le visage du Docteur s'adoucit.

« Moment de l'Aventure, Papa. »

Harry sourit.

« Moment de l'Aventure, Papa ? »

Le Docteur sourit doucement :

« Pas maintenant, Harry. Maintenant, maintenant, je dois m'assurer que tu vas aller bien. Ils t'ont fait des choses très mauvaises. »

Il n'avait pas l'habitude d'utiliser des mots aussi simples, manquant des détails techniques dont ses paroles étaient habituellement remplies, mais Harry ne comprendrait sans doute pas ADN et polymère et double hélice et bain chimique et aucune des autres nombreuses choses qu'il pourrait utiliser. Non, il devait rester à l'essentiel.

Harry fronça les sourcils.

« Mais… je veux aller à l'aventure !

— Pas maintenant, Harry, s'il te plaît. Maintenant, maintenant, je veux juste être certain que tu es en sécurité. Je veux te garder en sécurité. Ton corps… Ton corps ne va pas bien. Tu as ton collier autour du cou, tu le sens ? Tu dois le garder tout le temps. Tu ne peux pas l'enlever.

— Pourquoi ?

— Si tu l'enlèves, et bien, si tu l'enlèves, tu auras très mal. Tu ne seras pas capable d'arrêter la douleur jusqu'à ce que tu le remettes, pas avant que tu puisses contrôler ta magie. Tu ne peux pas la sentir maintenant, n'est-ce pas ? »

Harry fronça les sourcils.

« Non, pas vraiment. C'est… c'est toujours là, mais je ne peux pas… je ne peux pas l'atteindre. Pourquoi ?

— Les personnes qui t'ont enlevé ont fait des choses mauvaises. Ils t'ont blessé, et ils ont fait en sorte que ta magie ressente tout. »

Harry sembla perdu.

« D'accord, imagine que tu as une coupure, et tu as un pansement dessus, pour que ça guérisse rapidement. Et ça guérit, et tu une croûte. Maintenant, ta magie était comme le sang sous la croûte. Les personnes qui t'ont enlevé, ils ont arraché la croûte et versé du jus de citron dessus et maintenant ça ne se ferme plus, et le sang, ta magie, coule partout. Tu comprends ? »

Harry hocha légèrement la tête.

« Donc ma magie… elle touche tout ?

— Oui. Donc jusqu'à ce que tu puisses sortir ta magie tout seul, tu dois garder ce collier et ne jamais l'enlever. S'il te plaît, Harry, promets-moi ça. »

Harry hocha la tête solennellement.

« Je promets Papa. Est-ce qu'on peut aller à l'aventure, maintenant ? »

Le Docteur eut un rire.

« Non, pas tout de suite. D'abord on mange, puis tu retournes au lit. Je… Je veux faire des tests supplémentaires, mais j'ai besoin que tu sois reposé et pas fatigué, d'accord ?

— 'Kay. Je veux des Pâtes Silvariennes. S'il te plaît ? »

Ils se dirigèrent vers la cuisine, Harry demandant de la nourriture de plus en plus extravagante. Le Docteur sourit, Harry perché sur sa hanche, et heureux qu'il n'y ait plus d'effets néfastes évidents de ce qui était arrivé.

Jack était appuyé contre le comptoir, les regardant arriver, et les yeux de Harry s'éclairèrent. Le Docteur lui sourit, le remerciant du regard et de son sourire et de mots silencieux.

« Hey, Harry, comment tu te sens ? »

Harry tendit les bras vers Jack, qui le prit du Docteur avec un sourire.

« Salut Jack ! Papa a dit que je vais bien. Mais je dois porter le collier tout le temps. Ça me va. C'est brillant et joli et je l'aime bien. »

Jack écouta avec attention.

« Vraiment ? C'est un joli collier, je dois dire. C'est très joli. »

Harry sourit.

« A manger maintenant ! Je vais manger des Pâtes Silvariennes ! Papa a dit que je peux. »

Harry se tourna pour regarder son père, le défiant de le contredire. Le Docteur sourit et hocha la tête. Harry applaudit.

Les pâtes furent prêtes rapidement et Harry réussit à en manger la moitié avant de bâiller et de se blottir contre le Docteur, s'endormant rapidement. Jack abandonna l'expression souriante et joyeuse et regarda sérieusement le Docteur.

« Qu'est-ce qui lui est arrivé ? Je suis resté à l'écart parce que c'est votre gamin, mais je tiens aussi à lui. Et je ne veux pas une réponse simple et rapide. »

Le Docteur soupira, posant une main dans le dos de Harry pour tenir l'enfant contre lui. Puis il regarda directement Jack, les yeux vides.

« Je lui ai fait un scan. Au delà de la démolition complète et absolue de ses barrières mentales et de la modification de sa magie, ils ont essayé de le recréer à leur image. Ils ne sont pas allés très loin, réussissant à parfaire ses yeux et quelques ajustements mineurs sur son squelette, mais ils ont envahi son cerveau de substances chimiques. Différentes substances neurochimiques et des protéines pour accélérer sa croissance. Dans un esprit aussi jeune que le sien, les effets sont inconnus. Il sera fatigué, affamé et excité pendant un moment, et ensuite, soit il se calmera, soit… »

Jack regarda le Docteur baisser des yeux pleins d'inquiétude et de peur sur Harry. Il pouvait deviner ce qui allait venir, mais il ne voulait pas. Ce n'était pas… Il ne savait pas s'il pouvait.

« Soit il deviendra fou. La schizophrénie serait le résultat le plus commun. Hallucinations, perte d'orientation, synesthésie sont aussi des possibilités. Cela peut aussi ne pas arriver avant que Harry atteigne sa puberté. Les composés chimiques peuvent juste se balader, augmenter ses capacités mentales jusqu'à ce que son propre déséquilibre hormonal survienne et qu'ils commencent à influencer sa croissance. Son état mental… Nous devrons le surveiller attentivement. Sa croissance magique et mentale seront toutes les deux hors-normes et très très dangereuses. »

Le Docteur parla sur un ton soigneusement neutre, mais Jack pouvait voir la fureur et la peur sous la surface. Comment c'était tout ce que le Docteur pouvait faire pour ne pas attacher Harry à lui et ne jamais le laisser partir. Jack tendit une main par dessus la petite table et la posa sur le bras du Docteur, fournissant un soutien silencieux.

« Je ne sais peut-être pas tout ce qui concerne la physiologie humaine, mais je ne vous abandonnerai pas, ni lui. Je serai là, pour aider ou tout ce dont vous avez besoin. »

Le Docteur le regarda, un sourire menaçant d'apparaître au coin de ses lèvres. Il hocha la tête.

Ils restèrent assis en silence, regardant le petit humain devant eux dormir, un enfant qui n'avait pas conscience de combien les prochaines semaines seraient dangereuses.

~~~~~~~~~~~~~~ Voici la fin ~~~~~~~~~~~~~~


Note de la traductrice :

La traduction peut poser quelques défis intéressants qu'on ne s'imagine pas quand on lit simplement le texte original. Ici, j'ai eu un long dilemme concernant la traduction de Bad Wolf. Quelques recherches me laissent penser que dans la version française de la série, ça a été traduit par "Méchant Loup", mais tous les passages qui parlent d'elle en parlent au féminin, ce qui est compliqué après un mot masculin, "Loup".

Donc, comme c'est surtout un titre, et que le fait qu'on parle d'elle au féminin est assez important, je l'ai finalement laissé en anglais, afin de ne pas avoir cet étrange désaccord en genre.

Je profite de laisser une note pour vous remercier pour tous les suivis, alertes et commentaires que vous laissez. Je suis contente de voir que l'histoire vous intéresse autant que moi :)

Réponse aux guest reviews :

nathydemon : Oui, Jack va beaucoup mieux, mais comme tu viens de le voir, c'est chacun son tour ;) J'adore aussi l'idée des marqueurs :) Et concernant Ianto, l'auteur mélange déjà Harry Potter et Doctor Who, je suppose qu'il/elle n'a pas voulu ajouter un univers supplémentaire, même proche de Doctor Who.

A mardi prochain ! :)