Je remercie Camille D Tornwood, Lacie95 et Djiinn pour leurs reviews ^^ Vraiment merci pour votre soutien !

Hey je suis eeencoooore dans les temps pour le nanoooo~~~~ Wiiiiii ~(*0*)~

35.610 mots et troisième OS yeah

Je sens l'émotion monter on se rapproche de la fin... Plus que trois chapitres après celui-là ! Ça me fait tout drôle d'y penser ;_;

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Chapitre 24

Oraison

Arihas dormit peu cette nuit-là. Il se réveillait constamment pour s'assurer que le prince aille bien. Ses blessures devinrent de plus en plus douloureuses au fils des heures, heureusement pour lui que le médecin les avait soignées. Il commençait à avoir de la fièvre et ça l'angoissait. Elle devait être due à ses blessures mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle était causée par autre chose…. Il essaya de chasser cette pensée en vain. Tout ce qu'il pouvait faire c'était espérer qu'il se trompe et qu'ils se sortent de là rapidement. Cependant ils étaient trop faibles pour s'évader par eux même. Il peinait rien qu'à lever les bras et le prince venait de faire une fausse-couche, il était affaibli à la fois physiquement et mentalement. Arihas ne savait pas comment il réagirait à son réveil. Il ne cessait de réclamer Hilmes dans son sommeil. Il avait besoin du réconfort de son alpha pour se calmer, Arihas ne pouvait pas faire grand-chose à part le serrer dans ses bras et il lui dire que tout irait bien.

Les heures défilait lentement, Arihas avait l'impression que des jours s'étaient écoulés lorsqu'un garde leur apporta à manger. Le prince se réveilla difficilement, les yeux encore rougis par les larmes. Il restait silencieux malgré les tentatives d'Arihas pour le faire parler. Il réussit cependant à le faire manger malgré sa réticence. Le médecin passa le voir pour vérifier que les saignements étaient terminés et que tout allait bien.

Arslan fixait un point que seul lui pouvait voir. Il ne réalisait toujours pas qu'il avait porté un enfant dans son ventre et qu'il avait découvert son existence alors qu'il disparaissait. Il avait perdu leur bébé, le fils ou la fille d'Hilmes. Leur bébé était mort et il se sentait coupable. S'il était resté à Peshawar cela ne serait pas arrivé, il aurait dû écouter Hilmes… C'était de sa faute.

« Où est mon bébé ? Murmura-t-il. »

Arihas entendit sa plainte, il prit le petit baluchon de tissu et le tendit à Arslan. Le prince le regarda les yeux plein de larmes.

« C'est encore trop tôt pour pouvoir voir un vrai bébé mais le médecin a gardé les serviettes avec votre sang… Il est dedans, expliqua-t-il doucement. »

Arslan l'attrapa comme s'il s'agissait d'une petite créature fragile. Ses mains tremblaient lorsqu'il le saisit. Il l'attira contre lui et se mit à sangloter. Arihas s'approcha et le pris dans ses bras.

« Ce n'est pas votre faute Arslan… C'est des choses qui arrivent malheureusement mais cela ne vous empêchera pas d'avoir d'autres enfants après… »

Arslan n'arrivait pas comprendre comment il avait pu porter un enfant et le perdre si vite. Il ne croyait qu'il pouvait être enceint si vite, s'il avait su il aurait écouté Hilmes. S'il avait cru une seule seconde que ce soit possible, il n'aurait pas mis leur enfant en danger. Il n'avait jamais ressenti le besoin d'avoir un enfant mais en apprenant ce qu'il se passait il avait tout de suite éprouvé de l'attachement pour cette petite vie qui grandissait en lui. Il culpabilisait et ressentait un sentiment d'échec. Il appréhendait la réaction d'Hilmes, il craignait qu'il ne lui en veuille d'avoir perdu son héritier. Heureusement Arihas était avec lui, ses mots lui allait droit au cœur et arrivait à le rassurer. Il finit par s'endormir dans ses bras tout en serrant contre lui le petit tas de tissu.

La journée fut longue et ennuyeuse, heureusement pour eux Ilterish ne leur refit pas de visite. Arihas sentait toujours la fièvre montait en lui et se répandre dans tout son corps à chaque minute qui passait. Il espérait qu'on vienne vite les sortir de là, il se sentait de moins en moins en sécurité sous cette tente.

Le soir venu, le silence devint total comme si une tempête se préparait. Arihas se rapprocha d'Arslan prêt à le défendre en cas d'attaque. Lorsque la nuit tomba des cris commencèrent à s'élever aux quatre coins du camp. Quelque chose se tramait dans l'obscurité sans que les soldats turâniens n'arrivent à saisir ce qui leur tombait dessus. Une vague silencieuse les engloutit peu à peu, s'immisçant dans la tente des gardes et les assommant sans qu'ils n'aient pu donner l'alarme.

Un cri brisa le silence et le cliquetis des armures retentirent, l'assaut fut lancé et submergea le camp. L'ennemi dévoila son visage et les soldats turâniens furent prit par surprise. Ils ne purent réagir face l'ennemi Parse qui les assaillaient de toute part. L'alarme put enfin être sonnée, l'ennemi ne se cachait plus et attaquait de front maintenant. Les cris et les chocs des armes résonnèrent dans les montagnes. Arihas s'enroula autour d'Arslan qui se réveillait peu à peu à cause du bruit. Il s'accrocha à lui en sentant l'air lourd s'écraser sur eux.

Les cris d'agonie se rapprochaient de plus en plus de leur tente. Arslan se serra contre Arihas en reconnaissant sa présence, il avait peur de lui faire face. Une ombre ouvrit les pans de la tente et entra avec précipitation. Hilmes les avait retrouvés. Arihas fut soulagé et voulut s'écarter du prince mais Arslan s'agrippa à lui de toute ses forces et cacha son visage contre le torse d'Arihas. Les larmes se mirent à couler sur ses joues, il ne voulait pas lui dire, ça le terrifié. Hilmes ne comprit pas la réaction d'Arslan, il resta stupéfait. Arslan aurait-il peur de lui ? Il entendit Sahm l'appeler derrière lui : le roi Ilterish était proche. Hilmes ressortit de la tente très énervé, il interpella Daryûn pour qu'il s'occupe d'eux.

« Je te confie Arslan cette fois, veilles à ce qu'il ne lui arrive rien, déclara-t-il. »

Daryûn resta sans voix face à cette demande soudaine. Hilmes venait de lui confier la protection du prince plutôt que de s'en occuper lui-même. C'était surprenant, étonnant même. Se pourrait-il qu'il lui fasse confiance pour lui donner cette tâche ? Et puis leur retrouvailles avaient été un peu courte, non ? Il s'attendait à ce qu'il ne puisse pas les séparer…

Hilmes avançait rongé par la colère, son oméga était blessé et en larmes. Il refusait même de croiser son regard. Il allait le faire payer au roi Ilterish. Zandé s'écarta devant Hilmes en voyant la colère brûler dans ses yeux, il ne l'avait jamais vu ainsi et ça n'annonçait rien de bon. Kishward se tenait debout près du roi et de son frère attachés et agenouillés contre le sol. Ilterish eut un sourire provocateur en le voyant arriver et Itoqt savait que cela n'annonçait rien de bon…

Il priait pour son frère ne le provoque pas, même lui béta pouvait sentir la menace que représentait actuellement Hilmes. Il ne savait pas ce qu'avait fait son frère mais il supposait que ce n'était pas une bonne chose.

« Alors vous avez retrouvé votre épouse ? Demanda-t-il rieur.
- Je n'ai pas d'épouse mais un époux ! Vous ne faites pas la différence entre un homme et une femme ?
- J'ai pu le constater par moi-même… »

Hilmes enragea au sous-entendu d'Ilterish. S'il avait osé ne serait-ce que poser un doigt sur lui… Et son attitude désinvolte commençait sérieusement à lui faire voir rouge. Il allait le tuer ! Sahm et Kishward voyaient la situation se dégrader mais ne savaient pas comment agir pour calmer Hilmes.

« Vous savez que vous ne faîtes pas le poids alors vous prenez des otages, c'est plutôt lâche de votre part ! Pourquoi nous attaquer alors que vous savez que vous allez perdre ?
- Comme Atropathènes, j'imagine que vous ne pensiez pas perdre, raia-t-il. »

Hilmes sourit et se pencha vers lui pour lui murmurer :

« J'ai moi-même fait tomber Andragoras de son cheval à Atropathènes, alors je ne crains pas un petit roi couard dans votre genre… Il se releva. Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire de vous ? Pourquoi ne pas vous ramener vous et vos hommes prisonniers jusqu'à la capitale, je suis sûr que le roi Rajendra sera ravi de veiller sur vos terres !
- En effet, sourit l'intéressé.
- Mais les sermons ne fonctionnent pas avec les têtes de mules dans votre genre, vous ne comprenez que la force et la douleur… Vous connaissez le sort réservé à ceux qui essayent de voler ce qui ne leur appartient pas… Détachez-le ! »

Kishward fit un signe de tête aux soldats qui détachèrent les liens d'Ilterish. Celui-ci ne perdit pas une seconde pour tenter de saisir une arme mais une lame siffla, avant qu'il n'ait le temps de comprendre son bras se retrouva parterre. Il mit une fraction de seconde pour comprendre ce qui venait d'arriver et celle d'après il se retrouva au sol à hurler et se tordre de douleurs. Hilmes se sentit mieux, ce geste de rage réussit à le calmer.

« C'est ça ! Va donc engrosser à nouveau ta putain ! »

Hilmes se figea, il se retourna lentement vers Ilterish. Il allait le tuer. Kishward réagit le premier et le frappa au visage l'assommant d'un coup. Narsus vint attraper Hilmes pour le pousser à partir et ainsi calmer son animosité. Il réfléchit aux paroles d'Ilterish et à ce qu'elles sous-entendaient. Hilmes en vint à la même conclusion peu réjouissante. Il se dirigea aussitôt vers la tente où il avait laissé Arslan et il demanda à Narsus d'aller chercher Faranghîs.

Il fut surpris de voir Daryûn toujours debout hors de la tente. Il ne semblait pas à l'aise.

« Pourquoi restez-vous dehors ?
- À cause d'Arihas… Lorsque je suis entré il… »

Daryûn ne termina même pas sa phrase tellement il était embarrassé. Hilmes entra voyant qu'il ne tirerait rien de lui. Il comprit alors la raison du malaise de Daryûn, Arihas venait d'entrer en période de chaleur. La situation s'était inversée, cette fois Arslan se tenait au chevet d'Arihas allongé sur le matelas.

« Hilmes tu dois pas rester, Arihas…
- Je ne suis pas affecté par Arihas, répondit-il simplement. Arslan… Regarde-moi. Tu fuis mon regard depuis tout à l'heure. Arslan…
- Je ne peux pas, sanglota-t-il.
- Que s'était-il passé ? Demanda-t-il.
- J'ai… J'ai perdu notre enfant, pleura-t-il. Je ne savais pas ! Je te le jure ! Si j'avais su je serais resté à Peshawar…
- Tu n'y es pour rien. Arslan, regarde-moi ! »

Arslan se tourna lentement vers Hilmes, les larmes aux yeux. Hilmes vint s'agenouiller en face de lui et lui caressa la joue pour essuyer ses larmes. Il posa son front contre le sien.

« Est-ce que tu as mal, je veux dire physiquement ?
- Oui j'ai des douleurs et des crampes de temps à autres mais à chaque fois… J'ai l'impression que cela recommence. »

Hilmes l'attira dans ses bras et lui caressa la tête. Il réussit à l'apaiser avec ses gestes doux et calmes. Pour la première fois depuis la nuit dernière Arslan se sentit enfin paisible.

« Vous souhaitez que je vous laisse ? Demanda une petite voix à côté d'eux.
- Arihas ! S'exclama Arslan. Tu vas mieux ? Je croyais que tu…
- Non pas encore mais cela ne vas pas tarder maintenant… Expliqua-t-il.
- Vous pensez avoir encore combien de temps avant que votre chaleur ne se déclenche ? Demanda Hilmes.
- Deux jours maximum, je pense… Je ne crois pas pouvoir tenir plus.
- Dans ce cas il vaut mieux que vous retourniez à Peshawar en urgence avec Daryûn.
- Mais Daryûn est un alpha ! Protesta Arslan. S'il l'accompagne il risque de… À moins que… Arslan se tourna vers Arihas. Vous deux, vous… ?
- Je souhaitais vous en parler mais les circonstances ne l'ont pas permis, expliqua-t-il.
- Mais toi, comment sais-tu ? Demanda Arslan.
- Sa réaction à la disparition d'Arihas m'a suffi pour comprendre, étant donné que j'étais dans le même état… Et puis il est d'usage pour un haut-gradé de demander l'autorisation à son seigneur pour se marier.
- Tu l'y as autorisé au moins ?
- Je n'y vois pas d'inconvénient sinon je ne l'aurais pas proposé pour accompagner Arihas jusqu'à Peshawar connaissant les risques que cela engendreraient. »

Arihas se releva prudemment sous le regard inquiet d'Arslan. Il était malgré tout heureux que ce petit moment ait permis au prince de penser à autre chose.

« Votre Altesse, si vous me permettez j'aimerais sortir dehors pour prendre l'air. »

Arslan voulut protester mais Hilmes le retint, il ne craignait rien maintenant. Daryûn le regarda sortir interloqué.

« Arihas, qu'est-ce que… Mais qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu étais en chaleur…
- Non pas encore mais cela ne saurait tarder…
- Je suis désolé d'être parti si rapidement tout à l'heure, je craignais de… Perdre le contrôle.
- Je sais et j'apprécie le geste, sourit-il. Moi-même j'ai cru que c'était mes chaleurs mais cela s'est calmé rapidement… Je pense que c'est plutôt un avertissement. Son Altesse Hilmes m'a conseillé de repartir à Peshawar rapidement pour éviter les incidents.
- Il veut te renvoyer seul à Peshawar ? S'exclama-t-il. C'est encore plus dangereux !
- Eh bien… Il a conseillé que tu m'accompagnes. »

Daryûn resta sans voix.

« Je ne pensais pas que tu lui en parlerais si tôt, dit-il.
- Il l'a compris tout seul, il m'a juste demandé quand est-ce que je t'avais demandé en mariage et si la date était fixée, dit-il en baissant les yeux embarrassés.
- Son Altesse est perspicace ! Sourit-il.
- Je voulais te demander… Es-tu réellement sûr de vouloir m'épouser ? Je veux dire, tu avais l'air plutôt résigné que d'accord…
- Si j'étais contre tu l'aurais su rapidement, non ? Cela me convient et puis je te fais confiance ! Je t'ai avoué des secrets que je n'ai jamais dits à personne, les seuls qui savaient étaient mes parents ou bien Kahzac par le biais de mes parents… Je ne l'ai jamais dit ouvertement à personne, dit-il sincèrement.
- Dans ce cas laisse-moi te dire que je ferais mon possible pour te rendre heureux ! »

Daryûn tourna aussitôt la tête pour cacher sa gêne. C'était plutôt basique comme phrase et pas vraiment original mais il le pensait sincèrement.

« Voilà une déclaration enflammée !
- Ghîb ? Sursauta Daryûn.
- Vous nous avez caché des choses tous les deux ! Bouda Narsus qui n'avait rien vu venir.
- Sans vouloir vous vexer Sire Narsus, je crois que vous êtes le seul qui ne s'en doutait pas, déclara Faranghîs.
- J'en connais un qui va être vert de jalousie ! Sourit Ghîb.
- Messire Arihas, son Altesse est-il là ? Demanda Elam. Comment va le prince ?
- Pas très bien malheureusement… »

L'assemblée devint silencieuse. Kishward, Sahm, Zandé et les autres généraux arrivèrent au milieu d'un silence pesant. Les arrivants restèrent muets face aux mines sombres de leurs compagnons. Daryûn rompit le silence :

« Qu'est-il arrivé ? Le prince est blessé ?
- C'est Ilterish, n'est-ce pas ? Continua Sahm.
- C'est surtout un concours d'évènement difficile, déclara-t-il.
- Est-ce pour cela que son Altesse Hilmes m'a fait chercher ? Questionna Faranghîs.
- Oui… Le prince Arslan a besoin de faire son deuil, expliqua-t-il.
- Alors c'est bien une fausse-couche, conclut Narsus.
- Ilterish l'a sous-entendu avec des termes peu élogieux, expliqua Kishward.
- Comment se fait-il que le prince était sur le champ de bataille dans son état ? Intervint Zandé.
- Il était encore trop tôt pour le dire, répondit Arihas. Pour un oméga il faut au moins trois mois pour le constater, le prince n'était qu'à un peu plus d'un mois.
- C'est une grosse perte pour le royaume, c'était une chance d'avoir un héritier si rapidement pour le trône, dit Zaravant.
- Nos princes sont jeunes, il y aura d'autre occasion, répondit Kishward.
- Si vous pouviez avoir cette discussion ailleurs se serait bien mieux !
- Votre Altesse Hilmes ! S'exclamèrent-ils en cœur.
- Dame Faranghîs, si vous voulez bien entrer, nous avons besoin de vous… »

Faranghîs s'engouffra dans la tente avec lui. Elle fut attristée par la mine du prince. Il ne semblait pas bien du tout. Hilmes lui demanda si elle pouvait faire une prière pour leur enfant mort avant même de naître. Elle accepta sans hésitation. Arslan lui tendit sans un mot le petit baluchon de tissu qu'elle saisit. Hilmes attrapa les mains d'Arslan dans les siennes et le serra contre lui. Faranghîs commença à réciter ses prières, depuis qu'elle connaissait le prince elle ne l'avait jamais vu si fragile et vulnérable. Il n'osait même pas croiser son regard et fixait le baluchon qu'elle tenait dans les mains. Quand elle eut fini il se mit à pleurer et il l'a remercia d'avoir fait ça pour eux. Elle lui rendit le baluchon qu'il prit dans ses bras avec précaution et alla se coller dans les bras d'Hilmes. Faranghîs se retira en silence pour ne pas briser leur moment d'intimité. Après un tel évènement ils en avaient besoin.

Hilmes tenait précieusement Arslan dans ses bras. Ce dernier avait l'impression d'avoir pleuré toutes les larmes de son corps. Il était épuisé et n'avait pas envie de combattre la fatigue qui lui tombait dessus. Il voulait qu'Hilmes reste près de lui, sa présence lui faisait beaucoup de bien. Voyant les yeux de son mari se fermer, Hilmes chercha à l'allonger pour qu'il se repose mais Arslan le retint en attrapant son bras.

« Reste avec moi, s'il-te-plaît… Murmura-t-il.
- Ne t'inquiètes pas, je reste là. »

Hilmes s'allongea contre lui et lui caressa les cheveux. Arslan leva son visage vers le sien et se rapprocha timidement. Hilmes fut surpris, Arslan prenait rarement ce genre d'incitative alors il le laissa faire. Il s'approcha et déposa un baiser timide sur ses lèvres. Hilmes passa sa main sur sa joue et colla son front au sien.

« J'ai eu si peur, murmura Arslan. J'avais tellement mal, je ne sais pas comment j'aurais fait sans Arihas… Et j'ai peur que ça recommence, que ça arrive à nouveau… Je sais que les grossesses des omégas ne sont pas faciles… J'ai peur, avoua-t-il.
- La prochaine fois cela se passera bien, tu m'entends ? Maintenant on sait que tu es plutôt fertile alors on vérifiera à chaque fois si tu peux participer aux campagnes militaires ou pour les longs voyages.
- Je crois que je préfère rester en retrait de tout ça maintenant… C'est lâche mais… Je ne veux pas perdre un autre enfant. Je ne veux plus revivre ça !
- Tu sais, c'est des choses qui arrivent… Tu n'es pas le premier et tu ne seras certainement pas le dernier. Beaucoup de reines ont fait une fausse-couche pour leur première grossesse et cela ne les a pas empêché d'avoir plusieurs enfants après, sans plus avoir de fausse-couche.
- J'imagine mais… J'appréhende un peu maintenant, je ne pensais pas possible d'avoir un enfant si rapidement. Je ne pensais même pas que je pouvais tomber enceint si facilement…
- Nous pourrons avoir une grande famille, sourit-il. Arslan releva la tête à ses propos.
- Tu crois ? Tu veux beaucoup d'enfants ?
- Quand j'étais enfant j'aurais aimé avoir des frères et sœurs…
- Moi aussi, sourit-il tristement, j'aurais pu parler et jouer avec eux.
- Quatre ou cinq, c'est bien non ? Reprit-il. »

Arslan lui sourit, il ne pensait pas qu'Hilmes voulait avoir beaucoup d'enfants.

« J'aimerais bien avoir une fille, avoua-t-il.
- C'est vrai ? S'exclama Arslan.
- Oui, pourquoi cela t'étonne-t-il autant ?
- Eh bien… D'habitude les seigneurs préfèrent avoir des fils pour leur succéder…
- On pourrait très bien avoir une fille alpha, tu ne crois pas ? En tout cas nous avons plus de chance qu'un couple classique. Et puis si elle est oméga ce n'est pas grave ! Ou même si nous avons des fils omégas ce n'est pas grave, pas vrai ?
- Tu le penses vraiment ?
- Evidemment ! J'aimerais tous nos enfants de la même façon. »

Hilmes continua à lui parler de leurs futurs enfants, il espérait qu'ils auraient les yeux bleus d'Arslan. Il l'écouta avec attention, souriant aux remarques de son alpha. Cela lui faisait plaisir, il sentait un poids s'enlever de sa poitrine. Il n'avait plus peur de décevoir Hilmes, tout ce qu'il espérait était que sa prochaine grossesse se passe bien cette fois. Il finit par s'endormir dans ses bras. Hilmes le couvrit et se leva en faisait attention de ne pas le réveiller. Il sortit devant la tente et fut surpris de voir que la petite assemblée de tout à l'heure était toujours là. Ils hésitèrent avant de lui demander des nouvelles du prince. Il les rassura mais leur avoua que le prince était fatigué. La nouvelle de la fausse-couche du prince avait déjà tourné dans le camp, même de simples soldats venaient demander des nouvelles de leur prince.

Hilmes laissa Narsus et Kishward gérer le camp et la fin de la guerre contre Turân. Ils avaient décidé dès le début de faire prisonnier un bon tiers des soldats Turâniens. Ils ne voulaient pas conquérir Turân –cela serait une perte de temps- alors ils les amputaient de leur armée pour qu'ils se tiennent à carreaux. Les soldats seraient renvoyés chez eux au compte-goutte d'ici un an ou deux espérant que d'ici là Ilterish se serait calmé.

Lorsqu'Arslan se réveilla il retrouva Hilmes à ses côtés. Il lui annonça qu'ils partaient pour rejoindre leur camp au pied des montagnes. Ils y seraient avant la fin de l'après-midi. Il lui dit aussi qu'Arihas et Daryûn étaient partis à Peshawar quelques heures auparavant. Arslan se leva et le suivit à l'extérieur, il fut surpris de voir tous ses compagnons réunis là. Il essaya de paraître normal et de leur sourire pour les rassurer mais il n'y arriva pas. Ils lui racontèrent comment ils les avaient retrouvés et comment ils s'étaient organisés pour attaquer le camp turânien. Il apprit aussi le sort réservé à Ilterish, il comprit alors qu'Hilmes s'était retenu pour ne pas le tuer sur place. Par contre il ne savait pas comment son Père prendrait la nouvelle…

Daryûn arriva juste à temps à Peshawar. Arihas tremblait dans ses bras et son taux de phéromones montait en flèche. En arrivant il demanda aussitôt où se trouvait les appartements d'Arihas pour l'y amener. Il déposa Arihas sur son lit avec autant de délicatesse qu'il put mais Arihas le retint.

« Daryûn, gémit-il. Reste avec moi… Je te veux… »

Il dut se faire violence pour le lâcher et sortir de la chambre. Lorsqu'il était encore conscient Arihas lui avait demandé de ne pas passer cette chaleur avec lui. Ils devaient se marier avant. Daryûn fut un peu vexé mais au fond il préférait ça. Il voulait qu'Arihas soit pleinement conscient pour leur première nuit. Il se laissa glisser au sol contre la porte de la chambre. Il veillerait à ce que personne ne le dérange. Il respira à plein poumon, le parfum d'Arihas était vraiment attirant.

Sa chaleur se termina au lendemain du retour de l'armée des princes. Arihas avait oublié combien une chaleur était épuisante. Heureusement que pour lui cela ne durait que trois jours ! Lorsqu'il se leva et s'approcha de la porte il sentit une présence agréable. Daryûn était resté derrière la porte durant les trois jours. Il ouvrit doucement la porte et le vit endormi dans un siège face à sa porte. Il s'avança à pas de loup, il le trouva adorable endormi ainsi. Il approcha son visage du sien pour déposer un baiser sur ses lèvres. Il fut surpris lorsqu'il le sentit répondre. Quand il se recula il vit Daryûn à moitié endormi lancer un regard interrogateur. Il lui sourit :

« Je te l'avais promis en récompense pour m'être revenu vivant, non ? J'honore toujours mes promesses, sourit-il. »

Daryûn saisit sa nuque et l'attira vers lui pour l'embrasser à nouveau.

« Marions-nous à notre retour à la capitale ! »

Arihas lui sourit pour toute réponse. Des pas pressés se firent entendre à l'autre bout du couloir.

« Ah ! Vous êtes là ! Je vous cherchais, vous savez ? Je dérange, peut-être ? Sourit Ghîb.
- Que faîtes-vous là ? Grogna Daryûn.
- Sir Arihas ? Vôtre confinement est déjà terminé ? Demanda-t-il. Je suis sûr que le prince sera ravi de l'apprendre. Puisque vous êtes sur pieds alors autant que vous veniez aussi. L'enterrement va bientôt avoir lieu… Dit-il plus gravement. »

Kishward avait proposé aux princes d'enterrer les restes de leur enfant à Peshawar, étant donné qu'il n'y avait pas de corps à proprement dit, il ne pouvait bénéficier d'un vrai enterrement royal à la capitale. Le couple princier accepta, ils auraient une bonne raison pour quitter la capitale. Arslan avait demandé à ses amis s'ils voulaient y assister, ils acceptèrent et demandèrent même au prince pourquoi il leur posait la question. Etoile qui s'était remise de ses blessures demanda si elle pouvait aussi réciter une prière pour leur enfant, ils furent surpris mais acceptèrent. Sahm et Zandé y assistèrent aussi après tout ils étaient les plus proches compagnons d'Hilmes. Rajendra les avait accompagnés jusqu'à Peshawar y assista lui aussi.

Arslan fut soulagé de voir Arihas suivre Daryûn. Cela lui fit plaisir qu'il puisse être là lui aussi. Hilmes arqua un sourcil en remarquant qu'Arihas portait toujours son collier et qu'il n'avait pas été marqué mais ne dit rien. Ils étaient tous réunis alors Faranghîs commença à résister une oraison funèbre puis ce fut au tour d'Etoile. Arslan fut touché par son intervention bien qu'elle surprit Sahm, Zandé et Kishward. On mit sur la tombe une plaque aux armories de la famille royale et l'emblème de Parse, il fut inscrit :

Ci-gît le premier enfant du couple princier Hilmes et Arslan.

13 mai de l'an 322

Bahman devait assister à la cérémonie mais sa santé se dégradait de plus en plus, les médecins ne lui donnaient plus qu'un mois ou deux à vivre. Hilmes fut attristé de l'apprendre, son Maître d'armes lui paraissait bien différent maintenant qu'il le voyait allongé sur un lit. Il dut pourtant lui dire adieu car ils devaient retourner à la capitale aussitôt la campagne militaire terminée.

Rajendra aussi dut se préparer à rentrer chez lui dans son palais. Il ne manqua pas d'embêter Daryûn en disant à Arihas que s'il le souhaitait il pourrait toujours le rejoindre. Il glissa aussi un dernier mot à l'oreille de Daryûn :

« Tu as intérêt à le rendre heureux car je n'hésiterais pas à venir te le voler si tu échoues.
- Dans vos rêves ! Répondit-il avec un petit sourire. »

Hilmes confia la garde des soldats prisonniers au seigneur qui protégeait Peshawar. Leur départ pour la capitale se ferait dans une semaine, le temps que les blessés soient suffisamment forts pour supporter le voyage. Arslan se préparait déjà à affronter les remarques de son Père quand il apprendrait sa fausse-couche. Il se ferait un plaisir de le rabaisser.