Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole
Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33
Nombre de chapitres traduits : 12
Chapitre 8 : Où les choses changent pour Harry
~~~~~~~~~~~~~~ Voici le début ~~~~~~~~~~~~~~
Les quelques premières semaines après le réveil de Harry furent principalement remplies par Harry dormant pendant des heures. Il ressemblait à un chat dans ce domaine, se roulant en boule n'importe où, habituellement contre ou sur le Docteur, et somnolant. Quand il ne dormait pas, il n'était jamais à plus de trois mètres du Docteur à n'importe quel moment. Il préférait avoir la main du Docteur dans la sienne, ou son manteau, ou être dans ses bras.
C'était déconcertant et plutôt frustrant pour Jack, s'il devait être honnête. Il ne pouvait rien faire pour aider Harry, et le Docteur était plus calme qu'à l'habitude quand Harry dormait, se retirant dans une autre pièce et laissant Jack s'occuper seul. Jack ne pouvait même pas se promener hors du TARDIS puisque, la plupart du temps, le Docteur laissait le TARDIS flotter dans un endroit de l'espace sans autoroute spatiale ou sans planète.
Et Jack avait des questions. Il avait beaucoup de questions pour le Docteur. Il avait des questions sur Harry, sur Bad Wolf, sur ce qui s'était passé exactement sur Olympus, sur les paroles de Moïra. Il ne pouvait jamais les poser, le Docteur faisait toujours autre chose.
Le TARDIS aussi faisait de son mieux pour protéger le jeune garçon. Quand ils se posaient quelque part, elle s'assurait à atterrir exactement là où le Docteur l'avait demandé, souvent des endroits sans vie intelligente ou des endroits extrêmement pacifiques où il n'y avait pas de guerres ou de conflits pendant des siècles dans chaque direction.
A présent, ils étaient assis sur ce qui pouvait être appelé une plage, les tentatives de Harry de construire des bâtiments de sable évidentes tout autour d'eux. Le garçon était endormi pour le moment, blotti dans les bras de son père, la petite poitrine se soulevant et s'abaissant doucement. Le Docteur regardait diminuer lentement le croissant de la grande géante gazeuse autour de laquelle cette lune tournait, et Jack figura que c'était probablement sa seule chance de poser des questions.
« Qu'est-ce qui ne va pas avec lui ? demanda-t-il doucement, approchant le sujet avec sans doute la question la plus importante mais qui permettrait probablement la réponse la moins colérique. Pourquoi est-il aussi… collé à vous ? »
Le Docteur passa une main sur la tête de Harry.
« Il est terrifié que je disparaisse et qu'il se retrouve tout seul. Il n'en parle pas quand il est réveillé, mais il parle dans son sommeil. »
La main de Harry agrippa fermement la chemise du Docteur, et Harry s'enfonça plus profondément dans son sommeil. Il n'y avait aucune vie intelligente près d'eux pour le moment. De l'eau légèrement luminescente, H2O avec des pierres phosphorescentes éparpillées, léchait la côte rocheuse grise. Ce serait appelé la Lumière de Betricax dans le futur, mais pour l'instant, c'était inconnu.
Jack hocha la tête. Il pouvait comprendre ça. Même si Harry était presque trop jeune pour former des souvenirs durables de l'événement (l'Agence du Temps leur avait donné des cours sur la Mémoire et comment elle change, se solidifie et s'adapte dans différentes espèces), pour l'instant ils devenaient des cauchemars et des souvenirs vifs. La douleur était le plus grand professeur de l'Univers et créait des souvenirs très réactifs.
« Docteur, j'ai vu Bad Wolf auparavant, dans des fichiers informatiques liés à vous. Qu'est-ce que c'est ? Elle ? »
Le Docteur lui sourit, triste et solennel :
« Vous savez qui elle est. Elle est la raison pour laquelle vous êtes en vie aujourd'hui, Jack. Pourquoi vous serez toujours en vie. Elle s'est créée elle-même, et donc a été créée et a existé pour juste un moment, et cependant a toujours existé. Un exploit qu'aucun autre être de l'Univers n'a réussi, de se créer eux-mêmes et d'avoir été eux-mêmes pendant toute la création. »
Jack cligna des yeux. Ça… avait un sens. Il supposait. Il réfléchit à la réponse à nouveau jusqu'à ce qu'il tombe sur 'raison pour laquelle vous êtes encore en vie'. Il redressa rapidement la tête pour regarder le Docteur :
« Vous… vous ne voulez pas dire ? Elle ? Rose ? Vraiment ? »
Le Docteur hocha la tête :
« Oui. Rose est Bad Wolf.
— Mais… comment ? »
C'était incroyable.
Le Docteur brossa les cheveux de Harry hors de son visage alors qu'il regardait au loin vers l'eau.
« Je l'ai renvoyée à son époque, mais Rose réécrit la définition du mot 'têtu'. Elle a ouvert le coeur du TARDIS et absorbé le Vortex Temporel. Elle était le Temps lui-même, Bad Wolf, pendant des minutes et des éons. Elle était belle et terrifiante et merveilleuse. »
Il sourit en souvenir.
« Je n'ai aucune idée de comment elle n'en est pas morte. J'ai régénéré après l'avoir repris d'elle, et je l'ai à peine tenu pendant une demi-minute.
— Mais… mais, je veux dire, Bad Wolf est un virus !
— Bad Wolf est aussi une baie en Norvège, une centrale nucléaire ratée à Cardiff, le nom de la Plate-forme de Jeux en 200.100, une vieille légende dans l'histoire des Seigneurs du Temps, la créatrice de la Destinée et l'Enfant de la Destinée, le nom de plusieurs systèmes stellaires dans la Ceinture Caspersienne en 4 Pomme/K-098, le nom du premier vaisseau spatial à avoir dépassé la vitesse de la lumière, et Rose Tyler, ainsi que de nombreuses autres choses éparpillées dans tout l'Univers. »
Le Docteur eut un rire :
« A côté du mot 'impossible' dans tous les dictionnaires, il devrait y avoir une photo de Rose Tyler.
— Donc quand la femme a dit qu'elle était perdue ou déplacée ou quelque chose, elle parlait de quoi exactement ? Je pensais qu'elle était revenue ? »
Le Docteur parut soudain presque misérable :
« Je l'ai laissée dans le monde de Pete avec ma Métacrise. Il était partiellement humain, il pourrait vieillir avec elle, ils pourraient avoir une famille. Je, je ne pouvais pas, pas à ce moment-là. Je n'ai jamais pensé que je pourrais, jamais. Je ne pouvais pas lui donner une vie, je pensais, donc elle est restée avec lui. Et je suis parti. »
Jack voulut frapper très fort le Docteur, mais se contenta de lui lancer un regard noir. Il avait oublié combien le Seigneur du Temps pouvait avoir une basse estime de lui.
« Et qu'en est-il de Harry ? C'est votre fils, votre enfant. Il est votre famille, à présent. »
Le Docteur ne leva pas les yeux.
« Il était inattendu. Je n'ai jamais pensé que je pourrais avoir des enfants. Ce n'est pas possible à Gallifrey. Les enfants sont tissés en lots. Une fois… une fois, il y a très très longtemps, j'ai eu des enfants, avant la Malédiction de Pythia. Maintenant, cependant, maintenant, j'ai Harry. C'est un privilège et un honneur que je n'ai jamais rêvé mériter un jour. »
Jack se demanda, s'était déjà demandé, où le Docteur avait récupéré Harry. Il était humain, ou il ressemblait à un humain, mais qu'est-ce qui était si intéressant chez lui pour que les Olympiens prennent de telles mesures pour l'avoir ? Pour attraper le TARDIS hors du Vortex Temporel juste pour un enfant qui était aussi le fils d'un Seigneur du Temps ? Il n'y avait pas de meilleur moment que le présent pour demander :
« Docteur, où avez-vous récupéré Harry ? » demanda-t-il, de l'hésitation dans la voix.
Ce n'était pas quelque chose qu'il avait demandé auparavant et le Docteur n'avait apporté aucune réponse, mais dans les circonstances, c'était le sujet le plus sûr concernant Harry.
« Harry m'a été donné après que sa famille a été tuée, dit finalement le Docteur doucement, posant une main sur Harry, l'autre le soulevant du sable. Il y a une communauté sur toute la Terre, une communauté secrète de sorciers, ceux qui ont le don de la magie, une énergie similaire à l'énergie psionique, mais modifiée fondamentalement à un extrême qui n'aurait pas du être possible. Mais voilà les humains, toujours en train de faire ce que l'Univers dit ne pas être faisable. Je pense, d'une certaine façon, que quelque chose a tourné de travers dans votre évolution, et il n'y a presque aucun absolu physiologique ou psychologique inscrit dans votre bagage. A part votre instinct de survie, il n'y a aucune limite au bien ou au mal que vous pouvez faire. C'est quelque chose que je n'ai jamais vu chez aucune autre espère intelligente. Tant d'extrêmes dans la même espèce, la même personne. Chaque espèce qui a atteint les étoiles a une volonté, un désir de voir plus ou de trouver plus de terres ou pour tout un nombre de raisons, mais les humains ont une étincelle chez eux qui est absente dans le reste de l'Univers. C'est pour ça que j'aime autant la Terre, que j'aime autant les humains. »
Jack attendit plus. Quand le Docteur atteignait ces moments philosophiques, la question aurait finalement une réponse, mais sans doute pas de la manière espérée.
« Cette communauté d'utilisateurs de la magie, ces personnes qui manipulent une énergie qui ne devrait pas être à leur portée, sont les derniers restes des Éternels. Pas des enfants exactement, mais plutôt une transplantation de leurs gênes dans la structure génétique humaine. Ils ont choisi un certain pourcentage d'humains sur toute la planète, environ 3,5% d'entre eux bien avant que vous ayez compris comment utiliser la roue pour quoi que ce soit d'utile, et ont transposé leurs gênes en eux. La moitié d'entre eux ont avancé considérablement, une augmentation de leurs connaissances, de leur technologie, et sont devenus ce que nous connaissons maintenant sous le nom d'Immortels, homo superior. Ils ont se sont cachés profondément sous terre bien avant que l'Empire Romain ne connaisse son apogée, mais à ce moment-là, l'autre moitié avait découvert leur capacité à manipuler le monde autour d'eux. Tout d'abord, ils ont fait des petites communautés de leur côté, interagi avec le monde extérieur, sont devenus les possesseurs de connaissances et de pouvoir, et les émissaires de ceux au pouvoir. Merlin est l'un des plus connus, avant qu'ils ne retournent dans leurs propres communautés, se coupant du monde normal. La plupart des dieux et déesses égyptiens étaient ces sorciers et sorcières avec un immense pouvoir. Ils ont travaillé avec les Osirins pour construire l'Egypte en ce qu'elle est devenue. »
Jack oubliait souvent combien le Docteur s'y connaissait en Histoire. L'histoire de n'importe quoi, de tout. La Terre, sa planète favorite, était de toute évidence son point fort. Le Docteur caressa la tête de Harry d'une main.
« Donc Harry vient de ces sorciers ? Ces magiciens ? »
Le Docteur sourit légèrement :
« Oui. Harry m'a été confié en 1981, le 3 novembre pour être précis. A ce moment-là, le monde magique était en factions, séparées en pays comme leurs équivalents non-magiques. En Grande Bretagne, un sorcier qui a fouillé un peu trop loin dans le côté sombre de la magie terrorisait la communauté entière. Cela a du apparaître comme des attaques terroristes dans la Grande-Bretagne non magique et en Irlande. Vous avez certainement du faire du nettoyage après ça. »
Jack hocha la tête. Il se souvenait de quelques missions de nettoyage étranges à Cardiff et Londres qui ne semblaient pas d'origine alien mais il n'avait pas d'autres sources.
« Les années 70 ?
— Oui. En 1981, il y a eu une prophétie qui a prévu la chute possible de ce sorcier. Cela s'est finalement terminé en Harry ici. Ses parents ont été tués en se défendant, et le sorcier a été réduit à une ombre de lui-même. Le chef de la résistance était une vieille connaissance et m'a appelé. »
Jack cligna des yeux, semblant stupéfait :
« Vous a appelé ? Comment ? J'ai essayé pendant des années, rien. »
Le Docteur sourit :
« J'ai rencontré Dumbledore peu après la fin de la Guerre du Temps et il m'a redonné espoir. Je lui ai donné un appareil qu'il pouvait utiliser en cas de besoin. Je ne me suis jamais attendu à ce qu'il le fasse, c'était un sorcier brillant, puissant. Il l'a fait, cependant, et il… »
Le Docteur s'arrêta, fronçant légèrement les sourcils :
« Il m'a manipulé plutôt efficacement pour que j'emmène un petit enfant avec moi. J'étais plutôt mécontent à son encontre, et je suis sûr que je lui ai dit certaines choses désagréables. Je n'étais pas dans mon état normal. Je n'étais même pas sûr que j'allais garder Harry. Qu'est-ce que j'étais supposé faire avec un enfant ? A peine plus qu'un nourrisson ? Je ne suis pas qualifié dans aucun sens du mot. »
Jack cligna des yeux :
« Vous avez fait un travail admirable avec lui jusque là. C'est un enfant remarquable.
— Je l'ai eu pendant à peine plus d'une année et il est passé entre les mains de monstres faisant de leur mieux pour jouer à dieu avec son corps. La seule raison pour laquelle je peux le toucher est due à un cadeau donné par une race qui a été oblitérée quelques heures après. Ce que Harry est pour moi… Je n'ai jamais pensé que j'aurais ceci à nouveau, Jack. Cette responsabilité d'une autre âme reposant sur moi complètement. Ce n'est pas quelque chose que j'ai jamais pensé avoir à nouveau.
— Vous avez des compagnons tout le temps. » souligna Jack.
Le Docteur le regarda avec insistance :
« Compagnons qui sont suffisamment âgés pour survivre par eux-mêmes s'ils sont laissés seuls dans une époque qui n'est pas la leur avec rien d'autre que les vêtements qu'ils portent. Rien d'agréable, mais ils sont suffisamment âgés pour trouver de la nourriture, de l'eau, un abri. Ils me font confiance pour l'aventure, pour l'excitation, pour le danger. Pour les sortir de ce danger. Ils ne se reposent pas sur moi pour leur lire des histoires à l'heure du coucher, pour la nourriture ou des bains ou de nouveaux vêtements, pour des câlins et des bisous pour souhaiter bonne nuit, pour avoir quelqu'un avec qui faire des puzzles et dessiner des guerres, pour les connaissances essentielles et la parole et comment vivre. Je n'ai jamais eu cette responsabilité, pas depuis un long moment. Pas depuis un très très long moment. »
Les yeux de Jack s'écarquillèrent, comprenant sans doute pour la première fois ce que Harry signifiait pour le Docteur. Il n'avait jamais vraiment réfléchi à la vie du Docteur, comment les compagnons s'intégraient, comment le Docteur les voyait. Pour lui, le Docteur était quelqu'un qui le tenait responsable de ses actions, qui lui donnait un but, une raison, de l'aventure. Quelqu'un d'intéressant et de différent, un être d'un niveau plus élevé qu'il pouvait admirer. Pour Harry, le Docteur était son papa, la personne qui le bordait, qui lui donnait des pommes, qui jouait avec lui et lui donnait le bain et s'assurait qu'il était en sécurité.
Tout ce qui était arrivé à Harry sur Olympus avait profondément endommagé la confiance du Docteur en sa capacité à garder Harry en sécurité, et fait Harry s'accrocher à son sauveur, son papa, encore plus. Dans l'esprit de Harry, le Docteur l'avait sauvé, l'avait gardé en sécurité. Pour le Docteur, il était arrivé trop tard, il avait laissé Harry être enlevé et, en tout état de cause, être torturé. Et il n'arrivait pas à gérer ça.
Jack était certain que l'oblitération de toute une race pesait également lourdement dans son esprit, mais il n'allait pas s'aventurer sur ce terrain glissant pour le moment.
Le silence tomba à nouveau alors qu'ils regardaient les soleils au loin se lever de plus en plus haut en un arc erratique dans le ciel. Harry tourna dans son sommeil, murmurant contre les vêtements du Docteur et gigotant. Les yeux du Docteur s'agrandirent et il ramena Harry plus près de lui, le tenant contre son corps alors que Harry commençait à pleurer, des larmes silencieuses s'écoulant sur son visage.
« Est-ce que… c'est ce qu'il a ? » demanda Jack, pas vraiment capable de terminer sa phrase.
Le Docteur hocha sèchement la tête.
« Oui. Allez ouvrir le TARDIS, vite. Je ne veux pas que sa magie fasse quoi que ce soit dehors.
— Sa magie se déchaîne ? Je pensais que son collier la gardait en lui ?
— Elle réagit toujours aux émotions extrêmes. Encore plus maintenant à cause de l'empathie. Le TARDIS fait de son mieux pour l'apaiser, mais ce n'est pas toujours suffisant. Vite, Jack, ouvrez la porte. S'il vous plaît. »
Jack sursauta à la supplique, et se précipita vers la porte, bataillant avec la clé, mais poussa la porte à temps pour que le Docteur entre avec Harry avant de le suivre, fermant la porte derrière lui. Le Docteur avait déjà traversé la moitié de la salle de contrôle, se dirigeant vers la porte du fond et vers une des pièces sans nom au fond du couloir qui tournait encore et encore. Jack se demanda s'il était également invité quand il fut soudain clair qu'il était nécessaire :
« Jack ! Venez ici, j'ai besoin d'aide ! »
Jack ne perdit pas une seconde pour se ruer à travers la pièce et suivre les pas du Docteur.
Ils passèrent devant la chambre de Harry, la cuisine, l'infirmerie, et même la salle de jeu avant que le Docteur ouvre une porte avec son pied.
La pièce au delà était presque entièrement vide. Tout ce qu'il y avait à l'intérieur était une goutte dorée d'une énergie scintillante, suspendue en parfaite harmonie avec la pièce. Harry était en train de pleurer en silence et de se débattre dans les bras du Docteur. Jack resta debout à côté, les mains papillonnant. Il n'était pas sûr de ce qu'il pouvait faire, où il pouvait aider, pourquoi il était là. Le Docteur le regarda avec des yeux sans espoir et plaidant. Il comprit alors.
Il n'était pas là pour aider Harry avec son cauchemar, il était là pour aider le Docteur à s'accrocher à quelque chose. Autre chose que son enfant qui souffrait.
« Ça fait… ça fait un mois, Docteur ? »
Ils en avaient parlé peu après avoir récupéré Harry. La possibilité que les processus mentaux de Harry soient dépassés parce ce qui lui avait été fait. Le Docteur hocha la tête.
« Oui. C'est pour ça qu'il est comme ça maintenant. Je l'ai apporté dans la matrice centrale pour que le TARDIS puisse aider avec ce qu'elle peut scanner. Harry a toujours eu un lien spécial avec elle. L'énergie dans cette pièce est plus haute que n'importe où ailleurs, plus haute même que dans la salle de contrôle. Si je devais être précis, ceci est le coeur du TARDIS, aussi proche du vrai coeur qu'on puisse être. La plupart des Seigneurs du Temps n'ont jamais pensé à son existence. La matrice centrale de la conscience du TARDIS était considérée comme un mythe, mais elle autorise Harry ici et par défaut, moi et vous. »
Jack hocha la tête. Le Docteur s'était affaissé contre la porte, maintenant fermée, Harry reposant dans ses bras, se tournant nerveusement et ouvrant et fermant sa bouche.
Maintenant, c'était le jeu de la patience, un jeu auquel aucun des deux ne voulait jouer mais, par nécessité, en étaient les participants involontaires.
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Elle pouvait le sentir, le petit enfant qui touchait ses murs et lui parlait en images et émotions et couleurs. Son pouvoir coulait tout autour de lui, jaillissant et se débattant, partiellement coupé de sa liberté et maintenant plus libre qu'il ne l'avait jamais été auparavant.
Il était perturbé, avait mal, ne comprenait pas ce qui se passait et ne savait pas ce qu'il devait faire. Elle l'apaisa avec une douce caresse, comme si c'était un animal farouche. Il la reconnut, et elle le dirigea vers le petit garçon auquel il appartenait. Il rua sauvagement pendant un moment, confus, puis il sembla réaliser. Il tourna autour de son petit propriétaire pendant un moment.
Elle essaya de lui montrer le bon chemin, mais elle était isolée de la source de pouvoir du petit sous sa peau. Ce collier, qui rendait confus sa magie et elle, était aussi ce qui le gardait en sécurité. Elle pouvait le voir, lui parler, le collier à la main. Elle pouvait le voir, le collier lacé autour d'un cou plus âgé que celui qui était allongé sur son sol pour le moment. Il en avait besoin, mais il pouvait aussi l'enlever, l'enlèverait, l'enlèvera, l'avait enlevé.
La magie tourna autour, touchant l'enfant, touchant son Seigneur du Temps, qui semblait si effrayé et incertain et apeuré pour l'enfant dans ses bras, touchant l'humain immortel qui aimait son Seigneur du Temps et son enfant et elle et qui était si perdu. Puis la magie baigna le petit dans une lumière si éblouissante avant de plonger sous la peau du garçon.
Elle s'était enfin posée. Son nouvel enfant n'aurait plus les cauchemars dont il souffrait aussi souvent. Ils ne feraient plus autant de dégâts. Il irait bien pour le moment. Il reviendrait ici quand il serait plus âgé et que sa magie serait plus forte, et il n'irait pas aussi bien, mais pour l'instant, le petit allait bien.
Cela lui avait pris plus de temps qu'elle l'avait souhaité, mais petit Harry dormait maintenant tranquillement. Un sommeil profond, guérisseur. Sa magie l'aiderait à restaurer l'équilibre qu'il avait perdu pendant ses cauchemars et apaiserait les blessures mentales. Son esprit était encore jeune, il se remettrait de cette rencontre douloureuse.
Son Seigneur du Temps était assis contre le mur, tenant son petit près de lui. Elle pouvait sentir son trouble et apaisa gentiment son âme. L'Immortel au sourire dragueur s'assit aussi près qu'il l'osait, et posa une main sur l'épaule de son Seigneur du Temps. Pour le moment, son travail était fait. Son petit enfant irait bien. Son Seigneur du Temps guérirait. L'Immortel aiderait, trouverait son chemin.
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Harry grogna et eut un spasme, et le Docteur essaya de ne pas serrer son petit corps plus fort. Ce n'était pas sûr pour Harry ou lui-même. Harry avait besoin d'espace et il ne pouvait restreindre ses mouvements. Le résultat serait déplaisant. Donc il tint juste la tête de Harry sur ses genoux, entre ses jambes étendues. Il sentit la main de Jack sur son épaule, le rassurant, et il sourit. Il pouvait le faire. Il pouvait. Il devait.
L'air commença à bouger, claquant de fureur autour d'eux. Des couleurs étincelèrent au milieu, transformant le vent en un kaléidoscope de couleurs et de vent. La magie de Harry, tournoyant hors de contrôle. Ce fut un sentiment d'impuissance qui s'abattit sur le Docteur à présent. Il ne pouvait aider d'aucune manière imaginable du tout. Il pouvait juste tenir bon et patienter.
Il regarda le maelström et, à sa plus grande surprise, un filet d'or vibrant se glissa à l'intérieur, l'apaisant. La magie répondit à l'intrusion et… elle s'arrêta. Elle réagit comme un chiot perdu, incertaine de ce qu'elle devait faire, où aller.
Le TARDIS, c'était ce qu'était l'énergie dorée, tourna autour et encercla Harry, se reposant près de son centre. La magie suivit avec hésitation.
Cela prit un moment, mais finalement le TARDIS conduisit la magie de Harry à l'intérieur de lui à nouveau. Le tourbillon de couleur et d'énergie disparut et les tremblements et gémissements de Harry s'arrêtèrent. Il se roula en boule, à présent endormi, le pouce se dirigeant vers sa bouche et son expression apaisée.
Le Docteur regarda Jack, qui semblait aussi soulagé que le Docteur.
« Merci vieille fille. » murmura le Docteur, rassemblant Harry dans ses bras.
Il sentit une larme couler sur sa joue.
« Merci. »
Jack ouvrit la porte et le Docteur sortit, portant son petit garçon avec attention et douceur.
« Il va aller bien maintenant ? » demanda Jack en regardant par dessus son épaule alors qu'ils se dirigeaient vers la chambre de Harry.
Le Docteur le regarda.
« Je n'en serais pas certain tant qu'il ne se sera pas réveillé, mais le TARDIS l'a aidé. Je… je ne suis pas sûr de comment elle a aidé, mais j'ai senti l'énergie Atron dans cette pièce. »
Jack hocha la tête. Il avait senti quelque chose d'autre que l'énergie chaotique qui avait tourbillonné autour de lui aussi. Harry avait finalement réussi à mettre son pouce dans sa bouche et il resta là, rien de plus que le réconfort de quelque chose de familier. Jack et le Docteur le regardèrent avec affection un moment, puis le Docteur ouvrit la porte de la chambre de Harry et coucha le garçon dans son lit. La main de Harry se ferma sur celle du Docteur pendant quelques instants, le gardant près de lui, avant que Harry se tourne et se blottisse dans la couette.
Jack et le Docteur regardèrent Harry dormir pendant plusieurs minutes, puis le Docteur tourna abruptement et tira Jack avec lui. Jack faillit crier.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
— Laissez Harry dormir. C'est la première fois en près d'un mois qu'il dort tout seul. Le TARDIS garde un oeil sur lui. Quand il se réveillera, on le saura.
— Mais… mais s'il a à nouveau des cauchemars ?
— Jack… »
Le Docteur regarda Jack avec des yeux plaidants :
« Juste… Harry va se réveiller, et on gérera les résultats à ce moment-là. Pour l'instant, laissons-le dormir, et laissez-moi me reposer et essayer de ne pas paniquer au sujet de la possibilité que mon fils devienne fou. S'il vous plaît, Jack. »
La deuxième fois qu'il entendait ces mots dirigés vers lui. Jack déglutit difficilement et hocha la tête. Le Docteur regarda la porte fermée de la chambre de Harry, avant de se diriger vers la salle de contrôle. Jack commença à le suivre, puis hésita. La posture entière du Docteur clamait 'Laissez-Moi Seul'. Il se tourna et déambula le long du couloir à la place. Il trouverait quelque chose d'autre à faire pour le moment. Quand Harry se réveillerait, il trouverait son chemin jusqu'à la salle de contrôle.
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Harry bâilla et s'assit. Il était dans sa chambre, couché dans son lit et sous ses couvertures. Son papa n'était nulle part en vue. Ce n'était pas aussi inquiétant qu'il l'aurait pensé. Quelque chose de lourd était posé sur sa poitrine et il le toucha.
Le collier que son papa lui avait mis après que les méchants avaient touché à sa magie et l'avaient changée d'une certaine façon. Son papa avait dit qu'il devait le garder ou autrement sa tête lui ferait mal et sa magie serait chaotique.
Il était tout seul dans la pièce, mais il ne ressentait pas la panique qu'il avait sentie auparavant. Il voulait voir son papa, mais il n'avait pas l'impression que son coeur allait sortir de sa poitrine s'il ne le faisait pas. C'était agréable. Il caressa le mur de sa chambre, remerciant le TARDIS. Elle l'avait aidé, il le savait. Il ne pouvait se souvenir comment, mais elle avait aidé sa magie à se calmer et à revenir en lui comme elle le devait.
Il repoussa ses couvertures, les étoiles sensibles à la lumière qui éclairaient doucement la pièce reconnurent son réveil et devinrent lentement plus brillantes. Il ouvrit la porte et regarda dans le couloir. Le TARDIS avait placé la salle de contrôle, où il pouvait voir son papa travailler, juste au bout du couloir. Il traîna des pieds dans cette direction.
« Papa ? Je suis debout. » dit-il, suffisamment fort pour que son papa sache qu'il était là, mais sans crier.
Il n'aimait pas crier. La tête de son papa surgit de dessous le sol et le vit, et avant que Harry ne puisse enregistrer ses mouvements, il était soulevé dans un câlin.
« Harry ! Harry, comment tu te sens ? Est-ce que ta tête va bien ? Est-ce que ta magie est OK ? Est-ce que tu te sens bizarre ? Quelque chose va mal ? Est-ce que tu vois des choses étranges ? Peux-tu goûter les sons ? »
Harry cligna des yeux puis ses mains entourèrent le cou de son papa.
« Non, je vais bien. Je ne vois rien d'étrange. J'ai faim par contre. Est-ce que je peux avoir ce fromage de Yj… Yjrefv… »
Il batailla à prononcer le nom difficile de la planète qu'ils avaient visitée.
Le Docteur poussa un soupir de soulagement. Harry allait bien. Pour le moment, il allait bien. Rien n'allait mal dans son cerveau pour le moment, et il pouvait respirer un peu plus facilement. Jack se tenait dans l'encadrement de la porte, les regardant avec un sourire sur le visage. Le Docteur hocha légèrement la tête, et le sourire du bon Capitaine s'agrandit.
Harry se tourna en entendant les pas, et couina :
« Jack ! Jack ! Je vais manger du fromage ! Viens ! »
Le Docteur et Jack rirent alors que Harry faisait un geste vers la porte qui donnait sur la cuisine. Les deux adultes laissèrent faire le bébé alors que Harry babillait.
Avec Harry réveillé, heureux, et pour le moment ne ressentant aucun effet secondaire, ils laisseraient l'inquiétude sur le futur état mental de Harry pour le futur. Pour le moment, l'enfant de deux ans et demi mangerait du fromage et apprendrait de nouvelles choses et serait un enfant heureux dans ce qui était la normalité pour ceux qui vivaient à bord du TARDIS, et plus particulièrement pour ceux qui avaient grandi à bord du TARDIS.
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Harry avait trois ans, et son incursion dans la bibliothèque était déconcertante pour tous ceux impliqués. Où auparavant il cherchait des livres d'aventure et des histoires de batailles et de héros et de magie de n'importe quelle culture et race, il trouvait maintenant des livres sur les sciences ou les mathématiques ou n'importe quel livre qui contenait des connaissances. Ce n'était pas comme s'il ignorait les aventures et la magie et les héros et les batailles. C'était juste qu'il pouvait aussi souvent être trouvé avec un livre de sciences qu'avec les Aventures de Gyroish et la Météorite.
Il s'asseyait aussi à côté du Docteur avec son livre, posant des questions.
Une des premières, « Papa, quels sont tous les éléments du tableau périodique ? », résulta en Harry apprenant la liste extrêmement longue et complète des éléments par leur nom. Sur Terre, apprit Harry, ils avaient découvert deux cent cinquante et un éléments avant qu'ils aient parcouru une distance appréciable dans l'espace. Dans l'Univers, il y avait cent éléments d'occurrence naturelle que pratiquement chaque race découvrait après être devenues des membres actifs de la communauté des voyageurs de l'espace, principalement parce que les dix derniers éléments ou presque que chaque race découvrait devaient souvent être trouvés hors de leur propre planète parce qu'ils n'existaient pas naturellement où elles vivaient.
La liste des éléments créée par les différentes races tout au long de l'histoire était presque aussi étendue que le nombre d'étoiles dans n'importe quelle galaxie donnée. Harry hocha sérieusement la tête quand le Docteur lui demanda d'apprendre les cent éléments d'occurrence naturelle et leurs propriétés essentielles. Puis il courut et chanta sa chanson par ordre alphabétique à Jack dans une voix gazouillante d'enfant de trois ans.
Jack regarda Harry courir vers ses crayons de couleur et ses marqueurs avec de grands yeux, puis se tourna vers le Docteur.
« C'est ce que vous vouliez dire quand vous avez dit que ses capacités mentales recevraient un boost ? Parce que ça m'a pris des mois de classe de chimie pour dupliquer ce qu'il vient juste de faire en vous écoutant pendant quatre heures. »
Le Docteur haussa les épaules.
« Partiellement. Il avait déjà une mémoire stupéfiante de son propre chef. Être aussi proche du vortex temporel tout le temps et avoir de la magie aident aussi. Ses propres prouesses mentales sont dues en partie à ses propres fonctions biologiques qui se renforcent, en partie à son accès à la connaissance et à l'information et aux capacités pour faciliter son apprentissage, et en partie aux procédures invasives qui ont eu lieu à Olympus. Harry était brillant avant d'être enlevé. J'ai fait quelques scans discrets pendant qu'il dormait, après que sa magie s'est calmée, et réévalué ce qu'ils lui ont fait. »
Le Docteur regarda Harry appuyer le gros livre de chimie contre le mur et commencer à dessiner les éléments sur son papier, les étalant autour de lui avec un froncement de sourcil de concentration sur son visage.
« Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Vous n'avez pas été particulièrement généreux en détails. » dit Jack doucement, ne souhaitant pas attirer l'attention de Harry.
Le Docteur lui lança un regard perçant.
« Quand ils ont noyé le cerveau de Harry avec des protéines, des neurotransmetteurs et un niveau excessif d'un composé dont je me souviens comme 'Kisleverus', créé pour stimuler la croissance et l'activité à un taux plus haut que n'importe quel cerveau complètement développé peut gérer, ils ont ajouté des éléments à la séquence génétique propre de Harry, ce qui a créé un nombre important de connexions entre les hémisphères droit et gauche, un hippocampe qui fonctionne rapidement, un cortex qui grandit lentement mais s'épaissit de plus en plus. Cela a presque triplé le taux auquel Harry traite les informations. C'était une des raisons pour lesquelles j'étais inquiet pour sa stabilité mentale. Le cerveau humain n'est pas fait pour traiter des informations à une telle vitesse, mais Harry est jeune et le changement est mieux accepté quand le cerveau est jeune et peut compenser. J'hésite à spéculer sur comment il va aller quand il atteindra la puberté. Puberté qui va très certainement venir très tard. »
Jack cligna des yeux.
« Quoi ? Pourquoi ? »
Les sourcils du Docteur se levèrent en amusement :
« Le corps prend des précautions à sa façon, Jack. Son cerveau va fonctionner à une très grande vitesse. Avec le flot de substances chimiques et de transmetteurs et de connexions, il ne saura pas quand lancer précisément les premières étapes de la puberté. Quand il le fera, le déséquilibre hormonal de son corps peut, enfin, provoquera certainement un déséquilibre mental sévère qui devra être traité quand ça arrivera.
— Vous ne pouvez rien faire à ce sujet maintenant ? Quand il est encore suffisamment jeune pour s'adapter ? » demanda Jack.
Le Docteur secoua la tête.
« Non. Pas sans risquer d'endommager son cortex cérébral et son amygdale. Harry est bien adapté, la puberté est dans plus d'une décennie pour lui. Il a à peine trois ans, laissons le apprendre et grandir et s'adapter à sa propre magie avant de lui jeter ce pavé. Il sera capable de le gérer avec un accompagnement. »
Jack soupira.
« Harry a beaucoup de chance, d'être élevé par le plus génial génie de l'Univers. La plupart des parents ne sauraient même pas où commencer si leur gamin de presque trois ans venait les voir pour débattre des mérites du tableau périodique avec eux. »
Le Docteur lui fit un grand sourire :
« J'attends qu'il trouve les livres sur la multi-dimensionnalité et la physique du voyage spatio-temporel. C'est quelque part après la physique de la vitesse de la lumière et les livres d'astrophysique que j'ai pris à l'Université de Kelgarro 6 pendant le 4ème Généreux Empire Humain. »
Jack grogna. Les sujets de conversation de Harry, quand ils ne tournaient pas autour de dessiner des guerre ou le choix de la nourriture ou les livres de contes sur des héros et de la magie, dépassaient souvent sa capacité à participer. Et Harry n'avait pas beaucoup plus de trois ans. Il n'osait pas penser aux années à venir quand les sujets de conversation de Harry commenceraient à évoluer vers les improbabilités mathématiques ou la physique du voyage temporel.
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Le TARDIS se posa, et Harry courut vers la porte, souriant à la vue qui s'afficha devant lui. Ses petites jambes de trois ans ne lui permettaient pas de courir aussi loin qu'il voulait aussi rapidement qu'il voulait, mais ses pieds nus touchèrent effectivement l'herbe douce.
Le ciel était bleu, mais cela ne l'aidait pas réellement à identifier la planète sur laquelle ils étaient. Après avoir visité le nombre d'endroits où il avait été, les ciels bleus étaient la couleur la plus commune pour le ciel. Il avait appris que c'était à cause de la réfraction et des ondes lumineuses. L'herbe verte aidait aussi peu. Mais les oiseaux qu'il entendait le firent sourire. C'était facile d'identifier des oiseaux et des animaux de différents endroits. Et là, c'était la Terre.
« Papa ! On est sur Terre ! »
Le Docteur passa la tête par la porte du TARDIS, souriant à son fils.
« Vraiment ? Et tu as oublié tes chaussures, je vois. Une explication ? »
Harry fit la moue.
« Je n'aime pas les chaussures.
— Tu les aimais assez bien la dernière fois qu'on s'est posés quelque part. » raisonna le Docteur.
Harry secoua la tête pour protester :
« Je ne les aime plus. J'aime sentir l'herbe et la poussière. »
Le Docteur rit, mais glissa quand même la petite paire de chaussures dans ses poches. Si nécessaire, il pourrait convaincre Harry de les porter plus tard.
Capitaine Jack Harkness se glissa dehors de derrière lui, sa veste flottant avec élégance. Le Docteur leva les yeux au ciel.
« Oncle Jack ! On est sur Terre ! »
Jack regarda autour de lui, hocha la tête en accord. La Terre était la description la plus claire de leur emplacement actuel.
« Et donc, sais-tu quand nous sommes ? »
Harry fronça les sourcils.
« Non. Pas encore. Je ne peux pas faire ça, pas comme Papa le fait.
— Pré-industriel, d'après l'absence de polluants dans l'air. Probablement début des années 1000 EC, plus ou moins. Je peux me tromper d'un siècle. Cette époque de l'histoire de la Terre est plutôt similaire, pour être honnête. »
Harry eut un grand sourire, hocha la tête, et partit en courant. Il tomba la tête la première moins de cinq mètres plus loin sur une route partiellement boueuse.
« Ai trouvé la route, Oncle Jack !
— Est-ce que tu l'as trouvé avec ton visage en premier ou tes pieds ? » répondit le Docteur, incapable d'empêcher le sourire dans sa voix.
Harry lui lança un regard noir.
« Tu devrais regarder où tu vas, petit. Tu peux te blesser. » dit une voix douce, mais ferme, d'un peu plus loin sur la route.
Harry se redressa sur ses pieds, essuyant la poussière et fronçant les sourcils en voyant la boue qui maculait ses vêtements. Le Docteur et Jack regardèrent tous les deux le nouveau venu.
Les yeux du Docteur s'agrandirent et il eut un sourire maniaque :
« Merlin ? Par les étoiles, vous êtes Merlin, n'est-ce pas ? babilla-t-il alors qu'il se précipitait à sa rencontre. Harry, Jack, venez ici ! »
Harry inclina la tête alors qu'il obéissait et Jack leva les yeux au ciel.
« Oui papa ?
— Harry, voici Merlin, plus grand sorcier du Moyen-Âge et… oh, attendez, est-ce que vous êtes appelé Merlin à présent ? Je ne suis pas tout à fait sûr ? »
L'homme, aux cheveux bruns et à la barbe qui commençait tout juste à avoir une touche de blanc, le regarda avec amusement.
« Sire, j'ai été Merlin presque toute ma vie, mais ce n'est pas un nom par lequel je suis connu. Emrys, je crois, est le nom par lequel les gens m'appellent. Bien que vous ayez l'intéressante fortune de connaître Merlin en premier. »
Le Docteur eut un sourire gêné et frotta l'arrière de son cou.
« Et bien, le temps, les années, je ne les ai jamais comme il faut. Harry, viens rencontrer Emrys. »
Harry observa l'homme beaucoup plus grand, regardant le bâton dans ses mains avec des yeux curieux.
« Qui est Emrys ? Ou Merlin ? » demanda-t-il.
Le Docteur sembla surpris, et même Jack eut un rire alors qu'il dévisageait l'homme avec des yeux brillants. S'il n'était pas aussi certain que ce sorcier pouvait le transformer en crapaud avec un simple regard, il aurait fait un commentaire suggestif.
« Je ne t'ai jamais parlé de Merlin ? A quoi est-ce que je pensais ? Enfant sorcier, jamais entendu parler du plus grand sorcier de l'histoire, je dois être fou ! »
Emrys sourit, bien qu'il y ait un peu de confusion dans son expression.
« Sire, j'ai peur que vous connaissiez mon nom mais que je n'ai pas la même connaissance. Si vous pouviez…
— Oh, oh, c'est vrai, oui. Bien sûr, à quoi est-ce que je pensais ? Je suis le Docteur, voici Harry et c'est Jack Harkness. Ne le laissez pas vous avoir, il fait ça à tout le monde. »
Jack lui lança un regard noir, mais tendit une main pour Emrys avec une moue suggestive. Emrys la regarda pendant un moment, un peu perplexe, puis attrapa l'avant-bras de Jack. Jack cligna des yeux et Harry gloussa.
« Ils ne serrent pas la main, ici, Oncle Jack, fut-il informé.
— Ah, je vois. Et bien, ça explique beaucoup. Bonjour, je suis le Capitaine Jack Harkness. »
Il fit un sourire victorieux, tenant la main du sorcier plus longtemps que probablement nécessaire.
Le Docteur leva à nouveau les yeux au ciel. Il avait l'impression de le faire beaucoup quand Jack était là. Emrys lui sourit. Les yeux bleus pétillèrent d'amusement.
« Et bien, Capitaine Jack Harkness. Vous êtes plutôt direct. Peut-être un verre avant que vous me lorgniez ainsi. »
Le sourire de Jack s'élargit davantage.
« Bien sûr. Choisissez un moment et un en-
— Jack, ça suffit. Pas maintenant.
— Oh, allez. On n'est pas en train de fuir le danger et ce n'est pas comme s'il n'était pas intéressé ! » protesta Jack.
Le Docteur regarda avec instance entre lui et Harry, qui le regardait avec de grands yeux, et Jack toussota.
« Oh, euh, d'accord. Plus tard, donc. Je pense. »
Il se recula un peu et Emrys eut un franc sourire. Jack soupira mais il préférait ne pas mettre le Docteur en colère en flirtant devant son fils. Harry apprenait beaucoup trop rapidement.
« Maintenant que ton oncle trop amical est indisposé pour le moment, jeune Harry, ton père dit que tu es un sorcier. Comme c'est étonnant, qu'un si jeune puisse être si sûr, particulièrement quand leur parent n'a pas de magie. »
Il regarda le Docteur, qui haussa les épaules.
« Il n'est pas mon fils biologique, mais c'est moi qui l'élève. Ses parents biologiques étaient magiciens, si c'est la réponse que vous cherchez. »
Emrys hocha la tête, satisfait. Puis il se tourna à nouveau vers Harry.
« Et bien, petit, quelles sortes de choses peux-tu faire ? Les jeunes enfants montrent souvent des signes de magie accidentelle et c'est un signe de leur puissance avec leur fréquence ou l'âge auquel ils commencent. »
Harry inclina sa tête.
« Vous voulez dire les étincelles colorées, c'est ça ? Ce que j'utilisais pour faire mes jouets avec. »
Emrys cligna des yeux.
« Tu… tu peux le contrôler ? » demanda-t-il, paraissant incrédule.
Harry secoua la tête.
« Plus maintenant. Je dois porter ceci (il toucha son collier) autrement ma tête fait mal et je ne peux toucher personne. Mais ça veut dire que la magie est coincée à l'intérieur aussi. »
Emrys tendit une main et toucha doucement les boucles dorées reposant sur la poitrine de Harry, les doigts légers et curieux. Il fronça les sourcils, le front plissé, alors qu'il laissait son propre pouvoir explorer le métal sous sa main. Il leva les yeux, inquiet, vers le Docteur :
« Vous savez que ce collier restreint sa magie, la piégeant à l'intérieur de son corps. Ce n'est pas sain pour un utilisateur de la magie aussi jeune d'avoir son pouvoir ainsi restreint, je ne saurais pas dire ce que ça pourrait faire. Cela peut être dévastateur pour sa croissance, ou ça peut imploser, détruisant son essence. Ce n'est pas sûr pour lui de le porter. »
Les yeux du Docteur s'assombrirent.
« Il n'a pas le choix. Il ne peut pas l'enlever, pas tant qu'il n'a pas un contrôle d'acier sur sa magie, et même alors ce serait mieux pour lui de le garder. »
Harry regarda entre son papa et cet étranger agenouillé devant lui. Puis il regarda Jack, les yeux écarquillés. Il avait clairement compris une partie de ce qui avait été dit et cela l'effrayait.
« Je ne veux pas imploser, papa. » dit-il doucement.
Le visage du Docteur sembla frappé pendant un moment, et il regarda Emrys.
Emrys fronça les sourcils.
« Pourquoi portes-tu ce collier, petit Harry ? » demanda-t-il doucement.
Harry le regarda, les grands yeux verts et son visage montrant sa peur.
« Des méchants m'ont fait des méchantes choses. Ils ont fait en sorte que je ressens tout le monde si je les touche sans porter mon collier. Ça me fait vraiment mal à la tête et ensuite je m'évanouis. »
Emrys sembla grave.
« Donc il ne serait pas sage de te demander d'enlever définitivement ce collier, n'est-ce pas ? Non, ce ne le serait pas. »
Il hocha la tête et regarda Harry dans les yeux.
« Petit Harry, je peux peut-être aider à alléger une partie du fardeau que tu portes, pendant un moment. Tu es toujours trop jeune, ta magie toujours trop sauvage pour être enseignée correctement, mais quand tu auras l'âge, je pourrais sans doute t'aider davantage. Pour l'instant, je peux apporter quelque chose aux protections de cet étrange petit collier, pour autoriser ta magie à avoir une certaine liberté dans ton corps plutôt que de la restreindre dans ton essence. »
Harry regarda son père.
« Est-ce que… Est-ce que c'est d'accord, papa ? » demanda-t-il.
Le Docteur regarda Emrys, le regard perçant.
« Qu'est-ce que vous allez exactement lui faire ? Je… je ne peux pas risquer sa stabilité mentale avec un sort que je ne comprends pas complètement. Je connais le fonctionnement de ce collier, le bioabsorbeur électromagnétique, les circuits de retour psionique, le champs de négativité. Qu'est-ce que vous allez y ajouter ? »
Emrys leva un sourcil, souriant :
« J'ai bien peur que la plupart de ces mots n'aient aucun sens pour moi, mais ce que je vais faire est simple en essence même si compliqué à l'application. Je vais simplement trouver la partie du… mécanisme ? qui restreint la magie du petit Harry et lui appliquer un petit enchantement, presque imperceptible, qui équilibre le pouvoir entre le corps de Harry et son essence. Sa magie va rester sous sa peau plutôt que circuler autour de son corps dans une boucle constante d'énergie comme c'est la norme, mais cela sera suffisant pour diminuer la pression qui va s'accumuler au fil des années. La magie n'est pas faite pour être restreinte d'une telle manière, même si je comprends pourquoi, si c'est si dangereux pour Harry de ne pas porter le collier. »
Le Docteur hocha la tête, une main parcourant ses cheveux, puis croisant les bras sur sa poitrine.
« Donc vous allez utiliser votre magie pour créer une force d'équilibre entre l'essence de Harry et son corps, tout en permettant toujours les propriétés du collier comme moyen de restreindre cette énergie de fonctionner correctement. »
Emrys hocha la tête, sourcil levé en amusement.
« Pour quelqu'un qui n'a pas de magie, vous semblez très instruit en la matière. »
Le Docteur sourit, agitant une main en l'air.
« Ah, c'est moi, savoir un peu sur beaucoup de choses. Et c'est utile d'en savoir sur la magie, avec Harry ici. »
Harry regarda entre le Docteur et son papa.
« Donc… vous allez faire en sorte que ma magie ne reste plus dans la balle à l'intérieur de moi ? Parce qu'elle n'aime vraiment pas ça. »
Emrys sembla légèrement déstabilisé.
« Tu connais ton essence ? Peux-tu la trouver ? »
Harry hocha la tête.
« C'est juste là, presque là où est mon coeur, juste en dessous. »
Harry tapa sur sa poitrine. Emrys fronça les sourcils et caressa sa petite barbe bien entretenue.
« C'est une surprise, et ça va rendre ceci beaucoup plus facile que je m'y attendais. »
Il regarda le Docteur.
« Si j'ai votre permission, bien sûr, Docteur. »
Le Docteur hocha la tête, s'accroupissant pour qu'il soit à leur niveau, ses yeux scrutant tout.
« Oui, je veux juste m'assurer que vous ne perturbiez pas les mécanismes spécifiques qui gardent Harry en sécurité. »
Il sortit son tournevis sonique.
« Ça ne devrait pas interférer avec ce que vous ferez. »
Emrys hocha la tête.
« Bien, Harry, si tu peux prendre ma main. J'ai besoin de te toucher pour que ça marche, d'accord ? »
Harry tendit une petite main que Emrys prit.
« Et je vais aussi toucher le collier. Cela ne fera rien, n'est-ce pas ? »
Le Docteur secoua la tête.
« Maintenant, Harry, je vais envoyer une petite quantité de ma magie dans ta main. Tu vas sentir quelque chose d'étrange, mais c'est normal. Ça ne va pas faire mal. Si tu peux guider cette magie jusqu'à ton essence, je vais travailler sur l'enchantement. »
Harry hocha la tête.
« Okay. Vous semblez vibrer. Comme une abeille. Ça bourdonne autour de vous. Chatouille beaucoup. C'est ça la magie ? »
Harry le regarda avec ces grands yeux verts curieux qui voyaient bien plus qu'ils ne devraient. Emrys parvint à hocher la tête, incapable d'empêcher sa stupéfaction d'apparaître sur son visage.
« OK. Je peux vous montrer. C'est par là. »
La langue de Harry pointa entre ses lèvres alors qu'il regardait intensément le sol, et Emrys sentit son pouvoir être tiré vers l'essence du garçon. Il garderait ses remarques pour lui, pour les dire au père du garçon quand ils seraient seuls. Pour l'instant, il se concentrerait à terminer sa tâche. Cela demandait de la concentration de travailler ce minuscule mais complexe enchantement.
Quand il put sentir la magie tourbillonner et pulser comme un loup en colère ou un chat sauvage dans le contenant sphérique, il glissa une pulsation de son pouvoir à l'intérieur et commença à étendre les limites extérieures de l'essence, cette barrière artificielle qui avait été placée par le collier. Elle devait tracer l'intérieur du corps de Harry plutôt que rester autour de son essence. Il travailla sur le collier, glissant l'enchantement au milieu des couches de pouvoir étrange et inconnu jusqu'à ce qu'il puisse installer l'enchantement d'expansion et de force au coeur du mécanisme. Puis il travailla sur la bulle. La magie de Harry commença à tournoyer hors de l'essence, timide et curieuse, puis, quand elle réalisa ce que Emrys essayait de faire, bondit joyeusement à son aide et Emrys prit avantage de l'offre de pouvoir. Il réfléchirait à cette impossibilité plus tard.
Bientôt cette coquille fut pressée contre l'intérieur de l'ensemble du corps de Harry, et sa magie envahit l'espace, heureuse et excitée et filant de partout. Emrys retira doucement son pouvoir et chancela un peu. Jack le stabilisa et Harry cligna des yeux, avant de sourire largement.
« Je peux la sentir à nouveau ! Ma magie ! Elle est là ! »
Harry tendit ses mains et les tordit dans un mouvement particulier et Emrys regarda avec un émerveillement stupéfait le garçon briser le reste des règles de la magie qu'il savait exister. Un petit ensemble de sphères tournoyantes commença à tourner dans les airs, autour les unes des autres. Ce n'était pas aussi étendu que ceux que Harry créait avant, mais juste le voir créer un système d'étoiles binaires et une autre étoile, les deux avec des planètes, et les faire tourner dans des angles impossibles, fit gonfler le coeur du Docteur. Jack sourit et regarda avec admiration. Le Docteur sourit.
« Et bien, je dois vous offrir mes remerciements, bien ça ne suffise vraiment pas pour ce que vous venez juste de faire pour moi, pour Harry, pour nous. Je, je m'inquiète parce que je ne peux rien faire avec la magie de Harry. Je ne comprends pas complètement comment elle marche et je ne sais pas comment elle affecte Harry. Vous venez juste de rendre la vie plus facile. Donc merci beaucoup, Merlin Emrys. »
Le Docteur tira le sorcier sur ses pieds et le serra dans une forte étreinte.
« Merci. »
Emrys tapa le dos de l'homme, peu certain de ce qu'il devait faire, jusqu'à ce qu'il soit libéré.
« Ce n'était pas complètement moi, si je dois être honnête. Votre fils est une impossibilité parmi les magiciens. Sa propre magie, agissant d'instinct, m'a aidé à travailler l'enchantement, et il ne devrait y avoir aucun moyen que ça arrive. C'est un enfant exceptionnel. Quand il sera un peu plus âgé, j'adorerai être capable de lui enseigner quelques choses. »
Le Docteur cligna des yeux, surpris.
« Pourquoi est-ce que vous ne pouvez pas lui enseigner maintenant ? »
Emrys secoua la tête :
« Malgré la vitesse stupéfiante à laquelle sa magie apprend et s'adapte, lui apprendre comment l'utiliser maintenant restreindrait les chemins naturels que la magie de chacun prend, et la fixerait sur un cours donné. Il ne serait plus capable de créer de telles choses par simple volonté. Imposer des règles et une structure sur des jeunes gens endommage leur créativité dans une certaine mesure. Ce serait presque imperceptible pour la plupart des gens, mais j'ai bien peur que Harry crée beaucoup de problèmes. C'est pourquoi la magie est enseignée seulement à ceux qui ont atteint l'âge de onze ans ou plus. Ils peuvent gérer la structure, ils en ont besoin à ce moment-là. Harry peut venir me voir quand il aura environ huit ans. Ce sera mieux, compte-tenu de son étrange magie. Pour s'assurer qu'elle n'est pas sauvage et incontrôlable. Il y a de sérieux inconvénients à avoir autant de pouvoir et l'absence de contrôle en est un. »
Le Docteur hocha la tête, regardant Harry qui frimait auprès de Jack. Harry faisait tourbillonner le système solaire miniature et expliquait à Jack leur nom et ce qu'elles faisaient. Jack écoutait avec autant d'attention qu'on puisse avoir quand on ne comprend pas tout ce qui est dit mais qu'on essaie de comprendre.
Jack leva les yeux vers le Docteur, soulevant un sourcil comme pour demander 'Tout va bien ?'. Le Docteur hocha la tête et Jack sourit avant de reporter toute son attention sur Harry et son explication sur pourquoi exactement ces deux planètes tournaient en orbite autour de deux systèmes stellaires différents. Jack pouvait avoir autant de problème à suivre parce que Harry ignorait de façon éhontée toutes les lois de la physique qu'il connaissait, mais ça ne l'empêchait pas d'écouter avec attention.
« Donc je peux ramener Harry quand il aura huit ans ? » demanda finalement le Docteur.
Emrys hocha la tête.
« Oui. »
Emrys le regarda attentivement :
« De préférence dans cinq ans et pas demain, si vous pouvez y parvenir ? »
Le Docteur rit, frappant une main sur l'épaule de Emrys.
« Vous êtes futé. Qu'est-ce qui m'a trahi ? La plupart ne croient pas au voyage temporel. »
Emrys sourit :
« J'étais le fléau de la plupart de mes professeurs pendant une année quand j'ai cassé l'anneau du temps de Professeur Ravenclaw et ai rajeuni pendant presque une année. J'ai aussi entendu des histoires du Docteur et d'un garçon avec trop de magie et d'un capitaine qui ne pouvait pas garder ses mains sur lui et un rayon doré du temps qui brille à travers les éons. Ils voyageaient dans une boite bleue qui avait des merveilles au delà de l'imagination à l'intérieur. Je suppose que c'est la boite bleue là-bas. » dit Emrys en pointant au loin.
Le Docteur hocha la tête.
« Vous êtes perspicace, n'est-ce pas ? Et vous avez une bonne mémoire. Et bien, je vais faire de mon mieux pour revenir dans cinq ans de votre temps. De mon mieux. »
Emrys attrapa l'avant-bras tendu du Docteur.
« Je vais donc attendre votre venue avec intérêt. Harry sera un plaisir à instruire sur les bases de la magie. Je suis sûr qu'il sera un étudiant particulièrement turbulent. »
Emrys regarda le jeune garçon qui était à présent en train de chasser des papillons et papoter avec Jack sur les éléments et la chimie et glissait doucement vers les mathématiques avancées.
« Il est, après tout, le fils d'un alien et le neveu d'un immortel. »
Emrys inclina la tête en direction du Docteur stupéfait et alla dire au revoir au petit Harry et à Jack. Le Docteur resta immobile, bouche bée. Il devait arrêter de sous-estimer les gens parfois. Il devait vraiment.
Harry sentit une main sur son épaule et leva les yeux vers le regard bleu vif de Emrys. Il sourit, affichant des dents blanches, et Harry laissa sa galaxie magique s'effondrer alors qu'il tournait sur lui-même.
« Emrys ! Vous partez maintenant, c'est ça ? » demanda-t-il.
Emrys hocha la tête :
« En effet, enfant, je pars. Mais nous allons nous rencontrer à nouveau bientôt, donc ne t'inquiètes pas. Et je pourrais alors t'apprendre un peu de magie également.»
Les yeux de Harry s'agrandirent :
« Vraiment ? Pour de vrai, hein ? »
Emrys eut un rire :
« Oui, honnêtement. Quand tu auras huit ans, je te verrai à nouveau. »
Harry sourit et tourna sur lui-même.
Puis Emrys regarda Jack, un sourire dansant sur son visage et les yeux rieurs :
« Vous, capitaine, je vous verrai aussi à nouveau. La prochaine fois, je préférerai une tournée avant que vous essayiez à nouveau d'utiliser votre charme. Vous pourriez aller plus loin. »
Le sourire de Jack s'étendit d'une oreille à l'autre :
« C'est noté. Dans cinq ans, c'est ma tournée. »
Emrys hocha la tête et Jack réfréna l'envie de bondir de joie. Puis Emrys se tourna vers le Docteur.
« Je vous verrai à ce moment-là, Docteur. J'attends avec impatience ce jour.
— Ah, oui, moi aussi. Bien que vous ayez des choses à faire entre temps. Un petit prince à entraîner par exemple. »
Emrys hocha la tête.
« En effet. Je pense que les cinq prochaines années seront intéressantes. Je vous reverrai, Docteur, Harry, Capitaine. Pour le moment, je vous dis au revoir. »
Emrys fit un signe de tête à chacun avant de se tourner et de reprendre le chemin qu'ils avaient interrompu. Le Docteur, Jack et Harry le regardèrent partir avant que Harry se tourne vers le Docteur :
« Donc, on va rester plus longtemps ici ou on va partir ? Parce que j'ai bien aimé le château ! »
Le Docteur sourit.
« Et bien, Harry, et si nous allions voir le château, donc ? Ça devrait être dans la direction opposée à Emrys, c'est ça ? »
Il pointa vaguement dans une direction. Jack et Harry le suivirent, l'un criant et courant de joie et l'autre excité. Quelque chose d'intéressant à faire.
« Allons-y ! [ndlt : en français dans le texte ;) ]»
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Emrys eut un sourire alors qu'il approchait les portes de Camelot et son futur élève, Arthur Pendragon, fils d'Uther Pendragon et héritier du trône. Il attendrait certainement avec intérêt l'arrivée du petit Harry. Il pouvait utiliser Arthur comme modèle pour certaines de ses possibles leçons.
Un bruit soufflant et grondant vint de derrière lui, et il se tourna, curieux mais suspectant déjà l'origine du bruit. Il regarda avec amusement une boite bleue se matérialiser et ne put retenir le rire alors qu'une tête couverte de cheveux noirs avec des yeux verts étonnants passa par la porte. Elle tomba sur lui et un froncement apparut sur le visage à présent plus âgé de Harry.
« Papa ! Je pense que tu t'es trompé sur la date !
— En effet, petit Harry. Je crois que vous n'êtes qu'à trois lieues de votre position actuelle. Je vous ai quittés i peine trois heures. »
Harry leva les yeux au ciel.
« Toujours en train de se tromper dans les paramètres, celui-là. PAPA ! Tu t'es trompé à nouveau ! Nous venons de le quitter ! Est-ce que tu as réparé le… »
La porte se ferma avant qu'il puisse entendre le reste du commentaire, mais il n'en rit pas moins.
Ce serait un enfant intéressant à enseigner, il pouvait le voir à présent. Il regarda la boite bleue disparaître avant de se tourner à nouveau vers Camelot.
A présent, il était temps de rencontrer un prince désobéissant et son père coincé. Ce serait une aventure en soi.
~~~~~~~~~~~~~~ Voici la fin ~~~~~~~~~~~~~~
Note de l'auteur : Il est plus simple de comprendre ce chapitre si on connaît le Masterplan Cartmel ou Lungbarrow, ainsi que quelques choses sur les Éternels. Les deux premiers donnent une idée de ce que l'auteur a comme idée sur les origines du Docteur.
Pour ceux qui ne savent pas (ndlt : dont moi ;) ), le Masterplan Cartmel et Lungbarrow étaient deux idées de la fin des années '80 qui devaient redonner au Docteur une part du mystère perdu au fil de la série Classique. Il y a beaucoup de références à l'Autre et au Triumvirat qui ont fait des Seigneurs du Temps ce qu'ils sont devenus, Rassilon et Omega, et la Malédiction de Pythia. Cette Malédiction a essentiellement maudit Gallifrey à ne plus jamais avoir d'enfants, donc les Métiers à Tisser ont été créés pour Tisser les enfants. C'est très compliqué et d'essayer d'expliquer davantage demanderait une nouvelle histoire. Mais ça vaut la peine de regarder.
