Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole

Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33, en cours
Nombre de chapitres traduits : 13

Chapitre 10 : Où il y a un retour spectaculaire

~~~~~~~~~~~~~~ Voici le début ~~~~~~~~~~~~~~

Le journal sur lequel Harry était si heureusement tombé dessus était vieux, vieux et fascinant et rempli d'idées merveilleuses et déroutantes. Alors qu'il lirait plus attentivement le reste du journal plus tard, il se concentrait à présent sur les quelques trente pages où 'Bad Wolf' était inscrit dans la marge, comme une arrière-pensée aux équations elles-mêmes. Des équations qui avaient commencé le processus avec lequel les Seigneurs du Temps conquerraient l'espace et le temps et la dimensionnalité. Des équations qui étaient à la base et le ciment des fondations de sa planète natale. Des équations qu'il utiliserait pour briser la barrière qui était à présent solidement fermée entre un univers et l'autre. Cet univers et celui qui abritait la fille dont l'identité tournait autour de ces deux mots inscrits dans un journal écrit avant son époque.

Mais il y avait quelque chose d'étrange au sujet de ces équations. Quelque chose qui ne s'additionnait pas comme il faut, ou ne fonctionnait pas de la manière circulaire que les maths sur Gallifrey utilisaient. Une variable était manquante, ou pas prise en compte, ou pas incluse. Quelque chose n'allait pas. Le Docteur étudia les feuilles de papier devant lui, un stylo démodé (Sir Arthur Conan Doyle lui avait donné ce stylo en souvenir de remerciements) coincé entre ses dents alors qu'il faisait courir ses mains dans ses cheveux, ébouriffant le style déjà largement hors de contrôle qu'il affichait.

Si il les regardait suffisamment intensément, suffisamment longtemps, quelque chose céderait. Il aurait une réponse, la réponse. Cela prendrait juste un peu plus de temps… Il lança une nouvelle feuille de papier froissée par dessus son épaule, où elle atterrit au milieu de la masse de boules de papier froissées, gribouillées et tachées d'encre qui jonchaient déjà le sol.

Juste alors qu'il allait partir de frustration se chercher une jolie tasse de thé et jouer aux échecs tridimensionnels avec Harry pour faire une pause, cela le frappa soudain. Il se sentit immédiatement comme un idiot.

Rassilon n'avait pas pris en compte l'effet ajouté des variables du Vide, l'absence d'espace qui existait entre les univers afin de les séparer pour ne pas qu'ils se touchent. Il ne prenait pas en compte comment il devrait traverser ce vide, puisque la déchirure qu'il devait créer devait être faite deux fois, une fois de chaque côté. Il devait y avoir un chemin à travers le vide, ou n'importe quel véhicule le traversant serait piégé pour toujours dans le tourbillon du rien. Il se redressa et commença à inscrire les nouvelles variables.

Ça, c'était son élément. Sa façon de travailler. Impossibilité-shmossibilité. Non, il allait traverser ce fossé, et il n'allait pas détruire l'univers au passage (il espérait). Cette équation était valable avant que les nouveaux modèles de TARDIS permettent de voyager par eux-mêmes entre les mondes parallèles, quand les Seigneurs du Temps avaient observé les différents mondes mais n'avaient pas traversé le vide vers d'autres. Non, il y avait de la stabilité intégrée dans l'équation. Le Docteur siffla doucement. Il y avait une raison pour laquelle Rassilon était un des plus grands Seigneurs du Temps, pourquoi il avait été ressuscité pour la Guerre du Temps, pourquoi il avait régné en tant que Président pendant ses treize régénérations, des milliers et des milliers d'années. Il était un génie, même un jeune Rassilon qui découvrait encore les limites du Vortex Temporel et les niveaux de mécanique quantique. Le Docteur n'aurait jamais trouvé tout ça, il n'avait pas vécu avec l'absence de possibilité de voyager vers les mondes parallèles. Seulement après la Guerre du Temps et la disparition des Seigneurs du Temps, ce type de voyage était devenu impossible. La technologie autrefois abondante, voire gaspillée déraisonnablement par ses créateurs, s'était évanouie avec ceux qui l'avait créée. Mais le jeune Rassilon qui avait créé ces oeuvres d'art avait vécu dans cette impossibilité et avait cherché une compensation.

Et il allait la recréer. Ici et maintenant, dans un Univers avec un seul Seigneur du Temps, il allait la recréer.

Les équations dans la main, les trente-cinq pages au complet, il courut dans la salle de contrôle et tourna l'interface informatique vers lui. Harry leva les yeux du coin où il était assis.

« Finalement décidé à nous faire grâce de ta présence, Papa ? » demanda Harry sardoniquement.

Le Docteur cligna des yeux.

« Hein ?

— Tu étais parti pendant presque cent soixante heures. Le TARDIS commençait à s'inquiéter. »

Le Docteur eut un grand sourire :

« Oh, Harry, toi qui es un enfant si brillant, je vais te montrer quelque chose de fantastique ! »

Et ceci dit, il commença à taper frénétiquement sur son clavier en regardant l'écran. Le TARDIS envoya une pulsation curieuse.

« Papa, qu'est-ce que tu fais ? Le TARDIS… elle… elle est… PAPA ! »

Harry se leva précipitamment pour le rejoindre, le regard paniqué et confus.

« Tu es… Elle dit que tu es… Tu es en train de briser le vide ! Tu crées un tunnel… PAPA ! Qu'est-ce que tu fais ?

— Accroche-toi juste, Harry ! On va le traverser ! »

Un cadran tourna, un bouton fut pressé, un appareil à dents fut manipulé, plusieurs autres objets commencèrent à tourner et tournoyer et la Colonne centrale pulsa d'or brillant, emplissant la pièce d'une lumière aveuglante.

« PAPA ! QU'EST-CE QUE TU FAIS ? »

Harry était accroupi derrière la barrière, les mains accrochées fermement et les yeux clos.

« On traverse le vide ! On tourbillonne dans le vide pour atteindre un univers parallèle, Harry ! On le fait vraiment ! Accroche-toi bien ! Ça va être un voyage cahotique ! »

Harry ouvrait la bouche pour crier lorsque la pièce entière secoua violemment et il bascula de côté et s'étala de l'autre côté de la pièce. Le Docteur se tenait debout aux manettes, un sourire maniaque sur le visage, les yeux fous et ses coeurs battant plus vite qu'il ne le pensait possible. Il jeta un coup d'oeil vers Harry, constata qu'il luttait à atteindre la barrière pour se stabiliser alors que le TARDIS pulsait toujours d'une lumière d'or brillant et tremblait. Le Docteur fut envoyé contre la rambarde et la pièce tourna de façon nauséeuse. Puis elle se calma, la lumière d'or étincelant brillamment toujours en train de s'écouler de la colonne. Une connexion visible à l'univers d'où ils venaient. Le Docteur sauta vers l'écran. Ils y étaient. Ils avaient atteint le monde de Pete. Ils avaient réussi.

« Harry ! Harry ! On l'a fait ! On l'a fait ! »

Harry grogna doucement dans le coin.

« Harry ? Harry ! »

Il se précipita vers lui. Les cheveux noirs de Harry étaient étalés sur le sol, encadrant son visage pâle et légèrement humide. Le Docteur toucha l'arrière du crâne de Harry. Rouge. Il s'était ouvert la tête.

« Papa ? Quand est-ce q'tu passes ton permis ? » gémit Harry doucement.

Les yeux du Docteur papillonnèrent.

« Oh, oh Harry, je suis désolé, tant désolé… tant tant… »

Il s'interrompit alors que des étincelles lumineuses tombèrent et la tête de Harry se guérit avec quelques étincelles vertes. Harry lui sourit faiblement.

« Tu vois, tout va b… va bien… juste un peu… fatigué… »

Harry s'endormit contre les jambes du Docteur, et l'alien dégingandé sourit.

« Oh, Harry, tu es tout simplement brillant. »

Il prit le petit garçon dans ses bras. Harry était toujours si petit, mince comme une baguette et avec des cheveux noirs frôlant le lobe de ses oreilles. Les yeux vert vif étaient fermés à présent, mais quand ils étaient ouverts, ils brillaient avec ferveur de connaissances et d'amusement. Le collier reposant contre sa poitrine, rappel constant de ses propres échecs en tant que père, mais que Harry portait avec fierté, brillait à la lumière. C'était le seul objet qui permettait à l'enfant de ne pas être attiré dans les profondeurs de sa magie et de s'y noyer.

Pour le moment cependant, avec Harry endormi et la possibilité que Rose soit au delà de ces portes, le Docteur avait un choix à faire. Mais ce n'était pas un choix difficile. Harry était son enfant et bien qu'il ait souffert de la perte de Rose pendant des années, il n'allait pas abandonner Harry pendant qu'il était inconscient. Harry était sa responsabilité à présent et il n'allait pas se balader alors que Harry était en convalescence et endormi.

Donc il s'assit au chevet de Harry pendant un moment, s'assurant que Harry allait bien et n'était plus blessé et était en un seul morceau avant de retourner dans la salle de contrôle et vérifier l'écran. L'écran lui annonçait qu'au delà des portes du TARDIS, il y avait des arbres et tout ce qu'il pouvait y avoir d'imaginable sur Terre. Ce n'était pas ce qui préoccupait le Docteur cependant. Il voulait vérifier qu'ils avaient bien atteint l'univers alternatif qui contenait Rose et sa famille. L'espace aérien était rempli de ce qui pouvait être des ballons de barrage avancés, différents de la dernière fois où il avait été là, mais reconnaissables. C'était le symbole du monde de Pete. Il sourit. Ils y étaient arrivés.

Il passa les quelques heures suivantes jusqu'au réveil de Harry à découvrir, à son plus grand chagrin, qu'ils étaient arrivés cinquante ans (il pensait, le temps n'était pas le même ici) après avoir laissé Rose ici la dernière fois. Il espérait… il espérait qu'elle soit toujours en vie, qu'elle avait eu une vie heureuse. Il ne pouvait même pas imaginer autre chose, n'avait pas osé chercher son nom, son nom de famille. Il ne voulait pas savoir par avance, il voulait le voir de lui-même, voir sa vie, son esprit s'envolant toujours. Quoi qu'il se soit passé, il voulait la voir de ses yeux, pas à partir d'un écran d'ordinateur. Rose méritait au moins ça.

Harry trébucha dans la pièce après quelques heures et trouva son papa en train de lire le journal. Enfin, il semblait le lire. En fait, Harry constata qu'il n'avait pas changé de page pendant plusieurs minutes. Donc il réfléchissait à quelque chose à nouveau, quelque chose qui était considérée de suffisamment vitale pour demander tant de concentration qu'il ne pouvait pas faire plusieurs choses à la fois. Donc c'était quelque chose de vraiment important.

L'enfant prit une profonde inspiration et parla :

« Quoi de neuf, papa ? »

Le Docteur ne répondit pas.

« Papa ? Papa ? Tu es toujours là ? PAPA ? » cria Harry.

Le Docteur sursauta.

« Oh, Harry, comment va ta tête ? »

Harry haussa les épaules.

« Pas mal. Ça ne me fait pas mal du tout. La magie est aussi utile pour autre chose que des modèles 3D improvisés du tableau périodique ou des planètes proches. Tu pensais à quoi ? »

Le Docteur soupira.

« A quelqu'un qui j'espère est toujours… toujours en vie. Elle…J'espère qu'elle a une vie heureuse aussi. »

Harry fronça les sourcils. Ça ne ressemblait pas à son papa de rendre visite à de vieux amis sans lui dire, et il était certain qu'il n'y avait pas de vieux amis coincés de l'autre côté d'un vide auparavant infranchissable.

« Je pensais qu'on avait traversé le vide pour atteindre un univers différent. Comment tu peux avoir une amie ici ? »

Le Docteur sourit :

« Elle a été coincée ici, il y a très très longtemps. Suffisamment longtemps que je ne sais pas si elle est en vie. Mais j'espère que oui, j'espère vraiment. »

Harry fit un signe de tête en direction de l'ordinateur.

« Tu as fait des recherches sur elle ? »

Le Docteur secoua la tête.

« Non, trop de craintes. Veux pas savoir… Pas à partir d'un ordinateur en tout cas. »

Un coup à la porte fit lever la tête du Docteur. Si tôt ? Il avait été reconnu si vite ? Harry fronça les sourcils.

« J'y vais. »

Il ouvrit la porte et regarda dehors.

« Ils disent qu'ils sont de Torchwood, ils te cherchent. Un… Un Zach ? Et une Gail ? »

Le Docteur fronça les sourcils :

« Torchwood ? Ils ont toujours un ici ?

— Apparemment. C'est comme ça qu'ils s'appellent. »

Il haussa les épaules en direction de leurs invités.

« Je ne sais pas grand chose de Torchwood, encore moins dans des univers parallèles. Tu n'es pas un de leurs grands fans, et Jack ne parle pas souvent d'eux non plus. »

Il regarda par la porte :

« Quoi ? Non, je ne suis pas le Docteur. Pourquoi pensez-vous ça ? Non, non, c'est papa. PAPA ! S'il te plaît ? Je n'aime pas qu'on me prenne pour toi. »

Le Docteur sourit joyeusement, mais accéda à la demande de son enfant et s'avança vers la porte.

« Bonjour, comment allez-vous ? »

Il ouvrit la porte plus grand.

Deux personnes se tenaient dehors, habillées de vêtements confortables, et de vestes légères. Ils n'étaient pas armés, ce qui plaisait au Docteur, mais ils semblaient confus. L'homme, dans la trentaine avec des cheveux châtains courts et un visage étroit, la fille plus jeune avec des cheveux bruns, des yeux marrons et quelque chose qui annonçait 'sérieux'. Quand le Docteur passa la tête par la porte, ils reculèrent d'un pas, légèrement surpris.

Zach et Gail avaient été avertis par de nombreux fichiers que la boite bleue que leur commandant espérait voir apparaître un jour était plus grande à l'intérieur. Cependant, une fois confrontés à ce fait, ils n'étaient pas sûrs de ce qu'ils devaient faire. Ce n'était pas souvent qu'un petit enfant et un grand homme maigre sortaient d'une boite bleue. D'accord, ils avaient frappé avant (leur commandant avait mis en place un équipement spécifique pour détecter cette boite bleue, ils avaient répondu à l'appel), mais c'était un espoir fou. Donc quand un garçon répondit au coup, ils avaient été surpris.

« Et bien, nous… nous ne sommes pas vraiment sûrs de ce qu'il faut faire… donc… euh… bien… le Commandant a demandé que nous les escortions à la base de Torchwood… vous, je veux dire, vous, mais… euh… et bien… voulez-vous bien venir à nous, donc ? »

Harry leur sourit :

« Wouah, habituellement, ça prend plus de temps avant que les bégaiements commencent. Félicitations pour être les premiers à avoir en fait commencé dès le début. »

Le Docteur tapa doucement Harry sur l'oreille, puis regarda les deux agents toujours incertains.

« Et bien, nous devrions aller parler avec votre commandant. Est-ce que ce commandant a un nom ? »

Ils se regardèrent.

« Euh… dit Gail. Nous, euh, nous n'en sommes pas vraiment sûrs. Elle ne dit son nom à personnes, plus aujourd'hui. Elle est là depuis, en fait, depuis toujours, vraiment. Sais pas d'où elle est venue. »

Ils commencèrent à se déranger vers un petit bâtiment à un étage. Discret, pratiquement indétectable.

« Elle est celle qu'ils appellent quand ils n'ont plus d'autres options. C'est pour ça qu'elle est le Commandant. A construit Torchwood de zéro, ils disent, mais c'était il y a plus d'un siècle, donc je ne sais pas si c'est vrai. »

Le Docteur semblait inquiet et vaguement circonspect. Est-ce que cette mystérieuse commandante pouvait être Rose Tyler ? Ce n'était pas possible, enfin, ce n'était pas vraiment vrai, mais c'était improbable. Il regarda Zach.

« Votre commandante, elle ressemble à quoi ? »

Jack sourit.

« Elle est canon. Des cheveux châtain miel, des yeux dorés, un visage à mourir, des lèvres rouge vif, un corps brûlant. Pourtant, elle n'a jamais personne. »

Gail secoua la tête.

« Les gens disent qu'elle avait quelqu'un. Sais pas ce qu'il lui est arrivé, mais elle avait quelqu'un. »

De plus en plus d'énigmes. Harry leva les yeux vers le Docteur.

« Est-ce que tu penses que c'est la fille ? » demanda-t-il dans un murmure.

Le Docteur haussa les épaules, mais son visage restait inquiet.

« Je ne sais pas, Harry, je ne sais vraiment pas. Et c'était il y a si longtemps… Je ne pense pas qu'elle est toujours en vie. C'est peut-être un de ses enfants… »

Zach ouvrit la porte de métal anonyme et les fit entrer dans une pièce blanche impeccable. Dès que la porte se ferma, la pièce s'éclaira et les scanna.

« Bienvenue à nouveau, agents de Torchwood Zachary Longsworth et Gail Collins. Tierce Personne identifiée comme le Docteur. Quatrième personne inconnue. Veuillez donner votre nom et vos intentions. »

Harry haussa un sourcil en direction de Zach et Gail, qui haussèrent les épaules et lui firent signe de s'exécuter.

« Euh, Harry, ici avec le Docteur… »

Cela sembla satisfaire la voix, et une porte en face d'eux s'ouvrit. Zach et Gail leur fit signe de s'avancer et ils entrèrent dans ce qui ressemblait à un salon agréable.

« Asseyez-vous, s'il vous plaît. Je vais appeler le Commandant. »

Zach et Gail disparurent dans un couloir latéral, et ils entendirent le 'ping' des portes de l'ascenseur s'ouvrant et se fermant. Harry se jeta sur le canapé, et le Docteur regarda autour de la pièce, se demandant s'il pouvait accéder à des informations.

Sa recherche de réponses fut interrompue par une porte glissant doucement et une silhouette s'avançant. Une silhouette très familière.

Quand le Docteur sembla muet, Harry traversa la pièce en direction de la femme et tendit la main :

« Salut, je suis Harry. Ne vous inquiétez pas pour lui. Il parle trop habituellement, donc c'est plutôt agréable de le voir stupéfait. »

La femme sourit à Harry, puis s'accroupit jusqu'à ce qu'ils soient à la même hauteur de regard.

« Je sais. Il est toujours en train de parler de tout un tas de chose et s'attend à ce que tu en saches autant. Il pense qu'il est si intelligent. Donc, qui peux-tu bien être, en plus de Harry ? »

Harry sourit :

« C'est mon papa, quand il n'est pas trop occupé à être un prisonnier, être chassé, ou expulsé de différentes planètes. »

Le sourire de la femme s'affaissa légèrement, puis se reprit :

« Et où est donc ta maman ? Toujours dans le TARDIS ? »

Harry secoua la tête :

« Nan, papa m'a adopté, m'a pris après que mes parents aient été tués, mais je ne me souviens pas d'eux. »

Il haussa les épaules.

« Mais je pense que je deviendrais fou si je devais rester toujours au même endroit, j'aime le TARDIS. Elle va partout dans l'univers et nous avons même pu voir l'atterrissage de la première navette sur Pluton ! La première tentative est arrivée plus de cinquante millions de kilomètres plus loin et ils se sont perdus en orbite autour de Neptune. Ils ont presque rencontré une communauté Solaire frontalière, tant ils étaient loin. Mais la seconde était un succès ! C'était génial ! »

Harry sourit.

« Est-ce que vous avez voyagé avec le Docteur ? Il dit qu'il a un ami ici, qui ne peut pas partir. »

La femme sourit tristement.

« Oui, il y a longtemps. »

Elle leva les yeux vers le Docteur toujours muet.

« Il y a très très longtemps quand j'étais encore une gamine. Je n'étais pas sûre que je reverrais un jour ton papa à nouveau, Harry. »

Harry fronça les sourcils.

« Oui, papa a dit que c'était impossible de voyager vers des univers parallèles, mais j'ai trouvé un journal d'un des anciens Seigneurs du Temps et ça parlait de voyager vers d'autres dimensions et papa l'a compris et nous voilà, bien qu'il ait dit qu'on est arrivé vraiment tard et que vous étiez peut-être morte. Puisque vous ne l'êtes pas, cependant, papa doit être heureux. Quel est votre nom ? »

La femme le regarda avec stupéfaction, puis sourit brillamment :

« Tu es juste comme ton papa, hein, à parler à mille à l'heure. Je suis Rose, d'ailleurs. »

Les yeux de Harry s'agrandirent :

« J'ai trouvé votre chambre ! Le TARDIS me l'a montrée. Il y avait votre nom sur la porte et tout. Ai même trouvé une cravate de papa dedans. »

Il lança un regard vers son papa, un sourire sur le visage.

Le Docteur parla finalement :

« Rose ? C'est toi ? Vraiment toi ? »

Même avec elle juste devant lui, ses cheveux non teints, ses yeux une teinte choquante de doré, il n'était pas capable de le croire. Puis elle s'assit et parla avec Harry, souriant et avec sa langue entre ses dents, ses yeux éclairés. Puis elle dit son nom. Le Docteur retrouva finalement sa voix, et il croassa sa question. Rose le regarda, puis tapota la tête de Harry avant de s'avancer vers lui.

« Bonjour Docteur. Ça fait un moment. »

Il tendit la main pour la toucher, frôlant juste son bras de ses doigts, quelque chose pour confirmer sa solidité. Ses doigts rencontrèrent la chair chaude de la main de Rose, et sans attendre une autre parole, il l'attira fermement contre lui.

Les bras de Rose entourèrent la taille du Docteur, l'attirant plus fort contre elle, et son visage s'enfouit dans le creux entre son épaule et son cou. Elle trembla sans pleurer, son corps entier secoué, et le Docteur la tint dans ses bras. Des larmes coulaient le long de son visage, et il ferma les yeux. Il entendit Harry s'installer dans le canapé avec le journal. Harry pouvait s'occuper seul pendant un moment.

Ils restèrent debout, emmêlés sur tout le long de leurs corps, jusqu'à ce que Rose recule et lève le regard vers le visage de l'homme qu'elle n'avait jamais pensé revoir un jour.

Les yeux marrons regardèrent dans les dorés, et Rose sourit.

« Hé.

— Hé, souffla le Docteur. Comment… comment es-tu toujours ici ? Combien de temps… »

Il ne pouvait pas finir cette phrase. Rose sourit.

« Presque cent cinquante ans, Docteur. Ça fait un long moment. Vraiment trop long.

— Comment ?

— Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Mais j'ai passé un siècle à essayer de comprendre, comment retourner dans mon monde, comment vous retrouver, comment faire quoi que ce soit. Et puisque je suis résistante à la mort, et bien, ça veut dire que j'ai tout le temps du monde pour comprendre. »

Elle lui sourit, un immense sourire tremblant.

« Vous êtes juste arrivé en premier. »

Le Docteur la serra juste à nouveau dans ses bras.

« Oh Rose, Rose Rose Rose, tu es merveilleuse. Absolument merveilleuse et brillante. Comment est-ce que tu as pu un jour finir avec un vieil homme comme moi ? »

La main de Rose le frappa légèrement dans le dos.

« Une question pour un autre moment, Docteur. Mais me voilà, et vous ne m'abandonnez plus, plus jamais. »

Elle lui sourit, puis regarda Harry.

« Hé, Harry, que dis-tu de remonter le moral de ton vieux père ? »

Harry sourit :

« Bien sûr, tant que je peux le noyer dans les Chutes Silusiennes !

— Ça marche ! rit Rose. J'aime votre gamin, Docteur ! »

Le Docteur cligna des yeux :

« Tu… Tu viens avec moi ? »

Rose leva un sourcil.

« Vous avez un problème avec ça ? Je n'ai personne ici, plus maintenant. La fille de Tony n'a jamais eu d'enfant, maman ne pouvait plus en avoir, et tous ceux que j'ai connus sont morts il y a au moins cinquante ans. Je ne reste pas plus longtemps ici, et je suis sûre que Harry aurait bien besoin d'une autre personne autour, qui ne soit ni vous ni Jack. Un meilleur modèle, au moins.

— Hé ! »

L'air de surprise comique du Docteur fit rire Rose.

« Mais, non, vraiment, tu veux toujours voyager avec moi ? Après… après tout ce temps ? »

Rose soupira.

« Docteur, j'ai attendu une centaine d'années votre retour. Que pensiez-vous que j'allais faire, rester ? Je prévoyais partir bientôt de toute façon. Votre moyen est juste plus sûr que le mien. »

Elle appuya un léger baiser sur les lèvres du Docteur, puis se recula.

« Je serai dans mon bureau, quand votre grand cerveau aura accepté ce fait. Harry, tu veux venir m'aider à prendre mes affaires ? »

Harry sourit, et fourra le journal dans sa poche.

« Bien sûr. Ça va être amusant d'avoir quelqu'un d'autre dans le TARDIS. Oncle Jack n'est pas là tout le temps. Il dit qu'il a des responsabilités ou quelque chose comme ça. »

Il la suivit dans l'ascenseur, agitant la main en direction de son papa (qui semblait toujours figé de stupéfaction, debout au milieu de la pièce et les regardant partir) alors que la porte se fermait.

Dès que l'ascenseur commença à bouger (vers le bas, sentit Harry), Rose s'effondra par terre et ramena ses jambes contre elle et appuya sa tête contre ses genoux. De légers sanglots atteignirent les oreilles de Harry.

« Rose ? Rose ? Ça va ? »

Elle s'était retenue dans la salle d'attente, elle avait été forte et solide et même dragueuse. Mais elle avait aussi gardé le choc et la surprise et la douleur cachés, fermés derrière un rideau qu'elle ne voulait pas laisser le Docteur regarder derrière. Quand les portes de l'ascenseur s'étaient fermées, elle s'était effondrée, se repliant sur elle-même et se laissant tomber au sol. Rose ne savait pas quoi dire. Elle avait vécu cent cinquante ans sur un mince espoir, sur quelque chose qu'elle pensait ne jamais arriver. Après la mort de la Métacrise du Docteur, celui qui n'avait pas été capable de trouver son équilibre et encore moins de la trouver au milieu de ses émotions confuses, ce pour quoi elle avait principalement vécu était la survenue du voyage dans l'espace. La capacité d'aller à nouveau dans les étoiles. Le Docteur… voir le Docteur à nouveau était quelque chose qu'elle avait gardé verrouillé dans le fond de son esprit dans une chambre froide, puisque la possibilité que ça arrive n'était pas élevée. Elle ne pouvait pas l'imaginer, elle ne pouvait pas. Autrement, elle ne pourrait rien faire. Maintenant, cependant, qu'il était là, là et vivant et toujours avec un des mêmes visages dont elle était tombée amoureuse quand elle était un enfant, une fille d'à peine une vingtaine d'années, et bien, elle n'était pas sûre que son coeur puisse le supporter.

Elle sentit une main sur son épaule, un doux halètement, un léger tremblement, et sa peur et son espoir et sa colère et toutes les autres émotions qui lui étaient venues à l'esprit quand elle l'avait vu sur l'écran de contrôle s'apaisèrent, et elle pouvait penser à nouveau correctement. Elle leva la tête et regarda le tout petit garçon qui était le fils du Docteur, tenant un collier doré dans une main et touchant son épaule de l'autre. Ses yeux étaient solidement fermés et il respiraient en petites inspirations.

« Harry ? »

Sa voix était rauque. Harry ouvrit les yeux.

« Vous allez mieux, maintenant, Rose ? Vous ne respiriez pas vraiment bien et vous n'arrêtiez pas de trembler. »

Rose cligna des yeux.

« Qu'est-ce que tu as fait ?

— J'ai, j'ai siphonné une partie de la surcharge émotionnelle.

— Maintenant tu parles vraiment comme lui. Qu'est-ce que tu as fait, en des termes moins confus. »

Harry sourit, puis enleva la main de son épaule. Rose sentit la main partir, sentit ses émotions tourbillonner à nouveau, mais cette fois elle les contrôlait.

« Je suis un empathe tactile. Je peux sentir les émotions de quelqu'un quand je le touche. Je porte un collier pour empêcher que ça arrive tout le temps, mais quand j'en ai besoin, je peux enlever une partie des émotions les plus fortes de quelqu'un, pour qu'il puisse penser. Le fais seulement avec papa occasionnellement. Il m'a dit de ne pas le faire, mais parfois, quand il est trop triste, j'en prends une partie. Ça aide quand il doit réfléchir à un moyen de sortir d'une cellule de prison sans son tournevis sonique. »

Rose n'était toujours pas certaine d'avoir eu l'histoire complète, mais l'ascenseur bipa et lui signala qu'ils avaient atteint leur destination. Elle se releva, essuya son visage des traces de larmes, et tendit une main vers Harry. Le garçon remit le collier avant de la prendre, et ils se dirigèrent vers le grand bureau bleu qui était la maison de Rose.

A l'étage, le Docteur était toujours debout là où Rose l'avait laissé, clignant des yeux. Rose était toujours en vie. Elle était toujours en vie, elle voulait toujours venir avec lui, et elle… et elle… il toucha ses lèvres, souriant plutôt stupidement. Elle l'aimait toujours, pensa-t-il. Il espérait.

Et Harry l'aimait bien. Et Rose aimait bien Harry. Et elle était toujours là. Son cerveau avait du mal à enregistrer ce fait. Qui attendait aussi longtemps quelqu'un, qui avait des mesures en place pour l'arrivée possible de quelqu'un qui n'aurait pas du être capable de voyager jusqu'à cette dimension ? Seule sa Rose.

Il s'avança vers l'ascenseur, appuya sur le bouton et attendit. Sa Rose, toujours ici.

Derrière lui, il entendit un autre ascenseur sonner, et Zach en sortit.

« Euh, monsieur, Docteur, monsieur, le Commandant… où était cet ascenseur ? »

Zach cligna des yeux. Le Docteur sourit.

« Oh, j'ai déjà rencontré votre Commandant. Femme brillante, n'est-ce pas ? Absolument phénoménale. Brillante. Je vais juste lui donner un coup de main avec ses affaires. »

Zach secoua la tête pour se l'éclaircir.

« Je venais juste vous dire, la commandante n'est pas ici. Je n'ai pas réussi à la trouver… »

Le Docteur sourit.

« C'est tout bon. Elle est ici. »

Zach haussa un sourcil, puis haussa les épaules.

« D'accord. Faites-moi savoir quand vous partez. Je vous ferai sortir. »

Il se dirigea à nouveau vers l'ascenseur et appuya sur un bouton, faisant un signe de tête au Docteur alors qu'il sortait et descendait. Le Docteur eut un sourire fou. Rose, sa Rose, était ici.

L'ascenseur devant lui s'ouvrit et il entra. Il n'y avait qu'un bouton.

« Voilà qui simplifie les choses. »

Et il descendit.

Il était descendu environ cent cinquante mètres sous terre quand l'ascenseur s'arrêta et les portes s'ouvrirent. Il regarda les murs qui étaient peints en bleu TARDIS, un bureau en bois avec une interface électronique, un panneau mural qui glissait pour contrôler tout ce qui se passait à Torchwood, et les deux personnes qui faisaient à présent partie de sa vie, le rendaient entier et sain et complet.

Harry et Rose regardaient des photos et riaient.

« Est-ce que papa ressemblait vraiment à ça ? Avec les grandes oreilles et le nez et tout ? »

Rose sourit.

« Ne critique pas. Il était brillant. J'adorais la veste en cuir, vraiment. Je me souviens toujours de l'odeur, même après toutes ces années.

— Papa en cuir… bon sang, c'est une image mentale étrange. »

Rose rit, et le Docteur se sentit trembler au bruit. Cela faisait bien trop longtemps qu'il n'avait pas entendu sa voix. Bien trop trop longtemps.

« Qu'est-ce que vous fabriquez, tous les deux ? »

Harry lui adressa un sourire joyeux.

« Rose me montrait juste des photos de toi ! Tu n'as jamais eu le sens de la mode, n'est-ce pas ? » demanda-t-il, avec un léger sourire moqueur.

Le Docteur simula de la colère vexée :

« Je te ferais dire que les cravates sont à la pointe de la mode.» dit-il, le nez en l'air.

Harry ricana :

« Quand, dans les années cinquante sur Terre ? »

Le Docteur bouda et Rose rit.

« Bon, tous les deux, venez. J'ai quelques sacs à prendre. Des souvenirs, de famille. »

Elle haussa légèrement les épaules, mais le Docteur pouvait voir combien ils lui manquaient. Plus de Jackie pour le serrer dans ses bras, puis le gifler pour avoir ramené sa fille en retard à la maison, plus de Pete et ses étranges inventions, il ne rencontrerait jamais son petit frère, Tony. Toutes ces années qu'elle avait vécues sans lui, sans jamais mourir, coincée sur une planète où les gens vieillissaient autour d'elle. Il lança un regard appuyé vers Harry, et soupira, puis se précipita au delà de Rose dans la pièce vers laquelle elle se dirigeait. Le Docteur attrapa son bras et l'attira dans un câlin. Un pour lequel elle ne protesta pas.

« Oh, Rose, superbement brillante Rose. Ma Rose. »

Rose soupira dans l'étreinte.

« Ça fait longtemps, Docteur, plus longtemps que je l'avais imaginé possible. Dieu, je n'ai jamais pensé que vous arriveriez ici. Je n'arrivais pas à trouver un moyen de revenir, pas sans déchirer la réalité, et je ne pouvais pas le justifier. Je ne pouvais pas détruire un univers pour en atteindre un autre, je ne pouvais pas. Je suis restée assise dans cette pièce, à regarder ce mur, tenant le bouton du canon dimensionnel. »

Ses yeux s'embrumèrent.

« Maintenant, maintenant, vous êtes ici. Après si longtemps… »

Sa voix s'étrangla et le Docteur la serra plus fort contre lui.

« Je suis si désolé, Rose. Si, si désolé. Je n'ai jamais voulu que ça se passe comme ça. Jamais. J'ai pensé… J'ai pensé te sauver, en te laissant ici avec lui. Dieu Rose, je suis si désolé. »

Rose leva des yeux humides vers lui.

« Quand Harry a dit qu'il était votre fils, je crois que mon coeur s'est presque arrêté. Mais il est merveilleux, n'est-ce pas ? Presque un mini-Docteur, avec sa façon de parler. »

Elle se leva sur la pointe des pieds.

« N'imaginez même pas m'arrêter, Docteur, j'ai attendu cent cinquante ans pour ça. »

Et elle l'embrassa.

Pas le baiser chaste de plus tôt, non, celui-là était plein de passion accumulée et de besoin et avait des dents et une langue et le Docteur glissa les mains dans ses cheveux et la pressa plus près de lui et les nez se heurtèrent, et les dents s'entrechoquèrent et il était sûr que l'un d'eux s'était mis à saigner, mais ils s'en moquaient et le monde aurait pu exploser, et ils ne s'en seraient pas rendus compte.

Cela aurait pu durer une éternité, aucun des deux n'avait vraiment besoin d'air prochainement, mais c'était l'habitude de respirer, et le hurlement de loup de Harry, qui les fit se séparer et souffler bruyamment. Harry affichait un sourire moqueur, quelques sacs à ses pieds et ses petites mains croisées sur la poitrine. Le Docteur aperçut un téléphone vidéo de Nouvelle Terre dans sa poche, mais ne dit rien. Aucun doute que dès qu'ils seraient de retour dans leur univers, il serait envoyé à Jack pour examen, mais en ce moment, il ne pouvait s'en moquer davantage. Quoique l'avenir lui réservait, pour lui, pour elle, pour eux, quoi qui puisse arriver, Rose était de retour et il pensait pouvoir affronter à peu près tout avec Harry et Rose avec lui. Il sourit.

« Qui est partant pour retourner au TARDIS ? »

Harry ricana.

« Tu ne veux pas baptiser le lit de Rose avant qu'on abandonne cet univers, papa ? » dit Harry d'un air lubrique.

Le Docteur rougit jusqu'à ses chaussures.

« Vous le laissez traîner avec Jack bien trop souvent, » l'accusa Rose avec un large sourire sur le visage.

Le Docteur ne pouvait pas croiser son regard.

« C'est tout bon, Harry. Je suis sûre qu'il y a plein d'autres endroits à baptiser, à chaque fois que j'arriverais à relâcher cette cravate autour de son cou. »

Et elle fit un clin d'oeil généreux au Docteur. Harry grogna.

« D'accord, d'accord, ça suffit. Plus d'allusions, s'il vous plaît. C'est mon papa ! » se plaint bruyamment Harry.

Rose eut un sourire moqueur.

« Tu n'aurais pas du commencer alors. »

Le Docteur était toujours plutôt silencieux, mais en voyant le regard dans les yeux de Harry, et la main de Rose serrant de façon suggestive la sienne, il chercha au fond de lui son être sexuel et le ramena à la surface. Il pencha Rose vers le sol, l'inclinant profondément en arrière, et l'embrassa. Harry fit des bruits dégoûtés.

« Si vous ne faites que ça, je retourne en haut ! Hors de question que je reste ici suffisamment longtemps pour voir ce qui arrive après. »

Et avec ça, il marcha avec décision vers l'ascenseur et appuya sur le bouton d'appel. Le Docteur sourit contre la bouche de Rose.

« Combien de temps on le laisse mariner en haut ? » demanda-t-il doucement.

Rose sourit.

« J'ai suffisamment d'écrans de contrôle ici pour rendre cet endroit plus sûr que le siège de l'ONU. Nous pouvons le laisser quelques heures. »

Un sourcil se leva, et des mains levèrent Rose pour ensuite glisser le long de son corps.

« Et bien, il serait donc temps de commencer. »

Rose sourit avec délice.

« Laissez-moi vous montrer quelque chose d'abord. »

Les portes de l'ascenseur se fermèrent sur Harry et il commença à s'élever alors que Rose tirait le Docteur dans sa chambre et se dirigeait vers la table de chevet.

Le Docteur regarda autour de la pièce avec émerveillement. Les murs étaient couverts de cartes stellaires et de diagrammes, de différentes constellations et de graphiques d'orbites, et des endroits et des plans pour des voyages interstellaires : un article de magazine voisin, soigneusement imprimé et accroché au mur, annonçait les projets pour le premier vaisseau avec passagers à destination d'habitations sur Mars deux mois plus tard. Rose avait accroché des tickets à côté. Son lit était bleu foncé, des oreillers noirs et jaunes le couvrant, tombant sur les côtés. Il n'était pas fait, abandonné dans la précipitation. Rose ne faisait jamais le lit, se souvint-il. Un sweat-shirt rose était posé sur une chaise, un bureau était couvert de différents rapports et documents, un miroir était intégré dans le mur du fond, une porte conduisait vers ce qu'il pensait être une salle de bain. Il n'y avait pas d'armoire. Est-ce que Rose avait arrêté d'avoir le nombre déraisonnable de vêtements qu'elle avait l'habitude de transporter avec elle ? Les petits objets qui jonchaient le TARDIS là où elle les laissait ? Est-ce qu'ils avaient vraiment disparu ?

Rose revint en courant, lui tendant une petite boite. Ses yeux s'agrandirent.

« Tu… Tu as toujours ça ? Vraiment ? Après tout ce temps ? »

Rose sourit.

« Quoi, vous pensiez que j'allais la laisser dans le TARDIS ? Après toutes les difficultés pour l'avoir ? »

Il tendit des mains tremblantes et attrapa la boite, tenant les mains au dessus de celles de Rose.

« Et c'est… c'est toujours là ? »

Rose rit dans un souffle.

« Bien sûr. Où pensez-vous que ça soit allé ? M'aide toujours à me rappeler, quand les choses vont plutôt mal, qu'il y a de l'espoir, que vous êtes toujours quelque part, parce que, et bien…

— Les cristaux vénusiens fonctionnent sur la force de vie de l'autre, le donneur. Et plus fort le cristal brille, plus l'autre aime celui qui possède le cristal… un transfert génétique lié directement au propriétaire initial. Ceux qui récoltent les Cristaux Vénusiens doivent porter des gants pour qu'ils ne gâtent pas le cristal. Le premier contact cutané initie le transfert génétique, le second contact le complète… »

C'était un fait scientifique connu par coeur auquel il s'accrochait alors qu'il ouvrait la boite, et la lumière émise par le coeur du cristal le bouleversa. Rose sourit.

« A chaque fois que j'avais envie de sauter d'un pont, je sortais ça. Ça n'a jamais échoué. »

Elle sourit, sortant le cristal et prenant la main du Docteur.

« Vous vous souvenez de ce qui arrive quand les deux parties touchent à nouveau le cristal, Docteur ? » demanda-t-elle légèrement, tenant sa main à seulement quelques petits centimètres au dessus du cristal.

Le souffle du Docteur devint haletant.

« Le cristal… il… il devient deux moitiés, l'une d'elles inscrite avec… »

Il ne pouvait terminer. Rose prit la suite :

« Inscrite avec le nom du partenaire dans la pierre. C'est une des raisons pour lesquelles les cristaux ont autant de valeur, parce qu'ils ont toujours été un élément de la cérémonie de lien d'un couple Vénusien. »

Le ton de Rose était détaché, mais le Docteur pouvait sentir la pulsation rapide et puissante de son sang dans sa main, le léger tremblement de son corps.

« Se lier sans un est mal vu, parce qu'il n'y a pas de certitude d'amour sincère dans l'union. Le lien télépathique et génétique formé par les cristaux est un reflet du lien déjà existant entre les deux. Le cristal est donné d'un membre à l'autre, et seulement lorsque le lien est considéré comme complet, le cristal est offert à nouveau. »

Ils se dévisagèrent, et Rose laissa tomber sa main de celle du Docteur. La main du Docteur se tendit pour terminer ce qu'il avait commencé toutes ces années auparavant.

Un cri retentit dans la pièce. Un cri que le Docteur connaissait bien, un cri qui le fit se ruer vers l'ascenseur et appuyer désespérément sur le bouton d'appel.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Harry eut un large sourire pour lui-même. Aussi étrange que c'était de voir son père embrasser quelqu'un, et encore plus la belle et jolie Rose qui savait que le Docteur aimait caresser le TARDIS et avait toujours une banane et riait avec lui, il était heureux que son papa soit heureux. Son papa était très très heureux. Il se résolut à rester hors de leur chemin pendant un moment. Oncle Jack le corrompait de plein de différentes manières, mais Harry était toujours un enfant de sept ans. Quelques choses devaient être laissées pour ceux qui les aimaient. Et Harry n'en faisait pas partie. Pas encore.

Les portes s'ouvrirent avec un tintement sur la pièce remplie de canapés qu'il avait quittée une demi-heure plus tôt, et il s'installa dans un divan couvert de coussins confortables. Le journal était de retour dans ses mains et il survola la section mathématique du journal et s'orienta vers la fin, ses yeux plissés. Elle était intitulée 'Complications', ou l'équivalent gallifreyien du mot. Ce mot contenait l'idée d'urgence et de problèmes et d'instabilité et la possibilité d'une fuite.

Il tourna les pages de plus en plus vite alors qu'il lisait aussi vite qu'il pouvait comprendre. Si c'était juste, si son papa n'avait pas compensé les écarts temporels mineurs et les facteurs de dimension nulle dans le vide, ils couraient au devant des ennuis.

Il était si absorbé dans ses pages qu'il ne vit pas la silhouette qui s'approchait devant lui.

Il sentit par contre la mince aiguille s'enfonçant dans son cou, la main qui l'attrapa pour l'empêcher de tomber en avant, le livre qui tomba de ses doigts engourdis.

Puis le collier fut enlevé de son cou, il n'avait aucune préparation, et il cria alors que les émotions de la personne envahissaient son corps et son esprit. Il cria si fort, d'un cri si plein de peine et de haite et de colère, que la personne qui le tenait recula. Harry s'effrondra, haletant et il sentit son esprit lutter pour gérer l'afflux de nouvelles informations, la drogue dans son système, l'absence de son collier, l'image trouble de Zach devant lui.

« Pourquoi… dit-il, mangeant ses mots.

— Si tu es important pour le Docteur, s'il est ce que les dossiers disent qu'il est, donc il peut nous aider largement. Et nous avons besoin d'une monnaie d'échange. Nous pensions que nous devions le menacer directement. Puis tu es arrivé. Est-ce que nous ne sommes pas chanceux ? Le compagnon du Docteur, son enfant, son fils, maintenant entre nos mains. Et avec ce joli petit collier. Un otage et les fonds nécessaires pour finir le projet.

— Quel… quel… proj… »

Harry ne pouvait pas vraiment garder les yeux ouverts, sa bouche ne fonctionnait pas, ses mains étaient comme du plomb. Son ouie fonctionnait toujours cependant.

« Cette planète, une planète si faible, si facile à envahir. Et Torchwood a les meilleures installations. Sais-tu que le Commandant a placé des bases secrètes tout autour du globe ? Un réseau de signaux téléphatiques, parfait pour surcharger le faible esprit humain.

— Papa… papa va vous arrêter… vous arrêter… »

Zach rit.

« Il ne sera même pas capable de te trouver. »

La vision de Harry se noircit, et la dernière chose qu'il sentit fut des bras le soulevant.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Le Docteur enfonça encore et encore le bouton d'appel, espérant faire venir plus vite l'ascenceur s'il appuyait encore quelques fois de plus. Rose était debout devant un mur d'écrans, appuyant du doigt et déplaçant les images, zoomant ici, dézoomant là, tapotant, cherchant et d'une manière générale trouvant ce qu'elle voulait. Quand elle réussit, un cri de victoire résonna dans la pièce, immédiatement suivi par un cri de colère.

« Zach. Pourquoi est-ce que c'est toujours les plus discrets ? Bon sang. »

Elle fouilla sous son bureau et en sortit ce qui ressemblait à un tube. Le Docteur la regarda.

« Qu'est-ce que c'est que c'est ? »

Le sourire de Rose se durcit.

« Rayon paralysant. Avec un petit choc en prime. Et je sais où est Harry. »

Les yeux du Docteur s'agrandirent.

« Ils ont bloqué les flux vidéos des dix premiers étages manuellement et ce serait une perte de temps de les redémarrer, donc j'ai fait une recherche avec l'énergie du vortex. On ne peut pas effacer ça des capteurs, et ils les ont oubliés. Personne ne les utilise vraiment, de toute façon, ici. Ils étaient plus une protection après une invasion il y a quelques décennies. Plus personne encore ici ne les connaît à part moi. Ils ont trouvé Harry trois étages en dessous du sol et en train de se déplacer à l'est. En direction d'une vieille sortie que j'aurais juré être bloquée. De toute évidence non. » ajouta-t-elle quand le Docteur leva un sourcil.

« Où est-ce que ça conduit ? » demanda-t-il rapidement.

Rose grimaça.

« Le tunnel se dirige vers la Tamise, une cache de contrebande. Fermée il y a une éternité mais les fondations sont toujours là, nouvelle piste de décollage et tout. »

Rose se mordit la lèvre, regarda le Docteur avec un oeil critique, soupira, regarda l'ascenseur qui n'était toujours pas arrivé, regarda à nouveau le Docteur. Le Docteur haussa un sourcil.

« Quoi ?

— Juste… ai plus l'habitude d'avoir quelqu'un avec moi. Ça fait, oh, environ huit décennies que j'ai pris quelqu'un avec moi… une fille, à peine au delà de l'adolescence, rapide, très douée avec une arme… »

Elle s'interrompit, n'ayant pas besoin de terminer sa phrase. Le Docteur soupira. Il savait.

« Je viens avec toi. Je m'en moque, c'est mon fils et je ne le laisse à personne. Que sais-tu sur Zach ? »

Rose soupira :

« Seulement ce qu'il y a dans les dossiers. J'essaie de ne pas travailler de façon trop proce avec les membres de Torchwood. Ils ne connaissent pas mon nom, je ne suis là qu'une fois par semaine pour les diriger lors des simulations d'entraînement, et je ne les embauche pas. Je les valide, vérifie leurs dossiers, m'assure qu'on n'embauche personne de fou. »

Elle fronça les sourcils.

« Il doit être passé au travers des mailles. Gars silencieux, a vécu une invasion il y a… environ treize ans. A travaillé dans le département scientifique pendant sept ans, a été transféré sur le terrain il y a six ans. Rapide sur ses pieds, bonne tête. »

Un léger sourire ironique.

« Un peu trop bonne, apparemment. »

Le Docteur pietina et rua dans l'ascenseur arrivé. Rose appuya sur un bouton presque invisible et un écran apparut en scintillant dans le mur latéral. Elle sélectionna le troisième étage et l'ascenseur commença à bouger.

« Tu es devenue cynique, Rose. » dit-il, en regardant les portes.

Il manqua l'étincelle de tristesse dans ses yeux.

« Ça vient avec le domaine, Docteur. Vous n'êtes pas exactement la personne la plus joyeuse de l'univers, aussi hyperactif que vous soyez. »

Le Docteur eut un grand sourire :

« C'est vrai. »

Ses mains parcoururent répétitivement ses cheveux, faisant se redresser les pointes comme s'il avait été électrocuté. Il tapota ses doigts entre eux, puis sur le mur, puis sur sa jambe, jusqu'à ce que Rose, énervée par le bruit, attrapa sa main dans la sienne et la tint, les doigts entrelacés. Cela faisait depuis trop longtemps, réalisa-t-elle, qu'elle n'avait pas tenu sa main. Beaucoup trop longtemps. L'expression du visage du Docteur indiquait la même chose.

« Là. Maintenant, arrêtez de bouger. Nous allons retrouver Harry. »

Elle s'arrêta, plissa son visage en une grimace, puis fronça les sourcils.

« C'est bizarre de vous dire ça, c'est vous qui dites ça habituellement. »

Le Docteur rit.

« Habituellement, oui, mais ça fait du bien de l'entendre. »

Harry, pensa-t-il, son petit Harry. Son magique dans tous les sens du mot Harry. Sa main se serra sur celle de Rose.

« S'il est blessé, Zach a intérêt à ce que tu le trouves en premier. » promit-il d'une voix basse.

Rose plongea dans des yeux rageurs. Elle n'avait pas vu des yeux si sombres en plus d'un siècle.

« Zach a intérêt à espérer que qui que ce soit pour qui il travaille ait de la compassion, dit Rose. Je n'en ai aucune pour lui. »

Les enfants étaient les enfants, et peu importe l'espèce ou la planète d'origine, ils méritaient d'être protégés. Harry avait par chance un protecteur qui pouvait retourner l'univers pour lui et le ferait. Ce protecteur avait par chance avec lui un Bad Wolf qui pouvait vous démolir jusqu'au niveau atomique, et le ferait. Elle savait comment jouer avec la technologie du pistolet paralysant. Elle l'avait créée.

L'ascenseur s'ouvrit avec un tintement et Rose sortit un petit écran de sa poche alors qu'ils sortaient.

« Par là. »

A gauche donc. Avec Rose pour guide, ils filèrent le long de couloirs jusqu'à ce qu'ils arrivent à un mur de briques. Rose n'hésita pas et appuya sur un petit bouton sur le côté, et le mur recula sur la droite. Le Docteur sourit.

« Brillant. Des portes secrètes. J'adore de bonnes portes secrètes. »

Il courut et sortit son tournevis sonique.

« Les détecteurs ne peuvent pas aller plus loin que ça. Nous devons deviner à partir de maintenant. »

Rose espéra qu'ils devineraient juste. Le Docteur sourit.

« Pas besoin. Je m'en occupe. »

Il brandit son tournevis sonique. Rose soupira.

« Je n'en ai peut-être pas vu depuis des années, Docteur, mais même moi, je sais qu'il ne peut pas détecter des humains. »

Le Docteur secoua la tête.

« Pas ça. Une sorte spéciale d'énergie psionique. Harry en déborde, laisse une trace derrière lui partout où il va. Pratique pour s'assurer qu'il ne se perde pas trop. »

Rose leva un sourcil.

« J'expliquerai plus tard. Allons-y [ndlt : en français dans le texte] ! »

Et il courut dans le couloir. Rose eut un grand sourire. Cela faisait un long moment qu'elle n'avait pas eu ce sentiment étourdissant qu'elle avait lorsqu'elle était avec le Docteur, comme si tout allait bien se terminer.

Plus de tours, de détours et d'angles. Le Docteur tourna sans hésitation à chaque intersection. Le couloir était brut, creusé dans la roche qui avait des centaines d'années et n'avait pas été touchée par la modernité. Il y avait toujours des alcoves pour des lampes et des anneaux de fer pour des torches, quelque chose qu'elle n'avait pas vu depuis, depuis, elle n'en était pas certaine. Humide et glissant et sombre (elle tenait un petit globe qui illuminait les alentours), Rose vérifiait régulièrement que ses pas étaient stables. Cela ne l'aurait pas fait de tomber et de se casser le nez. Sa capacité à ne pas mourir ne s'étendait pas à la guérison instantanée.

Ils s'arrêtèrent devant un mur en plâtre et le Docteur regarda son tournevis sonique, les yeux plissés, confus. Rose soupira. Elle avait oublié, avec les années, que malgré le génie absolu du Docteur, il était toujours un peu idiot. Elle le bouscula du passage et leva un pied. Elle le planta directement à travers le mur et frappa dans l'air.

« Faux mur. Facile à installer, surtout si vous avez un peu d'avance. »

Le Docteur la regarda avec admiration. Rose lui sourit, la langue entre les dents.

« Brillant, Rose ! »

Il eut un grand sourire, et lui et Rose continuèrent à démonter le mur morceau par morceau. Quand ils purent enfin passer à travers (cela prit quelques coups de poing et de pied et le Docteur s'explosa presque une phalange avant de décider que son pied était plus solide que ses mains), le Docteur se tourna avec un sourire vers Rose et s'avança. Elle l'arrêta d'une main.

« Vous n'avez pas un pistolet paralysant et je préférerais ne pas vous voir avec un nouveau visage s'ils décidaient de tirer à vue. »

Le Docteur sembla vouloir protester.

« Et je suis sûre que Harry préférerait ne pas vous voir vous régénérer non plus. »

Il se figea, puis soupira avec réticence et la laissa passer la tête à travers le trou en première, pistolet à la main. Elle avait modifié les paramètres pour obtenir le mode paralyser-et-électrocuter. C'était plus que ce que le connard méritait.

Elle s'assura que la pièce dans laquelle elle venait d'entrer était sûre avant de demander au Docteur d'arriver. Ou elle lui aurait demandé, s'il ne se trouvait pas déjà juste derrière elle.

« Tu as bien grandi loin de moi. » dit-il sur un ton négligent.

Rose lui adressa un mince sourire.

« Je n'ai pas vraiment eu le choix, n'est-ce pas ? » lança-t-elle en réponse.

Puis elle soupira. Ils devraient parler de ce jeu de pouvoir quand ils en auraient l'opportunité. Elle n'était plus une vendeuse de vingt ans du vieux Londres. Il ne pouvait plus la traiter de cette façon.

« Et maintenant, où est Harry ? »

Le Docteur était déjà en train de faire des analyses.

« Viens, Rose. »

Il se dirigeait vers la porte en face d'eux. Celle-ci ne s'ouvrit pas. Il la buzza avec son tournevis. Elle resta fermée.

« Verrou complet. Je ne pensais pas que vous les aviez déjà. Toujours trop en avance sur votre époque. »

Rose haussa les épaules, puis plissa les yeux.

« Zach ne travaille pas seul. Vérifiez la connexion avec le mécanisme électronique. Est-ce qu'ils utilisent un alliage d'hyper-zirconium et quelque chose de similaire au cuivre ? »

Le Docteur haussa les sourcils, mais vérifia. Quand il confirma les suppositions de Rose, elle jura doucement.

« Mince. Il travaille avec les Zotlings. Ce sont les aliens qui se sont écrasés ici il y a treize ans, ceux que Zach a rencontré alors. Grands, bleuâtres, avec trois yeux et de longs doigts minces ; excellents en électronique, ceux qui sont amicaux du moins. Ils ont réparé leur vaisseau et sont repartis. »

Le Docteur écouta en silence.

« Ce n'est pas tout, cependant, n'est-ce pas Rose ? » dit-il doucement.

Rose secoua la tête :

« C'était un vaisseau de transport de prisonniers, qui changeait de rotation. Une rébellion a éclaté, et un des prisonniers a bouzillé quelques branchements et le système de navigation. Ils sont partis avec environ quatre prisonniers de moins. La plupart d'entre nous pensions qu'ils étaient morts dans l'accident. Zach a dit qu'il en avait vus brûler… »

Rose plissa les yeux et soupira.

« Il mentait, n'est-ce pas ?

— Ouais. Cet alliage particulier de métaux vient de leur vaisseau. Ce n'était pas à la pointe de la technologie donc quand quelques rouleaux de câbles ont disparu, personne ne s'est posé de question.

— Très bien, Commandant, dit une voix crépitante. Et vous avez fait du bon travail en trouvant cet endroit. Nous n'étions pas sûrs que vous y arriverez. »

Le Docteur releva brusquement la tête. Un écran était installé au dessus de la porte et une grande créature mince et bleuâtre avec trois yeux était assis de l'autre côté. Rose pouvait voir Harry couché dans un canapé en fond.

« Qu'est-ce que vous voulez de Harry ? » demanda le Docteur.

Le Zotling inclina la tête.

« C'était seulement un appât, Docteur. Nous avons besoin de vous. »

Il regarda Rose.

« Et vous, Commandant. Cet enfant était juste un moyen pour parvenir à nos fins.

— Si vous l'avez blessé… commença le Docteur, mais la créature agita ses doigts anormalement longs avec légèreté :

— Non, non, pourquoi ferais-je ça ? Seulement si je le dois, je blesserai l'enfant. C'est ma… monnaie d'échange, comme vous le dites. Mon assurance que le travail dont j'ai besoin sera bien fait.

— Et qu'est-ce que c'est ? » demanda le Docteur.

Les yeux de la créature s'écartèrent en une sorte de sourire.

« Voyons, mes projets pour l'avenir. Avec la police partie depuis longtemps de ce coin de l'univers et cette espèce, cette espèce primitive, si loin d'être capable de construire l'équipement nécessaire pour retourner vers n'importe quelle planète avec une forme de civilisation plus… avancée que cette misérable race humaine, j'ai décidé que je devais me placer comme leur commandant et prendre le contrôle de cette espèce pathétiquement faible. Ce serait un gain pour eux, une main secourable dans leur moment de besoin. Ils sont définitivement si loin de ce dont j'ai besoin. »

Le Docteur lança un regard noir à l'écran.

« Et donc vous avez pris Harry pour me forcer à vous aider à compléter une machine que vous allez utiliser pour envahir le monde ? Êtes-vous vraiment si bête ? »

L'alien sembla amusé plutôt qu'insulté. Rose se demanda si le Docteur avait un quelconque plan et était en train de prendre le contrôle de la situation, quand elle remarqua Harry en train de se lever derrière l'alien, une main enlevant son collier alors que l'autre se tendait en avant. Elle se souvenait de ce que Harry avait dit plus tôt, sur sa capacité à supprimer les émotions des gens. Qu'allait-il donc faire ?

Elle retourna son attention vers le Docteur. Il était en train de distraire l'alien, le gardant occupé pour qu'il ne regarde pas derrière lui.

« Jeune Harry est mon assurance, ma carte verte, pour utiliser une de vos petites expressions. Il est ici pour m'assurer que vous allez travailler rapidement. Zach va vous conduire vers l'appareil. Et Commandant, si vous décidez de tirer sur Zach, je m'assurerais que vous ne teniez pas trop au jeune Harry ici présent. »

L'alien se tourna pour faire un geste et se retrouva face au visage de Harry. Harry eut un large sourire.

« Quoi ? Comment ? »

L'alien ne put aller plus loin.

« C'est le moment de dormir. » dit vicieusement Harry, qui attrapa de ses deux mains le visage de l'alien.

Il cria en silence, et l'alien cria avec lui. Ils s'effondrèrent tous les deux et le Docteur sembla vouloir sauter à travers l'écran s'il le pouvait. Heureusement la porte s'ouvrit avec un clic, ou Rose était certaine que le maigre Seigneur du Temps aurait tenté de foncer à travers l'alliage de titane. Zach fit face au visage particulièrement furieux du Docteur.

« Emmenez-moi voir votre patron, tout de suite. »

Zach trembla et gémit. Il regarda Rose, qui pointait le tube vers lui. Il rassembla son courage, s'éloignant visiblement du Docteur, et dit :

« Il… Il a dit que si vous me ble-blessez, il blessera l'enfant. »

Rose leva un sourcil.

« Regarde l'écran, Zachary. Tu verras que tu es un peu en retard sur les infos. »

Zach entra nerveusement dans la pièce, leva les yeux vers l'écran, remarqua les deux silhouettes inconscientes et dégluttit.

« D'ac-cord. Par-par ici. »

Rose regarda le Docteur.

« Est-ce vous n'auriez pas pu le pister ? » demanda-t-elle en pointant vers le tournevis.

Le Docteur secoua la tête.

« Non, cette pièce est entièrement doublée de plomb. Je ne vais pas plus loin que cette porte. Puis ça s'arrête, kaputt, fini. »

Il regarda Zach :

« Emmenez-moi à mon fils. »

Zach hocha nerveusement la tête.

Ce fut un court trajet, quelques volées d'escaliers et quelques angles, et la pièce qu'ils avaient vu à travers les caméras fut soudain devant eux. Rose resta avec Zach, gardant le pistolet paralysant pointé sur lui, pendant que le Docteur se précipitait vers Harry. Il replaça doucement le collier avant de le soulever et de le tenir près de lui. Rose était certaine que Harry recevrait une leçon sur le fait de risquer sa vie (quand est-ce que le Docteur ne faisait pas la leçon à quelqu'un, juste pour le principe, malgré l'hypocrisie soulevée par cette leçon particulière ?) mais à présent, tout ce qu'elle pouvait voir était du soulagement.

Rose sortit des menotes primitives d'une poche de sa ceinture (plus personne ne les connaissait et ne pouvait donc les déverrouiller) et attacha Zachary aux tubes de métal allant du sol au plafond. C'était suffisamment solide pour le garder en place. Puis elle s'avança vers les deux corps au sol. Le Docteur tenait soigneusement Harry contre lui.

Harry semblait encore plus petit quand il n'était pas réveillé, réalisa Rose. Absolument minuscule. Ses mains rentraient dans sa paume, son petit nez et sa bouche n'auraient pas dépareillé sur le visage d'un enfant bien plus jeune. Si elle n'en savait pas plus, elle aurait donné à Harry quatre ans. Elle toucha doucement l'épaule du Docteur et il leva les yeux vers elle, son visage tiré par l'agonie sans fin qu'elle avait vue si longtemps auparavant, quand il n'avait pas été capable de sauver quelqu'un à temps, ou quand elle avait été blessée. Elle caressa sa joue et prit une de ses mains pour la poser que le coeur battant avec force de Harry.

« Il va bien, Docteur. Il est vivant, il respire, il ne saigne pas. Nous devons sortir d'ici, je dois faire nettoyer cet endroit par les employés de Torchwood, je dois revalider mon officier supérieur et je dois lui faire faire un nouveau tri à Torchwood. Et je dois trouver quoi faire de Zach et de son ami bleu ici, donc prenez Harry et retournez au TARDIS. Je vous retrouverai là-bas dans un petit moment. »

Elle lui sourit.

« Et ne partez pas sans moi.

—Rose… Je peux aider. Je peux vraiment… »

Rose leva un sourcil et regarda Harry.

« Docteur, les méchants sont inconscients ou menottés, il n'y a pas de menace immédiate ou d'explosion imminente ou d'autre problème majeur que seulement votre brillance peut défaire, donc vous pouvez prendre un peu de temps pour vous occuper de votre gamin. Il mérite au moins ça. Ça ne doit pas être facile, de jouer avec les émotions comme il l'a fait. »

Les yeux du Docteur s'agrandirent.

« Comment… »

Rose sourit :

« C'est votre gamin de toutes les manières possibles, Docteur. Y compris pour bavarder trop. Il me l'a dit. »

Rose caressa d'une main la joue de Harry.

« Il est spécial, n'est-ce pas ? »

Le Docteur hocha la tête, puis se leva, la tête de Harry appuyée sur son épaule et les bras battant sur les côtés. Il regarda Rose.

« J'attendrai ici jusqu'à ce que tu puisses faire venir quelqu'un d'autre ici. Je ne te laisse pas toute seule. »

Le du tout était sous-entendu. Rose sourit.

« Laissez-moi appeler Javier. Je peux lui faire confiance. »

Elle attrapa son appareil de communication et composa un numéro spécifique, puis le tint devant elle. Un visage apparut à l'écran.

« Commandant ? »

Son ton était confus.

« Javier, prends deux personnes en qui tu as intuitivement confiance et suis ce signal. Apporte un kit complet, démantèlement et destruction. Des kits d'interrogatoire aussi. »

Le visage à l'écran sembla troublé mais ne discuta pas. Il s'éteignit à nouveau et une lumière bleue clignota en haut. Le Docteur s'assit sur le canapé sur lequel Harry avait été allongé, regardant Rose avec un regard indéfinissable. Rose l'ignora, vérifiant à la place l'ancien employé de Torchwood qui était maintenant appuyé lourdement contre le mur, la tête contre le tuyau. Zach leva les yeux vers elle.

« Et bien, qu'est-ce que nous allons faire de toi maintenant ? »

La façon dont elle le dit fit dégluttit Zach. La réputation du Commandant était effrayante. Effrayante et perturbante et elle fit trembler Zach dans ses bottes. Avant tout ceci, l'idée d'être découvert pour travailler avec un alien voulant envahir le monde lui avait donné des cauchemars. Il n'était pas la personne la plus courageuse, il n'était pas le plus intelligent, mais il avait saisi l'opportunité de se faire une part du monde qui l'avait blessé depuis le début. Mais en regardant les yeux dorés troublants qui ne contenaient aucune compassion pour lui, il ne pensait pas que même l'étincelle d'une possibilité en valait la peine.

« Qu-qu'est-ce que vous a-allez faire de m-moi ? » bégaya-t-il.

Rose ne sourit pas.

« Je suis sûre qu'une punition adéquate t'attend. Du retcon, un séjour dans les cellules des souterrains, bien que je puisse aussi juste t'envoyer au centre de remodification. Tu sais lequel. »

Et Zach le savait. Là où les malades mentaux allaient, leur esprit modifié, ils devenaient des personnes entièrement nouvelles. Les défauts étaient supprimés, quelque chose à peine plus humain qu'un robot en sortait. L'identité de quelqu'un était complètement partie. Détruite par des outils chercheurs et des produits chimiques et la promesse d'un meilleur avenir. C'était quelque chose contre laquelle le Commandant avait lutté de tout son pouvoir, et avait protesté quand cela avait été forcé au parlement de la Fédération Unique. Cependant, cela ne l'empêchait pas de s'en servir pour menacer avec. Elle le faisait à présent avec délices.

« S'il vous plaît… s'il vous plaît, pas là-bas. Pas là-bas, n'importe où sauf là-bas, je vous en prie… »

C'était une supplique murmurée qui tira un sourire ironique de la femme en face de lui. Elle repoussa ses cheveux blonds de son visage et se redressa.

« Je ne suis pas suffisamment cruelle pour t'envoyer là-bas, mais je ne suis pas celle qui décide de ta sanction. Ce n'est pas mon enfant que tu as enlevé, Zachary. »

Elle se tourna vers le Docteur.

« C'est le sien. »

Le Docteur croisa les yeux de Rose, les siens élargis par le choc.

« Je… je ne suis pas, non, Rose, non. Je ne peux pas Rose. Tu sais que je ne peux pas. »

Il grimaça.

« C'est pour ça que je ne reste jamais après. Je ne m'occupe pas des conséquences.

— Et regardez où ça vous a conduit, Docteur. »

Le Docteur fronça les sourcils.

« Je ne le ferai pas, Rose. Peux pas, veux pas, peu importe le mot que tu cherches, c'est moi. »

Ils se regardèrent pendant des minutes infinies, puis trois personnes apparurent à la porte. Rose se tourna vers eux.

« Javier, assures-toi que celui-là (elle pointa vers Zach) soit traité de façon appropriée pour trahison. Et lui (un autre geste vers le Zotling inconscient). Et je veux ensuite une vérification systématique, pièce par pièce de tout l'entrepôt. Du sol au plafond. N'importe quelle technologie alien, cordon débranché, tu m'appelles. Je vérifierai. Docteur. »

Elle se tourna et le trouva déjà au delà de la porte et presque aux escaliers. Javier haussa un sourcil et fit un signe de tête en direction du dos du Docteur. Rose courut à travers la porte. Elle le rattrapa à mi-chemin de la prochaine volée d'escaliers.

« Vous connaissez le chemin pour sortir ? » demanda-t-elle.

Le Docteur haussa un sourcil.

« Je suis sûr que je peux le trouver. Je serai dans le TARDIS, dès que tu auras terminé. Isoler Harry est probablement la meilleure chose pour lui. Son esprit est toujours en train de guérir ; il l'a forcé à assimiler trop d'émotions d'un coup. »

Les yeux marrons plongèrent dans les dorés.

« Je serai toujours là, peu importe quand tu termineras. Pour venir ou pour rester, comme tu veux. »

Il se pencha, l'embrassa légèrement sur les lèvres, puis sur le front, et appuya son front contre celui de Rose, et partit, remontant les escaliers avant que Rose n'ait pu dire quelque chose. Elle le regarda partir.

Son Docteur, il était toujours en vie, toujours le même homme têtu qu'il était quand elle l'avait rencontré, distribuant toujours sa compassion comme si c'était un trophée de petite ligue. Elle était heureuse que ça n'ait pas changé.

Mais elle avait changé, elle avait tant changé depuis qu'elle l'avait quitté. Depuis qu'il l'avait quittée, quelque chose d'autre dont elle devait lui parler. Mais à présent, elle devait gérer le nettoyage, la délégation de ses responsabilités et un prisonnier alien rebelle.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Le Docteur trouva assez facilement le TARDIS. Dès qu'ils atteignirent le rez-de-chaussée, le lien télépathique le guida doucement jusqu'à elle. Elle était à un angle d'un square, près d'une fontaine abandonnée. Les portes s'ouvrirent pour lui et il porta Harry à l'intérieur, fermant les portes derrière lui et se dirigeant vers la chambre de Harry.

Tout semblait arriver à Harry, tout ce qui était arrivé de mauvais à ses compagnons, petit Harry de sept ans avait réussi à les battre largement. Enfin, avec quelques exceptions notables, mais ce n'était pas comme s'il était casse-cou ou fauteur de trouble. C'était comme s'il suffisait que le danger le sente venir et c'était parti, Harry avait des ennuis. Il finissait toujours avec des ennuis d'une manière ou d'une autre, et le Docteur ne se sentait jamais mieux en sachant que Harry était toujours en vie.

Il posa Harry doucement sur son lit, prit les petites bottes que Harry avait insisté pour porter et glissa la petite veste qu'il avait trouvée dans la penderie. Il borda les couvertures autour de lui, regarda Harry se blottir à l'intérieur, et soupira doucement. Petit Harry, si imprévisible, si peu attentif envers sa propre vie. A un moment ou un autre, il devrait porter plus d'attention à rappeler à Harry qu'il n'était qu'un enfant, qu'il pouvait être blessé. En ce moment cependant, en ce moment, avec Harry isolé et enfermé et loin de tout danger, il avait d'autres soucis plus pressants. Comme Rose. Rose en vie, Rose incapable de mourir, Rose étant… Rose étant là. Là et solide et il pouvait la tenir.

Rose ayant cent cinquante ans de plus que lorsqu'il l'avait quittée. Le temps avait passé pour lui, suffisamment de temps pour que sa perte ne soit plus une blessure à vif qui lui provoquait une douleur agonisante à chaque fois qu'il la touchait, suffisamment de temps que Harry avait rempli une part de lui qu'il ne savait même pas avoir besoin d'être remplie, et l'avait aidé à guérir, suffisamment de temps pour qu'il ne se tourne pas et s'attende à la voir lui adresser un grand sourire avec sa langue entre ses dents, ses yeux marrons brillants d'amusement et de joie. Mais cent cinquante ans était un long moment. Suffisamment long pour qu'il sache que Rose avait changé. Elle avait grandi, elle avait vieilli, elle était devenue responsable et déterminée et capable de gérer les choses elle-même sans lui. Il ne savait même plus s'il était nécessaire, si elle avait toujours besoin de lui ou avait envie d'être avec lui, s'il était quelque chose de plus qu'un souvenir lointain. La mémoire humaine était vraiment étrange. Il se souvenait de son passé dans tous ses détails, tout, un effet secondaire d'être un Seigneur du Temps. La mémoire humaine était fluide, les détails pouvaient changer et le faisaient ; plus quelqu'un se souvenait de quelque chose, plus ce souvenir changeait.

Il s'installa dans un fauteuil près de la piscine, un livre sur ses genoux, ses yeux ne lisant pas les mots. Il était venu ici pour voir Rose, pour s'assurer qu'elle avait vécu une vie heureuse, avait aimé, avait continué à vivre. Il n'avait pas pris en compte le fait qu'il arriverait cent ans en retard et la trouverait toujours. Trouverait toujours Rose, protégeant la Terre. Avec même son propre nom, le Commandant. Et ses yeux, dorés et brillants. La même lumière dorée qui émanait du panneau de contrôle du TARDIS, lumière qui indiquait les particules Huon et l'énergie du vortex et bien plus que ça.

Rose ne devait jamais être maudite ainsi, à vivre éternellement une vie sans fin. S'il avait raison, elle survivrait à lui à présent, sans même compter la partie éternelle. Cela l'effrayait, parce que le temps avait une qualité changeante sur tout ce qu'il touchait. Personne n'était jamais le même après avoir été affecté par le temps, et cent cinquante ans changerait n'importe qui. Même Jack Harkness, faussaire extraordinaire, avait changé. Il exigeait l'attention, il connaissait la valeur de la vie, puisque la sienne ne se terminerait jamais, il désirait la mort parce qu'il ne pouvait pas mourir. C'était quelque chose d'effrayant.

Il savait comment le temps changeait une personne. Il avait commencé, exilé sur Terre avec sa petite-fille, un vieil homme hautain et têtu avec un penchant pour regarder de haut les humains. Essayant toujours d'être plus vieux, plus sage qu'il l'était parce que son propre peuple ne le pouvait pas. Maintenant, plus vieux qu'il ne pouvait s'en souvenir (il disait neuf cent ans comme une femme dans la quarantaine disait vingt ans. Il ne voulait juste pas se souvenir), il essayait de cacher les années qu'il avait vécues dans une masse d'énergie et de mouvement et de connaissances et de soif insatiable pour l'aventure. Avec Harry, il avait quelqu'un à qui montrer l'univers. Quelqu'un avec qui le partager, quelqu'un qui le chérirait parce que c'était sa maison, l'univers entier était sa maison. Il y avait des leçons à tirer au sujet d'influence corruptrice ici, le savoir que Harry ne serait sans doute jamais satisfait par une vie stationnaire sur une planète, la possibilité qu'il meurre jeune, mais avec ces grands yeux verts, il ne pouvait s'empêcher de lui montrer l'univers dans toute sa magnificience.

Maintenant il était de retour sur Terre, de retour dans un univers parallèle où Rose était immortelle et pouvait à nouveau voyager avec lui, et il sentait le blâme reposer entièrement sur ses épaules. Rose avait été affectée par le vortex temporel bien plus qu'elle ne l'avait dit. Cela n'était pas visible, tout d'abord, mais personne ne pouvait contenir autant de pouvoir dans son corps, contrôler autant d'énergie, sans être changé à un niveau fondamental. Sur les épaules d'un lui avec de grandes oreilles et un grand nez, qui portait une veste en cuir noir et des jeans serrés, qui avait juste trouvé un rayon de soleil après des années de tourment et l'avait pris pour lui.

Il était toujours assis près de la piscine quand une main chaude, féminine, se posa sur la sienne. Il leva les yeux vers des yeux dorés et essaya de ne pas afficher sur son visage les émotions qu'il ressentait. Il avait de toute évidence échoué car Rose soupira doucement et se recula, puis l'attira dans un câlin.

« Docteur, quand est-ce que vous arrêterez de vous reprocher des choses que vous ne pouvez pas contrôler ? » demanda-t-elle, presque comme si elle n'attendait pas de réponse.

Bien, parce qu'il n'avait pas de réponse pour elle.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Rose avait pris le temps nécessaire pour parler seule avec Javier, loin des oreilles traînantes de ceux qu'il avait emmenés avec lui. Il la regarda sérieusement, ses yeux noirs vides. Rose l'appréciait pour ça, son sérieux et son engagement pour le devoir. Cela avait fait de lui le directeur opérationnel de Torchwood, puisque Rose ne pouvait et ne voulait être dans aucun document gouvernemental.

« Commandant, vous partez, donc ? »

Javier n'était donc pas surpris. Rose hocha la tête.

« Oui. Je vais te transférer le contrôle de toutes les opérations de Torchwood, la carte de sécurité et la grille de toutes les bases de Torchwood dans le monde. Les directeurs des bases asiatiques et américaines t'envoient déjà leurs rapports, les bases africaines, australiennes et antartiques seront notifiées du changement de commandement. »

Les yeux de Javier s'écarquillèrent imperceptiblement, puis il hocha la tête.

« Est-ce que vous reviendrez à un moment dans le futur ?

— Non. J'en doute. Je te fais confiance pour gérer les choses ici. »

Javier eut un mince sourire.

« Je ne doute pas que Torchwood y perdra sans vous, mais nous pouvons nous occuper des affaires ici sans problème. Nous devons sans doute juste trouver une nouvelle frappe forte pour le terrain. »

Il haussa un sourcil.

« Ou une équipe. »

Rose sourit.

« Tu auras aussi besoin de vérifier les origines de tout le monde dans le complexe et de tout les employés que tu embauches. Je vais faire mes propres vérifications avant de partir et je t'enverrai les résultats avant que je verrouille mon poste.

— Je suppose que vos bureaux seront verrouillés pour une future utilisation ? »

Rose agita une main négligeante :

« Non, je ne reviendrai pas, ce serait un gachis de place. Tu peux en prendre le contrôle ou les attribuer à quelqu'un d'autre, mais ne les laisse pas prendre la poussière. Ils m'ont bien servie.

— Je comprends Commandant, et si je peux me permettre, est-ce que je peux vous demander votre nom, puisque vous ne reviendrez pas ? »

C'était quelque chose qu'il s'était demandé pendant des années, depuis qu'il avait été engagé et que la femme d'apparence jeune l'avait désigné comme second en chef sans même une présentation. Tout le monde lui avait dit qu'elle était le Commandant. Rose afficha un grand sourire sincère, un qu'il n'avait jamais vu auparavant. Ses yeux s'éclairèrent.

« Rose. Mon nom est Rose. Quelqu'un dans cet univers doit se souvenir de la famille Tyler, puisque je ne serai plus ici. »

Les yeux de Javier s'agrandirent :

« Les Tyler ? Rose Tyler, vous êtes Rose Tyler ? »

Voilà qui était comme un coup de pied au derrière. Rose Tyler, l'héritière depuis longtemps perdue de la fortune de la famille Tyler, que l'on croyait en train de vadrouiller à travers le monde (ou du moins ses descendants), Commandant de Torchwood. Rose sourit et hocha la tête.

« Je te laisse finir le travail ici. Je vais m'assurer que les codes de sécurité soient envoyés sur ton bureau, ainsi que les dossiers des employés. Au revoir, Javier, et merci pour tout ton travail ici. »

Javier fit un salut et Rose sourit légèrement.

« Pas besoin de ça.

— Vous avez sauvé la planète suffisamment de fois pour le mériter, Comman… Rose Tyler. »

Javier sourit cependant.

« J'ai aimé travailler pour vous. »

Rose hocha la tête. Puis elle partit, sortant et remontant à la surface, retrouvant son chemin vers le quartier général et vers son bureau.

Harry avait emballé le peu qu'elle avait (le petit monstre avait même emballé ses sous-vêtements, elle constata avec un sourire sur le visage). Il avait manqué le compartiment secret au dessus de son lit, où elle gardait les objets d'avant, quand sa famille était en vie, quand elle avait voyagé avec le Docteur. Son téléphone, qui fonctionnait toujours. Il avait été bien utilisé, ses photos souvent regardées, les boutons n'affichant plus aucun nombre. Un appareil photo, une nouvelle batterie le gardait opérationnel. Il contenait des photos de sa famille, Tony et son partenaire Jeff, leur fille adoptive Kelly (elle était morte avant d'avoir des enfants, un accident de voiture). Sa mère et son père, la métacrise du Docteur, puis des photos de son Docteur, ses deux visages. La mémoire de ce modèle avait été étendue avec l'amélioration de la technologie, et les milliers de photos avaient été regardées et aimées et imprimées de nombreuses fois. Finalement, alors que les souvenirs se faisaient pressants, elle rangea l'appareil photo.

Son sweat-shirt rose, maintenant gris avec l'âge. Des petits objets qu'elle avait dans ses poches de ses moments sur différentes planètes, à différentes époques. Elle les rangea à l'intérieur des deux sacs qu'elle avait. Puis elle refit les vérifications d'origine, vérifia plus profondément, envoya les résultats au poste de Javier avec un e-mail crypté avec les mots de passe. Cela lui prit dix minutes pour terminer. La technologie était devenue facile et rapide à utiliser avec les années, quelque chose qu'elle trouvait à la fois intriguant et ennuyant. Quand on avait tout le temps du monde, on comptait sur certaines choses pour ralentir. Quand les ordinateurs commencèrent à fonctionner efficacement environ soixante-dix ans plus tôt et ne firent que s'améliorer en vitesse, elle avait du trouver d'autres moyens de remplir ses journées.

Alors que les lumières s'éteignaient et que Rose était debout dans l'ascenseur, regardant son bureau se fermer, elle ne put que ressentir un soupir de soulagement. Après tout ce temps, toute cette attente, regardant les étoiles encore inatteignables et désirant les voir à nouveau, faire quelque chose, n'importe quoi plutôt que rester sur cette terre où plus personne ne la connaissait, et où elle ne connaissait plus personne non plus, elle partait. Et elle partait avec le Docteur.

Le TARDIS n'était pas difficile à trouver, une cabine de police bleue se détachait des rouges et des jaunes brillans et des verts purs et des blancs des bâtiments, et le fait qu'elle était appuyée contre la pierre noire d'un monument dédié à ceux perdus lors de la Troisième Guerre Mondiale la rendait encore plus facile à trouver. Rose batailla avec la clé, tremblante, et ouvrit la porte.

La brillante pulsation de lumière la fit se reculer brusquement, et elle se tint à la rambarde de métal froid qu'elle n'avait pas senti en un siècle et demi. Une chanson chaleureuse emplit son esprit, ses oreilles résonnèrent avec ce non-son, ses yeux clignèrent pour éloigner les larmes et les étincelles et la lumière. La porte se ferma derrière elle et elle put entendre la présence bienvenue du TARDIS, lui disant qu'elle était à la maison.

Elle tomba presque sur le sol du métal juste là. C'était si bon d'être à la maison, c'était si bon d'être de retour dans le seul endroit où elle s'était sentie vivante. Tout son être semblait à nouveau complet, comme si elle avait manqué une part d'elle-même et qu'elle ne l'avait pas su avant qu'elle ne soit remplie.

Elle caressa le tableau de contrôle avec amour, puis demanda :

« Tu peux m'aider à trouver le Docteur ? »

Le TARDIS laissa l'image de la bibliothèque emplir son esprit et elle sourit.

« Merci vieille fille. Tu es merveilleuse. »

Le TARDIS ronronna de contentement. Rose lui avait manqué aussi.

Sans hésitation, Rose parcourut les couloirs jusqu'à la bibliothèque, sachant exactement où elle se trouvait. C'était comme si le TARDIS ne voulait pas qu'elle se perde, voulait qu'elle le trouve. C'était probablement vrai. Rose sourit. La porte était ouverte, les rangées et rangées de livres autour et à côté d'une immense piscine. Le TARDIS commençait à être aussi excentrique que le Docteur, une piscine dans une bibliothèque. Ou une bibliothèque dans la salle de baignade. Peu importe.

Le Docteur était assis, regardant un livre sans le lire, les yeux troublés et pleins de dégoût de soi-même, les mains pliées sous son menton. Rose soupira. Il se reprocherait toujours ce qui arrivait, aurait toujours l'impression qu'il était celui à blâmer pour les maux de l'univers, tous les maux.

Elle avait espéré que Harry l'avait débarrassé de cette habitude, mais apparemment, le petit gamin n'y était pas encore arrivé. Il était plongé si profondément dans ses pensées qu'il ne la remarqua pas avant qu'elle pose une main sur la sienne. Il leva les yeux vers elle, et elle pouvait voir la haine et la douleur et la peine sur son visage comme s'il les avait inscrites avec un marqueur indélébile. Elle soupira. Un seul remède possible pour ça. Elle le fit se redresser, surprise de la facilité avec laquelle il suivit ses gestes, et l'entoura de ses bras. Elle sentit ses bras l'entourer, la serrer comme si elle pouvait se briser. Elle soupira dans sa poitrine.

« Docteur, quand est-ce que vous arrêterez de vous reprocher des choses que vous ne pouvez pas contrôler ? »

Il ne répondit pas, ce qui était une réponse suffisante. Elle recula légèrement, le regardant directement.

« Ce n'est pas de votre faute, le fait que je sois… impérméable à la mort. »

Elle sourit avec ironie.

« J'ai eu le temps de m'y habituer. Suffisamment de temps pour que rien de ce que vous pouvez vous reprocher ne puisse changer les faits. Ça s'est passé, c'est terminé. »

Les yeux du Docteur s'embuèrent.

« Mais je suis la raison pour laquelle tu étais coincée ici, Rose. Pour laquelle tu as du vivre seule. »

Rose soupira.

« Et nous parlerons du fait de m'avoir abandonnée dans un instant, mais je comprends. Vraiment, je comprends. Je peux ne pas aimer ça, et je peux avoir passé une décennie à envoyer des fléchettes enflammées sur votre photo, mais je comprends pourquoi vous m'avez laissée. D'une manière bizarre, Docteur-esque. »

Elle sourit.

« Vous m'avez laissée avec un vous, un Docteur. Il n'était simplement pas vous. Pas vraiment. Trop de Donna mélangée à une personnalité volatile et qui ne pouvait pas rester en place plus de cinq minutes. Personne n'a été surpris quand il est mort. Nous étions plus surpris qu'il ait vécu si longtemps. Il ne pouvait pas se poser, mais vous ne pouviez pas le savoir. Et ne commencez pas la tangeante du j''aurais du le savoir. Vous n'êtes pas omniscient. De ce dont je me souviens, vous êtes plutôt idiot sur certaines choses la plupart du temps. »

Rose soupira, regarda à nouveau le Docteur.

Le Docteur ne savait pas vraiment quoi dire. Rose avait cet effet, avait toujours eu cet effet, cette aptitude à le rendre muet avec des mots. Il ne put rien faire d'autre que la serrer contre lui, serrer son étreinte, et juste la sentir dans ses bras. La tête de Rose se glissa sous son menton, les bras autour de sa taille, les cheveux, couleur de miel et bouclant en dessous des épaules, chatouillèrent son nez. Le coeur battait de façon rassurante contre sa poitrine, le souffle caressait son omoplate, les doigts se resserrèrent dans son dos, se serrant autour de la veste de son costume.

« Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter quelqu'un comme toi ? Toi et Harry, tous les deux. »

Sa voix était douce et pleine d'émotions. Rose sourit.

« Vous étiez juste vous, Docteur. Rien de plus, rien de moins. C'est tout ce que vous avez besoin d'être. Harry a besoin d'un père, et vous voilà, plein d'énergie et de connaissances et deux coeurs suffisamment grands pour l'univers. Quand vous m'avez emmenée, j'avais besoin d'aventure, d'excitation, de quelque chose de différent. Et vous étiez là, habillé de cuir et avec des yeux bleus tristes et une boite bleue qui voyageait dans le temps et dans l'espace. »

Elle se recula légèrement, mais pas beaucoup, le Docteur ne l'aurait pas laissée s'éloigner trop, et leva la tête pour qu'elle puisse le regarder de près.

« Et je suis tombée amoureuse de cet homme fou aux grandes oreilles et aux yeux bleus. Puis il a changé, un intello maigre avec des rayures et des tennis et tant d'énergie et d'excitation et de sourires et de rire, mais toujours un homme fou dans une boite. Et je l'ai aimé aussi. »

Elle glissa une main dans les cheveux bruns hérissés.

« Et s'il pouvait un jour se pardonner, cet homme fou avec sa boite bleue pourrait s'aimer à nouveau. »

Le Docteur cligna lentement des yeux, ses yeux sombres embués. Comment avait-il pu vivre sans cette femme merveilleuse avec ses yeux connaisseurs et son coeur plein d'amour et tout ? Rose, sa Rose qui l'aimait peu importe qu'il ait complètement foiré ou combien de fois il les avait fait atterrir en prison ou peu importe ce qu'il faisait, elle l'aimait. Est-ce qu'elle l'aimait toujours, est-ce qu'elle pouvait toujours l'aimer ? Est-ce que cent cinquante années avaient émoussé ses émotions ? Il la regarda.

« Est-ce que tu as toujours besoin de moi ? » demanda-t-il doucement, le coeur dans la gorge.

Il regarda partout sauf son visage. Il l'entendit rire doucement.

« Docteur, le jour où je n'ai plus besoin de vous est le jour où je meurs, et puisque ça ne va pas arriver de si tôt, vous allez simplement devoir vous habituer à moi. »

Elle pencha la tête.

« Et vous ? Ça fait combien de temps pour vous ? »

Elle plissa les lèvres.

« Pas autant de temps que j'ai du attendre, vous n'auriez pas gardé le même visage. Mais combien de temps ? »

Le Docteur soupira, et réflechit. Il ne se trompait jamais sur les année, pas les années depuis que Rose était partie. Son âge, oui, il l'oubliait volontairement, mais le temps depuis que Rose était partie, il ne l'oublierait jamais. Comment pourrait-il ? Il l'avait regardée voler vers le vide, presque disparaître à l'intérieur, son père la rattrapant à la dernière minute. Elle avait presque disparu dans la noirceur du rien, et il avait senti ses coeurs s'arrêter, sursauter, tressauter et repartir quand elle avait été sauvée. Puis elle était revenue, des années plus tard pour lui, seulement quatre pour elle, et il avait senti ses coeurs battre à nouveau, faisant circuler le sang consciemment, avait sursauté quand elle s'était tenue là, arme à la main, cheveux blonds, yeux marrons, lèvres rouges, et puis il l'avait laissée sur cette plage à nouveau. Et maintenant, elle était là, cent cinquante ans plus tard pour elle, et pour lui :

« Trente sept ans, cinq mois, quatre jours, trois heures et dix minutes. » dit-il doucement.

Rose cligna des yeux, soupira et sourit.

« Parfois j'oublie que vous avez le temps courant dans votre cerveau, puis vous savez combien de minutes se sont écoulées depuis la dernière fois où on s'est vus et ça revient. »

Elle se dressa sur la pointe des pieds, face à face avec lui.

« Et bien, Docteur, suffisamment de temps pour savoir que, peu importe combien de temps ça fait, j'aurais du vous embrasser quand j'avais vingt ans et étais naïve. »

Et elle appuya les lèvres contre les siennes doucement, la main s'enroulant autour de sa cravate pour le serrer contre elle.

Le Docteur sentit ses coeurs s'envoler et chanter et possiblement le ronronnement ravi du TARDIS en fond. Le baiser dans la chambre de Rose avait été un rappel déséspéremment nécessaire que l'autre était là, physiquement. Ça, c'était quelque chose qui, dans n'importe quel film, serait accompagné de feux d'artifice ou de vagues sur une plage ou une autre scène à l'éclairagement mièvrement romantique. Là, cependant, dans une bibliothèque/piscine, dans une petite boite bleue, cela ne pouvait être autre chose que ce qu'ils avaient attendu depuis des années.

Ils respirèrent ensemble, les mains immobiles, ne tirant pas sur les vêtements ou les cheveux, ne cherchant pas désespéremment de la peau. Rose avait la cravate du Docteur dans une main, l'autre autour de son cou. Le Docteur faisait courir les doigts d'une main dans les mèches douces, l'autre posée dans le creux de son dos. C'était en contraste avec les baisers rapides et entêtants, doux et durs à la fois, des dents mordillant et la langue apaisant, le fait que l'une avait oublié le dentifrice ce matin et l'autre avait étrangement le goût d'ail et de spaghettis (le choix de nourriture du jour de Harry pour le petit-déjeuner) n'avait aucune importance. Juste le contact physique, la pression des corps et des bouches et la chaleur et le froid et le battement des coeurs était tout ce dont ils semblaient avoir besoin pour le moment.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est une fin ~~~~~~~~~~~~~~


Note de la traductrice :

J'ai eu du mal avec le tutoiement et le vouvoiement. J'ai découvert que dans la version française de la série, Ten vouvoie tout le monde, et tout le monde le vouvoie. C'est pour ça que Jack et lui se vouvoient. Mais dans mon premier chapitre, Rose et lui se tutoient, et dans ce chapitre, j'ai du mal à imaginer qu'un homme sachant à la minute près depuis combien de temps il n'a pas vu une fille, et qui en est suffisamment amoureux pour faire tout ce qu'il a fait pour elle, la vouvoie. Surtout avec les baisers qu'ils s'échangent dans le chapitre et les allusions de Harry (la cravate du Docteur dans la chambre de Rose). Donc il tutoie Rose dans cette fic. Et Rose le vouvoie encore parce que, comme elle dit, elle n'était qu'une gamine de vingt ans à l'époque, face à un être bien plus âgé et expérimenté. Mais au fil de l'histoire, je ne sais pas encore quand, elle va certainement passer au tutoiement, pour correspondre au premier chapitre et à l'approfondissement de leur relation.