Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole
Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33, en cours
Nombre de chapitres traduits : 14
Chapitre 11 : Où les conséquences deviennent évidentes
~~~~~~~~~~~~~~ Voici le début ~~~~~~~~~~~~~~
Un moment décidément interrompu par le couinement d'un petit enfant. Le Docteur et Rose se séparèrent, l'un soupirant et l'autre souriant.
« Harry va devoir apprendre à frapper avant d'entrer dans les pièces. » dit le Docteur avec fermeté.
Rose sourit.
« C'est un gamin, quel est le pire qui peut arriver ? »
Le Docteur leva un sourcil.
« Son oncle est Jack Harkness. Il a accès et sait comment utiliser la plupart des différentes technologies utilisées pour prendre des photos dans à peu près trois douzaines de formats différents et sait comment envoyer ces images à Jack Harkness. Je préférerais que ce Capitaine n'obtienne pas certaines d'entre elles. »
Rose rit.
« Vous devenez prude avec votre grand âge, Docteur ? »
Les oreilles du Docteur rougirent.
« J'aimerais garder ma dignité intacte, merci beaucoup. Et qu'est-ce qui t'est arrivé, qu'est donc devenu le rougissement ? »
Rose haussa une épaule et sourit.
« Après avoir du faire face à une armée d'invasion de boules de fourrure géantes, roses et gigotantes habillée de rien d'autre qu'une serviette, on perd en quelque sorte une partie de sa modestie. »
Rose regarda le Docteur de haut en bas.
« Et bientôt, je vais faire en sorte que la seule chose que vous porterez sera cette cravate. »
Le Docteur rougit légèrement, mais eut un sourire narquois.
Harry passa la tête par la porte.
« Papa, Rose, vous avez fini de sucer les organes internes de l'autre à travers votre bouche ? » demanda-t-il, les yeux fermement clos.
Rose rit.
« Oui, Harry, on a fini. Est-ce que tu vas bien ?
— Ça va. Le mal de tête est parti et tout. Tout va bien. Bref, Papa, ce journal de Rassilon, les dernières pages, tu les as lues ? »
Le Docteur fronça les sourcils et inclina la tête avant de la secouer. Harry soupira.
« Elles mentionnaient quelques complications concernant le tunnel. Du genre, déstabilisation et cadres temporels et fuite dans les plans universels et l'écran est en train de devenir noir donc j'ai pensé que je devais peut-être te prévenir. »
Harry et Rose regardèrent le Docteur se figer, puis courir hors de la pièce, marmonnant tout bas.
« Bien sûr, bien sûr, comment qu'est-ce que j'ai pu manquer ça ? Comme je suis bête ! J'ai besoin d'un plus grand cerveau ! »
Rose suivit Harry, qui avait suivi son papa et courait dans les couloirs, à une vitesse plus raisonnable. Elle était sûre que quoi qui se passe, cela se passerait toujours quand elle arriverait et elle ne serait pas capable de participer aux mathématiques des hautes dimensions de toute façon.
Les couloirs du TARDIS étaient toujours d'un ton jaune réconfortant, assorti au corail de la salle de contrôle. Ils tournaient et se courbaient et se repliaient toujours dans différentes dimensions et directions. Cela lui avait manqué, cette impression de marcher sans but en rond alors qu'on avançait toujours et qu'on allait quelque part. Il n'y avait pas beaucoup d'endroits où c'était possible, à part dans le TARDIS.
Elle atteignit la salle de contrôle peu après Harry et le Docteur, pour la trouver dans un chaos absolu. Le Docteur se tenait devant le panneau de contrôle, appuyant frénétiquement sur des boutons et tournant des poignées et tirant sur des leviers, tout en criant en direction d'un Harry suspicieusement absent.
C'est ce qu'elle pensa, jusqu'à ce qu'elle vit une paire de pieds dépassant du sol d'où semblaient provenir des cris de douleur et des étincelles. Cela semblait aussi être la direction vers laquelle le Docteur criait. Les mots, cependant, elle n'était pas vraiment certaine de les comprendre.
« Harry ! Tu dois déconnecter les condensateurs de flux et redistribuer le flux positif avec les stabilisateurs dimensionnels et brancher les métamorphoseurs de vortex dans les conduits de réduction spatiale interne ! »
Rose resta contre le mur du fond. La technologie de la Terre du 21ème et 22ème siècle, elle pouvait la gérer sans problème particulier, après avoir eu un siècle avec plein de temps libre pour démonter et remonter des objets et découvrir que ce petit câble juste là pouvait causer une électrocution massive s'il était déplacé. Ce niveau d'ingénierie n'était pas sur son échelle du réalisable. Elle n'avait pas eu un siècle pour le démonter.
Comment Harry savait ce qui allait où, et bien, il avait grandi à bord du vaisseau. C'était seulement logique qu'il reconnaisse les choses. Ce fut ce qu'elle se dit pour tenter de comprendre pourquoi l'enfant de sept ans pouvait manipuler un vaisseau aussi complexe que le TARDIS.
La tête de Harry surgit par dessus la grille. Il lui sourit, le visage couvert de suie et de graisse.
« C'est tout bon, papa, tout est reconnecté, le flux de l'énergie atron doit être distribué parmi les stabilisateurs et manipulateurs dimensionnels, puisque tu as l'air de les avoir oubliés, et les métamorphoseurs de vortex devraient compenser l'erreur dans la fuite du tunnel. »
Le Docteur adressa un grand sourire à l'enfant.
« Brillant, Harry ! Absolument brillant ! Maintenant, voyons voir si nous pouvons la ramener à travers le tunnel avant qu'il ne s'effondre ! »
Rose leva un sourcil.
« Je croyais que vous aviez dit que c'était un tunnel stable. » dit-elle, un soupçon de moquerie dans la voix.
Le Docteur se gratta le crâne avec gêne.
« Oui, et bien, il l'était, jusqu'à ce que je me souvienne que je n'avais pas pris en compte l'absence de stabilisation dans la dimension du vide et l'écoulement du temps. Je veux dire, avant la guerre, le Vide avait été stabilisé pour permettre de voyager entre les dimensions. Les équations que j'ai utilisées ont stabilisé le tunnel mais n'ont pas pu prendre en compte l'espace entre les dimensions parce que personne ne savait ce qu'il y avait là à l'époque. Quand les TARDIS pouvaient voyager de dimension en dimension, cela a pris une équipe entière travaillant avec les équipements les plus avancés pour comprendre l'équilibre précis nécessaire. C'est seulement après qu'ils aient été perdus que les équations et les stabilisateurs sont partis. Je… n'ai pas intégré ça dans les calculs… »
Harry ricana. Le Docteur se tourna vers lui, un sourire fixé sur le visage.
« C'est quelque chose qu'il devait manquer, n'est-ce pas ? dit Harry à Rose.
— Hé !
— Oui, en effet. Toujours en train d'oublier le bon sens, approuva-t-elle.
— Hé ! Je suis juste là ! »
Harry et Rose se tournèrent vers le Docteur, une surprise feinte sur le visage.
« Vraiment ? Je ne t'avais pas vu ! »
Le Docteur ronchonna.
« Et bien, si vous voulez vraiment savoir, on est en train de rentrer, donc je m'accrocherais si j'étais vous. » dit-il en reniflant.
Rose sourit. Harry grimpa dans une des chaises et tira ce qui semblait être une ceinture par dessus son épaule et la cliqua en place. Le Docteur adressa un grand sourire à Rose et elle le rejoignit près de la console. Elle s'agrippa à la rambarde.
« C'est parti ! »
Et il lança un levier.
Le TARDIS roula. Littéralement, sur le côté et le seul qui ne se retrouva pas valdingué de partout fut Harry, qui avait levé ses bras au dessus de la tête et criait de joie. Le Docteur et Rose s'accrochaient à la rambarde et se souriaient.
« Ça m'avait manqué. » cria Rose par dessus le bruit et le vacarme.
Le sourire du Docteur s'agrandit.
Un autre tournant, un sursaut, énorme, et un virage étourdissant avant qu'ils se posent avec un choc pas vraiment doux. De la fumée s'éleva des conduites au sol et les lumières clignotèrent en rouge. Rose et le Docteur, à présent couchés sur la grille, et Harry, se détachant et se précipitant, soupirèrent de soulagement. Jusqu'au cri assourdissant de la sirène qui fit sursauter le Docteur et Rose sur leurs pieds. Harry leur lança un regard méprisant.
« Où sommes nous ? » demanda Rose.
Harry la regarda.
« Terre, 2009, a peu près une heure après avoir déposé Oncle Jack. Le TARDIS s'est rendu par défaut au plus récent arrêt sur Terre, les coordonnées les plus faciles, les plus proches des parallèles. Mais nous avons un autre problème. »
Harry fit un geste vers l'écran.
« Je ne peux pas lire le gallifreyien aussi vite, mais j'ai compris suffisamment pour comprendre que le temps n'est toujours pas complètement stable. Il est devenu tout bancal avec le transfert des dimensions. Il est en train de s'écouler dans cette dimension. »
Les yeux du Docteurs étaient écarquillés, lisant, ses lèvres formant les mots sans bruit. Harry et Rose le regardèrent, puis il sembla revenir à la vie.
« Dehors, dehors, hors du TARDIS ! Maintenant ! Dehors dehors dehors ! »
Harry et Rose furent évacués avec force du TARDIS et le Docteur les suivit rapidement, puis ferma la porte en la claquant. Il s'effondra contre elle. Rose le regarda avec inquiétude.
« Qu'est-ce que c'était que ça ? » demanda-t-elle.
Le Docteur la regarda.
« Sais pas, mais les lumières d'alerte… C'était presque comme si j'avais régénéré et qu'elle essayait de se réparer aussi… Sais pas… Harry ! »
Harry avait les mains appuyées contre la coque en bois et les yeux fermés. Son collier était dans une main.
« Non… Rose, ne le touche pas. »
Rose avait tendu la main pour attirer son attention, mais sa main s'arrêta à quelques centimètres du bras du garçon.
« Qu'est-ce qu'il est en train de faire ? » demanda-t-elle.
Le Docteur soupira.
« Il est, en tout état de cause, en train de parler avec le TARDIS. Ils ont une connexion, à travers la magie de Harry. Ils communiquent, mais Harry doit habituellement être à l'intérieur pour que ça fonctionne correctement. Dehors, il doit avoir un contact physique, et il ne peut pas garder son collier, cela restreint la connexion intrinsèque. Mais il a déjà eu un choc important au cerveau et il n'a pas complètement récupéré. Le TARDIS l'a juste étouffé jusqu'à ce qu'il puisse complètement guérir. Ce qui veut dire… »
Il leva la voix alors que Harry vacillait en s'écartant du TARDIS.
« … il ne devrait pas jouer du tout avec sa magie. »
Harry lui adressa un sourire, puis grimaça en levant une main vers sa tête. Une goutte de sang imita une larme, glissant sur sa joue. Il vacilla.
Le Docteur le rattrapa rapidement et soupira. Les yeux de Harry roulèrent vers le haut pour regarder son père.
« Elle… se répare… le voyage… a bousillé ses systèmes… elle doit… changer… légèrement… verrouillée… pour le moment. »
Ses paroles étaient lentes et hachées, et il prit quelques inspirations légères avant de s'évanouir. Le collier était toujours dans ses mains, et le Docteur le replaça, les boucles dorées étincelantes se détachant nettement de la chemise noire de Harry. Puis il souleva le garçon dans ses bras, le tenant en sécurité contre sa poitrine. Il regarda Rose.
« Torchwood est juste là. Jack va avoir quelque chose pour Harry et vous pourrez rattraper le temps tous les deux. »
Il soupira et baissa les yeux vers son enfant.
« Pourquoi est-ce qu'il finit toujours par se blesser ? »
Rose ricana. Le Docteur la regarda, les sourcils levés :
« Quoi ?
— Tout ce que vous avez à faire est regarder son papa. Je veux dire, toujours en train de courir là où les choses se passent, toujours en danger. La seule raison pour laquelle vous ne vous retrouvez pas étendu par terre à chaque fois est que vous avez un millénaire d'avance sur lui. Harry a sept ans, Docteur, mais il essaie déjà d'être comme vous. Je ne suis pas vraiment surprise, en fait… »
Elle fit une pause.
« Et c'est quoi cette histoire de magie ?
— Salut le TARDIS ! » cria une voix masculine.
Le Docteur et Rose se tournèrent, et un immense sourire s'afficha sur le visage de Rose.
« Vous me raconterez tout ça plus tard, prévint-elle, avant de hausser la voix : Salut Capitaine Harkness ! »
Le son de quelqu'un trébuchant sur ses pieds alors qu'il essayait de courir atteint leurs oreilles, et un grand et bel homme dans un long manteau gris apparut à l'angle. Ses yeux étaient écarquillés, incrédules, alors qu'il regardait la fille blonde.
« Rose ? Rose Tyler ? C'est vraiment toi ? »
Rose lui sourit avec espièglerie.
« Mais vous n'êtes pas parti plus d'une heure… Maudite Machine Temporelle.
— Tu as toujours ce manteau, je vois. Il n'a pas encore explosé ? »
Jack eut un large sourire :
« J'ai une pleine armoire au cas où. » plaisanta-t-il.
Il se précipita vers eux, et la souleva dans un câlin.
« Ça fait trop longtemps. Comment… ? »
Il regarda vers le Docteur, puis vit Harry, du sang coulant sur le visage du garçon, et fronça les sourcils.
« Vous me direz ça plus tard. Ce que je veux savoir est ce qui est arrivé au mioche ici. »
Il leva les yeux au son du tonnerre.
« Dès qu'on sera rentrés au bureau. »
Et il fit demi-tour, tout en prenant Rose par le bras. Le Docteur sourit, Harry ronflant légèrement dans ses bras, et les suivit. Jack discutait joyeusement avec Rose, principalement de choses légères et sans importance qui se limitaient à la météo, mais la prise ferme qu'il avait sur son bras, les regards rapides et incrédules qu'il lui lançait constamment, comme s'il était presque émerveillé de son existence et qu'il vérifiait également qu'elle ne disparaissait pas pendant la seconde nécessaire pour s'assurer qu'il n'y avait pas un mur sur leur chemin… cela n'était pas si différent de l'attitude actuelle du Docteur envers l'étrange et merveilleuse réapparition de Rose dans sa vie. Avec la découverte soudaine d'un livre qui avait conduit à la création d'un étroit passage qui les avaient amenés dans la réalité de Rose où elle était toujours en vie, tout cela semblait trop opportun pour lui, surtout en sachant que l'Univers prenait rarement son parti. Rose et Harry, il pouvait les avoir tous les deux ? Quand est-ce que les choses avaient jamais aussi bien tourné ?
Jack prit le long chemin à l'intérieur du quartier général de Torchwood, la plate-forme descendante. Rose apprécia le chemin vers le bas, malgré la banalité d'exploits technologiques similaires auxquels elle avait accès dans son monde. Elle était plus intéressée par rattraper le temps perdu avec Jack, ce qu'il avait fait, pourquoi il dirigeait toujours Torchwood, comment il le dirigeait et plein d'autres choses. Jack rit alors qu'il affrontait le barrage de questions.
« Je le dirige toujours d'ici, un point central d'informations, vraiment. J'avais avant une équipe, mais enfin, tu sais ce qui se passe avec les agents de Torchwood. »
Elle lui avait dit son propre poste. Rose hocha solennellement la tête.
« L'espérance de vie n'est pas très longue. »
Jack eut un sourire ironique.
« Et comme je ne peux pas mourir, et bien, ça a toujours rendu ce job pourri. »
Rose sourit.
« Je peux comprendre. »
Jack hocha la tête, en souriant, avant de s'arrêter, son esprit retraçant la conversation.
« Hein ?
— L'immortalité craint quand tu diriges une organisation où l'espérance de vie moyenne est de cinq ans, mais ça semble approprié, en fait. Tu ne peux pas mourir, tu peux tout garder sous contrôle. »
Jack plissa les yeux dans sa direction.
« Tu te moques de moi. N'est-ce pas ? »
Rose haussa les épaules.
« Tu ne parais jamais plus âgée ? Je veux dire, je trouve quelques cheveux gris ici et là, je parais légèrement plus vieux. Enfin bon, après quelques millénaires enterré vivant, n'importe qui serait plus vieux, mais quand même.
— Je ne parais jamais plus âgée. Je suis figée dans le temps, en fait, si on résume. Ma structure biologique n'a pas changé en cent cinquante ans, cent cinquante sept ans pour être exacte. »
Le Docteur, qui avait été occupé à poser Harry sur un canapé à proximité et vérifier la condition physique du garçon, leva des yeux écarquillés.
« Qu'est-ce que tu as dit ? » demanda-t-il, de l'incrédulité dans la voix.
Rose le regarda, les sourcils levés.
« Figée dans le temps. Ma biologie n'a pas changée depuis Plate-forme 5 quand j'ai regardé dans le coeur du TARDIS. A peu près au même moment où j'ai ramené Jack, je pense. A peu près le même moment où tout ça est arrivé, en fait. Les seules choses que je peux changer sont ma musculature et mes cheveux. La plupart du temps, je me débarrasse juste de la couleur. Ils n'ont pas poussé depuis tout ce temps. »
Elle pencha la tête, songeuse.
« Je guéris à une vitesse normale, la plupart du temps. Les ongles retrouvent leur forme originale. Si je meurs en étant mutilée, je reviens avec des cheveux blonds peroxydés et des ongles rongés. C'est plutôt irritant. »
Le Docteur la regarda avec de grands yeux, puis regarda Jack, plissa les yeux, regarda à nouveau Rose, et frappa subitement dans ses mains.
« Oh, oui, pourquoi je ne l'ai pas senti ? Oh que je suis bête !
— C'est connu, Docteur. Qu'est-ce qui se passe ? »
Le Docteur ignora Jack et fit un grand geste entre les deux et lui-même.
« Vous savez que j'ai dit une fois que vous étiez une erreur, Jack, puisque vous étiez un fait, un point fixe ? »
Jack hocha la tête en souriant.
« Oui. Ça m'a rendu tout chose à l'intérieur. »
Rose lui donna un léger coup de coude.
« Vous semblez toujours une erreur, d'une façon étrange, mais ce n'est pas mauvais, pas vraiment, juste bizarre. Mais Rose ici, je n'ai jamais eu ce sentiment, jamais. Pas une seule fois. Je veux dire, quelque chose aurait du lui arriver, elle a regardé dans le coeur du Vortex Temporel, même moi j'ai du régénérer, mais aucun effet secondaire négatif, rien, enfin, rien de notable. Pas dans les premiers temps, du moins. Mais maintenant, maintenant que je me concentre, sachant qu'elle est, et bien, immortelle, je peux sentir une différence dans l'énergie temporelle qui circule autour d'elle. Ce n'est pas tant comme une pierre au milieu d'une rivière, comme le bon capitaine ici présent, mais plus comme, et bien, plus comme la rivière, je crois, comme, et bien, comme le TARDIS si je devais lui donner un nom. »
Il resta planté là, la main emmêlée dans ses cheveux, une expression confuse sur le visage. Rose rit :
« Je suis comparée à une machine temporelle ancienne et sans âge. On ne peut pas faire mieux que ça. »
Jack sourit, puis regarda directement le Docteur.
« Maintenant que c'est éclairci, comment Rose est ici, pourquoi la moitié des scanners de Torchwood sont en train de s'emballer et pourquoi Harry est inconscient et en train de saigner des oreilles ? »
Ces derniers mots furent dits alors que Jack se levait et se rendait près du petit garçon. Il s'agenouilla près de Harry, attrapa une petite main dans les siennes et leva les yeux vers le Docteur. Le Seigneur du Temps soupira dans ses mains, appuyé contre le mur.
« Ça a commencé il y a une semaine, environ. J'ai emmené Harry à la Proclamation de l'Ombre, bon sang que ce n'était pas un voyage amusant. »
Il dit ceci avec suffisamment de sarcasme pour rendre son message évident. Jack sourit, Rose rit.
« Enfin, nous avons terminé dans la bibliothèque et Harry a trouvé un journal écrit en gallifreyien, il est dans sa veste pour le moment. »
Jack fouilla dans les vêtements de Harry jusqu'à ce qu'il trouve le livre et le regarda avec de grands yeux. Les cercles et les lignes lui faisaient tourner la tête.
« Oui, ça. C'est le journal de Rassilon, bien avant qu'il soit président de Gallifrey. Avant qu'il y ait des portails stables ou des TARDIS capables de franchir le Vide vers d'autres Univers, et il a exploré cette possibilité dans ce livre. Quand Harry est arrivé aux maths, quelque chose qu'il ne pouvait pas comprendre, il me l'a donné. Vos alarmes se déclenchent parce que j'ai oublié dans ma précipitation de prendre en compte la réaction négative du Vortex Temporel et Spatial se mélangeant au Vide et s'écoulant dans le tunnel que j'ai créé jusqu'à l'univers parallèle. En ce moment, et pour les prochaines heures, il y a un champs de perturbations localisé à environ quinze mètres autour du TARDIS. Et je dois m'assurer qu'il ne s'étende pas davantage ou que personne ne tombe dessus.»
Le Docteur soupira. Jack hocha la tête.
« Et bien, c'est comme ça que Rose est arrivée, mais comment Harry a terminé comme ça ? Ça ne peut pas être juste le voyage, il a vu pire. »
Le Docteur soupira, et garda ses yeux fermement clos, respirant profondément.
« Il a enlevé son collier trop de fois pour que son esprit puisse gérer. »
Une main passa sur un visage fatigué alors que le Docteur retraçait les douze dernières heures, terminant avec l'arrivée de Jack. Jack s'assit et écouta, les yeux papillonnant de temps en temps, puis il regarda Harry.
Rose se tint en arrière et les regarda, regarda Jack avec Harry et le Docteur. Ces deux personnes, hommes, qu'elle n'avait pas vus depuis si longtemps, personnes qui l'attiraient inexplicablement. Jack, tout aussi immortel, de la propre faute de Rose. Le Docteur, dont personne ne savait l'âge, toujours un mystère et toujours quelqu'un auquel elle tenait, qu'elle aimait (cette photo sur laquelle elle avait lancé des fléchettes était quelque part au milieu de ses papiers dans ses sacs). Et maintenant Harry, un enfant, élevé dans le TARDIS par le Docteur, sept ans et essayant déjà de sauver l'univers et d'être comme son papa. Son papa, qui n'était pas quelqu'un à imiter, pensa Rose. Son papa qui finissait toujours dans toutes sortes de troubles dans lesquels un enfant de sept ans ne devait pas être, qui s'en sortait avec son cerveau, du courage, et parfois de la pure chance. Et pourtant, c'était réconfortant, de voir le Docteur aussi heureux, ses yeux brillant de plaisir quand il regardait Harry, étincelant quand il la regardait, si loin des yeux bleus tristes qu'il avait quand il l'avait rencontrée, des yeux marrons surexcités, quelque peu optimistes, quand il s'était régénéré, et cette douleur sans âge quand elle l'avait revu. Il semblait plus heureux, comme s'il avait une raison de vivre, plutôt que simplement compter les secondes jusqu'à un piège mortel dont il ne pourrait s'échapper.
« Donc, qu'allons nous faire avec ces scanners ? »
Elle interrompit la conversation qui commençait à se diriger vers Jack cherchant le Docteur avec des tentatives de séduction, et le Seigneur du Temps levant les yeux au ciel. Ils la regardèrent, et le Docteur se racla la gorge avec gêne. Elle ricana.
« Et bien, je vais devoir utiliser l'équipement ici, puisque le TARDIS est verrouillé. »
Il regarda Jack pour demander la permission, et il la donna d'un hochement de tête.
« Et bien je vais aller jeter un oeil. Rose, tu viens ? »
Rose sourit et hocha la tête. Bien que c'était une expérience étrange, d'abandonner le commandement après l'avoir eu pendant près d'un siècle, c'était aussi un peu de soulagement. Quelqu'un d'autre au pouvoir finirait par l'énerver de la mauvaise manière, mais pour le moment, elle appréciait de ne pas avoir à prendre la première décision.
Jack tint la petite main fraîche pendant quelques instants de plus. Harry était une si petite personne. Il ne semblait pas aussi petit, pas quand il parlait et courait et riait.
Il posa une main sur la joue de Harry, s'émerveillant de sa petite taille, de la petite taille de sa joue. Sa main pouvait couvrir presque tout le visage de Harry, et la main de Harry, selon l'estimation de Jack, pouvait tenir confortablement dans sa paume, les doigts tendus et tout. Harry était si petit, tant de vie dans un si petit corps.
Un corps qui finissait inconscient et blessé plus de fois qu'il ne l'aurait aimé, particulièrement pour un enfant de sept ans.
« Tu connais Harry depuis un moment, n'est-ce pas ? »
Jack se tourna rapidement, surpris. Rose se tenait debout derrière lui, appuyée contre la rambarde, les mains croisées sur sa poitrine et un sourire sur le visage.
« Fais plus de bruit la prochaine fois, veux-tu ? » demanda-t-il.
Rose eut un grand sourire.
« C'est un art que j'ai aimé perfectionner. » dit-elle.
Jack s'esclaffa.
« Ça ne m'étonne pas de toi. Oui, je connais Harry depuis un moment. Il avait environ trois ans. Quatre ans pour lui. »
Rose hocha la tête.
« Pour toi ? »
Jack leva un sourcil.
« Pas vraiment plus, en fait. Je reviens ici seulement sporadiquement, habituellement pour m'assurer que la Grande Bretagne n'est pas submergée d'aliens ou autres. Pour le moment, je réorganise une équipe. Cardiff en a besoin d'une sur la faille, je ne peux pas vagabonder sans quelqu'un ici, mais je me sens toujours coupable de les laisser seuls. »
Rose hocha la tête à ses mots. Elle aurait probablement ressenti la même chose, elle en était sûre.
« Ils apportent beaucoup de vie avec eux, n'est-ce pas ?
— Suffisamment pour remplir la galaxie et plus encore, sourit Jack. Est-ce que la vie n'est pas triste quand ils ne sont pas là ? »
Rose rit :
« Tu as intérêt à le croire. »
Jack sourit, puis soupira :
« Mais Harry finit trop souvent blessé à mon goût, particulièrement pour un enfant de sept ans. »
Rose renifla :
« Regarde son Papa. Ce n'est pas surprenant. »
Jack inclina la tête :
« Comment ça ?
— Tu connais le Docteur, toujours en train de courir dans des situations dangereuses dès qu'il peut, comme il peut, si c'est pour sauver quelqu'un. Il n'a pas changé, pas d'un iota, peu importe le temps qui s'est passé. Et Harry est toujours avec lui, toute sa vie, aux côtés de cet homme dingue. Il essaie juste d'être comme son papa. Tu étais pareil quand tu étais gamin, je parie, en train d'essayer d'être comme un de tes parents. Je sais que j'ai passé une partie de mon enfance à vouloir être juste comme ma maman. J'ai dépassé cette phase. » dit Rose.
Jack ricana, mais il hochait la tête.
« Je vois ce que tu veux dire. Tous ceux qu'il a eu comme compagnons avant étaient suffisamment âgés pour prendre soin d'eux sans avoir le Docteur avec eux, avaient déjà grandi, hein ? »
Rose hocha la tête.
« Tous, sauf le petit Harry ici, qui a été élevé par lui. Est-ce que tu peux imaginer ça, être élevé par le Docteur ? Je l'aime énormément, mais une figure paternelle ? Ce n'est pas la personne la plus responsable. Quand je l'ai rencontré, il attendait juste que quelqu'un le tue. Je suis heureuse qu'il ait dépassé cette envie. »
Jack soupira.
« C'est revenu, après que tu as été piégée dans l'univers parallèle. Quand je l'ai rencontré à nouveau, c'était comme s'il essayait toujours de trouver sa mort. »
Il plissa le nez.
« D'ailleurs, qu'est-ce que notre cher Docteur est en train de faire avec mon équipement ? »
Rose haussa les épaules.
« Je n'en ai aucune idée. Il a commencé sur ce qui ressemblait à un ensemble d'ordinateurs programmés pour surveiller la faille, puis il a sortit son tournevis sonique et a commencé à le démonter. Puisque je n'allais de toute évidence rien ajouter de constructif, je suis revenue pour te demander ce que tu savais sur la magie de Harry. Maintenant, cependant, ça fait vingt minutes qu'il a commencé, et il n'y a toujours pas eu d'explosion, donc ça va arriver d'une seconde à l'autre…
— ROSE ! JACK ! VENEZ ! ON A UNE FAILLE TEMPORELLE À FERMER ! »
Le cri fut immédiatement suivi d'une explosion, de quelque chose d'électronique étincelant hors de contrôle. Rose sourit.
« Juste à temps. Et bien, Capitaine Jack, voulez-vous bien être mon escorte pour aller sauver le monde ? »
Elle tendit un bras. Jack sourit, embrassa le front de Harry et hocha gracieusement la tête :
« Certainement, Dame Rose, et puis-je me permettre de dire que vous êtes resplendissante pour aller sauver le monde. »
Ils gloussèrent en remontant le couloir, et Harry continua à dormir, guérissant lentement.
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« Donc, Docteur, vous avez compris ce qui a déclenché les scanners ? »
Jack s'appuya contre le mur à côté de la console informatique que le Docteur avait démontée.
« J'espère que vous pouvez remonter ça. Le matériel est cher. »
Le Docteur agita une main désinvolte.
« Ça marche mieux maintenant, de toute façon. Et oui, j'ai compris ce qui avait déclenché les scanners. Quand nous sommes revenus dans cet univers, l'instabilité du vortex dimensionnel que nous avons créée a aussi perturbé le flux du champ temporel qui est déjà légèrement désynchronisé avec la ligne de temps principale de la zone, mais c'est causé par la dimensionnalité de la faille… »
Jack et Rose regardèrent le Docteur babiller pendant quelques minutes, digressant sur la faille et quelque chose concernant la cristallisation du temps, avant que Rose intervienne et fasse se retourner le Docteur en le levant, et l'embrasse. Le Docteur se figea.
Ce n'était pas un baiser destiné à faire monter la température, mais plus une manière pratique de faire taire le Docteur. Cela ne gâchait rien que ce soit le Docteur. Jack rit et applaudit.
« Quo… ? »
Rose souffla.
« Nous n'avons pas vraiment compris pourquoi les scanners hurlent et vous avez commencé à parler d'échardes de temps. C'était un moyen facile d'attirer votre attention. »
Elle haussa les épaules. Le Docteur la regarda pendant que Jack riait en arrière-plan.
« Est-ce que je peux tenter ma chance la prochaine fois ? » demanda le capitaine derrière Rose.
Le Docteur lui lança un regard noir indigné mais Rose se contenta d'un sourire victorieux, son regard acéré. Jack rit un peu nerveusement.
« D'accord, donc, sans doute pas.
— C'est bien ce que je pensais. Enfin, Docteur ? »
Le Docteur semblait légèrement étourdi, avant de secouer la tête et de cligner les yeux plusieurs fois.
« D'accord, et bien, qu'est-ce que je disais…
— La version humaine, plus courte, qui n'implique pas des mathématiques à cinq dimensions. » l'interrompit Rose en souriant.
Le Docteur fronça les sourcils, puis hocha la tête :
« Et bien, ce qui s'est passé est que l'instabilité du portail a aussi affecté la faille, et la faille est une déchirure dans l'espace-temps. Le portail est connecté au vide, ce qui est essentiellement rien, bien qu'il y ait beaucoup de débats sur ce qu'il y a réellement là-bas, mais pour le moment, rien fonctionne. Enfin, ce rien s'écoule dans la faille, et est en train de déformer le trou dans l'espace-temps et d'en tirer des choses, ou de l'emmener ailleurs, ou quelque chose. Je ne suis pas encore vraiment sûr de ce qui se passe physiquement, mais, bon, ce n'est pas bien. »
Rose et Jack échangèrent un regard, puis Jack se poussa du mur.
« Vous savez, vous réussissez toujours à apporter autant de trouble que possible à chaque fois que vous arrivez quelque part. Est-ce que cette instabilité affecte les personnes dans la zone ? »
Le Docteur piétina un peu :
« Et bien, elle le fera, bientôt. Le Temps Cristallisé a souvent un effet néfaste sur les gens, les figeant sur place, arrêtant leur histoire entière, effaçant des choses, mais on n'en est pas encore là. »
Il fit une pause.
« Je pense, ce qui est la raison pour laquelle on doit y aller maintenant. Je dois accéder à vos stocks, Jack, là où vous conservez toutes les technologies aliens. »
Jack le regarda intensément, puis agita une main derrière lui.
« Dans mon bureau, prenez les escaliers qui descendent jusqu'au sol de pierre. Tout est en bas. Mais assurez-vous de vous souvenir de ce que vous prenez ! Je dois en garder la trace… attendez, arrêtez ! Le registre est derrière… ah, diable, il n'écoute même pas, n'est-ce pas ? »
Rose gloussa.
« J'en doute. Mais pendant qu'il est occupé à construire un étrange appareil pour fermer le… peu importe ce qui est ouvert, tu peux répondre à quelques questions pour moi. »
Jack déglutit. Rose l'immobilisa du regard. Le regard doré, elle le savait, avait brisé de nombreux suspects endurcis et faisait trembler les employés de Torchwood et leur donnait envie de se diriger droit vers la porte. Jack le supporta légèrement mieux que la plupart, mais il finit par soupirer.
« Vas-y. Pose tes questions. »
Rose eut un sourire triomphant.
« La magie. Le Docteur a mentionné que Harry avait de la magie. Que voulait-il dire ?
— Et bien, tu commences facilement. Harry, de ce que j'ai compris et vu, est capable de manipuler mentalement ce que le Docteur appelle l'énergie psionique, ou quelque chose de très similaire, bien que ce ne soit pas vraiment de la même manière que les autres espèces avec des qualités semblables. Son peuple, le peuple magique, peut faire à peu près tout ce qu'il veut avec de la volonté, des mots, et un mouvement particulier de leur baguette ou, s'ils sont suffisamment puissants et ont suffisamment de concentration, juste par la volonté. »
Rose cligna des yeux et haussa un sourcil.
« Donc, les magiciens qui agitent leur baguette ne sont pas qu'un conte de fée ?
— Nan. Harry en est la réalité. Juste, sans la baguette, de ce que j'ai compris. Pas qu'il en ait toujours besoin. »
Rose hocha la tête à cela.
« Et la chaîne dorée autour de son cou. Ce n'est pas fabriqué sur Terre, et ça semble contrôler sa capacité à ressentir les émotions. Qu'est-ce que c'est, et est-il né avec cette aptitude ? »
À ça, Jack eut un profond soupir.
« Une autre question directe. Juste un… peu plus difficile à répondre. Il y avait une planète, le Docteur connaît les détails, apparemment il y avait un mauvais historique entre lui et le dirigeant. Donc Zeus, oui, oui, Zeus, a enlevé Harry comme punition. A fait quelque chose à son cerveau et son système nerveux qui a vraiment brisé quelque chose en lui. Je n'ai jamais vu le Docteur aussi en rage qu'à ce moment-là. »
Jack déglutit.
« Il… Je pense, de ce que j'ai compris de la situation, le Docteur les a essentiellement jetés dans une dimension en dehors de la nôtre, pour les effacer de l'univers. C'était…. et bien, terrifiant est un mot adapté. »
Rose regarda en direction de Harry endormi.
« Un enfant de trois ans. Trois, trois ans, et ils… »
Elle ne put finir sa phrase. Elle inspira profondément, sachant qu'elle ne pouvait plus rien faire à ce sujet à part l'accepter et avancer. Cela ne voulait pas dire qu'elle n'était pas furieuse.
« Pourquoi le Docteur a emmené Harry avec lui ? » demanda-t-elle finalement.
Jack haussa les épaules et sourit.
« Sais pas. Tout ce que je sais est que ses parents biologiques ont été tués alors qu'il avait à peine un an, et le Docteur a d'une manière ou d'une autre eut sa garde. Peu importe la raison, ça lui a fait du bien, l'a rendu plus heureux, plus sain, l'a sauvé, c'est ce que Harry a fait. Je me souviens de lui après que tu aies été piégée, et après qu'il t'ait abandonnée à nouveau. Il s'épanouit avec les personnes autour de lui, ils agissent comme un tampon entre lui et lui-même, tout ce qu'il peut faire pour s'empêcher de vivre dans le passé. Mais toi, Rose, tu l'a changé. Je ne m'en suis pas rendu compte dans un premier temps, pas quand il avait ces grandes oreilles et ces yeux bleus, mais après, après que tu sois partie, il a perdu quelque chose, quelque chose de très très important pour lui. Il était effrayant, Rose. Effrayant et dangereux et avec un véritable désir de mourir. Et maintenant, maintenant, il a Harry, le gamin qui le fait sourire lui et à peu près n'importe qui autour. Tu es aussi de retour. Je parie qu'il se demande ce qu'il a fait pour le mériter, parce qu'il ne pense pas le mériter. Il est juste trop têtu, trop déterminé à mettre sa vie tout en bas de la liste. »
Jack et Rose échangèrent un regard, tous les deux sachant la vérité de cette affirmation, et Rose soupira.
« Je suis contente qu'il ait trouvé Harry avant qu'il ait envoyé volontairement le TARDIS dans un trou noir, donc. »
Elle adressa un sourire à Jack, ses yeux étincelant légèrement.
« Ça fait du bien de te revoir, ça fait vraiment vraiment du bien. »
Jack l'attrapa et l'attira contre lui, la serrant fort, et Rose rendit l'étreinte.
« Ça fait du bien de te revoir aussi, gamine, murmura-t-il dans ses cheveux.
— Oh, si vous avez terminé tous les deux, on a une ligne temporelle à sauver ! »
Rose souffla et sourit à Jack, puis s'écarta et partit à la suite de la silhouette mince et excitée de l'homme qui avait sauvé trop souvent le monde. Jack prit la suite, criant quelque chose qui tira un rire de Rose et des yeux au ciel du Docteur.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Harry cligna lentement des yeux, sa tête le martelant et ses oreilles sifflant. Il était allongé… sur le lit d'Oncle Jack ? Ils étaient de retour du monde parallèle, il se souvint, ils avaient réussi. Et puis… et puis… oh, oui, son papa avait réalisé qu'il y avait un problème avec le tunnel qu'il avait créé…
Donc où étaient-ils ? Pourquoi était-il dans le lit d'Oncle Jack ? Est-ce qu'il s'était évanoui ? Quelque chose lui démangeait la joue, et il gratta. Du sang en vint, séché et craquelé. Il suivit la trace jusqu'à son oreille. Il s'était surmené, pensa-t-il avec regret. Ce n'était pas comme s'il ne l'avait jamais fait avant, mais il avait… il y réfléchit. Il avait enlevé son collier et joué avec les émotions de quelqu'un… deux fois, dont une fois de façon majeure, après avoir été drogué, et ensuite le TARDIS, il devait communiquer avec elle. Il n'était pas supposé l'enlever, pas à moins d'en avoir besoin. Maintenant, il en payait les conséquences.
Et bon sang, quelles conséquences c'était. Son cerveau était en train d'essayer de s'enfuir de son crâne et il n'était pas sûr de pouvoir entendre quoi que ce soit dans un futur proche. Il ne pouvait pas non plus voir son papa, ou Oncle Jack, ou Rose.
« Papa ? Oncle ? Rose ? »
Il ne pouvait s'entendre, ses oreilles étaient pleines de cloches et de bruit blanc électronique. Toujours était-il que personne n'arriva et il regarda autour de lui. Là, un petit cube bleu, posé de l'autre côté de son oreiller. Son papa en laissait toujours un, un enregistrement vocal, lui disant où il était allé au cas où Harry se réveillait avant qu'il revienne. Il devrait attendre de pouvoir s'entendre frapper des mains avant de l'écouter, mais ça lui allait. Son papa allait bien, il pouvait attendre de comprendre ce qui se passait.
Maintenant, il pouvait explorer le quartier général.
Si son corps le laissait s'asseoir. Cela prit quelques tentatives, il trouva le sol avec son visage plutôt qu'avec ses pieds, mais il parvint finalement à se lever. Sa tête tourna. Il attrapa le lit sur lequel il avait été allongé, trouva son équilibre et quand le monde décida finalement de retrouver quelque chose qui ressemblait à de la stabilité, il le lâcha et trottina vers la pièce principale.
Il avait rarement eu l'occasion d'explorer le quartier général de Torchwood, son papa n'aimait pas Torchwood et Oncle Jack ne les amenait pas ici, pas à moins de n'avoir aucun autre choix. Et il n'était jamais laissé seul non plus. Mais de ce qu'il pouvait voir (il ne pouvait toujours pas entendre), personne n'était là. Il pouvait explorer à l'envie.
Si seulement ce maudit bip voulait bien s'arrêter… Il pouvait entendre à nouveau ! Et il pouvait entendre un bip aigu autour de lui, accompagné d'une lumière rouge brillante et clignotante.
Et il était sûr que son papa était au centre de tout ça.
Il retourna maladroitement à son lit et prit le cube vocal. Un bouton sur le côté l'alluma.
« Harry, avant que tu te précipites pour me retrouver, et que tu te retrouves inévitablement dans des problèmes, souviens-toi que tu as une légère commotion cérébrale et que tu as endommagé quelques synapses dans ton cerveau. Donc reste sans bouger. Dors, lis un livre, écris quelque chose, peu importe. Je t'ai laissé le journal. Ne me suis pas, quoi que tu fasses. Je ne veux pas que tu sois blessé davantage. Reste dans les appartements de Jack, à l'intérieur de Torchwood. Et ne bidouille rien. Je t'aime. Papa. »
Harry soupira en regardant le cube à présent inerte. Évidemment que son papa voulait qu'il reste couché et qu'il y aille doucement alors qu'il se passait des choses intéressantes. Toutefois, sa tête tournait toujours. Peut-être quand elle arrêterait, il chercherait papa et oncle Jack et Rose. Pour l'instant, il attendrait que le sol soit stable.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Rose et Jack suivirent la silhouette mince du Docteur alors qu'il courrait vers le TARDIS, ou dans la direction générale du TARDIS. Rose et Jack échangèrent un rire.
« Tu sais, peu importe le temps qui a passé, je ne m'en lasserai jamais ! » cria Rose.
Jack rit :
« Je partage le sentiment ! »
Le Docteur disparut brusquement dans une lueur dorée brillante, et Rose et Jack s'arrêtèrent brusquement.
« Sauf quand ça arrive. »
Rose cligna des yeux, regardant autour d'elle.
« Docteur ! Docteur ! »
Elle soupira.
« J'ai dirigé un institut qui s'occupe des aliens pendant l'essentiel d'un siècle et demi et il parvient toujours à trouver quelque chose de complètement nouveau que personne n'a jamais vu. »
Cela fit ciller Jack, qui y réfléchit, avant de rire avec elle.
« Est-ce que ce n'est pas vrai. »
Un cri soudain atteignit leurs oreilles.
« Jack ! Rose ! Venez ici ! C'est merveilleux ! »
Jack et Rose échangèrent un regard, levant les sourcils et soupirèrent en choeur.
« On ne peut aller nulle part à moins de savoir où vous êtes, Docteur ! cria Jack en direction du brouillard tourbillonnant de lumière dorée.
— Quoi ? fut la réponse qui leur parvint de la lumière.
— Docteur, on ne peut pas vous voir. Où êtes-vous ? » expliqua Rose.
Des cheveux bruns hérissés, suivis par des yeux brillants et un large sourire, surgirent de la lumière dorée.
« Venez donc. Vous n'aurez pas l'occasion de voir du temps cristallisé si souvent !
— Est-ce qu'on va disparaître dans un temps aléatoire si on entre là-dedans ? Est-ce que c'est seulement pour la biologie spéciale des Seigneurs du Temps ? » demanda Rose, le sourcil leva mais semblant prête à entrer dans le nuage tournoyant.
Le Docteur sembla perplexe.
« Quoi ? Pour quoi ? Non, bien sûr que non, aucun effet secondaire, enfin, aucun que je connaisse, enfin, rien de méchant, enfin, vous allez vous en sortir. »
Il tendit une main, et Rose sourit et la prit. Elle tendit la sienne vers Jack.
« Vous ne cessez jamais de me surprendre, tous les deux. » commenta Jack.
Rose et le Docteur eurent un large sourire, et le Docteur les tira dans la Tempête Temporelle.
Tout autour d'eux, le brouillard doré virevoltait et tournait et remplissait l'air. Le Docteur tenait fermement la main de Rose, la regardant observer avec émerveillement l'étourdissant mélange de couleurs et de lumière tout autour d'eux.
« Ça ressemble à la lumière du TARDIS. » souffla Rose doucement.
Le Docteur sourit.
« Pas vraiment. C'est le vortex, mais puisqu'il est filtré à travers l'espace multidimensionnel et la faille, l'énergie atron est cristallisée au lieu de voltiger dans cet univers et perturber les lignes temporelles. »
Il la regarda, souriant, puis se figea.
Ses yeux étincelaient d'or, faisant écho à ce moment sur la Plate-forme 5. Il la secoua doucement, mais elle ne répondit pas. Jack se précipita, de l'inquiétude dans les yeux.
« Qu'est-ce qui cloche ?
— Elle rayonne. Une réaction au vortex, mais je ne sais pas… »
Les yeux de Rose étincelaient de pouvoir, et quelque chose parla à travers elle, une voix que le Docteur n'oublierait jamais.
« Je suis Bad Wolf. Née du Temps et éternelle. »
Les yeux de Jack s'écarquillèrent et il recula de quelques pas. Le Docteur serra encore plus fort la main de Rose.
« Pourquoi êtes-vous à l'intérieur de Rose ? » demanda-t-il, dirigeant sa question vers l'énergie spectrale.
Les yeux dorés se fixèrent sur lui. Un léger sourire courba les lèvres de Rose.
« J'ai toujours été là. Le Passé, le Présent, le Futur, Rose Tyler a été mon enfant, tout comme vous, Seigneur du Temps. »
La tête de Rose s'inclina sur le côté.
« Mon enfant est un vaisseau, Seigneur du Temps, un vaisseau pour la volonté de ce sur quoi vous proclamez la seigneurie. Elle a toujours été, sera toujours, et devra toujours être, tout comme vous fuirez toujours votre destin, l'immortel désirera toujours la mort, et votre jeune enfant défiera l'univers. »
Les yeux du Docteur se durcirent à la mention de Harry, et il agrippa encore plus la main de Rose.
« Qu'est-ce que vous êtes en train de faire à Rose ? Pourquoi elle ? »
Un léger rire fut la réponse.
« Parce que, Seigneur du Temps, Bad Wolf doit toujours avoir un vaisseau. Rose Tyler est une enfant née avec le destin de l'univers inscrit dans le tissu de la réalité. Quel hôte plus parfait qu'elle ? »
Bad Wolf leva les yeux vers les cristaux en formation de temps doré, condensé et capturant des instants éternels.
« Ce sont les Cristaux du Temps, le résultat de la fusion du temps et de la réalité et du vide, des morceaux de temps pris des lignes temporelles et figés en des échardes parfaites de cristal. Cela doit s'arrêter, avant que cela déchire les lignes temporelles. »
Le Docteur hocha la tête.
« C'est ce que je comptais faire. »
Bad Wolf rit :
« J'en suis sûre, Seigneur du Temps, dès que vous aurez fini de vous vanter et d'étaler votre connaissance du temps et de l'espace et de plein d'autres choses. Mais nous ne pouvons pas attendre que vous ayez fini de raconter vos histoires, cela doit être clos.
— Docteur, qu'est-ce qui se passe ? »
Jack se tenait à l'écart d'eux, bloqué par un certain nombre de cristaux, et paraissant légèrement paniqué.
« Je peux voir l'incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie ici, Docteur ! »
— Juste… juste une minute Jack, je vais réparer ça. »
Il soupira, fit glisser sa main libre dans ses cheveux et regarda à nouveau dans les yeux dorés lumineux.
« Et en ce qui concerne Rose ? Pourquoi ne peut-elle pas vieillir ? Elle n'est pas immortelle, comme Jack. C'est quelque chose d'autre. Vous êtes Bad Wolf, vous vous êtes créée, qu'est-ce que ça veut dire ? »
Un lent sourire léger.
« Vous posez beaucoup de question, Seigneur du Temps. Rose est le vaisseau du Temps et jusqu'à ce que sa tâche soit réalisée, elle va rester en vie. Et en ce qui concerne cette tâche, c'est évident, mon enfant. Bad Wolf s'est et se créera toujours seule. C'est la nature du vaisseau de se créer lui-même, à un moment, d'obtenir leur pouvoir. Rose s'est créée elle-même quand elle a regardé dans le coeur du TARDIS et ainsi j'ai été créée, et pourtant j'ai toujours existé. »
Un rire à l'expression confuse du Docteur.
« Je vais aimer vous regarder au fil des ans. Votre vie est si intéressante. »
Les yeux dorés regardèrent autour.
Les échardes de cristal doré tombaient du ciel, s'écrasant au sol. Plusieurs autres personnes avaient pénétré le brouillard tourbillonnant de temps dissocié et quelques uns étaient piégés à l'intérieur des cristaux. Les yeux du Docteur étincelèrent.
« Maintenant, Seigneur du Temps, votre travail doit être terminé. Le Temps ne doit pas s'écouler ainsi, et je ne peux pas vous aider. Ce n'est pas mon rôle. J'ai obtenu la parole grâce à la saturation du temps dans cette zone, mais je ne peux pas la réparer. C'est votre devoir. Bonne route, Seigneur du Temps. Nous nous retrouverons à nouveau. »
Le Docteur regarda, impuissant, les yeux de Rose se fermer et son corps entier s'effondrer. Il l'allongea doucement sur le sol, puis se redressa, fit craquer ses phalanges, essuya ses lunettes et sortit un appareil qu'il avait bidouillé. Il regarda Jack, un large sourire sur le visage.
« Et bien, Capitaine, prêt pour le feu d'artifice ? »
Jack, déconcerté, confus et légèrement inquiet quant à l'issue de cette folle intervention, hocha simplement la tête. Il n'était pas vraiment prêt pour quoi que ce soit, mais il n'allait certainement pas le dire, pas si le Docteur pouvait se débarrasser de cette vision du Colisée à Rome, quelque part entre 15 AEC et 25 EC.
Le Docteur marcha en direction du centre de la colonne tournoyante d'énergie dorée, tournevis sonique et appareil étrange en main. Jack était immobilisé, impuissant, entre les morceaux de… temps cristallisé. Ses jours avec le Docteur n'échouaient jamais à terminer de façon étrange et alambiquée.
Au centre se trouvait une déchirure dans le temps et l'espace, une fissure créée par le TARDIS et exacerbée par la présence de la faille. Deux (ou plus) points du temps qui ne devraient pas se toucher. Certainement plus de deux, puisque la fissure s'écartait en spirale et avait de nombreuses fissures se connectant les unes aux autres. Il plongea sa main au centre des fissures et tint l'appareil vers l'extérieur, en allumant le tournevis sonique et écoutant le boum d'énergie transfusée atteindre et toucher les fissures.
Elles s'ouvrirent brusquement, attirant tout ce qui s'était écoulé à travers vers elles, les échardes de temps s'entrechoquant, se brisant et retournant vers elles. Les gens coincés à l'intérieur des échardes furent libérés, inconscients et sans doute dans le coma. Le Docteur grimaça mais ne s'arrêta pas. Il ne pouvait pas, plus maintenant. Les fissures s'étendaient, considérablement plus larges et affamées, s'abreuvant de l'énergie perdue. La lumière dorée fut attirée de l'air, ramenée de force dans les fissures et finalement, elles se fermèrent, closes avec à peine plus qu'un soupir.
Le Docteur s'effondra par terre, les yeux roulant vers le haut, inconscient. Jack, à présent libéré de sa prison, regarda les deux corps inconscients et soupira. Puis il regarda autour de lui.
Les personnes étaient immobiles, il y avait quelques mèches dorées flottant dans l'air, et une des échardes était toujours près de Rose, touchant sa main. Il regarda à l'intérieur.
L'image piégée à l'intérieur était celle d'un lézard géant et volant, survolant des montagnes d'une époque depuis longtemps révolue. Un… un dragon ? S'il devait deviner, c'était à ça que ça ressemblait. Il soupira, et ne la toucha pas. Il ne savait pas ce que ça ferait. Il vérifia le pouls de Rose, le trouva et sourit. En vie.
Puis le Docteur. Il n'était pas certain du pouls, avec le double battement de coeur le Docteur pouvait avoir un pouls à quatre temps ou pas de pouls du tout. Il respirait, c'était donc un bon signe. Il commença sa ronde pour vérifier les signes vitaux de ceux qui s'étaient égarés dans le brouillard. Deux jeunes enfants, en vie. Une femme plus âgée. Son pouls était erratique et le bruit d'une ambulance le rassura. Un couple, un avec un pouls fort, l'autre erratique. Les autres allaient bien.
Il se concentra sur la façon dont il allait sortir Rose et le Docteur de là avant que les autorités arrivent. Il ne voulait certainement pas s'occuper de la police ou de UNIT, qui serait appelé sans aucun doute. Il soupira, couvrit l'écharde et la fourra dans la poche du Docteur, avant de le hisser sur son épaule. L'homme maigre était bien trop léger pour sa taille. Puis il atteint Rose, la souleva du mieux qu'il pouvait, elle avait des muscles, et se dirigea rapidement vers le quartier général de Torchwood, priant pour que Harry n'ait touché à rien. Il ne pensait pas pouvoir gérer deux personnes inconscientes et un quartier général pris d'assaut par l'enfant génie.
Quand il fut finalement parvenu à descendre les escaliers et atteindre le canapé le plus proche, où il allongea Rose aussi doucement que possible, puis le Docteur sur le canapé suivant, il examina les locaux de Torchwood. Il sourit ; le quartier général allait bien. A part les bidouillages du Docteur, il semblait intouché. C'était un soulagement, même léger, mais tout de même un soulagement, jusqu'à ce qu'il réalise que cela signifiait que Harry était peut-être toujours inconscient. L'idée fut détruite quand l'enfant sortit de son bureau, se tenant au mur et clignant des yeux vers lui.
« Oncle Jack, tu es de retour. »
Il plissa les yeux.
« Papa est inconscient par contre. Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Jack soupira et s'assit par terre.
« Je ne sais pas gamin. Tu vas devoir attendre que ton papa se réveille pour te le dire. »
Harry soupira.
« Bien. Est-ce que Rose va bien ? »
Jack regarda vers Rose. Il haussa les épaules.
« Je n'en sais rien. Si tu me demandais de te raconter l'heure qui vient de s'écouler, j'en serais incapable avec la moindre précision. »
Harry eut un large sourire.
« Il a cet effet, n'est-ce pas ?
— Si tu parles de ton père, alors oui, oui, en effet. Et bien plus. Cela fait de lui un vrai emmerdeur. »
Harry rit faiblement, se tenant à la rambarde alors qu'il descendait lentement et maladroitement les marches. Jack le regarda, de l'inquiétude dans les yeux. Harry se débarrassa des questions inévitables :
« Je vais juste m'asseoir ici, t'aider à garder un oeil sur eux. La tête tourne trop pour provoquer le moindre ennui. »
Harry s'assit avec hésitation sur le sol, le dos contre le canapé, et tourna un regard vert flou vers Jack.
« Les scanners…. affichent toujours quelque chose d'étrange. »
Jack se leva en hochant la tête.
« Je vais aller voir. Merci Harry. Et ne bouge pas. Tu devrais toujours dormir, de ce que j'ai compris de tes blessures. Ce que tu me diras en détail plus tard. Morpion.
— Trou du cul. » répondit Harry.
Jack sourit.
« Quand ton papa apprendra que je t'ai appris des gros mots, je suis sûr que je vais recevoir la plus longue remontrance de l'histoire de l'univers, mais ça vaudra tellement l'expression de son visage. »
Harry gloussa, puis s'appuya en arrière en soupirant. Ses yeux se fermèrent.
« Dors bien Harry. Je vais m'assurer que rien d'autre n'arrive. »
Harry agita une main et s'endormit. Jack s'arrêta pour les regarder tous les trois.
Petit Harry, sept ans et plein de vie, avec une maison comme aucune autre et un père qui lui montrait l'univers. Le Docteur, une impossibilité et un sauveur, emballé dans un costume à rayures et un large sourire. Rose, Rose casse-cou qui défiait toute logique. Les voir, tous ensemble, fit sourire largement Jack. Si l'univers était assez généreux pour ramener Rose, alors ils pouvaient faire face au pire de ce que l'Univers pouvait leur donner.
Harry se réveilla sur le canapé, sous une couverture. Plutôt différent de l'endroit où il s'était endormi, par terre. Et son papa n'était nulle part en vue. Cependant, quand il s'assit (en remerciant l'univers de l'absence de tournis), Rose était toujours endormie dans le canapé à côté du sien. Et Jack était en train de s'occuper à un ordinateur proche. Mais son papa n'était nulle part en vue.
Il rejeta les couvertures et se leva, se dirigeant facilement vers Jack. Sa tête ne le martelait plus, son oreille interne n'essayait pas de lui dire qu'il marchait au plafond, ou qu'il essayait. Sa magie semblait faible, mais c'était toujours mieux qu'un mal de crâne carabiné et trébucher sur ses pieds. Jack leva les yeux à son approche et sourit.
« Eh, rayon de soleil, tu as l'air mieux. Comment tu te sens ?
— Mieux que quand je me suis réveillé hier. »
Jack rit :
« Hier ? Essaie plutôt il y a deux jours. Bien que ton papa ne se soit réveillé qu'il y a six heures, donc il est resté inconscient un moment aussi. Je t'ai mis sur le canapé après que tu te sois endormi. Je ne pouvais pas te laisser dormir par terre. »
Harry fronça les sourcils.
« Il a été inconscient si longtemps ? Qu'est-ce qu'il a fait ? »
Il regarda par dessus son épaule Rose toujours endormie.
« Et Rose dort toujours. »
Jack agita une main.
« Nan, elle s'est réveillée hier, a mangé un peu, et s'est rendormie. »
L'estomac de Harry gargouilla à la mention de nourriture, et le garçon sourit avec gêne. Jack sourit.
« Et il semble que tu aies faim. Qu'ess'tu veux ?
— Ce que tu as, tant que ce n'est pas cet étrange légume violet que vous semblez aimer. »
Harry regarda autour de lui.
« Et où est mon papa ? »
Jack rit.
« Je l'ai poussé vers les archives pour ré-attribuer les étiquettes. Il a foutu en l'air mes bases de données informatiques, j'ai pensé que c'était juste. En plus, il doit s'amuser en bas. J'ai des morceaux aliens qui sont tombés sur Terre depuis la fin des années 1800. »
Jack fit signe à Harry de le suivre.
« Que penses-tu d'un sandwiche au fromage ? »
Harry hocha la tête.
« Bien, tant que tu as de cette soupe de tomate pour aller avec. Et pas de jambon s'il te plaît. Je déteste le jambon. »
Jack ricana, mais ne dit rien sur les goûts de Harry en matière de nourriture alors qu'il préparait quelque chose. Harry prit un siège autour de la table improvisée.
« Et donc qu'est-ce qui s'est passé hi… peu importe quand papa a fait quelque chose qui l'a rendu inconscient ? »
Jack haussa les épaules.
« Quelque chose concernant un flux de temps dissocié et le temps en train de se cristalliser. J'étais trop inquiet à l'idée d'être percé par des échardes de temps (et ce n'est pas étrange, des échardes de temps ? Littéralement des échardes de temps ?) pour faire vraiment attention. Même si Rose a agi étrangement pendant un moment. C'était bizarre, vraiment. Ton papa sera capable de mieux l'expliquer. Donne moi une invasion alien n'importe quand plutôt qu'un événement temporel compliqué. L'agence du Temps, toutes ces règles pour arrêter les paradoxes temporels et les boucles et les décalages. Et le Docteur arrive, tord complètement ta perception du temps, la poignarde avec détermination avec la corne d'une Baleine Phénisienne [ndlt : ce n'est par une erreur d'orthographe ;)] et l'envoie voler par dessus dix voies de trafic sur Vegas 5. »
Harry gloussa.
« Ça ressemble à papa. Merci. » dit-il alors que Jack posait une assiette de sandwichs au fromage devant lui, versait de la soupe de tomate dans un bol et le glissait sur la table.
Harry le dévora rapidement. Jack rit.
« J'oublie parfois que tu as sept ans et que tu es toujours en train de grandir, puis tu commences à manger et je ne peux pas m'empêcher de penser à un dinosaure fou dévorant sa viande. »
Harry le regarda de travers à ce commentaire, et Jack prépara en râlant de nouveaux sandwiches et regarda avec fascination Harry les avaler rapidement.
Quand il en eut mangé trois et demi, il se recula et soupira.
« Bon, c'est le moment de chercher papa. »
Harry se dirigea vers le stock au sous-sol, dans la direction générale que Jack avait indiquée, et se mit en tête de chercher la silhouette mince et évasive de son père.
Le TARDIS les laissa entrer après une autre journée à bouder et à se réparer dans l'allée, et à ce moment-là, Rose était réveillée. Elle était toujours un peu vaseuse et sa tête la martelait, mais elle ne passait plus la journée à dormir sur le canapé.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est une fin ~~~~~~~~~~~~~~
Note de la traductrice :
Comme les chapitres sont de plus en plus longs, et que l'auteur ne publie pas régulièrement (un chapitre tous les 3-6 mois environ), je vais à présent publier un chapitre toutes les deux semaines. Comme vous pouvez le voir, j'ai commencé avec ce chapitre :)
Ça vous laissera plus de temps pour les lire, ça me laissera plus de temps pour les traduire, et ça nous occupera aussi plus longtemps en attendant le prochain chapitre de l'auteur.
Egalement : merci pour tous les commentaires, suivis et favoris ! Je suis heureuse de voir que l'histoire vous plait autant qu'à moi !
Réponse aux guest reviews :
Nathydemon : un petit Harry est moins impressionnant qu'un grand Docteur, donc c'est une cible plus facile ;) Mais heureusement, son papa arrive toujours à la rescousse :)
A bientôt pour la suite !
