Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole
Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33, en cours
Nombre de chapitres traduits : 14
Chapitre 12 : Où Harry rencontre des ennuis
~~~~~~~~~~~~~~ Voici le début ~~~~~~~~~~~~~~
Le TARDIS les laissa entrer après une autre journée à bouder et à se réparer dans l'allée, et à ce moment-là, Rose était réveillée. Elle était toujours un peu vaseuse et sa tête la martelait, mais elle ne passait plus la journée à dormir sur le canapé. Il était temps pour eux de partir.
Jack resterait dans les environs de Cardiff un peu plus longtemps, pour garder un oeil sur la faille jusqu'à ce qu'il puisse entraîner une équipe suffisamment bien pour qu'elle prenne le relais, mais il avait un téléphone et Harry répondrait à celui du TARDIS donc il n'était pas coincé pour toujours. Rose en avait un aussi, son vieux super-téléphone de l'époque où elle voyageait avec le Docteur et il s'était assuré qu'elle pouvait toujours rester en contact avec sa maman. Il était devenu quelque peu obsolète avec les années car il ne captait plus le signal dans son monde, mais il avait une valeur sentimentale trop importante pour qu'elle s'en sépare donc elle l'avait gardé dans son armoire à souvenirs. Donc Jack n'était pas coincé sur Terre pendant un temps indéterminé cette fois.
Mais pour Harry, son père et Rose, il était temps de partir. Le Docteur, notamment, avait démonté et remonté suffisamment d'éléments électroniques dans les locaux de Torchwood pour irriter Jack. Harry devenait aussi nerveux, il avait envie de sentir le TARDIS à nouveau.
L'intérieur du TARDIS n'était pas vraiment différent. A part une légère élévation de l'estrade entourant les commandes, et quelques sièges supplémentaires, les structures coralliennes et l'éclairage bas étaient restés sensiblement les mêmes. Harry était certain qu'il y avait eu des changements le long des couloirs et dans les pièces, mais il était content que la salle de contrôle était restée à peu près la même.
Jack les salua, donnant à Rose une longue étreinte.
« Fais attention, Rose. Et empêche ces deux de faire quelque chose de stupide.
— Bien sûr. »
Harry sauta sur Jack dès que Rose se dirigea vers les portes du TARDIS, et Jack rit en le soulevant.
« Fais attention, morpion. Que je n'entende pas dire que tu as fait des choses que tu ne devais pas avant que je revienne. Reste en un seul morceau, tu entends ? »
Harry hocha la tête en soupirant avec réticence.
« Oui Oncle Jack. Je vais faire attention. »
Intérieurement, il songea qu'il était plutôt impossible d'être complètement en sécurité à bord du TARDIS, pas quand son papa conduisait.
Avec une légère réticence, son oncle le reposa par terre avant de se tourner vers le Docteur.
« Veillez sur eux, Docteur. »
Il salua, et le Docteur sourit légèrement, en retournant un léger salut de deux doigts, un soupir au coin de la bouche.
« Au revoir, Jack. On repassera vous récupérer dans un moment, d'accord ? »
Jack hocha la tête, puis regarda les portes du TARDIS se fermer et, quelques secondes plus tard, le bruit universel du TARDIS disparaissant remplit l'air, et la boite bleue s'évanouit dans l'air. Jack resta quelques instants de plus, puis il retourna au Quartier Général de Torchwood. Il avait une équipe à assembler et quelques candidats prometteurs à rencontrer.
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Le Docteur tourna quelques commandes en position puis se tourna avec un sourire excité sur le visage face à son fils et à la femme qu'il avait pensée pour toujours hors de portée.
« Alors, qui veut aller où ? Tout le temps, tout l'espace, choisissez quelque part. »
Rose rit. Harry soupira. Son papa était dans une lancée théâtrale et cela semblait se diriger vers des proportions immenses et épiques qui se termineraient en capture, cellule de prison lugubre, plan diabolique et triomphe des justes pour lesquels son papa était connu par delà le temps et l'espace. Harry n'était pas certain d'avoir envie de passer quelques jours dans une cellule de prison. Pas cette fois.
« Je vais aller travailler sur mon… mon projet. Amusez-vous bien papa, Rose. »
Son papa le regarda avec de grands yeux.
« Pas envie d'une aventure, Harry ? »
Harry ricana :
« Tu vas finir par atterrir sur une planète qui est, d'une manière ou d'une autre, embourbée dans une guerre civile, puis en prison, rencontrer le cerveau du plan diabolique et le renverser. Je veux juste sauter la partie prison. Je serai dans le labo. »
Harry tourna les talons, se dirigeant vers le couloir.
« Il n'y aura pas de plans diaboliques, je promets. »
Harry le regarda par dessus son épaule, un sourire moqueur sur les lèvres.
« Bien sûr. Je vais rester ici pour le moment. J'ai des choses que je veux faire dans le labo de toute façon. Amusez-vous bien, emmène Rose quelque part. »
Le Docteur regarda Harry sortir de la salle de contrôle.
« Ne fais rien exploser d'important, Harry ! Et garde ton communicateur ouvert !
— Oui papa ! » fut entendu en retour, alors que Harry s'éloignait dans les profondeurs du TARDIS.
Rose rit.
« Il est votre fils. Volontaire et précoce. Est-ce qu'il fait ça souvent ?
— Fait quoi ?
— Aller de son côté ? »
Le Docteur soupira.
« De temps en temps. Il aime bricoler des choses. Au moins, il sait quels câbles concernent les couplages de gravité et antigrav, donc je n'ai pas à essayer de les reconnecter en étant suspendu entre les murs. »
Rose rit.
« Il est votre fils, Docteur. Excentrique, volontaire et obsédé par le bricolage.
— C'est bien ce que je crains. Le connaissant, il va causer plus de problèmes que n'importe quelle guerre civile dans laquelle on pourrait tomber. »
Le Docteur regarda la porte par laquelle Harry avait disparu.
« Je suis sûre que Harry va s'en sortir. Il est plein de ressources et il connaît le TARDIS. Il va bien aller. »
Mais les mots de Rose n'effacèrent pas vraiment l'inquiétude du visage du Docteur.
Il savait que Harry était plein de ressources, intelligent et volontaire. C'était ce qui l'inquiétait. Il savait à quel point il avait attiré les ennuis quand il avait été enfant. Il avait tant énervé sa Famille et causé tant de problèmes à l'école qu'il était choqué qu'ils ne l'aient pas rejeté. Harry lui ressemblait tant en temps qu'enfant que c'était une raison de s'inquiéter. Il espérait que le TARDIS garderait un oeil sur lui.
« D'accord Rose. Alors où ? »
Rose sourit.
« Choisissez quelque part, Docteur. Je suis sûre que ce sera génial. »
En réalité, elle était juste heureuse d'être de retour à bord du TARDIS. De voyager à nouveau, à travers le temps et l'espace, c'était quelque chose qu'elle n'aurait jamais pensé avoir à nouveau. Elle allait en profiter.
« D'accord ! A l'aventure ! »
Et le Docteur tourna et manipula des commandes. La salle de contrôle commença à secouer et Rose rit alors qu'elle sentait les souvenirs de l'époque où elle avait vingt ans et était naïve et voyageait remonter à la surface avec une clarté qu'ils n'avaient pas eue pendant de nombreuses nombreuses années.
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Harry sentit les secousses lointaines du TARDIS, pas aussi prononcées dans le labo car il était protégé des chocs et tremblements par suffisamment de champs stabilisateurs pour empêcher une planète de tourner en orbite autour de son étoile. C'était important, cependant, la nature délicate du travail réalisé dans le labo signifiait que le moindre tremblement pouvait envoyer l'univers dans une séquence d'implosions s'il était suffisamment agité. Pas la meilleure idée, vraiment. Il aimait bien l'univers tel qu'il était, en général.
Il se concentra sur son projet. C'était censé être un transporteur multidimensionnel, capable de bouger dans le temps et l'espace sur de courtes distances. Pas aussi impressionnant que le bracelet d'agent du temps de son oncle, mais il ne pouvait pas le recréer parce que son papa avait interdit à Jack de le lui montrer. Il devait se contenter de tâtonner et d'essayer de son mieux. Mais ça lui allait. Il savait suffisamment sur le Temps et l'Espace pour créer un bond sur une courte distance. Quelques années, dans une direction ou l'autre, était la limite maximum. Du moins, c'était ce qu'il avait compris être la limite.
Il vérifia à nouveau ses équations, sortant le holopad qu'il avait piqué sur un marché sur Sirius Prime lors de son anniversaire l'an dernier. (Le Docteur avait soupiré et l'avait payé alors qu'ils quittaient la boutique, en jetant un regard noir à Jack. Jack avait souri sans remords) Les équations mathématiques complexes surgirent, une restitution en trois dimensions du projet sur lequel il travaillait. Il regarda les fonctions de base, les modèles quantiques, les schémas temporels. Quelque chose l'embêtait dans un des calculs temporels. Il y avait quelque chose qui semblait légèrement faux et il n'était pas sûr de ce que c'était. Il savait que cela influencerait considérablement quelque chose avec le prototype, il n'était juste pas certain de ce que c'était.
Il observa les chiffres, écartant quelques unes des fonctions extérieures qui fonctionnaient correctement pour regarder au coeur du problème. Finalement, il resta une matrice étalée et une série de nombres gallifreyiens pour l'encercler. Il y avait quelque chose là… Il joua avec quelques nombres qui étaient de toute évidence faux, et manipula une autre équation en un modèle plus efficace.
Puis il le regarda. Pendant environ une heure. D'accord, il n'en tirait rien. Il devrait l'installer sur le prototype pour voir le vrai problème. Il ne l'utiliserait pas, ne le toucherait pas, mais il pourrait étudier le logiciel et le matériel en action.
Il brancha la prise externe de la tablette sur la mémoire du prototype et commença le processus de compilation.
Et attendit.
Et attendit.
Et commença à tournoyer sur une chaise. Voilà ce qu'il obtenait en utilisant le code de Yafrix v. Alors qu'il permettait la plus grande liberté d'expression, il prenait une éternité avant que quelque chose se passe. S'il n'avait pas accès à la puissance du TARDIS pour la compilation, il resterait assis là jusqu'à son prochain anniversaire. Et même, il allait devoir encore attendre quelques heures au moins.
Il n'eut pas à attendre aussi longtemps. A la place, une lueur brillante commença à emplir la pièce, couvrant tout d'un film effervescent, et Harry, regardant avec étonnement, disparut rapidement de la pièce. La lueur resta.
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Harry cligna des yeux, essayant de s'éclaircir la vue. Quelque chose avait de toute évidence mal tourné avec le prototype mais, à moins qu'il puisse le voir et l'atteindre, il n'allait pas comprendre ce qui s'était exactement passé. Aussi soudainement que la lumière était apparue, elle disparut, éclaircissant la vue de Harry et laissant derrière elle quelques petits points noirs de surexposition comme cadeau. Harry tendit le bras pour atteindre quelque chose de solide pour se stabiliser alors qu'il essayait de mieux voir.
Il touchait les murs du TARDIS, il réalisa. Il pouvait sentir l'énergie dorée et chaude circuler sous sa paume et il se demanda à quel point il avait vacillé dans la lumière brillante. De toute évidence suffisamment pour atteindre un mur.
Puis il entendit l'écho d'un rire. Le TARDIS était amusée. Cela n'était jamais bon signe pour lui. Il lui demanda ce qu'il se passait, exactement, si elle savait ce qui s'était passé avec l'expérience. Il n'obtint rien d'utile en retour, juste quelques gloussements et des bruits amusés.
« Tu es un être à douze dimensions sacrément utile, murmura-t-il au mur. Tu ne pouvais même pas m'aider à m'en sortir avec mes maths, n'est-ce pas ? »
Un son résonnant d'indignation, de toute évidence une apparence car Harry entendit quelque chose qui ressemblait à un rire flotter dans son esprit, éclata puis disparut et Harry fut alerté d'une autre présence se dirigeant vers lui. Il se redressa. Certainement pas son papa, le TARDIS le lui aurait dit, mais il ne pouvait pas lui faire dire qui c'était. Il fronça, mais rien.
Il devrait dire bonjour de la façon normale. La silhouette tourna à un angle, se dirigeant clairement quelque part, puis s'arrêta, choquée, en le voyant. Harry observa son apparence.
Mince, petite, avec un pantalon qui, s'il ne se trompait pas, était d'origine Terrienne de la fin des années 1900. Ses cheveux étaient anormalement épais pour une humanoïde, plus particulièrement une humaine terrienne, et elle était jeune, à en juger par les caractéristiques jeunes. Est-ce que son papa avait pris quelqu'un de nouveau ? Il était resté inconscient si longtemps ? Et pourquoi était-il dans un endroit différent du TARDIS ? Il espérait que la fille aurait des réponses.
« Qui es-tu ? Et que fais-tu à bord du TARDIS ? Est-ce que le Docteur sait que tu es là ? »
Harry cligna des yeux. Tout le monde à bord du TARDIS savait qui il était.
« Je suis Harry. »
Il se demanda comment répondre à la question suivante, et se décida sur l'option la plus sûre.
« Est-ce que vous pouvez m'emmener voir pa… le Docteur ? »
Si elle ne savait pas qui il était, 'papa' ne l'emmènerait certainement nulle part.
« Harry ? Est-ce ton nom ?
— Bien sûr. Quel est le vôtre ? Vous venez de la Terre, à en juger par l'anglais terrien, un dialecte local d'Angleterre, votre pantalon, d'une époque vers la fin des années 1900, et votre apparence humanoïde. »
Harry ne pensait pas avoir déjà vu quelqu'un d'aussi surpris.
« Comment… Qui es-tu ? Comment tu sais ça ?
— C'est évident. Un discours accentué consistant avec l'anglais des années 1900, fin des années 1900, si je dois faire une estimation, des pantalons qui sont soit des années 8900 sur la colonie terrienne Halifrex VII8 sur Pluton, ou, ce qui serait plus consistant avec votre accent, années 1900 sur Terre. »
La femme le regarda, légèrement déstabilisée.
« Tu parles comme le Docteur. Bon, tu es dans le TARDIS, il vaut mieux que je t'amène à lui de toute façon. Il voudra savoir que tu es ici. Je suis Sarah Jane Smith. Viens-tu de la Terre ? Tu sembles humain ? »
Harry fit une pause pour considérer la question. Ce n'était pas une supposition réellement incorrecte. Il était humain, ou il était né sur Terre et du coup tombait dans cette catégorie grâce à sa planète d'origine si la planète d'origine devait être comprise comme étant la planète de naissance. Mais il n'était pas vraiment de la Terre.
« Je suis né sur Terre. » concéda-t-il.
Sarah Jane Smith l'étudia un moment.
« Qu'est-ce que ça veut dire ?
— C'est… compliqué. Allons voir le Docteur, d'accord ? »
Harry se dirigea vers la salle de contrôle. C'était le seul indice qu'il reçut du TARDIS sur l'endroit où était son papa.
Sarah Jane était confuse. Elle était en train d'aller en direction de sa chambre dans le TARDIS, déterminée à trouver un appareil photo et un maillot de bain. Le Docteur l'emmenait voir les Chutes de Cristal de Jryia, une planète dont la beauté était considérée comme la plus spectaculaire de l'univers à son époque. Puis elle était tombée sur un enfant. Un enfant, habillé des vêtements parmi les plus bizarres qu'elle ait jamais vus, et cela en disait beaucoup, compte-tenu du penchant du Docteur pour les écharpes qui étaient deux fois plus longues que sa taille. Sa chemise était un objet d'argent miroitant qui s'enroulait autour de son torse, sans début, ni fin. Son pantalon, vert foncé et enroulé autour de sa taille et attaché à l'avant, était large et aérien et avait des poches. Il portait des chaussures qui semblaient lui permettre de flotter à quelques centimètres au dessus du sol. Il était humain, ce fut ce qu'elle comprit de l'étrange affirmation « Je suis né sur Terre. » Ses yeux étaient un vert brillant, non naturel, et il portait une chaîne dorée autour du cou.
Et en plus de tout cela il était absolument minuscule. Il faisait à peine moins d'un mètre, bien que son vocabulaire soit bien plus âgé que ses traits. Il parlait comme le Docteur, débitant une liste d'observations et de faits qui étaient à la fois étrangement précis et étonnamment aliens. Elle en avait l'habitude de la part de l'alien remarquablement intelligent avec lequel elle voyageait, mais de la part d'un enfant qui semblait humain, c'était bizarre et déconcertant.
Elle se dépêcha de le rattraper. Comment savait-il où il allait ? Elle ne l'avait jamais vu avant, comment pouvait-il savoir où le Docteur était ?
« Le Docteur est dans la salle de contrôle, n'est-ce pas ? » demanda-t-il.
Sarah Jane hocha la tête, puis parla, réalisant qu'il ne pouvait pas la voir.
« Oui, cependant, comment sais-tu où est la salle de contrôle ? Je ne t'ai jamais vu avant, comment peux-tu savoir où tout se trouve ? »
Harry soupira profondément, mais ne répondit pas. Tout était étrange de toute façon.
Ils marchèrent en silence pendant un moment de plus jusqu'à ce qu'ils atteignent la salle de contrôle. Sarah Jane pouvait voir le Docteur sous les panneaux, bidouillant quelque chose et marmonnant pour lui-même.
« Docteur ? Docteur ? »
Sarah Jane essaya d'attirer son attention.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Il y a quelque chose qui ne va pas avec le TARDIS. Une sorte de perturbation temporelle et je n'arrive pas à comprendre pourquoi. Il doit y avoir un couplage déconnecté quelque part…
— Docteur, il s'est passé quelque chose d'étrange… Docteur !
— Docteur. » dit Harry.
Le Docteur se cogna la tête à la console en essayant de sortir de dessous.
Harry regarda l'homme qui était, d'une certaine manière, son père. Enfin, serait un jour son père, il supposa. Ou était son père à un moment. Bien qu'à en juger par l'amusement du TARDIS, ce Docteur était plus jeune que son père. Il portait une chemise colorée, un pantalon qui n'aurait pas détonné à l'endroit où Sarah Jane avait eu son pantalon, et des cheveux bruns bouclés complètement sauvages.
Le Docteur regarda Harry. Un petit enfant, des cheveux noirs mi-longs en bataille, des yeux verts brillants, un étrange collier inhabituel, des vêtements et des chaussures qu'il n'avait jamais vus auparavant. Aussi, une étrange connaissance dans ces yeux jeunes. Il était humain, le Docteur en parierait son tournevis sonique, mais ce n'était pas tout.
« Qui es-tu ? Et pourquoi es-tu à bord du TARDIS ? Comment es-tu monté à bord ? Nous sommes dans le Vortex Temporel, ça devrait être impossible… »
Harry rit.
« J'ai foiré une expérience. Je pense qu'elle a du encore plus mal tourné que ce que j'avais estimé initialement. C'est sans doute pour ça que le TARDIS est un peu nerveuse. J'ai perturbé les Générateurs de Stabilité Temporelle quand j'ai brisé le vortex temporel pour atterrir ici. De toute évidence, je n'ai pas touché au plan spatial, à en juger par l'endroit où je suis arrivé. Je savais que je m'étais planté quelque part dans les Calculs Temporels. Je n'avais juste pas prévu ça. »
Harry regarda autour de lui.
La salle de contrôle était géométrique, appréciant les lignes et la propreté et les sphères. Ce n'était pas la configuration naturelle, corallienne à laquelle il était habitué, mais une structure de type beaucoup plus mathématique. Il pouvait entendre l'amusement du TARDIS face à sa situation délicate.
« Tu savais que ça allait arriver, n'est-ce pas ? » dit-il en posant les mains sur ses hanches et en lançant un regard noir à la console.
Il sentit le TARDIS caresser son esprit avec apaisement et une confirmation amusée. Harry fronça les sourcils.
« Tu es une maligne. Tu aurais juste pu me dire ce qui n'allait pas dans le projet. Maintenant papa est certainement en train de paniquer et je vais avoir de gros ennuis et je viens de dire ça à voix haute, n'est-ce pas ? »
Le Docteur (pas son papa, bien qu'il soit son papa, mais pas encore) et Sarah Jane Smith le regardaient.
« À qui tu viens de parler ? » demanda le Docteur.
Harry se balança sur ses pieds, mal à l'aise et visiblement peu volontaire pour répondre aux questions. Le Docteur ne sembla pas ravi du tout.
« Tu apparais dans mon TARDIS, en parlant d'accident Temporel qui peut avoir déchiré le vortex et tu parles à des entités invisibles. J'aimerais des réponses. Ton nom, pour commencer. »
Harry soupira.
« Mon nom est Harry. Je parlais au TARDIS et je viens de votre futur personnel, Docteur. Malheureusement, c'est tout ce que je peux dire. Quel visage est-ce ? Je l'ai déjà vu mais je ne peux pas me souvenir lequel. »
Sarah Jane écouta avec confusion et choc. Quelqu'un du futur du Docteur ? Comment était-ce possible ?
Le Docteur suivait les mêmes pensées.
« Mon futur ? Comment ? Ce n'est pas quelque chose qui se passe juste comme ça. On ne joue pas avec les anomalies temporelles juste pour le plaisir. »
Harry se tortilla à nouveau, croisant ses mains dans son dos.
« Je, enfin, vous voyez, je travaillais sur un, un, enfin, une sorte de manipulateur de vortex. Je veux dire, pa… Je n'étais pas autorisé à voir celui de mon oncle et donc j'ai voulu en faire un à moi. J'ai juste… Je pense que je me suis trompé dans mes calculs dans le cadre temporel et donc quand je l'ai enregistré dans le matériel que j'utilisais pour mon prototype, ça a buggué et m'a envoyé ici. »
Harry balança un pied. Même si ce n'était pas le visage de son papa qui le regardait, cela ne lui donnait pas moins l'impression d'être face à son papa.
« Tu as fait quoi ? Comment au nom de Rassilon tu as pu réussir ça ? Tu as, quoi, cinq ? six années humaines ?
— J'ai sept ans, je pense. Et je joue avec la physique temporelle depuis que je suis assez âgé pour comprendre les calculs quantiques. »
Le Docteur ne savait pas vraiment quoi faire de ça.
« Et qu'est-ce que tu fais à bord du TARDIS, donc ? Comment tu es monté à bord ?
— J'habite ici. Je suis sûr que je peux retrouver ma chambre si je cherche assez, elle m'aime suffisamment pour ça. Je ne me suis pas déplacé spatialement, juste temporellement. Ce qui devait être le problème, à l'origine.
— Et un futur moi te laisse faire ça ? »
À cela, Harry balança son pied et regarda le sol.
« Enfin, vous savez… Vous n'êtes… pas vraiment au courant de mon projet. C'était en quelque sorte un secret. »
Sarah Jane rit derrière lui.
« Tu as réussi à garder un secret de lui dans le TARDIS ?
— Et bien, ce n'est pas si difficile. Il faut juste savoir comment lui parler. Elle est plutôt agréable, bien qu'elle aurait juste pu me dire ce qui n'allait pas dans l'équation, elle était en train de la compiler. »
Harry lança un regard à la console avec une grimace mécontente. Elle flasha brillamment et le Docteur et Sarah Jane sursautèrent. Le Docteur tourna des yeux bleus choqués vers le petit garçon qui avait, d'une certaine manière, envahi son TARDIS.
« Qu'est-ce que dans l'univers tu es ? N'importe qui ne peut pas parler au TARDIS ! Je ne peux pas ! Presque aucun Seigneur du Temps n'a été capable de communiquer directement avec un TARDIS. Et tu dis que tu vis dans le TARDIS. Qui sont tes parents ? Et comment est-ce que j'ai un jour autorisé ça ? »
Harry fut silencieux pendant un long moment, avant de soupirer.
« Je ne peux pas vous dire ça. Il y a cette règle, vous savez, sur les lignes temporelles et pervertir la fidélité temporelle et tout ça. Nous sommes à l'intérieur d'un être à douze dimensions avec un pouvoir immense, mais la connaissance est la connaissance. »
Le Docteur fronça les sourcils en direction de Harry et regarda Sarah Jane.
« Qu'est-ce que vous pensez de tout ceci, Sarah ?
— Je pense que ça n'a aucun sens. Discours sur le temps et je ne sais quoi temporel. J'essaie toujours de comprendre comment un enfant de sept ans peut savoir tout ça ! »
Harry soupira. Cela ne l'amenait nulle part. Il était dans un TARDIS, à la mauvaise époque, avec un Docteur qui ne le connaissait pas et un compagnon qui voulait constamment souligner son âge. Et il n'avait aucune idée de la façon de retourner à la bonne époque. Le TARDIS n'était pas utile non plus, riant de lui alors qu'il soupirait.
Le Docteur aux yeux bleus et cheveux sauvages le regarda, toujours incertain de ce qu'il pouvait penser de tout ce qui était arrivé.
« Donc, laisse-moi reprendre. Tu es un… compagnon ? de mon futur personnel, qui a perturbé les lignes temporelles si profondément que tu as atterri dans une version passée du TARDIS et tu ne sais pas comment réaligner les cordes temporelles donc, jusqu'à ce que tu réussisses à corriger cette erreur, tu es coincé ici. »
Harry hocha la tête.
« Et bien d'accord. Donc, que penses-tu d'un Jelly Baby pendant qu'on essaie de comprendre tout ça ? »
Harry regarda le sac brun froissé avec curiosité, puis ses yeux s'écarquillèrent :
« Vous êtes le quatrième Docteur ! Sarah Jane m'a parlé de votre goût pour les Jelly Babies. Certes, nous ne sommes pas restés longtemps avec elle, quelque chose au sujet d'aliens et tout, mais elle l'a mentionné. »
Harry se tourna pour regarder la plus jeune Sarah Jane qu'il n'avait pas reconnue avant.
« Donc vous êtes Sarah Jane. Mon p… Docteur m'a parlé de vous. Femme brillante, il a dit. Déterminée et têtue mais qui réussissait toujours à s'en sortir à la fin. »
Il sourit.
« C'est un plaisir de vous rencontrer, Sarah Jane Smith. »
Harry sourit à la jeune femme. La Sarah Jane dont il se souvenait n'était pas perturbée facilement et apparaissait rarement confuse.
« Euh… et bien, d'accord.
— Cependant, je me demande pourquoi vous ne saviez pas qui j'étais quand je vous ai rencontrée… Vous m'avez de toute évidence rencontré avant, donc vous auriez du savoir qui j'étais. Vous demandiez pourquoi j'étais dans une situation aussi dangereuse, compte tenu du fait que je ne suis qu'un enfant. Bien que ça n'ait pas d'importance, c'est moi qui l'ai causée. Papa aurait du s'en souvenir aussi… »
Harry s'interrompit, réalisant qu'il en avait beaucoup trop dit.
« Donc ton papa est à bord du TARDIS aussi. Est-ce que je suis vraiment devenu si casanier avec mon grand âge ? Comment est-ce que j'y arrive sans que le Conseil interfère ? »
Harry balança sa chaussure à nouveau. Il devait vraiment apprendre à garder sa bouche fermée.
« Je… euh, je ne peux pas vraiment vous dire. Je veux dire, c'est votre futur. Je ne peux pas juste dire aux gens leur futur, vous savez… P… Le Docteur m'enfermerait dans ma chambre pendant une semaine et prendrait mon tournevis et mon comp-com et tout. »
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Le Docteur et Rose se précipitèrent à l'intérieur du TARDIS, riant sans souffle. Malgré la course, ils n'avaient pas été chassés ou n'avaient pas fui la planète. La planète sur laquelle ils étaient était plutôt déserte, principalement de la jungle et de belles cascades et des rivières et des courants de gemmes. Non, ils avaient couru pour les souvenirs. Rose avait insisté et le Docteur n'était pas du genre à laisser passer une bonne course.
« J'avais oublié combien ça m'avait manqué. Je ne cours plus beaucoup, ces derniers temps. Enfin, avec quelqu'un à qui je peux tenir la main. »
Le Docteur eut un large sourire.
« Cours ! » dit-il, et il chassa Rose le long de l'allée autour de la console, riant et criant.
Enfin, jusqu'à ce que le Docteur réalise que quelque chose n'allait pas. Le TARDIS était illuminé d'une nuance de doré caractéristique, bien plus brillante qu'elle ne le devrait. Le Docteur regarda la console, inquiet.
« A quoi ça correspond ? Pourquoi ça brille ? »
Le Docteur appuya sur quelques boutons sur le panneau de contrôle principal.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? Il n'y a aucune perturbation temporelle ici. En fait, toute cette planète est si temporellement stable que tu ne devrais même pas étinceler. »
Il tira l'écran vers lui et Rose s'appuya contre son épaule.
« Est-ce que ça peut être une anomalie dans le vortex ?
— Nan, quelque chose comme ça serait plus catastrophique et moins… lumineux. Non, quelque chose perturbe les lignes temporelles du TARDIS même. Ce qui devrait seulement se passer si quelque chose était entré dans le TARDIS et avait manipulé les Stabilisateurs Temporels, et les seuls qui savent comment faire sont moi et… Harry. »
Le Docteur s'arrêta, regardant en direction de la porte qui donnait sur les couloirs du fond.
« Qu'est-ce qu'il fabrique ? Je lui ai dit de ne pas toucher aux stabilisateurs. Il est supposé me dire s'il fait quoi que ce soit qui peut endommager quelque chose d'important, ou compromettre quoi que ce soit. »
Le Docteur se rua vers les pièces du fond et Rose le suivit, de l'inquiétude inscrite sur son visage. Si quelque chose était arrivé à Harry… et bien, elle ne savait pas ce qui arriverait au Docteur, mais elle ne parait rien de bon.
Le Docteur courut le long des couloirs, tournant à des endroits apparemment aléatoires, de l'inquiétude sur son visage. Rose le suivit, gardant le rythme et s'inquiétant pour lui. Petit Harry était beaucoup trop intelligent et pouvait rencontrer une quantité infinie d'ennuis avec les ressources à sa disposition dans le TARDIS.
Des ennuis il semblait avoir trouvé, si la puissante lumière blanche émanant de la pièce en face d'eux était une indication. Le Docteur s'arrêta en patinant, les yeux écarquillés.
« Je lui ai dit de ne pas jouer avec la technologie temporelle ! Il n'a pas assez d'expérience avec les mathématiques ! Qu'est-ce qu'il a fait ? »
Le Docteur entra dans la pièce et Rose, déglutissant, le suivit.
La pièce était vide à part un étrange appareil qui ressemblait à un hypercube et quelque chose que Rose pourrait appeler un Disque Technologique Universel, ce qui avait remplacé l'USB, branché sur le côté. Le Docteur jura.
« Quoi ? Qu'est-ce que c'est ? demanda Rose avec inquiétude. Et où est Harry ?
— Quand est une meilleure réponse, si j'en juge par ce qu'il fabriquait. Je lui ai dit de ne pas jouer avec ça ! Je lui ai dit ! Il n'a pas suffisamment de connaissances sur les calculs temporels !
— Mais qu'est-ce que c'est ? »
Le Docteur se tourna vers Rose.
« C'est… Tu connais le Manipulateur de Vortex de Jack ? »
Rose hocha la tête.
« Et bien, il y a quelques temps, j'ai dit à Harry qu'il ne pouvait pas jouer avec. Je veux dire, il y a assez de technologie là-dedans pour faire un trou dans le vortex s'il ne fait pas attention, ces choses sont plutôt délicates et dangereuses et loin d'être parfaites lors de leur utilisation. Mais apparemment, il a décidé qu'il voulait vraiment jouer avec le concept de la manipulation spatio-temporelle. Et il semble qu'il ait planté une équation vraiment basique. Ce qui est la raison pour laquelle je lui ai dit de laisser ces choses de côté ! »
Il sembla crier en direction d'un Harry qui n'était pas là pour l'entendre.
Cela ne rassura pas Rose. La manipulation temporelle était un processus compliqué à elle-seule, elle avait vu le Docteur la planter suffisamment souvent. Savoir qu'un garçon de sept ans jouait avec les mêmes concepts…
« Est-ce qu'il va bien ? demanda-t-elle, inquiète. Où… Quand est-il ?
— Oh, il est dans le TARDIS, il n'a pas suffisamment avancé ses calculs sur la manipulation spatiale pour être ailleurs, et le TARDIS veille sur lui. Donc il est dans le TARDIS. La question est quand. Et je ne sais pas. L'équation est si brute que c'est impossible à déterminer. Et je vais devoir la démêler pour le ramener sur la bonne ligne temporelle. Ça va être un vrai processus. »
Le Docteur regarda Rose.
« Est-ce que tu voudrais bien me ramener du thé de la cuisine ? Je vais devoir démêler les expériences de mon imprévisible fils. »
Rose hocha la tête. Le Docteur était de mauvaise humeur et elle n'enviait pas Harry du tout à son retour. Il devrait faire face à la musique et elle ne voulait certainement pas être dans ses bottes. Avoir le Docteur pour père était probablement à la fois excitant et terrifiant, particulièrement quand on se trompait en jouant avec des choses auxquelles on n'a pas le droit de toucher.
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Harry, coincé dans le passé avec le quatrième Docteur, Sarah Jane et un TARDIS rieur et inutile, soupirait. Le Docteur, qui ressemblait tant à son père mais sans lui ressembler en même temps, l'avait entraîné avec lui jusqu'au panneau de contrôle central.
« Donc tu as décidé de jouer avec la Stabilité Temporelle et pourtant personne de l'AIC n'est venu te chercher, ou moi. Donc voyons voir ce que tu as fait à mon TARDIS exactement. Et comment on peut réparer ça. »
Harry le regarda.
« Je ne peux pas le réparer d'ici. Les équations et le manipulateur sont restés dans mon TARDIS. Et à moins que le TARDIS veuille se montrer utile et révèle une pièce qui, pour vous, n'existe pas encore, nous allons devoir faire confiance au Docteur de mon époque pour résoudre le problème. »
Harry regarda le mur.
« En espérant qu'il ne passe pas la moitié du temps à râler au mur sur combien je suis irresponsable pour jouer avec des choses avec lesquelles je ne devrais pas jouer.
— Donc tu ne peux rien faire d'ici ? Tu sais combien de temps tu vas rester ici ?
— Nan. Aucune idée. Cependant… »
Harry sortit un morceau de son papier et un ustensile d'écriture et commença à griffonner des équations. Le Docteur regarda par dessus son épaule, les yeux écarquillés.
« C'est du Gallifreyien ? Comment tu… comment tu peux possiblement savoir… ?
— Les avantages de grandir dans le TARDIS, vous pouvez apprendre la langue maternelle. Maintenant chut, j'essaie de me concentrer. »
Harry dessina quelques équations supplémentaires avant de tourner le papier et de griffonner quelques lignes dans un langage que le Docteur mit un moment avant de reconnaître.
« Comment est-ce que tu peux connaître ce langage ? » demanda-t-il avec incrédulité.
Harry lui fit un geste désinvolte.
« Voilà, voilà l'équation que je pense avoir plantée. Avec quelques unes des équations de base à l'extérieur, mais celle-ci est la principale. Donc, oh brillant Seigneur du Temps, où est-ce que je me suis trompé ? »
Le Docteur, avec de grands yeux, prit le morceau de papier de Harry et le regarda. Puis il plissa les yeux, réfléchissant.
« Je vois pourquoi tu as échoué. Est-ce que tu as regardé les Localités Temporelles telles que Décrites par la douzième dimension et comment elles affectent la relocalisation de la matière ? Non, je ne pense pas. Tu n'as pas réussi à prendre en compte la localité temporelle réelle de l'espace que tu habites. Si tu viens du TARDIS, ce que je suppose puisque c'est la seule manière pour que tu sois arrivé à l'intérieur du TARDIS, tu as donc oublié de prendre en compte le TARDIS lui-même. Le fait qu'il existe dans douze dimensions, dans toutes les époques possibles, et bien, ça devient une question de sortir ça de l'équation. Tu devrais m'écouter quand je te dis de ne pas jouer avec les anomalies temporelles. »
Harry soupira et regarda le sol.
« Bien sûr que c'est ce que j'ai fait. Maintenant, j'ai juste à espérer que le Docteur répare ça avant que je sois coincé ici pour toujours. Si le TARDIS voulait bien coopérer, ce ne serait pas si mal, n'est-ce pas ? »
Il dit cette dernière phrase plus fort en lançant un regard noir vers les murs. L'écho d'un rire filtra dans l'esprit de Harry et il grogna. Bien sûr que le TARDIS ne serait d'aucune aide. Il s'était planté. C'était à lui de comprendre son erreur.
« Je n'arrive toujours pas à croire que tu parles avec le TARDIS. Ce n'est pas quelque chose de faisable, peu importe ce que tu es. Je ne peux pas parler avec le TARDIS. »
Harry le regarda.
« Ce n'est pas tant parler mais plutôt échanger des émotions et des images. Mes mots sont traduits à cause de notre lien unique, mais autrement, elle me parle avec des impressions plutôt qu'avec des mots et des phrases complètes.
— Lien unique ?
— Je ne peux pas vous dire. Lignes temporelles à préserver et tout ç… »
Harry commença à disparaître, une lumière blanche enveloppant son corps. Il regarda le quatrième Docteur.
« Je crois que papa a compris. Au revoir, Docteur. C'était agréable de rencontrer votre visage plus jeune. »
Harry agita la main et puis, dans une grande effusion de lumière, il s'évanouit dans l'air.
Le quatrième Docteur sembla stupéfait pendant un moment. Papa ? Puis, avec la disparition de la lumière blanche, le souvenir de l'événement disparut. Il cligna des yeux, regardant autour de lui. Qu'est-ce qu'il faisait dans la salle de contrôle ?
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Harry avait l'impression de tomber. Il n'était pas sûr de vers où il tombait ou d'où il tombait, mais il tombait. Une cascade dorée d'énergie l'entourait et il soupira en se demandant ce qui allait se passer quand il serait de retour là où il devait être. Il était sûr que son père ne serait pas ravi. Il pouvait l'imaginer à présent. Un petit garçon aux cheveux noirs trouvé en suspension dans le temps, une punition pour avoir joué avec des calculs temporels qu'il ne comprenait pas vraiment. Il pouvait être laissé là pendant des années. Il gémit. Son papa allait être si en colère.
Il se prépara pour l'inévitable alors qu'il sentait la lumière l'abandonner. À n'importe quel instant, il verrait le visage de son papa au dessus du sien.
Sauf qu'il ne le vit pas. A la place, un visage jeune, enfantin avec des yeux verts étrangement âgés et un noeud papillon emplit son champ de vision. Harry cligna des yeux. Puis il grogna.
« Je suis à la mauvaise époque, n'est-ce pas ?
— En effet, Harry. Juste un peu au delà de ton époque, je pense, j'ai manqué la date, il me semble. Je t'ai envoyé trop loin en avant. Et bien, je suppose que j'y arriverais tôt ou tard mais pour le moment, te voilà ici. Te voilà ici ! Est-ce que ce n'est pas merveilleux ! »
Harry regarda le visage du Docteur.
« Donc je suppose que tu es une incarnation plus tardive de papa, c'est ça ? demanda-t-il.
— Ouaip. La suivante, en fait. Onze. Un vrai petit désordre, que tu t'es créé. Fini par rebondir dans le temps. En avant et en arrière et de partout. Jouer avec le temps n'est pas la chose la plus sûre.
— Tu as fini avec deux fois plus d'énergie, n'est-ce pas ? Et tu ressembles à un adolescent, papa. Je parie que tu termineras par être un enfant quand tu atteindras ta treizième régénération. Selon tes apparences, tu es de plus en plus jeune à chaque régénération. Et c'est quoi ce noeud papillon ?
— Les noeuds papillon sont cool.
— Qu'est-ce que Rose dit là-dessus ?
— Rose les apprécie comme il faut ! » protesta le Docteur.
Harry soupira.
« Et je suppose que je ne peux pas poser trop de questions, n'est-ce pas ?
— Nan, désolé. Des lignes temporelles à préserver et tout. Je pense que tu ne resteras pas là longtemps non plus, puisque que j'ai été rapide à réparer toutes les petites erreurs que tu as faites pour te retrouver. Bien que pour une quelconque raison, je ne me souviens pas de comment cette histoire s'est terminée.
— Je parie qu'elle s'est terminée avec moi puni pour la moitié de l'éternité pour avoir jouer avec les anomalies temporelles.
— Oh, je parie que tu peux compter dessus. »
Harry se redressa et regarda autour de lui.
« C'est plutôt une jolie apparence pour elle, tu sais. Des lignes propres mais un peu de folie. Ça te correspond plutôt bien, Papa. »
Les escaliers étaient élégants et en verre, une belle combinaison de praticité et d'étrangeté. Le verre était répété un peu partout. Le sol autour de la console, le sol en général.
C'était un TARDIS très très différent de celui qu'il connaissait. Au moins à l'extérieur. L'essence du TARDIS flottait toujours autour de lui, caressant son esprit et riant de lui. Mais cependant, avec la régénération, le TARDIS changeait avec son pilote, le Docteur changeant de visage de manière aussi choquante que le TARDIS. Une reconstruction faciale dans des proportions épiques. Il n'était pas sûr d'apprécier ça, si ça arrivait quand il était toujours en vie.
Harry regarda attentivement son papa. Regarda vraiment. Il semblait si vieux, et pourtant son visage était si jeune. Son papa, re-né dans cette forme étrange, pseudo-similaire à celle qu'il connaissait si bien, et pourtant si complètement différente. Il pouvait voir l'excitation dans ses yeux, et il pouvait aussi voir une étrange forme d'envie. Harry tendit ses mains, une demande sans mots qu'il savait que son papa comprendrait.
Un sourire apparut sur le visage du Docteur et Harry fut soulevé et serré fortement. C'était le genre de câlins que Harry aimait, serré et chaud et plein d'amour. Peut-être un peu trop fort, un peu trop désespéré, mais Harry était certain qu'à ce moment, s'il était toujours en vie, il était un vieil homme et ce Docteur n'avait jamais tenu le petit garçon qu'il avait élevé.
« Hey papa. » murmura-t-il à l'oreille du Docteur.
Il entendit le reniflement.
« Hey Harry. Peu importe combien je suis en colère contre toi pour cette bêtise, souviens-toi que je suis heureux que tu l'aies faite. Je suis si heureux de te voir à nouveau. »
Il serra son étreinte sur le petit garçon.
Le Docteur serra fortement le petit corps qui était son fils. Son fils perdu dans le temps, hors de sa propre ligne temporelle, mais son fils tout de même. C'était quelqu'un qu'il n'aurait jamais pensé voir comme enfant, pas avec ce visage. Il le tint d'autant plus serré. C'était un privilège de tenir le jeune enfant brillant qu'était Harry.
« Docteur ? Qui… qui est-ce ? »
Harry leva les yeux. Une fille rousse avec un accent écossais (son papa, celui avec le visage qu'il connaissait, était très bon en accent écossais) descendit les escaliers.
« Rose a dit que quelque chose se passait, mais… qu'est-ce qu'un enfant fait à bord du TARDIS ? »
Harry se tourna pour regarder la fille, puis son père. Il sourit.
« Salut, je suis Harry. Heureux de vous rencontrer.
— Harry ? Le Harry ? Le fils du Docteur Harry ? Mais je pensais… N'es-tu pas… Pourquoi es-tu un enfant ? Est-ce que quelque chose s'est passé ? Je ne comprends pas… »
La fille semblait perdue.
« Docteur, qu'est-ce qui se passe ? Je pensais que Harry était…
— C'est mon fils du passé. Enfin, mon passé, mon passé personnel. Il a eu le malheur de se tromper de quelques chiffres dans un calcul qu'il faisait et de le renseigner dans un manipulateur temporel et il est donc dans un Déplacement Temporel entre différentes époques de l'histoire et du futur du TARDIS. Se déplaçant constamment en arrière et en avant et en arrière et en avant, enfin, jusqu'à ce que je puisse faire quelque chose à ce sujet. Donc, Harry, voici Amelia Pond, compagnon actuel et fiancée de Rory Williams. »
Harry sourit à Amelia.
« Bonjour Amelia. Comment allez-vous ?
— Euh, et bien, salut Harry. C'est un plaisir de te rencontrer. Juste, juste Amy, s'il te plaît.
— Mais Amelia est un nom génial ! Il y a une planète dans la galaxie Nebula V7 qui s'appelle Amelia et tous ceux qui y habitent sont les Amelialites. C'est fascinant. »
Amy sembla surprise.
« Vraiment ? Toute une planète appelée Amelia ?
— Enfin, en traduction, ça donne Amelia. Ils parlent dans une série de couinements et de sifflements donc quand c'est traduit en Standard, c'est Amelia. Endroit fascinant, vraiment. Ils ont une musique merveilleuse là-bas. »
Amy rit.
« Tu es le fils de ton père, ça au moins, c'est vrai. Je me posais la question, mais te voilà, un enfant, et tu parles exactement comme lui.
— C'est le risque en habitant le TARDIS, j'ai bien peur. On finit tous par parler comme papa. C'est juste comme ça que ça se passe.
— Non, juste toi. Rose ne parle pas comme ça et elle est ancienne. Je suppose. Enfin, euh, elle, elle ne paraît pas vieille mais elle dit qu'elle est vraiment… »
Amy s'interrompit quand le Docteur la regarda, les yeux perçants lui demandant de se taire.
« Amy chérie ! Te voilà ! Je te cherchais ! » appela une voix, résonnant dans le TARDIS, alors qu'une femme avec des cheveux en boucles serrées entrait par la porte du fond.
Harry cligna des yeux dans sa direction, les yeux émeraudes curieux, et la femme haleta.
« Harry ? Harry, est-ce que… est-ce que c'est toi ? »
Harry regarda le Docteur, qui le souleva sur l'autre hanche et regarda la femme avec des yeux sévères.
« River, c'est Harry, du passé. Il s'est coincé dans un déplacement temporel. Il va rester ici un moment, au moins jusqu'à ce que j'arrive à réparer son erreur mathématique dans la véritable ligne temporelle à laquelle il appartient. »
Les yeux de River étincelèrent de larmes.
« Oh, oh, je vois. Euh, et bien, bonjour Harry. Je suis River. C'est un plaisir de te rencontrer.
— Salut River. Je vous en demanderais bien plus puisque vous semblez bien me connaître, mais j'ai peur que mon papa se froisse là-dessus et il n'est pas agréable quand il est froissé. Il a tendance à faire des caprices et tout. »
Harry sourit, avec un peu de malice.
« Mais c'est juste trop amusant de faire ça. Il devient tout nerveux et il commence à partir dans une de ces très longues diatribes. Je trouve ça plutôt amusant. »
Amy gloussa et River sourit, couvrant sa bouche, mais Harry pouvait toujours voir une étrange forme de tristesse dans ses yeux, une tristesse à laquelle il ne s'attendait pas de la part d'une personne qu'il n'avait encore jamais rencontrée. Il tira sur le noeud papillon de son papa et murmura dans son oreille :
« Pourquoi est-ce que River est si triste ? Est-ce que quelque chose s'est passé ?
— Oh Harry, tu sais que je ne peux pas te le dire. Je dois préserver les lignes temporelles et tout. Si quelque chose se passait différemment… Je ne pourrais pas le supporter. Non, non. Ça va aller. River est juste heureuse de te voir. Tout va bien, d'accord ? » lui dit le Docteur sérieusement, mais Harry ne s'y trompa pas.
Ce n'était pas très difficile de savoir quand son papa lui disait des choses parce qu'il le devait. Harry était devenu bon pour voir la tristesse se cachant sous le masque de la joie.
Mais ça ne voulait pas dire qu'il pouvait y faire quelque chose. Il soupira et se résigna à rester dans le noir pendant un moment.
« Bien. Peu importe. Je suppose. »
Harry appuya la tête contre l'épaule de son père un moment, avant de lever les yeux.
« Où est Rose ? »
Le Docteur sourit.
« Elle est en train de s'occuper de quelque chose. De plus, elle dit que tu ne l'as jamais rencontrée quand tu es venu ici, et donc elle reste hors de vue. On ne peut pas jouer avec les lignes temporelles, n'est-ce pas ? D'accord Harry, je suppose qu'il est bientôt temps pour toi de partir, hein ? »
Harry regarda autour de lui. Dans les bras du Docteur, il commençait à briller d'une lueur blanche intense. Le signe qu'il se déplaçait à nouveau. Tombant à travers les lignes du temps vers le passé. Ou le futur. Ou peu importe où il atterrirait ensuite. Il n'en savait rien.
Il serra fort son père, espérant que la prochaine fois qu'il verrait son papa, ce serait celui qu'il connaissait et non une de ses incarnations passées. Il n'avait pas particulièrement apprécié le moment où il avait rencontré un Docteur qui n'était pas son père.
« Au revoir papa, je t'aime, dit-il. Dis au revoir à Rose aussi. Au revoir Amy, River. Je suppose que je vous reverrai un jour. »
River lui sourit à travers la tristesse sur son visage et Amy hocha solennellement la tête.
« Oui Harry, je suppose qu'on se reverra. »
Et Harry disparut dans un tourbillon de lumière blanche, laissant le Docteur, Amy et River seuls dans la salle de contrôle. Petit Harry avait disparu et le Docteur abandonna son visage joyeux.
« Ça va aller Docteur. On va trouver une solution, d'accord ? »
Amy posa un main sur l'épaule du Docteur et le Docteur la regarda, le visage tiré et plein de douleur.
« Oui, oui, on va trouver quelque chose. »
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Le Docteur, dans sa dixième incarnation et avec Rose à ses côtés, se battait avec la machine que son fils avait construite.
« Bon sang, Harry, quand je te dis de ne pas toucher à quelque chose, je le pense ! Il y a une raison pour laquelle tu n'étais pas censé toucher au flux temporel ! Tu n'en sais pas assez ! »
Il bidouilla quelque chose.
« J'espère que c'est le bon. » marmonna-t-il.
Rose regarda le Docteur avec inquiétude. Il se concentrait si fort sur le fait de ramener Harry qu'elle ne savait pas s'il supporterait d'échouer. Que se passerait-il si son erreur lui coûtait si cher ? Elle ne pouvait imaginer l'effet que ça aurait sur le Docteur.
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Harry tombait à nouveau. C'était une sorte de tunnel doré, une masse d'énergie dorée. Il fronça les sourcils. Comment allait-il sortir de ça ? Il savait que son papa devrait le ramener, il n'avait pas les outils nécessaires sur lui puisqu'ils étaient tous avec son papa dans sa propre ligne temporelle. Mais allait-il terminer là cette fois ? Est-ce que ça fonctionnerait ? Il ne le savait pas mais ne pouvait qu'espérer.
Quand il atterrit, il regarda autour de lui, espérant voir quelque chose, n'importe quoi, de familier. Et non, il n'était définitivement pas de retour chez lui. Le TARDIS était étrange. Blanc. Très blanc. Et géométrique, avec des trous sphériques à intervalles réguliers dans le mur dans un motif répétitif. Certainement pas le TARDIS qu'il connaissait. Il se demandait à quelque point en arrière (ou en avant, mais avec ce type de décor, il en doutait) il était allé.
Quelques chaises dans un coin et la porte (pas les portes en bois de la coque extérieure qu'il connaissait mais plutôt des portes blanches, en accord avec l'intérieur). Le panneau de contrôle était géométrique et clignotait brillamment, la colonne centrale était étroite, la pièce simple dans son concept. Il devait être remonté loin en arrière.
Et, et il y avait des gens. Qui le regardaient. Il soupirait. Bien sûr il devait arriver au milieu d'une altercation, puisque c'était ce que c'était, de toute évidence. Un homme assez âgé, habillé en costume et cravate, se tenait à côté d'une des chaises. Une jeune fille se tenait vers la console, une femme et un homme, deux professeurs de quelque chose si Harry devinait bien. Merveilleux, juste merveilleux. Il agita légèrement la main.
« Salut.
— Qui es-tu et que fais-tu à l'intérieur du TARDIS ? Et qu'est-ce donc ces personnes qui entrent dans le TARDIS sans permission ? » dit l'homme âgé.
Harry sourit légèrement. C'était le Docteur, il l'aurait parié.
« Bonjour Docteur. Je suis désolé de vous tomber dessus comme ça, je ne l'aurais pas choisi, vraiment je ne l'aurais pas, mais ces derniers temps je suis en quelque sorte… coincé dans un Déplacement Temporel. »
Harry bougea nerveusement.
« Je devais remonter aussi loin, n'est-ce pas ? Tu aurais juste pu me dire ce qui n'allait pas dans l'équation, mais non, tu devais me laisser la planter. Il va être si en colère avec moi quand je vais rentrer. Et tu te moques de moi, n'est-ce pas ? »
Le TARDIS se moquait définitivement de lui. Il pouvait le sentir, le carillon d'un rire de l'être aux douze dimensions filtrant dans son esprit. Et il ne recevait toujours aucune aide de sa part.
« Tu es dans quoi ? » demanda le professeur masculin avec incrédulité.
Harry haussa un sourcil.
« Un Déplacement Temporel. Un… Je suppose qu'on peut dire que je rebondis d'un point à un autre du temps dans la ligne temporelle du TARDIS. Je ne vais nulle part spatialement mais temporellement, c'est comme si je suis une balle de ping pong, devant faire confiance à mon Docteur pour réparer mes erreurs. »
Harry fit un geste autour de lui en parlant.
« Je reste dans les paramètres du TARDIS, en fait, je réapparais directement à l'endroit que j'ai quitté lors du précédent déplacement temporel. Mais je n'ai pas réussi à retourner à mon époque pour le moment.
— Tu parais aussi fou qu'eux. Ne me dis pas que tu crois en toutes ces âneries sur le voyage spatio-temporel ! C'est 1963 ! Ce n'est juste pas possible ! » s'exclama l'homme.
Harry cligna rapidement des yeux.
« Attendez… vous… n'êtes pas des compagnons ? Qu'est-ce… qu'est-ce que vous faites dans le TARDIS alors ? Comment vous êtes entrés dans le TARDIS ? »
La jeune fille parla :
« Ils m'ont suivie. Bien que je dois savoir, qui es-tu ? Et comment en sais-tu autant ? Je n'ai même pas encore appris à manipuler la localisation spatio-temporelle et tu es plus jeune que moi ! »
Harry eut un sourire ironique.
« Techniquement, je n'étais pas supposé la pratiquer. Mais je n'ai pas dit à mon Docteur que je le faisais et, et bien, j'ai fini par… me planter un peu. Je suis Harry, occupant actuellement le TARDIS, techniquement né sur Terre mais je n'y ai jamais vécu longtemps. Enchanté de faire ta connaissance. »
Il tendit une main à la fille. Elle la prit en souriant.
« Je suis Susan, la petite-fille du Docteur, née sur Gallifrey à la fin de l'Âge du Chaos alors que le règne de la Pythia s'achevait. Enchantée de faire ta connaissance également. Tu dois me dire les équations que tu as utilisées. Il ne me laisse jamais étudier…
— Ça suffit ! Je ne peux pas laisser continuer cette absurdité plus longtemps ! Susan, tu dois cesser ces enfantillages, ce n'est pas sain ! » dit le professeur féminin, les mains en l'air.
Harry cligna les yeux d'étonnement, puis regarda Susan, qui haussa les épaules.
Le Docteur, qui avait regardé avec confusion et curiosité, vint se poser à côté de Harry et Susan.
« Mon garçon, si ce que tu dis est vrai, tu es donc plutôt loin de ta propre époque. Je n'ai jamais entendu parler d'une erreur aussi remarquable, mais j'imagine que je dois avoir pas mal de problèmes avec toi.
Harry eut un grand sourire :
« Vous n'en avez pas idée.
Il se tourna vers les deux autres adultes dans la pièce.
« Qui sont-ils et pourquoi sont-ils ici ?
— Grand-père ne les laisse pas partir. Ils n'auraient pas du venir dans un premier lieu et ils refusent de nous croire concernant le TARDIS. Ils sont mes enseignants à l'école mais ils m'ont suivie ici. »
Susan lança un regard noir à ses professeurs.
Harry leva un sourcil.
« Vraiment ? Et ils sont coincés à l'intérieur ? Pourquoi ? Ce n'est pas comme si quelqu'un allait vraiment les croire s'ils partaient et vous pouvez partir après les avoir laissés sortir.
— Le conseil serait furieux. Nous avons déjà été exilés de Gallifrey, nous n'avons pas besoin de donner une autre raison à l'Agence d'Intervention Céleste d'interférer. » dit Susan.
Les yeux de Harry s'écarquillèrent.
« Exilés ? Donc vous… vous êtes le Premier ! Le tout Premier Docteur ! Oh wouah, je veux dire, je savais que j'étais remonté loin, mais jusqu'au tout début… bon sang, papa doit vraiment avoir du mal avec le problème… murmura Harry.
— Papa ? Ton père est aussi à bord du TARDIS ? S'il te plaît ne me dis pas que je suis devenu une crèche interstellaire. »
Harry sourit.
« Nan, juste moi. Et je suis suffisamment difficile.
— J'imagine, mon garçon, j'imagine.
— Ian Chesterton et Barbara Wright, je connais ces noms ! Oh wouah, je suis vraiment remonté au tout début, n'est-ce pas. »
Harry regarda les deux humains stupéfaits à la porte.
« Salut, c'est un honneur de vous rencontrer. »
Ils se contentèrent de le regarder.
Harry aurait dit davantage, mais il sentit l'énergie autour de lui se rassembler et il espéra qu'il reviendrait à la bonne époque cette fois. Cela devenait de plus en plus court, son séjour à chaque époque. Il ne pouvait plus entendre ce que disaient les personnes autour de lui, bien qu'ils soient clairement surpris par les événements. Il pouvait entendre le TARDIS à nouveau, murmurant avec apaisement dans son oreille. Il n'était pas sûr de ce que ça signifiait, mais il espérait que ça voulait dire qu'il serait bientôt de retour.
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Rose voyait le Docteur debout directement au centre de la lumière, triturant les commandes et jurant doucement, le regard fiévreux. Il était en panique, elle pouvait le dire, bien qu'il soit très très attentif à rester sous contrôle et réaliser chaque mouvement avec précision. Elle entendait ses grommellements, principalement dirigés vers son fils imprévisible et ses choix malheureux de loisirs.
« Vraiment, Harry, tu n'aurais pas pu choisir quelque chose de moins dangereux ? Il y a de la technologie des trous noirs ici, des expériences quantiques, le voyage des ondes, mais non, tu as du aller droit au transport spatio-temporel. Quand tu reviendras, tu seras de corvée de nettoyage dans les salles de stockage jusqu'à ton prochain anniversaire. »
Rose commençait à compatir pour le bambin qu'elle ne connaissait que depuis à peine une demi-journée. Il allait avoir beaucoup de travail à son retour.
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La lumière blanche l'abandonna, et Harry était étalé sur le sol du TARDIS. Ces voyages commençaient à devenir douloureux, il réalisa. Douloureux et mentalement perturbants. Il ne l'avait pas remarqué auparavant, mais le déplacement lui faisait tourner la tête et son esprit tournait dans tous les sens. Il savait que si sa magie n'avait pas été restreinte par le collier, elle aurait aussi explosé autour de lui. Il sentait pour le moment sa peau crépiter comme si elle tentait de s'échapper. Il espérait que c'était la bonne époque.
Il sentit son espoir s'envoler alors qu'il regardait la salle de contrôle dans laquelle il avait atterri. C'était l'étrange forme corallienne à laquelle il était habitué, avec le doux éclairage et les couleurs bleues feutrées. Mais c'était, d'une façon ou d'une autre, pas la bonne. Il le sut immédiatement, dès que son espoir se fut dispersé. Il y avait trop de douleur pour être son TARDIS, trop de douleur vive et de désespoir et il ne put que deviner qu'il s'agissait du neuvième Docteur, celui qui avait survécu à la Guerre du Temps, et il trembla. Son père parlait rarement de cette époque. Ce n'était pas un souvenir agréable pour lui, clairement, mais Harry n'était pas sûr d'être prêt à être confronté à un Docteur plongé dans une douleur qui, occasionnellement, submergeait encore son propre père.
Il n'avait pas vraiment le choix cependant, il semblait, puisque le neuvième Docteur entra à grandes enjambées dans la salle de contrôle pour s'arrêter net à la vue de Harry par terre dans un coin.
« Qui es-tu ? Pourquoi es-tu dans mon TARDIS ? »
Harry soupira. Il voulait vraiment retrouver son père, le voulait vraiment. Il préférait les cris et la punition à cette confusion sur son identité et l'absence de savoir.
« Je m'appelle Harry. Malheureusement vous ne me connaissez pas encore. Je viens de votre futur. Oui, oui, vous avez un futur, arrêtez d'être aussi lugubre. J'en fais partie, je suis bien placé pour le savoir.
— Comment est-ce que je pourrais croire ça ? Tu es juste un gamin !
— J'ai joué avec des calculs temporels et je me suis trompé sur quelques uns. Oups. Donc je suis coincé dans une sorte de déplacement temporel. Je suppose que mon Docteur va bientôt réparer ça. J'espère. Autrement, je vais continuer à me déplacer d'époque en époque pendant un moment. »
Harry se gratta la tête, regardant le Docteur.
« Ce que je n'apprécie pas autant que je le pensais. C'est plutôt irritant, pour être honnête. Rencontrer différents vous qui ne me connaissent pas est frustrant et je veux juste retourner à ma propre époque. Ça commence aussi à perturber l'équilibre chimique de mon cerveau, et mon essence est bouleversée. »
Le Docteur bredouilla devant le garçon en face de lui.
« Impossible. Il n'y a aucune façon pour que tu aies fait ça ! Les calculs mathématiques, les expansions dimensionnelles, elles ne sont pas accessibles pour un enfant ! »
Harry leva un sourcil.
« C'est pour ça que je préfère mon Docteur. Il a appris la valeur du mot impossible comme quelque chose qui ne doit jamais être dit parce que quelqu'un le déferait aussitôt.
— Ça ne change rien au fait que ça ne devrait pas être possible pour toi de… de faire ce que tu as fait ! Tu as, quoi, cinq ans ? Six ?
— Je suis supposé avoir sept ans, merci beaucoup, mais ce n'est pas important. Depuis quand l'âge a-t-il la moindre importance dans ce qu'on peut ou ne peut pas faire ? »
Harry s'épousseta et s'appuya sur la structure corallienne, essayant de retrouver son équilibre. Le TARDIS essaya de le caresser, mais la douleur était trop fraîche et elle ne pouvait pas la repousser. Il caressa l'enduit de corail avec apaisement, la laissant goûter sa magie et s'enrouler autour d'elle un peu. Il regarda son père avec accusation.
« Vous n'avez pas vraiment pris soin d'elle. » accusa-t-il.
Le Docteur se recula, choqué.
« Tu… est-ce que tu parles au TARDIS ? C'est impossible ! »
Harry soupira.
« Je suis vraiment heureux que vous vous soyez débarrassé de ce mot avant que j'arrive. C'est vraiment ennuyant. Et ça ne change pas le fait que vous n'avez pas pris soin d'elle. Elle souffre et elle essaie de trouver du réconfort auprès de vous, de vous aider, et vous ne la laissez pas faire. »
Le Docteur lui lança un regard noir.
« Je… Je ne peux pas. Je viens, ce que je viens de faire… Je ne devrais même pas être là. C'est de sa faute si je suis là. J'aurais du… J'aurais du être là-bas, avec eux, mais elle ne m'a pas laissé ! Elle ne m'a pas laissé rester et mourir avec mon peuple ! »
Harry se tendit légèrement avec ça. Il avait sous-estimé à quel point cette époque avait été noire pour son père.
« Ça n'est toujours pas juste ! Elle est tout ce qu'il vous reste, non ? Tout ce qu'il vous reste de chez vous ? Donc vous devriez la chérir ! Trouver du réconfort en elle, c'est votre maison à présent, la seule maison que vous avez ! L'ignorer ne vous rendra pas mieux, vous ou elle ! »
Les yeux bleus le percèrent.
« J'ai détruit ma race entière, chacun d'eux. Comment est-ce que je pourrais un jour aller 'mieux' ?
— Vous irez mieux. Ça prendra du temps, et d'autres. Cela pendra beaucoup de temps et vous vous sentirez terrible pendant un long moment. Ça ne partira pas, mon Docteur est toujours blessé, mais ça va mieux, et il aime le TARDIS. »
Harry essayait toujours d'assimiler la destruction des Seigneurs du Temps des mains de son père, il n'avait jamais vraiment entendu ça auparavant. Il n'avait jamais vraiment su ce qui s'était passé et son papa faisait en sorte qu'il restait loin de ses documents personnels sur Gallifrey. Il avait pensé que c'était pour d'autres raison, peut-être de la gêne, son papa ne voulait pas que Harry trouve ses bulletins scolaires ou peu importe, mais peut-être…. peut-être c'était pire. Il savait que Gallifrey était partie. Il avait appris ça quand il était petit et qu'il avait voulu y aller. Il savait qu'elle avait péri dans une guerre terrible avec les Daleks, mais il n'avait jamais su comment. Il aurait une discussion avec son père en rentrant.
S'il rentrait.
Harry et le Docteur se fixèrent du regard, yeux bleus contre verts.
« Qui es-tu ? Qui es-tu pour ton Docteur ? Parce que tu n'es pas juste un compagnon pour lui, aucun compagnon ne lui parlerait comme ça. Comme… Comme si tu avais une sorte de pouvoir ou de savoir. »
Harry s'affaissa contre l'enduit coralien.
« Je ne peux pas vous le dire. Vous devriez le savoir. Les lignes temporelles doivent être préservées, elles sont plutôt fragiles. »
Harry lui adressa un faible sourire.
« Vous devrez trouver en temps voulu. »
Le Docteur fronça les sourcils.
« Je… je me souviens en quelque sorte de toi. Tu… Tu es apparu avant, dans le passé. Pourquoi est-ce que je me souviens de ça maintenant, quand je te vois, mais ne le pouvais pas avant ? »
Harry fit un geste autour de lui.
« Le TARDIS. Elle fait ce qu'elle peut pour préserver la ligne temporelle en ne laissant rien échapper quand ça ne devrait pas.
— Comment sais-tu ça ?
— Je lui parle en quelque sorte.
— C'est… c'est impossible. » dit le Docteur d'une voix blanche.
Harry leva un sourcil et refusa de lui répondre.
« Comment parles-tu au TARDIS ? C'est un être à douze dimensions qui existe à tous les points simultanément. Comment peux-tu lui parler ? »
Harry tapota l'enduit de corail.
« Principalement à travers des émotions et des images. C'est plus facile. Pas besoin de gérer tous les problèmes de langage. Les temps s'embrouillent quand on voyage dans le temps, ou quand on existe à tous les points du temps. »
Harry haussa les épaules.
« Et je ne pense pas que je vais rester ici longtemps. Mon Docteur s'améliore dans la correction de l'erreur que j'ai faite dans mes calculs. »
Il évalua le Docteur du regard.
« Et vous devez commencer à aider votre maison. Elle est en colère, tout autant que vous. Et elle ne devrait pas perdre son Docteur. Peu importe ce qu'elle a fait, elle l'a fait pour vous sauver. »
Harry lui sourit.
« Et je suis si heureux qu'elle l'ait fait. Vous êtes ce qui m'est arrivé de mieux. »
Il vit l'expression d'étonnement sur le visage du Docteur alors qu'il disparaissait dans un tourbillon de lumière blanche. Ça devenait fatiguant. Vraiment.
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« Presque… Pas tout à fait ça… Harry, tu as vraiment foiré cette fois, n'est-ce pas ? Planté les maths bien proprement. Quand tu reviendras, je vais m'assurer que tu aies tes leçons de rattrapage de maths en trois exemplaires. Ça n'arrivera plus jamais. Jamais. Si je t'attrape ne serait-ce qu'en train de porter un deux de la mauvaise manière, tu vas refaire tout le calcul de base encore une fois. Je vais verrouiller les livres parlant de quantique, tout ce qui a plus de quatre dimensions à l'intérieur et tu n'y toucheras pas. Je vais y veiller. »
Rose resta debout dans le pas de la porte, se mordillant la lèvre et de plus en plus inquiète. Le Docteur bataillait avec les équations de son fils depuis bientôt une heure et à chaque pulsation de lumière blanche, Rose devenait plus nerveuse. Harry n'était pas encore réapparu et elle pouvait voir la panique grimper chez le Docteur.
Elle ne savait pas combien de temps encore il tiendrait. Elle espérait que Harry serait bientôt de retour.
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Harry atterrit et ses yeux étaient remplis de lumière blanche. Ça s'empirait, ces voyages. A chaque fois c'était de pire en pire. Cette fois, cela prit un moment, quinze secondes, avant que la lumière disparaisse de ses yeux et que sa vue enregistre davantage que du blanc pur.
Et à en juger par la construction de bois sombre autour de lui, il n'était toujours pas à la maison. Cela devenait bien plus que frustrant. Cela devenait irritant et il voulait être avec son papa et pas ses incarnations précédentes auxquelles il ne pouvait rien dire de lui-même. S'il pouvait juste leur dire qu'il était leur fils, du futur, ce serait bien plus facile, mais son père lui avait rabâché la préservation des lignes temporelles dans le crâne depuis qu'il était assez grand pour comprendre le concept de voyage dans le temps. Le TARDIS ne pouvait pas tout cacher, et quelque chose d'aussi important qu'un fils passerait forcément à travers les mailles à un moment ou un autre et la ligne temporelle serait brisée. Il ne pouvait pas.
Ce qui voulait dire que l'homme se tenant devant lui avec les cheveux bouclés roux et habillé d'un manteau de velours vert était, à en juger par son sens de la mode, son père. Quelle incarnation, il n'en était pas sûr, mais c'était définitivement son papa. Seulement son papa avait un aussi mauvais sens de la mode.
« Et bien, bonjour toi. Qui peux-tu bien être ? Et comment es-tu apparu dans mon TARDIS ? »
Harry grogna en se redressant. Il sentit des mains le lever et le stabiliser.
« Tu es vraiment petit, n'est-ce pas ? Donc comment es-tu arrivé ? J'ai vu la lumière blanche, une sorte de moyen de transport, mais rien que je puisse tracer. Pas de transfert spatial. »
Cela faisait, Harry compta, la quatrième fois qu'il expliquait ceci. Cela devenait fatiguant.
« J'ai planté un calcul temporel. Je me déplace seulement dans le temps, pas dans l'espace. C'est un Déplacement Temporel et je suis coincé jusqu'à ce que mon Docteur puisse le réparer. Donc je m'invite dans cette version du TARDIS pendant un moment. »
Il sourit faiblement.
« Est-ce que tu vas bien ? Tu as l'air un peu bancal. » dit le Docteur, de l'inquiétude sur le visage.
Harry leva un sourcil. Cette incarnation du Docteur était bien plus inquiète par son bien-être que la plupart des autres, particulièrement celles qui ne le connaissaient pas.
« Juste… le déplacement commence à avoir des effets physiologiques. C'est un effet secondaire du voyage dans le temps sans un moyen de transport stable ou une enveloppe. Encore plus et je ne serai plus en un seul morceau. Si je n'étais pas qui j'étais, je serai certainement parti bien plus tôt. En tout état de cause, j'ai encore un, peut-être deux voyages avant que mon corps commence à lâcher. »
Le Docteur sembla déconcerté, inquiet.
« Mais tu es juste un enfant ! Comment est-ce que ça peut t'arriver ?
— Je me suis trompé dans un calcul au coeur d'un appareil de transport spatio-temporel et je l'ai renseigné dans l'appareil. Jusqu'à ce que mon Docteur le stabilise, je vais être baladé à travers le temps jusqu'à ce que je sois en petits morceaux ou jusqu'à ce que mon Docteur réussisse à me ramener à la bonne époque. Ce que j'espère vraiment être bientôt.
— J'espère aussi, si c'est si dangereux. Comment est-ce que j'ai pu te laisser faire ça ?
— Vous ne saviez pas. Je faisais juste une expérience. Je ne pensais pas que ça ferait vraiment quelque chose, mais j'ai du entrer le code d'activation en même temps que j'ai envoyé les calculs. »
Le Docteur le conduisit dans un fauteuil plutôt confortable, le laissant s'asseoir et évaluer son corps alors qu'il déguerpit ailleurs. Harry pouvait sentir son coeur forcer juste un peu, se calmant à présent qu'il avait une pause entre les déplacements. Son estomac se tordait de manière inconfortable et son cerveau allait à toute allure. Il prendrait n'importe quelle punition, à présent, juste pour être de retour à la maison.
Le Docteur revint rapidement, une tasse fumante dans la main, et Harry sourit. Du thé. Bien sûr. Qu'est-ce que ça pouvait être d'autre ?
« Tiens, du thé. Cela devrait te faire du bien. Au moins, c'est délicieux. De Frion, la Planète du Thé. Colonisée par des descendants des Britanniques, qui ont réussi à transformer la culture locale utilisée à des fins thérapeutiques en boisson. Ont fait une fortune. Et un thé excellent. »
Harry eut un plus grand sourire.
« Mon préféré. »
Il prit la tasse, prit une gorgée et soupira de contentement. Le Docteur le regardait attentivement, et Harry le détailla de haut en bas. Un homme très efféminé, ce Docteur. Des cheveux blond-roux mi-longs, des traits délicats, la veste de velours vert. Harry allait se moquer de lui pendant un long moment.
« Donc, petit, quel est ton nom et comment exactement as-tu réussi une erreur si spectaculaire ? Pourquoi les Seigneurs du Temps ne sont-ils pas intervenus ? Cela devrait apparaître comme une perturbation plutôt importante sur leurs instruments.
— Dans l'ordre donc. Je suis Harry. Je crois que j'ai oublié de prendre en compte les dimensions supplémentaires dans le TARDIS et j'ai entré le code d'activation en même temps que le code de base et… »
Harry haussa les épaules.
« Pas sûr. Peut-être parce que je reste dans le TARDIS à chaque fois que je me déplace donc je ne vais pas vraiment quelque part spatialement et le TARDIS me protège de leurs yeux observateurs. »
Il sourit. Le Docteur eut un petit rire.
« Tu es un petit intéressant, Harry. Je suppose que tu es plutôt brillant, donc je peux comprendre comment tu peux avoir réussi à faire un travail aussi merveilleux en plantant tes calculs, mais comment l'as-tu fait sans que je le remarque ?
— Euh… J'ai en quelque sorte emprunté un labo non-utilisé au fond du TARDIS. Et je ne vous en ai jamais parlé. »
Le Docteur rit.
« Oh, je vois que tu vas me garder occupé quand je te rencontrerai finalement. »
Harry cacha son visage dans sa tasse avec gêne.
« Donc, quand est-ce que je te rencontre ? »
Harry inclina la tête en le regardant.
« Vraiment ? Vous essayez d'en savoir plus sur le futur ?
— Je devais essayer. »
Ils échangèrent un grand sourire.
« Je savais qu'il y avait une raison pour que les Seigneurs du Temps m'exilent. Jamais conventionnel. Enseigner à des enfants des mathématiques temporelles. Je parie que ça les a ennuyé. »
Harry cligna des yeux, choqué, avant de se reprendre, mais cela n'échappa pas au Docteur. C'était nouveau, que le Docteur soit exilé. Quoi encore ne savait-il pas sur son papa.
« Euh, ouais, je suppose. » répondit Harry évasivement.
Le Docteur l'observa attentivement.
« Tu… tu ne sais rien à ce sujet, n'est-ce pas ? Sur les Seigneurs du Temps. Qu'est-ce que je peux bien t'enseigner ? »
Harry s'enfonça dans son fauteuil. Il ne se faisait pas confiance pour répondre. Cette incarnation était vive d'esprit, plus vive qu'il ne s'y attendait, et il percevait chaque mouvement, chaque sursaut.
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« Ha ha ! Ça y est ! Ce garçon, quand il sera de retour, je vais le faire s'asseoir avec toutes les leçons de rattrapage sur les maths et les calculs dimensionnels et il ne touchera aucune technologie tant qu'il ne pourra pas nommer les calculs et les expansions pour chacun d'entre eux. Ça n'arrivera pas de nouveau ! »
Le Docteur passa une main dans ses cheveux sauvages, défiant toute gravité, et entra quelques nombres supplémentaires avant de faire demi-tour et de courir vers la porte. Rose eut un grand sourire. La lumière blanche dans la pièce flasha brillamment avant de disparaître. Le Docteur tourna sur lui-même dans le couloir, souriant.
« Est-ce… Est-ce que Harry revient, Docteur ? demanda Rose doucement.
— Oh oui, dit-il avec un large sourire. Il revient, et il a quelques réponses à donner. »
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Harry haleta légèrement alors que son corps était entouré de lumière. Il regarda le Docteur et sourit faiblement. Tout ce qui allait lui arriver, la Guerre du Temps et la perte de son peuple. Harry put simplement offrir un geste de la main alors qu'il disparaissait dans un tourbillon de lumière. En espérant que ce soit pour la maison et son papa et le TARDIS qu'il connaissait.
Son corps protesta encore plus contre le voyage, et quand il atterrit (il avait toujours la tasse du plus jeune Docteur), son corps entier trembla en protestation. Le TARDIS s'infiltra dans son esprit, inquiète, ne riant plus. Harry savait qu'il ne pouvait plus se déplacer. Son corps n'était pas heureux, pas heureux du tout. Sa magie étincela et dansa sur sa peau et des petits éclairs d'énergie parcoururent son corps. Il grogna.
« J'espère que je suis de retour à la bonne époque cette fois. J'espère vraiment. »
Il entendit des voix monter du couloir.
« Est-ce que Harry revient, Docteur ? »
C'était Rose.
« Oh oui, entendit-il son père dire, semblant soulagé. Il revient, et il a quelques réponses à donner. »
Donc il était de retour. Son soulagement à être de retour à la bonne époque dépassait la crainte des conséquences de ses actes.
Il appela.
« Papa ! Papa ! Je suis dans la salle de contrôle ! »
Il espérait que son faible cri les atteindrait. Et, à en entendre le bruit de course, ce fut de toute évidence le cas.
« Harry ! Harry ! Oh, Harry, tu es de retour ! Quand j'ai fini de te serrer dans mes bras, tu auras de gros ennuis ! »
Harry fut rapidement soulevé du sol et serré dans une forte étreinte. Il n'avait pas le souffle de protester, non pas qu'il le voulait. Son papa était là, il était de retour à la bonne époque, et il n'y avait rien de mieux que cela.
« Salut papa, murmura-t-il. J'ai eu une sacré aventure. »
Son papa rit faiblement, et il vit Rose debout derrière, souriant joyeusement, des larmes dans les yeux. Il lui sourit, avant de perdre connaissance. Il avait eu une longue journée.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est une fin ~~~~~~~~~~~~~~
Note de la traductrice :
Je publie ce chapitre avec un peu d'avance (il était prévu pour mardi prochain), mais je n'aurai pas d'accès à Internet toute la semaine prochaine. Je ne voulais pas vous faire attendre trois semaines sans explications, alors voilà, vous avez un peu de lecture un peu plus tôt que prévu :)
On reprend le rythme normal des publications ensuite, et le prochain chapitre est donc prévu le 22 mai !
J'en profite pour vous remercier de toutes les reviews, tous les favoris et toutes les alertes que vous laissez sur cette fic ! Je suis ravie de voir que cette histoire vous plait autant qu'à moi ! :)
Réponse aux guest reviews :
Yzeute : Merci, de ma part et de l'auteur ! Pour certains chapitres (notamment celui-là), tu risques de perdre un peu en compréhension, si tu ne connais pas Doctor Who, mais dans l'ensemble, tu ne perds rien de la trame globale (enfin, pour les chapitres publiés pour le moment par l'auteur, je ne connais pas la suite ;) ).
Dans tous les cas, l'auteur parle surtout de la nouvelle version de la série, à partir de 2005, et assez peu des classics, ou alors avec des explications :)
Nathydemon : Haha, tu l'aimes bien, Ianto ! Mais l'auteur a prévu autre chose pour Jack :) Je n'interfère pas avec ses idées, parce que tu vas le voir au fur et à mesure, il y en a beaucoup dans cette histoire, et je préfère la laisser faire :)
A bientôt pour la suite !
