Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole
Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33, en cours
Nombre de chapitres traduits : 15
Chapitre 14 : Où une erreur cause des événements
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un début ~~~~~~~~~~~~~~
Il regarda autour de lui, espérant que son papa, Rose ou Jack étaient dans les environs, mais malheureusement il était seul. Ce qui était la raison pour laquelle il avait pu faire ce qu'il avait fait dans un premier lieu, il réalisa. S'il avait été suivi, il n'aurait pas été autorisé à essayer. Il se demanda pourquoi il n'avait pas été accompagné, puis réalisa qu'il n'avait pas vraiment informé quelqu'un où il allait.
« Ça va aller, Rowena, on va trouver un moyen de réparer ça. Je suis sûr que papa va savoir quoi faire. »
Il se pencha pour soulever l'enfant d'à présent potentiellement deux ans, mais nota l'énergie qui flottait toujours dans la pièce. Il devait fermer le schéma. Dans la précipitation, il renoua les morceaux qu'il avait libérés et tripota son collier avant de soulever la petite fille et courir par la porte. Rowena s'accrocha.
Harry ne savait pas si elle se souvenait de quoi que ce soit ou si elle avait également mentalement deux ans, mais dans tous les cas, il avait de gros ennuis. Son papa ne lui laisserait pas oublier ça. Oncle Jack le lui rappellerait pendant des années. Et c'était s'il parvenait à corriger le problème.
Il n'eut pas à courir longtemps avant de rencontrer quelqu'un.
« Hola Harry, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que c'est que ce bébé ? »
Il était chanceux, c'était oncle Jack. Harry leva les yeux, plein de panique, et son oncle vit son expression.
« Papa. J'ai besoin de trouver papa. S'il te plaît. C'est une urgence.
— Qu'est-ce qui ne va pas ?
— Je… euh… j'étais, j'étais en train de montrer quelque chose à Rowena quand je… euh, je, et bien… »
Harry baissa les yeux vers Rowena rajeunie.
Jack sembla légèrement confus jusqu'à ce que, alors que Harry se balançait sur ses pieds, il comprit. Puis il commença à rire.
« Oh, ça n'a pas de prix ! Tu as réussi à… »
Jack ne put terminer. Harry lui lança un regard noir.
« Est-ce que tu vas m'aider ou non ? » demanda Harry avec irritation.
Jack s'essuya les yeux.
« On ne s'ennuie jamais avec toi dans le coin. D'accord, donne-moi la petite. Tu n'es pas beaucoup plus grand qu'elle maintenant, faudrait pas que tu la fasses tomber aussi. »
Harry fronça les sourcils, mais pouvait voir la logique de l'argument. Il tendit Rowena avec réticence, et Jack prit l'enfant, qui était habillée dans ce qui était probablement un maillot de corps. L'enfant aux yeux bleus lança un regard noir à Jack mais l'autorisa à la prendre.
« Fais attention, avertit Harry. Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé. Ne lui fais rien d'autre. »
Jack hocha la tête.
« Ce n'est pas comme si j'avais de la magie, et je suis bien plus habitué que toi à porter des enfants, petit Harry. D'accord, trouvons ton papa. Je suis sûr qu'il va être ravi d'entendre cette nouvelle histoire. »
Harry grogna.
« Je vais avoir de si gros ennuis.
— Pourquoi ? Ce n'est pas juste un accident magique ? »
Harry secoua la tête. Les yeux de Jack s'agrandirent.
« Qu'est-ce que tu as fait ? »
Harry se pencha juste un peu plus vers le sol. Jack soupira.
« Harry, quand vas-tu apprendre à ne pas jouer avec les choses avec lesquelles tu ne devrais pas jouer ?
— Je lui ai dit de ne toucher à rien. Je lui ai dit, et qu'est-ce qu'elle a fait, elle a touché. »
Harry grogna :
« Je vais vraiment avoir des ennuis.
— Des ennuis de ton papa doivent être le moindre de tes soucis. Voici Helga. »
Harry leva les yeux, choqué, et vit que son oncle avait raison. Il grogna.
« Ça va aller. Je suis sûr qu'elle va trouver ça amusant.
— C'est bien ce qui m'inquiète. Après ça, Rowena va me tuer. »
Helga les rattrapa rapidement et elle regarda le trio avec stupéfaction.
« D'où vient cet enfant ? Nous n'avons pas d'autre enfant à Hogwarts actuellement, surtout aussi jeune qu'elle. »
Harry grogna et Jack rit.
« Techniquement, vous la connaissez déjà. Elle paraît juste… un peu différente à présent. »
Jack donna un léger coup de coude à Harry, qui refusa de regarder autre chose que le sol.
« Je ne comprends pas.
— Il semble que, pendant une sorte d'expérience, Harry ici présent a réussi à transformer Rowena en enfant. Environ deux ans, selon mon estimation. »
Les yeux de Helga s'écarquillèrent.
« Impossible. Cette sorte d'effet est physiquement impossible.
— Oh, je suis sûr que Harry a une explication pour pourquoi c'est, soudainement, possible. »
Helga regarda Harry.
« Et bien, jeune Harry ? Y a-t-il quelque chose que tu aimerais dire ? »
Harry secoua la tête.
« Pas tant que je n'ai pas vu papa. Je veux m'assurer qu'elle peut revenir à la normale. »
Helga cligna les yeux d'étonnement.
« Je n'avais même pas pensé à ça. D'accord, allons chercher le Docteur. La dernière fois que je l'ai vu, il parlait à Godric près du hall principal. »
Harry était en pleine panique alors qu'il se ruait pour trouver son père. Helga était partagée entre l'amusement par rapport aux déboires de sa collègue et amie, et l'inquiétude. Elle ne savait pas ce qui s'était passé et voir le jeune Harry dans un tel état n'engendrait aucune confiance en l'issue possible.
Jack fit joyeusement rebondir le bébé sur sa hanche.
« Bonjour, petite Rowena. Tu es adorable, oh oui ! »
Il ne pouvait être certain de si l'enfant était juste confus à cause des événements ou si elle avait gardé toutes ses facultés adultes et était furieuse après lui. Et bien, il l'apprendrait certainement quand elle retrouverait son âge normal et lui crierait dessus. Pour l'instant, il profiterait du petit enfant. Cela faisait un moment depuis qu'il avait tenu un petit, surtout parce que Harry avait voulu afficher son indépendance et personne ne pouvait le tenir.
Mais c'était toujours amusant, songea-t-il, de regarder l'enfant brillant, indépendant et volontaire s'agiter avec panique à la recherche de son père.
« Papa ! Papa ! Où es-tu ? Papa ! »
Harry savait que hurler ne l'amènerait probablement pas où il le voulait, mais pour l'instant, il ne pouvait penser à aucune autre solution. Ce fut juste sa malchance que Salazar, l'indomptable maître des potions et observateur avisé, jeta un coup d'oeil par curiosité par une porte proche.
« Harry, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui a pu arriver ?
— Avez-vous vu mon papa ? » se précipita Harry, essayant de terminer cette discussion sans avoir à expliquer à nouveau son erreur.
Salazar fronça les sourcils.
« Ce matin, mais c'était il y a plusieurs heures. Il devrait être avec Godric, j'espère loin de mes appartements. Qu'est-ce qui cause cette panique ? »
Harry grogna.
« J'ai besoin de mon papa ! »
Et il s'éloigna en courant à nouveau. Salazar regarda derrière lui Helga et Jack suivre le jeune garçon.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Jack rit :
« Et bien, vous voulez saluer le grand problème de Harry ? Seulement, elle n'est plus si grande à présent. »
Jack fit un signe de tête vers l'enfant dans ses bras, et les yeux de Salazar se plissèrent.
« Est-ce que c'est qui je pense ?
— Si vous pensez que c'est Rowena, alors oui, totalement. Sinon, non. Non, pas du tout. »
Salazar soupira.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne savais pas que c'était même possible. »
Helga hocha la tête :
« C'est ce que je pensais aussi, mais apparemment, Harry peut faire l'impossible. Et il ne sait pas comment réparer ça.
— Est-ce qu'on sait si elle a toujours son âge, mentalement ?
— Non, malheureusement. Elle n'a pas parlé et je ne me fais pas confiance d'utiliser la magie de l'esprit sur un enfant aussi jeune. Si elle a mentalement son âge physique, cela pourrait causer de sérieux dommages. »
Salazar jeta un coup d'oeil vers le couloir où s'était précipité Harry en appelant son père en criant.
« Est-ce que vous voulez suivre le petit fauteur de trouble, donc ? »
Jack eut un large sourire.
« Je ne veux pas manquer l'expression du Docteur quand il entendra ça pour rien dans l'univers. »
Le trio suivit donc Harry, discutant de l'origine possible de l'erreur de Harry.
Harry, pendant ce temps, se ruait vers l'entrée principale, espérant que son papa était, comme Helga l'avait mentionné, dehors avec Godric, ou autrement il ne saurait pas où chercher.
Alors qu'il glissait à travers une porte pour descendre les escaliers, il rencontra une grande figure en forme d'humain avec sa tête. Un 'OOMPH' d'air expiré salua son arrivé dans un espace partagé et Harry leva les yeux.
« PAPA ! Oh, je suis si heureux de t'avoir trouvé ! J'ai besoin de ton aide !
— Harry ? »
Harry tourna la tête vers la seconde voix. Godric se tenait non loin, au bas des escaliers, à côté de Rose. Harry grogna. C'était bien sa chance, tout le monde serait témoin de son erreur humiliante.
« Salut Godric et Rose. Papa, j'ai besoin d'aide. »
Le Docteur regarda son fils, de la surprise et de l'amusement sur le visage.
« Vraiment ? Dans quoi est-ce que tu as encore réussi à te fourrer cette fois ? »
Harry déglutit.
« Euh, et bien…
— Docteur ! Je vois qu'il vous a trouvé ! Est-ce que vous voulez saluer notre merveilleuse petite nouvelle au château ? Enfin, nouvelle est un peu un mensonge. Elle habite ici mais, enfin, je vais vous laisser voir ça par vous-même. »
Harry tourna lentement la tête alors que Jack, Helga et Salazar apparaissaient dans l'entrée. Son visage se couvrit d'horreur.
« D'où vient un enfant ? demanda Godric dans le silence soudain. Je ne savais pas qu'il y avait des enfants à Hogwarts, à part Harry ici présent. »
Harry pâlit alors que la main de son père se posait sur son épaule.
« Oh, elle est absolument adorable ! » couina Rose, tendant les bras vers la petite fille.
Jack laissa Rose la tenir.
« Des yeux si bleus ! Ils ressemblent exactem… »
Rose s'interrompit, se tournant vers Harry.
« Oh tu n'as pas fait ça. Tu l'as fait… tu l'as vraiment fait ! »
La main sur son épaule le força doucement à se tourner, et son visage pâle et effrayé rencontra celui soigneusement neutre de son papa.
« Est-ce que tu pourrais nous expliquer ce qui s'est passé exactement, Harry ? »
Harry s'agita :
« Euh, et bien, nous étions en train de discuter des théories temporelles et comment la magie pouvait y accéder, et, et bien, j'ai voulu le lui montrer, mais je lui ai dit de ne toucher à rien, mais elle n'a pas écouté !
— Ça ne me dit pas ce que tu as fait.
— C'est Rowena ? haleta Godric, approchant l'enfant à présent installée dans les bras de Rose. Elle ressemble exactement à une petite Rowena !
— Tu nous as finalement rattrapés, Godric. Maintenant, si tu pouvais gentiment te taire, Harry était en train de nous dire exactement ce qu'il a fait pour transformer Rowena en un enfant. »
Godric eut un large sourire.
« C'est une petite Rowena ! » s'exclama-t-il, tapotant gentiment du doigt sa joue douce.
Une petite main frappa le doigt.
« Harry, j'aimerais écouter ce que tu as fait. »
Harry essaya de regarder n'importe où, sauf vers son papa, mais ce n'était pas vraiment possible. Finalement, après quelques moments de silence, il soupira.
« J'ai, et bien, j'ai détissé une petite portion de la matrice entre le plan physique et le vortex temporel. Juste une petite portion ! Et je l'ai refermée dès que Rowena a été changée ! ajouta hâtivement Harry en voyant les yeux de son papa s'écarquiller sous le choc.
— Tu as fait quoi ? Comment as-tu réussi à détisser la frontière entre les deux plans ? Ce… Ce n'est pas possible ! Il ne devrait y avoir aucune possibilité pour que les deux plans se touchent physiquement ! Tu dois avoir… Oh, Harry. Qu'est-ce que je t'ai dit sur le fait de jouer avec expérimentations temporelles ? »
Harry baissa la tête.
« Pas sans permission préalable et l'approbation d'un plan écrit, et de préférence pas du tout. » répéta Harry.
Le Docteur leva un sourcil, une question silencieuse pour savoir pourquoi il l'avait ignoré.
« Je… Elle… Je voulais juste lui montrer… »
Harry s'interrompit. Le Docteur soupira.
« Bon, nous avons un désordre à ranger. »
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un changement de perspective ~~~~~~~~~~~~~~
Rowena n'était pas vraiment sûre de ce qui lui était arrivé. À un moment, elle tendait la main pour toucher le curieux et beau tourbillon doré, l'avertissement de Harry momentanément oublié, et ensuite, le monde s'était agrandi autour d'elle. Tout était grand, perturbant et bruyant. Harry était un géant et les tourbillons dorés disparurent rapidement. Elle voulait pleurer (ce qui était étrange, elle n'avait pas crié depuis qu'elle était une enfant) ou crier ou quelque chose pour dire à Harry qu'elle était bouleversée. L'expression de panique sur le visage du garçon l'arrêta avant qu'elle laisse échapper un pleur.
Pourquoi était-il aussi inquiet ? Qu'est-ce qui s'était passé ?
Rowena perdait lentement conscience d'elle-même, de son moi adulte, alors que sa mentalité s'adaptait au corps qu'elle habitait à présent. Sa dernière pensée avant qu'elle perde toute conscience d'elle-même fut 'je suis un bébé… Godric ne va jamais me le faire oublier.' puis son esprit adulte disparut au fond et fut remplacé par les besoins qui guidaient n'importe quel enfant de deux ans : la nourriture, le sommeil, et les objets de couleurs brillantes.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est la fin du changement de perspective ~~~~~~~~~~~~~~
Le Docteur regarda son fils, son enfant impossible qui faisait des choses qui ne devaient même pas être pensées, et encore moins réalisées. Son enfant qui avait non seulement dévoilé un morceau du temps mais avait permis à l'entité de toucher un être physique et intelligent. Il grogna.
« Bon, montre-moi où tu as fait ça. Je peux être capable de sauver une petite quantité de l'énergie temporelle sans avoir à utiliser le TARDIS et restaurer Rowena dans sa forme originale.
— Est-ce que nous devons le faire ? Elle est si adorable comme ça ? » dit Godric, agitant un doigt en direction du visage de sa collègue.
Rowena le frappa, encourageant simplement l'homme joueur plutôt que le dissuadant.
« Rowena va le maudire pendant toute une année quand elle sera guérie s'il continue comme ça. » marmonna Salazar.
Jack rit.
« Et ça va vraiment m'amuser.
— Vous deux avez une rivalité plutôt intense. Qu'est-ce qui l'a commencée, si je peux me permettre de demander ? »
Salazar sourit légèrement.
« Nous nous connaissons depuis de nombreuses années. Il a toujours pensé mériter les mêmes choses que moi, et habituellement, quand nous étions plus jeunes, cela n'avait pas trop d'importance. Mais ça a changé quand nous avons eu l'idée de construire ce château. »
Salazar se tapota le menton du doigt.
« Quand nous étions en train de construire Hogwarts, nous étions chacun autorisé à modifier des endroits spécifiques pour convenir à nos besoins. J'ai un serpenteau en croissance, un basilic, et j'avais besoin d'un endroit pour la garder en sécurité. Godric a eu le sentiment que puisque j'avais une créature magique dangereuse, il le devait aussi, sauf qu'il avait oublié combien il était mauvais avec les animaux et, dans sa tentative d'attraper une chimère, s'est sérieusement blessé. Donc il s'est imaginé que puisqu'il ne pouvait pas avoir le sien, il prendrait ma précieuse Salina. Il a eu de la chance de n'être que pétrifié. Salina était encore jeune et ne pouvait pas encore tuer avec son regard. Mais c'était une leçon importante sur la propriété personnelle. Je pense que je suis plus amusé qu'irrité par lui, bien qu'il soit irritant, n'en doutez pas. »
Salazar fit une pause.
« Mais je ne pense pas qu'il oubliera un jour cet incident. Mais il a toujours été amusant à provoquer. »
Jack écouta avec amusement.
« Un basilic ? Qu'est-ce que c'est ? »
Salazar lui lança un rapide coup d'oeil de surprise, puis soupira.
« Je n'arrête pas d'oublier que vous n'êtes pas magicien. Un basilic est le rejeton d'un oeuf de poule couvé par un crapaud. Bien que je ne sache pas qui a eu cette merveilleuse idée en premier, ce sont des créatures extraordinaires. Seuls ceux qui peuvent parler aux serpents sont vraiment en sécurité, et même cette sécurité est fragile. Je suis en sécurité parce que je l'ai élevée, ainsi que grâce à ma capacité de parler aux serpents.
— Donc vous pouvez siffler à ces petites bêtes et les comprendre ? » clarifia Jack.
Salazar hocha la tête.
« Bien. Vous pouvez enseigner à Harry alors. Il se met à siffler de temps en temps au serpent du jardin, à part que je pense que le serpent s'énerve parce qu'il s'embrouille. Sais pas. Mais c'est amusant de voir un serpent chasser un enfant plutôt que l'inverse. »
Salazar s'arrêta net dans les escaliers qui conduisaient aux appartements de Rowena.
« Harry… peut parler aux serpents ?
— Ouais. Et quand il est vraiment en colère, il commence à nous siffler dessus, et ça se termine en un simple sifflement 'sssssssssss'. Malheureusement, ça ruine complètement la colère. »
Jack hocha la tête pensivement.
« J'essaie de ne pas rire, cependant, même si c'est dur.
— Il peut parler aux serpents, aux objets inanimés, il peut faire des choses étranges avec le temps, et il explose des potions. Quel type d'enfant impossible est-il ?
— Si j'avais une pièce d'or à chaque fois que j'entends ça, je n'aurais plus jamais besoin de travailler. »
Jack étira ses bras au dessus de sa tête.
« Il a été élevé par le Docteur, a accès à une immense base de connaissances et a la liberté d'expérimenter sur presque tout ce qu'il veut, et un père très indulgent. Même ce cafouillage, quand il sera réparé, ne va probablement pas résulter à plus d'une centaine de pages de lecture et quelques pages de théorie et des équations sur comment il aurait pu faire ça mieux ou comment il aurait pu complètement éviter le problème. C'est moins une punition et plus une manière d'apprendre. »
Salazar digéra cette information. Il n'y avait jamais pensé de cette façon avant, pas vraiment. Une erreur était une erreur et avait besoin d'être corrigée. Si c'était une erreur dangereuse, la personne l'ayant commise devait être pénalisée avec une forme de punition, mais cela semblait bien plus logique. Pourquoi avoir un étudiant qui échouait continuellement à réaliser une potion en classe, parfois de manière dangereuse, être mis en retenu constamment ? Cela ne serait-il pas mieux de transformer cette erreur en leçon d'une certaine manière ?
« Hum…
— Je connais cette expression. C'est l'expression 'oh wouah, c'est une vraiment bonne idée. Peut-être que je devrais essayer'. »
Salazar lui lança un regard noir, bien qu'il n'y mit pas de conviction. Jack rit.
« Heureux de voir que le Docteur affecte les gens qui ne sont même pas à côté de lui comme ça. »
Jack regarda autour de lui alors qu'ils arrivaient à un palier, en ayant perdu de vue le groupe, et Salazar pointa l'escalier sur la droite. Il eut un grand sourire.
Harry conduisit son papa en haut des escaliers menant aux appartements de Rowena, parfaitement conscient du silence furieux venant de son père. Plus loin derrière, il pouvait entendre les bavardages de Rose, Godric et Helga alors qu'ils parlaient de Rowena miniaturisée, et encore plus loin étaient oncle Jack et Salazar (sans aucun doute en train de flirter, pensa amèrement Harry). Mais les deux conduisant le groupe étaient silencieux. Harry monta les marches en réfléchissant aux ramifications de son expérimentation et quels ennuis il allait avoir. Le Docteur se demandait juste comment il allait pouvoir empêcher son fils désobéissant de faire exploser l'univers. Cela ne s'annonçait pas comme une tâche facile.
La porte par laquelle Harry avait couru avec Rowena était toujours ouverte et il entra, laissant son père passer devant lui. Rose, Jack et les Fondateurs de Hogwarts restèrent à l'extérieur de la pièce.
« Donc, où était cette faille que tu as réussi à ouvrir ? » demanda le Docteur.
Harry chercha autour de lui et pointa :
« Là. À peu près. Je peux encore la sentir, en quelque sorte. Je ne dois pas l'avoir complètement fermée, j'étais pressé. »
Le Docteur soupira.
« D'accord, et comment exactement as-tu réussi ceci ? »
Harry bascula sur ses pieds.
« Et bien, je ne pouvais pas vraiment le faire de moi-même, donc j'ai enlevé mon collier… »
Il s'arrêta en voyant le visage de son père afficher une légère surprise, avant de continuer.
« Je devais pour permettre à Rowena d'entrer dans le champ que j'avais besoin d'utiliser, et je devais contacter le TARDIS, deux choses que je ne pouvais pas faire en le gardant.
— Tu as demandé au TARDIS. Bien sûr. Et comme tu es Harry, elle te laisse faire à peu près ce que tu veux. Brillant. »
Le Docteur passa ses mains dans ses cheveux avant de grimacer.
« D'accord, continue.
— Le TARDIS m'a montré où était la connexion et comment dénouer le schéma tenant le tout ensemble, mais j'ai du utiliser ma magie pour toucher les fils. Je ne l'ai pas ouvert beaucoup, et j'ai dit à Rowena de ne toucher à rien. L'énergie temporelle était si petite qu'elle ne pouvait affecter rien d'intelligent, donc je n'ai pas pensé que ça pouvait être un problème, et elle était délibérément dure. Donc j'ai voulu lui montrer quelque chose d'intéressant. Mais elle n'a pas écouté et elle a touché un des fragments d'énergie temporelle. Et elle… a réduit. C'est le meilleur mot pour ça, en tout cas. »
Le Docteur soupira et regarda son enfant. Brillant mais tête de mule. Têtu et désolé. Quiconque a pensé à donner à un tel enfant accès à un pouvoir comme la magie avait eu une merveilleuse idée mais n'avait pas particulièrement pensé aux conséquences. Mais dans tous les cas, ils n'avaient pas le temps de décider combien Harry avait foiré à l'instant. Ils devaient réparer son erreur, ou Rowena devrait grandir à nouveau, et qui savait quel effet cela aurait. Il était sûr que la part adulte de son esprit était toujours là, juste cachée grâce à une merveilleuse petite magie utilisée par son corps pour la protéger d'elle-même. L'esprit d'un jeune enfant ne pouvait pas faire face au pouvoir extrême d'un cerveau adulte. Ils étaient trop fragiles, toujours en train de faire des connexions. Avoir un flot de connexions heurterait la matrice mentale.
« Donc, vous pouvez réparer ça ? » demanda Helga depuis la porte.
Le Docteur regarda vers elle.
« Probablement, oui. J'ai juste besoin d'une sorte de conduit. Puisqu'on ne peut pas laisser Harry jouer avec la petite faille à nouveau, j'ai besoin d'une sorte d'énergie temporelle déjà dans ce plan pour l'utiliser comme catalyseur pour le vortex, et pour permettre à Rowena de retourner à son état naturel. Malheureusement, je ne sais pas où ça peut bien être. »
Le groupe fut silencieux un moment, puis Jack leva la main. Le Docteur leva un sourcil, et Jack sourit joyeusement.
« Juste pour vérifier. J'ai peut-être ce dont vous avez besoin.
— Vraiment. Et où trouveriez-vous de l'énergie temporelle physique ?
— Vous vous souvenez de l'incident avec le temps se cristallisant quand vous avez ramené Rose ? »
Le Docteur hocha la tête.
« Et bien, Rose tenait toujours une écharde quand vous avez fermé le trou, et je l'ai peut-être pris quand vous vous êtes tous évanouis. »
Jack sourit, sans aucune once de culpabilité dans la voix.
« Vous ne savez pas ce que ça aurait pu vous faire ! » s'exclama le Docteur.
Jack haussa les épaules.
« Et bien, ce n'est pas comme si ça allait me tuer, n'est-ce pas ?
— Cela aurait pu effacer votre propre ligne temporelle !
— Mais ça ne s'est pas passé.
— Euh, les gars ? Les garçons ? DOCTEUR ! JACK ! »
Les hommes se disputant se tournèrent pour regarder Rose, qui les avait interrompus.
« D'accord, maintenant est-ce que quelqu'un veut bien me dire exactement ce qu'est un cristal de temps et pourquoi j'en avais toujours un ? »
Le Docteur bascula en arrière sur ses talons.
« A cristal de temps n'est pas quelque chose qui arrive naturellement, sauf dans de très rares endroits. Il y avait une grotte à Gallifrey qui en avait, mais elle a disparu depuis longtemps. Ce sont des morceaux de temps capturés qui ont été préservés dans une coque d'énergie psychique pour protéger la stabilité temporelle du fragment à l'intérieur. Les toucher est habituellement sans danger, mais à cause des circonstances dans lesquelles ils sont apparus, ils étaient intrinsèquement instables. Je suppose que tu as pu en tenir un après que les fissures se soient réparées à cause de ta connexion avec Bad Wolf. »
Rose hocha pensivement la tête.
« Et tu peux utiliser ce cristal pour faire quoi exactement ? Comment cela peut-il permettre une sorte de transfert d'énergie entre Rowena, un être intelligent, et le vortex temporel ?
— Parce que ça a fait originellement partie du vortex, le cristal a des propriétés qui attirent l'énergie temporelle. Je peux l'utiliser comme une sorte de conduit pour restaurer le bon état temporel de Rowena sans avoir à ré-ouvrir la faille. »
Les yeux du Docteur se posèrent alors sur Harry.
« Une faille qui ne sera jamais complètement fermée. »
Harry regarda son papa pendant quelques instant, puis regarda le sol en soupirant. Évidemment qu'il allait causer ce genre de situation.
« Est-ce que vous avez réussi à suivre quelque chose ? » murmura Godric à Salazar et Helga.
Ils secouèrent tous les deux la tête.
« J'ai l'impression que Harry n'est pas la seule personne extraordinaire dans ce groupe, dit Helga doucement.
— Je suis d'accord. Jack est une personne des plus inhabituelles. Il paraît jeune, mais ses yeux, ses actions et sa voix me disent qu'il est très très vieux. »
Salazar regarda l'homme qui était en train de rire et de plaisanter avec le Docteur et Rose.
« Et Rose également. Je ne peux toujours pas comprendre le Docteur. Il y a quelque chose d'étrange chez lui, quelque chose qui n'est pas vraiment normal, murmura Helga.
— C'est peut-être parce qu'il est entouré d'une sorte d'éclat doré. C'est le même éclat qui traîne sur Rowena, donc je suppose que c'est cette énergie temporelle dont ils parlent. Bien que la raison pour laquelle il en est si complètement couvert, je ne saurais la deviner. C'est une sensation étrange, cependant, annonça Godric.
— D'accord, ce cristal peut fonctionner, mais malheureusement le TARDIS ne va pas nous laisser entrer, surtout maintenant, après cette petite aventure que tu nous as fait, Harry. Donc on va devoir attendre. »
Le Docteur passa une main dans ses cheveux.
« Et non, je ne sais pas combien de temps. Elle ne laisse toujours pas la clé fonctionner, donc ça peut prendre un moment. »
Harry regarda le sol. Bien sûr qu'il était celui qui causerait autant d'ennuis. Cela allait être une journée brillante, il pouvait déjà le dire. Il soupira.
« Docteur, est-ce que Rowena va aller bien ? » demanda Rose en faisant doucement rebondir le bébé.
Le Docteur regarda la petite fille.
« J'espère que oui. Son esprit adulte est toujours là, j'en suis sûr, mais à moins qu'il soit libéré, soit par son retour dans sa forme adulte, soit, dans le pire des cas, alors qu'elle grandit à nouveau, il va rester verrouillé. Son état mental va correspondre à son état physique, pour garder l'homéostasie entre le corps et l'esprit. Sa magie va se comporter de la manière attendue chez un bébé avec une puissance au dessus de la moyenne, mais manquant l'impossibilité sauvage qu'est Harry. Donc probablement quelques épisodes accidentels ici et là.
— Donc vous dites que Rowena va rester comme elle est jusqu'à ce que vous puissiez entrer dans votre TARDIS pour la réparer ? demanda Helga. Et elle ne va pas être blessée par cet état ? »
Le Docteur hocha la tête.
« De ce que je comprends des actions de Harry, les effets sont simplement temporaires de nature. Il a inversé sa ligne temporelle, ou plutôt, il l'a autorisée à être inversée en ne faisait pas attention à ses actions. Mais cela ne l'a pas blessée plus que ce changement. Tout ce qui fait de Rowena qui elle est est toujours là, sa ligne temporelle est toujours intacte, elle a juste été… altérée. »
Salazar hocha pensivement la tête.
« Donc vous êtes en train de dire qu'elle est toujours Rowena, juste à un point différent de sa ligne temporelle. Son futur est toujours là, le futur d'où nous la connaissons. Y a-t-il une quelconque raison pour laquelle nous pouvons nous souvenir d'elle en tant qu'adulte si elle est retournée à un point antérieur de sa ligne temporelle ? Notre connaissance d'elle ne devrait pas s'évanouir ? »
Le Docteur sourit.
« Non, mais c'est une excellente question. Puisque seule la ligne temporelle de Rowena a été altérée, elle n'a pas pu affecter ceux qu'elle connaissait. Tous ceux qui la connaissaient se souviennent d'elle de la façon dont elle les a rencontrés. C'est seulement sa personne, son être physique et mental, qui a été changé. Ses actions n'ont pas disparu, il n'y avait pas suffisamment d'énergie temporelle pour faire quelque chose comme ça. »
Le Docteur envoya alors un regard à Harry, qui évita soigneusement de regarder son père.
« D'accord. Savez-vous combien de temps ça va prendre ? J'apprécie le petit Corbeau sans son bec pointu, mais il y a des choses qui doivent être faites, et elle est nécessaire. » dit Godric en ébouriffant les cheveux de Rowena.
Rowena frappa sa main à nouveau et bâilla. Rose roucoula :
« Oh, tu es fatiguée, petite. C'est tout bon, tu peux t'endormir. »
Elle berça l'enfant alors que Rowena s'endormait doucement au plus grand amusement de Godric, Salazar et Helga. Rose chantonna doucement, une musique qu'elle avait chantonnée à sa nièce quand elle était enfant.
Le Docteur regarda Rose avec la petite, souriant doucement. Rose était vraiment une personne merveilleuse, et ferait une superbe mère. Harry l'adorait. Il se demanda, cependant, si c'était seulement possible… Il secoua la tête. Il pourrait examiner ces pensées plus tard, après avoir aidé son enfant turbulent à réparer cette erreur merveilleusement colossale.
« Donc pour le moment, on doit juste s'occuper d'elle jusqu'à ce que je puisse entrer dans le TARDIS. Puis on peut la ramener à la normale. Harry, j'ai besoin de te parler. »
Harry déglutit. Il s'était attendu à cet exact ton de voix dans ses oreilles. Il baissa la tête et suivit sagement son père hors de la pièce et en bas des escaliers. Cela avait déjà bien attendu.
« Quels ennuis Harry a vraiment ? » demanda Helga à Rose doucement.
Rose sourit.
« Oh, bien moins qu'il ne le pense, mais ne le lui faites pas savoir. Cela lui fait du bien de penser qu'il s'est vraiment planté, surtout quand les résultats de cette erreur en particulier sont aussi dramatiques que ça. Enfin, ce n'est quand même pas aussi excitant que la fois où il est resté coincé dans un Déplacement Temporel et a voyagé le long de la ligne temporelle du TARDIS. »
Jack regarda Rose avec de grands yeux.
« Hé, je n'ai jamais entendu parler de ça ! Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Le sourire de Rose s'agrandit.
« Oh, celle-là est bonne. Laisse-moi trouver un endroit pour faire dormir cette petite et je vais te raconter. La punition qu'a reçu Harry à ce moment-là est légendaire. Il a été forcé de faire des maths basiques pendant des mois.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Non seulement Hogwarts avait à présent deux résidents ayant l'âge d'un enfant, mais l'un d'eux était un fondateur. Rowena serait coincée en tant qu'enfant tant que le TARDIS continuerait à bouder et ne les laisserait pas entrer. Combien de temps ça durerait, le Docteur ne pouvait le deviner, et il ne voulait pas laisser Harry le lui demander non plus, pas après l'incident avec l'Énergie Temporelle qui avait commencé cette catastrophe mineure. Harry avait maintenant des leçons avec son papa, apprenant à nouveau les bases de l'énergie temporelle et comment on devait correctement interagir avec elle. Les agissements particulièrement négligents de Harry avec le Temps dans le passé récent avaient été suffisamment turbulents pour que le Docteur veuille s'assurer que son fils avait de bonnes bases dans tout ce qui concernait le Temps.
Rowena, de son côté, ne semblait pas être gênée d'avoir deux ans. Cependant, avoir deux ans signifiait aussi avoir l'avantage de faire la sieste quand elle voulait, être nourrie quand elle le demandait, et avoir un groupe infini de partenaires de jeu prêts à satisfaire ses moindres caprices.
Helga avait tenté de prendre en charge son amie, mais Rowena refusa de quitter les bras de Rose pendant les premiers jours, non pas que Rose n'essaya pas. Elle essaya, mais Rowena s'était entêtée. Godric se demanda intérieurement si cela avait un rapport avec le halo doré qui l'entourait et auquel Rowena pouvait instinctivement s'accrocher, puisque ça semblait si familier dans un monde si peu familier.
Une chose resta aussi vraie pour Rowena enfant que pour Rowena adulte. Les actions enfantines de Godric l'énervaient tout autant. En fait, Godric était le seul qui était dispensé de garder Rowena parce qu'elle lui criait de façon incompréhensible dessus à chaque fois qu'il s'approchait. Donc Godric avait choisi de regarder les leçons du Docteur et de Harry sur l'énergie temporelle. Il ne pouvait comprendre la plupart de ce qu'il entendait, mais ce n'était pas pour ça qu'il restait assis dans la bibliothèque avec l'homme impossible et son fils tout aussi impossible. Ils brillaient d'un éclat si fort, si intense, que cela avait pris à Godric quelques minutes d'ajustement lorsqu'ils avaient suivi Helga dans le bureau, pour voir clairement à nouveau. Il avait pris l'habitude de filtrer sa vision pendant qu'ils étaient là, pour ne pas s'écraser dans un mur non vu.
Godric avait un talent pour voir la magie. Personne ne pouvait expliquer pourquoi, pas même Godric lui-même, mais cela lui donnait un avantage unique quand il s'agissait de lancer des sorts. Il n'avait pas besoin d'une baguette pour la plupart des choses, et quand il utilisait une autre baguette que celle qu'il s'était fabriquée, un stupéfiant mélange de désastres tomberait sur quiconque dans un rayon de cinquante mètres. La dernière fois que Godric avait essayé la baguette d'un de ses collègues, les fondations naissantes du château qu'ils construisaient s'étaient élevées dans le ciel puis écrasées sur terre, plongeant à quinze mètres dans le sol et faisant s'élever une vague de terre et de poussière à leur suite. Personne n'avait essayé de lui donner une autre baguette depuis.
Godric était aussi un créateur de sorts, en quelque sorte. Il pouvait faire ce qu'il voulait, dans la mesure du raisonnable, avec sa magie, mais il n'avait toujours pas réussi à faire en sorte que d'autres personnes puissent s'en servir aussi.
S'asseoir et regarder Harry et le Docteur aveuglait presque Godric avec la quantité d'énergie, mais il laissa doucement sa magie filtrer la brillante vague de lumière qu'ils émettaient. En mouvement, leur énergie restait plus près de leur corps, comme si elle se préparait pour quelque chose. Maintenant qu'ils étaient statiques, immobiles et sédentaires, leur énergie se dispersait, s'étendant, ressentant, touchant.
Il se demanda s'ils étaient même conscient de ce qu'elle faisait. L'énergie de Harry ressemblait à un brillant tourbillon de couleurs, de lumière et de mouvement qui s'élançait autour de lui à une vitesse prodigieuse. Celle du Docteur était dorée, un éclat qui irradiait et touchait tout doucement, caressant, un amas d'arabesques brillantes dorées qui s'enroulaient et s'entortillaient autour de leur humain…
Godric avait été immédiatement fasciné quand ils étaient entrés dans le bureau derrière Helga. Il avait l'habitude de voir des couleurs vibrantes autour de différentes personnes. Celles de Rowena était un argent étincelant parsemé de noir et de bleus. Celles de Salazar avaient un éclat irisé de rose doux et de jaune, tournant autour de sa silhouette. Helga avait la couleur des choses qui grandissaient qu'elle aimait tant, plein de nuances de vert. Godric lui-même avait trouvé du rose et du violet autour de son corps quand il avait regardé dans un lac clair et immobile.
Mais les étrangers qui venaient d'arriver étaient curieux et étranges. L'enfant, le seul magicien parmi les quatre, brillait d'une centaine de couleurs différentes et aussi fort que le soleil. Son père dépassait le soleil en intensité dorée. Jack, le nouvel ami de Salazar, étincelait d'un doux argent serti de fils dorés et Rose semblait être illuminée de l'intérieur d'une couleur inconnue qui se manifestait à l'extérieur de son corps dans les mêmes arabesques dorées qui entouraient le Docteur et maintenant petite Rowena.
Godric eut finalement sa chance de travailler avec Harry. Après deux jours à regarder Harry assister à une suite de leçons, d'exemples, de problèmes et de discussions, Godric fut finalement capable d'avoir le gamin pour lui (enfin, en quelque sorte, Rose dans tout son éclat doré était assise dans un coin, feuilletant un livre). Il était supposé travailler avec Harry après Rowena, cet après-midi là, mais à cause des circonstances, Harry fut relégué à des leçons avec son père à la place.
Rowena elle-même avait toujours la taille d'un enfant et profitait probablement de son temps avec Jack et Salazar. Pour le moment, cependant, il était heureux que Harry soit devant lui.
« Donc, Harry. » commença-t-il.
Harry l'interrompit :
« Salazar dit que vous connaissez la magie sans baguette. »
Godric sourit.
« En effet. C'est un de mes talents. En fait, je ne peux pas utiliser une autre baguette que celle que je me suis faite il y a des années de ça. C'est plus simple pour moi d'utiliser la magie sans baguette qu'avec baguette, bien que je ne sache pas pourquoi. »
Harry sourit :
« Est-ce que vous pouvez me montrer quelque chose ? »
Godric considéra la question pendant un moment, puis se rappelant les résultats hasardeux qui survenaient à chaque fois que Harry avait réussi à obtenir ce qu'il voulait avant, faisant exploser plusieurs chaudrons et miniaturisant une de ses collègues, il décida de ne pas accepter pour le moment. Il pouvait voir le regard évaluateur de Rose depuis le canapé du fond.
« Non, pas tout de suite. D'abord, je veux travailler sur tes compétences de défense, affûter ton corps et ton esprit. Peut-être que tu vas gagner un peu de contrôle sur cette magie que tu as, sans cet étrange collier que tu portes. »
La main de Harry vola à son cou.
« Vous savez pourquoi il est là ? » dit-il, stupéfait.
Godric hocha la tête.
« Je peux dire que ça limite ton pouvoir à l'intérieur de ton corps, bien que je ne sache pas comment ni pourquoi. C'est un bijou fascinant dans tous les cas. »
Harry sourit, laissant tomber le collier après une dernière étreinte. Puis il leva les yeux vers Godric.
« Donc, la défense. Qu'est-ce que ça comporte ? »
Godric sourit.
« Oh, ça va être amusant, jeune Harry. »
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Salazar et Jack se promenaient autour du lac, Rowena blottie dans les bras de Jack, endormie avec la désinvolture des jeunes et des innocents. Jack sourit à la petite fille.
Si petite ainsi, elle ne ressemblait pas tant à la femme impérieuse et volontaire qu'il avait d'abord rencontrée. A présent, elle était insouciante, amusée par le monde, et innocente.
Cela faisait depuis trop longtemps qu'il n'avait pas tenu un enfant si petit, cela lui rappelait ses propres enfants, depuis longtemps disparus et morts dans sa ligne temporelle.
Salazar aperçut le soupçon de tristesse dans le sourire de Jack.
« Qu'est-ce qui vous ennuie ? Rowena sera bientôt de retour à la normale, probablement embarrassée et furieuse. Pas de mal. Et quand elle aura finalement terminé de bouder, elle aura probablement plein d'idées intéressantes sur lesquelles travailler. »
Jack s'arrêta brusquement, regardant au delà du lac, les yeux distants et tristes. Salazar dut faire demi-tour de quelques pas pour se tenir à côté de lui, puis fut forcé de s'asseoir sur l'herbe, alors que Jack s'installait par terre, Rowena endormie contre sa poitrine.
« Nan, ce n'est pas ça. Je sais ça, le Docteur est suffisamment bon pour ça. J'étais juste en train de… me souvenir.
— Vous souvenir de quoi ? »
Jack sourit, juste un peu amer.
« Cela fait un long moment depuis que j'ai tenu un enfant endormi.
— Harry n'est pas si âgé. » souligna Salazar.
Jack secoua la tête.
« Non, je n'étais pas là quand Harry était plus jeune. Je ne l'ai pas rencontré avant qu'il ait plus de trois ans, et le porter était un crime punissable par des balles de couleur volantes. »
Jack rit.
« Et puis quand il est devenu plus grand et plus volontaire pour être porté, il était beaucoup trop intelligent pour son propre bien. Puis il ne voulait plus être tenu. C'est une phase par laquelle tous les enfants passent. » dit Jack légèrement, mais Salazar ne fut pas dupe : au coin de ses yeux, les larmes brillaient.
Il toucha l'homme qui semblait si jeune mais paraissait si vieux avec une main douce. Jack appuya sa tête dans la caresse, faisant attention à garder Rowena immobile.
« Qui avez-vous perdu ? » demanda doucement Salazar.
Jack soupira.
« J'ai perdu tant de monde, Sal, que je ne pense même pas me souvenir de tous leurs noms. »
Salazar aurait du se sentir insulté par le surnom, mais il ne put s'y résoudre.
« Avez-vous perdu un enfant ? »
Un sourire ironique lui répondit, inattendu.
« Oh, j'ai perdu tant d'enfants que je me demande pourquoi j'en veux encore. Mais ils sont irrésistibles, à leur manière. Des petits humains, petites mains, esprits absorbant du savoir, une âme qui grandit et grandit. Des petites personnes qui finissent par grandir et devenir des adultes qui vous rendent fou. Quand ils ont des enfants, et savoir que le petit humain que vous avez aidé à créer a créé un autre petit humain, quelque chose de fondamental dans l'univers continue et la vie avance, mais vous n'êtes jamais certain d'être la même personne. »
Salazar resta silencieux un moment. Puis :
« Vous ne paraissez pas si âgé pour avoir des petits-enfants. » remarqua-t-il doucement.
Mais c'était un mensonge, Salazar le savait. Son visage paraissait jeune, mais ses yeux étaient si âgés.
Jack secoua simplement la tête et ne répondit pas.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Harry regarda l'épée que Godric lui avait donnée. Il était sûr qu'elle était aussi longue que son bras et encore moitié plus, plus lourde que ce qu'il portait d'habitude, et émoussée sur la tranche. Harry regarda nerveusement par dessus son épaule en direction de Rose, qui le surveillait, mais elle semblait nonchalante, en train de lire son livre. Mais Harry pouvait voir un petit sourire apparaître au coin de sa bouche alors que Godric commençait à lui donner les instructions sur l'utilisation de son épée.
« Bon, Harry, l'élément le plus importe de la défense est de savoir se servir de tes armes, et je ne veux pas parler de l'épée dans tes mains. N'importe quel idiot peut agiter une épée en l'air et faire quelques dégâts, mais seulement quelqu'un sachant réfléchir peut décimer des armées entières.
— Je ne veux tuer personne. » dit Harry doucement.
Godric lui sourit :
« Je sais. Mais l'idée vaut quand même. Se sortir d'ennuis demande plus qu'un peu de chance et de hasard. Tu dois savoir où sont les points faibles, comment utiliser ton environnement, et le plus important comment utiliser les outils que tu as sous la main. En ce moment, tu as une épée, et un adversaire qui a, juste à l'instant, refusé de se rendre. Il a aussi une épée. »
Godric brandit son arme. Harry vit avec soulagement qu'elle était aussi émoussée.
« Tu as quelques options pour le moment. Que fais-tu ? »
Harry regarda autour de lui. Il avait suffisamment d'espace pour bouger et bien plus d'espace que nécessaire pour s'éloigner de Godric, qui semblait de moins en moins amusant à chaque seconde qui s'écoulait. Harry n'aimait pas les armes, les détestait. Mais ça ne voulait pas dire qu'il ne pouvait pas apprendre comment se servir d'une. Mais il n'avait pas à jouer selon les règles de Godric.
Il recula de quelques pas, conjura un peu de sa magie (les yeux de Godric s'écarquillèrent) et lança un puissant rayon de lumière en direction de l'homme alors qu'il courut se cacher derrière une armoire.
Harry pouvait entendre Godric utiliser quelques mots choisis pour décrire son geste et eut un grand sourire. Il était toujours bon pour les surprises de ce genre. C'était une de ses spécialités.
Cependant, il n'entendit pas les pas s'approcher de sa cachette et seul le placement de son épée devant lui l'empêcha d'être assommé. Le claquement du métal fut assourdissant.
« C'était méchant, dit légèrement Godric, les yeux fermés. Je vais être aveugle pendant une heure à cause de ça. »
Harry trembla. Godric l'avait trouvé sans avoir besoin de se servir de ses yeux (et il avait pu accidentellement surchargé sa magie dans son attaque, pensa-t-il avec ironie).
« Euh, désolé Godric. » offrit Harry, sa voix faible.
Godric gronda.
« Et bien, voyons si tu sais bien tenir ton épée, donc. J'ai eu un maître merveilleux qui adorait mettre un foulard autour de mes yeux et me frapper avec un bâton pour aiguiser mes réflexes. Et tu es trop bruyant. »
Harry sauta alors que l'épée de Godric s'élançait à nouveau, et il courut de l'autre côté de la pièce. Il passa devant Rose, dont les yeux étaient agrandis d'inquiétude, et il espéra qu'elle s'assurerait que Godric ne le réduise pas en purée de Harry.
« Je n'ai jamais tenu une épée ! cria Harry à l'homme, qui marchait tranquillement vers lui.
— Il y a une première fois à tout. J'ai même émoussé celles-là, juste pour toi.
— Quelle considération de votre part. » répliqua Harry.
Godric eut un grand sourire.
« N'est-ce pas ? Et Salazar dit que je n'ai aucun bon sens.
— Il a sans doute raison, vous savez. Vu que vous balancez une épée à un enfant qui n'en a jamais tenue avant.
— J'étais plus jeune que toi quand j'ai eu ma première leçon. J'ai fini couvert de bleus et avec un bras cassé à la fin de la journée… »
Harry trembla alors qu'il contournait une table, évitant un nouveau coup de Godric.
« Je préférerais éviter, si ça vous convient. J'aime bien être en un seul morceau, vraiment.
— Je ne vais pas te blesser, Harry. Enfin, pas beaucoup à part un bleu ou deux. Je sais ce que je fais. Je tiens une épée depuis que j'ai quatre ans. »
Harry grogna. Il n'allait clairement pas échapper à cette leçon.
« Est-ce qu'on peut commencer par les bases, alors ? demanda-t-il en courant derrière une chaise.
— C'est ce que je comptais faire, avant que tu ne décides de me jeter un rayon de pure lumière à la tête. Maintenant, et bien, on peut apprendre de la manière forte, non ? L'épée horizontale avec un léger angle vers le haut, tu as une parade haute. L'épée à la gauche ou à la droite, une déviation. Un plongeon en avant, un coup d'estoc, et un coup depuis la tête vers l'épaule ou le côté, c'est la taille. Ce n'est pas très compliqué. »
Harry se précipita en arrière et il entendit Rose se lever de son canapé. Il espérait qu'elle allait chercher des renforts, mais non. Elle se mit juste hors de portée du combat, se mettant dans l'encadrement de la porte.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Ils étaient à Hogwarts depuis deux semaines selon le compte du Docteur, une semaine et demi avec une Rowena miniaturisée, et il s'était résolu à s'asseoir devant le TARDIS pendant de longues heures, pour la convaincre de lui ouvrir les portes. Cela ne marchait pas encore, mais il n'avait rien d'autre à essayer.
Rose s'avança derrière lui et posa une main sur son épaule.
« Elle s'ouvrira quand elle sera prête, Docteur. » dit-elle en s'asseyant à côté de lui.
Le Docteur lui lança un regard.
« Je sais, mais ce temps normal, qui avance si lentement, sans même manquer les moments lents, je m'y suis habitué en quelque sorte, avec Harry, mais c'est toujours déstabilisant et irritant. »
Rose sourit.
« Et bien, tu as bien du vivre dans une ligne temporelle linéaire pendant une longue période à un moment ou un autre de ta vie… » raisonna-t-elle.
Le Docteur pencha sa tête en arrière, réfléchissant.
« Et bien, quand j'étais à Gallifrey, enfant, j'ai vécu à Lungbarrow pendant une bonne partie de mon adolescence, avant d'entrer dans l'académie. J'y ai eu quelques ennuis pour avoir joué avec le temps. Finalement je me suis enfui, suis allé sur Terre, j'y suis resté quelques mois, puis suis reparti à nouveau… Cela fait… et bien, des siècles, que je n'ai pas vécu dans quelque chose ressemblant à une ligne temporelle linéaire pendant une longue période. »
Le Docteur regarda Rose :
« Et toi ? Est-ce que cette époque te convient ? »
Rose sourit :
« J'apprécie. On ne court pas de partout ou on n'échappe pas au danger ou rien du tout, ce qui est à la fois excitant et terrifiant, mais d'une bonne manière qui signifie qu'on est en vie, mais ce monde magique d'où vient Harry, c'est un endroit fascinant. Les choses bougent sans électronique, ce n'est pas juste Harry qui est capable de choses fantastiques, il y a des événements si étranges. Un adulte transformé en enfant sans électricité. C'est une société si intéressante. Je sais que Jack s'amuse beaucoup. »
Rose adressa un grand sourire au Docteur, qui soupira.
« Jack trouve toujours quelqu'un qui le laisse flirter. Même si Salazar a une tête bien faite sur les épaules. Il est très bien assorti à notre bon capitaine. »
Le Docteur regarda les portes toujours résolument fermées de son TARDIS.
« Je me demande, cependant, si je devrais vraiment ramener Harry avec moi ? Quand on partira, je veux dire. Ce monde, il y appartient. C'est plus sûr pour lui, pas tant de choses qui mettent sa vie en danger dans une école. Il peut apprendre ici des choses qu'il ne peut pas apprendre dans le TARDIS. »
Rose cligna des yeux.
« Est-ce que tu es vraiment en train de t'inquiéter… demanda-t-elle, avant de pencher la tête. Bien sûr que oui. Même si c'est vraiment une chose stupide à s'inquiéter. » dit-elle, en appuyant fort du doigt sur le Docteur.
Le Docteur se tourna brusquement vers elle, son expression blessée :
« Ce n'est pas stupide ! Je pense à ce qui est le mieux pour lui !
— Vraiment ? Ou est-ce que tu es en train d'être irrationnel et étroit d'esprit ?
— Quoi ?
— C'est ton fils, Docteur, ton enfant. Tu as la responsabilité de prendre soin de lui, de lui apprendre des choses, et de l'élever, pas de l'abandonner à l'école la plus proche et aller vagabonder ailleurs. Et penses-tu que Harry, même une seconde, te laisserait l'abandonner ?
— Je… Rose, il a été dans plus de dangers, plus d'ennuis, plus de conditions mortelles avec moi que n'importe qui d'autre que j'ai jamais emmené avec moi dans le TARDIS. Il est trop précieux, trop important, pour que quoi que ce soit lui arrive. Si je le perdais… »
Il s'interrompit. Rose soupira, et fit courir sa main dans le dos du Docteur.
« Je comprends. La fille de mon frère, je ressentais la même chose. C'était la lumière de ma vie, et vu que je vivais soit à Torchwood, soit avec lui, je la voyais tout le temps. Elle était ma nièce, mais d'une certaine manière, bien qu'elle ait son papa et son pop, j'étais une sorte de mère. Je l'ai emmenée faire les courses quand elle a eu ses premières règles. Je l'ai aidée à parler à un garçon qu'elle aimait, vu que le seul conseil de mon frère et de son mari était aussi utile que des ivrognes indiquant une direction. Mais ça devait être parce qu'elle avait treize ans et était leur fille et l'idée qu'elle sorte avec quelqu'un les terrifiait. »
Elle sourit à ce souvenir.
« Je l'ai aidée avec ses devoirs, ses choix de vêtements, son premier rendez-vous et sa première rupture. Mais elle a du grandir à un certain moment, et je ne pouvais pas m'accrocher à elle pour toujours. »
Le Docteur resta assis et l'écouta parler, une expression tendue sur le visage. Il oubliait parfois (ou plutôt ne voulait pas se souvenir) combien Rose avait vieilli. Qu'elle avait élevé une petite fille avec son frère et son mari, qu'elle avait vu un petit enfant grandir et devenir un adulte. C'était une révélation bouleversante.
« Quel était son nom ? »
Rose lui lança un regard.
« Kelly. Kelly Michaelle Tyler-Bryants, et elle était une petite chose adorable. De longs cheveux noirs, la peau mate, des yeux bleu électrique et un sourire qui illuminait le monde. Elle était mon étoile, ma petite fée. Je l'emmenais au bureau et la montrait à tout le monde. Je suis sûre que tout le monde en avait marre de m'entendre raconter tout ce qu'elle pouvait faire, mais ils ne me l'ont jamais montré. »
Rose sourit, mais le Docteur remarqua qu'il y avait un peu de tristesse.
« Qu'est-ce qui lui est arrivé ? »
Le Docteur savait que Rose avait survécu à tous ceux qu'elle avait connu dans sa jeunesse.
Rose regarda le sol, sa main se serrant autour de celle du Docteur, avant de parler :
« Kelly est devenue une designer expérimentale, travaillant sur le design de différents prototypes de véhicules. Elle s'occupait principalement du côté ingénierie, les maths et la physique, mais elle faisait parfois un circuit de test avec. »
Rose s'arrêta un moment.
« Ils testaient une voiture sur aéroglisseur pour les hautes altitudes et Kelly s'est portée volontaire pour la tester. Ils avaient pratiquement toutes les mesures de sécurité en place, mais ils n'auraient pas pu prévoir que la voiture, quand elle atteignait trois mille mètres, s'arrêterait. Elle s'est écrasée dans une montagne en Inde. Ça leur a pris trois jours pour trouver la carcasse. »
Le Docteur resta assis, raide, écoutant l'histoire de Rose. Il savait, logiquement, que Rose avait perdu sa famille, les avait perdus au temps, à la maladie. C'était la malédiction de ceux qui ne vieillissaient pas, ne mourraient pas. Mais il n'avait jamais vraiment pensé à ceux qu'elle avait perdus. Il n'avait pas voulu, il avait voulu garder l'illusion de Rose comme étant cette fille innocente qu'il avait connue, bien qu'elle ait perdu cette innocence. Elle n'avait pas perdu son émerveillement, bien qu'il eut fallu une course dans une jungle de joyaux pour le retrouver. Elle était toujours curieuse et posait toujours des questions, mais elle ne le laissait pas commander comme elle le faisait avant. Elle était là à ses côtés, ou le plus souvent devant lui, veillant à ce que les choses ne partent pas complètement hors de contrôle.
À présent, en entendant l'histoire de Kelly, la nièce de Rose, qui était morte dans un tragique accident, il ne pouvait s'empêcher de se rappeler de Rose comme une femme ayant vieilli en expérience et en âge, même si elle ressemblait toujours à la jeune femme qui l'avait sauvé si longtemps auparavant.
« Est-ce qu'elle a eu des enfants ? » demanda-t-il doucement.
Rose secoua la tête.
« Kelly avait vingt-cinq ans quand elle est morte. Jeff et Tony, ils ne s'en sont jamais remis. Maman et Papa étaient déjà partis à ce moment-là, ils ne l'ont jamais vue. J'étais là la nuit où mon petit frère est mort, Jeff mourant la nuit suivante. Après ça, je n'avais plus personne. »
Rose lui tourna le visage pour qu'il la regarde.
« N'aies pas pitié de moi, Docteur. J'ai eu soixante-dix ans pour accepter la mort de ma famille. J'ai eu une ou deux décennies où je me suis apitoyée sur mon sort, alors ne commence pas. »
Ses yeux marrons plongèrent dans ceux du Docteur. Ils restèrent ainsi pendant quelques moments, puis Rose hocha fermement la tête.
« Bon, maintenant, j'espère que cette idée idiote de laisser Harry à Hogwarts t'est sortie de l'esprit. »
Le Docteur hocha la tête.
« Je ne l'abandonnerai pas, peu importe combien je pense que ce serait mieux pour lui. J'étais juste… Je pense que je me demandais ce qu'aurait été sa vie, s'il avait grandi dans un endroit plein de magie plutôt que dans le TARDIS. »
Le Docteur leva les yeux vers le plafond.
« Par contre pourquoi défends-tu l'idée qui le met en danger ? Je veux dire, si quoi que ce soit arrivait à Harry, si quoi que ce soit comme ce qui est arrivé à Kelly arrivait à Harry… »
Il s'interrompit, espérant n'avoir pas dépassé de limite. Rose s'appuya contre le mur.
« Je me suis longtemps demandée pourquoi on la laissait travailler dans un environnement aussi dangereux, une entreprise de test et de design de prototypes, mais ensuite, après y avoir réfléchi, c'était un endroit où elle aimait travailler. Elle a postulé là-bas directement à la sortie de l'Université, elle avait vingt ans. A survolé ses classes, brillante fille. A été embauchée et est allée directement au service de design, mais elle aimait le frisson. Elle aimait nous raconter tout ce qu'elle faisait là-bas, et j'ai eu l'occasion de visiter quelques fois. C'était un endroit merveilleux. Je me suis raccrochée au fait qu'elle est morte en faisait quelque chose qu'elle aimait faire.
Le Docteur regarda Rose, la regarda vraiment, et vit la femme qui avait aimé, perdu, et accepté. Il avait l'impression de ne pas la mériter.
« Merci Rose. Merci. »
Rose secoua la tête.
« Je n'ai rien fait. Pas vraiment. J'ai partagé une histoire. Sur une fille que j'ai beaucoup aimé et perdu trop tôt. Mais pendant qu'elle faisait partie de ma vie, je l'ai aimée de tout mon coeur, plus que j'ai aimé quiconque après t'avoir perdu. Elle était mon univers, et je l'ai perdue, et je suis partie en vrille. Mais elle m'a appris une leçon précieuse sur la vie et la mort. C'est pour ça que j'ai gardé mon téléphone si longtemps, même s'il était devenu obsolète bien des années auparavant. J'avais des photos d'elle et de Jeff et de Tony dessus, quand ils étaient jeunes, des photos que je n'avais nulle part ailleurs. Je te montrerai, un jour. »
Le Docteur sursauta, surpris.
« Tu… vraiment ?
— Bien sûr, rit Rose. Je ne te parlerais pas d'elle sans te montrer des photos. Cela fait des décennies que je n'ai pas pu me vanter d'elle. Elle est peut-être partie depuis longtemps, mais les choses qu'elle fait ont toujours un impact sur le monde, mon monde particulièrement. »
Rose eut un grand sourire.
« Avoir Harry autour me la rappelle parfois. Elle se mêlait toujours de choses dont elle n'aurait pas du se mêler. Une fois, elle est entrée dans certains de mes fichiers de Torchwood, pas ceux qui sont dangereux, principalement des fichiers du personnel, mais elle a réussi à associer les fichiers d'une vingtaine de personnes à un autre nom. J'ai du tout réorganiser à la main. »
Rose sourit. Le Docteur rit, et se sentit plus léger. Il était toujours inquiet pour Harry, et ces deux semaines à Hogwarts lui rappelaient qu'il devrait, un jour, rendre Harry au monde dans lequel il était né, mais pas tout de suite. Il pouvait s'accrocher à son petit garçon pendant encore un petit moment. Et il pourrait même trouver un moyen de garder Harry un peu plus longtemps que ça. Il s'agissait juste de tirer les bonnes ficelles. Et les histoires de Rose le distrayaient d'une inquiétude à présent future.
Finalement, trois jours après la crise existentielle du Docteur, le TARDIS accepta d'ouvrir ses portes. Harry était dans le laboratoire de potions, sans son tournevis sonique, en train d'assembler un mélange d'ingrédients afin de tenter de créer une potion de sommeil basée seulement sur son étude des différents ingrédients pour potions et leur propriétés. Cela devenait un problème aux proportions immenses, mais Harry était déterminé.
Il était si concentré que lorsque son père débarqua avec un sourire excité sur le visage en agitant en l'air la clé du TARDIS, il fit tomber accidentellement un bol entier d'yeux de triton écrasés au lieu des deux cuillères, et la potion lui explosa au visage. Il eut une réaction remarquable : il devint violet.
Le Docteur s'arrêta brusquement, une expression déconcertée traversant son visage, puis il éclata de rire et Harry lui lança un regard noir. Le Docteur agita la main en guise d'excuses.
« Qu'est-ce qui était si important pour que tu aies besoin de te précipiter dans la pièce comme un fou, papa ? demanda Harry en essayant de repousser ses cheveux verts ébouriffés en dehors de son visage.
— Le TARDIS est ouvert ! » cria le Docteur.
Harry cligna des yeux.
« Vraiment ? Ça fait une éternité !
— En êtes-vous sûr, Docteur ? » demanda Salazar, qui avait évité l'erreur de Harry avec l'utilisation rapide et entraînée d'un sortilège de protection et une distance décente avec son étudiant propice aux accidents.
Le Docteur le regarda avec indignation.
« Bien sûr que je suis sûr ! C'est une occasion importante ! On va pouvoir ramener Rowena à son vrai âge et partir ! »
Harry sourit, puis se sentit d'un coup plutôt triste. Il allait quitter cet endroit, avec toute sa magie et ses splendeurs et ses gens intéressants. Est-ce qu'il reviendrait un jour ? Il le demanda à son père.
Le Docteur s'arrêta un moment, quelque chose ressemblant à de la tristesse et de la peur traversant son visage. Puis il dit :
« Un jour, Harry, nous reviendrons. Juste, pas à l'époque à laquelle tu penses. Nous reviendrons peut-être ici, à cette époque, qui sait. Je sais que tu iras à Hogwarts dans ton futur, mais un autre Hogwarts, pas celui-là. »
Harry le regarda, ne sachant pas vraiment quoi dire.
Salazar intervint :
« Et bien, si nous avons une solution pour guérir Rowena, nous devrions probablement nous y mettre, oui ? »
Harry s'éclaircit la tête de ses pensées troublées avant d'afficher un grand sourire :
« Oui, bien sûr. Même si j'espère qu'elle ne sera pas trop furieuse après moi pour que ce que j'ai fait. »
Le Docteur lui sourit.
« Oh, je ne pense pas qu'elle se plaigne d'avoir passé quelques semaines comme bébé. C'est plutôt libératoire, j'en suis sûr. Pas de soucis, pas vraiment. Des gens pour prendre soin de toi, veiller après toi, te nourrir. Rose s'est complètement investie dans cette histoire d'éduquer un enfant. »
Une autre étincelle de souffrance, qui disparut.
« Viens, donc, j'ai besoin de toi pour faire le travail de base.
— Réparer ses bêtises, je sais. » répéta sagement Harry.
Le Docteur acquiesça.
« Mais aussi parce que tu es le seul que je connaisse qui peux canaliser l'énergie dont nous avons besoin pour corriger l'erreur temporelle. Tu te souviens de tes leçons sur l'énergie temporelle et quelles sont ses applications réelles ?
— L'énergie temporelle est circulaire par nature. Elle va plutôt corriger une erreur linéaire que l'altérer davantage. La seule raison pour laquelle j'ai réussi à l'affecter de manière si particulière est à cause de la façon dont j'ai accédé à l'énergie. Dans un monde linéaire, l'énergie temporelle, en petites doses, n'aura habituellement aucun effet sur une ligne temporelle linéaire sauf si une force extérieure a structuré son accès. »
Cela ressemblait à une récitation. Salazar sourit. Harry avait de toute évidence été obligé de répéter cette information particulière quelques fois.
« Correctamundo ! Maintenant, j'ai besoin de Jack. Il a dit qu'il avait le morceau de cristal du Schisme Temporel. J'ai besoin de ce cristal. »
Le Docteur regarda Salazar.
« Vous ne sauriez pas, par hasard, où il est ? » demanda-t-il.
Salazar inclina la tête un moment.
« Je crois qu'il est dehors avec Godric, très certainement en train de pratiquer l'épée. Godric a une passion pour le combat et Jack est un combattant très intéressant. »
Le Docteur soupira.
« Bien sûr. J'espère qu'ils n'ont pas réussi à trop se blesser. »
Salazar soupira.
« Il n'y a pas grand chose à faire contre la tyrannie des combattants. Laissez-les se couvrir de bleus et veillez à ce qu'ils aillent voir un guérisseur ensuite. »
Harry rit.
« On dirait que vous avez vécu ça un certain nombre de fois.
— Tu ne croirais jamais le nombre de fois où Godric a du se traîner au château couvert de coupures et d'hématomes parce qu'il a du aller défier les chevaliers d'une forteresse voisine et qu'il n'y avait aucune manière de l'en dissuader. Si Helga n'était pas là, il serait en pièces détachées aujourd'hui. »
Harry eut un rire. Le Docteur se dirigea vers l'entrée dès qu'ils atteignirent le couloir principal, et se précipita dans la cour avant de se diriger vers les champs au delà, vers le lac.
Comme l'avait prédit Salazar, Godric et Jack étaient en train de se battre à côté du lac, bien qu'ils aient des épées en main. Salazar soupira.
« Bien sûr, ils ont sorti les armes. Que pourraient-ils faire d'autre ? »
Harry regarda avec fascination. Après la première leçon avec Godric, où il avait reçu une épée qu'il pouvait à peine soulever et où il avait couru partout dans la pièce avec un Godric déterminé à ses trousses, Harry n'était pas particulièrement intéressé par les armes. Mais c'était intéressant de voir un duel entre deux personnes qui savaient ce qu'elles faisaient.
Jack se battait avec un style plus récent, probablement appris dans l'un des nombreux mondes guerriers qu'il avait visités, ou même, pensa Harry, sur Terre au Japon où il avait entendu que les Samouraïs avaient vécu. Les Samouraïs étaient une culture si étrange et si intéressante. Harry avait entendu dire que leurs lames étaient leur âme. Un jour, il voulait voir si c'était vrai ou non.
Godric était clairement le bretteur le plus expérimenté, malgré l'ancienneté de Jack, mais Jack n'était pas à la traîne. Le combat dura encore quelques minutes jusqu'à ce que, dans un dernier entrechoc des épées, Jack fut désarmé. Il s'inclina en signe de défaite, un sourire sur le visage.
« Ça fait un moment que je n'ai pas été si complètement battu. » dit-il, avec de l'admiration dans la voix.
Godric eut un large sourire en essuyant la sueur de son front.
« Cela fait aussi un long moment que je n'ai pas eu un véritable défi. Vous devriez apprendre au jeune Harry à manier une lame. Il a du talent mais peu de motivation. »
Jack rit.
« C'est un intellectuel. Il préfère réfléchir aux manières d'échapper à un combat plutôt que d'y faire face. »
Godric soupira.
« Je connais bien le genre, dit-il en regardant Salazar, qui souleva simplement un sourcil.
— Jack ! appela le Docteur. J'ai besoin que vous me trouviez ce cristal. »
Un moment de silence.
« Attendez, le TARDIS est ouvert ? » dit-il, clignant les yeux de surprise.
Le Docteur hocha la tête.
« Et bien, d'accord. Je suppose que rien ne vaut le moment présent. »
Jack regarda Harry, visage violet et cheveux verts, et rit.
« Sympa comme look, Harry ! lança-t-il à Harry qui grimaça en croisant les bras.
— Je vais trouver Rowena. Elle est certainement avec Rose et Helga. » dit Godric en se dirigeant vers le château.
Il fit un signe de tête à Harry, un sourire sur le visage :
« J'aime bien cette nouvelle apparence.
— D'accord, dit le Docteur. Amenez les dans la tour où Rowena a été changée, quand vous les aurez trouvées. Nous vous rejoindrons là-bas. »
Godric hocha la tête, agitant une main derrière lui avant de monter les escaliers et disparaître par les immenses portes. Le Docteur se tourna vers Harry, Jack et Salazar.
« Et bien, est-ce qu'on va le chercher, maintenant ? dit Jack.
— Bien sûr. Je me demande juste comment on va canaliser le pouvoir à travers. Mais je suppose que c'est le souci de Harry. »
Harry déglutit.
« D'accord, dit-il. Je vais y arriver.
— Direction le TARDIS ! Allons-y ! [ndlt : en français dans le texte].
— Allons-y ? » répéta Salazar, perplexe.
Le Docteur regarda derrière lui avec une expression de légère surprise.
« Je n'ai jamais entendu ce mot avant.
— C'est… c'est français. » expliqua le Docteur.
Salazar acquiesça pensivement;
« Je suppose que ça peut l'être, bien que ça ne ressemble pas du tout au français que je connais. »
Le Docteur haussa les épaules. Harry et Jack rirent.
« Ce n'est pas grave. La moitié du temps, je ne sais pas s'il parle en anglais, dit Jack à Salazar. Lui ou Harry. »
Harry se tourna vers lui avec indignation, mais vit l'expression taquine sur le visage de Jack et se détourna en soufflant.
Le TARDIS était là, brillant et bleu, et le Docteur eut un cri de joie en insérant la clé et un sourire quand les portes s'ouvrirent.
« Salut Vieille Fille, dit-il affectueusement. C'est merveilleux d'être à nouveau à la maison. »
Harry le suivit à l'intérieur. Heureusement, dès qu'il passa la porte, la couleur disparut de ses cheveux et de son visage. Il eut un soupir de soulagement. Il aurait détesté être violet et vert pour toujours.
Salazar s'arrêta sur le pas de la porte, se demandant s'il pouvait entrer dans un endroit si sacré, avant que Harry ne glisse sa tête dehors :
« Jack, tu viens ? Tu peux emmener Salazar aussi, c'est juste toi qui expliques. »
Harry eut un grand sourire.
Jack attrapa Salazar par le coude et entraîna le fondateur dans la boite bleue.
Salazar s'arrêta, choqué. Cette boite était bien plus grande à l'intérieur. Où était-elle plus petite à l'extérieur ? Est-ce que la manière dont elle était perçue avait de l'importance ? De l'extérieur, c'était juste une boite bleue, grande pour une boite, mais pas de manière exceptionnelle. A l'intérieur se trouvait un monde entier. Comment pouvait-on faire ça ? Est-ce que ce monde était le véritable endroit et la boite juste une perception ?
« Laquelle est vraie ? » demanda Salazar brusquement.
Harry se tourna et regarda Salazar avec un sourire sur le visage.
« Quoi ? Le TARDIS ? »
Salazar hocha la tête. Le sourire de Harry s'agrandit.
« Et bien, ça dépend de ce que vous voulez bien croire. Pour moi, c'est ma maison. La boite, bleue et étonnante et fascinante et plus grande à l'intérieur ou plus petite à l'extérieur. Je n'ai jamais vraiment connu d'autre maison. J'ai toujours vu le TARDIS pour ce qu'elle est, vraiment, parce que je ne connais rien d'autre, je suppose. Mais si vous voulez savoir laquelle est vraie, les deux le sont. L'extérieur est aussi solide que l'intérieur, mais à cause de la façon dont le TARDIS a grandi, elle est naturellement transcendante dimensionnellement. Elle existe à tous les points du temps et de l'univers simultanément. Cela rend les conversations en mots plutôt difficiles, c'est pour ça que je lui parle avec des émotions et des images. L'extérieur est bien plus petit parce que le TARDIS n'existe pas dans le même plan que cette réalité. Elle occupe une dimension différente, donc la projection de la boite bleue est, en fait, son apparence dans le plan de réalité dans lequel on existe. Si vous deviez voir l'extérieur du TARDIS dans sa dimension, elle serait plutôt immense. »
Salazar écouta, laissant les informations être absorbées par son cerveau et essayant de comprendre le sens.
« Donc, dit-il lentement. C'est comme si la boite bleue qu'on peut voir est toujours le TARDIS, mais seulement une partie du TARDIS ? »
Harry hocha la tête.
« Dans un certain sens. C'est un peu comme le fait que Hogwarts a une intelligence, mais vous ne pouvez juste pas la voir. Vous pouvez en voir les effets, avec les pièces ou les escaliers qui se déplacent, mais vous ne pouvez pas voir le cerveau. Le TARDIS est un être multidimensionnel au pouvoir immense. Personne n'a jamais vraiment compris un TARDIS, de ce que j'ai compris, ils ont juste appris à s'en servir. Parce qu'un TARDIS a grandi, il y a déjà une conscience, presque toujours féminine, de ce qu'on m'a dit. »
Salazar digéra ça.
« Donc un TARDIS est plus une personne qu'une plante ou une boite, c'est ça ?
— Et bien, je suppose que si vous voulez voir ça comme ça, on peut avoir ce point de vue. »
Salazar tourna sur lui-même, regardant les différents appareils étranges autour de lui. C'était un être qui était vivant, qui existait séparément de la fonction de son but. C'était une chose merveilleuse, d'être à l'intérieur de quelque chose d'aussi unique. Il se demanda si Hogwarts aurait un jour le même ressenti. Il se sentirait privilégié d'avoir pris part à quelque chose qui était même une fraction aussi fascinante que ce vaisseau.
« Donc vous aimez le décor ? »
La voix de Jack vint de derrière lui et Salazar ne protesta même pas contre la main qui le fit tourner pour faire face à l'homme aux yeux bleus et au sourire séduisant.
« C'est… elle est époustouflante. Étonnante, excitante. J'ai l'impression d'être entré dans un autre monde. »
Jack sourit.
« Le TARDIS a souvent cet effet. Elle est un morceau d'un autre monde, un monde depuis longtemps disparu de ce plan d'existence mais un qui a eu un impact immense sur la façon dont il a été dirigé. »
Jack fit un signe de tête en direction du Docteur. Salazar fronça les sourcils de confusion, puis ses yeux s'écarquillèrent.
« Est-il… est-il un de ces dieux dont les non-magiciens parlent, ceux qui vivent dans le ciel ? »
Jack cligna des yeux, stupéfait, puis rit.
« Oh non, rien d'aussi grandiose. Même si j'étais sûr qu'à présent, les planètes auraient été découvertes, ou au moins observées. Je ne suis pas très bon en Histoire Antique de la Terre, j'ai échoué deux fois à l'école. J'ai du avoir des leçons de rattrapage pour rentrer dans l'agence. »
Jack eut ce grand sourire que Salazar avait appris à aimer.
« Je pense que vous voulez parler de ces corps sphériques qui tournent dans le ciel. Oui, les centaures en parlent, même s'ils ont des noms étranges pour eux. Rowena doit le savoir, mais je suis resté loin de ces bêtises. »
Salazar eut une grimace de désapprobation.
« Oui, et bien, il y en a des millions, les humains vont en découvrir beaucoup, et il vient de l'une d'elles, une planète complètement différente. »
Salazar sembla ne pas vraiment être certain de croire Jack ou non, principalement parce qu'il n'était pas sûr que les planètes dont parlait Jack existaient vraiment, ce qui rendait compliqué de prouver son argumentation, en réalité. Jack soupira et s'apprêtait à expliquer davantage quand la voix du Docteur résonna :
« JACK ! DE QUELLE POCHE VOUS PARLEZ ? JE NE VAIS PAS FOUILLER DANS TOUS VOS VÊTEMENTS ! »
Salazar poussa gentiment Jack en direction de la porte à l'opposé.
« Allez trouver ce cristal dont vous parlez qui va aider Rowena, et vous pourrez essayer de m'expliquer ces planètes. »
Jack salua avant de se tourner et se diriger vers le couloir, criant indistinctement. Harry regarda son professeur de potions avec un sourire.
« Vous tenez vraiment à lui, n'est-ce pas ? » dit-il doucement.
Salazar regarda Harry, fronçant les sourcils un moment, avant de soupirer.
« Oui, je suppose que oui. C'est difficile de ne pas s'attacher à lui. Ridiculement charmant et avec juste un soupçon de désespoir et de désolation. Ça me donne envie de prendre soin de lui, même s'il ne me laissera jamais faire. Mais ça m'attire vers lui. Il y a tant de tristesse en lui, et pourtant, il paraît si jeune. »
Salazar sourit à Harry.
« Même si je suppose que tu n'a pas envie d'en entendre davantage sur la vie romantique de ton oncle ? »
Harry agita une main.
« C'est généralement juste un jeu. Il flirte parce que c'est sa nature. De l'époque où il vient, c'est le comportement généralement accepté. Il se moque du genre, de l'espèce ou de toute autre catégorie, c'est la beauté de la personne qui l'attire, physique et mentale. Il est une personne qui ne peut pas ne pas aimer, peu importe combien ça lui brise le coeur. J'ai parfois juste envie qu'il ne flirte pas parce que peut-être je n'aurais pas à aider à ramasser les morceaux après. Il donne son coeur tout entier à quelqu'un avec qui il ne pourra jamais vivre, et il le sait, mais il s'en moque. »
Harry regarda en direction de la porte à travers laquelle son oncle était parti.
« Je suis heureux qu'il vous ait rencontré, peu importe combien c'est bref. Peu tiennent à lui de la façon dont il tient à eux. »
Ils restèrent assis en silence alors que Harry terminait, et Salazar se demanda combien de temps Jack avait vraiment vécu. Qu'était-il arrivé à cet homme qui avait créé cette personne masochiste qui pourtant aimait sans fin ? Il n'allait pas demander, ce n'était pas à lui de savoir sauf si Jack voulait lui dire, mais il ne pouvait ignorer les paroles de Harry.
« Vous êtes tous vraiment quelque chose de différent. » dit Salazar.
Harry se tourna, les yeux écarquillés comme un hibou.
« Je veux dire, toi et ta famille. Toi, impossible enfant, ton père et son étrange boite qui est vivante et pourtant de façon si fascinante belle et utile, Rose et son visage jeune et ses yeux vieux et son étrange connexion avec le Docteur, et Jack, l'homme sans âge avec une histoire compliquée. Rien sur vous quatre n'est normal ou même fonctionnel individuellement. Laisse Rose, ton père ou Jack seuls, et je vois des personnalités autodestructrices sur leur visage. Des personnes qui ont désespérément besoin d'aider mais ne peuvent pas vraiment affronter leur propre vie. Et toi, façonné par eux, je me demande ce que tu aurais pu être sans leur influence. »
Salazar s'arrêta un moment et Harry allait parler pour défendre sa famille, mais Salazar reprit :
« Mais ensemble, ensemble tous les quatre, vous êtes une force de la nature irrésistible, un brasier déchaîné qui ne peut pas être arrêté, mais un qui brûle le destructeur pour laisser le nouveau grandir à travers. C'est absolument stupéfiant. »
Harry ne put que cligner des yeux quand Salazar eut terminé, et il n'eut pas la possibilité de répondre car le Docteur revint en bondissant des couloirs du fond avec un éclat jaune tenu fermement dans une main. Jack le suivait d'un pas plus tranquille, souriant.
« Et bien, qui est prêt pour faire plier le temps ? »
La respiration de Harry se bloqua un instant.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Salazar suivit le tourbillon d'activité qu'étaient le Docteur et Harry hors du TARDIS et le long du couloir. Il y avait beaucoup de course, pensa-t-il, surtout alors que Rowena avait déjà attendu deux semaines. Pourquoi se précipiter ?
« Courir est une spécialité du Docteur, et Harry en a également hérité. Donc soit vous suivez, soit vous rattrapez. Ils ne vous attendront pas. »
Ses pensées avaient du être évidentes pour que Jack les commente. Néanmoins, il courut après les deux sprinters, ne voulant pas vraiment manquer ce qui allait se passer.
Harry et le Docteur bondirent sur les marches menant à la tour et glissèrent à travers la porte, saluant Rose, Helga, Godric et Rowena miniaturisée avec un souffle d'air et un sourire.
« Est-ce que tout est prêt, Docteur ? » demanda Rose avec un signe de tête en direction de l'enfant dans ses bras.
Le Docteur se tourna vers Harry, levant un sourcil interrogateur.
« Et bien Harry, tu es prêt à réparer ton erreur ? »
Harry hocha fermement la tête et son père lui sourit, un large sourire lumineux.
« Et bien, allons-y [ndlt : en français dans le texte] ! Ramenons cette bonne fondatrice à son véritable âge ! »
Jack et Salazar étaient juste au delà de la porte.
« D'accord, si tous ceux qui ne sont soit pas affectés par le temps ou actuellement le fauteur de trouble pouvaient aller au delà de la porte, ce serait brillant. »
Il attendit pendant que Helga et Godric se déplaçaient dehors. Rose resta où elle était, berçant la petite Rowena. Le Docteur la regarda :
« Toi aussi Rose. »
Rose secoua la tête.
« Certainement pas. Je suis imperméable au temps. C'est peu probable que la petite quantité que vous allez utiliser pour ramener Rowena me fasse quoi que ce soit. »
Le Docteur soupira, exaspéré.
« Je ne peux pas prendre le risque que Bad Wolf décide de nous rendre une visite à cause d'une faille ouverte. »
Rose regarda le Docteur droit dans les yeux, immobile.
« S'il te plaît, Rose. Je ne sais pas ce que cette entité te fait, et tant qu'on ne la comprend pas mieux, je ne veux pas te mettre dans une position où tu es plus affectée par le temps pur que nécessaire. »
Il y eut un affrontement silencieux, le Docteur et Rose se dévisageant. Harry essaya de se faire tout petit, ne souhaitant pas se retrouver dans une possible dispute qui pourrait éclater, puis la tension baissa quand Rose soupira, cédant avec réticence à la requête du Docteur.
« D'accord, mais je ne vais pas plus loin que la porte. » l'avertit-elle.
Le Docteur sourit.
« Et fais attention à elle, elle est fragile. »
Rose tendit Rowena au Docteur, qui la prit avec des mains délicates.
« Je le ferai. Et la porte est tout ce que je demande. L'énergie temporelle devrait être concentrée uniquement autour du cristal et de Rowena, avec Harry agissant comme intermédiaire.
— Ce n'est pas dangereux pour Harry ? demanda Helga depuis le couloir.
— S'il n'était pas protégé par sa magie interne et sa connexion avec le TARDIS, ce le serait terriblement. Mais grâce à sa nature, Harry est protégé de la plupart des effets de l'énergie temporelle en petites quantités. »
Le Docteur déplaça Rowena dans ses bras jusqu'à ce qu'il puisse tenir le cristal d'une main, un morceau de tissu enroulé autour de sa base.
« Fais attention, Harry. On ne veut pas activer le cristal et je ne veux pas que tu le touches à main nue sans préparation si proche de la faille. Même si c'est une toute petite. »
Harry prit le cristal avec hésitation, s'assurant de ne jamais le toucher directement.
« Est-ce que je dois la toucher, comme je l'ai fait avant ? » demanda Harry.
Le Docteur secoua la tête.
« Non, cette fois, tu vas faire se manifester l'énergie temporelle directement dans la pièce en utilisant le cristal comme catalyseur. Tu ne la filtres pas à travers ta magie pour la rendre visible. »
Harry hocha la tête, puis regarda le cristal dans ses mains. Il était mince, d'environ trente centimètres de long, et à l'intérieur était un… est-ce que c'était un dragon ?
« Papa, pourquoi il y a un dragon à l'intérieur de ce cristal ? Et il vole encore. »
Le Docteur se pencha avec curiosité.
« Je pense que c'est un Dragon des Montagnes du Couchant. Sont disparus depuis, oh, 679 EC ? J'imagine que c'est ce qui était présent à ce point de la faille quand elle s'est manifestée à cette époque. Donc quand la fracture est apparue, son image a été capturée et préservée dans le cristal. Même si je dois dire, c'est une espèce remarquable, les dragons. Très similaires aux Draconiens, sur une planète du système Frixal S78. Même s'ils ont bien meilleur caractère que les dragons. »
Harry observa de plus près le cristal, regardant la créature majestueuse, bronze et carmin, voler dans un ciel invisible.
« Est-ce qu'il sera toujours là quand j'aurai terminé ? » demanda Harry, inquiet.
Le Docteur haussa les épaules.
« Je ne sais pas. Mais le dragon lui-même ne doit pas avoir été blessé après la fermeture de la fracture. Même si je n'en suis pas vraiment sûr. Peut-être a-t-il été temporellement capturé et que c'est le dragon, revivant ses derniers instants avant d'avoir été figé. »
Harry sembla vaguement inconfortable à l'idée d'une créature vivante à l'intérieur de l'objet qu'il allait utiliser comme catalyseur, mais il ne pouvait pas imaginer d'autre choix.
Le Docteur plaça Rowena directement sous la faille, la petite fille lançant un regard ensommeillé à Harry. Elle venait de se réveiller d'une sieste et avait été précipitée dans la tour avec peu de préparation. Elle n'était pas sûre d'aimer ça.
« Harry, tu sais quoi faire, n'est-ce pas ? demanda le Docteur.
— Je dois canaliser ma magie à travers le cristal, en maintenant le contact entre le catalyseur temporel et la faille. La libération de l'énergie temporelle dans le cristal doit être dirigée en Rowena par un contact physique. »
Le Docteur hocha la tête en signe d'approbation, puis se recula vers la porte, ne la franchissant pas vraiment mais se reculant suffisamment pour laisser à Harry un peu d'espace.
Harry baissa les yeux vers Rowena.
« J'espère que vous ne serez pas trop en colère après moi pour ça quand vous reviendrez à la normale, dit Harry. Je suis vraiment désolé. »
Puis il se concentra, cherchant l'emplacement exact de la faille. Elle était juste au dessus de la tête de Rowena. Son papa avait vraiment un bon sens du Temps, pour avoir été capable de localiser la faille si précisément. Il sourit, puis toucha le cristal de ses mains nues avec un peu d'hésitation. Le cristal pulsa, littéralement, et il vit une vague d'énergie en sortir dans toutes les directions sur quelques dizaines de centimètres. Elle passa à travers lui et Harry trembla. Mais elle ne fit rien, donc il commença à filtrer sa magie à travers, tendant le bras jusqu'à ce que la pointe touche le point dans l'air où il avait dévoilé le schéma entre ce plan et le vortex temporel.
La réaction fut stupéfiante, et le cristal commença à briller d'une puissante couleur dorée. Harry eut un grand sourire. Et bien, ça se passait mieux que prévu.
En dessous de lui, Rowena regarda la procédure avec de grands yeux. C'était si joli, et elle tendit une main pour toucher. Heureusement, elle était trop loin de la lumière pour que quoi que soit se passe pour l'avoir touchée trop tôt. Harry n'avait vraiment pas besoin que ça tourne encore plus mal que ça ne l'était déjà.
« Que fait-il, Docteur ? demanda Godric. C'est comme… un vent doré qui tourbillonne autour de lui. »
Le Docteur le regarda avec surprise.
« Vous pouvez voir l'énergie ? » demanda-t-il doucement.
Godric acquiesça.
« Oui. J'en ai toujours été capable, mais c'est une quantité étonnante. Plus que ce à quoi je m'attendais.
— Hum, et bien, je vous poserai plus de questions plus tard, mais essentiellement, Harry est en train d'utiliser l'énergie qu'il rassemble de la faille et canalise à travers le cristal. Le cristal agit comme catalyseur pour qu'elle ne flotte pas dans le vide en train de faire des choses qu'elle ne devrait pas. Harry peut ensuite diriger l'énergie là où elle doit aller. Dans ce cas, en Rowena, pour agir comme une sorte d'accélérateur de sa vie. Cela va ramener sa ligne temporelle et le temps actuel en synchronisation.
— Je crois que j'ai peut-être compris ça. En quelque sorte. Donc il ramène Rowena à la normale.
— Oui. »
Harry attendit quelques moments, puis inclina brusquement le cristal vers le bas, vers la tête de Rowena. Juste au moment où il allait la toucher, il le laissa tomber avec une minuscule poussée, et il se connecta avec le visage levé de Rowena.
Au moment où il se connecta, Rowena fut baignée dans un halo de lumière dorée, obscurcissant sa silhouette. La lumière devint de plus en plus brillante, et Harry fut forcé de se reculer pour éviter d'y être absorbé. Il ne pouvait pas prendre ce risque.
Cela prit quelques moments, pendant lesquels Harry mordilla nerveusement ses ongles. Il pouvait seulement espérer que cela fonctionnerait.
Quelques instants plus tard, la lumière disparut et Harry se précipita vers Rowena.
Il se tourna brusquement, les yeux écarquillés, en regardant son père.
« Euh, papa, on a un petit problème.
— Quoi, qu'est-ce qui s'est passé ? »
Harry s'agita nerveusement.
« Et bien, je ne me suis pas vraiment rappelé que Rowena allait grandir, ce qui voulait dire que son corps allait aussi grandir, ce qui veut dire qu'elle allait devenir trop grande pour ses vêtements… »
Harry s'interrompit avant de reprendre :
« Et bien, elle est, un peu… déshabillée. »
Le Docteur jeta un coup d'oeil par dessus l'épaule de Harry, mais il fut ramené en arrière par Rose.
« Donne lui un peu d'intimité, gronda Rose. Si l'un de vous magiciens pouvait faire apparaître une couverture, ce serait très aimable. »
Quelqu'un agita une baguette et murmura quelque chose et une couverture apparut dans les mains de Rose.
« Merci. Maintenant, est-ce que tous ceux qui ne sont pas de sexe féminin peuvent partir ? Nous allons faire descendre Rowena quand elle se sentira mieux.
— Mais je dois m'assurer qu'elle ne souffre pas d'effets secondaires ! » protesta le Docteur.
Rose le poussa vers la porte.
« Va ! Je suis sûre qu'on peut s'assurer qu'elle va bien sans ton aide. »
Donc, avec un peu de protestations, le Docteur, Godric, Jack, Salazar et Harry furent poussés hors de la tour dans le couloir.
Rose et Helga couvrirent Rowena avec la couverture (elle était rouge vif, probablement cadeau de Godric). La femme était toujours inconsciente, même si Rose ne s'attendait pas à autre chose. Elle venait juste d'être conduite à travers une faille temporelle pour corriger sa ligne temporelle, ce n'était pas surprenant qu'elle ait décidé que rester inconsciente était bien mieux qu'avoir les yeux ouverts.
« Savez-vous quand elle se réveillera ? » demanda Helga.
Rose secoua la tête et Helga soupira.
« Je suppose qu'on va simplement attendre, donc.
— Je suppose. De plus, elle n'a pas besoin de se réveiller entourée par le Docteur et Harry et leurs questions envahissantes. »
Rose pencha la tête, songeuse.
« Mais elle ne devrait sans doute pas se réveiller par terre non plus. Pas très confortable, n'est-ce pas ? »
Helga sourit.
« Non, je suppose que non. »
Elle tira sa baguette de sa manche et l'agita dans un motif compliqué, et Rose regarda un lit se matérialiser.
« C'est son lit, de sa chambre. Ça doit être un peu plus confortable. »
Rose hocha la tête en guise d'approbation. Helga agita de nouveau la longueur de bois et Rowena flotta lentement en direction du lit, la couverture s'étendit sur elle et se borda.
« Elle pourra le ramener dans sa chambre quand elle se réveillera. Pour l'instant, ça ne fait pas de mal là où il est.
— Depuis combien de temps connaissez-vous Rowena ? demanda Rose avec curiosité.
— Depuis qu'elle est enfant. Je suis plus âgée qu'elle d'environ huit ans. Je l'ai prise avec moi quand ses parents l'ont chassée. Ils n'approuvaient pas du tout la magie, ne la comprenaient pas. Elle avait environ sept ans et était brillante. Elle avait aussi une sacrée bouche. Cela s'est calmé avec les années, mais elle peut toujours jurer comme le meilleur d'entre eux quand elle est en colère. »
Helga gloussa.
« Je l'ai presque mise à la porte moi-même, une fois ou deux. Enfant précoce, mais je n'ai jamais vraiment pu l'abandonner. Elle avait besoin de quelqu'un qui ne la laisserait pas. Donc quand je pouvais, je lui enseignais la magie que mes parents m'avaient apprise avant de mourir. Salazar nous a trouvées un peu plus tard, apprenti itinérant d'un puissant sorcier, et Godric le suivait comme un chiot.
— Quelle est leur histoire, à tous les deux ? Élevés ensemble ? »
Helga haussa les épaules.
« Ils n'en parlent jamais. Je crois que Godric était le fils d'un noble, mais je n'ai jamais pu lui faire dire lequel. Il parle comme s'il vient de l'île à l'ouest, mais il ne le confirme pas, et il a adouci son accent au fil des années. Avant, il roulait ses 'r' terriblement. Salazar, je crois, est un orphelin. N'a jamais connu ses parents, ne sait pas d'où il vient, ne sait pas grand chose de son passé du tout. Il n'a pas l'air de s'en préoccuper, mais je crois que ça le travaille un peu. »
Rose sourit. Un groupe si disparate.
« Comment avez-vous tous décidé de construire un château ? Je veux dire, c'est plutôt un projet extravagant pour des personnes si jeunes. »
Helga sourit, le regard perdu au loin.
« Aucun d'entre nous n'appartenait vraiment quelque part, donc je pense que nous étions tous désespérés d'avoir un endroit à nous, et quoi de mieux qu'un château ? De grands seigneurs et nobles y vivent, et nous pouvons enseigner. J'adore enseigner, Godric adore enseigner quand il n'est pas occupé à faire exploser des choses. Je sais que Salazar aime ça quand il a un bon élève, et Rowena étourdirait tout le monde de paroles s'ils avaient la moindre idée de s'asseoir en sa présence. Donc nous avons décidé de pourquoi pas rendre notre maison assez grande pour des enfants également, ceux qui n'ont pas de maison, même si nous n'avons encore aucun orphelin. Nos trois derniers sont partis trouver du travail quand la Récolte a commencé. Le plus souvent, nous avons des enfants des villages qui ont besoin d'apprendre à utiliser leur don, cela apaise les parents, savoir que leurs enfants apprennent, particulièrement ceux qui viennent de familles sans magie. »
Rose hocha la tête.
« Donc vous avez fait de cet endroit une maison et une école. Qu'est-ce que vous pensez faire quand vous mourrez ? »
Helga haussa les épaules.
« Nous n'y avons pas vraiment réfléchi. Salazar et moi avons environ le même âge, Rowena est la plus jeune et nous pensons que Godric a quelques années de plus qu'elle, même s'il n'en parle pas. »
Helga lui lança un regard.
« Malgré son bagou, Godric est quelqu'un que la plupart sous-estiment. Nous ne connaissons pas son passé, nous ne connaissons presque rien de ses dons, et il a une magie vraiment puissante à sa portée.
— Vous êtes tous puissants. Qu'est-ce qui le rend si différent ? »
Helga fit une pause pour ordonner ses pensées.
« Oui, nous sommes tous puissants. Étonnamment talentueux. Presque aucun sort connu est hors de notre portée. En fait, tout ce qui est connu aujourd'hui, nous avons avons les connaissances pour l'utiliser et la capacité de le manipuler. Mais Godric est encore une étape au delà. Il voit la magie dans sa base la plus fondamentale. La manipule étrangement. Il est celui qui a entouré le château de sa couche de protections.
— Ne sous-estime pas les autres d'entre nous, Helga, fit la voix de Rowena en provenance de sous les couvertures. Godric est inhabituellement puissant, mais il manque de la concentration essentielle pour le rendre dangereux. Il est aussi beaucoup plus intéressé par aider les gens, peu importe combien ça ennuie Salazar. »
Rowena s'assit, tirant les couvertures avec elle pour rester décemment couverte.
« Est-ce qu'il y a des vêtements que je pourrais avoir ? demanda-t-elle. Il fait un peu frais. »
Helga agita sa baguette, murmurant quelque chose que Rose pensa être du latin. Une robe bleue simple et une paire de chaussures noires apparurent, se posant sur le lit de Rowena sous la direction de Helga. Rowena fit un signe de remerciements et Rose et Helga lui tournèrent le dos pour lui donner de l'intimité. Cela prit quelques instants, puis Rowena leur dit qu'elles pouvaient tourner.
« Et pour vous autres ? Vous excellez tous dans quelque chose. Godric est puissant et mystérieux, je connais quelques personnes qui aiment croire qu'ils sont un peu comme ça. »
Rose eut un grand sourire.
« Mais je sais que Salazar est bon avec les potions et Helga, vous m'avez montré vos plantes. »
Rowena sourit légèrement.
« Salazar a un don avec les potions, capable de créer les concoctions les plus inhabituelles jamais connues. Il est aussi un maître en métamorphose. Mais n'ignorez pas Godric à ce sujet. Les deux collaborent pour trouver un moyen de se transformer en animal. Je ne sais pas vraiment comment ça marche pour le moment, mais ça devrait être intéressant.
— Rowena est brillante avec les enchantements. Personne d'autre nulle part ailleurs n'est aussi bon qu'elle. Même si j'ai entendu parler de mystiques dans l'extrême-Orient qui sont choquants. Et elle est celle avec l'intelligence. Quand elle peut garder contrôle sur son tempérament et sa curiosité. »
Helga regarda Rowena avec affection. Rowena grimaça.
« Et bien, je suis désolée que ma curiosité l'ait emportée. Même si j'ai réussi à apprendre beaucoup de cette expérience.
— Vous vous en souvenez ? » demanda Rose, stupéfaite.
Rowena acquiesça en se mordant la lèvre.
« D'une manière distante, oui. Je me souviens de la transformation en elle-même plutôt clairement, et, soudainement, tout a une perspective différente. Tout est si empreint d'émotions, moins de pensées et plus de… c'est joli, tu es méchant, fatiguée, affamée, j'aime ça. »
Rowena regarda Rose.
« C'est normal ? »
Rose hocha la tête.
« Le Docteur a dit que votre esprit est revenu à l'état d'un enfant de deux ans, pour se protéger des effets dangereux que les souvenirs et processus mentaux d'une personne plus âgée peuvent avoir sur un jeune esprit fragile. Je me souviens de ce que sont les enfants à cet âge. Tout est émotionnel, tout est provoqué par le besoin. Kelly était une enfant précoce, toujours en train de découvrir des choses, toujours souriante et avec toujours une excuse merveilleusement enfantine pour quoi ces choses ne fonctionnaient plus.
— Vous êtes mère ? demanda Helga avec stupéfaction. Mais vous semblez à peine suffisamment âgée pour avoir quitté la maison !
— Non, pas une mère, et je suis bien plus âgée que je n'y parais. Mais ma nièce était une adorable petite fille de deux ans.
— Votre nièce ? demanda Rowena, un soupçon de confusion dans la voix.
— La fille de mon frère. Lui et son mari ont adopté Kelly quand elle était bébé, sa mère biologique l'avait abandonnée. Elle était trop jeune pour s'occuper d'un enfant et n'avait pas de mari ou de femme ou de famille volontaire pour l'aider. »
Helga hocha la tête, compréhensive.
« Votre frère est une belle personne, pour faire une telle chose. »
Rose sourit, mais ne dit rien de plus sur le sujet, se tournant à la place vers Rowena :
« Donc, comment va votre esprit, est-ce que tout revient comme il faut ? Rien qui n'est pas à sa place ? Inhabituel ? »
Rowena fronça les sourcils en se concentrant, puis secoua la tête :
« Pas en ce moment, non. Même si la vague d'émotions est étrange, je suppose qu'en revenant d'un si jeune âge, ça doit être normal d'avoir cette vague. »
Rowena regarda autour d'elle dans la pièce.
« Oh, je crois qu'être capable de voir la petite déchirure au milieu de la pièce doit être inhabituel. »
Rose lui lança un regard perçant.
« Déchirure ? Où exactement est cette déchirure ? »
Rowena tendit le doigt :
« Là, près de la table où Harry a ouvert pour la première fois l'espace entre les plans. Bien que ce soit si petit que rien ne s'en échappe vraiment. »
Rose plissa les yeux.
« Je vais devoir m'assurer que le Docteur en est informé. C'est dangereux de laisser un quelconque schisme temporel ouvert dans ce plan, peu importe sa taille. Vous ne pouvez pas connaître les effets que cela peut avoir sur son environnement. »
Rose regarda Rowena.
« Je vous suggérerais de l'éviter. Nous ne savons pas ce que ça peut vous faire, même si vous avez été ramenée dans votre propre ligne temporelle. »
Rowena hocha la tête.
« J'ai appris beaucoup sur le temps, cependant. Je ne sous-estimerai plus quelqu'un en fonction de son âge. Je crains avoir provoqué la réaction précipitée de Harry et je ne l'ai pas écouté quand il m'a dit de ne toucher à rien. »
Rowena soupira.
« Harry vous aurait sans doute montré de toute façon, que vous ayez été méprisante ou encourageante. Dans un sens, cela aurait été dans une tentative de vous montrer quelque chose d'intéressant, et dans l'autre, cela aurait été l'excitation de vous montrer quelque chose d'intéressant. Vous ne pouvez pas gagner contre le Docteur ou Harry. Ils feront ce qu'ils veulent et peu importe les raisons. »
Helga eut un grand sourire.
« Je crois que Salazar a réussi à obtenir de Harry qu'il suive des instructions. Cela a demandé de la finesse, mais c'est amusant. »
Rose rit.
« Tant que c'est intéressant, vous pouvez les garder tous les deux occupés pendant des heures. Jours. Semaines. C'est un peu effrayant parfois, comme ils peuvent se concentrer sur quelque chose. Mais ils réalisent des choses étonnantes. »
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Les garçons parlaient également de la situation, dès le moment où ils furent tous au même niveau.
« Donc vous pensez que Rowena ira bien, Docteur ? » demanda Godric, triturant ses ongles et arrachant des petits bouts de peau.
Le Docteur hocha la tête.
« Très certainement. Il y a une petite possibilité d'un effet permanent sur sa mémoire, mais rien de vraiment sérieux. Nous n'avons rien changé, nous n'avons plutôt ramenée à son état véritable. L'énergie temporelle et sa propre magie doivent avoir compensé l'altération qui a du être faite pour la ramener à la normale.
— Mais il y a une petite possibilité pour quelque chose se passe mal ?
— Peu probable, Godric, mais oui. Nous saurons dès que Rose descendra. »
Le Docteur leva les yeux vers l'escalier, l'inquiétude visible dans son regard.
Harry restait silencieux, ne souhaitant pas attirer l'attention sur lui tant qu'il ne saurait pas que tout ce qui s'était passé s'était résolu au mieux. Le cristal dans ses mains était maintenant vide du dragon qu'il avait vu, et il espérait qu'il était retourné dans son propre temps, en vie. La pensée qu'il ait pu tuer par inadvertance une si magnifique créature était quelque chose sur laquelle il ne voulait pas s'attarder.
Le silence remplit l'espace, puis le Docteur parla à nouveau :
« Et bien, jusqu'à ce qu'on soit autorisés à remonter, c'est peu probable qu'on sache ce qui s'est passé. Et Rose ne va sans doute pas me laisser entrer dans la pièce, peu importe ce que je peux lui dire. Elle est têtue comme ça. »
Le Docteur grimaça légèrement.
« Tête de mule. »
Harry étouffa un rire.
« J'espère qu'elle va bien. Rowena est le bébé du groupe, vous savez. On l'a trouvée en train de traîner dans les pattes de Helga. Elle n'avait pas plus de dix ans, mais elle avait déjà un beau vocabulaire. Helga était une sainte, à la supporter. Elle s'est améliorée en grandissant, mais je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi intelligent qu'elle, pas avant que vous quatre n'apparaissiez. »
Godric sourit.
« Elle est en quelque sorte ma petite soeur, que j'adore embêter. Je veux dire, je ne la blesserai jamais, mais elle a un caractère merveilleux quand elle est en colère. Ses plumes se hérissent complètement. Presque aussi amusant que Salazar. »
Godric fit un signe de tête en direction de Salazar, qui était appuyé contre le mur du fond.
Salazar ouvrit un oeil pour lui lancer un regard.
« Tu es la personne la plus ennuyante que j'ai eu le plaisir de rencontrer, et ça signifie beaucoup. Si tu n'avais pas été un enfant aussi maladroit et aussi entêté, je t'aurais sans doute juste laissé là où je t'ai trouvé, sur cette plage. »
Godric sourit.
« Tu n'aurais pas pu. Tu as un faible pour les roux dégingandés avec un goût pour les ennuis.
— Presque plus d'ennuis que tu n'en vaux, marmonna Salazar.
— Donc vous n'avez pas grandi ensemble ? » demanda Harry avec curiosité.
Godric baissa les yeux vers Harry, souriant.
« Non, même si je pense que les trois plus âgés avons élevé Rowena, en quelque sorte. Quand elle nous a laissés faire. Ce qui ne signifie pas grand chose, puisque nous n'étions pas bien plus âgés qu'elle.
— Vraiment ? Je pensais que vous aviez tous environ le même âge, dit le Docteur.
— Helga et moi avons le même âge, à peu près. Je ne suis pas très sûr de quand je suis né. Godric a environ quatre saisons de moins que moi, et quatre de plus que Helga. Mais en maturité, Godric tombe tout en bas. »
Salazar eut un sourire moqueur pour son ami.
Godric soupira, un long soupir qui laissait penser qu'il affrontait ce genre de choses depuis un moment.
« Au moins, je n'ai pas un poteau en bois en guise de colonne vertébrale. Il faut une catastrophe pour que tu changes quoi que ce soit.
— Il a changé sa façon de m'enseigner ! protesta Harry.
— Tu es une catastrophe naturelle, Harry. Tu te promènes et tu perturbes les attentes de chacun envers le monde. Cela aurait été un miracle que Salazar n'ait pas changé pour t'enseigner.
— Au moins, il n'agitait pas une épée sur moi, marmonna Harry.
— Elles étaient émoussées. » protesta Godric.
Harry fronça les sourcils.
« Je suis sûr que ça fait toute la différence. Pour l'instant, cependant, je vais garder l'esprit ouvert sur qui enseigne le mieux ici. J'ai toujours l'hématome de cette leçon. »
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Harry, le Docteur, Godric, Jack et Salazar restèrent au pied de l'escalier pendant plus d'une demi-heure avant que Rose descende, souriante. Le Docteur se précipita aussitôt vers elle, attrapant ses épaules.
« Est-ce que Rowena va bien ? » demanda-t-il.
Rose leva les yeux au ciel et repoussa les mains du Docteur.
« Rowena va bien. Elle a toutes ses capacités mentales, pas d'effets secondaires à part quelques souvenirs très troubles de ses moments en tant que bébé et un penchant pour jouer avec la magie temporelle. Et une capacité surprenante à voir le temps. Enfin, un petit morceau du temps, l'énergie temporelle se glissant à travers la fissure dans sa chambre. »
Le Docteur inspira profondément.
« D'accord, pas si mal. Je m'attendais à quelque chose comme ça. On ressort rarement d'une telle rencontre avec l'énergie temporelle en restant le même. Nous avons de la chance que tout ce qu'elle ait soit la capacité de voir l'énergie temporelle. »
Le Docteur se tourna vers Godric.
« Elle n'est pas toute seule dans ce cas, au moins. »
Les yeux de Rose s'agrandirent alors qu'elle regardait aussi en direction du roux.
« Vous pouvez voir aussi l'énergie temporelle ? »
Godric haussa les épaules.
« Je pense que c'est plus l'aura d'une personne, et l'énergie temporelle, comme vous dites, tombe dans cette catégorie.
— La capacité de Godric de voir cette fréquence d'énergie est probablement quelque chose qu'il a hérité de ses parents, sa lignée maternelle si je dois deviner. C'est généralement quelque chose de féminin, de ce que j'ai pu voir de l'humanité. Mais puisqu'il ne parle pas beaucoup de sa famille, je ne peux pas dire. »
Le Docteur fronça légèrement les sourcils.
« Mais cela va aider Rowena à s'y habituer, d'avoir quelqu'un avec elle qui sait ce qu'elle voit et qui est capable de l'aider.
— Vous ne restez pas ? » intervint Salazar, semblant inquiet.
Le Docteur secoua la tête.
« Non. Nous ne pouvons pas. Ce n'est pas vraiment l'époque pour Harry d'être à Hogwarts et nous sommes déjà restés beaucoup plus longtemps que je m'y attendais. Même si ça peut être attribué à l'erreur de Harry, et que ça lui a donné une grande opportunité d'apprendre des choses importantes. Mais nous ne pouvons pas rester plus longtemps. »
Salazar lança un regard vers Jack, qui hocha la tête dans un accord résigné. Salazar fit un signe de tête sur le côté et partit. Jack regarda le Docteur, qui hocha la tête et suivit son amant actuel loin du groupe.
Rose les regarda avec des yeux inquiets.
« Est-ce que ça va aller ?
— Pour Jack ou Salazar ? demanda le Docteur.
— Les deux.
— Je ne sais pas. Jack… Jack risque de le prendre plus mal que Salazar, mais Salazar est… on va devoir voir. »
Godric fronça les sourcils.
« Je ne savais pas qu'ils étaient si sérieux. » dit-il, la consternation teintant sa voix.
Harry soupira.
« Oncle Jack a tendance à trop s'investir dans les gens qui l'intéressent. Ça ne marche pas vraiment pour lui quand il doit partir. J'espère juste qu'il ne finira pas déprimé. Ça ne se termine jamais bien
— Je n'aurais jamais pensé que Salazar trouverait vraiment quelqu'un suffisamment intéressant pour y investir beaucoup de temps, dit Godric pensivement. Il est habituellement assez distant.
— Jack a la capacité de passer par dessus les barrières les plus épaisses des personnes. Il a ce petit charme avec lui. »
Rose passa un bras par dessus les épaules de Godric.
« Ils nous auront, quand ils auront terminé. »
Godric hocha la tête, mais l'inquiétude sur son visage ne disparut pas.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Jack suivit Salazar le long du couloir et en haut d'un escalier, en s'éloignant toujours plus du groupe qui attendait que Rowena descende.
Salazar s'arrêta soudainement, se tourna abruptement pour faire face à Jack, avant d'attraper dans une poignée la chemise blanche de Jack et l'attirer près de lui, de l'incertitude dans les yeux. La surprise de Jack se transforma en aisance tranquille et il sourit, avant que Salazar termine ce qu'il avait commencé et l'embrasse.
C'était un baiser doux, contrairement au violent coup qui les avait rapprochés. Pas chaste, mais loin d'être scandaleux. Doux et délicat, et Jack voulut s'y plonger, dans cet homme auquel il s'était attaché et qu'il devait, en fin de compte, quitter. Il avait blessé suffisamment de personnes dans sa vie qui l'avaient aimé, il ne pouvait même pas penser à rester avec Salazar, peu importe combien il le voulait. Il ne devait pas.
Après quelques instants infinis, Salazar se recula, la main qui avait agrippé la chemise de Jack glissa pour se poser sur sa taille. Hésitant, incertain.
« Tu, tu pars, n'est-ce pas ? »
Jack hocha la tête, ne sachant pas quoi dit. Salazar recula d'un pas, et Jack le laissa faire. Mais il ne put empêcher sa main traîtresse de se tendre pour attraper celle de Salazar.
« Je suis désolé. » murmura-t-il.
Cela semblait inadapté.
« J'aurais du savoir, mais je n'ai… Je pense que je ne voulais pas y penser. Ton départ. Je veux dire, ça ne fait que quelques semaines, mais… »
Salazar s'arrêta pour rassembler ses pensées et souffla :
« Je ne veux pas que tu partes. Je veux que tu restes. Ici. Avec moi. »
Les yeux de Jack s'écarquillèrent.
« Je… Tu ne le souhaiterais pas, dit-il finalement.
— Pourquoi ? Parce que tu es plus âgé que moi ? »
Jack sursauta légèrement.
« Seuls ceux qui ont vécu de nombreuses années ont le même regard dans les yeux, et tu parles de petits-enfants. Tu n'es pas le portrait de la jeunesse adolescente, mais tu n'as pas l'air assez âgé pour avoir des petits-enfants.
— Tu n'aimerais pas ça, dit Jack. Que je reste. Peu importe combien j'en ai envie, combien tu en as envie, à la fin, tu n'aimerais pas ça.
— Pourquoi ? Parce que tu es brisé ? Parce que tu es vieux ? Parce que je suis jeune ? »
Jack secoua la tête.
« Est-ce que je ne suis pas assez bien ? » pleura Salazar.
Jack s'avança, entourant de ses bras l'homme plus jeune. Il oubliait parfois que Salazar, avec toute sa sagesse et sa puissance, était toujours jeune, toujours si facilement blessé. Il avait oublié ce qu'étaient les jeunes adultes. Le Docteur était plus vieux que lui, Rose avait dépassé ses années de jeune adulte maladroite longtemps auparavant, et Harry était toujours un enfant. Il avait oublié ce qu'était être si passionné et fervent et désespéré.
« Non, non, ne penses jamais ça, Salazar. Sal. Jamais. Tu es, tu es merveilleux. Intelligent, brillant, fort, merveilleux, gentil, patient. Tout en toi vaut chaque instant que je pourrais passer avec toi.
— Et donc pourquoi tu ne peux pas rester, les passer avec moi ? murmura-t-il, la voix tremblante de larmes. Je pensais que, quand le Docteur partirait, tu pourrais rester ici, avec moi. Juste pour un peu plus de temps, au moins. Le Docteur peut revenir te chercher, à n'importe quel moment. Je pensais que tu pourrais rester ici et que nous aurions plus de temps ensemble. »
Jack sentit les bras de Salazar l'entourer, d'abord avec hésitation, puis plus fermement.
« Je ne veux pas que tu partes. »
Jack enfonça son visage dans les cheveux de Salazar. Il était un peu plus grand que l'autre homme, suffisamment grand pour qu'il puisse envelopper Salazar de ses bras.
Les dernières deux semaines et demie avaient été un tourbillon de séduction du très correct jeune homme. Jack avait à peine réussi à voler quelques baisers ici et là, mais il chérissait la compagnie du maître de potions. Il avait été seul si longtemps, depuis qu'il avait perdu Ianto vingt ans plus tôt, et juste avoir la compagnie de quelqu'un qui était intéressé, sincèrement intéressé, en lui était un réconfort et une source d'espoir.
Ils avaient échangé quelques histoires autour d'une boisson que Salazar avait appelée le Whiskey du Dragon, un alcool fort qui avait fait tousser Jack et se moquer Salazar. Mais il avait bu la deuxième gorgée sans problème. Le jeu à boire les avait tous les deux allongés par terre sur le sol de la taverne, hanche contre hanche, riant au plafond.
Il avait appris que Salazar était un orphelin, trouvé sur la plage, brûlé par le soleil et couvert de sel, quand il avait à peine un an, par un vieux sorcier. Il avait été adopté et, quand il fut suffisamment âgé, avait appris les arts de la magie. Il avait toujours su que le vieux sorcier n'était pas sa famille. On lui avait dit dès ses premiers souvenirs qu'il était un enfant non désiré, donc il devrait se faire son propre chemin dans le monde. C'était à la force de ses poignets, avec ses talents et sa détermination que Salazar avait survécu quand le vieux sorcier lui avait dit quand il avait quinze ans de faire ses bagages et de partir.
En retour, Jack avait raconté à Salazar sa première vie, quand il était un enfant et avait vécu dans la péninsule de Boeshane. Quand il avait rejoint l'agence à vingt ans quand il était parti de son côté. La perte de son frère, l'horreur de ses parents et finalement leur mort.
Il n'avait pas partagé ses nombreux amours et pertes, ses maris et ses femmes, ses enfants. Son immortalité qui ne le laissait jamais vieillir. Mais il pouvait. Il pourrait, s'il restait là. Salazar ramenait une sorte d'innocence en lui, quelque chose qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps. Ianto avait fait la même chose, quand ils étaient ensemble. Une relation d'amour honnête. Salazar n'avait aimé personne, pas d'une manière permanente. Pourrait-il vraiment abandonner le jeune homme qu'il avait appris à chérir ?
« Sal, je ne vieillis jamais. Je ne parais jamais plus vieux. Je ressemblerai toujours à ce que je suis maintenant quand tu mourras, peu importe dans combien de temps. »
Salazar s'effondra contre lui.
« Je m'en moque, murmura-t-il férocement. Vraiment. Je m'en moque si tu parais toujours jeune, si je ne peux t'avoir que pour un moment. Si ma vie ne sera qu'un clin d'oeil dans la tienne. Je veux juste… »
Salazar s'interrompit avant de reprendre :
« Je te veux juste, pour autant de temps que je le peux. »
Jack inspira profondément, le parfum des différentes herbes et odeurs qui couvraient le potionniste de manière régulière.
« Je… je peux peut-être rester. Un peu de temps. Si je peux faire en sorte que le Docteur répare mon manipulateur de vortex, je peux peut-être rester ici, un moment. »
Salazar se recula, les yeux écarquillés.
« Vraiment ? »
Jack sourit d'un sourire triste.
« Oui. Je pourrais. Je serais ici, tant que tu voudras de moi. Je ne mourrais jamais, donc ça ne serait pas impossible.
— Tu ne peux pas mourir ? dit Salazar, de l'émerveillement filtrant dans sa voix. Comment ?
— C'était un accident. Mais ce n'est pas tant un cadeau que tu le crois. J'ai vu presque tous ceux que j'ai jamais aimé mourir devant moi, incapable d'empêcher ça. D'une façon ou d'une autre, mes proches m'ont été enlevé. Mais pour toi, Sal, je resterai. »
Salazar se balança sur ses pieds, ne sachant pas comment prendre ça. Jack avait vu presque tous ceux qu'il aimait mourir et il était pourtant toujours volontaire pour rester et le regarder vieillir, se flétrir et mourir. Est-ce qu'il pouvait lui faire ça ? Il ne le savait pas, mais il savait qu'il ne voulait pas abandonner cet homme fascinant et charmant pour l'instant.
« Tu resterais avec moi, en sachant que tu me verras… »
Il ne pouvait terminer sa phrase.
Jack sourit.
« Oui. »
Il agita un bras en l'air.
« Et si je peux faire réparer ce manipulateur de vortex, je peux aussi m'assurer que je verrai aussi Harry, que je ne le verrai pas grandir trop sans moi. »
Il eut un léger rire.
« Même si honnêtement, si le Docteur calcule bien, il peut me récupérer la minute après son départ, mais la minute après ta mort. Pour moi, des décennies plus tard, et pour eux, aucun temps du tout. »
Les yeux de Salazar s'écarquillèrent. C'était une chose impossible à imaginer.
« Mais tu serais si différent, tu pourrais ne même pas te souvenir d'eux. »
Jack secoua la tête.
« Non, je me souviendrais d'eux, parce qu'on ne peut pas simplement oublier le Docteur, pas si facilement. Ou Harry, Rose. Ils créent une telle image dans ton esprit, une telle fascination, que tu ne peux pas te débarrasser d'eux. »
Salazar hocha la tête.
« Donc, qu'est-ce que tu vas faire ? »
Jack sourit.
« Je vais voir si je peux arranger quelque chose. »
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
« Qu'est-ce que tu penses qu'il va faire ? Il vient avec nous ? » demanda Rose doucement.
Le Docteur haussa les épaules.
« Je ne sais pas, honnêtement. Ce n'est pas comme s'il devait s'inquiéter de se rencontrer à cette époque. Il peut rester autant de temps qu'il veut. Il sait comment nous contacter. »
Harry leva de grands yeux.
« Oncle Jack resterait ? dit-il, incrédule.
— Il aime Salazar, Harry. C'est une très bonne raison pour rester ici. »
Godric cligna des yeux.
« Aime ? Vraiment ? Mais, ils ne se connaissent que depuis deux semaines !
— L'amour ne demande pas toujours du temps pour grandir. Et Jack est une personne très immédiate, répondit Rose en haussant les épaules. Ce n'est pas difficile de tomber amoureux de lui. Il a cette espèce d'aura. Si je n'étais déjà pas dingue de ce gars-là, je l'aurais sans doute laissé me prendre dans ses bras il y a bien des années. »
Le Docteur ricana.
« Je me souviens nettement de ses bras te soulevant. »
Rose leva un sourcil.
« Et bien, je n'avais vu aucune romance de ta part, à l'époque, souligna-t-elle.
— Tu avais dix-neuf ans et étais naïve. Traite-moi de vieux jeu si tu veux mais comment est-ce que j'aurais pu croire que tu serais sérieusement amoureuse d'un alien avec des oreilles trop grandes pour sa tête et un complexe de culpabilité qui faisait deux fois la taille de Delta768 ?
— Oh, j'aimais ces oreilles, ne les insulte pas ! dit Rose en bousculant légèrement le Docteur. J'ai toujours pensé qu'elles t'allaient très bien. »
Le Docteur eut un grand sourire et embrassa Rose rapidement. Elle gloussa :
« Par ailleurs, comment est-ce que je n'aurais pas pu craquer pour le superbe héros qui m'a emmenée voir les étoiles et qui sauvait des mondes et qui s'est promené avec moi sous des vagues gelées de centaines de mètres de haut ? »
Harry grogna :
« Je vous dirais bien d'aller dans une chambre, mais vous n'écoutez jamais. Est-ce que vous pouvez au moins attendre que j'aille dans ma chambre ? » se plaignit-il.
Rose rit et ouvrait la bouche pour répondre quand ils virent Jack et Salazar revenir. Elle pouvait dire à la posture de Jack qu'il avait pris sa décision et elle soupira.
Le Docteur le remarqua également et il se tourna vers Godric.
« Est-ce que vous pouvez emmener Harry voir comment va Rowena, s'il vous plaît ?
— Eh, je veux rester ! » protesta Harry.
Le Docteur lui lança un regard appuyé :
« J'ai besoin de parler à Jack sans l'influence émotionnelle de ta présence pour l'instant. Je dois m'assurer qu'il a fait le choix qu'il veut et tu le ferais changer d'avis juste en étant là. Je veux ce qui est le mieux pour tout le monde, et Jack a bien besoin de quelqu'un qui le veut. »
Harry fronça les sourcils mais accepta. Il se tourna vers Godric.
« D'accord. J'ai déjà donné à Salazar mon approbation, alors je peux aussi bien aller voir si mon erreur a bien été corrigée pendant que Jack convainc papa qu'il doit rester ici plutôt que venir avec nous. »
Il tira Godric vers l'escalier.
« Et vous allez juste taquiner Salazar, alors autant venir avec moi. »
Godric ne pouvait pas vraiment le contredire et il se laissa entraîner dans les escaliers, se demandant quand il avait perdu le peu de contrôle qu'il pensait avoir. Il n'était même plus sûr de ce qui se passait vraiment.
« Tu vas rester, n'est-ce pas ? » demanda Rose doucement.
Jack cligna des yeux, stupéfait, avant de sourire.
« J'aurais du deviner que tu saurais, Rose. Tu sais toujours tout.
— C'est ce que vous voulez vraiment, Jack ? demanda le Docteur. Vous pouvez changer d'avis, mais ce serait le meilleur moment pour partir, si vous n'êtes pas sûr. »
Jack serra fermement le poing.
« Oui. Je veux… je veux rester quelque part un petit moment. J'en ai besoin. »
Il inspira profondément.
« J'ai besoin d'un peu de temps pour oublier le passé. Ici est un bon endroit pour le faire. »
Il adressa un sourire à Salazar. Rose eut un sourire malicieux.
« Et tu es sûr que ce n'est pas pour ce magnifique jeune homme qui est là ? » le taquina-t-elle.
Salazar rougit.
« Arrête de le taquiner, Rose. J'essaie de le détendre, pas besoin de lui donner un complexe défensif.
— Est-ce que vous allez revenir ? demanda calmement le Docteur.
— J'espérais que vous m'aideriez avec ça. »
Il leva son poignet, la manche glissant pour révéler le bracelet de cuir qui maintenait son manipulateur de vortex.
« Peut-être en le réparant pour que je puisse revenir vers vous.
— C'est dangereux, Jack. Vous savez pourquoi je l'ai désactivé. »
Jack agita une main.
« Donc faites en sorte que je ne puisse pas aller ailleurs que dans le TARDIS à un certain point du temps. Placez quelques restrictions dessus. Je ne vais pas vous laisser élever Harry par vous-même, je veux juste… »
Rose posa une main sur son épaule.
« Je sais. Tu as besoin d'un peu de temps loin de tout ça. J'ai entendu dire que tu as passé quelques semaines à te saouler après l'incident. Est-ce que tu t'es reposé depuis ? Quelque part sans voyage temporel, sans aliens, sans responsabilités ? »
Jack secoua silencieusement la tête.
« Alors je pense qu'il est temps que tu en prennes, non ?
— Quand es-tu devenue si sage, Rose ? dit Jack en retenant un rire.
— À peu près au même moment où j'ai arrêté de lancer des fléchettes enflammées sur la photo du Docteur. » dit-elle factuellement.
Jack renifla, toussa et rit.
« Des fléchettes ? réussit-il à dire.
— Des fléchettes. Parfois enflammées, parfois avec des petits explosifs attachés, parfois avec un acide qui brûlait le papier sur la pointe. Mais, eh, j'étais assez destructrice. Mais ça m'a pris à peu près trente ans. Prends ton temps. »
Salazar sursauta quand elle se tourna vers lui, le regard brûlant. Il leva ses mains en signe de défense, ne sachant pas comment cette femme, bien plus petite et légère que lui, pouvait apparaître aussi intimidante.
« Je… oui ? balbutia-t-il.
— Vous prenez soin de lui. Si quoi que ce soit lui arrive et que j'apprends que vous êtes la source du problème, vous n'aimerez pas les conséquences. »
Salazar acquiesça, la croyant complètement.
« Oh, arrête ça ! » protesta Jack.
Rose haussa les épaules, peu perturbée par l'irritation de Jack.
« Je veille sur mes amis, dit-elle simplement.
— Je devrais être capable de réparer la destination de votre manipulateur, de la paramétrer à l'intérieur du TARDIS. Ce serait malheureusement impossible de fixer une période à l'intérieur du TARDIS, mais j'ai un point de référence que je peux utiliser. »
Rose se tapota la lèvre.
« Harry ? devina-t-elle.
— Correctamundo. Harry a un schéma énergétique unique, je peux le paramétrer sur son schéma actuel, le bidouiller juste un peu pour qu'il n'apparaisse pas dès que nous sommes partis, mais quelques mois plus tard, et ça devrait faire l'affaire. »
Le Docteur regarda Jack sérieusement.
« C'est un aller simple, Jack. Une fois que vous le prenez, il n'y aura pas de retour. Vous devez être certain quand vous appuierez sur ce bouton que vous voulez revenir. »
Jack hocha la tête et il sentit Salazar trembler à côté de lui. Le jeune homme était tendu d'énergie. Il posa la main sur l'épaule de Salazar.
« Tu penses que tu pourras me supporter un petit moment ? » demanda-t-il doucement.
Salazar hocha la tête, résolu. Jack eut un grand sourire.
« Comment vas-tu faire ce petit bidouillage, Docteur ? » demanda Rose.
Le Docteur leva les yeux vers les escaliers.
« Harry, tu veux descendre et me donner un coup de main ? » demanda-t-il.
La tête de Jack tourna brusquement et Harry descendit avec gêne, en faisant courir sa main dans ses cheveux.
« Désolé, dit-il, ne semblant pas vraiment désolé.
— Qu'est-ce que tu as entendu ? » demanda son père.
Harry haussa les épaules.
« Je suis monté avec Godric, puis je me suis glissé hors de la pièce. Je voulais savoir ce qui se passait. Je pensais que Jack resterait. »
Harry adressa un demi-sourire à son oncle.
« Harry… » dit Jack doucement.
Harry agita une main, arrêtant tout ce qu'il pourrait dire.
« J'ai deviné. Je veux dire, tu ne passes habituellement pas autant de temps à flirter. La plupart du temps, c'est occasionnel, mais je vous ai regardés, tous les deux. Tu es toujours dans le laboratoire de potions avec moi, donc ce n'était pas difficile à voir.
— Je ne partirai pas longtemps. » dit Jack.
Harry eut un grand sourire.
« Pour moi, non. Pour toi, et bien, tu pourrais rester ici un moment. Mais je suis d'accord avec Rose. Tu as besoin de temps pour toi. Du temps avec quelqu'un qui tient à toi d'une façon que nous ne pouvons pas. »
Harry fit un signe en direction de son papa, Rose et lui-même.
Jack s'avança vers Harry et le souleva pour le serrer fort dans ses bras.
« Merci, Harry. Merci. » murmura-t-il.
Harry lui rendit son étreinte. Encore quelques moments plus tard, et ses pieds touchèrent à nouveau le sol. Il remit en place ses vêtements et regarda son papa.
« Donc, pourquoi as-tu besoin de moi ? Je connais une sorte de traqueur d'énergie, mais comment je peux aider ? »
Le Docteur tendit une main vers le manipulateur de vortex de Jack. Jack le lui donna.
« Je vais le paramétrer sur ta fréquence d'énergie, à ton âge précis. J'ai besoin que tu places ta main au dessus et que tu diriges ta magie dans ta main. Pas dans le manipulateur, cela surchargerait les composants électroniques, juste ta main. Je dois me servir de cette quantité infime pour réparer le signal. »
Harry hocha la tête, et plaça sa main au dessus du bracelet de cuir, fronçant les sourcils de concentration. Sa main commença à briller légèrement. Le Docteur leva son tournevis sonique et commença à l'ajuster rapidement, puis il libéra quelques éclats de son et de lumière. Harry sentit sa magie réagir et plonger dans les composants de base du manipulateur. Il soupira en laissant tomber sa main. Son papa reprit le manipulateur, le bidouilla encore un peu et le rendit à Jack.
« Là, c'est maintenant lié à la signature énergétique de Harry et programmé pour arriver dans environ un mois dans son futur. Une seule charge, donc ne la gaspillez pas. Vous le grillerez quand vous ferez le voyage, mais ça devrait vous transporter en sécurité. »
Jack hocha la tête.
« Merci Docteur, Harry, Rose. »
Il regarda les visages des personnes qui étaient devenues sa famille.
« Merci. »
Il y eut un moment de silence palpable, puis le Docteur bondit vers les escaliers, en agitant ses mains autour de lui.
« Bon, maintenant qu'on en a terminé avec ces émotions, allons voir si Rowena va bien ! Et puis c'est reparti ! »
Harry suivit son papa en haut des escaliers.
Rose rit, regardant Jack et Salazar avec un petit sourire satisfait.
« Je vais attendre le récit de tes aventures, Jack. » dit-elle avec un clin d'oeil.
Salazar rougit à nouveau pendant que Jack ricanait.
« On verra, Rosie. »
~~~~~~~~~~~~~~ C'est une fin ~~~~~~~~~~~~~~
