Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole
Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33, en cours
Nombre de chapitres traduits : 16
Chapitre 16 : Où les secours arrivent
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un début ~~~~~~~~~~~~~~
Uther organisa la mission de secours en un temps record. Il fallut un certain nombre de ses gardes personnels pour le convaincre de rester en arrière et de garder la cité en sécurité. Ils ne pouvaient pas se permettre de perdre à la fois l'héritier du trône et le roi dans la même journée. Uther grommela quelques menaces sans conviction au Docteur pour qu'il ramène son fils en vie avant de faire demi-tour et de retourner au château.
Merlin regarda son roi partir avec sympathie.
« Uther est très protecteur envers Arthur, malgré toute la liberté qu'a le garçon. La mort de sa femme a été un coup dur pour lui et il n'était pas vraiment prêt à élever un enfant. Ygraine était la plus raisonnable des deux. Arthur a toujours été un enfant assez peu coopérant. Je peux seulement espérer qu'il a gardé la tête sur les épaules. »
Merlin regarda le Docteur, les yeux tirés et inquiets.
« Savez-vous avec certitude pourquoi ces êtres ont enlevé Arthur ? »
Le Docteur secoua la tête.
« Il y a quelques possibilités, aucune d'elles n'est très réconfortante. La graine d'Arbre-Temps signifie que n'importe quelle quantité d'êtres peuvent être venus ici de votre futur, et la Terre a eu sa part d'ennemis. La plupart connaissent l'histoire de cette planète mieux que ceux qui y vivent. Il ne serait pas difficile de voir Arthur comme un pivot de l'histoire de la Terre, et une force galvanisatrice qui a uni l'essentiel d'une Europe dispersée sous une seule bannière, et créé un précédent pour les dirigeants à venir. En le supprimant de l'équation, le futur de la Terre pourrait être bien différent.
— Vous avez une haute estime d'un garçon aussi jeune et entêté. » commenta Merlin.
Rose eut un grand sourire.
« Vous devriez voir le rôle que vous jouez dans les légendes, Merlin. » dit-elle.
Les yeux de Merlin s'agrandirent.
« Je vous en prie, ne me dites rien, je tremble à l'idée de connaître mon destin.
— Mais, vous êtes le magicien le plus puissant ! Comment pouvez-vous ne pas vouloir savoir ? demanda Harry.
— Un jour, toi aussi tu sauras pourquoi je ne veux pas connaître le futur de ma vie. Il y a une forme de pouvoir dans cette connaissance que je ne souhaite à personne. Comment tu peux voyager aussi librement dans le temps, je ne sais pas. C'est une chose étrange, de savoir le futur d'un endroit que tu visites, savoir que chaque personne que tu rencontres est morte à un point que tu viens juste de quitter, ou pas encore née. Je ne sais pas comment tu fais pour supporter ça. »
Il y eut un silence rempli du bruit des chevaux et de leurs selles.
Harry resta sur le côté alors que les écuyers et les garçons d'écurie préparaient tout, réfléchissant à ce que Merlin avait dit. Il n'avait jamais connu d'autre style de vie. C'était le lot des humains de vivre et de mourir, de laisser une trace où ils pouvaient, en dirigeant, servant, se battant, aidant. Il vivait en voyageant entre les évènements, passant d'un royaume immense dirigé par une seule personne à la plus grande guerre de l'univers à l'enterrement d'un écrivain célèbre que son papa adorait. Il voyait ces événements pour qu'ils aient un témoin pour se souvenir d'eux, pour qu'ils puissent être chéris ou honnis. Il ne savait pas comment vivre à un seul endroit. Il ne se souvenait de pas grand chose de sa vie avant que son papa ne l'adopte.
Il tira sur la chemise de Rose lorsqu'elle passa devant lui pour prendre un nouveau paquet.
« Rose ? Ça fait quoi, de vivre dans une seule ligne temporelle ? Je ne peux pas vraiment demander à papa parce qu'il a presque toujours vécu dans le TARDIS, mais tu as grandi à Londres à la fin des années 1900 EC, c'est ça ? Et puis encore dans l'autre univers. Tu as vécu là-bas pendant un vraiment long moment. »
Rose baissa les yeux vers Harry, le fils du Docteur. Ses grands yeux verts la suppliaient de lui donner une réponse à quelque chose à laquelle elle n'avait jamais vraiment réfléchi. Elle n'avait voyagé avec le Docteur que pendant trois ans environ. Peut-être un peu plus longtemps. Et ça ne ressemblait en rien à ce que Harry vivait. Harry ne connaissait rien d'autre que le TARDIS. Il avait grandi dans l'environnement fantastique dans lequel elle avait atterri quand elle avait dix-neuf ans. Il tenait pour acquis ce qu'elle avait adoré découvrir.
Elle se projeta mentalement à l'époque où elle était montée pour la première fois à bord du TARDIS. Époustouflant dans son impossibilité. Fantastique dans ses profondeurs. Merveilleux dans son apparence. Franchir la porter et arriver à chaque fois dans un endroit différent. Elle se souvint de ce qu'elle ressentait quand elle se réveillait en sachant qu'il y aurait une nouvelle aventure au delà des portes bleues.
Bon, d'accord, peut-être pas la meilleure comparaison. Elle prit une profonde inspiration.
« Et bien, je dormais dans le même lit tous les jours, je me réveillais et je mangeais mon petit-déjeuner dans la même cuisine, je prenais ma douche dans la même salle de bain, et je faisais un câlin à ma maman tous les matins quand j'étais enfant. Il y a eu le même canapé pendant des années dans le salon, et même dans le monde de Pete, j'ai gardé beaucoup des meubles de ma maman après sa mort. »
Harry hocha la tête en fronçant les sourcils :
« Et bien, j'ai la même chambre parce que le TARDIS aime savoir que je me sens bien, et il n'y a que deux ou trois cuisines, et la bibliothèque ne change pas vraiment.
— Le TARDIS est ta maison, Harry. Je suppose que la plus grande différence réside dans le fait que ta porte d'entrée s'ouvre sur bien plus d'endroits que la mienne. La mienne s'ouvrait sur la même allée tous les jours. J'avais le soleil au lieu du TARDIS pour me réveiller. Une maison est une maison, Harry, peu importe quand et où elle est. Tu as juste une maison beaucoup plus fantastique que la plupart des gens. »
Elle sourit alors que Harry acquiesçait.
« Bien. Je vais aider à finir de charger les chevaux. N'hésite pas à me dire si tu as d'autres questions. Nous aurons plein de temps pendant le voyage. »
Harry eut un grand sourire.
« Merci Rose !
— Avec plaisir, Harry. Maintenant, aide-moi avec ça. On doit partir avant que midi sonne pour qu'on puisse parcourir un peu de distance avant la nuit tombée. »
Harry trotta derrière Rose, l'aidant avec les derniers paquets avant d'approcher les chevaux.
« Wow, ils sont grands vus de près. » murmura Harry.
Rose gloussa :
« Tu n'as jamais vu un cheval ?
— Et bien, pas un vrai cheval Terrien, non. Il y a quelques espèces qui sont chevalines, mais ils sont les dirigeants d'un grand empire, donc pas vraiment la même chose. Les images et les vidéos ne leur font pas honneur.
— Donc ça va être la première fois que tu vas en monter un, commenta Rose. Je préfère te prévenir, les chevauchées peuvent pas mal secouer, quand on n'en a jamais fait avant. »
Harry eut un grand sourire :
« Chouette ! »
Rose secoua la tête.
« Papa ! Je vais monter un cheval ! » cria Harry en direction du Docteur.
Son papa le regarda.
« Et bien, assurons-nous que tu ne tombes pas trop souvent, oui ? » cria-t-il en retour.
Harry hocha la tête, avant d'agripper la première partie de selle qu'il pouvait atteindre et se hisser.
Enfin, tenter de se hisser. Il resta coincé à mi-hauteur dans une drôle de position. Son cheval était, heureusement, un animal très patient qui se contenta d'agiter une oreille et de hennir. Cela devait aider que Harry soit un poids très léger.
Rose gloussa aux ennuis de Harry. Il était si minuscule que sa tentative maladroite de grimper avait à peine fait bouger la selle et il resta accroché là un moment, un insecte maladroit s'agrippant à l'animal. Puis elle prit pitié de lui et le souleva dans la selle, ajustant les lanières pour s'assurer qu'elles tenaient bien et ne se relâcheraient pas avec le voyage. Harry regarda autour de lui, les yeux écarquillés.
« Tout est beaucoup plus petit vu d'ici ! » dit-il avec un grand sourire.
Rose sourit.
« Je veux dire, je sais que c'est juste la perspective, mais quand même. C'est étonnant !
— Êtes-vous sûre qu'il devrait monter seul ? S'il n'est jamais monté à cheval avant, on ne sera pas sûrs qu'il puisse suivre. » dit un des chevaliers.
Harry se tourna vers lui :
« Sire… peu importe. Je suis parfaitement capable d'apprendre ce qu'il faut pour être capable de monter de moi-même. Je suis suffisamment petit pour qu'on puisse aussi utiliser mon cheval pour porter du poids en plus sans surcharger un autre cheval. Si ça prend plus de temps que prévu, on en aura besoin. Aussi, j'ai besoin de pratiquer ma magie. Le faire depuis la selle d'un autre serait inconfortable pour tous les deux. Je vais y arriver. »
Le chevalier le détailla de bas en haut.
« Et bien, tu as la bonne attitude. Ne t'attends juste pas à ce que quelqu'un te raccommode si tu tombes de son dos. En tout cas, aucun de mes chevaliers. Mes hommes sont plus utiles en tant que gardes qu'en tant que gardes d'enfant.
— Quel âge pensez-vous que j'ai, Sire chevalier ? demanda Harry la voix blanche, ne sachant pas si on se moquait de lui ou non.
— Suffisamment âgé pour avoir un répondant qui effraierait ma mère, répondit le chevalier avec un grand sourire. Je t'aime bien, mon garçon. Garde un oeil sur nous autres chevaliers, et tu devrais apprendre un truc ou deux sur la monte à cheval. Il s'agit de bien plus que s'asseoir sur une selle.
— J'ai lu à ce sujet, admit Harry. Je n'ai jamais monté à cheval pour de vrai, mais je connais la théorie. Mon nom est Harry, au fait. »
Le chevalier rit.
« Ça va être une drôle d'expérience. Et ton nom a circulé dans les rangs.
— Quel est votre nom, sire chevalier ? s'enquit Harry.
— Je suis Paskal de Camelot. J'ai grandi à cheval. Souviens-toi juste, tu n'es pas assez lourd pour avoir autant de contrôle qu'idéal. Utilise les rênes, même si Marigold est un cheval placide, habitué aux enfants. Elle a reçu son nom de sa première propriétaire, une petite fille d'une famille noble. Marigold va faire plus attention à son environnement que toi, dans un premier temps, donc écoute-la, et elle va suivre facilement le groupe aussi, donc tu ne devrais pas avoir trop de souci à suivre le rythme. L'essentiel va porter sur l'équilibre. Garde ton dos droit. »
Paskal regarda autour de lui.
« Nous avons un peu de temps avant de partir. Utilisons-le pour t'habituer à la selle et à Marigold. »
Harry cligna des yeux, puis hocha la tête avec un grand sourire.
« D'accord. Que voulez-vous que je fasse ? »
Paskal tendit le doigt vers une barrière à l'extrémité opposée du champ dans lequel ils se préparaient.
« Tu vois ça ? Amène Marigold là-bas, arrête-toi, fais-la tourner et reviens ici. Ça va me permettre de voir ce pour quoi tu as de l'instinct. »
Harry regarda la barrière.
« Okay. »
Il rassembla les rênes et tapa les flancs de Marigold avec ses talons. Son cheval agita une oreille dans sa direction, amusé, mais démarra docilement dans la direction dans laquelle Harry l'avait orienté. C'était plus dur qu'il ne l'avait pensé, à tirer doucement sur les rênes pour lui faire savoir où ils allaient.
« Harry, ne tire pas trop les rênes. Ça va lui blesser la bouche, sinon. Tire doucement et appuie légèrement du pied sur le côté. Voilà, comme ça. Maintenant, arrête-la. Tire les rênes en arrière ensemble, gentiment. Pas brusquement. Oui. Fais-lui faire demi-tour. Assieds-toi droit, on n'aimerait pas que tu tombes tout de suite de ta selle. Allez, trotte. Claque la langue, tape deux fois des pieds sur ses flancs, oui, comme ça… oups ! »
Paskal commença à rire.
Harry avait bien suivi les instructions, mais au moment où il avait lancé Marigold au trot, le premier mouvement de la selle vers le haut le fit glisser de côté hors de la selle et par terre. Il lança un regard noir au chevalier qui l'aidait à se redresser.
« Oh, taisez-vous. C'est ma première fois.
— Désolé, petit. C'est dur de ne pas rire. Tout le monde tombe de la selle, c'est plus une question de quand plutôt que de si. Content qu'on sache maintenant, cependant, plutôt qu'au moment où nous passons les portes. Allez, attrape ton cheval et guide la à la barrière. Tu peux remonter de là-bas. Du côté gauche, Harry. Tu ne veux pas la surprendre, même si je doute que Marigold soit surprise par grand chose. Allez, en selle. Essaie à nouveau le trot. Et voilà. Trouve le rythme. Monte avec le cheval. »
Paskal guida Harry à travers plusieurs autres exercices, et regarda le garçon tomber quelques fois supplémentaires, puis le déclara au moins pas incompétent. Ils rejoignirent le groupe au moment où les chevaliers grimpaient en selle. Harry se sentait beaucoup plus assuré à présent qu'il avait eu un peu d'entraînement et tremblait d'excitation. Ils partaient à la rescousse d'Arthur !
Son papa tira son cheval, une bête tachetée de gris avec un museau noir.
« Comment se sont passées les leçons ? » demanda-t-il.
Harry lui adressa un grand sourire :
« Pas mal. Paskal est génial. Même si tomber fait plus mal que je ne le pensais. Les chevaux sont plus grands que je l'imaginais. »
Harry regarda en direction du sol, qui était bien un mètre vingt à un mètre cinquante plus bas.
« Enfin, au moins je n'aurai pas à m'inquiéter que tu tombes trop souvent pendant notre chevauchée. Il semble que notre bon chevalier t'a bien entraîné. »
Le Docteur regarda son fils attentivement :
« Ne t'inquiètes pas, nous ramènerons Arthur en un seul morceau. »
Harry soupira :
« Et dire que j'espérais cacher mon inquiétude. »
Il regarda son papa avec un sourire tendu.
« C'est juste, il n'aurait pas été là du tout si je ne l'avais pas persuadé de m'accompagner. Je me sens un peu coupable. Je sais qu'ils auraient fini par l'avoir dans tous les cas, mais ça aurait été plus dur et Merlin ou toi auriez pu l'arrêter avant. »
Harry haussa les épaules. Le Docteur tendit une main pour la poser sur l'épaule de Harry.
« Rappelle-toi, il va aller bien. Merlin peut le tracer, et nous allons faire tout ce que nous pouvons pour nous assurer qu'il ne soit pas blessé. Et Arthur est un gamin solide. Il va garder son sang froid. »
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Le gamin en question était en ce moment en train d'apprécier la sensation du sol doux sous ses pieds. Après son vol étrange et terrifiant, il ne voulait plus jamais recommencer cette expérience.
Les étranges chevaliers qui l'avaient enlevé ne lui parlèrent plus. Quand ils atterrirent, Arthur eut un aperçu de ses environs. Un château abandonné. Pas si vieux, mais sans aucun doute vide de tout habitant. Enfin, à part les chevaliers qui l'avaient enfermé dans une pièce au quatrième étage. Une pièce dont les seules fenêtres étaient étroites et impossibles à escalader. Il ne pouvait même pas passer sa tête à travers. Il soupira. Et bien, autant pour s'échapper par là, bien qu'il se demanda ce qu'il aurait fait s'il avait pu sortir. Ce n'était pas comme s'il y avait quelque chose dans la pièce qui aurait pu l'aider à descendre la paroi du château.
Il posa sa tête contre le mur de pierre à côté de la minuscule fenêtre, espérant que Merlin le trouverait rapidement. Il ne savait pas pourquoi il avait été enlevé, où il était, qui l'avait capturé, mais il ne savait pas s'il avait envie de découvrir ces informations. Il ne pensait pas qu'ils l'avaient enlevé juste pour leur amusement. Et cela l'effrayait. Il avait grandi entouré par des complots, à entendre des plans d'assassinats, de trahisons, toutes sortes de choses auxquelles on pourrait s'attendre dans un grand royaume. Il avait à présent l'impression d'être au centre d'un de ces complots et qu'il ne pourrait peut-être jamais revoir la lumière du jour à part à travers les fentes dans le mur.
La porte s'ouvrit brusquement, heurtant le mur, et Arthur sursauta en se tournant. Puis il cligna des yeux, les frotta et les cligna à nouveau.
La chose se tenant sur le pas de la porte n'était pas humaine. Même pas de loin. Cela ressemblait à un cheval, une sorte de cheval, mais pas vraiment non plus. C'était complètement noir, avec de longs bras pliés dans un angle étrange. Ses yeux, les quatre, regardaient Arthur, et Arthur se recula rapidement, essayant de se faire tout petit. Bien que la chose était immense, deux fois plus grande que n'importe lequel de ses chevaux.
« Arthur Pendragon. Je m'attendais à ce que tu fasses plus de trois mètres et que tu brilles, avec tout ce que les légendes disent de toi. »
La voix de l'être était profonde et avec un accent étrange. Il n'entra pas dans la pièce.
« Comment… Comment savez-vous qui je suis ? » demanda Arthur.
Il y avait probablement des questions plus importantes, mais c'était tout ce à quoi Arthur pouvait penser. Comment cette chose savait qui il était ?
« Toute l'Histoire sait qui tu es. Ton nom annonce l'arrivée de l'Empire, il a construit les fondations sur lesquelles la race humaine s'est développée. Il a uni une race disparate en l'empire qui a formé la base d'un pouvoir universel. Tu es le commencement de tout ça, et sans toi, la race humaine n'atteindra sans doute jamais son potentiel. »
La chose, quelle qu'elle soit, parlait sans intonation, bien qu'Arthur ne soit pas sûr que ce soit tout simplement la façon dont elle parlait.
« Mais… mais je suis juste un gamin. Je n'ai jamais rien fait de ce que vous dites. Rien ! Comment pourrais-je ? Je ne sais même pas ce que ça veut dire de toute façon. »
L'être inclina la tête.
« Cela peut être, mais cela ne signifie pas que tu peux être pardonné pour les crimes que ton existence a perpétré.
— Que voulez-vous dire ? Qu'êtes-vous ? » cria Arthur alors que l'être commençait à fermer la porte.
La créature le regarda en clignant des yeux lentement.
« Je fais partie d'une race qui n'existe plus. Ta descendance future y a veillé. »
Puis la porte se ferma derrière elle, et Arthur entendit le bruit d'un loquet qui se verrouillait. Il n'allait partir nulle part dans un proche avenir.
Il glissa le long du mur en regardant le plafond de pierre. Qu'est-ce que ça voulait dire, qu'il annonçait un empire ? Il pariait que Harry savait. Mais Harry n'était pas là, et il était aussi seul qu'on pouvait l'être.
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Ils avaient ralenti au pas afin de reposer les chevaux quand Harry parvint à obtenir une leçon de Merlin. Enfin, en quelque sorte.
« Bien. Je commencerais normalement par trouver ta magie, mais puisque tu l'as déjà trouvée, la partie suivante sera de lui demander consciemment de faire quelque chose. Oui, je me souviens de tes petites lumières d'avant, mais je suis sûr que l'essentiel de la magie que tu fais est basée sur ton humeur plutôt qu'une quelconque sorte de contrôle. La magie est délicate, enfant, et tu dois la contrôler. »
Merlin regarda autour de lui, puis attrapa une feuille d'une branche basse alors qu'ils passaient devant.
« Commence avec ça. Cela va te donner un objet concret sur lequel te concentrer. Je veux que tu fasses flotter cette feuille juste au dessus de la crinière de ton cheval. »
Harry fronça les sourcils en prenant la feuille :
« Vraiment, juste… la faire flotter ? »
Merlin haussa un sourcil :
« Est-ce que c'est trop difficile ? Je peux choisir quelque chose de moins compliqué. »
Harry secoua rapidement la tête :
« Non, non, c'est juste que ça semble si facile… »
Merlin retint un sourire :
« Et bien, essaie d'abord, et puis dis-moi. »
Harry prit la feuille et chercha sa magie. Ce n'était pas si difficile, et l'énergie vint à lui sans la moindre hésitation. La feuille flotta rapidement dans l'air. Puis Harry passa devant et tourna la tête pour la chercher du regard. Il fronça les sourcils, fit un geste et la feuille flotta vers lui. Il pointa fermement vers l'endroit où il voulait que la feuille se rende, et elle sembla se glisser dans son emplacement désigné.
Après quelques essais supplémentaires pour y arriver, la feuille flottait au dessus de la crinière de Marigold et Harry avait un grand sourire :
« C'était amusant. »
Merlin avait regardé toute l'affaire avec un sourire amusé sur le visage. Harry n'était certainement pas le magicien le plus conventionnel.
« Maintenant que tu as compris comment diriger ta magie, nous allons essayer d'utiliser un charme de lumière. Cela crée une petite boule de lumière. On utilise normalement une baguette ou un bâton pour ça, mais j'imagine que tu n'auras peut-être jamais besoin d'une baguette. Dans tous les cas, le sort utilise le latin comme base et c'est un sort parlé, même si à la longue tu peux être capable de ne pas dire le mot du tout. Le mot est 'Lux', ce qui veut dire…
— Lumière, ou éclat, ou un certain nombre de synonymes. Vous êtes vraiment en train de me dire que la plupart des sorts sont juste des mots tirés directement du latin ?
— Non, beaucoup utilisent le celte ou le grec, certains viennent du français et j'ai entendu dire que les sorts dans les parties orientales du monde utilisent les langues locales. La plupart du temps, les mots sont un focus. Pour les rituels plus longs et les sorts complexes, les mots fournissent une force qui permet de contrôler la magie. C'est la signification des mots qui est importante. Je suis sûr que tu pourrais dire 'Lumière' et avoir une lumière, mais il y a du pouvoir dans les langues anciennes. L'anglais est encore une langue récente. Elle n'a pas autant d'impact sur la magie que le latin ou le celte. »
Harry fronça les sourcils en réfléchissant :
« Donc, les mots sont importants, dans la mesure où ils ont une fonction symbolique pour la personne. Avec des mots comme lumière, flotter, venir, partir, rester, et autres, c'est assez facile de les visualiser parce qu'ils ont un sens similaire pour tout le monde. Mais avec d'autres mots comme métamorphoser ou transformer, ou les rituels, ils doivent être formulés précisément parce que les personnes ont différentes idées de leur signification et diriger l'énergie correctement sans mots demanderait une bonne dose de concentration que la plupart des personnes n'ont pas. Je ne comprends pas cette histoire de langage, cependant. Pourquoi est-ce que ça aurait de l'importance ? Il y a des millions de langages à travers l'univers, pourquoi est-ce que ça doit être des langages de l'Antiquité Terrienne ? Si vous vouliez vraiment avoir de vieux langages, vous devriez remonter à l'époque avant que les humains aient des expressions multi-syllabiques et utilisaient un mélange de sons primitifs et des gestes pour communiquer. Ou les langages sifflés, qui sont plutôt mélodiques. Je devrais essayer avec celles-là quand j'apprendrais comment. Mais vraiment, du latin ? du celte ? du grec ? Elles sont plutôt récentes sur cette planète… »
Harry soupira en agitant une main autour de lui.
« Ce doit être une étrange tradition. Je vais faire des recherches là-dessus plus tard. »
Merlin avait écouté la dissertation du garçon avec un léger étonnement qui s'était transformé en confusion. Il regarda Rose, qui chevauchait près d'eux. Elle rit :
« Il est le fils du Docteur. Il fallait s'y attendre. Entre les deux, je suis sûre qu'ils pourraient avoir une discussion intense sur plusieurs jours sur la raison pour laquelle les magiciens utilisent le latin, et ne pas trouver d'accord sur la source, puis ils iraient voyager à la source discuter avec eux. J'ai déjà vu ça une fois avec le Docteur. Je suis sûre que son fils n'est pas si différent. »
Merlin secoua la tête.
« Je ne pense pas que je vais enseigner à Harry beaucoup de choses, s'il peut déduire autant d'une petite leçon.
— Ne vous dénigrez pas, Merlin. Harry doit toujours apprendre beaucoup. Juste parce qu'il est plus intelligent que la plupart des enfants de son âge ne veut pas dire qu'il n'a plus rien à apprendre. Allez-y progressivement. Harry adore apprendre. Je l'ai vu dévorer des livres en un jour juste pour trouver une anecdote. »
Rose sourit à l'homme :
« Il n'a aussi encore que huit ans et fera probablement tout ce que vous lui demanderez de faire.
— Merci Rose. Je vais prendre en compte vos paroles. »
Merlin se tourna vers Harry, se demandant si le gosse avait entendu la conversation. Il n'avait rien entendu, à en juger par le front plissé de concentration. La feuille flottait toujours où Harry l'avait installée, et le garçon lui-même ne semblait pas être conscient du monde autour de lui. Merlin s'éclaircit la gorge.
« Harry. »
Le garçon resta immobile.
« Harry, est-ce que tu écoutes ? Harry ? HARRY ! »
Harry était parti dans son propre monde pendant quelques instant, et seul le cri de son nom le sortit de ses pensées.
« Hein ? Oh, Merlin. Où en étions-nous ? »
Rose rit.
À l'avant avec les chevaliers qui guidaient le convoi, le Docteur était engagé dans une discussion animée sur le mérite de trouver son chemin avec les étoiles, et comment les humains en étaient venus à regarder avec tant d'avidité le ciel en premier lieu. La plupart des chevaliers avaient décidé de soigneusement ignorer le Docteur en reculant un peu ou en partant à l'avant, laissant seulement deux chevaliers pour écouter ses pensées vagabondes sur les lumières brillantes dans le ciel.
« Vous savez, vous les humains avez regardé le ciel pendant des millénaires ! À trouver des motifs, à leur donner un sens, à dessiner des images et des cartes et des concepts mystiques sur elles depuis que vous avez pu tenir un morceau de charbon. La moitié des religions de votre planète viennent des étoiles et il y en a d'autres qui en sont dérivées. C'est vraiment fascinant. Pour être honnête, un bon nombre des étoiles que vous voyez dans le ciel se sont déjà consumées, il y a des centaines d'années, mais la lumière ne peut aller qu'à une certaine vitesse selon les règles généralement acceptées de la physique, même s'il y a quelques moyens de contourner ça. Par exemple… »
Le Docteur s'arrêta, regarda autour de lui et soupira :
« Je suppose que ça ne veut pas dire grand chose pour vous, n'est-ce pas ? » demanda-t-il aux deux jeunes chevaliers qui avançaient toujours à côté de lui.
L'un d'eux secoua la tête :
« Je ne suis pas vraiment sûr de quoi vous parliez, sire.
— Nous disions que nous pouvions utiliser les étoiles pour retrouver notre chemin vers la maison si nous perdions Sire Merlin, et vous avez commencé à parler de religions et de lois et j'ai été perdu. » ajouta le deuxième jeune chevalier.
Le Docteur soupira à nouveau.
« Et bien, je ne peux rien contre ça. Je vais juste vous enseigner les étoiles, donc. »
Les deux chevaliers échangèrent des regards écarquillés, mais furent sauvés de découvrir ce que ça voulait dire quand Rose approcha son cheval d'eux.
« J'espère qu'il n'a pas posé de problèmes. »
Le premier chevalier, aux cheveux et aux yeux noirs, rougit et secoua la tête.
« Non, Madame, pas du tout. Il nous racontait des choses sur les étoiles. »
Rose leva un sourcil en regardant le Docteur.
« Vraiment.
— C'est eux qui ont commencé, dit le Docteur.
— Tu as l'air plus jeune que ton fils, Docteur. Maintenant, viens un peu avec moi. J'ai regardé Harry et je crois que tu apprécieras les leçons aussi. »
Le Docteur leva la tête à ça, puis ralentit pour écouter l'enseignement de Merlin. Les deux chevaliers poussèrent un soupir de soulagement.
« Bien, Harry. La lumière ne devrait pas être compliquée à conjurer. C'est une manifestation physique de ta magie, donc plutôt qu'exercer un changement sur autre chose, tu la forces à agir sur elle-même. La force du sort est liée à ton contrôle sur ta magie. »
Merlin leva la main :
« Comme ceci. Lux. »
Une petite boule de lumière apparut, survolant sa main.
« Tu peux placer la lumière où tu veux. C'est ta magie, en essence, donc elle t'obéit directement. C'est un des sorts les plus simples, mais les meilleurs pour permettre aux jeunes mages de s'entraîner. Prononcer le mot est mieux au départ, surtout pour quelqu'un qui a autant de pouvoir que toi. Ça agit comme un focus pour la magie brute. »
Harry hocha la tête et leva une main.
« Lux. » dit-il fermement, rassemblant sa magie dans sa paume et y appliquant l'idée de lumière.
L'éclair de lumière blanche qui en découla l'aveugla, ainsi que Merlin et Rose. Le Docteur avait compris que quelque chose de ce genre allait se passer quand il avait entendu ''manifestation physique de ta magie'' et avait détourné le regard quand Harry avait commencé à se concentrer.
« Et bien, je pense que le problème ici est trop de magie, Merlin, qu'en dites-vous ? » dit le Docteur avec un grand sourire alors qu'il se tournait à nouveau vers son fils, Rose et Merlin. Puis il arrêta brusquement son cheval.
« Tout va bien, Harry ? »
Harry lui lança un regard noir depuis le sol, étant tombé de sa selle après avoir été aveuglé par l'éclair de lumière.
« Tais-toi papa… peu importe lequel tu es… »
Le regard de Harry naviguait entre quelques points.
« C'était une erreur. »
Les chevaliers s'étaient arrêtés également, cachant des ricanements ou n'en prenant pas la peine. Harry grogna, se redressa sur ses pieds et s'épousseta.
« Et bien, je suppose qu'on va essayer une autre approche, dit Merlin. On retourne en selle, Harry. Nous n'avons pas vraiment beaucoup de temps à perdre. »
Harry trouva un tronc pour remonter, lançant un regard noir à son père.
« Si tu savais que ça allait arriver, pourquoi tu ne m'as rien dit ? » grommela-t-il, se hissant sur la selle.
Le Docteur eut un grand sourire :
« Et bien, j'ai pensé que tu t'amuserais plus ainsi.
— Oui, j'adore tomber de la selle et m'aveugler. »
Merlin regarda le Docteur :
« Comment saviez-vous ?
— Et bien, vous avez dit que créer de la lumière était une représentation physique de l'énergie magique de quelqu'un. Pour la plupart des gens, l'énergie magique est soit trop contrôlée pour produire plus de lumière que voulu, soit pas assez développée pour créer plus qu'une étincelle ou une légère lueur. Avec de l'entraînement, on peut la maîtriser. Harry ici présent, avec son essence magique absolument absurde et absolument pas contrôlée, aurait sans aucun doute créé une réaction d'une échelle bien plus importante. »
Rose rit, en essayant toujours de se débarrasser des points dans sa vision.
« Tu aurais quand même pu nous prévenir, dit-elle en gloussant.
— Et où est le plaisir là-dedans ? »
Merlin soupira.
« Et bien, je suppose que les sorts de lumière sont hors de question pour le moment. Je suppose qu'on va d'abord se concentrer sur le développement du contrôle. Avec cette quantité d'énergie et un manque de contrôle, j'imagine que tu vas être un cauchemar pour n'importe quel professeur que tu pourras avoir dans le futur. »
Harry s'affala sur sa selle. Il supposa que tous les sorts amusants étaient maintenant hors de sa liste ''à apprendre''.
Le groupe avança rapidement jusqu'à ce que la lumière commence à disparaître. Merlin offrit d'éclairer le chemin, mais Rose demanda à s'arrêter.
« Bien, bien que je sois sûre que Merlin pourrait nous produire suffisamment de lumière pour nous conduire en sécurité à travers les arbres, je ne dormirai pas sur ma selle. J'aimerais aussi que Harry dorme un peu également. Les chevaliers, même si je suis sûre qu'ils protesteront tous, auraient aussi besoin de repos. On s'arrêtera à la prochaine clairière et on décidera ce que nous ferons à partir de là. »
Moins de dix minutes plus tard, ils trouvèrent une clairière, fréquemment utilisée, d'après le tas de bois d'un côté et le feu de camp évident. Ils descendirent de cheval et les chevaliers commencèrent à desseller les montures et les brosser. Rose marcha le long de la ligne et vérifia la présence d'insectes, de tiques et de pierres.
« Où est-ce que tu as appris à faire ça ? demanda le Docteur en regardant par dessus son épaule.
— Oh, ici et là. J'ai pris un congé de quelques années et je me suis éloignée des villes. J'ai vécu dans les montagnes de Mongolie un moment. Quelques bergers m'ont appris à connaître les animaux. J'ai assez bien maîtrisé les bases, mais la plupart de leurs enfants étaient bien meilleurs que moi, donc je me suis contentée de prendre soin d'eux. »
Rose pinça et tira une tique de la fourrure d'un des chevaux.
« Les animaux se moquent de qui tu es tant que tu les traites bien, donc c'était agréable de m'éloigner des regards curieux de mes collègues.
— C'est là où tu as appris l'équitation aussi ?
— Pour l'essentiel. Je savais déjà faire, mais c'est tout un art que j'ai appris. »
Rose lança un regard vers le Docteur, puis regarda par dessus son épaule et fronça les sourcils :
« Harry doit-il vraiment suivre les chevaliers dans la forêt ? »
Le Docteur se tourna vers son fils.
« Harry, reste dans la clairière pour le moment, d'accord ? Nous avons un enfant disparu, essayons de ne pas en avoir deux. »
Harry tourna ses grands yeux verts vers son père :
« Allez papa !
— Il fait déjà trop sombre pour voir. Les chevaliers peuvent prendre soin d'eux. C'est des loups et des ours que je m'inquiète, ou de n'importe quelle autre créature. »
Le Docteur leva les sourcils et les épaules de Harry s'affaissèrent. Il revint vers le cercle où Sire Paskal allumait du petit bois et installait les bûches pour le feu.
« Bien, les chevaliers et moi monterons la garde par tour pendant que vous dormirez, après le dîner. Il y a des rations dans les paquets. Est-ce que l'un de vous sait cuisiner ? Parce que sinon, vous allez avoir droit à la cuisine des chevaliers, et tout ce que nous savons faire, c'est brûler l'eau et le pain. »
Rose soupira.
« Je suppose que je vais m'occuper de la cuisine. Montrez-moi ce que vous avez. »
Elle se dressa sur ses pieds et suivit le chevalier jusqu'à son paquetage.
« Cela vaut mieux que laisser le Docteur essayer et faire exploser la marmite. Harry n'est probablement pas meilleur que lui. »
Harry tira la langue dans le dos de Rose avant d'aider son papa à installer les rouleaux de couchage. Il ne faisait pas si froid dehors, et le ciel était sans nuages (Merlin avait dit qu'il ne sentait aucune pluie venir) donc ils n'installaient aucun abri. Ce qui était bien. Harry aimait regarder les étoiles.
« Papa ? » demanda Harry par dessus son épaule.
Le Docteur se tourna, regardant son fils par dessus ses lunettes.
« Oui Harry ?
— Je me demandais, de qui tu m'as pris ? Quand j'étais bébé ? Je ne me souviens pas vraiment. Nous avons parlé de magie tout l'après-midi et je me demandais si mes parents biologiques avaient les mêmes problèmes que moi, ou ce qui s'était passé pour me rendre comme ça. »
Le Docteur se tourna complètement, un doux sourire sur le visage.
« Et bien, je suppose que c'est un bon moment pour te parler d'eux. Pas grand chose à faire d'ici demain. Si tu es assez grand pour poser la question, tu es assez grand pour avoir la réponse. »
Rose les rejoignit, une marmite dans les mains. À l'intérieur se trouvaient des carottes, des oignons, des patates, quelques pommes, un morceau de fromage, une flasque de vin et une petite boîte.
« Ah, c'est le dîner ?
— Ça le sera. Apparemment, c'est vendredi, et ils ne mangent pas de viande le vendredi. Ils sont été choqués que je pose la question, dit Rose en levant les yeux au ciel. Donc ce sera une soupe de légumes quand j'en aurais terminé avec ça. Même s'ils ont quelques épices, donc c'est au moins déjà ça. »
Elle fit aller son regard entre Harry et le Docteur, notant la curiosité sur le visage du garçon.
« Quelque chose d'intéressant en discussion ?
— Oh, Harry me posait des questions sur les gens chez qui je l'ai récupéré, ses parents. Il a décidé de demander, je réponds.
— Je me souviens qu'il m'a dit que ses parents ont été tués. » dit Rose en sortant un couteau de l'intérieur de la marmite.
Harry hocha la tête :
« Oui, papa me l'a dit après un cauchemar que j'ai fait. J'étais petit, donc je ne me souviens pas vraiment, mais je ne pense pas que c'est quelque chose qu'on oublie complètement non plus.
— Ah, je vois. Et bien, ne me laissez pas vous interrompre. Ça vous dérange si j'écoute ? Si oui, je peux aller préparer le repas ailleurs. »
Harry agita une main.
« Non, tu ne déranges pas. C'est plus par curiosité que quelque chose d'important personnellement. »
Il regarda son père, qui sourit.
« Et bien, je suppose que je dois commencer par te dire que leurs noms étaient James et Lily, et qu'ils t'aimaient vraiment beaucoup. Tellement que la mort de ta mère a aidé à nourrir la magie qui t'a protégé de l'homme qui l'a tuée. Son nom est Voldemort… »
Harry ricana :
« Vraiment ? Du français écorché ? »
Le Docteur haussa les épaules :
« Le plus important n'est pas sa prédilection à ruiner d'autres langages, mais plutôt le fait qu'il était une sorte de terroriste. De ce que j'ai appris, il était l'étudiant ou le fidèle d'un autre mauvais sorcier qui a aidé lors de la Seconde Guerre Mondiale sur Terre au milieu des années 1900. Il était un orphelin, a grandi dans des circonstances difficiles, et était assoiffé de pouvoir. Quand il l'a eu, il l'a utilisé pour terroriser une bonne partie du Royaume-Uni juste avant que tu sois né. Il avait peur de mourir et il a fait tout ce qu'il a pu pour rester en vie, à rechercher l'immortalité. Une prophétie… »
Cette fois, ce fut Rose qui l'interrompit :
« Une prophétie ? Elles sont réelles elles aussi ? »
Le Docteur haussa les épaules :
« Je pense qu'elle sont une possibilité du futur aperçue par ceux qui sont sensibles à l'énergie temporelle. Pas vraiment un futur certain, et pas vraiment clair. Mais pour ceux qui les écoutent, particulièrement à l'époque où Harry est né, elles étaient vues comme une vérité absolue, donc la plupart du temps elles devenaient auto-réalisatrices. Plutôt qu'être prises comme un avertissement du danger, elles étaient considérées comme des faits. Ce qui a conduit à la situation dans laquelle se sont retrouvés les parents de Harry. James et Lily faisaient partie d'une organisation qui luttait contre Voldemort. Il les a attaqués, en fonction de ce qu'il connaissait de la prophétie, et a tué James et Lily, et marqué Harry. »
Il fit un geste vers le front de Harry. Harry souleva ses cheveux, croisant les yeux pour essayer de voir la légère cicatrice en forme d'éclair qu'il savait être sur son front.
« Ah, c'est donc de là que ça vient. De la magie qu'il a utilisée.
— En effet. Même si je n'ai pas réussi à savoir ce qu'il a fait, je t'ai scanné peu après que tu arrives dans le TARDIS. Il y a quelque chose là, caché dans la cicatrice. Je l'ai bloqué pour que ça n'ait pas accès à ton esprit, mais nous devrons nous en occuper bientôt. »
Rose cligna des yeux :
« Donc les parents de Harry étaient en quelque sorte des combattants de la liberté ? »
Le Docteur eut un grand sourire :
« Oui, quelque chose comme ça. Quand ils ont été tués, le directeur de leur école et chef de leur organisation a pris Harry dans son bureau. Ils avaient une sorte de plan de secours pour Harry, mais il s'est effondré. Tu devais aller vivre dans ta famille, mais ils ont été tués dans un accident de voiture à Londres. Tout le monde était dévasté par les combats et par la perte de proches et ils ne pouvaient pas s'occuper de toi. Dumbledore, c'est son nom, le directeur, m'a contacté. Je l'avais déjà rencontré une fois avant, avant que je te rencontre, Rose, et il m'a semblé être un individu très fascinant. Comme l'électronique ne fonctionne pas très bien avec la magie, en tout cas, les appareils conventionnels, ceux de ton époque, Rose, je lui ai donné ce qui pouvait être une balise. S'il appuyait dessus, je pouvais retrouver le signal. »
Harry écoutait avec une grande attention.
« Donc, le directeur m'a juste donné à quelqu'un qu'il ne connaissait pas ? Je veux dire, je ne me plains pas, tu es mon papa, mais si tu n'étais pas toi ? Si ça avait été quelqu'un d'autre ? »
Rose hocha la tête :
« Il est bien plus confiant qu'on ne pourrait l'imaginer. Je veux dire, je t'ai vu changer de physique, et je ne t'ai pas fait confiance. Il n'a jamais vu ça, et il t'a quand même donné un enfant.
— Donné n'est peut-être pas le mot le plus adapté, mais je n'ai jamais regretté avoir pris Harry. Mais tu vas te rendre compte que ceux qui pratiquent la magie ont tendance à prendre beaucoup de choses comme elles viennent. Je pense qu'il croit que je suis un puissant sorcier qui se moque de la destruction et qui peut modifier la réalité d'un claquement de doigts. »
Harry ricana :
« L'univers serait condamné si tu avais de la magie, papa. Tu fais déjà assez de dégâts avec simplement de la technologie.
— J'imagine déjà. Des planètes entières transformées en exploitations de bananes, toutes les armes transformées en bananes. Ce serait… dit Rose en secouant la tête. Il n'y a pas de mot pour ça. »
Merlin, qui avait fini d'installer son matelas, les rejoignit :
« De quoi discutez-vous ? »
Harry eut un grand sourire :
« Comment papa m'a eu. Apparemment, les magiciens du futur de la Terre font beaucoup trop confiance. Le directeur, je suppose de Hogwarts ou d'une autre école de magie de l'époque, m'a donné à mon papa sans même savoir qui il était. »
Merlin cligna des yeux et fronça les sourcils :
« Vraiment ? C'était très irresponsable de sa part. Où étaient tes parents ? »
Harry haussa les épaules :
« Ils ont été tués par un sorcier maléfique et terroriste. Je suis sûr que j'en apprendrai davantage à un autre moment, mais je ne suis même pas autorisé à visiter l'époque près de ma naissance. Trop près des événements ou quelque chose comme ça. Je n'ai jamais été à la fin du 20ème siècle ou au début du 21ème de l'histoire de la Terre, à part à Torchwood et dans ce cas, je n'étais même pas autorisé à quitter la base. Je me demande comment Arthur peut gérer le fait d'être tout le temps entouré. J'ai de la chance que le TARDIS soit immense et que je peux m'échapper où je veux, tant que je ne l'ai pas énervée récemment. »
Le Docteur eut un grand sourire :
« Je suis sûr que tu auras tout le temps que tu veux pour explorer la fin du 20ème siècle bien assez tôt. »
Rose leva un sourcil, en faisant tomber le reste des légumes qu'elle venait de couper dans la marmite avant de la poser sur le feu, attendant qu'elle boue :
« Que veux-tu dire ? »
Harry agita une main distraitement :
« Je suis supposé aller à Hogwarts ou quelque chose comme ça quand j'aurai onze ans, pour suivre la ligne temporelle et tout ça. Je ne vois pas pourquoi, puisque j'ai entendu de meilleurs échos sur Diagon57 à la fin du 50ème siècle.
— Tu vas aller à Hogwarts, Harry. Je suis sûr qu'on peut en discuter davantage plus tard. Et j'écouterai également toutes tes plaintes. Même si je pense qu'on peut s'arrêter à Diagon57 bientôt. Ce n'est pas un mauvais endroit pour une introduction à la culture magique, et ce sera la première fois que j'aurais l'occasion de me poser sur cette planète, marmonna le Docteur.
— Tu veux dire que tu ne peux même pas aller sur la planète ? s'exclama Rose en mélangeant et ajoutant quelques herbes.
— Et bien, pas vraiment. Ils ont une sorte de champ de force qui reconnaît si le navigateur ou quelqu'un à bord du vaisseau a de la magie dans le sang. La famille d'un magicien est bienvenue, mais ils doivent être accompagnés par le magicien ou se voir accorder une autorisation spéciale avant leur arrivée. Apparemment, je ne suis pas suffisamment magique. Je n'ai jamais été capable ne serait-ce qu'envoyer un espion sur la planète avant. Ou faire plus qu'avoir un aperçu depuis l'orbite supérieure. »
Il lança à Merlin un regard qui semblait à la fois amusé et bougon :
« Vous, les magiciens, et votre paranoïa étrange. Ce n'est pas souvent que je ne peux pas aller quelque part. Avec Harry à bord, ça ne devrait pas être un problème, cependant. Il a tant de magie qu'il ne peut pas faire un sortilège de lumière sans aveugler tous ceux qui se trouvent dans les environs. »
Harry lui lança un regard noir :
« Merci papa. J'adore qu'on me rappelle mes échecs. »
Il remua légèrement :
« Est-ce que je serai capable de faire plus que de simples sortilèges de mouvement ? Je veux dire, je sais comment faire bouger des choses, je l'ai fait depuis plus longtemps que je me souvienne.
— Oui, je sais. J'ai déjà vu ton étonnant petit spectacle. Mais bien que je suis certain que tu peux faire n'importe quoi dès que tu y mets du tien, peux-tu le faire quand tu n'en as pas vraiment besoin ? Peux-tu faire quelque chose parce que tu le veux, ou parce que quelqu'un te le demande ? La magie est une chose merveilleuse et étonnante, mais bien qu'elle soit une part de toi, elle n'est pas aussi facile à utiliser que tes yeux ou tes oreilles. C'est une autre sorte de sens, mais cela ressemble plus à marcher ou cuisiner. Certains sont meilleurs que d'autres, mais à la fin, tout le monde doit apprendre les bases, apprendre à marcher avant de courir. Il y a également de nombreuses branches de la magie, comme les potions, les boucliers, les enchantements, les runes, les rituels. Ils ont besoin de davantage qu'une abondance de magie, dit Merlin avec un sourire en direction de Harry. Il y a plein de choses que tu dois apprendre, tu dois juste prendre le temps pour ça. »
Harry eut un grand sourire.
« Et bien, au moins je sais qu'il y a bien plus de choses que ce que j'ai entendu avec Rowena, Sal, Helga et Godric. Je n'ai jamais eu peur d'étudier.
— Donc, Merlin, j'ai eu comme l'impression que vous aviez un sortilège de pistage sur Arthur. Comment ça marche ? »
Merlin se redressa :
« C'est un enchantement, pour être plus précis. C'est similaire à un sort de pointage, sauf que ça fonctionne sur une portée bien plus grande qu'un simple sortilège de pointage ou de pistage, et sur une plus grande durée. Les miens durent environ une semaine avant de perdre en puissance, ce qui est deux fois plus longs que les enchantements conventionnels. »
Il fronça les sourcils et tritura le bord de ses robes.
« Bien qu'il ait une portée, j'étais certain que Arthur ne s'éloignerait jamais autant de ce qui est déjà une distance importante, surtout en à peine quelques heures après avoir été enlevé. Il a définitivement été emmené dans cette direction, même si j'espère qu'on le retrouvera dans les cinq prochains jours. L'enchantement aura disparu après ça. Si je me retrouve dans la portée d'Arthur avant qu'il ne s'épuise, je serais de nouveau capable de le suivre jusqu'à son emplacement. En espérant que personne n'ait enlevé le sortilège.
— Ah, oui. Et bien, je suis sûr que qui que ce soit qui ait enlevé Arthur n'a ni les moyens, ni la capacité de faire une telle chose. En fait, je suis à peu près certain qu'ils ne croient pas en la magie. »
Le Docteur sortit la sphère que Harry avait trouvée.
« Cette graine est une preuve qu'ils ne sont pas de cette ligne temporelle. Plus probablement du futur, et peut-être assez lointain. Dans ce cas, cela pourrait être n'importe quelle race qui souhaite que l'espèce humaine n'atteigne jamais l'espace. Modifier leur passé ne pourrait que les aider dans ce but, et Arthur est très important pour l'avenir. »
Merlin fronça les sourcils, tapotant des doigts sous son menton :
« Donc, vous dites que ces… androïdes, vous les avez appelés, sont d'une ligne temporelle future dans laquelle les humains vont dans l'espace. Des êtres de l'espace ? »
Harry pointa du doigt vers le ciel :
« Parmi les étoiles, les planètes. Les humains ont réussi à voyager de façon correcte dans l'espace à la moitié du 20ème siècle, mais il leur a encore fallu deux siècles supplémentaires avant de réaliser des voyages interstellaires. Et c'est là que les ennuis ont commencé. Les humains n'ont jamais eu beaucoup de considération pour les autres peuples. Avec le désir de ressources et de conquête en guise de moteur, beaucoup de planètes et de cultures ont été dévastées par l'interférence humaine, tout particulièrement celles qui n'étaient pas capables de se défendre. Bien qu'il y ait eu aussi de nombreux aspects positifs des deux côtés, c'est difficile d'ignorer la destruction qui a été semée pendant les premiers voyages spatiaux des humains. »
Rose fronça les sourcils :
« Ça ne peut pas être si mauvais.
— Ça l'a été, ça le sera, Rose, confirma le Docteur. Les humains de bien des façons sont extraordinairement uniques parmi les espèces intelligentes. Des créatures fragiles sans moyens de combat évidents, pas particulièrement intelligents en tant qu'espèce, pas d'avantage inhérent. Et pourtant, ils sont devenus un empire, un des plus grands empires de l'univers, en à peine quelques millénaires. De nombreuses espèces sont curieuses, violentes, déterminées, ambitieuses, créatives, ce n'est pas unique. Mais l'humanité amène tout ça dans une limite extrême, casse cette limite, et commence à inventer de nouvelles manières d'exprimer les choses. En chemin, ils touchent des milliers de cultures et d'espèces. Les humains ont une manière de… ne pas être oubliés, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.
— Donc qui que ce soit qui a enlevé Arthur n'est pas humain, ni de cette époque ? » intervint Merlin.
Harry hocha la tête :
« Très probablement. Aussi, ils sont quelqu'un qui ont réussi à obtenir des androïdes qui savent qui sont Rose, moi-même et papa. Même si je veux bien accepter qu'ils ont été récupérés dans une décharge en orbite autour d'une lune oubliée, c'est intéressant qu'ils n'aient pas effacé leur mémoire. Ils peuvent ne pas savoir, ou ne pas avoir les moyens de le faire. »
Harry se tourna pour regarder son père.
« Tu connais une espèce qui a une rancune envers les humains mais n'est pas suffisamment avancée technologiquement pour reprogrammer des androïdes ? Et qui n'a probablement pas l'apparence humaine, s'ils ne sont pas venus chercher Arthur eux-mêmes. »
Le Docteur fronça les sourcils :
« Malheureusement, la liste des êtres qui semblent humains est très courte. De nombreuses espèces ont des caractéristiques similaires, une tête, deux bras, deux jambes, deux yeux, un nez, une bouche, etc, mais ça vient d'un biais évolutionnaire. Et la plupart du temps, ces configurations sont purement superficielles quand on cherche des similarités. Ceux qui peuvent apparaître humains par des moyens technologiques sont habituellement aussi ceux qui sont suffisamment avancés pour construire des androïdes, et les reprogrammer. Et puisque la plupart des espèces décimées par l'humanité étaient technologiquement incapables de se défendre, la plupart ne sauraient pas grand chose sur les androïdes, à part quelques connaissances absorbées ici et là dans des vidéos ou des livres ou des hologrammes ou n'importe quelle autre forme de divertissement. Ils ont probablement été découverts par accident et apportés au cas où qui que ce soit les ayant apportés se retrouverait dans une situation dont ils ne peuvent se sortir eux-mêmes. »
Merlin hocha la tête en regardant le feu. Le silence plana alors que Rose finissait de préparer le dîner, chacun réfléchissant à qui ou quoi aurait pu enlever Arthur, avant que Rose n'appelle pour servir le dîner.
Elle fut presque immédiatement entourée par des chevaliers affamés, deux magiciens et un Seigneur du Temps souriant. Ses sourcils se levèrent.
« D'accord, chacun se met en file, cela ira plus vite. Chacun derrière l'autre. J'ai les bols. Vous allez là, et vous… »
Elle ordonna brusquement chacun dans un semblant d'ordre et commença à distribuer la nourriture. Quand le dernier bol fut distribué et qu'elle eut récupéré le reste dans son propre bol, tout le monde savourait le repas.
« Si vous n'étiez pas aussi attachée à ce gars maigrichon, je vous engagerais pour être la cuisinière du château, dit Paskal en avalant une nouvelle gorgée de soupe. Ou je demanderais au moins au roi de vous engager. C'est le meilleur repas que j'ai eu depuis longtemps. Les chevaliers ne mangent habituellement pas aussi bien en mission. Aucun de nous ne sait se débrouiller en cuisine. »
Rose sourit :
« Je vais prendre ça comme un compliment, donc. J'ai eu le temps de m'entraîner. »
Paskal la regarda :
« Vous n'avez pas l'air assez âgée pour avoir quitté les jupons de votre mère depuis plus de quelques saisons.
— Et bien, les apparences sont trompeuses. »
Elle s'activa, en ramassant les ustensiles qu'elle avait utilisés pour cuisiner.
« Harry, ou Merlin, est-ce que l'un de vous peut nettoyer cette marmite ? Je ne pense pas lui faire justice dans le ruisseau, et nous en aurons à nouveau besoin avant la fin du voyage. »
Harry leva la main, puis regarda Merlin :
« Je peux ?
— A n'importe quelle autre occasion, j'aurais accepté, mais nous avons besoin de cette marmite pendant encore un moment, et je ne suis pas sûr que ta surabondance de magie et ton manque de contrôle lui fassent du bien. »
Harry soupira et baissa son bras.
« Ne sois pas si découragé. Il y a plein de boucles de ceinture sales qui auraient besoin d'être nettoyées. Nous nous entraînerons demain. »
Cela lui remonta le moral, et ils passèrent un moment à discuter des différents sorts utiles que Harry pourrait apprendre. Puis, sur l'insistance du Docteur, Harry alla se coucher. Il ne mit pas longtemps à s'endormir, l'excitation de la journée l'ayant fatigué, et il fut rapidement en train de ronfler doucement sous une couverture près du feu.
Rose bâilla et étira ses bras.
« Au lit pour moi aussi. Essaie de ne pas ennuyer les chevaliers, Docteur. Je te verrai demain matin. »
Puis elle s'étendit près de Harry, se roula en boule, appuya sa tête sur son bras et s'endormit.
Merlin regarda le Docteur.
« Que veut-elle dire ? »
Le Docteur agita distraitement la main.
« Oh, je n'ai pas vraiment besoin d'autant de sommeil. Sept heures toutes les, oh, cent soixante-huit heures standard terriennes, et je suis en forme. Quand Harry était plus jeune, j'avais l'habitude de dormir une ou deux heures par nuit avec lui, mais ça s'est arrêté quand il a grandi. Il n'avait plus besoin autant de moi. »
Merlin sourit :
« Je vois que ça vous ennuie un peu. »
Le Docteur le regarda par dessus ses genoux.
« Vous êtes assez facile à lire, pour ceux qui savent quoi regarder.
— Et bien, je n'étais même pas sûr de ce que je faisais quand j'ai pris Harry avec moi. Il y a eu un moment de colère, de frustration, de fatigue, et de curiosité. Et je suis retourné au TARDIS, et ce petit humain qui a besoin de toutes ces choses. Nourriture, abri, câlins, jouets, quelqu'un pour le tenir, lui chanter une berceuse, lui lire des livres, lui enseigner des choses. Toutes sortes de choses. Cela fait plusieurs siècles que je n'ai pas été un parent, et les enfants Gallifreyiens sont vraiment différents des enfants humains. »
Merlin prit le temps de réfléchir à tout ça.
« Je comprends que vous avez eu des enfants avant, donc ? Des enfants de votre propre espèce ?
— Il y a très très longtemps. Mon espèce vit très longtemps et je peux à peine me rappeler le bruit de leurs petits pas sur le sol. Et même cela n'est pas vraiment réel. Beaucoup de mon histoire est emmêlé dans des erreurs et des irrégularités causales et temporelles. Mes enfants… c'était les miens avant que je sois moi, si ça fait sens. »
Merlin sourit :
« D'une certaine manière, Docteur, il n'y a rien à votre sujet qui fait sens, et pourtant, tout est centré sur votre propre être. Cela vous rend vraiment étrange. »
Ils tombèrent dans un silence agréable. Les chevaliers qui n'étaient pas de garde tombèrent dans un sommeil léger et ceux qui devaient les surveiller étaient debout à l'orée de la clairière, alertes mais détendus.
« Docteur, au sujet de votre fils. Sa magie est presque incompréhensible. Ce n'est pas difficile d'imaginer qu'il n'y a aucune limite du tout pour lui. Toute limite qui peut exister dans le monde magique ne serait que de simples mots pour lui. Sa capacité à s'approprier des concepts magiques est au-delà de tout ce que j'avais osé imaginer. Nous utilisons des mots pour créer et visualiser des sorts. Harry sera sans doute un jour au delà du besoin de s'en servir. Nous avons un focus pour notre magie, un bâton ou une baguette. Cela sera sans doute redondant pour le garçon.
— Vous n'utilisez pas de baguette,» souligna le Docteur.
Merlin hocha la tête :
« Je n'en ai pas besoin pour la plupart des sortilèges simples que j'enseigne à Harry. Je suis assez puissant moi-même pour me passer de l'utilisation d'une baguette. Mais peu de monde est capable de ça. Mes professeurs l'étaient, particulièrement Godric, mais ils étaient aussi anormaux dans leurs capacités magiques.
— Êtes-vous en train de dire que Harry n'a rien à apprendre ? demanda le Docteur en penchant la tête.
— Non, en effet. Il y a beaucoup de choses à lui enseigner. Mais il y aura aussi beaucoup de choses qu'il saura faire d'instinct, avec la même facilité que nous respirons ou formons des mots et parlons. Certains compétences seront plus dures à maîtriser pour lui également, mais elles ne seront jamais hors de sa portée. En résumé, Docteur, rien ne sera impossible pour lui. Ce qui en soi sera sans doute un problème auquel il devra faire face. »
Le Docteur ne dit rien pendant quelques moments. Il regarda son fils, les cheveux noirs tombant sur son visage et les petites mains détendues dans son sommeil.
« Je vois. Je vais garder ça en tête alors qu'il grandit. »
Merlin hocha la tête. Il voulait demander quelle importance Harry avait qui soit si grande qu'elle pouvait modifier le futur, qu'est-ce qu'un petit garçon pouvait avoir comme poids sur ses épaules, mais il resta silencieux. Le Docteur s'était allongé près de son enfant, la main reposant sur la tête de Harry, les yeux fermés. Merlin ne savait pas vraiment s'il dormait, mais décida que la conversation était terminée. Lui aussi s'allongea pour la nuit.
Le matin suivant commença avec un Harry exubérant qui mâchonnait du pain et essayait de réveiller tout le monde. Vraiment, il était encore tôt, bien plus tôt que l'heure à laquelle quiconque d'autre avait espéré commencé sa journée (à l'exception du Docteur, qui n'avait de toute façon sans doute pas dormi de la nuit). Cependant, chacun se leva dans la lumière juste avant l'aube et emballa le reste de leurs affaires qui avait trouvé des coins et recoins dans lesquels se cacher. Les chevaux furent nourris et abreuvés, tout fut chargé et ils se dirigèrent dans la direction que Merlin indiqua.
Harry, se souvenant de la promesse de Merlin de lui enseigner comment nettoyer des choses la veille, avait collecté une série de petits objets sales sur lesquels s'entraîner. Alors qu'il les montrait au magicien amusé, Merlin ne put empêcher un rire.
« Qu'est-ce qu'il y a ? Ce ne sont pas les bons objets sur lesquels s'entraîner ? Je pensais que vous vouliez vous assurer que je ne casserais rien. Est-ce que j'aurais du prendre quelque chose de plus gros ?
— Non, non, ce n'est pas ça, jeune Harry. J'étais juste amusé de ton impatience. De nombreux professeurs se battraient pour avoir l'honneur d'avoir un élève aussi avide d'apprendre.
— Oh. Et bien, apprendre est tout ce qu'on peut faire jusqu'à ce qu'on sache suffisamment pour s'en servir. Donc la meilleure chose est d'apprendre autant qu'on peut pour que, quelle que soit la situation, on sache toujours quoi faire. »
Merlin haussa un sourcil.
« Je vois. C'est une façon très pragmatique de voir les choses.
— Et aussi, savoir est excitant.
— Et voilà l'érudit que j'avais pensé voir en toi. »
Harry eut un grand sourire.
Le matin commença ainsi. Avec des sorts de nettoyage. Ou plutôt, avec des pierres perdant des épaisseurs alors que Harry essayait de maîtriser le sort de nettoyage. Il eut une autre dispute sur le langage avec Merlin, en faisant la remarque que vraiment, ''nettoyer'' était un mot très bien pour diriger la magie et qu'utiliser ''pergo'' ou n'importe quel autre mot latin était idiot. Puis il en fit la démonstration en utilisant ''nettoyer'', supprimant une nouvelle épaisseur de pierre, et regarda avec mauvaise humeur ses pierres. Il semblait que peu importe la langue qu'il utilisait, il surchargeait le sort avec sa magie. Il devait comprendre comment maîtriser le flot.
Harry réfléchit en regardant les pierres, essayant lentement d'arrêter le flot de magie. Il le pinça, le courba, le manipula, mais cela ne semblait avoir aucun effet. Une véritable vague de pouvoir semblait surgir dès qu'il prononçait un mot magique.
« Je n'arrive pas à comprendre. Qu'est-ce que je fais de mal ? Je lance le sort, je nettoie les pierres, mais je les ponce pratiquement au passage. C'est comme si ma magie creusait dans la pierre pour en enlever la saleté. Si je faisais ça sur quelque chose de chair, je les dépècerais. »
Harry semblait maussade. Merlin sourit :
« Harry, mon enfant, la quantité de magique que tu as est immense. Tu vas devoir apprendre à en contrôler le flux. J'ai bien peur de ne pas pouvoir t'apprendre cela, c'est quelque chose dont je n'ai aucune expérience, et je n'ai jamais rencontré quelqu'un avec un problème similaire. Qu'as-tu essayé ? »
Harry fronça les sourcils.
« Et bien, j'ai essayé de contenir le flux de magie pendant que je disais le sort, de le manipuler jusqu'à ce qu'il y en ait moins qu'avant, mais ça n'a jamais semblé marcher.
— Et bien, pourquoi n'essaierais-tu pas de moduler la force avec laquelle tu prononces le sort ? Je sais que parfois, quand les magiciens sont jeunes, crier un sort aide ceux qui ont des difficultés. Peut-être que l'inverse marchera avec toi. »
Harry réfléchit à cela et prit une nouvelle pierre, avant d'essayer de murmurer le sort. Avec peu de changement. Un millimètre de la petite pierre fut éliminé et tomba en flocons sur le sol. Harry soupira et Merlin essaya de cacher un sourire.
Puis le sorcier se tourna, le regard alerte.
« Droit devant sur la gauche. Je peux sentir l'enchantement. C'est faible, presque à la frontière de ma conscience, mais je peux le sentir. Ce qui veut aussi dire que Arthur est en vie. »
Tous les chevaliers tirèrent sur leurs rênes, se rassemblant autour de Merlin. Harry essaya de se fondre dans le cercle.
« Êtes-vous sûr, Seigneur Merlin ?
— Le jeune prince est en vie ?
— Oh dieu merci !
— Oui, Arthur est en vie. Le simple fait que je puisse le sentir en est la preuve. J'ai lié l'enchantement à la force vitale d'Arthur. Cela garde le sort actif tant que ma magie est présente, donc il doit être en vie.
— A quelle distance est-il ? demanda Paskal, le regard acéré. Combien de temps pensez-vous que cela nous prendra pour le rejoindre ?
— Pas plus d'une autre journée. La portée de mon sort est d'environ quarante lieues, donc je m'attends à ce que l'on trouve où il est retenu demain. Dépêchons-nous cependant. Maintenant que nous avons une preuve de sa survie, j'aimerais que nous ne traînions pas davantage. »
Les chevaliers hochèrent la tête et se remirent en formation avant de repartir au trot. Merlin, Rose, le Docteur et Harry suivirent ceux en tête, et quelques autres chevaliers étaient à l'arrière. Ils maintinrent un rythme rapide pendant l'essentiel de la matinée jusque dans l'après-midi.
Alors qu'ils reposaient les chevaux à un ruisseau, Harry se déplaça pour parler à son papa.
« Papa, est-ce que tu sais exactement à qui nous aurons affaire ? Au château, tu avais l'air de savoir, mais tu n'as rien dit au sujet des Tractites hier soir. »
Le Docteur grimaça.
« Et bien, si c'est un Tractite, ils ont de bonnes raisons d'être en colère. Je me demande où l'un d'entre eux pourrait avoir trouvé les androïdes et j'essayais de lancer quelques idées en l'air pour voir si l'une d'entre elles sonnait bien. Aucune ne m'a vraiment plu. Les androïdes sont communs au 24ème siècle, et le métal de n'importe quelle décharge serait idéal pour qu'un Arbre-Temps puisse prendre racine. J'espère juste que, qui que ce soit, nous pouvons négocier avec eux pacifiquement. »
Harry hocha la tête.
« Si je comprends bien, la dernière rencontre avec eux ne s'est pas déroulée pacifiquement ?
— Ce serait à la fois un euphémisme et loin de la vérité. Cela dépend de la rencontre. »
Harry inclina la tête.
« C'est une longue histoire, Harry.
— Raconte-moi pendant qu'on chevauche. »
Ils remontèrent sur leurs chevaux et formèrent des colonnes. Harry chevaucha à côté du Docteur, Merlin à côté de Rose, et les chevaliers les entouraient.
« Pour l'essentiel, les Tractites étaient une race pacifique. Ils n'allaient pas dans l'espace, mais ils accueillaient volontiers les visiteurs. Ils n'avaient pas d'armes, mais une planète riche en minéraux. Ce fut avec une facilité absurde que l'Empire Humain envahit leur planète, bien que les Tractites étaient d'accord pour leur laisser exploiter les mines de la planète. Mais les humains, comme toujours, veulent plus que ce qu'ils peuvent avoir, et ont détruit Tractis, son peuple et se sont servis des survivants comme esclaves dans les mines. Un petit groupe s'est échappé et s'est rendu à Hirath et ils ont voyagé en arrière dans l'histoire de la Terre. Le futur a commencé à changer alors qu'ils changeaient les fondations sur lesquelles l'humanité s'est construite. Les humains ont été éliminés de la planète avant qu'ils puissent évoluer, et une nouvelle Tractis est née, pleine de Tractites pacifiques et amoureux de la nature. Mais cela ne pouvait pas rester ainsi. C'était une forme complète de revanche, effacer l'espèce qui t'a fait du mal, mais ils sont allés trop loin. Ils ont été arrêtés avant qu'ils puissent commencer leurs changements et le futur est redevenu ce qu'il était. Et Tractis a été détruite par l'humanité. »
Harry était silencieux, les yeux écarquillés. Il ne parla pas pendant un long moment, observant la crinière de Marigold. Puis :
« Comment les humains peuvent être assez mauvais pour conduire une espèce pacifique au génocide ? »
Le Docteur soupira :
« C'est une des curiosités de l'humanité. Leur impact sur chaque espèce avec laquelle ils ont eu un contact est énorme. Même les Seigneurs du Temps faisaient attention à ne pas trop interagir ou interférer avec les humains. J'étais une preuve visible des échecs de l'humanité. Exilé de ma planète et je continuais à fréquenter les humains, et à la fin, quand je n'avais plus de planète, j'ai fui sur Terre. »
Le Docteur sourit :
« Les humains sont capables d'extrêmes des deux côtés de l'échelle, Harry, souviens-toi de ça. »
Harry hocha la tête.
Rose discutait avec Merlin :
« Donc, qu'enseignez-vous au prince s'il n'a pas de magie ?
— J'essayais de lui apprendre la prudence et la logique. Bien qu'il semble que j'ai été dépassé par un enfant de huit ans. »
Merlin adressa un sourire ironique dans le dos de Harry.
« L'essentiel de ce que j'essaie de faire est d'enseigner au prochain roi des leçons qui feront de lui un roi fort. Moralité, impartialité, que tous ses sujets valent reconnaissance. Ne me méprenez pas, Uther est un bon roi, mais il n'est jamais certain de la manière dont il doit traiter ses sujets qui sont magiciens, ou les créatures magiques. Il n'est jamais ouvertement hostile, mais il ferme l'oeil devant l'hostilité. J'essaie d'enseigner à Arthur que chacun est égal et doit être traité en tant que tel. L'essentiel de mes leçons est moral et philosophique, des domaines dont les dirigeants ont besoin. »
Rose hocha la tête.
« Je vois. Son père n'est pas capable de lui transmettre ces leçons ? »
Merlin fronça les sourcils.
« Dans un sens. Uther est un roi obsédé par le passé. Même son fils ne peut pas lui faire oublier sa femme morte depuis longtemps. Il a pensé nécessaire d'appeler à l'aide, et j'ai pensé que je pouvais remplir mon rôle auprès de mon propre peuple en enseignant au prochain roi nos traditions, autant que quelqu'un sans magie puisse apprendre sur la magie.
— Je comprends.
— Arthur m'est vraiment cher. Je passe beaucoup de temps avec lui, quand je ne conseille pas Uther.
— Nous allons nous assurer qu'il revienne sain et sauf.
— Je peux seulement espérer. »
Les chevaliers accélérèrent le rythme, et la conversation ne fut plus possible. Le reste de l'après-midi se passa dans un trot rapide alors qu'ils essayaient de tirer le maximum de leurs chevaux. Quand ils s'arrêtèrent enfin, le soleil se couchait derrière l'horizon et les chevaux étaient épuisés.
Ainsi que Harry, si l'on en croyait la manière dont il glissa de sa selle pour s'effondrer par terre. Il ne fit aucun effort pour se redresser, et préféra ramper vers le centre de la clairière. Finalement, avec un soupir exaspéré, le Docteur le souleva et le porta.
« Harry, tu penses que tu peux t'asseoir ?
— Non, plus assis. Je ne peux plus sentir mes fesses. Je ne peux plus sentir mes cuisses. J'ai l'impression que je suis en train de bondir et que le monde continue de bouger alors que je ne suis même plus sur un cheval. Je ne suis pas sur un cheval, n'est-ce pas ? » grogna Harry.
Le Docteur gloussa.
« Non, tu n'es pas à cheval. Mais c'était beaucoup de chevauchée difficile pour un jeune enfant. »
Paskal, prenant pitié de Harry, lança un petit pot au Docteur, qui l'attrapa.
« Ce baume va aider avec les muscles douloureux. Ce ne sera pas complètement parti demain matin, mais cela rendra la chevauchée demain plus supportable.
— Je dois remonter sur un cheval demain ? s'exclama Harry, les yeux écarquillés.
— Si tu veux être là quand on récupérera Arthur, il faudra bien. Et ce sera encore plus difficile. »
Tout le monde rit alors que Harry gémit et se roula en boule.
« Merlin, est-ce que vous avez des sorts pour arranger ça ?
— Oui, petit, mais je ne les recommanderais pas. Ils se nourrissent de ta magie pour fonctionner et j'ai peur que tu les surcharges, et les conséquences feraient plus de mal que de bien.
— Pourquoi est-ce que ça m'arrive à moi ? » dit Harry dramatiquement.
Tout le monde rit.
Malgré ses attitudes dramatiques, Harry était endormi avant que Rose ne fasse le dîner. Le Docteur sourit en direction de son fils.
« Je vais l'emmener de coté et lui appliquer le baume. Avec un peu de chance, cela va l'aider demain matin. Même si je compatis. Je vais être perclus aussi à la fin de la journée. Cela fait longtemps que je n'avais pas fait une chevauchée aussi longue et difficile. »
Le Docteur souleva son fils en train de ronfler et l'emmena sur le côté pour le déshabiller et appliquer le baume. Rose prépara un simple dîner de ragoût avant de le distribuer à tout le monde. Le repas se déroula en silence. Le Docteur borda Harry sous une couverture avant de rejoindre le groupe autour du feu.
« Seigneur Merlin, à quelle distance du prince sommes-nous ? » demanda un des chevaliers.
Merlin plissa le front de concentration.
« Moins de quinze lieues. Nous avons fait un temps excellent aujourd'hui. Mais si je me souviens correctement de mon histoire, nous approchons du château d'un vieux roi qui a régné sur ces terres il y a de nombreuses années. Il est probable qu'Arthur soit gardé dans ce château. C'est le seul bâtiment important dont j'ai connaissance dans les environs.
— Bien, nous avons un but. Nous partirons tôt demain matin. Maintenant, je ne sais pas vous, mais j'ai besoin de sommeil. Je vous vois messieurs demain. »
Rose se leva, s'étira et marcha vers Harry, tirant une couverture d'un paquet alors qu'elle se blottissait par terre.
Rapidement, le reste de la compagnie était soit couchée, soit debout pour la garde. Le Docteur regardait dans les flammes dansantes. La nuit était plaisante, ils étaient en pleine aventure, et son fils gagnait une nouvelle appréciation des différents modes de transport.
Tant qu'il pourrait trouver un moyen de libérer Arthur de ce qu'il était sûr être un Tractite rebelle, ce serait une aventure amusante.
Il resta assis là presque toute la soirée, ignorant les regards observateurs des chevaliers alors qu'ils échangeaient leurs tours de garde, et ne bougea que lorsque quelqu'un tapa son épaule.
« Papa, le feu est mort il y a longtemps. Qu'est-ce que tu regardes ? »
Harry s'était approché, en bâillant et se frottant les yeux.
« Harry ! s'exclama le Docteur. Tu es debout. Comment tu te sens ? Tes jambes vont mieux ? »
Harry se frotta le dos.
« Pas mal. Ça pourrait être pire. Je suis sûr que ça le sera à la fin de la journée, mais on aura alors Arthur, alors c'est au moins ça. »
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Arthur s'ennuyait. Il n'avait rien d'autre que des murs en pierre, une petite fenêtre, et un bol occasionnel de quelque chose qui ressemblait à du gruau, poussé à travers la porte par un de ces étranges chevaliers qui l'avaient enlevé. Il se souvenait que le papa de Harry les avait appelés autrement, mais il ne pouvait pas se rappeler du terme pour le moment.
Il se demanda ce qu'il faisait ici. Cela faisait plus d'un jour depuis que ce… cette sorte de cheval noir lui avait parlé. Pas un mot n'avait été prononcé près de sa porte depuis ce jour. Les chevaliers ne parlaient pas. Il n'y avait personne d'autre alentours. Il était seul.
Et c'était inquiétant. Ce qui était encore plus inquiétant était qu'il n'avait vu aucun des chevaliers de son père, Merlin, ou le papa étrange de Harry. On approchait le troisième jour de sa captivité et il n'avait pas entendu les gens de son père.
La porte s'ouvrit doucement. Arthur sauta sur ses pieds. Le grand être noir qui lui avait parlé rapidement était de retour.
« Arthur Pendragon, fils de Uther Pendragon et de Ygraine Pendragon. Frère de Morgana, la Sorcière Noire la Fée, tes crimes ont été jugés et la seule punition pour tes transgressions est l'emprisonnement à vie.
— Qu'est-ce que j'ai fait ? Je n'ai rien fait à personne, particulièrement pas votre peuple ! Je ne sais pas qui ou quoi vous êtes ! Comment savez-vous qui je suis ? Qui est Morgana ? »
L'être le regarda, les yeux fixes.
« Ce n'est pas ce que tu as fait, c'est ce que tu feras. Ton futur ne doit pas arriver. Seulement ainsi mon peuple pourra vivre en paix. C'est ce en quoi je crois. »
Arthur le regarda :
« Qui êtes-vous ? Qu'êtes-vous ?
— Je suis un Tractite, de Tractis. Ton peuple a envahi mon monde et détruit mon peuple, mon mode de vie, tous ceux en qui je tenais. Ma planète entière a été envahie par les humains. Seul un petit nombre d'entre nous ont réussi à s'enfuir. J'ai été renvoyé en arrière, pour voir si on pouvait changer le futur. Je suis arrivé à cette époque, avec aucune technologie. J'ai trouvé les androïdes et ils correspondaient aux progrès actuels de l'humanité. Je connais ta vie. Tu es la meilleure possibilité pour l'avenir de mon peuple. T'éliminer de ta ligne temporelle arrêtera le progrès de l'humanité pendant un moment, peut-être suffisamment longtemps pour permettre à mon peuple d'échapper intact aux pistolets des humains. »
Arthur le regarda, les yeux écarquillés. Même s'il n'était pas sûr de tout ce que le… Tractite ? avait dit, il en avait suffisamment compris :
« Des humains ont tué votre peuple ? Pourquoi ? Étiez-vous un danger pour eux ?
— Non. Nous étions pacifiques.
— Et donc pourquoi mes… descendants voudraient tuer votre peuple ?
— Ils voulaient les ressources de nos terres et étaient incapables d'accepter les petites parties que nous leur avions laissées. Ils ont décidé de tout prendre par la force. »
Arthur fronça les sourcils.
« Mais ça n'a aucun sens. Je ne comprends pas ce que vous voulez dire par planète. Je suppose que c'est là où est le royaume d'où vous venez, avec pour nom Tractis. Donc les humains ont envahi vos terres pour aucune autre raison que les ressources ? Ils n'ont pas essayé de commercer pour les avoir ? C'est la coutume.
— Ils voulaient tout. Notre planète est riche d'une sorte de minéral dont ils avaient besoin. Ils désiraient plus que ce que mon gouvernement était prêt à leur permettre d'extraire à la fois. Puisqu'ils avaient des armes plus puissantes, ils ont tout pris par la force.
— Pourquoi est-ce de ma faute ? C'est terrible, mais je n'ai rien à voir avec ça. Je peux parler avec mon père, il pourrait être capable d'aider votre peuple. »
Le Tractite rit.
« Ton père ne peut pas nous aider. Tu es mille quatre cent ans trop tôt pour nous aider. Tu peux nous aider en ne devenant jamais roi, en n'unifiant jamais les contrées, et en ne créant jamais le chemin pour un futur avec une nation unie. Ton exemple a inspiré d'innombrables dirigeants. Ton nom est prononcé par les humains comme le pinacle de l'héroïsme humain. »
Arthur fronça les sourcils, commença à parler, mais la porte se ferma en claquant.
Il fut laissé à ses pensées.
Qu'est-ce que cela voulait dire ? Est-ce que les Tractites venaient d'un endroit différent, comme Harry et son babillage plein de mots incompréhensibles ? Pouvaient-ils parler de quelque chose qui ne s'était pas encore passé ? Mais c'était absurde. Un tel voyage était impossible.
Mais pas si ça venait d'une époque où ça ne l'était pas.
Arthur regarda par la fenêtre. Si ce que le Tractite avait dit était vrai, il aurait sans doute plus longtemps qu'il le souhaitait pour réfléchir à ce que ça pouvait vouloir dire.
Le reste de sa vie, en fait.
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« Nous approchons Arthur. Je peux sentir l'enchantement se renforcer. Prenez le virage à droite devant, et nous devrions voir le château. Ou ce qui en reste. »
Merlin ne s'était pas trompé. Après avoir tourné un angle sec, les arbres s'éclaircirent et un grand château apparut.
Il était vieux, mais pas assez vieux pour commencer à tomber en ruines. Chacun arrêta sa monture, et ils regardèrent le bâtiment.
« C'est le bon endroit, Seigneur Merlin ? demanda Paskal. Je ne me souviens pas à qui il appartenait, mais il est là depuis un long moment. On m'a emmené ici une fois quand j'étais écuyer pour un exercice d'entraînement. Même si cet entraînement s'est démodé quelques années plus tard. »
Il regarda un des chevaliers les plus récents.
« Probablement avant que tu ne sois un écuyer, Galin, n'est-ce pas ? »
Le chevalier hocha la tête.
« Oui. Je crois que j'en ai entendu parler, mais quand j'étais écuyer, cela avait été considéré trop frivole pour un exercice d'entraînement.
— Entraînement mis à part, Arthur est là-dedans. »
Le Docteur fit avancer son cheval.
« Cela serait sage de laisser les chevaux ici. Si c'est ce que je pense, ils ne seront qu'un handicap. Si ça ne l'est pas, et bien ça n'a pas d'importance. Ils seront plus utiles reposés. »
Il descendit de cheval. Harry et Rose suivirent, et après un hochement de tête de Merlin et Paskal, tout le monde descendit de monture également. Ils attachèrent les chevaux près d'une mare proche avant de se mettre en formation.
« Comment est-ce que nous allons faire ça ? demanda Harry. Je veux dire, c'est un château. Il a des fortifications. S'avancer simplement vers lui serait un peu dangereux. Surtout si les androïdes sont là. Et il n'y a aucune raison de penser qu'ils ne soient pas là.
— En effet, petit, mais ce château est aussi vieux. Il a de nombreux passages secrets à l'intérieur et l'extérieur de ses murs, dit Paskal en se tapant le menton. Nous pouvons utiliser l'un d'eux pour entrer dans le château et trouver Arthur.
— Et si nous rencontrons celui qui l'a enlevé ? Je veux dire, pas les androïdes, mais celui qui les a emmenés ? »
Le Docteur grimaça :
« Je m'en occuperai. »
Paskal jeta un coup d'oeil au visage du Docteur et acquiesça.
« D'accord. Je me souviens d'une entrée dans le mur sud qui est plutôt bien abritée des regards. Je pense que ça devait être une entrée pour les serviteurs. Nous allons passer par là. Cela sera plus facile de traverser le mur à partir de là plutôt que par un assaut frontal. Nous ne savons pas ce qui peut nous attendre. En formation. Deux derrière Seigneur Merlin, le Docteur, Harry et Rose, et le reste devant avec moi. Je prends la tête. Soyez sur vos gardes.
— Attendez juste une minute, Sire Paskal. Le roi m'a demandé de m'assurer que Dame Rose et jeune Harry auront des sorts de protection. »
Rose soupira et leva les yeux au ciel.
« J'avais espéré que vous ayez oublié ça. Je n'en ai pas vraiment besoin, mais peu importe. »
Merlin sourit simplement, sortit sa baguette et lui tapa sur la tête. Elle sentit un voile chaud la couvrir et elle trembla.
« Rose ? demanda le Docteur.
— C'était… plaisant. Chaud, même. Je ne m'attendais pas à ça, dit Rose avec un grand sourire. Merci Merlin.
— Ils vous protégeront des lames et des coups, des flèches et des poings. Je ne sens aucun autre être magique alentours à part Harry, donc une protection magique n'est pas vraiment requise. »
Merlin se tourna vers Harry :
« A ton tour, petit. »
Harry fronça les sourcils :
« Je ne peux pas le faire moi-même, n'est-ce pas ?
— Je suis désolé, mais non. Je ne sais pas ce que ta magie peut faire du sort, et nous ne pouvons pas prendre le risque qu'elle nous explose au visage maintenant. Si j'avais eu le temps en route, je te l'aurais enseigné, mais je ne l'ai pas eu. Je te l'enseignerai quand nous retournerons à Camelot. »
Harry fit la moue, mais laissa Merlin lui taper la tête et écouta les mots murmurés. Donc, des sortilèges d'imperméabilité et un peu d'invisibilité. Cela ressemblait à quelque chose avec quoi expérimenter plus tard. Après que les sorts furent lancés (et que le Docteur les refusa catégoriquement), ils se faufilèrent par l'entrée latérale. C'était silencieux. Étrangement silencieux.
« Galin, prends Kellory, Martin et Franks et cherche les côtés nord et est du château. Fouille toutes les pièces. Le reste, avec moi. »
Les quatre chevaliers se séparèrent du groupe, laissa Paskal, un chevalier appelé Greyson, un autre appelé Braily et Merlin avec le Docteur, Harry et Rose.
Ils marchèrent à travers les couloirs en silence mais déterminés. Ils vérifièrent chaque pièce, chaque porte fermée, et trouvèrent rapidement les escaliers vers les étages.
Paskal tira son épée et le Docteur poussa Harry entre Rose et lui.
Ils ne rencontrèrent rien ni personne pendant leur ascension, et l'étage fut déclaré sûr.
« Il est toujours plus haut, Sire Paskal, murmura Merlin. Plus proche je suis de lui, plus précis est l'enchantement. »
Paskal hocha la tête.
« Nous ne savons toujours pas où se trouvent les autres. Nous devons être prudents. »
Rose tira sur le bras du Docteur :
« Nous pouvons aller à l'étage trouver Arthur. On laisse la recherche des ennemis aux chevaliers. »
Paskal sembla légèrement énervé aux paroles de Rose.
« Dame…
— Je peux prendre soin de moi, tout comme le Docteur. Nous devons trouver Arthur. S'il est quelques étages au dessus, alors il serait sans doute mieux qu'on puisse le faire sortir avant que vous vous précipitiez tous avec vos épées et vos cris.
— Je viens aussi, » dit Harry, le visage déterminé.
Le Docteur le regarda et hocha la tête.
« D'accord. Viens. Laissons les charges à l'épée aux chevaliers. Merlin ?
— Oui, ça semble faisable. Faire sortir le prince est notre principale priorité. »
Paskal semblait vouloir protester, mais il se contenta de lancer un regard noir aux quatre dos qui s'éloignaient.
« Soyez prudents ! » lança-t-il.
Le Docteur leva une main pour faire signe qu'il avait entendu.
Harry se dirigea vers les escaliers, mais son père le tira en arrière.
« Même si tu es déterminé à sauver ton ami, c'est quand même dangereux. Je préférerais que tu n'y ailles pas la tête la première.
— C'est l'hôpital qui se moque de la charité,(1) » répliqua Harry.
Le Docteur leva un sourcil :
« Tu as adopté des expressions typiquement terriennes.
— Et bien, elles sont intéressantes. Et moins circulaires que celles en Gallifreyien.
— Quand bien même, tu ne montes pas en premier dans les escaliers. Un enfant enlevé est largement suffisant. »
Harry bouda, et alors que le Docteur était distrait, Rose glissa devant lui et dans les escaliers. Le Docteur la regarda, commença à dire quelque chose, vit le regard déterminé de Rose, et décida de ne rien dire. Il soupira. Merlin la suivit, puis Harry et son papa ferma la marche.
« Depuis quand c'est moi qui vous suis tous ? » dit-il, le ton légèrement plaintif.
La seule réponse qu'il obtint fut un léger rire.
« Prochain étage, je pense, » murmura Merlin alors qu'ils atteignaient le troisième étage.
Rose monta jusqu'à l'étage suivant.
« Oui, cet étage. Suivez-moi. »
Merlin prit la tête, et Harry bondit après lui. Le Docteur et Rose suivirent.
« Désolée Docteur, mais tu ne peux pas toujours essayer de me protéger, murmura Rose.
— Je sais. Je sais. C'est juste, va falloir que je m'y habitue, c'est tout.
— Habitues-y toi vite, Docteur. »
Merlin s'arrêta près d'une porte fermée.
« Ici. Il est à l'intérieur. »
Il fit glisser le verrou pour ouvrir la porte et poussa. La porte s'ouvrit brusquement avec un léger couinement des gonds.
Arthur était assis dans le coin opposé. La pièce elle-même ne sentait pas très bon, une mauvaise odeur montant d'un trou à même le sol dans un autre coin. Quelques bols vides étaient posés près de la porte.
Le prince leva les yeux vers eux et, pendant un moment, il eut une expression choquée.
« Merlin ? Harry ? Vous êtes là ? »
Harry eut un grand sourire.
« Salut Arthur. Je te donnerais un câlin, mais je préférerais que tu prennes un bain d'abord. »
Arthur eut un grand sourire à son tour.
« Vous êtes là ! Vous êtes vraiment là !
— Ne soyez pas trop bruyant, jeune prince. Nous ne savons toujours pas où sont vos ravisseurs.
— Je ne suis pas surveillé régulièrement. Ils savent que je ne peux pas m'échapper, alors ils s'occupent juste d'ouvrir la porte pour faire entrer de la nourriture ou des vêtements.
— Sais-tu à quoi ils ressemblent ? » demanda le Docteur.
Arthur hocha la tête.
« Il y a les chevaliers, mais ils ne me parlent pas. Et il y ce… Tractle. Tractin, Tractis, quelque chose. Je ne lui ai parlé que deux fois. Je… je ne sais pas ce que c'est. Je n'avais jamais vu quelque chose ressemblant à cette créature avant. »
Le Docteur soupira.
« C'est ce que je craignais. Et bien, sortons tous avant que je m'occupe de lui. Il ne va pas être content, mais je préfère que vous soyez tous loin de lui. Il ne sait rien sur Harry, et il a déjà essayé de te capturer une fois, Arthur, ne lui laissons pas une deuxième chance, d'accord ? »
Arthur le regarda avec de grands yeux.
« Wouah, je n'y crois pas. Je pensais que j'allais être coincé ici pour toujours.
— Tu as aussi peu de foi en ton père ? » demanda Harry, les mains sur les hanches.
Arthur haussa les épaules.
« Je n'étais pas sûr qu'on puisse me retrouver. Je ne savais même pas où j'étais et à quelle distance ils m'avaient emmené. J'ai eu l'impression de voler pendant une éternité.
— Tu n'as pas assez confiance en ton mentor, Arthur. Il a un enchantement de pistage sur toi. Dans une certaine distance, il peut toujours te trouver. »
Harry pointa vers Merlin. Arthur le regarda avec de grands yeux.
« Vraiment ? Si je n'avais pas été enlevé, ça aurait été bizarre, mais je suis plutôt reconnaissant, à présent. »
Merlin sourit.
« Je ne savais pas que vous n'étiez pas informé. J'ai demandé à votre père, ou plutôt il m'a demandé, de placer ce sort sur vous. Il est là depuis que vous êtes petit. »
Arthur grogna.
« Donc il sait toujours où je suis.
— Non, je sais toujours où vous êtes. Il ne sait que s'il me demande. Ce qui n'arrive pas très souvent. Tant que vous êtes en sécurité, il se contente de savoir que vous êtes accompagné de vos gardes. »
Arthur grimaça.
« Oui, j'ai probablement mérité la leçon que je vais recevoir à mon retour.
— Peut-être pas. Jeune Harry a expliqué ce qui s'était passé et pourquoi vous étiez là-bas. »
Arthur regarda Harry :
« Sérieusement ? Tu ne devais pas. »
Harry balança un pied.
« C'était en quelque sorte de ma faute si tu étais là. Et tu es mon ami. Pourquoi est-ce que je retiendrais des informations importantes envers ton père, qui se trouve être aussi le roi ?
— Et bien, je veux dire, je… je ne sais pas. Quand tu le dis comme ça. »
Arthur fronça les sourcils, et leva les yeux vers le groupe de secours assemblé devant lui, et ses yeux s'écarquillèrent, fixés sur un point quelques dizaines de centimètres au dessus de la tête du Docteur.
« Euh… Papa de Harry, la… chose, le Tractil est ici. »
Tout le monde se tourna pour regarder.
Les yeux de Harry s'écarquillèrent.
« Tractite. De Tractis. Tu avais raison papa.
— Qui êtes-vous ? Que faites-vous ici ? Le Roi Éternel est à moi. »
La voix résonnait, profonde.
« Merlin Emrys, votre charge n'est plus la vôtre. Je le réclame comme c'est mon droit.
— Votre droit ? Votre droit ? Quel droit vous avez d'enlever un humain d'une planète qui ne vous a encore fait aucun mal ? » s'exclama le Docteur, la voix claire et acérée.
Le Tractite baissa les yeux vers lui.
« Qui êtes-vous ? Vous n'êtes pas humain, pourquoi défendez-vous ces créatures ? Ils pillent et détruisent tout ce qu'ils rencontrent. Je vais empêcher la destruction de ma maison. Mon peuple.
— Comment espérez-vous accomplir ça en enlevant un enfant ? Arthur n'est rien d'autre qu'une future possibilité. Pourquoi lui ? »
Le Tractite regarda le Docteur.
« Les histoires du Roi Arthur de Camelot sont des légendes qui unissent une nation. Il a créé les rois qui unissent le monde. Son nom est porté dans les étoiles par les humains. Sans lui, il y a une possibilité pour que la Terre ne soit jamais la même. Je dois prendre cette chance. »
Le Docteur soupira.
« Je sais ce que votre peuple a traversé, et c'était terrible. Je sais que votre peuple a déjà essayé ça auparavant. Utiliser les graines de l'Arbre-Temps. Ils sont revenus en arrière dans l'histoire de la Terre. Ils ont échoué aussi. Votre peuple a assassiné des humains pour réparer l'avenir. »
Le Tractite cligna des yeux et recula d'un pas.
« Vous mentez. Un Tractite n'assassinerait jamais. Mon peuple est non-violent. Pourquoi pensez-vous que les humains ont pris notre planète aussi facilement ?
— Que voulez-vous faire à Arthur, donc ? »
Le Tractite hésita, se dandinant sur ses pieds. Rose s'avança :
« Vous alliez le garder dans cette pièce pour toujours ? Peut-être l'envoyer dans une autre partie de la Terre ? Le laisser gaspiller sa vie jusqu'à ce qu'il meurt d'une mort naturelle ?
— Il… a dit que j'étais condamné à l'emprisonnement à vie, dit Arthur. Mais si ce qu'il a dit est vrai, est-ce qu'il a vraiment tort ? »
Harry posa une main sur l'avant-bras de Arthur.
« Le futur de l'humanité n'est pas la jolie image que tu aimerais imaginer. Les humains sont aussi envieux qu'ils sont bons, et parfois, l'un est plus fort que l'autre. Quand les humains ont trouvé d'autres planètes qui avaient les minéraux dont ils avaient besoin, s'ils ne pouvaient pas obtenir d'eux un échange commercial, ils les envahissait. S'ils ne pouvaient pas les envahir, ils s'occupaient souvent d'eux de différentes manières vicieuses et sournoises. Mais il y a autant d'histoires sur les échecs de l'humanité que sur ses triomphes. Des moments où l'humanité était bonne et généreuse.
— Mais ils ont détruit toute sa planète ! Je ne sais pas vraiment ce que c'est, mais si c'est comme un autre pays, alors c'est absolument terrible ! Qui pourrait accepter de tels actes ? » s'exclama Arthur.
Rose s'avança et prit la main d'Arthur dans la sienne.
« Arthur, tu ne peux pas te blâmer pour les fautes de quelqu'un d'autre. Jamais. Ce sont les fautes des autres. Tu ne seras plus en vie quand elles seront réalisées, tu ne peux pas du tout les empêcher de se réaliser. Tu peux seulement rendre les choses meilleures pour les gens que tu rencontres. Ceux que tu diriges. Ceux qui deviennent tes amis. Comprends-tu ? »
Arthur hocha la tête, même si son visage affichait sa confusion. Il regarda le Docteur, puis Merlin.
« Qu'est-ce que nous faisons au sujet du Tractite ? Je veux dire, je n'ai jamais été blessé ou en danger. J'ai été nourri et maintenu au chaud. Même si ses actions sont répréhensibles, je peux en comprendre les motivations, en quelque sorte. »
Merlin sourit :
« Arthur, que voulez-vous faire ? »
Le Tractite grogna :
« Pourquoi un humain déciderait-il de mon destin ? Toute mon espèce a été détruite par des humains. Pourquoi est-ce que j'en écouterais un ? J'ai mes androïdes. »
Le Docteur soupira.
« Vos androïdes sont peu nombreux et je peux les reprogrammer facilement. Est-ce que vous feriez du mal à une autre personne, même si cette personne est humaine ? »
Le Docteur regarda le Tractite.
« Quel est votre nom ? »
Il y eut un silence pendant quelques instants, puis :
« On m'appelle Kirigal.
— Et bien, Kirigal, il y a plusieurs options. Vous êtes essentiellement non-violent. Il y a plein d'endroits où je peux vous emmener. Il y a des carrefours d'espèces qui vivent ensemble en paix où vous seriez bien accueilli. Plein d'endroits où vous pourrez voyager.
— Ma maison a disparu. Je n'ai aucun désir de voyager ailleurs que là-bas. Si je dois mourir, je veux mourir ici.
— Allons allons, personne n'a parlé de mourir, dit le Docteur en agitant ses mains.
— De ce que j'ai compris, j'ai capturé le prince de la famille royale, un crime punissable de mort dans ce monde. Je ne pourrais jamais retourner chez moi, jamais. Je ne pourrais jamais reposer le pied sur Tractis telle qu'elle est à présent, ce serait insupportable. Donc je choisis de mourir ici.
— Attendez, attendez, un instant…
— Kirigal, c'est ça ? dit Arthur en interrompant le Docteur. Je comprends pourquoi vous avez fait ce que vous avez fait. Si je peux me permettre, puis-je vous offrir une quelconque protection à Camelot ? Au moins jusqu'à ce que nous sachions où vous voulez vous rendre ? »
Kirigal regarda longuement Arthur. Ses yeux étaient grands, fixes. Mais c'était peut-être propre à son espèce.
« Arthur, êtes-vous sûr ? demanda Merlin. Nous savons seulement qu'il hait les humains. Est-ce que ce serait sage ?
— Merlin, les humains ont détruit son peuple. Le moins qu'on puisse offrir est une sorte de compensation. Même si c'est dans le passé. »
Le Docteur leva les sourcils en direction d'Arthur.
« En effet. Tu es sans doute à la hauteur de tes légendes. »
Harry eut un grand sourire.
« Peut-être que ce n'est pas si mal de rencontrer ses héros. »
Rose ricana :
« Ouais, mais j'ai entendu parler de ce temps où tu as rencontré Shakespeare. C'était à mourir de rire. »
Le Docteur regarda Rose :
« Il… il t'en a parlé ? » demanda-t-il.
Rose lui adressa un regard appuyé :
« Je lui ai fait me raconter tout ce que tu as fait entre le moment où je t'ai laissé et celui où je t'ai revu. Et tu étais un idiot. Mais on va parler de ça quand nous serons sortis de ce vieux château. Cette pièce pue. »
Merlin regarda Arthur, puis Kirigal.
« Je soutiendrais le prince sur le sujet. Même si le choix vous revient, je vous demanderais de venir avec nous. Nous pouvons vous offrir l'hospitalité au moins. »
Kirigal était resté silencieux.
« Je… je ne suis pas sûr. Mais je viendrais avec vous jusqu'à Camelot. Peut-être… peut-être aurai-je mes réponses là-bas. »
Arthur hocha la tête.
« D'accord, allons-y. J'aimerais rentrer à la maison et avoir un bain aussi tôt que possible. »
Tout le monde manifesta son accord.
Puis les sons d'un combat les atteignirent depuis le couloir.
« Sire Paskal ! Où est Merlin ? Je ne peux même pas égratigner ces choses ! Ils ne sont pas normaux ! Galin et Greyson sont blessés et je ne sais pas encore combien de temps nous pouvons tenir ! »
Le Docteur s'était précipité par la porte avant même que la troisième phrase soit terminée. Harry et Merlin étaient sur ses talons.
Kirigal croisa ses bras étrangement pliés.
« Je n'avais pas l'intention de blesser des gens. Pas du tout. »
Rose posa une main sur son bras.
« Et donc pourquoi avez-vous pris ces androïdes de combat ? Vous n'étiez pas capable de les reprogrammer pour qu'ils ne blessent personne, n'est-ce pas ? »
Kirigal secoua la tête.
« Ils n'étaient pas anachroniques à cette époque. J'ai pensé qu'ils se fondraient mieux dans la masse pour que je puisse capturer Prince Arthur.
— Saviez-vous qu'ils ont dévasté les marchés de Camelot. Je ne sais pas s'il y a eu des blessés, mais je suis sûre qu'il y en a eu. »
Kirigal fit un bruit étrange, et Arthur réalisa rapidement qu'il pleurait. Il était vraiment fondamentalement pacifique.
« Pensez-vous que le papa de Harry et Merlin peuvent faire quelque chose à leur sujet ?
— Si quelqu'un le peut, c'est bien eux, dit Rose en regardant autour d'elle. Bon sang, Harry est parti avec eux. Il s'est glissé dehors avant que je m'en rende compte. »
Harry était actuellement en train de courir derrière son papa et Merlin. Il n'était pas sûr de ce qu'il pouvait faire, mais il n'allait pas être laissé derrière. Il gérerait les conséquences plus tard.
Alors qu'ils dérapaient dans les escaliers et à un angle de couloir, ils trouvèrent les chevaliers en train de faire face à trois des androïdes géants. Ils étaient plus grands qu'ils ne l'avaient d'abord réalisés, puisqu'ils avaient été à cheval à Camelot. Ils dominaient les chevaliers de Camelot de près d'une trentaine de centimètres.
« Tout le monde, A TERRE ! » rugit le Docteur.
Il sortit son tournevis sonique de sa poche et le pointa vers le premier chevalier. L'appareil buzza et la tête de l'androïde trembla, puis explosa. Des éclats de métal volèrent dans tous les sens.
Après ça, les chevaliers se baissèrent quand le Docteur pointa son tournevis sonique vers le deuxième androïde.
« Seigneur du Temps. Pourquoi êtes-vous là ?
— Nous sommes ici pour Arthur. Aussi, n'êtes-vous pas un peu hors de votre époque ? Les androïdes n'ont rien à faire sur Terre à ce siècle. Je pense que je dois rectifier ce problème, dit-il en faisant un geste vers le robot qui ne fonctionnait plus.
— Nous ne faisons que suivre les ordres.
— Oui, et bien, je vais reprogrammer ces ordres. Et votre mémoire. »
Il bascula quelque chose sur le côté de son tournevis, et l'outil buzza. Les androïdes se raidirent, puis s'effondrèrent. Autant que des robots puissent s'effondrer.
« Qu'avez-vous fait, Docteur ?
— Et bien, leur matrice artificielle avait déjà été manipulée, donc je l'ai démanipulée. Maintenant, ils sont inertes. Comme ils l'étaient avant que Kirigal les récupère. Allons trouver le reste des chevaliers, allons-y ? »
Merlin hocha la tête.
Paskal, un des trois chevaliers qui étaient en train d'essayer de se défendre contre les androïdes, se redressa, stupéfait.
« Qu'est-ce que c'était que cette machine ? Qu'est-ce que ça a fait ? Rien de ce que nous avons fait n'a même égratigné leur armure. »
Harry sourit.
« Ils ne sont pas vraiment humains. Mon papa les a juste… éteints. En rétablissant le programme original, le logiciel des androïdes a été écrasé et ils sont devenus inertes. Ce que leur a fait Kirigal à l'origine ne s'est jamais passé.
— Il les a tués ?
— Et bien, je suppose que ça peut y ressembler. »
Paskal hocha la tête.
« D'accord alors. Même si j'aimerais bien avoir une de ces petites armes.
— Ce n'est pas une arme, c'est un tournevis !
— Je ne sais pas ce que c'est.
— C'est un outil qui tourne des vis !
— Je ne comprends toujours pas.
— Argh ! »
Le Docteur leva les bras vers le ciel. Harry ricana.
Ils trouvèrent le reste des chevaliers à l'étage en dessous. Deux d'entre eux étaient gravement blessés et Merlin fronça les sourcils.
« Ce sont de sérieuses blessures. Je n'en ai jamais vues de telles causées par des armes non magiques.
— Ce sont des charges laser. Une lumière de haute intensité et des rayons de chaleur qui détruisent la chair.
— Je vois. Harry, je vais avoir besoin de ta magie pour m'aider. Le pouvoir que tu possèdes me permettra de les soigner suffisamment pour qu'ils puissent survivre sur le chemin du retour à Camelot.
— Vous ne pouvez pas… les guérir complètement ?
— Je pourrais, mais la guérison n'est pas ma spécialité. C'est un travail de précision qui peut être néfaste s'il n'est pas réalisé correctement. Je vais seulement stabiliser et guérir partiellement leurs blessures pour que le chirurgien du château puisse les guérir complètement. »
Harry hocha et tendit une main à Merlin :
« Comme quand j'étais plus jeune, c'est ça ?
— En effet, petit. Je vais accéder à ta magie par contact, comme ce que j'ai fait quand tu étais très jeune. »
Merlin prit la main de Harry, toujours surpris de l'énergie qui circulait juste sous la surface.
Il pressa leurs mains jointes sur une partie non blessée du corps de Sire Galin et Merlin parla doucement.
Harry sentit la magie se rassembler en lui et s'écouler par leurs mains liées. Galin fut momentanément entouré de lumière, et Harry regarda les trous dans l'épaule de Galin, sa jambe et sa hanche commencer à se refermer doucement. C'était spectaculaire. Il laissa plus de magie s'écouler de lui, et il était si absorbé par le sort qu'il n'entendit pas le halètement choqué de Merlin et sa lutte pour enlever sa main du corps de l'homme.
Ce ne fut que lorsque Galin ne fut plus blessé que Harry leva les mains. Il regarda Merlin :
« C'était merveilleux ! »
Merlin secoua la tête, stupéfait.
« Non, Harry, c'était ta magie. Elle a agit selon ma volonté et l'a guéri. Complètement. Galin devra se reposer un moment, mais il est en parfaite santé. »
Harry sourit :
« Allons sauver Sire Greyson, donc !
— Harry… tu es sûr que tu vas bien ? C'était une magie immense.
— Je me sens un peu fatigué, mais Sire Greyson peut mourir. Je ne peux pas laisser faire ça ! Montrez-moi juste le chemin. Je vais aider à fournir l'énergie. »
Merlin regarda Harry avec réticence, mais finalement prit à nouveau la main du garçon. Et à nouveau, les blessures de Sire Greyson guérirent complètement.
Mais il était évident que Harry n'était pas prêt pour la soudaine utilisation intensive de sa magie.
Dès que Sire Greyson fut guéri, Harry vacilla sur ses pieds, sourit à son père, marmonna :
« Je me demande quel goût a l'arbre à pain(2).»
et tomba en avant.
Merlin fut immédiatement à son chevet, la baguette sortie.
« Tout va bien. Il va bien. Son système n'était juste pas sûr de la manière de gérer cette utilisation massive de magie. Il n'était pas concentré donc il a utilisé beaucoup plus que ce que le sort avait besoin. Même si ça n'a en réalité pas entamé ses réserves, cela a fatigué son corps. Il va dormir un moment. »
Rose et Arthur choisirent ce moment pour apparaître.
« Hey, les gars, Kirigal a accepté de nous accompagner à Camelot. Tout le monde va bien ici ? »
Rose regarda autour d'elle et vit Harry.
« Harry ! Est-ce qu'il va bien ?
— Juste épuisé, Dame Rose. Rien d'inquiétant. »
Arthur se précipita et posa une main sur le bras de Harry.
« Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
— Il s'est épuisé lui-même. Il a utilisé trop de magie d'un coup et son corps est encore trop jeune pour gérer une telle fatigue. Il s'est évanoui. »
Merlin regarda le Docteur :
« Voulez-vous le porter ? Ce serait le mieux. Nous devons encore retourner à Camelot. Cela va prendre quelques jours, et je crains que Harry soit inconscient la plupart du temps. »
Le Docteur s'avança et souleva Harry dans ses bras, laissant la tête du garçon reposer sur son épaule.
« Je vais le prendre sur mon cheval avec moi. Puisqu'on n'est plus si pressés, ça ne devrait pas être un problème. »
Le Docteur regarda Harry, les yeux adoucis.
« Il a toujours eu le don de faire les choses à l'extrême. Je suppose que la magie en fait partie. »
Les chevaliers se redressèrent, avec seulement quelques blessures mineures sur l'ensemble. Alors que Kirigal descendit dans le couloir, ils se tournèrent tous, les yeux écarquillés, et la plupart des mains se dirigèrent vers les épées.
« Calme mes amis, dit Merlin. Voici Kirigal. Il a compris l'erreur de ses choix, et va venir avec nous à Camelot. Puisque personne n'est mort, Kirigal va décider ce qu'il veut faire de sa vie. Il y a suffisamment de circonstances atténuantes pour que ses actes, bien que répréhensibles, puissent être compris. Je vous demanderais de garder votre opinion silencieuse jusqu'à ce qu'on puisse parler plus librement de ça. »
Paskal se détendit, regardant le Tractite.
« Et bien, au moins nous n'aurons pas besoin d'un autre cheval. Il devrait être capable de suivre sans problème, et avec le jeune magicien inconscient, Arthur sera capable de monter Marigold. »
Le Docteur eut un grand sourire.
Les prédictions de Merlin sur le repos de Harry furent correctes. Ce ne fut que le dernier jour qu'ils passèrent sur la route en direction de Camelot qu'il se réveilla finalement. Son papa lui adressa un grand sourire.
« Ouch, qu'est-ce qui s'est passé ?
— Et bien, de ce que j'ai compris, tu as poussé trop de magie à travers ton système en une fois.
— Ça n'a aucun sens. J'ai toujours de la magie dans mon système. »
Merlin s'éclaircit la gorge.
« Et bien, je vais te demander d'imaginer ton corps comme une serpillière. Tu t'es, en essence, complètement essoré bien que tu sois toujours dans le seau d'eau. Ton corps n'a pas l'habitude d'utiliser tant de pouvoir en une seule fois. Tu as utilisé plus de magie que ce que le sort que j'ai lancé avait besoin, et ça envoyé ton corps dans une sorte de choc. Tu n'as pas souffert d'épuisement magique, mais de surcharge magique. Tu devras faire très attention à la façon dont tu régules ton pouvoir à l'avenir. Une des choses sur lesquelles j'ai l'intention de travailler avec toi est ton contrôle et ta finesse. Ils seront bien plus important dans ton avenir en tant que magicien que tous les sorts que tu pourrais apprendre. »
Harry hocha la tête.
« Donc, combien de temps j'ai été inconscient ?
— Deux journées complètes ! Tu m'as laissé tout seul avec les chevaliers et ton papa et Rose et Merlin et Kirigal, qui n'a pas tant de conversation que ça. Et je n'avais personne avec qui jouer ! »
Cela vint d'un Arthur gémissant directement derrière Harry et son papa.
Harry eut un grand sourire. Il se tourna pour regarder par dessus l'épaule de son papa.
« Et bien, j'imagine que tu dois être assoiffé de compagnie, vu que tu n'en as eu aucune pendant trois jours. »
Arthur fit la moue :
« Tu penses que j'aime la compagnie de chevaliers qui ont passé toute la première journée à me rappeler qu'en tant que prince, je vais être responsable de l'avenir de mon peuple et que vagabonder sans mes gardes est dangereux et mal avisé, et Merlin n'a pas arrêté de dire qu'il va mettre un meilleur sort sur moi qui va l'informer dès que je quitte le château, juste pour qu'il soit sûr que je ne sorte pas sans protection jusqu'à ce que je prouve que je suis capable. Cela ne compte pas que c'était des chevaliers aliens super forts qui m'ont enlevé. »
Arthur, il semblait, voulait exprimer tout ceci depuis quelques jours.
Les chevaliers échangèrent des sourires.
Arthur bouda.
Kirigal parlait doucement avec Rose, qui avait été sa compagne de route pendant l'essentiel du voyage. Elle disait qu'elle essayait de le convaincre d'aller avec le Docteur et il pourrait être déposé à un carrefour planétaire avec des centaines d'espèces, et il pourrait se reconstruire une vie. Kirigal était toujours réticent par rapport au concept.
Rose pensait qu'elle aurait besoin d'un moment pour le convaincre à cette idée. C'était soit ça, soit Arthur le forçait à rester avec lui. En l'expliquant comme une créature magique ou quelque chose comme ça.
Harry et Arthur passèrent la dernière journée à prendre des leçons tranquilles de Merlin. Puisqu'ils étaient tous les deux petits, Marigold supporta facilement le poids des deux ensemble.
L'essentiel de leurs leçons resta théorique puisque Arthur ne pouvait pas faire de magie et Merlin voulait attendre qu'ils atteignent un endroit protégé avant d'entraîner Harry.
Arthur dut réfléchir à la différence, s'il y en avait une, entre les rois et les paysans, sans utiliser ''et bien, les rois règnent sur les paysans…''. Harry aurait probablement eu le même exercice s'il n'avait pas dévisagé Merlin, les yeux écarquillés, avant de dire :
« Mais ce sont tous les deux des êtres intelligents… »
Merlin décida que Harry ne comprenait pas la question soit parce qu'il ne comprenait pas la différence de rang, soit parce qu'il avait été élevé de cette manière.
A la place, il demanda à Harry de théoriser sur les fondamentaux de la magie.
Ils entrèrent à Camelot tard le soir avec comme consigne de se présenter tous les deux le jour suivant aux appartements de Merlin avant la cloche de midi pour l'instruction.
Merlin dut expliquer à Harry ce qu'était la cloche de midi, quand était midi, et il aurait du aller plus loin si le Docteur n'avait pas entraîné son fils avec un salut et un sourire.
Arthur fut serré dans les bras d'un Uther reconnaissant et enthousiaste qui était heureux de revoir son fils. Uther décida qu'ils pourraient entendre tout ce qui s'était passé le lendemain, en voyant que Harry et son fils commençaient à dormir debout.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est une fin ~~~~~~~~~~~~~~
Notes de la traductrice :
(1) C'est l'hôpital qui se moque de la charité. Texte original : ''Hello pot, I'm kettle'' (littéralement Bonjour marmite, je suis bouilloire). Les anglophones ont plein de variantes de cette expression, ''the pot calling the kettle black'', (la marmite qui traite la bouilloire de noire, par rapport au fait qu'elles allaient à l'époque sur le feu) qui est parfois raccourcie en ''pot, kettle, black'', ou encore la version utilisée par Harry. C'est l'équivalent de l'expression que j'ai utilisée : l'hôpital qui se moque de la charité, ou, plus enfantin : ''c'est celui qui le dit qui l'est'' :)
(2) Arbre à pain. Dans le texte original : Waffle plant (littéralement plante à gaufre) qui se traduit par lierre rouge en français, et qui perd donc toute sa connotation… alimentaire, qui rend la phrase amusante. Donc j'ai pris la liberté de prendre une autre plante.
