Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Kuroi in a Black Hole

Nombre de chapitres de l'histoire originale : 33, en cours
Nombre de chapitres traduits : 17

Chapitre 17 : Où il y a des bêtises

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un début ~~~~~~~~~~~~~~

Alors que le Docteur portait à moitié son fils au TARDIS pour le coucher, Rose attira Kirigal de côté. Uther avait regardé le Tractite avec de grands yeux quand le groupe était entré dans la salle, mais un regard rapide vers Merlin indiqua au roi qu'il aurait des explications plus tard.

« Kirigal, nous allons probablement rester ici environ deux semaines. Vous avez le temps de décider ce que vous voulez faire. Il y a un certain nombre de possibilités. Mais savez-vous où vous voulez rester entre temps ? Et ne restez pas dehors. Il y a plein d'endroits chauds pour vous à présent. Même si Uther n'est pas très tolérant, Merlin trouvera un endroit pour vous. Le Docteur sera aussi parfaitement volontaire pour vous offrir une chambre. Le TARDIS a probablement une pièce pour vous quelque part et vous seriez suffisamment prêt si vous décidez de quitter la Terre. »

Kirigal regarda Rose, ses quatre yeux l'observant avec une étrange intensité.

« Vous êtes une personne étrange, Dame Rose.

— C'est Rose. Seuls les chevaliers m'appellent dame.

— Vous méritez le titre. Et je vais accepter la chambre dans ce TARDIS dont vous parlez. Je crains qu'un autre choix ne soit accompagné d'autres leçons. »

Rose jura voir le Tractite sourire.

« Je vais vous suivre, Dame Rose. »

Rose soupira, mais fit signe à Kirigal de la suivre. Ils s'arrêtèrent devant la petite boite bleue et Rose chercha la clé sous sa chemise.

« Dame Rose, je ne suis pas sûr que… je rentrerai dans votre TARDIS. » dit Kirigal avec appréhension.

Rose sourit. Elle savait pourquoi le Docteur adorait cette partie. Elle ouvrit la porte et entra, avançant de quelques pas à l'intérieur. Elle savait que Kirigal pouvait entendre ses pas sur le cadre de métal. Elle l'entendit hoqueter quand il passa sa tête à l'intérieur.

« C'est le TARDIS, Kirigal. Time and Relative Dimension in Space, Temps et Dimension Relative dans l'Espace.

— Seigneur du Temps, » souffla-t-il en déplaçant son corps à l'intérieur.

La porte se ferma derrière lui.

« Un véritable vaisseau de Seigneur du Temps. J'aurais du faire le lien, mais je ne savais pas que les Seigneurs du Temps existaient encore. C'est… c'est époustouflant. »

Rose entendit l'émerveillement et la révérence dans sa voix.

« Vous connaissez les Seigneurs du Temps ?

— Oh, les Tractites étaient une espèce avec un potentiel immense. On pensait à une époque, quand les Seigneurs du Temps étaient encore actifs dans l'univers, qu'ils deviendraient un jour un ennemi. Même si ce n'était rien de plus qu'une vague pensée, c'était intéressant qu'ils soient simplement considérés. Les Tractites étaient une race vraiment pacifique. Qu'ils puissent devenir une menace est une preuve de leur potentiel de croissance technologique. »

Le Docteur, sans Harry, entra dans la salle de contrôle.

« Bonjour Kirigal. Je dois comprendre que vous allez rester avec nous pendant un moment ? »

Kirigal hocha la tête.

« Seigneur du Temps. C'est un honneur. Je vais abuser de votre hospitalité pendant un moment. »

Il inclina la tête dans ce que Rose prit comme un salut.

« No problemo ! Plein de place. Je pense que nous avons une pièce que vous trouverez très confortable. Venez, suivez-moi. Maintenant, je sais que Rose vous harcèle sur ce que vous devez faire à présent, vu qu'elle ne veut pas vous laisser mourir. Ici, tournez à droite. Oui, et là à gauche. Et encore à gauche. Que pensez-vous faire pendant que nous resterons ici ? Je veux dire, si vous vous mettez en tête que vous voulez vraiment partir maintenant, je pense que je pourrais faire un saut et vous déposer quelque part pendant le 26ème siècle, pas très loin de votre époque, mais suffisamment loin pour que l'humanité n'ait plus aucun intérêt pour Tractis, et vous pourrez vivre votre vie. Mais peut-être passer quelques jours à y réfléchir vous donnera une meilleure idée. Ah, nous y voilà. »

Le Docteur ouvrit la porte avec un grand geste, et Kirigal regarda à l'intérieur avec de grands yeux.

« Ce… Vous me laisserez rester dans ce jardin luxuriant ? »

Il prit une profonde inspiration.

« Ça sent spectaculairement bon.

— Nan, ce n'est pas un problème. Il y a une petite aire de repos juste derrière ces Jarviys Florissantes. Faites attention, cependant, Harry a eu quelques problèmes avec des plantes, donc il doit y avoir quelques expériences en liberté qui peuvent être dangereuses, mais cette pièce est très agréable pour ceux qui préfèrent être à l'extérieur. »

Kirigal se tourna vers le Docteur.

« Merci, Seigneur du Temps. Je vous suis redevable. Et envers vous aussi, Dame Rose. »

Le Docteur fit un geste désinvolte et un sourire :

« Nan, no problemo. J'aime ce mot. Problemo. Il roule si facilement. »

Il fit rouler sa langue :

« Problemo… »

Rose leva les yeux au ciel.

« Bonne nuit Kirigal. Je suis sûre qu'on se verra davantage demain. »

Kirigal hocha la tête et ferma la porte. Rose se tourna vers le Docteur.

« Bien, c'est le moment de parler. »

Le Docteur cligna des yeux, surpris.

« Maintenant ? Vraiment ? Mais… J'avais… des choses à faire…

— J'en suis sûre. Cependant, je pense qu'on doit parler maintenant, et tu peux t'occuper de peu importe la tâche que tu allais inventer plus tard. Je suppose que Harry est au lit ? »

Le Docteur hocha la tête.

« Il est épuisé. Il va dormir probablement pendant un bon moment. Il a eu quelques journées difficiles. »

Le Docteur ouvrit la bouche pour dire quelque chose, vit l'éclat dur dans les yeux de Rose et ferma la bouche.

« Ah, et bien, que penses-tu de la bibliothèque, alors ?

— Où tu peux te balader et lire quelque chose ? Ou plonger dans la piscine ? Pourquoi il y a une piscine dans la bibliothèque, déjà ? Elle n'était pas là avant.

— Et bien, ça… c'est arrivé quand, et bien, c'est une longue histoire.

— Alors je vais l'entendre. Plus tard. Mais viens. Il doit y avoir une pièce qui n'aura pas trop de distractions quelque part dans le coin. »

Rose tira le Docteur le long du couloir, ouvrant les portes alors qu'elle avançait.

Pas la salle de jeu.

Pas le placard en désordre.

Ça doit être une buanderie, elle devrait s'en souvenir.

Non, pas celle-ci, trop de jouets. Où avait-il eu tous ces jouets ?

Elle ne voulait même pas savoir ce qui poussait ces grognements quand elle ouvrit la porte suivante.

« Ah, celle-là ira bien. »

Elle poussa la porte ouverte en grand et attira le Docteur à l'intérieur, fermant la porte derrière elle.

« Jolie vue, quelques endroits pour s'asseoir, même si je n'ai pas confiance en cette chose en spirale. Je pense que ça a une chaise au milieu, mais j'ai peur de m'étourdir juste en regardant trop attentivement.

— Oh, c'est là qu'est allé le fauteuil à force centrifuge. Je m'étais posé la question. C'était très à la mode à une époque, tous ceux qui étaient quelqu'un devaient en avoir un. Même si je ne sais pas pourquoi. On ne pouvait jamais parler à quelqu'un installé dedans. »

Le Docteur sourit.

« Des gens étranges l'ont inventé. Fascinés par les choses tourbillonnantes, presque à un degré obsessionnel. Ils ont créé un lit qui tourne dans la direction qu'on choisit pendant qu'on dort dedans. Même si je ne suis pas sûr de la façon dont quiconque peut y dormir. »

Rose laissa le Docteur parler pendant quelques minutes, attendant qu'il s'arrête de lui-même, avant de faire un geste vers un siège en face d'elle. Il s'installa.

Enfin, s'installer était un euphémisme. Il s'affala, tombant dedans comme on se laisse tomber sur une chaise d'école particulièrement inconfortable dans une classe qu'on n'était pas vraiment sûr d'apprécier et à laquelle on ne voulait vraiment pas assister.

« Et bien, je suppose que ça devait arriver, soupira le Docteur.

— Que penses-tu que c'est ? » demanda Rose, la voix douce.

Le Docteur la regarda :

« Le rappel que tu n'as plus besoin de moi. Pas vraiment. »

Rose sourit :

« Et bien, si c'était vrai, je n'aurais pas donné des crises d'angoisse à un service entier de mon équipe en commandant des impressions grand format de ton visage pour que je puisse les détruire. Ils avaient étiqueté une corbeille ''Photos du Docteur à détruire'' et ils veillaient à ce qu'il y avait toujours une pile près de la porte. Je crois que Simone, mon assistante de l'époque, avait appelé cette période ma ''phase de folle furieuse''.

— Je croyais que tu lançais simplement des fléchettes sur mes photos… » dit le Docteur, ne sachant pas quoi dire d'autre.

Rose eut un sourire, les coins de sa bouche durs.

« J'ai aussi lancé des fléchettes. Et des couteaux. Et quelques grenades. Se prendre des éclats dans le visage n'est pas une des manières les plus agréables pour mourir, j'ai découvert. »

Le Docteur la regarda, bouche bée.

« Et bien, il y a plein de manières désagréables de mourir. Je suis sûre que Jack et moi pourrions passer une longue journée à discuter des morts intéressantes. Nous te battons largement, quelque chose que je n'aurais jamais imaginé faire. Docteur, soupira Rose, ce n'est pas une discussion sur le fait que je n'ai plus besoin de toi ou ne veux plus que tu me protèges malgré ma capacité à remplir ce boulot de moi-même plutôt bien. C'est au sujet de nous. Ce que nous sommes. Ce que nous pouvons être. Ce que j'ai passé toute une vie à me convaincre que je n'aurais jamais. »

Le Docteur eut un sourire triste.

« Remercie le petit magicien endormi dans ce TARDIS pour ça. Il a passé des journées à décoder ce journal puisque le TARDIS ne traduit le Gallifreyien vers aucune langue. Il l'a trouvé dans les profondeurs de la bibliothèque de la Proclamation de l'Ombre et nous l'avons emporté discrètement. Il l'a considéré comme un projet. »

Il s'appuya en arrière, repensant aux événements.

« Je n'y aurais pas donné plus qu'un coup d'oeil rapide mais Harry a voulu apprendre comment lire le Gallifreyien.

— Tu as un enfant extraordinaire. Je n'ai peut-être passé qu'un mois avec lui, et il est l'épitomé de ce qui a de bon en toi. Intelligent, amical, réactif, curieux, sociable, têtu, un aimant à ennuis. J'imagine qu'il ressemble beaucoup à ce que tu devais être en tant qu'enfant, à part qu'il a la magie. »

Le Docteur rit :

« Oh, tu n'as jamais connu mes incarnations précédentes. J'étais un vrai salaud, en grandissant. Je séchais l'école constamment, j'étais un enfer pour mes professeurs et ma Maison, les Seigneurs du Temps pensaient que j'étais une telle disgrâce pour l'espèce entière qu'ils m'ont exilé. Harry est ce que j'aurais pu être, si j'avais eu autant d'expérience que j'en ai eu par la suite. »

Rose regarda le Docteur, puis ses yeux s'écarquillèrent :

« Il ne sait pas, n'est-ce pas ? »

Le Docteur inclina la tête.

« Il ne sait pas ce qui est arrivé à ton peuple. Il ne sait rien sur les Daleks ou la Guerre du Temps ou les batailles auxquelles tu as participé. »

Elle sut qu'elle avait touché juste et profondément quand les yeux du Docteur s'agrandirent. Son visage pâlit et elle vit un éclat de peur.

« Tu ne peux pas lui dire. Tout ce qu'il sait est que je suis le dernier Seigneur du Temps. C'est tout. Je lui ai caché tout ce qui concerne les Seigneurs du Temps. La Guerre du Temps, les Daleks, les légendes et les mythes. Le Journal de Rassilon était sûr pour lui parce que Rassilon ne l'a gardé que pendant ses jeunes années. Il l'a abandonné une fois qu'il a obtenu sa place de Président. Il n'y avait rien d'incriminant à l'intérieur. »

Rose secoua la tête :

« Un jour, il va finir par trouver, Docteur. Il va découvrir que son père n'était pas toujours et n'est parfois toujours pas le champion de la justice et de l'égalité et de la paix qu'il connaît. Qu'il copie et tente de devenir. J'espère que tu es prêt pour ça.

— Je ne pense pas que tu es venue ici pour me donner une leçon sur ma façon d'élever Harry, dit le Docteur sèchement.

— Non, pas vraiment. Même si ce que tu lui fais en ce moment, lui cacher toutes ces vérités te concernant, est une partie de la raison pour laquelle nous sommes dans ce désordre. Toi, moi, la Métacrise John. »

Rose sourit, avec une pointe de tristesse.

« Tu savais qu'il y avait quelque chose de différent me concernant, quand j'ai regardé dans le Coeur du TARDIS mais que je ne suis pas morte. Mais tu ne me l'as jamais dit. Tu m'as à peine dit ce qui s'était passé et j'ai découvert au sujet de Jack de la pire manière possible. J'ai commis un génocide, détruit pratiquement toute une race en poussières, et tu m'as à peine donné les informations superficielles de ce qui s'est passé. Peut-être que tu n'étais pas sûr, dit-elle en haussant les épaules, peut-être que tu n'en as jamais eu l'occasion. Mais ensuite, quand John a fait ce que j'ai fait, tu l'as condamné pour ses actions. Oh, ne commence pas sur le fait qu'il était toi, et que tu ne peux pas te permettre de tuer des races sans conséquences. J'étais là. Si j'en avais eu le pouvoir, j'aurais fait la même chose. »

Elle eut un sourire crispé.

« Et puis tu l'as envoyé vivre avec moi, sur un plan d'existence où tu ne pouvais pas m'atteindre. Ne pouvais pas céder à la tentation. C'était vexant.

— Rose… Je… »

Rose leva une main.

« Je sais, je sais Docteur. Ce n'est pas au sujet du passé. C'est au sujet du présent. Au sujet du fait que je suis un vaisseau du Temps. Je ne changerai jamais d'apparence par rapport à maintenant, par rapport à quand j'avais 19 ans quand je vous ai sauvés, toi et Jack, et ai détruit l'Empereur des Daleks. Je ne vieillirai jamais, je ne peux pas mourir. Et tu ne sais pas comment réagir à ça.

— Rose… Je vais mourir un jour. Je vais finir par me régénérer dans un nouveau corps, un nouveau visage, et encore. J'ai encore trois régénérations et puis c'est fini. »

Il regarda ses mains.

« Je ne sais pas combien de temps vont durer ces vies. Combien de temps tu vas partager avec moi ? »

Rose prit les mains du Docteur, le forçant à lever les yeux.

« Docteur, j'ai aimé le toi avec le grand nez et les grandes oreilles et la tête chauve et l'accent du Nord et la veste en cuir tout autant que le toi avec la cravate mince et le corps élancé et les cheveux en pointe. Tu es le Docteur. Tu changes de visage, les traits de personnalité à la surface, mais tu es toujours toi. C'est ce qui est important. Et pour qui j'ai abandonné ma maison. » dit-elle en souriant.

Le Docteur agrippa la main qui était posée sur son menton.

« Rose… Je ne sais pas… comment, quoi… Il y a tant de choses à dire… Tu as tant changé et je ne sais plus où est ma place. Tu avais tant besoin de moi avant, pour tant de choses. Protection, aventure, secours, apprentissage. Maintenant, tu peux te protéger et j'ai peur pour quiconque oserait t'enlever. Et tu as tant appris. Qu'est-ce que je peux faire d'autre ?

— Il y a toujours l'aventure, et les câlins, et l'amusement. Toujours enseigner à Harry et apprendre l'un de l'autre. Juste parce que tu n'es plus le héros invincible que j'ai vu quand j'étais enfant ne veut pas dire que tu ne peux rien faire. Tu es devenu un père, quelque chose que je ne t'ai jamais imaginé faire. »

Le Docteur sourit, un sourire large et sincère.

« Harry est la meilleure chose qui me soit arrivé depuis un long moment. »

Rose lui rendit son sourire :

« Tu vois. Tu changes quand tu en as besoin. Je n'aurais jamais pu imaginer le Docteur avec son blouson de cuir devenir père. Je ne pouvais pas t'imaginer avec tes lunettes inutiles et tes Converses rouges devenir père. Et pourtant, te voilà avec un enfant brillant. »

Elle s'assura qu'il la regarde.

« Donc on peut trouver où nous en sommes, oui ? Apprendre au fur et à mesure qu'on avance et qu'on trouve nos repères. Ça ne doit pas être tout de suite ou demain, mais avec le temps, on trouvera. »

Le Docteur la regarda pendant un long moment, les yeux écarquillés. Puis, sans dire un mot, il l'attira dans ses bras, la serrant fortement contre lui. Rose pouvait sentir ses battements de coeur s'emballer, sa tête enfoncée dans ses cheveux.

« Merci. » pensa-t-elle l'entendre murmurer.

Elle s'accrocha à lui un peu plus fort.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Harry grogna, se réveillant à la faible lumière filtrant des innombrables étoiles (enfin, ce n'était pas vrai. Harry savait qu'il y avait précisément mille quatre cent quarante deux étoiles au plafond). Il était dans sa chambre, dans le TARDIS. D'une façon ou d'une autre, il était retourné au TARDIS. Son père avait du le porter puisqu'il ne se souvenait pas être rentré de lui-même.

Même s'il aurait pu jurer que son père leur aurait obtenu un endroit où habiter dans le château. Il n'en était pas sûr. Il s'était enfui avant de le savoir.

Enfin.

Il vérifia le petit appareil que Merlin lui avait donné la veille et qui pouvait, apparemment, dire l'heure. Pourquoi quelqu'un voudrait dire quelque chose au temps ? Il ne faisait pas attention à ce que quiconque pouvait dire. Il s'en moquait complètement.

Mais Merlin lui avait dit que c'était pour lui montrer quand c'était un temps spécifique.

Harry ne comprenait pas ça non plus, mais ça n'avait pas vraiment d'importance. A l'intérieur de la petite orbe flottaient une série de nombres et de mots.

La moitié après la dixième cloche. Merlin lui avait dit de le retrouver à la douzième cloche, ou midi. Harry n'était pas sûr de quand était midi, mais il pouvait compter les cloches sonner et savait que dix était douze moins deux. Si c'était la moitié après la dixième cloche, alors il avait une cloche et demie avant de devoir retrouver Merlin.

Il était sûr que cela faisait plein de temps pour manger avant la douzième cloche.

Donc il se rendit vers une cuisine. Peut-être que son papa était déjà dans la cuisine, ou Rose. Il y avait peut-être de la nourriture prête. Peut-être de cette merveilleuse boisson verte de Yelghost qui avait le goût d'éclats d'étoile et de feuilles de menthe. Pétillant et rafraîchissant.

Quand il trouva la cuisine (il n'avait pas du faire attention, et avait du tourner un peu plus de fois qu'il lui semblait nécessaire), la petite orbe dans sa poche annonçait Un Quart avant la Onzième Cloche, et il avait une bonne estimation du temps qu'il avait encore avant de devoir trouver les appartements de Merlin.

Suffisamment de temps pour cette délicieuse boisson de Yelghost.

Ou des pancakes, grâce à Rose, qui en faisait sauter sur une des gazinières que Harry estimait originaires du milieu du 23ème siècle.

« Salut Harry ! Tu as bien dormi ?

— Reposant. J'ai, il me semble, une cloche et un quart d'une autre avant de devoir retrouver Merlin. Quelle que soit la longueur d'une cloche. »

Rose rit.

« Quoi ? Est-ce que tu vas me reprocher aussi le fait que je ne sache pas comment ''dire le temps'', ce qui est stupide ? J'ai déjà reçu une leçon de Merlin. Je pense que c'est inutile, vraiment. Garder une trace du temps. »

Harry secoua la tête en prenant quelques pancakes que Rose venait de terminer, attrapant un peu de miel de la planète Vzzffora, un verre de Yelghost Brillant et une fourchette.

« Je suis sûre que tu l'a eue. Je l'ai entendu t'en parler hier. Même si je ne suis pas sûre de comprendre. »

Harry fit un geste exubérant avec sa fourchette :

« Dire le temps. Pourquoi voudrait-on parler au temps ? Il n'écoute pas de toute façon. Et je connais le Jour et la Nuit. C'est la même chose sur toutes les planètes qui ont une orbite autour d'une étoile et tournent sur elles-mêmes. Parfois, il fait lumineux, parfois il fait sombre. Pas très compliqué. Mais ces différentes façons de mesurer le temps. Je ne comprends pas. Vous les humains le mesurez dans ces… heures et minutes et ainsi de suite. Les Seigneurs du Temps le mesuraient dans des motifs circulaires et si-jamais, maintenant-réalisé, pourrait-être et ainsi de suite. Il y a une race entière qui n'a aucun concept du passé ou du futur. Comment ils se sont propagés, je n'en ai aucune idée. Êtres étranges. Et il y a une race qui mesure le temps en battements d'ailes. Je n'ai pas d'ailes ! Je ne pourrais même pas essayé même si je le voulais ! »

Harry agita son verre de jus pour souligner son idée.

« Chaque différente espèce le mesure d'une manière différente donc quel est le but de comprendre comment le temps est mesuré ?

— Tu apprends les langues, cependant, » souligna Rose.

Harry la regarda, les sourcils levés.

« Comment tu as compris ça ? Pourquoi ne pas simplement penser que le TARDIS traduit pour moi comme il le fait pour toi ?

— Je suis douée, » répondit Rose, le visage inexpressif.

Harry semblait sceptique.

« Vraiment, je suis. Tu n'as aucune foi en moi.

— Mon papa te l'a dit, n'est-ce pas ?

— Je ne peux rien te cacher.

— Tu as dit que tu lui avais parlé. Je suppose que c'était quand je dormais. Il t'a tout dit à mon sujet, je parie. »

Rose hocha la tête, avec un grand sourire joyeux.

« Il n'arrête pas de se vanter à ton sujet. La lumière de sa vie et toutes sortes d'autres banalités. C'était adorable. »

Harry grogna et frappa son front contre la table.

« Pourquoi est-ce qu'il fait ça à chaque fois ?

— Vous avez eu d'autres compagnons ? demanda Rose.

— Pas vraiment. A part Jack. Mais à chaque fois qu'on rencontre quelqu'un pendant plus que quelques minutes, il raconte toutes mes erreurs et mes échecs et tout ce que j'ai fait. Jack, la dirigeante de la Proclamation de l'Ombre, Elizabeth, Kryiosper. Argh. »

Harry sauta de sa chaise.

« Bye ! Merci pour les pancakes. Tu devrais essayer ça, c'est génial. Dis à papa que je vais faire attention ! »

Harry se précipita hors de la pièce. Rose le regarda partir avec un sourire moqueur.

« Et bien, Docteur, c'est ton fils. J'imagine déjà le chaos. »

Elle entendit un bruit retentissant de chute, quelques cris, et la petite voix de Harry se plaignant fortement que son papa laissait toujours tout dehors dans les couloirs et pourquoi devait-il toujours se prendre les pieds dedans ! Puis sa voix disparut de l'audition de Rose.

« Passe une bonne journée, Harry. Je suis sûre que je te verrai plus tard. »

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Harry courut hors du TARDIS, sa cheville l'élançant toujours après sa rencontre avec des boites et des corbeilles remplies à ras bord de babioles et de bricoles. Son papa laissait toujours ses affaires dehors et il n'arrêtait pas de trébucher dessus. C'était frustrant.

« Bonjour petit ! » l'appela une voix familière alors que Harry courait à travers la cour.

Harry s'arrêta brusquement, se tournant pour trouver l'origine de la voix.

« Ah, Paskal ! Comment allez-vous ?

— Je vais bien, petit. J'espère que tu as complètement récupéré de ton aventure. J'étais inquiet de ne voir te réveiller qu'au dernier jour de notre voyage. »

Paskal, habillé d'une tunique de cuir et portant une épée à sa taille, s'éloignait du château, en direction de champs vides que Harry pouvait apercevoir à travers les arches.

« Oui, je vais bien. Je me suis juste épuisé. J'ai juste eu besoin d'un petit moment pour permettre à mon corps de récupérer de l'effort que je lui ai demandé. Pas l'habitude de diriger autant de magie d'un coup, dit Harry avec un grand sourire.

— Et bien, je suis heureux que tu l'aies fait, en tout cas. Mes hommes sont en parfaite santé grâce à toi alors qu'ils auraient du mourir. Je te dois une dette, » dit Paskal en s'inclinant.

Harry s'agita, mal à l'aise.

« Je… je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire. Et c'était le sort de Merlin qui l'a vraiment fait. J'ai juste fourni la puissance. »

Les yeux de Paskal observèrent Harry, puis il hocha la tête.

« Et bien, on parlera de la dette une autre fois. Tu as des leçons, j'ai entendu. Et tu as un peu moins d'une cloche pour y aller. Sais-tu où est la tour de Merlin ? »

Harry secoua la tête.

« Nan, mais c'est la moitié de l'aventure, la trouver ! Je vous verrai plus tard, Paskal ! »

Harry courut à nouveau, laissant le chevalier en train de glousser et se diriger vers les champs d'entraînement pour les exercices matinaux.

Harry bondit sur les marches et à travers la porte principale. Il y avait une volée de marches à sa droite et il la monta deux marches à la fois jusqu'à atteindre le sommet, puis il se dirigea vers le couloir d'un pas plus tranquille. Cela ne le ferait pas de rentrer dans quelqu'un en chemin et devoir ensuite s'excuser, et connaissant sa chance, il aurait cassé quelque chose de valeur dans l'incident.

Il se balada le long du couloir, tournant quand il en avait envie et jetant un oeil à travers chaque porte ouverte. Il supposait que la tour de Merlin serait ouverte, puisqu'il les attendait.

Il avait tourné dans plusieurs couloirs, quelques volées de marches supplémentaires (quelques unes vers le haut, d'autres vers le bas), et toujours pas de Merlin. Il regarda l'orbe dans sa poche. La moitié après la Onzième Cloche. Il avait peu importe quelle durée représentait la moitié d'une cloche pour trouver Merlin.

Même si, si ça ressemblait à la dernière moitié de cloche, il n'aurait pas cette chance.

Alors qu'il tournait à un angle, allant plus vite que certainement recommandé, il se précipita droit dans un humain grand et solide, et tomba, frappant la tête contre le mur. Il se frotta la tête avec la main, en fronçant les sourcils devant les chaussures élégantes.

« Désolé. Je ne voulais pas vous rentrer dedans. Vous êtes plutôt solide, n'est-ce pas ? »

Harry leva les yeux, qui s'écarquillèrent alors :

« Ah, bonjour ! Le papa d'Arthur ! Roi Uther ! »

Harry sourit et se redressa :

« Comment allez-vous ? »

Uther cligna des yeux en direction de l'enfant à ses pieds. Harry, le jeune ami d'Arthur qui était aller le sauver avec son père et la Lady Rose et Merlin et les chevaliers. Selon Arthur, Harry avait également sauvé deux chevaliers de la mort. Ce jeune garçon était une énigme. Il devrait lui parler plus en détails. Mais pas maintenant.

« Et bien, Harry, je suppose que tu vas te joindre à Arthur avec Merlin aujourd'hui ? » demanda Uther.

C'était loin d'être la question qu'il voulait poser au garçon, mais celles-là devraient attendre la soirée quand ils auraient un festin pour célébrer le retour de son fils.

« Ouais. Même si je me demande ce qu'on va apprendre aujourd'hui.

— On m'a assuré que ce serait intéressant. »

Uther regarda le garçon devant lui. Harry était petit. Minuscule serait une meilleure description. Arthur lui avait dit que Harry avait 8 ans, ou ''à peu près''. Comment pouvait-on ne pas savoir son âge ? Ces yeux verts, brillants comme des joyaux et pleins de connaissances, le regardaient comme un égal. Pas comme un roi, ou un seigneur, ou un adulte, mais comme un égal. Uther n'était pas habitué à cela. Il n'avait pas été traité comme un égal depuis la mort de sa femme. Il était sûr que le père du garçon faisait la même chose. Il y avait quelque chose chez le père et le fils qui les faisait négliger les rangs et la noblesse.

« Et bien, je ferais mieux de trouver la tour de Merlin. Aucune idée d'où elle est, mais j'ai… »

Uther regarda Harry sortir une orbe faite d'une quelconque pierre cristalline :

« … environ un quart de cloche, selon ceci. Je suppose que ça veut dire que la cloche va bientôt sonner. Est-ce que ça veut dire que je vais être en retard ? Je n'ai jamais été en retard avant. Ce sera un nouveau concept. »

Uther inclina la tête :

« Tu ne sais pas dire le temps ? »

Harry grogna :

« S'il vous plaît, juste, non, je ne sais pas. Et ça n'a aucune importance. Je m'en sors très bien sans savoir ce que sont des cloches ou des heures ou des battements d'ailes ou des cycles solaires ou des moitiés de nuages. Vous êtes juste si dépendants du fait de savoir exactement quand quelque chose est. C'est si étrange. Les choses arrivent quand elles doivent arriver. »

Uther eut un grand sourire :

« J'aimerais que ça soit tel que tu le dis, ainsi la réunion à laquelle je dois assister pourrait commencer peu importe quand j'arrive au lieu du moment auquel mes ministres ont décidé que je dois me montrer. »

Harry leva la tête :

« Mais ne sont-ils pas supposés vous écouter ? Je veux dire, vous êtes le roi, non ? De ce que je comprends, les rois font les règles et autres, et tout le monde doit les suivre. Donc cette réunion ne devrait-elle pas se passer quand vous le décidez de toute manière ? »

Ledit roi réfléchit à ceci, puis décida qu'il serait un roi impérial pour la journée et en retard. Tant pis pour les ministres.

« Et bien alors je suppose que je peux te montrer le chemin jusqu'à la tour de Merlin, qui est à l'opposé du château par rapport à ici. Tu seras en retard dans tous les cas, donc ce sera une expérience amusante pour toi. »

Harry afficha un grand sourire :

« Génial ! Venez donc, allons-y ! »

Il se tourna sur ses pieds nus.

« Arthur est déjà là-bas, n'est-ce pas ?

— Arthur est arrivé il y a déjà une cloche. Je pense que Merlin voulait lui faire réviser quelques unes de ses leçons passées et s'assurer que Arthur est en bonne santé. »

Ce dont Uther était éternellement reconnaissant. Il se souvenait du jour où Merlin était arrivé au château. Il n'était pas sûr de vouloir la présence du puissant sorcier en premier lieu, mais Merlin avait montré son utilité en empêchant un jeune Arthur de s'écraser au sol après qu'il ait décidé que jouer sur les parapets était une bonne idée.

Uther conduisit le garçon à la tour de Merlin, ou plutôt, il continua à indiquer à Harry, qui courait devant lui, de tourner à gauche au lieu de droite, et c'était les escaliers vers le haut, et non vers le bas. Harry changeait de direction sans s'interrompre, en affichant toujours un grand sourire.

Au moment où ils atteignirent l'entrée de la tour, Uther avait une nouvelle admiration pour le père de Harry. L'enfant était un danger avec des yeux verts étincelants et un sourire que vous ne pouviez vous empêcher de rendre. Harry était rentré dans pas moins de trois serviteurs, un garçon de course, deux chevaliers, trois ministres cherchant Uther, et trois autres enfants qui étaient en train de jouer dans les couloirs. Malgré les profondes excuses de Harry, les ministres étaient toujours amers, et Uther avait expliqué qu'il conduisait le garçon à Merlin pour ses leçons.

Il était reconnaissant que Harry avait pris sa main et l'avait entraîné avec lui avant qu'il commence à ordonner à ses ministres grognons de retourner au cabinet et de l'attendre.

« Et bien, Harry, nous y voilà. Arthur sera capable de t'aider à trouver le chemin du retour si tu en as besoin. »

Uther ouvrit la porte avec un sourire. Harry lui adressa un grand sourire :

« Merci !

— Oh, et veille à dire à ton père et Lady Rose qu'il y a un banquet ce soir à la huitième cloche. C'est une célébration, et ta famille sera avec Arthur et moi à la table principale. »

Les yeux de Harry s'écarquillèrent :

« Vraiment ! C'est génial ! Je m'assurerai que papa et Rose soient au courant. Et bien, je vous verrai plus tard ! Salut ! »

Harry courut dans la pièce et Uther retourna en direction de la réunion pour laquelle il avait une demi-cloche de retard. Il se persuada que c'était pour une bonne raison, et qu'il n'avait donc pas de compte à rendre à ses ministres.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Le premier étage était vide à part quelques chaises et tables, donc Harry grimpa la volée de marches dans le coin.

Merlin et Arthur étaient au deuxième étage. Arthur était assis sur une chaise en bois pendant que Merlin se tenait devant un grand chaudron, mélangeant quelque chose d'une couleur orange vif. Harry eut un grand sourire.

« Hé, Arthur, Merlin ! » dit-il en agitant la main.

Arthur se tourna :

« Harry ! J'ai cru que tu t'étais perdu et que tu errerais dans le château pendant des heures !

— Ton papa m'a aidé à trouver. Il a dit qu'il était supposé être à une sorte de réunion ou quelque chose, mais il est le roi, donc je suppose que ça veut dire qu'il peut décider quand aller à une réunion s'il doit être présent. C'est ce que j'ai pensé, en tout cas, » dit Harry en haussant les épaules.

Arthur le regarda, bouche bée :

« Tu as vraiment dit ça à mon papa ? demanda-t-il, les yeux écarquillés.

— Bien sûr. C'est ce que les rois sont supposés faire, n'est-ce pas ? Faire les règles.

— Et bien, ce débat est intéressant, mais j'ai quelque chose d'autre de prévu pour vous deux cet après-midi à la place. »

Merlin tapota la table devant les deux garçons.

« Est-ce que ce que vous mélangez a un rapport avec ça ? demanda Harry en pointant vers le chaudron. Parce que c'est vraiment orange vif, et je ne me souviens pas que Salazar m'ait appris quoi que ce soit de bon avec les potions de couleur vive. »

En fait, se souvint Harry, les potions de couleur vive signifiaient souvent de mauvaises choses. En tout cas, c'était ce qu'il pensait. Merlin sourit :

« Je suppose que pour ceux qui commencent à apprendre les potions, tout ce qui est d'une couleur vive peu naturelle est mauvais signe, mais quand on progresse, on apprend que ce n'est pas toujours négatif. Certaines sont des potions vraiment puissantes, certaines font des choses inhabituelles, d'autres vont accorder ou supprimer un sens ou une capacité. »

Harry hocha la tête.

« Celle-ci entre dans la deuxième catégorie.

— Donc, ça va nous faire quelque chose d'inhabituel ? Êtes-vous sûr qu'on devrait la boire, donc ? demanda Harry. Arthur revient juste d'un enlèvement. Est-ce que Uther ne serait pas énervé si quelque chose lui arrivait à nouveau ?

— Le roi sait déjà ce que je vais faire. Il l'a approuvé, en fait.

— Donc, c'est ce qu'il voulait dire. »

Harry se laissa tomber par terre. Arthur le regarda, sourcil levé.

« Ton papa. Il a dit que la leçon serait intéressante. Je suppose qu'il parlait de ça, dit Harry en faisant un geste vers le chaudron.

— Ah. Et bien, il ne m'a pas dit, bouda Arthur.

— Où est l'amusement, s'il te dit ce qui va se passer ? demanda Harry. Alors tu saurais déjà. »

Merlin leur demanda de se taire, en versant la potion dans deux gobelets de pierre.

« Allons dehors avant de vous faire prendre ceci. Ce sera plus facile, juste au cas où quelque chose se passe à laquelle je ne m'attendais pas.

— Ça ne semble pas très rassurant. » marmonna Arthur.

Harry tapota son épaule en souriant. Arthur lui fit une grimace. Ils suivirent Merlin avec ses deux coupes en bas des escaliers et au delà de la porte privée à la base de la tour. Elle s'ouvrait sur un grand pré qui s'étendait jusqu'aux murs extérieurs, peut-être une centaine de mètres.

« Ici, il devrait y avoir suffisamment de place. Maintenant, celle-là est pour vous, Arthur, et celle-là pour toi, Harry. Il y en a plus dans la tienne, jeune magicien, parce que je devais m'assurer qu'elle fonctionne avec ta magie. Maintenant, buvez. »

Harry et Arthur échangèrent un regard.

« Santé, Arthur, dit Harry en levant son verre.

— Santé, Harry, » répondit Arthur, et ils burent tous les deux leur potion.

Harry s'attendait à ce qu'elle ait un goût horrible. Les choses de couleur brillante avaient soit un goût merveilleux, soit un goût horrible, et les potions avaient tendance à entrer dans la deuxième catégorie.

Donc il fut surpris quand une saveur légère et acidulée explosa sur sa langue et pétilla dans sa gorge. Il n'était pas capable d'identifier la saveur, mais c'était brillant.

Arthur ne partagea pas cet avis, cependant, à en juger par sa toux sèche. Harry regarda Merlin avec curiosité.

« La potion a un goût différent selon la personnalité de celui qui la boit et parfois selon sa magie. Tu as probablement eu un meilleur goût grâce à ta magie plus qu'autre chose. Arthur a également un dégoût profond pour mes potions, donc ça a influencé ses attentes, dit Merlin en souriant. Ah, c'est parti. »

La vision de Harry bascula soudainement sur le côté et il sentit la terre céder sous ses pieds. Son corps commença à basculer et il sentit le sol se précipiter à sa rencontre, mais pour une étrange raison, les sensations étaient étouffées. Il ne sentit pas la douleur en heurtant le sol, ou la sensation de l'herbe sur sa peau ou ses vêtements ou quoi que ce soit.

Il ferma les yeux et sa magie commença à parcourir son corps en mouvements sauvages, et il pouvait jurer que sa morphologie changeait, mais c'était absurde.

A moins que ce ne soit le but de la potion.

Il ouvrit brutalement les yeux.

Mais le monde semblait différent à présent. Il y avait plus de… couleurs. Des couleurs plus profondes, des longueurs d'onde étranges. Il n'était pas sûr de ce que c'était, mais c'était merveilleux. Toutes les couleurs normales dont il avait l'habitude étaient là, mais il y en avait en plus. Beaucoup plus.

Il regarda autour de lui, cherchant Arthur, sa tête semblant étrange et légère.

Mais Arthur n'était pas là. Seulement Merlin et… est-ce que c'était un lionceau assis à côté de Merlin ? En effet, c'était un petit lionceau juste à l'endroit où avait été Arthur. Arthur était un lionceau.

« Et bien, Harry, je ne m'attendais pas à ça de ta part. C'est vraiment une très belle apparence. »

Harry regarda Merlin. Le magicien étincelait de lumières brillantes, une myriade d'argents et de blancs et d'ors qui tournoyaient ensemble.

« Merlin, qu'est-ce qui s'est passé ? » essaya de demander Harry, mais tout ce qui sortit fut une sorte de reniflement.

Il ne pouvait pas parler !

Harry essaya de se redresser sur ses pieds, mais trouva plus de jambes que prévu.

Il avait six jambes ! Six ! C'était deux membres de trop ! Il essaya de marcher, mais il ne pouvait pas se déplacer correctement. Il n'arrêtait pas de trébucher sur ses sabots (c'était certainement des sabots, et deux de trop pour un cheval, si c'était ce qu'il était supposé être). Il regarda derrière lui, puisqu'il pouvait bouger la tête, et vit des ailes. Deux paires d'ailes vert émeraude, minuscules et repliées sur son dos. Sa peau (fourrure ? pelage ?) était aussi noire que ses cheveux.

Harry, alors qu'il essayait de comprendre comment marcher, se rappela soudain où il avait vu ce type d'animal auparavant. C'était sur la planète sur laquelle son papa s'était écrasé après la fête de son sixième anniversaire. Ils n'en avaient jamais su le nom, mais les animaux là-bas étaient absolument magnifiques, et Harry était tombé amoureux des créatures ailées à six pattes qui lui avaient offert de monter sur leur dos.

Et de ce qu'il se souvenait, elles ne ressemblaient pas vraiment à des chevaux. Elles avaient plusieurs queues fouettant l'air au lieu d'une seule poilue, et leur tête ressemblait à celle d'un félin avec des yeux tourbillonnants et des oreilles étranges avec plusieurs fourches. Leurs jeunes étaient incapables de voler, cependant, et Harry était un peu déçu. Il était toujours jeune, tout comme Arthur était un lionceau.

« Je serais très curieux de savoir quel genre d'animal tu es, Harry. La potion marche seulement si celui qui la boit connaît l'animal, donc ça doit exister quelque part. C'est assez étonnant. »

Harry décida que le sol était le meilleur endroit pour rester pour le moment, et regarda Merlin.

« Ah oui, je dois maintenant expliquer ce qui se passe. La potion est utilisée par ceux qui la boivent pour devenir un animal qu'ils apprécient. Parmi les magiciens, elle est utilisée par ceux qui ne peuvent pas devenir un Animagus pour une raison ou pour une autre, même si elle est rarement utilisée. Une utilisation va parfaitement, et quelques utilisations étalées sur plusieurs semaines sont également sans danger. Mais trop souvent, on abuse de cette potion. »

Harry trembla sur ses pieds, se sentant très déséquilibré. Six jambes étaient beaucoup trop. Toutefois, il avança maladroitement vers le petit lionceau-Arthur. Le prince-devenu-lionceau commença à expérimenter avec ses propres pattes, découvrant qu'en avoir en trop n'était pas tant un problème qu'il se l'était imaginé. Ça ressemblait à ramper, même si ce n'était pas vraiment ça.

Arthur chercha autour de lui Merlin et Harry, se demandant ce qui était arrivé à son ami magicien. Merlin était toujours humain, ce qui était attendu vu qu'il n'avait pas bu la potion.

Harry, par contre, était quelque chose qu'il n'avait jamais vu auparavant. Il avait six longues pattes terminées par ce qui ressemblait à des sabots de cheval, mais en plus dur. Le corps était mince et élancé, sa tête était très féline, un peu comme ces animaux exotiques qu'il avait vu en images quand il avait étudié les autres pays. Et Arthur constata qu'il avait des ailes. Des ailes vertes, s'il pouvait faire confiance à ses yeux. Il voyait soudainement moins de couleurs que ce dont il avait l'habitude. Merlin était à présent dans des couleurs pastels, comme quelqu'un qui avait nettoyé ses vêtements trop souvent.

Il essaya de parler, demander à Merlin ce qui se passait, et il ne s'était pas vraiment habitué à ses étranges capacités auditives (est-ce que quelqu'un venait juste de tomber dans les escaliers avec de la vaisselle plein les bras ?) et il n'avait pas écouté du tout ce que Merlin avait dit.

Tout ce qui sortit, cependant, fut un « Miaou ? » et Arthur ferma brutalement sa mâchoire.

« Vous êtes adorable, Arthur, dit Merlin avec un grand sourire, se baissant pour tapoter le petit lion sur la tête. Adorable. »

Arthur essaya d'écarter la main, mais trébucha et finit sur son visage. Avoir quatre pattes était étrange.

Ce qui voulait dire que Harry, avec ses six jambes, était dans une situation encore pire. Et pourtant, la minuscule créature (Harry était à présent encore plus petit que ce qu'il était avant de prendre la potion, ce qui était un exploit) trotta maladroitement jusqu'à ce qu'il soit devant Arthur.

Puis Harry donna un coup de tête à Arthur en faisant de doux bruits soufflants. Arthur supposa que c'était la façon de communiquer de l'animal, quel qu'il soit, qu'était à présent Harry.

« Bien, vous deux. L'exercice du jour porte sur la coopération. Comme vous le découvrez, vous n'allez pas être capables de faire beaucoup de choses que vous pouvez normalement faire. Marcher va être un défi, la communication dans ses formes habituelles est impossible, et bien de vos avantages ont été enlevés. Mais vous avez aussi gagné quelques avantages avec votre nouvelle apparence, l'audition et l'odorat pour vous, Arthur, si je ne me trompe pas. »

Arthur hocha la tête, comprenant que c'était la seule façon possible pour lui de répondre pour le moment.

« Et je ne sais pas ce que ton apparence te permet, Harry. Je n'en ai jamais vu auparavant, » dit Merlin en réfléchissant.

Harry fit une pause, regarda le sol, puis commença à donner des coups de patte dans l'herbe jusqu'à obtenir un morceau de terre. Écrire n'était pas trop difficile, découvrit Harry, tant qu'il y allait doucement.

V… U… E…

« Tu vois mieux ? »

Harry hocha la tête.

« Quelque chose d'autre, petit ? »

Harry fit une pause, ressentant son corps. Ses ailes étaient toujours trop faibles pour le porter, donc pas de vol. Il pouvait sentir quelque chose à la frontière de son esprit, mais il n'était pas certain de ce que c'était. Cela pouvait être un trait naturel de cet animal auquel il ne savait pas comment accéder. Il agita ses oreilles. Son audition était sensiblement la même qu'auparavant, et son odorat était peut-être meilleur, mais c'était négligeable. Sa magie était toujours présente, mais il ne savait pas s'il pouvait s'en servir.

A… I… M… A… G… I… E…

« Donc tu as toujours accès à ta magie. Peux-tu l'utiliser ? »

Harry secoua la tête et essaya de hausser ses épaules/ailes/pattes avant dans le geste signifiant ''Aucune idée''.

Merlin hocha la tête.

« D'accord. Donc ta vue est bien meilleure que tes yeux humains, et Arthur peut mieux entendre et sentir. »

Il eut un grand sourire :

« Ça va être amusant. »

Harry dirigea ce qu'il pensait être un regard noir vers Merlin et fit une sorte de soufflement/sifflement en sa direction. Le sourire de Merlin s'agrandit.

« Donc, aujourd'hui, vous devrez plusieurs choses que j'ai cachées dans le pré. Certaines sont visibles, d'autres ne le sont pas. Ensemble, vous devrez trouver où elles sont, ramasser toutes celles qui peuvent être touchées et reconnaître celles qui ne peuvent pas l'être. Si vous trouvez plus des trois quarts ensemble, et presque toutes celles qui peuvent être touchées, je vous donnerai l'antidote avant le festin. Si vous n'y arrivez pas et qu'il n'y a pas une raison évidente à votre échec, alors vous resterez ainsi pour le reste de la soirée jusqu'à ce que la potion se dissipe naturellement, ce qui se fera demain vers midi. »

Harry regarda Arthur, qui semblait paniquer. Harry supposa qu'il serait étrange pour le prince d'assister au festin sous la forme d'un lionceau, particulièrement lorsque le festin était en son honneur.

Harry hocha la tête en direction de Merlin, qui sourit.

« Je saurai quand vous avez trouvé ou reconnu un objet. Chacun a un sort dessus qui m'alerte de votre découverte. Je ressortirai soit lorsque vous aurez découvert suffisamment d'objets, soit juste avant le festin, selon ce qui arrivera en premier. »

Arthur trébucha sur ses pattes, donnant des petits coups sur les robes de son mentor. De minuscules griffes s'agrippèrent au tissu.

« Miaou ?

— Tout va bien, Arthur. Votre père sait ce qui se passe et ce qui peut arriver. Il a donné son accord, même si je pense qu'il trouverait assez amusant que vous vous montriez sous forme animale ce soir. »

Arthur sembla aussi indigné qu'un lionceau pouvait l'être. Harry laissa échapper de légers sifflements soufflants, riant. Arthur lui lança également un regard noir.

« Maintenant, vous deux, allez-y. Je reviens dans un petit moment. Je vous informe que tout est à l'extérieur, entre ma tour et le mur, et entre l'aile est et l'aile sud, donc dans ce pré entouré par les arbres. »

Merlin retourna vers la tour en agitant la main :

« Faites de votre mieux ! »

Harry et Arthur furent laissés, à moitié debout, à leurs propres affaires. Ils échangèrent un regard et réfléchirent. Comment pouvaient-ils discuter ensemble ? Parler était hors de question, ils ne pouvaient pas se comprendre. Harry n'était pas sûr que Arthur puisse contrôler suffisamment ses pattes pour écrire dans la poussière comme Harry le pouvait avec ses sabots fins et durs.

Arthur se leva, tremblant, et avança. Il parvint à faire quelques pas sans tomber droit sur sa figure. Il miaula d'excitation.

Harry décida d'essayer à son tour. Vraiment, six pattes, c'était trop. Pourquoi quiconque ou quoi que ce soit avait besoin de six pattes ?

Il plaça ses pattes arrières et médianes sous lui et commença à pousser avec ses pattes avant, jusqu'à ce qu'il soit debout, juste un poil plus grand que Arthur-lionceau. Il leva sa patte avant droite et ses pattes médiane et arrière gauche et avança. Un pas. Deux pas. Trois pas. Il s'arrêta, se sentant légèrement triomphant. Peut-être qu'il pouvait y arriver. Il fit un nouveau pas en avant, et bondit.

Ce fut une erreur. Ses pieds décidèrent que se placer sous lui n'était pas important, et il s'écrasa au sol. Il entendit le lionceau ricaner et il lança un regard noir à Arthur.

Pendant la moitié de cloche suivante, les deux enfants-devenus-animaux apprirent à marcher dans leur nouvelle forme, puis comment sauter, et se lancèrent dans une course hésitante. Ce n'était pas terrible, ni très gracieux.

Merlin regarda depuis la fenêtre de sa tour alors que ses deux élèves commençaient à retrouver leurs repères. Il sourit quand ils commencèrent à courir, cherchant à comprendre comment leur corps fonctionnait. Ils ne devaient pas vraiment réapprendre à marcher, juste comprendre comment leur nouveau corps marchait. Tout était inscrit dans le corps animal qu'ils habitaient, ils devaient juste y accéder.

Il ne faudrait plus longtemps, vraiment, avant qu'ils commencent à chercher. Puis viendrait la partie amusante. Harry aurait un avantage certain à voir les choses, jugea Merlin. Mais plein d'objets n'étaient pas tangibles. Certains était magiques et n'avaient de forme que parce que la magie les alimentait. Certains étaient des sons collés à des objets. D'autres étaient des odeurs. Merlin avait passé plusieurs heures la nuit précédente à installer tout ça.

Ce serait une leçon intéressante. Comment deux personnes qui étaient toutes les deux intelligentes mais ne pouvaient pas communiquer ensemble et chacun avec des handicaps différents réussiraient à travailler ensemble.

Connaissant Arthur, il ne faudrait pas longtemps avant que le lionceau ne s'impatiente.

Harry, Merlin n'en était pas sûr. Les objets magiques étaient là spécifiquement pour Harry, créés pour qu'il puisse les trouver. Il avait placé un peu de sa propre magie sur les objets pour voir si Harry pouvait le comprendre et trouver chaque objet avec sa propre magie. En réalité, la partie recherche était la leçon de Harry. La leçon de Arthur était de comprendre les différences et la coopération. Mettre Arthur en face d'une tâche intellectuelle était une façon d'enseigner au jeune prince la valeur de ne pas ignorer ceux qui ne pouvaient pas parler la même langue ou qui étaient différents. Une démonstration pratique était une autre façon, une que Merlin pensait être plus importante.

Il se demandait jusqu'où les deux iraient. Ils avaient un peu moins de six cloches pour trouver les objets. Alors il verrait si un lionceau et quelle que soit l'étrange créature qu'était Harry assisteraient au festin au lieu de deux jeunes garçons.

Harry, dès le moment où il réussit à courir efficacement, se précipita vers Arthur-lionceau, donnant un coup de museau au petit lion. Ils devaient trouver les objets. Harry était sûr que Arthur ne souhaitait pas assister au festin dans sa forme actuelle, même si Harry n'était pas particulièrement dérangé par elle.

Le lionceau tourna des yeux dorés vers lui et inclina la tête. Harry regarda vers un arbre lointain puis à nouveau Arthur.

« Miaou ? »

Harry s'avança vers un arbre près de la limite du pré. Blotti dans un croisement de branches se trouvait un petit bloc, qui brillait d'un éclat argenté dans la vision de Harry. Il poussa Arthur dans cette direction. C'était trop haut pour lui pour l'atteindre, surtout qu'il ne pouvait pas voler et que son corps n'était pas fait pour grimper aux arbres.

Arthur regarda Harry avec confusion.

Harry plaça ses pattes avant sur l'arbre et essaya de mimer une escalade. Il pointa vers le haut avec son museau.

Arthur hocha la tête, se demandant ce que Harry désignait. C'était énervant qu'ils ne puissent pas parler. Comment était-il supposé comprendre ce qui se passait ?

Arthur dévoila ses griffes et les regarda. Elles étaient petites mais très acérées. Il espéra qu'elles le maintiendraient contre l'arbre pendant qu'il grimpait vers l'objet mystérieux de Harry.

A quelques mètres du sol, il trouva le croisement de branches, et, à y regarder de plus près, il parvint à trouver le petit bloc. C'était brun, pensa Arthur, et il le prit dans sa gueule. Cela devait être ce que Harry avait vu. Cela n'avait pas sa place dans un arbre.

Harry regarda Arthur se tenir au dessus du vide, le cube dans la gueule. Son derrière s'agita, puis il sauta. Harry n'avait pas vu un atterrissage moins gracieux depuis sa propre tentative pas si longtemps auparavant. Il souffla un rire.

Arthur lui lança un regard noir et laissa tomber le cube devant Harry avant de lui tourner le dos.

Le cube avait un brillant éclat argenté et brun, et de plus près, Harry pouvait voir les motifs tournoyants des étranges nouvelles couleurs. Elles glissaient sur la pierre. Il la toucha de son museau, et sa magie rugit.

Harry aurait affiché un grand sourire s'il avait pu. Il voyait la magie que Merlin avait laissée, il en était certain.

Harry se tourna vers Arthur pour attirer son attention, mais le lionceau était déjà parti.

Harry leva les yeux au ciel lorsqu'il vit le lionceau sauter sur quelque chose dans l'herbe. Il trotta vers lui, le cube dans la mâchoire. C'était presque trop gros pour sa gueule.

« Miaou ! » fit Arthur en bondissant sur un insecte.

Harry lui donna un coup de museau, laissa tomber le cube et pointa vers lui avec une patte avant. Arthur tourna des yeux amers vers lui.

Cela serait un long exercice, pressentait Harry.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Quand Merlin réapparut dans le pré, Harry et Arthur avaient réussi à trouver quinze objets de différentes formes cachés partout dans le pré, cinq bruits étranges que Arthur ou Harry avaient frappés de leur museau avant de bondir en arrière alors qu'ils disparaissaient, sept odeurs bizarres et trois brouillards magiques.

Arthur s'était aventuré dans un avant que Harry puisse se planter devant lui pour avertir le lionceau et s'était retrouvé la tête en bas pendant plusieurs minutes jusqu'à ce que Harry puisse inviter sa magie à coopérer avec lui. Cependant, Arthur s'était éloigné dans un bond vexé. Harry avait contourné avec soin l'étrange brouillard retournant et pourchassé son ami.

Ils ne savaient pas s'ils avaient tout ramassé, Merlin ne leur avait pas dit combien d'objets il y avait, mais Harry pensait qu'ils en avaient déjà trouvé pas mal. Surtout en tenant compte du fait qu'il n'avait pas arrêté de convaincre Arthur de continuer les recherches.

Les deux petits animaux étaient assis devant Merlin. Un était grincheux et énervé, l'autre amusé mais exaspéré.

Merlin les regarda tous les deux.

« Et bien, je peux dire que vous avez réussi à remporter le défi, même si de justesse. »

Il posa un bol plein de liquide chatoyant devant Harry et Arthur.

« Trois gorgées chacun, petits. Puis nous parlerons de votre performance. »

Arthur bondit sur le bol, atterrissant presque dedans, avant de boire trois gorgées avec précaution et se reculer, en espérant que ces moments en tant que lionceau étaient terminés. Harry prit son temps, et but également la potion.

En l'espace de quelques minutes, où il y avait auparavant deux animaux, on trouvait à présent deux enfants, couverts d'épines, de boue, de terre et de sève.

« Pourquoi vous avez fait ça, Merlin ? Vous ne nous avez même pas avertis ! » se plaignit Arthur, n'essayant même pas de se nettoyer.

Merlin leva un sourcil :

« Arthur, je vous ai donné la leçon au début. Vous en souvenez-vous ?

— Coopération. Je veux dire, on devait trouver ces choses, même si je ne sais pas pourquoi. Harry en a trouvé la plus grande partie, de toute façon. Je devais juste faire le sale travail puisque Harry ne pouvait pas grimper dans les arbres et ses ailes s'accrochaient aux buissons s'il essayait de se glisser en dessous. »

Arthur regarda Harry.

« Et bien, ça faisait aussi partie de la leçon. Harry a la magie, et j'ai volontairement rendu les objets plus faciles à trouver pour lui. Le fait que seul toi pouvais en atteindre la majorité était un heureux accident. Je n'avais aucune idée de l'animal dont vous prendriez la forme, même si j'avais suspecté un lion pour vous, Arthur. Votre fascination pour eux a facilité la prédiction.

— Et bien, je pense que c'était stupide. »

Harry eut un grand sourire :

« Je pense que c'était brillant. Absolument brillant. C'était super amusant, même si j'ai passé l'essentiel de mon temps à rattraper Arthur parce qu'il se sauvait pour bouder. »

Merlin regarda Harry.

« J'aimerais beaucoup savoir quel genre d'animal tu étais. Je n'en avais jamais vu de semblable. »

Harry se gratta la tête.

« Et bien, papa et moi les avons rencontrés sur cette planète. Papa ne m'a jamais dit ce qu'ils étaient, mais les animaux là-bas étaient absolument merveilleux. Je pense que j'étais un Fyfliera. Les adultes ont des ailes immenses de la couleur des joyaux et ils fusaient dans le ciel. Leurs bébés et jeunes montaient sur le dos de leurs parents jusqu'à ce qu'ils soient assez âgés pour apprendre. Je pense que j'ai toujours un peu à attendre avant de pouvoir apprendre à voler. »

Arthur s'affaissa.

« Je ne comprends pas pourquoi vous avez fait ça, » déclara-t-il plaintivement.

Merlin soupira. Arthur pouvait être particulièrement obtus quand il le voulait.

« Arthur, qu'avez-vous du faire pour terminer le défi ? »

Arthur semblait grognon, mais il réfléchit pendant quelques minutes :

« Et bien, travailler ensemble, en quelque sorte. Harry ne pouvait pas attraper les objets, mais il pouvait les trouver. Donc je devais les attraper, même si je ne voulais pas. Et on ne pouvait pas parler, ce qui était énervant. Je ne savais pas pourquoi Harry faisait ses gestes la moitié du temps.

— J'aimerais que vous y pensiez encore, Arthur, et que vous pensiez aux différentes manières que vous pouvez utiliser ces compétences lorsque vous rencontrez des gens et des cultures différentes. Vous avez fait quelque chose de très important aujourd'hui. Je vous conseillerais de réfléchir à comment un roi peut utiliser les mêmes compétences que vous avez utilisées. »

Arthur commença à ouvrir la bouche.

« Demain, Arthur, demain, j'écouterai votre réponse. Pour le moment, je pense que vous devriez aller vous laver et vous habiller. Vous avez un festin qui vous attend et avoir l'apparence de quelqu'un qui a joué dans les buissons et les arbres pendant des heures n'est pas celle qu'un prince doit présenter. »

Arthur baissa les yeux pour se regarder.

« Probablement pas. Est-ce que vous ne pouvez pas simplement utiliser votre magie pour nettoyer ?

— Et alors vous n'apprendriez jamais la valeur de faire les choses par vous-même. Allez, allez-y. Je suis sûr que ton papa se demande si tu as récupéré ta forme normale, Harry. Il est passé me voir une fois, et a pensé que tu avais l'air adorable, mais il est parti ailleurs ensuite. »

Harry rit :

« Ça lui ressemble. Je parie qu'il est parti fouiller toutes les pièces possibles du château et qu'il a probablement énervé un certain nombre d'occupants au passage. Je vais voir si Rose a réussi à le ramener. »

Harry eut un grand sourire et salua de la main avant de retourner au château. Arthur soupira et suivit. Il avait un bain à prendre et des vêtements décents à trouver.

Harry se précipita à travers le château, ses pieds nus frappant le sol. Il devrait probablement trouver le TARDIS et se nettoyer. Même s'il n'avait pas conscience de la quantité de saletés et de poussière qu'il avait accumulées pendant qu'il vagabondait dans les sous-bois jusqu'à ce qu'il soit revenu à la normale, il pouvait sentir des épines et de la sève accrochés à ses vêtements et à sa peau. Selon la pierre dans sa poche, il avait moins d'une cloche pour se nettoyer avant le festin.

Il aurait vraiment aimé participer au festin en tant que Fygliera. Cela aurait été amusant et intéressant. Voir la réaction des différents dignitaires et chevaliers aurait valu le trouble d'être aussi petit et incapable d'atteindre la table.

Il retraça ses pas jusqu'à ce qu'il soit dans la cour avant, le TARDIS situé juste derrière un mur. Il se rua vers lui, ouvrit la porte en grand et se dirigea vers la salle de bain.

Rose passa la tête par une porte alors qu'il passait devant elle, la bouche ouverte pour dire quelque chose, puis s'arrêta. Et gloussa.

« On dirait que tu as fait une expédition en forêt. La seule chose qui te manquerait serait de tomber dans une flaque de boue. »

Harry baissa les yeux pour se regarder :

« Je n'ai pas l'air aussi sale, si ?

— Je me demande encore si tu as été te rouler dans un tas de poussière après avoir grimpé à travers un gros buisson. Tu as des épines dans les cheveux et sur tous tes vêtements, et nous avons un festin qui nous attend dans… »

Rose tourna sa montre vers son visage :

« Une demi-heure. »

Elle vit l'expression de Harry.

« Ne t'inquiète pas de la durée. Je m'assurerai de venir te chercher avant d'aller au festin.

— Où est papa ?

— Parti quelque part dans le château. Probablement en train d'être un danger pour les gens normaux ou en train de voler de la nourriture aux cuisines. Je peux l'imaginer debout sur le côté, en train de piquer des morceaux de pain ou de fromage ou une banane, est-ce qu'ils ont des bananes à cette époque ?, quand les cuisiniers passent devant lui. »

Harry eut un rire, appréciant l'image alors qu'il se dirigeait vers les douches.

Il n'était pas sûr du temps qu'il avait, mais il décida que prendre une longue douche n'était pas une bonne idée. Donc il se déshabilla, fourra ses vêtements dans un panier qui devait être apporté à la buanderie, et se glissa sous le jet d'eau chaude et de savon.

La poussière, la sève et les diverses autres substances qui le couvraient glissèrent le long de son corps et il apprécia la sensation. Puis un courant d'air s'alluma et ses cheveux s'ébouriffèrent comme un chaton. Il devrait les lisser à nouveau. Quand il était plus jeune, ses cheveux courts réussissaient toujours à pointer dans toutes les directions. Lorsqu'ils étaient devenus plus longs, ils étaient devenus plus dociles, et il avait décidé que plus long était mieux.

Il sortit de la douche et se dirigea vers sa chambre. Ses tiroirs étaient toujours ouverts, preuve de sa tentative de nettoyage peu de temps auparavant, et il en sortit un grand pantalon noir. Il s'enroulait autour de sa taille et était noué pour être maintenu en place, mais c'était son style favori. Une chemise d'un rouge vif s'ajouta à ça, et il se tourna vers le miroir contre le mur du fond.

A présent, ses cheveux étaient, pour le dire honnêtement, broussailleux. Ils lui donnaient l'air d'avoir été du mauvais côté d'un éclair. Il attrapa la brosse que le TARDIS avait laissée là quand il était plus jeune et essaya de discipliner ses cheveux.

C'était futile, cependant. La quantité de frisottis était si importante qu'il pouvait à peine donner à ses cheveux un semblant d'ordre.

Il soupira.

« Harry, je vais au château, est-ce que tu es prêt ? » résonna la voix de Rose le long du couloir.

Il regarda le miroir, puis la brosse, avant de soupirer.

Vraiment, ce n'était que des cheveux.

« Oui, je suis prêt ! Je te retrouve dans la salle de contrôle ! » cria-t-il en retour avant de tourner sur ses talons.

Il eut un sourire gêné face aux gloussements de Rose quand il entra.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-elle, sans souffle.

— Les paramètres du séchoir étaient un peu élevés. C'est le résultat.

— Et bien, si ton papa l'utilise aussi, je sais au moins pourquoi ses cheveux sont toujours hérissés. Viens, je parie qu'il est déjà au château.

— Tu es très jolie. Où as-tu trouvé cette robe ? Je ne pense pas l'avoir déjà vue avant. »

Rose tourna sur elle-même, laissant les couleurs de sa jupe tournoyer autour d'elle.

« Il y a une armoire du TARDIS pleine de ce type de robes. Je suis sûre que plein sont d'autres planètes, mais je pense que celle-ci correspond le mieux à cette époque. J'ai vu un certain nombre de dames de la cour porter des robes similaires. J'adore les couleurs.

— Et bien, tu es plus douée que mon papa et moi pour t'adapter. »

Harry courut dans la salle de contrôle et exécuta ce qui pourrait être appelé un salut :

« Puis-je vous escorter au festin, Lady Rose ? »

Rose eut un rire :

« J'en serais ravie ! »

Harry eut un grand sourire, puis courut vers la porte et monta les escaliers vers le château :

« Je te verrai là-bas !

— Je croyais que tu devais m'y escorter, Harry ! » cria Rose en riant.

Tout ce qu'elle eut en retour fut un grand sourire.

Il était temps de festoyer.

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Uther grogna de soulagement. Il avait passé l'essentiel de sa journée dans des réunions avec ses différents conseillers, seigneurs et chevaliers. La plupart étaient soulagés que le prince soit de retour sain et sauf mais certains étaient soupçonneux.

Qui étaient les nouveaux venus ? D'où venaient-ils ? Pourquoi étaient-ils allés sauver le prince, et pas seulement les chevaliers ? Est-ce que le roi ne faisait pas confiance en ses chevaliers ? Pourquoi est-ce qu'un enfant et une dame les avaient accompagnés ? Pourquoi est-ce que Merlin enseignait également à cet enfant ?

Les questions continuaient encore et encore, toutes semblables. Il avait été prêt à tous les jeter hors de la pièce quand Sire Paskal était entré, un peu en retard, mais ce n'était pas grave. En tant que chef de l'entraînement des écuyers, il était occasionnellement en retard. Pas qu'Uther puisse dire quoi que ce soit, vu qu'il avait délibérément ignoré le temps donné pour la réunion.

« Et bien, je vois que tout le monde est animé et joyeux en cette belle journée. Votre majesté. » dit Paskal en s'inclinant devant le roi.

Uther se réjouit mentalement de la présence de son chevalier. Paskal avait passé beaucoup de temps avec le Docteur et la Dame et Harry.

Il dirigea les questions vers le chevalier. Paskal en écouta un certain nombre avec une patience variable avant de les interrompre :

« Je comprends votre méprise. Trois étrangers arrivent ici, et peu de temps après, le prince est enlevé, et ils font partie de la mission de sauvetage. Mais je tiens à dire que pas une seule fois aucun d'entre eux n'a failli. La Dame Rose était un plaisir à chevaucher avec, en prenant la place des quelques écuyers que nous avions emmené en tant que cuisinière, pour prendre soin des chevaux, et garder notre esprit positif. Le Docteur a sauvé le prince de la créature qui l'a enlevé et l'a convaincue de se rendre pacifiquement, et le garçon Harry a soigné deux de mes hommes de blessures qui étaient fatales. Ils n'ont aucune cicatrice et ont signalé se sentir mieux que jamais depuis leur jeunesse. »

Paskal regarda chacun des seigneurs et chevaliers.

« Ils sont des gens honorables et généreux qui ont été capables de résoudre un problème très grave. Je vous en prie, ne les accusez de rien de moins que leur noblesse. »

Les autres semblaient vouloir objecter, mais le regard noir du chevalier indiquait clairement que la discussion était terminée. La plupart des seigneurs partirent progressivement, murmurant entre eux.

Uther soupira :

« Merci, Sire Paskal. Je n'étais pas en position de répondre à leurs questions avec une quelconque exactitude et je n'étais pas prêt à simplement les jeter hors de la pièce. J'apprécie votre point de vue. »

Paskal haussa les épaules :

« J'ai simplement fait mon devoir. Ce sont des gens remarquables et j'ai hâte de voir ce qu'ils feront pendant leur présence ici.

— Ah, bonjour ici ! Très agréable de vous rencontrer ! » fit une voix familière depuis la porte.

Paskal se tourna, les yeux écarquillés, et vit le Docteur entrer à grands pas, ses habits bizarres propres et repassés.

« Paskal, le brave chevalier ! Comment allez-vous ? »

Paskal eut un grand sourire :

« Bonjour Docteur.

— Uther ! Je crois bien que j'ai vu votre fils dehors dans un pré. Même s'il était un lionceau, donc ça pourrait être un autre enfant. Saviez-vous que votre fils pouvait se transformer en lionceau ? Non ? En tout cas, c'est un lionceau adorable, si vous voulez avoir mon avis. »

Uther leva un sourcil en s'appuyant sur son dossier.

« Un lionceau, vous dites ? Je ne savais pas que ça serait son animal. Néanmoins, c'est intéressant. Je devrais demander à Merlin plus de détails plus tard. »

Uther inclina la tête :

« Qu'était votre fils, si je peux me permettre ? »

Le Docteur eut un grand sourire :

« Il était un Fygliare. Des créatures adorables, une très jolie maison. Ils vivent sur une planète protégée, ils ont été déplacés quand leur planète natale a été presque détruite. L'écosystème entier n'a jamais été touché par aucune nation développée de toute son histoire. Même pour poser le pied dans le système solaire où il se trouve, il faut des permissions spéciales, si vous n'êtes pas moi. Si vous voulez aller sur la planète, cela peut prendre une rotation solaire complète avant que le comité approuve votre demande. »

Le sourire du Docteur s'élargit :

« Un si bel endroit, cependant. Des feuilles aux couleurs de joyaux et chaque animal brille aussi fort que les plantes.»

Uther et Paskal échangèrent un regard, se demandant de quoi parlait le Docteur. Ils n'avaient jamais entendu parler d'un tel endroit, et ils ne comprenaient pas la moitié des mots.

Quand ils mentionnèrent ceci au Docteur, il haussa simplement les épaules en souriant. Puis il salua de la main et sautilla hors de la pièce.

La cinquième cloche sonna.

Uther soupira. Il avait un peu moins de deux heures pour se préparer pour le festin. Il devrait vérifier son fils, s'assurer que Arthur soit présentable. Il ne savait pas ce qu'être un lion aurait comme influence sur l'apparence de Arthur, mais il était certain qu'au moins un bain serait nécessaire. Tant que Arthur obtenait l'antidote et ne passait pas le festin en tant que lionceau.

Il pouvait déjà imaginer la colère indignée des divers dignitaires si Arthur entrait en tant que lionceau. Cela vaudrait presque l'irritation d'Arthur.

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Arthur claqua la porte de sa chambre, tira sa chemise par dessus sa tête et la jeta par terre. Il était sale, couvert de poussière et d'écorce et de sève et d'épines. Son pantalon suivit et il fut ravi de voir une baignoire pleine d'eau chaude dans un coin de la pièce. Il s'y plongea, reconnaissant.

Pourquoi Merlin l'avait transformé en animal ? Harry avait semblé parfaitement s'adapter, mais Harry n'était pas normal. Harry était une personne étrange même parmi les magiciens. L'expression de Merlin le lui avait dit.

D'accord, au début, c'était amusant et une sorte de jeu. Mais c'était devenu par la suite fatiguant et énervant. Harry l'entraînait à travers le pré, le poussant et le convainquant à travers les herbes, jusqu'au mur, en haut d'un arbre, sous un buisson. Il ne pouvait pas comprendre Harry la moitié du temps et il aurait préféré faire autre chose. Il était sûr qu'il serait toujours un lionceau si Harry ne l'avait pas motivé.

Enfin, motivé était un mot un peu fort. Harry l'avait forcé à l'écouter. Et Merlin avait dit que c'était pour son bien. Qu'était-il supposé en retirer ?

Arthur plongea sous l'eau, sentant la saleté commencer à se dissoudre. Merlin était étrange, décida Arthur, et il faisait des choses étranges. Harry était étrange et bizarre et aimait faire ces choses. Arthur n'était pas sûr de vouloir être inclus dans ces choses étranges.

Sa porte s'ouvrit et son père entra, lui souriant.

« Bonjour Arthur. J'ai entendu dire que tu as eu une journée excitante. »

Arthur lui lança un regard noir.

« Merlin a dit que tu l'avais laissé me transformer en animal. Pourquoi ? »

Uther sourit :

« Et bien, je suis sûr que tu as appris quelque chose aujourd'hui.

— Oui, que les arbres sont couverts de sève et que se sortir de dessous un buisson épineux est bien plus douloureux que ce que peut valoir n'importe quelle chasse au trésor. »

Le roi secoua la tête :

« Non, non, je suis sûr qu'il y avait plus que ça. Qu'as-tu fait ? »

Arthur bougea un peu pour que son cou dépasse de l'eau.

« Et bien, on devait trouver ces objets. Merlin ne nous avait pas dit combien il y en avait, mais si on n'en trouvait pas assez avant la sixième cloche, alors on serait coincés comme animaux jusqu'à demain midi. Et puis Harry pouvait sentir la plupart d'entre eux mais ne pouvait pas les atteindre. Il n'était pas vraiment adapté pour grimper aux arbres et il ne pouvait pas encore voler de toute façon. »

Uther hocha la tête :

« Et donc comment savais-tu où tout se trouvait ?

— Harry m'a montré. Il m'a poussé tête la première dans la plupart d'entre eux ou m'a poussé vers eux, et une fois, il m'a même forcé vers un arbre.

— Donc il s'est occupé de toute la communication ?

— Et bien… je suppose. »

Arthur avait l'impression de manquer quelque chose et de commencer à en grappiller le sens.

« Je vois. Réfléchis à ça, fils. Un délégué d'une lointaine nation arrive pour t'apporter une missive de son roi. Il parle une langue étrangère à la nôtre et ne comprend pas très bien la nôtre. Pourtant, c'est très important que tu ne vexes pas ce délégué parce que son roi est puissant et fort. Comment lui parles-tu ? »

Arthur se redressa.

« Et bien, je suppose que savoir dessiner pourrait être utile. Peut-être trouver des mots communs ou échanger des mots.

— Maintenant, tu dois te battre avec cet homme, côte à côte. Vous avez été pris en embuscade. Comment travaillez-vous ensemble ? Vous ne pouvez pas vous comprendre l'un l'autre. »

Les yeux de Arthur s'écarquillèrent.

« Oh. Je vois. Harry avait compris dès le début, n'est-ce pas ? »

Uther eut un petit rire :

« Je ne pense pas que ton jeune ami n'ait à un seul instant pas compris. Simplement parce que tu ne comprends pas quelqu'un ne signifie pas qu'ils n'ont rien d'intéressant à dire. Simplement parce que tu ne veux pas faire quelque chose ne veut pas dire que tu ne dois pas le faire. C'est important de faire face à ces situations avant de devenir roi. Autrement, elles pourraient te surprendre. »

Arthur regarda son père :

« Est-ce qu'elles t'ont surpris, père ?

— Quelques fois, Arthur. Notamment quand j'ai rencontré Merlin Emrys. Il était appelé Emrys à l'époque, mais il a demandé à ce qu'on l'appelle Merlin également. Je ne pouvais comprendre ce qu'il voulait faire, pas vraiment. Qu'un magicien veuille enseigner à un prince non-magicien était déconcertant. J'ai refusé d'écouter. J'ai du passer l'essentiel d'une semaine à regretter cette décision. Même si le fait qu'il t'ait sauvé la vie pendant sa première semaine de présence a beaucoup aidé à l'autoriser à rester dans mon château. »

Arthur hocha la tête :

« D'accord père. Je vais y réfléchir. Et je m'excuserai auprès de Harry pour l'avoir laisser faire tout le travail. Je pense que j'étais énervé et que j'en voulais à Merlin de ne pas m'avoir dit ce qui se passait et de ne même pas pouvoir parler.

— Je comprends, sourit Uther. Maintenant, tu as moins de la moitié d'une marque de bougie pour te préparer. Dépêche-toi, le prince ne peut pas être en retard à son propre festin. »

Arthur se dépêcha de sortir de la baignoire, attrapant un torchon pour s'essuyer avant de se ruer vers sa garde-robe.

Uther laissa son fils s'habiller, regardant divers habits être jetés par terre ou sur le lit et il rit légèrement. Il espérait que son fils réussirait à trouver quelque chose de décent dans les quinze minutes restantes avant le début du festin.

Harry et Rose arrivèrent dans l'entrée principale alors que la grande salle de banquet commençait à se remplir. Le Docteur traînait près des doubles portes, examinant son tournevis et sifflotant doucement. Harry courut vers lui.

« Papa, j'ai été un Fygliare aujourd'hui ! C'était génial ! »

Harry bondit en approchant, attrapant le Docteur autour de la taille dans un câlin. Le Docteur rit et ébouriffa les cheveux déjà dans tous les sens de son fils.

« J'ai vu. Arthur et toi faisiez une drôle de paire, à courir dans les champs. Est-ce que vous avez réussi à tout trouver ?

— Oui, la plupart. Même si Arthur n'avait pas vraiment envie de jouer. »

Harry haussa les épaules :

« Je pense qu'il n'aime pas les surprises. Enfin, c'était amusant.

— Qu'est-ce qui s'est passé avec tes cheveux ? Est-ce que tu as encore joué avec le générateur de champs électromagnétiques ? »

Harry croisa les bras :

« Je blâme le séchoir tournant que tu as décidé être une bonne idée. Les paramètres sont complètement de travers, et ça a ébouriffé mes cheveux jusqu'à ce qu'ils soient complètement dressés ! »

Harry leva les mains en l'air :

« Pourquoi est-ce que c'est si difficile d'avoir quelque chose qui fonctionne correctement dans le TARDIS ?

— Oh, ne rejette pas la faute sur les équipements. Si tu veux quelque chose de différent, installe-le la prochaine fois. »

Harry lui tira la langue.

Rose regarda avec un sourire, enregistrant dans sa mémoire tous les sourires et les rires du Docteur. C'était des sourires sincères, heureux, qu'elle ne se souvenait pas avoir vu souvent avant. Cela la réconfortait de savoir que le Docteur avait finalement trouvé quelqu'un avec qui partager sa vie et avec qui sourire.

Elle les rejoignit et souleva Harry dans un câlin puis donna au Docteur un rapide baiser.

« Bien, entrons. Je suis sûre qu'ils ont prévu des places pour nous. »

Elle eut un grand sourire, posa Harry au sol, et fit tournoyer ses jupes jusque dans la salle de banquet.

Harry regarda son papa, les yeux écarquillés :

« Qu'est-ce que tu lui as dit ? demanda-t-il.

— Je… et bien… » bafouilla le Docteur.

Harry lui lança un regard appuyé.

« Eh, ne me regarde pas comme ça. »

Harry leva les yeux au ciel.

« Peu importe. Au moins, elle sait s'habiller selon l'époque. Tu es une bombe anachronique ambulante. La moitié des matériaux que tu portes n'ont pas encore été inventés. »

Le Docteur le regarda de bas en haut.

« Tu es pieds nus et tu portes un tissu synthétique de Tourus V et tu dis que je suis anachronique ? »

Harry sourit et fouilla dans sa poche, avant d'en tirer une cape noire.

« J'ai une cape. Je suis automatiquement adapté. »

Il l'enroula autour de ses épaules et attacha la fermeture.

« Tu vois, je me fonds dans la masse. »

Puis il se glissa dans la salle, devançant son père perplexe.

« Je n'aurais jamais du agrandir ses poches. Je n'ai plus moyen de savoir ce qu'il y cache. » soupira le Docteur, puis il redressa sa cravate et suivit son fils.

Le festin était aussi grandiose que Uther l'avait promis. Plein de nourriture étrange que Harry n'avait jamais goûtée auparavant (et quelques unes qu'il était sûr de ne plus jamais vouloir goûter). Il y avait plein de nourriture épicée, beaucoup de viandes avec de la sauce versée largement. Les ragoûts et le pain étaient abondants et il y avait même une poignée de fruits différents et quelques sucreries vers la fin. Harry était assis à côté de Arthur, qui était assis à côté de son père. Le Docteur était de l'autre côté du roi et Rose était assise à côté de lui. A côté d'elle était Merlin. Tout autour le long des tables, il y avait les visages familiers des chevaliers que Harry avait accompagnés, et entre eux des visages non familiers.

Le roi se leva, fit des discours sur comment son fils était revenus et des efforts héroïques et tout. Harry murmura à Arthur que tout ça semblait complètement exagéré et inutile. Arthur murmura en retour qu'ils avaient sauvé l'unique héritier du trône donc évidemment que c'était utile et arrête d'être aussi bizarre. Harry leva les yeux au ciel et dit que Arthur était son ami et que c'était de sa faute que Arthur avait été éloigné de ses protecteurs de toute façon, donc pourquoi était-il remercié, et Arthur lui lança un regard noir. Harry voulut continuer sur le sujet, mais le coup de coude de Arthur dans ses côtes le fit se taire et il s'assit dans un silence boudeur pour écouter les applaudissement et acclamations des dignitaires et des chevaliers.

Ne pas être capable de se lever quand il le voulait et courir pendant le long festin finit par finalement énerver Harry. Il entendit au moins trois cloches sonner avant que Uther ne signale la fin des festivités. Les différents musiciens et jongleurs furent les premiers à partir par une porte latérale, suivis par les dignitaires et les chevaliers. Harry était prêt à se ruer vers le TARDIS également quand son papa l'attrapa par la cape.

« Non, tu restes avec moi jusqu'à ce que ce soit fini. »

Harry leva les yeux vers son père, prêt à sortir le regard de chien battu :

« Mais, vraiment ? Je veux dire, je dois vraiment ? J'ai tant mangé que mon estomac me donne l'impression qu'il va exploser. Qui sert autant de nourriture ? Je veux dire, ils n'arrêtaient pas de me tendre des choses, qu'est-ce que j'étais supposé en faire ? » dit Harry en mimant une explosion.

Uther leva un sourcil vers l'enfant :

« Tu ne devais pas accepter tout ce qui était offert. Les serviteurs s'occupent d'abord de la table haute et tu peux refuser quelque chose. J'ai moi-même refusé de nombreux plats de légumes. »

Harry inclina la tête sur le côté :

« Donc ce n'est pas malpoli ? Je veux dire, ils ont fait toute cette nourriture. J'ai eu l'impression que la refuser serait malpoli ou quelque chose comme ça. »

Arthur gloussa :

« Ce sont des serviteurs. Les chefs ont préparé la nourriture. Les deux hommes gros qui sont venus à la fin du festin, ils ont tout fait. »

Harry croisa les bras :

« Et bien, comment j'étais supposé savoir ? Je ne sais pas ce qu'est un serviteur ou ce qu'il fait. C'est vraiment le travail de quelqu'un de donner la nourriture et autre ? Les gens ne prennent pas leur propre nourriture ? »

Arthur sembla scandalisé par cette simple idée :

« Bien sûr que non, pas la noblesse. Les serviteurs font presque tout pour nous. C'est pour ça qu'ils sont là.

— Ça semble une manière assez contre-productive de grandir.

— D'accord, d'accord, vous pouvez avoir ce débat plus tard. Pour l'instant, je suis sûre que certains d'entre nous aimeraient être dans leur lit avant minuit, dit Rose en se plaçant entre Arthur et Harry et en posant une main sur leur épaule.

— En effet. Merci, Dame Rose. Maintenant, Arthur, tu as des leçons d'escrime demain à la moitié de la sixième cloche. Je te conseille d'aller rapidement te coucher. »

Uther regarda son fils avant de le renvoyer. Arthur fit un signe à Harry et quitta la pièce.

« Je te verrai également demain matin, jeune Harry. Je vais enchanter ton cristal pour qu'il te réveille une heure avant notre rendez-vous. »

Merlin tendit la main pour avoir la pierre qu'il avait donnée à Harry le jour auparavant.

Harry fouilla dans sa poche, en sortit l'orbe de cristal et la donna à Merlin.

« Voilà. Tout ce que j'ai compris est que vous avez tous environ vingt-quatre cloches dans la journée, chacune séparée par une quantité donnée de temps. Je pense que vous recommencez les cloches après la douzième et que ça délimite le matin et l'après-midi. Je suppose que la même chose se passe le soir quand la douzième cloche sonne à nouveau. A moins qu'il y ait plus de cloches dans la soirée, ou moins, dit Harry avec un grand sourire. Ça semble toujours inutile, cependant, mesurer le temps comme ça. Qu'est-ce qui se passe quand quelqu'un le mesure différemment ? Tant de confusion. »

Le Docteur eut un petit rire :

« Ce n'est pas un tel problème à cette époque, Harry. En fait, c'est la norme que chacun sur cette planète va utiliser à l'avenir pour mesurer le temps. »

Harry sembla légèrement perplexe mais haussa les épaules.

Merlin tapota l'orbe de cristal sept fois, paramétrant l'heure voulue, puis la rendit à Harry.

« Cela va sonner à la septième cloche demain matin. J'espère que tu réussiras à parvenir à ma tour à la huitième cloche pour commencer nos leçons. »

Merlin lui lança un regard critique :

« Je crois qu'essayer de t'enseigner la lecture du temps serait futile avec toi, donc tu devrais garder cette orbe avec toi à tout moment. Autrement, je pense que tu en perdrait complètement le fil. »

Merlin sourit au garçon :

« Je te verrai demain, Harry. »

Merlin partit alors.

« Docteur, Dame Rose, est-ce que je pourrai profiter de votre compagnie demain ? J'aimerais mieux connaître les gens qui ont aidé à sauver mon fils et les parents de l'ami de mon fils. »

Rose sembla alarmée :

« Oh, je ne suis pas la mère de Harry, » dit-elle.

Uther fronça les sourcils :

« Je m'excuse pour cette erreur. J'ai cru que le Docteur et vous étiez mariés. Ce n'est pas le cas ?

— Non, nous ne le sommes pas. Même si c'est quelque chose que nous devons discuter dans le futur. »

Rose regarda le Docteur, qui regardait partout, sauf en direction du roi et de Rose. Uther regarda entre les deux, et ses yeux s'écarquillèrent. Puis il sourit :

« Je vois. Et bien, dans tous les cas, j'aimerais toujours pouvoir vous parler demain.

— Nous serons là, sire, » promit Rose en donnant un coup de coude au Docteur.

Il la regarda, les yeux écarquillés :

« Moi ? Oh, c'est vrai, oui. Bien sûr, demain. »

Le Docteur afficha un grand sourire légèrement déconcertant. Uther ne savait pas s'il était sincère ou non. Harry leva les yeux au ciel et Rose soupira en voyant le sourire.

« Quoi ? Je serai là. Je veux dire, je n'ai pas grand chose d'autre à faire. Harry sera en train de recevoir des leçons de magie et tu dois t'occuper de Kirigal, dit le Docteur en faisant un geste vers Rose.

— Oui, Kirigal. Quelque chose d'autre dont nous devons parler. Demain sera parfait. »

Rose attrapa le bras du Docteur.

« D'accord, allons-y, Docteur, Harry. »

Rose adressa un sourire au roi :

« A demain, donc. »

Uther les regarda partir, toujours perplexe :

« Je me demande parfois s'ils réalisent simplement que je suis le roi ici. » marmonna-t-il dans sa barbe.

Ses gardes personnels, qui étaient restés dans la pièce pendant tout ce temps, pensaient sensiblement la même chose, mais ils ne le dirent pas. Ils suivirent simplement le roi hors de la pièce et prirent leur poste en dehors de ses appartements.

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Harry réussit à se lever et à atteindre la tour de Merlin avant la huitième cloche, dérapant à travers la porte avec ses cheveux hérissés et les yeux fous.

« Qu'est-ce que c'était ce bruit que vous avez programmé dans mon orbe ? demanda-t-il, essoufflé.

— Programmé ? demanda Merlin.

— Vous avez demandé à l'orbe de faire un bruit. Qu'est-ce que c'était ?

— Ah, oui. Je vois que mon souvenir du cri de nundu est toujours exact. A glacer les sangs, n'est-ce pas ? » dit Merlin avec un sourire, se penchant vers un livre qu'il venait d'ouvrir.

Les yeux de Harry étaient écarquillés :

« Ne… ne faites plus ça… J'ai failli l'envoyer dans l'espace. »

Merlin rit.

« C'était efficace, cependant. Tu es debout et ici à l'heure convenue. Cela résout ton incapacité à dire l'heure. »

Il regarda le jeune magicien nerveux.

« Maintenant, j'ai quelques exercices pour le contrôle que je veux te faire essayer aujourd'hui. J'hésite à te faire essayer un quelconque sort complexe tant que tu ne contrôles pas la quantité de magie que tu mets dans quelque chose. »

Merlin tendit un bâton de bois.

« J'aimerais que tu vois ça comme un focus. Ça a un focus magique faible, aussi faible que j'ai pu trouver. Je peux à peine faire un sort de lévitation, et un sort de lumière est difficile. Mais je pense que te faire sentir ta magie en te forçant à utiliser un focus peut t'aider à comprendre quelle quantité de magie tu as besoin pour un sort. »

Harry prit la baguette, la roulant entre ses doigts.

« Donc, ça va m'aider à réguler le flot de magie ? Est-ce que je serai capable de faire des sorts efficacement sans baguette ?

— Je crois que oui, mais cela te prendra plus de temps que tu ne le penses. J'ai senti combien de magie tu as, et apprendre à la contrôler va être un exercice de patience et de calme. Je ne m'attends pas à ce que même toi avec ton intelligence, tu y arrives immédiatement. »

Harry hocha la tête, sentant la longueur de bois dans sa main.

« C'est fait en quoi ? demanda-t-il, curieux.

— Bois de bouleau et un poil d'un monstre aquatique appelé kelpie. Pas vraiment magique, mais magique tout de même donc ça fera circuler ta magie, tout comme n'importe quelle baguette. Juste pas très bien. »

Harry hocha la tête :

« Je vois. Est-ce que le bois ou le coeur d'une baguette donnée a de l'importance ? »

Merlin sourit :

« Oui, ils en ont. Mais seulement quand une personne se lie à une baguette. Quelques baguettiers sont reconnus pour leur désir de fabriquer des baguettes liées si bien qu'ils demandent au client de tout choisir, du bois, au coeur, aux outils utilisés pour fabriquer la baguette, puis ils leur demandent de rester dans la pièce pendant que la baguette est fabriquée, et de la toucher constamment. C'est un processus intéressant.

— Donc je finirai par avoir une vraie baguette ? »

Merlin hocha la tête.

« Oui, plus tard. Mais c'est dans un long moment encore. Je crains que n'importe quelle bonne baguette que tu pourrais utiliser à présent n'explose. Ou cause tant de dommages que la magie de la baguette serait annulée.

— Plus tard, donc. Donc, on commence par quoi ?

— Tout d'abord, je veux que tu trouves ta magie en lien avec la baguette. Ressens la connexion. »

Merlin eut un petit rire :

« C'est une manière étrange d'enseigner la magie, jeune Harry. »

Harry leva un sourcil :

« Pourquoi donc ?

— Pour la plupart des enfants de ton âge, ressentir leur magie serait impossible. En fait, pour la plupart des magiciens, ressentir sa magie est considéré comme un grand talent. Je n'ai moi-même pas appris à le fait avant d'avoir largement dépassé ma vingtième année.

— Mais j'en ai toujours été capable. Enfin, depuis que je porte ça. » dit Harry en tirant la chaîne autour de son cou.

Merlin hocha la tête :

« Je suppose que le traumatisme d'avoir ta magie scellée au plus profond de toi si soudainement a permis à tes sens d'atteindre un tout nouveau niveau. Quand tu as eu à nouveau accès à ta magie, tu savais quelle était la sensation de ta magie et tu pouvais la distinguer de tes autres sens. »

Harry acquiesça :

« Je pense que j'ai toujours su qu'elle était là, je m'en suis servi depuis tout petit. Je changeais les couleurs du plafond de la salle du trône de Elizabeth quand j'étais un petit garçon, et j'ai fait mes systèmes solaires depuis que j'ai su ce qu'étaient les étoiles et les planètes. »

Harry fronça les sourcils :

« Je ne sais pas comment j'ai réussi à faire tout ça, cependant. Je peux toujours créer mon système solaire, mais c'est une construction consciente qui prend du temps.

— Je suppose que ta magie est beaucoup plus intuitive que je ne l'avais d'abord imaginé. Alors que tu grandis et que tu te rapproches de ta maturité, ta magie grandit aussi et pour toi, ce n'est pas forcément une bonne nouvelle. Tu as déjà tant de magie qu'en ajouter à la source est l'exact opposé de ce que ton corps a besoin, tout particulièrement à cause du fait qu'elle est piégée à l'intérieur de toi. La magie de la plupart des gens flotte autour de leur corps, irradiant d'une essence mais autorisant l'excédent qui vient de la non-utilisation de la magie à s'écouler dans l'environnement. Mais tu ne peux pas faire ça. Ton corps contient toute la magie que tu possèdes et tu dois te débarrasser de la magie excédentaire, la laisser s'écouler. »

Harry absorba ceci :

« Donc je dois utiliser ma magie de plus en plus souvent alors que je grandis ?

— Oui. Jusqu'à ce que ton essence soit suffisamment stabilisée, vers ta dix-septième année, tu auras besoin de laisser s'écouler la magie superflue. Pour l'instant, tout va bien. Tout ira bien pendant un certain nombre d'années, en fait. Mais quand tu arriveras vers ta douzième ou treizième année, tu devras prendre les mesures nécessaires pour t'assurer que ta magie n'aura aucun effet négatif sur ton corps.

— D'accord. Donc, maintenant que vous m'avez donné quelque chose à prévoir pour l'avenir, commençons à comprendre comment je peux contrôler ma magie. »

Harry sourit en voyant le sourcil levé de Merlin :

« Quoi ? C'est dans mon avenir. Je n'ai pas besoin de m'en inquiéter maintenant, pas nécessairement. En plus, d'ici là, je serai probablement à Hogwarts ou dans une autre école de magie et il y aura plein de professionnels pour m'aider. »

Merlin secoua la tête.

« Je savais que t'enseigner serait une aventure dès le moment où je t'ai rencontré. »

Il agita une main :

« D'accord, commençons. Maintenant, atteins ta magie… »

Pas plus de cinq minutes plus tard, une explosion agita la tour et le château entier en ressentit les ondes de choc. Arthur, se reposant à l'ombre avec un gobelet d'eau, sentit un coup de vent parcourir le pré. L'herbe s'aplatit dans la direction du vent. Uther, qui faisait le rapport des activités de la journée avec un bol de fruits à ses côtés, sentit son fauteuil trembler sous lui. Le Docteur, fouillant dans la bibliothèque, empêcha distraitement quelques livres de tomber des étagères.

« Au moins, il ne détruit pas des appareils électroniques délicats, cette fois, » commenta-t-il distraitement.

Rose, qui s'était précipitée vers la porte au moment où le sol avait commencé à trembler, se tourna pour regarder le Docteur :

« Quoi ?

— Mmh ? fit le Docteur en la regardant. Oh, oui, c'est Harry. Il a eu un accident avec sa magie. La dernière fois, il a réussi à déstabiliser si fortement quelques expériences délicates que ça m'a pris des mois pour les rectifier.

— C'était Harry ? demanda Rose, sa voix plus haute de quelques octaves par rapport à la normale.

— Ce n'est pas ce que j'ai dit ?

— Mais… mais… il est de l'autre côté du château, » dit-elle, en se laissant tomber dans un fauteuil.

Le Docteur eut un rire :

« Voilà ce que peut faire la magie. Imprévisible et contre toutes les lois naturelles de l'univers. Même si je ne devrais pas tant en dire là-dessus. Les Seigneurs du Temps ont pratiquement inventé la moitié d'entre elles. »

Rose ouvrit la bouche pour demander, puis décida que c'était mieux de ne pas savoir.

Harry, pendant ce temps, regarda le bout de bois à présent brûlé dans sa main. Il avait essayé de faire couler sa magie dans la baguette. Elle était particulièrement peu coopérative et il avait eu beaucoup de difficultés à forcer sa magie à faire ne serait-ce que quelques étincelles. Parfois, elle se ruait vers la baguette pour s'écrouler à mi-chemin et d'autres fois, le mince brin qu'il parvenait à faire aller jusqu'au bout se contentait de tomber en quelques étincelles peu impressionnantes vers le sol, où elles tremblotaient et s'éteignaient.

Il était devenu frustré. Ce fut la première étape vers ce qui finirait par être une monstrueuse erreur de jugement.

Ses deux mains s'enroulèrent fermement autour de la base de la baguette et il se concentra à faire passer sa magie dans ses paumes. Il commença à voir une lueur autour de la baguette.

« Harry, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, » résonna la voix de Merlin, mais Harry était déterminé.

Des étincelles. C'était tout ce qu'il voulait, quelques étincelles décentes.

Il attrapa sa magie et la força brusquement à travers la baguette.

Puis le bois vibra et sa magie jaillit de la pointe et fusa en un large cercle.

Harry fut précipité en arrière contre une table. Merlin, avec son bouclier construit à la hâte, réussit à rester debout, mais le sol trembla et les fenêtres furent secouées.

« Ow… fit Harry depuis sa place par terre. Ça… fait mal. »

Il regarda la baguette dans sa main.

Le bois était noirci, brûlé. Sa magie l'informait qu'il n'y avait plus de coeur et que ce qui avait été une baguette était à présent une branche de bois sans magie.

Peut-être pourrait-il l'utiliser à la place ?

Il n'en eut pas la possibilité, cependant, car Merlin la lui arracha des mains.

« Et bien, je vois que ça ne s'est pas passé comme prévu. »

Merlin regarda Harry :

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Harry se redressa, décidant de rester assis jusqu'à ce qu'il sente que ses jambes pouvaient le porter et que sa tête arrête de tourner.

« Je n'arrivais pas à faire passer ma magie dans la baguette. A chaque fois que j'essayais, elle se dissipait en chemin ou ne produisait que quelques tristes petites étincelles. Rien ne marchait, donc j'ai juste, je l'ai juste agrippée et j'ai forcé autant de magie que possible dans mes mains et le long de la baguette. Et puis… »

Harry agita ses mains autour de lui.

Merlin soupira et se frotta le front.

« D'accord. Et bien, je vois que nous devons trouver un meilleur moyen de canaliser ta magie. Sans baguette, tu n'as aucun contrôle, avec une baguette faible, tu ne peux pas produire d'étincelles, et tu as réussi à secouer les fondations d'un château dans ta tentative, en faisant exploser la baguette au passage.

— La baguette est toujours en un seul morceau, » protesta Harry.

Merlin la tendit pour que Harry puisse voir le petit trou parfaitement circulaire au centre de la baguette.

« Elle n'a pas de coeur. Tu as détruit sa valeur en tant que baguette. »

Harry s'affaissa :

« On fait quoi alors ? »

Merlin réfléchit, regardant la baguette cassée et se demandant ce qu'il pourrait utiliser. Puis il sourit.

« Et bien, je crois que j'ai une idée. Une qui pourrait te permettre de te connecter plus facilement à une baguette.

— Donc je vais toujours me servir d'une baguette ?

— Bien sûr, juste pas du style habituel. Il y a quelques groupes qui utilisent ce type de focus pour les jeunes enfants qui apprennent tout juste leur pouvoir. C'est beaucoup plus commun dans les groupes de l'Extrême-Orient, mais j'ai eu accès à quelques uns d'entre eux. »

Merlin aida Harry à se relever, le stabilisant jusqu'à ce qu'il soit sur ses pieds.

« Suis-moi. »

Merlin se dirigea vers les escaliers et monta plus haut dans sa tour. Harry s'était demandé si toute la tour appartenait à Merlin, mais la réponse fut rapidement obtenue car chaque étage contenait une quantité d'objets magiques que Merlin avait collectés au fil des années.

Trois étages au dessus, Merlin se dirigea vers une grande armoire sur le côté opposé de la pièce. Harry le suivit.

« Les voilà. Regarde. »

Harry regarda devant Merlin.

« Ça ressemble à des baguettes, dit-il.

— Ah oui, je suis sûr que oui. Ce sont des baguettes, en quelque sorte. Mais mets ta main au dessus d'une. »

Harry obéit, et sa magie envahit le bois sous ses doigts.

« Elles… elles ont l'air magique, dit Harry, les yeux écarquillés. Le bois lui-même est magique. Et il n'y a pas de coeur…

— Oui. Elles viennent d'arbres magiques. Il y a quelques rares espèces précieuses d'arbres magiques et la plupart sont dans des zones protégées. Mais beaucoup ont découvert que le bois magique sans coeur réagit particulièrement bien aux enfants qui commencent à apprendre la magie. Les jeunes enfants qui découvrent comment utiliser la magie, à un âge aussi jeune que quatre ou cinq ans, utilisent des focus de bois magique pour commencer. Je les avais oubliés, ce sont principalement des trésors d'un temps passé à l'étranger, mais je crois qu'elles seront très utiles pour t'apprendre le contrôle.

— Je croyais que les enfants ne commençaient pas vraiment à apprendre la magie avant qu'ils aient environ onze ans, dit Harry.

— En Europe, c'est comme ça. C'est une pratique issue des Romains, je crois. Mais en Orient, les enfants apprennent les bases de la magie de leurs parents. Ils ne sont pas suffisamment âgés pour avoir une baguette liée, leur magie est trop instable, mais ils peuvent utiliser celles-là. Elles sont chéries par les enfants qui les utilisent et vues comme des curiosités par les visiteurs de la communauté magique européenne. »

Harry regarda les minces baguettes de bois.

« En êtes-vous sûr ? Je pourrais les casser aussi, dit-il.

— Ce n'est pas grave. J'ai le sentiment qu'elles te serviront bien, et tu ne peux pas en brûler le coeur, donc ce sera plus difficile pour toi de faire de vrais dégâts avec ces baguettes.

— Donc pourquoi ne sont-elles pas plus répandues ? C'est vraiment à cause de la rareté des arbres magiques ? demanda Harry, semblant sceptique.

— Non, pas à cause des arbres. Cela a à voir avec la façon dont la magie de nombreux magiciens fonctionne. Le coeur d'une baguette a une plus grande connexion avec la magie, une connexion instinctive, et elle permet à la magie de s'écouler plus librement. Avec le bois magique, ce n'est pas une connexion avec la magie que le bois permet. Plutôt il ouvre les sens, ce qui est important avec les plus jeunes magiciens. Pour toi, il te permettra peut-être de sentir comment canaliser ta magie. »

Harry hocha la tête.

« Et en étant capable de ressentir la baguette, je devrais être capable de diriger ma magie plus facilement qu'en la forçant à travers un coeur.

— Nous pouvons espérer. Maintenant, tiens ta main au dessus de chaque baguette. Une te semblera plus forte que les autres. Utilise celle-là. »

Harry fit comme il lui était demandé, tendant sa main au dessus des baguettes et survolant chaque baguette l'une après l'autre.

La première qu'il toucha chantonna agréablement, mais il ne s'attarda pas. Les deux suivantes furent de vagues murmures, et la quatrième un bref son éclatant. La dernière sembla chanter avec sa magie, et il la sortit de sa boite.

« Celle-là.

— Ah oui. Elle m'a été donnée par un jeune garçon qui n'en avait plus l'utilité au pied des montagnes chinoises, faite dans une branche d'un Saule Pleureur qui pleurait réellement. La dryade de l'arbre lui avait donné la branche dans laquelle elle a été taillée. »

Les yeux de Harry étaient brillants :

« Ça semble merveilleux. »

Merlin sourit :

« Et bien, commençons. J'ai l'impression que cette baguette te conviendra. Réessayons ce premier exercice. »

Cette fois, la magie de Harry s'écoula le long de la baguette et prit vie à la pointe, envoyant une averse de feux d'artifice multicolores dans les airs.

Malheureusement, tout ne pouvait pas se dérouler parfaitement et les robes de Merlin prirent feu.

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Plus tard dans la journée, tous ceux qui étaient dans les rues de la ville virent un jeune garçon aux pieds nus, aux cheveux noirs et aux vêtements étranges, tenant un bâton et manipulant avec précaution une jarre de verre à travers les airs. Il essayait difficilement de ne pas la faire tomber ou la précipiter dans quoi que ce soit qui pourrait la casser. Les gens suffisamment proches virent des petites fissures et éclats le long de la jarre.

Il se promena pendant environ deux cloches avant de crier de victoire et faire immédiatement tomber le vase. Au bruit qu'il fit en se cassant, une expression de désespoir envahit son visage et il grogna.

« Ça craint. J'avais presque terminé ! Il a dit de la ramener en un seul morceau. Ça va être une plaie. »

Quelques passants s'arrêtèrent pour regarder le garçon observer la jarre, les mains sur les hanches avant de sourire et agiter le bâton dans ses mains. Ils étaient certains qu'il avait murmuré quelque chose, mais ils étaient trop éloignés pour entendre quoi que ce soit. Les morceaux de la jarre s'élevèrent et s'organisèrent en un semblant de sa forme originale.

Elle ne semblait pas pouvoir contenir quoi que ce soit pendant quelque durée que ce soit, mais ça ressemblait effectivement à une jarre.

Le garçon marcha alors en direction de l'entrée du château, la jarre flottant à côté de lui.

Ce ne fut pas le dernier événement mystérieux de la semaine, et à chaque fois, le petit garçon brun en était au centre.

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Harry passa un temps considérable avec sa baguette de saule pleureur. Merlin le fit léviter des objets, réparer des objets (principalement causés par des accidents lorsqu'il lévitait lesdits objets), attirer des objets, changer leur couleur ou leur taille. Pour exercer son contrôle, il devait léviter des objets à travers le marché pendant un certain nombre de cloches. Ses premières tentatives finirent toutes avec des vases ou des jarres brisés.

Merlin pensait que travailler avec des objets cassables était une plus grande motivation de ne pas les faire tomber puisque ce serait immédiatement évident. Harry soupira simplement et faisait flotter son objet du jour à travers la porte et en bas des escaliers. Il avait l'impression qu'il sortait de l'exercice fatigué plus physiquement que magiquement.

Cependant, alors que Merlin soit allongeait le nombre de cloches pendant lesquelles il devait faire léviter un objet, soit lui demandait de faire un parcours dans un temps imparti, Harry sentait qu'il devenait plus facile de ressentir comment sa magie circulait à travers la baguette de saule. Il rentra déjeuner après les premiers jours avec de moins en moins d'éclats et de fissures sur le vase qu'il utilisait.

Après le déjeuner venait le moment où Harry essayait de nouveaux sorts. Aucun d'entre eux n'était particulièrement difficile (d'après Merlin, c'était les mêmes sorts que tous les jeunes magiciens apprenaient lors de leurs premières semaines à Hogwarts), mais à chaque fois que Harry réussissait à en réaliser un correctement sans explosion, implosion, aveuglement, ou autre manière d'affecter son environnement, il se sentait ravi.

Les appartements de Merlin, d'un autre côté, étaient constamment dévastés par les efforts du nouveau magicien à contrôler son pouvoir. Les murs manquaient des pierres, avaient de nombreuses couleurs, étaient trop larges, trop petits, craquelés, édentés. Merlin déplaça les leçons de Harry dans un petit bâtiment juste à l'extérieur de la tour après qu'il eut presque enlevé les structures de support en s'exerçant à un sort de rétrécissement. Chaque sort qu'essayait Harry avait tout d'abord des effets secondaires inattendus. Bien que la plupart soient amusants, Merlin n'était pas sûr de savoir quoi penser de l'intérieur rayé de vert et de rose de sa tour.

Harry rentrait, épuisé, tous les soirs au TARDIS, traînant des pieds. Il se glissait dans une cuisine, attrapait peu importe ce qu'il y avait sur le comptoir, et se laissait tomber dans son lit.

Rose s'inquiéta après le cinquième jour consécutif et en parla avec le Docteur.

« Que fait-il chaque jour de si épuisant ? N'est-il pas trop jeune pour faire un tel effort ? »

Le Docteur leva les yeux de l'appareil sur lequel il travaillait.

« Hein ? Oh, Harry ! C'est juste sa façon d'apprendre. Essaie de lui dire de ralentir et il te regardera comme si tu parlais une langue étrangère. Enfin, un langage qu'il ne comprend pas. Tu devrais probablement parler le Gallifreyien Antique. Il ne s'est jamais préoccupé de l'apprendre parce que c'est seulement une langue parlée et rien de ce que je lui laisse lire est écrit dans ce langage. »

Le Docteur s'arrêta, réfléchissant.

« Il ne va pas se blesser en continuant ainsi jour après jour ? Cela ne fait qu'une semaine, mais je ne l'ai pas vu ralentir une seule fois. Il part tôt le matin et revient en traînant des pieds. J'ai pris l'habitude de lui laisser quelque chose de chaud sur le comptoir pour qu'il mange correctement. » dit Rose, inquiète.

Elle avait vu sa nièce se comporter de la même manière pendant ses années universitaires et elle avait appelé sa Tante Rose surexcitée par sa boisson énergisante et se plaignant que le ciel tombait et quel type d'alien avait la forme de champignons bleus avec des ailes. Puis Rose avait entendu une chute. L'ami de sa nièce avait répondu aux cris paniqués de Rose, l'informant que Kelly s'était évanouie de manque de sommeil et qu'elle était emportée à l'infirmerie de l'université.

Rose s'était précipitée le jour-même à son chevet, trouvant Kelly assise dans sa chambre avec un verre d'eau dans une main et un sandwiche dans l'autre. Elle avait été restreinte à l'eau, les jus 100% fruits et la nourriture saine pendant les quelques jours suivants, et avait été ordonnée de dormir suffisamment pour le reste du semestre.

Le Docteur repoussa ses inquiétudes :

« Il a la quantité de sommeil dont il a besoin chaque nuit et mange trois repas par jour. L'épuisement venant d'activités liées à la magie est normal compte-tenu de l'effort qu'il met à apprendre les sorts. L'essentiel de la fatigue que tu vois vient du fait qu'il augmente son endurance magique. De ce que Merlin m'a dit, il peut avoir autant de magie qu'il a et ne pas en dépenser le quart, mais il sera épuisé parce qu'il n'a jamais eu d'entraînement sérieux dans l'utilisation de sorts et d'une baguette. »

Rose absorba ces informations, ne sachant pas si elles lui permettaient de se sentir mieux ou non. Harry était encore un enfant, devait-il vraiment travailler si dur ?

Elle exprima ses pensées. Le Docteur leva les yeux du circuit qu'il bidouillait, un sourire sur le visage :

« Je peux comprendre ton inquiétude, mais Harry trouverait un moyen de me désobéir si j'essayais de l'arrêter. Il peut être très malin. »

Le Docteur clipsa un autre fil.

« Merlin m'a demandé la même chose il y a quelques jours. Il était inquiet du fait que Harry se forçait trop et pouvait se blesser.

— Que lui as-tu dit ? demanda-t-elle en se penchant en avant.

— Je lui fais passer un scan tous les soirs après qu'il se soit endormi, » dit le Docteur, partiellement distrait par un noeud complexe de câbles.

Rose s'affaissa, les yeux écarquillés. Vraiment, elle aurait du savoir que le Docteur ne laisserait pas son fils s'épuiser ainsi jour après jour sans s'assurer qu'il allait bien. Elle rit, et le Docteur leva les yeux vers elle, les sourcils froncés :

« Quelque chose de drôle ? demanda-t-il en sortant son tournevis sonique et en le pointant vers le circuit.

— Pas vraiment, réussit-elle à dire entre deux gloussements. Simplement, je dois penser que tu es bien plus le toi que tu étais quand je suis partie que le toi que tu es devenu avec un enfant. Je m'attends à ce que tu le laisses farfouiller de lui-même et errer quelque part dans le TARDIS et disparaître pendant des jours. »

Le Docteur leva les yeux vers elle, indigné :

« Eh, je n'ai jamais fait ça ! »

Rose lui lança un regard appuyé :

« Tu avais l'habitude de vagabonder dans les profondeurs du TARDIS pendant que je dormais. Je n'ai pas été capable de te trouver pendant deux jours. Ou peu importe ce qui correspond aux jours ici. C'est arrivé plusieurs fois. »

Le Docteur semblait prêt à protester, la bouche ouverte, avant que ses yeux s'écarquillent alors que les incidents lui revenaient en mémoire.

« Oooh, oh, oui. Mmh, et bien… j'étais un peu distrait. » confessa-t-il en se grattant la nuque.

Rose croisa les bras.

« Peut-être plus qu'un peu, concéda-t-il. Mais tu ne peux vraiment pas disparaître pendant des jours avec un petit enfant. Il y a beaucoup de responsabilités à s'occuper d'un bébé. »

Ils passèrent le reste de la soirée dans un silence confortable jusqu'à ce que Rose lui souhaite bonne nuit et s'enfonce dans le TARDIS.

Kirigal s'aventura jusqu'à la salle de contrôle, déterminé à parler avec le Seigneur du Temps au sujet de son avenir. Il serait beaucoup plus facile de parler avec le Docteur, estimait Kirigal, qu'avec la Dame Rose.

« Ah ! Kirigal ! Je me demandais si vous alliez passer tout votre temps à broyer du noir dans le jardin ! lui dit le Docteur en lui faisant un salut de la main enthousiaste.

— Seigneur Docteur. » dit Kirigal en inclinant la tête.

Le Docteur refusa la formalité avec légèreté, fourrant les circuits en trop et son tournevis dans une poche.

« Vous avez choisi ? Nous avons encore environ deux semaines avant de partir. » dit le Docteur avec un grand sourire.

Kirigal fit cette petite danse qu'on faisait quand on n'était pas sûr de vouloir parler mais qu'on avait quelque chose d'important à dire. Sur quatre pattes, cela ressemblait plus à un glissement le long de la console plutôt qu'à un balancement.

« J'ai… J'ai décidé de quitter ce siècle et la Terre. Je ne peux pas pardonner les humains pour ce qu'ils ont fait, mais je ne blesserai pas non plus des innocents. J'aimerais plutôt vivre dans un siècle loin de ma propre époque, si c'est acceptable. »

Ses grands yeux noirs plongèrent dans ceux du Docteur.

Le Seigneur du Temps hocha la tête, sérieux et solennel.

« Je comprends. Avez-vous un endroit de préférence ? »

Kirigal secoua la tête.

« Tant que ce n'est pas habité par des humains, je n'ai aucune restriction concernant l'endroit où vous déciderez de me placer. Je souhaite vivre ma vie en paix et sans combat, et je crains que les humains, bien que plein de joie et de bonheur, ont aussi trop tendance au combat et à la destruction à mon goût. »

Le Docteur grimaça :

« Vous n'avez pas tort. Bien, je vais voir si je me souviens d'un tel endroit et nous vous y déposerons lorsque nous quitterons Camelot. Vous pensez pouvoir tenir environ une semaine ? »

Kirigal hocha la tête.

« Ça devrait aller. Votre jardin fournit une atmosphère des plus agréables pour se reposer et réfléchir. Les odeurs sont délicieuses, sourit Kirigal. J'ai aussi trouvé les plantes dont vous m'avez averti, celles qui mordent. Votre enfant est très créatif, Docteur. »

Le Docteur rit :

« Je crois qu'impatient est un terme plus adapté. Il en a créé la plupart en essayant d'accélérer artificiellement le déroulement de son expérience.

— Comme j'ai dit, un enfant créatif. »

Kirigal s'inclina à nouveau.

« Je vais me retirer, Seigneur Docteur. Merci, une nouvelle fois, pour me permettre de rester à bord de votre TARDIS. C'est un plaisir qu'on ne reçoit pas souvent.

— Aucun problème ! C'est la moindre des choses que je peux faire pour un des derniers membres d'une magnifique espèce. »

Le Docteur regarda Kirigal partir, retournant à son refuge dans le jardin. Le Tractite ne ressortirait probablement pas des jardins tant qu'ils seraient sur Terre. Le Docteur ne pouvait pas vraiment le lui reprocher. Il haïssait les humains pour ce qu'ils avaient fait à sa planète et son peuple, mais il était si pacifique qu'il ne pouvait se forcer à blesser qui que ce soit. Enlever Arthur Pendragon est probablement le plus violent que Kirigal pouvait être.

Cela lui ferait certainement du bien d'être dans un endroit où les humains n'avaient jamais été. Il veillerait à ce que Kirigal arrive sur une planète où les humains n'avaient jamais mis les pieds.

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Harry et Merlin se tenaient au milieu d'un champ vide, le plus proche bâtiment à une centaine de mètres de distance.

Ils étaient au milieu d'un champ, fut informé Harry, parce qu'il allait exercer son contrôle. Ou plutôt, l'infime quantité de contrôle qu'il avait acquise pendant les deux semaines durant lesquelles il s'était entraîné.

Il tenait légèrement la baguette de saule pleureur, étant devenu intimement familier avec elle au cours des deux dernières semaines.

Oh, c'était encore autre chose. Merlin, exaspéré par l'apparente incapacité de Harry à dire le temps, avait passé l'essentiel d'une leçon un après-midi à s'assurer que Harry comprenne au moins les bases. Même si Harry avait écouté, cela n'avait été que légèrement utile. Il comprenait qu'il y avait vingt-quatre cloches dans une journée, ou heures, comme Merlin les appelait. Que ces vingt-quatre cloches regroupées par sept faisaient une semaine, que quatre semaines faisaient un mois. Mais il ne pouvait pas les internaliser comme Merlin semblait le faire. Il avait passé trop de temps de sa vie à ne dépendre d'aucun concept donné que se fixer au concept d'une espèce, sur une planète, lui semblait inutile.

Mais cela lui donnait une vague idée de quand se déroulaient les choses. Il retrouvait Merlin à la huitième cloche tous les matins, déjeunait à la moitié passée de la douzième cloche, avait un autre repas quand il se traînait dans le TARDIS aux alentours de la dix-neuvième cloche (ou la septième, avait souligné Merlin. Harry avait dit que s'il y avait deux sept dans la même journée, est-ce que ça ne rendait pas les gens confus, et Merlin avait répondu qu'il y avait un changement de temps à la moitié de la journée alors que les bougies étaient changées et les marqueurs retournés. Harry avait souligné que c'était pour ça que lire le temps était inutile. Merlin avait soupiré).

Selon les maigres sens qu'il avait acquis de son exposition constante à des personnes se reposant sur la lecture du temps, Harry supposait qu'on était aux environs de la douzième cloche, ou midi. Il avait aussi jeté un coup d'oeil sur son cristal lorsqu'il avait suivi Merlin dans le champ, donc peut-être que ce n'était pas tant une estimation que ça.

« Bien, Harry. Nous sommes assez loin du château et de ses habitants pour que je pense qu'il soit sûr pour toi de lancer le sort de lumière. » dit Merlin, interrompant le cheminement de pensées liées au temps.

— Vous m'avez amené jusqu'ici pour pratiquer un sort de lumière ? » demanda Harry, étonné.

Merlin hocha la tête.

« La dernière fois que tu as essayé, c'était sans baguette et tu as quand même réussi à aveugler trois personnes pendant une courte période. Je crois que c'est plus sûr ainsi, vu que tu as à présent un focus avec lequel tu t'entends bien et que tu as plus de pratique à rassembler volontairement ta magie. »

Merlin fit une pause.

« Je vais lancer un enchantement sur nos yeux, pour ne pas que tu les brûles quand tu échoueras inévitablement.

— Eh, je ne suis pas si mauvais ! » s'exclama Harry, insulté.

Merlin lui lança un regard appuyé.

« D'accord, je me suis un peu emporté avec les sorts de changement de couleur. Je veux dire, je ne voulais même pas modifier toute la tour. Et ce sort d'expansion m'a échappé une fois ou deux aussi. Ce n'est pas comme si j'avais définitivement endommagé quelque chose. Vous m'avez donné ces verres à utiliser, s'ils sont cassés, c'est de votre faute, souligna Harry, les bras croisés.

— Tout de même. Je préférerais ne pas voir un sort de lumière… t'échapper… cette fois. Cela pourrait avoir un effet plus permanent. »

Harry soupira.

« Bien, peu importe. Lancez votre enchantement. »

Merlin eut un grand sourire, mais il agita effectivement sa baguette au dessus de la tête de Harry et Harry sentit un frisson étrange glisser le long de sa colonne vertébrale. Ses yeux picotèrent, puis le monde sembla beaucoup plus sombre. Il regarda Merlin le faire également sur lui-même.

« Maintenant, lève ta baguette et concentre-toi. Tu as passé deux semaines à ressentir comment ta magie se rassemble quand tu lances un sort. Quelle quantité court à travers toi quand tu enchantes. Concentre-toi et quand tu te sens prêt, lance le sort. Le mot est Lux. »

Harry ferma les yeux. Bien que ce ne soit pas nécessaire, cela lui permettait de bloquer ses perceptions sensorielles extérieures pour ressentir vraiment le mouvement de sa magie. Comme elle glissait à travers son corps et se reposait, attendant d'être appelée.

Avant qu'il commence à apprendre le contrôle, il n'aurait pas pu dire quelle quantité de magie il avait, comment elle circulait, ce qu'elle faisait. Il pouvait dire où elle était, son corps entier vibrant avec elle, mais quoi que ce soit de plus spécifique et il était désarçonné. Maintenant, après avoir été forcé de répéter les mêmes sorts encore et encore, en utilisant une baguette destinée à enseigner aux enfants leur magie, Harry sentait qu'il avait une meilleure appréhension de son fonctionnement.

Enfin, autant qu'on pouvait comprendre quelque chose d'aussi impalpable que la magie. Il y avait toujours une notion d'imprévisibilité quand on utilisait la magie. Par sa nature même, la magie manipulait le tissu de l'espace-temps pour permettre à quelque chose de se passer hors de l'endroit prévu. L'utiliser, même dans ses formes les plus douces, avec une abondance de pouvoir et peu de contrôle, était toujours dangereux.

Harry attira le concept de la lumière dans son esprit. La sensation de la lumière, les couleurs, la sensation de sa vision, sur sa peau, comment elle lui permettait de se déplacer dans le monde. Alors que Merlin pensait que dire les mots avec la concentration suffisante permettait à quelqu'un de lancer le sort, Harry avait l'impression qu'il était bien plus important de comprendre ce qu'il lançait. S'il savait ce qu'il essayait de faire, que ce soit réparer quelque chose, léviter un verre à travers le château, ou changer la couleur d'un vase, connaître le concept de ce qu'il lançait l'aidait toujours à se concentrer sur le sort lui-même.

Il pensait aussi que les restrictions linguistiques sur les sorts étaient stupides.

Ce qui était probablement la raison pour laquelle la leçon du jour se terminerait de façon assez désastreuse.

Le jeune magicien leva sa baguette, se concentrant sur la lumière, la brillance, la vision, tout ce qui composait la lumière, et ouvrit la bouche.

Le mot qui sortit de sa bouche, cependant, n'était pas Lux. C'était sifflant et élégant et semblait très très ancien. C'était la lumière d'une telle façon qu'elle englobait le concept entier de lumière, son commencement et sa fin et tout ce qu'elle touchait.

Les yeux de Merlin s'écarquillèrent, se demandant ce que Harry venait de dire. Il avait engagé avec le garçon une discussion sur la viabilité des langages quand on parlait de sorts, et pourquoi certains langages étaient utilisés. Harry avait rapidement montré à Merlin qu'il pouvait lancer la plupart des sorts qu'il connaissait en utilisant n'importe quelle langue qu'il choisissait et que ça n'avait aucune importance. Merlin avait répliqué que les sorts qu'il utilisait était simples et faciles à véhiculer dans différentes langues parce que leur concept était similaire et les sorts les plus compliqués demandaient plus de précision linguistique. Harry n'avait pas été capable de convaincre Merlin de lui enseigner n'importe quel sort compliqué pour lui prouver le contraire.

Mais cette langue était différente de toutes les langues que Merlin avait entendu Harry utiliser. Il avait appris que les langues différentes avait souvent un léger, parfois imperceptible, effet sur le sort. Il se demandait ce que cet étrange langage ferait.

Il n'eut pas à attendre longtemps pour le découvrir.

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Le Docteur appréciait le calme des parchemins et des livres que le roi avait dans sa bibliothèque quand ses oreilles (ses oreilles ? son esprit ? il n'en était pas sûr) perçurent les murmures sifflants du Vieux Haut Gallifreyien. C'était le concept pour la lumière, il en était sûr, et il était debout et se dirigeait vers son fils avant même qu'il ait véritablement enregistré ses mouvements.

Que pensait faire Harry, à utiliser le Vieux Haut Gallifreyien pour lancer un sort ? Il avait été averti du pouvoir du langage avant même que le Docteur commence à lui en enseigner les bases. Il avait été averti, un nombre incalculable de fois, de ne pas utiliser le langage à moins d'être en extrême péril ou si quelqu'un d'autre l'était. Et le mélanger avec la magie ?

L'explosion de pure lumière sans filtre se glissant à travers toutes les fenêtres, toutes les fissures et toutes les portes le figea sur place.

Harry aura beaucoup d'explications à donner.

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Merlin était reconnaissant d'avoir décidé d'utiliser l'enchantement pour protéger ses yeux. Très très reconnaissant.

En fait, il était certain que sans ça, il serait devenu temporairement aveugle. Il n'en était pas sûr, cependant, parce que c'était une lumière vraiment étrange.

La lumière émanant de Harry (il était certain que ça venait de la baguette, mais comme le garçon avait été englouti dans la lumière, il ne pouvait pas dire où était la baguette) était immense. De la lumière blanche irradiait de son corps dans toutes les directions et Merlin était sûr qu'elle pouvait être vue du château derrière lui.

Harry avait les yeux fermés, sentant l'énergie de son sort autour de lui. Il n'était pas exactement sûr de ce qui s'était passé, mais les sensations étaient merveilleuses. Son utilisation du Vieux Haut Gallifreyien était plus un accident qu'une décision consciente. Il supposait que cela venait de sa concentration sur le mot. Il avait toujours trouvé plus facile de véhiculer des concepts entiers en un mot avec le Vieux Haut Gallifreyien. La langue était faite pour ça.

Mais la mélanger avec la magie n'était probablement pas une de ses meilleures idées.

Il ouvrit les yeux, et immédiatement la lumière les envahit. Ce n'était pas douloureux, pas comme la fois où il avait pointé un laser lumineux vers ses yeux à travers un miroir. Cela ne l'étourdissait pas ou ne noircissait pas sa vision. En fait, il ne pouvait voir rien d'autre que la lumière.

Ce qui aurait pu être un problème si Harry s'était préoccupé d'y penser. A la place, il était fasciné par les infimes détails qu'il pouvait voir. Les magnifiques tourbillons de lumière plongeant à l'intérieur puis à l'extérieur d'eux-mêmes, la magie de la lumière exposée nue devant lui.

Il tourna sur place, les yeux écarquillés d'émerveillement et de fascination.

« HARRY ! ARRÊTE CE SORT IMMÉDIATEMENT ! »

Harry s'arrêta sur place, attirant son attention vers le son qu'il pouvait entendre. Il était sûr que c'était son père en train de lui hurler dessus. Mais pourquoi était-il en train de hurler ? Ce n'était pas comme s'il avait fait apparaître du bruit, juste de la lumière.

« Docteur, qu'est-ce qui se passe ? »

C'était Merlin, parlant à son papa.

« Harry a dit le nom de la lumière en Vieux Haut Gallifreyien, sans doute en se concentrant sur le sort. La langue est tombée hors d'usage pour une très bonne raison, et il vient juste de nous montrer de façon splendide pourquoi. »

Son papa. Harry entendit l'exaspération dans le ton de son père.

« Que voulez-vous dire ? J'ai observé quelques variations dans les sorts quand il utilise différents langages pour les lancer, mais c'est quelque chose de complètement différent. »

Merlin à nouveau. Harry eut un grand sourire. C'était en effet quelque chose de vraiment différent. C'était la création à petite échelle. C'était les origines de la lumière et son essence.

« Le Vieux Haut Gallifreyien est un langage qui a un pouvoir propre. Les mots peuvent créer des mondes et les défaire. Et c'est quand ils sont prononcés par un adepte du langage. Bien que Harry ne soit pas un adepte, il a la magie pour compenser le manque d'expérience. Et en utilisant ce langage, il a créé l'essence de la lumière, ici, sur ce plan d'existence. Ce qui le consumera s'il ne lâche pas son sort. »

Harry fronça les sourcils. Pourquoi un si petit sort ferait une telle chose ? Il regarda autour de lui, appréciant la beauté de la lumière, dans sa complexité et ses strates. Que pouvait-il se passer ?

Il avait du se perdre dans les tourbillons hypnotisants de son sort parce qu'il entendit soudain un crissement suraigu. Le tournevis sonique. Cela perça sa conscience et attira son attention hors de ses perceptions immédiates.

« HARRY ! J'AI BESOIN QUE TU RELÂCHES LA MAGIE DE TON SORT TOUT DE SUITE ! »

Son papa, lui hurlant dessus.

Harry baissa ses yeux plissés vers ses mains. La baguette, la baguette de saule pleureur, brillait dans sa main.

« Mais pourquoi ? murmura-t-il. C'est si beau.

— Exactement ! Tu es à l'intérieur du sort depuis deux cloches entières ! Que penses-tu qui va se passer si tu continues ainsi ? »

Harry inclina la tête.

« Je vais finir par épuiser ma magie et m'évanouir, raisonna-t-il.

— Non, tu commenceras à utiliser ta force vitale pour soutenir le sort jusqu'à ce que tu l'aies entièrement utilisée, et tu mourras. J'ai besoin que tu ARRÊTES ce sort ! » dit son papa, avec une pointe de panique dans la voix.

Harry cligna des yeux.

« Je mourrais… Vraiment ? C'est juste si… c'est si beau. Je n'ai jamais rien vu de tel.

— C'est pour ça que le Vieux Haut Gallifreyien a été abandonné. Les gens se perdaient dans le pouvoir de ses mots, et finalement, presque tous les adeptes furent perdus dans leur esprit et leurs créations. Ceux qui sont partis ont refusé de continuer à enseigner le langage. C'est un langage dangereux, Harry, et tu dois arrêter ce sort !

— Mais… je ne sais pas comment, dit-il, avec un gémissement plaintif dans la voix.

— Je peux t'aider avec ça, jeune Harry, dit Merlin. Tu dois sentir la connexion entre toi et ta baguette. Tu dois sentir la magie la parcourir. Trouve ce lien et brise le. »

Harry fit ce qui lui était demandé. Il sentit le passage de sa magie à travers la baguette, la connexion avec le sort. Il utilisait des quantités importantes de magie, tant qu'il se demandait s'il en avait encore. Il ferma les yeux. Il ne pouvait pas regarder sa création et arrêter le sort, il savait au moins ça.

Sa magie protesta alors qu'il arrêta doucement le flot dans la baguette de saule pleureur. Son sort diminua, trembla et fut brisé, et son corps tomba comme une marionnette dont on avait coupé les ficelles.

« Hé papa, dit-il faiblement alors que le Docteur se précipitait pour le tenir. Suppose que je ne devrais pas expérimenter avec les langues et la magie tout de suite, hein ? »

Son papa lui adressa un grand sourire, la panique disparaissant alors que Harry semblait sauf.

« Non, probablement pas. Est-ce que tu peux tenir debout ou est-ce que je dois te porter jusqu'au TARDIS ? »

Harry étudia son corps :

« Je devrais aller bien rapidement. J'ai juste besoin de… m'asseoir ici un moment. Laisse-moi sentir le sol. Ai besoin de stabiliser ma magie.

— Jeune Harry, qu'as-tu fait ? demanda Merlin en s'agenouillant devant Harry, les yeux pleins d'inquiétude.

— J'ai mélangé un langage de pouvoir avec la magie. Puissant, mais aussi très dangereux. C'était magnifique, mais mortel si je m'y étais accroché. J'étais en train de me perdre à l'intérieur de ma magie. Papa a du m'en tirer de force. »

Le Docteur intervint :

« Comme je l'expliquais pendant que Harry jouait avec un pouvoir au delà de son contrôle, le Vieux Haut Gallifreyien était un langage utilisé pour créer et détruire. C'était une sorte de clé au code de l'univers et certainement pas fait pour que les jeunes enfants avec de la magie jouent avec. »

Il regarda Harry, les sourcils levés :

« Je te l'ai dit quand j'ai accepté de te l'enseigner, tu ne dois pas le parler à moins de le devoir absolument, et certainement pas en lien avec la magie. Tu as de la chance que c'était quelque chose d'aussi simple qu'un sort de lumière plutôt que quelque chose de plus compliqué. Je tremble de voir ce qui pourrait arriver si tu essayais de le mêler à un enchantement ou un rituel. »

Harry grimaça :

« Je n'avais pas l'intention d'utiliser le Vieux Haut Gallifreyien. Je veux dire, j'allais essayer d'utiliser le sort en Gallifreyien, mais en Gallifreyien moderne, celui qu'on parle plus souvent, mais une raison ou une autre, ce mot semblait plus… approprié en Vieux Haut Gallifreyien.

— Oh, Harry, qu'est-ce que je vais pouvoir faire de toi ? » se lamenta le Docteur.

Harry lui adressa un sourire moqueur :

« Probablement m'interroger à nouveau sur toutes les règles que tu m'as fait mémoriser quand tu as accepté de m'enseigner le langage en premier lieu, » dit-il.

Harry se tourna vers Merlin :

« Oh, et c'est un bon exemple de la façon dont le langage affecte le sort, n'est-ce pas ? Les langages ne sont pas tous égaux. »

Merlin sourit :

« Non, je suppose que non. Mais je pense qu'utiliser un langage si dangereux prouve moins ton idée que la raison pour laquelle nous utilisons la langue dans laquelle nous l'avons appris. Les langues de pouvoir ont toujours un effet différent sur le sort. Salazar Slytherin parlait Fourchelangue et ses sorts étaient différents quand il parlait dans cette langue. Mais le Fourchelangue est une langue de pouvoir, utilisée uniquement dans des domaines bien particuliers de la magie, principalement pour lancer des enchantements ou des magies de protection. »

Harry hocha la tête en réfléchissant. La magie, décida-t-il, avait bien plus de règles qu'il ne l'avait imaginé. Pas parce qu'on ne pouvait pas faire certaines choses avec la magie, mais parce qu'on pouvait tout faire avec la magie et que c'était dangereux.

Dès qu'il put se lever, il se redressa. Il n'était pas fatigué physiquement, mais il avait découvert qu'épuiser sa magie pouvait faire autant de dommages sur le corps que courir à toute vitesse pendant de longues distances.

« D'accord, laissons de côté toute utilisation de la magie pendant un jour ou deux. Je veux m'assurer que tu récupères bien avant que tu essaies autre chose, » dit le Docteur, en regardant Merlin.

Le magicien acquiesça :

« Ce serait sage. Tu as dépensé beaucoup d'énergie dans ce sort, petit. Tu peux te sentir bien tout de suite, mais tu vas sentir l'effort plus tard. »

Harry soupira :

« D'accord. Plus de magie pour aujourd'hui. »

Le Docteur sourit :

« Nous resterons ici jusqu'à ce que Merlin décide que tu as acquis suffisamment de contrôle, puis nous partirons, dit-il.

— En réalité, Docteur, dès que Harry est reposé, tout ce dont j'ai besoin est une dernière démonstration. Elle était supposée se dérouler aujourd'hui, s'il n'avait pas décidé d'expérimenter. Mais sa capacité à couper le sort est aussi une extraordinaire démonstration du contrôle qu'il a gagné. J'aimerais le voir pratiquer un sort de lumière sans expérimentation pour estimer sa progression. A son âge, cependant, tant qu'il peut le faire sans nous aveugler, il aura acquis autant de contrôle qu'on peut attendre de quelqu'un qui n'a pas encore atteint l'âge d'aller à l'école. »

Harry eut un grand sourire :

« Génial ! »

Le Docteur lui lança un regard :

« Ça ne veut pas dire que tu pourras pratiquer la magie à n'importe quel moment. La magie et l'électronique ne s'entendent pas et si tu réussis à faire quelque chose qui énerve le TARDIS, tu en géreras les conséquences. »

Le sourire de Harry ne s'affaiblit pas.

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Comme Merlin l'avait prévu, Harry sentit une vague de fatigue le frapper trois cloches après avoir quitté le champ. Il avait été assailli de questions par un Arthur curieux, qui avait été gardé à l'écart du champ par un père inquiet et son papa, ainsi que les regards des chevaliers qui s'étaient précipités vers le champ en pensant être attaqués. Merlin et le Docteur avaient assuré que c'était simplement un sort qui avait mal tourné, mais l'intensité de la lumière les avait tout de même inquiétés.

Il se laissa glisser de table et vers son lit dès que ses paupières commencèrent à se fermer. Il était endormi au moment où il tomba sur l'oreiller.

Dans la cuisine, Rose regarda avec un sourire le petit garçon sortir sans un mot. Le Docteur lui avait dit plus tôt que ça arriverait, après qu'elle se soit ruée vers le champ en le suivant.

Elle était en train de se promener à travers différentes pièces du TARDIS, se demandant si elle pouvait retrouver la salle de sport qui existait quand elle était jeune. Cela faisait si longtemps qu'elle ne se souvenait pas où elle était exactement, et elle était en train d'ouvrir porte après porte, traverser différentes arches, se demandant à quelle profondeur du TARDIS elle était. Puis un fort bourdonnement envahit l'air et elle se retrouva à marcher à travers les portes de la salle de contrôle principale. Quelque chose n'allait pas.

Elle soupira alors que les portes s'ouvraient en grand et que le Docteur entra, les yeux fous.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda-t-elle, envisageant toutes les possibilités de l'attaque d'aliens à un accident magique.

C'était ce dernier, découvrit-elle, et Harry en était en plein coeur. Elle pouvait voir l'éclat depuis les portes du TARDIS. Elle s'était précipitée vers la source de la lumière après le Docteur, étonnée que, malgré la brillance, elle pouvait voir parfaitement. Le roi, Arthur et un certain nombre de chevaliers étaient au bord du champ et Paskal la retint en arrière.

« Le Docteur a dit de garder tout le monde ici. Il ne sait pas ce que la magie de jeune Harry peut faire si quelqu'un s'approche trop, dit le chevalier.

— Ce ne serait pas la première fois que je n'écouterais pas le Docteur, et ce ne sera pas la dernière fois, lui dit-elle, en repoussant sa main de son épaule.

— Dame Rose, ce n'est pas simplement les effets que ça pourrait avoir sur vous ou sur quelqu'un d'autre, mais ce que ça pourrait faire à Harry. Il utilise une grande quantité de pouvoir. Nous ne savons pas ce qui peut se passer si quelqu'un le distrait ou l'approche trop et il perd le contrôle, » lui dit le roi.

Rose hésita. C'était effectivement un très bon point, concéda-t-elle. Donc elle resta là où le Docteur les avait laissés, nerveuse.

Arthur était également inquiet pour son ami et trouva réconfort auprès de Rose, qui s'assit près de lui sur l'herbe et réconforta le prince.

« Qu'est-ce qui se passe si le papa de Harry et Merlin ne peuvent pas arrêter ça ? » demanda Arthur, ses yeux bleus écarquillés.

Rose serra le garçon contre elle :

« Ils vont le faire. Harry a fait beaucoup de choses stupides et il a toujours réussi à s'en sortir correctement.

— Mais si jamais ? Je ne veux pas perdre mon ami, dit Arthur.

— Harry pourrait perdre sa magie, dit Rose doucement. Il pourrait dépenser toute son énergie et se retrouver dans le coma. Il pourrait disparaître de ce plan d'existence. »

Les yeux de Arthur étaient écarquillés et pleins de peur.

« Mais si tu continues à penser ainsi, tu vas te laisser envahir par la peur. Nous devons espérer que le Docteur et Merlin peuvent aider Harry à s'arrêter avant que ça ne devienne trop grave. »

Arthur hocha la tête. Il espérait éperdument que son ami irait bien.

Le sort de Harry finit par disparaître et la lumière se dissiper. Rose regarda Harry tomber sur le sol comme une marionnette, et le Docteur se dépêcher de vérifier s'il allait bien. Le garçon s'assit, parla et Rose comprit qu'il allait s'en sortir.

Arthur avait un grand sourire. Son ami avait réussi. Il allait bien. Quand Harry revint vers eux, Arthur fit un grand signe de la main. Harry leva une main en retour et Rose sut qu'il allait bien.

Le Docteur regarda Rose, lui demandant en articulant silencieusement d'emmener Harry au TARDIS. Il resterait en arrière pour expliquer ce qui s'était passé à un roi inquiet et ses chevaliers. Rose hocha la tête. Elle souleva Harry dans un câlin et l'emmena au TARDIS, redirigeant toutes les questions vers le Docteur.

Elle cuisina, parlant de choses sans importance alors que Harry s'effondrait dans sa chaise. Elle pouvait voir l'épuisement s'installer, et elle le convainquit de manger un peu avant de dormir. Il réussit à terminer la moitié de son assiette avant de se diriger en trébuchant vers son lit.

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Deux jours après la décision peu sage de Harry d'expérimenter avec les langues et la magie, Merlin, Harry et le Docteur se tenaient dans le même champ.

« Bien, Harry, aucune expérimentation linguistique. Utilise juste le latin, » dit le Docteur.

Harry acquiesça :

« J'ai compris ma leçon, oui. J'essaierais les langages et la magie quand j'aurais un meilleur espace d'étude pour ça.

— Si tu le fais, » répliqua le Docteur.

Il leva un sourcil devant la moue vexée de Harry.

« Jeune Harry, lève ta baguette. Le sort de lumière, comme nous l'avons discuté, » ordonna Merlin, tenant sa baguette prête au cas où quelque chose d'inattendu arriverait.

Harry hocha la tête. Il rassembla ses pensées et leva sa baguette. Il se concentra sur le mot dont il avait besoin et prononça ''Lux''.

Les peurs de Merlin étaient infondées : une douce lumière jaillit de l'extrémité de la baguette de Harry. Elle brillait avec un éclat stable et était juste assez forte pour être utile.

Le Docteur et Merlin laissèrent échapper un soupir de soulagement.

« Et bien, jeune Harry, il semble que ton temps ici a été fructueux. Ton contrôle s'est considérablement amélioré ! »

Harry eut un grand sourire joyeux.

« Même si je suis très heureux que tu puisses à présent contrôler ta magie, Harry, il est à présent temps de s'en aller, ne penses-tu pas ? » dit le Docteur en posant une main sur l'épaule de Harry.

La petite balle de lumière disparut. Harry regarda son papa, puis Merlin.

« Vraiment ? Je veux dire, Merlin pourrait m'apprendre encore tant de choses, et Arthur est toujours un idiot, mais il est génial et son papa pense que je suis intéressant et je n'ai pas encore assez gagné aux échecs contre lui. »

Merlin sourit au jeune garçon :

« Toi, jeune magicien, tu es encore trop jeune pour toute la magie que tu pourrais apprendre. Tu as maîtrisé un peu de contrôle, quelque chose que j'espère tu continueras à pratiquer quand tu grandiras, mais ton corps n'est pas encore assez âgé ou assez fort pour supporter le niveau de sorts que tu veux pratiquer. C'est pour ça que les enfants n'apprennent pas beaucoup avant qu'ils aient dix ou onze ans. Je t'ai enseigné des sorts basiques, simples qui sont adaptés à une magie sous-développée et ne te feront pas de mal. Tu es plus que capable d'apprendre d'autres sorts, plus de magie, mais tu n'es pas prêt magiquement. Tu dois mûrir un peu plus. »

Harry soupira :

« Donc je suppose qu'il est temps de partir. Mais je m'amusais tant ! »

Le Docteur attira Harry dans un câlin.

« On va aller dans d'autres endroits excitants, d'accord ? Et tu vas suivre plus de cours de magie que tu ne sauras quoi en faire suffisamment vite.

— Je veux dire au revoir à Arthur et son papa d'abord, dit Harry en fronçant les sourcils. Tant que ça n'implique pas de festins ou autres. »

Le Docteur rit :

« Oh, tu vas devoir t'enfuir pour éviter ça ! dit-il.

— Papa, est-ce qu'on a toujours cette tablette qui peut envoyer des messages à une tablette liée et qui ressemble à un vieux journal ? Parce que je veux la donner à Arthur pour que je puisse parler avec lui. »

Harry s'écarta de son papa, les yeux verts pleins d'espoir. Le Docteur réfléchit.

« Je suppose… si tu les trouves, je les programmerai correctement pour que les messages puissent passer de l'une à l'autre. Mais JUSTE entre ces deux tablettes. Nous ne laisserons pas plein de technologie du futur ici. »

Harry eut un grand sourire :

« Merci papa ! »

Et il détala. Merlin se tourna vers le Docteur avec un regard curieux :

« Qu'est-ce que Harry va donner à Arthur, exactement ? » demanda-t-il.

Le Docteur sourit :

« C'est comme un journal qui, quand on écrit dedans, fera apparaître exactement le même message dans un autre journal. J'ai laissé Harry jouer avec il y a un certain temps, et il les as déguisés en vieux livres avec des pages blanches. Ils sont suffisamment innocents pour ne pas qu'ils sortent du lot, et Harry pourra garder contact avec un ami d'à peu près son âge. »

Merlin hocha la tête :

« Je me demande, Docteur, s'il y a une sorte de magie dans les choses que vous êtes capable de faire. Je sais que vous n'avez pas de magie, pas la magie que Harry et moi possédons, mais quelque chose comme ces journaux semble certainement magique pour moi, même si vous dites qu'ils ne le sont pas. »

Le Docteur réfléchit :

« Un fameux auteur, dans l'avenir de votre planète, a dit un jour : ''Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie'' et je suppose que c'est, dans un sens, de la magie pour vous. Je ne peux pas vous l'expliquer de façon à ce que vous compreniez comment ça marche. Vous n'avez pas la technologie pour en comprendre les concepts. Mais ce n'est pas de la magie à votre sens non plus. Cela a pris des années à quelqu'un pour comprendre comment envoyer des messages texte d'un appareil à un autre, et encore plus longtemps pour rendre ça pratique. Votre planète a encore des centaines d'années à parcourir avant d'atteindre ce point. »

Merlin sourit :

« Je crois que je comprends ce que votre écrivain ressent. L'essentiel de ce que vous venez de dire me semble être de la magie. »

Le Docteur eut un grand sourire.

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Ils n'eurent pas à fuir pour éviter un festin, au plus grand soulagement de Harry. A la place, les au revoirs furent dits dans la relative quiétude de la salle du trône, où Arthur prenait des leçons de stratégie avec son père.

« Harry ! Viens m'aider, je n'arrive pas à comprendre comment battre mon papa et tu sembles y arriver, dit Arthur en faisant signe à Harry de s'approcher. Et qu'est-ce que tu as dans les mains ?

— Essaie de déplacer ton cavalier en F5. Tu devrais réussir à sauver quelque chose à partir de là. »

Arthur scruta le plateau, étudiant le déplacement de Harry, puis soupira et déplaça son cavalier.

« Et aussi, je pars, donc je voulais te donner quelque chose pour qu'on puisse garder contact. »

Arthur leva les yeux vers Harry.

« Déjà ? Je veux dire, tu n'es ici que depuis deux semaines, je pensais que tu resterais ici plus longtemps ! »

Harry secoua la tête :

« Merlin dit que j'ai acquis autant de contrôle que je peux pour l'instant, et je ne peux rien apprendre d'autre pour le moment, donc il est temps de bouger. Nous allons déposer Kirigal sur une jolie planète, et puis nous réfléchirons où aller ensuite.

— Et bien, je suppose qu'il est temps de se dire au revoir alors, dit Arthur en baissant la tête. Tu es plutôt génial, même si tu es assez étrange. »

Harry eut un grand sourire :

« Pas vraiment au revoir. Papa a dit que je pouvais te donner ceci. Nous pouvons continuer à parler ensemble comme ça. »

Il tendit le mince journal relié de cuir. Arthur le prit en fronçant les sourcils.

« Un journal ? Est-ce que c'est une sorte de magie ? Comment est-ce que je peux te parler avec ça ?

— Il a un journal jumeau, le mien. Quand tu écris là-dedans, le message apparaît dans mon journal, et quand j'écris dans le mien, les messages apparaissent dans le tien. Donc on peut se parler comme ça. »

Arthur inclina la tête.

« Ce n'est pas de la magie, c'est de la technologie. Même si je suppose que ça ressemble à de la magie pour toi, donc ça doit être la meilleure façon de l'expliquer, comme une sorte de magie. »

Cela sembla satisfaire le désir de réponse de Arthur et il eut un grand sourire :

« Merci ! Je n'ai jamais vraiment eu un ami comme toi, je suis heureux de pouvoir continuer à te parler ! »

Le roi, qui avait regardé l'échange avec un sourire, se leva :

« Oui, merci, jeune Harry. Tu as été un ajout merveilleux au château pendant ton séjour ici. Dis à ton père et à Dame Rose qu'ils nous manqueront également. »

Harry adressa un grand sourire au roi :

« Vous n'allez pas manquer être battu aux échecs, n'est-ce pas ?

— Je crois que le score est de quatre parties contre six, avec seulement deux parties en ta faveur, » lui rappela le roi.

Harry leva les yeux au ciel.

« Faites un bon voyage.

— Quoi, pas de festin ? demanda Harry. Pas que j'en veuille un, c'est juste que je m'attendais à devoir en éviter un avec plus d'efforts. »

Le roi rit :

« Non, pas de festin. Cela prend trop de temps à en organiser un et vous ne pourrez pas être convaincus de rester plus longtemps. Je vais apprécier entendre vos aventures via Arthur.

— Oui, assure-toi de m'écrire ! Je veux tout savoir des endroits où tu vas ! Je n'ai jamais vraiment l'occasion de quitter le château, donc je veux tout entendre te concernant, » dit Arthur, en tenant le journal contre sa poitrine.

Harry hocha la tête :

« Bien sûr ! Salut ! »

Les deux membres de la famille royale regardèrent le garçon courir hors de la pièce, quittant le château pour la dernière fois.

« Il va être quelqu'un de grand, n'est-ce pas, père ? demanda Arthur.

— Je n'attends rien de moins de sa part. Tu t'es fait un ami très important, Arthur. Veille à garder ce journal près de toi. »

Arthur serra le journal contre lui alors qu'il se rasseyait pour terminer la partie.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Harry trouva Merlin se tenant devant le TARDIS, parlant avec son papa. Alors qu'il courait pour les rejoindre, le sorcier se tourna pour lui sourire.

« Harry, veille à pratiquer ton contrôle, tout particulièrement quand tu commenceras ta scolarité.

— Bien sûr que je le ferai. Je ne veux pas faire exploser mes professeurs. Ça donnerait une mauvaise première impression.

— Tu as mis le feu à mes robes, lui rappela Merlin avec un pétillement dans les yeux. Deux fois.

— Votre faute, dit Harry avec un sourire. C'est vous qui avez décider de m'enseigner comment faire des étincelles. »

Merlin secoua la tête avec un petit rire.

« Au revoir jeune sorcier. Je te souhaite le meilleur à l'avenir. »

Harry, impulsivement, enroula ses bras autour de Merlin, le serrant fortement, avant de se ruer dans le TARDIS.

« Merci, Merlin, pour tout. » dit-il en sortant la tête par la porte avant de retourner à l'intérieur.

Merlin entendit ses pas retentir en écho depuis la petite boite bleue. Le Docteur eut un petit rire.

« Au revoir, Merlin Emrys, dit le Seigneur du Temps avec un grand sourire. Et merci, d'avoir enseigné à mon fils.

— Le plaisir était pour moi, Docteur. Au revoir. Saluez de ma part Dame Rose également.

— Je le ferai. »

La porte se ferma et Merlin se recula alors que la boite bleue disparaissait dans le vie, emportant les trois personnes les plus intéressantes que Merlin avait jamais rencontrées.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est une fin ~~~~~~~~~~~~~~


Note de la traductrice :

J'ai un jour de retard par rapport au programme. Mais avec les chapitres de plus en plus longs et la vie qui continue, difficile de réussir à se tenir à ce programme. Néanmoins, je le maintiens pour le moment, en espérant être à l'heure à l'avenir, ou n'avoir qu'un jour ou deux de retard.

Donc, date prévue du prochain chapitre : mardi 1er août ! :)

A bientôt !