Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Blackcatkuroi
Nombre de chapitres de l'histoire originale : 34, en cours
Nombre de chapitres traduits : 20
Chapitre 20 - Où il y a une découverte
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Le matin vit Harry entrer en trébuchant, deux heures plus tard que d'habitude, dans la cuisine, tirant ce que Rose pensait être un pantalon argenté mais n'était pas suffisamment défini pour être un pantalon. Sa chemise était une sorte de tissu noir enroulé dont elle se demanda comment il avait réussi à l'enfiler à moitié endormi.
Il ne l'avait pas encore vue, les yeux encore à moitié fermés. Il erra vers le réfrigérateur, évitant les divers obstacles qui étaient par terre depuis bien trop longtemps vu l'aisance avec laquelle il les contournait. Quelques minutes après avoir ouvert la porte, il émergea avec une assiette couverte d'une sorte de pâte verte, un morceau de pain, et ce qui semblait être une combinaison difforme de pomme et de pêche. La couleur était certainement très vive.
Harry mangea la moitié de la nourriture qu'il s'était procurée avant de s'asseoir, tendant aveuglément la main vers le gobelet qu'il avait laissé sur la table pour le dîner et le vidant.
« Ah, meilleur jus de l'Univers… Oh, Rose. Salut.
— Salut. Je vois que tu es enfin conscient. »
Harry se gratta la tête :
« Et bien, Vanderian a dit que je devais dormir plus que d'habitude et le sommeil en plus m'a rattrapé, je pense. Pas l'habitude. Toujours en train de m'adapter.
— Ne l'écoute pas, Rose. Six fois sur dix, il ne réalise même pas ce qu'il met dans son assiette. »
Le Docteur entra, les cheveux plus ébouriffés que la normale, et les yeux pétillants. Son fils lui lança un regard noir. Il l'ignora.
« Donc, Docteur, prêt pour une aventure ? Harry ne doit pas commencer sa carrière de mannequin avant encore deux heures, et il y a quelqu'un de l'Académie qui nous attend déjà dehors. Liffra, je crois. Une sorte de créature lisse et métallique, presque mercurielle, je dirais. Très jolie. »
Rose but le reste de son jus d'orange, le seul jus qu'elle reconnaissait dans le réfrigérateur, avant de se lever.
« Oh, et Kyst est dehors aussi, Harry. »
Harry agita le fruit dans sa main pour signifier qu'il l'avait entendue avant de mordre dans la peau, et une fontaine de jus violet jaillit, couvrant son visage et allant jusqu'à ses cheveux.
« Tu devrais savoir qu'il ne faut pas mordre dans un Balveri Grastim avant de le percer, entendit-elle dire le Docteur.
— Ils devraient être vendus pré-percés, » fut la réponse d'un Harry toujours pas vraiment réveillé.
Rose rit. Le TARDIS lui avait manqué.
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Harry, les cheveux ébouriffés et tout juste secs, passa les portes en bondissant et vit Kyst flotter non loin. Après sa rencontre avec le fruit de Balveri, il avait dégouliné de jus sur tout le chemin jusqu'à la douche, et l'avait allumée à pleine puissance. Il était en tout cas bien réveillé après ça.
« Bonjour, ou peu importe ce qui fonctionne ici. Sais jamais. Enfin, on va d'abord chez Vanderian, c'est ça ? Venez ! »
Harry se dirigea vers l'arche conduisant vers le pont noir, pieds nus et cheveux loin de se calmer. En fait, Kyst avait l'impression qu'ils étaient encore plus ébouriffés que la normale.
Kyst émit des tourbillons de fumée autour de lui en signe d'exaspération amusée.
« Oui, chez Vanderian. Si je peux me permettre, savez-vous quel type de focus vous avez ? »
Ça avait été la première question qui avait été lancée à Kyst dès que ses camarades gardes avaient eu le temps. Ils avaient tous entendu parler du voyage de Harry chez Vanderian, c'était de notoriété commune dans tout le bâtiment du Conseil dès le coucher du soleil. N'ayant pas la réponse, Kyst avait été tour à tour grondé et moqué pour ne pas être plus curieux.
Harry sourit :
« Ouaip ! Vanderian a dit que c'était un type Mobile Sauvage. Cela ressemblait à une baguette vraiment chic, avec des runes sur toute la longueur tournant dans le sens contraire des aiguilles d'une montre et le Kifeern Noir et la Relique Fumée enroulés ensemble. Quand ce sera terminé, je vous montrerai. »
Il courut devant Kyst, qui s'était arrêté d'étonnement.
Un type mixte ? Seul un seul magicien à l'Académie pendant que Kyst y était avait un type mixte, et c'était un focus hérité qui lui avait convenu parfaitement. Ils étaient rares et imprévisibles, puisque les types mixtes se basaient sur deux manières fondamentalement différentes de contrôler la magie. Harry aurait une discussion assez intéressante avec les professeurs de l'Académie, pensa Kyst, se dépêchant pour parvenir à suivre l'enfant excité. Enfin, Harry ne pouvait pas avoir d'autre type de discussion, en étant aussi curieux et avide de connaissance qu'il l'était.
La boutique de Vanderian apparut et Harry ne s'embêta même pas avec la poignée, entrant dans la salle principale d'exposition et cherchant autour de lui le fabricant de focus.
« Vanderian ? Je suis de retour ! Est-ce qu'on peut faire la partie suivante du focus ? » dit Harry, essayant de ne pas crier mais incapable de rester calme.
L'excitation faisait ressortir le meilleur comme le pire de lui.
Vanderian émergea d'une pièce sur le côté, regardant l'enfant qui avait surgi dans son domaine avec un amusement affectueux :
« Oui, oui, nous allons tester ton niveau de puissance magique. Je sens qu'il sera suffisant mais je préférerais ne pas laisser cela à la chance et au hasard. Il y a tant qui peut mal tourner si tu n'es pas en bonne forme, jeune magicien. »
Vanderian sortit son focus, le tenant entre ses doigts branchus.
« Reste immobile. C'est le charme de diagnostic le plus basique, cela va me donner une lecture de ton essence. »
Harry résista à l'envie de se tortiller et regarder son corps alors que la vague de magie passait, le chatouillant au passage.
« Et bien, est-ce que je vais bien ? C'était bizarre. »
Vanderian souffla :
« Oui, jeune magicien, tu as suffisamment récupéré. Presque complètement récupéré, comme je le pensais. Puisque ta magie a seulement été extraite de toi et non pas dirigée par toi, elle a récupéré bien plus vite car il n'y avait pas de canaux magiques à guérir. »
Vanderian se tourna, se dirigeant vers la pièce principale.
« Suis-moi à présent. Kyst, veuillez attendre dehors à nouveau. Je crois que j'ai une collection intéressante d'holo-enchantements que mes arbrisseaux m'ont donnée si vous voulez y jeter un coup d'oeil. Ils sont dans la salle holographique, au fond du couloir à gauche. »
Kyst tournoya :
« Merci. Je pense que je peux attendre, mais je vais peut-être en profiter. »
Harry eut un grand sourire et agita la main en direction de Kyst tout en suivant Vanderian dans la pièce de l'autel. Son focus était posé là où il l'avait laissé, et il se précipita, s'empêchant de le toucher à à peine quelques centimètres de la surface.
« Est-ce que je peux ? demanda-t-il en se rappelant de sa promesse de ne pas toucher aux objets pour lesquels il n'avait pas la permission dans la boutique de Vanderian.
— Tu peux, jeune magicien, mais nous devons reprendre le travail. Nous allons commencer le processus d'incrustation du fil d'ancrage. Tu en as deux, et ils doivent être dirigés par toi. Tu devras tenir à la fois la partie principale du focus et les matériaux d'ancrage. Cela peut prendre un peu de temps, car les fils d'ancrage sont connus pour être difficiles à diriger. »
Harry souleva son focus, s'émerveillant de la douceur des bosses et le parfait contrepoint réalisé par les runes.
« Okay, qu'est-ce que j'ai besoin de faire ?
— Aujourd'hui, j'ai besoin que tu penses à tout ce qui te crée, qui tu es, pas seulement ta magie, mais aussi ton père, ta maison, tes amis, comment tu es devenu toi. Ouvre ta magie à nouveau, et concentre-toi. Tiens les fils d'ancrage de façon lâche dans une main et la base de ton focus dans l'autre. »
Harry souleva les fils doré et vert.
« Oui, comme ça. Maintenant, pense. »
Harry ferma à nouveau ses yeux, sentant les matériaux dans sa main et entendant le chant de Vanderian. Sa magie se précipita vers la surface de sa peau, s'arrêtant juste à la frontière. Harry grogna.
« Attendez, désolé Vanderian, j'ai oublié que je porte mon restricteur. »
Il le défit rapidement alors que Vanderian arrêtait le sort.
« Désolé.
— Si tu es prêt à présent, jeune magicien ? »
Vanderian aussi avait oublié, si peu de monde portait un restricteur en permanence, et peu continuait à les porter après avoir atteint l'âge de l'évaluation. Harry hocha la tête.
« Bien, maintenant, concentre-toi. »
Harry se replongea dans les pensées qu'il avait fait apparaître plus tôt. Le chant commença à nouveau, et sa magie glissa à travers sa peau et entoura ses mains.
Son père remplit son esprit. Le Seigneur du Temps qui l'avait élevé, qui lui avait appris les planètes et les étoiles et les systèmes et les peuples et les langages, qui partageait son propre langage avec l'enfant principalement humain et lui enseignait tout ce qu'il pouvait. Qui l'emmenait dans des aventures à travers tout l'Univers et le mettait entier à sa portée pour le découvrir. Qui le serrait dans ses bras tous les soirs et prenait soin de lui quand il était malade et qui s'assurait qu'il mangeait quand il oubliait.
Le TARDIS, sa maison, son deuxième parent, qui le grondait quand il faisait une bêtise en cachant des pièces et en piégeant ses affaires, qui veillait sur lui et s'assurait qu'il dorme assez, qui lui donnait accès à toute la connaissance qu'il pouvait vouloir et l'espace pour expérimenter. Qui bourdonnait de douces berceuses à travers leur connexion pour l'endormir et qui le réveillait gentiment quand il devait se lever.
Oncle Jack, l'Immortel et son compagnon dans des jeux extraordinaires et enfantins pour lesquels son père renâclait un peu avant de les rejoindre avec réticence. Oncle Jack, le séducteur notoire qui était tombé amoureux du maître des potions aux yeux en pierre de lune de Hogwarts et était resté. Oncle Jack, qui l'aidait à s'assurer qu'il ne se lance dans rien de trop dangereux, mais le laissait jeter des coups d'oeil discrets à son bracelet jusqu'à ce que son papa dise que Harry avait besoin de quelques leçons supplémentaires en physique temporelle avant de commencer à jouer avec ce type de technologie.
Rose, la compagne de son papa, il supposait. Femme était un mot si étrange, et cela ne correspondait pas à Rose, c'était trop lié à la Terre pour lui pour que ça corresponde à la Rose qu'il avait appris à connaître. Rose était forte et tenait tête à son papa et s'assurait qu'il n'aille pas n'importe où ou ne fasse pas des choses stupides ou ne parle pas pendant des heures et des heures. Rose pouvait vaincre Jack dans un duel à mains nues et lui avait appris à frapper et donner des coups correctement. Harry pensait que ce qu'elle faisait ressemblait à de la danse, alors que Oncle Jack semblait trop raide.
Arthur, l'enfant qui serait Roi un jour, et qui était son premier ami. Il essayait d'écrire à Arthur avant d'aller se coucher et Arthur essayait de répondre quand il se levait le matin. Son père s'était assuré que les livres soient connectés dans l'ordre chronologique pour que Harry ne soit pas soudain en train de parler à un Arthur vieil homme un jour et un jeune Arthur le lendemain. Arthur, qui aimait la magie de Harry et jouait au loup ou à cache-cache. Qui était si sûr de lui, jusqu'à ce que Harry se moque de lui et l'entraînait dans la boue pour s'amuser.
Sa magie tournoya autour de lui et Harry sentit ses mains bouger. Il n'était pas sûr de ce qu'elles faisaient, trop concentré sur ses pensées et son passé.
Vanderian regarda le processus prendre lentement place. Les mains de Harry, tenant les matériaux, se rapprochèrent, et ses doigts tirèrent les fils d'ancrage jusqu'à ce qu'ils soient deux fois plus longs que la base. Puis, en commençant par le sommet, ils entortillèrent les deux couleurs ensemble jusqu'à ce qu'une fine corde se forme.
Ses doigts trouvèrent la fissure entre les bosses, et doucement, très doucement, commença à appliquer la fine cordelette dorée et verte dans cet espace jusqu'à ce qu'elle s'enfonce, et soit à niveau avec le bois. Tournoyant encore et encore, Vanderian regarda les doigts de Harry presser le fil dans le bois, l'installant et le fixant avec la magie. Son chant était constant, conscient que la magie de Harry en suivait la direction.
Enfin, le dernier morceau fut fixé dans la base et le focus flotta en direction de l'autel. Vanderian ralentit et arrêta son chant, et regarda Harry sortir de la transe dans laquelle il avait été plongé.
Le focus émettait une lumière scintillante et Harry eut un grand sourire ravi :
« Ma magie me donne l'impression d'être comme hier après-midi, dit-il. Mais mon focus a l'air génial !
— Il est en effet, génial, comme tu dis, jeune magicien, accorda Vanderian. Pour l'instant, laissons le reste de ta magie à l'état libre faire son travail et fixer le matériau d'ancrage. Ne le touche pas, tu peux revenir demain pour la partie suivante du focus. Pour le moment, je crois que tu as un rendez-vous avec Prysh, n'est-ce pas ?
Harry cligna des yeux. Il n'était pas le meilleur pour dire le temps, mais ça n'avait pas duré aussi longtemps, si ?
« Cela fait à peu près une heure et une moitié d'une autre. Tu as encore la moitié d'une autre heure avant que le spectacle de Prysh commence. Je me dépêcherais, jeune magicien. »
Vanderian sourit alors que Harry sursautait et salua le garçon qui se ruait dehors. Il n'avait aucun doute que Kyst ne serait pas loin derrière.
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Comme l'avait dit Rose, Liffra la Mercurite attendait à l'extérieur du TARDIS, parlant dans un cristal et effectuant quelques gestes dans l'air avec un morceau de bois tordu tenu par un membre mince. Kyst flottait non loin et tourbillonna pour saluer le Docteur et Rose. Ils agitèrent la main en retour.
« En effet. J'ai besoin d'accéder aux enregistrement du Musée, sur les Premiers Documents. Oui, je sais qu'ils sont sous protection, j'ai la permission des Grands Membres du Conseil dans leur ensemble pour emmener le Docteur et Dame Rose aux Premiers Documents. Vous pouvez envoyer une Pensée à leurs cristaux si vous voulez vérifier, mais préparez simplement les Documents pour dans une demi-heure. »
Liffra tapa le cristal avec son focus et il s'éteignit.
« Bonne matinée à vous, Seigneur du Temps et Dame Rose.
— Bonjour Liffra. Y a-t-il un problème avec le Musée ? » demanda Rose, inquiète.
Elle avait eu l'impression que toutes les procédures s'étaient bien déroulées. Liffra secoua la tête, un ovale lisse avec des taches sombres pour les yeux et la bouche, la surface scintillante de son corps étincelant à la lumière :
« Pas en particulier. Juste un Gardien des Documents sur-protecteur. Malgré les instructions du Conseil, je voulais m'assurer qu'ils seraient prêts pour être examinés. Les Premiers Documents sont sous des sorts extrêmement protecteurs, car ils ont des milliers d'années. Ils n'ont jamais été traduits jusque là, et sont considérés comme le but ultime des linguistes de toute la planète. Même des magiciens hors de la planète qui se spécialisent dans les magies linguistiques et les langues viennent au Musée pour essayer de comprendre quel est ce langage, mais ils n'y sont encore jamais arrivés. »
Liffra regarda le Docteur et Rose :
« Cependant, ils n'ont encore jamais été examiné par un Seigneur du Temps ou quelqu'un qui a été à bord du TARDIS. »
Rose rit. Elle avait de beaux souvenirs de ses jeunes années dans le Monde de Pete à tenter de comprendre pourquoi tout le monde lui parlait en anglais, même dans les endroits où l'anglais n'était pas commun. Il lui avait fallu une conversation avec John pour réaliser que, si on passait suffisamment de temps à bord du TARDIS, la Matrice de Traduction, plutôt que de traduire constamment, modifierait une partie du cerveau pour permettre à toute parole d'être perçue dans la langue maternelle de la personne.
Elle se souvenait de la base avec le langage intraduisible écrit sur les murs par un archéologue essayant de remplir le temps, et regarda le Docteur avec inquiétude.
Il semblait qu'il s'en souvenait également.
« Peu probable que ce soit quelque chose de similaire. Ce rocher était à une époque bien antérieure à la formation même de cette galaxie, les habitants qui ont écrit ce langage n'étaient plus en vie quand l'étoile ici à commencer à briller, » dit-il, et Rose se détendit.
Cette aventure était une qui était beaucoup trop proche de ce qu'elle considérait comme mortel et potentiellement bouleversant une vie.
Ils empruntèrent une autre porte pour sortir du Conseil, et s'éloignèrent des Boutiques de la Rue Orange pour se diriger vers, de ce que Rose pouvait voir, ce qui ressemblait à une ville construite sur différents niveaux. Quelques bâtiments ressemblaient à ce qu'elle connaissait des bâtiments, s'élevant du sol sur plusieurs étages, même s'ils étaient peints de couleurs vives et possédaient des formes fantastiques plutôt que les banals marrons, noirs, beiges, gris ou blancs qu'elle connaissait dans la plupart des grandes villes. Même dans les cinquante dernières années de sa vie, les humains ne semblaient pas pouvoir échapper aux structures géantes en verre avec des peintures ennuyeuses.
D'autres bâtiments ressemblaient à ceux posés au sol, mais étaient suspendus à quelques étages dans les airs. Quelques uns, Rose aurait eu du mal à les appeler bâtiments. C'était des formes abstraites sans silhouette concrète, quelques uns bougeant dans la brise, d'autres contre le vent, d'autres enracinés en un point fixe. Autour des bâtiments, au-dessus, en-dessous et à travers, se trouvait une matrice de lignes brillantes que Rose devinait être des points de transports ou des sortes de câbles de construction.
Quelques uns avaient des formes étranges, et semblaient pliés dans d'étranges directions, certaines parties semblant clignoter au coin de son oeil. Quelques bâtiments entiers semblaient apparaître et disparaître de sa vision, et étaient perturbants et difficiles à se concentrer dessus.
Et la foule des différentes espèces, êtres et créatures était très évidente. Contrairement aux Boutiques de la Rue Orange, qui étaient pour la plupart vides, il y avait de la vie dans la ville qu'ils approchaient. Une vie bougeant rapidement, aux formes variées, aux couleurs diverses. Quelques êtres très grands, au delà des quatre mètres, dominaient la foule. Un était aussi mince qu'une brindille, filiforme et avec de nombreux membres. Les autres étaient plus massifs et se déplaçaient en groupe.
« C'est la ville principale du Quartier Nord-Ouest d'Haleysio, Julist. Elle a le plus grand centre de mode et possède un nombre incroyable d'enchanteurs et d'artisans. Être aussi proche des Boutiques de la Rue Orange est très désiré, et très profitable, dit Liffra.
— Ces boutiques, les Boutiques de la Rue Orange, je me souviens avoir entendu qu'elles étaient dédiées aux meilleurs artisans, mais pourquoi étaient-elles aussi vides hier ? Nous étions les seuls là-bas de toute la journée, dit le Docteur.
— C'est la semaine précédant le Festival de l'Appellation, sourit Liffra. Tous les propriétaires des Boutiques de la Rue Orange sont aussi des Magi en tout sauf en titre, et aident habituellement l'Académie ou avec les sorts qui conduisent le Festival. Vanderian le Fabricant de Focus est le seul qui refuse de participer car il y a peu d'intérêt pour sa spécialité aussi tôt. Le Jour du Festival, il aide habituellement dans les sorts les plus complexes nécessaires puisqu'ils utilisent souvent les matériaux avec lesquels il a l'habitude de travailler, et il est l'un des meilleurs Concepteurs de Bouclier. C'est aussi lui qui protège le Festival contre toute magie perdue, » dit Liffra.
Ils sortirent de la rue principale juste avant d'atteindre la cité et prirent un chemin latéral tournoyant à travers une vie florale colorée. Au dessus d'eux, une ligne de la matrice étincelante s'étirait.
« Liffra, que sont ces lignes ? Je les ai vues partout, même au Conseil, mais il n'y en avait pas vers les Boutiques de la Rue Orange. Est-ce que c'est des moyens de transport ou quelque chose comme ça ? demanda Rose en pointant vers le haut.
— Oh, les Lignes de Cristal ? C'est la Matrice pour les Cristaux de Pensée. Presque tout le monde en a un, en tout cas à partir de l'âge d'aller à l'Académie. Ils permettent une communication instantanée n'importe où dans la Matrice, et elle s'étend sur presque toute la planète. Il y a quelques zones particulières qui ne sont pas couvertes, comme les Boutiques de la Rue Orange, les Champs, le Malspaiin tout au Nord, le Havre à l'Est, et quelques résidences et zones privées qui ont demandé à rester hors de la grille. »
Cela ressemblait beaucoup au téléphone mobile rendu magique, pour Rose.
« Oh, c'est brillant ! J'adore le concept, combien de temps ça a pris pour l'installer ? demanda le Docteur. Comment ça marche ? Est-ce que les Cristaux sont personnalisés ou y a-t-il des caractéristiques particulières ? »
Liffra sortit le petit cristal dans lequel elle avait parlé plus tôt.
« La Matrice est relativement simple à étendre à partir d'un Noeud donné. Quand il n'y a pas de Noeud, une petite équipe de la Régulation de la Matrice a besoin de quelques jours pour installer un Noeud avant de le connecter à la Matrice. »
Elle sortit son focus, un tortillon de bois rouge brillant, et tapota le Cristal plusieurs fois.
« Chaque Cristal est lié au focus de son propriétaire, ce qui est la raison pour laquelle on doit être en âge d'aller à l'Académie pour en avoir un. Sans Focus, on ne peut pas utiliser le Cristal. »
Rose et le Docteur examinèrent le Cristal de Liffra. Il était d'un bleu perlé et émettait une douce lumière à des intervalles réguliers.
« C'est très beau, dit Rose.
— Merci. Ma famille travaille avec les Cristaux, donc j'ai pu personnaliser le mien bien plus que la plupart de ceux disponibles en vente immédiate. J'ai incorporé un certain nombre d'Holo-Enchantements et il a une compatibilité totale avec n'importe quel holo-enchantements. Ce sont des enchantements plutôt capricieux et ils ne fonctionnent pas très bien entre eux, mais le matériau de mon Cristal peut contenir une grande quantité d'enchantements avec facilité.
— Brillant ! » dit le Docteur, en regardant le Cristal de plus près.
Rose pouvait le voir se restreindre de le scanner avec son tournevis, sachant déjà que la technologie sonique ne permettait pas de lire les appareils magiques.
« Votre rendez-vous avec les Documents est dans cinq minutes, nous devons nous dépêcher. Le Gardien n'aime pas les retardataires. »
Liffra rangea le Cristal et les dépêcha vers une arche au milieu du chemin.
« A travers l'Arche, s'il vous plaît, » dit-elle.
Il ne semblait rien y avoir derrière, ou autour d'elle. Rose regarda et était sûre qu'il n'y avait rien aux alentours.
« Euh, où est-ce que ça va ? » demanda-t-elle.
Liffra eut un sourire et fit un geste vers le haut :
« Le Musée tourne autour de la planète, une série particulière de runes, d'enchantements et de protections le maintiennent en altitude. Les Arches sont situées tout autour de la planète pour faciliter l'accès et chaque Arche est une porte d'entrée vers le Hall Principal du Musée. Maintenant, traversez l'Arche. La Chambre des Documents est juste à côté du Hall Principal, pas du tout de l'autre côté du Musée. Dépêchez-vous, dépêchez-vous ! »
Rose et le Docteur échangèrent un sourire, se prirent la main et traversèrent l'Arche.
Ils sentirent quelque chose tournoyer autour de leurs corps, et eurent l'impression de ne plus avoir de poids pendant un bref instant, avant de sentir à nouveau le sol dur sous leurs pieds.
Dur était ce qu'il était, même si Rose pouvait voir à travers lui les nuages et jusqu'aux eaux d'Haleysio.
« C'est une merveilleuse magie. La technologie semble secouer bien plus, en comparaison, commenta le Docteur.
— C'est simplement parce que les Portails comme les Arches sont conçus pour le confort, car même des jeunes enfants les utilisent régulièrement. Presque toutes les autres formes de transport magique à part une poignée donnent l'impression d'être compressé dans un tout petit espace très très rapidement, » dit Liffra, en sortant de l'Arche derrière eux.
Rose regarda derrière elle, voyant une réplique de l'Arche qu'elle venait de traverser. En fait, elle pouvait voir la même Arche encore et encore tout autour de la pièce. Elle regarda à nouveau celle qu'elle venait juste d'emprunter. Une petite plaque au sommet de l'Arche indiquait 'Arche du Conseil de Julist'.
« Et bien, c'est pratique, » dit-elle.
Elle se moquait de se perdre sur une planète aussi intéressante qu'Haleysio, mais elle ne voulait vraiment pas manquer le premier jour de Harry dans sa nouvelle carrière, et atterrir à l'autre bout de la planète n'était pas le meilleur moyen d'y être à temps, tout comme essayer chaque Arche dans la pièce, plus d'une centaine d'après elle, jusqu'à ce qu'elle trouve la bonne.
« Venez par ici. La Chambre des Documents est par là. »
Liffra les guida hors du couloir principal et Rose eut l'impression de marcher dans le ciel. Tout autour d'elle était le même matériau transparent à travers lequel elle pouvait voir les nuages, les étranges créatures volant à travers eux, les montagnes au loin, les possibles sorts qui modifiaient l'environnement. Ou peut-être que c'était une sorte de sort lancé sur les parois pour permettre de voir de tels panoramas de l'intérieur.
« Est-ce que tu peux dire si c'est un matériau magique ou naturel ? demanda Rose au Docteur à voix basse, pointant vers les murs et le sol.
— Non, je ne peux pas. Il n'y a aucune jointure, cependant, n'est-ce pas. Absolument merveilleux. Ils font des choses merveilleuses avec la magie. Des choses brillantes. Je n'ai jamais rien vu qui s'en rapproche sur Terre à l'époque de naissance de Harry.
— Tu vas devoir l'empêcher d'inventer ceci de lui-même pour se garder occupé, » lui dit-elle.
Le Docteur grimaça.
« Je vais certainement devoir intervenir beaucoup dans les projets de Harry, au moins pendant un moment. Il est capable de créer les pires sortes d'ennuis.
— Un peu comme toi, alors, hein Docteur ? » se moqua-t-elle.
Il aurait répondu s'ils ne s'étaient pas arrêtés.
« C'est le Gardien des Documents, appelé Gardien, dit Liffra en faisant un geste vers la minuscule créature flottant à hauteur d'yeux du Docteur.
— Bonjour Gardien, je suis le Docteur, et voici Rose. »
Rose fit un geste en souriant largement.
« Nous aimerions voir les Premiers Documents. »
Le Gardien flotta près de leur visage, chacun leur tour, une minuscule sphère d'une couleur indéterminable attachée à son corps :
« Je sais que le Conseil vous a donné l'autorisation de voir les Premiers Documents, mais vous devez savoir qu'il y a des règles strictes pour pouvoir les manipuler. Premièrement… »
Un faible pope, et une lumière scintillante apparut autour des mains du Docteur et de Rose.
« C'est un sort qui vous permet de manipuler les Documents sans contaminer les sorts de protection ou déclencher les alarmes. Sans ce sort, vous ne pouvez toucher aucun Document dans la Chambre. Deuxièmement… »
Un vrombissement emplit l'air.
« C'est le son émit par une protection dangereuse ou une magie qui peut être déclenchée. Si vous l'entendez, moi aussi. Arrêtez ce que vous faites et je viendrai enquêter. Vous ne voulez pas déclencher l'effet total de n'importe quel sort ou protection que vous bouleversez. Troisièmement… »
Une chaleur encercla leurs poignets, se solidifiant en un bandeau gris.
« Si vous avez besoin de moi, tapotez le bandeau trois fois. Vous n'avez pas besoin d'un focus, c'est calibré pour répondre à la pression ferme d'un être vivant. Est-ce que vous comprenez ?
— Ouaip, clair comme du cristal ! » dit le Docteur joyeusement.
Gardien bourdonna soit d'agitation, soit d'amusement devant le ton enjoué.
« Moi aussi, dit Rose.
— Bien, à présent suivez-moi. Liffra, je vous appellerai quand ils seront prêts à partir, » dit Gardien.
Liffra hocha la tête et fit un signe à Rose et au Docteur avant de s'éloigner.
La Chambre s'étendait derrière Gardien, vide à part quelques ouvertures de différentes tailles et potentiellement dimensions. Le plafond était en voûte et immense, si haut que Rose n'était pas sûre de voir où il s'arrêtait. La chambre elle-même était éclairée par des petites lumières flottant à intervalles, des pièces et des portes de chaque côté de la grande Chambre. Il y avait différents cercles inscrits dans le sol pour une raison que Rose ne pouvait pas imaginer, et des mots écrits en argent pour lesquels elle ne ralentit pas suffisamment pour les lire.
Gardien les conduisit dans une petite zone au fond de la Chambre, à travers une porte ronde avec un voile frémissant autour. Gardien s'arrêta, tapota la pierre jusqu'à ce que le voile devienne doré et la porte s'ouvrit.
Ils entrèrent dans une pièce d'un blanc aveuglant, les lumières s'estompant alors qu'elles s'ajustaient à leur espèce, jusqu'à atteindre un niveau tolérable.
« C'est la pièce pour les Documents fragiles et hautement protégés. Je vais faire venir les Premiers Documents ici. Ne quittez pas la pièce sans m'appeler. La porte est scellée. Si vous avez besoin de quelque chose pour prendre des notes, il y a les matériaux nécessaires derrière la porte marron. »
Rose regarda autour et aperçut la porte indiquée.
Gardien vrombit hors de la salle et la porte se ferma. Quelques instants plus tard, une lumière scintillante et une table s'élevèrent au centre de la pièce, avec quelques chaises parfaitement adaptées à des humains. Le centre de la table brilla pendant un moment, puis une petite pile de livres de différentes tailles et quelques feuilles volantes apparurent.
Le Docteur sembla enthousiaste et approcha la table en tapotant des doigts.
Il tendit la main pour attraper le premier livre, et se laissa tomber sur une chaise avant de jeter un coup d'oeil à la couverture, impatient de voir ce que ces mystérieux Documents pouvaient dire.
Puis il se figea, son corps se raidit et il sembla choqué. Il sauta sur ses pieds, regarda le livre suivant, puis le suivant, puis le suivant, fouillant dans les feuilles volantes, ne disant pas un mot mais visiblement agité.
Rose fronça les sourcils :
« Docteur, quelque chose ne va pas ? »
Elle se dirigea vers la table, se demandant ce que le livre disait, ou ne disait pas, pour l'inquiéter. Elle jeta un coup d'oeil à la couverture, voyant une série de symboles et de formes décorant le sommet et le bas, mais peu importe la durée pendant laquelle elle les regarda, elle ne put pas les comprendre.
« C'est aussi une langue que le TARDIS ne connaît pas ? Je ne peux pas la lire.
— Non, non non non non non non, ça ne peut pas arriver ! Non ! C'est impossible, je veux dire, littéralement impossible. Tout ceci était perdu, parti, comment ça peut être ici ? » marmonna le Docteur.
De toute évidence, il savait ce que ça disait, pensa Rose. Mais c'était étrange, parce qu'elle ne pouvait pas le lire. Elle regarda les livres à nouveau, peut-être que ça prenait juste un moment. Non.
« Docteur, je ne peux pas lire, répéta-t-elle.
— Le TARDIS ne traduit aucun langage Gallifreyien, » dit-il distraitement.
Rose cligna des yeux. Oh, ce n'est pas bon signe, pensa-t-elle.
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Il avait apprécié la balade jusqu'au Musée. La Matrice sur laquelle Rose avait posé des questions était un construct magique fascinant, complexe, et lui rappelait différentes formes de communications utilisées par les non-magiciens. L'Arche avait été intéressante, et le Hall Principal du Musée était absolument impressionnant. Les choses qu'ils réussissaient à accomplir avec leur pouvoir étaient époustouflantes. Un Musée qui tournait autour de la planète et était accessible par des Arches situées à des endroits stratégiques autour de la planète. Une Matrice pour une forme de communication facile entre les espèces, les êtres et les endroits, qui ne reposait pas sur la magie de chaque individu.
La chose la plus loin de son esprit était de s'inquiéter pour les Documents qu'ils allaient voir. De toute sa vie, il n'y avait eu qu'une poignée de langages qui étaient intraduisibles par les Circuits de Traduction du TARDIS, et ces langages venaient de civilisations plus vieilles qu'il n'était possible. Il se souvenait de la rencontre sur le rocher en orbite autour d'un trou noir, qui inquiétait Rose. Le langage était illisible, mais le rocher était plus vieux que presque n'importe quoi dans l'Univers. Il avait réalisé des scans sur des échantillons après qu'ils étaient partis en sécurité.
Donc, quand il s'était installé dans la pièce blanche sur une chaise plus confortable que prévu, s'attendant à feuilleter les archives des premiers peuples d'une planète magique, dire qu'il avait été choqué quand le lettrage du livre avait refusé d'être traduit dans le Gallifreyien qu'il préférait lire quand il avait le choix, et resta à la place décidément archaïque, était un euphémisme.
La réalisation suivante, alors qu'il commençait à comprendre ce qui était vraiment écrit, grâce à son intérêt pour la linguistique qui avait été considéré comme stupide par ses professeurs, était qu'il s'agissait d'une forme de Gallifreyien qui avait fini par tomber hors d'usage à part dans les plus vieux textes et lors d'études des parties les plus sombres de la société à présent perdue, et le conduisit à une incrédulité bouleversée.
C'était une forme de Gallifreyien qui avait évolué en Vieux Haut Gallifreyien, le langage de pouvoir utilisé par les Seigneurs du Temps pour façonner l'Univers. C'était la forme de Gallifreyien qui avait été d'usage à l'apogée du Règne de Pythia sur Gallifrey, alors que le bras de Pythia s'étendait dans l'Univers, dispersant les Prophéties et le Mysticisme, et frappant ceux qui n'étaient pas d'accord. C'était un langage avec lequel la seule magie ayant jamais existé à Gallifrey avait été réalisée, qui était tombé hors d'usage et seuls ceux qui s'accrochaient à l'espoir du retour de Pythia, ne serait-ce que pour annuler la Malédiction, s'accrochaient, et seulement quelques dizaines de documents étaient parvenus jusqu'à son époque à l'Académie.
Cela ne devait pas exister. Cela ne pouvait pas exister. Pythia avait créé des mondes-colonies dans tout l'Univers, déterminée à s'étendre aussi loin qu'elle le pouvait. Il y avait eu des rumeurs concernant une colonie échouée, perdue dans un événement cataclysmique quelconque des millénaires avant que Pythia ne chute.
Mais tout ça était avant le Verrou Temporel, avant la Chute de Gallifrey.
« Docteur, je ne peux pas lire, » entendit-il Rose dire au loin.
Elle lui avait parlé, il le savait, mais il était si perdu dans ses pensées qu'il l'avait bloquée.
« Le TARDIS ne traduit aucun langage Gallifreyien, » répondit-il.
Tous les TARDIS avaient été programmés ainsi, se rappela-t-il. Les Circuits de Traduction étaient parfaitement capables de traduire le Gallifreyien, mais il y avait la crainte parmi les Seigneurs du Temps que si un TARDIS tombait entre des mains ennemies, ils ne voulaient pas qu'ils aient accès à leur vaste ensemble de connaissances. Si un Dalek avait fixé son suceur dans un TARDIS et avait réellement pu lire ce qu'il contenait, cela aurait signé la perte des Seigneurs du Temps.
Non pas que ça ait eu de l'importance au final.
Il se souvint de Gardien disant quelque chose au sujet de matériaux d'écriture à portée, et chercha la porte indiquée, se précipitant vers elle et se penchant vers les étagères derrière.
Il avait besoin d'un carnet et d'un stylo. Des gadgets inutiles tournoyaient, des plumes tremblotaient, des bouteilles d'encre étaient posées, des tablettes étaient empilées sur le côté, des rouleaux de parchemin étaient suspendus à un crochet au mur, plus haut étaient les objets à portée de ceux qui étaient plus grands ou flottaient, plus bas étaient des matériaux plus petits pour les créatures plus petites.
Le Docteur attrapa le premier stylo de style terrien qu'il pouvait voir, habitué à eux et ne souhaitant pas se reposer sur de nouvelles technologies ou la magie pour noter tout ce qu'il devait. Une simple pile de papier relié, ou une substance ressemblant à du papier, et il se retourna rapidement vers la table, ignorant le regard inquiet de Rose.
Tout à part les livres et papiers sur la table était sans importance pour le moment.
Il avait besoin de traduire tout ça. Il pouvait le lire, mais c'était un processus lent, le langage vieux et archaïque et presque impossible pour lui à lire à la vitesse à laquelle il était confortable. Il devrait le mettre en Vieux Haut Gallifreyien. Les langages avaient suffisamment de similitudes pour qu'il y ait peu de pertes lors de la traduction.
Il attira à lui le livre qu'il avait pris en premier, regarda plus attentivement le titre maintenant qu'il savait ce qu'il regardait.
« Le Traité de Pythialgo entre le Culte de Pythia et… »
Il inclina la tête devant le dernier mot. Il ne lui était pas familier, cela devait être un nom. Il déchiffra les caractères individuels, cherchant le lien entre eux qui indiquerait leur prononciation. C'était la principale similitude entre le Vieux Haut Gallifreyien et le langage utilisé par le Culte de Pythia, l'utilisation de concepts dans l'écriture qui avaient besoin d'un certain symbole pour indiquer la prononciation. Il le trouva.
« Le Traité de Pythialgo entre le Culte de Pythia et Kysh'fryck. »
Il parierait n'importe quelle quantité de monnaie qu'il pouvait rassembler que les Kysh-fryck étaient les habitants originaux d'Haleysio, et que le Culte, avec une technologie et un mysticisme supérieurs, les avait asservis. Cela expliquerait pourquoi seuls leurs textes se trouvaient dans les Premiers Documents.
Il entendit des bruits derrière lui de façon à ce que ses sens les enregistrent, mais la partie principale de son cerveau les considéra comme sans importance.
C'était, s'il avait raison, la Colonie Perdue de Pythia. Ils avaient établi une colonie quelque part dans cette partie de l'espace, pour qu'elle disparaisse de toutes les archives qui restaient juste quelques décennies plus tard.
Le Culte avait trouvé la seule planète magique, et ses habitants avaient probablement été bien moins qu'heureux de leur présence.
Il écrivit furieusement, traduisant autant de passages importants qu'il le pouvait. Il devait en écrire le plus possible dans un langage plus familier pour qu'il puisse le feuilleter à son rythme, absorber plus de faits et peut-être comprendre un peu de l'histoire perdue de Gallifrey au passage.
Derrière lui, Rose le regarda avec de grands yeux, et tapota le bracelet qui ferait venir Gardien.
Le Docteur aurait besoin de plus de carnets.
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« C'est ça un mannequin ? »
Kyst flottait près des cabines d'affichage pour les mannequins, écoutant la voix choquée et en colère de Harry alors qu'il découvrait exactement ce pour quoi il avait signé.
« Oui, est-ce que ce n'est pas merveilleux ? Être montré dans les meilleurs vêtements de la planète, oh, c'est un rêve ! »
C'était Prysh, excitée et ne remarquant pas l'irritation de son nouveau mannequin.
« Mais… Mais… Je dois rester debout ici pendant combien de temps ? Dans cette petite pièce ? Et je ne peux pas partir ou lire ou quoi que ce soit ?
— Et bien, je veux dire, non. Tu es un mannequin. Tu montres les vêtements et leur fonctionnalité à ceux qui seront sur le Chemin de la Mode. Tu dois t'assurer que tu les montres correctement.
— Mais je ne sais même pas comment faire ça ! Des vêtements sont des vêtements. Je préfère certains à d'autres, et les vôtres sont plutôt géniaux, mais dans une petite pièce ? Pendant des heures ? Et je ne peux pas partir ? »
Kyst pouvait entendre l'incrédulité de Harry. Il se demandait ce que Harry avait vraiment pensé être le mannequinat.
« Pas tant que la cloche ne sonne pas. C'est une norme, paramétrée toutes les trois heures. Ton tour commence dans… dix minutes. Maintenant, je vais te donner des trucs. Tu ne vas pas physiquement être sur le Chemin, aucun modèle ne s'y trouve. Ce sont des pièces enchantées, elles projettent ton image sur le Chemin, et la vitre à l'avant de ta pièce projette le Chemin pour toi, donc tu peux voir qui est dehors à n'importe quel moment.
— C'est toujours ça de pris, » marmonna Harry.
Kyst flotta vers les deux, Harry habillé dans les vêtements qu'il allait présenter.
« Je vois que vous avez été briefé sur votre tâche, jeune Harry.
— Kyst. Vous devez… je ne sais pas, faire quelque chose ! Je ne peux même pas lire et je dois m'afficher ! Je ne sais pas comment m'afficher, ou peu importe. Je veux dire, la pièce est toute petite, est-ce que vous l'avez vue ? »
Harry pointa vers le voile scintillant derrière lui avec son pouce.
« J'ai vu. Elle est de taille standard pour les êtres de moins de deux mètres de hauteur. Chaque pièce est conçue pour s'adapter à la taille standard de son occupant. Je crois que vous avez un peu plus de hauteur dans votre pièce à cause du concept des vêtements que vous allez présenter.
— Flotter. Je dois flotter, et je vais être attaché à une rampe sur le côté de la pièce, marmonna Harry. Je ne peux même pas bouger dans l'espace.
— Que pensiez-vous donc qu'était le mannequinat ? » demanda Kyst avec curiosité.
Harry haussa les épaules.
« Je suppose que j'ai pensé que ça voudrait dire que je porterais les vêtements et que je dirais aux gens qui posent la question d'où ils viennent. Je veux dire, c'est une manière logique de vendre un produit. Ou quoi que ce soit. Je veux dire, je sais qu'il y a des mannequins de vitrine, mais ce sont des poupées. Pourquoi voudriez-vous mettre des gens dans une vitrine quand il y a plein de poupées ? »
Prysh rit :
« La Semaine de la Mode sur le Chemin de la Mode est le défilé le plus acclamé de l'année. Il précède toujours le Festival de l'Appellation et les meilleurs couturiers de la planète se joignent au show. Chaque modèle est vivant, ou au moins un simulateur vivant, pour que ceux sur le Chemin voient comment les vêtements bougent lorsqu'ils sont réellement portés. J'ai la fierté de ne jamais avoir eu à utiliser de simulateur vivant, » se rengorgea Prysh.
Harry soupira. Il obtiendrait une veste de tout ceci. Il ne devrait pas se plaindre, Prysh était un des meilleurs tailleurs, et tant qu'il portait ses vêtements dans cette minuscule pièce pendant quelques heures chaque jour, un temps qu'il n'espérait pas trop long, il obtiendrait sa veste.
Et peut-être que son papa serait trop occupé pour venir se moquer de lui.
Il espérait.
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Rose attendit alors que la porte s'ouvrit et Gardien entra en volant.
« Oui, qu'y a-t-il ?
— Et bien, je pense que le Docteur va avoir besoin de plus de carnets, premièrement, et deuxièmement, j'ai une question sur l'endroit où ont été trouvés ces Documents. »
Gardien regarda le Docteur, bourdonnant de surprise :
« Le Seigneur du Temps peut lire les Premiers Documents ? Cela veut-il dire que vous pouvez aussi, étant passagère du TARDIS ? »
Rose secoua la tête :
« Non, les Documents sont écrits dans la langue du Docteur, ou une version de cette langue. Le TARDIS ne traduit pas les langages Gallifreyiens. Je crois qu'il traduit les textes, mais il utilise le papier très rapidement, et à cette vitesse, il va vider tout le stock qu'il peut trouver dans l'armoire. »
Gardien fit quelques cercles paresseux dans l'air :
« Et bien, au nom de la recherche, je peux ensorceler son carnet pour qu'il ne soit jamais terminé en termes de pages. Il doit juste me laisser lancer le sort.
— Je vais lui dire. »
Rose s'approcha du Docteur, voyant sa main courir sur la page faisant d'étranges marques qu'elle ne pouvait toujours pas déchiffrer. Il devait traduire dans une autre forme de Gallifreyien. Elle posa une main sur son épaule.
« Docteur ? Docteur. Si tu laisses Gardien lancer un sort sur ton carnet, il ne manquera jamais de pages. Et aussi, je vais aller voir les débuts de mannequin de Harry. Tu veux rester ici ? »
Le Docteur, sentant la main de Rose et enregistrant doucement ses mots, sursauta :
« Vraiment ? »
Il se tourna pour regarder Gardien.
« Je vous en prie, faites. Et les débuts de quoi de Harry ? »
Rose leva les yeux au ciel.
« Harry va être à je ne sais quel événement de mode qu'ils organisent cette semaine dans les vêtements de Prysh. Je veux aller le voir.
— Oh, d'accord. Prends des photos pour moi, veux-tu ? Ça, c'est fascinant. Absolument impossible, mais fascinant.
— Qu'as-tu appris au sujet de ce mot ? » demanda Rose, une pointe de taquinerie dans la voix.
Le Docteur fit semblant de lui lancer un regard noir, puis se tourna pour regarder les livres et papiers sur la table.
« Vraiment, c'est réellement une impossibilité. A la suite de la Guerre du Temps et du Verrou, rien qui venait de n'importe quelle époque de Gallifrey devait pouvoir s'échapper, je me suis échappé seulement grâce une faille du Verrou et l'aide du TARDIS. Ceci, ceci aurait du juste, je ne sais pas, disparaître. S'évanouir. Pouf, parti, n'a jamais existé.
— C'est la seule Planète Magique Connue, il doit y avoir quelques règles qui ne s'appliquent pas ici, dit-elle. Peut-être que tu peux comprendre pourquoi, si tu étudies les pages suffisamment longtemps. »
Le Docteur hocha la tête, se tournant à nouveau vers les Documents.
Gardian bourdonna autour, lançant quelques sorts rapides sur le carnet, et hocha la tête :
« Il ne devrait jamais se terminer. Quand vous avez fini, faites-moi savoir. Je vais lancer un sort de permanence dessus aussi. Je le lancerais bien maintenant, mais je dois savoir combien de pages vous allez utiliser avant.
— Merci Gardien. Je vous le dirai quand j'aurai besoin de vous à nouveau. »
Le Docteur se tourna à nouveau vers le langage mathématique et symbolique qu'il traduisait. Rose se tourna vers Gardien :
« Je vais m'en aller à présent, je ne suis d'aucune utilité ici, et j'ai dit à Harry que j'assisterais à ses débuts de mannequin. Est-ce que vous pouvez m'indiquer la salle des Arches ? »
Gardien vola devant Rose, lui demandant de le suivre.
« Je vais appeler Liffra. Elle pourra vous escorter.
— Oh, non, pas besoin d'une escorte, merci. Je peux m'y retrouver toute seule, l'Arche du Conseil de Julist n'est pas très loin de la ville et je suis sûre qu'un événement aussi important que la Semaine de la Mode ne devrait pas être difficile à trouver. Liffra a d'autres choses à faire, j'en suis sûre. Je préférerais explorer, » dit-elle avec un grand sourire.
Gardien se tourna, voletant plus près du visage de Rose :
« C'est votre décision. Je suis seulement responsable de ceux dans la Chambre des Documents. Je ne sais rien au sujet d'une Semaine de la Mode, ou quoi que ce soit d'autre. Je m'occupe des Documents. »
Rose hocha la tête. Cela ressemblait à quelques bibliothécaires et collectionneurs qu'elle avait rencontrés.
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La sensation de flotter, sans poids, perdait de son attrait, pensa Harry en voletant entre les murs de la minuscule pièce de mannequinat qu'il occupait. La vitre montrant le Chemin de la Mode était pleine de tant de différentes espèces magiques, Harry s'était distrait pendant la première heure (marquée par un petit tintement de cloche) en essayant de nommer autant d'espèces qu'il pouvait (pas autant qu'il aurait pensé être capable). Après avoir épuisé sa connaissance des différentes espèces, il essaya de deviner la composition de chaque espèce.
Il y avait les humains, des formes de vie basées sur le carbone et maintenues par l'apport en calorie et l'oxygène.
Il savait que le peuple de Kyst était basé sur l'hydrogène, avec une superstructure en silicone et oxygène pour garder leur forme stable. Ils s'alimentaient grâce aux niveaux d'hydrogène dans l'air et des formes de vies plus petites basées sur du silicone.
Il vit quelques autres êtres à forme humanoïde dans la foule et devina leur composition. La plupart était probablement à base de carbone, puisque c'était un des éléments les plus communs de la vie, mais au moins un était une créature à base de silicone ; Harry reconnut la forme provenant d'une planète où lui et son père et Oncle Jack avaient été emprisonné sans cérémonie pendant un petit moment. Ils s'étaient facilement échappés et avaient provoqué le chaos dans l'ensemble du gouvernement et nourri la révolution, et avaient rapidement pris le chemin du TARDIS alors que le calme revenait et que le parti usurpateur avait été exilé dans la planète habitable la plus éloignée dans la galaxie avec seulement le strict minimum de vivres.
Oh, pensa Harry, c'était un Mercurite ! De rares créatures, le mercure n'était pas un élément complètement stable à manipuler, avec une température de fusion bien trop basse pour supporter naturellement la vie dans le type d'atmosphère qu'avait Haleysio.
Cependant, Haleysio était une planète magique. Il devait y avoir une sorte de magie instinctive que la planète abritait pour protéger ses habitants.
Il réfléchit à cette question, se basculant la tête en bas dans la pièce pour avoir une meilleure perspective sur le sujet. Il terminait souvent la tête en bas sur un canapé ou un lit quand il avait besoin de faire de la réflexion théorique. Ce truc avec l'absence de poids n'était pas si mal, concéda-t-il. Il pouvait bouger dans les trois dimensions bien plus facilement qu'il y parvenait normalement.
Il était plongé suffisamment profondément dans ses pensées qu'il ne remarqua pas Rose en dehors de sa vitre, son appareil photo sorti et des photos prises. Il tourna dans un cercle lent, réfléchissant.
Haleysio était, de ce qu'il comprenait, au centre de plusieurs points centraux pour les énergies magiques. Chaque autre planète qui abritait des espèces magiques était, évidemment, un peu magique, ayant besoin de cet environnement pour encourager la croissance des magiciens sur la planète, mais cette magie était issue d'une ligne flux qui passait près de la planète, ou plusieurs. Rarement, comme c'était le cas avec plusieurs planètes, la ligne de flux traversait partiellement la planète et il y avait alors plus de races magiques que non magiques sur cette planète.
Être au croisement de plusieurs lignes de flux, un carrefour de points centraux, voulait dire que les non-magiciens n'auraient jamais pu évoluer naturellement sur Haleysio, chaque être vivant qui avait évolué sur cette planète devait être magique d'une façon ou d'une autre. Cela voulait aussi dire que la vie se formerait à partir de compositions bien différentes que la vie conventionnelle.
Maintenant, il voulait en savoir plus sur les premiers peuples de cette planète. Ils devaient être vraiment quelque chose de spécial.
Une petite cloche sonna deux fois, signalant le début de sa dernière heure. Harry soupira.
Il avait signé pour ça toute la semaine. Il commençait à se demander si sa veste en valait la peine. A présent, il lui semblait bien que non.
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Harry s'étira, ravi de sentir le sol sous ses pieds nus à nouveau. Son tour dans la petite boite s'était terminé et Prysh avait couiné au moment où il était sorti.
« Oh, Harry, nous avons reçu tant de commandes pour les vêtements ! C'est un des meilleurs premiers jours que j'ai jamais eu à la Semaine de la Mode ! Et tout le monde meurt d'envie de connaître mon nouveau mannequin ! Le Conseil m'a interdit de mettre ton nom avec ceux des autres mannequins sur les Listes de la Semaine de la Mode, disant que c'était trop dangereux, mais on parle de toi dans tout le show ! »
Harry n'était pas sûr de sortir un jour des membres de Prysh, se sentant écrasé contre son corps souple, mais solide.
« Prysh, ton prochain mannequin est là ! Tu avais ce costume pour la catégorie des presque-géants au programme, c'est ça ? » lança la voix de Kryill depuis les profondeurs du labyrinthe des pièces de mannequinat, et Harry fut libéré de l'étreinte de Prysh alors qu'elle se précipitait, s'occupant à préparer le prochain ensemble de vêtements.
« Donc, ici à nouveau, demain, même heure ? dit-elle à Harry, tournant un regard bleu implorant vers lui.
— Ouais, demain, même endroit, même heure, » répondit Harry avec un grand sourire.
Il ne pouvait plus revenir en arrière, à présent. Il trouverait quelque chose pour le garder occupé.
Il espérait.
Pour le moment, en tout cas, il avait un rendez-vous avec l'Académie.
Kyst avait flotté aux alentours, restant occupé avec quelques affaires du Conseil qui prenaient du retard pendant que Harry était sur la planète. Harry se tenait juste en dessous de Kyst, patientant, et dès que la dernière conversation s'arrêta (quelque chose au sujet des Rotations du Conseil et des Pierres de Protection du Festival), Kyst envoya le cristal dans la quelconque poche de réalité où il gardait toutes ses affaires.
« Prêt à y aller, jeune Harry ?
— Oh oui, assurément. Discussions académiques, juste ce dont j'ai besoin maintenant. »
Kyst n'avait jamais entendu une telle envie d'étudier dans la voix d'un jeune.
Harry, semblait-il, n'était pas sûr d'aimer sa nouvelle carrière de mannequin.
L'Académie était bien plus loin que ce que Harry avait tout d'abord imaginé. Ou du moins, le Portail d'Entrée qu'ils devaient atteindre était bien plus loin qu'il l'avait pensé. Depuis le Portail d'Entrée, ils pouvaient atteindre n'importe laquelle des écoles principales, des portails spéciaux ou d'autres moyens de transports situés au Portail des différentes écoles de la planète.
Kyst avait réussi à obtenir un disque de transport, utilisé pou ceux qui étaient trop jeunes ou trop instables pour être transportés de manière normale. Kyst estimait que Harry entrait dans le deuxième groupe et ne voulait pas tenter sa chance en le faisant Glisser jusqu'au Portail.
Donc le disque de transport serait le moyen le plus simple et le plus rapide pour y arriver. Kyst libéra le disque pour le laisser flotter juste au dessus du sol, et se déplaça pour flotter au dessus, faisant signe à Harry de grimper dessus. Le disque faisait quelques dizaines de centimètres de diamètre, suffisamment confortable pour deux passagers de taille humaine, ou quatre Sylvains, ou deux membres du peuple de Kyst, ou plein de membres des races miniatures, et loin d'être suffisamment grand pour un des races presque géantes. Il y avait des disques plus grand pour les groupes plus importants ou les espèces plus grandes.
Harry grimpa dessus, regardant les symboles gravés sur la tranche du disque s'allumer alors que ses pieds touchèrent la surface.
« Wouah, cool, » dit-il.
Il adorerait apprendre à faire ça. Il se demanda quelle magie était utilisée, puisque ça ne pouvait pas utiliser la magie de ses occupants.
« Ce sont des Disques, utilisés par les familles avec des enfants en dessous d'un certain âge, ou par ceux dont la magie est trop instable pour être transportés par quelqu'un d'autre, ou dans des cas graves de blessures magiques ou physiques nécessitant une attention spéciale. Je ne veux pas prendre le risque que votre magie ou votre restricteur interfère si je vous transporte au Portail, » dit Kyst.
Le Disque commença à bouger, et Harry se demanda pendant une seconde comment, jusqu'à ce qu'il voit le focus de Kyst briller.
« Donc c'est activé par le focus de quelqu'un, dit Harry.
— Oui. La plupart des objets magiques, surtout ceux utilisés par un grand nombre d'espèces, sont activés par les focus, comme par exemple les Cristaux, ce dans quoi vous m'avez vu parler, et les Disques. Sur une planète magique, le nombre d'espèces non-magiques est proche de zéro. Il y a le visiteur occasionnel venant avec un membre de la famille, ou un ami qui veut voir la planète, mais Haleysio n'est pas propice à une vie non-magique. La magie tend à avoir un impact négatif sur certains types de technologie, et ils demandent généralement à rentrer chez eux rapidement. Il n'y a aucune règle ici interdisant aux non-magiciens pacifiques à vivre sur Haleysio, dit Kyst en voyant le regard incrédule et curieux de Harry. En fait, tout non-magicien cherchant refuge contre la guerre et la violence peut passer la barrière, il y a des protections spéciales détectant l'intention. Mais presque tous ne souhaitent pas rester sur Haleysio, peu habitués à la vie sans technologie et limités dans ce qu'ils peuvent faire et à quoi avoir accès. »
Harry hocha la tête. C'était compréhensible. Il pouvait certainement dire qu'il s'était habitué aux différentes petites technologies qu'il avait créées ou qu'il utilisait à bord du TARDIS, qui avaient tendance à ne pas fonctionner autour de la magie, comme les potions avec son tournevis sonique. S'il n'était plus du tout capable d'utiliser la technologie et n'avait pas la magie, il supposait que Haleysio ne serait pas le premier endroit où il choisirait de vivre.
Ils sortirent du petit quartier protégé de la ville où les pièces de mannequinat étaient situées, dans un endroit particulièrement protégé, de ce que Harry avait appris de Kyst. Il semblait que près de trois décennies plus tôt, les pièces d'exposition étaient sur le Chemin de la Mode, mais un tailleur magique dont l'entrée avait été refusée avait fait un carnage sur le Chemin et tué de nombreux mannequins et visiteurs. Après ça, des mesures strictes avaient été mises en place et à présent, seuls ceux qui défilaient ou les créateurs choisis savaient où étaient situées les pièces de mannequinat.
Au lieu de se diriger vers la ville que Kyst avait dit s'appeler Julist, ils se dirigeaient plus loin encore de tout bâtiment ou structure ou construction flottante. En fait, la seule chose les accompagnant était les lignes brillantes que Kyst appelait les Lignes de Cristal ou la Matrice.
« J'aurais pensé que le Portail de l'Académie serait plus proche du principal centre de population, » commenta Harry.
Kyst tourbillonna :
« Ce serait plus pratique, mais la quantité de magie effectuée à l'Académie est si forte qu'elles perturberaient toute protection personnelles installée par les individus. Tous les bâtiments de l'Académie sont situés loin des principaux centres de population pour qu'il n'y ait aucune interférence.
— Donc est-ce que le Portail est la véritable entrée de l'Académie ou est-ce que c'est juste un autre mode de transport pour atteindre l'Académie ? Parce que si c'est juste du transport, c'est un peu loin de tout.
— Le Portail conduit au bâtiment principal de l'Académie dans ce secteur d'Haleysio, qui se concentre sur les magies artistiques et les enchantements. Juste à l'intérieur du Portail, il y a la Salle des Portails, qui conduit aux vingt autres bâtiments de l'Académie, tous situés dans des zones isolées. Un, je crois, est situé sous l'eau, même si mon peuple a besoin de grand air et ne peut pas y aller. Cela a peu d'importance puisque les sujets sur lesquels ce bâtiment se concentre sont la manipulation corporelle et les magies aquatiques, ce que mon peuple ne peut pas faire. »
Harry cligna des yeux :
« C'est commun, que certains bâtiments soient inaccessibles à certaines espèces ? » demanda-t-il.
Kyst tourbillonna :
« Oui, ça l'est. La magie est un outil très puissant, mais elle se manifeste aussi dans chaque race d'une manière à lui donner des avantages naturels sur sa planète. Même si des choses comme la Métamorphose, les Enchantements, les Charmes, les Potions, l'Alchimie, l'Alkhesterie, les Runes, les Protections, l'Arthro-magie, et les Sorts Génériques sont presque universels, et les limitations sont spécifiques à certains sorts, il y a des domaines qui deviennent propres à chaque espèce. Par exemple, la Manipulation Élémentale. Mon peuple est plutôt bon avec l'Air, grâce à notre nature. Les humains excellent dans la Manipulation Corporelle, la Factrily sont particulièrement bons dans les magies artistiques et la création. Ces magies sont enseignées bien après à l'Académie, cependant, après que presque toutes les bases sont apprises. »
Ils survolèrent une étendue de vie florale, même si Harry parierait que nombre de cette « vie florale » n'étaient en réalité pas des plantes.
« Où sommes nous à présent ?
— A présent ? demanda Kyst en regardant autour. Ah, oui, les Habitats CM. Des zones réservées aux Créatures Magiques. Des zones exclusives pour leur permettre de vivre et de créer leur société. Ils sont beaucoup plus orientés vers la nature que la plupart des Êtres Magiques et considèrent notre besoin de créer des monuments et constructions stupide. Ils ont des communautés immenses dans divers endroits de la planète, toutes protégées contre le mal. Même s'ils autorisent les visites des Êtres Magiques, tout comme nous leur permettons de visiter nos sociétés, les Êtres Magiques ne vivent pas sur le territoire des Créatures Magiques sans autorisation spéciale de leur Conseil, et sans passer par des boucliers déterminant l'intention avant de leur autoriser la visite. C'est une loi établie après la décimation volontaire d'un Habitat dans les régions nordiques d'Haleysio par un magicien qui s'est senti insulté par le fait que les Créatures Magiques se sont vues accordées les mêmes droits et traitements que les Êtres Magiques. De tels magiciens ne sont pas la norme sur Haleysio, mais les nouveaux arrivants sur la planète sont parfois déstabilisés par le respect qui leur est montré, et cela doit leur être expliqué par le Conseil à leur arrivée. La plupart le prennent très bien, mais il y en a quelques uns qui ne le font pas. D'où le besoin de telles protections. »
Kyst regarda Harry :
« Les magiciens sont des créatures sensibles. C'est dans la nature de la magie, mais ça ne veut pas dire qu'on doit accepter la bigoterie des étroits d'esprit. Ah, nous y voilà. »
Harry regarda devant lui, et vit une arche faite d'un matériau coloré le surplombant haut au dessus de lui, bien qu'ils étaient au dessus même des plus hauts arbres. Même s'il n'y avait rien d'autre en vue pour le moment, Harry devina que cela faisait partie des protections de l'Académie.
« Wouah, c'est une grande arche.
— En effet. L'essentiel du système de protection de l'Académie est installé dans les Portails d'Entrée. Bien, descendons. Les disques ne peuvent pas flotter au dessus du Portail. »
Ils descendirent dans la clairière devant la construction massive.
« C'est encore plus grand que je le pensais, depuis le sol, dit Harry.
— Tous les Portails d'Entrée sont identique, c'est l'élément qui lie l'Académie ensemble. Avec tant d'emplacement, le Portail est le symbole de l'Académie. »
Kyst s'approcha du Portail, le focus faisant face à la construction. Quelques moments plus tard, il y eut un scintillement et une sorte de voile dut être levé car la vue au delà du Portail était bien différente.
Harry s'était attendu à un changement important, l'Académie devait être immense pour supporter les besoins d'une planète entière avec seulement vingt emplacements. Il ne s'attendait pas à ce que le paysage entier au delà du voile change et apparaisse à sa vue dans des étincelles, le voile se soulevant et le bourdonnement, vrombissement, tremblement de la vie émanant de l'autre côté de l'arche colorée.
« Kyst, Type Sauvage, base de Gemme, essence de Serpencendre, créé par Vanderian, Diplômé. Votre invité n'a pas été enregistré et n'est pas un étudiant. Est-ce que c'est pour une évaluation scolaire ? C'est un peu tôt pour une Évaluation, il n'y en aura pas avant quelques semaines. »
Harry se tourna vers l'origine de la voix.
Celui qui avait parlé était, Harry en était presque sûr, humain. Ou un être d'une apparence physique très proche. Un vieil homme, avec une peau ridée et des yeux d'un noir profond qui semblaient ne pas avoir de pupille, était juste à l'intérieur du portail, flottant en position assise et agitant son focus, une baguette, dans une série de boucles compliquées.
« Bonjour, dit Harry en s'avançant. Je suis Harry. Euh, pas de focus pour l'instant. Toujours en fabrication. »
Il fut regardé de haut par l'homme.
« Je vois. Donc vous êtes ici pour une Évaluation ? C'est habituellement fait après avoir reçu le focus pour réaliser un placement adéquat.
— Euh, non, pas une Évaluation. Du moins, je ne pense pas. On m'a dit que je pouvais parler avec quelques uns des théoriciens de l'Académie, » répondit Harry.
L'homme sembla perplexe :
« Pourquoi voudriez-vous faire ça ? Vous n'êtes pas un étudiant, même pas en âge d'être inscrit.
— C'est Harry, Olierest. Il ne sera pas inscrit à l'Académie, il visite juste Haleysio avec son père et… est-ce que Dame Rose est votre mère, Harry ? » demanda Kyst.
Harry haussa les épaules :
« Ils n'ont encore signé aucun papier pour le moment, même s'ils semblent exister à cette époque, donc ils ont du les signer quelque part. Mais Rose est Rose. Elle est la compagne de papa, si ça aide.
— Ça n'a que peu d'importance. Olierest, c'est Harry, fils du Docteur, Seigneur du Temps, et du TARDIS. »
Kyst regarda le sort que Olierest utilisait.
« Vous devriez vérifier le sort que vous utilisez. Il doit lire l'essence magique d'une personne et la faire correspondre à celles connues. Celle de Harry est déjà enregistrée. »
Olierest grogna :
« Son essence ne s'affiche pas, je ne peux pas la lire parce que quelque chose bloque le sort. »
Harry soupira :
« Oui, je sais ce qui se passe. Désolé. Est-ce important que le sort lise mon essence avant qu'on puisse entrer ?
— Tout le monde doit faire lire et vérifier son essence. C'est la seule sécurité que nous avons contre certains indésirables qui voudraient entrer à l'Académie, » dit Olierest.
Harry leva les bras vers son collier et le détacha, sentant le flot de sa magie s'étendre autour de son corps et chercher à jouer avec l'abondance de magie naturelle.
Olierest regarda le sort fonctionnant devant lui et ses yeux s'écarquillèrent.
« Harry, pouvez-vous contrôler votre magie ? Elle commence à perturber les pierres de protection, » dit Kyst en voyant le Portail vibrer légèrement.
Harry contrôla son pouvoir erratique avec un grand sourire. Sa magie, libérée du restricteur seulement pour certaines tâches, appréciait l'abondance d'énergie autour d'eux.
« C'est Harry ? Le Harry ? parvint la voix d'un Olierest stupéfait. Je veux dire, vous avez dit Docteur et TARDIS et Dame Rose, mais je pensais que vous vous amusiez. Harry ici, à l'Académie, dit Olierest avec un grand sourire. J'ai pour instruction de vous laisser entrer dans la Salle des Portails et de vous diriger vers la division de Théorie et de Recherche de l'Académie. C'était un honneur de vous rencontrer. »
Olierest tendit une main toute aussi ridée pour serrer celle de Harry.
Harry se recula, fourrant ses mains dans son dos, le visage désolé.
« Euh, désolé. Je… Je ne peux pas toucher qui que ce soit sans mon restricteur. C'est tout bon si je le remets ? » demanda-t-il.
Olierest fronça les sourcils en baissant sa main.
« Euh, et bien, je suppose. Votre essence a été lue et enregistrée, donc vous pouvez replacer votre restricteur, mais c'est une pratique hautement inhabituelle à l'intérieur de l'Académie. Il y a très peu de choses qui peuvent être abîmées par votre magie une fois que vous passez le Portail.
— Oh, non, ce n'est pas pour ma magie, dit Harry en replaçant le collier et en soufflant légèrement à la sensation de perte de la liberté qu'il avait appréciée un instant. Je suis un empathe tactile. C'est pour ma santé mentale. »
Les yeux d'Olierest s'écarquillèrent :
« Oh, oui, je suis… je suis désolé. Je ne savais pas. »
Harry agita la main.
« Et bien, vous pouvez aller à la Salle des Portails. Kyst sait quel est le bon Portail, cela devrait être un voyage rapide. Pas grand monde au département de Théorie et de Recherche aujourd'hui, ou même cette semaine. Trop occupés avec le Festival. »
Olierest regarda Harry :
« C'était un plaisir de vous rencontrer, jeune Harry. »
Harry eut un grand sourire et tendit la main pour serrer celle de Olierest, et la secoua fermement quand elle fut donnée :
« Heureux de vous rencontrer également ! »
Ils laissèrent un Olierest stupéfait et légèrement souriant derrière eux alors que Kyst les guidait vers la Salle des Portails.
Les ailes de Recherche et de Théorie de l'Académie étaient situées quelque part dans une chaîne de montagne, si Harry estimait correctement l'altitude. La couverture nuageuse empêchait de voir quoi que ce soit au delà des limites de l'Académie, mais l'air semblait plus léger et être suffisamment haut pour être noyé dans les nuages signifiait une sérieuse élévation.
Ils rencontrèrent juste à l'extérieur de la Salle des Portails une créature mince avec de grandes ailes irisées.
« Bonne journée, jeune Harry, Kyst. Cela fait de nombreux cycles que vous n'avez pas visité nos bancs de nuages, Kyst. C'est un plaisir de vous voir. »
Harry pensa que la voix était une harmonie virtuelle de différents tons se mélangeant pour créer cette voix magique.
« Bonjour, Grande Théoricienne Kyialla. C'est rafraîchissant de revenir aux Terres des Nuages. J'ai l'impression d'être rentré à la maison, répondit Kyst.
— Oh, oui, votre peuple vit quelque part dans les environs, n'est-ce pas ? La Faction Marbreuse envoie tous ses jeunes à travers les Terres des Nuages pour entrer dans l'Académie. Nous nous attendons à ce que de nouveaux jeunes nous rejoignent, lors du Jour de l'Évaluation, dit Kyialla, ses ailes s'agitant. Et vous, jeune Harry. Nous avons entendu tant sur vous et c'est un honneur de vous recevoir aux Terres des Nuages, les ailes de Recherche et de Théorie de l'Académie Émeraude, » dit Kyialla en s'inclinant légèrement.
Harry retourna le geste.
« C'est merveilleux ici. Où sont les Terres des Nuages ?
— Nous sommes dans la plus haute chaîne montagneuse d'Haleysio, enveloppés dans un banc de nuages perpétuel. Nous offrons également un des meilleurs emplacement pour les jeunes Manipulateurs d'Air, comme les plus âgés des Curios et ceux de la Faction Marbreuse qui montrent le plus de potentiel. Le Conseil nous a contacté hier soir pour nous informer de votre désir de discuter avec nous de la magie. Nous avons mis en place un endroit approprié pour le déroulement d'un tel forum. Si vous voulez bien me suivre. »
Kyialla se tourna et s'éloigna en glissant de la Salle des Portails et vers un grand dôme blanc.
Quelques minutes se déroulèrent dans une marche quasiment silencieuse à travers une étendue sans fin de blanc (il n'était pas sûr si c'était des nuages ou non, ou si les nuages avaient été transformés par magie en bâtiments, ou quelque chose d'autre complètement), puis Kyialla tourna et ils entrèrent dans la grande salle qui formait le dôme blanc que Harry avait vu de l'extérieur.
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« Donc, jeune Harry, j'ai entendu parler de votre étrange focus. Allez-vous être scolarisé à l'Académie Émeraude ? Si oui, j'aimerais être informé au moins un cycle avant votre inscription. Les foci étranges causent souvent des problèmes s'ils ne sont pas traités avec soin, » dit Memchark.
Harry et Memchark s'étaient retirés dans un coin du dôme blanc après que Harry avait exprimé un intérêt avide pour les foci et leur nature. Memchark était le théoricien en chef sur les foci et dirigeait toujours l'Évaluation des Foci lors de la Cérémonie de Bienvenue au début de chaque semestre scolaire pour les nouveaux étudiants. Tous les anciens étudiants devaient faire vérifier leur foci avant de participer à quelques unes des classes les plus rigoureuses magiquement, et tous allaient vers Memchark pour cela.
« Je ne vais pas être à l'Académie Émeraude, au moins pas pour l'essentiel de ma scolarité. Je dois retourner à mon époque de naissance pour aller à Hogwarts et m'assurer que je n'embrouille pas trop les causalités, » répondit Harry.
Memchark était un être que Harry n'avait jamais vu auparavant, fait de bien trop d'orbes optiques et avec ses paroles projetées magiquement dans l'air plutôt que parlées. Memchark n'avait pas d'organe de vocalisation de ce que Harry pouvait voir, même s'il n'était pas possible de scanner discrètement le corps de quelqu'un.
Memchark émit un bruit monotone étrange :
« Cela pourrait être un problème. Votre ligne temporelle de naissance est située quelque part à la fin du 20ème siècle EC temps Terrien, n'est-ce pas ? Oui, c'est ça, je me souviens. C'est un dilemme.
— Hein ? Pourquoi ?
— Et bien, cela n'a été que lorsque l'humanité est tombée par hasard sur une autre race magique qu'ils ont réalisé qu'il y avait d'autres manières d'utiliser de manière contrôlée la magie. Les humains ont utilisé des bâtons et des baguettes tout au long de leur histoire, même si les baguettes sont souvent bien plus efficaces pour la majorité des humains. La magie se développe selon les espèces et les humains ont des poignets plutôt compliqués qui leur permettent les minuscules mouvements dont les baguettes ont besoin pour créer les sorts. Un certain nombre d'autres espèces avec une dextérité similaire ont aussi des foci de type Mobile. Mais, comme je le disais, les humains magiques utilisent principalement des baguettes et des bâtons pour contrôler la magie, amplifiés par des pierres magiques dans certains cas. Des humains magiques très puissants peuvent parfois parvenir à contrôler de la magie sans baguette, ou sans focus.
— Dame Shorll a dit quelque chose à ce sujet, dit Harry. Chez les enfants, c'est appelé magie de souhait.
— Oui. Les premiers éclats de magie de souhait apparaissent souvent quand les enfants sont émotionnellement instables. Extrêmement heureux, extrêmement tristes, extrêmement effrayés, à chaque fois qu'ils ne sont pas dans un état général de bien-être, que ce soit positif ou négatif. Chez les enfants timides, une telle magie est souvent concentrée sur soi, tandis que les enfants sociables ont des manifestations plus vivaces. On a rapporté l'histoire d'un enfant des Sylvains qui s'est transporté sur la moitié de la planète parce qu'il voulait voir les Ailes de Feu et que ses Gardiens ne l'y avaient pas autorisé. Je crois que l'enfant a grandi avec une très bonne emprise sur sa magie.
— Donc qu'est-ce qui est si mauvais à me laisser avoir un focus non-standard pour les humains et aller à Hogwarts ? Est-ce que quelque chose de mal va se passer ? »
Memchark émit à nouveau ce son monotone :
« Mauvais n'est peut-être pas le terme correct pour ça. Quel est votre Type, jeune Harry ? Vous devez certainement déjà le savoir selon les rumeurs qui ont atteint les Terres des Nuages.
— Vanderian a dit que c'était un Type Mobile-Sauvage, mixte. Cela ressemble à une longue baguette, mais elle a des fils d'ancrage et des runes qui vont dans le sens contraire des fils d'ancrage. »
Memchark bourdonna plus fort, la tonalité tremblotant :
« Vraiment. Un type mixte. Ils sont rares et habituellement hérités s'ils sont jamais utilisés. Avez-vous dit des fils d'ancrage ? C'est-à-dire plus qu'un ?
— Deux, oui. Pourquoi ?
— Et bien, jeune Harry, vous devez d'abord comprendre les trois types. Je sais qu'on vous a dit les bases, Vanderian donne toujours les explications aux plus curieux, mais il y a des raisons plus profondes à n'avoir que trois Types. »
Memchark fit une pause.
« Premièrement, vous devez savoir qu'à l'intérieur des trois Types, il y a des sous-groupes selon le matériau de base. Les matériaux de base les plus communs sont Naturels, comme les bois, les pierres, les plantes. Il y a les Gemmes, différents joyaux rassemblés par les fabricants. Les tissus et fils sont en troisième place, suivis par les Élémentaux, les foci fabriqués directement pour un magicien élémental. Ils sont exclusifs à ces magiciens. Il y a aussi les foci Animaux, utilisant de l'os, de la peau, ou d'autres parties d'un animal, toujours naturellement décédé ou volontairement donné dans le cas de cornes, écailles, crocs, mue de peau, plumes, ou de nombreux autres matériaux. Il y a quelques cas plus ésotériques mais ils ont tendance à être individuels et les Fabricants les étudient. A présent, pour que je puisse couvrir de nouvelles terres plutôt que les sentiers connus, que savez-vous des trois Types ? »
Harry leva les yeux vers le plafond :
« Les Types Mobiles sont ceux qui demandent des mouvements précis pour activer la magie, avec la magie suivant le chemin donné pour lancer le sort. Les Types Stationnaires se basent sur les motifs à l'intérieur du focus, comme la fleur très travaillée de Vanderian, pour créer différents chemins pour faire voyager la magie. Je sais seulement que les Types Sauvages se lient avec l'état mental du magicien et si c'est fait correctement, c'est une magie presque instinctive. »
Memchark émit cette note monotone à nouveau :
« Bien, vous avez les bases du concept, au moins. La plus simple base. Laissez-moi développer dessus avec un peu d'histoire. Les foci sont une part importante des études de tout mortel magicien. Il y a quelques êtres immortels qui n'interagissent pas beaucoup avec ceux d'entre nous qui ont une durée de vie limitée, ou qui vivent dans un plan différent d'existence qui n'utilise pas de foci, mais c'est un autre domaine d'étude. »
Harry avait l'impression que Memchark était de ceux qui disaient tout ce qui leur passait par la tête à un moment donné, si ça avait un lien, même ténu, avec la conversation, un peu comme lui et son papa. Il appréciait ceci parce qu'il obtenait ainsi plus d'informations, mais il se souvenait d'Arthur lui demandant d'aller à l'essentiel une fois ou deux.
« J'ai rencontré les Olympiens, dit Harry. Ils étaient fonctionnellement immortels et n'avaient pas besoin de foci.
— Oui, ils sont dans différents textes en guise d'exemple. A présent, les foci. Le type de focus qu'on utilise dépend de la magie développée par son espèce et de la physicalité de l'espèce. Ceux avec des membres agiles, comme les Humains, les Sylvains, la Factrily, les Morrwylwyn, les Marklestiens, et environ sept douzaines d'autres espèces sur Haleysio, sont naturellement attirés par le Type Mobile parce que leur magie s'est adaptée à la flexibilité de leur forme et s'écoule d'une manière qui encourage les sorts mobiles. Une autre chose que toutes les espèces attirées par le Type Mobile ont est la capacité à projeter les sons vocalement. Comme vous l'avez sans doute remarqué, mon espèce projette ses paroles magiquement dans l'air, ce qui signifie que les Sort Vocaux ne sont pas vraiment les mêmes. Il y a un certain nombre d'autres espèces qui sont Télépathiques, en tant que capacité inhérente à une espèce et non liée à la magie, puisque les membres non-magiques de leur espèces sont également Télépathiques. Ils peuvent projeter des pensées dans l'esprit de ceux qui ont une structure avec au moins cinquante pour cent de similitude à la leur, mais la projection vocale magique est bien plus facile pour eux puisqu'ils n'ont pas besoin d'ajuster leur capacité Télépathique pour prendre en compte les différentes constructions mentales.
— Donc sont-ils des Types Stationnaires ou Sauvages ? demanda Harry.
— Nous y arriverons dans un moment. Je veux couvrir les Types du plus simple au plus compliqué d'abord, même s'il y a peu de différence de niveau entre les types Stationnaires et Mobiles. Les foci Stationnaires dirigent la magie selon des motifs, comme vous l'avez dit, mais il y a bien plus que des entailles dans la pierre, le bois ou les gemmes. Un autre type Stationnaire est Tissé, où des fils spéciaux sont tissés dans un motif et la magie s'écoule à travers le tissu. Différents motifs de fils créent différents sorts. Les types Stationnaires sont plus communs chez ceux qui ont une dextérité de leurs membres limitée, un attachement particulier pour une forme ou une structure, ou une physicalité qui lui donne de la puissance. Vanderian et son espèce sont les utilisateurs les plus connus des types Stationnaires, principalement grâce au focus personnel de Vanderian. Un autre utilisateur commun des types Stationnaires est la Faction Marbreuse, d'où vient votre ami Kyst. Il y a environ six douzaines d'espèces principalement attirées par les Types Stationnaires.
— D'accord, ça se comprend. Les foci Mobiles sont plus souvent utilisés avec les magiciens agiles et capables de vocaliser ; les types Stationnaires sont souvent utilisés par ceux qui ont une dextérité limitée, un attachement ou le type de physique approprié. Est-ce que la vocalisation est importante chez les types Stationnaires ?
— Oui, dans de nombreux sorts, c'est aussi quelque chose qui est plus apte à être utilisé par ceux qui peuvent vocaliser les sorts. Et nous arrivons au type final. Les Types Sauvages. Ce type est souvent considéré comme le plus volatile à entraîner et le plus bénéfique si abouti. Il fournit en effet une immédiateté aux sorts qui n'est pas possible dans la magie Mobile ou Stationnaire, mais plus de magiciens se sont Brûlés avec les types Sauvages qu'avec aucun autre type.
— Cela a à voir avec les Canaux Magiques, c'est ça ? »
Memchark émit un son vibrant aigu.
« Oui, en effet. Je suis impressionné. Oui, les Types Sauvages ne sont pas les plus faciles à maîtriser, ils ont une volonté qui leur est propre et avec laquelle le magicien doit travailler plutôt que lutter. Lutter contre son propre focus n'est jamais une bonne idée, » avertit Memchark.
Harry eut un grand sourire :
« Je garderai ça en tête. Donc, pourquoi il y a un type Sauvage ? Pour ceux qui ne peuvent pas vocaliser sans magie ?
— A l'origine, c'est pour cela qu'ils ont été créés par les premiers fabricants. Le besoin d'un focus était grand et ils ont réalisés qu'associer de puissants composants magiques ensemble leur permettait un accès direct par la pensée à leur magie. Il y a eu de nombreux essais avant qu'un focus fonctionnel soit fabriqué, mais c'était une réussite unique. Les Types Sauvages sont utilisés par ceux qui sont naturellement télépathiques plutôt que verbaux, sont basés bien plus sur l'instinct et ont besoin de l'immédiateté que les types Mobiles et Stationnaires n'offrent pas, ou n'ont pas de forme solide. Il n'y a que trente-six espèces attirées naturellement par les types Sauvages, même si le type Sauvage est le type le plus commun chez ceux qui ne correspondent pas à leur type naturel initial. Kyst est un tel exemple.
— Y a-t-il autre chose ? Je veux dire, un type mixte semble être en quelque sorte contre-productif d'après ce point de vue. Si un focus est juste la façon d'accéder à sa magie, pourquoi y a-t-il des types mixtes ? » demanda Harry, à présent curieux.
Chaque type semblait distinct, et cela n'avait pas beaucoup de sens de mélanger les types ensemble selon les explications qu'il venait d'entendre, et pourtant il avait un focus de type mixte.
Memchark émit un bourdonnement aigu :
« C'est une bonne question, une qui a déjà été posée et à laquelle une réponse a été avancée. Une explication complète, cependant, n'est pas vraiment possible. »
Memchark s'installa, déplaçant ses nombreux yeux et les utilisant tous pour regarder Harry.
« Puisqu'un focus est utilisé pour accéder à la magie de quelqu'un, la magie est développée selon la manière dont un magicien est élevé, leur forme physique, et leur personnalité. Chacune de ces choses peut affecter la façon dont un focus répond à quelqu'un. Ceux qui ont une correspondance hors de leur type naturel sont souvent des orphelins, d'une certaine façon pas physiquement normaux pour leur espèce, ou ils ont une personnalité extrême pour leur espèce. Les types mixtes, cependant… »
Harry pouvait entendre l'insistance sur les mots :
« Ils sont souvent uniques de part leur magie et leur éducation. Les deux que j'ai vu ces dernières années avec un type mixte étaient inhabituellement puissants et tous les deux avaient perdu leurs de manière magique et tragique à un jeune âge, et avaient été confiés au soin d'un autre. Un était bien traité, l'autre non, mais tous les deux ont vécu l'expérience en en retirant une façon unique d'appréhender leur magie.
— Ça me ressemble beaucoup, dit Harry.
— Oui. J'ai fouillé dans de nombreuses archives. Les types mixtes sont souvent orphelins ou autrement affectés par une magie puissante en tant que jeunes enfants. Ce choc sur leur système à un âge jeune et malléable affecte leur essence et les types mixtes sont leur façon de trouver un équilibre.
— D'accord. Ça se comprend. Mais cela semble quelque part injuste, comme s'il y avait plus d'avantages aux types mixtes. Je veux dire, en quelque sorte. Vous avez deux façons différentes de lancer un sort donc si une est plus facile, vous pouvez utiliser cette manière, » dit-il.
Memchark bourdonna à nouveau :
« Pas vraiment, jeune Harry. Les types mixtes sont parmi les foci les plus difficiles à maîtriser. Vous ne pouvez pas utiliser qu'une moitié du focus, votre magie ne fonctionnera jamais comme il faut. Vous devez diriger votre magie à travers votre focus entier, ce qui veut dire mêler les deux côtés ensemble, comme ils sont mêlés dans le focus. Cela requiert une compréhension intime de votre focus et ce que vous pouvez faire avec. Et c'est là que vos problèmes arrivent, jeune Harry. Vous n'apprendrez pas à l'Académie Magique où il y a un historique à ce sujet. Hogwarts à votre temps de naissance n'a jamais vu le type que vous avez, et si ça ressemble à une baguette, ils vont le penser comme telle. Une baguette inhabituelle, puisqu'elle ne ressemble pas aux Baguettes que les Types Mobiles standard ont, mais une baguette néanmoins.
— Cela commence à sembler de plus en plus impossible, Memchark. Quel est l'avantage d'un type mixte si c'est si difficile à utiliser ?
— Les Types Mixtes sont parmi les plus puissants, si le magicien peut l'utiliser à sa pleine capacité. Être capable de lancer plusieurs sorts au même instant est l'utilisation la plus connue, même s'il y a peu de choses connues sur les types mixtes parmi la population générale, puisqu'ils sont si rares. Sur tout Haleysio, il n'y en a pas plus de deux douzaines en usage actif. »
Harry cligna des yeux. Il s'était attendu à bien plus que ce nombre.
« Seulement vingt-quatre ? répéta-t-il.
— Oui. Ce n'est pas un type commun. Ce sont des outils puissants quand ils sont utilisés correctement. Et puisque vous ne viendrez pas à l'Académie Émeraude, je vais devoir trouver une manière de vous informer sur votre focus. Vous ne pouvez pas être inscrit dans une école de magie sans savoir comment utiliser le focus dont vous dépendrez. Et le vôtre sera particulièrement têtu.
— Pourquoi ?
— Les types Mobiles demandent une certaine précision dans le mouvement. Leur pouvoir est amplifié par la précision du mouvement à travers le sort. Les types Sauvages sont caractériels et demandent une compréhension profonde et instantanée avec une pensée et un désir clair. Mélangez les deux ensemble, et vous obtenez un véritable cocktail de précision et de besoin instantané, un sort verbal et un désir intérieur, le perfectionniste contre l'instinctif. Les débuts ne seront sans doute pas beaux, mais le résultat final vaudra certainement la création. Vous pourrez, à un certain stade, créer le sort de type Mobile pour le chatouillement, pendant que vous lancerez le sort de type Sauvage pour l'étourdissement, simultanément. C'est une création puissante. »
Harry eut un grand sourire.
« Donc, comment je pourrais apprendre ? Est-ce que je vais devoir aller à l'Académie Émeraude avant d'aller à Hogwarts ?
— Non, ce n'est pas une option, j'en ai peur. Garder votre ligne temporelle intacte est important. Non. Je pensais écrire un livre pour vous moi-même sur le sujet comme un guide pour vos études. Tant que je l'écris maintenant et que je le soumets au Conseil, ce serait une manière parfaite pour vous d'apprendre.
— Vous pouvez me faire un livre ? C'est permis ?
— Si je l'écris et le soumets au Conseil auparavant, ils peuvent l'approuver. Vous aurez besoin de beaucoup de support pour maîtriser votre focus, petit. Les difficultés qu'affrontent les foci à deux types sont immenses. Que vous deviez le faire pendant que vous apprenez dans une institution qui ne peut pas vous enseigner le second type sera compliqué. »
Harry émit un son d'approbation. Cela devenait un véritable défi à surmonter. Hogwarts semblait de moins en moins l'endroit idéal pour apprendre la magie, avec son focus inhabituel.
« Est-ce que je serai même capable d'apprendre la magie à Hogwarts ? demanda-t-il en levant les yeux vers Memchark. Vous donnez l'impression que ce sera une entreprise impossible, de comprendre comment utiliser la moitié Sauvage de mon focus tout en étant entraîné uniquement à utiliser la moitié Mobile.
— Votre focus ne sera pas le plus simple à travailler avec, je le concède. En fait, il est très probable que les premiers sorts que vous ferez tourneront soit très mal, soit très bien. Vos professeurs ne seront pas capables de vous aider à comprendre ce qui a mal tourné non plus. Les types mixtes qui entrent à l'Académie reçoivent toujours des leçons particulières avec moi-même et les experts dans les types de leur focus pendant le premier semestre. Ils doivent comprendre leur focus de manière intime. C'est essentiel à leur succès. Je dois remplacer ceci par un livre avec vous. »
Harry hocha la tête. Cela ne serait pas facile, mais tout ceci semblait de plus en plus intéressant.
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Rose fut seule dès la première journée complète qu'ils passèrent sur Haleysio. Le Docteur était plongé dans peu importe ce qu'étaient les Documents, complètement ensorcelé par leur apparente impossibilité et incapable de s'en sortir.
Harry était occupé à être mannequin pendant au moins une partie de la journée, puis il serait sans doute à l'Académie pour discuter magie avec les penseurs et éducateurs de la planète.
Ce qui laissait à Rose la partie exploration du voyage. Cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas exploré librement un endroit étranger toute seule, suffisamment longtemps que c'était presque aussi excitant pour elle que la première fois qu'elle était entrée dans le TARDIS.
Avoir plus d'un siècle changeait la perspective des choses, c'était certain.
Elle s'éloigna du portail en se promenant, décidée à trouver la petite vitrine d'exposition de Harry pour prendre quelques photos. Elle n'allait certainement pas manquer le premier jour du nouveau travail du plus petit habitant du TARDIS. Un boulot qu'il avait accepté pour, parmi toutes les possibilités, une veste.
Elle leva les yeux au ciel. Il avait grandi avec les personnes les plus étranges, pour être obsédé par une veste. Le Docteur et Jack avaient une influence malsaine.
La promenade en pleine nature qu'avait été le chemin entre l'Arche et jusqu'à la cité de Julist se termina et elle sentit le sol bouger sous ses pieds et un message apparut devant son visage.
Bienvenue au Transport le plus Rapide, le plus Court et le plus Simple que Julist Peut Offrir ! Où voulez-vous aller ?
Elle se recula rapidement, choquée.
« Euh, excusez-moi ? dit-elle en espérant que ça parlerait.
— Bienvenue au Transport le plus Rapide, le plus Court et le plus Simple que Julist Peut Offrir ! Où voulez-vous aller ? fit une voix joyeuse et excitée.
— Question rapide, je ne suis pas magicienne, donc je ne peux pas vraiment utiliser un focus, est-ce que ça pose un problème ?
— Le TRCS de Julist est conçu pour le confort de tous ceux qui ont besoin d'être transportés ! Veuillez indiquer votre destination et TRCS vous y emmènera sans souci ! »
Rose était certaine de pouvoir entendre les points d'exclamation.
« Et bien, dans ce cas, je cherche la Promenade de la Mode, dit-elle, espérant que quoi que ce soit sur lequel elle avait marché n'avait pas besoin d'argent non plus.
— Promenade de la Mode, une destination populaire. TRCS sera ravi de vous y emmener. Veuillez rester immobile pendant le mouvement. Tout mouvement hors des limites du TRCS peut causer un inconfort inutile. »
Une bulle apparut rapidement autour de Rose et elle sentit le sol sous ses pieds tourner alors que la bulle devenait opaque.
« Euh… » dit-elle.
Puis son corps fut très rapidement compressé, sans réellement changer de taille, tous ses organes internes furent écrasés ensemble, dans une sensation un peu plus qu'inconfortable. Puis elle fut décompressée aussi rapidement. Elle eut l'impression que ses poumons avaient toujours juste la moitié de leur taille quand le mouvement sous ses pieds s'arrêta. Elle toussa.
« Merci d'avoir utilisé TRCS ! Julist est heureux de fournir tous les services de transport à l'intérieur des limites de la ville ! N'hésitez pas à utiliser TRCS à nouveau ! »
Rose tituba hors du transport en toussant et en espérant que ses organes reprendraient leur place rapidement.
« Oh ma pauvre petite ! Ces transports sont vraiment inconfortables, Julist est la seule ville de la planète qui utilise encore ces technologies dépassées. Est-ce que ça va bien ? » demanda une voix aiguë.
Rose secoua la tête pour éclaircir sa vision, cherchant l'origine de la voix.
« Je n'avais pas pensé qu'ils seraient si… écrasants, dit-elle avec un ton légèrement essoufflé.
— Personne visitant Julist pour la première fois ne s'y attend, et ils sont placés de telle manière que si vous ne faites pas attention, vous marchez sur un. »
Rose, se sentant un peu plus normale, regarda autour d'elle. La voix venait d'une des deux silhouettes penchées vers elle, toutes les deux avec plein de couleurs éclatantes et plus grandes qu'elle d'un bon demi-mètre. Leurs yeux, quatre orbes, changèrent de position alors qu'ils regardaient autour, de Rose vers le sol vers l'autre créature, vers leur environnement.
« Ouais, je préférerais ne pas avoir à le prendre à nouveau, si je peux l'éviter. Merci, cependant. Je suis Rose. Première fois à Haleysio, en fait. Je ne savais pas sur quoi je marchais, en toute honnêteté.
— Oh, une première visite ! Comme c'est charmant ! Et juste à temps pour le Festival de l'Appellation ! Encore mieux ! Vous êtes arrivée au point le plus excitant du cycle d'Haleysio ! Je suis Gelfecri et voici Julcista. Nous allons à la Promenade de la Mode. Ils ont les accessoires les plus étonnants et bien plus encore ! Et cherchez-vous des vêtements pour le festival ? J'ai les miens depuis presque un mois complet ! »
Rose eut un grand sourire. Elle aimait ces deux-là.
« Je ne sais pas concernant mes vêtements, mais mon… »
Elle réfléchit au Docteur, chercha à trouver un mot les décrivant, lui et leur relation.
« Mon partenaire, décida-t-elle d'utiliser, trouvant ce mot sûr. Son fils est un mannequin pour Prysh cette semaine. »
Les yeux de Gelfecri et Julcista firent de grands cercles :
« Oh, vraiment ?! Prysh ? La Prysh ? Oh, c'est merveilleux ! Elle a toujours les meilleures idées ! Et vous connaissez son mannequin, oh c'est brillant ! Nous devons absolument voir sa vitrine ! C'est juste plus bas sur la Promenade, elle a à chaque cycle le meilleur emplacement ! »
Gelfecri aida Rose à se relever, de longs appendices ressemblant à des doigts agrippant le bras de Rose jusqu'à ce qu'elle tienne debout.
Puis ils partirent. Il ne fallut pas beaucoup de temps, après avoir frayé son chemin à travers la foule aux corps de multiples formes et évité les êtres qui volaient à basse altitude au dessus d'elles, avant que le trio arrive devant la vitrine de Prysh.
Et Rose eut son premier aperçu de Harry en tant que mannequin.
Il était étonnamment beau dans ces vêtements, elle devait l'admettre, même s'il ne semblait pas exactement intéressé par l'idée d'être là. Ses cheveux noir profond et sa peau claire mettaient en valeur les couleurs des vêtements, et quand il faisait face à la rue, ses yeux verts brillants, une teinte que Rose n'avait jamais vue chez un humain, étaient spectaculairement coordonnés.
Il était suspendu la tête en bas, tournant sur place et de toute évidence en train de réfléchir profondément. Rose se demanda combien de temps il faudrait avant qu'il essaie une chose probablement non-autorisée dans la pièce d'exposition.
« Oh, c'est le fils de votre partenaire ? Il est magnifique dans les vêtements de Prysh! C'est une merveille, elle arrive toujours à trouver les meilleurs mannequins vivants. J'ai entendu dire que son prochain mannequin est Lyfrr'si. C'est si difficile de négocier un contrat avec ellui (1) ! Prysh est si chanceuse ! »
Gelfecri se tourna vers Rose :
« Donc qui est-il ? Le nouveau mannequin de Prysh ?
— C'est Harry. Ne savait pas vraiment ce qu'était un mannequin, en réalité. Il voulait juste une veste, et Prysh a accepté d'en faire une pour lui s'il exposait pour elle pendant la semaine. Il a accepté avant même de savoir ce qu'il devait faire. »
Julcista rit :
« Oh, c'est brillant ! Je n'aurais jamais réussi à faire tenir mes enfants immobiles assez longtemps pour faire mannequins. Gelfecri et moi avons tout essayé mais ils refusent d'écouter. Avoir une telle portée représente parfois tant d'ennuis, mais ils sont merveilleux. »
Rose eut un grand sourire :
« En effet. Même si j'aurais du mal à imaginer plus d'un petit à courir partout. Harry est déjà suffisamment difficile comme ça. »
Elle sortit son téléphone, s'assurant d'avoir une bonne vue de Harry avant de prendre plusieurs photos de l'enfant toujours la tête en bas.
« Donc, qu'est-ce qu'il y a ensuite ? Même si j'adorerais rester ici et discuter des exploits de la jeunesse, je ne suis jamais venue à Julist et j'aimerais la découvrir un peu ! »
Gelfecri et Julcista échangèrent un regard et se tournèrent vers Rose :
« Et bien, nous pouvons vous proposer une aventure ! »
Ils lui attrapèrent le bras et l'entraînèrent, Rose riant tout le long du chemin. Elle savait toujours comment trouver l'aventure.
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C'était le troisième matin de leur séjour sur Haleysio et Harry était à nouveau à la boutique de Vanderian. Cette fois, Rose le suivit, lui tenant compagnie maintenant que son papa était absorbé par ces documents et l'histoire ancienne de Gallifrey. Il saurait toute l'histoire plus tard, vu que Rose n'en savait pas beaucoup plus que ça, et il n'était pas autorisé à approcher du Musée sur ordre de Kyst concernant la préservation des lignes temporelles.
« Donc, prêt pour la prochaine étape ? » demanda Rose.
Harry eut un grand sourire :
« Oh oui ! Plus que deux étapes ! Puis j'aurai mon focus ! Je n'imaginais pas que ça prendrait autant de temps.
— Ça dépend de l'utilisateur. Un focus prend autant de temps que nécessaire pour être fabriqué, et le vôtre prend plus que temps que la plupart. Le mien a pris deux jours, » dit Kyst.
Harry soupira. Tout concernant son focus allait poser problème, il le pressentait. Memchark était en train d'écrire un livre pour qu'il puisse apprendre à l'utiliser correctement, le Conseil voulait avoir plus d'informations à ce sujet avant qu'il parte, Vanderian le regardait plus longtemps que la normale. Il se demandait comment Hogwarts à sa propre époque allait réagir face à son focus.
« Jeune magicien, si tu veux bien aller à l'arrière ? Tes niveaux magiques sont suffisants pour l'excursion d'aujourd'hui. »
La voix de Vanderian résonna de l'arrière-salle où la grande pièce où ils fabriquaient le focus était située.
Harry adressa un sourire à Rose et Kyst :
« A plus !
— Bye Harry. A très vite. »
Kyst tourbillonna.
Harry sautilla le long du couloir et la porte se ferma doucement derrière lui.
Vanderian se tenait debout derrière l'autel, le focus non-terminé de Harry posé à côté des deux morceaux restants.
« Aujourd'hui, nous allons mettre en place le coeur. Le coeur est l'entièreté du magicien, comment il accède à sa magie et le moyen le plus direct de se connecter à ce qui fait de toi qui tu es doit aller dans la mise en place du coeur. »
Vanderian regarda Harry.
« Enlève ton limiteur, jeune magicien, et nous allons commencer. Tu dois tenir ton focus, même s'il n'est pas terminé, mais ne touche pas le coeur. Il doit être guidé par ta magie seule. »
Harry glissa le collier dans une poche avant de tende la main et de prendre le long focus qui était à moitié terminé.
« Pense à toi. Tout ce qui fait que tu es toi, ce que tu aimes, ce que tu détestes, ce que tu veux dans la vie, ce que tu veux réussir, tes buts, tes rêves, tes désirs, tes espoirs, tes peurs. Tout ce qui fait que toi, tu es toi. Et libère ta magie. »
Harry ferma à nouveau ses yeux, entendant un chant lent en provenance de Vanderian alors qu'il plongeait à l'intérieur de lui-même.
Sa maison dans le TARDIS, depuis qu'il était trop jeune pour se souvenir. Les murs qui le berçaient et qui prenaient soin de lui et qui l'aimaient. Son amour pour le TARDIS. Son souhait de toujours vivre là, de ne jamais avoir à partir, de ne jamais être forcé par les circonstances à partir.
Son père, celui qui le formait. Il aimait son papa, l'aimait plus qu'il ne pouvait le quantifier. Son papa lui avait tout appris, l'avait laissé explorer, faire des erreurs, apprendre d'elles. L'aventure, juste au delà de la porte. Tout son monde inclus dans la silhouette du mince Seigneur du Temps qui l'avait élevé. Il souhaitait de tout son coeur qu'il serait toujours capable d'être là pour son papa, de ne jamais avoir à le quitter, de ne jamais vieillir et mourir, cédant à cette faiblesse humaine qui avait laissé son père seul tant de fois. Sa peur que son papa le regarderait un jour et verrait un vieil homme et ne voudrait plus être près de lui.
Sa peur d'être seul, dans un endroit étrange avec des étrangers. Être incapable de bouger et attaché, comme lorsque les Olympiens l'avaient enlevé. Sa peur que sa magie serait à nouveau au delà de sa portée, comme elle l'était après l'incident. S'il ne pouvait pas atteindre sa magie, qu'était-il ? Sa magie était une part si importante de lui, il ne savait pas ce qu'il ferait sans elle.
Son rêve d'aider son papa à sauver l'Univers. Son papa et Rose et Oncle Jack, peu importe quand Oncle Jack reviendrait. Il voulait être à leurs côtés pour toujours. Il était le seul dans le TARDIS qui n'avait pas une espérance de vie inhabituellement longue. Rose et Jack étaient tous les deux immortels et le TARDIS l'était presque, comme son papa.
Il voulait apprendre, apprendre autant qu'il pouvait sur tout ce qu'il pouvait. Magie, maths, sciences, langages, culture, peu importe ce qu'il y avait à apprendre, il voulait l'apprendre. Il ne saurait sans doute jamais autant que son papa, il y avait une limite à la quantité d'informations qu'une mémoire humaine pouvait enregistrer, mais il voulait s'en rapprocher le plus possible.
Vanderian regarda le spectacle en train de se dérouler devant lui. Il appréciait toujours de voir un focus en cours de réalisation, c'était un processus si gratifiant et si intéressant.
L'Os de Premier Thestral, toujours enveloppé dans une boule de magie, roula vers le bord de l'autel avant de s'arrêter, flottant, puis la magie de Harry l'approcha, s'enveloppa autour de lui, et la sphère de magie qui le gardait prisonnier s'ouvrit et la fine poudre d'argent étincelant flotta vers le focus reposant dans les mains de Harry.
Elle s'enroula en arabesque autour de l'enfant humain et sentant la magie et les émotions, avant de tournoyer autour du focus et s'installer dans les fissures runiques et s'enfoncer dans la longueur du focus.
Un brillant éclat de lumière, surprenant dans son apparence soudaine, apparut et le focus commença à briller d'une douce couleur argentée.
Le coeur, l'os de Premier Thestral, était en train de graver un petit motif dans le focus à la base du bois, où la main de Harry l'agripperait, caché à la vue à part pour celui qui l'utilisait.
Vanderian sentit un chatouillement dans ses racines. La magie de Harry était plus qu'une simple part de lui, elle prenait soin de lui, d'une manière qui était touchante et légèrement effrayante. La magie puissante était, à sa manière, un être intelligent.
Avec la lumière s'éteignant doucement et la magie de Harry qui disparaissait à nouveau dans le corps de l'enfant, Vanderian ralentit le chant et le termina enfin.
Harry ouvrit les yeux, se sentant épuisé comme il l'avait été les deux jours précédents. Il regarda son focus, toujours posé dans ses paumes ouvertes.
Il semblait toujours le même à part, non, attendez, il y avait quelque chose en bas, à la base du focus. Une sorte de gravure…
Harry regarda de plus près.
C'était du Haut Gallifreyien ! 'Enfant des Étoiles, Tes Rêves ne sont Jamais Loin de Ta Portée'.
Harry eut un grand sourire en levant les yeux vers Vanderian :
« Mon focus…
— J'ai vu, jeune magicien. Garde ce message pour toi. Ta magie l'a fait spécialement pour toi. Tu sauras toujours qu'il est là, quel qu'il soit. »
Harry inclina la tête avec curiosité :
« Vous ne voulez pas savoir ce que c'est ? »
Vanderian secoua la tête :
« Non, jeune magicien. De tels messages sont pour toi, rien que pour toi. Tu n'as besoin de le dire à personne d'autre si tel est ton souhait. »
Le sourire de Harry se fit plus large:
« Donc, après le prochain lever de soleil, ce sera la dernière fois ? Je pourrai prendre mon focus avec moi après ça ? »
Vanderian regarda Harry, puis le focus, le puissant focus, posé dans les mains du garçon :
« Oui, demain, et tu pourras prendre ton focus avec toi tant que tu emmènes aussi un moyen particulier de le porter. S'il n'y en as pas un adapté pour toi dans ma collection, je suis sûr que Prysh aimera le défi. C'est trop dangereux de le laisser traîner n'importe où ou dans une poche, et les humains n'ont pas de poche magique personnelle spécifique pour ranger leur focus. »
Harry hocha la tête. A ce point, tout ce qui pourrait lui permettre d'avoir son focus plus rapidement en valait la peine à ses yeux.
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Le Docteur en était à son troisième jour passé dans la Chambre des Documents, étudiant les Premiers Documents avec des yeux à présent fatigués à force d'avoir lu les mêmes symboles encore et encore.
C'était réellement la Colonie Perdue de Pythia. Cela avait été une légende qui s'était transmise jusqu'à l'Ère des Seigneurs du Temps, après la Chute de Pythia et que les derniers restes de magie soient éteints pour de bon sur Gallifrey. Une légende qui parlait d'une colonie établie sur une planète spéciale à un carrefour spécial de l'univers qui aiderait à renforcer la montée au pouvoir de Pythia.
Et bien, Haleysio aurait certainement pu faire ça, s'ils avaient réussi à créer une colonie ici. Mais le peuple de cette planète étaient bien loin de tout ce à quoi le Culte aurait pu faire face.
Les Premiers Documents contenaient, étonnamment, pas mal d'informations utiles. Tout était écrit dans la langue de Pythia, ce qui voulait dire qu'aucun de ces écrits des peuples originaux, qui pouvaient être ou ne pas être les Kysh'fryck comme le Traité semblait l'indiquer, avaient survécu. Les Kysh'fryck étaient seulement les membres des peuples dans la zone dans laquelle s'était installé le Culte, selon ce que le Culte avait fini par comprendre, quelque peu incertain de ce dont ils parlaient la moitié du temps. La planète elle-même était nommée d'une manière que le Culte ne pouvait pas déchiffrer. En fait, beaucoup de choses concernant la planète échappaient à la compréhension des membres du Culte qui s'étaient installés dans la zone où les Premiers Documents avaient été trouvés. Ils étaient tombés sur cette planète par hasard, elle n'était jamais apparue sur leurs scanners, et après avoir envoyé un message au Temple Principal, Pythia elle-même avait donné l'ordre de créer une colonie et de découvrir les secrets de la planète.
Les êtres rencontrés sur la planète étaient étranges. Ils parlaient la langue du Culte, ce qui les avaient surpris (le Docteur savait à présent qu'ils avaient utilisé un sort de traduction ou quelque chose comme ça pour communiquer). Ils n'avaient pas de forme particulière, mais elle était solide et ne pouvait pas être traversée. Chaque individu était un tourbillon de couleur, chacun différent et unique. Quelques fois, les tourbillons de couleurs se mélangeaient ensemble, parfois, seulement une partie se mélangeait. C'était quelque peu déconcertant, car le Culte ne pouvait identifier aucune composition ou structure chez ces créatures.
Aussi, des choses bougeaient sans aucune raison de bouger, des choses se passaient, des choses étranges qui auraient demandé à Pythia elle-même de chanter de tout son pouvoir pour les causer. Le Culte pointa toute la puissance de la technologie qu'ils connaissaient sur les membres de la planète et les força à signer un Traité alors qu'ils étaient encore confus et peu certains de ce que pouvaient faire ces étrangers.
Le Traité ne tint pas longtemps.
En quelques années, un bon nombre de membres du Culte qui s'étaient installés sur la planète devinrent fous. Le Dôme qu'ils avaient construits comme un temple à Pythia devint leur abri de secours. Dès que les habitants de la planète surent qu'ils pouvaient vaincre le Culte, ils le firent, au moins selon la perspective du Culte.
Et ils les étudièrent, comme on pouvait utiliser une colonie de fourmis particulièrement intelligente. Ils se moquaient des rapports ou de la paperasse, mais ceux toujours mentalement stables envoyèrent à la maison des lettres décousues, jusqu'à ce qu'ils succombent à leur tour à la malédiction qui décimait le Culte.
Les habitants n'avaient aucune utilité pour ceux qui étaient mentalement fragiles ou faibles.
Le Docteur obtint ceci des mémoires du seul enfant né sur la planète, qui avait vécu sa vie et était le seul épargné par les locaux.
L'enfant regarda ses parents devenir fous et mourir, avant d'être consigné à vivre le reste de sa vie seul, sans compter les locaux, sur la planète sur laquelle il était involontairement né. Le vaisseau qui avait amené le Culte ici fut détruit en morceaux bien avant que l'auteur puisse apprendre comment le faire voler.
Cela semblait une vie moins qu'idéale pour un enfant à la longue espérance de vie du Culte de Pythia.
L'enfant, seul sur une planète qu'il ne comprenait pas et entouré par les corps morts de ceux qui avaient la moindre idée de comment retourner à Gallifrey, passa quelques temps à faire le tour de la planète, mangeant ce qui semblait être sûr (en regardant la vie sauvage locale, d'étranges créatures mais des créatures qui mangeaient quand même) et évitant toute zone qui aurait pu être habitée.
Il mourut loin de son lieu de naissance en mangeant une nourriture mal choisie. Il savait peu de la planète sur laquelle il vivait et encore moins de Gallifrey. Il avait à peine appris la langue et comment l'écrire, ce qui voulait dire que le journal était couvert d'une écriture de plus en plus nette mais enfantine. Il ne donna jamais son nom.
Ce qui, estima le Docteur, n'était pas une chose inhabituelle. Même à l'époque du Culte, les Noms étaient quelque chose de puissant et donnés avec soin.
Il s'appuya dans la chaise qu'il avait occupée pendant près de trois jours. Son costume avait été déboutonné et les manches enroulées, ses cheveux étaient en désordre après avoir été constamment agités et tirés avec frustration. La vieille langue était plus dure que ce qu'il avait anticipé, mais il avait réussi à lire les différents manuscrits et les transformer en Vieux Haut Gallifreyien.
Les divers livres avaient été plutôt utiles. Le premier était la tentative de Traité avec les locaux, qui n'avait pas très bien tourné. Le second était un court compte-rendu de la découverte de la planète et une liste de rapports et de dates auxquelles les rapports avaient été envoyés à Pythia sur Gallifrey. Pythia avait été très intéressée par cette planète, si les rapports presque mensuels étaient exacts. On demandait rarement à un monde colonisé, une fois établi, d'envoyer des rapports plus que tous les six mois. Du moins pas tant qu'un équipement de communication interstellaire n'avait pas été installé, ou sur les planètes si loin de Gallifrey qu'une telle communication n'était vraiment pas une priorité.
Le troisième était des notes sur la planète elle-même écrites par un membre du Culte qui avait un intérêt extrême pour la science, surtout compte tenu du fait que le Culte n'encourageait pas de telles études.
Le quatrième était le journal de l'enfant, commencé dans sa jeunesse et le suivant jusqu'à sa mort, écrit dans une petite écriture demandant un regard acéré pour le traduire.
Les feuilles volantes étaient plutôt inutiles dans l'ensemble. C'était des lettres éparpillées et des rapports, des morceaux de messages ou de lettres adressées à la famille éloignée. Intéressant au sens anthropologique, mais pour le mystère de la Colonie Perdue, pas si important.
Non, les choses importantes étaient écrites dans le grand cahier qu'il avait sur la table. Cela avait été un carnet de taille normale quand il l'avait commencé quelques jours plus tôt (c'était seulement quelques jours, son cerveau l'avait calculé avec précision. Trente cinq heures et cinquante-quatre minutes). A présent il débordait, d'une épaisseur de pratiquement la largeur de sa main. Il se demanda à quel point il était lourd.
C'était stupéfiant qu'il n'avait fallu que trois jours pour traduire tout ceci. Il avait du oublier tout le reste. Il n'avait pas dormi du tout, et il s'était à peine souvenu de manger ce qui lui avait été mis sous le visage. C'était une impression déconcertante. Il n'avait plus fait ça depuis que Harry était arrivé dans sa vie.
Harry… Il se demanda ce que son fils faisait. De manière relative, Harry devait certainement passer un moment plutôt intéressant sur Haleysio. Il se souvint de la fabrication d'un focus, quelque chose au sujet de Harry défilant durant la semaine (il devait voir ça. Son fils en mannequin de vitrine devait être une vision irremplaçable), et un voyage à l'Académie.
Il avait manqué beaucoup de choses.
Mais ceci aussi était important. Le passé de Gallifrey avait été sur cette planète, ou au moins une partie. Alors que les habitants originaux avaient du disparaître dans une sorte de cataclysme magique, vu que personne n'avait trouvé la preuve de leur existence continue, il s'attendait à ce qu'une certaine forme de leur civilisation soit toujours en vie et se développant quelque part. Ils utilisaient probablement autre chose pour communiquer. Être créé à partir de la magie devait rendre leur espèce singulièrement unique et ils ne devaient avoir aucun besoin des outils que le reste de l'univers avait créés. L'écriture, ou n'importe quelle forme de transcription, était un trait presque universel des espèces avec un langage. Il y en avait quelques unes qui transmettaient via mémoire génétique à leur descendance et n'avaient aucun besoin de conserver leur histoire sur papier, mais elles n'étaient pas la majorité.
Il y avait une forme de communication sur cette planète que les habitants originaux avaient du laisser derrière eux, le journal de l'Enfant de Pythia avait confirmé que quelque chose d'étrange traînait autour de la base qui avait été construite. Mais aucun mot de ce que c'était n'avait jamais été posé sur du papier.
Le Docteur devait en savoir plus.
Il se demandait si Harry et Rose seraient partants pour l'aventure.
Le Docteur, carnet en main, se tourna pour quitter la pièce blanche dans laquelle il s'était enfermée, pour découvrir que la porte ne voulait pas bouger. Il la poussa, frustré.
« Eh, laissez-moi sortir ! »
Il tendit la main vers son tournevis sonique, avec l'intention d'essayer de voir jusqu'à quel point il pouvait influencer des sorts avec la technologique, quand sa veste s'accrocha à quelque chose autour de son poignet.
Le bracelet que Gardien lui avait donné. Est-ce que ce n'était pas supposé faire venir Gardien à nouveau quand il voulait partir ?
Comment il devait faire ça déjà ?
Il secoua son poignet, l'agita de haut en bas dans l'espoir de faire quelque chose. Il pointa son tournevis dessus, rien.
Ses doigts frottèrent dessus, il le tapota pour réfléchir, quand la porte s'ouvrit.
« Avez-vous une autre requête pour moi, Docteur ? demanda Gardien en entrant en vrombissant, voletant juste dans le champ de vision du Docteur.
— Euh, oui, oui, j'en ai une. J'ai fini. Terminé. J'ai étudié toute la pile et je pense qu'une visite à l'endroit où les documents ont été trouvés ne serait pas de trop, » dit-il.
Gardien vola en boucles bourdonnantes :
« Je ne suis pas celui que vous devez consultez sur un tel sujet, ce serait le Conseil. Ils contrôlent les différentes excursions historiques sur Haleysio. »
Gardien s'approcha du Docteur :
« Je serais très intéressé par votre traduction des Documents. Personne depuis que nous possédons les Documents n'a jamais été capable de les comprendre, et encore moins de les traduire. »
Le Docteur tint le carnet contre sa poitrine :
« Et bien, à ce sujet, voyez. Ces Documents sont plutôt intimement liés à l'histoire de mon propre peuple. J'ai besoin de plus d'informations avant de pouvoir les partager avec vous. »
Le bourdonnement de Gardien changea juste un peu.
« Je vois. Et bien, si vous changez d'avis, votre travail sera le bienvenu dans le Hall des Documents. Je vais appeler Liffra. Elle va vous escorter jusqu'au Conseil, dont j'ai entendu dire qu'ils étaient assez impatients de parler avec vous. Ils ont été informés que vous êtes ici depuis trois jours et sont curieux de voir ce que vous avez découvert. »
Le Docteur suivit Gardien jusqu'au Hall des Documents toujours éclatant mais vide. Gardian s'éloigna en bourdonnant et revint quelques instants plus tard.
« Liffra est en route ? demanda-t-il.
— Elle sera ici rapidement. Veuillez patienter.
— Je peux retrouver mon chemin, vous savez, souligna le Docteur.
— Ce n'est pas conseillé. Vous voir vous promener sur Haleysio sans escorte n'est pas le désir du Conseil. Vous êtes un être bien trop volatile pour rester sans surveillance. C'est la même raison pour laquelle votre fils est surveillé par Kyst, et on a aussi un oeil sur votre partenaire, même si elle est seulement surveillée à distance.
— Sous-estimez Rose à vos propres risques, » dit le Docteur avec un grand sourire, même s'il était légèrement inquiet de savoir que l'observation allait au delà de la simple sécurité.
Liffra entra par la porte du Hall Principal à ce moment-là.
« Docteur, le Conseil vous attend.
— Parfait, j'ai quelques mots à leur dire également. »
Le carnet fermement tenu dans sa main, le besoin de voir ce que son peuple avait laissé sur Haleysio bien bien avant que ces êtres avaient posé le pied sur cette planète à l'esprit, il se dirigea vers le Conseil, Liffra le suivant.
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Liffra conduisit le Docteur dans le Hall du Conseil, où il rencontra les quatre Grands Membres du Conseil, dont les trois qu'il avait déjà rencontrés. Shorll, Prryxt et Bryshl. Le quatrième, une petite créature que le Docteur n'avait jamais vue auparavant, était d'un violet sombre et mince, même si elle n'arrivait pas plus haut que sa hanche avec trois minces tiges qui supportaient des yeux et deux bras, ou ce qui seraient des bras selon l'emplacement.
« Seigneur du Temps, nous avons reçu l'information que vous pouviez lire les Premiers Documents, dit Shorll de sa voix musicale.
— Ils sont écrits dans un langage ancien de ma planète, dit-il. Même si je n'ai aucune idée de la façon dont ils ont pu survivre au Verrou Temporel. Une des choses que j'espère découvrir, en fait. J'ai envie de visiter le site de leur découverte.
— Je crains que ce site soit sous préservation historique. L'entrée est strictement contrôlée, dit Prryxt.
— Il ne s'agit pas de protéger votre histoire. Il ne s'agit même pas de votre histoire. Il n'y a aucun document des peuples natifs de cette planète parmi les archives, tous venaient de mon peuple. Moi, plus que vous tous, ai un droit de voir ce qui en reste, » répliqua le Docteur.
Les quatre échangèrent des regards, leur surprise évidente.
« Vous voulez dire qu'aucun des Premiers Documents ne sont des peuples natifs d'Haleysio ? demanda la petite créature non nommée. Pas un seul ?
— Non, aucun d'eux. De ce que je comprends, les peuples qui ont évolué naturellement sur cette planète n'utilisaient aucune forme d'écriture pour transmettre des informations. Le Culte n'avait aucune idée de la façon de les décrire, aucune connaissance de leur composition ou quoi que ce soit. Sur une planète purement magique, les natifs doivent avoir évolué de la pure magie. Ils pouvaient être rien d'autre que de la magie ayant une forme et une solidité, plutôt que des êtres ayant reçu de la magie. Ils auraient pu utiliser des moyens complètement différents de garder des archives plutôt que des symboles écrits sur une surface pratique, dit le Docteur en levant les yeux au ciel. Vraiment, ça aurait du être un peu plus évident. Pourquoi une espèce qui n'était pas simplement douée de magie mais a évolué de la magie aurait besoin de quelque chose d'aussi commun que des outils d'écriture pour transmettre la connaissance ?
— Nous n'avons rien d'autre que nos propres histoires pour baser nos théories, et aucune race de cette planète ne garde pas une sorte d'archive écrite sur une surface perméable. Nous ne pouvions pas lire les Premiers Documents, il n'y avait aucune possibilité pour nous de savoir qu'ils ne venaient pas des premiers habitants, » souligna Prryxt avec raison.
Le Docteur soupira. Il ne pouvait pas le leur reprocher, il avait pensé la même chose. Seules quelques espèces dans l'Univers parmi celles qui habitaient dans ce plan d'existence ne gardaient pas d'archives écrites et elles avaient souvent alors une mémoire héritée.
« Cela est sans doute vrai, mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas besoin de voir le site. J'ai besoin de savoir ce qui est arrivé au Culte. Les archives disent seulement que les natifs les ont rendu fous et les ont laissé mourir, tous sauf un enfant, qui était à peine hors de l'enfance quand la plupart des membres du Culte sont devenus insensés. Cette colonie est passée dans les légendes de Gallifrey même à mon époque, bien après que le Culte de Pythia a disparu. C'est de l'Histoire !
— Vous parlez de ce Culte de Pythia. Qui étaient-ils ? Ces gens qui sont venus sur Haleysio et ont provoqués les natifs ? » demanda Bryshl de sa voix grave et rocailleuse.
Le Docteur fit les cent pas:
« Le Culte était un ancien ordre de pouvoir sur Gallifrey, dirigé uniquement par des femmes voyantes. Le plus proche que mon peuple a été de la magie. Elles ont été exterminées par un mouvement vers la rationalité et la logique, au delà du mysticisme, conduit par les Trois, Rassilon, Omega et l'Autre, mais avant ça, elles étaient une force puissance dans l'Univers, s'étendant parmi les étoiles. Ceci est la Colonie Perdue, une légende concernant une colonie que Pythia a établi qui aurait conduit le Culte à un pouvoir encore plus grand que ce qu'ils auraient pu imaginer, et cela aurait pu arriver, si le Culte n'avait pas énervé les natifs. »
Il simplifia l'essentiel de l'histoire, pas besoin de donner des leçons longues de plusieurs heures sur l'histoire de Gallifrey à ceux qui n'avaient pas vraiment besoin de la connaître.
« Donc, ce site. Qu'est-ce qu'il pourrait bien y avoir là-bas qu'il n'y a pas dans les Premiers Documents ? C'est ancien et pratiquement recouvert par la nature. Il n'y en a presque plus rien, dit Shorll avec curiosité.
— Le Culte n'a pas seulement atterri près de l'endroit où habitaient les natifs, ils ont atterri pratiquement dessus. Il y a forcément plus d'information à découvrir, et je peux être capable de le faire. Mais j'ai besoin de le voir. Bientôt. »
Ils échangèrent des regards.
« Le plus tôt pour effectuer votre visite serait demain après-midi. C'est de l'autre côté de la planète dans un endroit isolé. Un membre du Grand Conseil doit vous accompagner, dit Bryshl.
— Ça ne me dérangerait pas de détendre mes pattes, et ça fait un moment que je n'ai pas visité l'ancien site. Il semble toujours si apaisant, dit Prryxt.
— D'accord Prryxt, vous allez accompagner le Docteur demain. Je vais envoyer une Pensée à l'Historien en Chef et l'en informer.
— Oh, euh, assurez-vous d'inclure Harry et Rose dedans. Je suis sûr qu'ils seraient aussi intéressés par ça, ajouta le Docteur.
— Est-ce que c'est sûr de laisser Harry s'approcher d'un tel endroit, » demanda Shorll.
Le Docteur souffla :
« Il a été dans des endroits bien pires qu'un vieux site archéologique. Et il se plaindrait pendant une éternité si je le laissais derrière. »
Prryxt haussa une épaule géante.
« Ça ne me dérange pas que le garçon nous accompagne. Il est capable de prendre soin de lui, de ce que j'ai vu. Même s'il doit discuter de son calendrier de mannequinat avec Prysh, dit-il.
— Donc c'est conclu. A présent, Docteur, est-ce qu'on peut voir les Premiers Documents ? J'ai entendu dire que vous les avez traduits, » dit Shorll.
Le Docteur leva un sourcil :
« Je les ai traduits dans une autre forme de Gallifreyien. Vous ne pourriez pas le lire de toute façon. Ce n'est pas vraiment facile à traduire.
— Y a-t-il une possibilité que vous puissiez les traduire dans un langage que nous pouvons lire ? demanda Shorll. Je dis simplement ça parce que ces Documents sont restés illisibles et inconnus pendant des siècles et ce serait inestimable pour nos historiens de comprendre ce qui s'est passé dans le plus vieux site connu de cette planète. »
Le Docteur réfléchit. D'un côté, laisser quiconque avoir une copie lisible de n'importe quoi en provenance de Gallifrey hors du TARDIS était contre sa nature, mais cela était également de leur planète.
« Laissez-moi voir ce que je peux trouver sur le site demain, et nous discuterons de la traduction, » dit-il finalement.
Cela lui laisserait le temps d'y penser.
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Harry était une balle d'énergie excitée et nerveuse bondissant devant la boutique de Vanderian. C'était le dernier jour et il allait achever son focus ! le terminer ! Pour de vrai ! Et être capable de partir avec lui ! Il sautilla sur place.
Rose posa une main sur son épaule :
« Calme-toi, Harry. Si tu vibres plus vite, tu vas en perdre tes vêtements.
— Mais c'est si merveilleux ! Je vais avoir mon focus aujourd'hui ! Je vais le finir et tout et je vais partir avec ! Je suis impatient d'en parler avec Arthur ! Et Oncle Jack, quand il reviendra. Et papa, peu importe quand il sortira de ses traductions. Il a apporté avec lui ce carnet géant hier et ne m'a même pas laissé y jeter un oeil. Est-ce qu'il s'est couché ? »
Harry regarda Rose.
« Non, mais ce n'est vraiment pas la première fois. Il n'a pas besoin d'autant de sommeil. En plus, il a dit que les Documents qu'il a lu ces derniers jours étaient écrits dans une forme de Gallifreyien que même lui avait du mal à lire. Est-ce que tu as une idée de ce que ça peut être ? »
Harry secoua la tête :
« Je peux parler et comprendre le Vieux Haut et le Haut Gallifreyien et je peux en quelque sorte l'écrire, c'est une langue difficile à concevoir dans un premier temps. Le Gallifreyien moderne est ma langue native, je pense que papa m'a enseigné cette langue en premier, vraiment, parmi toutes les langues que je connais. C'est celle qui lui est la plus proche, pour lui, et une de celles que j'ai tendance à utiliser quand j'ai besoin de prendre des notes. »
Rose regarda le jeune garçon :
« Juste combien de langues parles-tu couramment ? Je me souviens que ton papa m'a dit que tu préférais apprendre une langue quelque part plutôt que laisser le TARDIS traduire pour toi, mais cela prendrait trop de temps en tenant compte du nombre d'endroit et d'époques où tu as été. »
Elle le regarda de bas en haut :
« Et tu n'es pas aussi vieux que le Docteur pour dire des choses comme ça et t'en sortir. »
Harry lui tira la langue.
« Je connais plusieurs langues terrestres, le chinois, l'anglais, le latin, l'arabe et le japonais, et je peux me débrouiller dans la plupart des autres avec juste un peu d'aide de la part du TARDIS. Je parle couramment une douzaine d'autres langues primaires parlées à travers la galaxie, et je peux raisonnablement convaincre quelqu'un de me laisser sortir de prison dans trois douzaines de plus. J'utilise l'interférence du TARDIS seulement quand je n'ai aucune idée de l'endroit où nous avons atterri et que je n'ai pas reconnu le dialecte. »
Rose leva un sourcil. Dire qu'elle pensait que sa réussite à son examen de français au lycée était impressionnante. Enfin, elle doutait qu'elle avait eu besoin de capacités linguistiques comme Harry dans son enfance. Une des amies de Kelly avait grandi en étant bilingue, avec une mère japonaise et un père londonien. Elle parlait le japonais et l'anglais de manière interchangeable et très bien. Elle devinait que c'était similaire pour Harry.
« Jeune magicien, je suis prêt. J'ai posé quelques sorts de protection supplémentaires, au cas où. Je ne veux pas qu'une explosion catastrophique soit la dernière chose que je vois avant d'être oblitéré. »
La tête feuillue de Vanderian apparut dans l'encadrement de la porte où Rose avait vu Harry entrer la veille.
Harry déglutit :
« Souhaite-moi bonne chance, » murmura-t-il à Rose avant d'entrer dans la pièce.
Rose lui envoya un souhait silencieux pour sa sécurité alors qu'elle restait à l'extérieur avec Kyst.
« C'est un enfant remarquable, dit-elle.
— En effet, Dame Rose, même s'il ne le sait pas encore. Il se voit toujours comme un simple garçon, le fils du Docteur et du TARDIS, aucun des deux extraordinaire à ses yeux. Mais il est remarquable. Il fait une différence partout où il va et touche les vies et les âmes d'espèces dans tout l'Univers. »
Rose leva les yeux vers Kyst, un petit sourire sur le visage :
« Il a laissé cette marque spéciale sur vous, à présent, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle, sa langue pointant sur le côté de sa bouche.
Kyst émit un petit son soufflant :
« Je crois qu'un tel destin est inévitable. Nous y sommes tous condamnés, » dit Kyst, et Rose rit.
On n'avait jamais dit de mots plus vrais.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Harry resta juste derrière la porte, regardant l'autel où son focus, presque complet, l'attendait. Vanderian, dans toute sa gloire, se tenait derrière la pierre, l'attendant.
« C'est le morceau final, » murmura Harry.
Cela lui semblait monumental.
« Dépêche-toi, jeune magicien. Je n'ai pas toute la course du soleil pour terminer ça et toi non plus. »
Harry s'approcha rapidement.
« Qu'est-ce que je dois faire ? » demanda-t-il, glissant son collier dans sa poche.
Il doutait que cette partie du processus ait changé.
« La pierre d'étoile est le dernier morceau de ton focus, et sans doute le plus dangereux. Tu dois garder contact avec elle et ton focus pour permettre aux deux de fusionner comme j'espère qu'ils le feront, et ne pas faire exploser ma boutique et la moitié des Boutiques de la Rue Orange. »
Harry eut un grand sourire, nerveux :
« D'accord, donc un dans chaque main. Est-ce que la main a de l'importance ?
— Celle qui te semble le mieux est généralement la meilleure. Maintenant, tiens les, ferme les yeux, et pense à ton étoile pétrifiée. Tout ce que tu as fait avec elle, toute la magie que tu as insufflé à l'intérieur, la façon dont tu la tiens. Ton esprit doit se concentrer sur la façon dont elle est importante pour toi, pour ta magie. »
Harry ferma les yeux, plongeant dans sa magie. Chaque jour, cela devenait de plus en plus facile de la laisser circuler autour de lui.
Son étoile, celle qu'il avait nommée dans le langage sifflant en l'appelant 'belle'. Bon, il n'était pas le plus créatif quand il avait trois ans, on ne pouvait pas reprocher au jeune Harry le nom faible.
Son système solaire était créé sur la base de cette étoile compressée, ce qu'il ressentait en la tenant. La chaleur et le pouvoir qu'elle générait. Il avait l'habitude de faire flotter les quatre étoiles compressées qu'il avait trouvées en cercle, jouant avec elle de la manière qu'un autre enfant jouait avec des balles colorées ou de la ficelle ou n'importe quoi d'autre de brillant et étincelant.
Mais 'belle' était sa préférée. La douce couleur et l'éclat étaient réconfortants et il l'emmenait avec lui dans son lit quand il allait se coucher, la posant sur la table de chevet pour avoir sa lumière. Suffisamment douce pour qu'elle ne le dérange pas, mais suffisamment brillante pour qu'il puisse en apprécier l'éclat quand il se réveillait.
Il se souvenait avoir pris les étoiles et avoir commencer à façonner le système solaire de base qu'il finirait par créer, les lévitant autour de lui alors qu'il essayait de planifier comment il le créerait. Le centre, il se souvenait l'avoir finalement placé là où était 'belle'.
Sa magie sentit l'étoile posée dans sa paume gauche et il pouvait la sentir la traverser, se refamiliarisant avec l'étoile et la saluant comme une vieille amie.
Vanderian regarda le spectacle se dérouler, immensément curieux de voir comme cela tournerait. Il avait rarement l'occasion de voir quelque chose d'aussi puissant utilisé dans un focus. Une étoile compressée, une étoile pétrifiée, était certainement quelque chose de puissant.
La magie de Harry, aussi énergétique que d'habitude, tournoya autour de la petite pierre violette et la souleva, la caressant. Une amie, pensa Vanderian. Les deux étaient amis, d'une étrange manière.
Le focus, presque terminé, rejoignit les deux dans les airs, et les mains de Harry commencèrent à tracer des formes en dessous. Vanderian inclina la tête.
Qu'est-ce que c'était que ça ? Est-ce que Harry suivait son chant avec des symboles ? Cela y ressemblait certainement. L'enfant était dans une ligue bien à lui, pensa Vanderian. Créer des symboles en se reposant sur sa magie pour interpréter le sens de Vanderian. Cela renforcerait certainement le lien avec son focus.
Il regarda et attendit. Le lien entre les deux parties serait le point le plus important du rituel. La magie de Harry devrait s'en sortir seule et faire quelque chose que Vanderian n'était pas sûr d'être possible.
Les deux morceaux s'approchèrent, puis une lumière éclatante surgit, obscurcissant la vision de Vanderian et il en arrêta presque son chant, seuls des cycles et des cycles de création de foci le gardant concentré.
La lumière disparut doucement et le focus, à présent complet avec une gemme d'un violet doux, l'étoile pétrifiée, placée juste à la pointe du focus.
Vanderian ralentit son chant, l'arrêta, et le focus tomba dans les mains de Harry.
Harry trébucha. Son focus, qui avait quitté ses mains quelques temps plus tôt, bondit soudain dans ses paumes ouvertes et son esprit commença à chanter.
Enfant des Étoiles. Tu es Venu
Magicien de chez moi, bienvenue
Nous sommes ton Essence
Nous sommes ta Force
Harry s'affaissa sous la pression des voix se mélangeant dans son esprit.
« Vanderian, demanda-t-il. Est-ce que je suis supposé entendre des voix de mon focus ? »
Vanderian étouffa un rire.
« Avec toi, tout est possible, jeune magicien, mais je dirai qu'il n'est pas impossible pour ceux ayant un Type Sauvage inhabituel d'entendre quelque chose de leur focus. Cela facilite la communication avec lui.
— Donc c'est normal d'entendre des voix ?
— Je n'ai pas dit normal, jeune magicien, j'ai dis que ce n'était pas impossible. J'ai appris depuis longtemps la valeur à ne pas utiliser le mot impossible.
— Oh bien. D'accord. »
'Salut, répondit-il aux voix. Je suis Harry'
Nous n'avons pas de nom, pas comme toi
Nous sommes ta magie
Nous agissons avec toi
'Oh, donc je peux vous demander de m'aider avec la magie ?'
Pas encore Mon Enfant. Tu dois apprendre. Nous sommes la Force. Nous ne sommes pas la Connaissance.
'Oh, je vois.'
« Jeune Magicien ? Si tu veux bien venir avec moi ? Il y a quelques choses sur lesquelles je dois te prévenir concernant ton nouveau focus. Je devrais d'abord te dire de ne pas laisser un autre magicien manipuler ton focus. Il est lié de façon particulière avec toi, et ce serait dangereux de laisser quelqu'un d'autre le toucher. Pour eux, principalement. Je ne sais pas quel type de pouvoir ton focus contient, mais je ne voudrais pas le toucher, ça, c'est certain. »
Harry bafouilla un peu à cet avertissement :
« Euh, d'accord. Ça semble faisable… sans doute. Qu'est-ce que je dirai à mes professeurs à Hogwarts quand ils voudront voir mon focus ? »
Vanderian se tourna pour regarder Harry :
« Je recommande de les en décourager, peu importe la manière. Ce serait la solution la plus sûre. »
Harry suivit Vanderian, tenant son nouveau focus fermement, ne souhaitant pas le laisser partir pour quelque raison que ce soit. Et si le conseil de Vanderian était juste, il ne devrait pas laisser qui que ce soit le tenir de toute façon.
Ce qui pourrait causer des problèmes à l'avenir, pensa Harry. Il ne savait pas comment Hogwarts fonctionnait, mais ne jamais donner son focus pouvait être une mauvaise chose selon les circonstances.
Ils sortirent par une porte latérale que Harry n'avait pas remarquée auparavant. Elle était probablement dissimulée dans le mur et n'était visible que suite à un sort de Vanderian.
Ils suivirent un couloir étroit et sinueux, suffisamment large pour Vanderian et, comme Harry était plus petit que Vanderian, pour Harry.
« Nous y voilà, jeune magicien. Je garde une série de porte-focus spécialement conçus par Prysh ici. Ton focus devrait être adapté à l'un d'entre eux. »
Harry lança un regard devant le corps de Vanderian.
« Wouah, » murmura-t-il, émerveillé.
La pièce était un labyrinthe de tables basses et de guéridons avec toutes sortes de tissus et matériaux colorés dessus. Il ne pouvait pas en distinguer les formes.
« Vanderian, comment est-ce que je suis supposé trouver quoi que ce soit dans cette pièce ? Ça va me prendre une éternité !
— J'ai un doute concernant l'éternité, mais oui, il y a beaucoup d'étuis. Je demanderais à ton focus, jeune magicien. Ou à ta magie. »
Harry grogna devant la réponse évidente. Il se tourna vers son focus.
'Peux-tu m'aider ?'
En effet, Enfant. Suis-nous, ta magie nous permettra de trouver une bonne correspondance.
Nous voulons être près de toi, Enfant. Notre désir va nourrir ta magie.
'Ça semble pratique'
C'est comme ça que nous pouvons utiliser de simples magies sans le sort approprié.
Harry tint son focus devant lui, et suivit les indications de son Coeur, dont les voix le guidèrent à gauche et à droite à travers le labyrinthe des étuis.
Vanderian regarda avec un discret amusement. Harry aurait une expérience à la fois plus facile et plus compliquée que la plupart de ceux avec un Type Sauvage. Plus facile parce que son focus était déterminé à le protéger, et plus compliquée parce qu'il était si puissant et lui faire faire ce que Harry voulait et pas ce que le focus voulait serait un défi.
« Vanderian, je crois que je l'ai trouvé ! » appela la voix de Harry.
Harry tenait un mince morceau de tissu avec deux longues attaches. Il était vert foncé, presque noir, et c'était la taille parfaite pour son focus.
« Apporte-le ici, jeune magicien, et je vais t'aider à comprendre comment l'utiliser. »
Harry retraça son chemin parmi la montagne de matériaux et rejoignit Vanderian. Tous les deux découvrirent que la jambe de Harry serait probablement le meilleur endroit pour attacher l'étui. Son focus était bien trop long pour son bras et sur sa jambe, il serait plus facile à attraper si nécessaire.
Harry sentit le poids confortable de son focus contre sa peau. Il quitta et remit son collier, se demandant s'il interférerait dans sa connexion avec son focus.
Enfant, nous sommes ta magie. Nous ne pouvons pas être cassés par un limitateur.
'Oh, c'est bon à savoir. J'aurais détesté devoir l'enlever pour pouvoir travailler avec toi.'
Nous sommes une partie de toi, même séparés.
« Jeune Magicien, es-tu prêt à aller voir Prysh ? C'est presque l'heure. »
Harry sursauta, surpris. Il avait toujours du mal à réaliser la longueur des sessions.
« C'est la dernière fois que je vous vois, Vanderian ? » demanda-t-il, attristé.
Vanderian gloussa :
« Pour ton focus, je suppose que oui. Mais tu devrais me voir au festival. Je crois que tu vas rester sur Haleysio pour ça au moins ? »
Harry hocha la tête :
« Rose et moi sommes d'accord que nous allons convaincre papa s'il veut partir plus tôt. Je veux le voir !
— Très bien, petit. Dans ce cas, je te verrai là-bas. »
Harry eut un grand sourire.
« Mais, attendez, combien je vous dois pour le focus ? Je veux dire, vous ne pouvez pas travailler gratuitement. Je ne pense pas avoir de la monnaie d'Haleysio sur moi, je ne sais pas quel type de monnaie vous utilisez, mais on devrait pouvoir en avoir quelque part… »
Vanderian leva une main branchue :
« Jeune magicien, tes comptes sur Haleysio sont maintenus en réserve pour toi. Ce que tu me dois m'a déjà été payé. Ce n'est pas la première fois que tu as été sur cette planète, » dit-il avec un sourire.
Harry hocha la tête. C'était compréhensible, en fait, qu'un futur lui mettrait en place des comptes dans le passé pour ses activités futures-passées.
« D'accord, donc, comment je retrouve Rose et Kyst ? Prysh sera anxieuse si je n'arrive pas à temps. C'est si irritant, devoir être à temps pour tout. »
Vanderian gloussa :
« Par ici, jeune magicien. Je vais te ramener à eux. »
Il le guida à travers une porte que Harry n'avait pas vu encore une fois.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est une fin ~~~~~~~~~~~~~~
Notes de la traductrice :
(1) ellui : ce n'est pas une faute de frappe de ma part ;) Le pronom utilisé dans le texte original est «Zhir», ce qui laisse entendre un genre indéfini ou non intégré dans une langue plus… traditionnelle. L'auteur continue à s'amuser avec les pronoms ;) J'ai préféré partir sur un pronom existant véritablement pour définir ce cas de figure, même si c'est encore un néologisme en français, car le mot employé en anglais se rapproche de «zir» qui lui, est la norme utilisée en anglais pour le genre indéfini ou non-binaire. En plus d'une partie intéressante et amusante de la civilisation d'Haleysio, l'auteur nous donne une belle leçon sur les genres non-binaires ;)
De même, le genre de Gelfecri et Julcista n'est jamais défini dans le texte original, alors j'ai utilisé un «ils» général quand j'ai parlé des trois ensemble. Ne présupposez pas qu'un ou deux des deux personnages est masculin…
Enfin, il commence à devenir de plus en plus évident que me laisser une contrainte de quinze jours pour publier un nouveau chapitre semble déraisonnable, surtout avec la longueur grandissante des chapitres (celui-ci est le plus long à ce jour).
Donc je vais simplement vous dire que vous aurez le suivant avant la fin du mois d'octobre, et que ce sera le dernier chapitre concernant Haleysio.
A bientôt donc pour la suite ! :)
