Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Blackcatkuroi
Nombre de chapitres de l'histoire originale : 34, en cours
Nombre de chapitres traduits : 21
Chapitre 21 - Où des choses étranges sont à l'oeuvre
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un début ~~~~~~~~~~~~~~
Le deuxième jour dans la vitrine d'exposition était, Harry devait l'admettre, aussi ennuyant que le premier.
Le troisième était pire. Les gens faisaient ça comme métier ? Ils voulaient vraiment faire ça ? Il ne comprenait pas. Il y avait plein de choses bien plus intéressantes à faire que rester debout (ou flotter, dans son cas) dans une vitrine pendant des heures pendant que des gens vous regardaient. Rose vint même le voir plus d'une fois devant sa vitrine ces deux derniers jours, accompagnée d'une variété grandissante de créatures. Elle s'amusait, Harry en était certain, et il était coincé là, à attendre.
Il valait mieux que sa veste en vaille la peine.
Le quatrième jour, avec son focus en sa possession, fut bien différent. Il avait quelque chose sur quoi réfléchir qui ne consistait pas à juste regarder la foule et jouer aux devinettes.
Bonjour mon enfant.
'Bonjour. Je voulais savoir si je pouvais apprendre à mieux te connaître, puisqu'on doit travailler ensemble.'
Nous sommes plus que ravis de parler avec toi. Il y a plein de choses que tu peux apprendre de nous. Nous sommes une partie de toi, même si séparée. Nous existons pour t'apporter de la force et te donner une direction.
'Vous êtes le coeur de mon Focus ? Vous êtes deux, c'est ça ?'
Oui. Nous sommes deux qui sommes devenus un à travers ta magie. Un de nous était autrefois le Premier Thestral de l'ancienne harde de Haleysio, apportée ici à leur insu par les premiers Magiciens Humains il y a des siècles. Ils ont vécu de nombreux milliers d'années, à une époque bien longtemps avant que les humains de la Terre aient même atteint les étoiles.
'Donc l'un de vous est le Premier Thestral qui a donné le coeur de mon focus. Est-ce que l'autre est 'belle' ?'
L'un de nous était aussi autrefois une étoile, prise au moment entre la vie et la mort et préservée dans un champ de compression. Tu nous a pris et tu as joué avec nous et tu nous as donné de si jolis noms et nous t'aimions.
'Et bien, c'est bon à savoir, vous m'avez manqué. Papa a dit que je devais comprendre comment utiliser correctement mes ressources avant de me laisser vous avoir à nouveau.'
Nous comprenons. Cette époque n'est pas aussi importante que ce moment. Nous sommes à présent partie de toi. Nous serons là pour t'apporter de la force et t'aider.
'Donc, je dois aller à Hogwarts dans un petit moment pour apprendre la magie là-bas. Je ne peux pas rester sur Haleysio. Est-ce que ça vous va ?'
Quelque soit l'endroit où tu acquiers de la connaissance, c'est acceptable. La force doit être utilisée pour être utile. Nous n'avons pas connaissance de la magie que nous utilisons, c'est toi qui dois fournir ça. Tu dois nous apprendre en même temps que tu apprends, ou nous ne pourrons pas t'accorder notre force.
'C'est intéressant. Je me demande ce que Memchark dirait de ça.'
Memchark ? Nous ne connaissons pas de Memchark.
'Memchark est un théoricien et un spécialiste des foci à l'Académie Émeraude de Haleysio. Très intelligent, très intéressé par mon focus.'
Nous sommes différents de bien des foci, mon enfant. Nous ne sommes pas juste un focus de puissance, nous sommes un focus né de ta magie, tes pensées, tes intentions, tes désirs, tes peurs. Nous existons pour t'apporter force et conseil et te donner une direction. Écoute, et nous t'en dirons un peu plus sur nous. Nous connaître te fera savoir ce que tu dois nous enseigner quand tu apprends.
Harry accepta. Et il resta dans cette pose méditative pendant l'ensemble des trois heures que son focus utilisa pour lui apprendre leur histoire, laissant entrevoir un passé partagé au-delà de sa relation avec 'belle' en tant que bébé, et il apprit juste un tout petit bout de ce qu'était son focus.
Prysh était extatique quand Harry quitta la pièce. Harry avait été une véritable vision, si concentré et intense et brillant juste un peu, la vente de ses vêtements avait été énorme. Harry était juste en train d'accuser le coup du peu qu'il avait appris de son focus, ressenti comme s'il avait été là-bas lui-même.
Son focus était vraiment une conception intéressante et étrange.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Harry était assis en face de Memchark, son focus tenu légèrement dans ses mains.
« Vous êtes sûr que je ne peux pas le toucher ? C'est une restriction des plus inhabituelles, les foci sont rarement si capricieux qu'ils refusent toute manipulation innocente. »
Harry secoua la tête :
« Je préférerais ne rien risquer. Non seulement mon focus a un équilibre étrange, mais il a aussi le pouvoir d'une étoile entière en lui, liée au coeur et intelligente. Si vous les mettez en colère, j'ai peur de ce qui peut vous arriver. Ce serait… désagréable, j'en suis sûr. »
Memchark regarda pensivement le focus de Harry.
« Hmmm, et bien, dans ce cas, pour compléter mon livre pour vous, j'ai besoin d'une description verbale complète de votre focus. Pas les détails de sa création, c'est quelque chose de privé entre le fabricant et le magicien, mais comment votre focus fonctionne et ce que vous avez réussi à en obtenir depuis le moment où vous l'avez. »
Harry inclina la tête, ses pensées se dirigeant vers son focus.
'Y a-t-il quoi que ce soit que vous ayez envie qu'il sache ? Il écrit un livre pour moi pour que j'apprenne à mieux travailler avec vous, tout ce qui peut être à son avantage nous concernant serait vraiment utile.'
Nous sommes ton focus, Harry. Tu as la permission de parler de nous à n'importe qui, autant que tu veux.
'Mais toucher est hors de question ?'
Nous ne pouvons pas le dire. Cette restriction particulière est basée davantage sur la façon dont nous contenons le pouvoir et l'utilisons plutôt que quoi que ce soit de directement néfaste. Parce que tu as une connexion aussi intime avec ta magie et que tu en as tant en réserve, j'agis comme balance, même rudimentaire, pour aider ta magie à guérir un peu.
'Guérir ? Je ne savais pas que ma magie était blessée. Je ne suis pas blessé, n'est-ce pas ?'
Notre Enfant, tu as vécu tant de choses dans ta courte vie, et ta magie le ressent elle aussi. Ton altération en tant que empathe tactile a gravement touché ta magie, et le fait d'être ensuite bloquée n'a fait qu'aggraver les choses. Parce que tu as tant de magie, cela signifie qu'il y a également bien plus à blesser.
'Comment ça se fait que je ne savais pas ça ? Je veux dire, c'est ma magie, comment le fait qu'elle soit blessée a pu m'échapper ? J'ai été capable de l'utiliser comme je voulais.'
L'utilisation de ta magie et sa blessure ne sont pas la même chose. Ta magie est blessée à un niveau plus profond, à un niveau manifestationnel plutôt que fonctionnel. Comment elle se crée, se renouvelle, et interagit avec le monde au-delà de ton corps. À présent que nous sommes là, nous sommes capables de guérir une partie des dommages et de lui autoriser à accéder un peu au monde au delà de ton limiteur.
'Okay, mais qu'est-ce que ça veut dire pour moi et notre capacité à utiliser la magie ?'
Ta capacité à utiliser la magie et nous ne sera pas restreinte par ta magie, seulement par tes connaissances. Ou plutôt, ta magie blessée, si elle n'est pas guérie avant que tu commences à apprendre la magie, aura occasionnellement un effet sur tes sorts, ton temps de récupération et tes canaux magiques. Quand ta magie atteindra la maturité, elle pourra devenir plus volatile si elle n'est pas guérie.
Harry paniqua un peu.
'Comment est-ce que je peux la guérir ?'
Harry eut l'impression d'entendre son focus glousser.
Ta magie va guérir avec du temps, de la concentration, de la liberté et de la méditation. Nous pouvons aider dans le processus, en faisant une connexion entre toi et ta magie.
'Oh, d'accord. Euh, et bien, je suppose qu'on va devoir commencer avec ça, donc.'
En effet, notre Harry.
Harry rangea son focus et se concentra sur Memchark, qui l'avait regardé avec tous ses nombreux yeux.
« Quelque chose ne va pas, jeune Harry ? »
Harry grimaça :
« Ça dépend de ce que vous voulez dire par ''ne va pas''. J'étais juste en train de parler avec mon focus, et ils m'ont dit que le fait de ne pas pouvoir le toucher était plus du style 'ma magie est volatile et ils agissent comme balance' plutôt que quelque chose de mauvais. Oh, et aussi, ma magie est blessée.
— Attendez, attendez, vous dites que vous avez parlé avec votre focus ? Est-ce que vous pouvez éclaircir ça ? »
Harry fronça les sourcils.
« Je leur ai parlé. Mon focus, il a deux coeurs, en quelque sortes, et ils me parlent.
— Quand vous dites parler, vous voulez dire ressentir des émotions de votre focus dues à vos capacités empathiques ?
— Non, je leur parle. Nous parlons, échangeons des mots, discutons. Je pose des questions, ils répondent, ou ils me posent une question et je réponds. La parole. »
Memchark émit ce son aigu que Harry commençait à associer à la confusion ou l'excitation.
« Vous dites que vous pouvez échanger des paroles avec votre focus à travers votre magie, » dit Memchark.
Harry hocha la tête.
« Oui, c'est essentiellement ça.
— C'est… C'est sans précédent. Avoir un focus intimement lié à vous et être capable d'en ressentir les intentions, c'est la base de ce qu'est un Type Sauvage, mais être capable de parler avec votre focus, discuter et négocier avec des mots, c'est complètement inédit. »
Harry grogna :
« Je pensais que Vanderian voulait dire que c'était rare et peu commun, pas que ce n'était jamais arrivé avant, dit-il. Vraiment, vraiment ? Je ne suis pas la seule personne qui a jamais eu un focus qui peut communiquer avec eux. »
Memchark émit un bourdonnement plus grave :
« Vous, Harry, êtes un être unique. Il y en a peu comme vous dans l'univers de tout temps. Être un passager du TARDIS est une chose, il y en a un certain nombre, même petit, qui font partie de ce groupe. Mais vous n'êtes pas juste un passager, un compagnon, vous êtes le fils du Seigneur du Temps, et un enfant du TARDIS. Vous êtes un magicien dont le nom, je peux le dire, traverse non seulement les époques que vous visitez, mais retentit de l'époque de votre naissance jusque loin dans l'avenir. Vous serez toujours poursuivi par cette unicité et vous ne serez jamais capable de la fuir. Seule votre ligne de temps personnelle pourra dire à quel point votre futur sera écrit dans les livres d'histoire, mais votre nom ne sera jamais oublié. »
Harry s'affala sur sa chaise, se laissant glisser un peu plus en avant.
« Génial, juste brillant. Tout ce que j'ai toujours voulu, célébrité et notoriété. Merveilleux. »
Memchark gloussa :
« Vous êtes le fils du Seigneur du Temps, ne serait-ce que pour ça, votre nom ne sera jamais oublié de ceux qui vous rencontrent, et de l'Univers. Maintenant, nous devons tourner notre attention sur votre focus et tout ce que vous pouvez me dire à son sujet. Les matériaux, et puisque vous pouvez parler avec vos coeurs, tout ce qui les concerne et qu'ils pensent être utiles pour leur utilisation. Je ne veux pas perturber l'équilibre de votre magie, cela peut conduire à des conséquences négatives, mais puisque je ne peux pas examiner votre focus directement, une évaluation indirecte devra faire l'affaire. »
Harry baissa les yeux vers son focus, puis les releva vers Memchark.
« Je leur ai demandé s'ils avaient quoi que ce soit de particulier à vous dire, et ils ont dit qu'ils étaient mon focus et tout ce que j'avais envie de vous dire était bon. Donc, où est-ce que vous voulez commencer ?
— Je me souviens que vous avez dit que votre magie était blessée. J'étais trop occupé à penser au fait que vous pouvez directement parler à votre focus, mais cette information m'inquiète. Que voulez-vous dire exactement ? »
Harry haussa les épaules.
« Je ne suis pas vraiment sûr. Ils ont en quelque sorte expliqué que certaines des choses qui me sont arrivées ont endommagé ma magie d'une façon ou d'une autre, tout particulièrement le moment où j'ai été enlevé. Ils ont dit que les seules choses que cela influence sont certains de mes sorts et, quand j'enlève mon limiteur, ma magie devient parfois hors de contrôle, ce que j'avais attribué au fait qu'elle n'aime pas être verrouillée. Mais quand ma maturité magique arrivera, c'est là où ils disent que ce sera le plus dangereux. Donc j'ai quelque chose d'autre à anticiper. »
Le bourdonnement de Memchark retentit à nouveau.
« Et bien, jeune Harry, c'est une information assez critique. Je la ferai passer à certains de nos experts de Haleysio et je verrai s'ils ont quelques conseils pour vous. Pour l'instant, contentons-nous de discuter de votre focus. Vous dites qu'il a deux coeurs ?
— En quelque sorte. Mon coeur primaire est l'os réduit en poudre du Premier Thestral, qui est en fait venu ici depuis la Terre avec les premiers colons humains. Je crois comprendre que les Thestrals sont natifs de la Terre ?
— En effet, même si des créatures magiques visibles uniquement après avoir vu la mort ne sont pas spécifiques à la Terre. Les Thestral sont les plus grandes créatures de ce type et s'occupent souvent des âmes errantes des morts. Un Premier Thestral. Ils ont souvent une marque sur le front indiquant leur statut. »
Les yeux de Memchark filèrent vers le front de Harry, où les longs cheveux de Harry cachaient la cicatrice en forme d'éclair. Harry leva les yeux et loucha en direction de la marque.
« Ouais, mon focus m'a dit quelque chose comme ça. Il y a une sorte de connexion entre nous qui ne m'est pas encore arrivée, d'après eux.
— Et votre second coeur ? »
Harry eut un grand sourire, tapotant l'étoile pétrifiée violette au bout du focus.
« Une des quatre étoiles pétrifiées avec lesquelles je jouais enfant. J'ai appelé celle-ci — Harry siffla une petite musique en trois temps, un long, un court et un saccadé — Ça veut dire 'belle'. J'ai toujours aimé la couleur et la sensation de cette étoile. »
Memchark résista à l'envie de se reculer. Le fait que Harry avait une étoile incorporée dans son focus était connu, mais la réelle vérité à ce sujet n'était pas la version simple que Memchark avait crue, mais plutôt la version désastreuse. Une étoile compressée, tant d'énergie, prise au point de bascule entre la vie et la mort, et comprimée en un simple point infiniment petit. Un tel pouvoir avait été utilisé sur Germlackrex, leur maison d'où ils avaient fui une guerre civile.
Germlackrex n'était à présent rien de plus qu'un astéroïde plutôt grand en orbite. Plus rien ne supportant la vie n'était resté.
C'était il y a des centaines de cycles, mais l'histoire était transmise et le peuple de Memchark vivait longtemps. Cela ne faisait que deux générations que la famille de Memchark était arrivée sur Haleysio, les derniers des réfugiés.
« Une étoile comprimée… » dit Memchark, fier de son ton neutre.
Harry hocha la tête :
« Ouais. J'ai été attiré par leur énergie et je les ai sorties du rangement où papa les avait mises. Il y en avait quatre et je jouais avec elles tout le temps. Elles m'ont aidé à créer mes galaxies personnelles.
— C'est… c'est donc une belle quantité de pouvoir dans ce focus. Je peux comprendre pourquoi il y a plusieurs fils d'ancrage. »
Memchark se demandait intérieurement si deux fils d'ancrage étaient suffisants.
« Et bien, il y a ça, et les bois sont du Kifeern Noir et de la Relique Fumée. Ils sont entortillés ensemble jusqu'à ce qu'on ne puisse plus les différencier à part leur couleur. Il y a des runes, dont je ne connais pas la signification, qui sont tracées dans une spirale contraire aux fils d'ancrage. »
Memchark se pencha aussi près qu'il l'estimait sûr, utilisant tous ses yeux pour observer le focus posé dans les mains du jeune et puissant magicien.
« En effet. Et bien, j'ai un concept basique de votre focus. Vous devrez apprendre la plupart des mouvements nécessaires pour le Type Mobile quand vous irez à Hogwarts, ce sera sur le côté Sauvage de votre focus que je vais me concentrer. J'enverrai une Pensée à Kyst si je dois parler à nouveau avec vous avant que j'ai terminé ce livre. J'ai l'essentiel de ce dont j'ai besoin. Même si l'idée de quelqu'un avec un focus aussi puissant que le vôtre m'effraie un petit peu. »
Même connaître l'histoire que Harry créera dans son futur personnel n'effaçait pas la peur que Memchark ressentait. Il y avait tant d'époques et d'endroits où Harry allait, certains si loin dans le futur que Memchark ne pouvait même pas les imaginer.
Mais savoir que Harry possédait un tel focus apportait à la fois du réconfort et de l'incertitude. Tant du passé et de l'avenir reposait sur les épaules d'un si jeune, puissant, intelligent et quelque peu naïf petit garçon humain.
Memchark se demandait si Harry était prêt pour ce défi.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
« Sais-tu combien de temps ça m'a pris pour convaincre Prysh de me laisser venir avec vous ? dit Harry, une note de légère panique dans la voix. Ça m'a pris une éternité ! Et elle m'a fait promettre de porter ses vêtements au Festival puisque je ne suis pas sûr que je serai de retour à temps pour mon défilé demain, et il a fallu que Kryill me détache d'elle pour me laisser partir. Et je dois toujours aller voir Memchark. »
Rose eut un rire :
« La vie trépidante des jeunes d'aujourd'hui. Si seulement j'avais eu tant de choses à faire à ton âge, je n'aurais sans doute pas eu autant d'ennuis.
— Tu serais probablement devenue folle. C'est dingue ! Prysh est dingue ! Est-ce qu'il y a quelque chose concernant les vêtements qui rendent les gens dingues ? Je ne comprends pas.
— Et pourtant, tu as accepté tout ça pour une veste, lui rappela Rose.
— Je maintiens mon idée. Les vêtements rendent les gens fous. »
Ils étaient sur une version plus grande du disque de transport que Harry avait utilisé plus tôt dans la semaine avec Kyst. Prryxt avait dit que c'était une version spéciale qui permettait de voyager plus rapidement et avec plus de monde, prêté spécialement par le Conseil pour l'occasion. En ce moment, il supportait Harry, son papa, Rose et Prryxt, même s'il y avait encore de la place pour au moins deux personnes de taille moyenne.
« Donc, à quelle distance est ce site ? demanda Rose. Nous sommes sur ce disque depuis au moins une demi-heure.
— C'est pratiquement de l'autre côté de la planète, Dame Rose. C'est au milieu d'un territoire inoccupé et protégé par de nombreux boucliers, répondit Prryxt.
— Donc, combien de temps allons-nous rester sur ce disque ? demanda Harry. À peu près. Je m'améliore pour comprendre combien de temps doivent durer les heures, même si le mannequinat trouble ma perception. Cela prend toujours une éternité là-bas. »
Prryxt jeta un coup d'oeil à Harry, ses queues s'agitant d'amusement.
« Une autre heure, jeune Harry. Et cela me fascine que vous ne puissiez pas lire le temps de manière convenable. Au moins, pas sans aide. En étant le fils du Seigneur du Temps, même par adoption, on penserait que cela vous aurait inculqué une bonne perception du temps.
— Jamais eu besoin de temps conventionnel sur le TARDIS. Le temps est ce que vous en faites. Pas besoin de temps conventionnel pour réaliser une expérience, les unités personnelles marchent très bien et le TARDIS aide à garder un oeil sur les expériences délicates, et l'utiliser pour jouer à des jeux où il n'y a pas d'étoile ou de planète est plutôt inutile. Je veux dire, vous pouvez littéralement baser le temps sur n'importe quoi, et pourtant vous vous portez vers le temps qu'il faut pour faire une rotation, d'abord une rotation complète de la planète, puis la rotation autour de l'étoile de votre système. Ça semble si… distant. Pourquoi ne pas utiliser autre chose ? Comme, combien de temps ça prend pour une plante particulière de grandir, ou le baser sur le nombre de satellites que vous avez. Je sais que la Terre a un satellite naturel et que Haleysio en a deux.
— La rotation de la planète est une façon de mesurer le temps bien plus stable que d'autres façons, même si, si vous voulez la manière la plus spécifique dont le temps est mesuré, ce ne serait pas basé sur la planète ou le soleil. Les premières horloges super précises étaient basées sur la structure et la réaction des atomes, plus précisément le Césium 133, et sa fréquence de radiation, qui était la réplication la plus exacte d'une seconde qu'ils pouvaient répéter de manière parfaite, et c'est rester la manière la plus précise de mesurer le temps pendant un moment, » dit Prryxt.
Harry leva un sourcil :
« Mais c'est encore une réplication. Ils auraient pu choisir une particule plus simple et utiliser sa fréquence de radiation comme seconde. Ils voulaient que ça corresponde à ce qu'ils avaient déjà et le rendre infaillible. Pas une mauvaise chose à faire, vraiment, particulièrement dans les sociétés qui donnent tant de valeur au temps, » dit-il.
Rose leva les yeux au ciel :
« Ne le faites pas commencer sur le temps, Prryxt. Il vous bassinera les oreilles pendant tout le reste du voyage sur les interrogations et les idées fausses à ce sujet, puis il entraînera le Docteur avec lui, et vous n'arriverez plus à dire un mot s'ils s'y mettent à deux. »
Prryxt regarda entre le minuscule enfant et le Seigneur du Temps.
« Je vois. Je vais m'en passer, donc. Docteur, je dois demander, qu'est-ce que vous chercher sur le site ? Il a été examiné par des historiens et des scientifiques magiques pendant des cycles. »
Le Docteur, qui était en train d'étudier son carnet à nouveau, leva les yeux.
« Hmm ? Oh, oui. Et bien, j'espérais qu'une recherche plus complète avec un oeil sur ce qui aurait pu être laissé par le Culte serait bien plus révélatrice qu'une simple recherche magique. Aussi, je parie que Harry sera heureux de perturber quelque chose.
— Est-ce que vous êtes sûr que laisser Harry perturber quoi que ce soit dans un site aussi ancien soit une bonne idée ? » dit Prryxt, une note d'inquiétude dans la voix.
Le Docteur leva les yeux, les sourcils froncés :
« Pourquoi pas ? S'il peut découvrir quelque chose, laissez-le faire. Il est bien plus sensible à la magie que la plupart de ceux que j'ai rencontrés.
— Nous avons fait venir les meilleurs détecteurs magiques sur le site auparavant pour nous assurer que rien de dangereux ne traînait, et ils n'ont rien trouvé. Qu'est-ce qu'un enfant pourrait faire qu'ils ne pourraient pas ? »
Le Docteur regarda Harry, le sourcil leva. Harry soupira :
« Est-ce que vous savez pourquoi je porte ce collier, Prryxt ? » demanda Harry en touchant les boucles dorées qui reposaient contre sa gorge.
Prryxt examina attentivement le collier, puis Harry, avant de secouer la tête :
« Je crains que non. Y a-t-il une signification particulière à son sujet ? Il est très joli, ajouta-t-il.
— C'est un limiteur. Il enferme ma magie dans mon corps, ne me laissant pas interférer avec ma magie au delà de ma peau, même si on m'a assuré que ma magie fonctionnera avec mon focus sans avoir besoin de l'enlever. Mais je ne le porte pas parce que j'ai trop de magie, même si apparemment certains le font. Je le porte parce que des êtres pas vraiment gentils ont décidé de modifier mon système nerveux et ses signaux et de le lier directement à ma magie. Ce qui veut dire que si je vous touche, ma magie permet à mes nerfs et mon cerveau de ressentir exactement ce que vous ressentez, peu importe ce que c'est. Pas des pensées, je ne peux pas lire les pensées avec un contact, mais je ne peux toucher personne sans ressentir toutes leurs émotions, jusqu'à ce qu'elles envahissent les miennes. Je porte ça pour que je puisse interagir sans avoir peur d'un contact cutané. »
Harry tritura son collier, touchant les séries de tourbillons et de boucles qui lui permettait de garder sa santé mentale.
Le corps entier de Prryxt frissonna, ses queues s'agitant de choc et de colère :
« Qui ferait une telle chose à un enfant ? Vous avez dit qu'on vous avait fait ça, » dit-il.
Harry hocha la tête :
« Oui, même si leur but final n'était pas de me transformer en empathe tactile, ils ont été interrompus avant qu'ils puissent terminer ce qu'ils avaient commencé. Et ils n'étaient pas capables de donner une réponse après que papa en avait terminé avec eux, dit Harry en regardant son père, dont le visage s'était fermé :
— Ils ne méritent rien de moins que ce que je leur ai fait. Je ne le regretterai pas, dit fermement le Docteur. Se laisser entraîner dans un tel état d'indolence qu'ils laissent leur dirigeant enlever et expérimenter sur un enfant par vengeance. »
Rose avait entendu l'essentiel de l'histoire par Jack, et se demanda si le Docteur ne regrettait vraiment pas son geste, condamner une planète entière à l'oubli. Mais la colère d'un parent était réellement inégalable quand son enfant était blessé, et Harry avait bel et bien été blessé.
« Donc, un empathe tactile. Bien que ce soit une chose horrible quand ce n'est pas contrôlé, est-ce que ça permet certaines magies particulières ? » demanda Prryxt, essayant de dépasser le fait que quelqu'un avait fait ça à Harry, l'enlever et changer et créer quelqu'un incapable de supporter physiquement le contact avec un autre être vivant sans une douleur mentale intense.
Harry haussa les épaules :
« C'est ce qui me permet de communiquer avec des objets intelligents apparemment inanimés. Hogwarts, par exemple, et le TARDIS et moi avons une connexion particulière. Être un empathe tactile a à la fois renforcé et changé notre lien. Je suis sûr qu'il y aura quelque chose sur ce site avec lequel je pourrai interagir. Au moins, je pourrai essayer. »
Rose se souvint de Harry capable d'apaiser avec ce talent. Un empathe tactile suffisamment fort pouvait renvoyer des émotions également, une qualité utile même si dangereuse.
Ils restèrent silencieux pendant le reste du voyage, Prryxt essayant d'assimiler ses connaissances sur Harry et cette nouvelle information qu'il était un empathe tactile, Harry se demandant ce qu'il pourrait trouver sur place, le Docteur travaillant sur ses traductions, et Rose regardant le paysage défiler à une vitesse ahurissante.
La connaissance, bien qu'importante, changeait également, et Prryxt n'était pas sûr qu'il avait envie de savoir qu'un si jeune enfant avait subi quelque chose d'aussi horrible.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
« Et bien, c'est l'architecture du Culte. Les Seigneurs du Temps n'ont jamais été extraordinairement originaux quand il s'agissait de construire des choses, préférant prendre des morceaux ici et là des différentes cultures qu'ils observaient, et transplantant ce qu'ils aimaient à Gallifrey. Les larges dômes sphériques étaient une spécialité des temples de Pythia, et ils ont duré jusqu'à l'ère de Rassilon et des Métiers à Tisser. »
Le Docteur, Rose, Harry et Prryxt étaient arrivés sur le site. L'élément le plus notable était un large dôme métallique qui s'élevait au dessus d'eux sur une bonne cinquantaine de mètres, et faisait plus du double en largeur. Alors que des morceaux semblaient avoir été vaincus par le temps et les éléments, la structure de base était restée et semblait plutôt impressionnante, se détachant de la verdure et du ciel.
La verdure qui avait envahi pratiquement tout l'espace, en fait.
Il y avait quelques lignes qui indiquaient qu'une civilisation y avait autrefois laissé sa marque, mais très peu en restait à part le dôme géant qui tombait lui-même en morceaux.
Rose se pencha pour examiner la verdure, se demandant quel type de plante poussait sur une planète magique. Elle était prête pour à peu près n'importe quoi et n'aurait pas été surprise si elle touchait une plante et que celle-ci se redressait, acquérait des cordes vocales et demandait à ce qu'elle se lave les mains avant de la toucher.
Donc, quand les petites plantes aux feuilles étranges et sphériques se contentèrent de changer brutalement de couleur et de trembloter, elle fut quelque peu déçue.
« Je m'attendais à plus de réaction que ça, dit-elle en tendant la main vers les plantes. Je veux dire, le changement de couleur est cool, je n'ai jamais vu cette teinte particulière de bleu avant, mais c'est plutôt inoffensif. »
Prryxt s'approcha :
« Et bien, vous avez touché une Vrille de FlutterShie (1). Je suis sûr que le corps principal vous donnerait matière à penser, mais les vrilles sont plutôt inoffensives comparées au coeur. Mais vous devriez faire un bon voyage, les vrilles peuvent s'éloigner du coeur de plus de la moitié d'un territoire. Trois bonnes journées de marche à vitesse humaine. »
Prryxt fit un geste vers l'endroit où la vrille disparaissait hors du dôme. Rose cligna des yeux :
« Et bien, c'est bien plus impressionnant à présent. »
Prryxt émit un rire ronronnant.
Harry s'était éloigné de tout le monde avant d'enlever son collier et voir quelles sortes de perturbations magiques il pourrait trouver. Il y en aurait certainement plein, c'était une planète magique, mais savoir si elles étaient utiles serait une question complètement différente.
Il commença à la limite de la circonférence intérieure du dôme, en plaçant ses mains sur le mur sans vie et en commençant à faire le tour de l'espace.
S'il en faisait tout le tour, il pourrait trouver au moins quelque chose d'intéressant.
Peut-être.
Il s'éloigna de plus en plus du groupe, se demandant ce qui s'était passé ici si longtemps auparavant avec les ancêtres des Seigneurs du Temps, le Culte. Il savait peu de chose sur tout ce qui touchait à Gallifrey qui n'était pas dans la Bibliothèque ou le TARDIS elle-même, et la Bibliothèque était très très limitée. Sa connaissance de la langue était composée uniquement de ce que son papa lui avait appris et ce qu'il avait pu trouver. Il connaissait les trois principales écritures que les Seigneurs du Temps avaient utilisées, à différents niveaux de compétence, mais tout ce qui pouvait être important sur le peuple de son papa, il en savait très peu.
C'était quelque peu frustrant.
Il avait presque fait la moitié du tour du dôme quand quelque chose résonna avec sa magie, et il sentit quelque chose l'attirer à l'extérieur.
« Euh… Hey, il y a quelque chose par i… essaya-t-il de crier, espérant que l'acoustique permettrait de porter sa voix, mais il fut interrompu avant de terminer par un fil de magie se faufilant autour de sa voix et la coupant.
— Jeune créature magique, nous ne souhaitons pas déranger les autres. Nous avons senti ta présence et nous souhaitons parler avec toi. »
Harry tourna des yeux verts écarquillés vers l'espace d'où il pouvait clairement entendre des mots, même s'il ne pouvait rien entendre de particulier, vraiment. Pas avec ses oreilles.
« Comment est-ce que je peux vous entendre, mais ne pas vous entendre ? articula Harry, se demandant si ce qui parlait pouvait lire sur les lèvres.
— Tu as seulement besoin de projeter ta magie avec les pensées souhaitées, elle fera le reste pour toi.
— C'est comme ça que je peux vous entendre sans vous entendre ? » demanda Harry, faisant comme on lui avait dit.
Avec sa magie flottant librement autour de lui, il avait du mal avec le concept présenté, et trouva un compromis en utilisant la même méthode qu'il utilisait pour 'parler' avec le TARDIS.
« En effet, même si ta parole est étrange. Est-ce que tu utilises des images ? Tu as simplement besoin d'utiliser des mots. La magie assure notre compréhension.
— Où êtes-vous ? Je ne peux pas vous voir.
— Nous sommes là, tout autour de toi. Nous allons trouver nos formes. Cela fait de très nombreux éons depuis qu'on a utilisé une forme physique pour la dernière fois, mais nous comprenons que c'est plus facile pour ceux confinés à l'intérieur d'une forme de discuter avec des formes. »
Harry sentit la magie dans l'air se saturer et se condenser et attendit avec des yeux curieux alors qu'il vit des couleurs commencer à remplir l'air et à prendre une vague apparence informe.
« Bonjour. Je suis Harry, » dit-il alors que les quatre silhouettes se solidifiaient en formes concrètes et colorées.
Il y en avait une d'un jaune étincelant, une autre d'un vert foncé, une dont la couleur oscillait entre le rose et le violet, et une qui brillait d'un rouge profond.
« Bonjour Harry. Nous sommes les Kysh'fryck. Nous appelons cet endroit maison. Nous sommes ceux qui vivons dans le Coeur de Magie. »
Harry cligna des yeux.
« Coeur de Magie ? C'est comme ça que cet endroit s'appelle ?
— Non. C'est le nom de ce monde. Coeur de Magie. Nous vivons ici, nous sommes ceux qui existons dans le Coeur de Magie.
— Il y en a combien d'entre vous ?
— Comptes-tu le nombre de cellules que tu as dans ta forme ? Il y en a autant qu'il y en a besoin à un moment donné. Nous ne… vivons pas dans le sens où tu le comprends. Nous n'avons pas de forme qui donne subsistance à ce que vous appelez la vie. Nous sommes les êtres qui vivent dans le Coeur de Magie, nous ne sommes pas confinés dans des formes à moins de le souhaiter. »
Harry hocha lentement la tête :
« Je crois que je comprends. Vous êtes pure magie, avec de la pensée et une volonté. Des êtres de pure magie, plutôt que des êtres qui possèdent de la magie, comme tous les autres sur le Coeur de Magie. Est-ce que vous avez un langage ?
— Non, Harry. Nous n'avons pas de langage comme tu l'entends. Nous avons seulement besoin de notre magie pour communiquer avec les autres êtres. Nous ne pouvons communiquer que partiellement avec ceux qui n'ont pas de magie, car notre capacité à les comprendre est limitée puisque nous ne pouvons pas savoir comment leur forme a formé leur magie et leurs pensées. Nous te parlons à travers la magie, donc notre communication prend la forme de pensée avec laquelle tu es le plus confortable, en ce cas, le langage. Avec les animaux du Coeur de Magie, ils pensent instinctivement et notre communication prend la même forme.
— Donc comment avez-vous communiqué avec ceux qui ont construit ce dôme il y a si longtemps ?
— Ils possédaient un peu de magie, juste une touche, et nous étions capables de communiquer avec eux à travers cette magie, même s'ils ne savaient pas comment nous leur parlions. Ils n'étaient pas forts magiquement et finalement notre communication avec eux est devenue compliquée et ils ne pouvaient plus la supporter, leur esprit incapable de comprendre les différences. Je crois que le seul qui a survécu était un enfant qui a reçu sa forme sur cette planète et donc qui est né avec une quantité adéquate de magie pour survivre à une communication prolongée. »
Harry était surpris. C'était une version différente de ce qu'il avait entendu de son père.
« Ils ont cru que vous les aviez rendus fous volontairement, dit-il.
— Ce n'est pas improbable. Ils n'étaient pas gentils quand ils sont arrivés et nous ne savions pas ce qu'ils pouvaient faire. Ils ont utilisé des objets étranges pour faire des choses et ils étaient incapables de se connecter au Coeur de Magie comme tous ceux qui vivent sur cette planète le peuvent. Nous étions tout d'abord effrayés par eux et sommes tombés d'accord sur le fait de les laisser en paix, mais après un moment, ils ont commencé à blesser Coeur de Magie et nous avons essayé d'intervenir. Nos persuasions étaient douces au début puis de plus en plus dures car ils ne comprenaient pas. Cela a eu un effet négatif sur leur esprit.
— Je vois. De quoi vouliez-vous me parler ? Et pourquoi ne vouliez-vous pas que j'appelle papa et Rose et Prryxt pour me rejoindre ? »
Harry pouvait voir les formes osciller autour de lui et fusionner partiellement et changer de couleur.
« Tu es un être magique unique, Harry. Nous nous sommes longtemps demandé qui tu étais, car tu es déjà venu sur Coeur de Magie avant, et tu nous as parlé comme si tu nous connaissais, et ta forme était plus âgée à l'époque, alors qu'elle est plus jeune aujourd'hui. Et tu possèdes tant de magie, nous étions surpris que tu avais une forme et n'étais pas juste pure magie. Nous ne savions pas qu'une forme pouvait contenir tant de magie. »
Harry baissa les yeux vers son corps, puis les releva vers les créatures qui faisaient partie de Haleysio/Coeur de Magie.
« Je suis un cas spécial, leur dit-il. Je n'étais pas vraiment supposé avoir tant de magie, mais un incident quand j'étais bébé et quelques manipulations malintentionnées ont fait réagir de façon excessive mon essence magique et elle produit trop de magie. On m'a dit que c'était mauvais pour une forme d'avoir tant de magie.
— Nous pouvons le comprendre. Une forme ne peut contenir qu'une certaine quantité de magie, et tu en débordes. Un jour, ta forme pourrait exploser et ta magie être libérée. Nous ne savons pas ce que ça ferait à ta forme. »
Ils se déplacèrent à nouveau autour de lui, fusionnant et changeant de couleur.
« Nous souhaitons savoir pourquoi une forme plus âgée de toi a parlé avec nous avant que la forme plus jeune le fasse. C'est un phénomène très inhabituel et nous ne savons pas quoi en comprendre. »
Harry eut un grand sourire :
« Je suis le fils d'un Seigneur du Temps et du TARDIS. C'est ce que nous faisons, voyager dans le temps et l'espace et faire les choses dans le désordre.
— Nous connaissons la Magie Temporelle, c'est comme ça que nous existons à de multiples points, mais une telle magie qui permette à une forme de voyager à travers le temps dans de telles extrémités doit être très puissante.
— Ce n'est pas de la magie, pas dans le sens de ce type de magie. C'est de la technologie, une connexion de différents matériaux d'une façon spécifique qui produit un effet. Le TARDIS est un être vivant qui se nourrit d'énergie temporelle dans les failles de l'espace et du temps, et utilise cette énergie pour voyager dans le plan temporel.
— Des mots si étranges, technologie et TARDIS et failles. Tu as une vie étrange, jeune Harry.
— C'est pour ça que c'est amusant d'être moi.
— Harry, nous souhaitons en savoir plus sur les formes qui se promènent sur Coeur de Magie, mais elles ne savent pas que nous existons. Elles ont un concept déterminé de l'existence et puisqu'elles n'ont pas vu de preuve concrète à notre sujet, elles croient que nous… avons disparu… il y a de très nombreux éons. Nous n'avons pas parlé avec beaucoup de formes, et celles avec qui nous avons parlé ne comprennent pas vraiment que nous sommes ceux qui vivent ici et pas seulement Coeur de Magie qui leur parle. C'est comme si elles ne pouvaient pas croire en ce qu'elles ne comprennent pas, ce qui n'a que peu de sens pour nous, car elles possèdent également la magie, et la magie dans son essence est inexplicable. »
Harry eut un rire silencieux. Il n'était pas surpris que ceux qui vivaient sur Haleysio à présent n'avaient pas conscience des êtres qui vivaient à leurs côtés. Ils étaient remarquablement créatifs avec la magie qu'ils possédaient, mais ils étaient aussi liés par les théories mêmes qu'ils avaient apprises et avec lesquelles ils vivaient. Rare étaient ceux qui brisaient ces barrières.
Il vivait dans un monde que beaucoup appelleraient impossible de toute façon. Le TARDIS n'était pas quelque chose qu'on pouvait expliquer, pas sans y passer toute une vie.
« L'impossibilité engendre l'impossibilité. J'ai grandi dans un monde qui n'existe pas dans ce plan de la réalité, à part sous la forme d'une grande boite bleue. J'ai rencontré les dirigeants de nations et de galaxies, et j'ai rencontré ceux qui s'assuraient que ces nations et galaxies fonctionnaient correctement. Ce n'est pas la magie qui me permet de croire en ce que vous dites, c'est plus une acceptation mentale que je ne saurais jamais tout ce qui existe dans l'univers et même prétendre que je le pourrais un jour est idiot et inutile. Qui veut fermer son esprit comme ça ? »
Les Kysh'fryck tournoyèrent autour de lui.
« C'est en effet un état d'esprit novateur pour une forme qui possède de la magie.
— Aussi, je suis aidé par le fait que ma magie et moi sommes plus compagnons qu'utilisateur et outil. Demander quelque chose marche toujours mieux que forcer. Je suis sûr qu'une éducation correcte parviendrait à me dépasser même moi quand il s'agit de forcer des sorts que je n'ai pas l'intention d'exécuter.
— Nous trouvons également étrange que vous apprenez la magie, plutôt que la manipuler naturellement. Aucune des formes magiques sur Coeur de Magie ne peut utiliser instinctivement leur magie, pas comme nous le faisons entre nous. Les restrictions que vous vous donnez… est-ce que c'est du au fait que vous avez une forme plutôt qu'être simplement de la magie ? »
Harry hocha la tête.
« Notre magie en tant que forme est limitée à une essence interne à laquelle nous devons accéder d'une certaine manière pour pouvoir exécuter n'importe quelle magie. Les enfants sont capables de magie instinctive, cependant elle n'est pas contrôlée, et ceux qui sont suffisamment puissants et intelligents peuvent pratiquer la magie sans focus. Mais la plupart des formes magiques ont besoin de quelque chose pour les aider à diriger la magie contenue à l'intérieur d'eux. C'est une limitation.
— C'est si étrange. Nous désirons quelque chose et nous sommes capables de l'avoir, dans la mesure du raisonnable. Nous n'avons qu'un accès limité à la magie de Coeur de Magie, pour ne pas épuiser Coeur de Magie avant que les Lignes puissent remplir à nouveau les réserves. Nous ne voulons pas utiliser nos magies personnelles pour alimenter la conscience que nous possédons car cela serait néfaste pour notre existence. C'est une des rares façons dont nous pouvons disparaître, utiliser la magie qui contient notre être.
— Donc vous pouvez mourir, d'une certaine façon ?
— Oui. Mais ce n'est pas une manière rapide ou indolore. Ceux qui ont fait une telle chose ont souvent décrit les sensations alors qu'ils s'évaporaient et que leur magie se dispersait à nouveau dans l'environnement. Toutes les descriptions sont remplies de paroles d'agonie et de désespoir. »
Harry trembla. Puisqu'il était limité par une forme, il n'avait pas la possibilité d'utiliser littéralement sa conscience comme partie d'un sort. Un tel risque était effrayant.
« Vous êtes une espèce fascinante. C'est une découverte si merveilleuse. Est-ce que je suis autorisé à parler de ce qu'on a dit à mon papa et Rose ?
— Tu peux en parler à qui tu le souhaites. Il n'y a aucune restriction placée sur toi. Notre existence ne peut pas être menacée par ceux qui vivent sur Coeur de Magie, il n'y a rien qu'ils puissent faire tant qu'ils souhaitent vivre sur Coeur de Magie. En fait, leurs protections extérieures ont rendues Coeur de Magie plus sûre pour tout ce qui a de la magie, et nous sommes intouchables par presque tout ce qui peut nous menacer. Nous pouvons observer et vivre en paix ici.
— Où vivez-vous ? Et comment vivez-vous ? Je veux dire, si vous n'avez pas de forme tant que vous ne vous en créez pas une, comment créez-vous des sociétés ?
— Petit enfant curieux. Nous vivons sur Coeur de Magie depuis une époque où la magie remontait depuis des fissures à la surface. Nous vivons parmi vous, et pourtant notre existence est purement magique à part quand nous le souhaitons autrement, notre société et notre existence sont souvent confondues avec des concentrations de magie extrêmes et protégées avec de la magie. C'est assez étonnant à quel point ces formes sont protectrices des concentrations magiques. »
Harry gloussa. Il n'était pas surpris :
« C'est comme ça que les formes fonctionnent. Nous voyons quelque chose qui a de la valeur pour nous et décidons que nous devons le protéger à tout prix.
— Et bien, nous en avons immensément profité. Nous allons libérer tes cordes vocales et partir. Tes compagnons te cherchent et nous ne souhaitons pas te causer du désagrément. Nous te verrons à nouveau, Harry. Au revoir. »
Harry sentit sa voix être libérée et il eut un grand sourire, regardant les Kysh'fryck disparaître à nouveau.
« Harry, te voilà ! Je me demandais où tu étais parti. Viens, il y a quelque chose d'intéressant écrit sur un mur ! »
Le Docteur regarda son fils errant avec un grand sourire :
« Ils ont pensé que c'était juste de l'érosion naturelle ou quelque chose comme ça, mais ça n'en est clairement pas. Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? Quelque chose s'est passé ? »
Le Docteur constata le calme de Harry et son sourire amusé.
« Pas quelque chose, mais plutôt quelqu'un. Au pluriel.
— Quoi ? Qui ? Personne n'est passé à travers les protections, Prryxt a dit. Nous avons le site pour nous aujourd'hui.
— Les Kysh'fryck, » dit Harry, et il vit la bouche de son papa s'ouvrir de surprise.
Il en avait rarement le plaisir, et il allait en profiter.
« Tu as fait quoi ? dit son papa, les yeux écarquillés.
— J'ai discuté avec les Kysh'fryck. Les mêmes que ceux des documents, à vrai dire. Ils étaient très intéressés par moi. Ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi j'étais plus vieux avant d'être plus jeune. Je leur ai parlé sur cette planète avant, quand je suis plus vieux. »
Harry s'amusait de la stupéfaction de son père.
« Ce sont vraiment des êtres fascinants. Ils ont une forme solide seulement s'ils le veulent, autrement ils n'existent pas dans un plan de réalité qu'on peut voir. »
Le Docteur essaya de trouver les mots adaptés pour sa surprise :
« Mais… mais… ils ne sont pas… morts depuis le temps ? demanda-t-il. Je veux dire, ils n'ont jamais vraiment été vus, et rien les concernant n'a jamais été trouvé sur Haleysio. »
Harry haussa les épaules.
« Ce sont des êtres de pure magie. Ils existent dans un plan de réalité où la magie est visible et donc ils interagissent sur ce plan quand ils le désirent. Je suis sûr qu'ils peuvent voir ce plan, ils en savent tout, et ils sont curieux au sujet des habitants de Haleysio, mais ils ne ressentent pas le besoin d'intervenir. Ils ont essayé de parler à différentes créatures de la planète, mais personne à qui ils ont parlé n'a cru qu'ils étaient des êtres indépendants.
— Le sont-ils ? Je veux dire, s'ils font partie de la magie de Haleysio, sont-ils vraiment indépendants de cette magie ?
— Ils en avaient l'air pour moi. Ils n'ont jamais parlé individuellement, plutôt en harmonie, mais c'est probablement une bizarrerie biologique. Ils ont une conscience et des désirs et ils communiquent avec d'autres. Ils n'ont juste pas de forme, comme ils appellent ça. Un corps, de notre point de vue. Ils peuvent en créer un, mais ils n'en ont pas besoin pour exister. »
Harry sourit :
« Ils sont gentils aussi. Doux. Même si un peu étranges. »
Le Docteur faisait les cent pas.
« Mais ils ont rendu le Culte fou, à part un enfant. Comment est-ce que ça peut être gentil ou doux ? »
Harry secoua la tête :
« Ils ont besoin de magie pour communiquer, des deux côtés de la communication. Ils ne parlent pas, pas comme nous, en créant des sons et en les projetant dans les airs. Plutôt ils utilisent une connexion magique, permettant à leur magie de sentir comment nous sommes le plus à l'aise pour communiquer, et utilisant ça pour laisser leurs pensées nous parler. Le Culte n'avait pas suffisamment de magie pour supporter la communication avec les Kysh'fryck et leur folie est un effet secondaire de la communication, même s'ils ont laissé entendre que le Culte faisait du mal à la planète et qu'ils ont eu besoin d'intervenir.
— Comment est-ce qu'un enfant a survécu à ça ? Si un adulte ne pouvait pas supporter la communication, comment un enfant aurait-il pu ?
— L'enfant est né sur cette planète, il y avait assez de magie en lui pour supporter la communication. »
Le Docteur tourna en rond de plus en plus vite. Cela changeait tout ce qu'il avait pensé savoir. Cette planète abritait toujours les habitants originaux, ils existaient juste sur un plan qui n'était pas visible à l'oeil nu. Il se demanda s'il y avait des êtres capables de voir la magie, et s'ils pouvaient voir les Kysh'fryck.
Ce serait intéressant à chercher.
« Ils ont dit que je pouvais parler d'eux à qui je voulais. Ils s'en moquent un peu, ils sont particulièrement impressionnés par les protections que les habitants de Haleysio ont mis autour de la planète et autour de leur propre société. »
Le Docteur se tourna pour lancer un regard acéré sur Harry :
« Que veux-tu dire ?
— Et bien, ils ont dit que ceux de Haleysio ont mis des protections sur des zones de haute concentration magique, la plupart protègent leur société. Ce qu'ils trouvent agréable. »
Le Docteur eut un rire. C'était brillant.
« Viens ! Allons voir comment Prryxt apprécie de savoir ça. C'est brillant, je dois dire, brillant. »
Le Docteur tendit sa main vers Harry, et ils retournèrent en courant et riant vers Prryxt et Rose.
« Prryxt, vous ne croirez jamais ce que j'ai trouvé ! cria Harry en s'arrêtant, avec un grand sourire.
— Et qu'avez-vous trouvé, jeune Harry, qui est si incroyable ? »
Prryxt s'était demandé où était parti vagabonder le garçon, vu qu'il avait disparu depuis une bonne vingtaine de minutes.
« J'ai trouvé les habitants originels de Haleysio. »
Et bien, il s'était attendu à beaucoup de chose, mais ça n'en faisait pas partie.
« Vous avez quoi ? Vous avez trouvé leurs corps ? »
Harry secoua la tête.
« Non, non, ils ne sont pas morts. Ils ne peuvent pas vraiment mourir, en soi. Ils peuvent utiliser leur conscience avec leur magie et s'évaporer, mais ils ne peuvent pas mourir. Ils voulaient me parler, donc ils m'ont attiré à l'écart et nous avons eu une bonne conversation. Ils sont très gentils, vraiment. Pas fous du tout, ce à quoi je ne m'attendais pas vue la quantité de magie sur cette planète. »
Prryxt accusa le coup. Il s'assit sur ses pattes arrières, ses queues s'agitant, essayant d'assimiler ce que Harry était en train de dire.
C'était dur à croire.
« Ce que vous voulez dire est que les habitants originaux de Haleysio sont toujours ici, et qu'ils ne peuvent pas mourir, et qu'on ne peut pas les voir. »
Harry hocha la tête :
« Ouais. Ils ont essayé de parler à quelques autres habitants, ceux avec beaucoup de magie particulièrement, mais ils n'ont jamais vraiment cru qu'ils étaient vraiment des êtres et pas seulement Haleysio utilisant la magie pour leur parler. Mais vraiment, ils se moquent que vous soyez là, vous ne faites pas de mal à la planète, et vous la protégez en fait beaucoup, donc ils sont reconnaissants. Je ne sais pas ce qui pourrait potentiellement les blesser, mais le fait que vous avez fait tout votre possible pour les protéger, même si vous le saviez pas vraiment à ce moment-là, fait qu'ils apprécient vos efforts. »
Harry se tourna vers son papa :
« Donc, quelle est cette écriture que tu as trouvé ? »
Rose eut un rire. Le Docteur et Prryxt adressèrent à Harry un regard qui signifiait 'tu es intéressé par une écriture sur un mure alors que tu viens juste de nous dire que tu as rencontré une espèce que personne ne connaissait sur cette planète ?', et Harry leva simplement les yeux au ciel.
« Harry, je vais te montrer pendant qu'ils essaient de surmonter le choc causé par tes révélations. »
Harry sautilla vers Rose :
« Tu n'es pas choquée ? demanda-t-il. Je veux dire, j'étais un peu surpris, mais pas vraiment. C'est une planète magique, la seule. Je ne pouvais pas m'attendre à ce que ses habitants disparaissent sans laisser de trace. Je ne pense pas qu'ils puissent mourir du tout, pas tant que Haleysio existe. »
Rose haussa les épaules :
« J'ai vu les merveilles de l'Univers depuis le TARDIS, et j'ai été coincée sur Terre pendant plus d'un siècle après être devenue immortelle. Il y a très peu de choses que je ne suis pas prête à croire. Et toi, petit morveux magique, tu as plus de probabilités que non de rencontrer de tels événements incroyables. Tu as trouvé un chemin jusqu'à mon univers, n'est-ce pas ? »
Harry haussa les épaules avec un grand sourire.
Rose conduisit Harry vers une section du Dôme qui était toujours relativement intacte.
« C'est ici. Ils n'en avaient pas pensé grand chose, étant incapables de deviner que c'était des lettres, mais le Docteur a dit que c'était la même forme d'écriture que sur les Premiers Documents. »
Harry s'approcha plus près, plissant les yeux devant les griffures. Il pouvait dire que c'était une écriture, elle partageait quelques similarités dans leur forme de base avec le Vieux Haut Gallifreyien, mais il ne pouvait pas la lire du tout.
« Je ne peux pas la lire. C'est une forme de Gallifreyien que je ne connais pas.
— Je m'y attendais. Le Docteur a du traduire les Premiers Documents pour faciliter la lecture, et il nous a dit que c'était le langage utilisé par le Culte, donc c'est vieux. »
Harry hocha la tête, touchant du bout des doigts les griffures métalliques.
Il n'avait pas prévu le flot d'émotions qui surgit brusquement, et ses yeux roulèrent en arrière et il s'effondra.
Rose se précipita en avant, l'attrapant alors qu'il tombait, et le contact de ses mains sur les bras de Harry lui donnèrent un sursaut alors que leurs émotions se mélangeaient en lui avec celles des griffures.
Il se dégagea des bras de Rose.
« Ne… Ne me touche pas. Je n'ai pas mon limiteur. Je l'ai enlevé quand nous sommes arrivés ici et je ne l'ai pas encore remis. Juste… donne moi juste un peu d'espace.
— Oh mon dieu, je suis si désolée, dit Rose en réalisant ce qui s'était passé.
— Je sais, tout va bien, ne me touche simplement pas tout de suite.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? De la magie ou quelque chose ?
— Non, non, juste… ceux qui ont gravé ces marques dans le mur ont transféré leurs émotions à l'intérieur. Cela devait être par désespoir, ils étaient effrayés quand ils ont écrit ces mots. Effrayés et désespérés et tourmentés. »
Harry trembla. Il n'avait pas eu une réaction aussi viscérale à des traces émotionnelles depuis un moment. Il portait habituellement son limiteur tout le temps, donc il devait rarement faire face à une réaction émotionnelle, mais les gravures dans le mur et l'inquiétude et la confusion de Rose avaient envahi son esprit. Il devait faire le tri.
« Tu peux ressentir les émotions laissées par des gens il y a des milliers d'années ? » demanda Rose, impressionnée.
Harry hocha la tête :
« Si les émotions sont suffisamment fortes, elles laissent une trace. Les mots leur ont donné forme et les ont fait durer. Papa confirmera sans doute que le message est quelque chose lié à du désespoir ou de la panique. Je vais m'asseoir par là bas, j'ai besoin de trier tout ça. Ça fait un moment que quelque chose comme ça m'est arrivé sans prévenir. »
Harry s'éloigna un peu et s'assit, touchant uniquement le sol, et ferma les yeux en sortant son focus.
Rose espéra qu'il irait bien. Il avait utilisé ses compétences sur elle une fois, dans l'ascenseur, mais ça avait été fait volontairement. Une surcharge émotionnelle accidentelle, ça semblait désagréable.
Ce ne fut que quelques instants plus tard que le Docteur et Prryxt les rejoignirent.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda le Docteur en faisant un geste vers Harry, qui était toujours assis et respirait profondément.
— Il y a des émotions dans l'écriture. Je voulais savoir si Harry savait ce qui était écrit, puisqu'il connaît le Gallifreyien, mais il a dit qu'il ne connaît pas cette écriture, mais il l'a touchée, et il ne portait pas le collier. Il a dit qu'il y avait tant d'émotions dans l'écriture que ça l'a submergé. Je crains qu'avoir essayé de le rattraper veut aussi dire que je l'ai touché au passage. C'est dur de se souvenir qu'il peut sentir nos émotions, il porte toujours ce collier. »
Rose frotta ses mains sur ses bras. Le Docteur posa une main sur la joue de Rose.
« Tout va bien. Harry ira bien. Il est probablement plus affecté par les émotions issues de l'écriture que peu importe ce qu'il a reçu de toi. Je vais aller le voir dans une minute. Est-ce qu'il t'a dit quelles émotions il a reçues de l'écriture ? »
Rose hocha la tête, se penchant vers le Docteur.
« Il a dit que ça a été écrit par désespoir, très effrayés et apeurés et désespérés. Il a dit que tu verrais probablement que ce qui est écrit est probablement paniqué et désespéré. »
Le Docteur fronça les sourcils, puis se pencha plus près des murs, laissant ses doigts frotter les gravures.
« Donnez-moi quelques minutes. Je me suis amélioré après avoir passé trois jours à regarder l'écriture du Culte, mais cette écriture est très brouillonne. J'ai besoin de la déchiffrer. »
Rose rejoignit Prryxt pour donner au Docteur un peu d'espace.
« C'est un voyage très inhabituel. Je ne m'attendais pas à ce qui se passe autant de choses ici, dit Prryxt à Rose. Harry qui rencontre les premières créatures de magie sur Haleysio, la découverte d'écritures que nous n'avions pas vues auparavant, la réaction qu'elles ont provoqué chez Harry. J'avais pensé que ce ne serait rien de plus qu'une balade amusante dans un vieux site historique. »
Rose adressa un grand sourire à Prryxt :
« Vous avez amené deux des êtres les plus fauteurs de trouble en vie ici, je ne m'attendais à rien de moins. Vous avez de la chance que Jack ne soit pas là ou il vous draguerait pendant que nous faisons tout ça. »
Prryxt cligna des yeux, choqué :
« Mais, ce Jack, d'après les archives que nous avons, il est humain, non ? Immortel, mais pas moins humain. »
Rose eut un rire bruyant.
« Oh, ça ne l'arrêterait pas. Humain du 51ème siècle, il drague tout ce qui bouge. Peut-être même quelques choses qui ne bougent pas aussi. Il est une personne plus orientée vers l'opportunité. Espèce, genre ou absence de genre, sexe, physicalité, peu importe, n'a aucune importe pour lui. Il est plus attiré par qui que ce soit qui est attiré. »
Elle pouvait imaginer les soucis à présent, si Jack venait à Haleysio. Il serait éjecté du Conseil et probablement banni pour toujours.
Elle espérait, du moins. Qui sait combien de temps Jack resterait avec Salazar. S'il passait toute la vie de Salazar avec lui, cela durerait sans doute un moment.
Elle se demandait s'il serait toujours le même quand il reviendrait.
Elle espérait.
« Ce Jack semble vraiment intrigant. Même si c'est vrai que la plupart des espèces qui font l'amour ou s'accouplent pour le plaisir autant que pour la reproduction peuvent le faire avec la plupart des autres espèces, ce n'est pas souvent qu'on rencontre un être qui accorde si peu d'intérêt aux espèces. Il y a quelques relations inter-espèces sur Haleysio, c'est ce qui arrive quand il y a tant de créatures différentes ici, mais la plupart sont naturellement stériles, leurs gènes incapables de se mélanger pour créer une descendance, et ceux qui veulent des enfants vont au Foyer pour Enfants principal pour ceux qui n'ont pas de Tuteur ou de Parent, situé à Harsephis. Ceux qui ont des enfants sont habituellement si proches génétiquement qu'ils peuvent retrouver un ancêtre commun sur la carte des espèces. »
Rose haussa les épaules :
« Jack n'est pas du genre à vouloir des enfants, même si j'ai entendu dire qu'il en a un certain nombre. »
Prryxt hocha la tête.
« J'y suis arrivé ! s'exclama le Docteur, brisant le silence dans lequel étaient tombés Rose et Prryxt. Et Harry avait raison. Ce sont des paroles désespérées, écrites par quelqu'un très très effrayé et souffrant beaucoup. »
Rose s'approcha, regardant par dessus l'épaule du Docteur.
« Qu'est-ce que ça dit ? »
Le Docteur regarda Rose, l'expression lugubre :
« 'Ils sont revenus. Ils parlent, et nos esprits brûlent. Ils disent que nous blessons quelque chose, blessons le Coeur. Ils arrivent. Ils nous font mal. Ils disent que nous leur faisons mal. Nous ne savons pas ce que nous faisons. Nous ne savons pas ce qu'ils veulent dire. Ils nous blessent. Ils nous blessent. Ils nous blessent. Au secours. Au secours. Mon esprit brûle, ça brûle, ça brûle, ça brûle.' »
Le Docteur avait beau avoir prononcé ceci d'une voix blanche, sans ajouter d'intonation, mais Rose pouvait entendre les suppliques.
« Ce que Harry a dit est vrai, souffla Rose. Cela semble effectivement désespéré.
— Il avait aussi raison sur autre chose, concernant la raison pour laquelle le Culte est devenu fou, » dit le Docteur.
Prryxt inclina la tête :
« Que voulez-vous dire ? J'avais l'impression que les habitants originaux ont fait ça parce que c'était des envahisseurs. »
Le Docteur secoua la tête :
« Pas seulement pour cette raison. Il semble que les Kysh'fryck ont besoin de magie des deux côtés pour faciliter la communication, et même si le Culte avait un peu de magie, il n'y en avait pas assez pour que la communication entre eux soit facile. Le simple fait de parler aux Kysh'fryck a commencer à blesser l'esprit du Culte, et bien que certains agissements du Culte ont accéléré la folie, parce qu'ils faisaient quelque chose à cette planète, cela serait arrivé de toute façon. L'enfant qui a survécu l'a fait parce qu'il est né sur cette planète et avait suffisamment de magie ambiante pour supporter la communication.
— Donc, toi et moi, nous ne pouvons pas parler aux Kysh'fryck sans risquer notre santé mentale, dit Rose.
— En effet, acquiesça le Docteur.
— C'est une notion troublante. Même si ce n'est rien en comparaison du fait que nous ne les avons jamais vus auparavant, du tout. Ou du moins jamais vus en connaissance de cause, dit Prryxt.
— C'est parce que vous ne voulez pas croire qu'ils sont distincts de la magie de la planète, notamment ceux qui les ont vus, dit Harry. J'ai fini de trier les émotions et les ai remises où elles doivent être dans mon esprit. C'était le désordre. Donc, à quel point l'écriture était désespérée ? »
Le Docteur regarda son fils. Harry avait remis le collier doré, ce dont il était content.
« Très. Je crois que c'est une des dernières choses qui a été écrite avant que les Kysh'fryck les rendent fous. Ils disent quelque chose à propos des natifs qui leur disent qu'ils blessent le Coeur. Tu sais ce que ça veut dire ? »
Harry sursauta et frappa du poing dans sa main.
« Oh, oui, j'ai oublié de te dire. Les Kysh'fryck ont un nom pour cette planète. Ils l'appellent Coeur de Magie. Donc, littéralement, ce que le Culte faisait, faisait du mal à la planète entière. Je suis curieux : qu'est-ce que pouvait bien faire le Culte ici ? »
le Docteur fronça les sourcils, sortant le grand carnet de sa poche plutôt petite (Harry entendit Prryxt haleter d'étonnement) et tourna les pages, les survolant du regard.
« Je n'en suis pas entièrement sûr. Ils avaient pour consigne de trouver autant de choses que possible concernant cette planète et pourquoi elle était aussi inhabituelle et pourquoi elle n'apparaissait pas sur les scans, même les scans profonds. Il y a toutes sortes de choses qu'ils auraient pu faire pour ça qui auraient pu perturber l'énergie tout autour de la planète. S'ils la blessaient, je ne suis pas surpris que les Kysh'fryck aient essayé de les arrêter. L'incapacité à communiquer n'a clairement pas aidé. »
Prryxt s'approcha un peu.
« Et bien, nous avons plus à dire au Conseil que ce que j'avais pensé. Donc, j'aimerais partir avant que les étoiles se lèvent, les Historiens ici ont demandé à ce qu'on ne dorme pas sur place. Et vous serez présent à temps pour votre session de mannequinat de demain, Harry, dit-il en regardant les épaules de Harry s'affaisser.
— D'accord. On peut partir maintenant. J'ai vu autant que ce que je pense qu'on puisse voir ici. Et la découverte de Harry est plutôt utile. Tu devras m'en dire plus à ce sujet quand tu peux. Pour l'instant, on peut y aller. C'est presque la nuit tombée, et les étoiles vont bientôt se lever. On pourra même sans doute les voir depuis le disque sur le chemin du retour. »
Harry eut un grand sourire :
« Ça va être amusant. Ça peut compenser le fait d'avoir à rester assis dans une vitrine pendant trois heures à nouveau demain. Trois heures. Ça semble durer trois jours, marmonna Harry. La mesure du temps est si bizarre. »
Rose rit. Elle montrerait au Docteur les photos qu'elle avait prise de Harry ce soir, puisque le Docteur n'avait pas encore eu le temps d'aller à la Promenade de la Mode.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Harry était si heureux que ce soit le jour du Festival. Sa condamnation dans la Pièce de Mannequinat était terminée, et même s'il devait encore porter les vêtements pendant le Festival lui-même, cela ne le dérangeait pas autant, et Prysh avait dit que sa veste serait prête le lendemain, donc c'était toujours ça ! Il était impatient. Tout ce temps dans cette stupide pièce étroite serait enfin payé avec une veste géniale.
Le Festival n'allait pas commencer avant un moment encore. Il commencerait quand l'étoile du système serait au zénith dans le ciel et durerait jusqu'à ce que les deux lunes atteignent leur zénith, donc ils furent appelés devant le Conseil pendant la matinée. Très tôt.
Harry suivait son papa, Rose et Kyst, qui les avait retrouvés devant le TARDIS ce matin, jusqu'au Hall du Conseil, où Prryxt avait rapporté leurs découvertes et le Conseil avait passé la journée précédente en discussions sur ce qu'il fallait faire, en plus de leurs devoirs concernant le festival.
Il semblait qu'ils aient atteint une sorte de conclusion sur les informations obtenues et avaient demandé à ce que tous, y compris Kyst, même si Kyst n'avait pas été avec eux sur le site, ayant reçu l'autorisation de rester sur place parce que Prryxt les accompagnait.
« Savez-vous de quoi ils ont parlé ? demanda Harry à Kyst.
— Non, je ne sais pas. Je n'ai pas reçu le privilège d'assister aux Réunions du Conseil. Il n'y en a pas besoin, vu l'absence de menace. »
Harry soupira.
« J'espérais que vous sachiez ce qu'ils nous veulent. Suppose qu'on va devoir attendre.
— Être impatient ne conduit qu'à la déception, Harry, » gronda Rose.
Harry lui adressa une grimace :
« Si les choses voulaient bien se passer plus vite, je n'aurais pas besoin d'être si impatient. Les choses ici se passent si lentement la plupart du temps. Je n'arrive pas à comprendre comment les gens peuvent vivre comme ça !
— Tu l'as déjà fait, avec Arthur et Merlin, et à Hogwarts avec Rowena et Helga et les autres. En quoi c'est si différent ? demanda Rose.
— Je faisais au moins des choses là-bas. Il y avait toujours quelque chose qui se passait. J'apprenais quelque chose, ou je jouais avec Arthur, ou je courrais pour échapper à Godric, ou j'essayais de ne pas faire exploser une potion. Quelque chose. Ici, je suis resté assis dans une pièce pendant trois heures, ce qui je jure n'a pas duré trois heures, ce n'est pas possible, et c'était si ennuyant que je ne pouvais même pas penser correctement ! grogna Harry.
— Vous oubliez votre focus, et votre visite à l'Académie, et le site historique, » souligna Kyst.
Harry soupira en glissant une main dans ses cheveux.
« Oui, mais ces choses sont terminées. J'ai passé la journée à errer à Justia en essayant de trouver quoi faire jusqu'à ce qu'il fasse trop sombre pour que je vois quelque chose et je suis rentré.
— Je suis surpris que tu ne te sois pas perdu, » commenta le Docteur.
Harry tira la langue à son papa.
Ils passèrent à travers le voile conduisant à la Salle du Conseil pour voir l'assemblée entière devant eux.
Les yeux de Harry s'écarquillèrent :
« Wouah, » siffla-t-il en tournant sur lui-même.
Il y avait tant d'êtres, tant de couleurs, de formes et même de dimensions, qu'il avait du mal à tout absorber.
« Il y a tant de différentes espèces ici, dit Rose, émerveillée. C'est le Conseil en entier ?
— En effet, Dame Rose, dit Bryshl, sa voix grave résonnant contre les murs. Nous nous sommes rassemblés pour discuter de la suite à donner aux informations qui nous ont été présentées ces derniers jours. »
Le Docteur leva un sourcil :
« Vraiment ? C'est si important ? Qu'est-ce qui est si important qu'il faut le Conseil en entier pour en discuter ? »
Dame Shorll s'avança :
« Vous avez non seulement traduit les Premiers Documents et nous avez donné la permission de les copier pour nos archives, mais vous avez également fait la stupéfiante découverte que les habitants originaux de Haleysio sont toujours en vie. Quelque chose que personne entre nous ne savait. Un académicien renommé de l'Académie nous demande également de vous livrer, Harry, un livre à étudier, que j'ai survolé et au sujet duquel je suis immensément curieuse. Il y a plein de raison pour que le Conseil se rassemble. »
Harry leva les yeux au ciel en grognant :
« Les Kysh'fryck vous aiment bien, pourquoi êtes-vous si inquiets ? Ils interagissent uniquement avec ceux avec qui ils le souhaitent, et vous ne pourrez pas changer ça. Qu'est-ce que ça vous ferait d'avoir plus d'information ? Et je ne savais pas que le fait d'autoriser Memchark à me donner un livre impliquait que tout le Conseil devait le lire, dit Harry en fronçant les sourcils.
— Seuls les Grands Membres du Conseil l'ont lu, Harry. Nous devions nous assurer que les informations contenues n'étaient pas compromettantes. Le livre vous est spécifiquement dédié, il y a peu que nous puissions faire avec ces informations, à part s'émerveiller silencieusement du type de focus qui demandent une approche aussi spéciale, » dit Prryxt en lançant un regard acéré à Harry.
Harry haussa les épaules. Il s'était attendu à devoir discuter un peu au sujet de son focus étrange après les histoires qu'avait fait Memchark à son sujet, donc cette réponse plutôt douce fut accueillie avec peu de préoccupation.
« Je suis toujours inquiet de savoir pourquoi vous voulez autant d'informations sur les Kysh'fryck. Ils n'ont pas l'air d'être très inquiets à votre sujet, ils vous aiment bien, et ils ne vivent même pas sur ce plan d'existence à moins de le vouloir. Ce n'est pas comme si vous pouviez aller dans leur civilisation, ou peu importe où ils vivent.
— Je suis plutôt choqué de voir qu'un de ceux vivant à bord du TARDIS ne ressente pas le besoin d'en savoir plus au sujet de cette espèce si fascinante. Des êtres de pure magie, qui ne voudrait pas en savoir plus à leur sujet ? » cria une voix qui ressemblait à un orage en train de gronder.
Le Docteur se tourna vers la voix :
« Juste parce que nous avons la possibilité de voyager à travers le temps et l'espace et de voir toutes ces espèces différentes ne signifie pas que nous en avons besoin. Et les Kysh'fryck sont pacifiques, ils apprécient les efforts de protection effectués par ceux qui vivent sur Haleysio.
— En plus, vous ne pouvez pas leur parler sans risquer votre propre santé mentale, » marmonna Rose.
Le Docteur lui lança un regard.
« Ils ne sont pas en train de tenter quoi que ce soit de mauvais pour Haleysio, ils apprécient l'existence pacifique qu'ils ont. Pourquoi voudriez-vous les déranger ? En plus, vous pouvez communiquer avec eux, si vous voulez essayer. Vous avez tous suffisamment de magie pour que ce ne soit pas un problème, dit Harry en lançant un coup d'oeil vers son papa et Rose.
— Mais personne ayant vécu sur Haleysio auparavant n'a jamais rapporté les avoir rencontré. C'est le premier cas dans ce genre, couina Joffryin.
— Non, répondit Harry. C'est juste la première fois que quelqu'un a cru les Kysh'fryck lorsqu'ils annoncent être des êtres magiques et pas seulement la magie de Haleysio s'adressant à eux. Ça fait une différence.
— À quoi ressemblent-ils, Jeune Harry ? demanda Shorll. Nous serons peut-être capables d'identifier ceux qui les ont rencontrés auparavant. »
Harry haussa les épaules :
« Des sortes de formes colorées. Pas de silhouette distincte ou de motif parce qu'ils n'ont pas besoin de forme pour exister, comme ils disent. Ils peuvent avoir une forme, parce que c'est plus facile de communiquer avec ceux qui ont un corps, mais c'est inconfortable pour eux de le faire sur une longue durée.
— C'est plutôt imprécis, gronda Bryshl.
— Désolé, je ne peux pas vous en dire plus. Oh, et ils ont gelé mes cordes vocales, puisque je n'en avais pas besoin pour communiquer avec eux, et ils ne voulaient pas que j'alerte quiconque à proximité. Pas sûr pourquoi, ils n'ont pas l'air d'être dérangés par le fait que j'en parle à qui que ce soit, mais je pense que c'était plus par curiosité. Ils ne voulaient pas être interrompus. »
Harry croisa ses doigts derrière sa tête avec un grand sourire.
« Vous avez une façon étrange de réagir à être rendu silencieux et enlevé par la force, jeune magicien, » dit une voix douce.
Harry se tourna vers celui qui venait de parler, une créature qui semblait bourdonner dans sa vision et scintiller.
« Je crois que votre découverte peut aider mon peuple à comprendre ce que nous voyons parfois dans des zones de haute concentration magique. Nous nous sommes demandés si nous possédions une sorte de seconde vue concernant des événements historiques, à voir d'étranges monolithes et des êtres flotter autour qui n'interagissent avec rien de ce qui se trouve autour d'eux. Cela peut être en réalité le plan des Kysh'fryck. Ça vaut la peine d'étudier ça. »
Harry eut un grand sourire :
« Wouah, cool ! Vous pouvez voir le plan magique ?
— Ça peut être une explication pour ce que nous pouvons observer, oui. Même si nous avons une connexion plus intrinsèque entre la magie et nos sens. Nous existons sur deux autres plans d'existence, donc interagir avec ceux qui n'existent que sur ce plan demande la plus grande concentration. Peut-être que nous voyons aussi ceux qui existent sur le plan magique comme des échos magiques, des empreintes laissées autour des zones de haute concentration magique.
— Ça a l'air génial ! Je ne savais pas qu'il y avait des êtres qui existaient sur plusieurs plans de réalité à la fois. Papa ? » demanda Harry en se tournant vers le Docteur.
Son papa le regarda :
« Ce n'est pas un phénomène commun, mais c'est connu. Je suppose que le scintillement et les lignes floues sont dues à votre besoin de vous concentrer pour continuer à être capable d'interagir sur ce plan d'existence ?
— En effet. Nous sommes appelés Scintillants par la plupart des autres sur Haleysio, quelque chose que nous avons, de façon assez énervante, fini par adopter, dit la créature d'un ton résigné.
— Quel est votre véritable nom, alors ? demanda Harry.
— Sur ce plan, nous avons du donner un mot à partir d'un assemblage d'autres, puisque notre langue natale est parlée sur trois plans d'existence à la fois, et impossible à écouter par la majorité de ceux qui habitent ici. Nous sommes appelés les 'Cinquièmes Marcheurs'. Les noms individuels signifient peu pour nous puisque notre propre langue prend tout en compte, bien que notre focus, étant de type Sauvage, a souvent un titre que nous utilisons. On m'appelle 'Manipulateur de Lumière'. »
Harry eut un grand sourire et s'approcha de Manipulateur de Lumière, impatient de continuer la discussion, mais les Grands Membres du Conseil, notamment Shorll, intervinrent :
« Je suis consciente que vous trouvez tout ceci très intéressant, jeune Harry, mais pour l'instant, nous devons aborder d'autres sujets. Nous pouvons parler des Kysh'fryck plus tard, nous avons autant d'information utile que possible pour le moment. Mais il y a toujours ce livre de Memchark qui vous est dédié. »
Harry se tourna vers les quatre membres du Grand Conseil :
« Oui. Et bien, Memchark a dit que puisque je ne serai pas inscrit à l'Académie de Haleysio, j'aurais besoin d'accompagnement sur la façon d'utiliser mon focus. J'ai un type mixte, et une moitié de mon focus n'est pas enseignée à Hogwarts parce qu'ils ne savent pas qu'elle existe. Donc Memchark a pensé qu'un livre pourrait au moins me donner une idée de comment utiliser mon focus. Ce que j'apprécie. Laisser ceux qui existent à Hogwarts à mon époque de naissance comprendre que je ne suis pas exactement un résident de leur époque n'est pas mon but. »
Le Docteur se tourna vers Harry, les sourcils levés :
« Tu comptes aller à Hogwarts pour environ sept ans et tu espères garder le fait que tu vis dans une maison multidimensionnelle et voyageant dans le temps secret ? À quel point es-tu capable de garder un secret et oublies-tu que Jack est aussi là ? »
Harry s'énerva :
« Hé, je suis parfaitement capable de garder un secret et Oncle Jack peut probablement y arriver tout aussi bien. Je suis plus inquiet que tu déblatères quelque chose d'insensé qui dévoilera complètement notre jeu.
— Non mais attends, je suis parfaitement capable de garder la bouche fermée… »
Rose eut un rire en entendant ceci.
« Mais toi, par contre, tu ne sais même pas quand mélanger technologie et magie est une mauvaise chose. Tu as presque fait exploser la salle de potions à Hogwarts avec Salazar et ensuite, tu as voulu utiliser un vieux langage de pouvoir avec la magie et tu as failli te tuer. Donc ton petit plan va devoir être travaillé davantage. »
Rose eut un reniflement moqueur :
« Ce sont des disputes comme celle-ci qui vont dévoiler votre jeu. Vous deux ne pouvez pas vous empêcher d'aborder n'importe quel point important pour votre argumentation, même si c'est quelque chose qui doit rester secret. Je veux dire, avais-tu l'intention de parler de tout ça au Conseil, Docteur ? »
Rose fit un geste autour d'elle pour montrer leur public silencieux et intéressé.
Le Docteur grimaça légèrement et soupira :
« Je crois que nous devrons tous les deux travailler sur une sorte de couverture pour garder tout ceci secret. »
Il lança un regard à son fils :
« Nous n'avons pas l'habitude de rester à un endroit pour un long moment, pas plus de quelques semaines, et leur parler n'est donc pas un souci parce que nous ne reviendrons probablement jamais au même endroit et à la même époque. »
Harry acquiesça avec un grand sourire :
« On va pouvoir inventer une histoire géniale !
— Hé, vous deux devrez me la donner avant de décider quoi que ce soit. Qui est celle qui a vécu le plus longtemps à une époque ? dit Rose en les regardant tous les deux.
— Aussi fascinant que ce soit, nous devons avancer dans notre discussion sur votre focus, jeune Harry. Êtes-vous certain que vous devez recevoir toute votre éducation à Hogwarts ? » dit Shorll en s'avançant.
Harry haussa les épaules :
« Je veux dire, l'essentiel, j'en suis sûr. Vous serez tous capables de m'en dire plus à ce sujet. Je ne serais pas contre le fait d'apprendre à l'Académie, c'est un endroit fascinant. Mais je ne sais pas si je peux faire ça et garder la ligne temporelle intacte, au moins pas tant que je n'ai pas fini ce que je dois faire dans ma ligne temporelle de naissance. »
Harry leva les yeux vers le Conseil :
« Je suppose que vous ne pouvez pas me dire ce que c'est et quand ça arrive ? Ça économiserait beaucoup de temps. »
Prryxt rit :
« Jolie tentative, mais non. Nous ne sommes pas autorisés à vous donner la moindre information sur votre futur personnel. Mais je ne crois pas que quelques leçons à l'Académie feraient du mal, surtout si elles sont données à une époque où l'Académie est principalement vide. Quelques leçons courtes ici et là seraient capables de compléter l'enseignement donné par Hogwarts. »
Le Conseil s'agita, les voix s'élevant et retombant alors que diverses lumières colorées indiquaient une demande de parler.
Harry, Rose et le Docteur regardèrent le Conseil discuter à ce sujet, et Rose se tourna vers les deux autres, l'inquiétude visible sur son visage :
« Est-ce que c'est vraiment nécessaire ? Je veux dire, je sais que c'est un moment assez important pour eux, Harry est un personnage important de leur histoire, et il est assez important pour moi aussi, mais toute cette agitation concernant sa scolarité me semble trop intense. Il n'est même pas en âge d'être scolarisé. »
Le Docteur fronça les sourcils :
« Je peux comprendre pourquoi ils sont aussi intéressés par Harry. Je veux dire, ils ne se donneraient pas autant de mal s'ils n'en savaient pas déjà beaucoup sur lui, ce qui est la raison pour laquelle je les ai laissés faire aussi longtemps. Même s'ils sont trop prudents pour laisser quoi que ce soit d'important s'échapper, cette agitation concernant Harry me montre qu'ils sont très inquiets par tout ce qu'il peut faire. Et ça m'inquiète. »
Le Docteur regarda Harry, le petit enfant qui était son fils. Des yeux verts remplis de tant de connaissance et de curiosité et à qui il voulait montrer l'Univers tout en le gardant sûr et en s'assurant qu'il ne soit jamais blessé. Juste la pensée que son petit Harry soit blessé à cause de quelque chose qui lui était arrivé avant que le Docteur l'adopte était troublante et faisait battre ses coeurs un peu plus vite.
« Et bien, nous n'avons pas besoin de nous en inquiéter, ils ne veulent pas que je sois inscrit à l'école tant que je ne suis pas un peu plus âgé. Quelque chose au sujet de ma magie ayant besoin de se stabiliser. J'ai suffisamment de magie et suffisamment de contrôle pour que les raisons habituelles pour retarder ma scolarité jusqu'à l'âge habituel ne soient pas applicables, mais ma magie a tant d'énergie chaotique et ils espèrent qu'elle se calme un peu pour que je puisse utiliser des sorts sans créer de flot de pouvoir. Ou c'est du moins ce que Memchark m'a dit, grimaça Harry. Toute cette agitation maintenant est plutôt idiote.
— Tu penses à cette agitation du point de vue de quelqu'un qui a toujours un temps personnel avant d'aller à l'école. Ils ne savent pas quand tu apparaîtras à nouveau et quel âge tu auras, donc ils préfèrent s'inquiéter maintenant que plus tard, quand tu arriveras et seras plus âgé. Être préparé, » dit Rose avec un sourire amer sur le visage.
Kyst flottait juste à côté du petit groupe discutant les actions du Conseil, se demandant si tout ceci était vraiment nécessaire. Harry n'était pas vraiment quelqu'un qu'on pouvait comprendre ou contrôler. Le Conseil pouvait faire peu de choses face à des personnes comme Harry, le Docteur et Dame Rose. Ils vivaient dans un monde qui était hors du temps conventionnel. Que pensait faire le Conseil avec une telle décision ?
Les cinq derniers jours que Kyst avait passés avec Harry étaient un voyage dans le monde d'un être qui ne voyait pas l'univers avec les points de vue habituels que Kyst connaissait. Ce n'était pas l'acceptation blasée de quelqu'un qui vivait sur une planète peuplée de centaines d'espèces différentes, ou l'arrogance tranquille que votre espèce était meilleure que toute autre. Rien de l'indifférence générale sur la quantité phénoménale de magie qui était utilisée sur Haleysio, l'ignorance du pouvoir qui tenait tout ensemble, et l'attitude insouciante de quelqu'un qui avait décidé qu'il n'avait pas besoin d'en savoir plus que ce dont il se souvenait avoir appris à l'Académie sur la magie.
Vraiment, pour une planète entière qui fonctionnait grâce à la magie, le manque d'intérêt pour les nouvelles magie par à peu près n'importe qui sur la planète était époustouflant. Kyst en avait fait partie jusqu'à ce que Harry arrive sur la planète avec ses pieds nus et son sourire, plein de questions et encore plus de questions et d'idées et de pensées intrigantes. Cela faisait du bien à l'âme, pensa Kyst, d'avoir un point de vue aussi rafraîchissant.
« Je crois que le Conseil est plus inquiet sur comment ils seraient capables de gérer Harry, quand il viendra à nouveau à l'avenir. Ils ne savent pas quoi penser de l'enfant et ils savent qu'ils ne peuvent influencer directement aucune de ses décisions, et cela les inquiète, les effraie, » dit Kyst à voix basse au Docteur, Rose et Harry.
Le Docteur leva les yeux, une expression surprise sur le visage :
« Vraiment ? Mais ce n'est pas leur souci, pas vraiment. Harry ne leur pose aucune menace, et nous ne sommes jamais à un endroit très longtemps donc ça ne devrait pas être quelque chose dont ils doivent s'inquiéter. »
Kyst tournoya un peu plus vite :
« Ce n'est pas leur souci. Au moins le Grand Conseil est à présent conscient de la quantité de pouvoir que possède Harry et une idée de ce que son focus peut faire. Ils sont, dans un sens, effrayés par le potentiel qu'il présente, un potentiel qu'ils ne peuvent pas contrôler. »
Rose huma en guise d'accord, réfléchissant à ceci. Cela se comprenait, vraiment. Harry était un enfant intéressant et unique. Le fils d'un Seigneur du Temps et un magicien. De voir quelqu'un si important pour votre histoire, capable de voyager à travers le temps, et pourtant toujours hors de votre portée était une perspective effrayante.
Harry, semblait-il, n'était pas sûr de savoir quoi en penser :
« Ils sont effrayés que je puisse devenir trop fort ou quelque chose comme ça ? demanda-t-il, le sourcil levé.
— Essentiellement, ils sont inquiets que vous ne deveniez pas seulement trop fort, vous savez que vous êtes puissant magiquement. Ils sont inquiets que vous deveniez trop fort et qu'ils soient incapable de vous contrôler. Vous êtes important pour l'histoire de nombreuses populations magiques. De savoir ça, et d'être capable de vous aider, sans être capable de vous contrôler, est un concept étrange qu'ils essaient de comprendre. »
Harry eut un reniflement de mépris :
« Le voyage dans le temps ne peut pas être un concept étranger à tant d'espèces maîtrisant la magie. Je veux dire, certes, le TARDIS est un niveau au dessus, mais vous devez tous avoir une sorte de magie pour voyager dans le temps. »
Le Docteur plissa des yeux en regardant Harry :
« Pourquoi dis-tu ça ? »
Harry regarda son père d'un air incrédule :
« Tu veux dire, à part Rowena essayant de découvrir une possibilité de voyager dans le temps ? Parce que c'est le rêve de presque n'importe quelle espèce intelligente de voyager dans le temps. Donne à cette espèce la magie et que penses-tu qu'ils vont faire ? »
Harry fit un geste vers son père :
« Regarde ce qu'ont fait les Seigneurs du Temps. Ils ont capturé un trou noir et encouragé la croissance des TARDIS. »
Rose adressa au Docteur un regard songeur :
« Ce n'est pas une remarque injuste, Docteur.
— Il se trouve qu'il y a des façons de voyager dans le temps, même si elles sont étroitement contrôlées et surveillées. Presque personne n'est autorisé à y accéder et ceux qui le sont ont besoin d'un permis spécial de l'Agence Relative. »
Au reniflement amusé de Rose, Kyst tournoya d'amusement :
« Quelqu'un avait le sens de l'humour en la nommant.
— Seigneur du Temps, Dame Rose, Harry, Kyst, si vous pouviez reporter votre attention sur le Conseil, nous sommes sur le point de conclure la réunion. Nous avons conclu plusieurs accords. »
La voix de Bryshl les surprit et ils se tournèrent vers les Grands Membres du Conseil.
« Vous savez qu'il est impossible de nous imposer une quelconque règle, n'est-ce pas ? » dit Rose, franche et abrupte.
Shorll hocha la tête :
« En effet. C'est un problème avec lequel nous essayons de nous adapter. Nous savons que Harry vient à Haleysio dans son futur, notre passé, mais nous ne savons pas s'il vient dans le futur de cette planète. C'est une perspective que nous ne savons pas comment gérer. Nous sommes d'accord que le livre que Memchark a écrit est probablement le mieux qu'on puisse faire en ce moment pour vous donner les outils dont vous avez besoin pour connaître votre focus. Nous ne pouvons pas vous faire revenir à Haleysio pour votre scolarité, nous n'avons pas ce type de pouvoir. Nous mettrons des mesures en place qui resteront tant que durera le Conseil concernant l'enseignement de jeune Harry, ce qui est le mieux qu'on puisse faire. »
Shorll baissa les yeux vers eux.
« Nous devons vous faire confiance pour revenir à Haleysio pour vous entraîner si vous en avez besoin. »
Harry eut un grand sourire :
« Je suis sûr que ça pourra arriver, si nécessaire. Mais hé, ça pourrait être dans des centaines d'années, en fait.
— Ce qui est la raison de l'existence de ces mesures. À présent, puisque l'heure du Festival approche, nous devons mettre fin à cette session. La plupart d'entre nous ont des tâches à faire en lien avec le Festival. Je vous souhaite une bonne journée Harry, Seigneur Docteur, Dame Rose. »
Le Conseil dans son ensemble les salua dans un concert de voix qui résonna contre les murs.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Le Festival, pensa Harry, était immense. Il y avait des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers, peut-être des millions, de créatures présentes. Elles s'étalaient partout, remplissant des gradins dans le ciel, flottant d'elles-mêmes, vagabondant, papotant, marmonnant des sorts, parlant dans des Cristaux. La masse des corps était dingue.
Ils étaient dans une zone spéciale réservée à ceux d'importance particulière. La plupart du Conseil était là, ainsi que Vanderian et Prysh et leurs familles.
Harry rencontra l'enfant de Prysh, Kiarl, parmi la foule des corps et des voix. Le petit atteignait à peine la hanche de Harry et était d'une couleur d'or scintillant avec des yeux d'argent vibrant. Kiarl se jeta sur Harry avec un couinement et parla sans arrêt :
« Je ne suis pas autorisé à te dire ce que j'ai appris aujourd'hui à l'école parce que nous apprenons l'histoire de personnages importants et tu es là, mais je pense que c'est juste génial ! Tu es génial ! Je suis si heureux (2) de te rencontrer ! Tous mes amis vont être si jaloux ! C'est génial ! J'ai pu rencontrer Harry ! »
Harry leva un sourcil en direction de Kryill et Marstiik, sachant qu'ils étaient les plus rationnels :
« On parle de moi dans vos cours ? » dit-il.
Marstiik fit rouler ses yeux dans un cercle complet alors que plusieurs membres minces vinrent décoller Kiarl de la taille de Harry et attirèrent le petit plus près.
« Ne parlons pas de ça, Harry. La partie principale du Festival va bientôt commencer. Les Niveaux Supérieurs de l'Académie font toujours un spectacle magique dès que Oreph se couche. L'étoile de système s'appelle Oreph, ajouta Marstiik devant le regard confus de Harry.
— Ah, d'accord, je comprends. »
Le Festival jusque là avait consisté en des pièces de théâtre intéressante sur des points clés d'événements historiques dont Harry ne savait rien mais trouva tout de même intéressant, même si toutes les blagues le dépassèrent complètement. Il y avait eu des discours et des proclamations grandioses, et Vanderian avait rejoint plusieurs autres personnes sur la scène centrale pour installer des boucliers protecteurs.
Le spectacle lumineux des boucliers avait été impressionnant. Harry se demanda combien de temps cela lui prendrait pour savoir comment faire ça.
Puis la lumière de Oreph disparut et un groupe de magiciens avec leur focus sorti se rassembla sur la scène centrale.
Le spectacle magique commença.
C'était spectaculaire. Harry n'était pas sûr de ce qu'ils faisaient, la plupart ressemblait à des illusions ou des sorts complexes, mais c'était fascinant. Il y avait quelques travaux d'animation intéressants, de la conjuration et de la création. Une petite scène de montagne surgit du sol alors qu'un des étudiants la faisait apparaître, et un autre projeta l'image pour que tout le monde puisse la voir, lorsque la conjuration commença à imiter une sorte de bataille magique.
Tout le monde émit des 'oooh' et des 'aaah'.
Harry voulait juste apprendre comment faire tous ces sorts.
Le dernier étudiant s'avança sur la partie centrale de la plate-forme et avec un léger geste, la section centrale s'éleva, jusqu'à ce que l'étudiant soit une bonne dizaine de mètres au dessus du reste des étudiants. Harry ne savait pas à quelle espèce il appartenait, tous les étudiants portaient une sorte de robe qui les couvrait entièrement. Seule la différence de taille et de largeur des corps était visible.
L'étudiant sortit une longue bande de tissu et commença à l'agiter en cercles et tourbillons élégants, et une spirale de magie fermement contrôlée se construisit devant eux.
Le public retint son souffle, attendant. La performance finale était quelque chose à voir, avait-on dit à Harry.
Un dernier tourbillon et la magie surgit, s'éloignant vers le public, jusqu'à ce qu'elle atteigne les membres les plus jeunes, les enfants, et brille d'un rouge vif. Quand la lumière disparut, Harry se découvrit en train de tenir une sucrerie étrange, d'une couleur verte vibrante, avec le mot 'Haleysio' gravé dans la coque.
« Hein ?
— Oh, wouah ! C'est une Sphère de Goût Magique ! J'en voulais une ! Oh wouah, c'est merveilleux ! »
La voix de Kiarl perça la stupeur de Harry.
« C'est quoi ? demanda-t-il.
— Une Sphère de Goût Magique. Elles sont une sucrerie plutôt populaire parmi les plus jeunes et, je dois l'admettre, les adultes. Elles sont enchantées pour changer de goût à chaque nouvelle couche selon tes propres préférences de goût. Donc elles sont toujours uniques selon la personne qui les mange. C'est une magie culinaire et distinctive plutôt impressionnante, » dit Kryill avec un air émerveillé.
Harry regarda la sphère verte et la lécha en hésitant.
La morsure de la pomme verte de Terre, une de ses gourmandises favorites, remplit ses sens, et il eut un grand sourire :
« C'est génial ! »
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Le Festival touchait à sa fin.
Les lunes de Haleysio étaient hautes dans le ciel et tout le monde commençait à rentrer chez eux. Les plate-formes se vidaient lentement et Harry bâillait.
« Je crois qu'il est temps d'aller se coucher, dit le Docteur en voyant son fils fatigué.
— Ouais. Je suis épuisé. Le Festival était génial par contre. Est-ce que tu as vu cette dernière illusion par le Grand Conseil ? C'était impressionnant ! J'avais l'impression d'être là à la première Appellation, entouré par une foule avec mon focus en l'air, à aider à chanter le sort ! dit Harry avec un grand sourire. Je veux être capable de faire ça !
— Pas d'expérimentation.
— Mais papa !
— Non. La dernière fois que tu as expérimenté avec la magie à bord du TARDIS, tu as presque fait exploser les coupleurs d'alimentation de ce secteur. Attends d'aller à Hogwarts. Tu ne peux rien déstabiliser d'important là-bas. »
Harry soupira.
« Tu as plutôt tendance à faire exploser les choses, Harry, dit Rose avec un grand sourire moqueur sur le visage. Je me souviens de ton accident de maths. »
Harry lui lança un regard noir.
Ils partirent vers le TARDIS en discutant amicalement et en riant. Le Conseil et quelques uns de ceux qui avaient aidé à mettre en place le Festival les regardèrent partir.
« C'est Harry Potter ? dit un des magi. Mais il est si jeune… Je m'attends toujours à ce qu'il fasse trois mètres de haut avec du feu sortant de son focus.
— Il est suffisamment difficile à gérer sans ça. Il est là depuis une semaine, et il a déjà changé notre façon de voir Haleysio et la magie. Il est celui qui a rencontré les magiciens natifs de Haleysio. Son père a traduit les Premiers Documents. Sa mère, la Dame Rose, a été officiellement adoptée par les Kespri. Ce sont des tornades sur pieds, tous les trois, dit Shorll.
— Les Kespri ? Comment Dame Rose a-t-elle pu rencontrer les Kespri ? appela une voix. Ne sont-ils pas plutôt claniques ?
— Elle a rencontré un couple sur la Promenade de la Mode et ils se sont attachés à elle. Le Grand Conseil a reçu l'information ce matin. Cela fait officiellement de Dame Rose une citoyenne de Haleysio.
— Je pensais que quelqu'un leur avait été assigné pour les garder hors de tout ennui, se plaignit Joffryin .
— Personne n'avait compté sur Dame Rose. Le Seigneur du Temps et Harry ont été considérés comme plus importants. »
Dame Shorll fit une pause.
« Nous aurions du de toute évidence réévaluer ça. Un citoyen à part entière de Haleysio a un certain nombre de droits qui, s'ils avaient l'intention de rester, pourraient causer pas mal de soucis.
— Donc c'est une bonne chose qu'ils ne restent pas, dit Joffryin, une touche de finalité dans sa voix.
— Mais ils rendent les choses si intéressantes.
— Est-ce que vous aimeriez les avoir sur la planète pendant les dix prochains cycles jusqu'à ce que Harry termine l'Académie, Prryxt ? » demanda Shorll.
Prryxt trembla à cette idée.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Le TARDIS était accueillant et Harry tourna autour de la console en riant.
Il était prêt à aller se coucher, mais il profitait du sentiment excité et à moitié endormi dans lequel les festivités l'avaient laissé.
Cela changea lorsqu'un flux d'énergie remplit le TARDIS et se rassembla en une silhouette effondrée sur le sol près de la console.
« Oncle Jack ?
— Jack !
— Salut Capitaine. Bienvenue à nouveau. »
Jack resta où il était couché, ne semblant pas encore les reconnaître. Il bougea, soulevant son corps dans une position assise, s'affaissant contre la console, la tête entre les mains. Ses épaules étaient secouées et des petits sanglots s'échappaient d'entre ses mains.
Harry s'assit à côté de lui et posa une main sur son épaule :
« Oncle Jack, c'est okay de pleurer, dit-il, se demandant ce qui s'était passé avec les Fondateurs pour laisser son Oncle dans un tel état. Ça aide un peu. »
Jack leva des yeux rougis vers Harry.
« Harry. Oh, mon Harry. Regarde-toi. Regarde-toi. Oh, Harry. »
Jack posa une main sur la joue de Harry, un petit sourire apparaissant sur son visage.
« Oh, tu m'as manqué, petit. »
Harry s'attendait au câlin dans lequel il fut entraîné. Il enroula ses bras autour de son Oncle :
« Tu m'as manqué aussi un peu, Oncle Jack. Tu es parti un petit moment. »
Jack laissa échapper un rire étranglé.
« En effet, n'est-ce pas. J'ai l'impression que je ne te connais presque plus. Cela fait si longtemps. Mais te voilà, juste comme tu as dit. »
Jack serra Harry un peu plus fort, puis le libéra.
« Harry, tu pourras continuer à discuter avec Jack quand tu te réveilleras. Va dormir un peu, il sera toujours là, » dit le Docteur.
Harry regarda Jack. Son oncle semblait brisé, d'une certaine façon. Quelque chose s'était passé avec Salazar. Il savait que son oncle ne reviendrait pas tant que Salazar n'était pas mort ou que quelque chose d'horrible était arrivé. Cependant, l'expression effondrée du visage de son oncle, cachée juste derrière le sourire qu'il affichait pour Harry, lui faisait mal au coeur.
Il entendrait l'histoire plus tard. Il était fatigué.
« Bonne nuit, Tonton. Je te verrais quand je me lèverai, dit Harry avec un grand sourire.
— Tu pourras me raconter toutes les aventures que tu as vécues depuis que je suis parti. Bonne nuit Harry. »
Rose regarda Harry partir, puis se tourna vers Jack. Elle l'attira dans un câlin.
« Ça va aller, Jack. Ça va aller. Ça n'en donne pas l'impression pour l'instant, mais ça ira. »
Les mains de Jack se serrèrent autour d'elle, et il enfouit son visage dans son épaule, de légers sanglots secouant son corps.
« Il a été tué, Rosie. Un bâtard l'a tué. Et Morwen n'est jamais venue, toujours partie. Je ne sais pas où elle est partie. Ma petite fille, disparue. Sal et moi, nous n'avons jamais pu la trouver. Et puis Sal… Dieu Rosie. »
Rose continua à le tenir.
Les mains du Docteur les guidèrent jusqu'aux chaises sur le côté de la console et Rose s'assit, tirant la tête de Jack contre sa poitrine et glissant les doigts dans ses cheveux. Elle avait l'habitude de faire ça avec Kelly quand elle était bouleversée, ou à son frère quand quelque chose arrivait. Elle se souvenait que sa mère avait fait la même chose pour elle quand elle était enfant et triste.
Elle comprenait en partie ce qu'il ressentait. Quand elle avait perdu John, elle s'était effondrée et s'était emportée. Perdre Salazar et leur enfant, elle se demanda si c'était ce que son frère avait ressentit quand Kelly était morte. Elle se souvenait de la douleur qui l'avait envahie.
Elle leva les yeux vers le Docteur.
Son visage était solennel et il semblait essayer de comprendre ce qu'il pouvait faire avec ses mains et sa bouche.
« Rose, est-ce que tu veux que j'aille chercher quelque chose ? demanda-t-il doucement.
— Un peu d'eau serait bien. Du thé aussi.
— D'accord. Je reviens. »
Il se tourna et se dirigea vers la cuisine.
« Jack, tu penses que tu peux boire quelque chose ou tu veux aller te coucher ? demanda Rose en baissant les yeux vers l'homme à présent couché sur ses genoux.
— Est-ce que je peux juste… Je n'ai vu aucun de vous depuis un long moment. Est-ce qu'on peut juste rester là ? »
Rose sourit :
« Ça me va. Même si je conseille un canapé plus confortable pour l'occasion. Les chaises de la console ne sont pas vraiment faites pour trois. »
Jack émit un petit rire.
« Tu m'as manqué, Rose. C'était bien, de vivre à Hogwarts. J'aidais à encadrer les étudiants et je faisais leur entraînement physique et m'assurais qu'ils s'entendent tous, ou au moins fassent semblant. C'était super. Vous m'avez tous manqué, mais je savais que quand je rentrerais, ce ne serait pas longtemps après que vous soyez partis, pour vous. Et j'aimais Salazar, je l'aimais vraiment. Et Morwen était la meilleure chose qui aurait pu m'arriver. »
Il se souleva jusqu'à ce qu'il soit appuyé contre l'épaule de Rose.
« Hogwarts est un endroit merveilleux. C'est devenu si célèbre que leurs noms sont connus de toute l'Europe et atteignent même l'Asie. C'était stupéfiant.
— Combien de temps es-tu resté là-bas, Jack ? » demanda Rose.
Jack inclina la tête :
« Soixante-cinq ans. Les magiciens vivent plus longtemps que les non-magiciens, particulièrement pour l'époque. Sal aurait du vivre encore une trentaine d'années naturellement. »
Le Docteur revint en tenant un plateau avec quelques verres d'eau et trois tasses de thé. Il le posa sur la console et Rose prit deux des tasses du plateau et en tendit une à Jack.
« Est-ce que tu veux nous en dire plus maintenant, ou tu veux laisser du temps ? » demanda Rose après quelques minutes de silence remplies du son du thé en train d'être bu.
Jack soupira, faisant courir sa main dans ses cheveux et tirant sur les pointes.
« Ça ne fait pas de bien de garder tout ça enfermé. Je veux dire, ça fait un peu plus d'une semaine pour moi que Sal est mort. Morwen a disparu il y a des années. Je n'ai aucune idée d'où elle est allée. Sal et moi n'avons jamais pu le découvrir. Nous avons perdu sa trace quelque part dans le sud de l'Angleterre, non pas que ce soit appelé l'Angleterre à cette époque. Les frontières étaient un peu floues, en vrai. Et dans la communauté magique, et bien, ils se moquaient des frontières et autres choses de ce genre. »
Le Docteur prit une longue gorgée de thé :
« Donc, qui est Morwen ? » demanda-t-il, supposant que Jack avait choisi l'option de parler.
Jack grimaça :
« J'aurais aimé qu'on ait quelque chose de plus fort pour cette discussion. »
Rose secoua la tête :
« Non, pas d'alcool, pas maintenant. Peut-être plus tard, mais pas quand tu donnes l'impression que tu vas te décomposer à n'importe quel instant.
— Je suppose que c'est un argument valable, soupira Jack. Morwen était notre fille, à Sal et moi. Je l'avais convaincu qu'expérimenter un peu était amusant, nous étions assez ivres, et nous avons discuté de diverses théories magiques en se saoulant avec une jeune femme au bar local. Elle a dit qu'elle était parfaitement volontaire pour s'amuser un peu et, et bien, nous étions tous trop saouls pour penser aux sorts de protection. Neuf mois plus tard, la jeune femme nous a contactés, Sal et moi, en nous disant que nous étions à présent papas et qu'elle ne voulait pas s'occuper de la petite fille à laquelle elle avait donné naissance. Elle n'avait pas la possibilité de s'occuper de Morwen. Elle était d'une famille pauvre, seulement un nouveau-sang et essayant de faire sa place dans le monde, plutôt douée en sortilèges et illusions. Donc nous avons récupéré le bébé et Morwen a grandi à Hogwarts avec nous. »
Jack leur adressa un sourire :
« C'était une adorable petite fille et une femme ensorcelante. »
Rose émit un léger rire :
« Il n'y a que toi, Jack, pour convaincre un homme du 11ème siècle de faire un plan à trois avec toi et une étrangère dans un bar. Est-ce que Morwen était de toi ou de Salazar génétiquement ?
— Sal. Nous n'avons même pas eu besoin d'un test de lignage, même si nous l'avons fait. Elle avait les yeux et le teint de Sal. Les cheveux auburn de sa mère. J'étais papa, Sal était dad, dit Jack avec un rire. Elle était si intelligente. A appris la magie comme si c'était une deuxième nature.
— Qu'est-ce qui lui est arrivé ? demanda Rose.
— Nous ne savons pas, dit Jack. Elle avait 29 ans quand elle a disparu. Nous ne savons pas si elle s'est enfuie avec quelqu'un, il y a eu des rumeurs qu'elle voyait un homme dans la petite ville qui est apparue à côté de Hogwarts, mais nous n'avons jamais pu la retrouver. Tous les sorts de pistage ou de localisation disparaissaient dans le néant. S'il y avait eu un corps, ça l'aurait trouvé, mais rien. Sal et moi, nous avons essayé tout ce qu'on a pu, jusqu'au jour où il a été tué. Morwen, elle était notre petit miracle. »
Le Docteur resta silencieux. Rose avait bien plus d'expérience dans ce domaine du deuil que lui. Plus qu'il l'aurait voulu. Il ne pouvait pas imaginer Harry disparaître comme ça, sans aucune trace derrière lui. Juste, parti, disparu. Il sentit ses coeurs se serrer à cette idée. Rose, rose avait perdu la fille qui aurait aussi bien pu être la sienne, sa nièce, Kelly.
C'était bouleversant de savoir qu'ils connaissaient une douleur qu'il pourrait un jour ressentir. Harry était humain, même si avec une plus longue vie. Un jour, Harry vieillirait, s'affaiblirait et mourrait, et le Docteur devrait regarder tout ça arriver, incapable de l'en empêcher.
Il se demandait s'il serait capable de laisser son fils partir ainsi.
Il ne le pensait pas.
« Donc toi et Sal avez élevé Morwen à Hogwarts ? Qu'est-ce qu'en ont pensé les autres fondateurs lorsqu'ils vous ont vus arriver avec un bébé, un jour ? » demandait Rose lorsqu'il se tourna à nouveau vers la conversation.
Jack aboya un rire :
« Oh, la confusion sur leur visage était inestimable, tout particulièrement parce qu'il était évident que Morwen était la fille biologique de Sal. Ils n'avaient jamais rencontré quelqu'un avec la même couleur d'yeux que Sal, et voilà une petite fille avec des yeux de pierre de lune, bâillant et se blottissant contre sa poitrine. Rowena se demandait pourquoi je n'étais pas énervé que Sal avait couché avec quelqu'un d'autre. Nous avons du expliquer ce qui s'était passé. Je crois que Helga a inventé une nouvelle teinte de rouge tant elle était embarrassée. »
Jack eut un sourire affectueux en souvenir.
« Ça s'est passé au milieu de l'année scolaire, donc nous avions les enfants à Hogwarts également. Ils étaient un peu troublés quand Morwen a commencé à apparaître dans la Grande Salle pour les repas. Je la gardais pendant que Sal enseignait et Sal la prenait quand c'était l'heure pour les gamins de s'entraîner ou de faire du sport. Quand elle a été assez grande, quand elle a commencé à marcher et parler correctement, elle nous suivait dans le château. »
Jack sourit en se rappelant ces doux souvenirs. Rose posa une main sur l'épaule de Jack :
« Elle semble merveilleuse. Tu devrais m'en dire plus à son sujet. On pourra échanger. Je te parlerai de Kelly, et tu me parleras de Morwen. Nos deux petites filles, emportées loin de nous trop tôt. »
Jack posa sa tête contre celle de Rose, les yeux fermés.
« J'aimerais ça. Et nous pourrons gâter pourrir Harry. »
Rose rit en serrant Jack contre elle :
« Ouais, voilà le plan. »
La gorge du Docteur se serra.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Harry se réveilla au son de gens tambourinant dans le TARDIS, bruyamment et bien réveillés. Il se demanda s'ils s'étaient seulement couchés ou s'ils étaient restés debout tout la nuit avec Jack racontant son séjour à Hogwarts avec Salazar et les Fondateurs.
Il parierait sur la deuxième possibilité.
En bâillant et s'étirant, il descendit de son lit et marcha dans le couloir, se dirigeant vers la salle de contrôle d'où l'essentiel du bruit provenait.
Il se recula brusquement, évitant de justesse de rentrer dans Rose alors qu'elle courrait après Oncle Jack, en lui criant de lui rendre son téléphone et qu'il n'ose pas regarder ces photos ou sinon gare à lui.
Harry rit.
« Hey, tu es réveillé. Bien. Nous nous demandions quand tu serais debout. Nous voulons partir de Haleysio pour l'instant. Ils commencent à s'intéresser un peu trop à toi à mon goût et je préférerais aller visiter une planète où personne ne sait qui nous sommes. »
Harry regarda son papa, qui avait roulé les manches de sa chemise et dont les cheveux étaient ébouriffés.
« Nous partons maintenant ? Je dois récupérer ma veste chez Prysh ! Je ne vais pas laisser ces heures de mannequinat être gâchées. »
Harry se dirigea vers la porte en tirant sur ses vêtements dans lesquels il s'était endormi la veille (les vêtements de Prysh, en fait, qui étaient vraiment confortables) pour les défroisser.
Jack s'arrêta devant lui, un sourire s'étirant sur tout son visage :
« Tu étais un mannequin ? Et j'ai manqué ça ? »
Il leva les yeux vers Rose :
« Je t'en prie, dis-moi que tu as des photos de ça au moins. »
Rose leva un sourcil :
« Quelle sorte de personne je serais, à prendre des photos d'un mannequin involontaire comme Harry ici présent.
— Toujours la même Rose dont je me souviens, » répliqua Jack.
Elle rit.
« Oui, j'ai quelques bonnes photos. Rends-moi mon téléphone et je te montrerai comment accéder à la mémoire. »
Elle tendit la main et Jack lui rendit son téléphone avec réticence.
Harry contourna son oncle en courant et se précipita vers la porte. Il était prêt à partir, mais il n'allait pas laisser sa veste derrière.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
Le soleil de la planète était à peine au dessus de l'horizon quand Harry franchit le pont noir qui conduisait vers la boutique de Prysh. Elle serait là ce matin, Harry le savait, finissant toutes les commandes et prenant soin d'envoyer tous les paquets aux bons points de livraison.
Il ferait ça vite. L'aventure, et l'histoire de Jack, l'attendait à la maison.
Les rues orange autour des Boutiques de la Rue Orange étaient vides pour le moment, tout le monde prenant la matinée pour récupérer des événements. Harry tourna à l'angle vers la boutique de Prysh et dérapa à travers l'entrée, espérant que les boucliers la préviendraient de son arrivée.
« Harry ! Tu es là ! J'espérais te voir bientôt ! Je viens de terminer ta veste, viens voir ! »
Sa voix descendit des escaliers du fond et Harry eut un grand sourire.
Il avait finalement sa veste !
Il emprunta les étranges escaliers flottants deux marches à la fois jusqu'à ce qu'il arrive à l'étage personnel de Prysh. Elle était penchée sur le tissu que Harry lui avait donné quelques temps plus tôt, le triturant de ses membres et le tournant encore et encore, consultant les notes que Harry reconnaissait comme les siennes ainsi que celles de Prysh.
Il s'avança à pas prudents, se demandant à quoi ça ressemblerait. Il souhaitait que Prysh bouge juste un peu pour qu'il puisse voir à quoi ça ressemblait. Elle n'était pas vraiment translucide, plus une opacité laiteuse et Harry souhaitait seulement qu'elle bouge. Il voulait voir sa veste.
Au bruit de ses pas derrière elle, Prysh se tourna et Harry vit la lueur sauvage dans ses yeux :
« C'est absolument parfait ! J'ai vu quelques unes de tes idées de sort sur une des dernières pages dans tes notes, et c'est en fait ce qui m'a pris le plus de temps. Tu en voulais vraiment beaucoup intégrés dans ce manteau. Mais j'ai réussi à en mettre beaucoup, autant que je pouvais sans surcharger le tissu et le désintégrer. »
Elle attrapa son bras avec quelques uns de ses membres et le fit s'approcher pour voir la veste où elle était pendue dans les airs, soutenue par magie, supposa Harry.
« Tra-la-la-la ! » dit-elle en présentant sa création à Harry.
Harry fut bouche bée.
Le tissu vert qu'il avait trouvé était coupé et assemblé dans des couches et des plis intriqués, des designs cachés inclus dans les ourlets, le col, les manchettes, que Harry pouvait apercevoir s'il regardait de près. C'était presque aussi grand que lui, parfait pour ses besoins. Il voulait une veste qui tournoyait autour de ses chevilles.
« C'est merveilleux, souffla-t-il en tendant la main. Est-ce que je peux la prendre ? »
Prysh gloussa :
« Bien sûr ! Tiens, attrape-la, le sort va la libérer. »
Harry attrapa l'ourlet de la veste et le poids du matériau tomba dans ses bras.
C'était plus lourd que ce à quoi il s'attendait. Il la souleva et glissa ses bras dans les manches, appréciant le contact du tissu contre sa peau à nu.
« La sensation est merveilleuse. C'est comme si je me glissais dans les plis froids de l'atmosphère d'une planète inhabitée. »
Harry eut un grand sourire, sentant la présence de sa veste autour de ses pieds.
« C'est génial ! »
Prysh couina :
« Oh, j'adore quand mes clients aiment mes vêtements ! C'est si gratifiant ! Est-ce que tu veux savoir quels sorts j'ai été capable d'inclure ? »
Harry hocha la tête :
« Ouais. Je compléterai ce qui manque avec un peu de technologie que je pourrai créer. »
Prysh roula ses yeux en un cercle complet :
« Et bien, j'ai été capable d'appliquer un Charme de Toutes-Saisons dessus, qui te gardera à la température parfaite quel que soit le temps. J'ai aussi mis un Enchantement de Croissance, ce qui n'est pas rien. J'ai du inclure le tissu supplémentaire dont la veste aura besoin dans une poche magique secrète. Puisque je ne savais pas si tu reviendrais un jour pour la retailler en personne, j'ai pris l'initiative de la faire grandir jusqu'à ce que tu ne grandisses plus, donc elle va se lier à ton essence magique. J'ai aussi mis un sort d'imperméabilité aussi fort que possible, donc elle est imperméable à l'eau et aux explosions. Il y a un charme mineur de rejet de chaleur, donc elle ne sera pas abîmée par les flammes, mais tout ce qui est trop chaud pourra l'endommager. »
Harry regarda le manteau. Il pourrait faire ces recherches lui-même.
« Ça a l'air plutôt génial pour le moment.
— Je n'ai pas été capable d'ajouter les poches agrandies que tu voulais, elles interféraient avec l'espace magique que j'ai inclus pour que la veste puisse grandir avec toi. J'ai été capable de mettre un sort antivol sur les poches, donc seulement toi ou quelqu'un à qui tu donnes la permission peut mettre la main dans tes poches. Cette permission te demande d'avoir un échantillon de ton sang que tu devras fournir au sort pour qu'il puisse te reconnaître, ajouta Prysh, et Harry eut un grand sourire :
— Chouette idée. Je n'avais même pas pensé à ça.
— C'est une de mes spécialités, se vanta Prysh, semblant très fière d'elle-même. Il y a aussi des charmes de protection liés à tous les symboles que tu vois sur les ourlets, les manchettes et le col. Ils sont là pour te protéger d'une blessure, les parties de ton corps qui ne sont pas à l'intérieur de la veste. La veste elle-même est plutôt bien protégée. Les symboles permettent à ces protections de s'étendre, si nécessaire, sur tout ton corps. »
Le sourire de Harry ne pouvait pas être plus grand.
« Vous êtes merveilleuse, Prysh. Les détails sont impressionnants, et je ne pourrais pas vous remercier assez. Je l'adore. »
Harry tournoya, essayant de voir autant de la veste que possible sur lui.
« Je suis si heureuse. Je sais que tu pars bientôt, donc je voulais te la faire parvenir le plus vite possible. »
Harry leva les yeux vers elle :
« Nous partons aujourd'hui. Oncle Jack est revenu. Nous voulons célébrer ça. »
Les yeux de Prysh se tournèrent tous vers Harry :
« Aujourd'hui ? Tu pars ? Oh, Kiarl sera triste de savoir qu'ellui n'aura pas pu dire au revoir ! Toujours en train de dormir, une si longue nuit pour les petits. Je suis surprise de te voir debout si tôt. »
Harry sourit :
« Je suis génial comme ça. Dites au revoir à Kiarl pour moi ? Ellui va me manquer. Et Marstiik et Kryill. Vous allez me manquer, Prysh. C'était merveilleux de vous rencontrer.
— Oh, Harry, c'était un honneur de te rencontrer ! Je suis si heureuse d'en avoir eu l'opportunité. »
Prysh serra Harry dans plusieurs membres, caressant son corps et son visage.
Harry essaya de ne pas se tortiller.
« Euh, Prysh, est-ce que vous voulez récupérer vos vêtements ? demanda-t-il en triturant la tenue qu'il portait encore.
— Oh, pas besoin. J'en ai plein et tu les as bien gagnés. Je n'ai jamais eu une exposition d'enfant vendre aussi vite auparavant. C'était stupéfiant ! »
Prysh laissa Harry se reculer.
« Je suis heureuse d'avoir pu réaliser ta veste, et c'était un honneur de t'avoir comme mannequin. Au revoir Harry. Tu es merveilleux. »
Prysh raccompagna Harry à l'entrée de son magasin, agitant plusieurs membres alors que Harry rendait son salut avec un grand sourire avant de retourner en courant au TARDIS.
Il avait une veste à montrer.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~
« Tu as dit au Conseil qu'on partait ? demanda Harry en voyant que tout le monde l'attendait près de la console, dans leurs positions de départ, et il courut à bord.
— Prryxt était dehors quand tu t'es précipité vers la boutique de Prysh, et il est venu voir ce que valait cette agitation. J'ai pu lui dire à ce moment-là. Il m'a assuré qu'il informerait le reste du Conseil et nous a souhaité un bon voyage, dit Rose. Et ce manteau est merveilleux. Prysh s'est vraiment dépassée. Fais un tour pour moi, Harry, » dit-elle en faisant tourner un doigt en l'air.
Harry lui donna satisfaction avec un grand sourire :
« Il est génial. Elle a été capable de mettre pas mal de protection magiques aussi. Je pense qu'elle a du glisser quelques charmes spécifiques de confort parce que c'est merveilleux à porter. Et non, tu ne peux pas l'essayer, » dit Harry en voyant que Jack avait ouvert la bouche.
Jack soupira :
« Tu ne me laisses jamais m'amuser, » se plaignit-il, avec un soupçon de rire dans la voix.
Harry lui tira la langue.
« Si nous pouvons tous agir de façon mature, dit le Docteur, qui reçut en réponse un coup de coude dans les côtes de la part de Rose. Eh ! C'était pour quoi ça ?
— Mature, toi ? Depuis quand ? » dit-elle en riant un peu.
Le Docteur soupira.
« Bien, si nous pouvons laisser ces enfantillages de côté pour plus tard, donc. Et Harry, je veux voir cette veste aussi. »
Il baissa les yeux vers son fils.
« Elle a l'air géniale ! »
Harry eut un grand sourire et courut autour de la console pour prendre sa place.
« Si tu peux lui demander d'aller dans un système avec un peu d'aventure, je te laisserai même m'aider à comprendre quel type de technologie je peux utiliser sur ma veste, » dit Harry en faisant un geste vers le TARDIS.
Le Docteur rit :
« Marché conclu ! »
Et il bascula le levier.
~~~~~~~~~~~~~~ C'est une fin ~~~~~~~~~~~~~~
Notes de l'auteur :
Si quiconque est confus au sujet du passage concernant Jack, il y a une petite histoire parallèle qui donne plus d'informations à ce sujet dans la fic 'Adventures and SideAlongs'.
Notes de la traductrice :
(1) Vrille de FlutterShie : Je n'ai pas trouvé comment traduire le nom de la plante (inventée par l'auteur) sans perdre ni la fluidité du nom, ni son sens. Pour les curieux, ''flutter'' signifie ''trembloter'', et ''shie'' est une forme vieillie de ''shy'', qui ne veut pas que dire ''timide'', mais aussi ''se rétracter''. Donc j'ai essayé plein de variantes à base de Tremblotante et de Rétractile, mais bon, je n'ai pas trouvé d'équilibre, et j'ai décidé de garder le mot anglais. Comme ce n'est qu'un détail, j'ai préféré ne pas rester bloquée dessus éternellement. Mais si vous avez une idée, j'en serai heureuse ! :)
(2) Kiarl : on retrouve à nouveau ces problèmes de genre avec les membres de la Factrily. Kiarl n'a pas de genre défini. Pour les pronoms, je reprends le « ellui » des derniers chapitres (vous le verrez plus bas), mais pour les adjectifs, c'est plus problématique. J'envie les anglophones et leurs adjectifs invariables en genre ;) Donc, par défaut, comme les règles grammaticales stipulent que le masculin exprime aussi le neutre, j'ai fait ce choix. Là encore, ne pensez pas que Kiarl est un garçon pour autant.
De plus, si vous souhaitez lire les histoires complémentaires annoncées par l'auteur, allez voir sur le profil de Blackcatkuroi la fic «Adventures and SideAlongs», qui ne contient que des petites histoires parallèles par rapport à celle-ci. Celle-ci étant déjà un mastodonte, je ne les traduirai pas. Elles ne sont pas indispensables à la compréhension de l'histoire. Si quelqu'un veut s'y atteler, Blackcatkuroi sera certainement ravie de vous donner l'autorisation, et dans ce cas, n'hésitez pas à me le dire, je mettrai également un lien à partir de cette fic.
C'est également sans spoiler, parce que le dernier one-shot publié est justement l'histoire de Jack.
En attendant, puisque je suis dans les délais pour ce chapitre (yeaah ! :) ), le prochain chapitre sera donc publié avant fin novembre.
Réponse aux guest reviews :
Nessy (Guest du 28 septembre) : Merci pour ta super review ! Comme tu peux le voir, ni les détails, ni l'équilibre entre sentiments et actions ne sont de mon fait, tout le mérite en revient à l'auteur originale, Blackcatkuroi. Je ne fais que rendre sa super histoire accessible à un plus grand nombre. Je suis contente de voir qu'elle te plait autant qu'à moi !
Bonne lecture et à bientôt !
