Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Blackcatkuroi

Nombre de chapitres de l'histoire originale : 34, en cours
Nombre de chapitres traduits : 22

Chapitre 22 - Où il y a de l'aventure

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un début ~~~~~~~~~~~~~~

Le TARDIS atterrit avec un thump et Harry courut vers les portes, la veste tournoyant autour de ses pieds, et un grand sourire sur le visage :

« On fait la course ! » lança-t-il au Docteur, et l'attitude contagieuse de Harry atteignit son papa.

Le Docteur passa les portes seulement quelques secondes après son fils.

« Jusque où font-ils la course ? » demanda Rose.

Jack émit un rire :

« Qui sait. L'un deux va choisir un point arbitraire et ensuite, ils se disputeront pour savoir qui a vraiment gagné. C'est amusant de voir la dispute. Souhaites-tu me joindre dans ma promenade pour les suivre ? » dit Jack en tendant son bras.

Rose rit en le prenant :

« Allons voir ce que ces fauteurs de trouble ont causé. »

Ils passèrent la porte et suivirent les bruits de rire et de course.

Harry devançait son père de quelques pas, fonçant à travers la flore colorée que cette planète avait à offrir. D'immenses fleurs dans une brillante palette de couleurs qui lui faisaient mal aux yeux quand il les regardait trop longtemps poussaient au dessus de sa tête. Des arbres grands et minces sans branches jaillissaient dans un kaléidoscope de couleurs à plus d'une centaine de mètres de haut, et d'immenses bêtes pataudes dans autant de couleurs vives que la flore faisaient vibrer le sol sans prêter la moindre attention au minuscule humain et au Seigneur du Temps qui filaient devant eux.

Il se demandait si leur bouche, peu importe où elle était située, pouvait atteindre le sol.

Leur course se termina, cependant, quand ils arrivèrent au bord d'une falaise, et Harry s'arrêta en dérapant, les yeux écarquillés devant la vue qui s'étendait devant lui.

La falaise tombait abruptement sur plusieurs centaines de mètres, suffisamment bas pour que les arbres kaléidoscopiques forment une canopée merveilleuse en dessous du haut de la falaise. Les géants de la planète ne passaient pas du tout à travers la canopée, et tout ce que Harry pouvait entendre était leurs pas.

Et une sorte d'animal géant volant qui s'avançait dans leur direction, reflétant la lumière de l'étoile de ce système.

« Papa, sur quelle planète sommes-nous ? demanda-t-il. Parce que c'est merveilleux. Je n'ai jamais vu autant de couleurs au même endroit avant. C'est comme si une créature géante s'était ennuyée à peindre soigneusement et avait juste lancé des tâches de couleurs pour rendre les choses plus intéressantes. »

Le Docteur posa une main sur la tête de son fils :

« Je ne suis pas certain de son vrai nom, mais l'appellation que j'ai sur le TARDIS dit que c'est Kifrexxl-unla-pryshtori. Je ne sais pas d'où vient cette appellation, le TARDIS la trouve pour moi, donc ça peut être un nom futur ou passé de l'espèce dominante. Je suis venu ici une fois, quand j'étais beaucoup plus jeune, et j'avais adoré la merveilleuse variété de formes de vie et de couleurs et la créativité que l'évolution avait prise sur cette planète. »

Ils échangèrent un sourire, le ravissement clair sur leur visage, puis se tournèrent pour regarder la créature volante s'approcher, curieux de voir quelle sorte d'être volant géant pouvait se développer dans un tel monde.

La densité atmosphérique de cette planète était bien plus élevée que la normale, et rendait le vol plus facile car l'air pouvait supporter plus de poids. Des créatures plus grandes pouvaient en théorie voler avec une envergure d'ailes plus petite et un squelette plus lourd, et Harry et le Docteur étaient du genre curieux.

Il ne leur fallut pas longtemps pour réaliser que ce n'était pas une créature du tout mais une sorte de vaisseau très coloré, suivant la tendance générale imposée par l'évolution.

Harry leva un sourcil vers le Docteur :

« Je pensais que tu avais dit que cette planète n'avait pas de forme de vie à intelligence supérieure, » commenta-t-il.

Le Docteur haussa les épaules :

« Me suis probablement trompé d'une décimale, on a du arriver à quelques millénaires d'écart de ce que j'avais visé. Ne t'inquiète pas, ce sera intéressant ! Est-ce que tu n'aurais pas envie de voir quelle forme de vie peut développer de l'intelligence sur cette planète ?

— Je parie qu'ils seront aussi colorés que le reste de la vie ici, » dit Harry avec insouciance.

Le Docteur lui donna une légère tape sur la tête. Harry lui adressa un regard noir.

Le vaisseau s'approcha encore et Harry pouvait voir qu'en effet, ceux à bord étaient aussi brillamment colorés que les autres créatures et la flore qu'il avait vues.

Ils portaient aussi de longs morceaux de métal pointus.

Cela ne présageait rien de bon pour eux. Avant que le Docteur et Harry puissent faire demi-tour et s'enfuir, le vaisseau s'approcha suffisamment pour qu'une douzaine des créatures à bord bondissent sur le bord de la falaise.

Ils étaient entourés.

Harry leva les yeux vers son papa :

« Pourquoi est-ce que tu choisis toujours les pires planètes pour vivre une aventure ? » demanda-t-il en faisant un geste autour de lui.

Les créatures faisaient un mètre de plus que le Docteur, avec quatre membres inférieurs et quatre membres supérieurs et quatre protubérances ressemblant à des doigts à chaque membre. Leur visage était placé entre les membres supérieurs et inférieurs et quatre yeux étaient placés à chacun des quatre coins.

Harry se demanda si quatre était un nombre important sur cette planète.

« Vous avez pénétré illégalement sur les terres sacrées du Très Grand. Vous devez répondre de vos crimes ! Étrangers, intrus ! » gronda une des créatures colorées.

Le Docteur s'avança pour tenter de les apaiser.

« Je suis désolé, nous n'en avions aucune idée. Nous ne sommes jamais venus auparavant, nous ne savions pas. Nous serions très heureux de présenter nos excuses au Très Grand.

— Personne d'autre que les Plus Grands ne peut toucher aux terres sacrées ! Aucune permission spéciale n'est donnée pour ceux qui l'ignorent, dit un autre, sa voix juste au dessus d'un grognement. Vous allez être emmenés pour être jugés. »

Harry et le Docteur furent conduits au vaisseau, qui s'était approché pendant la confrontation, avant qu'ils puissent tenter une défense décente.

Harry lança un regard noir à son papa :

« Vraiment, tu devais choisir une planète avec des gens qui ont des terres sacrées. Et tu devais atterrir dessus.

— Hé, ne prends pas ce ton. N'oublie pas le moment où tu as failli activer un appareil d'apocalypse parce que tu avais trébuché sur un levier et atterri sur le bouton, répondit le Docteur.

— Les étrangers arrêtent de parler ! Vous êtes accusés de trahison envers le Très Grand. Vos membres vont être liés. »

Des grognements les entourèrent et leurs mains furent placées de force dans leur dos avant qu'ils puissent placer un mot. Une épaisse substance ressemblant à de la corde fut enroulée autour des mains du Docteur et de Harry et ils furent poussés à travers une porte dans une grande pièce vide. La porte fut fermée et le son d'une barre mise en place résonna entre la liberté et les deux visiteurs.

« Tu sais, Papa, ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire par "Aventure", fit la voix moqueuse de Harry derrière le Docteur.

— Et bien, je ne savais même pas que cette planète avait une civilisation ! La dernière fois que je suis venu, il n'y avait pas une âme alentours ! » protesta le Docteur.

Harry grogna :

« Tu sais, je ne m'étais pas attendu à finir attaché et jeté en prison pour quelque chose que je ne savais même pas être mauvais, et pourtant, me voilà, coincé en prison. Pour, voyons, oh, la septième fois ? dit-il en soupirant.

— Eh, je ne savais pas que ça allait arriver ! » protesta son papa à nouveau.

Harry soupira :

« Où sont Rose et Oncle Jack ? Ils ne sont pas avec nous, est-ce qu'ils ont seulement été attrapés ? Je ne me souviens pas qu'ils étaient dans le coin quand les gardes ou quoi que ce soit nous ont attrapés. »

Le Docteur soupira :

« J'espère qu'ils arriveront bientôt, avec le moyen de nous faire sortir de là. Je ne sais pas si cette planète a quelque chose d'équivalent à une plaidoirie. »

Harry essaya de retenir un soupir.

~~~~~~~~~~~~~~ Du côté de Rose et Jack ~~~~~~~~~~~~~~

Ils avaient suivi le son de la course et des rires pendant un moment, gardant un rythme acceptable derrière les deux, l'un des deux étant un enfant et le second agissant parfois comme un enfant.

« Donc, combien de temps avant que l'un des deux soit presque écrasé par un de ces géants ? » demanda Jack.

Rose lui lança un regard :

« C'est un pari perdu d'avance. L'un d'eux a probablement déjà échappé de peu à ça. »

Jack rit.

Ils entendirent le rire et le bruit des pieds s'arrêter, donc il semblait que la course improvisée se soit arrêtée. Rose et Jack marchèrent un peu plus vite pour les rattraper.

Ils s'arrêtèrent brusquement quand ils virent Harry et le Docteur entourés par de grandes créatures multicolores avec de nombreux membres et des objets pointus, et conduisant les deux vers un vaisseau.

Rose soupira et résista à l'envie de faire le moindre bruit de frustration tant que les créatures étaient encore au sol et potentiellement à portée d'oreille. Ils ne seraient d'aucune aide emprisonnés.

Jack frotta ses épaules :

« Il semble qu'on ait réussi à éviter d'être détectés, dit-il doucement.

— Et bien, on dirait qu'on va devoir aller à leur secours à nouveau, » dit Rose, s'assurant de rester en arrière et hors de vue des créatures qui venaient juste de capturer le Docteur et Harry alors qu'ils s'éloignaient du bord de la falaise.

Jack soupira :

« On doit juste découvrir où ils sont emmenés. Est-ce que tu sais seulement sur quelle planète nous sommes ?

— Nan, aucune idée. »

Rose regarda le vaisseau qui s'éloignait lentement de la falaise.

« On dirait qu'ils se dirigent vers cette montagne, cependant, » dit-elle, distinguant à peine la forme des rochers s'élevant vers le ciel à travers un banc de nuages.

Même si elle n'en était pas certaine, c'était une sorte de point de repère.

Elle sentit quelque chose tirer sur sa chemise, bien trop bas pour que ce soit Jack en train d'essayer d'attirer son attention.

Elle baissa les yeux, les sourcils froncés, et vit une version minuscule des êtres qui avaient emmené Harry et le Docteur. La créature n'était pas aussi colorée que les êtres plus grands, probablement adultes.

« Salut, dit-elle.

— J'ai vu les deux autres étrangers être emmenés par les Plus Grands. Je sais où ils vont, » dit la créature d'une voix aiguë.

Rose s'agenouilla :

« Vraiment ? dit-elle en essayant de ne pas montrer son excitation. Je suis Rose, et voici Jack. Comment t'appelles-tu ? »

La créature tritura ses membres supérieurs.

« Je m'appelle Myliya. Je fais partie de la Fraction Ofrsted. Nous habitions autrefois ici, avant que le Très Grand déclare ces terres sacrées et nous déplace ailleurs, mais il n'y avait nulle part où aller, alors nous sommes revenus ici discrètement. C'est trahison contre le Très Grand que d'entrer dans les Terres Sacrées, mais nous n'avions pas d'abri ou de nourriture et nous ne pouvions pas survivre hors de cet endroit. Le Très Grand se moque de ce qui arrive à ceux qui vivent sur les Terres Sacrées, il veut juste qu'elles restent intouchées par les Horprishs. »

Jack fronça les sourcils :

« Horprish, c'est comme ça que votre peuple s'appelle ? »

Myliya hocha la tête :

« Oui. Il y a plusieurs fractions. Les Plus Grands, qui servent le Très Grand (1), sont de la Fraction Jyfrial. Il y a aussi la Fraction Mefrish, bien plus loin d'ici, et la Fraction Orfsted, mon peuple. Nous sommes souvent considérés comme inférieurs, parce que nous sommes beaucoup plus petits que les Jyrial ou les Mefrish. »

Rose cligna des yeux. Elle avait pensé que Myliya était un enfant :

« Donc vous n'êtes pas un enfant ? demanda-t-elle. Je demande seulement parce que vous ressemblez beaucoup à ceux qui ont emmené nos amis, mais vous êtes de beaucoup plus petite taille. »

Myliya se tortilla :

« Non, je ne suis pas un enfant, même si je ne suis pas un Ancien. Je suis à mi-chemin entre jeune et Ancien, un Moyen. »

Myliya regarda Rose :

« Ce sont les Moyens qui sont aussi rebelles. Les Plus Grands nous cherchent mais parmi la flore des Terres Sacrées, nous sommes facilement cachés. »

Jack eut un large sourire :

« C'est merveilleux de voir une planète où les couleurs extraordinaires sont en fait un moyen de camouflage. Brillant. Vous avez tous une palette étonnante de couleurs, » dit Jack en regardant autour.

Myliya huma :

« C'est comme ça que ça marche. Nous recevons notre nom d'après notre schéma de couleur le plus caractéristique. »

Myliya fit des gestes vers les taches de couleurs de sa silhouette qui ne semblaient pas vraiment différentes des taches de couleurs autour d'eux, mais cela avait de toute évidence une signification que Rose et Jack ne comprenaient pas.

« Vous avez dit que vous pouviez nous aider à retrouver nos amis qui ont été emmenés par les Plus Grands ? » dit Rose.

Myliya huma à nouveau :

« Oui. Je vais vous emmener à l'endroit où ma Fraction s'est installée. Il y a de nombreux chemins à partir de là qui mènent aux zones occupées par les Plus Grands. Suivez-moi. »

Rose et Jack furent conduits à travers les sous-bois et les plantes, contournant les empreintes géantes des créatures immenses qui vivaient ici, et longeant le bord de gouffres fantastiques.

« Cette planète entière ressemble à un arc-en-ciel qui a décidé d'en faire sa maison, dit Rose à Jack. Il y a de la couleur partout. As-tu vu un objet non-coloré ? »

Jack secoua la tête :

« Je pense que la couleur est bien plus importante ici que l'importance qu'on peut bien lui donner. Ça ressemble plus à un mode de communication qu'autre chose. Des insectes, des poissons, et la flore sur Terre peuvent utiliser les couleurs de la même manière, dans une certaine mesure, » répondit-il.

Rose fronça les sourcils :

« Comme utiliser des couleurs vives pour prévenir les prédateurs qu'on est venimeux ou pour se camoufler en autre chose ?

— Ouaip, exactement. Sauf que je pense que c'est bien plus élaboré ici. Je ne serais pas surpris d'apprendre que les couleurs changent avec le temps. Cela semble bien trop délibéré pour être accidentel. »

Jack fit un geste autour de lui, où même la chose la plus simple était un kaléidoscope de couleurs.

Rose regarda Myliya :

« Est-ce que tu penses que les Horprishs changent de couleur ? Je veux dire, ils sont plutôt colorés. Ils sont l'espèce dominante sur cette planète, non ? »

Jack haussa les épaules :

« Ils sont les plus intelligents, oui. Et probablement, par leur nombre seul, l'espèce de taille importante la plus grande. Les géants ici ne peuvent pas survivre s'il y en a plusieurs millions. Ne peuvent pas se battre contre les choses plus petites, cependant. Les fourmis dépassent en nombre les humains de manière significative sur Terre. »

Myliya poussa de côté une sorte de liane super-colorée et fit signe au duo en train de papoter :

« Nous sommes presque arrivés. Ma Fraction est juste au delà de la Lyrfrici. »

Un des membres de Myliya montra une fleur immense aux nombreux pétales et plus grosse qu'un zeppelin des premières années de Rose dans le monde de Pete, ou ce qui ressemblait à une fleur.

« Wouah, souffla-t-elle.

— L'air ici est beaucoup plus dense et rempli de l'élément qui supporte leur croissance, le plus probablement de l'oxygène, de l'azote ou du dioxyde de carbone. C'est ce qui permet la croissance des plantes et des animaux géants. La Terre a eu une période comme ça, où l'atmosphère était si riche en oxygène que les insectes géants dominaient la planète. Des araignées plus grosses qu'une voiture et des mille-pattes encore plus grands. »

Rose frémit :

« Je suis si heureuse que ce n'était plus le cas à ma naissance, murmura-t-elle.

— Il y avait une tonne d'oxygène en plus dans l'air qu'à l'époque où tu es née, environ cinquante pour cent de plus. Ils pouvaient grandir autant en partie à cause de ces niveaux d'oxygène plus élevés.

— C'est ce qui se passe ici ? » demanda-t-elle.

Jack eut un sourire :

« Probablement, très certainement. L'atmosphère de cette planète est aussi très dense et aide les formes de vie les plus fragiles à grandir davantage. Est-ce que tu l'as senti, te poussant un peu plus vers le sol ? »

Rose hocha la tête, faisant rouler ses épaules et sentant l'air :

« Oui, c'est comme si je portais une veste très lourde. Pas chaud, donc ce n'est pas inconfortable côté température, mais c'est étrange.

— Ici, Rose et Jack. Nous sommes arrivés. »

Myliya éloigna leur attention de leur discussion et ils poussèrent de côté des pétales et des lianes violemment colorés jusqu'à ce qu'ils puissent voir une sorte d'arche, creusée dans le flanc d'une immense colline, presque une montagne.

Rose la regarda, se demandant si elle et Jack pourraient la traverser, vu que la Fraction de Myliya était bien plus petite qu'eux.

Ils n'avaient pas à s'inquiéter.

Le trou dans le flanc de la colline/montagne était suffisamment grand pour Rose, et Jack, en se penchant un peu, put faire de même. Myliya était de si petite taille que ce n'était pas un souci.

Le passage continua pendant un petit moment avant de s'ouvrir dans une grande pièce creusée.

L'intérieur de la montagne, réalisa Rose, était parti.

« Vous avez creusé l'ensemble de la montagne ? » se demanda Rose à voix haute, les yeux immenses alors qu'elle tournait sur elle-même pour absorber la chose.

Pas pour voir, l'espace était trop grand pour en voir la totalité.

« Tout sauf la couche la plus extérieure. Nous sommes en sécurité à l'intérieur depuis presque un Tour complet. J'ai vu le jour ici. »

Rose baissa les yeux, puis les releva vers Jack. Il haussa les épaules :

« Années plus longues, ou une différente manière de les compter, dit-il.

— Par ici, Rose et Jack. Les Anciens connaissent tous les chemins vers les colonies des Plus Grands. »

Myliya leur fit signe de suivre et s'éloigna vers le fond de la montagne.

« Est-ce que tu arrives à croire qu'ils ont complètement vidé l'intérieur d'une montagne ? murmura Rose à Jack. Ça a du leur prendre une éternité !

— Probablement. Je suis plus choqué qu'ils y soient arrivés sans se faire prendre. Si les Plus Grands sont si prompts à emmener des étrangers qui se trouvent sur les Terres Sacrées, je ne doute pas qu'ils feraient bien plus à ceux de leur propre peuple s'ils étaient pris. »

Rose trembla. Elle n'aimait pas cette perspective.

« Myliya, pourquoi votre peuple est-il banni de cette zone ? Je veux dire, qu'est-ce que les Terres Sacrées ? reformula Rose en voyant Myliya se tortiller en silence.

— Les Terres Sacrées ont été déclarées en tant que telles sur la base des Vieilles Écritures, qui ne peuvent être vues que par le Très Grand. Les Vieilles Écritures sont tenues en haute estime par un très grand nombre, mais il y a des rumeurs qui disent qu'elles n'existent pas et servent de justification pour que le Très Grand puisse faire comme il veut, plutôt que pour le bien de ceux qui se tournent vers lui pour guidance. Les terres qui ont abrité de nombreux Horprishs sont soudainement déclarées sacrées et tous ceux qui y vivent doivent déménager, même s'il n'y a pas d'autre endroit pour accueillir des colonies entières. »

Myliya se tut un moment :

« Les plus jeunes sont pris par les Plus Grands dans les autres Fractions pour être mis au service des Vieilles Écritures, et les Anciens sont pris pour servir le Très Grand, et personne à part les Plus Grands proches du Très Grand et le Très Grand peuvent lire les Vieilles Écritures. Les Orfsted et Jyrial n'ont pas accès à cette écriture ou à cette langue. »

Rose haussa un sourcil :

« Cela semble plutôt injuste, » dit-elle, même si ça semblait plus qu'injuste.

Myliya se tourna pour regarder Rose :

« C'est la raison pour laquelle nous sommes là, à chercher un moyen de récupérer notre maison et dénoncer les Vieilles Écritures. Pendant trop longtemps, nous avons été soumis à des écritures inscrites sur une substance plus vieille que nous, dans une langue qu'aucun sauf ceux au service direct du Très Grand peuvent lire. Il n'y a aucune raison pour la soumission et…

— Myliya, Moyen de mon Âme, calme-toi. Tu parles avec une telle passion qu'elle enflamme mon âme. Tout va être résolu, nous avons presque terminé. À présent, qui sont ces étrangers à qui tu parles si ardemment, et que sont-ils, si je peux me permettre ? Ils n'ont que deux et deux, un nombre très inhabituel. »

Rose et Jack se tournèrent vers la voix et se trouvèrent en face d'un autre Horprish coloré, même si ses couleurs étaient un peu plus douces que celles de Myliya. La créature faisait aussi une trentaine de centimètres de plus, arrivant presque au niveau des épaules de Rose.

« Kelysh ! fit Myliya en se tournant rapidement à la voix. Tu es là ! Je ne savais pas que tu reviendrais aujourd'hui ! »

Rose s'avança alors que les membres de Myliya s'enlaçaient avec ceux de Kelysh.

« Bonjour. Je suis Rose et voici Jack. Myliya nous a trouvés alors que nous venions de voir nos amis être emmenés par ce que Myliya nous a dit être les Plus Grands. Il semblerait que vous pouvez nous aider à les retrouver, dit Rose.

— Myliya, on t'a dit de ne pas vagabonder ! Et si on t'avait vu ? Je ne peux pas perdre un autre enfant à cause d'eux. »

Le corps de Myliya trembla.

« Oh, Moyen de mon Âme, je ne voulais pas te bouleverser. Je m'inquiète juste.

— Je suis désolé, Lysh, désolé, marmonna Myliya. Je voulais juste aider. Je suis de taille suffisamment petite pour me cacher dans les sous-bois, ils n'auraient pas pu me voir. Je voulais voir à quel point la patrouille serait près de notre colonie aujourd'hui. Ils s'approchent de plus en plus. Ils étaient à la Falaise aujourd'hui.

— Si près.

— Et ils ont pris les amis de Rose et Jack. Je leur ai dit que nous savions comment les aider à les retrouver, dit Myliya.

— Oh, Myliya. C'est… Ce sera bientôt impossible. »

Myliya leva les yeux :

« Que veux-tu dire ? Tu connais tous les tunnels et les passages. Il y a une version plus petite de leur espèce avec les Plus Grands ! »

Kelysh se tourna vers Rose et Jack :

« Oh, j'en suis si désolé. Je crains que vos amis… Nous avons lancé la Riposte, Myliya. Nous ne serons peut-être pas capables de faire quoi que ce soit pour les aider. »

Myliya émit un curieux halètement :

« La Riposte vient déjà ? Mais ça fait à peine un plein quart de Tour que vous l'avez commencée ?

— Nous n'avons pas le temps, Myliya. Ils prennent de plus en plus chaque jour. Pour ceux qui n'ont pas caché leur Colonie comme nous, les raids des Plus Grands prennent de plus en plus de jeunes avec eux, et dans certains cas, des Moyens sont emmenés. Ça doit cesser, dit Kelysh, sa voix devenue dure.

— Euh, excusez-moi, mais quelle est cette riposte exactement, et pourquoi nous empêcherait-elle de retrouver nos amis ? » demanda Jack, intervenant dans la conversation avec de l'inquiétude plein la voix.

Kelysh se tortilla pour s'assurer que ses quatre yeux étaient tournés vers leurs visages :

« Ceux d'entre nous qui formons la Rébellion avons créé la Riposte. Elle va apporter la dévastation au Très Grand et à son pouvoir, détruisant tout sur son passage. »

Il y eut une pause.

« Avec les acides et les toxines les plus puissants qui puissent être trouvés, nous avons créé un appareil de destruction qui ne fera que s'étendre. »

Myliya émit un bruit de détresse :

« Tu as dit que vous m'attendrez ! J'ai mis tant de temps dans la Riposte et tu ne m'as même pas dit que vous l'installiez !

— Myliya, Moyen de mon Âme, je ne pouvais pas risquer que tu viennes avec nous et être potentiellement capturé. Nous devions nous cacher. Les Anciens sont presque assez grands pour passer pour des Moyens des Plus Grands pour les peu observateurs et seuls les Moyens peuvent marcher librement dans le Capitole. Nous ne pouvions pas risquer un Moyen ayant travaillé sur la Riposte, » répondit Kelysh, emmêlant les membres de Myliya dans les siens.

Rose était bien moins inquiète des complaintes de ce qui était probablement l'équivalent d'un adolescent. Il y avait une sorte d'explosion mortelle qui allait se dérouler, et le Docteur et Harry seraient en plein milieu.

« Je dois y aller, dit-elle en luttant pour ne pas faire transparaître son inquiétude dans sa voix.

— Vous êtes un étranger. Nous n'avons jamais vu votre espèce auparavant, vous seriez aussi visible qu'une Fleur de Gorbrk dans le Kaléidoscope. »

Rose afficha un visage neutre.

« La Fleur de Gorbrk est le seul objet dans la nature qui n'a pas de Teinte.

— Je m'en moque, je ne veux pas les perdre, à nouveau. Montrez-moi le chemin, Jack et moi serons parfaitement capables de nous débrouiller. »

Kelysh se tourna pour regarder Myliya :

« Tu as trouvé les créatures les plus étranges. Personne ne veut aller au Capitole, à part les Plus Grands et ceux qui se sont adaptés à l'oppression, dit Kelysh en se tournant vers Rose et Jack. Mais… si vous n'êtes pas sortis avant la Riposte, vous serez dissous ! L'Acide du Keiyly est si puissant qu'il faut moins d'une goutte pour traverser un corps ! »

Jack siffla :

« Impressionnant. C'est un produit plutôt puissant.

— En effet ! La Riposte sera le plus grand coup porté au Très Grand de l'histoire ! »

Les membres de Myliya se tordaient d'excitation.

« Nous devons sauver nos amis. Nous ne pouvons pas les laisser là-bas, » dit Rose.

Elle devrait aussi voir ce qu'elle pourrait également faire au sujet de cette Riposte, mais elle avait appris depuis longtemps la valeur du silence plutôt que s'emporter face à des personnes qui feraient de telles choses, particulièrement les personnes qui ne pouvaient pas plus se moquer de ce qu'on pouvait leur dire. Le silence, et un plan, avaient tendance à mieux marcher que l'énervement et la prison. Elle avait essayé les deux au fil des années, et même si s'énerver envers les gens qui voulaient blesser d'autres pour faire passer leur message faisait plus de bien, on obtenait plus de résultat en se taisant et en agissant.

Elle regarda Jack. Ils en parleraient hors d'écoute de Myliya et Kelysh, et entre eux deux, ils parviendraient certainement à trouver quelque chose.

« Si vous insistez autant, je vais vous montrer le chemin que vous devez parcourir pour atteindre les Plus Grands. Vos amis seront là-bas, tous ceux qui entrent sur les Terres Sacrées et sont attrapés sont emmenés directement au Très Grand pour jugement. La trahison est la condamnation universelle, mais vos amis sont des étrangers et peuvent probablement dissuader le Très Grand de les condamner à mort. »

Kelysh regarda Rose et Jack :

« Je ne viendrai pas avec vous. Nous allons barricader les entrées derrière vous. Nous devons nous protéger de la Riposte. »

Rose respira un peu plus facilement :

« C'est parfait, merci. »

Kelysh se tourna vers Myliya :

« Va dire aux Anciens et Moyens ce qui se passe, et assurez-vous que les Jeunes sont bien protégés. Ils sont sensibles aux fumées et doivent rester loin des tunnels. »

Myliya s'attarda un peu, se tortillant et essayant de retarder les choses.

« Myliya, va, maintenant. Je vais veiller sur tes amis, malgré leur décision stupide d'aller au Capitole. »

Myliya regarda Rose et Jack avec ses quatre yeux :

« Soyez prudents, Rose et Jack, et j'espère que vous récupérerez vos amis avant que la Riposte se déclenche. Ne soyez pas près du Capitole quand ça se passera. Elle s'étendra rapidement et inexorablement. »

Rose hocha la tête :

« On va faire de notre mieux. Merci pour votre aide, Myliya. Restez en sécurité. »

J'espère que vous apprendrez une autre voie que la violence, se dit-elle. Elle espérait que Myliya puisse apprendre une nouvelle voie, une voie que Rose n'avait pas été capable de maîtriser. Ses compétences avec un pistolet, à flèches tranquillisantes ou non, et sa capacité à désarmer n'importe quelle nouvelle recrue de Torchwood était la preuve de son besoin de violence au moins de temps en temps.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Harry et le Docteur avaient été conduits de la petite pièce sans ouverture à bord du vaisseau à ce qui devait être une sorte de cellule. Cela ressemblait en tout cas à quelque chose d'où les gens n'étaient pas supposés s'échapper. La porte était barricadée comme sur le vaisseau, avec un claquement lourd.

Il y avait, cependant, plus d'espace pour bouger. Ce dont Harry était reconnaissant. Il avait peu apprécié l'espace restreint de leur précédente cellule.

« Donc, papa, dans quel type d'aventure sommes-nous à présent ? Attendons que Rose et Jack Nous Sauvent ? » demanda Harry.

Le Docteur regarda Harry :

« Eh, on peut parfaitement sortir d'ici. Je veux dire, on peut probablement trouver une solution. Tu peux atteindre mes poches. Avec un peu de gymnastique, on arrivera à sortir le tournevis sonique de là. »

Harry jeta un regard aux liens qui les attachaient.

« Tu es sûr que ton tournevis marchera sur ce truc ? C'est naturel, presque du bois, et tu n'as pas réussi à résoudre ce bug étrange dans ta programmation. Et je n'ai pas encore mis le mien dans mes poches, donc même si je pouvais les attendre, je ne trouverais rien d'utile dedans.

— Dans ce cas nous attendrons ! Ça ne peut pas durer longtemps. En plus, je suis curieux. Qui est ce Très Grand et pourquoi entrer sur les Terres Sacrées est si mauvais ? C'est évident que nous sommes des étrangers, même s'ils ont du rencontrer des aliens avant, ou ils sont habitués aux créatures d'apparence étrange, parce que nous ne leur ressemblons pas du tout, dit le Docteur en faisant un signe de tête vers la porte. Je doute que quoi que ce soit sur cette planète ait évolué d'une façon qui nous ressemble à l'un ou l'autre. Nous ne sommes pas suffisamment colorés. »

Harry fronça les sourcils.

« Pourquoi est-ce qu'ils s'embêtent avec nous alors ? Nous aurions pu être juste d'étranges animaux.

— Vraiment ? Tu penses qu'une espèce aussi intelligente qu'ils semblent l'être ne connaîtrait pas la plupart des espèces les plus grandes de leur planète ? Je veux dire, ils peuvent voler, il n'y a probablement que des espaces réduits de la planète qu'ils n'ont pas encore explorés. Et ils peuvent n'être qu'une des nombreuses espèces capables de créer une civilisation. »

Le Docteur parcourut la grande pièce.

« Bien qu'ils ne soient pas encore technologiquement capable de voyager dans l'espace, je pense. Encore un peu primitifs dans leurs outils en général. Peut-être. Je n'ai pas pu les observer autant que j'aurais aimé. Mais définitivement une espèce pas encore capable d'aller dans l'espace. »

Harry soupira :

« Ouais, mais ils ont réussi à capturer une espèce qui est capable de voyager dans l'espace, toi. Et nous sommes potentiellement accusés de trahison. Ce qui n'explique pas pourquoi ils se sont embêtés avec nous dans un premier temps. »

Il glissa le long du mur et essaya de trouver un moyen de s'asseoir qui ne lui tordait pas les poignets.

« Ça doit être à cause des Vieilles Écritures, » chuchota une voix rauque sortant de l'ombre.

Le Docteur et Harry se tournèrent pour regarder.

Une version plus petite des êtres qui les avaient capturés était affaissée en tas contre le mur du fond. Une version bien plus petite. Moins de la moitié de la taille, atteignant à peine l'épaule de Harry.

« Salut, euh, vous allez bien ? demanda Harry en s'approchant. Désolé, nous ne vous avons pas vu avant. Nous sommes habituellement bien meilleurs observateurs.

— C'est tout bon. Je ne suis pas très visible dans cette lumière et avec ce fond. Je suis un Mélangeur spécial, je suis seulement visible quand je veux l'être. »

Il y eut une vague de couleurs alors qu'elles changeaient pour correspondre au mur et au sol. Harry plissa les yeux pour voir les contours.

« Wouah, c'est plutôt génial. Je suis Harry.

— Je suis simplement Mélangeur. J'aurais souhaité qu'on se rencontre dans de meilleures circonstances, Harry. Mais cette cellule est pour les traîtres et ceux qui seront déclarés comme traîtres. Aucun de ceux qui sont venus ici n'en sont ressortis libres. J'ai malheureusement été attrapé dans une Zone Interdite il y a quelques jours. »

La voix de Mélangeur s'éteignit.

Le Docteur fronça les sourcils :

« Quelles sont les Vieilles Écritures que vous avez mentionnées ? Et pourquoi étiez-vous sur une Terre Sacrée si c'est interdit d'être là ? »

Mélangeur bougea, ses membres tournant d'étrange manière, et Harry grimaça devant la peine dans laquelle devait être Mélangeur.

« Les Vieilles Écritures sont un texte sacré qui donne au Très Grand pouvoir et prophétie. À chaque nouveau Quart de Tour, une nouvelle feuille des Vieilles Écritures est dévoilée, et de nouvelles lois sont créées. Mais le Très Grand profite de ça, et avec un nouveau Quartier dans quelques jours, il y a des rumeurs dans le Capitole et parmi les Horprishs que le Très Grand va déclarer encore plus de terres comme Terres Sacrées et bannir ses habitants. Personne ne sait pour quoi les Terres Sacrées sont utilisées, seuls les Plus Grands au service du Très Grand peuvent même toucher ces terres, mais beaucoup croient qu'elles sont utilisées pour des buts si horribles que le Très Grand ne veut qu'ils soient vus par personne.

— Mais quel est le rapport entre ces Vieilles Écritures et le fait qu'ils savaient que nous ne sommes pas juste d'étranges animaux, » dit Harry.

Mélangeur se tourna un peu pour les regarder.

« Votre existence est décrite dans les plus vieilles des Vieilles Écritures. C'est bien connu que vous êtes des créatures de l'espace et que vous pouvez aller et venir comme vous le souhaitez sur les planètes. Le Très Grand s'assure que tous ceux à son service savent chercher les êtres comme vous. »

Harry et le Docteur échangèrent un regard, les sourcils levés en signe de surprise et d'inquiétude. Pourquoi une telle description existait-elle ? Qui étaient ces êtres qui étaient venus avant ceux qui vivaient ici ? Qui avait laissé ces Vieilles Écritures ?

« Est-ce que ces écritures disent pourquoi ceux qui nous ressemblent sont un tel sujet d'inquiétude ? » demanda le Docteur, se demandant s'ils étaient arrivés dans une autre situation prophétique.

Ils semblaient en trouver beaucoup trop souvent autour de Harry.

Mélangeur s'agita un peu :

« Pas vraiment. Je ne connais pas personnellement le contenu des Vieilles Écritures, je n'ai jamais eu l'autorisation de les lire, mais il y a eu une rumeur dans la capitale que votre espèce est le signe de la destruction et de la fin du règne du Très Grand. Mais autre que ça, il y a peu d'informations. Le Très Grand garde tout ça très très secret. »

Il y eut un souffle moqueur :

« C'est probablement pour ça qu'il y a autant de mécontentement.

— Qui est le Très Grand ? Nous avons entendu ce titre assez souvent, mais les grandes personnes ne nous ont pas vraiment dit à quoi ça se réfère, dit Harry, essayant de bouger ses poignets pour alléger l'inconfort grandissant.

— Le Très Grand est le plus grand des Plus Grands et est entraîné par le précédent Très Grand sur les Vieilles Écritures et les traditions qui en découlent. Seul le Très Grand peut lire les Vieilles Écritures, ou les faire lire par des Anciens de très haute confiance, et tous les passages sont comme des lois pour les Horprishs. Les Terres Sacrées, le Prochain Désastre, l'Arrivée du Changement, tout est dans les Vieilles Écritures, du moins selon ce que dit le Très Grand. Mais il y a eu une augmentation des déclarations et parmi ceux qui ne vivent pas au Capitole, le mécontentement grandit contre le Très Grand. Beaucoup sont bannis des colonies parce qu'elles sont sur des Terres Sacrées, mais aucune concession n'est faite pour les reloger. De plus en plus de Jeunes et d'Anciens sont forcés à entrer au service du Très Grand. J'étais l'un d'eux, enlevé à ma colonie quand j'étais encore Jeune, et quand je me suis rebellé contre les ordres, en essayant de voler les Vieilles Écritures, j'ai été sévèrement puni. Je vais voir ma sentence lors du prochain lever de soleil ou le suivant. »

Harry déglutit. Cela ressemblait de plus en plus à quelque chose de vraiment pas bon.

« Euh, papa, une idée de quoi faire ? »

Le Docteur était plongé dans ses pensées, essayant de se souvenir d'autant qu'il pouvait sur cette planète et son histoire, mais il n'était venu qu'une seule fois, il y avait très longtemps. Il n'avait aucune idée de ce qu'était le futur ou le passé de cette planète, mais la dernière fois qu'il était venu, il n'y avait aucun signe de vie intelligente.

« Harry, quelle quantité de magie tu peux faire sans accès direct à ton focus ? » demanda-t-il, essayant d'évaluer leur situation actuelle.

Harry grogna :

« Laisse-moi vérifier. Je n'arrive pas à croire que je ne l'ai pas fait plus tôt. »

'Salut ? Vous êtes là ?'

Notre Enfant, nous sommes toujours là. Est-ce qu'il y a quelque chose de grave ?

'Pas sûr, mais j'espérais que vous pourriez peut-être m'aider un peu. Je suis coincé, littéralement. Pas sûr de comment sortir, et nous ne sommes pas dans le meilleur endroit où être sans mains.

Tu trouves les endroits les plus étranges, notre enfant. Si tu as suffisamment besoin de nous pour accéder à ta magie interne avec suffisamment de concentration, nous serons capable d'aider à utiliser un ou deux sorts instinctifs et les diriger de façon appropriée, mais cela aura un coût. Nous sommes limités en pouvoir sans connaissance. Si tu en utilises trop, tu risques d'abîmer tes canaux magiques.

'D'accord, ça aide. Si j'en ai besoin, je prendrai le risque.'

Bonne Chance Enfant. Prends soin de toi.

Harry regarda son papa :

« Si j'ai besoin, je peux lancer à peu près deux sorts puissants sans avoir besoin de la connaissance de ce sort, mais je serais plutôt inutile après ça.

— D'accord, nous gardons ça pour quand nous en aurons absolument besoin. N'essaie pas de déverrouiller les portes ou de défaire les liens. Nous pourrons avoir besoin de ton pouvoir pour d'autres choses. Pour l'instant, étudions davantage notre situation. Il n'y a pas assez de lumière ici pour voir et c'est un espace plutôt grand. Essaie de regarder autour et de trouver quelque chose pour défaire ces liens. »

Le Docteur regarda Harry.

« Ne t'éloigne pas trop. Je ne veux pas que tu sois trop loin de moi en cet endroit. On ne sait pas quand ils peuvent revenir et je préférerais que tu sois à proximité. »

Harry hocha la tête :

« Je ne vais pas très loin. Cet endroit ne semble pas si grand, mais je vais rester à portée de regard, à portée d'oreille au pire. »

Le Docteur regarda son fils s'éloigner, la vue des poignets liés de Harry suffisante pour donner un tic d'agitation à son oeil et faire battre ses coeurs un peu plus fort.

« Mélangeur, quelle est la punition exacte pour être entré sur les Terres Sacrées, spécifiquement ? » demanda-t-il doucement, ne souhaitant pas que Harry entende.

Les yeux de Mélangeur se concentrèrent sur le Docteur :

« Être sur les Terres Sacrées est une trahison et est presque toujours punie soit par de l'emprisonnement, soit par la mort, suivant votre statut. Vous, étant étrangers et votre existence écrite en avertissement dans les Vieilles Écritures, vous serez probablement condamnés à mort, répondit Mélangeur de la même voix douce. Harry est-il votre Jeune ?

— Oui, en effet. Et je préférerais ne pas mourir, aucun de nous deux. »

Il fit une pause :

« Deux de nos amis sont aussi sur cette planète, pas très loin derrière nous. Ils nous ont probablement vus être emmenés. Ils pourraient arriver avant que je puisse comprendre comment nous faire sortir d'ici en sécurité. Vous aussi, Mélangeur, ajouta le Docteur.

— Vous n'avez pas besoin de prendre ce risque. J'ai été préparé pour ce moment depuis que j'ai décidé pour la première fois que le Très Grand abuse du pouvoir qui lui est donné. J'ai bien servi la Rébellion.

— Il y a une Rébellion, dit le Docteur, de la surprise dans la voix.

— Oui. Tous ceux qui sont mécontents, déplacés, et déçus, forment la Rébellion. Ils projettent une attaque au coeur du pouvoir du Très Grand. Elle doit coïncider avec ma sentence et dévastera le Très Grand. »

Il y avait une note de fierté dans la voix de Mélangeur.

« Qu'êtes-vous en train de planifier ? » demanda le Docteur.

Il devait savoir s'il devait faire sortir Harry plus vite qu'il n'essayait en ce moment. Tout de suite, il n'y avait pas de menace immédiate et même si les liens sur leurs mains étaient irritants, ils n'étaient pas handicapants et il n'y avait pour le moment rien de mal à attendre assis que Rose et Jack arrivent.

Mais si Mélangeur et le reste de la Rébellion avaient décidé que la violence était la réponse à leurs problèmes, une réaction qu'on retrouvait trop souvent dans n'importe quelle espèce intelligente, il aurait besoin de faire partir Harry d'ici aussi vite que possible. Et trouver Rose et Jack, même si ces deux-là pouvaient probablement survivre peu importe ce qui allait arriver ici, tout comme lui, potentiellement, même si ce serait très inconfortable.

« Pourquoi devrais-je vous le dire ? Comment est-ce que je sais que vous et votre Jeune n'avez pas été amenés ici pour recueillir des informations pour le Très Grand ? »

Mélangeur était soudainement suspicieux, ce qui fit cligner des yeux le Docteur :

« Et bien, à ce point, vous nous avez donné plus d'informations que nécessaire si c'était le cas, nous n'aurions pas vraiment besoin des détails pour avoir fait notre travail. Et pourquoi est-ce que je mettrais volontairement mon Jeune en danger juste pour essayer de rendre ceci plus convaincant ? » souligna le Docteur, indiquant de la tête Harry, qui explorait une section de mur avec son visage appuyé aussi que possible du matériau qui formait la structure.

Mélangeur agita quelques membres :

« Je ne connais pas les détails, je devais simplement être l'agent principal dans le Capitole. Avec mes compétences, je peux me mélanger et me cacher en qui je veux, ou devenir qui je veux, dans certaines limites. Je ne peux pas changer ma taille, mais je peux masquer mes origines. J'ai montré les points faibles et me suis assuré que ceux qui étaient dans le Capitole pour mettre tout ça en place étaient bien déguisés. »

Le Docteur grogna de frustration :

« Ça n'aide pas. Harry, as-tu trouvé quelque chose ? »

Harry tourna sur ses talons :

« Je peux revenir maintenant, oui ? Ai compris que tu voulais faire des secrets. Et non, je n'ai rien trouvé, pas vraiment. Les murs semblent être faits d'un matériau sans joint, donc aucune sortie que je peux trouver. C'est très lisse, mais pas de manière métallique, plutôt comme une jeune feuille, ou la peau d'une pomme. »

Le Docteur fronça les sourcils :

« Et bien, ça n'aide pas vraiment beaucoup. Et nous pourrions bientôt avoir un autre problème. Il va y avoir une sorte de vengeance contre le Très Grand par ceux qui ont été affectés par ce qui se passe. Aucune idée de quoi, mais ça ne va probablement pas être une marche pacifique.

— Et nous avons réussi à nous faire mettre en prison. Brillant. »

Harry roula des épaules, frustré par son incapacité à bouger ses mains.

« Une idée de comment on peut sortir ?

— Pour le moment, aucune. »

Il mentait, évidemment, mais il ne voulait pas que Harry insiste pour avoir une réponse. Il devait trouver ce qui se passait et la meilleure façon serait d'aller à ce procès et de leur parler.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Rose et Jack parcoururent l'étroit passage légèrement exigu et très certainement humide, avec seulement un petit globe circulaire pour éclairer leur chemin. Kelysh leur avait montré le passage et leur avait donné une sphère. À l'intérieur, il y avait une lumière brillante dont on leur avait dit qu'elle éclairerait fortement tant qu'ils étaient sur le bon chemin. S'ils prenaient un mauvais tournant, elle s'amenuiserait et s'assombrirait. C'était une substance qui réagissait à une sorte de produit chimique dans le plafond du tunnel. Trop loin du produit, et elle s'éteignait.

Rose pensait qu'il s'agissait d'une invention plutôt ingénieuse.

« Donc, tu penses que le Docteur et Harry sont au Capitole ? demanda Jack, courbé derrière Rose.

— Selon Kelysh. Ils emmènent toujours ceux trouvés sur les Terres Sacrées au Capitole pour jugement. Nous devons juste arriver là-bas avant leur jugement. Qui sait quels méfaits le Docteur et Harry peuvent manigancer, et avec cette Riposte programmée, ce serait seulement une question de temps avant qu'ils fichent tout en l'air et ne laissent que confusion et perplexité derrière eux.

— Ce n'est pas ce qu'ils font à chaque fois ? » demanda Jack.

Rose lui adressa un grand sourire :

« Et bien, ils n'ont plutôt pas intérêt à le faire sans nous. Et ils ne savent rien au sujet de l'explosion d'un poison hautement mortel. Nous deux pouvons très bien y survivre, un peu abîmés, mais en vie. Le Docteur peut lancer une régénération et survivre, mais Harry ne s'en sortirait très certainement pas. »

Le sourire de Jack se transforma en sombre détermination :

« Allons un peu plus vite, donc, » dit-il.

Rose posa une main sur son bras, sachant ce qui lui passait par l'esprit :

« Nous ne le perdrons pas, dit-elle d'une voix douce mais ferme. Souviens-toi de ça. Il n'est pas Kelly ou Morwen, il est le fils d'un Seigneur du Temps et du TARDIS et a bien plus de ressources que nous deux réunis parfois. Il va s'en sortir. »

Le visage de Jack s'affaissa un instant, la peur s'affichant avant qu'il l'enferme dans son esprit :

« Nous ne laisserons rien lui arriver, insista-t-il.

— Bien sûr que non, et si nous n'y arrivons pas, que penses-tu que le Docteur fera ? »

Jack frissonna :

« Oh, je sais ce qu'il ferait, dit-il en se souvenant d'Olympus. Ils ne s'en sortiraient pas vivants et encore moins sains d'esprit.

— Donc on ferait mieux de les rattraper avant que les Plus Grands fassent quelque chose de stupide comme menacer Harry. »

Jack hocha la tête et ils se dépêchèrent d'avancer.

La sphère dans la main de Rose gardait un éclat constant, les guidant sur le bon chemin. Le tunnel n'était pas qu'un tunnel, c'en était un parmi un labyrinthe de connexions qui s'entrecroisaient et de chemins parallèles, et sans la sphère pour les guider, ils se seraient perdus depuis longtemps.

Cependant, ils n'étaient pas sûrs de la distance à parcourir, mais ils continuaient d'avancer sans s'arrêter, échangeant quelques paroles légères pour garder une bonne humeur face à ce qu'ils avaient appris.

Rose se demandait si le Docteur savait comment éviter les planètes avec de la guerre et de la rébellion en train de mijoter, parce qu'elle n'en avait certainement pas vu la preuve jusque là.

Elle ne savait pas combien de temps ils avaient marché, mais Jack l'avait informée que cela faisait bien plus de trois heures depuis qu'ils avaient quitté Kelysh.

Le tunnel s'enfonça profondément pendant un long moment, une volée de marches brutes et dangereuses pour des bipèdes, creusées dans la roche tendre. Quand le niveau s'égalisa, Rose eut l'impression qu'elle avait descendu le Fuji.

Jack se demandait s'il ne devait pas s'entraîner un peu plus. Son corps protestait contre l'exercice fatiguant et ses articulations étaient en train de se plaindre.

Devant eux, ils pouvaient voir le contour indistinct d'une porte alors que la lumière au-delà filtrait à travers les minuscules interstices.

« Presque arrivés, Jack, ne t'effondre pas sur moi maintenant, marmonna Rose, gardant la voix basse au cas où cette espèce aurait une bonne ouïe.

— Comment est-ce que tu peux avoir fait ça et ne pas vouloir t'effondrer ? » chuchota Jack en retour, cherchant son souffle.

Rose gloussa :

« J'ai passé près de la moitié d'un siècle à courir avec de nombreux jeunes éléments enthousiastes et pleins d'énergie pour leur donner le rythme. J'ai gagné mon titre. »

Jack repensa à une conversation eue tard un soir :

« Tu étais appelée le Commandant, c'est ça ? Un peu grandiose.

— Torchwood dans cet Univers-là n'était pas aussi secret que celui dans cet Univers-ci. Les extra-terrestres étaient connus et on faisait confiance à Torchwood pour gérer les menaces et les ouvertures pacifiques. Nous avons négocié un certain nombre d'accord de paix avec ceux qui ont trouvé la Terre. Donc seuls les meilleurs et les plus intelligents étaient acceptés dans le programme, dit Rose d'une voix douce, se souvenant. L'espérance de vie d'un agent de terrain a augmenté de dix ans après que j'ai pris le contrôle de Torchwood. »

Jack posa une main sur son épaule :

« Tu as bien travaillé, Rosie. Maintenant, allons sauver ces deux idiots qu'on aime, oui ? »

Rose eut un sourire :

« Allons-y. »

Ils poussèrent la dalle de pierre pour l'ouvrir et regardèrent autour d'eux.

Il n'y avait rien ni personne en vue.

« Au moins, ils ont choisi un coin isolé pour la sortie, dit Rose en poussant le rocher plus loin pour se glisser complètement dehors. Est-ce que tu peux passer ? demanda-t-elle à Jack. Tu es un peu plus grand que moi. »

Jack étudia la pierre.

« Cette chose doit pouvoir bouger plus que ça. Kelysh est bien plus large que moi sur les côtés.

— Ils ont plus de mains et de bras que toi. Plus d'appuis. Voyons voir si on peut faire ça ensemble. Peut-être qu'avec plus de mains, c'est possible. Viens, tentons le coup. »

Rose et Jack poussèrent la pierre, l'inclinant petit à petit jusqu'à ce que Jack puisse se faufiler par le trou. Dès qu'ils lâchèrent la pierre, elle retomba dans son emplacement et Rose se demanda s'ils seraient capable de revenir par là quand ils seraient avec le Docteur et Harry.

Elle décida qu'elle pourrait s'inquiéter de ça plus tard. Quand ils seraient effectivement avec le Docteur et Harry.

« Donc, par où, Jack ? Nous ne pouvons pas vraiment nous mélanger ici, nous manquons quelques membres et nous ne sommes pas suffisamment colorés. »

Jack la regarda :

« Dire que je pensais que tu étais celle avec le plan. »

Rose lui lança un regard.

« Et bien, nous devrions probablement essayer de trouver la civilisation d'abord, même si je n'ai aucune idée de ce à quoi peut ressembler cette civilisation. Reste dans l'ombre. Nous sommes de toute évidence des étrangers, et si l'enlèvement est leur réponse aux étrangers, alors c'est probablement mieux qu'on ne se fasse pas remarquer. »

Rose hocha la tête :

« D'accord, ça marche. On choisit une direction et on la suit, qu'en penses-tu ? Ou on essaie de trouver un point d'observation qui nous laisse voir où nous sommes. Avoir un meilleur aperçu de notre environnement. »

Rose plissa des yeux :

« Tout est si coloré que je me demande si on pourra même faire la différence entre ce qui est fait artificiellement et ce qui est fait naturellement. »

Jack rit :

« Et bien, ça ne peut pas être si loin. Ils voulaient être suffisamment près pour installer cette bombe et ils n'auraient pas pu faire ça s'ils devaient se faufiler sur des kilomètres en territoire hostile. »

Rose hocha la tête :

« Donc on trouve un point élevé, commença-t-elle en regardant autour d'elle. Ou on peut suivre ces petites traces de pas qui conduisent vers la gauche, acheva-t-elle après avoir vu les marques de piétinement qui s'éloignaient du trou. Ce n'est probablement pas une zone très fréquentée, en particulier s'ils n'ont pas encore vu celles-là, » souligna-t-elle.

Jack hocha la tête, et c'était vraiment là, des traces de pas nettes qui conduisaient vers la gauche :

« Et bien, c'est vraiment évident, dit-il. Je pensais qu'ils essayaient d'être discrets.

— Personne ne doit venir ici, s'ils se moquent de laisser des traces de pas en évidence.

— Tu veux les suivre ? demanda Jack.

— C'est mieux que de traîner ici. En plus, cette bombe va bientôt exploser et nous devons rejoindre Harry et le Docteur avant que ça arrive. »

Ils se mirent en route, essayant de rester sur le côté du chemin dans l'ombre des plantes immenses, tout en suivant les traces de pas.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

« Harry, on va devoir sortir d'ici rapidement, chuchota le Docteur. Quelque chose d'important va se passer bientôt et ça ne va probablement pas être bien. »

Harry fronça les sourcils :

« Est-ce que c'est Mélangeur qui dit ça ?

— Il l'a sous-entendu, ce qui est plus que suffisant pour moi pour le moment.

— Tu ne vas pas tenter d'arrêter ça ?

— Je ne sais pas si je peux. Ils ont toute une rébellion derrière, et c'est déjà programmé pour l'exécution de Mélangeur.

— Exécution ? s'exclama Harry. Ils vont tuer Mélangeur ? Pourquoi ?

— Je ne sais pas. Mais si on peut sortir d'ici, on peut peut-être aider. As-tu trouvé un moyen pour le moment ? Une faille dans les murs ? »

Harry avait entrepris de faire le tour de leur cellule, en examinant les murs et le sol, se demandant s'ils étaient à l'intérieur du tronc d'un très très grand arbre puisque tout semblait être fait du même matériau dans un seul morceau continu. Il n'y avait aucun joint ou rupture.

« Non. Rien. Et c'est une sorte de matériau organique, aussi, mais je ne peux pas vraiment le toucher avec mes doigts pour vraiment le sentir. »

Harry haussa une épaule, montrant ses mains liées.

« Et bien, on va devoir compter sur la bonne grâce qu'on peut obtenir du Très Grand pour nous laisser sortir, dit-il. Ce qui peut arriver plus tôt que je le pensais. »

La porte par laquelle ils avaient été jetés dans la pièce seulement quelques heures plus tôt s'ouvrit et un des grands Horprish colorés d'auparavant entra.

« Étrangers, vous allez recevoir votre condamnation. Venez. »

La voix était profonde et retentissait d'une étrange façon, comme si elle était doublée.

« Est-ce qu'on peut avoir un s'il vous plaît avec ça ? demanda le Docteur et Harry leva les yeux au ciel.

— Venez maintenant.

— Vraiment, est-ce qu'un s'il vous plaît est trop demander ? Je veux dire, vraiment ?

— Papa, allons-y, chuchota Harry. Est-ce qu'on doit les contrarier davantage ? »

Le Docteur grogna mais se leva, protégeant Harry du mieux qu'il pouvait derrière lui, puis l'entraînant avec lui jusqu'à ce que Harry se tienne debout devant lui.

« Reste près, chuchota le Docteur.

— Je ne vais nulle part sans toi, papa, » répondit Harry.

Ils passèrent la porte, enfin capables de voir où ils étaient.

Ils étaient haut. Vraiment haut. Et il n'y avait pas de balustrade.

Harry se tourna :

« Donc nous sommes dans un arbre, dit-il. Très haut dans un arbre. »

Le Docteur hocha la tête :

« Vraiment grand arbre. Seulement un chemin pour monter et descendre si on ne veut pas sauter dans le vide. J'espère qu'ils ne nous ramèneront pas ici. Je n'aime pas l'idée d'être emprisonné dans un arbre.

— Silence, » lança sèchement un des Horprishs.

Un plus petit vaisseau flottait à la fin d'une longue plate-forme plutôt large et ils furent guidés à bord sans un bruit. Dès qu'ils furent enfermés à nouveau dans une petite pièce, le Docteur se tourna vers Harry.

« Donc, quel type de magie tu penses pouvoir faire si on en a besoin ? » demanda-t-il en gardant la voix basse.

Harry fronça les sourcils :

« Je pense que la téléportation serait le plus utile, même si j'ai seulement le vague souvenir de l'avoir fait en tant qu'enfant une fois. Nous pourrions essayer de retourner au TARDIS, puis trouver Oncle Jack et Rose. Mais je ne suis pas sûr de la distance. Ce serait un facteur assez contraignant, et essayer de t'emmener avec moi serait dangereux également.

— Si tu en as la chance et que nous sommes dans une situation dangereuse, fais-le. Je me moque si tu ne peux pas m'emmener avec toi, fais-le. Rose et Jack sont probablement en train de nous chercher, donc si tu parviens à t'échapper et qu'ils me trouvent, je m'en sortirais.

— Et s'ils ne te trouvent pas ? chuchota Harry en retour, essayant de ne pas laisser de tremblement dans sa voix.

— Je vais m'en sortir, Harry, tu me connais. Est-ce que j'ai déjà permis à quoi que ce soit de m'empêcher de revenir vers toi ? Je préférerais que tu sois en sécurité plus que tout. Mais à part la téléportation, quoi d'autre ? »

Harry pencha la tête en arrière.

« Je ne suis pas sûr pour le moment. Une sorte de métamorphose, ou un sort d'illusion qui donne l'impression que nous ne sommes pas là. L'invisibilité, une distraction, peut-être un sort de mémoire pour faire oublier qu'on existe.

— Ça semble plus qu'incertain. Cette illusion ou invisibilité semble être une bonne option, donc garde celle là. Je n'aime pas bidouiller la mémoire ou les esprits et si tu ne sais pas ce que tu fais, tu peux faire de sérieux dégâts, donc gardons ça pour une situation qui j'espère n'arrivera jamais. »

Le Docteur s'appuya contre un mur :

« Nous allons devoir suivre le flot, cependant. Trouver ce qui se passe est important. Et ils ne semblent pas avoir l'intention de nous tuer pour le moment, donc ça va. Et je préfère savoir où tu es plutôt que te voir disparaître et aller au devant des dangers sans moi. »

Harry resta silencieux. Il ne voulait pas se téléporter sans son papa et il ne savait pas s'il le pouvait. Il devrait demander à son focus si c'était possible.

'Euh, petite question rapide.'

Oui, Notre enfant ?

'Est-ce que c'est possible, si j'ai besoin de me téléporter, d'emmener mon papa avec moi ?'

Ce serait un sort très puissant. À quelle distance souhaites-tu aller ?

'Je ne sais pas. Jusqu'au TARDIS, idéalement.'

Nous connaissons le TARDIS, nous pouvons suivre la signature énergétique. Mais je ne sais pas si tu peux emmener ton père avec toi sans avoir un contact cutané direct, sans obstacle.

'Vous voulez dire que je vais devoir enlever mon collier ?'

Oui. Nous ne pouvons pas agir sur un corps extérieur avec quelque chose d'aussi compliqué que la téléportation sans avoir un contact direct avec leur corps, et comme tu es incapable de nous enlever de ton étui, le contact cutané direct est la meilleure façon.

'Ça semble… bien moins qu'idéal.'

C'est la seule façon possible. Fais nous savoir ce que tu as envie de faire. Tu seras incapable de faire d'autres magies pendant un moment après ça.

'Est-ce que ce serait la même chose avec une illusion qui nous rend invisibles ?'

Nous ne savons pas. Nous serons peut-être capables d'étendre l'illusion autour de toi pour que tout ce qui est dans ce champ ne soit pas visible.

'Merci.'

C'est toujours un plaisir, Notre Enfant.

Harry leva les yeux vers son papa :

« Je viens de parler avec mon focus, et la téléportation avec toi est possible, mais tu ne vas pas aimer ça. »

Le Docteur regarda son fils :

« Qu'est-ce que je ne vais pas aimer ?

— Et bien, puisque je n'ai pas d'accès direct à mon focus, pour pouvoir te téléporter aussi, tu devras avoir un contact direct avec ma peau, sans limiteur, dit Harry en se tortillant. C'est la seule façon pour que ma magie t'affecte aussi suffisamment pour te transporter. »

Le Docteur s'appuya en arrière :

« Donc c'est hors de question. Si tu dois te téléporter ailleurs, fais le. »

Harry secoua la tête furieusement :

« Je te laisse pas derrière. Je devrais être capable de faire cette illusion d'invisibilité sans avoir besoin de te toucher. Ce serait un champ de magie autour de moi, et tant que tu restes à l'intérieur, tu entreras dans les propriétés de l'illusion. »

Le Docteur huma :

« Ce serait donc une meilleure option, si tu ne me quittes pas. Ce que tu feras, si tu dois. Je ne vais pas te laisser te blesser, Harry, dit le Docteur en le regardant durement. Si je te dis de partir, tu te téléportes au TARDIS. Ne discute pas avec moi, tu peux me faire une scène après autant que tu veux. Écoute-moi juste sur le moment. »

Harry bouda.

« Harry, dis-moi que tu m'écouteras si je t'ordonne de partir, répéta le Docteur, regardant fermement son fils. Promets-moi. »

Harry soupira :

« D'accord, je promets. Mais ne me dis pas de partir pour rien. Si je disparais et que tu es toujours là… »

Il s'interrompit, les yeux écarquillés en supplication.

« Je ne t'enverrai pas ailleurs tant que je ne pense pas que c'est absolument nécessaire. Mais je veux que tu tiennes ta promesse, Harry. Si je dis de partir, pars. »

Harry hocha la tête alors que le vaisseau s'arrêta en cahotant.

« Et bien, allons rencontrer ce Très Grand que Mélangeur n'aimait pas, dit Harry.

— Allons comprendre ce dont il s'agit. Et pourquoi nous sommes dans leurs Vieilles Écritures. »

La porte s'ouvrit et les grands Plus Grands s'assurèrent qu'ils entouraient le Docteur et Harry à tout moment alors qu'ils marchaient du vaisseau au mélange coloré de petites plantes qui composaient le sol. C'était un chemin très parcouru qu'ils suivaient, à l'intérieur du cercle de corps qui les escortaient. Ils ne pouvaient pas vraiment voir grand chose autour d'eux, à part des éclats de couleur et les arbres immenses qui composaient la canopée colorée.

Le Docteur et Harry devaient presque courir pour garder le rythme qui leur était imposé, et courir avec des mains attachées était difficile.

Par dessus les têtes de leurs gardiens, Harry et le Docteur aperçurent la structure vers laquelle ils étaient emmenés.

C'était immense, avec la forme d'une fleur, qui semblait presque plier sous le vent. C'était aussi coloré que le reste de tout ce qui composait la planète et Harry, au moins, commençait à trouver les couleurs plus ennuyantes qu'autre chose.

Tout et tout le monde ici était coloré, est-ce qu'ils ne pouvaient pas se calmer sur les couleurs ?

La fleur s'élevait au dessus d'eux, plus haut que Harry ne pouvait le mesurer, et avant qu'il puisse en avoir un bon aperçu, ils furent guidés à l'intérieur.

« Vous allez entrer en présence du Très Grand. Vous devez montrer un respect approprié Étrangers. Inclinez la tête et offrez votre quatre membres pathétiques au Très Grand. »

Le Docteur haussa un sourcil :

« Pourquoi exactement devrions-nous montrer du respect ? Je veux dire, vous nous avez emmenés ici sans raison valable et avez attaché nos mains ensemble. Pas vraiment un comportement respectueux.

— Le Très Grand se moque de vos souffrances. Montrez du respect au Très Grand, pour que vous puissiez peut-être recevoir sa merci pour être entrés illégalement sur les Terres Sacrées. Nous ne faisons pas confiance aux étrangers et votre merci ne vous sera pas accordée parce que vous ne connaissez pas les lois. »

Il y avait un ton dans la voix qui fit tendre l'oreille à Harry.

« Vous avez peur de nous, intervint-il, l'étonnement visible sur son visage. Vous avez peur de nous ! »

Le Docteur cligna des yeux, se souvenant des paroles de Mélangeur puis regardant le Plus Grand le plus proche.

« En effet, dit-il doucement. Wouah, est-ce que ce n'est pas un coup. Effrayés par des étrangers. Ça doit être une prophétie horrible que vous avez sur nous.

— Les Étrangers doivent se taire ! »

Le géant Plus Grand sortit de la pièce, laissant les deux autres à la porte pour les garder, même s'ils la verrouillèrent et restèrent dans l'entrée, s'assurant que Harry et le Docteur n'avaient pas de voie possible pour sortir.

Harry se tourna vers son papa, le tirant dans un coin éloigné pour qu'ils puissent parler et avec chance ne pas être entendus. Ils ne savaient pas à quel point leur ouïe était fine mais ils essayeraient d'être le plus silencieux possible.

« Donc, ils sont terrifiés par nous, murmura Harry. Est-ce que tu penses que ça peut aider notre cas ?

— Seulement s'ils ne sont pas si effrayés qu'ils refuseront d'écouter tout ce qu'on pourrait dire. Tu te souviens de ta promesse ? »

Harry leva les yeux au ciel :

« Je n'ai malheureusement pas de problème de mémoire. Si tu m'ordonnes de partir, je partirai. Promis. Même si tu m'entendras à ce sujet dès que tu rentreras. »

Le Docteur hocha la tête :

« Je peux gérer ça. Je ne peux pas gérer ta mort.

— Si tu reviens avec un nouveau visage, ce sera une leçon avec moi et le TARDIS sur comment ne pas te mettre dans de telles situations, » avertit Harry.

Le Docteur se demanda comment Harry prendrait sa vie avant lui et son penchant pour toujours arriver sur une planète au pire moment possible. Il frissonna mentalement. Il s'était bien débrouillé, la plupart du temps, pour garder Harry en dehors des plus graves dangers qu'on pouvait rencontrer dans l'Univers. Ils rencontraient une telle culture avec éclat, ou finissaient occasionnellement en prison, mais l'escapade la plus dangereuse à laquelle il pouvait penser où Harry était venu avec lui, à part le voyage désastreux à Olympus, était la planète des Cryothéens et des Narionuits, et tout s'était bien terminé là-bas.

Il se demandait combien de temps ils auraient encore à attendre avant que quelqu'un vienne les chercher.

Il espérait que ce ne soit pas trop long. Ils ne pouvaient pas se permettre d'être toujours là si l'attaque prévue que Mélangeur lui avait annoncée devait avoir lieu bientôt.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Rose et Jack suivirent les petites empreintes traînantes sur le sentier pendant un moment, sans voir de signe de vie ou de civilisation.

« Que penses-tu que nous devons chercher ? Je veux dire, en termes de bâtiments ? demanda Rose, gardant la voix basse. La montagne qu'ils ont creusée n'était pas vraiment quelque chose de facile à trouver si on ne savait pas quoi chercher.

— Je ne suis pas sûr. Peut-être quelque chose de moins coloré ? Probablement pas, cependant, ils n'auraient pas vraiment quoi que ce soit de moins coloré à travailler. »

Jack sembla songeur.

« Je garderais juste un oeil sur les alentours et peut-être que si on repère un des Horprish, ça nous dira qu'on se rapproche.

— S'ils ne nous repèrent pas en premier. Nous ne nous mélangeons pas vraiment, dit Rose en faisant un geste vers leurs vêtements ternes, en comparaison. On n'a pas l'air d'avoir eu un arc-en-ciel qui nous a vomi dessus. »

Jack gloussa :

« Espérons qu'on ne se fasse pas voir, ou qu'on en rencontre un gentil. »

Rose leva un sourcil :

« Tu es affreusement optimiste sur la question.

— Et bien, entre nous deux, je ne suis pas inquiet qu'on meurt, donc ce n'est pas comme si on devait paniquer. Sûr, ça fait mal, mais ce n'est pas permanent.

— Je préférerais toujours pas. J'aime bien cette chemise et le sang est vraiment difficile à faire partir de la vraie soie, » dit-elle en faisant glisser une main sur la chemise marron douce.

Jack siffla :

« Wouah, de la soie, c'est chic. Je me souviens de la fille dans le t-shirt anglais en coton pendant d'un ballon de barrage. Qu'est-ce qui s'est passé ?

— Ai vieilli, pris du goût pour des matériaux plus éclectiques, et laisse-moi te dire à quel point la vraie soie était rare et chère à la fin du 21ème siècle. J'aurais du payer une petite fortune pour mes vêtements de soie si je n'avais pas secouru un des meilleurs cultivateurs de soie d'une invasion alien, dit Rose en riant au souvenir. Apparemment, leurs scans de la Terre ont repéré les vers à soie comme étant les descendants de leur principal ennemi et ils sont venus brûler l'élevage, puis la planète. Ils n'étaient pas vraiment les envahisseurs les plus commodes, mais après que je me sois levée d'entre les morts quelques fois, ils m'ont considérée comme un dieu et écouté tout ce que j'ai dit. »

Jack rit :

« C'est brillant. Ai jamais été vu comme un dieu, même si mes yeux ne brillent pas comme les tiens. C'est un des effets secondaires du Bad Wolf, n'est-ce pas ? »

Rose glissa ses mains dans ses cheveux avec gêne :

« Ouais, même s'ils ne sont devenus dorés qu'après la première fois que je suis morte. Ça a complètement fait paniquer ma mère. Même si le truc de l'absence de vieillissement l'inquiétait déjà. J'ai choisi un mauvais moment pour arrêter de vieillir. Je ne suis pas vraiment adulte physiquement, donc je dois toujours montrer ma carte d'identité à chaque barman et caissier. »

Rose regarda Jack :

« Au moins, tu as l'air assez vieux pour acheter de l'alcool et louer une voiture. »

Jack fit un clin d'oeil :

« Il n'y a rien de mal à bien vieillir.

— Tu es incorrigible. Chut, je pense que je les vois. »

Rose tira Jack derrière elle, s'accroupissant dans les buissons :

« Ouais, droit devant. Il y en a une demi-douzaine en déplacement. Je pense qu'on a trouvé les limites extérieures de la ville, ou du capitole, ou peu importe comment ils appellent cet endroit. »

Jack regarda devant eux et vit les Horprishs :

« Ceux-là sont plus grands. Comment les ont-ils appelés, les Plus Grands ? Nom étrange.

— C'est la traduction la plus directe du TARDIS. Les noms et les titres ne se traduisent pas bien d'une langue à une autre. Même sur Terre, il y a des problèmes lors de la traduction des titres et des noms d'un langage à un autre. J'étais au Japon pendant quelques années pour explorer, et ils avaient tous ces titres honorifiques qui n'ont pas de traduction en anglais. On doit juste prendre l'habitude de les utiliser dans la bonne situation. »

Jack regarda Rose, un sourcil levé :

« Et bien, tu as certainement gonflé tes connaissances, commenta-t-il.

— N'avais pas vraiment grand chose d'autre à faire pendant quelques décennies. Maintenant, comment est-ce qu'on contourne cette zone ? On ne veut pas vraiment être vus, tout particulièrement si l'enlèvement est ce qu'ils réservent aux intrus. Et nous ne pouvons pas nous mélanger, dit Rose.

— Avance un peu dans les feuilles, regarde si on peut les contourner en douce. Ils ont l'air de se limiter aux zones dégagées.

— J'espère que c'est parce qu'ils aiment la lumière et pas parce qu'il y a quelque chose de dangereux et susceptible de manger tout ce qui s'avance dans son territoire tout autour, » dit Rose en regardant autour d'elle.

Jack grimaça :

« Ce n'est pas une manière marrante de mourir.

— Pas envie d'essayer. Bon, allons-y. On doit découvrir où le Docteur et Harry ont été emmenés. »

Ils se reculèrent et s'éloignèrent du chemin et prirent la direction dans laquelle le chemin s'avançait. Alors qu'ils s'approchaient de plus en plus des zones principales, ils devaient s'éloigner de plus en plus du chemin pour éviter les Horprishs, mais ils eurent également un bon aperçu de la civilisation que les êtres de cette planète avaient créée.

« On dirait qu'ils vivent dans des fleurs géantes ! murmura Rose, la voix aussi excitée que possible en restant un chuchotement. Et toutes différentes ! Je n'ai pas vu deux fois la même fleur ! »

Jack hocha la tête :

« Je me demande si elles sont naturelles ou construites comme ça.

— On pourrait toujours s'approcher, proposa Rose.

— Trouvons d'abord le Docteur et Harry. Je préférerais ne pas tenter le diable dans une mission de secours.

— Où penses-tu qu'ils sont ? demanda-t-elle.

— Avec un peu de chance à un endroit vraiment évident avec des portes de derrière faciles d'accès, » répondit Jack.

Rose eut un reniflement moqueur :

« Peu probable.

— On peut toujours espérer, Rose, on peut toujours espérer. »

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

« Le Très Grand va vous recevoir maintenant, Étrangers. »

Le Plus Grand de plus tôt était revenu, reconnaissable par le motif brillant sur sa peau.

Harry et le Docteur se levèrent.

« Une possibilité pour qu'on libère nos mains ? demanda le Docteur. Je veux dire, ces cordes sont en train d'irriter de façon horrible mes poignets, et Harry est plutôt jeune pour être menotté.

— Vous êtes accusés de Trahison. Vous n'avez pas l'autorisation d'avoir vos membres libres en présence du Très Grand tant que vous êtes accusés de trahison.

— C'est rude, » marmonna le Docteur.

Harry soupira. Il avait espéré qu'ils seraient débarrassés de ces cordes bientôt. Il semblait qu'ils devaient attendre un peu plus longtemps.

Ils furent conduits hors de la pièce et dans un couloir voûté où les formes des pétales au-dessus d'eux pouvaient être vues dans les courbes et les lignes du plafond. Harry les regarda, émerveillé par les formes qu'ils créaient avec leur mouvement subtil.

Il se demanda à nouveau si ce bâtiment était une fleur naturelle vidée par les Plus Grands.

Le sol était un matériau spongieux sous ses pieds nus, cédant à chacun de ses pas mais rebondissant en place dès que son poids se déplaçait. C'était légèrement humide mais pas mouillé, un peu frais. C'était un mélange de verts, jaunes, et bleus dans un motif bigarré. De grandes portes dans des tons froids de violet, bleu et noir se tenaient entre eux et leur destination.

« Vous devez montrer du respect au Très Grand. Montrez vos membres en guise de supplication et restez silencieux.

— Je suis nul en supplication, dit le Docteur en se balançant d'un pied sur l'autre. Je ne peux pas me taire même si ma vie en dépend. Je veux dire, vraiment, j'ai essayé. Je me parle même à moi-même, même si j'ai plusieurs mois, donc je pourrais tout aussi bien parler à une autre version de moi, vous savez. Ça pourrait expliquer les monologues quand je suis tout seul. »

Le Plus Grand regarda le Docteur pendant de longues minutes, se demandant probablement si cet étranger était fou, avant d'ouvrir la porte et de pousser les deux à l'intérieur.

La porte se referma bruyamment derrière eux.

« Je suppose qu'on doit se débrouiller seuls à présent, dit le Docteur.

— Ça rend l'évasion plus facile, » murmura Harry en retour.

La pièce dans laquelle ils étaient à présent était faiblement éclairée à partir d'une petite sphère de lumière près du centre de la pièce. Ils n'avaient aucune idée de s'ils étaient seuls, si ce Très Grand était dans la pièce, ou s'il y avait quoi que ce soit d'autre. Quelque chose au sujet de la lumière leur donnait du mal à s'adapter à la pénombre.

« Étrangers, vous vous êtes présentés devant moi. Quelle est la façon de votre être ? » retentit une voix tout autour d'eux, faisant écho depuis les ombres.

Harry sursauta et regarda son papa. Son papa regarda autour d'eux, les yeux écarquillés.

« Que voulez-vous dire ? demanda le Docteur.

— Vous n'êtes pas comme nous sommes, Étrangers. Nommez votre être. »

La voix était grandiose et immense, remplissant la pièce.

« Euh, si vous voulez dire espèce, je suis un Seigneur du Temps, et voici mon fils. Il est Humain.

— Nous avons entendu parler du Seigneur du Temps. Ce nom est écrit dans votre Prophétie. Nous n'avons pas entendu parler d'Humain. Est-ce que c'est un Jeune Seigneur du Temps ?

— Pas vraiment. Des espèces complètement différentes, pour être honnête. On se ressemble, en surface, mais différentes espèces, différentes planètes, différentes évolutions. L'intérieur est complètement différent. »

Le Docteur haussa les épaules.

« Qu'est-ce qu'un Fils, Seigneur du Temps ?

— Je crois que vous les appelez Jeune, même si c'est un possessif. C'est MON jeune, pas celui d'un autre.

— Je ne comprends pas. Les Anciens de votre groupe n'élèvent-ils pas les Jeunes ?

— C'est un peu différent. Mais je croyais que nous étions ici pour autre chose qu'un débat linguistique, dit le Docteur. Non pas que ça ne m'intéresse pas de discuter de différences linguistiques avec vous pendant encore un moment, ajouta-t-il précipitamment.

— J'essaie d'évaluer vos Êtres. Il n'y a que deux Étrangers. La prophétie a dit qu'il y en aurait quatre, le Seigneur du Temps, le Jeune, le Loup et l'Immortel. Je ne vois que le Seigneur du Temps et le Jeune. Connaissez-vous le Loup et l'Immortel ? »

Harry regarda son papa, les sourcils levés de surprise, mais il ne dit rien. Les gestes étaient différents ici, donc les expressions faciales ne pouvaient pas être déduites, mais ça ne voulait pas dire qu'il pouvait être négligent avec ses mots.

« Euh… vous voulez dire le Loup comme l'animal ? Parce que je connais beaucoup de loups, dit le Docteur, essayant d'alléger l'atmosphère.

— Le Loup n'est pas un animal, Seigneur du Temps. Le Loup est un être de Lumière et d'Or et d'Éternité.

— Et bien je ne connais personne comme ça, dit le Docteur. Est-ce que ça veut dire qu'on peut partir maintenant ? Nous ne correspondons pas à votre prophétie et nous sommes de toute évidence des étrangers, nous ne savons pas grand chose de votre planète ou votre peuple.

— Il n'est pas dit quand le Loup et l'Immortel apparaîtront, seulement qu'ils viendraient aux côtés du Seigneur du Temps et du Jeune et qu'ils annonceraient l'arrivée de la Fin. »

L'esprit de Harry tournait à toute vitesse. Rose et Jack étaient de toute évidence le Loup et l'Immortel, et il savait que quelque chose allait se passer bientôt. Mélangeur avait glissé des informations à ce sujet, son papa avait dit. Il semblait qu'ils étaient apparus au mauvais moment, comme d'habitude. Il semblait qu'ils arrivaient toujours à trouver les pires endroits où atterrir au pire moment.

« C'est quoi l'arrivée de la fin ? lança-t-il en direction de la pénombre.

— Le Jeune a le courage de parler devant le Très Grand. L'arrivée de la Fin est la Fin des Horprishs, la Fin de tout. Les prophéties s'arrêtent, il n'y a rien écrit après cette prophétie. Nous nous sommes tous inquiétés, et les Étrangers ont été aperçus. Nous craignons le pire. Vous étiez sur des Terres Sacrées et vous êtes si bizarres, avec seulement deux et deux, et pas quatre et quatre. Comment pouvez-vous marcher avec seulement deux et deux ? »

La question était pleine de sincérité. Le Docteur gloussa :

« Nous pourrions demander la même chose : comment marchez-vous avez quatre et quatre. Nous avons évolué avec deux et deux, donc nous n'avons aucun problème à marcher comme nous le faisons.

— C'est une évolution si étrange. Vous êtes si peu colorés, à part les décorations que vous portez sur votre peau. Comment est-ce que vous pouvez vous différencier ? Est-ce que ça ne porte pas à confusion de ne pas avoir de motif pour vous distinguer les uns des autres ? »

Harry commençait à soupçonner que le Très Grand était une créature très protégée, innocente. Peut-être très jeune, la voix éclatante avait un air d'autorité, mais les questions étaient teintées d'un émerveillement enfantin.

« Chaque espèce dans l'univers évolue différemment. Vous avez vos couleurs et vos quatre et quatre. Les Humains et les Seigneurs du Temps ont des structures osseuses variées et des légères différences de couleurs de peau et d'yeux, dit Harry.

— Je vois. Et bien, aussi fascinants que vous soyez, nous devons toujours nous occuper de votre cas. L'arrivée de la Fin est une perspective terrifiante et le fait que les prophéties se soient arrêtées il y a de nombreuses parts de Tour a été gardé secret. Nous ne pouvons pas vous laisser détruire les Horprishs. »

Le Docteur n'aimait pas la tournure que les choses prenaient :

« Nous pouvons simplement partir, dit-il. Partir, ne jamais revenir, vous n'aurez pas besoin de vous inquiéter de nous du tout, pas d'arrivée de la Fin ou quoi que ce soit. Si nous pouvons juste retourner là où nous avons été capturés… »

Il y eut un glapissement :

« Laisser des Étrangers entrer sur des Terres Sacrées ? la voix dit avec un soupçon d'incrédulité. C'est… c'est interdit. Non. Non. Nous devons nous débarrasser de vous. Nous avons une exécution programmée dès que la Lumière sera à son Plus Haut demain. Ce sera pas difficile d'en ajouter deux à ce nombre. Et si le Loup et l'Immortel sont trouvés, ils pourront vous rejoindre. »

Harry frissonna devant le ton définitif de la voix.

« Vous nous tueriez parce que vos prophéties s'arrêtent avec notre arrivée ? dit-il avec frustration.

— Si nous pouvons détruire les porteurs de la Fin, alors peut-être nos prophéties nous seront révélées sur les Terres Sacrées. Nous ne pouvons pas laisser passer cette possibilité. Vous resterez dans ce bâtiment, pour faciliter le transport. Toutes les exécutions ont lieu sur le domaine de ce bâtiment. »

Un ton annonçant la fin de la discussion suivit :

« C'était intriguant d'apprendre au sujet des êtres étranges qui vivent au delà du ciel. »

Harry sentit le courant d'air provoqué par l'ouverture de la porte derrière eux et un des gardes d'avant, peut-être le même, il n'était pas sûr, les tira par les épaules et les fit tourner, les faisant marcher au delà des limites de la pièce sombre et du sol au motif extravagant et une petite porte seulement assez grande pour qu'un des Plus Grand puisse passer à la fois.

Le Docteur essayait de trouver un moyen de sortir de là. Savoir que l'exécution du lendemain comportait à présent trois personnes, et au moment exact de l'attaque par les gens avec lesquels travaillait Mélangeur, n'allait pas rendre leurs proclamations qu'ils n'étaient pas les porteurs de la Fin plus fortes.

Et il savait que Harry devait s'échapper de là. Un sort, avait-il dit, un sort puissant, et il pouvait s'assurer que Harry retournerait au TARDIS, trop fatigué pour faire quoi que ce soit, loin du danger qui les attendait.

Le Docteur souhaitait que ses mains soient libres. Il aurait pu faire bien plus de choses si ses mains étaient libres, mais les noeuds étaient complexes et il n'avait pas de marge de manoeuvre pour essayer de se tortiller et atteindre les noeuds. Ils maîtrisaient bien leurs noeuds, et il ne doutait pas que s'il parvenait à se débarrasser des cordes sans s'échapper, cela ne se terminerait pas bien pour eux.

Le garde les poussa à travers l'ouverture ronde avant de s'assurer que le morceau de bois retombait en place de l'autre côté, les piégeant à l'intérieur de la petite pièce, qui était de façon assez choquante plutôt neutre.

Harry cligna des yeux :

« Ce n'est pas coloré, souligna-t-il à voix basse. Je veux dire, sûr, il y a de la couleur, mais on ne dirait pas qu'un arc-en-ciel a vomi ici. C'est leur idée d'une prison ? »

Le Docteur soupira :

« Ce n'est pas le point le plus important pour le moment. Harry, si nous ne pouvons pas trouver un moyen de nous échapper avant l'exécution, tu pars. Tu te téléportes au TARDIS. Si je te dis "Téléporte !", tu t'en vas de là. Tu ne discutes pas, tu ne te plains pas, tu le fais juste. Je vais trouver un moyen au milieu de la confusion, on va s'assurer d'utiliser ton aptitude pour le meilleur effet, mais je ne veux pas que tu risques la moindre chance de faire face à une exécution. »

Harry regarda son papa avec de grands yeux :

« Papa… » souffla-t-il.

Il vit le regard lancé dans sa direction, et céda :

« D'accord. J'ai déjà promis, mais si quoi que ce soit tourne mal, je m'en vais de là. Juré. »

Et il ne pourrait pas revenir sur cette promesse, il le savait. Il devrait trouver un autre moyen.

Il s'appuya contre le mur, un autre mur lisse même si la texture était étrangement vivante. Il appuya son oreille contre, se demandant s'il pourrait entendre quelque chose.

Rien.

Encore Rien.

Attendez… Est-ce que c'était du vent ? Oui ! C'était le son du vent circulant à travers les plantes géantes, agitant les feuilles. Ils devaient être proches de la forêt s'il pouvait entendre le bruissement des plantes.

« Papa, je pense qu'on est juste à la limite extérieure du bâtiment. Je peux entendre les plantes être bougées par le vent ! » dit Harry, la voix basse mais excitée.

Le Docteur se précipita, appuyant son oreille contre le mur :

« Je peux l'entendre. Nous sommes contre le mur extérieur de cet endroit. »

Il regarda Harry :

« Est-ce que tu penses pouvoir faire un trou dans ce mur ? Pas un grand trou, nous ne voulons pas qu'ils puissent nous suivre, mais si nous sommes si proches de la forêt, qui si je me souviens bien était vraiment très proche du bâtiment, nous pouvons sortir dans les sous-bois et partir avant qu'ils réalisent qu'on n'est plus là. Mais tu dois être silencieux, » insista-t-il.

Harry hocha la tête en signe de compréhension. Il ferma les yeux.

'J'ai une question. Est-ce qu'on peut faire une porte, ou un trou, ou quoi que ce soit, dans le mur juste derrière moi ? Juste la taille de moi assis, vraiment petit.'

Notre Enfant, cette requête est vraiment étrange. As-tu trouvé un moyen de t'échapper à tes ennuis ?

'Peut-être. Nous sommes vraiment proches de la forêt. Je pense que si nous pouvons sortir d'ici, nous pouvons nous éloigner avant qu'ils remarquent que nous sommes partis. Et aussi, nos mains, est-ce que je peux me débarrasser de la corde ?

La porte est facile, même si cela va te fatiguer. Nous pensons que nous serons capables d'affaiblir le matériau sur tes poignets, le transformer en quelque chose de moins solide.

'Ça pourrait marcher. Qu'est-ce que je dois faire ?'

Imagine, Notre Enfant. Imagine une porte, la taille que tu veux, la couleur, le type. Pense fort à cette porte. Nous utiliserons cette image pour diriger la magie. Cela sera bien plus fatigant qu'un sort pouvant faire la même chose, mais tu as suffisamment de magie pour que cela ne soit pas dangereux pour ta santé.

'Merci… je pense.'

Harry pensa à la porte. Il la voulait de la même couleur que le mur, pour qu'elle se fonde mieux, et petite. Il pensa à la taille de son papa, et l'imagina de la moitié de sa taille et juste un peu plus large que son corps.

Le Docteur regarda les yeux de son fils se fermer, et quelques instants plus tard, un chatoiement couvrit l'ensemble de son corps.

« N'ayez crainte, Père de Notre Enfant. Nous allons exécuter la requête de Notre Enfant. N'ayez pas peur, » dit une voix double, jumelle, émergeant de la bouche de son fils, mais pas la voix de Harry.

Le Docteur cligna des yeux :

« Est-ce que vous êtes… le focus de Harry ? demanda-t-il, surpris.

En effet. Nous pouvons parler ainsi parce que nous accédons directement à sa magie à travers son essence, plutôt que lui permettre de passer à travers nous. Nous utilisons son imagination et sa magie pour diriger son besoin. Ne laissez pas Notre Enfant être en danger, Père de Notre Enfant.

— Je n'ai aucune intention de le laisser s'approcher d'aucun danger. Je lui ai donner l'ordre expresse de se téléporter ailleurs si on rencontre un quelconque ennui auquel nous ne pouvons pas échapper.

Merci, Père de Notre Enfant. Je crois que la porte est presque prête, et dans un petit moment, quand sa magie se sera reposée, il pourra faire quelque chose concernant les liens qui attachent ses poignets. »

Le Docteur cligna à nouveau des yeux, ce qu'il avait l'impression de faire trop souvent concernant son fils.

« Et bien, ça serait certainement utile. »

Le chatoiement autour de Harry disparut et la porte dans le dos de Harry se solidifia. Harry ouvrit les yeux, ses mains liées tâtant les bords de la porte.

« Je crois que ça a marché, dit-il, la joie et la fatigue claires dans sa voix.

— Savais-tu que ton focus pouvait utiliser ta voix pour parler s'ils accédaient à suffisamment de ta magie ? demanda le Docteur.

— Euh, nan. Non, je ne savais pas. C'est… c'est un peu déconcertant. Je vais devoir leur parler plus tard, voir ce qu'il en est. Pour l'instant, cependant, nous avons un moyen de sortie. Mes mains sont toujours attachées par contre, dit-il, frustré.

— Oh, oui, ton focus a dit dans un moment, quand ta magie se sera reposée, tu pourras faire quelque chose à ce sujet. Je crois qu'ils essaient de s'assurer que tu as suffisamment de magie pour te téléporter si tu en as besoin. Ils veulent te protéger. »

Harry eut un soupir bruyant :

« Et bien, ils sont plutôt sur-protecteurs. Juste ce dont j'avais besoin, d'autres êtres sur-protecteurs dans ma vie. »

Il s'appuya contre la porte et la sentit céder.

« C'est ouvert, et ça conduit dehors. Je peux sentir le vent. Il est fort, avertit Harry.

— Quelqu'un dehors ? demanda le Docteur.

— Je ne vois personne dans les environs immédiats. C'est noir dehors, donc difficile à dire, mais la forêt est à littéralement un mètre. Peut-être pas le meilleur endroit pour une cellule de prison, dit Harry.

— Je ne pense pas qu'ils aient anticipé quelqu'un capable d'utiliser la magie pour sortir de prison. Les murs sont plutôt épais, commenta le Docteur en se faufilant. Une bonne dizaine de centimètres d'épaisseur. »

Harry eut un grand sourire :

« Une bonne chose que tu ne m'aies pas envoyé ailleurs plus tôt, hein ?

— Ne t'en vante pas. Je te renverrai si je le dois, avertit le Docteur.

— Et bien, mettons-nous à couvert avant que quelqu'un vienne voir la cellule. Nous ne voulons pas être dans le coin quand ils découvriront notre absence. »

Le Docteur hocha la tête, luttant pour se lever avec les mains toujours attachées. Ils avancèrent d'un bon pas parmi les plantes immenses et commencèrent à descendre la colline, s'éloignant de l'immense bâtiment en forme de fleur dans lequel le Très Grand vivait.

À présent, ils devaient trouver Rose et Jack et soit partir de la ville avant que l'événement arrive le jour suivant, soit l'arrêter d'une façon ou d'une autre.

Aucune des deux perspectives ne semblait facile.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

Rose et Jack avaient trouvé la civilisation alors que la nuit tombait. De plus en plus de Horprishs se déplaçaient, trottant ici et là, et généralement très occupés. Ils devaient rester collés au chemin dans les plantes et ne pas trop s'approcher.

Ce fut une bonne chose que les Horprishs ne semblaient pas vraiment enclins à s'approcher de la forêt non plus. Cela leur permettait de s'approcher de plus en plus du coeur de la zone la plus animée.

« Où est-ce que tu penses qu'ils gardent Harry et le Docteur ? demanda Rose à voix basse.

— Soit une cellule de prison, ou vraiment près d'où est le big boss, qui que ce soit. Même si je ne sais pas non plus où c'est, grogna Jack de frustration. Tout est si étranger ici. Je veux dire, je n'ai pas été sur une planète qui était si en retard technologiquement depuis un long moment. Seulement du voyage aérien rudimentaire, des objets technologiques vraiment basiques, des objets plus basés sur la nature. Les sociétés primitives ont un système social vraiment différent de celles qui ont été dans l'espace au moins une fois, ou sont en train d'essayer d'y aller. Ces gens sont à des siècles d'y penser. Je ne peux rien trouver de similaire dans leurs schémas comportementaux, dans la façon dont les choses sont installés, à ce que je connais des civilisations. »

Rose sourit :

« Et voilà que vient mon expérience des petites tribus sur Terre. Les chefs de ces tribus sont presque toujours au centre, et souvent plus haut que tout le monde. La plus haute colline dans la zone, l'arbre le plus grand, quelque chose qui les placerait plus haut que leurs sujets. Donc en haut de la colline est probablement une bonne direction.

— Dans ce cas, ils pourraient être dans un arbre, répliqua Jack.

— Ils n'ont pas l'air de vivre dans ces arbres géants, raisonna Rose. Peu probable que Harry et le Docteur soient dans un arbre.

— Mais tu ne peux pas en être sûre ! murmura Jack.

— Et bien, nous n'avons pas tout le temps du monde pour en discuter. Essayons de trouver le point le plus haut de cette zone et vérifier là. On ne peut pas grimper à tous les arbres juste pour voir si Harry et le Docteur sont là, siffla Rose en retour. Et nous promener dans le coin ne va pas nous permettre de les trouver plus vite. »

Jack leva les mains en signe de reddition :

« D'accord, d'accord. Allons-y, on peut toujours essayer. »

Rose hocha la tête en signe de satisfaction, se dirigeant vers la partie en pente du terrain. Jack suivit, se demandant s'ils auraient à grimper ce qui semblait être une montagne dans le noir avec presque aucun chemin à suivre.

Cela ne semblait pas une perspective excitante, mais il serait damné s'il n'essayait pas de trouver Harry et le Docteur. Il ne pouvait pas perdre plus de gens.

Rose était confiante dans ses pas, et Jack tira sa force d'elle. Il avait quelques siècles de plus qu'elle, et il avait perdu tant de monde dans sa vie que son coeur en était blessé, mais la détermination de Rose lui donnait de la force. Et à présent, il en avait besoin.

Ils grimpèrent en silence, remerciant les lumières que les Horprishs avaient accrochées tout autour de la limite de la forêt pour qu'ils puissent les suivre. Trop sombre et ils quittaient le chemin qu'ils devaient emprunter, et trop lumineux et ils étaient trop proches.

Le bruit devint de plus en plus doux alors que les étoiles au dessus d'eux clignotaient, la nuit tombant pleinement et les Horprishs suivant les traditions de la plupart des espèces vivant le jour, et se retirant à l'intérieur. La lampe à éclat donnée par Kelysh brillait doucement, indiquant qu'il y avait un peu du même produit chimique autour auquel la substance à l'intérieur réagissait. Cela éclairait les dangers immédiats dans le noir, et ils restèrent près l'un de l'autre pour qu'ils ne trébuchent pas sur les racines ou ne tombent pas dans les trous béants.

Rose était inquiète. Elle ne savait pas s'ils étaient en vie, même si elle devait croire que oui. Elle ne savait pas où ils étaient, même si elle devait croire qu'ils étaient soit en sécurité, soit s'étaient déjà échappés. Alors que la nuit tombait et que le silence arrivait, elle sentait la peur s'installer plus fermement dans ses entrailles.

Elle ne pouvait pas les perdre maintenant. Elle ne pouvait pas les perdre du tout.

Donc quand elle entendit du bruissement droit devant elle, elle était prête à frapper quoi que ce soit, qui que ce soit, apparaîtrait à travers les feuilles, pour leur demander d'être emmenée auprès de Harry et du Docteur.

« Jack, reste en arrière, murmura-t-elle.

— Qu'est-ce que tu vas faire ? siffla-t-il en retour.

— Je vais voir combien de temps ça va me prendre pour en immobiliser un et avoir des réponses sur où sont Harry et le Docteur, » répondit-elle.

Les yeux de Jack s'écarquillèrent :

« Tu es sûre ? dit-il avec incrédulité. Tu as vu les géants qui les ont emmenés ? Ils sont immenses !

— J'ai déjà affronté quelques choses plus grandes qu'eux. Ils sous-estiment les petits adversaires.

— Laisse-moi au moins t'aider.

— Si j'ai l'air d'en avoir besoin, avec plaisir, mais ne te lance pas comme ça. Tu me casseras mon rythme si tu fais ça. »

Jack hocha la tête.

Le bruissement devint plus fort, presque devant eux, et Rose se recula dans une posture de combat, prête.

Donc, quand un Harry essoufflé, débraillé, couvert de boue et avec quelques égratignures apparut, suivi de près par le Docteur, elle fut surprise.

« Harry ? » murmura-t-elle.

Harry leva brusquement la tête, et un sourire s'étendit sur son visage :

« Eh, papa, on les a trouvés ! dit-il joyeusement.

— Trouvé qui Harry ? demanda le Docteur, appuyé contre un arbre, les coeurs battants.

— Rose et Oncle Jack ! » répondit-il.

Le Docteur ouvrit brusquement les yeux et chercha.

« Rose, souffla-t-il. Jack.

— Et bien, salut à vous deux. Et pourquoi vous avez les mains dans le dos ? Vous aviez envie d'essayer un nouveau style de course ? » demanda Jack avec un sourire sur le visage.

Harry secoua la tête :

« Ce serait un peu handicapant pour la course, tu ne penses pas ? Non, ils ont attaché nos mains quand ils nous ont pris. Très serré. J'allais essayer d'utiliser ma magie pour m'en débarrasser quand nous nous serions arrêtés à nouveau, enfin, maintenant, mais puisque vous êtes là, est-ce que vous pouvez nous donner un coup de main ? J'ai l'impression de ne plus sentir mes poignets, et mes doigts me picotent. »

Rose lui fit signe d'approcher :

« J'ai un couteau sur moi, ça ne devrait pas poser de problème. Reste immobile, prévint-elle. Je ne veux pas te couper, surtout près des poignets. »

Harry hocha la tête.

Jack s'approcha du Docteur et sortit un petit couteau de poche, le tendant en guise d'invitation. Le Docteur hocha la tête.

Il y eut un silence alors que les deux avec un couteau sciaient les cordes solides qui liaient les mains des deux autres.

Harry fut libéré en premier, et il sentit le sang se ruer dans ses mains. Elles palpitèrent.

« Oh, aïe, murmura-t-il.

— Est-ce que je t'ai coupé ? demanda Rose avec inquiétude.

— Non, c'est juste, ces liens sont restés là un moment. J'ai oublié ce que c'était que d'avoir une circulation sanguine décente dans les mains. Elles palpitent juste un peu. »

Harry se frotta les mains l'une contre l'autre.

« Au moins, je n'ai pas besoin d'essayer de m'en débarrasser par magie. »

Rose gloussa.

« Oh, c'est beaucoup mieux, fit la voix du Docteur, alors que Jack parvenait à couper la dernière corde. Oh, aïe. Oui, tu as raison, Harry. Retrouver une circulation correcte fait un peu mal. »

Le Docteur s'approcha :

« Donc, vous avez trouvé votre chemin jusqu'ici. Est-ce que vous voulez nous raconter ? On échangera nos histoires. »

Rose hocha la tête :

« Nous avons aussi découvert une attaque qui se déclenchera demain. Et ça va être méchant.

— Nous en avons entendu parler aussi. Rien de spécifique sur ce que sera cette attaque. Nous savons quand elle se déroulera, par contre.

— Et bien, ça ne va pas être joli, dit Jack. Pas joli comme une explosion d'acide.

— Ouch, dit Harry avec empathie.

— Je crois que c'est un euphémisme. Selon les Horprishs que nous avons rencontrés, une seule goutte de cet acide peut facilement traverser un corps.

— C'est pire que de l'acide, ça, Rose, dit le Docteur.

— Je ne sais pas ce que c'est exactement, mais ça vient d'une plante ou d'un animal de cette planète. Les opprimés sur cette planète ont préparé ça depuis des années, ou depuis beaucoup de nos années. Je ne suis toujours pas sûre de la façon dont ils comptent les années ici, ou même le temps. Mais ça va arriver bientôt. Et ça va dévaster le Très Grand et les Plus Grands, dit Rose.

— Le quand est demain, lors de l'exécution d'un traître nommé Mélangeur. En fait, c'était supposé être le moment de notre exécution aussi, mais nous avons réussi à partir de la cellule sans qu'ils le remarquent, dit le Docteur en faisant un signe de tête vers Harry.

— Exécution ? Pourquoi est-ce que vous alliez être exécutés ? demanda Rose avec horreur.

— Apparemment, la venue des Quatre Étrangers annonce l'arrivée de la Fin, et nous étions sur des Terres Sacrées. Leurs prophéties s'arrêtent avec notre arrivée, et ils sont inquiets de ce qu'on peut signifier, dit Harry. Il semblerait qu'on soit arrivés au beau milieu d'un désordre.

— Ils nous ont appelés le Seigneur du Temps, le Jeune, le Loup et l'Immortel, » dit le Docteur d'une voix blanche.

Le visage de Jack afficha sa surprise :

« C'est vraiment très spécifique, dit-il.

— Un peu trop spécifique à mon goût. Je veux savoir d'où viennent ces prophéties. C'est un peu trop étrangement prédictif sur notre arrivée à mon goût, dit le Docteur. Et nous n'apportons pas vraiment une fin d'aucune façon, mais la fin arrive quand nous arrivons. Cette explosion va laisser un vide au pouvoir, après avoir éliminé le Très Grand et un grand nombre des Plus Grands. Ces opprimés, est-ce qu'ils ont des plans en place pour après tout ça ? » demanda le Docteur.

Rose haussa les épaules :

« Nous n'avons pas eu exactement la visite guidée. Nous devions venir ici le plus vite possible. Nous avons eu de la chance de rencontrer Myliya. Il y a deux autres fractions de Horprishs sur cette planète que nous connaissons, et les Plus Grands, ceux qui vous ont emmenés, sont physiquement les plus grands. Ils ont l'impact le plus important sur la vie des deux autres fractions, et prennent les enfants et les plus âgés avec eux pour travailler pour les Plus Grands. Je crois que la seule différence entre les fractions est la taille, le peuple de Myliya étant le plus petit et les Plus Grands… les plus grands. Mais c'est tout ce que nous savons sur les fractions. Nous ne savons rien de cette planète dans son ensemble. Dans cette zone, par contre, ces trois fractions sont l'espèce principale.

— Ils sont aussi en retard technologiquement, dit Jack. Seulement des appareils de vol rudimentaires, et des machines de creusage basiques même si impressionnantes, ou quelque chose dans ce genre. La violence, comme toujours avec de nombreuses espèces intelligentes, est plutôt avancée. Mais ils n'ont aucune capacité technologique étendue.

— Donc à peine une planète de niveau huit. Mais ils ont des informations bien au delà de ce niveau, et je veux savoir pourquoi. »

Le Docteur appuya une main sur son menton.

Rose pouvait voir les marques rouge vif où les cordes étaient enroulées autour de ses poignets à la lumière de la sphère étincelante, et baissa les yeux pour regarder les poignets de Harry. Ils étaient également rouge vif.

« Pouvez-vous utiliser vos mains ? » demanda-t-elle au Docteur et à Harry.

Ils semblèrent surpris par le brusque changement de sujet.

« Euh, oui, je peux. Ils ne me font pas trop mal, pas pour le moment. Je pense que la douleur rattrapera plus tard, mais je peux gérer pour le moment, » dit Harry en frottant ses poignets.

Le Docteur agita une main en l'air :

« Je vais bien. Je prendrai de la pommade et la baguette de guérison au TARDIS et je la passerai sur nous deux. Nous n'avons pas prévu de rester ici trop longtemps. Nous devons partir avant que cette bombe… Savez-vous combien de ces choses il y a ? » demanda-t-il.

Rose secoua la tête :

« Aucune idée. Je ne suis même pas sûre de leur apparence. Je ne sais pas comment elles sont déclenchées et je ne sais pas comment les arrêter.

— Les cultures primitives sont souvent plus difficiles à influencer, ou plus faciles, d'une manière négative. Elles ne connaissent rien au delà de leur propre planète et si on fait quelque chose de mal, ça peut avoir des conséquences sur une très longue durée, dit Jack. L'Agence insistait beaucoup pour nous donner des consignes strictes au sujet des cultures pré-spatiales. »

Le Docteur hocha la tête :

« Ce n'est pas la meilleure chose d'influencer ces cultures, mais je dois découvrir d'où viennent ces informations. Je peux faire ça tout seul…

— Ouais, ça n'arrivera pas, Docteur. Bien essayé, dit Rose, appuyée sur une hanche, et regardant le Docteur avec un air plein de défi.

— Je n'ai jamais dit que vous ne pouviez pas venir, même si je préférerais, Harry, que tu retournes au TARDIS, mais ! dit-il en levant les mains, je ne t'ordonne pas de rentrer, pas tout de suite, termina-t-il alors que Harry s'apprêtait à protester.

— D'accord, » dit Harry en se tortillant et en s'installant plus confortablement contre le tronc, avec l'impression qu'avoir ses mains libres étaient l'une des meilleures choses de l'univers.

C'était vraiment dommage qu'il n'ait pas mis son tournevis sonique dans sa poche.

« Où est ce Très Grand ? demanda Jack. C'est là que sont toutes les prophéties, non ?

— En fait, le temple / palais / château / maison fleur géante du Très Grand est juste là-haut, dit le Docteur en pointant derrière lui. Nous en sommes sortis il y a seulement quelques heures. Je dois dire, courir avec ses mains attachées dans le dos n'est pas la chose la plus facile à faire. Et se lever après être tombé est un vrai défi. Ce sera sympa de faire ceci sans essayer de compenser ses mains liées. »

Rose sourit :

« Au moins, tu vois le côté positif des choses. Bon, allons-y. »

Le Docteur mena le chemin vers le sommet de la colline.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un saut de ligne ~~~~~~~~~~~~~~

« C'est l'endroit où habite le Très Grand ? murmura Jack alors qu'ils arrivaient en vue du bâtiment.

— Ouais, c'est magnifique. Absolument merveilleux. Une des choses les plus spectaculaires que j'ai vues depuis un long moment, en fait. C'est une vraie plante dont la base a été creusée à part les parties nécessaires pour la vie, et le Très Grand vit à l'intérieur. C'est épais et on ne peut pas vraiment traverser l'écorce dans des outils vraiment solides. Harry nous a fait apparaître une porte par magie dans un côté pour sortir, » dit le Docteur.

Rose eut un grand sourire :

« Sympa. Bonne idée. Comment va ta magie, Harry ? »

Harry étudia sa magie.

« Elle se calme. L'utiliser de la façon dont je l'ai fait n'était pas la meilleure idée, puisque sans sort, ma magie doit reposer sur mon imagination, et ça demande beaucoup plus d'énergie pour accomplir la même chose qu'un sort ferait instantanément. Cela réveille aussi ma magie et l'agite. C'est pour ça que je ne pouvais pas faire partir les liens plus tôt. Et aussi, soudainement ne plus avoir de liens autour des poignets alors qu'on est toujours en prison aurait pu mal tourner et ils avaient des armes très pointues. »

Jack posa une main sur l'épaule de Harry :

« Tu as fait du bon travail, gamin, » dit-il.

Harry sourit.

« Contournons par l'arrière. Je crois que c'est le plus proche de la pièce dans laquelle ils nous ont emmenés pour parler au Très Grand. Les prophéties sont probablement quelque part à proximité. J'imagine qu'ils gardent des copies au moins à portée de main, » dit le Docteur.

Le Docteur prit la tête le long de l'orée de la forêt, gardant un oeil sur les potentiels Plus Grands qui pourraient les surprendre sans avertissement, mais tout semblait dégagé. C'était évident qu'ils n'avaient pas encore remarqué l'absence de Harry et du Docteur. Il ne devait pas y avoir beaucoup d'évasions sur cette planète pour qu'ils n'aient pas vérifié au moins une fois. Ils avaient des prisonniers de haute importance et ils ne prenaient même pas le temps de voir qu'ils étaient bien toujours là où ils les avaient laissés.

En même temps, tout le monde ne se faufilait pas par une porte magique dans le mur non plus.

Il ne leur fallut pas beaucoup de temps avant de trouver une porte arrière, étroite et renfoncée, à travers laquelle ils pouvaient se glisser. Ils ne pouvaient voir personne en train de la garder, donc cela semblait assez sûr. Harry posa une main sur son focus, demanda l'énergie pour créer une illusion qui donnerait l'impression qu'ils ne sont pas là. Juste au cas où quelqu'un regardait dans leur direction, cette personne serait encouragée à regarder ailleurs, à ne voir personne.

« Restez proches. J'ai réussi à créer une petite illusion autour de moi, mais ça fait seulement environ un mètre dans chaque direction, murmura-t-il.

— Illusion ? demanda Rose.

— Un peu de magie qui encourage ceux qui nous regardent de ne pas nous voir, répondit Harry.

— C'est une bonne idée. Combien de temps tu peux la maintenir ? » murmura Jack.

Harry fronça les sourcils :

« Je ne sais pas. Pendant un petit moment, mais je ne pense pas que mon focus accepte de me laisser maintenir ces sorts trop longtemps. Ils voudront s'assurer que je peux me téléporter au TARDIS si besoin, et ça va prendre une quantité phénoménale d'énergie, donc ils vont s'assurer que je n'utilise pas beaucoup de magie à la fois.

— On dirait que ton focus a plus de bon sens que toi, dit Rose. Pour s'assurer que tu restes en sécurité.

— Mais je ne veux pas abandonner l'un de vous, répliqua Harry doucement. Et si vous vous retrouviez pris dans l'explosion ?

— Et bien, Jack et moi pouvons survivre à à peu près tout, dit Rose. Et ton papa aura peut-être un nouveau visage, mais c'est probable qu'il s'en sorte bien si ça devait en arriver là. Nous n'avons pas prévu d'être encore là quand ça explosera, dit Rose en voyant le regard inquiet de Harry. Mais entre nous tous, tu es le seul qui ne peut certainement pas survivre quand ça explosera. Nous sommes tous inquiets pour toi. »

Harry soupira, essayant de ne pas traîner des pieds. Ils avaient raison. Mais il n'avait pas à aimer ça.

Tous les quatre se déplacèrent silencieusement dans les couloirs, contournant les gardes qui ignorèrent leur présence et avançant vers la grande porte en forme de fleur que Harry et le Docteur se souvenaient conduire vers la salle du Très Grand.

« Ici, chuchota le Docteur.

— Est-ce que tu peux ouvrir la porte sans alerter quelqu'un ? demanda Rose.

— Peut-être un peu. Nous sommes beaucoup plus petits que les Plus Grands, tout ce dont nous avons besoin est un entrebâillement. Jack venez m'aider. Harry reste près, je ne veux pas perdre cette illusion que tu as mis sur nous. »

Harry et Rose suivirent Jack et le Docteur vers le bord de la porte qu'ils ouvrirent à peine, juste assez pour leur permettre de se faufiler. Personne ne les avait vus.

Leur chance ne pouvait pas durer plus longtemps.

« Qui est entré en présence du Très Grand sans permission ? »

La voix retentissante d'avant remplit la pièce. Rose et Jack se tendirent.

Ils étaient silencieux, cependant, espérant que l'illusion les protégerait du Très Grand.

« Je ne peux pas vous voir, mais je peux sentir vos membres sur le sol, les vibrations à travers le Mestrial. Vous ne pouvez pas vous cacher. »

Ils avancèrent de quelques pas, curieux. Un bruit de trottinement se déplaça dans la pièce. Petit, rapide.

« Je peux vous sentir bouger. Vous êtes en présence du Très Grand. Êtes-vous un Mélangeur ? Un Changeur ? Un Rebelle ? Êtes-vous venu pour m'éliminer ? »

Ils se déplacèrent en groupe le long du bord de la pièce, essayant de trouver les prophéties avant que le trottinement ne les atteigne.

« Vos mouvements sont étranges. Ils sont hors rythme. Je pensais qu'il y avait deux intrus, mais il y en a plus. Les Étrangers, les Étrangers, les apporteurs de la Fin ! Vous êtes là, vous êtes venus, comme les prophéties l'ont prédit ! »

Le trottinement se dirigea vers le fond de la pièce. Un bruit de chute alors qu'il rentrait dans quelque chose, puis un drôle de frappement.

« Vous êtes venus, vous êtes venus apporter ma chute. Vous allez apporter la ruine aux Horprishs, vous allez nous détruire ! » gémit la voix, perdant l'autorité qu'elle contenait jusque là.

Harry regarda le Docteur, qui hocha la tête. Ils s'avancèrent vers le bruit de trottinement, pariant que les prophéties étaient là-bas.

« Tout s'arrêtera quand les Quatre Étrangers fouleront le Mestrial. La Fin arrive, les Quatre Étrangers en seront les hérauts. Regardez-les s'approcher. Avec deux et deux et aucun motif, ils sont les porteurs de la Fin. Le Seigneur du Temps, le Jeune, le Loup et l'Immortel, les hérauts de la fin du Très Grand. La Fin. La Fin. »

Le mantra fut répété. Encore et encore, ils entendirent la fin à nouveau. Il masquait leur approche, et rapidement ils furent à l'intérieur du cercle de lumière, au dessus d'un désordre de parchemins multicolores avec des glyphes en or pur inscrits.

Et au milieu était un minuscule Horprish. Enfin, ce qui semblait être un Horprish.

Pas plus haut que les genoux de Harry, et un mélange d'or et d'argent, avec trois membres agrippant un parchemin et courant en cercle.

« Ils sont là, ils sont arrivés. Vous êtes venus me Terminer, dit le Très Grand.

— Nous ne sommes pas venus pour ça, dit doucement le Docteur. Nous n'apportons pas la fin, Très Grand, nous sommes simplement là à une époque de rébellion. Ceux que vous avez opprimés apportent la Fin. Nous avons juste eu la malchance d'être là au moment où ils ont programmé leur vengeance. »

Il y eut un couinement et le Très Grand se tourna, les cherchant, incapable de les voir.

« Mais… mais pourquoi êtes-vous dans les prophéties ?

— Je ne sais pas, mais j'ai bien l'intention de trouver. Je vais prendre ceci, si ça ne vous dérange pas. »

Le Très Grand couina à nouveau alors qu'un parchemin semblait disparaître dans l'air.

« Vous… vous n'êtes pas là pour m'achever ? demanda le Très Grand.

— Non, en effet. Nous sommes là parce que vos Plus Grands nous ont capturés, et que vos prophéties parlent de nous. Nous voulions juste voir votre planète. C'est très beau, mais il y a de la noirceur, et la noirceur de votre propre peuple va vous détruire, dit le Docteur. Je suis désolé, mais je ne peux pas l'en empêcher.

— Mais… mais vous êtes les Étrangers, annoncés dans la prophétie ! Pourquoi ne pouvez-vous pas arrêter la Fin, si vous ne l'apportez pas ?

— Parce que toute chose doit terminer à un moment, même si c'est cruel. Et nous ne sommes pas des dieux ou des divinités ou quoi que ce soit d'autres. Nous ne savons pas comment arrêter ça. Nous pouvons simplement en découvrir plus sur ce qui est arrivé ici. »

Ils abandonnèrent rapidement le Très Grand, trottinant dans le coin avec le dernier parchemin agrippé dans ses membres supérieurs, émettant des gémissements et des claquements.

Le voyage de retour à la forêt fut silencieux et tendu. Quand ils l'atteignirent, Harry laissa tomber l'illusion, et chancela un peu. Jack l'attrapa dans ses bras, ignorant les protestations de Harry qu'il allait bien, et ils avancèrent rapidement vers le bas de la colline.

Il ne fallut pas longtemps avant que l'enfant de huit ans épuisé, rattrapé par les événements de la journée et les dépenses en magie, soit plongé dans un sommeil léger dans les bras de Jack. Le Docteur lui adressa un regard reconnaissant.

« Donc, comment on s'en va de la cité maudite ? Ou est-ce qu'on reste et on essaie d'empêcher ça ? » demanda Rose en regardant le Docteur.

Le visage du Docteur se ferma :

« Je veux arrêter ça, je le veux, mais je ne sais pas comment. De ce que tu as dis, ils ont placé ces choses partout, ou ils ont un moyen de répandre cet acide partout, et c'est minuté. Je ne sais pas à quoi ça ressemble. Si nous arrivons à leur faire nous montrer les bombes dans cette base dont vous avez parlé, je pourrais être capable de quelque chose. Je dois aussi faire sortir Mélangeur. Personne ne mérite ça, particulièrement quelqu'un qui a été enlevé à sa famille à un jeune âge pour être mis au travail. »

Rose hocha la tête. Jack hocha la tête. Harry ronfla doucement.

Ils descendirent d'un pas rapide la colline, allant plus vite que si Harry était réveillé. Des petites jambes ne permettaient pas une fuite rapide.

La pierre d'où Rose se souvenait être sortie était là, et le Docteur l'ouvrit légèrement, laissant Jack se glisser en premier avec Harry, avant que Rose ne passe et retienne la pierre pour le Docteur.

Ils la laissèrent tomber et elle revint en place.

« C'est un long chemin à parcourir, dit Rose. Et une très longue montée. Ça va prendre une bonne partie de la nuit.

— Et bien, le seul parmi nous qui dort à intervalles réguliers dort déjà, donc allons-y, » dit Jack.

Rose hocha la tête, ouvrant le chemin avec la lumière guide devant elle.

Ils passèrent le temps jusqu'à la base de montagne avec quelques moqueries légères et des bavardages sans conséquence. Personne ne voulait penser à l'explosion imminente qui allait probablement avoir lieu quelques heures plus tard seulement.

Mais quand ils arrivèrent, ils trouvèrent l'entrée barricadée par de lourds rochers.

Rose inspira profondément :

« D'accord, j'avais oublié ça. Ils ont dit qu'ils barricaderaient derrière nous, mais on dirait qu'on peut se faire un chemin. Docteur, c'est le moment de creuser. »

Rose roula ses manches et s'attaqua aux rochers, déplaçant les plus petits et poussant les plus gros jusqu'à ce qu'ils roulent hors du chemin.

Cela fut lent et leur prit probablement une demi-heure avant qu'ils réussissent à libérer suffisamment le passage pour qu'ils puissent tous se glisser à travers.

Jack passa en premier, veillant à ce que Harry ne se cogne pas la tête sur quoi que ce soit.

Rose et le Docteur suivirent, époussetant la poussière et les morceaux de pierre de leurs vêtements.

Le Docteur regarda autour de lui :

« C'est vraiment l'intérieur d'une montagne. C'est impressionnant pour une société qui n'a pas d'électricité courante, dit-il avec un large sourire.

— Rose ? Jack ? Qu'est-ce que vous faites là ? Qui sont… est-ce que ce sont ceux que les Plus Grands ont emmenés à la Falaise ? »

Rose se tourna à la voix :

« Myliya ? C'est vous ?

— J'attends que la Riposte commence. Ce ne sera plus dans très longtemps. C'est calculé pour le dernier moment. »

Rose s'avança :

« Myliya, votre Riposte va détruire des centaines, des milliers !

— Tout comme ils nous ont détruits, nous ont fait partir de nos colonies, nous ont pris nos Anciens et nos Jeunes, nous ont supprimé la nourriture et les armes ! Nous devons creuser pour trouver de la nourriture et survivre, nous avons perdu des milliers à cause des Plus Grands et du Très Grand ! répliqua Myliya, la voix aiguë. Vous ne pouvez même pas imaginer ce que nous traversons. »

Rose s'agenouilla pour être au niveau de Myliya :

« Non, je ne peux pas, mais la violence n'appelle que la violence. Que pensez-vous qui va se passer quand la Riposte aura eu lieu ? Pensez-vous que les Plus Grands restants vont simplement se soumettre ? Ils ne le feront pas. Vous aurez tué leurs amis, leur famille, leur dirigeant. Vous aurez détruit leurs maisons. Ils vont se battre, comme vous le faites, pour leur droit de vivre. Ça va devenir une guerre, Myliya.

— Nous le savons, nous sommes préparés à ça. Nous avons attendu notre chance de pouvoir nous rebeller contre les Plus Grands. Ce sera au moment parfait. »

Le Docteur posa une main sur l'épaule de Rose :

« Tu ne peux pas convaincre un vrai croyant, Rose. Nous devrons essayer de trouver à quoi ressemble ces appareils, et je serai peut-être capable de faire quelque chose, » dit-il d'une voix douce dans l'oreille de Rose.

Rose soupira et se redressa :

« Il n'y a personne d'autre ici ? » demanda-t-elle.

Myliya se tortilla :

« Non, ils sont tous partis aux abris. Seuls les Moyens sont restés. Vous ne pouvez pas rester ici. Si Kelysh découvre que vous êtes revenus, ce ne sera pas avec de la gentillesse que vous serez accueillis. »

Rose soupira à nouveau :

« Ramenons Harry au TARDIS. Tu peux faire un scan de là-bas, n'est-ce pas ? »

Le Docteur hocha la tête :

« Je peux, et je me sentirais mieux avec Harry en sécurité. Myliya, c'est ça ? Merci, pour avoir montré à mes amis le chemin pour nous retrouver. Ils nous ont sauvés. J'espère que vous survivrez à cette guerre que vous êtes en train de créer. »

Myliya se redressa avec fierté :

« Je me bats pour ma maison et mes amis. Et ma famille, même s'ils m'ont tous été enlevés, à part Kelysh.

— Où est la sortie, Myliya ? demanda Jack.

— Suivez les sphères bleues. Elles vous conduiront dehors. Il fait jour, donc restez à l'ombre. Vous ne voulez pas être attrapés à nouveau.

— Merci. Au revoir, » dit Rose en sentant son coeur se serrer alors qu'un autre jeune tombait sous l'attrait de la violence pour résoudre ses problèmes.

Elle souhaita que la violence ne soit pas toujours la réponse la plus rapide vers laquelle tant de personnes se dirigeaient en cas de problème.

Les sphères bleues étaient faciles à voir quand on savait quoi chercher, et ils furent rapidement dans le passage que Rose se souvenait conduire vers l'extérieur.

Il faisait jour dehors, et dès qu'ils passèrent l'entrée et le rideau de plantes qui la gardaient des yeux curieux, ils se cachèrent dans les ombres.

Le Docteur sortit son tournevis sonique, le pointant autour de lui jusqu'à ce qu'il sente une pulsation chaude.

Rose leva un sourcil interrogateur :

« Qu'est-ce que c'était que ça ?

— Et bien, Harry a installé une façon de détecter dans quelle direction est le TARDIS dans son tournevis sonique, parce que je détestais qu'il se perde quand il se promenait, et je lui ai en quelque sorte volé l'idée. Maintenant, ça vibre quand je trouve la bonne direction. C'est bien plus difficile de perdre le TARDIS à présent, » ajouta-t-il comme une arrière-pensée.

Rose eut un reniflement moqueur :

« Et je me demande pourquoi ça t'a pris autant de temps pour mettre une fonction comme ça. Ça répare des barrières, distrait des lions, endort des ours, déverrouille des portes, désactive l'électronique, répare à peu près tout ce qui est électronique, et pourtant, tu pouvais être complètement déstabilisé si quelqu'un décidait de déplacer ton TARDIS, » dit-elle avec un sourire moqueur.

Le Docteur lui frappa l'arrière du crâne amicalement, ce qu'elle évita en se penchant, et elle lui tira la langue.

Jack gloussa.

La marche de retour jusqu'au TARDIS fut joyeuse, même si de façon discrète de peur d'attirer l'attention. Ils durent marcher un moment avant de la trouver, posée au milieu d'une clairière. Le Docteur n'avait pas été aussi heureux de la revoir depuis un long moment.

Il introduisit la clé et la tourna, et une longue lance se planta dans la porte à côté de sa tête.

« Vite, vite, vite, entrez, entrez, entrez ! » cria-t-il, ouvrant la porte d'un coup et laissant passer Rose et Jack, avec Harry dans ses bras, avant de fermer brutalement la porte derrière lui et la verrouillant, entendant le choc d'une nouvelle lance.

« Je crois qu'ils ont trouvé le TARDIS, dit Rose, le coeur battant.

— Ouais, je suppose que oui, dit le Docteur. Jack, allez installer Harry dans sa chambre, veillez à ce qu'il ne se réveille pas, puis prenez la baguette de guérison et le baume. Passez-les sur ses poignets puis revenez ici. J'ai besoin de vous. »

Jack hocha la tête, s'éloignant pour aller mettre le petit magicien au lit.

Le Docteur bascula quelques interrupteurs et manettes jusqu'à ce qu'un vrombissement emplisse la salle de contrôle et qu'ils disparaissent de la clairière.

Ils se posèrent juste au sommet de la fleur immense où le Très Grand résidait.

« Tu vas scanner, Docteur ? demanda Rose.

— Je le lance pour les composés chimiques explosifs. Et ça s'allume, tout en rouge. Ce n'est pas bon, vraiment vraiment pas bon. Ça va… »

Il appuya sur quelques boutons supplémentaires, tourna quelques leviers et interrupteurs, jusqu'à ce qu'ils disparaissent à nouveau, avant de réapparaître avec deux passagers supplémentaires à bord.

« Est-ce que vous deviez aussi sauver le petit Très Grand aussi, Docteur ? » dit Jack en entrant dans la salle de contrôle.

Au milieu de la salle de contrôle se trouvait Mélangeur, agenouillé et prostré, les membres tordus dans des angles étranges. Juste à côté, presque sur Mélangeur, était le Très Grand, couinant de terreur à présent.

« Et bien, le Très Grand était juste à côté de Mélangeur, et je ne pouvais pas abandonner Mélangeur. C'était suffisamment dur de calculer le temps juste pour les avoir tous les deux. Et à présent, cette zone est complètement en train de fondre. Les bombes d'acide se sont déclenchées et ils n'étaient qu'à quelques secondes de la mort eux-mêmes.

— Étrangers ! Étrangers ! Vous m'avez enlevé ! Étrangers ! Vous osez enlever le Très Grand ? » couina le Très Grand, outré.

La grande voix retentissante de la pièce sombre était partie.

« Et bien, Très Grand, vous n'êtes pas mort. Si vous voulez changer ça, vous pouvez passer par cette porte. Je vous garantis qu'un pas hors de ces portes et vous ne serez pas inquiet d'être sauvé. Vous ne serez plus en vie. »

Le Docteur fit un geste vers les portes d'entrée du TARDIS.

Le Très Grand tourna d'effroi.

Mélangeur était affalé bizarrement au sol, essayant de se redresser. Ses membres étaient étalés dans de nombreux angles, semblant très faux. Rose pariait qu'un certain nombre d'entre eux étaient cassés.

« Mélangeur, vous êtes Mélangeur ? demanda-t-elle en s'agenouillant.

— Ouais, êtes-vous comme le Docteur, Étranger ? Je n'en ai jamais vu des comme vous avant que le Docteur et le Jeune apparaissent. Et me voilà, entouré par trois Étrangers.

— Je suis en quelque sorte comme le Docteur. Mais je peux vous aider pour vos membres. Ils ont l'air cassés. »

Mélangeur se tortilla inutilement :

« Je crains qu'ils le sont.

— Nous pouvons vous aider, si ça vous convient, dit Rose.

— Même vous faire marcher à nouveau, dit le Docteur avec un sourire sur le visage. Un remerciement pour m'avoir dit tout ce que vous avez dit. Ça a beaucoup aidé.

— Marcher ? Je vais peut-être marcher à nouveau ? souffla Mélangeur. Je n'aurais jamais rêvé marcher à nouveau. Un membre cassé est une blessure sérieuse pour nous.

— Et bien, nous avons une meilleure médecine et tout. Même une baguette guérisseuse. Ça aide à réparer les choses cassées, dit Jack en sortant la mince baguette de métal. Si ça vous va ?

— Oh, si je peux marcher à nouveau, je vous en serais très reconnaissant ! dit Mélangeur joyeusement.

— Et moi ? Vous m'avez enlevé ? cria le Très Grand, ayant trotté dans un coin.

— Nous nous occuperons de vous plus tard. Peut-être en vous déposant de l'autre côté de la planète et vous laissant vous débrouiller seul. Ce serait approprié, vu que vos politiques ont laissé des milliers de personnes sans abri, » dit Rose, se sentant un peu méchante.

Avoir été incapable d'empêcher la destruction de la ville des Plus Grands travaillait sa conscience, et elle dirigeait sa rage vers la proie la plus facile, le Très Grand qui était, hors de la pièce pleine de mystère plongée dans la pénombre, plutôt pathétique et pleurnichard. Harry avait dit qu'il semblait avoir une curiosité enfantine, et Rose trouvait qu'enfantin était un qualificatif plutôt approprié.

« Vous ne pouvez pas faire ça ! Je ne sais rien faire. Je ne sais pas cuisiner, je ne sais pas trouver un abri, je ne sais pas comment, » pleura le Très Grand.

Jack soupira :

« Et bien, on ne peut pas laisser celui-là se débrouiller d'une Très Grande façon, mais où proposez-vous… » il s'interrompit, regardant Rose et le Docteur.

Rose eut un grand sourire aussi large que malicieux :

« Et bien, tu sais, cette planète qui accepte les malades mentaux et qui les soigne ? Nous pourrions y laisser le Très Grand, ils pourraient le soigner pour ses illusions !

— Pourquoi ne pas laisser le Très Grand avec les Rebelles ? demanda Mélangeur.

— Vous pensez qu'ils ne l'écartèleraient pas membre par membre s'ils découvrent que l'explosion ne l'a pas tué ? » demanda Rose, le sourcil levé.

Cela fit réfléchir Mélangeur :

« Mmh, et bien, vous avez sans doute raison. Ils ne sont pas exactement amicaux envers tout ce qui a un rapport avec le Très Grand. Plutôt inamicaux.

— Quand est-ce que vous avez compris ça, quand ils ont installé des bombes pour faire exploser un acide mortel sur toute la colonie des Plus Grands et du Très Grand ? » dit Rose, le sarcasme dégoulinant de ses mots.

Mélangeur lui adressa un regard de reproche.

Il ne fallut pas beaucoup de temps pour guérir les membres de Mélangeur, qui fut déposé à la montagne de Myliya à sa demande. Le Très Grand était toujours dans son coin, faisant des bruits gémissants.

« Et bien, Très Grand, et si vous alliez rendre visite à une institution très amicale ? Ils sont très gentils là-bas, et ils prendront soin de vous. Abri, nourriture, tout ça. »

Le Très Grand se contenta de gémir.

« Je prendrais ça comme un oui, Docteur, dit Jack.

— Et bien, c'est parti pour l'Institution de Soin d'Orion ! » dit-il, et il entra les instructions.

Même s'il fallut pas mal de conviction pour faire sortir le Très Grand du TARDIS, beaucoup de gémissement sur la Fin et la destruction du Très Grand, ils parvinrent à conduire l'ancien dirigeant plaintif dans l'institution de soin et informer le personnel que le Très Grand souffrait d'illusions et d'une extrême phobie de l'armageddon. Ils hochèrent la tête et promirent de prendre soin de leur nouveau patient.

Ils partirent en laissant le Très Grand et sa planète colorée derrière, et le futur en avant.

Cela leur laissait toujours un problème. Comment exactement les Horprishs avaient obtenu des informations aussi spécifiques sur tous les quatre sur une planète qui n'avait pas de voyage spatial ?

Le Docteur, Rose et Jack se rassemblèrent autour de la console alors qu'ils flottaient dans l'espace, le Docteur sortant les rouleaux et liasses de parchemin hors de sa poche. Ils les étalèrent par terre et se penchèrent pour examiner l'écriture de plus près.

« Docteur, est-ce que vous pouvez voir dans quel langage ça a été écrit à l'origine ? Le TARDIS le traduit complètement pour moi, donc j'ai du mal à voir le langage de base, » dit Jack en soulevant une feuille.

Les glyphes se changèrent en anglais sous ses yeux, les rendant impossibles à déchiffrer.

« Pareil pour moi, Docteur, » dit Rose.

Le Docteur marmonna en regardant les pages :

« C'est sur le bout de ma langue. Je sais ce que c'est, mais je ne retrouve pas le nom. Je l'ai déjà vu avant, c'est vieux, très vieux, et puissant, mais je ne suis pas exactement sûr de quelle culture ça vient… »

Il s'interrompit.

Le silence envahit la salle de contrôle alors que les trois examinaient les liasses de papier.

« Docteur, ils ont mentionné le TARDIS avant. Genre, presque au début de ces écritures. C'était avant que les Horprishs évoluent en ce que nous les avons vus. Écoutez, dit Rose en s'éclaircissant la gorge : Le Seigneur du Temps foule les terres. De deux et deux, d'étrange apparence, le Seigneur du Temps vient du ciel. Un Visiteur bien avant que les Horprishs s'installent, pour voyager et pour voir. Soyez prudents car le Seigneur du Temps est le héraut de la Fin, un marcheur du Temps, compagnon du Loup, du Jeune, de l'Immortel. Car lorsqu'ils fouleront les Terres Sacrées ensemble, alors la Fin arrivera. »

Jack regarda Rose. Le Docteur regarda Rose.

« Et bien, c'est proprement lugubre et clairement inamical, dit Jack en essayant de garder son malaise hors de sa voix. De quand date ce morceau ? »

Rose haussa les épaules :

« Je ne connais pas leur système de datation, mais ça semble être d'une section plus ancienne. Il n'y a que quelques nombres dans le coin supérieur, plutôt que des longs numéros.

— Depuis combien de temps vivent les Horprishs, alors ? se demanda Jack. Je veux dire, ils sont plutôt avancés pour une culture, en général, donc quelques milliers d'années, mais quand a le Très Grand gagné subitement tant de pouvoir ? Cela ressemble à quelque chose de religieux. »

Le Docteur huma plus fort :

« Je pense, dit-il, que le Très Grand est apparu avec la découverte de ces documents. Qui que ce soit, quoi que ce soit, les a laissés sur cette planète, les a guidés dans cette direction. Regardez, là, écoutez. Le Très Grand, gardien de tous, de Teintes brillantes et aveuglantes, doit guider et diriger et créer. Du plus petit au plus grand, tous doivent suivre, car le Très Grand est absolu. »

Rose souffla moqueusement :

« Pas très subtil, n'est-ce pas ? dit-elle.

— Je ne pense pas que qui que ce soit qui ait écrit ça cherchait la subtilité. C'est bien trop direct et franc. Les parties qui semblent mystérieuses ne sont mystérieuses que parce que les Horprishs sont une culture primitive. Il y a plein de références à d'autres espèces voyageant dans l'espace et à de la technologie très avancée. Ces bombes qu'ils ont utilisées… »

Le Docteur s'arrêta et grimaça avant de reprendre :

« Cette technologie est aussi écrite là, seulement dans des métaphores et un langage étrange. Cette culture entière a été guidée à l'extrême, ce précipice où le ressentiment et la rébellion sont nourris par ceux au pouvoir, puis laissée sans aucune direction supplémentaire. Après avoir vécu aussi longtemps avec des prophéties aussi précises, si vous voulez les appeler comme ça, ne plus les avoir doit avoir été terrifiant.

— Précises est le bon mot, dit Jack. Il y a des marques dans la marge disant que les divers désastres naturels prédits ici se sont effectivement déroulés. Si précis que c'est impossible que ça n'ait pas été écrit par un voyageur temporel. Un voyageur temporel très dédié. »

Rose hocha la tête :

« C'est vraiment bizarre. Je peux comprendre pourquoi ils se sont tant reposés dessus, si tant était vrai.

— Qu'est-ce que vous faites avec des documents des Éternels ? Je croyais que tu m'avais promis de m'aider à apprendre l'écriture des Éternels et tu ne me laisses même pas assister à la réunion ! »

La voix de Harry leur parvint de juste au delà de la console, où il tenait un rouleau partiellement ouvert.

Les yeux du Docteur s'écarquillèrent :

« Harry, tu es sûr ? Je veux dire, tu es certain que ça vient des Éternels ? » demanda-t-il en se précipitant vers son fils.

Harry fronça les sourcils :

« Oui. Je veux dire, tu n'en as pas beaucoup dans la bibliothèque, seulement quelques livres, mais je reconnais le style de glyphes. Qu'est-ce que vous faites avec tout ça ? Et d'où est-ce que ça vient ? »

Harry regarda les documents à nouveau :

« Est-ce que ça vient du Très Grand ? Je veux dire, ils sont assez colorés, » réfléchit-il.

Le Docteur baissa les yeux vers les documents et parchemins :

« Oh, ce n'est vraiment pas bon, marmonna-t-il.

— Pourquoi ce n'est vraiment pas bon ? demanda Rose en se levant. Qui sont les Éternels ?

— Ce sont des forces primordiales de l'Univers. Des êtres qui se sont élevés à un plan plus élevé d'existence et n'interviennent que par ennui. Ils ont des pouvoirs qui les font paraître pour des dieux et absolument aucune limite. Quand ils s'ennuient, des systèmes entiers peuvent s'effondrer, parce qu'ils les auront tant manipulés, juste pour voir ce qui peut arriver. Ils n'ont aucun sens moral et se moquent complètement de tout ce qui va au delà de l'amusement que ça peut leur fournir. »

Le Docteur regardait les rouleaux. Jack siffla doucement :

« Et bien, ça ne peut pas être bon, » dit-il.

Il cligna des yeux :

« Attendez, vous n'avez pas dit que la raison pour laquelle la magie s'est développée différemment sur Terre était l'intervention des Éternels ? Est-ce qu'ils savent pour Harry ? »

Le Docteur tourna de grands yeux effrayés vers Jack et Rose :

« C'est ce que je crains. »

~~~~~~~~~~~~~~ C'est une fin ~~~~~~~~~~~~~~


Notes de la traductrice :

(1) : Le Très Grand, Myliya et les Horprishs en général : même si le genre ne fait pas un tel débat qu'avec Prysh et la Factrily dans les chapitres précédents, le genre des membres de ce peuple est à nouveau indéfini : blackcatkuroi emploie ''they'' et ''them'' pour les désigner, ce qui implique une volonté de sa part de ne pas les assigner à un genre précis. Donc j'ai essayé au possible de respecter son choix en utilisant des tournures qui n'indiquent pas le genre des membres de la Fraction. Quand ce n'était pas possible, j'ai utilisé le masculin comme forme neutre. À nouveau, donc, ne supposez pas le genre des membres de la Fraction en fonction des fois où je n'ai pas pu échapper à une forme genrée…