Histoire originale : The Savior, Child of the Tardis, Son of a Mad Man, de Blackcatkuroi

Nombre de chapitres de l'histoire originale : 34, en cours
Nombre de chapitres traduits : 23

Chapitre 23 - Où des vérités sont dites

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un début ~~~~~~~~~~~~~~

C'était au tour de Harry de choisir l'endroit qu'ils allaient visiter, quelque chose qu'il attendait toujours avec grands délices, et cette fois ne fut pas différente. Il bondit dans la salle de contrôle, interrompant le moment câlin de son papa et de Rose avec une toux plutôt bruyante, avant d'informer son papa qu'il voulait visiter l'Égypte. Et non, pas n'importe quelle planète artificielle populaire à tel siècle que quelqu'un avait nommée Égypte, il voulait visiter l'Égypte de Terre, et pas n'importe quelle période de l'Égypte. Il voulait voir la construction des Pyramides.

Dans sa main, potentiellement la raison pour laquelle il voulait visiter l'Égypte de l'époque des Pyramides, se trouvait un livre abîmé rempli de hiéroglyphes et d'histoires de la Bibliothèque d'Alexandrie en Égypte que le Docteur avait volé (complètement par accident, il jura par tous les moyens possibles, il avait prévu de le rendre, mais n'en avait pas encore pris le temps) lors d'une précédente visite là-bas.

« Je veux aller en Égypte ! S'il te plaît papa ? Nous ne sommes jamais allés en Égypte sur Terre et c'est de là que toutes ces autres planètes prennent leur inspiration et je sais que certaines de ces planètes ont des installations vraiment géniales et tout, mais ce n'est pas aussi authentique !

— Vraiment, Harry, tu n'aurais pas pu choisir un meilleur moment ? » dit le Docteur en essayant de redresser sa cravate.

Harry leva ses yeux au ciel :

« Vous deux devriez choisir de meilleurs endroits. Vraiment, la salle de contrôle ? Après trois ans, vous auriez du trouver un endroit plus privé. Vous avez une chambre, j'en suis sûr. Et si Oncle Jack était entré ? »

Rose rit, se redressant d'un bond du sol :

« Donc, l'Égypte, hein ? Il y a plus que l'Égypte sur Terre ? Je veux dire, tu semblais dire qu'il y a toutes sortes d'Égyptes. »

Harry haussa les épaules :

« Bien sûr, des planètes artificielles de tous les styles ont été créées avec pour nom Égypte et en quelque sorte le même thème pyramides / pharaon, mais je veux aller en Égypte sur Terre, là où les pharaons originaux ont régné ! Je veux voir les pyramides et le sphinx et les temples et les palais et tout ! Tu connais certaines histoires sur leurs dieux ? Un d'eux a été coupé en petits morceaux par son frère jaloux donc sa femme, qui était aussi sa soeur je crois, l'a recollé avec de la boue du fleuve Nil et il est devenu le Dieu du monde souterrain ! Et il y avait un pharaon qui croyait qu'il n'y avait qu'un dieu, Aten, et qui a déclaré l'Égypte comme monothéiste, et quand il est mort, ils ont essayé de l'effacer de l'histoire ! Et Toutankhamon était si jeune quand il est monté sur le trône et quand il est mort. Et tu savais qu'ils ont eu une femme pharaon, Hatshepsut, que les dynasties suivantes ont essayé d'effacer de l'histoire ? Est-ce qu'on peut y aller ? » supplia Harry.

Le Docteur eut un sourire affectueux :

« Va chercher ton oncle, dis lui où nous allons. Il est probablement encore en train de dormir, ou de s'entraîner, ou je ne sais pas. Je vais programmer les coordonnées. »

Harry s'éloigna, puis s'arrêta, attendant quelque chose d'autre.

« Et je ne les validerai pas tant que tu ne seras pas de retour, » termina le Docteur.

Harry eut un grand sourire :

« Merci papa ! »

Il s'éloigna en courant. Rose gloussa :

« Peux-tu croire qu'il a déjà dix ans ? » dit-elle avec un sourire.

Le Docteur secoua la tête :

« Parfois j'oublie qu'il est encore un enfant, et d'autres fois, ça m'est jeté au visage. Intelligent et vif, mais il est terriblement naïf au fond. Il arrive ici en courant, en ayant probablement appris comment lire les hiéroglyphes ces derniers jours, en suppliant d'aller faire un voyage en Égypte. Quand il ira à Hogwarts à son époque natale, est-ce qu'il sera capable de supporter le fait qu'il ne pourra pas simplement courir quand il veut vers n'importe quel endroit ou époque qui attire son attention ? »

Rose soupira et posa une main sur la joue du Docteur :

« Chéri, il va apprendre. Peut-être qu'être dans une école de magie aidera. C'est une institution d'apprentissage, ce qu'il aime. Mais tu sais, il y sera dans peut-être six mois. Ce n'est plus très loin, tu ferais mieux de t'assurer qu'il est préparé à vivre longtemps au même endroit à la même époque. »

Le Docteur baissa la tête :

« Ouais, et alors je vais devoir le supporter en train de se plaindre à ce sujet, et vouloir aller quelque part le week-end et ne pas réaliser qu'on ne peut pas juste partir parce qu'il le veut. »

Il soupira et passa une main dans ses cheveux :

« Ça va être sympa. »

Rose rit.

Il se passa encore quelques minutes avant que Harry ne revienne, tirant derrière lui un Jack quelque peu ébouriffé et toujours à moitié endormi.

« C'est quoi cette histoire d'Égypte et de Pharaons et de Pyramides ? marmonna-t-il en se frottant les yeux pour se réveiller.

— Et bien, Harry s'est mis en tête qu'il veut voir l'Égypte sur Terre dans l'Antiquité. Quand il y avait des pyramides et des pharaons et des temples immenses et des dieux multiples, dit Rose. Je crois qu'il a appris l'égyptien tout seul aussi. »

Harry hocha la tête avec un sourire sur le visage :

« Ouaip ! »

Jack grogna :

« D'accord, d'accord, au moins, ce n'est que l'Égypte Ancienne, dit-il en s'étirant.

— Ancienne ? » questionna Harry.

Jack ébouriffa les cheveux du garçon :

« L'Égypte que tu veux voir est plutôt connue à travers l'histoire de la Terre, donc pour savoir de quelle Égypte on parle quand on vit dans un temps linéaire, tout le monde l'appelle Égypte Ancienne. »

Harry prononça l'expression.

« C'est étrange, décida-t-il.

— Et bien, tu coinces toujours sur le fait de lire l'heure, alors ce n'est pas vraiment une surprise, » gloussa Rose.

Harry lui tira la langue.

Le Docteur agita les mains :

« Bien, Harry, allons y faire un tour. À présent, programmes la date à laquelle tu veux aller, et l'endroit, j'ai déjà paramétré les coordonnées de base. Je conseillerais un endroit plutôt désert, si tu en connais un d'après tes lectures. »

Harry frotta ses mains l'une contre l'autre et commença à appuyer sur des boutons, tirer sur des leviers, tapoter sur des écrans, basculer des interrupteurs, triturer des petits boutons, et le TARDIS commença à s'agiter et se secouer.

« C'est parti ! » cria-t-il avec joie, et le Docteur appuya sur quelques boutons de plus pour garder le TARDIS stable et courut pour frapper sur quelques éléments.

Rose était heureuse que les secousses, tremblements et les voyages généralement dangereux dans lesquels se lançait le TARDIS dans ses jeunes années avaient diminué avec plus d'une personne aux commandes. De plus, l'affection que le TARDIS avait pour Harry aidait à rendre le processus dans son ensemble beaucoup plus sûr en général.

Quand le TARDIS arrêta toute agitation et tremblement, se posant dans un temps et un espace réels, Harry courut vers la porte, son manteau vert voletant autour de ses pieds nus (son habitude de ne pas porter de chaussures était toujours valable, et par conséquent, il pouvait courir sur presque n'importe quoi sans se blesser gravement).

Il ouvrit la porte d'un grand geste, et une bourrasque d'air chaud et sablonneux envahit le TARDIS.

« Harry, ferme la porte ! » cria Rose, sentant le sable remplir tous les petits interstices de son corps et irriter sa peau.

Elle n'avait pas eu besoin de parler car la porte fut fermée immédiatement.

« Et bien, je crois qu'on va avoir besoin d'habits spéciaux, » dit Harry, en frottant ses yeux et en crachant du sable.

Le Docteur, qui était derrière la table de commandes, et Jack, toujours au niveau de la porte du fond, avaient été épargnés par la bourrasque de sable et riaient à présent alors que Rose et Harry essayaient de se débarrasser d'autant de sable que possible.

« J'ai quelques foulards dans la garde-robe, et des capuches. Pour garder tout ça hors de nos cheveux et notre bouche. Ça devrait être la meilleure solution que nous avons pour rester généralement libres de tout sable, » dit le Docteur en s'éloignant avec enthousiasme vers la garde-robe, suivi par Jack et, à distance, toujours en train d'essayer de se débarrasser des fines particules de sables, Rose et Harry.

« Ça n'était sans doute pas la meilleure idée, dit Harry.

— Sans doute pas, répondit Rose.

— Je ne savais pas que le sable pouvait aller là, se plaignit Harry en tirant sa chemise et en frottant d'autres particules fines pour les faire tomber de son torse. Je crois qu'il y en a dans mon pantalon, » geignit-il.

Rose eut un reniflement moqueur :

« Tu n'avais pas réalisé à quel point l'Égypte était ensablée quand tu as décidé de venir ici ?

— Il y a le Nil en Égypte, je ne m'attendais pas à ce que le sable soit aussi persistant avec tant d'eau à proximité !

— Tu n'as pas fais de recherches sur le pays en lui-même, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle.

Harry soupira :

« Pas en détail. Je veux dire, je savais que les Pyramides ont été construites dans un biotope désertique, la plupart des planètes artificielles copient ce système, mais je pensais que la ville principale en serait un peu éloignée. Je veux dire, avec un très grand fleuve à proximité, pourquoi il y aurait toujours autant de sable ? »

Rose lui tapota la tête, sentant encore du sable s'accrocher à son scalp :

« Là, là, nous serons tous complètement ensablés à la fin. Très ensablés. Tant de sable qu'il n'y aura jamais assez de douches pour se débarrasser du sable. Tant de sable qu'on pourra le suivre à la trace dans la salle de contrôle. Tant de sable que si on le faisait tomber par terre, on créerait un désert dans le TARDIS. Tant de sable que…

— Okay, okay, j'ai compris, grogna Harry. Beaucoup de sable. »

Rose eut un grand sourire.

Ils se retrouvèrent dans la garde-robe où le Docteur tenait déjà des voiles et des fichus.

« Quelqu'un veut l'ensemble complet ? » demanda-t-il.

Rose leva la main :

« Moi. J'aimerais ne pas ruiner tous mes beaux vêtements avec le sable. Et en plus, ils ont des chouettes choses à cette époque. »

Jack eut un grand sourire :

« Ça me va. Très aéré et tout. »

Rose lui donna une tape sur l'arrière du crâne :

« Ne vas pas flirter avec le pharaon, Jack. On ne veut pas avoir à t'aider à ré-attacher ta tête à ton corps. Ou te voir te régénérer après qu'ils t'ont donné à manger à un crocodile. »

Jack agita une main insouciante :

« Je suis sûr que je peux parfaitement me sortir d'une telle situation sans ton aide, » dit-il avec un sourire.

Harry leva les yeux au ciel :

« Je vais le prendre aussi. Je n'aime pas vraiment la sensation des petits grains de sable se frottant contre ma peau. »

Quelques minutes plus tard, ils furent tous prêts à sortir voir l'Égypte dans toute sa grandeur, habillés pour empêcher le sable de faire de son mieux pour les transformer en des versions plus petites et plus rondes d'eux-mêmes.

Même si les habits faisaient une différence, dès l'instant où ils posèrent le pied dehors, le sable, le soleil et le bruit les assaillirent. Harry, plutôt que de trouver une zone calme et plutôt éloignée pour se poser, les avait fait arriver près de la rue la plus animée qu'ils aient jamais vue.

Le Docteur regarda Harry :

« Et bien, c'est l'opposé de pas beaucoup de gens, » dit-il.

Harry haussa les épaules :

« Nous n'avons atterri sur personne, contrairement à la fois où tu as essayé de nous approcher de cet arbre immense sur cette planète avec tous ces arbres immenses et ces gens qui vivaient dedans et ne touchaient jamais le sol. Tu as mal calculé l'espace d'atterrissage, et tu as fini sur la tête de leur dirigeant. »

Rose et Jack rirent. Le Docteur secoua la tête en soupirant :

« Vraiment ? Je croyais qu'on était d'accord sur le fait d'ignorer ce petit événement. »

Harry eut un grand sourire avant de partir en courant, les robes voltigeant autour de lui alors qu'il s'éloignait en riant :

« Attrape-moi si tu peux, papa ! »

Le Docteur grogna :

« Et dire que je croyais qu'il avait suffisamment mûri pour ne pas faire de choses aussi stupides que ça, gémit-il.

— C'est ton fils, tu ne devrais pas t'attendre à moins que ça de sa part, » dit Rose.

Le Docteur leva ses yeux au ciel :

« Il est encore pénible. Allons le trouver, avant qu'il ne coure dans les ennuis. »

Harry était, effectivement, en train de courir dans les ennuis, même s'il ne le savait pas encore. Cela arriva sous la forme d'un grand homme assez bedonnant portant une tablette en pierre, dans lequel Harry rentra presque. Il y échappa de justesse, en s'arrêtant dans un dérapage à quelques centimètres de rentrer dans l'homme et de briser sa tablette en morceaux. En tous petits morceaux qui n'auraient pas pu être rassemblés.

« Salut ! dit-il avec enthousiasme. Je suis Harry. Je veux voir les pyramides, pouvez-vous m'indiquer par où elles sont ? » demanda-t-il.

L'homme baissa les yeux vers lui.

« Les pyramides ? Elles sont en construction, petit. Même si je suppose que si elles t'intéressent autant, ça ne me dérange pas de te montrer où elles sont construites. On peut voir leurs fondations depuis les rives du Nil.

— Génial, exactement ce que j'espérais ! J'ai vraiment trouvé la bonne époque, ce qui est bien la première fois ! Vous avez utilisé des maths si brillantes pour faire fonctionner tout ça, des triangles et des angles et tant de précision, et en utilisant les étoiles, c'est absolument brillant. Vous êtes des génies ! » dit Harry en sautillant, parlant sans s'arrêter comme il pouvait si bien le faire.

Malheureusement, la personne à laquelle il parlait n'était pas le citoyen normal, facilement confus et perturbé dans ses activités quotidiennes, mais l'ingénieur en chef auprès du Pharaons, et le chef du projet de la pyramide.

L'ingénieur regarda le jeune garçon, l'estimant avoir une dizaine de saisons, même s'il était très grand pour son âge, mais aussi très jeune pour être capable de parler avec autant d'assurance sur le processus qu'ils entreprenaient en ce moment. Un processus très secret, ou du moins, dont les spécificités étaient secrètes.

« Tu en sais pas mal sur la construction. Est-ce que l'ingénierie t'intéresse ? demanda-t-il.

— Oh, j'adore ça ! Les maths, l'ingénierie, la science, l'histoire, tout est si fascinant. Et vous étiez si brillants. Saviez-vous qu'on n'a pas pu reproduire les pyramides que vous avez construites pendant des milliers d'années ? Faire quelque chose d'aussi grand que les pyramides, aussi exact, et bien, c'est un exploit extraordinaire d'ingénierie. Cela a pris des millénaires pour qu'on comprenne comment vous avez fait. »

L'ingénieur avait l'impression d'entendre les mots du conseiller principal du pharaon résonner dans son esprit. Ce garçon, il parlait comme le conseiller, cette présence immense du géant homme, écrasante par sa sagesse et sa connaissance. Le garçon n'avait pas cette présence, mais il y avait la sagesse, la connaissance et quelque chose d'autre.

Le conseiller serait intéressé par ce garçon

« Gar… Harry, dit-il en se rappelant du nom, un nom étrange qui sonna de façon étrange dans sa bouche. Harry, après avoir vu les pyramides, est-ce que tu aimerais rencontrer la personne qui est derrière l'idée des pyramides ? » demanda-t-il.

Harry se tourna brusquement, et l'homme croisa le regard des joyaux les plus verts qu'il avait jamais vu. Il était à présent sûr que ce garçon était spécial.

« Vraiment ? Vous le pensez vraiment ? » souffla Harry, son excitation visible sur son visage.

Toute idée que son père aimerait peut-être savoir où il était avait quitté son esprit. Il avait des choses intéressantes à apprendre, et des gens intéressants à rencontrer.

« Je le pense… vraiment. Après avoir vu les bases de la pyramide, je vais t'emmener voir Osiris. »

Harry pencha la tête :

« Le Dieu du Monde Souterrain ? Ses parents avaient vraiment un sens de l'humour bizarre, » dit-il.

L'Ingénieur gloussa :

« Quelque chose comme ça. »

Harry sautilla devant l'ingénieur, manquant le regard calculateur qui traversa son visage. Ce garçon… oui, le Conseiller Principal allait l'adorer. Énormément.

Harry grimpa à une échelle jusqu'au sommet d'une tour d'observation sur les rives du Nil, un concept simple utilisé pour surveiller les bateaux, et se tourna vers le désert.

Des milliers et des milliers de gens travaillaient dans une synchronisation parfaite. Des blocs immenses de calcaire étaient soulevés, la blancheur aveuglante au soleil. La base de la pyramide s'élevait déjà à plus de six mètres, même si on était encore loin de sa taille finale. Harry la regarda avec admiration.

Il resta là un long moment à regarder le processus de construction avec de grands yeux. L'ingénieur l'observa suivra la construction avec ces yeux de couleur étrange, une couleur qu'il n'avait jamais vue avant.

« Harry, je suis sûr que le Conseiller aimerait te rencontrer. Es-tu prêt ? » demanda l'ingénieur.

Harry eut un grand sourire :

« Bien sûr que je suis prêt ! »

Et il dégringola l'échelle.

Il babilla sur tout le long du chemin à travers la ville alors que l'ingénieur les conduisait au petit temple où habitait Osiris. Il comprenait peu de choses, mais cela ne faisait que confirmer son intuition que Osiris aimerait rencontrer ce petit enfant.

« Qu'avez-vous à faire ici ? » demanda un garde en bloquant le passage avec une grande lance.

L'ingénieur souleva un sourcil délicatement peint :

« Ne sais-tu pas qui je suis ? » dit-il en regardant le garde et en montrant son insigne.

Le garde baissa les yeux vers le cercle de métal, prêt à afficher son mépris, avant que son visage ne montre son étonnement puis sa désolation, puis sa gêne, puis plus rien.

« Je suis désolé, Ingénieur en Chef. Je n'étais pas informé de votre visite. Veuillez entrer. Est-ce… est-ce que l'enfant est avec vous également ?

— Oui. Je crois que Osiris va le trouver de grand intérêt. »

Le garde parvint à garder une expression neutre, même si l'ingénieur pouvait voir l'envie de poser des questions dans toute son attitude.

« Veuillez entrer. Mon Seigneur est dans les chambres de méditation. »

L'ingénieur hocha la tête, et Harry bondit après lui :

« Il doit être vraiment très important, cet Osiris, » dit-il.

Le garde cligna des yeux. Et bien, l'enfant serait certainement surpris.

« Oh, il l'est, » assura l'ingénieur.

La chambre de méditation était juste au delà de la petite mare et était remplie de vases canopes, de flèches tournoyant en formations étranges, de formes bizarres, de blasons curieux, et d'étranges appareils mécaniques que l'ingénieur, malgré toutes ses connaissances, ne pouvait pas comprendre.

« Mon seigneur, j'ai rencontré quelqu'un qui je crois vous intéressera, dit-il en s'inclinant profondément.

— Mon Ingénieur en Chef, c'est un réel plaisir de te voir. Je dois demander, comment mes pyramides avancent ?

— Très bien, mon seigneur. J'étais justement en train de superviser les progrès avant de venir vous voir.

— C'est bien. À présent, qui est cette personne intéressante ? Je la sens déjà, elle a un certain… arôme que je connais bien. Je suis très intéressé à la rencontrer. »

Harry jeta un coup d'oeil dans la pièce, et comprit immédiatement qu'il s'était aventuré dans quelque chose dans laquelle il n'aurait vraiment pas du aller.

« Salut… » dit-il, ses yeux absorbant autant de détails de la pièce qu'il pouvait.

Ce n'était pas une pièce typiquement égyptienne, et cette créature n'était pas humaine.

« Bonjour, jeune voyageur. Ingénieur, tu peux partir. Je souhaite parler avec ce petit seul. »

L'ingénieur s'inclina et quitta la pièce, ravi. Il avait eu une bonne intuition.

Harry s'avança avec précaution.

« Vous… vous n'êtes pas humain, n'est-ce pas ? » dit-il.

Il y avait un collier qui brillait dans son champ de vision, étincelant.

« Votre collier… C'est un Changeur ? demanda-t-il, faisant référence à la technologie qui permettait de déguiser l'apparence extérieure d'un corps.

— Je ne suis pas humain, jeune voyageur, et c'est en effet un Changeur, dit-il en touchant le collier avec une main aux longs doigts. Mon apparence naturelle est un peu trop pour les humains, donc tant que je suis ici, c'est mieux de masquer ma forme véritable. »

Il leva les yeux vers Harry, ses yeux verts brillants étincelant.

« Tu n'es pas complètement humain non plus. C'est une odeur particulière, je l'ai déjà sentie une fois auparavant. Sur un homme avec un costume étrange et un goût particulier pour les écharpes. »

Harry savait parfaitement de qui il parlait.

« Et bien, euh, vous voyez, je voulais simplement voir les pyramides, je pense qu'elles sont spectaculaires, au passage, mais si je pouvais y aller maintenant, je suis sûr que mon papa est plutôt inquiet à mon sujet…

— Assieds-toi, jeune voyageur. »

Harry s'assit, certain que s'il essayait de partir, les conséquences seraient dramatiques. Il y avait aussi une part de lui qui avait très envie d'entendre une histoire de cet étranger qui connaissait son papa, une part plus grande que celle qui lui disait de courir aussi vite que possible pour s'éloigner de là.

« Tu es le fils d'un Seigneur du Temps, je me souviens bien de cette odeur du temps, à présent. C'était masqué par une autre odeur pendant un temps, mais j'ai compris. Tu as l'odeur d'un Seigneur du Temps et de son vaisseau. Une si douce odeur de temps, bien meilleure que notre méthode. Même si à présent elle est si rare. Les Seigneurs du Temps, réduits à un par sa propre faute. »

Il y avait une douceur sucrée dans ces mots que Harry n'aimait pas du tout.

« Que voulez-vous dire ? demanda-t-il, pas certain d'apprécier le sous-entendu des paroles d'Osiris.

— Tu sais certainement comment les Seigneurs du Temps ont été détruits, n'est-ce pas ? dit le non-humain Osiris.

— Ouais, je sais. Papa est tout ce qui reste. »

Harry voulait vraiment se lever et quitter cette pièce à toute vitesse, à présent, son désir d'histoire s'évanouissant à la lumière de l'atmosphère de la pièce, un mélange entêtant de confiance et d'arrogance. Osiris était une présence malsaine qui s'accrochait à lui, le rendant tout sirupeux. Son esprit voulait désespérément partir, mais son corps ne coopérait pas.

« Et bien, oui, mais savais-tu que ton… père était la raison pour laquelle les Seigneurs du Temps ne sont plus là ? C'était un choc à travers tout l'Univers, et tous ceux sensibles au temps ont ressenti leur perte. C'était un coup de poignard à travers le Vortex Temporel. Ils étaient une part très essentielle de l'Univers, tu sais, et avec leur perte, il y a eu un vide de pouvoir à remplir ne ressemblant à aucun autre. Ton père a du le remplir seul. »

Harry se raidit :

« Mon papa n'a pas… il ne pourrait pas… il ne pourrait pas… » bafouilla-t-il.

Son papa… les raisons ?

« Je ne comprends pas, » dit-il finalement.

Il était intrigué, la curiosité l'emportant. Son papa était un parangon de paix et de non-violence, même s'il savait qu'il y avait eu une grande guerre avant la fin des Seigneurs du Temps. Harry ne savait presque rien de ce qui s'était passé, cependant. Si ce… Osiris savait, il voulait savoir.

« Oh, le Seigneur du Temps n'a jamais dit à son propre fils son plus grand péché ? » dit le non-humain Osiris, de la joie dans sa voix.

Harry secoua la tête :

« Non, dit-il avec empathie. Il m'a dit que les Seigneurs du Temps étaient partis, mais il ne m'a jamais dit… il ne m'a jamais dit ce qui leur était arrivé.

— Et bien, petit Voyageur du Temps, assieds-toi, car je vais te raconter une histoire plus vieille que le Temps, car c'est une histoire qui a été arrachée du Temps lui-même. Une histoire de deux races, deux espèces, et un désir de domination et de contrôle. »

Harry était fasciné.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un changement de scène ~~~~~~~~~~~~~~

Le Docteur, Rose et Jack se dirigèrent vers la rue dans laquelle Harry avait disparu, mais ils étaient ralentis par les mouvements de foule. Harry, petite créature qu'il était, s'était faufilé à travers la foule en courant et le Docteur ne pouvait plus le voir.

« HARRY ! TU AS INTÉRÊT DE NE PAS AVOIR D'ENNUIS AVANT QUE JE TE TROUVE ! » cria-t-il, espérant que son fils l'entende.

Rose gloussa :

« Vraiment, Docteur, tu aurais du savoir que quelque chose comme ça allait se passer. Ce n'est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière. En plus, quel genre d'ennuis peut-il avoir en Égypte Ancienne ? »

Jack leva un sourcil :

« Tu veux vraiment savoir quel genre d'ennuis peut Harry vraiment avoir ? dit-il. Parce que tu es en train de parler du même Harry que je connais, n'est-ce pas ? Le même Harry qui, juste l'autre semaine, s'est coincé dans un vortex dimensionnel et s'est divisé en cinq parties à bord du TARDIS ? Le même Harry qui, à l'âge de quatre ans, a transformé une tribu entière de croyants cannibales en végétariens ? Le même Harry qui a failli détruire une planète avec un tournevis sonique et une mauvaise visée ? Le même Harry qui…

— Ça suffit, ça suffit, j'ai compris. Allons le trouver avant qu'il fasse quelque chose comme se faire graver le visage sur le côté des pyramides ou quelque chose comme ça, » souffla Rose en direction de Jack.

Le Docteur eut un reniflement moqueur :

« Et bien, ce serait certainement quelque chose à voir. Ça perturberait le reste de la planète pendant des siècles. »

Le Docteur avait l'impression que quelque chose tentait de se rappeler à son esprit, quelque chose ayant rapport avec les pyramides et l'Égypte et l'énergie, mais il ne pouvait pas s'en souvenir.

Il regretterait de ne pas y avoir prêté attention plus tard.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un changement de scène ~~~~~~~~~~~~~~

« As-tu entendu parler des Daleks, jeune Harry ? » dit Osiris.

Harry secoua la tête, ne se faisant pas confiance pour parler.

« Et bien, les Daleks étaient une race de monstres, des créatures sans aucune autre émotion qu'un désir de détruire tout ce qui n'était pas eux. Mon peuple a eu quelques rencontres avec eux, mais nous n'avons jamais été leur cible. Notre forme de Voyage Temporel ne les intéressait pas et ils ne pouvaient pas l'utiliser avec efficacité, donc nous avons été laissés tranquilles. Ils étaient globalement peu intéressés pour nous affronter sur notre territoire, et nous n'étions pas intéressés pour les affronter, donc ils nous ont laissé tranquilles tout comme nous les avons laissés tranquilles. Mais les Seigneurs du Temps, ils étaient l'apogée des créatures Voyageant dans le Temps. Cultiver l'énergie d'un trou noir et alimenter leurs TARDIS à travers le vortex lui-même. Et les Daleks voulaient ça. Ils voulaient que l'Univers ne soit que des Daleks. »

Les yeux de Harry s'écarquillèrent :

« Ce… Ce serait monstrueux…

— En effet, enfant, et c'est pour ça que les Seigneurs du Temps les ont combattus, même si ça a pris du temps avant que ça commence vraiment. Ton père, le Docteur, était leur ennemi numéro Un, l'adversaire principal des Daleks, et ils le craignaient. Il a détruit des millions de Daleks à travers le temps. Ils l'appelaient Ka Faraq Gatri, ce qui veut dire…

— Destructeur de Mondes, souffla Harry, la matrice de traduction du TARDIS effectuant son travail. Mon papa était appelé comme ça ?

— Si ça peut te consoler, c'était par une race considérée universellement comme l'apogée du mal, » dit Osiris sans aucune sympathie.

Harry avait l'impression que ça ne faisait qu'aggraver les choses, d'être appelé de façon si cruelle par des êtres considérés comme si cruels.

« Ça ne l'est pas, dit-il à Osiris.

— Je ne pensais pas que ça le serait. C'est un nom plutôt cruel. Mais il était le sauveur de tant de races qu'il était considéré comme un héros. Même si les Seigneurs du Temps n'approuvaient pas ses actes, il a quand même été appelé quand la Dernière Grande Guerre du Temps a commencé. Elle a commencé d'un coup, et tout d'un coup, si ça a du sens, dit Osiris.

— Oui, ça en a. Une Guerre du Temps commence, et elle résonne à travers le temps, créant un début à toutes époques.

— Tu es un petit très intelligent, Harry.

— Je sais. Je sais aussi que tout ça n'est qu'une histoire. Vous pourriez être en train d'inventer tout ça, pour ce que j'en sais. Il n'y a aucune preuve que mon papa a fait quoi que ce soit. »

Même si Harry savait que son papa avait été impliqué d'une façon ou d'une autre dans une telle guerre. Il était le seul survivant et il refusait que Harry voit quoi que ce soit en lien avec les Seigneurs du Temps.

Osiris sembla amusé.

« Bien sûr, je pourrais être en train de t'inventer une histoire sur un être que je trouve plutôt irritant. Ton père a interféré dans quelques uns de mes projets il y a quelques années. C'était très frustrant. »

Il observa Harry attentivement.

« Mais tu sais que quelque chose s'est passé. Quelque chose de drastique et d'immense. Le peuple de ton père est parti, réduit à un simple membre et son TARDIS. »

Le visage de Harry était un masque de déni, souhaitant désespérément que Osiris lui mente, soit en train d'inventer des histoires sur quelque chose qu'il ne pourrait jamais prouver.

« Prouvez-le, dit-il.

— Je ne te raconterais pas tout ça si je ne pouvais pas, comme tu dis, le prouver. Je n'étais pas présent lors de la guerre, pas vraiment, mais lorsque je voyage dans le Vortex Temporel, je reste à l'intérieur pendant un moment, en train de regarder les événements se dérouler. »

Il sortit une petite pyramide cristalline qui scintilla.

« C'était, je crois, la bataille finale à Arcadia, au dernier jour de la Guerre du Temps. Ils avaient des armes détestables, des deux côtés. »

Il tendit sa paume tenant la pyramide.

« Tu sais ce que c'est ? » demanda-t-il.

Harry hocha la tête en sentant sa bouche s'assécher :

« Un cristal de mémoire, dit-il. Ça contient des vrais souvenirs. On ne peut pas les modifier ou en altérer la perception, pas sans détruire le cristal et potentiellement soi-même.

— Donc je n'ai pas besoin de te dire que c'est vrai. »

Harry secoua la tête. Il sentit l'inquiétude serrer sa gorge. Sa magie se débattit contre son limiteur, essayant désespérément de résoudre ce problème qui perturbait ses émotions.

« Je connais cette forme, c'est un cristal de vue véritable. Ça contient la vision d'un souvenir d'une longueur significative dans tous ses détails. On peut le survoler comme si c'était une vidéo, amplifier n'importe quel sens voulu, tant que le spectateur est capable de le sentir.

— Tu es intelligent. Je ne pensais pas que tu connaîtrais la forme du cristal. Ce sont des objets plutôt rares et uniques.

— Papa a une passion pour les cristaux de toute sorte. Il y a quelques Cristaux de Mémoire à bord du TARDIS, » s'entendit Harry dire.

Il essayait toujours d'absorber les événements qui étaient en train de se dérouler. Sa magie se débattant contre le limiteur, souhaitant détruire la chose qui lui causait tant de trouble. Il devait se forcer à ne pas toucher son focus, ou ils pourraient trouver un moyen d'utiliser cette envie.

« Alors je vais libérer le souvenir. Je t'en prie, jeune Harry, si tu pouvais toucher le Cristal, nous pourrons commencer. Je vais te montrer la bataille à laquelle j'ai assisté, entre les Seigneurs du Temps et les Daleks, une bataille qui a déchiré des mondes et détruit des civilisations. Car qu'est-ce qu'une bataille à l'échelle de l'univers si ce n'est universellement destructrice ? »

Osiris fit un geste vers la pyramide de cristal, et Harry posa sa main dessus alors que Osiris appuyait sur l'activateur.

~~~~~~~~~~~~~~ Où l'on assiste à un souvenir ~~~~~~~~~~~~~~

Il flottait dans les poches du Temps et de l'Espace, trouvant du réconfort ici comme il en trouvait rarement ailleurs. La façon de son peuple de voyager dans le temps était limitée et signifiait souvent qu'ils devaient passer de longs moments de temps incommensurable à attendre d'arriver à leur destination.

C'était ce qu'il était en train de faire. Il flottait quelque part près du centre de la galaxie locale, suffisamment près pour que s'il se déplaçait de quelques dizaines d'années-lumière dans la mauvaise direction, il puisse être attiré dans le trou noir, même s'il ne faisait pas vraiment partie du plan physique. Il était un observateur, voyageant dans le cosmos, capable de voir mais jamais d'intervenir. Pas dans cet état limité.

Et à quel spectacle il assistait à présent. Gallifrey, la puissance des Seigneurs du Temps, hérauts du Temps et incroyablement hautains et snobs, se battait désespérément pour sa survie.

Leur planète était assiégée, bombardée de tous les côtés par des centaines, des milliers, peut-être des millions, de vaisseaux Daleks. Chacun contenait des millions de Daleks. Les petits robots monstrueux haïssaient les Seigneurs du Temps bien plus que n'importe quelle autre espèce, leur enviaient leur technologie et avaient dirigé l'ensemble de la puissance de leur empire considérable contre la planète.

Même si, bien sûr, les Seigneurs du Temps n'avaient pas grand chose pour les excuser, à part ne pas être généralement décidés à détruire toutes les autres races de l'Univers. Ils étaient coincés et imbus de leur propre pouvoir, daignant rarement aider les races inférieures, comme ils les considéraient, alors qu'elles affrontaient les invasions auxquelles les soumettaient les Daleks. En fait, seuls leurs renégats et leurs exclus prenaient le temps et l'effort de tenter d'arrêter les Daleks.

Le plus important étant cette épine dans le pied de l'Univers, le Docteur. Fouineur et se mêlant de tout, il ne serait pas surpris si le Docteur causait autant de dommages que les Daleks en essayant de les arrêter. Au moins, les Daleks tuaient tout le monde. Le Docteur abandonnait les gens si déchirés par la guerre et le combat contre un ennemi qui semblait inarrêtable qu'ils savaient rarement quoi faire d'autre que se battre.

Ici, cependant, il semblait que le Docteur aurait sa part de combats. Il était prêt à parier que cet éclat dans ses yeux quand il percevait une injustice serait une véritable fournaise à présent. Les Seigneurs du Temps étaient en train de perdre, ce n'était qu'une question de temps, du Temps qu'ils faisaient certainement tout leur possible pour étendre.

Il pouvait voir les redoutées Armes des Seigneurs du Temps en action à travers le champ de bataille, allant de vaisseau en vaisseau, laissant derrière elles non pas des carcasses tordues de métal mais des nuages de poussière et de vapeur après les avoir vieillis au delà de toute existence ou les avoir ramenés à leur état infantile, ou les avoir transformés en Jamais-été, des choses qui étaient mais n'étaient pas, effacées du Temps lui-même.

Les Armes des Seigneurs du Temps n'étaient jamais simples à comprendre, mais les résultats étaient évidents pour ceux qui les voyaient. La plupart des Armes provenaient d'expériences ayant mal tourné, ou ayant horriblement bien tourné. Enfermées, loin des mains de ceux qui les auraient utilisées, elles étaient à présent libérées, à pleine puissance, alors qu'Arcadia se battait pour sa vie.

Il pouvait voir le TARDIS du Docteur faire ce qu'il pouvait, bataillant alors que les tranchées célestes s'effondraient, dirigeant les Armes vers les vaisseaux Daleks. Mais ces Armes, Osiris le savait, ne pouvaient pas être utilisées pendant longtemps, pas à moins qu'ils se moquaient de détruire non seulement leur ennemis mais également eux-mêmes.

Le plus longtemps les Armes seraient utilisées, le plus dur il serait de les enfermer à nouveau. Déjà, l'Enfant du Cauchemar attendait, les mâchoires ouvertes, attrapant tout ce qui passait suffisamment proche de sa gueule. Personne ne savait ce qui arrivait à ceux assez malchanceux pour être avalés.

Le Roi Qui Aurait Pu Être, libéré avec ses armées de Pendant-Ce-Temps et de N'Ont-Jamais-Été, détruisait tout ce qui était à proximité, Dalek ou Seigneur du Temps. Personne ne pouvait contrôler le Roi Qui Aurait Pu Être. Les Daleks avaient leurs propres armes, les Dégradations de Skaro, des mutations horrifiques de Daleks en armes redoutables.

Et la mort ravageait tout. Les Seigneurs du Temps, des êtres à l'espérance de vie inhabituellement longue, mourraient et se régénéraient et mourraient et se régénéraient de partout. Des petits éclats de lumière accélérés artificiellement, dangereusement, par les protocoles de temps de guerre.

Le TARDIS du Docteur s'arrêta en plein milieu du champ de bataille, resta suspendu là pendant un moment, puis disparut en clignotant comme s'il n'avait jamais été là.

Il se demanda si le Docteur avait fui, si sa sensibilité délicate ne pouvait finalement plus supporter l'horreur et la destruction qui faisaient rage.

Si seulement il en avait été ainsi. Tout d'un coup, chaque vaisseau de Seigneur du Temps se figea pendant une seconde infinitésimale. Puis ils fuirent tous en panique. C'était la seule façon de décrire la soudaine avalanche de mouvement.

Quelque chose se passait. Quelque chose de grand.

Il n'eut pas à attendre longtemps pour découvrir quoi.

Le vaisseau du Docteur apparut à nouveau, flottant sur les limites du champ de bataille, peu de temps après qu'il l'avait quitté. Mais quelque chose n'allait pas. Il ne rejoignait pas la bataille. Il se contentait de flotter là, observant, attendant.

Un frisson parcourut son corps, de la pointe de ses oreilles à ses orteils. La scène devant lui tremblota, puis le temps et l'espace eux-mêmes s'ouvrirent en grand, une mâchoire grande ouverte. Et les Daleks, les Seigneurs du Temps, les Armes, Gallifrey, le Roi Qui Aurait Pu Être, l'Enfant du Cauchemar, tous furent avalés. C'était instantané et infini alors que le Temps tremblait et sursautait et s'agitait.

Quand il se calma, quand seuls les secousses de réplique restèrent, seul le TARDIS bleu flottait dans l'espace, seul. Brûlé et égratigné et abîmé à cause du feu de la bataille, seul le Docteur restait. Puis, après un moment, il disparut également et Osiris fut rejeté de la Ligne Temporelle.

Une Ligne Temporelle, réalisa-t-il avec un sursaut, qui n'existait plus. Le Docteur avait terminé la guerre en les effaçant de l'existence même, les verrouillant dans une Ligne Temporelle à laquelle personne ne pouvait accéder.

Son être entier sembla se geler à cette simple pensée.

~~~~~~~~~~~~~~ Où le souvenir se termine ~~~~~~~~~~~~~~

Harry resta pétrifié devant l'horreur de la destruction montrée par le souvenir. C'était le TARDIS, avec son Circuit de Camouflage cassé et tout. Et c'était le TARDIS et son père, détruisant non seulement les Daleks mais son propre peuple. Les bannissant dans les profondeurs du Temps, les verrouillant, verrouillant toute la guerre. Il avait senti le malaise devant ces… Armes, ces monstruosités en train de tout détruire. Tranquillement, comme si elles écartaient des mouches. Mais elles avaient été effacées de l'histoire, du temps.

Il sursauta, s'éloignant précipitamment de Osiris et du cristal de mémoire, les mains tremblantes, essayant d'attraper quelque chose, n'importe quoi. Il voulait attraper son focus, libérer l'énergie sauvage accumulée qui se battait contre son limiteur. Il voulait enlever le limiteur et laisser sa magie s'écouler. Mais la destruction que cela promettait…

« Pourquoi est-ce que vous m'avez montré ça ? haleta-t-il, son coeur battant à toute vitesse alors qu'il était à la limite de l'indécision. Comment est-ce que vous avez seulement pu voir ça ?

— Je t'ai montré ça, jeune Harry, parce que ça m'amusait de le faire. Ton père est un irritant. Il s'est mêlé d'un de mes projets et en a retardé l'achèvement de plusieurs centaines d'années. Tu es, d'une certaine manière, juste un moyen pour une fin. »

Osiris fronça les sourcils alors qu'il sentait l'énergie irradier du corps du garçon. Elle était piégée, mais s'il ne faisait rien pour calmer le feu brûlant qui faisait rage sous la peau de Harry, il pourrait en ressentir les conséquences.

Un petit pied s'appuya contre sa jambe. Il baissa les yeux.

« Miaou ? demanda le petit chaton, inclinant sa tête vers le garçon, dont les yeux s'étaient écarquillés sous une colère invisible.

— Tu veux qu'il soit ton partenaire ? demanda Osiris, amusé.

— Miaou. »

Les queues s'agitèrent.

« Très bien, petite. Il est temps que tu aies un partenaire. Tu es sûre ? Il est empathe ? »

Les yeux se plissèrent et les queues s'agitèrent à nouveau.

« Ah, bien sûr, c'est ta décision après tout. »

Elle grimpa sur ses genoux.

« Harry, Harry, je t'en prie, » appela-t-il, espérant ramener le garçon au présent.

Les yeux vert émeraude s'étrécirent, avant de se concentrer sur lui.

Harry sentit son coeur se calmer légèrement alors qu'il regardait le petit chaton avec lequel jouait Osiris.

« Est-ce que tu as envie de tenir Pashti ? Elle est amicale et aime bien être caressée. C'est un chat très jeune, de ma propre planète. J'apprécie davantage les chats de ma planète que ceux natifs de la Terre. Ils sont bien plus intelligents et bien plus sensibles au temps. »

Harry tendit mécaniquement ses mains vers le chaton, la prenant avec soin alors que Osiris la lui donnait. Elle ronronna alors que Harry la caressait, se blottissant sur ses genoux. Il sentit les ronronnements vibrer dans tout son corps.

« Elle est vraiment bruyante, dit Harry.

— Elle est sensible aux émotions. Elle sent que tu es bouleversé et espère que ça te calme. Tu es aussi en partie Éternel, et donc porteur de magie. J'aimerais que tu ne libères pas ta colère dans ma chambre de méditation. Il y a plusieurs objets assez dangereux ici et ce serait désastreux de les casser. »

Harry sentit une partie de sa colère s'évanouir légèrement alors que Pashti ronronnait.

« Elle est merveilleuse, dit Harry. J'ai déjà l'impression d'être plus calme.

— Donc, en tant que cadeau d'un Voyageur du Temps et non-humain à un autre, je te donne Pashti. Elle cherche un bon foyer depuis un long moment, car les Chats Osiriens ne peuvent grandir que s'ils trouvent quelqu'un avec qui se lier. J'ai l'impression qu'elle s'est liée à toi. »

Harry baissa les yeux et examina son nouveau compagnon, car elle était trop intelligente pour être un animal de compagnie.

Elle avait la couleur du sable, avec des points noirs parsemés le long de son dos, son visage et son ventre. Quand il regarda plus attentivement, il vit que sa queue était en fait deux, étroitement enroulées ensemble. Il regarda ses pattes et compta huit doigts sur chacune, et sur son visage, il y avait une fente sur son front pour un troisième oeil.

« Elle est magnifique. Je vais la chérir.

— J'en ai bien l'impression. J'ai l'impression que je dois te donner une récompense pour l'amusement que j'ai eu à te parler de ton père. Je vais répondre à ta deuxième question, à savoir comment j'ai assisté à la fin de la Guerre du Temps. Mon peuple a plusieurs méthodes de Voyage dans le Temps. L'une d'elle nous permet d'envoyer notre esprit à travers le temps et l'espace. Cela a souvent pour conséquence de nous forcer à attendre dans un champ jusqu'à ce qu'on soit arrivé. C'était ce que je faisais à ce moment-là. »

Harry caressa distraitement Pashti, sentant l'ardeur de sa colère diminuer légèrement. S'il avait été sans elle, il était sûr que sa colère, dirigée vers Osiris ou non, aurait eu des conséquences désastreuses. Elle était toujours en train de bouillonner à la limite de son contrôle, patientant.

« Dites m'en plus ? Sur mon papa ? Vous semblez en savoir plus sur lui que moi, je veux dire, sur son histoire au moins. Il ne me dit jamais rien d'important.

— Ton père est une constante dans l'Univers. Ceux qui ont une connexion avec le temps ont souvent un aperçu de lui alors que nous voyageons à travers le vortex vers notre destination. J'ai assemblé pas mal de choses sur lui au fur et à mesure que les histoires m'atteignaient. C'est difficile d'aller où que ce soit dans l'Univers sans entendre parler du Docteur. La Guerre du Temps elle-même a eu des échos à travers le Temps, bénissant ou maudissant tous ceux avec une sensibilité au temps avec la connaissance de ce qui venait juste d'être infligé au Vortex Temporel. Ton père en est la raison.

— Qu'a-t-il fait ? » demanda Harry, presque effrayé par la réponse.

Osiris sourit en montrant ses dents :

« Tu l'as vu. Ton père s'est battu en première ligne, détruisant complètement les Daleks, mais il y avait des millions, des milliards, de Daleks. Leurs usines les fabriquaient et les Seigneurs du Temps n'ont jamais été capables d'atteindre leur nombre. Il y avait toujours plus de Daleks. Il arriva que les Seigneurs du Temps perdirent du terrain. Ils utilisèrent leurs Cauchemars et leurs Plus-Jamais et toutes sortes de Monstres du Temps, des monstres qui avalaient également des galaxies et des Daleks. Ils furent repoussés sur Gallifrey. Ils ont perdu presque toutes leurs colonies alors que l'empire Dalek se rassemblait autour de la planète. Ils avaient une option finale, une qu'ils étaient réticents à utiliser. Enfin, réticents n'est pas le bon mot. Ils refusaient complètement de l'utiliser. Mais la guerre était en train de déchirer l'Univers entier. Le Temps lui-même était usé et abîmé, ils avaient sortis tant de leurs Cauchemars pour être capables d'affronter les Daleks qu'ils étaient une menace pour l'Univers presque autant que les Daleks eux-mêmes. Ils avaient une dernière option, et ton père, il est celui qui l'a utilisée. »

Harry était figé :

« Il a tué tout le monde. »

Il n'en avait pas été sûr, le moment final était si étrange, si étranger, mais ça avait figé complètement son corps quand il l'avait vu.

« Dans un sens, oui. Il les a tous détruits. Il les a piégés dans un Verrou Temporel, gardé pour toujours hors de l'Univers et tenu à l'écart à l'intérieur d'une bulle de temps séparée de l'univers, suspendue dans le vortex comme une pustule. Et en faisant ça, il a effacé les Seigneurs du Temps de l'Histoire, et a pris leur place. Les Seigneurs du Temps sont devenus des contes à raconter aux enfants pour les inciter à bien se comporter, sont devenus des mythes de l'Univers, et seuls des murmures en parlent comme une réalité. Et seul le Docteur est resté. Le Dernier Seigneur du Temps. Pour toujours connu par ceux qui voyagent dans le temps comme le Destructeur de Mondes. »

Harry avait du mal à croire les mots que Osiris prononçait.

Il sentit de l'humidité couler sur son visage et tomber sur la fourrure de Pashti. Il la sentit se lever, placer ses pattes avant sur son torse, et lécher l'eau salée de son visage tout en ronronnant. Elle lui donna un coup de museau sous le menton, et Harry lui caressa le dos.

« Pourquoi il ne me l'a pas dit ? demanda-t-il avec horreur.

— Ton père est vu comme un sauveur par beaucoup, bien plus que ceux qui le voient comme un démon, jeune Harry. Il s'accroche à cette image, cette idée qu'il est bon et juste, parce que son passé est plein de moments où il n'a pas pu être le sauveur. Il y a peu de noir et blanc dans l'Univers, mais c'est plutôt toute une palette de gris. Et ton père a été sur toute la palette à un moment ou un autre pour quelqu'un. Son nom seul est ce qui a donné à ce mot son sens dans des milliers et des milliers de cultures. Docteur. Chaque langue dans l'Univers a ce mot, le savais-tu ? Et toutes ont ce mot à cause de ton père. Pour le meilleur ou pour le pire, c'est l'héritage qu'il laissera. »

Tout le corps de Harry tremblait sous le choc et la colère. Il n'aimait pas apprendre des choses qu'il ne connaissait pas de son père par des étrangers, découvrit-il. Il se sentait trahi, d'une certaine manière, que toutes les choses que son père lui avait dites n'avaient pas d'importance. Son père, appelé Destructeur de Mondes par une race si maléfique que la détruire a effacé deux espèces puissantes de l'Univers. Son père, un combattant, un tueur, un destructeur. Il y avait tant qu'il ne savait pas, que Osiris avait sous-entendu, qu'il devait savoir.

Il tint Pashti contre lui, se redressa sur ses pieds, et fuit, les gloussements de Osiris le suivant hors du temps et dans les rues poussiéreuses et ensablées.

Il devait trouver un endroit où penser. Un endroit où vider son esprit. Un endroit qui n'était pas le TARDIS, qui pourrait réaliser que quelque chose s'était passé et embrouiller ses pensées.

Il se dirigea vers les pyramides. Il pouvait trouver un coin d'ombre et méditer, vider son esprit. Penser. Comprendre tout ce qu'il avait appris.

Avec Pashti dans les bras, ronronnant et lui donnant de légers coups de museau, il courut vers les structures immenses qui prenaient lentement forme sur les plaines du Sahara.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un changement de scène ~~~~~~~~~~~~~~

Le Docteur criait le long de la rue après son fils. Harry n'aurait pas du être si difficile à trouver. Vraiment pas. Cela ne faisait pas si longtemps qu'il s'était éloigné en courant. Est-ce que Harry disparaîtrait vraiment ? Il ne partait habituellement pas sans l'un d'eux avec lui.

Rose et Jack le suivaient, inquiets. Cela faisait une heure, et Harry n'était nulle part en vue.

« Docteur, peut-être les Pyramides. Il est peut-être allé les voir, » dit Rose.

Le Docteur la regarda :

« J'y ai pensé, mais elles sont toujours en construction, vu que tout ce que je peux voir sont les fondations à peine visibles. »

Rose soupira.

« Je vous ai entendu crier après Harry. Est-ce que vous cherchez par hasard un Harry avec des yeux verts surprenants ? »

Le Docteur dévisagea un homme plus grand pour l'époque, la tête rasée et les sourcils peints comme c'était la coutume dans les classes supérieures.

« Savez-vous où il est ? demanda-t-il avec impatience.

— Je l'ai emmené voir le site de construction des pyramides, puis vers le temple qui héberge le cerveau à l'origine des pyramides. Il était très impatient de rencontrer votre Harry. C'est un garçon intelligent, » dit l'homme avec un sourire.

Jack fronça les sourcils :

« Que voulez-vous dire ? Où est ce temple ? Qu'avez-vous fait ?

— Je ne lui ai rien fait. Je l'ai simplement accompagné. Mon Seigneur est en train de lui parler au Temple d'Osiris. C'est au bout de la rue, tournez à gauche aux abreuvoirs à chameaux, et allez tout droit jusqu'à ce que vous voyez l'obélisque de Ra. Le temple d'Osiris est juste à la fin de la rue à votre droite. Il y a un garde, il vous laissera sans doute entrer. Ou peut-être pas. Mais Harry est dans ce temple. »

Le Docteur s'avança à grand pas vers lui, le dominant de sa hauteur :

« Si vous avez fait quoi que ce soit à mon fils, vous allez maudire le jour de votre naissance, » promit-il.

L'homme déglutit et déguerpit.

Rose le poursuivit, obtenant son nom au milieu de bafouillages paniqués, avant de revenir :

« Son nom est Hemiunu, l'Ingénieur en Chef des pyramides et le neveu du pharaon, dit-elle.

— Au moins, il sera facile à retrouver, grogna Jack.

— Allons trouver Harry et occupons-nous de Hemiunu plus tard. S'il est là où il a dit, sauf et simplement en train de discuter de maths ou de caractéristiques techniques, pas de mal. Si nous devons le poursuivre, nous pouvons. »

Rose se dirigea dans la direction indiquée par Hemiunu, et le Docteur et Jack coururent après elle pour la rattraper.

Le temps qu'ils atteignent le temps, légèrement ralentis par une petite silhouette portant un chat et courant à travers les rues en semant le chaos sur son passage, une grande silhouette, bien plus grande que n'importe quel Égyptien normal de l'époque, se tenait à l'Entrée.

« Docteur, je vois que vous m'avez trouvé. Vous avez manqué de justesse votre fils, je le crains. Il est parti d'ici assez vite. Très bouleversé, pauvre enfant. »

Il y avait peu de sympathie dans la voix emplie d'amusement.

« Osirien, souffla le Docteur.

— Et bien, et bien, vous êtes perspicace. Votre fils a aussi remarqué que je ne suis pas humain, même s'il n'était pas sûr de ce que je suis. Il est parti sans me demander ma race. C'est plutôt inhabituel. Mais je crains qu'il avait autre chose en tête.

— Lequel êtes-vous ? » demanda le Docteur, son esprit parcourant à toute vitesse ses souvenirs des Osiriens.

Celui-là portait un Changeur, cachant sa forme véritable, mais ces yeux verts et ce ton de voix, il les reconnaissait, et les indices qu'il avait ignorés concernant l'Égypte Ancienne commençaient à s'assembler. Les Osiriens avaient construit les pyramides sur Terre pour leur propre but. Il y en avait des bons, des mauvais, des horribles, et il espérait que Harry n'avait pas rencontré un des deux dernières catégories.

« Et bien, je suis Osiris. »

Osiris. Le chef. Au moins, ce n'était pas Sutekh, et c'était avant la mort d'Osiris.

« Vous êtes ici pour superviser le travail personnellement ?

— Bien sûr. Je ne pouvais pas laisser ça à mon frère, il a rarement les capacités mentales pour régner, et encore moins pour manipuler un empire humain et leur faire construire nos pyramides. Nous avons un empire à diriger, nous Osiriens. La matrice du champ d'énergie doit être achevée. Je dois dire que Khufu est un pharaon très obligeant. Très disponible pour écouter mes requêtes, quelles qu'elles soient. »

Le Docteur eut l'impression qu'une ampoule venait de s'allumer dans sa tête alors que les dernières pièces s'assemblaient, et il se sentit comme un idiot.

« Je suis si stupide, jura-t-il. Bien sûr. Vous avez connecté ce secteur de la galaxie à votre matrice technologique. Mars et la Terre et entre les deux, vous serez capables d'alimenter vos besoins.

— Vous avez une bonne mémoire. Je suis surpris. Cela fait de nombreuses années que vous avez presque détruit mon projet sur Gelforsci. »

Le Docteur sentit son sang se figer :

« Qu'avez-vous fait à Harry ?

— Oh, je lui ai juste raconté une histoire, donné Pashti, et laissé partir. Tout ça a été très civilisé. Pouvez-vous croire qu'il ne connaissait rien des Daleks ? Ou rien de votre histoire avec eux. C'était une discussion très éclairante, et j'ai pu donner à Pashti une maison. Elle est un chat empathique très rare venant de ma planète, et avait besoin d'un empathe à qui se lier. Même si je n'ai pas dit au jeune Harry que c'était pour ça que je lui ai donné Pashti. J'étais triste de la voir s'éteindre sans lien. Elle est très heureuse à présent. »

Osiris eut un sourire qui afficha toutes ses dents. Rose lui lança un regard noir.

« Vous n'aviez vraiment pas le droit de dire ça à Harry, dit-elle.

— La Louve me montre ses dents. Je crois que je ressens un peu de peur. Vous êtes une vraie légende dans le Vortex. Je vois des images de vous à chaque fois que je voyage à travers. »

Rose gronda. Puis elle se tourna vers le Docteur :

« Et je t'ai dit, il y a des années, que garder ton passé secret pour Harry se retournerait contre toi. Ce jour est venu. Maintenant, tu vas devoir affronter les conséquences. »

Le visage du Docteur se figea et se remplit d'appréhension et de peur.

« Oh non, dit-il. Oh, pourquoi lui avez-vous parlé de ça ? dit-il, le désespoir teintant sa voix.

— Je ne pouvais pas vraiment laisser votre fils ignorant des hauts-faits de son père. Débarrasser l'Univers des Daleks, c'était un bel exploit, même si vous n'avez pas réussi à tous les avoir. Enfin, vous avez réussi à les détruire plusieurs fois depuis, n'est-ce pas, tout comme vous, Louve. Vous avez dissous l'Empire Dalek au complet au moins une fois. Votre exploit résonne toujours dans le Vortex. Vous vous êtes créée vous-même, Bad Wolf.

— Je me sens un peu exclu de tout ça, dit Jack. Et je suis curieux : qu'avez-vous dit exactement à Harry ?

— Oh, Immortel, vous êtes toujours là, toujours constant. Et j'ai dit à Harry la vérité, telle que je l'ai vue. Les Seigneurs du Temps ont presque déchiré l'Univers en morceaux en se battant contre les Daleks, et les Daleks ont presque détruit ce qui restait. Mais à présent, peu se souviennent de la Chute, et du Moment Final. J'ai eu l'impression qu'une personne de plus devait entendre ce récit, et qui de mieux que l'enfant du Seigneur du Temps qui a terminé tout ça. »

L'esprit de Rose allait à mille à l'heure. Harry était parti du temple bouleversé, il avait reçu un chat de la part d'Osiris. Son esprit rassembla les morceaux et elle tourna les talons et s'éloigna en courant sans un mot au Docteur ou à Jack.

« Quoi ? dit Jack.

— Je vois que votre Louve a compris, si on peut dire, Docteur. Elle se dirige même à présent vers votre fils perdu. »

Le sourire d'Osiris s'agrandit.

« Elle va sans aucun doute le trouver. Harry était particulièrement clair sur sa destination. »

Le Docteur pencha la tête en fronçant les sourcils :

« Que voulez-vous dire ?

— Si vous ne pouvez pas rassembler les indices évidents, Seigneur du Temps, alors je me demande pourquoi l'Univers vous aime autant.

— La petite silhouette avec le chat, murmura Jack. Vous ne pensez pas clairement. Osiris a dit qu'il a donné à Harry un chat. Qui avons-nous vu courir dans la rue plus tôt ? »

Les yeux du Docteur s'écarquillèrent en compréhension :

« Un petit garçon avec un chat. Ses cheveux étaient cachés par le tissu, mais je crois que j'ai vu des yeux verts. Nous sommes passés devant lui et nous ne l'avons même pas reconnu.

— Si ça peut vous consoler, Harry a probablement fait la même chose, dit Jack.

— Nous devons le trouver, » dit le Docteur en se détournant pour courir dans la même direction que Rose.

Jack attrapa son bras :

« Woah, attendez un peu. Harry est en colère après vous, n'est-ce pas ? Probablement, si j'en crois ce que Osiris lui a probablement dit. À qui pensez-vous qu'il aura plus envie de parler à présent, vous ou Rose ? » demanda-t-il.

Le Docteur se débattit :

« C'est mon fils ! cria-t-il.

— Et pour l'instant, votre fils se sent trahi parce que vous avez gardé secret quelque chose d'aussi important. Là maintenant, je ne serais pas surpris si sa magie s'en prend à vous.

— Mais… il ne ferait jamais… dit le Docteur en cessant de se débattre. Je déteste ça, » murmura-t-il.

Jack lui tapota le bras :

« Je sais. Nous pouvons y aller tranquillement, aller aux pyramides bien après Rose. Peut-être qu'elle l'aura calmé un peu. »

Le Docteur hocha la tête.

« Osiris, dit-il en se tournant légèrement. Je ne veux plus jamais vous voir, vous et votre peuple. Vous en avez fait assez.

— Oh, Docteur, vous nous connaissez. Nous ne faisons jamais rien sans raison. »

Le sourire était à présent mielleux.

« Considérez le fait que je ne me venge pas de la blessure émotionnelle que vous venez d'infliger à mon fils comme l'exécution de mes excuses pour avoir détruit votre travail accidentellement, dit-il sombrement.

— Je le ferai. C'était un après-midi très divertissant, et votre fils s'est lié à Pashti, donc il aura un lien avec la race Osirienne en quelque sorte. Je vais considérer ça comme paiement suffisant. Pashti vivra avec vous, en tant que compagnon de Harry. »

Le Docteur hocha la tête. Il pouvait gérer un chat, même un chat extrêmement intelligent et empathique. Il ne savait pas si son fils aurait un jour envie de lui parler à nouveau, cependant.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un changement de scène ~~~~~~~~~~~~~~

Rose savait où Harry se rendait. Il avait été si excité de voir les pyramides, si extatique, que c'était l'endroit logique où se rendre s'il était bouleversé. Et il y en avait au moins une sur laquelle les travaux n'avançaient pas en ce moment. Il pouvait se cacher quelque part autour et être seul, loin du bruit et de la foule.

Et avec un chat empathique, cela serait l'endroit idéal pour se lier avec, lui, elle…

L'esprit de Harry devait être submergé par ce que Osiris lui avait dit, essayant de les faire correspondre avec sa propre connaissance fragmentaire du passé du Docteur, et le sentiment de trahison devait aller en s'accroissant.

Elle avait vécu des moments similaires de trahison de la part du Docteur à divers moments de sa vie.

Les Pyramides commençaient à grandir dans son champ de vision, déjà bien plus hautes que sa tête. C'était merveilleux ce qu'ils étaient capables de faire avec rien de plus que des poinçons, de la corde, des rondins, de l'eau et la force humaine. Beaucoup et beaucoup de force humaine.

Mais la pyramide au loin n'était pas entourée d'ouvriers et elle se dirigea là-bas, sachant que Harry se serait dirigé droit vers elle dès qu'il aurait remarqué qu'elle n'était pas en construction.

Cela lui prit un certain temps de course avant d'atteindre la base de la pyramide. Elle était venue en Égypte auparavant, avec Torchwood. Même les pyramides complétées à l'époque ne faisaient pas le poids face à la construction neuve. C'était absolument stupéfiant.

Et Harry aurait grimpé à l'intérieur, tout en haut jusqu'au plat qui servait d'espace de travail quand la pyramide était en travaux. Elle soupira et leva les yeux vers les pierres de calcaire. Elles étaient immenses.

Elle frotta ses mains ensemble, les réchauffant en prévision de l'effort, avant de commencer.

L'escalade était rafraîchissant, et dans l'ensemble plutôt rapide. La pyramide ne faisait encore que treize mètres de haut environ. Elle pouvait voir le haut du fichu qui enveloppait la tête de Harry dans le coin le plus éloigné, et elle s'avança, faisant plein de bruit pour que Harry sache qu'elle arrivait.

« Je ne veux pas te parler, dit Harry alors qu'elle s'approchait.

— Je ne suis pas ton papa, Harry, dit-elle en s'asseyant à un mètre de lui. Et je sais ce que c'est que se sentir trahi par le Docteur. »

Harry se tourna vers elle pour la regarder, les yeux rouges et un chaton couleur sable tenu légèrement dans ses bras.

« Que veux-tu dire ? » demanda-t-il, la voix rauque et éraillée.

Rose sourit :

« Pourquoi penses-tu que j'étais dans cette dimension alternative quand vous m'avez trouvée ? Pensais-tu que je voulais être là, seule et immortelle, sans personne qui connaissait encore mon nom ? »

Harry inclina la tête :

« Papa t'a laissée là-bas ? » demanda-t-il, incrédule.

Rose hocha la tête et se pencha en avant :

« Oui, même s'il avait une raison à moitié valable à l'époque. Ton papa était, et est toujours, de bien des façons, un homme très abîmé. Il ne croyait pas qu'il pouvait être aimé de qui que ce soit, même s'il ne l'aurait jamais dit. Donc quand un accident a créé un clone de lui-même, un avec une espérance de vie humaine, il a pensé que ce serait mieux pour moi, une humaine, ou du moins c'était ce qu'il pensait, de vivre ma vie avec une version humaine de lui-même. Donc j'ai été abandonné de l'autre côté d'un mur dimensionnel, avec un Docteur humain qui était plus humain que Docteur, immortelle, et finalement seule. Et j'ai appris beaucoup sur lui à travers son homologue humain. Parce qu'il y avait une partie de Donna dans la régénération mutante, il était beaucoup moins strict sur la vie privée et son passé. »

Harry fronça les sourcils :

« Comment est-ce que tu as pu lui pardonner de t'avoir fait ça ? demanda-t-il. Je veux dire, te laisser dans une dimension où tu n'étais pas née et que tu n'avais pas choisie. Pas savoir que tu étais immortelle. »

Rose eut un petit rire :

« J'ai passé de nombreuses année à détruire de très nombreuses photos de ton papa de plein de manières très créatives et potentiellement folles. Mes subordonnés avaient étiqueté pour rire une corbeille à papier « Photos du Docteur » parce que j'en détruisais tant en morceaux ou en cendres. »

Les yeux de Harry s'écarquillèrent :

« Est-ce que tu as raconté ça à papa ? demanda-t-il.

— Oui. Il n'a pas vraiment su comment le prendre.

— Je ne sais plus, Rose. Je veux dire, pourquoi il ne m'a jamais dit ce qui est arrivé aux Seigneurs du Temps ? Je savais qu'ils étaient tous morts, ou partis, et qu'il était le seul à avoir survécu, mais il ne m'a rien dit, Rose. Et de l'entendre par un étranger, c'était horrible. »

Rose huma :

« Ton papa est l'incarnation de l'auto-préservation. Il veut que les gens croient qu'il est une bonne personne, parce qu'il ne le croit pas souvent lui-même. Il se repose sur ceux qui l'entourent pour croire qu'il est bon et qu'il est capable de prendre la bonne décision de temps en temps, même s'il est bon. Il est génial. C'est un des meilleurs hommes que j'ai jamais connu. Mais tout ce dont il se souvient parfois, ce sont ses erreurs. Ses échecs. Les fois où il a du prendre une vie au lieu de trouver une façon de résoudre les choses pacifiquement. Tu te souviens de ce voyage sur la planète arc-en-ciel, quand nous n'avons pas été capables d'empêcher l'acide d'exploser sur toute la ville ? »

Harry hocha la tête :

« Il a ruminé pendant des semaines après ça. Il a affiché un sourire pour toi, a ri et a plaisanté avec toi, parce que tu lui a donné de l'espoir. Tu n'as pas cru qu'il avait fait quoi que ce soit de mal. Tu as continué à croire en lui. Mais ses échecs l'ont hanté pendant longtemps. Il est hanté par son passé, et même si je ne crois pas que c'était juste de sa part de te cacher des choses, surtout quand tu es devenu assez grand pour comprendre, je sais pourquoi il l'a fait. »

Harry resta silencieux, réfléchissant à ces paroles. Puis :

« Mais il est si fort, et il essaie toujours de faire ce qui est juste, même si ça semble impossible. Il a sauvé Arthur et Kirigal et a trouvé un nouveau foyer pour Kirigal loin des humains, même s'il a enlevé Arthur. Il a sauvé le Très Grand et Mélangeur même si c'était une manoeuvre pratiquement impossible à réaliser assez vite pour ne pas perturber les lignes temporelles.

— Il l'est. Il est fort, et courageux et bon. Mais il est aussi un guerrier, même s'il le contestera. Il a un esprit qui se hérisse face à l'injustice et il déteste voir le bien mal tourner. Il se battra bec et ongle pour ceux qui ne peuvent pas se battre eux-mêmes, pour les protéger de l'horreur de la guerre. Il est le champion de l'innocence, et en faisant ça, il n'a plus rien de l'innocence qu'il protège si avidement. Et ça lui fait mal. Je pense qu'il voulait que tu gardes cette innocence, Harry. Cette foi en lui dont il a tant besoin. Il avait peur que te raconter ce qu'il a fait pour terminer la Guerre du Temps briserait cette fois, cette confiance, cet amour. Et il ne pouvait pas prendre ce risque. »

Harry soupira légèrement en caressant le chaton dans ses bras.

« Je pense qu'il est stupide, parfois, dit-il. Vraiment stupide. Et un idiot. Pourquoi est-ce que j'arrêterais d'aimer mon papa à cause de quelque chose qu'il a fait pour sauver l'Univers ? C'est horrible et terrible qu'il ait du, qu'il ait du prendre tant de vies et les enfermer ailleurs, et cela doit peser sur son âme à chaque fois qu'il y pense. Mais ça fait mal qu'il ne me fasse pas assez confiance pour me le dire, que j'ai du l'apprendre de quelqu'un d'autre, d'un étranger. Que mon père ne me fasse pas assez confiance pour me le dire. »

Il s'interrompit pour renifler.

« Que j'ai du voir ce qu'il a fait via un Cristal de Mémoire. »

Rose écarquilla les yeux :

« Un cristal de mémoire ? Tu as vu la fin de la Guerre du Temps ? »

Harry hocha la tête en serrant Pashti contre lui.

« Ouais. Osiris y était. Il était en train de voyager dans l'espace avec une projection mentale et il a vu la dernière bataille à Arcadia. C'était horrible, Rose. Les choses qu'ils ont faites, les deux camps. »

Il trembla. Rose voulait maudire Osiris pour avoir fait ça, il n'avait pas à le faire. Le Docteur aurait sans doute du en parler à Harry quand il l'avait demandé, mais ce n'était pas à Osiris de faire ça.

Rose tendit les bras et Harry se blottit contre elle.

« C'est un homme très effrayé et inquiet de te perdre à n'importe quel moment. Et même s'il a fait plein de mauvaises choses, il en a fait aussi beaucoup de bonnes. Parle avec lui, demande-lui pourquoi il ne t'en a pas parlé, demande-lui de t'en dire plus, de te parler de chez lui. De ce que John m'a dit, Gallifrey était magnifique. Il doit certainement y avoir un livre dans la bibliothèque que le Docteur peut trouver avec des images. »

Harry hocha la tête :

« D'accord. Merci Rose. Je suis content que tu m'aies trouvé.

— Moi aussi. Maintenant, qui est cet adorable petit compagnon que tu as avec toi ? Tu ne l'avais certainement pas avant. »

Harry gloussa :

« C'est Pashti. C'est un chat de la planète d'Osiris et elle est un chat empathique. Je crois qu'elle me correspond bien, puisque que je suis aussi un empathe. »

Pashti se tourna pour regarder Harry en émettant un miaulement.

« Oui, je suis un empathe aussi. Tu veux voir ? »

Pashti sembla hocher la tête.

Harry se détacha des bras de Rose, sachant qu'il ne pouvait toucher personne quand il enlevait son collier. Il le défit et le laissa tomber sur ses genoux, et tendit la main pour toucher la tête de Pashti.

Rose dut se protéger de l'aveuglant éclat doré.

Non loin, un groupe d'ingénieurs vit la lumière et l'interpréta comme un signe d'approbation des dieux et promirent de placer un symbole pour les honorer au sommet de la pyramide.

Harry, pendant ce temps, était plongé dans son lien avec Pashti. Jamais auparavant il n'avait rencontré un autre empathe qu'il pouvait toucher et Pashti était merveilleuse.

La profondeur des émotions et de l'acceptation était stupéfiante, et Pashti ne bouleversait pas ses sens. Au contraire, avec le lien empathique conclu, ils étaient liés émotionnellement en permanence. Et Pashti avait l'impression qu'elle n'aurait pu trouver de meilleur compagnon que ce petit garçon en partie humain, en partie Éternel, en partie enfant du Temps. Elle se blottit sur ses genoux par dessus le collier qui avait restreint ses pouvoirs auparavant. Elle savait que la connexion fonctionnerait à travers le limiteur, c'était comme ça que fonctionnait un lien empathique avec ceux de son espèce, mais elle appréciait le flot libre d'énergie non seulement empathique, mais également magique, qui habitait le corps de son compagnon, et elle voulait s'en imprégner un peu plus longtemps.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un changement de scène ~~~~~~~~~~~~~~

Le Docteur et Jack avançaient lentement vers le site de la pyramide. Jack avait du convaincre plusieurs fois le Docteur que laisser Rose parler avec Harry en premier était une bonne idée. Après tout, qui savait mieux que Rose ce que c'était qu'être blessé par le Docteur ?

Cela rendit seulement le Seigneur du Temps encore plus déprimé. Jack salua joyeusement tous ceux qu'il croisait, veillant à flirter avec tout le monde.

Le Docteur ne semblait y prêter aucune attention, cependant, et Jack finit par s'arrêter. Il n'avait pas vraiment envie de séduire pour le moment, de toute façon, ses pensées tournées vers Harry.

Le garçon devait avoir mal. Se faire révéler quelque chose d'aussi horrible sur quelqu'un qu'on aime était toujours douloureux. L'entendre de la part d'un étranger l'était encore plus.

Une brillante lumière dorée aveugla momentanément Jack, lui laissant des points dans sa vision.

« Docteur, vous pensez que c'est… s'interrompit-il.

— Très certainement. C'est dans la bonne direction. Venez, Rose a eu plein de temps pour lui parler et je suis inquiet au sujet de la lumière. »

Jack suivit le Docteur, se demandant si Harry allait bien.

Ils atteignirent la pyramide et grimpèrent rapidement. C'était une escalade courte et intense, mais quand ils atteignirent le sommet, ils trouvèrent une Rose souriante et un Harry content assis avec un chat.

Sans son collier. Le Docteur essaya de ne pas paniquer.

« Pourquoi ne porte-t-il pas son collier ? » demanda-t-il.

Rose haussa les épaules :

« Il s'est lié avec son chat, Pashti. Apparemment, ils s'entendent très bien sans avoir besoin du collier.

— Est-ce que votre cerveau ne fonctionne toujours pas, Docteur ? Osiris a dit que le chaton qu'il a donné à Harry est empathique. C'est probablement quelque chose de mutuel, ils vont s'entendre comme larrons en foire, si vous voulez, dit Jack avec un grand sourire en direction du garçon. Je suis content que quelque chose de positif ressorte de tout ça. »

Harry ouvrit un oeil :

« Juste parce que j'ai l'air d'être en train de méditer ne veut pas dire que je ne peux pas vous entendre. Et papa, on va avoir une longue discussion. Sur plein de choses. »

Il regarda le Docteur droit dans les yeux.

« Bien sûr, répondit son papa avec une parfaite sincérité.

— Tu as une compagne / femme / amoureuse / peu importe quel nom vous vous donnez pour l'instant, formidable en Rose. Juste pour te faire savoir. »

Puis Harry se coucha, laissant Pashti grimper sur lui et s'installer sur sa poitrine juste au dessus de son coeur.

« Rose, je ne sais pas comment… »

Rose secoua la tête :

« Je sais en partie ce qu'il ressentait. Et avant que tu commences à t'excuser, souviens-toi des trois années très agréables qu'on vient d'avoir, d'accord ? Et n'importe quelle excuse ruinera tout ce qu'ont été ces trois années pour nous, parce que tu as passé la première année à t'excuser à chaque instant. Si tu essaies de me remercier, j'ai simplement partagé mon histoire avec lui. Tu as toujours besoin de lui parler. Je l'ai juste aidé à accepter de t'écouter. Je ne peux pas faire de miracles.

— C'est pourtant ce que je croyais, » marmonna Jack.

Rose leva un sourcil en sa direction :

« Vraiment ?

— Tu es un miracle ambulant, Rose, peu importe ce que les autres disent. Juste en existant, tu définis le miracle.

— C'est gentil de ta part. Je crois. »

Jack eut un rire.

Le Docteur sentit une partie de la tension qui l'avait envahit disparaître. C'était un sentiment agréable, cette tension libérée, au moins en partie. Il avait été si inquiet, inquiet d'avoir perdu son fils à cause d'une erreur stupide, d'un étranger qui lui avait raconté ce que le Docteur aurait du lui dire. Harry était suffisamment âgé, suffisamment mature, pour comprendre, l'était depuis qu'il avait eu neuf ans et avait demandé pour la première fois au Docteur ce qui était arrivé aux autres Seigneurs du Temps. Tous ces échappatoires avaient seulement mené à ça. Il allait devoir travailler pour regagner cette confiance.

Ils restèrent assis, tous les quatre, sur la pyramide inachevée, regardant les ouvriers tirer les blocs de pierre le long des rampes, construisant les autres pyramides morceau par morceau.

Ce fut seulement quand le soleil commença à se coucher qu'ils décidèrent de rentrer. Le Docteur et Harry pour une longue discussion, et Rose et Jack pour un combat dans la salle de gym.

Et ils se dirigèrent vers le TARDIS, une famille à nouveau. Toujours un peu fragile, toujours un peu cassée, mais une famille.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est un changement de scène ~~~~~~~~~~~~~~

Ils étaient dans la Bibliothèque et Harry était installé dans le canapé, Pashti blottie sur ses genoux. Son collier était de retour autour de son cou, mais la connexion avec sa compagne était toujours aussi forte que lorsqu'il ne le portait pas. Pashti se plaignait juste du manque d'énergie magique dans laquelle s'immerger. Elle adorait la sensation que ça lui donnait.

Le Docteur fouillait dans une armoire que Harry n'avait jamais été capable d'ouvrir, sortant plusieurs tomes et livres épais, avant de fermer les portes et les verrouiller à nouveau.

« Qu'est-ce qu'il y a dans cette armoire ? demanda Harry. Je n'ai jamais été capable de l'ouvrir.

— J'y garde les choses que je pense être trop dangereuses pour les laisser traîner dans la Bibliothèque. Des livres sur Gallifrey, des domaines spécifiques des mathématiques et des sciences. Des choses comme ça. Des livres que je finirai par te montrer, mais que je pense que tu n'as pas la possibilité de comprendre pour l'instant, et tu pourrais avec leur contenu faire des choses vraiment vraiment dangereuses. »

Harry soupira en signe de compréhension. Il avait fait suffisamment de choses stupides avec le matériel auquel il avait accès. Il était à la fois effrayé et curieux de savoir ce qu'il pourrait fait avec ces livres.

« Donc c'est là que tu rangeais tous les livres sur Gallifrey et les Daleks ? » demanda-t-il.

Le Docteur hocha la tête avant de répondre à voix haute :

« Oui.

— Pourquoi tu as gardé tout ça caché ?

— Quand tu étais plus jeune, je ne pensais pas que tu étais suffisamment âgé pour réellement comprendre. Et ça allait tant que tu étais petit. Mais quand tu as grandi et es devenu plus observateur, j'ai eu peur. J'ai eu si peur de ce que tu pourrais penser de moi, de mon peuple, de ce que j'ai fait pour arrêter la guerre. J'ai eu peur que tu me rejettes, que tu me détestes, pour ne pas avoir suivi les règles que je t'avais données. »

Il tortilla ses mains, puis les fit courir dans ses cheveux en tirant sur la pointe.

« Tu es mon monde, Harry, mon fils, mon enfant, mon espoir et ma joie et ma terreur et mon explorateur. Tu es tout ce que j'aurais aimé être quand j'étais plus jeune. Tous ces idéaux brillants, ces souhaits et ces espoirs merveilleux, la curiosité et l'acceptation. Cela m'a pris beaucoup de temps pour trouver ces qualités en moi-même. Et je ne voulais pas que tu vois ces moments sombres de mon passé. »

Harry écouta, se demandant si son père entendait ce qu'il disait.

« Papa, comment est-ce que je pourrais te haïr ? Déjà, tu es mon papa, tu m'as élevé, tu m'as donné toutes mes morales et mes idéaux et mes buts. Tu m'as montré l'univers, tu as fait de moi ce que je suis. C'est ce que les parents font, c'est ce que tu as fait, fait encore, tous les jours. Il n'y aura pas un jour où je n'aurai pas besoin de toi. Tu es mon monde. Toi et le TARDIS, vous êtes les seules constantes que j'ai. Comment est-ce que je pourrais te haïr ? »

Le Docteur serra Harry fortement contre lui.

« Tu es un gamin génial, tu sais ça ?

— Je n'étais pas en colère au sujet de ce que tu as fait. Je veux dire, je l'étais au début. Tu dis toujours qu'il y a une autre solution, que la violence n'est pas la réponse, tu détestes les pistolets et les armes, donc je n'ai pas compris, d'abord, quand j'étais en train de voir ça, mais il y avait tant de destruction…

— Tu as vu ? » dit le Docteur avec horreur.

Harry hocha la tête :

« Osiris avait un cristal de mémoire. C'était la Chute d'Arcadia, les derniers moments de la bataille. Après avoir vu la destruction et y avoir réfléchi, je n'étais pas en colère au sujet de ce que tu as fait, je crois que j'ai compris, autant que je peux, pourquoi tu as fait ça. Ce qui a fait mal, c'était que tu ne m'avais pas dit. Que Osiris, quelqu'un que je ne connaissais pas, m'avait raconté. »

Harry se blottit autour de Pashti.

« Cela m'a donné l'impression que je n'étais pas digne de confiance.

— Non, non, pas du tout. Jamais. Jamais ça. »

Le Docteur attira à nouveau Harry contre lui et le regarda droit dans les yeux.

« Je n'ai jamais eu l'intention de te faire ressentir ça. Je suis si désolé, Harry, si désolé.

— Est-ce que tu veux bien me raconter, maintenant ? » demanda-t-il, la voix affirmée mais douce.

Le Docteur sourit :

« C'est pour ça que j'ai sorti ces livres. Ce sont les dernières chroniques encore existantes de Gallifrey. Le meilleur, le pire et l'horrible sont dedans, jusqu'à la toute fin avant le Verrou Temporel. Après ça, la technologie de mise à jour automatique s'est éteinte. Nous pouvons les parcourir ensemble, si tu veux. »

Harry eut un grand sourire et se redressa :

« J'aimerais beaucoup. »

Du pas de la porte, Rose et Jack, en tenue de sport, regardèrent avec un sourire.

~~~~~~~~~~~~~~ C'est une fin ~~~~~~~~~~~~~~


Notes de la traductrice :

Désolée pour le retard... :/ Je n'ai même pas l'excuse de la longueur du chapitre, puisque c'est un des plus courts de cette fiction. Mais entre les fêtes, et ma fic personnelle qui a pris pas mal de mon temps, j'ai mal géré, et me voilà avec dix jours de retard.

Le prochain chapitre retrouve les longueurs normales (plus de 22 000 mots dans la version originale, tablez donc sur entre 25 000 et 30 000 mots en français), et en plus, j'attaque un nouveau boulot, qui va me demander dans les premiers temps (au moins deux semaines, mais peut-être un mois) de passer beaucoup (beaucoup) de temps dans les transports en commun... Donc, je vais être honnête dès à présent, et m'engager à vous fournir le prochain chapitre avant fin février, et non fin janvier...

Mais, pour récompenser votre attente, on arrivera enfin à Hogwarts ! :)

Donc, bonne année à tous, bonne lecture et à bientôt ! :)