… Zeus revint et dit aux autres dieux ce qu'Hadès lui a dit.
Une nouvelle chance.
Quand Zeus arriva au mont Olympe, allant bien, mais un peu confus, tout les dieux allèrent le voir.
« Alors… comment s'est passée ta discussion avec Hadès ?
- C'était… étrange. Et bien. Et productif.
- Que voulait-il ?
- Tout d'abord, il m'a accusé. Il pensait que j'avais fait quelque chose que, bien évidemment, je n'avait pas faite.
- Quoi ?
- Apparemment, sa mémoire a été effacée, et il n'a aucune idée de pourquoi.
- Mais alors dans ce cas… comment peut-il savoir qu'il a oublié quelque chose ?
- Il m'a dit qu'il avait peut-être quelque chose en lui qui lui avait fait comprendre ce qu'il s'était passé.
- En quoi cela nous concerne-t-il ? »
Les autres dieux se tournèrent en direction de celui qui venait de parler, à savoir Arès.
« Je veux dire, dit-il, il est devenu notre ennemi. Ou il semble l'être. Je ne pense pas que cela soit une bonne idée que nous… Que veut-il exactement ?
- Il voulait savoir si c'était moi qui lui avait jeté ce sort. Je lui ai répondu que non, et lui ai promis que nous allions essayer de trouver une solution, et découvrir ce qu'on lui avait fait.
- Tu ne t'ai pas demandé si nous étions d'accord pour cela mon frère ? Demanda Poséidon (pas le père d'Ursula, bien sur, le vrai Poséidon.)
- Ce n'est pas le cas ?
- Je ne sais pas… comme Arès l'a fait remarquer, il est toujours notre ennemi…
- Un ennemi que nous avons vaincu et qui a besoin de notre aide maintenant. Peut-être que nous pourrions nous réconcilier avec lui.
- Tu es beaucoup trop optimiste mon frère, répliqua Hestia. Je suis encore la seule qu'il accepte de voir de temps en temps, mais il n'est certainement pas prêt à nous pardonner.
- Mais Hestia, fit Héra, cela ne change pas le fait qu'il s'agit de notre frère. Nous sommes une famille ! S'exclama-t-elle.
- Enfin… une famille brisée, dirais-je plutôt », lui dit Apollon.
Héra leva les yeux au ciel.
« Très bien… si tu veux. Une famille forte et brisée.
- Et compliquée, ajouta Aphrodite.
- Et très, très grande, déclara Déméter.
- Et selon les critères humains, très, très incestueuse. »
Cela venait d'Hermès, quelque chose qu'il dit avec un sourire ironique, et sa surprenante réflexion causa chez les autres membres de sa famille un grand éclat de rire. Pour chacun d'entre eux.
Presque.
Même Héra accepta de sourire.
Bien. C'était drôle.
Elle n'était pas toujours d'accord avec les blagues de son beau-fils, mais celle-là la fit sourire.
C'était plus que ce qui n'arrivait habituellement.
Ainsi, c'était quelque chose d'amusant.
Et terriblement vrai.
« Bien… bien. Bon, maintenant, le moment d'amusement est fini. Alors, dites-moi, avez-vous des suggestions ? Et je veux dire des vrais et sérieuses suggestions. »
Ils redevinrent tous sérieux à nouveau.
« En réalité, demanda Athéna, que pouvons nous faire ?
- Aider Hadès ? Suggéra Artémis.
- Je suis assez d'accord avec cela, répondit Athéna. Premièrement, quelque chose de terrible est apparemment arrivé, quelque chose qui a à voir avec la magie. Deuxièmement, il fait toujours partie de notre famille, tout Héra nous l'a rappelé. Et troisièmement, si nous l'aidons, lui aussi nous aiderait peut-être, et notre conflit familial stopperait.
- Tu le penses vraiment ma sœur ? Lui demanda Arès.
Ce n'était pas de la provocation, simplement une question. Athéna haussa les épaules, semblant pensive.
« Je ne sais pas. J'espère juste que cela pourra arriver. Je ne veux pas penser au fait que notre oncle ne pourra jamais se réconcilier avec nous.
- Peut-être as-tu raison, murmura le dieu de la guerre.
- Alors… m'aiderez-vous ? »
C'est ce que venait de dire Zeus. Oui, il était effectivement le roi des dieux, mais cela ne voulait pas dire que les autres allaient forcément être d'accord avec tout ce qu'il dirait. Parce que, bien sûr, il était leur roi, mais ce n'était pas un tyran !
Et ils étaient sa famille, quand ils discutaient, chacun d'eux avait la même importance (et il ne fallait pas oublier que sa femme, Héra, était une reine. Pas du genre potiche. Elle avait effectivement un rôle, en étant la reine.) et il était donc un peu effrayé par la possibilité qu'ils refusent.
« Bien sûr, répondirent-ils tous. »
Certains ne paraissaient très heureux de faire cela, mais malgré tout, ils étaient réellement prêt à aider.
Il les regarda, tous, avec une grande joie dans le cœur.
Ce que sa femme et sa fille avaient dit était vrai.
Ils étaient une famille.
Quand il les regardait, il voyait un frère, des sœurs, mais aussi ses filles et ses fils…
Tout sa famille était là, sous ses yeux.
Presque toute. Il n'y avait pas sa fille, Perséphone. Et son frère, Hadès.
Il avait perdu la première.
Il essayerait de faire revenir le deuxième dans leur famille brisée, compliquée, grande, et incestueuse.
Peut-être que ce qui était en train d'arriver était leur chance.
Leur nouvelle chance.
Il l'espérait.
Cela prendrait du temps, il le savait. Mais il était un dieu, il avait tout le temps dont il pouvait avoir besoin, il pouvait attendre.
(Il attendait depuis tellement longtemps, essayant sans succès de regagner l'affection de son frère.)
Le temps ne serait pas un problème, mais son frère pouvait l'être.
Mais maintenant, les choses étaient différentes.
Parce que son frère avait demandé son aide, Hadès avait besoin de lui, et des autres. Il avait besoin d'eux tous.
Rien d'autre n'aurait pu rendre Zeus plus heureux.
Et il n'était pas seul, le reste de sa famille essayerait, et ils réussiraient.
Il était sûr de cela.
Assez sûr, en tout cas.
Ils étaient puissants, presque invincibles, et rien ne pouvait leur résister.
Oui, c'était très prétentieux.
Mais ils étaient des dieux, alors ce n'était pas une surprise qu'ils se voient eux-même comme … des dieux.
Ce qu'ils étaient.
Mais ce n'est pas ce qui importe.
Ce qui importe, c'est que, ensembles, ils pourraient reconstruire leur famille.
« Vous savez quoi ? Murmura-t-il à sa/son/ses femme/frère/sœurs/fils/filles. Je suis fier de vous. Merci. »
Ils lui sourirent, comprenant et sachant ce qu'il voulait dire, alors qu'ils étaient prêt à l'aider avec Hadès, malgré ce que ce dernier leur avait fait autrefois. Il leur sourit également.
Ils avaient réellement réellement une nouvelle chance.
Et il n'était pas celui qui allait la laisser passer.
Pas sans essayer de l'obtenir, s'il le pouvait.
Tenter cela, ça valait vraiment le coup, non ?
