Disclaimer: Les personnages que je n'ai pas inventés ne m'appartiennent pas. ;)


Enfin arrivé dans le bureau de la directrice, les deux préfets se toisèrent. Chacun d'eux appréhendait, se disant que l'autre avait rendu compte d'un de leurs actes à la directrice. Mais le plus tourmenté était sans doute Drago. Seltz n'aurait pas vendu la mèche concernant leur petite altercation d'il y a quelques temps, se dit-il. Elle avait l'air de ne pas vouloir qu'il ébruite le si peu qu'il avait entendu. Selon lui il ne pouvait s'agir que de cette sainte-ni-touche de Granger qui avait fait part à Seltz des tourments qu'elle avait subis, et ensemble elles voulaient se venger de lui. Il ne pouvait s'agir que de cela. Sinon McGonagall n'aurait pas pris la peine de les convoquer tous les deux, et lorsque celle-ci s'éclaircit la voix, il émergea de ses songes.

– Si je vous ai convié ici, c'est pour vous rappeler vos devoirs de préfets.

Drago et Aaliyah étaient pendus à ses lèvres comme si leur vie en dépendait, la directrice crut alors qu'ils étaient impatients d'entendre ce qu'elle avait à leur dire et se surpris même à esquisser un sourire, elle poursuivit :

– … de ce fait il est de mon devoir de vous informer que vous aurez à préparer les décorations du château pour halloween

Les préfets en chefs poussèrent de concert un large soupir et se fusillèrent des yeux en s'en rendant compte. Visiblement cela n'était pas ce à quoi ils s'attendaient, c'est donc pourquoi la directrice repris plus sèchement.

– Vous devrez organiser tous cela ensemble, néanmoins vous pourrez demander l'aide d'un ou deux autres préfets des différentes maisons.

Aaliyah n'y connaissant pas grand-chose se permit de demander plus d'informations

– Et comment sommes-nous sensés organiser ça ? elle se rendit compte qu'elle avait du mal formuler sa question. Elle s'adressait tout de même à la directrice…

– Eh bien miss Seltz dois-je vous rappeler que pour ce travail vous êtes deux ? Monsieur Malefoy se fera un plaisir de vous expliquer la procédure, j'en suis certaine, fit-elle avec un regard sévère pour ce dernier.

– Oui mais, insista-elle en vain.

– Il n'y a pas de mais, vous avez quartier libre concernant l'élaboration des choses et vos professeurs restent à votre disposition s'il y a des sorts que vous ne métrisez pas encore. Vous pouvez retourner en cours, je ne vous retiendrai pas plus, elle fit un léger sourire concernant plus Aaliyah que Drago. Sourire qu'elle perdit quand ses yeux rencontrèrent l'énorme pile de documents qui l'attendait sur le bureau.

Au fond, tout au fond de lui Drago ne put s'empêcher d'être satisfait. Seltz serait obligée de lui adresser la parole autre que pour faire du sarcasme, les rondes dans un silence gênant commençaient à lui peser. La gêne était un sentiment dont il n'avait pas l'habitude. Il n'y comprenait plus rien, cette fille l'embrouillait, depuis leur altercation il ne pouvait s'empêcher de garder un œil sur elle, il s'était découvert une conscience et pensait que peut-être son petit jeu d'intimidation était allé trop loin. Si l'on faisait abstraction de sa mine de déterrées des matins, où il y était clairement pour quelque chose, elle semblait bien trop pâle. La simple frayeur qu'il lui avait causé ne pouvait certainement pas en être la cause, si ?

~~O~O~O~~

Il assista au reste des cours de la matinée et enfin arriva l'heure du déjeuner. Il se dirigea d'un pas nonchalant vers la grande salle et en la traversant, il jeta un coup d'œil à la table des rouges et or et s'assit au milieu de ses amis.

– Qu'est-ce qu'elle te voulait la vieille McGonagall ? lui demanda Blaise qui avait assisté avec le reste de la classe au départ des préfets.

Drago leva les yeux de son assiette et lui répondit d'un ton monocorde

– On doit décorer le château pour halloween

– Quoi ?! s'étouffa presque une Pansy qui semblait s'éveiller

– Ne me fais pas répéter alors que tu as très bien entendu, répliqua le blond en plissant les yeux.

La jeune fille qui somnolait jusqu'alors devant son repas, était maintenant aussi excitée qu'un lutin à l'idée de faire la fête, mais son expression changea vite lorsqu'elle croisa un regard intrigué venant de la table des Poufsouffle face à eux.

– Drago il faut qu'on continue, dit-elle en se rapprochant de lui.

– Oh non ! Pas encore Pansy, vraiment, je commence à me lasser

Elle se rapprocha en murmurant à ses oreilles tout en fixant un point de la grande salle.

– Allez, c'est pour la bonne cause... Implora-t-elle provoquant un bruit moqueur de la part de Blaise.

– Ce n'est pas parce que ça te concerne que la cause est forcément bonne, il avait dit tout haut ce que les autres pensaient tout bas, changeons de sujet avant que ça parte en vrille, vous finissez toujours par vous engueuler là-dessus.

Il récolta un haussement de sourcil moqueur de la part de ses trois amis.

– Quoi ? répondit-il sur la défensive, oui ben c'est une expression comme une autre, ne faites pas ces grands yeux ! J'ai entendu pas mal de gens l'employer.

– On dirait une de ces expressions moldue, ne put s'empêcher de remarquer Pansy qui s'attira les regards lourds de sens de ses amis.

Elle avait l'intention de changer pour le mieux, pour elle –et non comme tout bon Serpentard retournant sa veste– mais le processus s'avérait beaucoup plus pénible que ce qu'elle pensait, on ne pouvait pas changer son éducation en trois mois mais elle continuerait dans ce sens. L'air morose, elle se concentra sur son assiette.

Théodore Nott qui n'avait jusque-là que très peu participé à la conversation releva le nez de son bouquin.

– Donc tu comptes t'y prendre comment pour halloween ? demanda-t-il à Drago.

– Justement que comptais vous le demander, la vieille a dit qu'on pouvait se faire aider d'autres préfets.

Pansy continuait de fixer son repas silencieusement mais ne perdait une miette de la conversation.

– Et Seltz dans tout ça ? Elle a son mot à dire quand même en tant que préfète, fit remarquer Théodore

Drago, d'une voix trainante, s'empressa de clore la conversation.

– Je sais Nott, je sais.

Il ne voulait pas évoquer à voix haute le fait que Seltz et lui étaient en froid et encore moins le fait qu'il était plus ou moins responsable de cette situation.

Il avait décidé malgré tout de revenir en septième année afin d'obtenir ses ASPICs comme il se devait, et si possible de garder un profil bas durant toute l'année, cela permettrait peut-être une réintégration en douceur. La situation était déjà assez difficile comme ça entre Serpentard et les autres maisons sans qu'il ne se fasse remarquer. Même au sein de la maison ce n'était plus pareil, il avait beau reparler à ses amis, ils étaient tous plus ou moins conscients que le mot amitié ne pouvait pas vraiment les définir après toutes ces années. Ils n'étaient pas vraiment proches. Ils se rendaient service au mieux, car rares étaient les Serpentard de leurs année qui étaient revenus à Poudlard. Rares étaient les Serpentard tout court. De tous les nouveaux arrivants, seuls quelques étrangers avaient été répartis chez les verts et argent. Chacun se contentaient de trainer avec les autres de son année et le petit groupe de Drago restait à l'écart. Autant pour les autres que pour eux-mêmes. Le changement était encore trop étrange. Encore trop récent.

~~O~O~O~~

Le soir venu, après le diner, Aaliyah se dirigea d'un pas pressé vers sa chambre et claqua sa porte d'un coup sec. Nous n'étions qu'un mardi soir de septembre et elle en avait déjà marre se dit Drago qui l'avait vu se diriger vers les étages presque en courant. Ce dernier passa un quart d'heure en compagnie de ses amis dont Pansy qui se collait à lui dès qu'ils étaient en public. Cette situation commençait vraiment à lui déplaire. Enfin il entra dans la salle commune et se dirigea lui aussi dans sa chambre soufflant un bon coup. À Serpentard ils étaient nombreux à se plaindre de cette soi-disant « mauvaise organisation des cours » à croire que les profs les noyaient sous les devoirs afin de leur éviter de penser à autre chose, heureusement, dans leur petit groupe, à part Pansy, ils étaient assez bon en D.C.F.M. Il remplit alors les quelques parchemins qui lui avaient été demandé pour le prochain cours.

Poudlard, était encore en reconstruction, le monde magique britannique tentait vraiment de repartir sur de bonnes bases. Avait eu lieux durant les vacances un sérieux remaniement du personnel, le nouveau ministère veillait au grain. On avait fait venir des quatre coins du globe les sorciers les plus compétents afin d'aider à la restauration du système. Dans la foulée, un nombre incalculable d'arrestations et de procès avaient eu lieu. Il fallait couper le mal à la racine. Lucius Malefoy avait de même été sollicité à répondre de ses actes, enfermé à Azkaban pour une durée « indéterminée », son dossier ayant été mis en attente. Drago savait qu'en général, cela n'aboutissait à rien de bon… et il se trouvait étrange de ne rien ressentir. Il est vrai qu'il avait dit à sa mère qu'il souhaitait désormais suivre sa propre voie, ne plus s'arrêter aux « on dit » et penser par lui-même. Mais un père restait un père malgré tout. Malgré ses mauvais choix.

Il émergea de sa chambre vers vingt-et-une heure, alla prendre une douche chaude pour se détendre et quand il eut finit, commença le rituel suivant son brossage de dents. Il se pencha vers la commode non loin et sortit une boite du second tiroir du bas, elle avait visiblement été rétrécie car lorsqu'il prononça le contre sort celle-ci faisait au moins la largeur du lavabo. Dans cette boite se trouvaient des crèmes et baumes en tout genre –pour les mains, pour le visage, pour le corps–, il y avait aussi son gel pour les cheveux, de l'avant et après rasage, un petit livre comprenant divers sort de shampoing en tous genres, et enfin du parfum. Le temps d'appliquer et de laisser agir tous ces produits, Aaliyah qui patientait devant la porte depuis un quart d'heure commença à faire sentir sont impatience.

– Malefoy ! Ça fait un quart d'heure que j'attends, et je sais très bien que tu ne prends plus ton bain.

– Ça va, je te rappelle tout de même que tu passes plus de temps que moi là-dedans

– Quoi ! s'indigna cette dernière, mais c'est normal je suis une fille moi

– Tu insinues quoi là ? Drago jeta un regard mauvais à son reflet comme s'il s'agissait de Seltz en face de lui. Il n'y a aucun mal à prendre soin de soi, répliqua-t-il plein de verve.

– Prendre soin de soi oui. Mais là ça fait près d'une heure que t'es là-dedans, j'aimerais pendre un bain moi aussi, et de préférence avant la ronde.

« … »

– Malefoy ?

« … »

– Malefoy ?! Répond, ce n'est pas drôle de parler dans le vide, sort de là

Mais elle n'obtint aucune réponse et s'énerva .

– Malefoy ouvre cette fichue porte ou sinon je te jure que-

– Ça va, ça va entres, je finis de ranger, l'interrompit-il.

La porte de déverrouilla dans un son rugueux.

Aaliyah entra et se posta au milieu de la pièce, les deux mains sur les anches dans une tentative d'imitation de sa grand-mère dans son indignation.

– Tu crois vraiment que je vais me déshabiller avec toi dans les parages ?

– Ce serait tentant, mais si en attendant que j'aie fini de ranger tu te contentais de te brosser les dents ou tes cheveux –qui en ont bien besoin soit dit en passant, pour commencer ? elle essaya tant bien que mal de cacher sa gêne, ce que le Serpentard perçut immédiatement.

– Tu n'y avais pas pensé avoue, il arborait son sourire narquois.

– Bien sûr que oui, mentit-elle, tu me prends pour qui ? elle lui arracha des mains la brosse qu'il lui tendait.

Son commentaire sur ses cheveux ne lui avait absolument pas plu, mais elle avait l'impression depuis un moment, qu'il essayait de la chercher, alors elle ne répondit pas par une insulte.

– C'est juste que j'ai l'habitude le faire après la douche c'est tout.

Soudain elle parut se rendre compte d'une chose et baissa vivement les yeux.

– Kaurais au moins pu ke chécher non ? elle avait parlé avec la brosse entre les dents et Drago eut presque envie de lui rire au visage.

– Je ne parle pas cette langue. Ca y est j'ai fini de ranger, mademoiselle-la-pudique va pouvoir prendre sa douche, dit-il d'un ton provocateur.

– Dégage ! s'offusqua elle en essayant de le chasser de la pièce, pire qu'une fille, autant de produits, si tu avais été moldu tu posséderais autant d'accessoires que chez le coiffeur.

Cette phrase eu le don de lui faire perdre le sourire et il quitta la pièce en l'ignorant superbement alors qu'elle semblait le maudire du regard.

.

Drago avait revêtit son uniforme, il décida alors de partir faire un tour dans les couloirs. Il croisa Pansy et Théo sortant d'on ne savait où, le sourire aux lèvres.

– Drago, s'exclama la première, qu'est-ce que tu fous là ?

– Je pourrais vous poser la même question, répondit-il en ne s'attardant pas sur le langage qu'elle venait employer.

– On était à la pêche aux infos

Pansy était à la pêche aux infos, elle m'a juste trainée derrière elle, clarifia Théo alors que Pansy levait discrètement les yeux au ciel.

Drago haussa un sourcil et relâcha les épaules, ne cherchant même pas à savoir ce dont il était question.

– Il faut que j'y retourne moi, j'ai une ronde à faire.

Il commençait à partir mais se retourna vers ses amis.

– Que je ne vous reprenne pas à trainer dans les couloirs après le couvre-feu pendant ma ronde.

– C'est bon, on rentrait justement, enchaina Théodore, pas vrai Pansy?

– Quoi ! Hum… oui ? elle plia sous son regard insistant. Bien sûr Théo, elle le toisa du regard mais les coins de sa bouche relevés trahissaient son manque de sérieux. Et n'oublie pas de discuter de ce qu'on a dit avec elle, rappela-t-elle à Drago qui leur tournait déjà le dos.

Moins de trois minutes plus tard, il était de retour devant leur tableau attendant que son homologue daigne enfin sortir.

– Ah quand même ! Tu n'es plus aussi à cheval sur l'heure, remarqua-t-il de sa voix trainante en la voyant refermer le tableau.

– Dois-je te rappeler qui a réduit dans mon temps ? Je ne suis vraiment pas efficace quand il s'agit de faire vite avec si peu de temps, elle rajouta d'un ton hautain, et en plus je suis une…

– Une fille! Je sais, j'avais remarqué, coupa Drago d'un air blasé

– Et si on commençait cette ronde ? reprit la Gryffondor légèrement agacée

– Pourquoi pas. Quoi qu'on aurait pu attendre encore, dit-il d'un ton sarcastique, s'amusant intérieurement de la situation.

– Oh ça va, je ne suis vraiment pas d'humeur alors ne commence pas, je n'ai même pas eu le temps de bien me sécher les cheveux.

– On se demande à quoi te sert ta baguette, parfois je me demande même si tu ne t'es pas trompée de maison, quoi que, se reprit-il, ils ont bien accepté Londubat à Gryffondor.

Une violente envie de le gifler parcourrait la jeune fille mais les souvenirs encore frais de son impuissance face à lui dans sa propre chambre, l'en dissuadèrent. Elle se contentât d'accélérer rageusement le pas.

Ayant parcouru la moitié du trajet en silence, Aaliyah se décida à évoquer le sujet qui avait refait surface alors qu'elle se repassait en mémoire l'entrevue avec McGonagall.

– Euh... pour le truc avec le château, qu'est-ce qu'on doit faire précisément ?

– Tu n'as donc jamais décoré chez toi? C'est pourtant simp-

– Non. Coupa-t-elle d'un ton sec, je n'ai jamais décoré chez moi. Son visage s'était refermé.

– Et bien les deux préfets en chef –nous–, continua Drago comme s'il n'avait jamais été interrompu, préparons tous les détails comme les décorations, le buffet, ou encore le thème sur lequel on décorera le château, on peut aussi recommander aux elfes une particularité pour le buffet, des choses comme ça en somme.

– Ah... ça me plaît assez, et puis le thème est donné puis-ce que c'est halloween.

– J'en connais qui ne seraient pas du même avis que toi, ajouta-t-il plus bas. A ce propos je pense inviter des Serpentard, histoire d'avoir plus d'avis sur la question.

« Et surtout histoire d'avoir moins de choses à faire » pensa-t-il.

– C'est d'accord, j'essaierai d'inviter des Gryffondor alors et-

Un cri provenant d'une salle non loin la stoppa dans sa phrase.

Saisissant leurs baguettes ils se dirigèrent vers sa source du bruit. Ce fut Aaliyah qui pénétra dans la salle la première tandis que Drago scrutait le reste du couloir derrière eux. Il allait la suivre lorsque la porte lui claqua au nez, le laissant dehors tandis que son homologue était prise au piège. Il essaya d'ouvrir et se stoppa lorsque qu'un cri strident retentit dans le couloir.