Disclaimer : Tous les personnages appartiennent au grand Masashi Kishimoto. Et ne m'appartiennent sûrement pas...
Je remercie chaleureusement ma conseillère Myee, qui fait, comme toujours un excellent travail. Énorme merci à ma nouvelle correctrice, Jennifer, d'avoir corrigé ce chapitre, qui n'était non pas sans fautes...
III.
Son précédent bourreau se tenait là, la surplombant de toute sa grandeur, impassible, un regard toujours aussi profond. En le regardant bien, il n'était pas spécialement musclé, il était même plutôt svelte, magnifiquement svelte. Malgré cela il possédait une force à ne pas négliger. Elle eu tout de même une petite lueur d'admiration devant un si beau physique.
Reprenant ses esprits, la pauvre jeune fille ne savait plus quoi faire, ni que dire. Elle était complètement démunie. Non seulement il l'avait retrouvée, mais en plus il connaissait son nom ? Merde. Fuir ? Encore ? Pourquoi pas, elle avait déjà lamentablement pris la fuite à deux reprises, pourquoi une troisième fois la gênerait-elle dans son égo déjà anéanti ? Elle avait peur. Tous les symptômes affiliés à ce sentiment étaient là. Elle était partagée entre cette peur et l'envie de le frapper. Revoir cette personne inconnue deux fois dans un si court laps de temps et dans une position de grande faiblesse, c'était tout bonnement insupportable. La pauvre jeune fille eut un sursaut lorsque soudainement il reprit la parole.
_ Suis-moi, déclara-t-il, moqueur.
Comme s'il lui me laissait le choix, pensa-t-elle... La rose avait encore la mauvaise impression d'être enfermée dans une cage. Quelle pénible sensation ! Elle se sentait comprimée, son cœur battait à vive allure. De toute façon, il fallait qu'elle se remette dans le droit chemin, et qu'elle se défende. Mais ô combien de fois elle s'était dit cela pour, à la fin, se dégonfler ? Autre option, il n'était peut-être pas si méchant que ça. Les deux jeunes avaient sensiblement le même âge, théoriquement, ils devraient se comprendre. Mais c'était justement le théoriquement qui inquiétait la rose.
Pendant qu'elle se berçait de vaines illusions, le brun profita du moment de flottement de sa proie pour se rapprocher et se poster à quelques centimètres de son visage, pour la dévisager, spécialité chez lui. Son souffle chaud percutait le visage pâle virant au rouge de Sakura, accentuant son mal-être. Elle se sentait vraiment lourde, tous ses membres étaient engourdis. Elle ne savait plus ou donner de la tête, ce qui amusait l'Uchiha.
_ Nous ne sommes pas dans une cuisine, tu ne peux pas m'échapper, ajouta-t-il, narquois.
Triste vérité. Elle ne pipait mot et restait dans son mutisme, réfléchissant ardemment au moyen d'échapper à son triste sort. Il était vrai qu'elle n'avait absolument plus rien pour se défendre. Elle était faible autant physiquement que psychologiquement. Mais pour cette fois-ci, elle se rassura - encore : elle ne devait pas avoir peur de lui.
_ Viens, dépêche toi, réitéra-t-il, d'une voix sans appel.
_ Pourquoi ? Murmura-t-elle. C'est tout ce qui pouvait sortir de sa bouche en fin de compte.
_ Peut-être parce qu'hier tu es venue voler dans mon restaurant, casser un verre, salir ma chemise et salir le sol ?
_ Juste pour ça ? tenta-t-elle désespérément de se défendre.
Son bourreau tiqua fortement, probablement exaspéré de toutes ses questions, sa désinvolture et sa petite voix fluette.
_ Oui, juste pour ça, j'ai envie de m'amuser, lâcha-t-il finalement.
Elle soupira, décidément que répondre après cela ? C'était une ignoble réponse qu'il lui avait donnée. Elle était outrée qu'une personne puisse être si manipulatrice et joueuse.
_ Dans tous les cas tu es tombée sur la mauvaise personne qui ta prise la main dans le sac.
Elle réprima un rire amer, mais silencieux, nuance.
_ Je suis du genre rancunier, donc tu ne t'en sortira pas comme ça.
_ Je pense l'avoir remarqué, souffla-t-elle.
Exténué par son comportement, il agrippa violemment son poignet, ce qui l'amena à lâcher une petite plainte de douleur. Comment pouvait-elle en arriver là ? C'était dans ce genre de moments qu'elle regrettait le plus d'être partie. Il ne la traitait pas avec des pincettes et mettait toute sa force dans cette action. Malheureusement pour elle, la peur ne se dissipait pas, revenant à chaque fois l'importuner. C'était plus fort qu'elle, elle ne pouvait s'empêcher de craindre cet homme. Sa main la tenaillait fortement, elle se débattait des toutes ses forces en espérant qu'il la lâcherait, mais en vain. Comment ? Pourquoi ? Toutes ces questions affluaient en elle.
Lui et sa force impressionnante réussissaient aisément à traîner la jeune fille jusqu'à la sortie de la ruelle. Il voulait en finir avec cette situation, sa patience avait des limites, qui étaient d'ailleurs très vite atteintes. Comme si elle allait se laisser faire ! Enfin, vu la tournure que la situation prenait, oui, elle se laissait faire. Il fallait voir la vérité en face, elle ne pouvait pas lutter.
Soudain, il la plaqua sans ménagement contre un mur. Elle ne pouvait résolument plus gesticuler comme un poisson, hors de son habitat aquatique. Elle réussit tout de même de pousser un soupir d'exaspération en se demandant si cet homme traitait toutes les femmes comme cela. D'une façon aussi violente et abrupte ? Cela obligea à la rose à se calmer, ce qui contribua fortement au bonheur de brun. Ses yeux noirs se postèrent devant les siens. Son regard noir l'avait encore touchée. Elle détourna le visage, toujours aussi pourpre, pour éviter de sombrer un peu plus dans ses ténèbres. C'était comme un cercle vicieux, une fois à l'intérieur, les chances de s'en sortir étaient malheureusement quasiment nulles. Mais son agresseur n'était pas de cet avis. Il voulait voir son visage rempli de gêne et peur. Cela l'amusait. Il avait de drôles de façon de s'amuser avec les gens, c'était dans sa nature. Il tint avec conviction son menton entre son index et son pouce, la forçant à le regarder dans les yeux.
Avec la faible lumière qui traversait cette horrible ruelle, elle pouvait encore une fois faire face à son visage si bien dessiné et notamment à ses prunelles si sombres. Elle ne voulait pas y sombrer, surtout pas, mais sa vilaine curiosité l'attira dans deux orbes fuligineux. Elle fut tout de suite attirée par ses yeux, envoûtée, et même troublée par tant d'intensité dans un simple regard. Ces yeux, elle n'arrivait pas en s'en décoller. Elle le voulait, mais ne le pouvait pas. Ses joues prirent une couleur encore plus vermillon due à cette proximité. Ce qui n'échappa pas à l'Uchiha, provoquant de ce fait un rictus chez le noiraud, signe de sa supériorité. Ceci étant son autre spécialité, et qui le définissait par excellence. Il avait gagné, encore une fois.
Sakura était en colère contre elle-même, en colère contre sa propre faiblesse. A chaque fois elle se sermonnait pour ne pas céder à cette horrible sensation de peur. Elle en avait marre de sa couardise, mais elle n'en arrivait pas à s'en détacher. A chaque fois c'était la même chose, elle était littéralement tétanisée. Si seulement une once de courage pouvait subsister.
_ Suis- moi-, déclara-t-il sèchement.
_ Qu'est-ce que tu vas faire de moi ? Balbutia-t-elle. Elle voulait imposer sa petite personne, et ce n'était pas gagné.
_ Travailler.
Ses yeux émeraudes, ternis par la fatigue, s'écarquillèrent malgré eux à l'entente de ce mot. Tout d'un coup elle se sentit légère. Alors comme ça le travail allait venir de lui-même ?
_ Mais tu ne sera pas rémunérée. Tu vas en quelque sorte rembourser les dégâts, dit-il, sans aucune vergogne.
Fin du rêve. Décidément, Sasuke avait un malin plaisir à lui infliger de vilains faux espoirs. Elle voulut rire d'avoir si naïvement cru à ses paroles, elle se sentait tellement risible. Cependant la flamme de la détermination qu'elle venait fraîchement de retrouver ne s'était pas éteinte. Elle devait absolument négocier et s'accrocher à ce fin fil d'espoir qui sortira la jeune fille de là. Elle ne pouvait pas passer à côté de cela, mais ce ne sera pas une mince affaire.
_ J'accepte de te suivre, mais à une seule condition.
D'un mouvement de ses pupilles, il donnait l'autorisation de continuer. C'est fou, il peut même donner des ordres rien qu'avec le regard.
_ Que tu m'héberges.
Si, il ne veut pas payer, c'était d'accord, mais elle voulait au moins un toit.
À l'entente de sa courte réplique, il eut un rire sonore. Cette fille était bouchée ou quoi ? Comment avait-elle l'audace de lui demander une chose pareille, alors qu'elle était souvent victime d'une timidité presque maladive ? Malgré cela elle alimentait en lui une petite once d'intérêt, elle était si ambiguë. De son côté, la fleur n'aimait pas cet éclat de rire, cela ne lui inspirait rien de bon. Puis, reprenant son sérieux :
_ Non.
Une vraie claque psychologique pour la jeune fille. Elle s'est sentie terriblement mal, recalée ainsi. Tous deux plongés dans silence, c'est à ce moment-là que son téléphone sonna. Exaspéré, il décrocha.
_ Quoi ?
_ [...] _ Je suis parti faire un tour, siffla-t-il, agacé qu'on l'appelle à un moment pareil. Sa poigne puissante la tenait toujours.
Il émit un grognement de douleur.
_ ... Salope ! Tu me le payera !
Il lâcha son téléphone et tiqua bruyamment. Elle avait eu la super bonne idée de lui mordre la main avec toutes les forces qui lui restaient. Pas très réfléchie comme illumination, mais efficace. Sa grande main blanche comme neige était tout ensanglantée.
Absolument réjouie par ce retournement de situation, mais toute aussi effroyablement vexée par les paroles vulgaires de Sasuke, elle se dirigea vers la sortie de cette ruelle sombre. Enfin, elle pouvait sortir de cet affreux cauchemar. Enfin ! Elle souriait bêtement, elle pouvait se le permettre. Personne ne pouvait la voir avec ce large sourire, ce n'était pas le fait de sourire en lui même qui posait problème, mais de sourire bêtement et seule dans la rue. La rose entendit la voix de son bourreau l'appeler pour revenir vers lui. Comme si elle allait retomber dans la gueule du loup ! Elle voulait juste fuir, simplement fuir.
Les habitations défilaient les unes les autres. Fuir, toujours fuir, sa vie se résultait maintenant à ça. Allait-elle enfin pouvoir arrêter de courir ? D'arrêter d'être traquée ? Elle n'aspirait plus qu'à une chose : mener une vie tranquille. Tant pis, pour l'instant fallait s'accrocher, point.
Encore et encore le hasard. Il dictait ses déplacements. Elle était tout ce qui était de plus perdue, se traitant elle-même d'idiote. Il fallait faire plus attention, tout ça n'était pas très futé. Balayant encore le décor des yeux, il n'y avait pas grand monde dans ce trou perdu, misère !
Elle se dirigea vers une rue émettant une petite source de lumière. Venant à bout de cette course éreintante, elle déboucha enfin sur une rue avec beaucoup plus d'âmes qui vivent, ce qui était plutôt bon présage. De nouveau, elle était dans une euphorie. Elle se sentait bien, là, maintenant. Elle ne voulait pas revenir à la réalité, celle d'une situation désespérée. C'est fou, juste cet infime espoir la rendait heureuse, elle était tombée bien bas. Elle releva la tête, la sortant de cette transe.
C'était censé être une action tout ce qui avait de plus normal, relever la tête pour voir ce qu'il y avait devant soi, pour voir et éclaircir son chemin. Elle n'aurait jamais cru que cette action la ferait retomber dans un nouveau mal-être.
Fatalement, son regard se leva et se posa un homme, adossé à un mur. Un jeune homme, lui rappelant un si mauvais et douloureux souvenir. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Elle n'en croyait pas ses yeux, qu'est-ce qu'il faisait ici ? Pourquoi tant de coïncidences ? Elle n'avait vraiment pas de veine. Elle était là, encore partagée par l'envie de vomir le peu qui restait en son ventre, et l'envie de pleurer. Cela la démunissait de tout. Le muret étriqué qu'elle venait d'ériger avec tant de mal, s'était lamentablement effondré. Elle était revenue au point de départ, celui où elle avait constamment peur. Il n'y avait plus une once de raison qui résidait dans sa tête, tout était gouverné par la confusion.
Lentement elle s'arrêta, ses yeux ne quittant plus cette personne. Il semblait attendre quelqu'un, son regard se portait dans le vide devant lui. Le jeune homme remarqua son regard insistant et plein d'incompréhension, et tourna ses prunelles vers elle. Elle espérait de toutes ses forces que cela n'était qu'un mirage, qu'elle hallucinait. Si cela continuait, elle allait devenir folle, complètement folle. Leurs regards se croisèrent. Lui arborait son air abject dont elle se souvenait parfaitement bien, c'était celui qu'il avait eu ce jour où tout avait basculé. Elle en était obnubilée, ses membres étaient ankylosés, plus un membre de son corps ne lui obéissait. Pas de chance pour elle, elle n'avait pas remarqué qu'elle était à ce moment même en train de traverser la rue, et qu'elle était encore au beau milieu de la route.
Coup de théâtre.
Cependant, aveuglée par ce soudain voile de tristesse, elle vit en au même moment une lumière intense qui contrastait avec cette nuit, sombre, foncer vers sa petite personne, puis plus rien. Quelle idiote, rester au milieu de la route ! C'est drôle, le jeune homme n'avait même pas pris la peine de la sauver et l'avait laissée à son propre sort, une vraie enflure. Ses membres étaient comme absents à présent. Elle n'avait pas réagi, elle avait juste attendu que la douleur passe. Quelle ironie... Que l'on arrête de s'acharner sur son sort, comme dans les films !
[...]
Une peste, c'était vraiment une peste, Sakura ne pouvait pas mieux définir cette fille qui lui faisait en voir de toutes les couleurs. Cette fille avait tellement d'influence qu'au bout d'un certain temps, tout le lycée était ligué contre elle. Elle était le berger et eux les moutons. Tout le lycée était constitué de moutons et une seule personne les dirigeait. Tous lui obéissaient, même « lui ». Cette institution où tous les jeunes de leur âge doivent aller car telle est la « procédure ». Soit vous réussissez socialement, soit, au contraire, vous êtes renié de cette société, et reclus au plus bas de l'échelle. Les élèves faisaient tout pour se hisser au plus haut, tout était bon pour devenir populaire et se faire remarquer. Et parmi eux il y avait celui qu'elle croyait être son meilleur ami. Son ami de toujours, qui l'avait soudain un jour laissée seule.
Pourquoi ? Là était la question. Elle s'était faite publiquement humiliée devant toute cette populace. Les personnes étaient plus voraces les unes que les autres. Lui, elle le détestait de toutes ses forces, une réaction normale pour un humain, qui s'est fait lyncher de la sorte. Elle avait eu énormément de mal à s'en remettre, ce qui est légitime lorsque l'on vient de perdre un être cher. Elle voulait absolument savoir ce qu'elle avait fait pour s'être faite lamentablement délaissée comme une malpropre. Ce fameux jour où il l'avait laissé, seule face à tous, ce douloureux souvenir revenait parasiter ses doux rêves, devenus des cauchemars.
« _ Démerde toi seule maintenant. »
Cette phrase, cette maudite phrase, résonnait tel un écho.
Elle se réveilla en sursaut, le visage d'une pâleur si effrayante que son teint se rapprochait plus de celui d'un cadavre que celui d'un être vivant. L'angoisse, la tristesse, la haine, son estomac était noué sous toutes ses émotions. Malgré cela, ses pauvres yeux s'ouvraient sur le monde avec une lenteur extrême. Une pièce toute blanche l'aveuglant au passage. Les rayons du Soleil étaient inévitablement présents, agrémentant encore la brillance de cette pièce. Ses globes oculaires meurtris par tant de lumière s'adaptaient peu à peu, menant à bien la bataille contre cet éclat.
Des murs blancs, le plafond blanc, les rideaux blancs, les draps blancs, quelle originalité ! Elle comprit, un hôpital. Qu'est-ce que qu'elle avait fait pour finir là ? Décidément, elle enchaînait les mauvaises situations. Elle continuait de scruter cette pièce blanche quand soudain son regard loucha sur un intrus.
C'était lui. Il était là, encore, complètement vêtu de couleurs sombres, ce qui contrastait énormément avec la pièce.
_ Qu'est-ce que tu fais là ? dit-elle, d'une voix rongée par la fatigue.
_ Devine, toujours un sourire mauvais aux lèvres.
_ J'en sais rien ! Cria-t-elle. La fleur venait apparemment de retrouver son énergie, n'ayant aucune patience pour les devinettes.
_ En voulant me fuir, une voiture t'a percutée, souffla-t-il, très simplement.
Fait chier ! Voici sa pensée, mais dite à haute voix, décidément, elle enchaînait que trop bien là ! Elle avait fait un magnifique combo de mauvais événements. Elle était une véritable malchanceuse, de plus, il était toujours là, encore. À cet instant précis, elle aurait préféré qu'il l'abandonne sur le bas-côté de la route, au lieu de subir cet instant particulièrement gênant. Gênant pour elle, mais pas pour lui,évidemment. Heureusement dans tout ce lot de pure galère, elle s'en sortait avec seulement quelques égratignures, quelques points de suture sur le front, rien de bien méchant. De la chance ? Non, il ne faut pas généraliser, ni crier victoire trop vite.
Sasuke la regarda, incrédule. Ce n'était pas possible d'être aussi indécise. Un coup elle se lamentait sur son sort, avec un visage fatigué, l'instant d'après elle s'inquiétant sur son état.
Sakura était songeuse, il l'avait donc en quelque sorte sauvée ?
_ Merci, c'est tout ce qu'elle avait pu dire. Le jeune homme resta pantois, pourquoi un tel élan de politesse ?
_ J'ai juste appelé les urgences.
Une courte réponse. Elle s'y attendait. Elle baissa la tête, les cheveux cachant son visage et sourit, ça la rendait heureuse que Sasuke ait daigné appeler les urgences. Elle n'aurait jamais cru ça de sa part, c'était même trop beau pour être vrai. Elle se pinça discrètement le bras pour constater qu'elle ne rêvait pas. Apparemment ce n'était pas le cas.
_ Alors ? Et qu'est-ce que tu attends de moi ?
_ Je te l'ai dit hier.
_ Ma condition est toujours refusée ? marmonna-t-elle.
Et non, elle n'avait pas perdu la mémoire, elle était bel et bien lucide à propos de ce qui c'était passé avant de se faire percuter misérablement par une voiture. Pourquoi avait-elle posée cette question alors qu'elle savait pertinemment la réponse ? C'était pour elle la meilleure façon d'engager une conversation.
_ Exactement.
Un lourd silence venait de s'installer. S'il n'acceptait pas de la loger, et bien soit, elle resterait sur la défensive. Pas question de céder, elle était déterminée.
_ Viens travailler, d'accord ? dit-il, sur un ton plein d'animosité.
Question rhétorique évidemment. Finalement, elle savait que de gré ou de force, elle se retrouverait tôt ou tard à travailler pour le compte de Sasuke, venant de lui tout était possible. Au fond, vu sa situation, ça ne la dérangeait pas. Au moins, elle arrêterait de vagabonder dans les rues. Mais un toit, elle voulait assurément un toit.
_ Je te l'ai dit, pas tant que tu ne m'hébergeras pas.
_ Viens, le ton était sec.
_ Non.
Elle n'était pas rassurée du tout, elle jouait dangereusement avec le feu, et elle s'en brûlera les doigts tôt ou tard. Lui n'avait pas bougé, elle en déduisait donc que tant qu'elle n'avait pas accepté, il ne partira pas, c'était l'incarnation d'un être totalement borné.
_ Tant que je n'accepterai pas, tu ne partira pas, c'est ça ? demanda-t-elle, même si elle connaissait déjà la réponse.
_ Oui, je peux faire preuve de patience quand il le faut.
Sa patience avait des limites, très bien, mais lorsqu'il s'agissait de quelque chose dans son intérêt et qui, du moins, l'intéressait, il pouvait preuve d'une grande patience, et il faisait tout pour l'avoir. Il avait marqué des points, mais Sakura n'en démordait pas moins, elle était et resterait sur la défensive. Elle était déterminée, mais... pas pour longtemps. Il était un adversaire de taille le bougre, son regard la déstabilisa. La jeune fille avait plus en plus de mal à supporter ces prunelles noires. Le temps la consumait. Plus le temps passait, plus il était difficile de résister. Elle avait l'impression d'être dans une épreuve de survie, il ne fallait surtout pas qu'elle tombe dans son regard ou se serait fini d'elle.
Elle ferma ses yeux, espérant que cela la calmerait, car son cœur battait à une allure étonnante, elle le sentait. Lorsque qu'elle essayait de faire le vide dans son esprit, elle revoyait ce rêve, le cauchemar qu'elle avait fait un peu plus tôt. Il y a toujours un mauvais souvenir qui viens vous agacer dans vos pires moments de faiblesse. Vous avez beau résister de toutes vos forces, mais en tentant le diable, vous tombez dans des philosophies des plus profondes, décortiquant votre situation dans tout les sens, réfléchissant à ce que pouvez en advenir. Ces douloureux souvenirs fraîchement revigorés amenaient, pour son plus grand malheur, des bribes de son malheureux passé. Tout ce tourbillon de souvenirs refaisait surgir en elle toute sa tristesse, son angoisse, son anxiété. Tous ces sentiments fort désagréables refaisaient surface. Elle se maudissait toute seule d'avoir cherché au plus profond de son esprit des réponses, des constatations de sa misérable vie.
Tout cela alimentait sa peine, mais la jauge était déjà bien top remplie. Physiquement, de ces sensations découlaient des larmes. Elle essayait tant bien que mal de les retenir, ses yeux piquaient, c'était peine perdue, sa gorge était nouée, et elle laissa libre cours à ses larmes. Tant pis pour son amour-propre, devant Sasuke elle n'avait plus aucune fierté.
« Plus aucune. »
• Note de l'auteur : Voilà voilà pour mon troisième chapitre, j'avoue avoir ramé pour l'écrire... J'ai eu un moment de blanc, car ne sachant pas trop sur quoi me tourner. Mais ma conseillère est venue à la rescousse ! Je vous avoue que je n'ai pas d'idée de suite dans un futur lointain. J'avais planifié mon histoire dès le début, mais au fur et à mesure où j'écrivais, d'autres idées fusaient donc je me suis complètement éloignée de mon plan. Tant pis, au final, c'est peut-être mieux ainsi. Mais bon, il me plaît bien, ce chapitre, sans vouloir me vanter ! Sinon, pour le chapitre quatre, il avance, mais j'ai deux OS en cours d'écriture, donc peut-être, il aura du retard, je ne sais pas. Alors qu'en pensez-vous ? Bien ? Pas bien ? Nul ? Rien à faire ?
Comme en étant nouvelle sur , j'ai une question à vous poser : comment dois-je répondre à vos reviews ? Par le petit icône prévu à cet effet qui vous enverra sous forme de message ou autre chose ? Je vous remercie d'avance. :3
A la prochaine !
