Disclaimer : Tous les personnages appartiennent au grand Masashi Kishimoto, ils ne sont pas à moi... (Naturellement)
Merci à ma conseillère, Myee, et à ma correctrice Jennifer, elles ont fait du super bon boulot ! Comme d'habitude, on se voit à la fin du chapitre pour mes éventuelles bavardages !
V.
Naruto ne prit pas la peine de réfléchir plus et réagit au quart de tour, surpris par la violence dont faisait preuve Sasuke. Mais qu'est-ce qu'il lui prenait ?
— Sasuke ! Qu'est-ce que tu fous, bordel ! S'écria le blond, s'empressant d'aller voir si Sakura allait bien.
— Tais-toi, Naruto !
En prononçant ces quelques mots, le brun avait la mâchoire étonnamment crispée. C'est vrai quoi, à peine cette fille était entrée dans sa vie qu'elle foutait le grand bordel, touchant d'entrée de jeu son point sensible. Il en avait suffisamment entendu, il devait se calmer, par n'importe quel moyen. Pour commencer, il devait quitter cette cuisine. Et peut-être après, frapper tout ce qui lui tombait sous la main, ou même tuer quelqu'un, tirer une latte de cigarette – ou autre. Tous les procédés étaient bons pour calmer ses nerfs à vifs. Puis finalement, il lâcha acerbe.
— Tu es comme les autres, tu ne te fies qu'aux médias qui reflètent une image de ma famille idéalisée, dans laquelle je vis dans une harmonie flagrante.
Il se retira en claquant violemment la porte. Ses dernières paroles, agressives, étaient gravées dans la mémoire de Sakura. C'était dur, très dur de ne pas pleurer. Pourquoi mentir ? Elle ne s'était basée que sur les faits qu'elle avait pu voir ou apprendre. À ce moment-là, elle était exactement la même que les personnes ignobles qui défoulaient leur frustration sur elle. Faire des conclusions hâtives et se fier seulement aux apparences. Elle avait toujours vu la famille Uchiha comme une famille parfaite, mais visiblement ce n'était pas le cas, le comportement de Sasuke le prouvait bel et bien. La culpabilité la gagnait férocement, s'infiltrant jusqu'à la moindre de ses cellules. Elle se sentait « monstre » pour avoir dit ça, comment avait-elle pu ? Comment ?
Une goutte, deux gouttes, puis trois, puis quatre, ça ne voulait décidément plus s'arrêter, c'était simple, elle pleurait. Naruto, attendri par la tristesse de la jeune fille, porta une main à son épaule, empli de compassion. D'un geste hâtif, elle ne put s'empêcher de le serrer dans les bras, cherchant une quelconque chaleur humaine. La Haruno, qui restait légèrement méfiante face à n'importe quoi, se trouvait dans un état plus que lamentable et dans les bras d'un inconnu, quelle ironie. Mais elle voulait juste se sentir protégée, c'était tout ce dont elle avait besoin pour l'instant. Cette fameuse méfiance aurait pu lui sauver la peau plusieurs fois, comme par exemple, lors sa recherche infructueuse de travail, mais par désespoir de cause, elle s'était directement jetée dans la gueule du loup.
De son côté Naruto n'hésita pas à répondre à son étreinte, aider une personne, voilà ce qu'il voulait, il ne pouvait pas rester placide face à ça.
Après quelques minutes, et quelques hoquets, Sakura commençait enfin à se calmer, pleurer, ça fait du bien tout de même. C'était comme si un énorme poids l'avait quittée, malgré ça, un goût amer lui restait dans la bouche. Lentement, elle releva la tête, réalisant qu'elle serrait Naruto de toutes ses forces comme si sa vie en dépendait. Elle s'étrangla presque avec sa propre salive et s'éloigna à toute vitesse, se trouvant bien risible à ce moment là. Forcément, câliner quelqu'un qu'on ne connaît à peine, ce n'est pas la meilleure des choses à faire. Gênée, elle balbutia légèrement ce qui semblait être des excuses. Elle avait pris cette belle couleur pourpre au niveau ses joues.
— Désolée, pour... ce petit contretemps.
— Il n'y a pas de mal, ça s'appelle de la compassion Sakura !
— Si tu le dis...
Elle afficha un sourire, le blond lui répondit avec un sourire encore plus large, Naruto était tout simplement rayonnant. Il prit, soudain, un visage sérieux.
— Viens, j'ai à te parler de ce qui vient de se passer.
Bien qu'elle ait prévu le fait de devoir un jour ou l'autre mettre carte sur table toute cette horrible situation, Sakura ne pu s'empêcher d'hésiter. En voyant qu'elle reprenait un visage fermé, il lui fit un sourire qui se voulait rassurant. Elle reprit malgré elle un peu confiance. Bon de toute façon, tôt ou tard, elle devrait faire face à Sasuke, mais dans l'immédiat, c'était Naruto à qui elle devai rendre des comptes. D'ailleurs, ce dernier avait l'air d'être le meilleur ami du brun. Malgré cette information incertaine, Sakura jeta par dessus bord sa méfiance protectrice, elle lui faisait confiance, le blond était quelqu'un sur qui on pouvait compter, elle le sentait. Il lui indiqua de le suivre et de parler en dehors de cette cuisine, dans la grande salle à manger. Se retrouvant face à face, Naruto, déclara doucement les hostilités.
— Tu veux boire quelque chose ? Tenta l'Uzumaki, pour apaiser cette atmosphère tendue.
— Non, merci, c'est gentil.
Un silence pesant venait encore de s'imposer.
— Je suis désolé de ce qui vient de se passer, je ne sais pas pourquoi je m'excuse d'ailleurs, mais Sasuke est vraiment susceptible, surtout en ce qui concerne sa famille. On a beau être meilleurs amis depuis longtemps, même sur ce point-là, c'est flou pour moi, tu dois avoir ça en tête.
— Elle resta silencieuse, que lui répondre après ça ? Elle avait honte de ce qu'elle avait fait et de ce qu'elle venait de dire.
— Tu n'aurais pas dû lui parler ainsi, mais tu n'es pas la seule fautive, lui aussi, n'aurait pas du dire de telles choses blessantes à ton égard.
Ces paroles faisaient mal, mais il fallait voir la vérité en face. Naruto avait parfaitement raison, il continua sur sa lancée.
— Il n'est pas très sociable comme mec, mais je sais qu'au fond il peut être sympa.
Sakura réagit intérieurement aux paroles de Naruto, Sasuke Uchiha, quelqu'un de bien ? Tout ceci était risible, mais elle devait bien se l'avouer, il avait fait preuve de gentillesse à l'hôpital, son sourire, les piques qu'il lui envoyait. Mais les dernières paroles particulièrement hargneuses du brun lui restaient à travers la gorge. Elle se sentit terriblement mal, c'était bizarre, elle qui avait l'habitude des moqueries, des idées toutes faites à son sujet, malgré ça elle avait mal au cœur.
— Tu sais Sakura, je pense que ce serait mieux que tu ailles t'excuser, il peut bouder dans son coin pendant plusieurs jours, autant l'apaiser maintenant, reprit Naruto.
Et voilà, se dit-elle, ces paroles semblaient faire être un déclic en elle, ce sont toujours les femmes qui doivent se soumettre à la volonté des hommes. Elle avait beau être timide sur les bords, elle n'en restait pas moins d'une femme. Ça ne se passera pas comme ça, elle en avait la conviction. Rassemblant son courage, elle décida de tenir tête à Naruto, pourquoi ? Elle ne saurait le dire, mais il fallait qu'elle se défende un peu.
— Moi ? Aller m'excuser ? Comme le veux la règle, honneur aux hommes, non ? Rétorqua Sakura, à moitié sûre d'elle, les yeux un peu dans le vide.
Au fond, elle avait beau prétendre avoir une part féministe dans son caractère, il subsistait néanmoins une once de crainte en elle. Si la jeune fille venait à aller présenter ses excuses, la peur prendrait inévitablement le dessus, peur de la réaction de Sasuke, peur qu'on la rejette encore une fois. Elle avait déjà essuyé plusieurs échecs de ce genre la dans sa vie, elle ne voulait plus que cela se reproduise. Le fait de revendiquer la supériorité des femmes était pour elle comme un moyen de défense, pour permettre de cacher ses peurs, ses craintes dans ce genre de situations. Mais ça ne l'empêchait pas pour autant de défendre pleinement cette cause.
Naruto resta pantois devant l'audace de Sakura, elle qui avait été si polie, quel revirement pensa-t-il.
— C'est impoli de ta part, souffla Naruto, sérieux puis amusé, moi qui croyais que tu étais toute timide.
— Ce n'est pas impoli de ma part, tu l'as toi même, lui aussi est fautif, autant que moi même ! Ce sont les hommes qui doivent faire le premier pas, non ?
Touché.
Ce qu'elle avait dit n'était pas faux. Le blond découvrait un peu plus les différentes facettes de cette fille, et ce n'était pas pour le déplaire. Ça l'intriguait, il voulait en voir plus.
—Ouais Sakura t'es pas timide du tout là !
— Que veux-tu Naruto, tout le monde n'a pas une seule facette dans sa personnalité, les gens sont pluriels. Dans le cas contraire, le monde serait bien fade, non ?
—Tu n'as pas tort, soupira-t-il.
— Et puis, je ne fais que m'adapter à la personne qui me parle.
— Ce n'est pas un peu hypocrite ça ?
— Peut-être bien, mais pour le coup si tu parles avec une personne importante dans le monde du travail, tu vas employer un vocabulaire courtois, un comportement calme et réfléchi. Tu ne vas pas faire la même chose avec tes amis, avec eux, tu vas être beaucoup plus libre, je me trompe ? Et puis, il faut faire attention aux mots que l'on emploie, il faut un minimum prévoir la réaction des autres pour ne pas les vexer.
— Dis-moi, tu te demandes tout ça pour aborder quelqu'un ? Effectivement, il faut être un minimum réfléchi lorsqu'on s'adresse à quelqu'un, mais là, je pense que te poses un peu trop de questions, tu n'as pas besoin de faire tout ça ! dit-il dans un sourire lumineux.
Ces paroles trottaient dans la tête de Sakura. Elle ne le montrait pas vraiment, mais c'était sa façon de penser, elle s'y accrochait fortement. Elle avait beau être convaincue de ses propos, ce que disait Naruto n'était pas faux, loin de là. C'était vrai, toute sa vie elle avait contrôlé tous ses dires, faits et gestes, enfin bon, les mésaventures qui s'étaient produites ces derniers temps prouvaient tout le contraire. Avec tout le monde elle mesurait ses paroles, jaugeant lequel de ses choix lui causerait le moins de problèmes. Mais malgré toutes ses attentions, tout ce qu'elle entreprenait avec autrui était un échec, tout le monde finissait par se lasser d'elle, puis par la laisser.
— Oui, je me pose toutes ces questions pour aborder quelqu'un, oui, je n'arrive pas à me libérer de tout ça, oui, je n'arrive pas à avoir un comportement beaucoup plus naturel, soupira-t-elle, mais je sens que ces derniers temps, c'est différent.
Avant que Naruto pu en placer une, Sasuke apparut soudainement derrière eux, leur coupant dans leur discussion, sans plus de cérémonies, il lâcha :
— Je n'ai plus besoin de toi, tu m'agaces, ne remets plus jamais les pieds ici.
Son ton était plus que froid et cassant. Son regard était plus meurtrier et dur que d'habitude, les traits de son visage étaient toujours animés par la haine. Visiblement, sa petite escapade loin de la jeune fille ne l'avait pas calmé. Mais Sasuke n'avait pas eu besoin de réfléchir très longtemps, ces personnes insouciantes qui croient dur comme fer qu'il avait obtenu toute cette réussite dans un claquement de doigt, il en avait sérieusement plus qu'assez. Autant couper tout risque de se faire du mal en s'accrochant à quelqu'un, maintenant.
Sans plus un mot, Sakura se leva, se dirigeant vers la sortie machinalement, ses membres bougeaient tout seuls, fuyant instinctivement cette atmosphère pesante et étouffante, son visage n'affichait plus aucune émotion.
— Sakura ! Att- tenta Naruto, mais Sasuke l'arrêta dans sa lancée.
Révolté par la cruauté de son ami, il rétorqua :
— À quoi tu joues sérieux ? T'étais obligé d'aller à ces extrémités-là ?
— Je l'ai voulu donc tu t'y fais ! S'énerva le brun.
Sur ces paroles, Sasuke tourna les talons, même Naruto défendait cette fille, c'était quoi son problème ? Bizarrement, il se sentit trahi, trahi que même son meilleur ami ne le comprenne pas. Pourtant, le brun en avait des réactions violentes, ce n'était pas si rare que ça, surtout si l'on parle de sa famille, son ami le savait ça. Le blond avait toujours été auprès de lui, il connaissait ses antécédents familiaux douloureux et ne s'insinuait jamais dedans. Même dans ses pires conneries, ils étaient toujours ou presque sur la même longueur d'onde, enfin à peu près. Naruto n'était pas du genre à se faire marcher sur les pieds surtout s'il s'agissait d'avoir le dessus sur Sasuke, loin de là. Longtemps, Naruto avait été son rival, mais avec les années, cette rivalité s'était plus ou moins estompée. Leur amitié était légèrement ambiguë, mais néanmoins stable.
Naruto ne voulait pas en rester là, Sasuke avait disparu une nuit entière pour pouvoir retrouve une fille, il ne laisserait pas ses efforts faits en vain. Pour une fois que son ami à l'égo surdimensionné s'était accroché à quelqu'un, enfin à ce stade là le brun éprouvait seulement de l'intérêt pour cette fille. Il savait pertinemment que sa réaction avait blessé Sasuke, mais il le faisait à bon escient.
D'un geste rapide, la main de Naruto s'encra dans l'épaule de Sasuke, dans le but se retrouver face à ce dernier. Naruto n'aimait pas régler les problèmes spécialement par la force, mais sur ce coup-ci, il décocha un violent coup de poing droit dans le visage si parfait du ténébreux. Il voulait le résonner avec les mots, mais vu l'état de transe dans lequel son ami était, rien de mieux que de commencer par un bon coup dans le visage.
— Enfoiré ! Qu'est-ce que -, hurla Sasuke.
— Boucle-la espèce d'idiot !
Sasuke resta surpris par les faits et gestes de Naruto, et massa sa joue douloureuse. Ils s'étaient livrés maintes et maintes bagarres, mais le brun ne comprenait pas pourquoi le blond réagissait ainsi. Les deux hommes se fixaient du regard pendant un bon moment, cherchant dans le regard de l'autre des explications. Puis dans un sourire, Naruto coupa le silence lourd qui s'était installé dans la salle.
— C'est bon ? Tu t'es calmé maintenant ? S'amusa le blond.
— Quand je t'aurai rendu la pareille on verra si tu auras le même sourire, se moqua le brun.
—Tu es calmé je pense ! C'est fou ce qu'un coup de poing marche bien, c'est à noter.
S'il était calmé ? Il n'en était pas si sûr, c'était juste que la douleur sur la joue le canalisait, et faisait oublier sa colère, pour l'instant.
—Bon, crache le morceau, qu'est ce que je t'ai fait pour que tu déverses ta violence sur moi.
— Déverser ma violence sur toi ? Pas du tout, je voulais juste de faire prendre conscience de quelque chose.
Sasuke fronça les sourcils, de quoi est-ce que ce blond parlait ?
— Quoi ?
— Allons Sasuke, ne soit pas bête, tu vas laisser Sakura partir comme ça ?
De nouveau, ses yeux se voilaient de haine qui l'habitait i peine quelques minutes.
— Tu voulais juste remuer le couteau dans la plaie ? Si ce n'est que ça ce n'est pas la peine,prévint Sasuke.
— Pas du tout ! T'es aveugle ou quoi ? C'est la première fois que tu t'investis autant pour une fille, enfin ce n'est rien du tout, mais comparé à d'habitude toute cette attention me paraît exceptionnelle. Sasuke ! Ouvre les yeux bordel ! Ça crève les yeux qu'il y a quelque chose qui attise ta curiosité chez cette fille ! Ouais, je sais qu'elle a parlé d'entrée de jeu d'un de tes sujets tabous, ça t'a vachement énervé au point de devenir la pire des ordures, mais tout le monde à droit à une deuxième chance, non ? Rattrape-là avant qu'il ne soit trop tard, sinon je sais que tu vas finir par le regretter.
— On dirait un film à l'eau de rose... Tu parles comme si j'étais tombé éperdument amoureux au point de lui courir systématiquement après, c'est vraiment niais, souffla le brun, contenant sa colère.
— T'es vraiment du genre borné, hein ? Tu sais quoi ? Fais ce que tu veux, je t'ai prévenu, soit tu te bouges l'arrière-train et tu vas la chercher comme un homme niais comme tu le dis, soit tu la laisses tomber et tu le regrettas jusqu'à la fin de ta vie te connaissant.
Naruto quitta la grande salle à manger où il s'était installé plus tôt avec Sakura, et vaqua à ses occupations, il mentirait s'il disait qu'il n'était pas fier des ses dernières répliques. Mais le plus important dans tout ça c'est que le brun change d'avis, le blond espérait vraiment que son meilleur ami se remue un peu et qu'il mette sa fierté de côté pendant quelque temps, pour ça il lui faisait confiance.
Le brun lui n'avait pas cillé, il s'appuya sur le mur le plus proche et se glissa jusqu'au sol froid de la salle. Bah tiens, il devait être pathétique d'être dans cette position, mais au point où il en était, il en avait cure. Doucement, il prit sa tête entre ses bras, comme si, instinctivement, il voulait se protéger de quelque chose. Ses poings se serrèrent, et devenaient tremblants, la colère avait laissé la place à la peine, tous ces mauvais souvenirs s'étaient brusquement ravivés aujourd'hui, il en était excédé. Qu'est-ce qu'il avait fait pour en arriver là ? Il était si lamentable, encore une fois, il avait suivi ses pulsions et non sa raison.
Les paroles de Naruto résonnaient durement en lui, pourquoi il lui avait sorti toute cette tirade ? Il se retenait d'y penser, mais il n'y arrivait pas. Et se mit à se torturer l'esprit après maintes et maintes questions, répondant à ces dernières une par une, et arriva enfin à une conclusion. Suite à cette gymnastique de cerveau, son esprit se faisait moins confus, en y réfléchissant bien Sasuke changea subitement d'opinion, tout à-coup tout lui paraît plus limpide. Son ami n'avait pas tort, Naruto avait parfaitement raison. En fait, il avait dès le début cerné le brun. Sasuke sourit doucement, il s'était visiblement trompé sur le compte du blond, il ne l'avait à aucun moment trahi, la haine l'avait sauvagement aveuglé, ce qui l'avait empêché de réfléchir correctement. Maintenant que ses pensées étaient claires, il analysa calmement la situation. Cette fille, il avait essayé de la faire venir auprès de lui, il avait obtenu ce qu'il voulait, pour qu'à nouveau il la perde. Les choses ne se passeraient pas de cette manière, le brun en avait la conviction, il fallait qu'il la rattrape, pourquoi ? Il ne sut pas vraiment, mais dans tous les cas, il ne voulait plus vivre rongé par les regrets, préférant écouter son instinct, autant essayer. Oui, Naruto l'avait fait ouvrir les yeux, le blond lui avait en quelque sorte rendu service et n'hésitera pas à se servir ça pour lui demander de multiples choses.
D'un pas rapide, il s'extirpa de son commerce, se mettant sérieusement à la recherche de la jeune fille. Pour les dommages collatéraux, il verra ça plus tard.
[...]
Elle courait, elle courait, de toutes ses forces. Elle voulait fuir, fuir le plus loin possible, courir à s'en faire mal aux jambes, courir désespérément jusqu'à en manquer d'air, courir en prenant le risque que son cœur lâche à un moment où un autre. Ne plus voir cet idiot de Sasuke, c'est tout ce qui comptait pour le moment. Sakura eut un sourire amer, cette situation, détaler comme un lapin, lui rappela la première fois où elle avait rencontré le brun. Elle avait l'impression que l'histoire se répétait inlassablement. Ne pouvait-elle pas un jour de se sortir de ce cercle vicieux ? Elle se souvint fatalement de sa petite course-poursuite à pieds, et notamment les fois où ses souvenirs ont resurgi. Oui, et aujourd'hui, ils revenaient encore la tourmenter. La jeune fille pesta suite aux restes de son passé peu fameux. Les chasser en courant désespérément, la bonne aubaine !
Soudain les souvenirs se voulaient plus encombrants, elle se concentra du mieux qu'elle put pour penser à autre chose, mais il n'y avait rien à faire, l'esprit l'emportait dans cette confrontation. À moins d'être dotée d'une grande capacité de contrôle de soi-même, la tâche se relevait excessivement difficile. Quelle horreur, penser à ces faits qui lui laminaient le cœur dans une situation si critique. Instinctivement, elle scruta dans les environs – on ne sait jamais, le jeune homme qu'elle avait cru si bien reconnaître i peine quelque jours était peut-être dans les parages - il manquait plus qu'elle devienne folle.
Ce jeune homme en question avait des cheveux noir de jais – comme ceux de Sasuke, mais qui était plus ternes, une peau d'une pâleur cadavérique contrastant avec sa chevelure sombre, c'était Saï. Elle l'avait aimé de toutes ses forces et quiconque ne pouvait réfuter cela, personne. L'amour qu'elle lui portait était sincère et profond, mais malgré ça, il n'avait eu aucune vergogne à la délaisser et l'humilier en public pour partir pour une autre fille, Karin. Sakura en était dégoûtée par une telle trahison, quoi de plus normal, qui régirait bien après une telle humiliation ? C'était couper des liens solides entre des êtres, enfin, ce lien qu'elle avait « crée » avec le jeune homme lui semblait factice maintenant.
Elle le haïssait certes, mais au fond d'elle, elle avait toujours des sentiments pour lui, mais lesquels ? Elle n'en savait fichtrement rien, c'était peut-être de la compassion. C'était vrai, dans l'état des choses, elle ne pouvait que compatir, elle était tiraillée par deux sentiments si contraires. Karin avait tout ce qu'elle n'avait pas. C'était une fille très intelligente, ses cheveux flamboyants qui ondulaient gracieusement dans son dos, son visage resplendissant de beauté et son corps aux proportions parfaites, tout ça faisait d'elle d'une fille idéale en somme. Il fallait avant tout noter que cette fille avait malin plaisir à rabaisser quelqu'un sans aucun scrupule si cette personne ne trouvait pas grâce à ses yeux. Ayant de nombreux moutons, garçons comme filles, à sa suite, Karin était comme on dirait passer maître en la matière. En se rappelant de son statut d'ancienne victime de la rousse, Sakura en frissonna. En ces temps durs, la solitude et la vulnérabilité étaient des entités constamment présentes. La jeune fille aux cheveux roses subissait tant bien que mal leurs propos injurieux, en essayant de garder toute sa dignité en passant.
N'en pouvant plus, elle sentit les limites de son corps arriver, mais aussi de son esprit, elle décida d'aller se prostrer contre un quelconque mur, attendant que quelque chose vienne interférer pour que son misérable futur change. Se faire du mal psychologiquement en réfléchissant sur sa situation, sur de divers scénarios pour s'en sortir, voilà ce qu'elle voulait. Fatiguée, elle s'assit contre un mur sale, ramenant ses jambes contre elle, attisant la curiosité et les moqueries des passants.
Voulait-elle mourir, ici et maintenant ? Non pas du tout, elle voulait prouver au monde entier qu'elle pouvait s'en sortir. Malgré tout le mal qu'elle se donnait pour positiver, elle n'arrivait pas, sa situation était vraiment trop désespérée. Elle n'était pas vraiment ce genre de personne à se lamenter avec des pensées les plus sombres, bien sûr elle se lamentait, un peu trop souvent d'ailleurs mais d'une façon un peu plus modérée, sous la forme de râlements incessants. Jamais elle n'irait à des extrémités en allant se tuer, surtout si c'est d'une mort douloureuse.
Sa volonté d'aller de l'avant était présente, mais pour le moment, elle se sentit définitivement au pied du mur. Comment se sortir de ce guêpier lorsque vous n'avez plus aucune ressource ? Si elle pouvait au moins commencer sur des bases solides, ce serait déjà plus réaliste, comment voulez-vous bâtir un immeuble sans fondations ? De plus, en remarquant qu'elle avait oublié de prendre le peu des ses affaires, elle ne put s'empêcher de pester silencieusement, sa remontée de pente commence mal, très mal.
[...]
Il la recherchait depuis déjà deux heures, sans succès, sa détermination commençait sérieusement à s'étioler. Il était parti à la recherche de la jeune fille sans aucune piste, c'était un très mauvais plan. Soudain, il sentit son portable vibrer dans sa poche. C'était « Naruto » qui s'affichait à l'écran. Dans un moment pareil Sasuke l'aurait sans doute ignoré, mais par désespoir de cause, il décrocha, espérant sérieusement que le blond l'aiderait un peu dans sa course et recherche effrénée.
— Quoi ?
—Salut Sasuke ! Je t'appelle pour te demander si tu sais où est-ce qu'on avait rangé les carottes, ce serait sympa de me le dire parce que je ne les trouve pas là.
Sasuke manqua de jeter le téléphone à terre, mais se reprit, il ne devait pas lâcher, pas maintenant.
— Bordel Naruto, ce n'est pas le moment ! Il hurla presque dans le pauvre combiné.
— Je te rappelle que c'est l'heure du service !
— J'ai une urgence-là, espèce d'abruti.
Le blond ne releva pas « abruti » et continua sur sa lancée.
— Ah bon ? Quelle urgence ? Dit-il sur un ton faussement innocent.
— Tu le sais très bien ! Alors ne pose pas la question, enfoiré.
Bien sûr que le blond savait que « l'urgence » de Sasuke était de ramener Sakura, mais dieu que c'était drôle de mettre le brun dans tout ses états.
— Alors ? Tu l'as retrouvée ?
— Tu as vraiment l'impression que je l'ai retrouvée ?
— Non pas du tout ! Renchérit le blond.
Sasuke finit par raccrocher, ne pouvant pas supporter plus.
Depuis tout à l'heure, il courait, prenant les rues, dans une direction parfaitement aléatoire. Ne pouvant vraiment pas la retrouver en comptant sur la chance, il s'arrêta, foncer tête baissée ne le mènerait à nul part. La connaissant, elle n'avait pas vraiment assimilé le plan du quartier, il en déduit qu'elle n'avait pas pu courir aussi loin dans sa fuite, qu'elle avait du s'arrêter pour reprendre son souffle ou pour se morfondre dans un coin.
Le périmètre de recherche s'était considérablement rétréci. Et bien, ne pas se laisser reposer sur la chance, mais de réfléchir sérieusement à la situation était plus rentable. Il se mit en route au plus vite pour ratisser les moindres recoins et espérait juste que Sakura n'avait pas trop bougé de sa place.
[...]
Sakura ne savait plus depuis combien de temps elle s'était recroquevillée dans ce coin fort insalubre. Tout ce qu'elle savait c'était qu'on était en fin d'après-midi. Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas vu le temps passer. Cette situation l'énerva, vraiment, se retrouver à nouveau en position de faiblesse était extrêmement frustrant. Même si les paroles de ce brun acerbe étaient dures, une partie d'elle n'arrivait pas à lui en vouloir, ce serait mentir si elle n'avait pas apprécié être en compagnie de Sasuke, elle s'était inéluctablement accrochée à lui.
La jeune fille serra les dents, comment pouvait-elle penser à toutes ses choses mièvres ? Vouloir voir Sasuke ici et maintenant ? La bonne blague ! Si seulement elle pouvait enlever ses pensées contradictoires, elle se trouvait tellement stupide. Normalement, elle devait s'en réjouir ! Sa première tentative de fuite face à lui, lui a valu un séjour à l'hôpital. Mais aujourd'hui Sasuke l'avait laissée partir, c'était synonyme de liberté. C'est ce à quoi elle avait toujours aspiré non ? Cependant, il fallait qu'elle se retrouve là, misérablement assise sur le sol froid, sans aucune volonté de partir, sans aucune volonté de recouvrer une « liberté » tant espérée. Alors c'était ça, ce n'était pas la « liberté » qui la captivait maintenant, mais quoi ?
Elle marqua une pause dans sa longue et interminable réflexion, mais ses pensées viraient encore à Sasuke. Il n'était pas spécialement méchant comme personne, mais ni très gentil, susceptible, odieux par moments. D'accord, tous ces derniers adjectifs le décrivaient comme une personne imbuvable, c'était clair comme de l'eau de roche. Bien évidemment, ce n'était pas comme si le court moment de plaisanteries après l'épisode le l'hôpital n'avait pas marqué la jeune fille. C'était plus fort qu'elle, malgré de nombreux signes de réticence de sa part, elle voulait retourner auprès de lui, était-ce l'amour ? Non pas vraiment, mais c'était quelque chose sur laquelle elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, elle voulait juste être auprès de Sasuke. Depuis tout le temps qu'elle se torturait l'esprit sur comment survivre, elle en venait à une conclusion pure et simple : elle espérait tout au fond d'elle que cela soit Sasuke qui vienne la retrouver, lui et lui seul.
_ Idiot, viens me chercher, souffla-t-elle.
Alors qu'elle pensait parler dans le vide, une voix rauque lui répondit.
_ L'idiot en question est là, donc si tu veux toujours le suivre, lève ton derrière, on y va.
« Je n'en croyais pas mes oreilles, était-ce lui ? »
• Note de l'auteur: HELLO ! Comme toujours, j'ai mis des plombs pour le pondre celui-là, ce satané chapitre m'a donné du fil à retordre, mais je l'aime bien, paradoxal hein ? Bref, il est super long, mais un peu moins que le chapitre précédent, je crois. L'histoire est enfin mise en place (Enfiiin !) Donc pour la suite, ça devrait logiquement avancer plus vite, ça avancera plus vite dans l'action, j'en conviens, pas pour l'écriture, je serais toujours aussi à la bourre. Je n'écris pas vite, c'est vraiment l'horreur, en plus la rentrée arrive à grand pas, c'est horrible ! D'ailleurs, vous me dites souvent que Sakura s'en prend plein la tronche, tout le temps, je ne considère pas que c'est une offense hein ! C'est vrai que je n'y vais pas trop de main morte, pourtant ça m'amuse, et non, je ne suis pas sadique. Je serais peut-être plus clémente pour la suite, mais ce sera à voir. Je ne vous cache pas que le chapitre suivant va être encore plus retardé, enfin, je ne sais pas, je ne sais jamais, en tout cas, si je tarde, ne vous en faites pas ! Je n'abandonne en aucun cas ma fiction. Ce qui pourrais me ralentir, est le fait que j'ai d'autres projets de fiction, j'espère qu'ils verront le jour, un jour. (J'y travaille, j'y travaille). Aussi, je participe à un concours, et il faut vraiment que je me presse pour le finir, il faut que je boucle tout ça.
Après, Karin, je vous vois déjà venir, encore elle qui à le mauvais rôle ! Alors je voudrais mettre les choses au clair, elle ne sera pas une fille sans cervelle, franchement pour ma part, la catégoriser comme une bitch, oui une bitch, est tout simplement irréalisable, je ne veux pas qu'il y ait de ça dans ma fiction, dans aucun cas. Personne ne sera sans cervelle et sans aucune personnalité, c'est juste atterrant de faire ainsi. Pour tout vous avouer, parfois je peux pester contre elle, tout simplement que je partisante du SasuSaku, enfin vous me comprendrez, mais elle reste un personnage qui peut-être sympa, mais mon avis change constamment. Bref, j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop de mettre Karin dans ce rôle, et puis j'aime la mettre avec Saï c'est un couple carrément peu probable mais ils vont bien ensemble, je trouve.
J'ai pondu un énorme bla bla, j'espère que vous l'avez lu, dans le cas contraire, ben, je ne peux rien faire... En tout cas merci d'avoir lu, les reviews ne seront pas de refus, ma foi ! (Je désespère un peu...)
A la prochaine !
