Hello les gens! C'est la rentrée :'(( ... BREF. Qui à passé de bonnes vacances? Personnellement en rentrant de vacances, j'ai vu le mois d'aout me filer entre les doigts sans que je ne fasse rien exceptionnel à part tomber malade. Je vous poste donc un nouveau chapitre en espérant qu'il vous plaira. J'essaie de faire en sorte qu'il y ait de l'action de temps en temps mais ce n'est pas pour rien que le genre de cette fanfic est: Friendship (amitié) puis Adventure, par ordre d'importance... et disons que l'aventure sera au rendez-vous mais ce n'est vraiment pas pour le moment. Vous m'aimez toujours après cet aveux? Comme toujours je vous souhaite une bonne lecture! :D
Disclaimer: l'histoire et les personnages que je n'ai pas inventés ne m'appartiennent pas.
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– Hermione attend ! Est-ce qu'il se passe quelque-chose ? le rouquin peinait à rattraper une Hermione qui ne cessait d'augmenter le pas.
– Non. Il ne se passe absolument rien du tout Ronald, ralentit-elle afin de pouvoir l'observer.
– Bien sûr que oui voyons ! s'impatienta-t-il. Tu m'évites depuis près de trois jours, depuis que… tu nous as vus en train de discuter. Est-ce que tu serais… jalouse ? osa-t-il demander, un léger sourire aux lèvres.
– Absolument pas, se butta-t-elle en reprenant la marche afin de le distancer. Et pourquoi est-ce que ça a l'air de te faire plaisir… que je sois jalouse ?
Le rouquin éluda sa question d'un geste de la main, tenant à se concentrer sur l'essentiel.
– Mais tu étais là pourtant ! Tu es même restée discuter avec nous, on riait bien tous ensemble, alors pourquoi est-ce que tu me fais une crise ?
– Je ne suis absolument pas jalouse Ronald, je ne te fais pas la tête, c'est juste que j'ai des obligations –nous avons des obligations en tant que préfet et avec les cours je…
– Très bien, coupa un Ron refroidit par les propos de la jeune fille, si tu dis que tout va bien. Il la dépassa en entrant dans la salle commune.
Hermione resta un instant hébétée et le regarda s'en aller vers les dortoirs. Était-il vexé qu'elle ne soit pas jalouse, alors même qu'il venait d'essayer de lui prouver qu'elle n'avait aucune de raison de l'être ? Elle ne chercha pas à comprendre d'avantage ce qu'il pouvait se passer dans la tête des garçons, car elle sentait la migraine pointer. Ils avaient tellement à faire cette semaine pour tout préparer et Ron semblait toujours si… si léger, à plaisanter avec tout le monde alors qu'elle se sentait crouler sous les obligations.
Elle monta elle aussi vers ses dortoirs, la fatigue commençait à se faire sentir et une petite sieste lui ferait le plus grand bien. Elle entra et referma la porte derrière elle, s'y adossa un moment et souffla. Etait-ce le fait d'être en septième année, qui faisait monter la pression d'un cran ou était-ce elle qui prenait les choses beaucoup trop à cœur ? Harry, Ginny, Ron et tous les autres n'avaient pas l'air d'en souffrir autant. Elle avait même entendu Dean confier que retourner à Poudlard était la meilleure chose qui puisse lui arriver après ce par quoi il était passé au cours des mois précédents. Après une montée en puissance du mal et les nombreux affrontements qui avaient suivi, après que certaines familles, certaines personnes se soient faites décimer, après les chasses à l'homme auxquelles les partisans du mal s'étaient livrés… pour ceux qu'il restait, pour ceux qui avaient survécu, ce semblant de normalité et cette impression de sécurité que prodiguait l'école Poudlard représentait quelque chose d'inestimable. Se concentrer sur les études pour les plus jeunes, ou la réhabilitation du monde magique pour ceux plus âgés, leur permettait d'instaurer une barrière entre eux et les évènements douloureux qu'ils avaient traversé. Elle en était la preuve vivante. Hermione supposait d'ailleurs que c'était pourquoi Poudlard avait rouvert, alors même que les réparations de fond n'étaient pas encore terminées.
Un léger gémissement la sorti de ses pensées et elle se tut pour écouter. Tous les rideaux des lits étaient tirés, elle n'aurait su dire d'où ce son provenait… et ce que ses camarades des dortoirs faisaient de leur temps libre ne regardaient qu'elles. Elle eut un pincement au cœur lorsque son regard se dirigea naturellement vers le lit qui aurait pu appartenir à Lavande, si elle avait été à Poudlard. Durant la bataille de Poudlard, alors qu'elle faisait de son mieux pour traverser sans encombre le château malgré les batailles se livrant, elle l'avait aperçu, au moment où elle se faisait attaquer par un loup-garou. Aujourd'hui, elle ne savait pas si elle était encore en vie ou ce qu'il était advenu d'elle. Lavande Brown et elle n'avaient jamais étés amies, ou encore même proches, mais elle n'aurait souhaité à personne ce sort. La seule chose qu'elle savait, était que les Brown avaient rapidement quitté la Grande Bretagne. Sans doute dans l'espoir de pouvoir trouver, ailleurs dans le monde, quelqu'un qui saurait les aider.
Elle s'affala sur son lit et sorti son exemplaire de L'histoire de Poudlard, qu'elle fixa un instant. Elle n'allait pas le lire, non. Chaque page de ce livre semblait imprimée dans sa mémoire. L'avoir près d'elle était tout simplement rassurant. La jeune fille caressa la couverture du bout des doigts, relisant encore et encore le titre sans se décider pour autant à l'ouvrir. Un autre gémissement se fit entendre, plus proche cette fois. Une idée lui traversa l'esprit et elle passa la tête hors des rideaux afin d'en avoir le cœur net. Mais le son semblait provenir de toutes les directions et elle n'allait surement pas se risquer à aller vérifier en découvrant chacun des lits.
– Humm… attend, chuchota une voix masculine.
Hermione écarquilla les yeux de stupeur. Il y avait vraiment des gens en train de faire… ce qu'ils faisaient, à l'intérieur même du dortoir des filles. Elle avait bien entendu des gémissements tout à l'heure, mais il n'était pas rare que les filles du dortoir en fasse toutes seules, alors qu'elles rêvaient. Seulement ce chuchotement-là prouvait que qui que ce soit, elle n'était pas seule. Elle était partagée entre faire son devoir de préfet et sa pudeur. Sa raison l'emporta et aussi fatiguée était-elle, elle se redressa et fit son sac en vitesse, prenant quelques bouquins. Elle irait à la bibliothèque, ou n'importe où sauf ici. Elle se leva vivement et entrepris d'enfiler rapidement ses chaussures alors que les souffles qu'elles pouvaient entendre s'intensifiaient. Ne pouvaient-ils pas jeter un Silencio comme la plus part des gens ?! En équilibre sur un pied, alors qu'elle mettait son autre chaussure, elle butta contre une malle voisine et jura sous la douleur. Les deux protagonistes semblèrent l'entendre et il y eut un léger silence ou la brunette pouvait les entendre chuchoter :
– On ne devrait pas, semblait dire la voix masculine, si on nous découvre… hésitait-t-il.
– Chut, c'est bon... elle est surement partie, un bruit de baiser retentit. On peut reprendre.
Hermione était plus que jamais décidée à s'en aller le plus discrètement que possible, maintenant. Elle se dirigea vers la porte sur la pointe des pieds.
– Non, chuchota le garçon alors qu'Hermione stoppait tout mouvement de peur de se faire entendre. Ecoute Gin' on ne devrait pas… on va un peu vite tu ne-
– C'est bon je te dis, interrompit la voix féminine, je suis prête. Tu ne vas pas me dire que tu as un problème avec ça ?
Hermione tilta l'espace d'une seconde, « Gin » ?! Il ne pouvait pas s'agir de
– Harry ?! elle resta muette de surprise en découvrant qu'elle s'était exclamée à voix haute. Le mal était fait, elle pouvait autant leur dire sa façon de penser maintenant.
Un silence lourd de gêne s'installa, où ni elle ni le couple ne bougeait, avant d'être rompu par un bruissement de drap. Les rideaux s'écartèrent et elle put découvrir un Harry échevelé et une Ginny dans le même état, qui lui faisaient face. Elle nota qu'ils étaient tous deux habillés. Harry, plus rouge qu'une tomate s'éclairci la gorge et parla.
– Mione, ce n'est pas du tout ce que tu crois…
– Je ne crois rien, je vois juste. Elle fit un large mouvement de bras pour les désigner et les observa tous deux un instant, avant d'exploser d'un rire qu'elle contenait depuis un moment. Le visage de Ginny devint presque aussi flamboyant que ses cheveux. Elle tenta de se recoiffer alors qu'Harry tentait de dissimuler sa gêne en se passant une main dans les cheveux.
– Si l'on m'avait dit que je vous trouverai vous en train de… commença la brunette.
– On n'a pas… essaya de la corriger Harry en devenant encore plus rouge. On ne faisait que…
– S'embrasser, conclut Ginny à sa place.
– Je ne veux pas le savoir, s'empressa de rajouter Hermione en faisant les gros yeux. Elle redevint sérieuse. D'ailleurs comment est-ce tu as pu passer les barrières du dortoir ? demanda-t-elle à Harry. Ça n'a pas d'importance ! l'interrompit-elle aussitôt alors qu'il ouvrait la bouche pour lui répondre. Enfin vous auriez au moins pu lancer un silencio sur votre lit!
Elle retourna prendre place sur son lit, en face du leur et se calma. Elle avait mis de côté l'idée de leur faire la morale au moment même où elle avait aperçu leurs visages cramoisis de gêne. Et à y regarder plus près, elle aussi aurait pu utiliser le sort de silence afin de ne pas se faire entendre alors qu'elle quittait la pièce. Elle avait souvent tendance à oublier de se servir de sa baguette pour les petites choses comme ça. Harry s'installa dans une position plus confortable alors qu'Hermione peinait à réprimer un sourire narquois.
– On va dire que rien de cela n'est arrivé. Je n'ai rien vu du tout et nous n'avons pas eu la discussion que nous venons d'avoir. Je tiens à éviter de faire des cauchemars où je vous entends tous les deux, les taquina la jeune fille encore un moment.
– D'accord, déclara le brun en saisissant l'opportunité de se lever du lit. Il enfila ses chaussures aussi vite que s'il avait un loup-garou à ses trousses et sorti de la pièce en faisant un signe de main à Ginny.
« Bonjour la solidarité ! » pensa cette dernière.
– Attend ! voulu le prévenir Hermione alors que la porte claquait.
– Aaah !
Elles entendirent un bruit de chute. Les escaliers avaient dû se transformer en toboggan. Alors comment avait-il fait pour rentrer ? se demanda la préfète. Elle se retourna pour observer Ginny et son sourire s'intensifia. La rouquine était toujours rouge de honte et lui adressa un sourire à moitié grimacé avant de refermer la tenture de son lit à baldaquin d'un coup sec, provoquant un nouvel éclat de rire d'Hermione.
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« Absolument pas » ! Est-ce qu'elle se rendait au moins compte que ce qu'elle disait pouvait blesser certaines personnes ? pesta-t-il. Mais voilà, Hermione Granger était qui elle était, c'est-à-dire une fille qui ne se gênait pas pour dire les choses comme elle les voyait et tant pis si cela pouvait faire mal. A vrai dire, se radoucit-il, elle n'était pas mauvaise et ne visait jamais à faire sciemment du mal aux autres avec ses mots, s'ils ne le méritaient pas. Ça, il s'en rendait bien compte. C'est juste qu'elle ne mesurait pas l'impact que pouvait avoir ses mots à elle sur les autres, elle toujours meilleure en tout, elle qui n'échouait que rarement. Elle lui reprochait de manquer de tact avec les autres, mais elle aussi ne mesurait pas l'ampleur des choses qu'elle pouvait dire à ses amis. Le rouquin se rappelait encore de toutes ces fois où elle l'avait traité d'imbécile, « ne soit pas stupide, Ronald » et toutes ces fois, il avait laissé couler, n'y prêtant pas plus attention. Il n'y avait pas si longtemps qu'il s'était rendu compte que ça le gênait peut-être un peu, de se faire traiter de la sorte par son amie, par la fille qu'il aimait.
Il s'affala sur son lit et contempla le plafond. De longues minutes avaient passé lorsque Neville et deux autres Gryffondor entrèrent dans les dortoirs.
– Ah tiens, Ron ! À peine levé hein… t'aimes toujours autant dormir, lui lança l'un des arrivants.
– La ferme ! répondit le concerné qui ne chercha même pas à expliquer qu'il était déjà debout depuis bien longtemps.
Neville s'installa à son lit en sortant son manuel de botanique pendant que les deux autres se chamaillaient. Il entreprit de feuilleter encore une fois le programme de botanique de cette année.
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– Nev' tu viens ? lui demanda son ami en récupérant des affaires de sa mâle, on va au parc, il fait assez beau aujourd'hui faut en profiter !
– Hum… allez-y sans moi, je crois que je vais plutôt aller à la bibliothèque, répondit-il tandis que Ron les observaient depuis son lit.
– Roh… tu y passes presque tout ton temps, viens avec nous ! demanda le deuxième en enfilant sa cape. Toutes les filles sont de sorties à Pré-au-lard aujourd'hui, on en croisera pas mal qui en reviennent.
– Non, vraiment. Il faut que je révise mon option, je sens qu'on aura un devoir sur table la semaine prochaine et, il ajouta plus bas, je ne tiens pas tant que cela à voir des filles sortant faire les magasins… d'ailleurs pourquoi est-ce qu'elles choisissent toutes le même moment pour aller les faires ?
– Comme tu veux Nev, nous on va s'amuser ! ils se tapèrent dans les mains. Salut Harry ! le saluèrent ils, alors qu'ils quittaient le dortoir.
Toujours sur son lit, Ron regarda Neville d'un œil nouveau. Il avait toujours cet air réservé qui le qualifiait si bien, mais il s'était fait beaucoup de nouveaux amis parmi les nouveaux venus à Poudlard. A croire qu'ils voyaient en lui, le potentiel qu'ils avaient, eux, mis des années à percevoir.
Harry s'assit au bout de son lit et retira ses chaussures d'un air pensif.
– Harry est-ce que ça va ? demanda Neville d'un air soucieux. Tu es tout rouge, est-ce que tu as de la fièvre ?
Harry écarquilla les yeux de surprise en réalisant qui était présent dans la pièce.
– Tu deviens encore plus rouge, observa Neville, il faudrait que tu ailles voir Madame Pomfresh, ça à l'air sérieux.
– Ce n'est rien Neville, ça va passer, répondit le jeune homme.
– Tu en es sûr ?
– Je te le dis Neville, ça va.
– Si tu le dis, laissa tomber le Gryffondor.
Ron fronça les sourcils, cherchant à comprendre.
– Vous savez ce qu'il se passe au château ? demanda le brun à lunettes en essayant de changer de sujet. On dirait que la majorité des élèves sont en effervescence.
– Il parait que toutes les filles vont à Pré-au-lard aujourd'hui, surement un de ces trucs de mode qui vient de sortir, commenta Ron qui jouait distraitement du pied avec ses tentures.
Neville remplit son sac de cours et se dirigea vers la sortie.
– Tu sais que l'on est samedi ? lui fit remarquer Harry en lorgnant son sac des yeux.
– Oui, répondit Neville d'un sourire. Je… Je vais simplement préparer mon devoir d'option à la bibliothèque.
– Rappelle moi quelle option c'est déjà ? demanda Ron en se redressant d'un air paniqué.
– Plantes et sous-espèces végétales magiques, répondit-il d'un ton admiratif.
– Pfiou ! souffla le rouquin. On a bien fait de ne pas prendre celle-là Harry ! s'exclama-t-il. Bon courage mon vieux, dit-il alors que Neville repartait.
T'as vraiment l'air tout rouge Harry… t'es bien sûr que ça va ? demanda-t-il en s'asseyant en face de lui.
Harry esquiva son regard.
– Tout va bien Ron, je t'assure, le rassura-t-il.
– T'as vu ma sœur ?
Harry avala sa salive de travers et s'étouffa.
– Q-quoi ? toussota-t-il en cherchant de l'air.
– Est-ce que tu as croisé ma sœur ce matin ? réexpliqua Ron en articulant comme s'il parlait à un enfant. Il parait que toutes les filles partent à Pré-au-lard, je me demandais si elle aussi.
– Ah…non ! s'exclama Harry, reprennant son souffle d'un air rassuré. Je… Je l'ai brièvement croisée ce matin, mentit-il, Hermione l'a rejointe ensuite.
La mine du rouquin devint plus sombre à l'entente du nom de sa copine. Il n'en demanda pas plus à son ami, bien que son discours lui paraissait un peu louche par endroit, le laissa retourner à ses pensées et se recoucha avec la ferme intention de broyer du noir jusqu'à l'heure du déjeuner.
…aime…sang.
…aime…on sang.
Aaliyah remua dans son sommeil et s'enfonça plus profondément dans ses couvertures. Elle n'entendit pas sa porte s'ouvrir et ne vit pas l'ombre qui pénétrait dans sa chambre.
– …eltz… veille-toi, parvint elle à entendre du fin fond de son rêve.
Mais que lui racontait donc ce serveur? Alors même qu'elle buvait sa bierraubeurre, parfaitement éveillée.
– Seltz, entendit-elle plus sèchement.
Le visage du serveur se déforma.
– BON SANG ! cria Drago en secouant la jeune fille sans ménagement.
Elle ouvrit de grands yeux apeurés, les idées pas totalement en place. Elle croisa un regard gris. Beaucoup trop près de son visage.
– Bon sang, jura encore le blond en la lâchant. Sa phrase créa un écho en elle, elle avait entendu quelque chose de similaire.
…aime…on sang. Elle frissonna en se souvenant et se leva l'air perdue.
– Malefoy ? demanda-t-elle dubitative.
– Bouge-toi, ordonna-t-il sans qu'elle ne comprenne.
– Quoi ?
– Ce que tu peux avoir l'air bête au réveil, la nargua-t-il avec une moue de dégout en apercevant le filet de bave qui avait séché au coin de ses lèvres. On a une ronde à faire, alors tu te bouges !
Elle comprit qu'elle était en retard mais s'indigna de la façon dont il l'avait réveillée.
– T'es malade de secouer comme ça quelqu'un qui dort.
– Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? demanda-t-il en la toisant. Ce n'est pas comme si je n'avais pas essayé de te réveiller autrement. Et puis qui est-ce qui dort déjà à cette heure-là?
– Sort de ma chambre, ordonna-t-elle d'une voix glaciale. Il en avait assez dit.
– Et sinon ? provoqua-t-il, n'appréciant pas le ton qu'elle avait employé.
– Sort. Son ton se fit plus sec.
Drago avança dans sa direction. Voilà comment on était récompensé en se montrant courtois. Il venait la réveiller, et voilà que maintenant elle lui donnait des ordres. Pansy l'avait déjà beaucoup énervé ces derniers temps, et maintenant voici que cette Gryffondor s'y mettait aussi. Il devait peut être lui rafraîchir la mémoire en lui rappelant sa position : à vouloir jouer aux dures, elle risquait de se frotter à plus fort qu'elle. Il sourit en se rappelant leur altercation d'il y a plusieurs semaines. Son sourire se fana. Il avait failli la tuer cette fois là. Il tacherait de ne pas perdre le contrôle à l'avenir.
La jeune fille recula en prenant peur. Elle ne voulait pas revivre la même horreur qu'à leur dernier conflit. Son souffle s'accéléra, les mots entendus dans son rêve lui revenait en échos qui lui enserraient le cœur et la faisaient frissonner.
…aime…on sang.
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Sang.
Qu'est ce que cela voulait dire? Elle n'en voyait pas de là où elle se situait, mais elle avait chaud. Tellement chaud.
…ne bouge pas.
Elle avait chaud, mais ne pouvait pas sortir. Elle ne devait pas. Sa vision se brouilla alors qu'elle suffoquait.
…aime…on sang.
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Drago avait regardé ses yeux se voiler, alors qu'elle avait commencé à trembler. Lui faisait-il donc si peur ? Il faillit s'en vouloir de la traiter ainsi. Il avait juste voulu passer sa colère sur quelqu'un d'autre. Il recula lorsqu'il se rendit compte qu'elle ne le voyait plus. Elle le regardait sans le voir, les larmes lui montant aux yeux.
« Complètement tarée », se dit-il en la voyant bouger les lèvres sans prononcer de son.
Elle tendit la main vers sa commode encore trop loin, comme pour saisir un objet. Ses doigts se refermèrent sur du vide alors le blond la fixa plus attentivement et ne la vit pas réitérer son geste. Sa baguette magique s'envola vers sa main tendue. La jeune fille, hors de ses esprits tourna la tête en direction du mur comme si elle y voyait quelque chose. Elle reporta ensuite son regard sur Drago d'un air plus lucide, sa baguette crépitant des étincelles bleues.
– Seltz ! aboya le Serpentard en reculant encore, regardant derrière lui le mur dont il se rapprochait inlassablement.
Il n'aimait pas être à la place de la petite souris. Cela faisait ressortir ses peurs et tous ce qu'il y avait de pire en lui. Alors il empoigna lui aussi sa baguette et il en jaillit un geyser d'eau qui s'abattit en une pluie froide sur la jeune fille, la mouillant elle et tout ce qui se trouvait aux alentours.
Aaliyah sembla sortir de sa transe et écarquilla les yeux de stupeur en se rendant compte que sa chambre, son lit et tous ses livres étaient trempés.
– Toi ! elle pointa un doigt accusateur vers le blond. Tu…tu, elle tremblait tant de rage ou de froid peut-être, qu'elle en perdait les mots. Sa baguette serrée dans son poing lançait furieusement des jets de lumières. Elle céda à son envie et lança un sortilège en direction de Drago qui leva sa baguette pour se protéger. Ils se menaçaient maintenant tous deux de leurs baguettes et elle lança un Incendio qu'il para d'un simple Protego.
– Tu me lance un sort aussi destructeur alors que je n'ai fait que t'aider, cracha-t-il méprisant.
– M'aider ? En nous noyant sous l'eau moi et toutes mes affaires ?! elle lui lança un autre sort qu'il évita d'un bond.
Il commençait à perdre patience. Peut-être devait-il lui aussi, lui lancer un sort ?
– Tu étais en transe ! se défendit-il. Tu as pris ta baguette et tu t'apprêtais à m'attaquer.
La jeune fille hésita. Elle n'en n'avait aucun souvenir, mais elle savait qu'elle avait plus tôt, posé sa baguette sur sa table de chevet. Or, maintenant elle était au creux de sa main. Elle lui accorda le bénéfice du doute.
– Et le seul moyen que tu aies trouvé, consistait à me balancer un Aguamenti à la figure! annonça-t-elle, virulente.
– Il y avait ta baguette entre toi et moi alors oui, c'était le seul. Drago lui adressa un sourire narquois, démentant ce qu'il venait d'affirmer.
Elle dégagea une mèche humide qui lui collait au visage et le toisa alors que son regard glissait sur elle et ses vêtements trempés qui lui collaient à la peau. Il s'arrêta sur sa poitrine dont les formes se devinaient aisément.
– Regarde ailleurs ! ordonna-t-elle en le pointant de sa baguette, le faisant sourire.
Ils ne virent pas le tableau accroché au mur s'animer.
– Allons-allons messieurs ! Ce ne sont pas des manières, vous êtes à Poudlard ici, énonça un homme barbu à travers le cadre, faisant sursauter les deux adversaires.
– Tu vas attraper froid si tu restes dans cette tenue mon garçon, remarqua le portrait. Aaliyah jeta un coup d'œil au seul garçon de la pièce, dont les vêtements étaient secs. Elle se retourna vers le tableau en fronçant les sourcils. Tu vas attraper froid mon garçon, répéta l'homme de sa voix bourrue, en la regardant cette fois.
– Moi ? demanda-t-elle dubitative.
– Qui d'autre mon garçon ? demanda le barbu en provoquant un ricanement chez Malefoy, qui abaissa une bonne fois sa baguette. Et toi jeune homme, sèche moi tout ça, ordonna-t-il au blond, en lui clouant le bec. Vous êtes en retard pour votre ronde.
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Le lendemain, la jeune fille prit place à la table des Gryffondor et fixa d'un regard vide l'assiette qui venait d'apparaitre enfance d'elle. La veille, en rentrant de leur ronde, elle avait passé le reste de sa nuit à rechercher la moindre trace d'humidité encore présente dans sa chambre, maudissant son homologue et lui promettant mille morts. Elle avait ensuite essayé de dormir, pour se voir réveiller, tremblante et couverte de sueur, les mots entendus –ou rêvés ?– la veille lui tournant encore et encore à l'esprit. Est-ce qu'elle devenait folle ? Ou avait-elle simplement halluciné ? Ce qui revenait à devenir folle. Elle se souvenait que son médicomage de l'époque lui avait dit qu'il était normal, au vu de son traumatisme, qu'au début, certaines choses la hantent et que c'était pour ça qu'ils étaient là, lui et son équipe. Pour faire en sorte qu'avec le temps elle se sente mieux. Et elle s'était sentie mieux. Elle avait même finit par tout oublier. Elle ne se souvenait plus de grand-chose concernant son enfance. C'est comme si ses souvenirs avaient disparus sans réellement disparaitre. Elle n'y avait plus totalement accès. Mais depuis quelques temps, elle refaisait des crises et revoyait des choses, choses qu'elle se trouvait incapable de qualifier. Les avaient-elles réellement vécues ou était-ce l'œuvre de son cerveau perturbé ?
Elle revint à elle en voyant Hermione à ses côtés, se servir un bol de porridge.
Un premier hululement l'avertit de l'arrivée du courrier matinal. Elle regarda la pièce se remplir de hiboux tous plus ou moins chargés de paquets. Un cri indigné retentit à la table des Serpentard et elle se retourna pour voir.
Pansy Parkinson rageait, son uniforme était recouvert d'éclaboussures blanchâtres. Un hibou aux plumes mordorées venait de lâcher un paquet dans son assiette. Elle cribla l'animal d'insultes en le reconnaissant, tandis qui lui répondait d'un hululement moqueur. Les ricanements de nombres d'élèves retentirent et la Serpentard tenta de garder un air digne, malgré son visage déformé par la haine. Elle récupéra du bout des doigts son paquet, couvert de nourriture. Aaliyah esquissa un sourire, en se détournant de la scène, l'air plus sereine. Elle continua de regarder ses camarades découvrir leur courrier avec joie, ou appréhension pour d'autres.
Un hibou aux plumes grises, qu'elle ne semblait pas connaître voletait depuis un moment au-dessus de la table des rouges et or en cherchant quelqu'un. En découvrant l'enveloppe rouge qu'il transportait, elle se surprit à plaindre le ou la malheureuse qui la recevrait, quand soudain, le hibou la repéra et descendit en piquet vers elle.
Son souffle se coupa sous la surprise. Cette lettre ne pouvait venir que d'une seule personne.
Hermione lui conseilla de ne pas attendre pour ouvrir l'enveloppe, elle pouvait exploser si elle attendait trop. Elle le fit en retenant son souffle, d'appréhension.
– Arg ! souffla de rage, la lettre en sa direction, lorsqu'elle l'ouvrit.
« Aaliyah Demetrae Seltz ! Petite inconsciente ! » elle pouvait s'attendre au pire.
PS: Pour ceux qui se demanderaient comment prononcer le prénom "Aaliyah" dans l'histoire. Allez y à la française ;) Ron en avait déjà parlé dans les chapitres du début, mais on va simplifier: c'est [a-li-ya] pas de éliyah/élaïjah comme en anglais. Dans mon histoire en tout cas. Mais après, appelez la comme vous en avez l'habitude, si ça reste plus facile.
