Bonjour à vous! Me revoici avec un nouveau chapitre!

Je vous souhaite une agréable lecture (passez discuter en commentaires, je vous offre un cookie virtuel).

Disclaimer: Les personnages et les lieux que je n'ai pas inventés ne m'appartiennent pas. Je ne détiens aucun droit sur les paroles ou la chanson mentionnée dans ce chapitre, il s'agit juste de ma traduction, mon interprétation (avec des petites variations pour que ça colle mieux à l'histoire).


Musique: Heathens – Twenty Øne PilØts (from Suicide Squad: The Album)

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« … Petite inconsciente !

Il me semblait t'avoir mieux élevée que cela. Cela fait plusieurs jours que tu ne réponds pas à mes hiboux… AS-TU SEULEMENT IDÉE D'A QUEL POINT JE M'INQUIÈTE JEUNE FILLE ?! Nous savons toutes les deux qu'en ce moment je suis certainement occupée avec ce qu'il se passe au ministère, tous ces procès en cours nous prennent pas mal de notre de temps mais… je m'égare, là n'est pas la question. Je t'ai déjà dit et je te répète que tu ne me déranges pas en m'envoyant du courrier, au contraire, j'ai besoin de savoir comment va ma petite fille dans cette nouvelle école… tu sais comment sont ces anglais et leur excentricité ! »

La préfète en chef récolta des regards de travers de nombre d'élèves à la table des Gryffondor qui avaient entendus la lettre. Elle se tassa sur sa chaise pour se faire oublier, mais son calvaire continua.

« Mais voilà que depuis quelques temps tu n'écris plus rien ! s'insurgea la lettre. Ce qui m'amène à la raison de ce courrier : AVEZ-VOUS SEULEMENT IDÉE, JEUNE FILLE, DE CE QUE VOUS FAITES ?! »

La beuglante déversait sa rage de plus en plus fort, sa grand-mère en était même venu à la vouvoyer. Elle allait en prendre pour son grade.

« Tu m'avais assuré que tu l'avais pris avec toi en partant ! Et voilà qu'en venant dans la chambre de ma petite fille afin de vérifier que tout est bien en ordre depuis son départ –je sais que tu n'aimes pas que j'entre dans ta chambre quand tu n'y es pas mais je ne m'en excuserai pas. Ma foi, il fallait bien que j'y entre pour ranger un peu le capharnaüm que tu y as laissé en te préparant pour ta rentrée… allons donc, je continue de m'égarer ! »

A côté d'elle, Hermione tenta vainement de retenir un gloussement. Elle lui adressa un regard d'excuse en se rendant compte de son acte.

« Tu m'as MENTI ! TE RENDS TU SEULEMENT COMPTE D'A QUEL POINT TU METS TA VIE EN DANGER ?! JE VIENS DE RETROUVER ICI MÊME CE QUE TU ME JURE AVOIR PRIS AVEC TOI DEPUIS TON DÉPART ! SI JAMAIS… »

La voix amplifiée de sa grand-mère se radoucit, laissant entendre un ton inquiet.

« Répond au plus vite à mon hibou afin de me donner de tes nouvelles, je m'inquiète. Et sache que si tu ne le fais pas avant ce soir je prendrai les mesures appropriées.

Je t'embrasse. »

Deux jours après l'incident, dans les couloirs, des élèves chuchotaient encore dans son dos dès qu'ils l'apercevaient. Sa grand-mère lui avait envoyé une beuglante incendiaire, elle s'en souvenait comme si elle l'avait reçu le matin même. Ce courrier avait éveillé la curiosité de ses amis, qui lui avaient demandé plus ou moins explicitement de quoi est-ce qu'il s'agissait. Elle avait à chaque fois su éviter de répondre directement à leurs questions, mais elle sentait que ce geste avait lancé en léger froid entre eux. Après tout, ils avaient beau être « le trio d'or », elle ne les connaissait vraiment que depuis peu, même s'ils semblaient avoir rapidement noué de bonnes relations. Mais ce n'était qu'en surface. Aaliyah sentait bien qu'Harry était encore méfiant à son égard et elle-même, de son côté, préférait passer la plus part de son temps libre seule, même si les Gryffondor étaient de bonne compagnie.

Son groupe se rendait en cours de Défense Contre les Forces du Mal pratique. Elle se mêla à ses camarades et attendit devant la salle. Quelques Poufsouffle commençaient eux aussi à prendre place près d'eux. Elle aimait bien les Poufsouffle, ils étaient de meilleure compagnie que les Serpentard. Elle n'écoutait les conversations autour que d'une oreille, distraite. Sa grand-mère n'avait pas encore répondu à sa lettre et elle redoutait de recevoir une autre beuglante.

Du coin de l'œil, elle aperçut Blake Brooks, le préfet de Serdaigle qui les dépassait en traversant le couloir, d'un pas nonchalant, à la suite de ses camarades de classe. Un Poufsouffle de septième année le bouscula en voulant rejoindre l'attroupement devant la salle de cours de DCFM. Le Serdaigle parût d'abord surpris de le voir mais se reprit rapidement et le fixa, comme s'il attendait quelque chose de lui. Aaliyah reconnut Rief à sa couleur de cheveux particulière, c'était un septième année qui partageait DCFM avec Gryffondor. Remarquant qui lui faisait face, il émit un bruit dédaigneux et se détourna. Le visage du Serdaigle se ferma. Alors qu'il s'éloignait, le regard de Brooks croisa celui d'Aaliyah qui n'avait rien raté de la scène pourtant discrète. Il lui adressa un regard sombre. Il n'y avait visiblement pas qu'avec Pansy Parkinson qu'il semblait entretenir de mauvaises relations.

~~O~O~O~~

Après avoir lamentablement échoué à un duel contre Neville, au meilleur de sa forme, Aaliyah se posa au sol, dans un coin de la pièce et observa les autres continuer de s'affronter. Hermione semblait donner du fil à retordre à Harry, qui réussissait néanmoins à parer toutes ses attaques. Le brun pivota subitement, se lançant sur la trajectoire du sort qu'Hermione venait de formuler et le bloqua sans peine. Maintenant qu'elle avait une ouverture, il fit mine d'attaquer à gauche et plongea au sol pour lui délivrer le coup de grâce. Hermione, qui ne s'attendait pas à un sort venant d'en bas, se réceptionna à l'autre bout de la salle de classe, heurtant le mur, que même un sort de coussinage n'avait pas rendu plus doux. Elle souffla sous le coup du choc et releva la tête, un sourire exténué aux lèvres. Harry vint l'aider à se relever. Les deux Gryffondor n'y allaient jamais avec le dos la baguette lorsqu'ils s'affrontaient et Aaliyah leur enviait cette combativité : aucun des deux n'avait voulu s'avouer vaincu. C'était surement l'une des choses qui faisait la différence dans un vrai duel. C'était surement l'une des choses qui avait fait la différence lors de la guerre, se dit-elle.

Parmi ceux encore debout, certains Poufsouffle continuaient de s'affronter, mais la grande majorité de la salle était assise au sol ou sur les tables, qui avaient été repoussées le long des murs afin d'observer les duels « pour en apprendre d'avantage » comme le leur avait conseillé le professeur. La jeune fille repéra le petit groupe qu'elle observait discrètement depuis le début du cours : Alexander Rief et ses amis étaient en grande discussion. La préfète en chef aurait bien aimé savoir de quoi ces derniers discutaient aussi activement. La touffe auburn de Rief s'agitait dans tous les sens alors qu'il se lançait dans ce qui semblait être des explications à voix basse, qu'il ponctuait de gestes.

Le petit groupe d'amis essayait de rester discret si jamais ils se faisaient surprendre à rire à voix basse par le professeur de défense, alors qu'ils avaient prétextés s'asseoir pour reprendre leur souffle après de longs duels, ils étaient bons pour la retenue du siècle. Le professeur Supernius ne plaisantait pas avec ses cours. Elle en avait déjà expulsé pour moins que ça.

La pseudo altercation entre le sixième et le septième année ne cessait de se rejouer dans la tête d'Aaliyah. Rief avait l'air sympathique, toujours à plaisanter avec ses amis. Sa nature farceuse lui avait déjà bien des fois values de longues heures de retenues. Pourtant Brooks aussi ne semblait pas bien méchant une fois passé son look de mauvais garçon et l'air sombre qu'il arborait presque en permanence. Alors qu'est-ce qu'il pouvait bien y avoir entre ces deux-là ? Elle ne pouvait plus se contenter de juger les livres à leurs couvertures. Après tout, les gens ne nous montraient que ce qu'ils voulaient que l'on voit d'eux même. Elle décida de mettre cette histoire de côté pour l'instant, elle avait mieux à faire que de satisfaire sa curiosité maladive.


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En revenant des serres, alors que le ciel se teintait de couleurs orangées annonçant la fin du jour, Ginny avait insisté pour qu'ils aillent au sommet de la tour d'astronomie. Ils avaient laissés Ron et Hermione qui ne semblaient communiquer que par monosyllabes (ces derniers assuraient que tout allait bien, lorsqu'on le leur demandait) et s'y étaient rendus ensemble. Cela faisait un moment que Ginny et lui ne s'étaient pas retrouvés au calme, depuis la rentrée.

Après la guerre, lorsque le royaume sorcier avait dû enterrer tous ceux qui n'avaient pas survécus aux affrontements, les cauchemars d'Harry avaient refait surface. La jeune fille avait alors voulu trouver un moyen pour tenter de lui faire oublier, les lendemains de cauchemars. Elle s'avait toujours, rien qu'en le regardant, lorsqu'il avait eu des cauchemars la veille. Les matins, quand ils se retrouvaient pour petit déjeuner tous ensemble dans la cuisine, alors même que Ron, avec qui il partageait une chambre ne se doutait de rien, elle l'analysait du regard et lui prenait ensuite les mains en un geste réconfortant.

Depuis la mort de Fred, il arrivait souvent à Ginny de partir seule « faire le point » ou se retrouver dans un endroit calme. C'était ce qu'elle avait trouvé pour s'aider à faire face. Quand elle avait découvert qu'Harry faisaient toujours des cauchemars, elle avait décidé de l'inclure à ses excursions. Ils pouvaient parfois se balader dans les champs avoisinant le nouveau domicile des Weasley, ils marchaient longtemps puis, lorsqu'elle estimait être au bon emplacement, Ginny s'allongeait dans l'herbe afin de profiter du soleil d'été. Quelques fois encore ils transplannaient et se retrouvaient à contempler silencieusement les ruines carbonisées de ce qui avait jadis été le terrier Weasley. Dans ces moments-là, Ginny et lui n'échangeaient aucun mot, ils se contentaient de marcher dans un silence religieux autour de l'édifice jusqu'à ce que la rouquine décide qu'elle en avait assez.

D'autres fois ils montaient simplement au dernier étage, sur la terrasse de la nouvelle maison des Weasley. On la leur avait attribuée le temps qu'ils décident s'ils voulaient ou non reconstruire leur ancienne demeure. Ils s'asseyaient dans ces étranges fauteuils en forme d'œufs qui lévitaient à un mètre au-dessus du sol, comme attachés au plafond par une corde invisible. Face à face, Harry observait Ginny enlever ses chaussures et ramener ses pieds sous elle, se recroqueviller et poser son menton sur ses genoux. Ils se contentaient généralement de se fixer en silence, d'autres fois la rouquine tentait de débriefer Harry sur ses cauchemars, l'incitant à en parler mais lui laissant tout de même le choix de refuser. Harry attendait généralement quelques minutes, qu'ils passaient tous deux à observer les nuages défiler dans l'infinie bleuté du ciel. Puis, lorsqu'il s'en sentait le courage et l'envie, il racontait ce qu'il avait vu, bien qu'il omettait très souvent de mentionner les passages les plus sanglants, ceux qui le perturbaient vraiment. Mais rien que le fait d'en parler avec elle, même s'il ne lui racontait presque rien, l'aidait déjà beaucoup.

Ces moments-là les avaient beaucoup rapprochés, mais le brun s'était vite rendu compte que Ginny n'évoquait jamais ce qui la poussait elle, à vouloir s'isoler. Il se doutait bien des raisons qu'elle ne semblait pas vouloir énoncer à voix haute et s'en voulait un peu plus à chaque fois, d'être aussi maladroit avec ses mots, de ne pas réussir à la faire parler.

Le Gryffondor sortit de ses pensées en sentant Ginny se resserrer contre lui à cause du froid. Cela faisait un moment qu'ils observaient silencieusement le lac depuis la tour.

– Gin… depuis que tu as été à cette réunion chez Malefoy, commença le brun, mais la Gryffondor le coupa d'une main levée.

– Ah non, Harry ! Ne recommence pas avec ça !

– Quoi ? J'essaie juste de savoir-

Ginny se distança de lui, avant de poursuivre :

– Mais puisque je te dis que je vais bien, il ne s'est rien passé de grave. Ce n'est pas possible cette obsession que tu as avec Malefoy ! D'abord cet interrogatoire avec Hermione et maintenant à moi !

– Je m'inquiète juste pour toi, il haussa le ton en tentant de s'expliquer. Malefoy n'a rien à voir avec ça…

– Pourtant tous ce que je t'entends dire c'est « chez Malefoy ci, chez Malefoy ça »

– Mais enfin vous étiez chez lui ! Chez normal que j'en parle comme cela.

– On était aussi chez Lyah, Harry. Pas que chez Malefoy. Et il y avait aussi Zabini et Parkinson puisqu'on en parle.

Le brun souffla en tentant de garder son calme. Elle essayait peut être de le provoquer pour qu'il en oublie ses résolutions.

– Ginny, c'est juste que tu as l'air différente depuis. Je me demandais si…

Je. Vais. Bien. Bon sang, je n'arrête pas de te le répéter ! se butta la rouquine.

– C'est peut-être ce que tu dis, mais toi et moi savons que ce n'est pas le cas, Harry hésita avant de reprendre. Tu n'en n'as jamais parlé Ginny…

Les yeux de la rouquine rétrécirent à mesure qu'elle comprenait où Harry voulait vraiment en venir.

– Je n'en n'ai pas besoin Harry, je… c'est passé.

– Tu m'as toi-même dis que je me sentirai mieux si je parlais de mes cauchemars à quelqu'un. Tu pourrais m'en parler, il avança vers elle tandis qu'elle reculait pour lui échapper.

–Harry, s'il te plaît, chuchota la rouquine d'un ton implorant.

– Si tu ne veux pas m'en parler, continua-t-il, tu pourrais en parler à Hermione ou à ton frère, vous en avez besoin tous les deux, proposa-t-il d'un ton qui se voulait doux pour ne pas la brusquer.

– NON ! rugit-elle. Comment est-ce que je pourrais en parler avec Ron alors que lui-même en souffre plus que moi ?! Et Hermione, elle… elle, Ginny hésita, ravalant un sanglot.

Harry se rapprocha et attrapa fermement sa main, elle ne pourrait plus s'éloigner de lui maintenant. Il caressait avec son pouce le dos de sa main, d'un geste qui se voulait apaisant.

– Je suis là moi, je suis prêt à faire ce que tu as fait pour moi

– Non… stop, supplia la rouquine.

Le vent lui fouettait le visage et lui rabattait les cheveux dans les yeux. Elle replaça ses mèches derrière son oreille d'un geste exaspéré.

– Tu te fais du mal, persista Harry, un ton plus bas.

– TAIS-TOI ! explosa la jeune fille. C'est le moldu qui se fout du cracmol ! Ne viens pas me dire ce que je devrais faire ou pas.

Elle tentait d'arracher sa main à son emprise.

– Ginny…

Le trouble se lisait à travers son regard. Harry savait qu'elle avait voulu lui faire mal afin qu'il lui laisse la paix, mais la brulure de ses mots restait en lui. Cependant il ne renonça pas, pas cette fois. Il était résolu à lui dire tous ce qu'il pourrait pour la convaincre.

– Oui, et tu avais raison.

(Non…)

– Si en parler peut sembler douloureux

(Non, tais-toi)

– Ne rien dire l'est encore plus, en fin de compte.

(TAIS-TOI !) … (Lâche-moi…)

– Je veux t'aider Ginny…

En désespoir de cause, Ginny se jeta sur ses lèvres afin qu'il se taise. Avant qu'il n'en parle... elle arrivait presque à ne plus y penser, à sembler normale. Elle voulait lui transmettre tout son ressentiment à travers son baiser, toute sa détresse. Tandis qu'Harry se laissait faire, elle passa ses mains derrière sa nuque et les rapprocha, réduisant la distance entre leur deux corps. Elle mit brièvement fin au baiser pour reprendre son souffle et contempler Harry, les joues légèrement rouges. Ses yeux verts avaient l'air aussi perdu que devait l'être les siens et elle replongea sur ses lèvres avant qu'il n'ait le temps de reprendre la parole. Leur baiser était tumultueux, il s'opérait entre eux une lutte tacite pour le contrôle. De frustration, elle mordit la lèvre du brun, poussant ce dernier à se séparer d'elle.

– Ca n'arrangera pas les choses Gin, la jeune fille devinait qu'il ne parlait pas seulement du baiser. On devrait en parler. Vraiment, reprit-il.

Ginny le lâcha et parti ramasser son sac de cours qu'elle avait posé au sol.

– Je ne veux pas Harry… je ne peux pas, se voix se brisa et elle dévala les escaliers de la tour afin de mettre le plus de distance entre elle et le brun.

Harry soupira en la voyant s'éloigner, décidant de ne pas la poursuivre. Il passa une main nerveuse dans sa tignasse emmêlée.

Il avait encore échoué.


Le reste de la semaine s'était déroulé dans une ambiance assez tendue. On était maintenant jeudi soir, la veille d'Halloween et Pansy se retrouvait à patienter dans le couloir en attendant le préfet de Poufsouffle. Mai avait décidé de tomber malade un soir de ronde et le règlement leur déconseillait fortement d'effectuer seuls les rondes dans le château. Le préfet de Serpentard lui avait envoyé une note d'excuse depuis l'infirmerie, où il lui affirmait qu'il s'était déjà arrangé avec un autre préfet afin que celui-ci le remplace pour la ronde.

A l'entente de bruits de pas, Pansy se retourna.

– Toi ! s'étonna-t-elle en découvrant le nouvel arrivant, les yeux écarquillés.

Ça devait être une mauvaise blague, parce qu'elle avait en face d'elle, le Serdaigle avec lequel elle s'entendait le moins de tout Poudlard.

– C'est toi qui remplace Mai ?!

Il lui semblait pourtant que sa mauvaise entente avec le préfet de Serdaigle était de notoriété publique. Pansy ne s'était pas attendue à devoir faire sa ronde avec des Gryffondor, ça c'était certain. Elle s'attendait à voir l'un des deux préfets de Poufsouffle ou en dernier recours Padma Patil, la préfète de Serdaigle mais surtout pas Brooks, qui ne devait rêver que de l'égorger au détour d'un couloir.

– Rassure-toi, je ne l'ai pas fait pour toi, rétorqua le brun d'un air maussade. On avance.

Il la dépassa et entreprit de commencer la ronde. Pansy grimaça à son ton, elle détestait recevoir des ordres. Mais elle finit par le suivre, à contre cœur.

Un silence tendu régnait entre eux. Pansy rasait les murs des couloirs afin de se tenir le plus loin possible de Brooks, qui lui jetait de temps à autre des sourires narquois qui avaient le don l'énerver. A la moitié du parcours, tandis que la Serpentard lui jetait un énième regard noir il se décida à lui adresser la parole.

– Tch. Est-ce que je te fais donc si peur ? C'est plutôt moi qui suis à plaindre, sa voix transpirait de dédain alors qu'il la fixait d'un regard perturbant. Pansy décida que s'en était trop.

– Tu vas commencer par me parler sur un autre ton d'accord ! Aux dernières nouvelles je suis en septième année et toi en sixième.

Le Serdaigle lui fit face.

– Je ne vois pas pourquoi je te devrais quoi que ce soit, mangemorte.

L'insulte la laissa un instant surprise. Elle resserra son emprise sur sa baguette, se forçant à se contrôler.

– C'est donc pour ça que tu sembles me détester, réalisa-t-elle dans un souffle. Tu n'es pas le premier à me détester… et tu ne seras surement pas le dernier. Mais pour ta gouverne, elle releva brutalement les manches de sa cape et de son uniforme, découvrant sa peau pale. Je n'ai aucune marque.

Brooks fit un pas vers elle, le regard obscurci.

– Aux dernières nouvelles, caricatura-t-il, il ne suffit pas que d'une marque pour être partisan, il avança encore, la mettant sur ses gardes. L'année dernière encore, ici-même, tu criais pour que quelqu'un se décide à attraper Potter. Et cette année, toi et ces autres Serpentard revenez à Poudlard, comme s'il ne s'était rien passé. On aurait dû vous enfermer toi et toute ta famille! Ton père était un-

Une violente gifle l'interrompit. Surpris, il observa la baguette de Pansy qui crépitait encore du maléfice qu'elle venait de lancer.

– Ne parle pas de mon père. Je te l'interdit, siffla-t-elle. J'ai dû faire des choix ! Ce n'était peut-être pas les bons, aujourd'hui je m'en rends compte…

Peut-être pas les bons choix?! Tu t'entends parler ? Tu regrettes avoue...

– Oui je… commença Pansy avant qu'il ne reprenne, le visage dur.

– Tu regrettes qu'on ne l'ait pas eu hein, Potter ? Les gens comme toi n'ont rien à faire à Poudlard.

– Tout le monde n'est pas nés du… un Silencio lancé par Brooks la rendit muette.

Surprise, elle tenta, paniquée, de lancer un contre sort informulé qui échoua. Elle recula d'un pas et butta contre une armure, qui jura au coup qu'elle lui avait porté par mégarde. Brooks resta sur ses positions et l'observa se dépêtrer en silence.

– Tu allais surement dire… que l'on n'est pas tous nés du… quoi ? Du bon côté de la barrière ? il émit un bruit dédaigneux. C'est trop facile de se cacher derrière ça, de retourner ta cape quand bon te semble.

Il la délivra du sortilège de silence.

Pansy fulminait. Elle lui lança un expulso qui l'expédia contre le mur d'une salle de classe. A genoux, toussant pour reprendre son souffle, il tenta de se relever en se tenant les côtes. La brune lui lança un maléfice qui le força de nouveau à genou et un autre qui avait pour but de lui tirer les cheveux. Il luttait pour se relever mais une force invisible semblait le clouer au sol tandis qu'une autre s'attaquait férocement à lui arracher ses cheveux du crâne. Pansy avala la distance qui les séparait d'un pas et se pencha vers lui.

– Je n'ai pas de compte à te rendre, à toi ou à qui que ce soit. J'ai déjà eu à m'expliquer avec les autorités magiques concernant la question… et tu devines donc quel a été leur verdict si je suis ici, en face de toi, à m'expliquer et non à Azkaban.

Le Serdaigle cracha à ses pieds pour la défier, luttant pour se libérer du maléfice. Dégouttée, Pansy voulut le gifler de ses propres mains mais tandis qu'elle s'approchait, Brooks, qui avait réussi à se libérer, se releva. Elle tenta de relancer son maléfice d'entrave mais d'un protego il dévia son sort, qui alla ricocher sur les murs du couloir. Le voyant s'approcher, elle se lança un sortilège de désillusion afin qu'il ne sache plus ou elle se trouvait.

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Un sort qu'il devinait vicieux, frôla l'oreille de Brooks mais il se retourna sans savoir ou viser. Il fit venir à lui d'un accio, l'imposante armure qu'il avait aperçue. Cette dernière protesta lorsqu'elle se fit démembrer et le jeune homme se retrouva bientôt encerclé de bouts d'armure qu'il faisait léviter autour de lui en un cercle protecteur. Un autre sort l'attrapa en plein ventre et il chancela un moment, puis lança à toute allure les bouts d'armures autour de lui. Ces derniers finirent par heurter les uns après les autres quelque chose d'invisible qui se tenait à la droite du jeune homme. Un cri retentit, suivit d'un bruit de chute et le couloir redevint calme.

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Au sol et inconsciente, Pansy ne vit pas le Serdaigle s'éloigner, boitant légèrement, une main entourant ses cotes tandis qu'il s'appuyait aux murs de l'autre. Elle ne saurait dire combien de temps s'était écoulé avant qu'elle ne reprenne connaissance mais lorsqu'elle se releva, l'armure avait repris sa place contre le mur et le couloir lui semblait encore plus sombre et désolé que d'habitude. Avant de partir, elle vérifia une dernière fois qu'elle était bien seule. Pendant qu'elle était encore évanouie, elle avait cru percevoir une lointaine mélodie qu'elle-même n'aurait pas pu imaginer. Cet étrange souvenir continua de la suivre jusque dans ses rêves et tout au long de la journée suivante.


En revenant à la Grande Salle pour le banquet du soir, les élèves de Poudlard redécouvrirent avec ravissement les décorations qui avaient été installé pour ce jour. D'énormes citrouilles qu'Hagrid avait cultivées avaient été placées près de la table des professeurs. On leur avait creusé des visages aux sourires effrayant dans lesquels brulaient des chandelles. Comme chaque année, la pièce avait été décorée aux couleurs automnales et des citrouilles de taille plus modestes, lévitaient en dessous du ciel étoilé du plafond magique, où virevoltaient quelques chauves-souris. Sur les tables, des chaudrons décoratifs laissaient échapper des volutes de fumée qui allait se perdre en une légère brume au ras du sol.

A la table des Serpentard, Blaise se rapprocha de Pansy jusqu'à ce qu'ils soient collés.

– Alors ma belle, encore perdue dans tes pensées alors que je suis juste là à tes côtés, dit-il d'un ton charmeur.

Pansy se détourna des toiles d'araignées sur la table et remarqua que Blaise lui enserrai la taille d'une main.

– Mon dieu, que puis-je faire pour me faire pardonner, minauda-t-elle en se prêtant au jeu.

– Et bien, il fit mine de réfléchir. Tu pourrais commencer par m'appeler Blaise, j'aime bien Mon-dieu mais ça finit par attirer l'attention en public.

Pansy leva les yeux ciel.

– Si tel est ton désir

La main de Blaise vint dessiner des cercles sur le bras de Pansy.

– Je commençais à croire que mon charme légendaire ne faisait plus effet sur toi, à force de me faire repousser.

– Ton charme avait juste… le don de choisir les pires moments pour agir, Blaisou.

Elle afficha un sourire carnassier, elle savait bien que Blaise avait horreur des surnoms stupides. La main sur son bras se stoppa.

– Tu cherches déjà à te faire punir, vilaine fille.

Théo leur adressa un regard dégouté et s'empara de friandises multicolores, disposées çà et là sur les tables de la salle.

– Théo ! C'était quoi ce regard ? demanda la jeune fille.

– Vous me dégoutez.

– T'es jaloux, tu veux dire ! Pansy et moi avons une relation tellement… il hésita sur le terme. Enfin bref, t'aimerais juste en faire partie, hein.

Pansy et lui ricanèrent à voix basse et se tapèrent dans les mains.

– Vous rêvez, de telles gamineries ne me tenteront jamais, repris Théo.

– Ah, parce que tu préfères que ce soit plus… mature ? demanda Pansy en se contrôlant pour garder son sérieux lorsque Théo failli s'étouffer avec sa boisson.

– Attention Pans' tu vas nous le traumatiser, tempéra Blaise, mort de rire.

Théo retrouva son calme et leur parla d'une voix coupante.

– Bande d'imbéciles.

– Théo, s'indigna la brune. Tu sais qu'on plaisante.

– C'est notre façon de s'embêter, avec Pansy, continua Blaise. Son seul et unique meilleur ami à bien le droit de la taquiner. Blaise tapa le front de la jeune fille pour appuyer sa remarque.

Pansy jura en le repoussant, malgré les différents sorts qu'elle avait employé pour effacer les marques et calmer la douleur, certaines parties de son corps qu'avait heurté l'armure, la faisait encore souffrir. Mais elle avait gardé pour elle les évènements de la veille.

– On est en public, fit remarquer Théo.

– Ça va, il n'y a pratiquement personne dans la Grande Salle, regarde, râla le métisse.

A part les Gryffondor et quelques Poufsouffle surexcités, même les professeurs n'avaient pas encore tous pris place à leur table.

–Maintenant que tu le dis, observa Pansy qui reprenait son sérieux. Le banquet aurait déjà dû commencer vu l'heure non ?

– Il est encore tôt, intervint Drago apparu à la droite de Pansy, il prit place à ses côtés et fixa sur elle son regard glacé. Il faut qu'on discute.

Pansy et lui ne s'étaient plus vraiment adressé la parole depuis leur altercation. Elle s'était mise à distance de tous ses amis. Il avait fini par se résigner à aller lui parler parce qu'elle ne semblait pas être prête à faire le premier pas.

– Je t'écoute, dit la jeune fille en se renfermant imperceptiblement. Elle laissa ses yeux parcourir la salle, alors que Drago tentait maladroitement de lui faire comprendre qu'il s'était peut-être un peu emporté dans les gestes qu'il avait eu.

– Seulement tes gestes ? releva-t-elle en haussant un sourcil vers lui.

– Eh bien… on a tous les deux eu des réactions… disproportionnées alors… Le blond pestait intérieurement contre sa voisine qui ne rendait pas les choses plus facile.

Drago pouvait être d'une mauvaise foi, pensa la Serpentard en levant mentalement les yeux au ciel. Il essayait de lui faire comprendre qu'il s'excusait, sans s'excuser réellement, parce qu'elle aussi était fautive après tout.

Elle ouvrit la bouche, ne sachant pas encore si c'était pour lui lancer une remarque ou lui pardonner :

– Drago tu… je rêve ! s'étonna-t-elle.

– Quoi ? se braqua Drago en fronçant les sourcils, mais Pansy s'esclaffa bruyamment.

– Regardez, ordonna-t-elle en oubliant sa dispute.

Deux élèves franchissaient la salle revêtues de déguisements.

– Ah ah, elles ont cru qu'on était à un bal ou quoi ? ricana la brune.

Les deux jeunes filles avancèrent rapidement vers leur table respective. Dans la salle leur arrivée avait lancé une nuée de chuchotements. Très vite, elles furent rejointes par d'autres élèves, de différentes maisons, eux aussi déguisés.

– C'est quoi ce bordel ? Est-ce qu'il y a un bal ? Tout le monde est déguisé ! Pourquoi est-ce que je n'étais pas au courant ?! ragea Pansy en lorgnant avec envie la robe bleue d'une cinquième année.

Drago les observa d'un air mécontent.


Toute la tablée Gryffondor, les yeux écarquillés pour certains, la bouche grande ouverte pour d'autre, regarda les élèves qui prenaient part au banquet, déguisés.

– Je rêve ! s'étrangla Hermione en reposant son beignet à la citrouille. Ils ont tous prit rendez-vous pour se déguiser. L'uniforme est seul vêtement autorisé en période de cours –sauf exception.

Elle repéra la directrice qui prenait place aux côtés des professeurs et se leva de table avec la ferme intention d'aller la consulter.

– Hermione, ou tu vas ? demanda Aaliyah. Ce n'est pas si grave, non ? C'est Halloween.

– Et alors ? Ça n'a pas l'air de te choquer, observa-t-elle. Est-ce que tu étais au courant ?

– Bien sûr que non ! s'offusqua la préfète en chef en reposant son verre d'eau. Ginny et elle la regardèrent se diriger vers la table des professeurs.

– Laisse ce pauvre garçon, Malefoy ! ordonna Hermione en croisant le Serpentard qui s'était levé pour brutaliser un petit blond déguisé en lutin.

– Granger, salua-t-il en la regardant comme s'il s'agissait une poussière sur ses chaussures. J'expliquais juste à cette… à ce Serdaigle, qu'il devait vite aller dire à ses amis de partir se rhabiller correctement s'ils ne veulent pas tous être collés jusqu'à fin d'année.

Le petit Serdaigle dont il tenait toujours le bras en parlant, se libéra et s'enfuit vers sa table en courant.

– J'allais en parler à la directrice justement, dit Hermione, surprise de voir Malefoy enfin agir en préfet.

Le blond la suivit jusqu'à la table ou elle salua les professeurs présents avant de s'adresser à McGonagall.

– Professeur, commença-t-elle. Euh, tous ces élèves déguisés… les préfets –ceux de Gryffondor du moins– n'ont absolument pas donné l'autorisation ou véhiculé une quelconque information pour une telle chose et-

– C'est interdit par le règlement n'est-ce pas ? interrompit le Serpentard. Il faut tous les coller ou…

– Ce que veut dire Malefoy, repris Hermione. C'est qu'apparemment, les élèves se sont fait passer le mot pour commettre une chose enfreignant le règlement et que les préfets –certains, du moins– n'en ont pas eu mot.

– C'est bien ça, approuva le blond en lançant un regard de biais à la Gryffondor.

– Eh bien, commença la directrice qui s'était remise de sa surprise de les voir coopérer sur un sujet. L'un de vos camarades est effectivement venu me voir concernant quelque chose qui semble y être lié… à l'évidence il a du se méprendre sur ce qui lui a été permis ou non de faire.

Hermione lança un regard interrogateur à la directrice, qui n'en dit pas plus.

– Puis-ce que rien de tout ça n'a été autorisé, lança Malefoy en revenant à la charge, tous ces élèves devront donc être-

Hermione lui mit un coup de coude dans les côtes pour qu'il se taise. Il se tourna vers elle, l'air de se demander s'il n'avait pas rêvé. Conscient qu'ils étaient devant la table des professeurs, il se contenta de lui lancer un regard perçant.

– Ces élèves n'en n'ont certainement pas eu l'autorisation… mais nous parlons de près de la moitié des étudiants de cette école… la directrice hésitait sur la démarche à prendre.

A ses côtés, Slughorn, qui avait laissé trainer ses oreilles, prit le soin d'intervenir.

– Un nombre aussi important… les professeurs sont déjà bien occupés ces derniers temps. Peut-être que l'on devrait les laisser faire pour cette fois, Minerva.

Le préfet en chef et la préfète le regardèrent, dubitatifs.

– Le corps enseignant à beaucoup à faire, cela est certain, approuva McGonagall, les lèvres pincées.

– Et puis, ce ne sera pas bien grave avec ce qui arrive n'est-ce pas, avança le professeur de potion, un air de confidence sur le visage.

– Professeur ? demanda Hermione.

La directrice mit fin à leur entrevue, d'un ton définitif.

– Bien. Retournez à vos places miss Granger, monsieur Malefoy, le banquet va bientôt débuter.

Hermione adressa un regard troublé au Serpentard avant qu'ils ne se séparent et retournent à leurs places respectives.

La jeune fille toucha à peine au rôti que Ginny avait poussé vers elle. Elle avait l'air d'être en grande réflexion depuis son retour. Alors que le banquet touchait à sa fin, à la table des Poufsouffle, un élève parti en courant vers la sortie, acclamé sous les sifflements de ses camarades qui devenaient de plus en plus bruyants. Tout autour, les élèves se mirent à chuchoter, comme s'il s'agissait du signal qu'ils attendaient.

– T'as une idée de ce qui se passe ? demanda Ron.

– Non… hésita Harry, qui n'arrêtait pas de lancer des regards à Ginny, qui se forçait à l'ignorer. Il regarda autour de lui, tandis que certains Poufsouffle commençaient à taper des poings sur la table. Mais j'imagine que ça doit être normal puisque les professeurs ne réagissent pas.

Hermione lui lança un regard vif de compréhension.

La directrice se leva pour demander le calme dans la salle et les élèves l'imitèrent, un peu fébriles.

– L'un de vos camarades nous a demandés, aux professeurs et à moi-même l'autorisation de vous… proposer son intervention en ce soir d'Halloween. Il va de soi que votre comportement déterminera si ce genre d'évènements pourra à l'avenir se reproduire.

– Mais par la barbe de Merlin ! De quoi est-ce qu'elle parle ?

– Réfléchis un peu Ronald, elle ne veut pas nous le dire, sinon on aurait été au courant en tant que préfets. Apparemment même les préfets en chefs ne savent pas ce qu'il se passe. N'est-ce pas Lyah ?

– Si tu ne m'adresse la parole que pour ça maintenant…

– Pour ça quoi, Ron ? soupira la brunette. C'est toi qui refuse de me parler, pas l'inverse.

Bien sûr. Laisse Tomber... je me disais que tu aurais déjà trouvé la réponse depuis..

– OUI, coupa Aaliyah répondant à Hermione. On aurait su.

De toute évidence ils avaient besoin de mettre les choses au clair mais ce n'était ni l'endroit ni le moment.

D'un geste de baguette contrôlé, la directrice fit apparaitre des serpentins orange et noirs, qui partirent onduler sous le ciel d'encre, émerveillant l'assemblée. Le professeur Flitwick se joint à elle et d'un autre coup de baguette, la Grande Salle sembla encore plus vaste qu'à l'ordinaire.

La porte de la grande Salle s'ouvrit pour laisser passer, dans les airs, une suite d'instruments, qui allèrent se poser au centre de l'espace qu'avaient dégagé les professeurs. Le jeune homme qui s'était sauvé réapparut, sous les acclamations de la maison Poufsouffle.

– Attendez, commença Aaliyah, il va y avoir un concert ?! C'est ça que les profs nous cachaient ?

– C'est Alex ! s'exclama Dean, reconnaissant le jeune homme aux cheveux auburn, les yeux écarquillés de surprise. Regardez, c'est Alex ! ce dernier salua les professeurs avant de s'avancer vers les instruments.

– Tu veux dire Rief ?! Woah… il va nous chanter quelque chose ! Attend, il sait chanter ?! s'enthousiasma Ron. C'est du jamais vu à Poudlard.

Harry loucha sur le nombre d'instruments.

– Vous croyez qu'il a un groupe, ici à Poudlard ? Et cette guitare électrique, ou est-ce qu'il a l'intention de la brancher ?

– Il y a plusieurs moyens de pallier au manque d'électricité Harry, affirma Hermione à l'instant même où le jeune homme lançait un sort sur sa guitare.

Le Poufsouffle, que toute la salle observait, se concerta avec le professeur de sortilèges avant que ce dernier ne lance plusieurs sortilèges vers les autres instruments. Alors qu'il prenait place à l'avant, guitare en main, une petite Serdaigle aux cheveux blonds le rejoint dans l'espace qui était devenu leur scène. Il l'enlaça chaleureusement.

– Tiens c'est la fille que l'on croise souvent à la bibliothèque Mione, dit Ginny.

Hermione approuva.

– Elle à l'air un peu jeune pour ce septième année... Grinça une fille assise près de Dean.

– Ne me dit pas qu'elle aussi, elle sait chanter. Attendez ! Est-ce qu'il vient de lui lancer un sort à la gorge ?! C'est pas permis ça, si ?

– Ron, ils sont en face des profs, je crois que…

– Chut ! Ça commence Gin'

La lueur des bougies tout autour faiblissait progressivement et quelques élèves durent se baisser pour éviter un banc de chauve-souris qui virevoltait à travers la salle, maintenant qu'il faisait plus sombre. Les baguettes se s'élevèrent et la batterie se mit en marche toute seule, pour donner le tempo. Des acclamations fusèrent de partout alors que la chanson débutait.

(Nda : écoutez le morceau cité en début de chapitre pour mieux comprendre).

« All my friends are heathens take it slow »

(Tous mes amis sont sauvages, vas-y doucement)

Wait for them to ask you who you know

(Attend qu'ils te demandent qui tu connais)

– Ah, elle sert d'écho à sa voix ! observa Ron d'un ton triomphal.

– Oui, ajouta Harry plus bas. Ce sort devait servir à lui modifier la voix.

– Taisez-vous !

.

Welcome to the room of people who have rooms of people that they loved one day, docked away

(Bienvenue dans la salle remplie de gens qui ont des pièces pour des gens qu'ils ont aimés un jour, éliminés).

– Wow ! Ce mec à du cran de pointer toute la salle en disant ça, dit Blaise en observant Rief chanter, depuis la table des Serpentard.

– Il doit chercher à se faire des ennemis, répondit Drago.

– Ou alors il n'a peur de rien.

– Pansy, personne n'a peur de rien, la contredit Théo.

You'll never know the psychopath sitting next to you

(Tu ne connaitras jamais le psychopathe assis près de toi)

You'll never know the murderer sitting next to you

(Tu ne connaitras jamais le meurtrier assis près de toi)

– Je rêve où ce mec NOUS a pointé lorsqu'il disait ça ?

– J'ai la baguette qui me démange, ragea Drago, la mâchoire serrée.

Please don't make any sudden move, you don't know the half of the abused

(S'il te plait ne fais pas de geste brusque, tu ne connais pas la moitié des abusés)

We don't deal with outsiders very well

(On ne traite pas très bien les étrangers)

– Pansy ?

smell your intentions

(…sentir tes intentions)

[...] Watch it

(Fais attention)

– Elle est envoutée ou quoi ! Pansy ?

La Serdaigle chantait maintenant son couplet en solo.

– Sa voix à elle est plutôt pas mal en fait, on dirait le son d'une machine, observa Théo, l'air appréciateur.

– Pansy !

Why'd you come, you knew you should have stayed

(Pourquoi t'es venu, tu savais que t'aurais dû rester)

I tried to warn you just to stay away

(J'ai essayé de t'avertir de rester loin)

Pansy et le Poufsouffle se fixaient de loin, tandis qu'il chantait et Blaise abandonna ses tentatives d'appel, exaspéré. La jeune fille avait eu l'impression de connaitre cette chanson, ce qui était impossible car elle savait qu'elle l'entendait pour la première fois, pourtant… la mélodie ne lui semblait pas inconnue.

It looks like you might be one of us

(On dirait que tu pourrais être l'un(e) des nôtres)

– Tu souris à ce connard alors qu'il écrit une chanson ou il nous traite de meurtriers, de psychopathe et autres saloperies ?! s'énerva Drago, livide.

– C'est qu'une chanson, tempéra Pansy, un sourire scotché aux lèvres. Ils ne visaient personne en particulier… surement.

Les applaudissements fusèrent lorsque le morceau pris fin. Même quelques professeurs applaudissaient tandis que McGonagall arborait un visage pincé. Elle semblait se retenir de mettre fin à ce qu'elle avait elle-même autorisé.

Le chanteur attrapa la Serdaigle à côté de lui et la rapprocha en une accolade; ils transpiraient tous deux d'avoir joué. Pansy arrêta de sourire pour les observer d'un œil critique, tandis qu'il nouait ses doigts aux siens et levait leurs mains jointes en l'air.

– Merci, dit le Poufsouffle, la voix amplifié. On va maintenant vous jouer des morceaux plus calmes, mais avant : applaudissons encore une fois ma petite sœur !


Et voilà! Tandis qu'un mystère se déroule d'autres problèmes apparaissent à l'horizon! Vous êtes perdu? L'histoire prendra tout son sens bientôt... mais j'ai laissé des indices aux cours des chapitres précédents pour les plus aventuriers! Des théories concernant ce chapitre?