Avouez que vous commenciez à desespérer de le voir arriver celui là ! Non ? Bon. ok.
Un chapitre pas suuuuper long mais pas suuuuuper court non plus. Voilà. Je crois que vous avez assisté à la plus grande phrase philosophique de ce siècle.
Quand je publie un chapitre je suis dans un état second. Désolé.
Réponses aux reviews anonymes :
Artemis : Merci de m'excuser, c'est vrai que Doctor Who est une excuse en béton, on peut pas test ! :p Tu n'es pas heureuse du retour de John ? je crois que tu es la seule :p Merci de ta review (comme toujours :p)
Harmonie35 : Bravo pour ton concours de tir à l'arc ! :D Et les reviews ne peuvent pas toujours être exceptionnelle, tu es pardonée ;) Merci de ta review :)
Little Bowtie : Voilà donc la suite que tu voulais tellement ! :) J'espère que ça te plaira, et merci pour ta review :)
Bonne Lecture.
Chapitre 12
Ce matin-là, Sherlock ne traina pas au lit. Le soleil perçait ses volets et venait lui chatouiller doucement la peau mais cela lui rappelait trop ses réveils paisibles, mais solitaires, chez son professeur. Il voulait s'occuper la tête jusqu'à son rendez-vous avec John cette après-midi-là. Il ne voulait pas réfléchir à la façon dont il allait dire à son ami tout ce qu'il avait sur le cœur. Il voulait pouvoir se confier sans avoir torturé dans sa tête toutes les phrases qu'il allait sortir. S'il faisait ça, il risquait de taire la moitié de ce qu'il devait dire à John pour être vraiment libre. C'était une situation particulière, mais John semblait être une personne particulière aussi. Il avait réussi là où d'autres avaient échoué : être ami avec Sherlock. Malgré leur première altercation, John avait quand même insisté pour tisser des liens avec Sherlock. Il lui avait pardonné son comportement désagréable et même si Sherlock n'avait pas encore tout à fait montré son vrai visage, celui-ci savait que si un jour il décidait de faire paraître au grand jour le génie qu'il était, plus les côtés frimeurs qui vont avec, John serait là et accepterait Sherlock dans son ensemble. John lui avait déjà demandé d'être lui-même mais Sherlock avait rétorqué que maintenant il s'y était fait et que ça allait. Mais il ne voulait pas le perdre LUI. Des amis comme ça on n'en trouve pas à chaque dynastie, il n'allait pas commencer à tout gâcher par son caractère insupportable. Voilà qu'il se mettait à penser comme son père. Même quand il n'était pas là celui-là et c'était souvent le cas, son bourrage de crâne restait présent dans l'esprit de Sherlock.
Alors il se leva et se dirigea vers la salle de bain. Il se regarda dans le miroir. Des images de sa première nuit chez Tapja lui revinrent. Il secoua la tête et les chassa du revers de la main. Il alluma la douche et la régla sur une température trop froide mais c'était une nécessité. Il s'attaqua à son cuir chevelu comme si c'était une moquette tachée. Ses bras commençaient à lui faire mal mais il continua jusqu'à ce qu'il sente les bout de ses doigts chauffer. Pendant qu'il rinçait sa chevelure qu'il faudrait couper un jour, il s'affaira à récurer sa peau. Comme s'il voulait absolument détruire toutes preuves de son passage chez l'homme à qui il avait rendu visite il y a maintenant deux nuits. Au bout de cinq minutes il décida que c'en était assez et éteignit enfin l'eau de la douche. Il attrapa une serviette et l'enroula autour de sa taille. Ses lèvres étaient bleues mais ce n'était pas important. Des traces rougeâtres trainaient sur son torse à force d'avoir frotté et ses ongles avaient laissé quelques marques à certains endroits mais ce n'était pas important. Il évita son reflet du mieux qu'il pu en s'habillant et sortit de la salle de bain.
Il descendit lentement les escaliers pour essayer de savoir qui était encore à la cuisine. Personne, si ses sens ne le trompaient pas. Il pourrait alors déjeuner un petit quelque chose sans que Mrs Hudson ne viennent lui demander sans arrêt s'il voulait encore autre chose. Il n'avait pas faim de toute façon. Le pire serait que Mycroft vienne essayer de faire la conversation. Il voulait éviter ça pour une raison simple : s'il s'ennuyait ne serait-ce qu'une minute, il risquait d'y penser. Et Mycroft était la personne avec qui il s'ennuyait le plus. Surtout quand il parlait. Encore quand il mangeait il pouvait toujours trouver quelque chose à dire. Il regarda dans les placards et trouva enfin un paquet de céréales au chocolat. Sherlock fut surpris de voir qu'il n'était pas ouvert. Son frère n'était pas passé par là depuis un bout de temps et Mrs Hudson faisait manifestement des petits déjeuners bien trop élaborés. Il s'installa à la table de la cuisine en face de la fenêtre et dégusta son riz soufflé en silence. Il était en paix et ne pensait qu'au bol en face de lui qu'il faudrait finir un jour ou l'autre. Il mangeait lentement et prenait bien le temps de mâcher entre chaque cuillérée. Il était ailleurs. Sherlock ne savait pas trop où. Peut-être dans le lait qu'il fixait avec intensité depuis maintenant une vingtaine de minutes. Il s'imaginait faire du surf dans le lait et laissa échapper un rire.
« Qu'est qui te fait rire petit frère ? Ta propre bêtise j'imagine.
Sherlock sursauta et regarda son frère avec des yeux écarquillés. Il se reprit vite de sa frayeur et lui lança un regard peu jovial.
- Contrairement à la tienne, ma bêtise a le don d'être drôle. »
A la plus grande joie de Sherlock, son frère se tut pendant un moment et il en profita pour retourner à la contemplation de son bol de lait. Jusqu'à ce qu'il le finisse. Il voyait que son frère voulait lui parler. C'était évident. Personne ne reste aussi patient à regarder quelqu'un d'autre manger aussi lentement juste pour s'amuser. Sherlock se leva et, dans sa lenteur feinte, mis son bol au lave-vaisselle. Ensuite il se dirigea vers une armoire dont il savait que son frère connaissait le contenu. Il attrapa la boite la plus haute et la pris. Il sentait les yeux de son frère dans son dos tandis qu'il ouvrait la boîte. Sans surprise il découvrit un beignet et quelques miettes survivantes d'autres beignets qui s'étaient tenus là avant. Sherlock se retourna et regarda son frère avec son sourire le plus franc et dit :
« Maman n'est pas au courant de ça j'imagine, Mycroft voulu répondre mais Sherlock le coupa, ce n'était pas une question. Évidemment qu'elle ne l'est pas.
Sherlock passa son regard de la boîte à son frère et avança vers celui-ci. Il lui tendit la boite et planta ses yeux dans les siens.
- Ce serait dommage de gâcher, n'est-ce pas ? » Sherlock sourit en coin et sortit de la pièce. Comme ça il serait dispensé de longues discussions pendant un bon moment. Au moins jusqu'à ce que son frère avoue sa faute à sa mère.
Il se redirigeait vers sa chambre quand il croisa sa mère. Il la salua et l'embrassa joyeusement. Il avait oublié sa lenteur et maintenant il voulait sauter partout. L'heure de son rendez-vous avec John approchait et hormis ce qu'il avait prévue de lui dire, il était heureux de le revoir. Il annonça qu'il sortait dans l'après-midi et monta se préparer. Il se lava les dents et passa un coup de peigne désespéré dans ses boucles. Il enfila son manteau et envoya un SMS à John pour lui dire qu'il se mettait en route. John lui précisa alors qu'il venait de rentrer dans le bus et qu'ils allaient surement arriver en même temps.
Et en effet quand Sherlock rentra dans le café dans lequel ils s'étaient donné rendez-vous, John était déjà attablé et l'attendait. Celui-ci sourit à Sherlock en le voyant et se leva pour chuchoter à l'oreille de son ami :
« Je pense qu'on devrait pas rester ici, juste prendre à emporter et s'en aller. Tu vois le gars là-bas avec la moustache ? Il me fait trop flipper ! »
Sherlock rit et jeta un œil à l'homme en question. Il faisait peur à voir en effet et fixait les deux amis sans gêne. Il accepta alors avec joie l'invitation de John à aller se promener dans un parc. Il voulait éviter cet homme à moustache qui, bizarrement, le mettait mal à l'aise, comme s'il se sentait coupable.
Une fois les thés commandés et la porte franchie, John expliqua à Sherlock l'histoire du moustachu. Avant c'était un homme tout à fait normal, il avait un travail, un appartement, des amis… Mais il en avait surtout un, un homme que certains qualifierait de dangereux avait dit John. Selon les rumeurs cet homme avait un problème psychologique car il s'était jeté du haut d'un toit sous les yeux du maintenant moustachu.
« Après ça, il a disparu pendant un mois. Il réapparut et reprit sa vie normale. Mais il n'a pas tenu et a pété un plomb ! C'était un pétage de plomb violent, il reste là au café, tous les jours à la même heure. Il attend. Ça fait deux ans que son meilleur ami est mort et il n'a pas avancé.
- C'est bizarre, répondit Sherlock.
- De quoi ? questionna John avec surprise
- Qu'il y pense toujours.
- Un deuil c'est toujours difficile Sherlock !
- Ah ? Je ne comprends pas pourquoi. Je veux dire, ok la personne peut vous manquer quelques jours mais deux ans ?!
- Ouais je comprends mieux le côté sociopathe dont tu m'as parlé maintenant… Et puis je pense qu'ils étaient plus que des amis tu vois ?
-Mmh, oui je crois. » répondit Sherlock.
Ils restèrent pendant un petit moment silencieux, à marcher et boire leur thé trop chaud. Ce n'était en rien gênant, ni pour Sherlock, ni pour John. Ils écoutaient tous deux les feuilles séchées tomber des arbres puis tourbillonner avec leurs sœurs déjà tombées. Des enfants jouer et rire autour d'eux et les cailloux crisser sous les roues des poussettes. Et encore bien d'autres bruits qui constituaient le fond sonore de la fin de l'automne. John brisa le silence en proposant de s'asseoir deux minutes en face du petit étang. Une fois assis Sherlock observa les ronds d'eaux qui se propageaient sur la surface à chaque feuille qui tombaient dessus. Il pensa alors que c'était le moment parfait pour parler à John. Il ne savait pas trop par où commencer, mais il se tourna vers lui et parla quand même.
« John ?
- Hum ? John fixait toujours le lac distraitement mais écoutait Sherlock.
- On est amis n'est-ce pas ? demanda Sherlock. John le regarda, surpris, et répondit.
- Évidemment qu'on l'est Sherlock !
- Et les amis ça se dit des trucs ?
- Hum oui. Oui en effet. Tu dois me dire un truc ?
- Oui, oui je crois. Tu me promets d'en parler à personne ? »
John jura et Sherlock lui raconta tout. Il évita les détails trop gênants. John l'écouta jusqu'au bout sans l'interrompre et ne changea pas de tête. Il restait avec son regard simple et bienveillant, il n'avait pas l'air de juger son ami. Il n'avait même pas l'air surpris. Quand Sherlock eut finit, John ne lui demanda qu'une seule chose :
« Et tu sens comment depuis le mot ? cette question dérouta Sherlock.
- Je… Ne sais pas. Je n'arrive pas à poser un mot dessus.
- Alors explique-moi ce que tu ressens en toi. Chaque symptôme que tu identifies peut être intéressant pour savoir ce que tu ressens.
-Ok, hum… Sur le coup je n'ai pas vraiment eu de réaction. En fait depuis je n'ai pas eu de réactions.
- C'est étrange. Moi je me sentirais mal, désemparé... Mais j'imagine que tu es spécial. »
Ils rirent tous deux. Mais Sherlock était encore étonné du manque de surprise de John face à son histoire. Il le questionna là-dessus et John lui répondit que ce n'était pas si étonnant que ça. Que Tapja était super séduisant et qu'il pouvait apparemment faire fondre les cœurs les plus réticents à ce genre de sentiments. Il ajouta que Sherlock avait eu la chance (ou la malchance selon le point de vue) de pouvoir se rapprocher de lui.
Après cette conversation, John changea de sujet et ils débriefèrent sur la soirée de Jim. John lui rappela toutes les choses qu'ils avaient faites, toutes les bêtises qu'ils avaient dites et ils rirent à en attirer les regards amusés des passants. Ils se dirigèrent vers la sortie du parc et s'apprêtaient à se dire au revoir quand Sherlock demanda à John si Jim et Tapja avait un quelconque lien.
« Pas à ma connaissance non, ils étaient assez proches quand Jim était au lycée avec nous, mais c'était juste parce que Jim était l'élève le plus intelligent de la classe. »
Sherlock restait troublé par cette réponse mais sourit quand même à John qui lui fit signe une fois installé dans le bus. Il rejoignit son arrêt en trainant des pieds. Tapja lui avait aussi dit qu'il était intelligent. Maintenant il avait des images de Jim et de Tapja en tête. Tous les souvenirs de sa nuit chez Tapja lui revenaient, sauf qu'à la place de Sherlock, c'était Jim qui s'occupait de Tapja. Quand il arriva à l'arrêt il courait presque. Sa cage thoracique le serrait trop fort. Ses poumons se vidaient et se remplissaient trop vite et un kangourou faisaient des bonds dans son estomac. Encore et toujours ces images dans sa tête. Il serra ses poings aussi forts qu'il le pouvait. Mais il avait besoin d'autre chose. Et il trouva. Son poing percuta la vitre de l'arrêt de bus. Et Sherlock y avait mis tellement de colère qu'elle se brisa en mille morceaux. Heureusement il avait ses gants de cuir. La vieille dame qui était assise l'instant d'avant s'étaient levée et regardait Sherlock, horrifiée. Il lui jeta un regard dédaigneux et se remis en marche. Il allait marcher seul vers sa maison. Il ne pouvait pas rester assis dans un bus. Il avait enfin trouvé le sentiment qu'il refoulait depuis hier. La colère.
Voilààààà. C'est tout ce que j'ai à dire. Bonne journée/Nuit peu importe dans qu'elle partie de la journée vous êtes. A la prochaine j'espère !
