Je n'ai rien de spéciale à dire, si ce n'est que ce chapitre est un peu plus long que les courts que vous avez eu avant. Youpi ! :)

Ah oui et je n'encourage pas le comportement de Sherlock dans ce chapitre pour certaine choses que vous avez peut être devinées, et que vous lirez de toute façon !

Réponses au review anonymes :

Harmonie35 : Wouhou tout le monde se fait frapper ! Tant que c'est pas moi que tu frappes, ça me va ;) Merci pour ta review :)

Artemis : Espérons que Sherlock soit plus gentils avec notre chère John, merci pour ta review :)

Little Bowtie : Il ne faut pas m'en vouloir, j'aime les petits drames :p Pourquoi Jim ? C'est ce que tu vas savoir en lisant ce chapitre :) On est encore loin de Noël mais on ne sait jamais ce que je peux pondre d'ici là, vaut mieux te préparer (en plus de toutes les préparations psychologique de DW et Sherlock S3 ;)) Merci pour ta review :)


Chapitre 14

Sherlock arriva à l'endroit que lui avait indiqué Jim au téléphone. C'était un parc plutôt isolé situé non loin de la maison où avait eu lieu la première et jusqu'ici la seule, soirée de Jim à laquelle il avait assisté lors de la première semaine des vacances. Il y avait peu de monde, pour ne pas dire personne. Ce parc était petit mais sa végétation était très abondante. Et malgré l'automne bien avancé, les feuilles persistaient, restaient vertes et bien accrochées à leurs branches. Un grand arbre trônait au milieu du parc. La taille du tronc témoignait d'une vieillesse exceptionnelle. Sherlock se dirigea vers cette arbre, car il y reconnu ce que lui avait décrit Jim. Un vieil arbre entouré d'herbe pleine de pâquerettes et avec quelques banc en fer forgé autour.

Comme il l'avait deviné, Jim était déjà là. Il l'attendait tranquillement, posé sur le banc. Il avait posé ses coudes sur le dos du banc, penché sa tête en arrière. Il profitait des derniers rayons de soleil que filtraient encore les feuilles des arbres les plus hauts. Il portait un pantalon serré en coton avec un simple t-shirt blanc en col V et un manteau par-dessus. Il avait, comme à son habitude, les cheveux coiffés vers l'arrière sans être totalement plaqués. Cette fois-ci il avait mis des lunettes de soleil de style aviateur. Sherlock resta là quelques instants à l'observer. Il se demanda même s'il dormait, mais il vit alors que sa cage thoracique se levait et se baissait à une allure irrégulière. Il finit par s'éclaircir la gorge pour essayer de le faire réagir. Jim releva la tête, le regarda à travers les verres fumés et lui sourit de toutes ses dents.

« Sherlock ! Assieds-toi ! »

Sherlock s'assit à ses côtés. Il lui rendit faiblement son sourire.

« Bon alors, qu'est-ce qui ce passe mon pote ? J'ai pas bien compris, demanda Jim.

- Je… J'ai passé une matinée éprouvante. Des vacances éprouvantes même…

- Hum hum, l'encouragea Jim.

- J'ai été amené à ressentir des trucs encore inédits pour moi et je crois que je ne suis pas capable de les supporter pour l'instant.

- Quel genre de trucs inédits ?

- Euh… Je me suis d'abord sentit perdu. Puis j'ai ressenti, je crois, ce qu'on appelle de la jalousie. Et après de la colère. La colère j'y suis assez habitué, tu vois ? C'est une émotion basique. Mais depuis… quelques temps, je ne me contrôle plus et la colère me dépasse.

- Comment ça ? »

Jim semblait réellement intéressé par ce que pouvait raconter Sherlock. Il avait maintenant retiré ses lunettes et scrutait Sherlock pendant qu'il parlait, comme pour ne pas en perdre une miette.

« Par exemple, ce matin j'ai dit des choses atroces à John. Alors qu'il voulait juste m'aider ! Et ce que j'ai vu dans son regard… Oh tu aurais dû voir ça Jim ! Il avait l'air tellement déçu… Je m'en veux tellement, si tu savais !

- Il ne faut pas t'en vouloir comme ça Sherlock, tu t'excuseras et ce sera bon. John n'est pas rancunier.

- Mais je me sentirai encore coupable, je le sais.

- En fait, soit tu ne ressens absolument rien, soit tu ressens beaucoup trop.

- C'est ça ! s'exclama Sherlock.

- Et là tu estimes t'être trop ouvert à la société et du coup tu te crois faible ?

- Oui, c'est fou. Je me sens beaucoup trop vulnérable face à cette vague de sentiments. C'est affreux ! »

Ils restèrent là à se regarder pendants quelques longues secondes. Sherlock ne savait pas s'il devait lui demander ou pas. Il hésitait. Au fond ils n'étaient pas si proches que ça. Enfin maintenant qu'il s'était livré c'était trop tard, il devait continuer. De toute façon c'est Jim qui brisa le silence.

« Et, même si j'en suis heureux, pourquoi m'avoir appelé moi ?

- C'est un peu gênant… Tu te souviens de ce que tu m'avais donné à ta soirée ?

- Oui en effet, dit-il en riant.

- Et bien je crois que ça m'aide à ne plus sentir toutes ses choses horribles qui se bousculent dans ma tête ! »

Jim le regardait de haut en bas, en se frottant le menton. Sherlock voyait qu'il réfléchissait. Il avait même une idée de ce à quoi il réfléchissait, mais il ne voulait pas en parler. Ni même y penser. Sherlock essaya de lui faire son regard de petit chiot et lui redemanda de sa voix la plus calme et la plus grave qu'il avait en réserve. Après 17 ans sur cette terre, Sherlock savait très bien que sa voix était un de ses atouts et qu'elle avait le pouvoir de charmer beaucoup de personnes. Et Jim n'y était, apparemment, pas insensible car le regarda avec des yeux rieurs qui voulaient bien dire que Sherlock avait gagné.

« Écoute, je ne suis pas autorisé à t'en vendre, mais tu as de la chance, j'ai besoin d'argent.

- Super !

- Tu en as besoin de combien ?

- Je ne sais pas trop… Je ne suis pas expert.

- Bon je vais t'en vendre assez pour qu'à chaque fois que tu te sentes mal tu puisses te détendre. »

Et pendant dix bonnes minutes Jim lui expliqua comment il fonctionnait. Comme c'était une grosse commande, Sherlock devait payer la moitié maintenant et le reste à la livraison. Heureusement pour Sherlock il avait du liquide sur lui. Jim lui proposa de lui montrer comment rouler, et Sherlock accepta. En même pas cinq minutes il avait compris et pris la main. Ils décidèrent de passer le reste de la matinée ensemble. Ils restèrent sur ce banc, à fumer, toute l'après-midi. À un moment Sherlock commençait à être fatigué et il posa sa tête sur les genoux de son ami. Sherlock sentit une hésitation de la part de Jim mais finit par sentir des doigts distraits passer dans ses cheveux. Il se sentait de plus en plus tomber de sommeil. Mais alors qu'il fermait les yeux, les images de lui et Tapja lui revinrent en tête. Ces doigts dans ses cheveux, ce contact qu'il avait maintenant avec Jim était tellement semblable à ceux qu'il avait ressentis alors. C'était perturbant, mais il resta en place. Il n'avait pas la force de bouger de toute façon.

Tapja et Jim… Oh. Mais oui John avait dit quelque chose. Jim avait été son élève aussi. John ne pensais pas qu'il s'était passé quelque chose, mais le souvenir du coup de fils de Tapja lui confirma qu'ils avaient bien un lien.

« Jim.. ?

- Hum, répondit-il distraitement.

- Qu'est-ce qu'il se passe entre le prof d'histoire et toi ? »

Il y eut un cours silence.

« Quoi ? Quel prof ?

-Tu sais très bien de qui je parle.

-Rien, absolument rien Sherlock. Pourquoi ? Serais-tu jaloux ? taquina-t-il Sherlock en lui enfonçant légèrement les doigts dans les côtes.

Ceci eux eurent pour effet de faire bondir Sherlock de sa place et il dut s'assoir par terre pour reprendre ses esprits. Jim rit, prit son ami par les mains et le releva. Ils se mirent en route pour sortir du parc. Mais Sherlock insista et les fit se rassoir, puis s'allonger dans l'herbe mouillée.

« Je suis sérieux Jim ! Je veux savoir !

- Mais enfin pourquoi ?

- Parce que je sais que vous faites des choses pas très catho, tu peux me le dire. »

Jim éclata de rire, et Sherlock aussi. Mais il répondit toute fois qu'ils avaient quelques « affaires » ensemble mais n'épilogua pas sur le sujet. C'était trop vague et Sherlock n'était pas satisfait. Mais Jim lui fit remarquer une forme de nuage spéciale et son esprit embrouillé ne lutta pas contre cette curiosité. Ainsi ils passèrent au moins une heure, si ce n'est plus à regarder le ciel. Après l'heure passée, l'estomac de Sherlock gargouilla. Jim l'entendit et lui proposa d'aller manger une pizza. Sherlock accepta en priant qu'il ne l'emmène pas Chez Angelo. Et Jim avait dû voir l'inquiétude dans ses yeux car il l'emmena dans une grande chaîne de restaurants.

Pendant qu'ils mangeaient, Sherlock et Jim discutèrent de ce qu'ils allaient faire en retournant en cours. Jim conseilla encore à Sherlock d'aller s'excuser auprès de John. Il insista sur le fait que John était quelqu'un de gentil et qu'il n'allait pas se venger ou quoi que ce soit. Et puis que maintenant si Sherlock ressentait beaucoup trop de culpabilité, ou de colère, ou de jalousie, il savait quoi faire. Sherlock remarqua le ton limite sec que Jim utilisa en disant le mot « jalousie ».

Quand ils eurent fini de déjeuner, Jim raccompagna Sherlock au lycée. Il lui restait deux cours sans importance mais devait parler à John. Jim lui souhaita bonne chance, lui sera la main et s'en alla. Sherlock l'observa partir, hésitant encore à rentrer dans l'établissement. Mais il décida qu'il devait faire preuve de courage et retrouver son ami. Et à en croire ce que disait Jim, John allait facilement lui pardonner. Il rentra dans le hall et vit au loin son ami. Il était avec Irène et Molly, mais ne semblait pas suivre la conversation des deux filles. Il les suivait, les mains dans les poches et regardait par terre. Sherlock recommença à culpabiliser mais décida de ne pas y faire attention et se dirigea vers lui. Il l'appela une première fois, mais John continua à marcher. Il savait qu'il l'avait entendu parce qu'Irène et Molly, elles, s'étaient retournées. Il redit son nom et l'obligea à se retourner en lui prenant le bras. John se laissa faire mais ne le regardait pas dans les yeux. Il regardait au loin avec un regard froid.

« John... Regarde-moi, s'il te plaît… John…

Sherlock utilisait encore sa voix profonde et suppliante. John n'y résista pas et finit par le regarder.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Je suis désolé John. Tu veux bien m'excuser ?

- T'excuser de quoi ? De m'avoir envoyé dans les roses alors que je voulais seulement t'aider ?

- Oui et…

- De m'avoir reproché de n'être pas aussi bien que le gars que j'essaye de te tirer de la tête ? le coupa John.

- J'ai vraiment dit des choses horribles, je suis désolé John. Vraiment. S'il te plait pardonne-moi !

- Et pourquoi je ferais ça hein ?

- Parce que tu sais que j'ai dit ça uniquement sous le coup de la colère… Et que tu es mon seul ami.

- Hum.

- Et que tu es gentil… »

John rit et lui sourit. Sherlock avait gagné. Ils se donnèrent une accolade et retournèrent en classe. Sherlock promit de se calmer, et John l'en remercia. Ils passèrent la fin des cours tranquillement et rentrèrent chez eux le cœur léger.

Mais la mère de Sherlock l'attendait.

« Sherlock ! J'ai reçu un appel du lycée !

- Oh.

- C'est tout ce que tu as à dire ?

- Je me sentais pas bien alors je suis partit prendre l'air.

- Que t'est-il arrivé pour que tu aies besoin de sortir ?

- Mais rien, ne t'inquiète pas pour moi Maman.

- Sherlock si quelque chose te…

- Oui, je te le dirais. Au fait maman, tu as déjà regardé dans tous les placards de la cuisine ? Je me trompe peut être mais je crois que dans ceux que Mrs Hudson ne peut pas atteindre il y a des boîtes de gâteaux… Je pense que Mycroft s'est laissé tenter. »

La mère de Sherlock avait le regard hésitant. Elle se demandait si elle devait continuer sa conversation avec son fils ou régler le problème de son autre fils. Sherlock décida pour elle et monta les escaliers quatre à quatre, mais fit bien attention à ne pas montrer qu'il fuyait en quelque sorte cette conversation. Une fois en haut, il entendit les pas de sa mère se diriger vers la cuisine, puis sa voix appeler Mycroft. Il riait intérieurement. Il avait perdu son avantage sur Mycroft qu'il voulait utiliser pour éviter des conversations avec lui, mais finalement ce n'était pas si mal et il en trouverait bien un autre. Heureusement que ce n'était pas son père qui avait reçu le coup de fils du lycée, sinon il n'aurait pas pu utiliser l'entorse de Mycroft à son régime. Et connaissant sa mère, elle ne lui en parlerait pas, pour ne pas donner à son mari une occasion de plus pour crier et rabaisser son plus jeune fils.

Il ne voulait plus y penser, même pas à cette matinée passée avec Jim. Ces réponses vagues et frustrantes n'étaient pas le meilleur moyen de tourner la page. Il savait que demain, grâce à Jim, il allait avoir une échappatoire, non-permanente, à cette situation pourrie. En attendant il mit son casque sur les oreilles et laissa Kurt Cobain et ses compagnons l'aider à s'évader. Au moins jusqu'au dîner.


Oui Kurt Cobain, oui. Pourquoi lui ? Parce qu'en écrivant la fin, j'écoutais du Nirvana. Fallait que je parle de lui. En plus... Spoiler. BISOUS.