Je suis désolé d'avoir pris du retard mais comme je l'avais indiqué dans la note que j'avais mis à la place de ce chapitre, j'ai été très occupé avec ma famille pendant les fêtes de Noël !
Bonne année à tous !
Réponses aux reviews anonymes :
Little Bowtie : Loin de moi l'idée de te torturer l'esprit croit moi :) Merci pour ta review :)
Harmonie35 : Ta review et hum étrange mais je pense que je suis habitué :p Merci pour ta review et pour ta compréhension :)
Chapitre 16
« Oh mon dieu qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi je lui ai dit ? » continuait de répéter Sherlock en passant nerveusement ses mains dans ses cheveux. Il torturait son cuir chevelu mais ça ne le dérangeait pas. Non, ce qui le dérangeait c'était l'expression d'intense colère qu'il avait vue, l'espace d'un infime instant, passer sur le visage de son professeur. Mais pourquoi avait-il été si stupide ? S'il avait été dans son état normal il n'aurait jamais révélé le nom de son dealer. John le regardait d'un air inquiet. Il voulait savoir mais attendait surement que Sherlock se calme pour éviter de s'en prendre plein la figure. Sherlock cessa de bouger dans tous les sens, laissa tomber ses bras et pris une longue inspiration en contemplant le plafond. Il finit par souffler par le nez en regardant John. Il s'était calmé et il pouvait enfin lui expliquer.
« Pourquoi es-tu si perturbé ? demanda John.
- J'ai lâché le nom de celui qui m'a procuré… enfin tu sais… »
Sherlock avait baissé le son de sa voix, il y avait encore des élèves qui tardaient à sortir de leur salle de classe.
« Et ? En quoi c'est un problème ? Si jamais il le dénonce c'est lui qui aura des problèmes, pas toi.
- Tu n'as pas vu l'expression de son visage, c'était effrayant.
- Oui évidemment qu'il était en colère, n'importe qui est en colère quand une personne à qui l'on tient se met à prendre de la drogue. »
John avait répondu sèchement et non pas avec la pointe d'ironie que cette phrase devrait contenir. Sherlock, qui avait recommencé à triturer ses boucles, s'arrêta, les mains croisées sur sa nuque. Il regardait John avec de grands yeux.
« Tu… Tu crois que… que c'est parce qu'il tient à moi ? questionna Sherlock.
- C'est ce que Molly pense en tout cas. Elle dit que…
- Molly ? le coupa Sherlock. Qu'est-ce que Molly vient faire là-dedans ?
- Je… Hum… Je lui ai dit. »
Sherlock devina qu'il avait honte de ce qu'il venait de dire car John regardait partout sauf dans sa direction.
« Tu l'as dit à Molly ? Je pensais que je pouvais te faire confiance. »
Il avait mis tellement de sentiments dans cette phrase que sa voix flancha et John fut obligé de le regarder dans les yeux. John était vraiment désolé et ça se voyait. Mais Sherlock n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de lui dire.
« Tu peux faire confiance à Molly, je te jure. Elle est super discrète je t'assure !
- Je me fiche de savoir en qui je peux avoir confiance ou non ! hurla-t-il presque. Je t'avais donné ma confiance, à TOI. Et à personne d'autre.
- Je suis désolé Sherlock. Mais tu étais défoncé tout le temps, je n'arrivais pas à te parler et… »
Sherlock ne le laissa pas terminer et se dirigea vers les escaliers. John le rattrapa cependant.
« Et je ne suis pas un expert dans les relations humaines, surtout pas avec des profs…
- Et qu'est-ce que Molly en a pensé ? demanda Sherlock sans s'arrêter.
- Elle dit que c'est malsain. Qu'il n'aurait jamais dû te permettre d'aller dans son lit. Mais que comme c'est un homme intelligent il doit le savoir, alors comme il l'a refait la deuxième fois c'est qu'il doit tenir à toi. »
Sherlock dû admettre qu'elle était intelligente cette Molly. Mais plutôt que de dire ça à John il s'arrêta au milieu du couloir, se retourna vers lui et pointa un doigt menaçant dans sa direction. Il avança et John recula pour être finalement plaqué au mur. Sherlock murmura avec autant de calme qu'il pouvait :
« Tapja ne tient pas à moi. C'est clair ? »
Et il continua son chemin. John resta abasourdit quelques instant mais il n'avait pas dit son dernier mot.
« Alors pourquoi était-il en colère ?
- Parce qu'il connait Jim ! finit par répondre Sherlock, excédé.
- Oh… Attends.. Jim ? demanda John sans comprendre.
- Oui, c'est Jim mon dealer.
- Hum… Oh oui le coup de fil à ta deuxième nuit ? Et tu crois qu'ils sont liés ? »
Sherlock ne répondit pas mais fit un signe de la main qui voulait dire que c'était évident. Ils sortirent du bahut.
« Tu devrais l'appeler, assura John.
- Quoi ? Qui ?
- Jim ! Il faut qu'il sache.
- Non ! Enfin… Oui tu as surement raison, il faut qu'il se prépare… »
John paraissait content d'avoir enfin l'assentiment de Sherlock. Celui-ci sortit son téléphone et composa le numéro de Jim. Mais le téléphone sonna occupé au premier appel ainsi qu'au deuxième puis au troisième il sonna dans le vide et personne ne répondit. Sherlock recommençait à paniquer. Jim ne lui donnerait plus jamais ce dont il avait besoin. John sortit alors son téléphone pour essayer de contacter Jim lui aussi. Mais au lieu de ça il montra à Sherlock un SMS d'Irène qui disait qu'il y avait encore une fête ce soir, pour finir la semaine de rentrée en beauté. John lui indiqua que s'il devait trouver Jim pour avoir une explication, il serait certainement à la soirée. Sherlock approuva et ils se séparèrent.
Sherlock commença par repartir chez lui mais décida de faire un détour. Ça faisait longtemps qu'il voulait y retourner pour avoir une explication mais il n'en avait pas eu le courage. C'était déjà dur de l'avoir lu sur un papier alors l'entendre de vive voix serait sans doute insoutenable. Mais il prit ses tripes à deux mains et prit le chemin de Baker Street. Le 221B pour être plus précis. Il devait absolument faire face à Tapja et lui demander ce qui n'allait pas. Pourquoi il avait fait preuve d'une telle colère. Et surtout pour quelle raison il lui avait parlé comme s'il ne s'était jamais rien passé. Sherlock se doutait un peu de la réponse à la dernière question, c'était tout simplement parce qu'il se tenait dans un environnement spécial et qu'il devait laisser une distance entre eux pour ne pas encourager involontairement un comportement déplacé envers son professeur, comme l'autre soir.
Il prenait son temps pour arriver à destination. Il voulait réfléchir à chaque mot qu'il allait employer. Chaque expression du visage qu'il allait pouvoir arborer. Et chaque mouvement qu'il allait pouvoir faire. Tout ça dans le but de faire comprendre à Tapja qu'il devait prendre une décision. Oui, Sherlock voulait que Tapja tienne à lui mais il fallait que celui-ci l'avoue. Et en plus il allait devoir parler de ses liens avec Jim. Une fois arrivé devant la porte sombre il resta un petit moment immobile puis appuya sur le bouton à côté de l'étiquette indiquant le nom de son professeur. Il attendit une bonne minute avant de retenter sa chance mais là encore personne ne répondit. Il n'était donc pas là. Il s'apprêta à partir quand le mécanisme de la serrure se fit entendre. Et la porte s'ouvrit.
« Sherlock ?
- Mrs Hudson ?
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle sur le ton de reproche.
- Je pourrais vous poser la même question ! répliqua-t-il, plus que surpris.
- Mon mari est propriétaire de cette maison Sherlock ! Et toi, quelle est ton excuse ?
- Je… Hum… Je viens voir Mr Tapja.
- Oh c'est un homme charmant ! Vraiment charmant, s'extasia Mrs Hudson.
- N'est-ce pas ? répondit Sherlock un peu trop rapidement et avec l'enthousiasme d'une petite fille amoureuse. »
Mrs Hudson eu un petit sourire entendu et lui précisa qu'il n'était pas là et qu'elle ne savait pas quand il allait rentrer.
« Le vendredi, je ne sais pas pourquoi, il ne rentre jamais à la même heure. »
Sherlock réfléchit un moment. Il allait partir mais il voulait savoir ce que Mrs Hudson savait de Jim. Il lui en parla mais ne sut pas tout de suite de qui Sherlock parlait. Il dû lui en faire une description physique.
« Aaah ! James ? Adorable lui aussi ! Ils sont tous les deux charmants. Bien qu'ils aient une différence d'âge assez significative. Tu ne trouves pas ?
- Que voulez-vous dire ? Sherlock ne comprenait où elle voulait en venir.
- Et bien oui tu sais ce James…
- Jim, corrigea Sherlock mais elle n'y prêta pas attention.
- … est bien jeune par rapport à Monsieur Tapja. Il doit bien y avoir une dizaine d'années entre eux. »
Sherlock dû laisser s'écouler quelques secondes pour comprendre ce que Mrs Hudson disait. Alors il recommença à sentir son palpitant faire des siennes.
« Ah, vous dites qu'ils sont en couple ?
- Ils ne le sont pas ? En tout cas, ce jeune garçon passe beaucoup de temps chez lui. »
Sherlock demanda plus d'informations à ce sujet. Il voulait en savoir le plus possible. Même si ça lui faisait mal. Apparemment Jim passait son temps chez Mr Tapja. Des fois ils s'enfermaient pendant le week-end et Jim ne repartait que le lundi matin. La dernière fois qu'elle l'avait vu c'était le mercredi d'avant les vacances. Sherlock la regarda avec des yeux ronds. Ce regard devait faire peur parce que Mrs Hudson eu un mouvement de recul. Mais elle se reprit et s'enquit de son changement d'humeur soudaine. Sherlock ne répondit pas, bredouilla un vague « merci, au revoir » et s'en alla, les mains fourrées dans son manteau. Sa cage thoracique était soudain devenue bien trop petite pour ses poumons et son cœur qui battait bien trop fort. Pourquoi ne lui avait-on pas donné une cage thoracique plus large ? Hein, pourquoi ? C'était ridicule. Ridiculement petit. Il se sentait mal à l'aise dans son propre corps. Il était certain qu'il n'était pas le seul à ressentir ça. C'était une émotion purement humaine, non digne d'un sociopathe. Alors pourquoi personne n'avait prévu un espace suffisante pour le bien-être ? À croire qu'on voulait que la race humaine souffre. Et voilà qu'il se mettait à tourbillonner. Attendez. Non. Ce n'était pas lui qui tourbillonnait, mais son estomac. Enfin non ce n'était pas possible techniquement ? Et puis pourquoi pas au fond ? N'importe quoi Sherlock ! Maintenant il se mettait à dire des choses ridicules et dépourvues de sens.
Dans sa tête c'était une explosion. Des images. Plein d'images. Trop d'images. D'abord c'étaient les moments qu'il avait partagés avec Tapja qui défilaient pour la énième fois devant ses yeux. C'était des moments précieux. Il s'en rendait d'autant plus compte qu'au fil de ses pas dans la rue, ses souvenirs se trouvaient modifiés. Peu à peu Jim prenait sa place dans les bras du jeune professeur. Les baisers qu'ils avaient échangés étaient en quelque sorte volés par Jim. Tous les gestes que Tapja avait prodigués à Sherlock ne lui appartenaient plus. C'était insupportable. Il avait compris ce qui montait en lui depuis qu'il avait quitté l'appartement de Tapja. C'était de la jalousie. Et il n'aimait pas ça. Par ce sentiment il se sentait vulnérable et invincible en même temps. Il était brisé d'une certaine manière, mais prêt à tout. Il ne savait pas encore dans quel but, mais il était prêt à tout. Prêt à brûler.
Voilà :)
Au fait vous avez vu le nouvel épisode ? OMG c'était trop bien :) Et d'ailleurs je crois que Mark Gatiss a passé trop de temps sur tumblr :p
Bisous :)
