Non je ne vous avais pas oublié, voilà le chapitre 17 :)

D'ailleurs je ne sais pas si vous avez été mis au courant de la mise en ligne du chapitre 16 à la place de ma "note"... Enfin n'hésitez pas à aller vérifier que vous l'avez lu pour pas vous retrouver perdu ;)

Réponses au reviews anonymes :

Harmonie35 : Merci de ta compréhension et de ta review :)

Little Bowtie : Le calme de l'esprit c'est bien aussi non ? On ne peut pas se le torturer tout le temps non plus ;) Tu m'as demandé un chapitre vite, et le voilà en retard... Me le pardonneras tu ? Merci pour ta review :)

Bonne Lecture.


Chapitre 17

Et alors qu'il parcourait les rues sans but précis, le cerveau de Sherlock commença une activité éreintante. Sherlock réfléchissait aussi vite qu'il le pouvait. Les rues, les trottoirs, les gens défilaient devant ses yeux, à une vitesse vertigineuse pour une simple marche, mais ça ne dérangeait en aucun cas le fil de ses pensées. Il savait que chaque détail, chaque seconde et chaque image était analysée et comprise par son cerveau. Il n'y faisait pas attention et laissait la machine délier tout ce sac de nœud qui c'était formé depuis son arrivée dans ce nouveau lycée. Souvent son cerveau se mettait en suractivité mais là c'était différent. L'intérieur de sa tête ressemblait plus à une bouilloire sous pression. Parce que ce qui différenciait cette situation des autres, c'était que désormais il y avait des sentiments.

Des sentiments… Sherlock détestait ça. Rien de pire que les sentiments pour te faire perdre le contrôle d'une situation. Les sentiments sont embarrassants, inutiles et lourds à porter. Être sociopathe, ne rien ressentir, c'est le pied. Enfin ça l'était.

Il s'arrêta d'un coup, provoquant la surprise des passants et se faisant presque heurter par un enfant qui marchait à côté de sa mère derrière lui. Il avait compris la situation de Tapja et Moriarty, c'était clair comme de l'eau de roche. Il en était malade et, d'une certaine manière, jaloux. Maintenant il savait ce qu'il avait à faire. Il avait un but et pour l'atteindre il devrait se rendre chez Jim, il devait lui parler. Il réfléchit quelques instants à l'endroit le plus probable où il pourrait le trouver. À l'endroit où se déroulerait la fête le soir même, il devait même y habiter en fait.

Quand il arriva au croisement des deux rues, dont celle de Jim, le cœur de Sherlock prit un rythme alarmant. Sherlock se trouva ridicule, pris une respiration et avança d'un pas décidé vers la grande maison blanche au perron tout aussi grand et blanc. Il commença à monter les quelques marches quand la porte s'ouvrit. Pris par surprise Sherlock s'arrêta au milieu. Et son assurance en prit un coup quand l'homme qui sortit de la maison ne se trouva pas être Jim mais Tapja. Alors c'était ici qu'il était. Sherlock aurait dû s'en douter. Qu'est-ce qu'il avait pu être lent ! Tapja s'était aussi arrêté une seconde quand il avait vu Sherlock mais contrairement à celui-ci il se reprit vite et s'avança vers les marches. Sherlock le regarda et pour la première fois le vit. Pour la première fois il put déceler des choses concrètes le concernant. Pendant les petites secondes où il n'avait pas vu Sherlock, son allure était affreuse. Il suintait une confiance en lui maladive mais il reprit vite sa neutralité habituelle. Puis sa chemise était très mal mise, on était loin de son style bien soigné du lycée. Tapja n'avait pas refermé un des boutons, tout simplement parce qu'il n'était plus là et certains autres s'accrochaient avec peine à la chemise blanche chiffonnée. Il se passa la main droite dans les cheveux, comme pour souligner le fait qu'ils étaient sublimement défaits. Mais Sherlock ne s'arrêta pas à ce geste capillaire qui l'aurait certainement troublé s'il n'y avait ces marques étranges sur ses phalanges. De légères contusions abimaient ses longues mains et un peu de sang séchés, à peine remarquable, avait coulé sur ses doigts. Sherlock déduit par la coagulation avancé du sang que les blessures dataient d'une ou deux heures plus tôt et que les minimes contusions qu'il y avait ne pouvaient être la source de ce sang. Il y avait eu donc d'abord des violences, puis quelque chose s'était passé nécessitant un rhabillage rapide. Oh.

Sherlock comprit évidemment, il n'était pas idiot.

Tapja arrivait maintenant aux marches. Il s'arrêta quelques secondes, planta son regard dans celui de Sherlock qui, malgré le rouge qui lui montait aux joues, ne détourna pas le regard. Tapja descendit les marches lentement, avec un sourire étrange et partit. Sherlock resta figé à fixer le vide là où les yeux de son professeur l'avaient laissé. Ce sourire. Ce n'était pas un sourire gentil, il n'y avait absolument rien de bienveillant dedans. Il y avait une touche de satisfaction, d'autosatisfaction même et un truc en plus. C'était un peu comme si son sourire était…

« Pervers » dit une voix derrière lui.

Sherlock sursauta légèrement à la voix et se retourna pour voir sans surprise Irène. Il avait reconnu sa voix et s'attendait à la voir dans les environs. Il leva un sourcil comme pour montrer son incompréhension mais en effet le mot « pervers » était celui qu'il cherchait. Son sourire était pervers. Irène pris son sourcil levé comme une invitation à s'expliquer.

« Jim et lui ont une liaison, dit-elle en montant les marches. Il était son professeur, tu imagines ? »

Sherlock ne répondit pas mais soupira, compatissant, tout en la suivant vers la porte noire.

« Je pense qu'il y a autre chose aussi mais je ne veux pas savoir » ajouta elle en ouvrant pour entrer, suivie par Sherlock.

Irène regarda Sherlock, posa son doigt sur sa propre bouche, se retourna et appela Jim. Après quelques secondes il apparut. Il prit Irène par la taille et l'embrassa rapidement. Elle roucoula des mots insaisissables pour Sherlock à son oreille, ce qui eut le don de faire sourire Jim. Dans ce couloir sombre il ne le voyait guère bien malheureusement. Quand ils eurent fini, Jim alla ranger le manteau d'Irène dans l'armoire. Sherlock en profita pour capter le regard d'Irène et lui montrer ses pouces levés en l'air dans un signe de félicitation pour ses talents de comédiennes. Pour toute réponse il reçut un sourire triste.

Jim lui proposa de le suivre jusqu'à la cuisine, ce qu'il fit. Il entendit les pas d'Irène monter à l'étage. Il tournait délibérément le dos à Sherlock. La cuisine était à l'image de la maison, elle était grande et d'un blanc immaculé. Deux verres à vin étaient posés sur la table, ils en avaient donc partagé une bouteille. Jim se saisi de l'un d'eux avec tant de délicatesse et de répulsion en même temps que Sherlock comprit que c'était celui de Tapja. Et il alla vers l'évier pour le laver. À côté il y avait un lave-vaisselle, un haut de gamme qui ne risquait pas d'abimer ses verres. Alors s'il avait choisis de les laver à la main c'est qu'il voulait prendre son temps. D'ailleurs Sherlock ne s'attendait pas du tout à ce qu'il prenne la parole. Mais finalement si, il la prit. Il ne parla que de la fête du soir, et des choses qu'il avait prévues. Sherlock écoutait à peine, il se concentrait sur le ton de Jim. Et notamment sur la précision de sa voix. Il remarqua qu'elle était plus faible que d'habitude. Et ses gestes étaient beaucoup trop maladroits pour un garçon comme lui. Plusieurs fois il manqua de casser le verre contre les parois de l'évier. Sherlock, qui était resté appuyé sur le chambranle de la porte, s'approcha de lui. Quand il fut presque arrivé à lui, Jim se détourna encore une fois de lui et alla chercher son propre verre. Il revint à hauteur de Sherlock et évita royalement de le regarder, ou même de se faire regarder et continua à parler de sujets qui n'avaient aucun sens et ses paroles faisaient écho dans les oreilles de Sherlock. Celui-ci se pencha encore vers Jim pour mieux le voir, mais il l'interrompit en lui proposant d'aller s'asseoir. Sherlock obéit et s'assit à une des chaises aussi inconfortable que belle autour de la table. Il attendit patiemment. Il remarqua que Jim était, sans surprise, dans le même état que son professeur. C'est-à-dire comme s'il s'était rhabillé à la va-vite sans faire attention à quoi il ressemblait.

Quelques longues minutes plus tard, Jim se retourna enfin vers Sherlock. Il ne le regardait pas dans les yeux, si ce n'est que par des regards furtifs, en s'avançant vers la chaise en face de son ami. Sherlock l'observa sans rien dire. Jim s'assit et Sherlock aperçu une furtive grimace passer sur son visage.

« Alors, Sherlock… Pourquoi es-tu venu me voir ? demanda Jim.

- Je voulais te prévenir que j'ai accidentellement…

- Je sais ce que tu as fait Sherlock, le coupa-t-il. Je veux savoir pourquoi tu es là, maintenant. »

Sa voix se faisait de plus en plus sure et il avait retrouvé la confiance en lui qui le caractérisait si bien. Il avait enfin planté ses yeux dans ceux de Sherlock et celui-ci n'allait certainement pas céder. Sherlock le regarda sans comprendre ce qu'il voulait dire. Et là il vit qu'au coin de l'œil de Jim, il y a avait une légère trace bleutée et sur sa joue se trouvait une égratignure déjà refermée mais qui avait saigné environ une heure plus tôt. Sherlock continua son inspection et vit à la base du cou de Jim une marque similaire à celle qui se trouvait au niveau de son œil, seulement celle-là semblait s'étendre sous son t-shirt. Jim n'avait pas quitté du regard les yeux de Sherlock, il avait donc compris ce que Sherlock avait vu.

« C'est lui qui t'a fait ça ? demanda Sherlock, comme s'il s'en préoccupait.

- Tu n'as pas répondu à ma question Sherlock, répondit-il en souriant, exaspéré.

- Tu ne répondras pas à la mienne.

- Qu'est ce qui te fait croire ça ? »

Ils s'observèrent quelques secondes, presque une minute entière, encore.

« Je voulais savoir avec certitude qu'elle était la nature de ta relation avec Tapja, finit par céder Sherlock.

- Lui et moi avons des affaires en communs, avec bonus.

- Bonus ? questionna Sherlock.

- Oh enfin, Sherlock ! Tu as même eu un léger aperçu si je me souviens bien, ria-t-il avec un certain dégout dans sa voix.

- Il te l'a dit ?

- Oui, évidemment. »

Jim haussa les épaules et se cala sur le dossier de sa chaise, accompagné d'une petite grimace. Sherlock était choqué et se sentait trahi.

« Depuis quand tu le sais ?

- Oh depuis un petit moment… Il m'avait interdit de te vendre quoi que ce soit… Il ne te voulait pas dans ses affaires tu comprends.

- Mais pourquoi tu l'as fait alors ?

- Les affaires sont les affaires, je devais écouler mon stock. Et je le referais si je le devais. »

Cette dernière phrase de Jim le soulagea. Il savait que ce n'était pas bien. Mais il aurait au moins ça. Sherlock reposa sa question et Jim lui affirma qu'en effet c'était Tapja qui lui avait fait les marques bleutées et sa blessure à la joue. Sherlock n'arrivait pas à être désolé pour lui, ou à se sentir responsable de ce qu'il lui était arrivé. Au fond s'il avait désobéit à Tapja, ce n'était pas de la faute de Sherlock et Jim ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. De plus il se mit à vouloir en savoir plus sur leurs affaires. Mais Jim ne dit rien. « Le favori », Sherlock se souvint de ces termes que son professeur avait utilisé pour parler de Jim quand il l'avait eu au téléphone. Il comprit alors que Jim avait peur que Sherlock prenne sa place. Et il dû s'avouer que c'était tentant. La vie de Jim avait tellement l'air intéressant. Et il avait envie du « bonus ». Jim avait droit à l'attention complète de Tapja. Et même si son attention se soldait par des marques sur sa peau, Sherlock savait qu'il ne décevrait pas son professeur si jamais il réussissait à prendre la place de Jim.

En partant de l'appartement de son professeur, Sherlock avait commencé à mettre en place une stratégie pour se venger de Jim. Pas de Tapja évidemment. C'était Jim le vrai problème. Le problème final qui faisait obstacle entre lui et son professeur. Il avait trouvé plusieurs solutions mais la seule qui lui sautait aux yeux c'était de pousser Jim à bout. Il allait user de son charme pour obtenir plus de la part de Jim. Et ainsi il allait faire baisser Jim dans l'estime de Tapja. Sherlock tomberait dans la drogue s'il le fallait mais il ne pouvait pas laisser Jim à son professeur. Au fond, c'était même un service qu'il rendait à Jim. Sherlock voyait devant lui une opportunité de faire quelque chose de sa vie et de ses dons, il se savait utile et désirable. Il ne s'arrêterait plus.


Pas de blabla de fin cette fois ;)

Review ? :)