Titre : The Wasting Game

Auteur : Polomonkey

Traduction : lovePEOPLEandCOWBOY

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Disclaimer : Merlin ne m'appartient pas

Avertissements : Il est question de trouble alimentaire, de vulgarité.

Note de l'auteur : Je viens de réaliser que je n'avais pas expliqué les mots en gras ! Ils proviennent d'un poëme incroyable de Philip Gross : The Wasting Game.

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« It's the Dark Ages now. I believe

in possession, in demons that speak

in crone voices out of eighteen-year-old lips"

Arthur avait rattrapé Merlin avant qu'il tombe. Ils se connaissaient l'un l'autre depuis presque 18 ans, Arthur avait déjà jeté Merlin dans la piscine tellement de fois, ou grimper sur ses épaules, ou simplement hisser en l'air pour l'ennuyer.

Il y avait eu tellement de blague sur la maigreur de Merlin, mais il n'avait jamais été aussi léger. Jamais aussi angulaire avec des extrémités si acérées, les coudes et les genoux de Merlin raclaient l'estomac d'Arthur alors qu'il le transportait à l'infirmerie.

Des mots terrifiants comme diabète ou cancer avaient traversé l'esprit d'Arthur tandis qu'il traversait le couloir, parcequ'il y avait clairement quelque chose qui clochait, un ado de 18 ans ne devait pas être si maigre. Puis il avait chassé ses pensées pour accélérer le pas. Les yeux de Merlin ne s'ouvraient toujours pas.

L'infirmière n'était pas là lorsqu'il était entré dans le bureau, alors il avait frappé dans la porte pour l'ouvrir et entrer. Tandis qu'il déposait son ami dans le vieux canapé, le t-shirt de Merlin avait remonté légèrement sur son estomac. Arthur n'était pas du genre à se laisser choquer facilement pourtant il avait eu un choc en apercevant l'estomac creux de Merlin. Il avait tendu une main tremblante pour remonter plus haut le t-shirt de Merlin jusqu'à sa poitrine, alors il avait perdu son souffle car chaque côte ressortait.

Les paupières de Merlin bougaient donc Arthur avait rabattu son t-shirt rapidement. Son ami revenait lentement à lui, presque comme si ouvrir les yeux lui coûtait un effort considérable.

« Qu'est ce qu'il s'est passé ? » avait-il dit, d'une voix à peine distincte.

« Tu es tombé dans les pommes, » avait répondu Arthur, essayant de paraître calme et rassurant. « Tu es dans le bureau de l'infirmière. »

« Je suis tombé dans les pommes ? » avait répété Merlin faiblement.

« Heureusement que j'étais là pour te rattraper, » avait dit Arthur alors que son sourire ne trompait pas son regard.

Il avait observé Merlin, vraiment observer pour la première fois depuis longtemps, et chaque chose qu'il avait vu l'avait troublé. Il y avait des cernes sombres sous les yeux de Merlin, ses pommettes ressortaient, et il était si pâle qu'il en était presque translucide. Le regard 'Arthur s'était promené sur le corps de son ami, remarquant les fins poignets, le jeans trop grand. Bon dieu, que se passait-il ?

« Tu as perdu beaucoup de poids, » avait-il dit finalement, ça lui paraissait stupide de balancer ça comme ça, mais il ne pouvait pas penser à autre chose.

Merlin avait blêmi puis s'était repris rapidement.

« Je ne crois pas, » avait-il dit sur le même ton.

La bouche d'Arthur était sèche.

« Tu t'es regardé dans un miroir récemment ? » Avait-il demandé avec précaution. « Tu as tellement changé. »

Merlin avait haussé les épaules du mieux qu'il pouvait puisqu'il était couché sur le dos.

« Tout le monde change en ce moment. Nous sommes toujours en pleine croissance, non ? »

« Mais tu… Merlin, tu fais peur. »

Merlin avait tressaillit visiblement.

« Merci, » avait-il dit, balançant ses jambes hors du fauteuil pour se hisser en position assisse.

« Non, ce que je veux dire… Tu as l'air d'être malade. »

« Vraiment, merci. »

« Merlin, écoute ! Tu as clairement perdu trop de poids et tu viens juste de t'évanouir, non de dieu, ce n'est pas normal. T'es tu senti mal récemment ? As-tu vu un médecin ? »

« Nan. Je me sens bien. » Avait répondu Merlin, en replaçant son t-shirt.

« Je sais que ça fait peur, » avait dit Arthur gentiment, « mais tu sais aussi bien que moi qu'une perte soudaine de poids et des vertiges peuvent être les symptômes d'un certains types de maladie. Je ne dis pas que quelque chose va mal je dis juste que tu devrais aller consulter un médecin pour un bilan. »

Le mot cancer avait ressurgis dans son esprit, et il l'avait chassé une fois encore. Non Merlin, pas ça. Il devait y avoir une autre explication.

« Je ne vais pas aller chez le docteur juste parceque je me suis évanoui. Les gens s'évanouissent parfois. Tu t'es évanoui à l'âge de huit ans car on regardait un porno. » Fit remarquer Merlin, et en temps normal Arthur aurait ri en le maudissant de lui rappeler ça, mais il était trop inquiet à ce moment pour en rire.

« Ecoute, je pense vraiment que… »

« Arthur, arrêtes ! » Le ton de Merlin signifiait que la conversation était finie, et alors qu'il s'était relevé sur ses pieds, Arthur avait bondi aussi, prêt à objecter pour qu'il reste au moins afin de voir l'infirmière. Mais il n'en avait pas eu besoin car à l'instant où Merlin s'était relevé, ses jambes avaient lâché sous lui une fois encore.

Arthur l'avait rattrapé avant qu'il tombe, le ramenant dans le fauteuil et plaçant sa tête entre ses genoux. Il y avait eu un silence durant quelques minutes alors que Merlin prenait de grande inspiration, respirant lentement tandis qu'Arthur essayait de réfléchir.

Quand Merlin avait finalement relevé la tête, il semblait mieux face à Arthur.

« Ne recommence pas, » avait-il dit. « C'est juste des vertiges résiduels. »

« Merde, » avait dit Arthur puis la porte s'était ouverte laissant entrer l'infirmière.

« Bonjour les garçons, je ne savais pas qu'il y avait quelqu'un. » Avait-elle dit, son regard passant brièvement sur Arthur pour ensuite s'installer sur Merlin.

« Vous êtes Monsieur Emrys, non ? Vous allez bien ? »

« Bien, » avait dit Merlin, juste quand Arthur avait dit : « il s'est évanoui. »

« Oh mon pauvre, » avait dit l'infirmière, en s'agenouillant devant Merlin. « Tu t'es cogné la tête ? »

« Non, mais il vient juste d'essayer de se relever et il a presque failli retomber dans les pommes, » Avait averti Arthur, donc Merlin lui avait lancé un regard noir.

« As-tu mangé ce matin ? »

« Oui. »

« Quelque chose de consistant ? Pas une barre chocolatée, je sais comment sont les garçons. » L'infirmière souriait pour l'encourager à répondre, alors Merlin s'était renfrogné.

« Des céréales. »

Arthur avait comprit qu'il y avait quelque chose de louche à propos de ça, parceque Merlin n'avait jamais apprécié les céréales, et qu'il avait toujours pris des toasts en compagnie d'Arthur. Et il lui avait dit qu'il n'aimait pas boire du lait au matin.

L'infirmière avait placé une main sur son front.

« Tu es un peu chaud, et tu es pâle. Te sens-tu malade ? »

Arthur avait pu voir que Merlin allait formuler un non, quand, à la dernière seconde, il avait semblé changer d'avis.

« Ouais, en fait. J'ai mal à la gorge et j'ai mal à la tête. » Merlin battait les cils vers l'infirmière. « Ma mère a eu la grippe et je me suis occupée d'elle, vous pensez que c'est ça ? »

Et c'était ça. Un mensonge évident. Arthur était certain que Hunith n'avait pas été présente de la semaine, elle était partie rentre visite à sa sœur. Il le savait parceque Gauvain avait persuadé Merlin de sortir, et ensuite il avait tenté d'organiser une soirée imprévue chez Merlin, qui avait finalement avorté grâce à Gwen et Freya face à la gêne évidente de Merlin.

Pourquoi mentirait-il ?

L'infirmière avait acquiescé, satisfaite.

« Les vertiges sont courant avec la grippe. Je recommande que tu rentres chez toi pour aller au lit et que tu ne reviennes pas avant de te sentir mieux. » Il avait sourit. « Regarde la télé pendant quelques jours. »

Merlin ne semblait pas vraiment ravi mais il avait acquiescé pour accord, ensuite il s'était relevé du fauteuil. Cette fois il n'avait pas tangué donc Arthur s'était simplement arrangé pour être sur les talons de Merlin avant qu'il ne prenne la porte.

« Je vais te raccompagner, » avait-il dit.

« Je peux reprendre le bus, » Avait marmonner Merlin.

« Ne sois pas stupide, j'ai deux temps libre et puis la pause de midi, je peux largement te raccompagner. » Avait insisté Arthur.

L'infirmière avait sourit en l'approuvant et durant quelques secondes Merlin avait semblé totalement paniqué, puis son visage s'était relâché et il avait haussé les épaules en acceptant.

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Le trajet du retour chez Merlin était seulement de vingt minutes et Arthur n'avait pas l'intention d'un perdre une seconde.

« Pourquoi lui as-tu menti ? » avait-il demandé, l'instant même où Merlin avait mis sa ceinture.

« Quoi ? »

« Tu as dit que ta mère avait eu la grippe. Elle n'était même pas là. »

« Ouais et bien, elle posait des questions et je devais dire quelque chose. Je t'ai dit que j'allais bien mais on dirait que personne ne veut me croire, et puis j'ai bien droit à une journée de maladie. »

Arthur était resté silencieux un moment, attentif. Puis :

« Tu n'aimes pas les céréales. »

« Je te demande pardon ? »

« Tu as dit que tu avais mangé des céréales, mais tu n'aimes… »

« Seigneur, c'est l'inquisition espagnole ? » Avait explosé Merlin. « Non, je n'ai pas déjeuner parceque j'ai oublié, vas-tu m'en vouloir de ne pas vouloir faire un rapport complet de mes repas à l'infirmière de l'école ? »

Merlin jurait rarement. Et il hurlait rarement sur Arthur sauf en dehors des plaisanteries qu'ils s'échangeaient. Les seules fois où Arthur avait vu Merlin hurler c'est quand il était réellement bouleversé. Comme lorsque Hunith avait eu son accident de voiture et que les médecins avaient refusé qu'il aille la voir, ou quand Freya avait eu un œil au beurre noir à cause de son copain, ou quand il avait surprit Valiant en train d'ennuyer un gamin parcequ'il était gay.

« Pourquoi es tu sur la défensive ? » Avait calmement demandé Arthur.

« Pourquoi poses tu autant de questions ? » Avait répondu Merlin.

« Parceque je me fais du soucis. » Avait simplement répondu Arthur, puis Merlin s'était tu.

Il y avait eu un long silence gêné.

« Merci de te soucier de moi, » avait dit Merlin de façon hésitante après un moment. « Mais honnêtement, je vais bien. La seule chose est que je suis juste un peu stressé pour mes devoirs d'anglais. »

Le poids sur le cœur d'Arthur s'était allégé légèrement. Merlin était reconnu dans leur groupe d'ami pour être perfectionniste, il était toujours celui qui se tuait le plus au travail durant les examens, et passait le plus de temps pour ses devoirs ou ses présentations. Le stress combiné avec des repas manqués semblait suffisant pour causer une perte de connaissance.

« D'accord, » il avait dit en souriant à son ami. « Promets moi que tu vas décompressé aujourd'hui ? »

« Promis, » avait dit Merlin en souriant en retour.

Arthur s'était senti rassuré. En venir à une conclusion dramatique comme le cancer avait été une situation ridicule. Merlin était juste un peu à cran.

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Arthur avait insisté pour monter jusqu'à l'appartement de Merlin.

« Je veux être certain que tu seras bien dans le fauteuil avec une tasse de thé avant que je m'en aille, » avait-il dit fermement donc Merlin avait concédé.

En vérité, il avait forcé Merlin à s'asseoir pendant qu'il était parti dans la cuisine pour faire chauffer la bouilloire.

« Lait, sucre ? » Avait-il appelé.

« Noir, » avait-il eu en réponse.

La cuisine de Merlin était familièrement plaisante – petite comme le reste de l'appartement, mais très chaleureuse. Il y avait des cartes postales sur un mûr, et des photos. Hunith et Merlin en train de marcher, les 16 ans de Merlin, Merlin et Arthur en train de tirer la langue près de la tour de Blackpool. Arthur souriait en la regardant. Quel âge avaient-ils ? 13 ou 14 ? Ils étaient devenus amis quelques mois après leur première rencontre à l'école, mais ils étaient inséparables depuis huit ans. Arthur ne se souvenait pas d'avoir eu une amitié comme cela avant, quelqu'un qui pensait comme lui, qui avait le même sens de l'humour, le même point de vue sur la vie. Il n'avait jamais autant rigolé avec quelqu'un que comme il le faisait avec Merlin.

« Ce carillon est nouveau ? Je ne le reconnais pas, » avait appelé Arthur, en le frôlant car il ouvrait l'armoire où se trouvaient les tasses.

« Il est là depuis quelques mois, » avait répondu Merlin.

Quelques mois ? Quand était-il venu pour la dernière fois ?

Arthur avait fait un calcul rapide dans sa tête et il était surpris de réaliser qu'il n'avait plus mis un pied dans l'appartement de Merlin depuis avant Noël.

Je vivais pratiquement ici.

Il avait passé énormément de temps avec Gwen l'année dernière, il en était conscient, et les derniers mois il avait fait des aller retour entre Mithian, le football, et les devoirs et…il ne savait plus. Il n'avait simplement plus trouver le temps de passer du temps ici.

Se sentant terriblement coupable, Arthur avait versé de l'eau dans une tasse ensuite il avait commencé à chercher quelque chose à manger pour Merlin. Peut être du beurre de cacahuète sur un toast, ou un reste de spaghetti, quelque chose pour le remplir.

Mais quand il avait ouvert la porte du frigo, c'était presque totalement vide. Un pot de moutarde et un tube de tomate concentrée, aussi un peu de margarine et une botte de carotte légèrement moisie. En fronçant les sourcils, Arthur s'était rabattu dans les placards. Il n'y avait pas de céréale bien sûre, Hunith n'en mangeait pas non plus, et il n'y avait rien d'autre. Quelques assortiments de boîtes de conserves, des lentilles et une variété de condiments, mais rien de consistant. Rien de vraiment mangeable.

Arthur était revenu lentement dans le salon.

« Je voulais te faire à manger. Mais il n'y a pas de nourriture. »

Merlin ne l'avait pas regardé.

« Ouais, je suis un peu paresseux quand maman s'en va. Je prends des plats à emporter. »

« Il n'y a pas de barquettes vides dans la poubelle, » avait dit Arthur.

« J'ai sorti les poubelles hier soir. » Merlin s'était retourné, en plissant les yeux. « Tu ne vas pas recommencer ? »

L'image des côtes de Merlin avait traversé l'esprit d'Arthur, et un autre souvenir lui était revenu, comme un déclic, il s'était tout à coup souvenu d'une conversation qu'il avait eu avec Merlin quand ils étaient allés au cottage.

Arthur avait fait frire un énorme déjeuner alors Merlin avait rigolé, en protestant qu'il y avait beaucoup trop de nourriture.

«Mais non, mon ami, » avait répondu Arthur, se cuisinant un peu plus d'œufs. « Manger est la meilleure chose au monde. »

« Mais tu n'es jamais rassasié ? » Avait dit Merlin, mais ça ne sonnait pas aussi drôle que ça aurait dû l'être.

« Si, mais jamais longtemps. » Avait répondu Arthur, en regardant son ami. « Je parie que tu n'es jamais rempli, tu manges comme un oiseau. »

« Je suis rempli ! » Avait protesté Merlin. « C'est juste…je n'aime pas vraiment ça. »

« Tu n'aimes pas quoi ? »

« Me sentir rempli. » Merlin avait regardé son assiette. « Si je mange de trop, je me sens vraiment bizarre, comme si j'avais fait quelque chose de mal. »

Arthur était sur le point de lui dire que c'était dans sa tête, mais quelque chose dans le ton de Merlin l'en avait empêché.

« C'est pourquoi tu ne manges pas beaucoup ? »

« Parfois, » Avait dit Merlin, et durant quelques secondes il avait semblé très vulnérable. Puis son expression s'était clarifiée et il avait souri à Arthur.

« Mais tu manges assez pour nous deux. »

« Hé ! » Avait dit Arthur, prenant un morceau du toast de Merlin, et le sujet avait été oublié.

Arthur avait cligné des yeux.

« Tu n'as pas la grippe ou quoi que ce soit d'autre. »

« Oui, je sais. » Merlin semblait embarrassé.

« Tu t'es évanoui parceque…tu ne manges pas. »

Les mots flottaient lourdement dans l'air. Arthur pouvait voir la poitrine de Merlin monter et descendre, lentement au rythme de sa respiration.

A suivre…et n'oubliez pas de commenter pour Polomonkey !